chapitre 2
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NOTES PERSONNELLES CHAPITRE 2 ECHANTILLONNAGE ET RECONSTITUTION DU SIGNAL 2.1. LES ELEMENTS ECHANTILLONNEURS 2.1.1. Echantittonneur idéal Un échantillonneur idéal fait correspondre à un signal continu x(t) une suite de valeurs discrètes (numériques), distribuées toutes les périodes (ou pas) T. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. NOTES PERSONNELLES La fermeture du contact est supposée avoir lieu sur un laps de temps infiniment court par rapport à la période T. On a déjà signalé que le signal discret, dépourvu d'énergie, ne peut être appliqué à l'entrée d'un système de commande. Le symbole de ce type d'échantillonneur est : T Remarque : l'échantillonnage idéal est une opération symbolique, commune à tout calcul numérique selon un pas de calcul constant. 2.1.2. Echantillonneur à pulsations (ou échantillonneur) En associant aux échantillons précédents des impulsions de Dirac (régulièrement réparties dans le temps, selon la période T), on forme à partir du signal continu x(t) le signal échantillonné x*(t). © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. NOTES PERSONNELLES On peut exprimer ce signal par : +00 x*(t)= £ x(nT)Ô(t-nT) n=o On peut remarquer que ce signal résulte en fait de la modulation d'amplitude d'un signal-porteur ôT(t), formé d'un train périodique d'impulsions-unité, par le signal utile (continu) x(t). En effet, considérons le train d'impulsions (ou fonction-peigne) © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. ôT(t) : NOTES PERSONNELLES Remarque 1 : Le symbole de cet échantillonneur est celui d'un interrupteur : T On représente rarement l'horloge qui permet de le piloter ; sa présence (nécessaire) est implicite. Remarque 2 : Pratiquement, les échantillonnées sont des transistors à effet de champ FET, très rapides, commandés en commutation. On les représente souvent comme une résistance, qui vaut zéro à chaque période (passage) et l'infini entre les instants d'échantillonnage. Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage 2.1.3. Quantification Les calculateurs de processus travaillent de manière digitale. Un signal digital, convenablement codifié, ne peut pas varier de manière continue, mais seulement par gradins, à cause du nombre fini des chiffres représentant une grandeur digitale. Ainsi, après échantillonnage, le signal (toujours sous forme analogique) doit être quantifié, c'est-à-dire numérisé et transformé en différents niveaux qui sont codés en binaire. C'est le rôle du Convertisseur Analogique-Numérique (CAN) que de quantifier ce signal ; le CAN assure également et préalablement la fonction Echantillonnage. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. Si la quantification est effectuée dans de bonnes conditions, elle n'introduit aucune distorsion (ou une distorsion très faible) sur l'information contenue dans le signal, contrairement à la fonction-Echantillonnage, dont on verra qu'elle peut entraîner une perte d'information importante. Compte-tenu du principe de fonctionnement d'un CAN, le nombre de niveaux de conversion est toujours une puissance de 2 ; par exemple 28, soit 256 niveaux. On dit alors que l'on dispose d'un convertisseur 8 bits. L'information analogique est alors codée sur un octet. L'erreur absolue commise dans cette opération de quantification est proportionnelle au nombre de niveaux ; si l'on utilise un CAN 8 bits pour convertir une tension comprise entre 0 et 10V, l'erreur absolue maximum commise est égale à : — ~ 0,04 V soit : 40 mV environ La plupart des convertisseurs CAN actuels ont un nombre de bits supérieur à 8 : 10, 12 ou 16 ; exceptionnellement plus. Le tableau ci-dessous donne l'erreur absolue maximum commise pour une plage d'entrée du CAN s'étendant de 0 à 10V. nb de bits 8 10 12 16 20 24 nb de niveaux 256 1024 4096 65536 1,05.106 16,8.106 £ absolue maxi(mV) 40 10 2 5 °>15 °>01 °>0006 0,4 0,1 1,5.1Q-3 1.104 6.1Q-6 e % © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. > 0,025 NOTES PERSONNELL Pour des raisons de précision, il est en général nécessaire de choisir une quantification très fine, c'est-à-dire inférieure à 1%. Dans ce cas, on peut négliger l'effet de la quantification en supposant que la valeur du signal échantillonné varie d'une manière continue. Par la suite, on négligera donc l'influence de la quantification. Remarque 1 : La quantification peut provoquer des oscillations dans les circuits de réglage échantillonnés, sous forme de cycles-limites ; ces oscillations sont dues au caractère non-linéaire de la quantification. Remarque 2 : La conversion-inverse, du numérique à l'analogique (CNA), pose moins de problème. Une conversion en un nombre réduit de bits peut largement suffire (parfois 3 à 4 bits conviennent parfaitement). 2.2. TRANSFORMEE DE LAPLACE D'UN SIGNAL ECHANTILLONNE 2.2.1. Première approche On sait que la transformée de Laplace d'une distribution (impulsion de Dirac) ô(t) est égale à l'unité. Si celle-ci est retardée d'un temps 6, on peut écrire (théorème du retard) : & ô(t-0) = e-0P Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage Considérons le signal échantillonné : x*(t) = x(t)&r(t) +00 x*(t) = £ x(nT) Ô(t-nT) n=o Sa transformée de Laplace X*(p) peut donc s'écrire : +00 X*(p) = £ x(nT) e-nTP n=o Cette relation constitue une première expression de la transformée de Laplace d'un signal échantillonné (ou transformée de Laplace échantillonnée). 2.2.2. Deuxième approche La fonction-peigne (train d'impulsions-unité) peut être considérée comme un signal périodique de période T et peut donc être décomposée en série de Fourier ; soit : Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage »Kt) = I cke^ k=-°° Le coefficient ck s'exprime par : f t+T ck = | We*2?* Comme sur une période [t, t+T], n'apparaît qu'une seule impulsion-unité (de poids égal al), l'intégrale prend la valeur : i k 27tt dk^r qui, pour tout t = nT, est donc égale à 1. Ainsi, quelque soit l'échantillon k considéré, les coefficients ck de la série de Fourier sont tous égaux à : — . T Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage NOTES PERSONNELLES Le signal 6^(1) peut donc s'exprimer également par : »i(t) = lle*^ k=-oo Alors : **(t) = l]F x(t)e-Jk2f Sachant que selon le théorème de la translation dans le plan complexe : ^[x(t)H =X(p+a) On obtient finalement : +00 X*(p)=|£ X (p+J k ^) k=-<*> avec : Q=— pulsation d'échantillonnage. Remarque 1 : Cette relation n'est valable que si le signal x(t) est causal, c'est-à-dire si x(t) = 0 pour tout t < 0 et qu'il ne présente pas de discontinuité pour t = 0,soit x(0+) = 0. Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage NOTES PERSONNELLES Remarque 2 : De cette expression, il résulte que le spectre de fréquences X*(jco) de x*(t) est obtenu à partir de celui de x(t), c'est-à-dire de sa réponse en o fréquences X(jco), par une infinité de translations de valeur £2 = — . Le spectre du signal échantillonné est donc bien plus étendu que celui du signal continu qui lui a donné naissance. Remarque 3 : Cet aspect de l'étude fréquentielle d'un signal échantillonné a été abordé dans le cours de Traitement du Signal ; il ne sera donc pas développé plus avant ici. 2.3. RECONSTRUCTION D'UN SIGNAL ECHANTILLONNE 2.3.1. Théorème de SHANNON On intuite facilement que l'on perd peu d'information sur un signal continu échantillonné à haute cadence (a) (fréquence d'échantillonnage élevée par rapport au spectre de fréquences du signal analogique) ; par contre, si la fréquence d'échantillonnage est mal choisie, toute l'information peut être amoindrie (b), voire irrémédiablement perdue (c). Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. Rappelons que le théorème de l'échantillonnage ou théorème de SHANNON précise les conditions dans lesquelles un signal analogique peut être reconstruit de façon unique à partir de sa version échantillonnée : Théorème : Pour pouvoir reconstituer un signal continu à partir d'un train d'échantillons de période T, il faut que la pulsation d'échantillonnage Q= 2n , soit au moins deux fois plus grande que la plus grande des pulsations contenues dans le signal continu que lui a donné naissance. Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage 2.3.2. Application au cas des signaux à spectre de fréquence illimité Ceci suppose que le signal analogique initial possède un spectre de fréquences (module de sa transformée de Fourier) limité par une fréquence f MAX Ce n'est pas le cas de la plupart des signaux utilisés ; ceux-ci possèdent des courbes de réponse en fréquences (modules) qui tendent vers zéro lorsque la fréquence tend vers l'infini. Dans les diagrammes de Bode, la courbe de réponse en fréquences (courbe du module évalué en décibels) se caractérise généralement par : - sa pulsation de coupure : coc = 27ifc - sa rapidité de décroissance: (limitant sa bande passante à - 3 db), pente à -m db/décade ( exprimée souvent en -n db/octave © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. avec m = 20, 40, 60,... avec n = 6, 12, 18,...) Dans ce cas on peut déterminer en fonction de m la valeur de la pulsation d'échantillonnage Q = — qui conduit à une certaine erreur d'échantillonnage définie comme le rapport de la valeur quadratique moyenne de l'erreur apparaissant sur le signal restitué à la valeur quadratique de celui-ci. Par exemple : Pour un signal dont le spectre de fréquence chute de -12 db/oct. (ou -40 db/dec.) à partir de la fréquence de coupure f c = 10 Hz, un échantillonnage à 100 Hz conduit à une erreur quadratique moyenne de 5%. Si l'on ne tolère qu'une erreur d'échantillonnage de 1%, il faudra échantillonnera ~ = 3 0 fc c , s o i t à 300Hz. T Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage NOTES PERSONNELLES NOTES PERSONNELLES En pratique, on conseille de choisir la période d'échantillonnage T, de telle façon que : ± > 10 f c ou ^ > 10coc 2.3.5. Echantillonneur-bloqueur * Nécessité d'un élément de maintien En supposant que le théorème de SHANNON ait été respecté, il n'en reste pas moins que l'échantillonnage amène une dégradation des propriétés dynamiques du signal et un certain retard dans la transmission des informations ; de même, la quantification amène une certaine dégradation de l'état du signal en régime permanent. Il est donc impératif de filtrer ce signal avant toute utilisation. De plus, les différents signaux, qui ont subi un traitement au sein de l'ordinateur (suivant l'algorithme imposé par les instructions mises en mémoire), sont des signaux échantillonnés (ou plus exactement, numériques) qui doivent être transformés en signaux analogiques afin de pouvoir commander les actionneurs du système. En Automatique, le filtre reconstituant le plus utilisé est le bloqueur d'orde zéro. Cet élément de maintien est bien souvent associé à l'échantillonner classique, car la plupart du temps : - le signal discret (échantillon) est mis en mémoire jusqu'à l'apparition de l'échantillon suivant ; Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage NOTES PERSONNELLES - le signal échantillonné (impulsion de Dirac) est transformé en échelon de position, entre deux prises d'informations, afin d'attaquer le système physique commandé. * Modélisation d'un échantillonneur-bloqueur On obtient le signal mémorisé xm(t) qui se présente comme une suite de paliers, changeant tous les instants nT. On peut considérer que l'élément de maintien d'ordre zéro résulte de la différence entre deux échelons-unitaires de position, décalés de T : Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage B0(t) = nt)-r(t-T) Sa transformée de Laplace s'exprime par : B0(p) = l-le-Tp soit B0(p) = l^ Le même élément de maintien, décalé de n périodes : B0(t-nT), aura pour transformée de Laplace : B0(p).e-nTP Considérons maintenant un signal mémorisé xm(t) ; on peut l'écrire comme résultant d'une suite d'éléments de maintien décalés les uns des autres de T : +00 xm(t) = Z x(nT) Bo(t-nT) n=o Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage NOTES PERSONNELLES Sa transformée de Laplace s'écrit : +00 X m (p)=£x(nT) B0(p)e-nTP n=o +00 soit Xm(p) = B 0 (p)£x(nT)e-nT P n=o d'où Xm(p) = B 0 (p)X*(p) Expression que l'on peut illustrer par un bloc-diagramme, associant l'élément bloqueur à un échantillonneur (à pulsations) : xw s X*(t) I " r~i xma) X*(p) I / X(p) ^ B 0 (p) = I^ | - Xm(p) Remarque : on peut concevoir d'autres types de filtres-bloqueurs, tels que le bloqueur d'ordre k, avec correction partielle de vitesse : Bk(p) = kT(i^)2 + l^(l-ke-Tp) Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage Si k = 0 on retrouve le bloqueur d'ordre zéro, Si k = 1 on obtient un bloqueur d'ordre un. Le choix de k autour de 0,3 à 0,4 semble un bon compromis. Cependant, ces bloqueurs plus sophistiqués sont complexes à réaliser et c'est presque exclusivement les bloqueurs d'ordre zéro (mise en mémoire entre deux instants d'échantillonnage) qui sont utilisés. * Réalisation La plupart des échantillonneurs-bloqueurs sont réalisés selon l'un ou l'autre des schémas ci-dessous. Dans le premier circuit, le condensateur de mémorisation C se trouve à l'entrée d'un amplificateur non-inverseur de gain-unité. Il est chargé directement par le signal à mesurer, à travers l'interrupteur S. C'est donc l'impédance de la source qui détermine la rapidité avec laquelle un condensateur de valeur donnée est chargé. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. Dans ce second circuit, le condensateur de mémorisation est placé dans la contreréaction d'un amplificateur-inverseur. La rapidité de charge dépend donc du courant de sortie maximum de cet amplificateur et de la constante de temps R 2 C. Par rapport au précédent, ce circuit présente l'avantage d'une impédance d'entrée purement résistive, donc indépendante de la fréquence. Cette impédance varie en fonction de la position de l'interrupteur. Les échantillonnées sont généralement des transistors à effet de champ (FET). Dans une version intégrée, le condensateur de mémorisation C est généralement de type MOS. Enfin, l'amplificateur opérationnel comportera un étage d'entrée à FET, afin de réduire autant que possible le courant de polarisation. Automatique - S.A.E. © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés. chapitre 2 : Echantillonnage © [A. JUTARD M.BETEMPS], [1998], INSA de Lyon, tous droits réservés.