Lp (a)
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Lp (a)
Lp (a) La lipoprotéine (a) [Lp(a)] est une lipoprotéine dont la zone de migration sur le lipidogramme se situe entre celle des VLDL et celle des HDL. Son originalité tient à la présence d’une apolipoprotéine spécifique : l’apo(a), fortement liée à une molécule d’apo B100 par un pont disulfure. La Lp(a) fait ainsi partie des lipoprotéines fortement athérogènes ; un taux circulant élevé de Lp(a) a pu être relié à la survenue d’accidents cardiovasculaires précoces, touchant le sujet jeune. Par ailleurs, l’apo(a) présente une très forte homologie de structure avec le plasminogène (notamment kringle IV, dont elle possèderait jusqu’à 38 copies, et kringle V). Cette homologie pourrait favoriser, par le biais d’une compétition de ces deux molécules pour le récepteur du plasminogène, l’installation d’un état d’hypercoagulabilité secondaire à la baisse de l’activité fibrinolytique. La Lp(a) serait ainsi située au carrefour de la thrombose et de l’athérome. Le rôle physiologique de cette lipoprotéine est encore inconnu. Elle s’accumule au niveau de l’intima des vaisseaux artériels ; les concentrations plasmatiques seraient bien corrélées aux dépôts artériels, ce qui explique que le risque d’athérosclérose soit proportionnel au taux circulant. Le métabolisme de la Lp(a) est indépendant de celui des autres fractions lipidiques : HDL, LDL et VLDL. Elle ne participe pas au catabolisme du cholestérol. La Lp(a) est exprimée par tout individu, mais son taux, généti- quement déterminé pour 60 % de sa valeur, est extrêmement variable. Le gène de l’apo(a), situé sur le bras long du chromosome 6 au voisinage de celui du plasminogène, est transmis sur le mode dominant. De nombreuses méthodes sont applicables au dosage de la Lp(a). L’immunoturbidimétrie est la plus fréquemment employée. Cette technique est toutefois sensible à de nombreuses interférences (augmentation des triglycérides en particulier). Le recours est dans ce cas l’électro-immunodiffusion, plus longue mais indépendante de la turbidité du prélèvement. Les valeurs physiologiques, déterminées statistiquement, sont identiques pour les deux sexes : < 0,300 g/l. Malgré une détermination génétique reconnue, ces valeurs augmentent régulièrement avec l’âge, cette augmentation s’accélérant chez la femme après la ménopause. Elle pourrait ainsi participer à l’accroissement du risque cardiovasculaire décrit chez la femme ménopausée ; elle est limitée ou annulée par un traitement hormonal substitutif bien conduit. Aucun régime ne permet de diminuer le taux de cette molécule dans la circulation, ce qui corrobore l’indépendance métabolique de la Lp(a) vis-à-vis des paramètres classiques du bilan lipidique. Des taux élevés de Lp(a) sont rencontrés chez des sujets normo- comme hypercholestérolémiques, normo- comme hypertriglycéridémiques. Certains hypolipémiants ont été décrits comme influençant le taux de cette molécule, mais aucune étude clinique n’a permis d’étayer ces arguments. Seul l’acide nicotique a un effet certain, mais il n’est pas commercialisé en France. À l’heure actuelle, le seul moyen de faire diminuer le taux de Lp(a) est la lipophérèse.
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