SOCIOLOGIE DU TRAVAIL Le chômage Plan du chapitre I. Le
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SOCIOLOGIE DU TRAVAIL Le chômage Plan du chapitre I. Le
SOCIOLOGIE DU TRAVAIL Le chômage Plan du chapitre I. Le marché du travail et le chômage 1. Les composantes du marché du travail a. L’offre de travail b. La demande de travail II. Définition du chômage III. Mesure du chômage IV. Typologie et formes de chômage 1. Selon la nature du chômage 2. Selon le type de chômeurs 3. Au niveau macroéconomique V. Les analyses théoriques du chômage 1. Le chômage libéral 2. Le chômage keynésien 3. L’analyse Marxiste VI. Les causes du chômage VII. Les politiques de l’emploi VIII. Le marché du travail aujourd’hui IX. Les conséquences du chômage X. Les réactions envers le chômage 1.Typologie des réactions Total-inversé-différé Les composantes du marché du travail L’offre de travail (la demande d’emploi) faite par la population active (Influencée par: démographie, durée des études, départs à la retraite, taux d’activité des femmes, solde migratoire). La demande de travail (l’offre d’emploi) faite par les entreprises (Influencée par: croissance, consommation, investissement, exportations). Définition du chômage Le chômage est une période d’inactivité forcée qui caractérise la situation de personnes capables, disponibles et désireuses de travailler mais qui ne parviennent pas à trouver un emploi. Mesure du chômage Selon l’Organisation internationale du travail, la mesure du chômage se fait à partir d’une enquête mensuelle menée sur un échantillon représentatif de la population active. Taux de chômage = (nombre de chômeurs / population active totale ) * 100 Typologie et formes de chômage 1. Selon la nature du chômage Les économistes établissent des typologies quant aux formes du chômage en fonction de ses manifestations et de ses caractéristiques. a. Le chômage frictionnel Le chômage frictionnel provient du fait que les personnes quittent leur emploi avant d’en avoir obtenu un autre, ou qu’elles entrent sur le marché du travail une première fois. Donc, le chômage dit frictionnel correspond au temps nécessaire qui sépare la cessation volontaire d’une activité et la reprise d’une autre activité professionnelle. b. Le chômage saisonnier Le chômage saisonnier concerne, quant à lui, l’ensemble des activités qui se déroulent selon un cycle qui n’est pas constant dans le temps. Ce type de chômage concerne par exemple les activités liées au tourisme, ou encore certaines activités agricoles. Donc, Ce chômage provient de périodes de ralentissement économique relié aux changements des saisons. c. Le chômage conjoncturel ou cyclique Une économie de marché connaît des périodes successives de sommets et de creux que l’on appelle cycles économiques. En période de prospérité économique, l’emploi augmente; en période de ralentissement, le chômage augmente. Le chômage conjoncturel est celui qui résulte d’un ralentissement, plus ou moins durable, de l’activité économique. Lorsque le cycle économique connaît un ralentissement, celui-ci peut être cause de chômage. C’est le cas, par exemple, lorsque le volume de production excède la demande des consommateurs. L’entreprise qui ne peut plus écouler ses produits peut être contrainte de licencier faute de débouchés. Si cette situation frappe non pas une seule entreprise mais un ou plusieurs secteurs d’activité, le volume de chômage peut être important. Ce type de crise survenue dans le passé — la crise des années trente en est un exemple — peut être en partie résolue, comme Keynes l’a montré, par une politique publique de soutien de la demande, consistant à utiliser le déficit budgétaire afin d’injecter un supplément de pouvoir d’achat, pour que les entreprises puissent vendre leur production, augmenter celle-ci et, pour cela, embaucher à nouveau. d. Le chômage structurel ou chômage d’adéquation Il résulte des différences entre les qualifications des travailleurs et les demandes des employeurs. Les changements technologiques sont souvent un facteur de chômage structurel. Une économie en pleine croissance connaît de constantes modifications structurelles. Les économistes soulignent que le chômage frictionnel et le chômage structurel sont inévitables à court terme. On parle alors de taux de chômage naturel. Le chômage structurel provient, pour sa part, d’un déséquilibre durable du fonctionnement du marché du travail, qui excède les difficultés conjoncturelles, par nature temporaires. Ce type de chômage caractérise la situation d’un grand nombre de pays industrialisés depuis le début des années 1980. L’évolution récente des chiffres du chômage révèle qu’il est devenu tout à la fois et permanent (le nombre de chômeurs de longue durée est de plus en plus important). La crise contemporaine frappe surtout par sa durabilité par rapport à la plupart des crises du passé. Si celles-ci pouvaient être extrêmement brutales, elles ne duraient que le temps d’une récession, un nouveau cycle de croissance assurant la reprise de l’emploi. La situation actuelle est bien différente : une rupture durable avec la croissance qui, lorsqu’elle existe, reste très faible, s’accompagne d’une progression toujours plus forte du nombre de sans-emploi. Nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur les causes de ce fort taux de chômage. e. Le chômage technologique Le chômage technologique apparaît à la suite d’innovations qui économisent du travail par la substitution du capital au travail (robotisation, informatisation). f. Le chômage partiel Le chômage partiel est dû à la réduction temporaire de l’activité d’une entreprise. Exemple : une entreprise automobile reçoit moins de commandes au mois d’août : les employés travaillent 2 heures de moins par jour. En septembre, ils sont employés à plein temps. 2. Selon le type de chômeurs a. Chômage de conversion b. progrès technique: restructurations industrielles formation pré-retraite Chômage répétitif succession de périodes courtes d’emploi et de chômage c. Chômage d’exclusion (long terme) 3. emplois précaires touchant les jeunes et les femmes les employeurs sont de plus en plus sélectifs lors de l’embauche travailleurs âgés et jeunes sans qualification Au niveau macroéconomique a. Chômage naturel : C'est la somme du chômage structurel et frictionnel. C'est le taux de chômage le plus bas qu'une économie peut espérer atteindre. Les économistes divergent sur le niveau du taux naturel de chômage. b. Chômage involontaire : En théorie keynésienne, tout niveau de chômage au-dessus du taux naturel est expliqué par une insuffisance de la demande de travail. Les analyses théoriques du chômage Le marché du travail Lieu de rencontre entre les demandeurs de travail et les offreurs de travail 2. L’analyse libérale Les mécanismes auto-équilibrants du marché du travail libéral Si toutes les conditions de fonctionnement sont réunies (concurrence pure et parfaite), l’équilibre sur le marché de travail est automatiquement réalisé. Les éléments externes qui perturbent cet équilibre: Indemnités, sécurité sociale, syndicats, l’Etat, les réglementations et les institutions. Les libéraux admettent le chômage naturel (structurel, et frictionnel), pas l’involontaire. 2. L’analyse Keynésienne Ce n’est pas un marché et le travail n’est pas une marchandise. Comment se détermine le niveau d’emploi? Pas par le salaire mais par la demande anticipée des entrepreneurs: la demande effective. En effet, les entreprises n’embauchent pas s’il n’y a pas de débouchés. 3. L’analyse Marxiste Le chômage c’est le mécanisme qui "pousse les salaires vers le bas" pour dégager un profit. Les chômeurs sont "l’armée de réserve industrielle". Le plein emploi élève les salaires et baisse les profits. Les causes du chômage 1 – Accroissement de la population active 2 – Affaiblissement de la croissance et de la demande globale depuis les années 1970 baisse de la demande baisse de la production baisse de la croissance baisse de la création d’emploi. en période de crise, un nombre important de personnes désire exercer une activité professionnelle (un conjoint par exemple), ce qui augmente la demande de travail. 3 – Concurrence z z z restructuration de l’économie qui mène au déclin des grands secteurs d’activité adaptation de l’appareil de production: restructuration du secteur industriel délocalisation 4 – Politiques économiques politique de lutte contre l’inflation: hausse des taux d’intérêt baisse de la demande de crédits baisse de l’investissement baisse de la production destruction d’emplois. politique de flexibilité (ex. horaires instables) emplois précaires chômage répétitif. 5 – Le problème de la qualification: L’appareil de formation n’est pas toujours adapté aux besoins de l’économie Système d’éducation trop centré sur l’enseignement général Les professions ne cessent de se transformer et de modifier les qualifications 6 – Accélération du progrès technique et du machinisme Investissement de modernisation (substitution du capital au travail) 7 – L’incertitude: les entreprises ne croient plus à la croissance durable 8 – La plus grande sélection des employeurs (chômage d’exclusion) 9 – Les indemnités de chômage: du point de vue des libéraux qui croient que ces indemnités encouragent au chômage. Les politiques de l’emploi 1. Traitement économique du chômage Ces mesures agissent sur l’environnement de l’entreprise, en réduisant le coût du travail: réduction des charges sociales sur les salaires (notamment les plus faibles) octroi de subventions aux entreprises qui embauchent déréglementation rendant plus aisé le recours aux emplois précaires (contrats à durée déterminée, travail intérimaire, etc.). 2. Traitement social du chômage L’État et les institutions d’aide sociale mettent à point des mécanismes pour limiter les risques d’exclusion sociale. La réinsertion des chômeurs dans le monde du travail en améliorant leur formation professionnelle Les conséquences du chômage 1. Pour le chômeur Conséquences économiques: perte de revenus difficultés matérielles surendettement difficultés morales: perte de dignité exclusion qui affaiblit le lien social difficultés familiales repli, toxicomanie, délinquance et suicide choix de main d’œuvre moins chère Conséquences sociales: 2. Pour l’entreprise les cotisations augmentent • il faut indemniser les chômeurs car sinon baisse de demande baisse de consommationbaisse de production. 3. Pour les salariés les cotisations des salariés augmentent crainte d’être licenciés multiplication des emplois précaires les salaires n’augmentent plus aussi vite qu’avant financement des institutions d’aide sociale manque à gagner par l’exonération des entreprises les plans emplois coûtent cher (stages, formations…) développement du travail au noir (non déclaré) Exode Angoisse pour l’ensemble de la population 4. Pour l’Etat 5. Pour la région Les réactions envers le chômage Dépendent de plusieurs variables sociales: L’âge. Le rapport au travail et le réseau des relations sociales varient selon l’âge. (les plus jeunes manquent un statut social affirmé et n’ont pas encore construit leur vie sociale sur des relations de travail). Le sexe. Le rôle des femmes dans la famille leur permet de vivre différemment la perte de leur emploi. L’appartenance sociale. Dépend à son tour du revenu, du niveau culturel et de la profession. Typologie des réactions envers le chômage Le chômage total. Dans ce cadre, on retrouve essentiellement les travailleurs manuels, surtout les hommes adultes. Le chômage est vécu comme une humiliation, car il provoque la perte irrémédiable du statut social, créant un sentiment de solitude qui peut devenir facteur de désocialisation. Le chômage inversé. Il concerne essentiellement une population de femmes jeunes, faiblement qualifiées. Le chômage est considéré comme une période de vacances dont on tire profit : voyages, sports, lectures, etc. Ces chômeurs ne sont pas encore entrés dans le monde du travail. Pour d’autres, plus qualifiés, le chômage est l’occasion de vivre des activités de substitution, artistiques par exemple. Ces chômeurs inversent les valeurs liées au travail et au chômage. Le chômage différé. Il concerne surtout les cadres ayant un niveau de diplôme élevé et au chômage depuis peu de temps. Ces chômeurs s’investissent dans de nouvelles activités comme la formation, la recherche d’emploi ou des activités de loisirs. L’importance variable de la durée du chômage peut déboucher sur une réinsertion plus ou moins rapide et satisfaisante; le chômage est alors de « conversion ». Dans le cas contraire, il devient un chômage répétitif ou d’exclusion.