l`avenirdesprincipes unidroit relatifs aux contrats du
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L’ AVENI RDESPRI NCI PES UNIDROIT RELATIFS AUX CONTRATS DU COMMERCE INTERNATIONAL ET DES PRINCIPES EUROPEENS DU DROIT DU CONTRAT : DU DROIT MOU AU DROIT DUR ? Guillaume Busseuil Moni t e uràl ’ Uni ve r s i t éPar i sX-Nanterre 1 –Une nouvelle étape dans la communautarisation du droit international privé1 a été amorcée. En effet, la transformation de la Convention de Rome sur la loi applicable aux obligations contractuelles2 en instrument communautaire3 af a i tl ’ obj e td’ unl i vr eve r t ,l e que l a relancé le débat4 s url ’ oppor t uni t ée tl af a i s a bi l i t éduc hoi xder è g l e snoné t a t i que se nt a n t 5 que loi applicable au contrat au sens de article 3 alinéa 1 de la Convention .L’ i nt e r r og a t i on porte plus précisément sur les codifications6 d’ or i g i nedoc t r i na l equiontvul ej our ces quinze dernières années. Ces sources réfléchies ne se confondent pas avec les sources spontanées (usages du commerce international), et les sources négociées (conventions internationales de droit matériel)7. 2 – Nous envisageons ici les Principes Unidroit relatifs aux contrats du commerce international et les Principes européens du droit du contrat rédigés par la Commission Lando8. Nousnenousé t e ndr onspa ss url ’ hi s t or i quedel e uré l a bor a t i on,nis url e urc ont e nu,c e s 9 questions étant déjà largement commentées .Nouspr é c i s e r onss e ul e me ntquel ’ obj e tdec e s 1 Voir K. KREUZER, La communautarisation du droit international privé : les acquis et les perspectives, p. 97137, in Global law, Unifier le droit : un rêve impossible ? L. VOGEL (dir.) Editions Panthéon-Assas, 2001. 2 Convention de Rome de 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles (version consolidée), JOCE n° C 27 du 26 janvier 1998, p. 34-46. 3 Livre vert sur la transformation de la Convention de Rome en instrument communautaire ainsi que sa modernisation, 14 janvier 2003, Com (2002), 654 final ; Groupement européen de droit international privé, Troisième commentaire consolidé des propositions de modifications de la Convention de Rome du 19 juin 1980 s u rl al oia ppl i c a bl ea u xobl i g a t i on sc on t r a c t u e l l e se tdel ’ a r t i c l e15du règlement 44/2001/CE (règlement « Bruxelles I »), www.drl.ucl.ac.be/gedip/gedip-documents 4 Sur ce débat, voir notamment, V. HEUZÉ, Recodifier le droit international privé, in Le Code civil, Livre du bicentenaire, Dalloz –Litec, 2004 , p. 401-411. Par ailleurs, la ratification par la Belgique le 1er mai 2004 des deux protocoles du 19 décembre 1988 donnant compétence à la CJCE pour interpréter la Convention de Rome a sans aucun doute modifi él e st e r me sdec edé ba t .L’ a r g ume n tf on dés u rl ’ i nt e r pr é t a t i on u ni f or medel a Conv e n t i onn ’ e s tdon cpl u spe r t i n e nt .Voi rD.BUREAU,I nt e r pr é t a t i onpa rl aCJ CEdel aConv e n t i ondu19j u i n 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles : la Belgique rapproche Rome de Luxembourg, RDC 2004, n°4, pp. 1057-1059. 5 Voir le pts 3.2.3 du Livre vert, « L’ a ut on omi edel av ol on t é(art. 3 § 1). Interrogations quant au choix de règles non étatiques ». 6 La codification pouvant être définie comme « cette opération de mise en forme des règles juridiques en un ensemble » in R. CABRILLAC, Les codifications, PUF, 2002. Sur la notion de code, voir C. JAUFFRETSPINOSI, Les grands systèmes de droit contemporains, Dalloz, 11ème é d.2002,n °83.L’ a u t e u ri n c l u tpa r mi les codes les Principes Unidroit et les Principes européens du droit du contrat. 7 H. GAUDEMET-TALLON, Les sources internationales du droit international privé devant le juge français, in Mélanges offerts à P. Drai, Dalloz, 2000, p. 573-591. 8 Ces codific a t i on ss e r ontv i s é e spa rl ’ e x pr e s s i on«les Principes » ou « les codifications » dans la suite du texte. 9 Principes relatifs aux contrats du commerce international, Unidroit, Rome, 1994. Par ailleurs, lors de sa session annuelle (19-21 avril 2004) le Con s e i ldeDi r e c t i ond’ UNI DROI Taa dopt éàl ’ u n a n i mi t él an ou v e l l eé di t i onde s Pr i n c i pe sd’ UNI DROI Tr e l a t i f sa uxc on t r a t sduc omme r c ei n t e r n a t i on a l .L’ é di t i onde1994aé t ée n r i c h i edec i n q nouveaux chapitres (pouvoir de représentation; droits des tiers; compensation; cession de créances, cession de dettes, cession de contrats; délais de prescription), le préambule a été étoffé, et de nouvelles dispositions sur pr i nc i pe sn’ e s tpa sl e mê me: les Principes Unidroit synthétisent les règles générales applicables aux contrats du commerce international passés entre commerçants et autres professionnels alors que les Principes européens concernent tous les contrats, y compris les contrats entre des professionnels et des consommateurs, dans les relations internationales ou intra-communautaires comme dans les relations purement internes. Les Principes sont parfois présentés comme une codification de la lex mercatoria. Le préambule de chacune des c ompi l a t i onsé nonc ed’ a i l l e ur squ’ e l l e ss onta ppl i c a bl e sl or s quel e spa r t i e sa c c e pt e ntquel e ur contrat soit régi par les principes généraux du droit ou la lex mercatoria. Or, les Principes Unidroit et les Principes européens se distinguent par leur nature même de la lex mercatoria. En e f f e t ,l e sPr i nc i pe sé nonc e ntde spr opos i t i onsd’ or i g i nedoc t r i na l ea l or squel alex mercatoria10 exprime des règles pratiquées par la communauté économique internationale11. 3 –Le caractère non obligatoire de ces Principes les a fait pénétrer dans la sphère du droit mou. Ils appartiennent à la sphère du droit12 dans la mesure où ils ont été rédigés de manière s y s t é ma t i ques ousl af or med’ unc ode de portée générale ayant vocation, éventuellement, à s ’ i ns é r e rda nsl e sl é g i s l a t i onsde sEt a t s .Cl a s s i que me nt ,c edr oi te s tqua l i f i édemouda nsl a 13 me s ur eoùi ln’ apa sdeva l e urobl i ga t oi r e . Il est seulement proposé et non imposé14. l ’ i n t e r di c t i ondes ec on t r e di r ee ts u rl ar e n on c i a t i onpa rc on ve n t i ononté t éa j ou t é e s .Enou t r e ,l a version de 1994 a été adaptée en vue de répondre aux besoins du commerce électronique partout où cela a été jugé nécessaire. Les Principes du droit européen du contrat, Commission pour le droit européen des contrats, Version française préparée par G. Rouhette, avec le concours de I. de Lamberterie, D. Tallon et Cl. Witz, Société de législation comparée, 2003. Sur ces Principes, voir notamment D. TALLON, Vers un droit européen des contrats, in Mélanges COLOMER, 1994, Litec, p. 485 et s. ; C. KESSEDJIAN, La codification privée, in Liber Amicorum, Georges. A.L. Droz sur L’ un i f i c a t i onpr og r e s s i v edudr oi ti n t e r n a t i on a lpr i v é ,Kl uwe rl a wi n t e r n a t i on a l ,LaHa y e ,1996,580pp; F-M BANNES,L’ i mpa c tde l ’ a dopt i on de sPr i n c i pe sUn i dr oi t1994 s u rl ’ un i f i c a t i on du droit du commerce international : réalité et utopie, RRJ 1996, p. 933 et s. ; G. ROUHETTE, La codification du droit des contrats, Droits, 1996, p. 113 et s. ; D. MAZEAUD, A propos du droit virtuel des contrats. Réflexion sur les Principes Unidroit et de la Commission Lando, in Mélanges Cabrillac, LGDJ, 1999, p. 205 et s. ; G. LEFEBVRE et E. SIBIDI DARANKOUM, Phénomène transnational et droit des contrats : les Principes européens, RDAI, n°1, 1999, pp. 47-79. 10 Notion dont il faut regretter la grande confusion terminologique. Sur ce point, voir notamment D. BUREAU, Lex mercatoria, in Dictionnaire de la culture juridique, S. RIALS, et D. ALLAND (dir.) ; E. LOQUIN, Où en est la lex mercatoria, in Souveraineté étatique et marchés internationaux à la fin du 20ème siècle, Mélanges en l ’ h onn e u rdeP.KAHN,Li t e c ,Pa r i s ,20 00. 11 Un i t édedr oi ti n t e r n a t i on a lpr i v édel ’ Un i v e r s i t él i br edeBr u x e l l e se tl edé pa r t e me n tdedr oi ti n t e r n a t i on a l pr i v édel ’ Un i v e r s i t édeLi è ge ,Obs e r v a t i ons u rl at r a n s f or ma t i ondel aCon v e n t i onde Rome de 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles : http://europa.eu.int/comm/justice_home/news/consulting_public/rome_i/news_summary_rome1_en.htm, et B. FAUVARQUE-COSSON, Les contrats du commerce international, une approche nouvelle : les Principes d’ Un i dr oi tr e l a t i f sa u xc ont r a t sduc omme r c ei n t e r n a t i on a l ,RI DC1998, p. 63 et s. 12 Droit qualifié de «virtuel» par un auteur. Voir D. MAZEAUD, La commission Lando :l epoi n tdev u ed’ un juriste français, in Pensée juridique française et harmonisation européenne du droit, Société de législation comparée, 2001, p. 181et s. 13 Sur cette notion, voir C. THIBIERGE, Le droit souple, Réflexion sur les textures du droit, R.T.D. civ. 2003, n°3, pp. 599-627 ; Selon cet auteur, le droit souple comprend le droit flou défini par la souplesse de son contenu, le droit doux qui n'a pas ou peu de force obligatoire et le droit mou qui a pas ou peu de force contraignante ; sur la notion de droit mou, voir également P. DEUMIER, Le droit spontané, Préface J-M Jacquet, Economica, 2002, 477 pp, spé. n° 276. Le droit mou semble équivalent à la notion anglo-saxonne de « soft law » ; H. MUIRWATT parle le « nouveau soft law européen » in Analyse économique et perspective solidariste, La nouvelle crise du contrat, C. JAMIN et D. MAZEAUD (dir.), 2003, p. 185. 14 M. FONTAINE, Du droit « mou » ……i mpé r a t i f?, in Mélanges Barthélémy MERCADAL, Lefebvre, 2002, p. 159 et s. Si ces Principes peuvent avoir une réelle portée normative, reste à savoir si le règlement « Rome I »15 pourrait faire référence à ces codifications doctrinales en tant que lex contractus. La transformation de la Convention de Rome pose ainsi la question plus générale de la place du droit savant dans le paysage des sources du droit. Libre de toute contrainte juridique ( c ompé t e nc e ,pr oc é dur el é g i s l a t i ve ) ,l adoc t r i neaj e t él e sf onde me nt sd’ undr oi tc ommun mondial et européen des contrats. Un auteur explique le rôle de la doctrine dans l ’ ha r moni s a t i ondu dr oi tdel ama ni è r es ui va nt e: «à partir du moment où la puissance j ur i di qued el ’ Et a tdé c l i ne ,c e l l edel adoc t r i nemont e ,da nsunmondes a nsc ont r a i nt ea priori, 16 i le s tnor ma lquel ’ a ut or i t éma g i s t r a l er e t r ouvedel avi g ue ur » . La dynamique de la doctrine peut être décrite de la manière suivante :« N’ a g i s s a ntquepa rvoi edepe r s ua s i on,l adoc t r i ne est a priori la plus faible des sources. En même tant elle est aussi la plus forte, pour deux r a i s ons .D’ unepa r t ,l adoc t r i neal epr i vi l è g edes ’ a ut o-constituer, car à la différence de la loi e tduj ug e ,e l l enet i e ntpa ss onpouv oi rnis one xi s t e nc ed’ unenor mee xt é r i e ur eàe l l e ,ma i s des as e ul equa l i t é .D’ a ut r epa r t ,l ado c t r i neé c l a i r el e sa ut r e ss our c e ss ure l l e s -mêmes et leur s e r tder é vé l a t e url or s qu’ e l l er a ppor t ec e l l e s -c iàl ’ e ns e mbl edudr oi tpos i t i f »17. Classiquement les codifications doctrinales constituent une source médiate de droit, dans le sens où ce droit mou est réceptionné par le droit dur. Il apparaît alors que le droit mou est doté d’ unet r i pl ef onc t i on.I lpe utd’ a bor d pé né t r e rl edr oi tdurpa rl eve c t e urd’ unec l a us e c ont r a c t ue l l e .I lpe ute ns ui t ea voi runea ut or i t ée nma t i è r ed’ i nt e r pr é t a t i on.Ledr oi tmoupe ut e nf i nê t r edot éd’ unenor ma t i vi t éc og ni t i vee tr é f lexive. 4 –Lanor ma t i vi t éopt i onne l l edudr oi tmous ’ e nt e nddel apos s i bi l i t él a i s s é ea uxpa r t i e sde choisir une codification en tant que droit applicable à leur contrat. Les codifications doctrinales peuvent donc basculer dans la sphère du droit dur par l ’ e f f e td’ unec l a us e 18 contractuelle .Enpr a t i que ,l ’ a c c ue i lf a i ta u dr oi tmous ousl af or mede sc odi f i c a t i o n s doctrinales a été pour le moins réservé19. Des auteurs expliquent cette résistance de la pratique contractuelle de la manière suivante : «cette résistance très forte des professionnels, qui ne me tpa se nc a us el aqua l i t éde sr è g l e sc ons i dé r é e s ,nes ’ e xpl i quequepa rl e urc ons c i e nc edel a grave insécurité juridique que provoque inéluctablement, au moins dans un premier temps, l ’ a dopt i onder è g l e suni formes. En effet, parce que celles-ci ne se conçoivent pas sans c ompr omi se nt r ede sc onc e pt i onsd’ or i g i nedi f f é r e nt e ,s i non r a di c a l e me ntoppos é e s ,de s questions traitées, leur signification exacte et leur portée réelle sont toujours source 15 Ent ou té t a tdec a u s e ,l aConv e n t i ondeRome ,àl ’ i ma g edel aCon v e n t i ondeBr u x e l l e sv aê t r et r a n s f or mé ee n r è g l e me n tc ommuna ut a i r ee tn one ndi r e c t i v e .C’ e s tc equ’ i lr e s s or tdel as y n t h è s ede sr é pon s e sa ul i v r ev e r ts u r la transformation de la Convention de Rome : http://europa.eu.int/comm/justice_home/news/consulting_public/rome_i/doc/discussion_paper_final_en.pdf 16 M.-A. FRISON-ROCHE, Le versant juridique de la mondialisation, Revue des deux mondes, Déc. 1997, pp.45-53. 17 P. JESTAZ, C. JAMIN, La doctrine, Dalloz, 2004, p. 6. 18 Les Principes européens du droit du contrat sont applicables lorsque «les parties sont convenues de les i n c or por e ràl e u rc on t r a toud’ ys oume t t r ec e l u i -ci» (art. 1 : 1012° ) .L’ a r t i c l e1. 1de sPr i n c i pe sUn i dr oi te s t f or mu l éd’ u n ema n i è r es e mbl a bl e . 19 Le sa u t e u r sn ot e n ts ’ a g i s s a n tdel ’ a ppl i c a t i onpr a t i qu ede sPr i n c i pe sUni dr oi t«qu’ àpa r t i rd’ unr e c e n s e me n t s y s t é ma t i qu ede ss e n t e n c e sr e n du e ss ou sl ’ é g i dedel aCh a mbr edec omme r c ei n t e r n a t i on a l ee n t r e1995e t2001, il a pu être montré que si trente sept juridictions arbitrales ont trouvé commode de se référer à ces Principes, ce qui ne représente pas même 3 % del ’ e ns e mbl edec e l l e squion tr e n duu n edé c i s i ondé f i ni t i v ea uf on da uc ou r s de la période considérée, deux seulement (soit moins de deux pour mille) y avaient été invitées par les parties elles-mêmes, in F.MARELLA,Le sPr i n c i pe sd’ Un i dr oi tr e l a t i f sa ux contrats du commerce international dans l ’ a r bi t r a g edel aCCI ,1999-2001,Bu l l e t i ndel aCou ri n t e r n a t i on a l ed’ a r bi t r a g edel aCCI ,v ol .12( 2001) ,n ° 2,p. 52 et s. d’ i nc e r t i t ude sbeaucoup plus vives que celles que provoque une réforme dans un système juridique déterminé»20. 5 –Le droit mou peut également être utilisé à des fins interprétatives par le biais des principes généraux du droit. Ceux-ci sont consacrés ponctuellement par l ej ugeou pa rl ’ a r bi t r e l or s qu’ i l snet r ouve ntpa sda nsl e uror dr ej ur i di quer e s pe c t i f ,l e sr è g l e spr é c i s e spe r me t t a ntde solutionner un litige. Ainsi, lorsque le recours à des principes généraux est expressément prévu par la loi ou une convention internat i ona l e ,onc ons i dè r equel e sj ug e snef ontqu’ us e r d’ unedé l é g a t i on depouvoi rc ons e n t i epa rl el é g i s l a t e urou l e spa r t i e sàl ac onve nt i on 22 internationale21.L’ i l l us t r a t i onf i g ur a n tàl ’ a r t i c l e7. 2del aConve nt i ondeVi e nne est très pertinente. Les principes, et plus particulièrement les Principes Unidroit applicables aux c ont r a t sduc omme r c ei nt e r na t i ona l ,pe uve ntê t r ec ons i dé r é sc ommel ’ e xpr e s s i onma t é r i e l l e des principes généraux visés par la Convention de Vienne23. 6 –A long terme, le droit mou peut également servir de modèle aux législateurs nationaux. Ai ns i ,àdé f a utd’ uneva l e urdi r e c t e me ntnor ma t i ve ,l e sc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e sn’ e nontpa s moins une vertu cognitive et réflexive. Le cognitif permet de connaître. Le réflexif désigne ce qui relève de la réflexion et du retour sur soi. La connaissance, via ces principes, des solutions dedr oi tc ompa r épe utê t r emi s ea us e r vi c edel ’ e xpe r t i s ede sdr oi t sna t i ona ux24. Le droit 25 c ompa r éj o u ea l or sunr ôl ec r uc i a lda nsl ’ ha r moni s a t i ondudr oi t. Il a alors une fonction subversive dans le sens où il est une «une voie de connaissance critique du droit»26. Le débat pa s s i onna nts url ec odec i vi le ur opé e ne tl ape r s pe c t i ved’ uner e c odi f i c a t i ondenot r edr oi t 27 c i vi lmont r e ntt out el ’ i mpor t a nc edec e t t ef onc t i onc og nitive et réflexive . 20 V.HEUZÉ,Apr oposd’ un ei n i t i a t i v ee u r opé e n n ee nma t i è r ededr oi tde sc on t r a t s ,J CP20 02, I, 152, pp. 13411345. 21 C. JAUFFRET-SPINOSI, Les grands systèmes de droit contemporains, Dalloz, 11ème édition, 2002, n°113. 22 L’ a r t i c l e7. 2di s pos e: «Les questions concernant les matières régies par la présente Convention et qui ne sont pas expresséme n tt r a n c h é e spa re l l es e r on tr é g l é e ss e l onl e spr i n c i pe sg é n é r a uxdudr oi td on te l l es ’ i n s pi r eou ,à défaut de ces principes, conformément à la loi applicable en vertu des règles du droit international privé». 23 Qu e l qu e si l l u s t r a t i on sdel ’ u t i l i s a t i onde sPr i n c i pe spa rl ej u g eoul ’ a r bi t r es on tl e sbi e n v e n u e s .Lej ug en’ e na f a i tqu et r è spe uu s a g e .An ot r ec on n a i s s a n c e ,un es e u l edé c i s i ond’ un ej u r i di c t i onf r a n ç a i s eaf a i tr é f é r e n c ea ux Pr i n c i pe sUn i dr oi t .Da nsu na r r ê tdu24j a n v i e r1996,l aCo u rd’ a ppe ldeGr e n obl el e saa ppl i qu éàpr oposd’ u n e clause de responsabilité23. Elle mentionne deux Principes à savoir la primauté de la clause contractuelle sur une c l a u s et y pee nc a sdec on t r a di c t i one tl ’ i n t e r pr é t a t i ond’ un ec l a u s ea mbi gu ëc on t r ec e l uiqu il ’ aproposé (art. 2.21 et 4.6). Les références aux Principes dans les sentences arbitrales sont en revanche plus nombreuses. Une sentence a r bi t r a l en ° 7710af a i ta ppl i c a t i onde sPr i n c i pe sUn i dr oi te nt a n tqu’ e x pr e s s i onde spr i n c i pe sg é n é r a uxdudr oi t des contrats internationaux23.Un ea u t r es e n t e n c en °8128e s té g a l e me n ts i g n i f i c a t i v ee nc equ ’ e l l ea ppl i qu el e s Principes Unidroit et les Principes européens du droit à propos des intérêts dus par le débiteur en cas de non 23 pa i e me n td’ un es ommed’ a r ge n t . Ces exemples peuvent être complétés utilement par la consultation sur site www.unilex.info qui offre un recensement des décisions et sentences arbitrales ayant fait application des Principes Unidroit. 24 D. FENOUILLET et P. REMY-CORLAY ( di r . ) ,Le sc on c e pt sc on t r a c t u e l sf r a n ç a i sàl ’ h e u r ede sPr i n c i pe s européens du droit du contrat, Dalloz, 2003 ; C. PRIETO (dir.), Regards croisés sur les Principes du droit européen du contrat et sur le droit français, PUAM, 2003 ; B. FAGES, Quelques évolutions du droit français des contrats à la lumière des Principes de la Commission Lando, Dalloz, 9 octobre 2003, p. 2386 et s. 25 K.P. BERGER, Harmonization of european contract law, the influence of comparative law, ICLQ, vol. 50, n°4, octobre 2001, p. 877-900. 26 H. MUIR-WATT, La fonction subversive du droit comparé, RIDC, 2000, p. 503-527. 27 Voir notamment, B. FAUVARQUE-COSSON et D. MAZEAUD, Pensée juridique française et harmonisation européenne du droit, Société de législation comparée, Paris, 2003 ; Le Code civil 1804-2004 –Livre du Bicentenaire, Litec –Dalloz, 2004 ; spé. les contributions consacrées aux «réflexions sur une recodification » et aux « difficultés de la recodification : applications spécifiques ». 7 –Le droit mou peut donc devenir dur par un processus de réception opéré, soit par les parties, soit par le juge ou enfin par le législateur. Les codifications doctrinales, sources autoproclamées ont naturellement besoin du sceau d’ unes our c ef or me l l edudr oi t . Si le droit mou peut être formalisé par le droit dur, on peut se demander si le droit dur peut se 28 c ont e nt e rd’ opé r e runr e nvoi au droit mou. Le droit dur peut-il simplement faire référence au dr oi tmoue tf a i r ea i ns il ’ é c onomi ed’ u n er é c e pt i onf or me l l e? 8 –C’ e s tl ’ hy pot hè s ea va nc é epa rl aCommi s s i one ur opé e nneda nss onl i vr eve r ts url a transformation de la Convention de Rome en instrument communautaire. Elle a suggéré que le choix de règles non étatiques puisse constituerunc hoi xdel oia us e nsdel ’ a r t i c l e3del a Convention de Rome. Dans cette configuration, les codifications doctrinales constituent non pl usde ss our c e smé di a t e s ,ma i sde ss our c e si mmé di a t e sdedr oi t.I lnes ’ a g i tpl usdeme s ur e r l ’ i nf l ue nc edel avol onté individuelle sur les conflits de lois29,ma i sd’ é va l ue rda nsune perspective institutionnelle comment le législateur communautaire pourrait désigner un instrument mou pour en faire un choix de loi venant concurrencer les lois nationales. Si la réception du droit mou par le droit dur est parfaitement acceptable, le renvoi du droit mou opéré par le droit dur est en revanche beaucoup plus discutable (I), notamment parce qu’ i lpos el aque s t i ondus t a t utj ur i di quede sc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e sda nsl er è g l e ment «Rome I» (II). I - Le droit mou source immédiate de droit : un possible renvoi du droit dur au droit mou ? La transformation de la Convention de Rome en instrument communautaire est donc l ’ oc c a s i ond epos e rl aque s t i ondur e nvoipa rl er è g l e me nt« Rome I» aux codifications doctrinales. Nous envisagerons donc le principe du renvoi (A), avant de tenter de le justifier (B). A - Le principe du renvoi du règlement «Rome I» aux codifications doctrinales. 9 – Bi e nl oi nd’ unet hé or i eg é né r a l educ ont r a t ,le droit communautaire du contrat dans sa configuration actuelle est marqué par son caractère fragmentaire et son éparpillement dans un fatras de directives30 .Cemor c e l l e me ntdudr oi tar e l a nc él edé ba ta ut ourd’ undr oi tc ommu n 31 32 européen du contrat sous laf or med’ uni ns t r ume ntopt i onne l.Ens ’ i ns pi r a ntde sPr i nc i pe s 28 Lan ot i onder e nv oin ’ e s tpa s prise au sens du droit international privé : « en matière de conflits de lois, lorsque la loi étrangère, reconnue compétente par le juge national, décline cette compétence et renvoie la s ol u t i ondul i t i g eàl al oiduj u g es a i s i( …. ) ,; en matière de conflits de juridictions, lorsque le tribunal étranger r e c on n uc ompé t e n tpa rl ej u g ed’ unEt a t ,e s tobl i g é( e nv e r t ude sr è g l e sn a t i on a l e sdepr oc é du r e )dedé c l i n e rc e t t e c ompé t e n c ee tder e n v oy e rl e spl a i de u r sde v a n tl ej u g edel ’ a u t r eEt a t» in Termes juridiques, S. GUINCHARD et G. MONTAGNIER (dir.), 14ème édition, 2003. 29 D.BUREAU,L’ i nf l u e n c edel av ol on t éi n di v i du e l l es u rl e sc onf l i t sdel oi s ,in Mé l a ng e sF.TERRÉ,L’ a v e n i r du droit, Puf –Dalloz, 1999, pp. 285-305. 30 Sur ces textes, voir notamment, J. LAFFI NEUR,L’ é v ol u t i ondudr oi tc ommun a u t a i r er e l a t i fa uc on t r a tde consommation, REDC, 2001, pp. 19-42. 31 Communication de la Commission au Conseil et au Parlement européen du 12 février 2003, Un droit européen de sc on t r a t spl usc oh é r e n t ,u npl a nd’ a c t i on , COM (2003) 68 final, JOCE n° C 63 du 15 mars 2003 , pp. 1-34 ; Communication de la Commission au Conseil et au Parlement européen du 11 juillet 2001 concernant le droit européen des contrats, COM (2001), 398 final, JOCE, n° C 255 du 13 septembre 2001, pp. 1-44 ; A. MARAIS, Pl a nd’ a c t i ons u rl edr oi te u r opé e nde sc on t r a t s ,RDC,2004, n ° 2,pp.46 0- 465. Sur le lien entre ces communications et la transformation de la Convention de Rome en instrument communautaire, voir A.M. européens du droit du contrat33, la Communauté européenne pourrait réceptionner un i ns t r ume ntmouda nsl ec or psdel al é g i s l a t i onc ommuna ut a i r e .I lnes ’ a g i tbi e ns ûrqued’ un projet et force e s tde c ons t a t e r ,à l ’ he ur ea c t ue l l e ,l ’ i ne xi s t e nc e d’ un i ns t r ume ntdur s y s t é ma t i s a ntun dr oi te ur opé e n de sc ont r a t s .Pourl emome nt ,l e spa r t i e sn’ ontpa sl a possibilité de se référer à un instrument communautaire pour régir leur contrat. Cela signifie qu’ e l l e snepe uve ntpa sc hoi s i run dr oi tdé c onne c t éd’ unel oié t a t i quee tpa s s e rou t r e l ’ a ppl i c a t i ondel ar è g l edec onf l i t .Re s t eàs a voi rs il er è g l e me nt« RomeI »pour r a i tf a i r e l ’ é c onomi edur a i s onne me ntc onf l i c t ue ldet y pes a vi g ni e n34. Peut-il autoriser la référence i mmé di a t ea uxc odi f i c a t i onspr i vé e ss a nspa s s e rpa rl ’ i nt e r r oga t i ondel ar è g l edec onf l i t? 10 –Unr a ppe ldel ’ i nt e r pr é t a t i ondel aConve nt i ondeRomee s tl ebi e nve nu.Ledr oi tde s 35 c ont r a t si nt e r na t i ona uxf a i tunel a r gepa r tàl ’ a ut onomi edela volonté . Pour autant, le choix 36 del oia us e nsdel ’ a r t i c l e3del aConve nt i onnevi s equel ec hoi xd’ unel oié t a t i que . Le contrat faisant référence aux Principes Unidroit ou aux Principes européens du droit du contrat serait régi par la loi applicabl eàdé f a utdel oi ,ba s c ul a nta i ns ida nsl ’ hy pot hè s ede 37 l ’ a r t i c l e4 . En application de cette disposition, il revient à la loi désignée par la règle de c onf l i tded é t e r mi ne rl apl a c equ’ e l l ee nt e ndc ons e nt i ra uxr è g l e snoné t a t i que sc hoi s i e spa r les partie s .S’ i ls ’ a g i tdudr oi tf r a nç a i s ,l ej ugea ppl i que r at e l l eout e l l ec odi f i c a t i ondoc t r i na l e s ur l ef onde me nt de l ’ a r t i c l e 1135 du Code c i vi l . Le s Pr i nc i pe ss ont i nc or po r é s matériellement38 a uc ont r a te nve r t ud’ unec l a us ec ont r a c t ue l l ee ti l ss ’ a ppl i que ntdans les limites de la loi applicable au contrat et donc dans le respect de ses dispositions impératives. En écartant cette solution, le règlement «Rome I» se contenterait de désigner les Principes Unidroit ou les Principes européens du droit du contrat comme un choix de loi applicable à un contrat. 11 –Cette dernière solution est soutenue par certains auteurs. Ils proposent de faire du choix 39 de sc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e sunc hoi xdel oia umê met i t r equec e l uid’ unel oié t a t i que . Un LOPEZ-RODRIGUEZ, The Rome convention of 1980 and its revision at the crossroads of the European contract law project, European review of private law, 2004, n°2, pp. 167-191 32 D. STAUDENMAYER, Un instrument optionnel en droit des contrats ?, RTD civ. 2003 pp. 629-644. 33 Ces Principes ont é t ér é di g é s da n sl a pe r s pe c t i v e( àl on gt e r me )de l ’ é l a bor a t i on d’ un i n s t r ume nt communautaire de droit matériel en matière contractuelle (ces Principes « s on tde s t i n é sàs ’ a ppl i qu e re nt a n tqu e r è g l e sg é n é r a l e sdudr oi tde sc on t r a t sda n sl ’ Un i one u r opé e nn e » art.1 :101 1°). 34 Voir notamment, B. AUDIT, Droit international privé, Economica, 2000, n°88 et s. 35 Voir Cass. Civ. 1ère 25 janvier 2000 BNP c/ Agro alliance et autres, Bull. civ. I., n°21 rappelant le principe de l ’ a u t on omi edel av ol on t éda nsl ec h oix de la loi applicable à un contrat international. 36 Voi rn ot a mme n t ,P.LAGARDE,Len ouv e a udr oi ti n t e r n a t i on a lpr i v éde sc on t r a t sa pr è sl ’ e nt r é ee nv i g u e u rde la Convention de Rome du 19 juin 1980, Rev. Crit. DIP, 1991, p. 287. 37 L’ a r t i c l e4c on c e r n a n tl a loi applicable à défaut de choix dispose : «Dans la mesure où la loi applicable au c on t r a tn’ apa sé t éc h oi s i ec onf or mé me nta uxdi s pos i t i onsdel ’ a r t i c l e3,l ec on t r a te s tr é g ipa rl al oidupa y sa v e c l e qu e li lpr é s e n t el e sl i e n sl e spl u sé t r oi t s( ……) .Sous réserve du paragraphe 5, il est présumé que le contrat présente les liens les plus étroits avec le pays où la partie qui doit fournir la prestation caractéristique a, au mome n tdel ac on c l u s i onduc on t r a t ,s ar é s i de n c eh a bi t u e l l e ,ous ’ i ls ’ a gi td’ u n esociété, association ou personne morale, son administration centrale». 38 Sur la distinction entre incorporations conflictuelle et matérielle, voir J-M J ACQUET,L’ i n c or por a t i ondel a loi dans le contrat, in Travaux du comité français de DIP, 1993-1994, Pédone, pp. 23-37 :l ’ i n c or por a t i on ma t é r i e l l e« s ec a r a c t é r i s epa rr a pp or tàl ’ i n c or por a t i onc o n f l i c t u e l l epa rl ef a i tqu ’ e l l en ’ e s tpa ss us c e pt i bl e d’ i n t e r f é r e ra v e cl ef on c t i onn e me ntdel ar è g l edec onf l i t .Da n sl ac h r on ol og i edur a i s onne me nt ,e l l en’ i n t e r vient que lorsque la règle de conflit a permis de désigner la loi applicable. Dans la hiérarchie elle apparaît totalement tributaire et nécessairement respectueuse de la lex contractus». 39 Voir K. BOELE-WOELKI, The Unidroit principles of international commercial and the Principles of european contract law : how to apply them to international contracts, Uniform law review, 1996 n°4, pp. 652-678; B. ANCEL, Auctoritate rationis, Le droit savant du contrat international, in Clès pour le 20ème siècle, Mélanges de l ’ Un i v e r s i t éPa r i sI IPa n t h é on -Assas, 2000, pp. 583-609 ; F. de LY, Choise of law clauses, Unidroit Principles a ut e urc i t e ,àl ’ a ppui de son argumentation40,l ’ e xe mpl edel aConve nt i oni nt e r a mé r i c a i nes ur la loi applicable aux contrats internationaux (Convention de Mexico)41 qui, selon une certaine interprétation, autoriserait la référence à un droit mou en tant que loi applicable au contrat : s e l onl ui ,l at r a ns f or ma t i ondel aConve nt i ondeRome« pour r a i tê t r el ’ oc c a s i onàs a i s i rpour a ba ndonne rl ’ i nt e r di c t i onduc ont r a ts a nsl oie xpr i mé epa rl aphr a s equiouvr el ’ a r t i c l e3e t d’ a ut or i s e rc ommel ef a i tl aConve nt i o ndeMe xi c o,l adé s i g nation des principes élaborés par l e sor g a ni s a t i onsi nt e r na t i ona l e s ,donc ,pourl ’ i ns t a ntl e sPr i nc i pe sUni dr oi t »42.L’ Uni dr oi t c ons t i t ueu n ei ns t i t ut i oni nt e r na t i ona l e ,poura ut a ntl e sPr i nc i pe sr e l è ve ntda va nt a g edel ’ é t ude de droit comparé que du projet de loi ou de convention43. Le caractère intergouvernemental de l ’ i ns t i t ut i onqu iapr é s i déàl ’ é l a bor a t i onde sPr i nc i pe sUni dr oi tnej us t i f i ee nr i e nl e ur désignation par le règlement «Rome I». Ce sdé ve l o p pe me nt sonté t éc ompl é t é sàl ’ oc c a s i ondel apubl i c a tion par la Commission européenne du Livre vert sur la transformation de la Convention de Rome en instrument communautaire. Certaines réponses au Livre vert se sont montrées favorables à la désignation «conflictuelle» des codifications doctrinales par les parties44. Le droit mou devient dur non pas par la volonté des parties, mais par la désignation de ces normes par le règlement communautaire. En désignant les codifications comme un possible choix de loi, le règlement conférerait une force contraignante aux Principes. 12 –L’ é c l a i r a g edel ’ a na l y s eé c onomi queduf é dé r a l i s meape r mi sdedé mont r e rquel ec onf l i t 45 del oi sc on s t i t ua i tl eve c t e urd’ unec onc ur r e nc ee nt r el e sl é g i s l a t i onsna t i ona l e s .Ors il ’ on a dme tl ’ hy pot hè s e d’ un « dur c i s s e me nt » nor ma t i fde sc odifications doctrinales par le législateur communautaire, cela signifie que le conflit de lois ne se réduit plus à une c onc ur r e nc ee nt r el e sl é g i s l a t i onsé t a t i que s .L’ é l a r g i s s e me ntdupé r i mè t r ec onc ur r e nt i e ldu conflit de lois aux sources doctrinales constituerait bien un bouleversement de la méthode c onf l i c t ue l l ec l a s s i que .Pa ra i l l e ur s ,e nl ’ a bs e nc ededé s i g na t i ondel al oia ppl i c a bl epa rl e s parties, le juge serait sans doute amené à prendre en considération les codifications doctrinales au même titre que les lois étatiques. of international commercial contracts and Article 3 Rome Convention : the lex mercatoria before domestic courts or arbitration privilege ? in Etudes offertes à Barthélemy MERCADAL, Editions Francis Lefebvre, Paris, 2002, pp. 133-145. 40 J.-P.BERAUDO,Lamode r ni s a t i one tl ’ h a r mon i s a t i ondudr oi tde sc on t r a t s: une perspective européenne, in Actes du congrès « Harmonisation mondiale du droit privé et intégration économique régionale », Rome 27-28 septembre 2002, Revue de droit uniforme, 2003, n°1/2, p. 135-140. 41 Sur la Convention de Mexico du 17 mars 1994, voir le texte en français et le commentaire de D. FERNANDEZ ARROYYO à la Rev. Crit. DIP 1995 p. 173 et s. 42 Pour une interprétation contraire, voir A. BOGGIANO La convention interaméricaine sur la loi applicable aux c on t r a t si nt e r n a t i on a uxe tl e sPr i n c i pe sd’ Un i dr oi t ,Re v u ededr oi tu n i f or me ,1996,n ° 2,p p.21 9-227 : « Cependant la preuve absolue et irréfutable que la Convention interaméricaine ne permet pas aux parties de choisir les principes généraux ou la lex mercatoria comme système autonome et exclusif de toute loi étatique se t r ou v eda nsl ’ a r t i c l e11qu ir e n dn é c e s s a i r e me nta ppl i c a bl el al oide police du for et discrétionnairement a ppl i c a bl e sda n sc ef orl e sl oi sdepol i c ed’ una u t r eEt a ta v e cl e qu e ll ec on t r a tpr é s e n t el e sl i e n sé t r oi t s » . 43 C. KESSEDJIAN, Un exercice de rénovation des sources du droit des contrats du commerce international : les principes proposés par Unidroit, Rev. Crit. DIP 1995, pp. 641- 667. 44 Voir notamment la réponse du Max Planck Institut pour le droit international privé et le droit étranger, Ha mbou r g ,c e l l edel ac on f é r e n c ede sn ot a r i a t sdel ’ Un i one u r opé e nn e ,c e l l ede la Universitat Pompeï et la Un i v e r s i t a ta u t on oma ,Ba r c e l on a ,Es pa gn e ,c e l l edel ’ Un i dr oi t ,Rome ,e tc e l l edug r ou pen or di qu epou rl edr oi t international privé. Contra :v oi rn ot a mme n tl ar é pon s edel ’ Un i t édedr oi ti n t e r n a t i ona lpr i v édel ’ Uni v e r s i t é Li br edeBr ux e l l e s ,e tdudé pa r t e me ntdudr oi ti n t e r n a t i on a lpr i v édel ’ Uni v e r s i t édeLi è g e s; la réponse du Pr. Dr U.MAGNUSe tduPr .Dr .P. MANKOWSKIdel ’ Un i v e r s i t édeHa mbou r g: http://europa.eu.int/comm/justice_home/news/consulting_public/rome_i/news_summary_rome1_en.htm 45 H. MUIR-WATT, Globalisation des marchés et économie politique du droit international privé, in La mondialisation entre illusion et utopie, A.D.P 2003, tome 47, 2003, pp. 243-262, et les références citées. La solution du renvoi par le règlement aux codifications doctrinales est très discutable. Elle doit néanmoins être débattue. Certaines pistes de réflexion tendant à justifier cette solution sont donc les bienvenues. B - La légitimité du renvoi aux codifications doctrinales. 13 –Le caractère systémique tant des Principes Unidroit que des Principes européens a été mis en avant pour justifier leur désignation par le règlement «Rome I »46. Les codifications doctrinales constituent sans aucun doute des ensembles complets et cohérents construits autour de règles impératives et de règles supplétives. Pour autant, la solution envisagée par les a ut or i t é sc o mmuna ut a i r e sc ons i s t eàr e c onna î t r eàc e sPr i nc i pe sl aqua l i t éd’ or dr ej ur i di que auto-référent. Le caractère complet et cohérent de ces ensembles normatifs est-il suffisant pourl e squa l i f i e rd’ or dr ej ur i di quea ut onome? 14 –Una u t e urdé f i ni tl ’ or dr ej ur i di q uec omme« l ’ e ns e mbl es t r uc t ur ée ns y s t è medet ousl e s éléments entrant dans la consti t ut i ond’ undr oi tr é g i s s a ntl ’ e xi s t e nc ee tl ef onc t i onne me nt d’ unec ommuna ut éhuma i ne( …) .Lanor men’ e xi s t epa spa re l l e -même mais uniquement en t a ntqu’ e l l ee s tunenor med’ unc e r t a i ns y s t è mequis e ulpe utl uipr oc u r e rs ava l i di t é ,s on existence en tant que norme»47. Ce t t edé f i ni t i o ne s tr e c e va bl es il ’ onc onç oi tunor d r e j ur i di ques pé c i f i que ,vi s a ntl ama t i è r ec ont r a c t ue l l e .Pa rhy pot hè s e ,c ’ e s tl er è g l e me ntl ui même qui confère aux codifications leur validité en tant que choix de loi. 15 –L’ a r g ume ntde la spécificité des ordres juridiques (Principes Unidroit ou Principes européens) visés par le règlement est en adéquation avec la thèse de la gradation entre les ordres juridiques étatique, international, ou transnational48.Un a ut e urs ’ e xpr i mee nc e s termes : « t out e sl e sc ommuna ut é sj ur i d i que squenousa vonsr e nc ont r é e ss ontc a pa bl e sd’ a v o i r l e urpr opr ea c t i vi t éj ur i di que .A c et i t r e ,e l l e sc ons t i t ue nta ut a ntd’ or dr e sj ur i di que sa us e ns i ns t i t ut i onne ldut e r me ,ma i sl e squ a l i f i e rd’ or dr ej ur i di quen’ e s ten rien reconnaître leur autonomie»49.L’ a ut e urdi s t i ng uet outd’ a bor dl e sc or psder è g l e spr é voy a ntl e urpr opr er è g l e des a nc t i on,e tde sr è g l e sdec ompor t e me ntt r è sc onc r è t e sc equic or r e s pondàl ’ hy pot hè s ede s Principes Unidroit ou des Principes européens. Elle met en évidence ensuite les ordres j ur i di que sdot é sde l e urpr opr ej uge e te nf i nl e sor dr e sa y a ntl a pos s i bi l i t é d’ a s s ur e r l ’ e xé c ut i onf or c é e . 16 –La désignation des codifications par le règlement remet en question notre conception traditionnelle del ’ or dr ej ur i di que .Nef a ut -il pas distinguer les «micro-ordres juridiques» des «macro-or dr e sj ur i di que s »e tf a i r eé t a td’ unl i e ndes ubor di na t i one nt r ec e sde uxc a t é g or i e s d’ or dr e sj ur i di que s?Ce t t ehy pot hè s eal ’ a va nt a g eder e ndr ea c c e pt a bl et hé or i quement le renvoi par le règlement aux codifications doctrinales. Il semble que les «macro-ordres j ur i di que s »( l e sor dr e sj ur i di que sé t a t i que s ,l ’ or dr ej ur i di quec ommuna ut a i r e )s onti nt i me me nt rattachés à un territoire contrairement à la seconde catégorie. A l ’ he ur edudr oi tqua l i f i éde post-moderne, il convient, semble-t-i l ,der e me t t r ee nc a us el ’ a s s i s epur e me ntt e r r i t or i a l ede l ’ or dr ej ur i di que . 46 Voir notamment la réponse du Max Planck Institut pour le droit international privé et le droit étranger, Hambourg, op. cit. 47 C. LEBEN, « Ordre juridique » , in Dictionnaire de la culture juridique, S. RIALS et D. ALLAND (dir.) , PUF, 2003, p. 1113 et s. 48 P. DEUMIER, Le droit spontané, Préface J.-M. JACQUET, Economica, 2002, n°381. 49 Ibid. 17 – Le droit post-moderne50 est en effet caractérisé par un décloisonnement de sa 52 production51.Ai ns i ,« L’ a s s oc i a t i onont ol og i queduDr oi t( l al oi )e tdel ’ Et a t » a été très largement éprouvée par un enchevêtrement croissant des sources du droit. Madame DelmasMarty fait le constat suivant : « e ndé pi tde sa ppa r e nc e s ,i ln’ e s tpl uspos s i bl ea uj our d’ huide méconnaître la superposition de normes nationales, régionales, et mondiales ni la s ur a bonda nc ed’ i ns t i t ut i onse tdej uge sna t i ona uxe ti nt e r na t i ona uxàc ompé t e nc eé l a r g i e .Ce s réalités nouvelles font évoluer le droit vers des systèmes interactifs, complexes et fortement i ns t a bl e s .Pl usqu’ unedé f a i t edu dr oi t ,c ’ e s tpe utê t r ed’ unemut a t i on qu’ i ls ’ a g i t ,une mut a t i ond el ac onc e pt i onmê medel ’ or dr ej ur i di que»53. La question est de savoir si ces é vol ut i ons s ont d’ une i mpor t a nc et e l l e qu’ i lf a i l l er e me t t r ee nc a us el ’ a r c hi t e c t ur e fondamentale de nos sources du droit. Les Principes européens (les Principes Unidroit sont inspirés des traditions juridiques au niveau mondial) trouvent leur origine dans les droits nationaux européens. Ces normes se trouvent alors détachées des droits nationaux pour se mouvoi ràl ’ é c he l l edudr oi te ur opé e n( Ar t .1:101 Principes européens). Ce glissement des sources du droit des contrats vers le droit européen remet-il en cause la structure de notre système juridique ? Il ne fait aucun doute quel ’ e ur opé a ni s a t i ondudr oi te tpl usl a r g e me ntl a mondi a l i s a t i ondudr oi tontbous c ul él ac onf i g ur a t i onde ss our c e sdedr oi t .Poura ut a nt ,l ’ Et a t e ne s tt ouj our sl ema î t r e .Sil ’ Et a tave r s éda nsl epos t -modernisme54, il paraît néanmoins difficile de gomme rl el i e ndes ubor di na t i oné t a bl ie nt r el ’ or dr ej ur i di queé t a t i quee tl e st i e r s ordres juridiques. 18 –Une autre justification au renvoi du règlement aux codifications doit sans doute être r e c he r c hé educ ôt édel as pé c i f i c i t édel ’ or dr ej ur i di quec ommunautaire par rapport aux ordres j ur i di que sé t a t i que se tà l ’ or dr ej ur i di que i nt e r na t i ona l . En e f f e t ,l ’ or dr ej ur i di que c ommuna ut a i r e ,c ons t r ui ts urune l o g i que d’ i nt é g r a t i on,s e r a i td’ a ut a ntpl uspr é pa r éà c ons a c r e rl ’ a ut onomi edec e sc odi f i c a t i onsqu’ i ls ’ e s tc ons t r ui ts url aba s ed’ undr oi tf i na l i s t e . Par hypothèse, il serait peu regardant sur les sources formelles des actes communautaires, privilégiant ainsi la finalité des règles de droit. Le régime juridique de la directive en est une bonne illustration.L’ a r t i c l e249 a l .3 du Tr a i t éi ns t i t ua ntl a Communa ut ée ur opé e nne dispose : «La directive lie tout Etat membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant à la forme et aux moyens». La définit i ond el adi r e c t i vec ont e nueda nsl eTr a i t ée nf a i tun« a c t ed’ a ppl i c a t i onmé di a t epa r 55 nature, excluant absolument tout effet direct» . 50 Su rc e t t en ot i onv oi r ,J .CHEVALLI ER,L’ Et a tpos t -moderne, LGDJ, 2003, 89 et s. : «au droit classique lié à l ac on s t r u c t i ondel ’ Et a te tc a r a c t é r i s t i qu ede ss oc i é t é smode r n e s ,s e r a i te nv oi edes u c c é de ru ndr oi tn ou v e a u , reflet de la post-modernité». 51 M.M. MOHAMED SALAH, Les contradictions du droit mondialisé, PUF, Paris, 2002, p. 27 et s. 52 P. DEUMIER, T. REVET, Sources du droit (problématique générale), in Dictionnaire de la culture juridique, S. RIALS et D. ALLAND (dir.), PUF, 2003, pp. 1431-1434. 53 Extrait de la leçon inaugurale de la chaire Etudes juridiques comparative et internationalisation du droit, Du désordre mondial à la force du droit international, 20 mars 2003, Collège de France, Fayard, 2003. 54 Voir M. PERRIN de BRICHAMBAUT, J.-F. DOBELLE, M.-R.d’ HAUSSY,Le ç onsdedr oi ti n t e r n a t i on a l public, Presses de Sciences-po et Dalloz, 2002, p. 44 : «les Etats post-modernes (qui viennent dans la classification après les Etats pré-modernes et modernes) acceptent de renoncer à certains aspects de leur s ou v e r a i n e t ée td’ e nc on f i e rl ami s ee nœuv r eàde si ns t i t u t i on ss u pr a n a t i on a l e squi ont la capacité collective de c r é e rde sn or me sdedr oi t( ……. ) .Su r t ou tl e spos t -modernes européens sont engagés dans des processus de r a ppr o c h e me n tdel e u r sé c on omi e se tdel e u r ss oc i é t é squ is ’ a ppu i e n tpa ru n ei n t e r pé n é t r a t i onc r oi s s a n t ee n t r el e s règles définies collectivement et leur droit interne» ; S. COHEN, Un monde sans souveraineté :l af i nd’ un mythe, in Le Monde, 7.02.2004 :« l er e t r a i tdel ’ Et a t ,qua n di ls epr odu i te s tl ef r ui td’ un es t r a t é g i emû r i e , voulue, bien que mal assumée». 55 G. ISAAC, M. BLANQUET, Droit communautaire général, Armand Colin, 8ème édition, 2001, p. 195. 19 –En contradiction avec une conception strictement formaliste des actes juridiques, la Cour de justice des Communautés européennes a accordé aux directives non transposées, ou transposées incorrectement, un effet direct en faveur des particuliers56. Ainsi «pour la Cour de justice une directive peut directement créer des droits dans le chef des particuliers, droits que c e sde r ni e r spe uve ntf a i r eva l oi ràl ’ e nc ont r ed’ unEt a tme mbr e .Ladi r e c t i vepe utd onc ê t r ei nvoq ué e ,s oi tpour é c a r t e rl ’ a ppl i c a t i on d’ une nor me na t i ona l ec ont r a i r e( e f f e t d’ e xc l us i on) ,s oi tpourbé né f i c i e rde sdr oi t sc ont e nusda nsl adi r e c t i veàl apl a c e du droit national défaillant (effet de substitution)»57.Laj ur i s pr ude nc er é c e nt ead’ a i l l e ur sc ons a c r é l ’ a ut onomi e de l ’ i nvoc a bi l i t é d’ e xc l us i on de s di r e c t i ve s: « l ’ e f f e t d’ e xc l us i on é t a i t a nt é r i e ur e me ntr é s e r véa uxs e ul e sdi r e c t i ve sdot é e sdel ’ e f f e tdi rect alors que toutes les directives sont désormais concernées»58. Le caractère constructiviste du droit communautaire59 pour r a i tdoncê t r ef a vor a bl eàl ’ a c c ue i lde sc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e spa rl e système du Traité. 20 –L’ i nt e r pr é t a t i ont é l é ol og i quedé pl oy é epa rl aCourn’ avi s éj us qu’ àpr é s e ntquede sr è g l e s é l a bor é e spa rl e sa ut or i t é sc ommuna ut a i r e s .Nousnepouvonsqu’ ê t r epl usc i r c ons pe c t s ’ a g i s s a ntde sPr i nc i pe se ur opé e nsoude sPr i nc i pe sUni dr oi t .I le s té vi de ntquedet e l s instruments sont en adéqua t i on a ve cl al og i qued’ ha r moni s a t i on du dr oi te ur opé e n de s a f f a i r e s .Ma i sl ’ a r t i c l e234TCEr é s e r v el ac ompé t e nc edel aCJ CEàl ’ i nt e r pr é t a t i onduTr a i t é , e tàl ava l i di t ée tl ’ i nt e r pr é t a t i onde sa c t e spr i spa rl e si ns t i t ut i onsdel aCommuna ut ée tl a BCE. Or, les Principes européens ou les Principes Unidroit ne sont pas réceptionnés en tant que tels par le règlement ou dans un acte communautaire annexe. Si la Cour a largement pallié les «manques de la structure »60 communautaire, nous ne voyons pas très bien comment elle pourrait passer outre la nature juridique de ces codifications, pour les assimiler à des actes communautaires à part entière. 21 –Au-delà des tentatives de justifications purement théoriques, il nous faut soulever la question de la compétence de la Communauté pour renvoyer à des dispositions matérielles da nsunr è g l e me ntpor t a nts url e sc on f l i t sdel oi s .L’ a r g ume ntdel ac a r e nc edudr oi tdure s t régulièrement mis en avant (notamment par la Commission européenne). Les législations nationales ne seraient pas en adéquation avec les exigences de la réglementation des contrats trans-f r ont i è r e s .C’ e s tl ar a i s onpourl a que l l ei ls e r a i tf a i ta ppe la udr oi tmou.I ls ’ a g i tde savoir si la coexistence des droits nationaux entrave directement ou indirectement le fonctionnement du marché intérieur 61. Force est de reconnaître les «splendeurs et misères des justifications économiques»62 del ’ i na dé qua t i ondudr oi tdura uxé c ha ng e st r a ns -frontières. 56 CJCE, 6 octobre 1970, Frantz Grad/Finanzamt Traunstein, aff. 9/70, Rec. p. 825 à propos des dispositions c ombi n é e sd’ un edé c i s i one td’ un edi r e c t i v e; CJCE, 17 décembre 1970, Sace/Ministère des Finances Italie, aff. 33/ 70,Re c .p.12 13àpr oposde sdi s pos i t i on sc ombi n é e sdut r a i t ée td’ un edi r e c t i v e; CJCE, 4 décembre 1974, Va nDuy n / HomeOf f i c e ,a f f .41/ 74,Re c .p. 13 37àpr op osd’ u n edi r e c t i v es e u l e . 57 O.DUBOS,L’ i nv oc a bi l i t éd’ e x c l us i onde sdi r e c t i v e s:u n ea u t on omi ee nf i nc on qui s e( àpr oposdel ’ a r r ê tdel a CJCE 19.09.2000, Etat du grand Duché du Luxembourg c/Consorts Linster), RFDA 2003, p. 568 et s. ; adde. S. SIMON, La directive européenne, Paris, Dalloz, 1997. Voir également CJCE, 23 novembre 1977, Enka/Inspecteur des invoerechenten en accijnzen, aff. 38/77, Rec. p. 2233. 58 op. cit. O. DUBOS. 59 G. SOULIER, Droit harmonisé, droit uniforme, droit commun ? in Le droit communautaire et les métamorphoses du droit, D. SIMON (dir.), Presses universitaires de Strasbourg, 2003, p. 57-79 ; « l or s qu’ on évoque la « construction européenne » ,c ’ e s ts u rl emotc on s t r u c t i onqu ’ i lf a utme t t r el ’ a c c e n t .L’ i dé ed’ un pr oc e s s u s ,d’ u n edy n a mi qu ee s tc equ ipe r me tdec ompr e n dr el aCommunauté et le droit communautaire ». 60 G. SOULIER, op. cit. 61 Pts 23 de la communication sur le droit européen des contrats du 11 juillet 2001, op.cit. 62 B. FAUVARQUE-COSSON, Faut-il un code civil europeén ? op.cit. Ce c in’ apa se mpê c hél aCommi s s i one ur opé e nnedepubl i e rde ux communications sur les pe r s pe c t i ve sdel ’ ha r moni s a t i ondudr oi te ur opé e nde sc ont r a t s .El l eme te na va ntt ouràt our l ’ i ne f f i c a c i t éduma r c héi nt é r i e ur ,l e se f f e t sné g a t i f sde sdi ve r g e nc e se nt r er è g l e si mpé r a t i ve s des différents Etats membres sur les transactions transfrontalières, la diversité des conditions g é né r a l e sdeve nt e ,l ’ a c c è sdi f f i c i l ede sc ons omma t e ur se tde sPMEa uxt r a ns a c t i onsi n t r a c ommuna ut a i r e s ,l e sf r a i sd’ i nf or ma t i one tdec ont e nt i e ux63. Le droit dur est donc mis en 64 c a us es url a ba s e d’ a r g ume nt st i r é s de l ’ a na l y s eé c onomi que du dr oi t . Cependant, l ’ a r g ume ntpr i nc i pa lde sc oût sdet r a ns a c t i one ng e ndr é spa rl adi s pa r i t éde sl é g i s l a t i onsr e l è ve 65 pl usdel ’ i n t ui t i onquedel apr e uves c i e nt i f i que . 22 –Ce t t epr e uven’ é t a ntpourl ’ he ur epa sapportée, la référence aux Principes dans le texte du règlement « Rome I » pose une série de questions eu égard aux principes de subsidiarité et 66 depr opor t i o nna l i t éc ont e nusàl ’ a r t i c l e5duTr a i t éi ns t i t ua ntl aCommuna ut ée ur opé e nne . Le pr e mi e rn’ a ut or i s e les autorités communautaires à agir «que si et dans la mesure où les obj e c t i f sdel ’ a c t i one nvi s a g é enepe uve ntê t r er é a l i s é sdema ni è r es uf f i s a nt epa rl e sEt a t s me mbr e s »( Ar t .5TCE) .Les e c ondpr é voi tque« l ’ a c t i ondel aCommuna ut én’ e xc è depa sc e qui e s tné c e s s a i r epoura t t e i ndr el e sobj e c t i f sdu pr é s e ntt r a i t é » .I ls ’ a g i tdepr i nc i pe s régulateurs des compétences. Ils ne tracent pas une frontière rigide entre les compétences des Et a t sme mbr e se tc e l l e sdel aCommuna ut éma i spe r me td’ or g a ni s e r ,pourc ha que domaine de compétence concurrente, un partage qui peut varier dans le temps, suivant les circonstances et les nécessités des objectifs visés67. 23 –La compétence de la Communauté en matière de conflits de lois est désormais assise sur l ’ a r t .65duTCE68. Le droit international privé vise à optimiser la simple coexistence des systèmes juridiques. En ce sens les principes de subsidiarité et de proportionnalité sont i nt r i ns è que sàc e t t ema t i è r eda nsl ame s ur eoùe l l et e ndàpr é s e r ve rl ’ i nt é g r i t éde sdr oi t s na t i ona uxl or s quel ’ a ppl i c a t i ondec e ux-ci ne conduit pas à des distorsions de concurrence. Enpr e mi e rl i e u,l epr i nc i pedes ubs i di a r i t ér é g i tl edé c l e nc he me ntdel ’ a c t i onc ommuna ut a i r e . Enl ’ e s pè c e ,l ac ompé t e nc ee nma t i è r edec onf l i tdel oi s( a r t .65b.TCE)n’ e s tpa sc ont e s t é e en tant que telle. Da nsuns e c ondt e mps ,l ami s ee nœuvr edel ’ a c t i onc ommuna ut a i r es eme s ur eàl ’ a unede 69 l ’ a r t i c l e5a l i né a3duTCEr e l a t i fa upr i nc i pedepr opor t i onna l i t é . Ce dernier vise à examiner la capacité de la mesure l i t i g i e us eàa t t e i ndr el ebutpour s ui vi .I lnes ’ a g i tpl usd’ a ppor t e rl a pr e uvede l al é g i t i mi t é de l ’ i nt é r ê tpour s ui vi ,c e l ui -ci étant présupposé, mais celle de 70 l ’ a dé qua t i ondel ame s ur ee nc a us eàc e tobj e c t i f .Enl ’ e s pè c e ,i ls ’ a g i td’ a na l y s e re nquoile 63 Pts 24 à 32 de la communication du 11 juillet 2001, op. cit. Sur ce thème, voir notamment, R. COASE, Le coût du droit, PUF, 2000. 65 Réponse à la communication du 11 juillet 2001 concernant le droit européen des contrats, groupe de travail de la faculté de droit de Nice, J-B RACINE (dir.), www.europa.eu.int/comm/consumers /policy/developments.contract-law/index_fr.html 66 Voir notamment, F. CHALTIEL, Le principe de subsidiarité dix ans après le Traité de Maastricht, RMCUE, n°469, juin 2003, p. 365 et s. ; N. BERNARD, The future of european economic law in the light of the principle of subsidiarity, CMLR, 1996, p. 633 et s. 67 G. ISAAC, M. BLANQUET, Droit communautaire général, op. cit. p. 45. 68 L’ a r t i c l e65TCEdi s pos equ e: «les mesures relevant du domaine de la coopération judiciaire dans les matières civiles ayant une incidence trans-f r on t i è r e ,qu idoi v e n tê t r epr i s e sc onf or mé me n tàl ’ a r t i c l e67e tda n sl ame s u r e du bon fonctionnement du marché intérieur visent en autre à :( …. . ); b) favoriser la compatibilité des règles applicables dans les Etats membres en matière de conflits de lois et de compétence». 69 V.MI CHEL,Re c h e r c h es u rl e sc ompé t e n c e sdel aCommu n a u t é ,Pr é f a c eP.MANI N,L’ Ha r ma t t a n, 2003, p. 483. 70 Ibid, p. 495. 64 c ont r ôl epa rl al oina t i ona l edus or tqu’ e l l ee nt e ndr é s e r ve ra uxc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e se s t moins efficace que le renvoi direct aux Principes par le règlement. Autrement dit, existe-t-il d’ a ut r e smoy e nsa dé qua t spour parvenir à un règlement optimum des conflits de lois ? 24 –Lar é p ons eàc e t t eque s t i onné c e s s i t equel ’ ondé f i ni s s el anot i ondec onf l i tdel oi sda ns le contexte du marché intérieur. Les relations privées internationales peuvent se voir appliquer une réglementation de fond spécifique (règles matérielles) ou se voir attribuer une loi interne par des règles indirectes de répartition. Or, une réglementation substantielle uniforme à l ’ i ma g ede sPr i nc i pe sr e l è vemoi nsdudr oi ti nt e r na t i ona lpr i vé ,c ompr i sc ommel ’ é l a bor a t i on de règles de conflit de lois, que de la matière sur laquelle elle porte71. La référence aux Principes dans le règlement « Rome I » n’ e s tdonca c c e pt a bl eques ’ i le s tr e t e nu une c onc e pt i one xt e ns i vedel anot i ondec onf l i tdel oi s .Lef onde me ntdel ’ a r t i c l e65TCEr e s t e ince r t a i nt a n tquel anot i ondec onf l i tdel oi sn’ apa sé t éc l a i r e me ntdé f i ni e .Ce l l e -ci peut-elle être étendue à une concurrence entre des lois nationales et une réglementation matérielle uniforme ? 25 –Nousa vonsvuquel aj us t i f i c a t i oné c onomi quedel ’ i ntroduction en droit communautaire d’ uni ns t r u me nte ndr oi tdec ont r a t sn’ é t a i tpourl ’ he ur epa st ot a l e me ntdé mont r é e .Dè sl or s ,i l semble que la référence aux Principes dans le règlement «Rome I», tant sur le fondement de l ’ a r t i c l e65TCEques url ’ a r t i c l e95 TCE72, soit en contradiction avec la lecture restrictive du principe de proportionnalité pratiquée par la CJCE73. Re s t el ’ a r t i c l e308TCE:i lpe r me ta uCons e i l depr e ndr e ,àl ’ una ni mi t é ,de sdi s pos i t i ons a ppr opr i é e sl or s quel et r a i t én’ apa spr é vudef ondement juridique. Il paraît peu probable que le législateur communautaire utilise cette base juridique dans une matière aussi discutée (et pourc a us e )quel edr oi ti nt e r na t i ona lpr i vée tl ’ ha r moni s a t i ondudr oi tde sc ont r a t s . 26 –Sans vouloir minimiser l e sc ons i dé r a t i onst hé or i que ss url ’ or dr ej ur i di quee tl aque s t i on de la compétence (si toutefois celle-ci est reconnue à la Communauté), nous ne voyons pas ce quipe ute mpê c he rl ’ or dr ej ur i di quec ommuna ut a i r eder e c onna î t r ea uxPr i nc i pe sl aqua l i t é d’ or dre juridique autonome. Cette mise en concurrence est garantie par le régime juridique du règlement, lequel est obligatoire dans tous ses éléments et interdit donc aux Etats toute application incomplète74 ou sélective75. Bien que discutable, cette solution doit être envisagée en pratique. 71 B. AUDIT, Droit international privé Economica, 3ème é d. ,2 000,n °8e ts .Se l onl ’ a u t e u r ,l ec on f l i tdel oi sv i s e la simple concurrence entre deux ou plusieurs lois nationales. 72 I lpe r me ta uCon s e i ld’ a r r ê t e ràl ama j or ité qualifiée « les mesures relatives au rapprochement des dispositions l é g i s l a t i v e s ,r é g l e me n t a i r e se ta dmi n i s t r a t i v e sde sEt a t sme mbr e squ iontpou robj e tll ’ é t a bl i s s e me n te tl e fonctionnement du marché intérieur ». 73 CJCE, 5 octobre 2000, aff. C-376/98, Allemagne c/ Parlement et Conseil et CJCE, 5 octobre 2000, aff. C74/99, Imperial Tobacco Ltd, Rec. I 8419 : « l epr i n c i pedes u bs i di a r i t és ’ a ppl i qu el or s qu el el é gi s l a t e u r c ommuna u t a i r er e c ou r tàl ’ a r t i c l e95CE,da n sl ame s u r eoùc e t t edi s pos i t i onn elui donne pas une compétence exclusive pour réglementer les activités économiques dans le marché intérieur, mais seulement une compétence e n vu ed’ a mé l i or e rde sc on di t i on sdel ’ é t a bl i s s e me n te tdu f on c t i onn e me ntdec e l u i -c ipa rl ’ é l i mi n a t i on d’ e n t r a v e sàl a libre circulation des marchandises et à la libre prestation des services ou la suppression de distorsions de concurrence ». 74 CJCE, 7.2.1973, Commission c/ Italie, aff. 39/72, Rec. p. 101. 75 CJCE, 30.11.1972, Granaria, aff. 18/72, Rec. p. 1172. Lar é f é r e nc ea uxPr i nc i pe sda nsl er è g l e me nt« RomeI »n’ e ne s tpa smoi nsunvé r i t a bl e monstre juridique dans la mesure où elle bouscule le raisonnement conflictuel classique. Au s t a dedenot r er a i s onne me nt ,nousn ’ a vonspa sé pui s él e sque s t i onss ’ a g i s s a ntdur é g i me juridique des codifications doctrinales dans le règlement «Rome I». En effet, des auteurs ont proposé de faire du choix des codifications doctrinales un choix de loi au même titre que le c hoi xd’ unel oié t a t i que .Orànot r ec onna i s s a nc e ,l aque s t i ondur é g i mej ur i di qued’ unt e l c hoi xn’ ap a se nc or eé t ée nvi s a gé e . II - Le statut juridique des codifications doctrinales dans le règlement «Rome I». 27 –La transformation de la Convention de Rome en règlement communautaire pourrait donne rl i e uàuner e f or mul a t i ondel ’ a r t i c l e3. 1: «Le contrat est régi par la loi choisie par les parties ou par les Principes Unidroit relatifs aux contrats du commerce international ou les Principes européens du droit du contrat». Dans la mesure où le règlement ferait expressément référence aux Principes, on peut se demander comment les juges seront amenés à analyser les Principes Unidroit ou les Principes européens. Il est question ici des juges nationaux, juges communautaires de droit commun, ainsi que des juges de la Cour de justice des Communautés appelés à répondre aux questions préjudicielles posées par les juridictions nationales (art . 234 al. 2 TCE). Laque s t i one s tdes a voi rc omme ntl ej ug edoi ta ppr é he nde rc e sPr i nc i pe s .S’ a g i t -ild’ una c t e de droit communautaire ? Les Principes peuvent-ils être assimilés à la loi du for ? Peut-on leur appliquer le régime juridique de la loi étrangère ? Que l l e ss onta l or sl e sc ons é que nc e sj ur i di que sdec e t t enouve l l edonnej ur i di ques url ’ of f i c e du juge ? I ls e r at outd ’ a bor dque s t i ondut r a i t e me ntde sc o di f i c a t i onsdoc t r i na l e spa rl ej ug e( A) ,p ui s de si mpl i c a t i onsd’ unet e l l ei nnova t i onj ur i di ques url ’ of f i c eduj uge( B) . A - Le traitement des codifications doctrinales par le juge. 28 –La pre mi è r ehy pot hè s es e r a i td’ a s s i mi l e rl e sPr i nc i pe sàuna c t ededr oi tc ommuna ut a i r e . Ainsi la désignation des codifications doctrinales par le règlement vaudrait «communautarisation» de celles-ci. Ces c hé mae s ti na c c e pt a bl e .L’ a r t i c l e249TCEdi s pos ee n son alinéa 1er que :« Pourl ’ a c c ompl i s s e me ntdel e urmi s s i one tda nsl e sc ondi t i onspr é vue sa u présent traité, le Parlement européen conjointement avec le Conseil, le Conseil et la Commission arrêtent des règlements et des directives, prennent des décisions et formulent des r e c omma nda t i onsoude sa vi s » .Ce r t e s ,l ’ a r t i c l e249n’ e s tpa se xha us t i f: des actes non prévus 76 par le Traité sont adoptés par les institutions communautaires. En témoigne le nombre croissant des communications de la Commission européenne. Or ces actes sont des actes c ommuna ut a i r e spr é c i s é me ntpa r c equ’ i l ss onta dopt é spa rl e si ns t i t ut i on sc ommuna ut a i r e s . Ce pe nda nt ,pa r c equ’ i l snes ontpa spr é vuspa rl eTr a i t é ,c e sa c t e snes ontpa sc r é a t e ur sde droit. On ne voit donc pas comment les codifications doctrinales pourraient être assimilées à un acte communautaire. En effet, il faut distinguer, selon nous, la force obligatoire des Principes de leur forme juridique. A partir du moment où on accepte la désignation conflictuelle des Principes Unidroit ou des Principes européens, ces instruments mous 76 Sur cesa c t e sv oi rJ .RI DEAU,Dr oi ti n s t i t u t i on n e ldel ’ Un i one tde sCommun a u t é se u r opé e n n e s ,LGDJ ,4ème édition, 2002, p.164. de vi e nne ntdur spa rl e urf or c eobl i g a t oi r ec ons a c r é edi r e c t e me ntpa rl er è g l e me nt .I ln’ e n de me ur epa smoi nsqued’ unpoi ntdevuef or me l ,c e sc odi f i c a t i onsde me ur e ntdudr oi tmou car ils ne sont pas récept i onné s pa r un a c t ej ur i di que c onnu de l ’ or dr ej ur i di que communautaire. 29 –Enve r t udel ’ a r t i c l e249TCE,l er è g l e me nte s tobl i g a t oi r eda nst ouss e sé l é me nt s .La dé s i g na t i onde sc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e ss ’ i mpo s e r a i tdonca ux j ug e s .Comme ntc e ux-ci doivent-i l st r a i t e rc e snor me sd’ or i g i n epr i vé e? Pour y répondre, il nous faut revenir à la distinction internationaliste entre la loi du for,c ’ e s t -à-dire la loi nationale du tribunal saisi, et la loi étrangère. 30 –Pour que les principes puissent être considérés comme appartenant à la loi du for, encore faut-il que la désignation des Principes soit équivalente à une réception directe par le droit na t i ona l .Ce l a n’ e s tpa sl ec a s .D’ une pa r t ,l e sc odi f i c a t i onspr i vé e sne pe uve ntê t r e considérées comme des actes communautaires susceptibles de pénétrer les ordres juridiques é t a t i que s .D’a ut r epa r t ,l e sc odi f i c a t i o nsner e s pe c t e ntpa sl e spr i nc i pe sé l é me nt a i r e sr é g i s s a nt l ’ é l a bor a t i onde sr è g l e sdedr oi tf r a nç a i se tl e uri nt é g r a t i onda nsl ahi é r a r c hi ede snor mes77. Il n’ e s tpa spos s i bl edel e sa s s i mi l e ràl al oidufor. 78 31 –Qu'en est-i ldel ’ a ppl i c a t i ondur é g i mej ur i di quedel al oié t r a ng è r e ? Deux problèmes s epos e nts ’ a g i s s a ntdes ona ppl i c a t i on:c e l uidel ’ a ppl i c a bi l i t éd’ of f i c edel ar è g l edec onf l i t désignant une loi étrangère et celui de la charge de la preuve du contenu de la loi étrangère. Cette seconde question est directement liée à la première et a évolué en même temps dans la jurisprudence. S’ a g i s s a ntdel ’ a ppl i c a bi l i t éd’ of f i c edel ar è g l edec onflit, la jurisprudence française retient le c r i t è r edel adi s poni bi l i t éde sdr oi t s .El l eae ne f f e ta ba ndonnél ’ a ppl i c a t i onf a c ul t a t i vedel a règle de conflit de lois dans la mesure où celle-c ipr e s c r i va i tl ’ a ppl i c a t i on d’ une l oi étrangère79. Dans les matières où les parties ont la libre disposition de leurs droits (même si l ’ or dr epubl i cs ’ e s tl a r g e me ntdé ve l oppée nma t i è r ec ont r a c t ue l l e ,not a mme ntpourpr ot é g e rl a pa r t i ef a i bl e ,c e t t ema t i è r er e l è veàt i t r epr i nc i pa ldel ama t i è r edi s poni bl e ) ,l ej ugen’ apas l ’ obl i g a t i ondeme t t r ee nœuvr el ar è g l edec onf l i t ,yc ompr i sda nsl e sma t i è r e sr é g i e spa rl e s 80 Conventions internationales . Cette hypothèse est donc celle des codifications doctrinales assimilées à une loi étrangère. 32 –Concernant la preuve de la loi étrangère, la Cour de cassation a précisé que «dans les matières où les parties ont la libre disponibilité de leurs droits, il incombe à la partie qui pr é t e ndquel ami s ee nœuvr edudr oi té t r a nge rdé s i g népa rl ar è g l edec onf l i tc ondui r a i tàun résult a tdi f f é r e ntdec e l uiobt e nupa rl ’ a ppl i c a t i ondudr oi tf r a nç a i s ,dedé mont r e rl ’ e xi s t e nc e dec e t t edi f f é r e nc epa rl apr e uveduc ont e nudel al oié t r a ng è r equ’ e l l ei nvoqueàdé f a utde 81 quoil edr oi tf r a nç a i ss ’ a ppl i quee nr a i s ondes avoc a t i ons ubs i di a i r e » . Lorsque la loi é t r a ng è r ee s ti nvoqué e ,i lf a utdoncdé mont r e rl ’ e xi s t e nc ed’ unedi f f é r e nc ee nt r el e sr é s ul t a t s 82 r e s pe c t i f spr odui t spa rl ami s ee nœuvr edec e t t el oie tpa rl ’ a ppl i c a t i ondel al oif r a nç a i s e . Ce t t epr obl é ma t i quen’ e s tpa st r è spe r t i ne nt ea ur e g a r ddel ’ a ppl i c a t i onpa rl ej ug ef r a nç a i s 77 Voir les développements consacrés au système français des sources de droit, in L. FAVOREU (dir.), Droit constitutionnel, 4ème édition, Dalloz, 2001, n°211 et s. 78 Sur cette question voir B. AUDIT, Droit international privé, Economica, 3ème édition, 2000, n°252 et s. 79 P. ANCEL, Y. LEQUETTE, Grands arrêts DIP, n°32-34. 80 C.Cass. 26 mai 1999, Mutuelle du Mans, Rev. Crit. DIP 1999, p. 707 et s., note H. MUIR-WATT. 81 C.Cass. Soc Amerford et autre c. Cie Air France et autres, Grands arrêts DIP n°82. 82 Grands arrêts DIP, n°82, § 13. des Principes européens du droit du contrat ou des Principes Unidroit. En effet, nous ne voyons pas comment un juge français pourrait rencontrer des difficultés pour prendre connaissance de ces Principes, les que l sontf a i tl ’ obj e td’ unel a r gedi f f us i on. Ainsi, une divergence de solutions entre le droit français et les Principes Unidroit ou les Pr i nc i pe se ur opé e nsn’ e s tpa sdut outunc a sd’ é c ol equa ndons a i tquel e sPr i nc i pe s( Uni d r oi t ou européens) admettentpa re xe mpl et r è sl a r ge me ntl at hé or i edel ’ i mpr é vi s i ona l or squel e droit français la rejette83. 33 –L’ a s s i mi l a t i onde sPr i nc i pe sàl al oié t r a ng è r ea ppa r a î tpl ut ôtc ommeé t a ntl amoi ns ma uva i s ehy pot hè s e .Ce pe nda ntl ar e c he r c hed’ unec a t é g or i ej ur i di ques us c e pt i bl ed’ a c c ue i l l i r l e sc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e sn' e s tpa ss a t i s f a i s a nt es il ’ ons ec ont e nt ede sc a t é g or i e sj ur i di que s existantes. La réflexion est donc largement ouverte sur la qualification de ces codifications au regard de la distinction loi du for/loi étrangère et sans doute au-delà de cette distinction. Peutêtre faudra-t-il construire un nouveau concept propre aux codifications doctrinales en tant que loi applicable à un contrat. Voy onsàpr é s e ntl e sc ons é que nc e sd’ unet e l l ei nnova t i ons url ’ office du juge. B - L’ of f i c eduj ugeàl ’ é pr e uvede sc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e s . 34 –Toutd’ a bor d,i ls e mbl equel aj ur i s pr ude nc ef r a nç a i s es url ’ a ppl i c a t i ond’ of f i c ede s règles de conflit dans les seules matières indisponibles ne sera pas très longtemps compatible a ve cl e se xi g e nc e sdel aCJ CE r e l a t i ve sàl ’ of f i c eduj uge .Ene f f e t ,l aCJ CE aj ug éque de va i e ntê t r er e l e vé e sd’ of f i c epa rl ej ug el e sque s t i onsr e l a t i ve sàl ’ a ppl i c a t i ondudr oi t 84 communautaire . Par conséquent, après la communautarisation de la Convention de Rome, et bien que nous soyons dans une matière disponible, la règle communautaire de conflit devrait ê t r ea ppl i qué ed’ of f i c e .Ladé s i g na t i onde sPr i nc i pe se ur opé e nsoude sPr i nc i pe sUni d r oi t de vr a i tdoncê t r er e l e vé ed’ of f i c e . 35 –Si le r è g l e me nt« RomeI »é t e ndl as phè r edel ’ a ut onomi edel avol ont éa uc hoi xpa rl e s parties des Principes Unidroit ou des Principes européens en tant que loi applicable à leur c ont r a t ,c ec hoi xi nc l uté vi de mme ntl ec hoi xdedi s pos i t i onsqua l i f i é e sd’ i mpé r a t ives par les codifications85. Les codifications doctrinales consacrent par ailleurs en effet un retour possible a uxdi s pos i t i onsi mpé r a t i ve sa ppl i c a bl e sda nsl e sEt a t s .Ai ns i ,l ’ a r t i c l e1. 4de sPr i nc i pe s Unidroit dispose :l e sPr i nc i pe s« nel i mi t e ntpa sl ’ a ppl i c a t i onde sr è g l e si mpé r a t i ve sd’ or i g i ne nationale, internationale ou supranationale, applicables selon des règles pertinentes du droit i nt e r na t i ona lpr i vé » .L’ a r t i c l e1. 5pr é c i s eque« l e spa r t i e spe uve nte xc l ur el ’ a ppl i c a t i ondec e s Principes, déroger àl ’ uneque l c onquedel e ur sdi s pos i t i onsoue nmodi f i e rl e se f f e t s ,àmoi ns quec e sPr i nc i pe sn’ e ndi s pos e nta ut r e me nt » .Lar é s e r veg é né r a l ee nf a ve urde sdi s pos i t i ons i mpé r a t i ve sd’ or i g i nena t i ona l e ,i nt e r n a t i ona l eous upr a na t i ona l enef i g ur epa sda nsl ecorps 86 des Principes européens, mais dans le commentaire des auteurs . Cela signifie que le juge 83 Art. 6 :111 Principes européens du droit du contrat et Art. 6.2.3 Principes Unidroit. CJCE, 14 décembre 1995, Peterbroeck C-312/93, Van Schijndel, C-430 et C-431/93, Europe, fév. 1996 n°57 ; G. CANIVET et J.-G.HUGLO,L’ obl i g a t i onpou rl ej ug ej u di c i a i r ed’ a ppl i qu e rd’ of f i c el edr oi tc ommun a u t a i r e au regard des arrêts Van Schijndel et Peterbroeck, Europe, avril 1996, chron, p. 4. 85 Su rl e sdi s pos i t i on si mpé r a t i ve sc on t e n u e sda n sl e sPr i n c i pe sUn i dr oi t ,v oi rE.CHARPENTI ER,L’ é me r g e n c e d’ unor dr epu bl i c …. . pr i v é: une présentation des Principes Unidroit, in Revue juridique Thémis, Faculté de droit de Montréal, vol. 36, n°2, 2002, p. 355-374. 86 Voi rl an ot es ousl ’ a r t i c l e1:101, Principes du droit européen du contrat, Commission pour le droit européen des contrats, Version française préparée par G. Rouhette, avec le concours de I. de LAMBERTERIE, D. TALLON et Cl. WITZ, Société de législation comparée, 2003. 84 s e r a i ta me néàa ppl i que rl e sl oi sdepol i c eoul ’ e xc e pt i ond’ or dr epubl i cnonpa spa r c equ’ i l e s tuna ge ntdel ’ Et a tdufor ma i spa rl af a ve urd’ unec odi f i c a t i ondoc t r i na l e ,c equin’ e s tpa s s a nsbous c ul e rl ac onc e pt i onc l a s s i qu edel ’ of f i c eduj ug e .I ls e mbl ee ne f f e tquel ec hoi xde règles non étatiques instaure une concurrence entre les dispositions impératives des Principes et les dispositions impératives nationales. Comment régler un conflit entre ces ensembles normatifs ?I lr e vi e ndr aàl ’ or dr ej ur i d i quec ommuna ut a i r ed’ a r bi t r e rc ec onf l i té ve nt ue l .En effet, la CJCE opère désormais un contrôle de la loi désignée par les règles de droit international privé87 e tpr oc è deàl ’ e nc a dr e me ntdel anot i ondel oidepo l i c enot a mme ntà 88 l ’ a unede spr i nc i pe sf onda me nt a uxdel i br ec i r c ul a t i on . Il est évident que cette jurisprudence pourrait être nourrie par le choix de règles non étatiques en tant que loi applicable au contrat. 36 –Nousn epouvonsquef a i r epa r tdenot r es c e pt i c i s meàl ’ é ga r ddur e nvoide sc odi f i c a t i ons aux dispositions impératives nationales et internationales. Comment justifier ce renversement de situation, par lequel ce ne sont plus les ordres juridiques étatiques qui déterminent l ’ a ppl i c a t i onde sdi s pos i t i onsi mpé r a t i v e sma i sl e sc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e se l l e s -mêmes ? La r é f l e xi ons url ac onf i g ur a t i onde sr a ppor t se nt r ec e sc odi f i c a t i onsdoc t r i na l e se nt a ntqu’ or dr e juridique autonome et les ordres juridiques étatiques est donc largement ouverte. 37 –Nouspouvonse nf i nnousde ma nde rs ic e sé vol ut i onsnes ontp a sl ’ e s qui s s ed’ un r a ppr oc he me nte nt r el ’ of f i c eduj ug ee tc e l uidel ’ a r bi t r e .Enquoil ’ of f i c edel ’ a r bi t r ee s t -il différent de celui du juge ? La doctrine est partagée entre deux analyses :l ’ é qui va l e nc ee nt r e 89 90 l ej uge e tl ’ a r bi t r e e tl a pr é va l e n c e du j uge é t a t i que s url ’ a r bi t r e . La différence f onda me nt a l ee nt r el ej ug ee tl ’ a r bi t r er é s i deda nsl ef a i tqu’ i l snes t a t ue ntpa sa unom du même or dr ej ur i di que .Lej uges t a t uet a nt ôta unom del ’ or dr ej ur i di queé t a t i que ,del ’ or dr e i nt e r na t i ona loue nc or edel ’ or dr ej ur i di quec ommuna ut a i r e .L’ a r bi t r e ,l ui ,e s tr a t t a c héàun ordre juridique transnational91 :« l or s qu’ ondi tquel ’ a r bi t r en’ apoi ntdefor, il faut entendre qu’ i ln’ apa sdef orna t i ona l ,ma i sunf ors y mbol i ques url ama t é r i a l i t éduque li le s tpe r mi sde s ’ i nt e r r og e r .N’ a y a ntpoi ntder a t t a c he me ntg é og r a phi que ,l ef ordel ’ a r bi t r ef l ot t ee nr é a l i t é 92 au-de s s usde sf r ont i è r e se tnes ’ i de nt i f i eàa uc une ,c ’ e s t -à-di r equ’ i ll e si nve s t i tt out e s ». L’ a r bi t r en’ e s tdoncpa st e nud’ a ppl i q u e runel oidepol i c ee npa r t i c ul i e r ,s a ufs ’ i le s ti nve s t i del ami s s i ond’ a ppl i que rundr oi tna t i ona l .Enpr a t i que ,i la ppl i que r at e l l eout e l l el oide police de ma ni è r eàa nt i c i pe rl e se xi g e nc e sdel ’ e xe qua t ur . 38 – Conf or mé me ntà l ’ a r t i c l e 14 9 6a l i né a 1er du NCPC,« l ’ a r bi t r et r a nc he l el i t i ge c onf or mé me nta uxr è g l e sdedr oi tquel e spa r t i e sontc hoi s i e s ,àdé f a utd’ unt e lc hoi x, c onf or mé me ntàc e l l e squ’ i le s t i me appropriées». De même, le juge doit appréhender le choix des codifications doctrinales comme un véritable choix de loi au même titre que la loi du for. A partir du moment où le juge est amené à appliquer des règles transnationales, on peut se demander si ces dispositions ne sont pas de nature à influencer la nature de sa mission. 87 A.TENEBAUM,Lami s eàl ’ é pr e u v edudr oi ti n t e r n a t i on a lpr i v épa rl e sl i be r t é sc ommun a u t a i r e s:l ’ e x e mpl e du droit bancaire et boursier, in Mé l a n g e sdel ’ As s oc i a t i one u r opé e n n ededr oi tba n c a i r ee tf i n a n c i e r ,Banque éditeur, 2000, p. 353-365. 88 CJCE, 23 novembre 1999, Arblade, Arblade et fils SARL, Rev. Crit. DIP 2000, p. 710, note M. FALLON et CJCE, 9 novembre 2000, Ingmar GB Ltd c/Eaton Leonard Technologies Inc. , Rev. Crit. DIP 2001 n°1, p. 107, note L. IDOT. 89 T. CLAY,L’ a r bi t r e ,Pr é f a c eF.Fou c h a r d,t h è s e ,Da l l oz ,2001, 930pp.; n°62 et s. 90 J.-M. JACQUET, P. DELEBECQUE, Droit du commerce international, Dalloz, 2000, n°487. 91 T.CLAY,L’ a r bi t r e ,op. c i t .n ° 257e ts; adde F. OSMAN, Les principes généraux du droit de la lex mercatoria. Contribution à un ordre juridique anational. Préface E. LOQUIN, LGDJ, 1992. 92 Ibid, n°259. En durcissant ces instruments mous, le règlement communautaire tendrait à libérer les juges nationaux de leur propre ordre juridique, pour les enfermer dans le système des Principes Uni dr oi toude sPr i nc i pe se ur opé e ns .Da nsc ec a s ,qu’ e s t -c equidi f f é r e nc i el ’ of f i c eduj ugede c e l uide l ’ a r bi t r e? A vrai dire, pas grand chose, et nous pouvons alors souligner la contradiction entre cette évolution et la jurisprudence selon laquelle un tribunal arbitral de 93 s our c ec onve nt i onne l l enec ons t i t uepa sunej ur i di c t i ona us e nsdel ’ a r t i c l e234duTr a i t é . En c ons é que nc e ,l e sa r bi t r e ss evoi e nti nt e r di r el ’ a c c è sa upr é t oi r edel aCJ CEpourpos e rune question préjudicielle. Le rapprochement éve nt ue le nt r el ’ of f i c edel ’ a r bi t r ee tc e l uic e l ’ a r bi t r epour r a i tê t r el epoi ntdedé pa r td’ uneé vol ut i ondec e t t ej ur i s pr ude nc e . Conclusion 39 –Le droit étatique est tour à tour relayé, suppléé, voire supplanté94 par des normes d’ or i g i ne si n t e r na t i ona le, transnationale ou communautaire. Les compilations doctrinales font partie de cette nébuleuse normative venant concurrencer le droit étatique et mettre à mal le postulat du positivisme légaliste95. Nous nous sommes demandé si les autorités communautaires pouva i e ntt r a ns f or me rde si ns t r ume nt smouse ni ns t r ume nt sdur sàl ’ oc c a s i on du reformatage de la Convention de Rome. Exceptée la délicate question de la compétence qui appelle une définition de la notion de conflits de lois dans le cadre du marché intérieur, nous ne voyons pas très bien ce qui pourrait venir empêcher une telle reconnaissance. Le règlement peut effectivement faire sien la théorie del ag r a da t i onde sor dr e sj ur i di que se tr e c onna î t r el aqua l i t éd’ or dr ej ur i di quet a nta ux Principes Unidroit qu’ a uxPr i nc i pe sd udr oi te ur opé e nduc ont r a t . Sil ’ a ppr é he ns i ondec e sPr i nc i pe spa rl e sdr oi t sna t i ona uxr e s t ei nc e r t a i ne ,i le s té vi de ntque le choix des Principes en tant que loi applicable à un contrat se fera sous réserve de ne pas por t e ra t t e i nt eàl ’ ordre public communautaire96. A cet égard, il apparaît que les relations entre les dispositions impératives des Principes et les dispositions impératives nationales et i nt e r na t i ona l e sdoi ve ntf a i r el ’ obj e td’ u ner é f l e xi ona ppr opr i é e . 40 – Né a nmoi ns ,e nl ’ a bs e nc e d’ u n eé va l ua t i on de l a né c e s s i t é d’ une r é g l e me nt a t i on ma t é r i e l l e ,l ar e c onna i s s a nc edenor me sd’ or i g i nepr i vé epa rl er è g l e me ntc ons t i t ueunevoi e dé t our né e pouri nt r odui r e pa r a l l è l e me ntà l ’ or dr ej ur i di que c ommuna ut a i r e une t hé or i e générale du contrat. Nous ne pouvons donc que regretter une telle référence. Le droit mou, pris sous la forme des codifications doctrinales, doit donc demeurer un i ns t r ume ntc ompl é me nt a i r edudr oi tdure te na uc unc a ss ’ ys ubs t i t ue r .Lal é g i t i mi t édu durcissement du droit mou doi tê t r el a i s s é eàl ’ a ppr é c i a t i on du l é g i s l a t e ur ,l e que ldoi t respecter des procédures élémentaires. Le juge ou les parties peuvent être parties prenantes au durcissement de ces normes, mais toujours dans le strict respect des dispositions impératives applicables. 93 CJCE, 23 mars 1982, Nordsee, aff. 102/81, Rec. p. 1095. J.-B.AUBY,Lag l oba l i s a t i on,l edr oi te tl ’ Et a t ,Mon t c h r e s t i e n ,2003, p.6 8. 95 B. OPPETIT, La notion de source du droit et le droit du commerce international, in A.P.D 1982, pp. 43-53. 96 Su rc e t t en ot i on ,v oi rG.KANDI S,L’ or dr epu bl i cda n sl ’ or dr ej u r i di qu ec ommuna u t a i r e ,unc on c e ptàc ont e nu variable, RTD eur. 2002 n°1, pp. 1-26. 94