les paysages urbains au maroc - CUPEUM

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les paysages urbains au maroc - CUPEUM
LES PAYSAGES URBAINS AU MAROC
_ Par Axelle Buriez, Université de Montréal
Workshop de la CUPEUM Marrakech 2004
La Palmeraie de Marrakech – un paysage périurbain
www.unesco-paysage.umontreal.ca
professeurs-coordonnateurs _ Philippe Poullaouec-Gonidec et Stefan Tischer
LES PAYSAGES URBAINS AU MAROC
_Par Axelle Buriez, Université de Montréal
L’ORGINALITE DES VILLES MAROCAINES : UNE
STRUCTURE DUALE
Les villes marocaines, comme beaucoup de villes nordafricaines, ont l’originalité de posséder une structure duale.
Elles sont composées d’une partie indigène (médina) et d’une
partie européanisée (ville nouvelle développée à partir de 1912
sous l’autorité du protectorat français).
Anciennes villes intégrées, qui « constituaient l’unité sociale de
référence, l’image de la consolidation de la sédentarisation, des
espaces perméables aux noyaux ruraux environnants qui les
nourrissaient, et aux activités marchandes qui les soutenaient »
(Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, Médinas:
sauvegarde sélective de l’habitat traditionnel ?, La lettre du
patrimoine mondial, no 9 décembre 1995), les médinas ont su
assurer durant des siècles un tissu social vivant et efficace, et
ce en dépit de leur fermeture derrière des remparts érigés pour
les protéger.
Mais lors de l’élaboration des villes nouvelles par des
architectes et urbanistes français, l’accent est mis sur l’essor
des ports, afin d’y exporter les richesses coloniales et de servir
de comptoir aux importations, ainsi que sur un processus
d’urbanisation selon une trame d’avenues et de boulevards
donnant une façade contrôlée et policée du régime. Après la
fin de l’indépendance, avec la mondialisation de l’économie et
l’internationalisation des échanges, ces dernières vont toujours
plus s’accroître, créant une scission plus grande encore avec le
tissu traditionnel statique des médinas.
Ces grandes villes, vitrines d’un Maroc moderne, vont attirer les
populations rurales troublées par l’espoir d’une vie plus facile ;
et l’efficace mais fragile équilibre économique et social qui
s’opérait entre la médina, cœur urbain, et ses campagnes
environnantes, va s’écrouler, engendrant des troubles
identitaires au sein de la population.
Désormais l’explosion démographique de ces grandes villes
créées sera telle que la construction d’immeubles et de
logements ne pourra plus suivre ce rythme effréné, et on verra
s’étendre de plus en plus loin du centre, un nombre
impressionnant de quartiers pauvres et de bidonvilles où
s’entassent les ex populations rurales et divers immigrés.
Le Maroc se divisant en longues bandes géographiques au
relief parfois très accentué, les régions sont assez isolées les
unes des autres. Les villes qui s’implantent dans chacune de
ces bandes vont donc présenter des caractéristiques qui leur
sont propres ; modelées tout au long de l’Histoire marocaine.
Nous verrons, dans cet exposé sur les Paysages urbains au
Maroc, ces interactions entre médinas et villes nouvelles,
Chaire UNESCO paysage et environnement
Université de Montréal
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différentes selon les régions géographiques du pays, ainsi que
les phénomènes sociaux et d’auto construction qui en
découlent. Et les quelques solutions envisagées pour mettre en
place une meilleure cohésion sociale et urbaine.
IMPLANTATION DES VILLES AU SEIN DE GRANDS
PAYSAGES.
Des « paysages escarpés » de la Côte méditerranéenne et du
Rif, à ceux « sauvages » de la Côte atlantique ; du Moyen Atlas
« aride et fertile » au Haut Atlas montagnard, des paysages
désertiques du Grand sud aux portes du Sahara ; partout
l’homme « fait partie intégrante, s’adaptant jusque dans les
terres les plus hostiles », entre intérêt pour les traditions et
souci de modernité. (Philippe Saharoff et Sabine Bouvet, L’art
de vivre au Maroc)
Grandes régions paysagères et
implantation des villes marocaines
LA COTE MEDITERRANEENNE
Situées entre deux continents, ses villes sont les portes de
l’Afrique. Anciens repaires de pirates fortifiés, leurs médinas
étagées au-dessus de fortifications côtières sont devenues
villes de commerces avec l’Europe dès le XVIème siècle.
(Maroc Guides bleus, Hachette). Davantage sous le joug du
protectorat espagnol que sous celui du protectorat français, ces
villes sont blanches, de style arabo-andalou. Mais leur position
stratégique, « trait d’union » (L’art de vivre au Maroc,
Flammarion) de deux continents et de deux mers, en ont fait de
véritables carrefours d’influences, et elles attirèrent et attirent
encore des artistes en tout genres.
Au large de
l’Espagne
tangier.free.fr/
Geographie /Satekkes5.html
Des carrefours
d’influences
L’art de vivre au Maroc,
Flammarion
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Workshop de la CUPEUM Marrakech 2004
LA COTE MEDITERRANEENNE
L’exemple de Tanger
« Comme d’autres ont cru en l’existence d’une Atlantide, j’ai cru
en l’existence de Tanger. Dans cette ville, la fée avait un bâton
qui s’appelait oser. » Mohamed Choukri
(Maroc, un pays de mémoire à découvrir et à partager,
Axelle Buriez
-
-
Collection Gallimard)
Médinas, denses et anarchiques se développant en
amphithéâtre à flanc de coteau, ouvert sur une baie.
Villes nouvelles, plus démesurées, se développant le long de la
baie et dans l’arrière-pays, où l’on trouve notamment les villas
d’artistes.
Villes tournées vers l’extérieur, dont les ports se développant
désormais au-delà des fortifications côtières, sont dirigés vers
les côtes du vieux continent.
Tanger dans l’Histoire.
Maroc, guides bleus Hachette 2000
Au XVIème siècle, forte de sa position géographique
stratégique, elle faisait déjà commerce avec les villes
européennes. « Conquise par les portugais en 1471 », elle
finira par tomber aux mains des espagnols. (Maroc, guides
bleus Hachette Tourisme 2000 )
Tanger la méditerranéenne
Passions d’ailleurs Maroc, Larousse
Au XIXème siècle, Tanger est désignée comme « capitale
diplomatique » (Maroc, guides bleus Hachette Tourisme 2000)
du royaume, regroupant en son cœur les différentes
délégations étrangères.
En 1923, un traité franco-anglo-espagnol déclare Tanger
« zone internationale ». (Passions d’ailleurs Maroc, Collection
Larousse)
Tanger, par Matisse
Maroc, un pays et sa mémoire
Villas d’artistes
L’art de vivre au Maroc,
Flammarion
Sous l’autorité d’une commission internationale, et ce jusqu’à la
fin du protectorat en 1956, elle connaîtra une période de faste
lui attirant les « mystères d’une réputation romanesque »,
alimentée par la littérature et le cinéma. « Dandys, aventuriers,
écrivains, contrebandiers, artistes peintres et autres espions »
s’y enivrent. Un « vaste imaginaire et une société de plaisirs »
s’y développent. (Maroc,
guides bleus Hachette Tourisme 2000)
Désormais l’un des premiers centres industriels du pays
(textile). Près d’un million de personnes transitent chaque
année par son port.
Chaire UNESCO paysage et environnement
Université de Montréal
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Mais la ville et la région connaissent une période difficile, avec
« la vente importante de cannabis et l’argent noir alimentant la
spéculation ». Nombreux hôtels sont détruits et les nombreux
clandestins, rêvant d’une vie meilleure en Europe, s’entassent
dans de vétustes habitations, les yeux rivés sur l’horizon.
(Maroc, guides bleus Hachette Tourisme 2000)
Plan de Tanger
Rapport Medina/Ville nouvelle
Axelle Buriez
Maroc, un pays et sa mémoire Guide Gallimard
Le phénomène d’immigration clandestine sur la côte
méditerranéenne...
Les villes de la côte méditerranéenne marocaine accueillent,
« depuis les années 90 », un nombre massif et croissant
d’immigrés désireux de fuir le continent pour aller chercher une
vie meilleure en Europe. Ils viennent notamment des régions
subsahariennes où « un sous-développement économique, une
croissance démographique incontrôlable, une sécheresse qui
dure, des guerres civiles impitoyables et des séquelles d’un
colonialisme
dévastateur »
(http://www.redasociativa.org/dosorillas/?q=node/view/780) les
poussent à fuir.
La côte nord du Maroc est, de part sa position géographique
face au détroit de Gibraltar, « une plaque tournante pour toute
migration
légale
et
illégale
vers
l’Europe ».
(http://www.redasociativa.org/dosorillas/?q=node/view/780)
Pendant des décennies le Maroc a envoyé des travailleurs vers
la France. Aujourd’hui, les mesures sont plus restrictives, et le
vieux continent est préoccupé par le contrôle de ces vagues
d’immigrés toujours plus nombreuses et pauvres. L’Union
européenne a alors décidé de renforcer ses frontières externes,
notamment celles avec la Méditerranée, en même temps
qu’elle a aboli les frontières communes entre les pays du
continent. De plus, elle cherche à développer au plus vite « un
cordon sanitaire et un contrôle policier euro-maghrébin pour
renforcer les frontières du Maghreb avec les pays
subsahariens ».
(http://www.redasociativa.org/dosorillas/?q=node/view/780)
En attendant, beaucoup d’africains du Sahara et de marocains
de tout horizons, restent bloqués à quais dans des villes
comme Tanger. Ils s’entassent alors dans des bidonvilles à
l’extérieur et vivent misérablement de mendicité ou de petits
travaux.
L’Union européenne et le Maroc ont investi ensemble une
somme importante dans un « programme de lutte contre
l’émigration clandestine » afin « d’assurer un meilleur contrôle
du
Maroc
de
ses
frontières »
(http://www.redasociativa.org/dosorillas/?q=node/view/780).
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Workshop de la CUPEUM Marrakech 2004
Entassement des immigrés
GEO Magazine, janvier 2001
Rêves d’horizon
GEO Magazine, janvier 2001
Les journaux nationaux publient régulièrement dans leurs
colonnes les arrestations d’immigrés pour rassurer les autorités
européennes, dont l’Espagne est notamment la première
concernée.
Traduits en justice, ces immigrés sont alors reconduits à leurs
frontières et expulsés du territoire du Maroc.
Il va de soi que le problème reste complexe et pénible à
enrayer. Nombreux de ces immigrés finissent par passer toutes
leurs vies dans ces bidonvilles aux portes de l’Europe, dans
des conditions de vie souvent déplorables. Ces ex croissances
péri-urbaines, à proximité des quartiers plus riches et plus
favorisés des métropoles, engendrent un nombre important de
soucis
environnementaux
et
sociaux.
Maroc, guides bleus Hachette 2000
Paysages rifains
L’art de vivre au Maroc, P. Saharoff et S.
Bouvet
LE RIF
Austères paysages de forêts de cèdres, situés contre la chaîne
du Moyen Atlas et face à la méditerranée européenne, le Rif
est constitué d’anciennes petites villes d’exile pour des juifs et
musulmans d’Espagne, qui, en souvenir de ce passé défensif,
sont repliées sur elles-mêmes. On trouve encore aujourd’hui de
nombreuses références andalouses dans l’architecture et les
modes de vie.
L’exemple de Chefchaouen.
« D’une part adossée à des montagnes à pic, de l’autre bordée
de jardins toujours verts, apparaît la ville » Charles de Foucauld
(Maroc, un pays de mémoire à découvrir et à partager,
Collection Gallimard)
Chefchaouen
Semanaverdecultural.galeon.com/rif
color
Villes d’intérieur
L’art de vivre au Maroc,
Ville d’intérieur, c’est un lieu de mémoire un peu hors du temps.
Elle fut fondée par des exilés musulmans et juifs ayant fuis les
persécutions d’Espagne ; et fut jusqu’à peu interdite aux
chrétiens. (P. Saharoff et S. Bouvet, L’art de vivre au Maroc,
Flammarion)
Cette histoire hermétique se ressent dans sa physionomie.
Adossée contre deux montagnes, ses maisons à flanc de
coteau, la ville se développe de l’intérieur et semble se cacher
derrière « ses ruelles tortueuses, ses enceintes, ses portes et
ses mosquées ».
Ville énigmatique, « beauté de chaux bleutée », (Ph. Saharoff
et Sabine Bouvet, L’art de vivre au Maroc)., l’architecture est de
style andalouse et on y parle encore davantage l’espagnol
plutôt que le français.
La région du kif…
Marchés rifains
Passions d’ailleurs, Larousse
Le terme « Kif » est né au Maroc au XVème siècle et sa culture
s’est développée dès le XVIème siècle. Depuis la fin du
protectorat français, qui essayait de contrôler les productions
de cannabis dans la région, les paysans marocains du rif
cultivent cette substance plus ou moins ouvertement, et elle est
devenue une de leurs principales sources de revenus. La
Chaire UNESCO paysage et environnement
Université de Montréal
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« pauvreté des populations et la faiblesse de l’économie » sont
à l’origine d’un phénomène qui s’ancre toujours plus.
Outre les problèmes de trafics nationaux et internationaux que
cela implique, l’écosystème local est directement menacé par
cette monoculture de cannabis. En effet, pour gagner toujours
plus d’argent, les paysans pratiquent la « surexploitation » et
« défrichent en grand nombre les boisés », ce qui rompt
l’équilibre naturel et « favorise glissements de terrains et
érosion lors de fortes précipitations ».
Face à ce moyen de rente beaucoup plus lucratif à court et long
terme, il est difficile de développer des actions d’éradication
efficaces. De plus, le Maroc produit non seulement d’importante
quantité de cannabis, mais en exporte aussi beaucoup et les
réseaux, souvent secrets, sont difficiles à déceler et à
démantibuler.
(http://www-eleves.intevry.fr/~durand_f/dr05.html)
LA COTE ATLANTIQUE
Des ports sur l’Atlantique
Explorée dès le XVI ème siècle par les grandes puissances
européennes (portugaises, espagnoles, mais aussi pirates…),
des places fortes et cités fortifiées furent érigés tout le long de
la côte pour protéger « le commerce maritime et servirent de
base aux incursions vers l’intérieur » (C. Boisvieux/J. Wilmes,
Maroc, Collection GEO partance).
Leur position géographique privilégiée leur valent un
développement exceptionnel sous le protectorat français. Côte
ouverte sur le Monde, Casablanca représente aujourd’hui, le
« symbole du Maroc moderne » (Maroc, guides bleus Hachette
Tourisme
2000).
Maroc, guides bleus Hachette 2000
Des ports sur l’Atlantique
Maroc, un pays et sa mémoire Gallimard
L’exemple de Casablanca
« Une ville blanchie bâtie sur les eaux (…) Partout y est présent
le souffle du grand large. »
J.Berque et J. Couleau (Maroc, un pays de mémoire à
découvrir et à partager, Collection Gallimard)
Anciens repaires pirates
Maroc Collection Geo Partance
Axelle Buriez
-
-
Médinas entourées de ses remparts. Formes bastionnées en
avancée sur la mer.
Villes
modernes
se
développant
en
boulevards
radioconcentriques le long de la façade atlantique et en
avenues dirigées vers la mer. Certaines médinas, entièrement
englobées, perdent de leurs impacts.
Ports industriels importants. Baies où se sont développés hôtels
et édifices représentant le « Maroc moderne ».
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Workshop de la CUPEUM Marrakech 2004
Casablanca dans l’Histoire
Façades du
colonialisme
Maroc Guides bleus,
Plan de Casablanca
Axelle Buriez
Ancien port de pirates nommé « Anfa », dans la première
moitié du XIXème siècle il est déjà une escale importante entre
l’Afrique et l’Espagne. (Maroc, guides bleus Hachette Tourisme
2000).
A partir de 1860, les puissances européennes, dont la France,
y entretenaient des consulats et dès 1906, Casablanca était le
premier port d’importance du Maroc.
En 1912 : Lyautey, résident général sous le protectorat
français, décide d’en faire la « capitale économique » du pays
et la « vitrine de l’empire français en Afrique du nord ». Suivant
une « vocation civilisatrice dans le respect des traditions
culturelles marocaines », Lyautey fait pendant 40 ans de
Casablanca une « école d’énergie » en chantier permanent.
Ligne droite et sobriété des formes sont de mises, mais en
reprenant les traits caractéristiques de l’habitat traditionnel
marocain. (Maroc, guides bleus Hachette Tourisme 2000).
Le Centre-ville de Casablanca, c’est ainsi tout « un pan de
l’architecture moderne de la première moitié du XXème siècle,
reflet des recherches architecturales les plus avant-gardistes
d’Europe de l’époque (Maroc, guides bleus, Hachette Tourisme
2000)
Avec l’indépendance, Casablanca continuera dans les
audaces, regroupant aujourd’hui «1/4 de la population citadine
marocaine» (4 millions d’habitants) ainsi qu’«1/3 de l’activité
industrielle du Maroc ». (Maroc, guides bleus Hachette
Tourisme 2000).
Les immenses tours à bureaux du centre-ville entouré d’un
boulevard circulaire, les larges avenues reliant en toile
d’araignée les quartiers périphériques, la tour Hassan II
construite récemment sur la baie comme un point de repère et
représentant un « phare spirituel » dans le monde musulman
du Maghreb, sont autant de traits distinctifs flamboyants de
cette vitrine du Maroc moderne.
Maroc, un pays et sa mémoire Guide Gallimard
Casablanca, déjà capitale économique, fait aussi figure de
« capitale culturelle et intellectuelle, regroupant l’essentiel des
organes de presses et des médias audiovisuels ». (Maroc,
guides bleus Hachette Tourisme 2000).
Symbole de modernité
Mais tandis que sa médina, englobée par une ville en pleine
croissance, perd sa fonction principale et sa population
originelle, que son centre-ville est occupé par une bourgeoisie
au luxe ostentatoire, Casablanca regroupe dans ses faubourgs
de très nombreux ruraux déracinés qui ont fui leurs campagnes
natales, dans l’espoir d’un avenir meilleur.
La zone urbaine s’étend encore et encore, le long de la côte et
à proximité du centre urbain, pour accueillir cette immigration
rurale toujours en plein essor.
Rapport Medina/Ville nouvelle
Maroc Guides bleus
Chaire UNESCO paysage et environnement
Université de Montréal
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Les bidonvilles de Casablanca...
En tout, on considère que « 25 pour cent de la population
urbaine au Maroc vit dans des bidonvilles », ou dans des
« zones
d’occupation
informelles »
(http://www.bladi.net/infos/article-2166.html).
On nomme « bidonville », une concentration d’habitats
insalubres où s’abrite la population pauvre, à proximité proche
ou plus lointaine des grands centres urbains. Et « zone
d’occupation informelle », « les aménagements illégaux
appropriés par les résidants, construits dans des matériaux plus
solides de type maçonnerie ». (http://www.bladi.net/infos/article2166.html).
Prolifération de bidonvilles
mdh.limoges.free.fr/ support/ifi/maroc.htm.
Le mot « bidonville » (dérivé de « carrière » « Karyan » en
dialecte marocain) est né à Casablanca, dans les années 20.
A l’époque, des ouvriers de la centrale thermique de Roches
Noires y construisent des logements sommaires à proximité de
leur lieu de travail, faits de matériaux locaux hétéroclites.
(http://www.archipress.org/these/description.html)
Le bidonville, habité aujourd’hui par d’anciennes populations
rurales ayant fui la sécheresse et la vétusté des campagnes,
est souvent à « l’image du village d’origine et présente un
aspect rural avec ses puits, ses routes en terre, ses cultures et
élevages ». (http://www.archipress.org/these/description.html)
Aujourd’hui, on recense près de « 370 bidonvilles dans la
région de Casablanca », soit près de « 8,6 pour cent de sa
population
urbaine ».
(http://www.bladi.net/infos/article2166.html).
Ceux-ci se développent à la fois aux alentours de la métropole
et le long de la façade atlantique ; et à l’intérieur même de la
ville, proches des quartiers résidentiels.
Chaque bidonville regroupe environ « 7000 foyers » et la
concentration y est très élevée, « de 1000 habitants à l’hectare,
avec une absence d’égouts, d’eau courante et d’électricité »
(http://www.bladi.net/infos/article-2166.html); les conséquences
que cela comporte au niveau des conditions d’hygiène et de
qualité de vie, ainsi qu’au niveau des problèmes d’insécurité,
sont alors aisément compréhensibles.
Le bidonville est souvent une baraque à la stabilité précaire,
construite avec des matériaux indigènes. L’éclairage se fait
principalement « à la bougie et l’utilisation de la tôle et du bois
prédomine pour les murs et les plafonds, tandis que le sol est
un unique dallage en ciment ». Il est souvent jonché
d’immondices en tout genre, d’objets de consommation
détériorés. (http://www.bladi.net/infos/article-2166.html).
L’éradication de ces bidonvilles est une volonté du
gouvernement depuis quelques années, mais elle n’en est pas
moins complexe et laborieuse à réaliser. En effet, l’Etat
marocain est lui-même confronté à des soucis financiers et les
populations pauvres des bidonvilles ont un faible pouvoir
d’achat qui ne peut être que difficilement rehaussé à court
terme, compte tenu du faible pourcentage d’éducation, de
générations en générations, de ces cités.
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Workshop de la CUPEUM Marrakech 2004
Bidonvilles
http://www.archipress.org/images/bm/zniq
a.jpg
L’exemple de Rabat
« C’est la vieille capitale du Maroc, une ville calme et
distinguée, une zaouïa, un vrai jardin. »
Ibn El-Khatib (Maroc, un pays de mémoire à découvrir et à
partager, Collection Gallimard)
Plan de Rabat
Axelle Buriez
Rapport Medina/Ville nouvelle
Maroc, un pays et sa mémoire Guide Gallimard
Avenues à Rabat
Passions d’ailleurs Maroc Larousse
Rabat
www.legadoandalusi.es/.../
it3/eng/circuitos3.htm
L’une des villes impériales. Elle est la capitale officielle du
Maroc depuis 1912. Salé, ancienne ville corsaire située
seulement de l’autre côté de l’estuaire, est souvent incluse à
Rabat, sous l’appellation commune « Rabat-Salé ». (Maroc,
guides bleus Hachette Tourisme 2000).
La ville nouvelle se développe en arrière de la médina et le long
de l’océan en de belles avenues aérées, plantées de palmiers,
où se regroupent de nombreuses ambassades étrangères. Il y
a une grande unité de style, et l’architecture des années 30 y
est harmonieuse et même policée.
Résidence du Roi, la ville est particulièrement propre, soignée
et paisible.
Alors que le centre-ville regroupe les hauts fonctionnaires et la
bourgeoisie, les milieux populaires s’étendent toujours plus
nombreux dans des cités le long de la côte atlantique.
Le contraste des avenues et boulevards polices, héritage du
protectorat français…
Rabat, capitale officielle, reste relativement douce et paisible.
Ses avenues et boulevards, se croisant sur des places
publiques, et où s’érigent commerces et bureaux à l’accès
facilité, sont des héritages directs du protectorat français.
Façades d’un Maroc maîtrisé, bâti à l’heure moderne, elles sont
le reflet d’une société de consommation qui en apparence se
porterait bien. Elles donnent aux villes un goût d’Europe, avec
ces plans organisés et réfléchis où règne une rigueur
architecturale.
Cependant nous avons vu déjà que cette société en pleine
mutation, en plein développement, est en proie à des
contradictions.
Si de nombreux marocains s’estiment relativement heureux et
reconnaissants de l’influence française sur le développement
urbain, qui a permis d’insuffler un nouveau dynamisme au
Maroc et de le lancer sur la scène internationale, on a pu voir
que cette dernière ne s’est pas installée sans revers de
médaille. En effet, si ces grandes lignes organisationnelles, en
avenues et boulevards, ne sont pas néfastes et qu’elles
permettent au contraire de préserver une trame urbaine ; leur
attirante nouveauté a amené un sur développement
démographique au sein de ces villes jusqu’à là relativement
peu peuplées, ainsi qu’à une perte d’intérêt de la médina. Au
départ des aménageurs français, de nombreux bidonvilles
anarchiques, à l’expansion difficilement contrôlable, ont ainsi vu
le jour ; abritant une population perdue et désœuvrée.
Chaire UNESCO paysage et environnement
Université de Montréal
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LE MOYEN ATLAS
Pays des villes impériales, Fès et Meknès, construites sur des
plaines encerclées de monts et de forêts. C’est le Maroc de
l’intérieur, « son cœur traditionnel ». (Christophe Boisvieux et
Jacqueline Wilmes, Maroc, Geo Partance)
Le Moyen-Atlas reste l’une des montagnes les moins peuplées
du Maroc, car elle fut longtemps presque uniquement utilisée
par les nomades pour ses herbages.
Les tribus berbères montagnardes du Moyen Atlas convoitèrent
longtemps les villes de plaine de Fès et de Meknès, où la
qualité du pâturage est meilleur. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1921
que la puissance coloniale française parvint à prendre le
contrôle de la région. (Maroc, Guides bleus Hachette). Ici,
contrairement aux villes côtières, les villes nouvelles se
développent de façon bien distincte des médinas ; il s’agissait
d’une volonté de l’autorité française afin de tenter de préserver
ces dernières. La connexion entre les deux se fait par des
routes principales.
Maroc, guides bleus
Hachette 2000
Paysage du Moyen Atlas, cœur du Maroc
Maroc, Guide Bleus Hachette
L’exemple de Fès
« Au coucher du soleil, Fès a fermé les portes de ses longs
remparts crénelés. »
Pierre Lotti (Maroc, un pays de mémoire à découvrir et à
partager, Collection Gallimard)
Plan de Fès
La plus ancienne des villes impériales, sa médina serait
inchangée depuis le XIIème siècle.
Métropole « religieuse, intellectuelle et artistique, noble et
instruite » (elle abrite l’une des premières grandes universités),
Fès est aussi tel un « immense village », (Passions d’ailleurs
Maroc Larousse) où la production artisanale y ait
particulièrement renommée (la tannerie notamment) ; celle-ci
est alimentée par la population des montagnes et campagnes
environnantes.
Axelle Buriez
Rapport Medina/Ville nouvelle
Maroc, un pays et sa mémoire Guide Gallimard
Plan de Meknès
Axelle Buriez
Rapport Medina/Ville nouvelle
Maroc, un pays et sa mémoire Guide
Gallimard
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Workshop de la CUPEUM Marrakech 2004
La médina remise en cause…
La ville marocaine, en se développant « hors des murs », s’est
« fragmentée ». (http://www.bladi.net/infos/article-2166.html)
Bien qu’ici les médinas soient à l’écart des villes nouvelles, leur
tissu traditionnel n’en reste pas moins inadapté à ce qui est
devenu une « entité de production dans une économie
moderne » (http://www.bladi.net/infos/article-2166.html), et leur
régime autarcique ainsi que leurs moyens de productions
vernaculaires sont remis en cause .
Une médina séculaire
L’art de vivre au Maroc
Paysage d’artisans à Fès
Passions d’ailleurs, Maroc
La médina de Fès, classée au patrimoine mondial de l’Unesco
dès 1976, et réputée pour avoir peu changé depuis le XIIème
siècle, représente toujours « 60 pour cent des activités
économiques de l’agglomération, avec 9600 unités d’activités,
pour la plupart dans les secteurs de l’artisanat ».
(http://www.notreville.net/medina-fes.asp) Au quartier des
tanneurs, partout la vue plonge sur des peaux séchant au soleil
et des séries de bassins de teinture rouge fauve.
Cependant elle n’a pas non plus échappé, comme les autres
médinas, à une dégradation progressive qui s’est faite selon
trois phases : « L’abandon » (exode des populations vers la
ville nouvelle), « la mauvaise restauration » (récupérée par une
activité touristique qui déstructure son organisation) et
« l’occupation inadéquate des lieux » (par les populations des
campagnes venues s’installer dans une médina désertée ainsi
que par les étrangers attirés par leur côté pittoresque), le tout
« accentué par une dégradation des infrastructures et des
équipements
sociaux-éducatifs »
(http://www.notreville.net/medina-fes.asp).
En 1997, les premières tentatives actives d’intervention sur la
médina voient le jour, en terme de « projet de réhabilitation »
(http://www.notreville.net/medina-fes.asp). On entend par là
« la réhabilitation du patrimoine bâti, l’amélioration de
l’environnement urbain (assainissement, éclairage public..), le
renforcement institutionnel, la réhabilitation de l’infrastructure
viaire et l’amélioration de son accessibilité, ainsi que le
développement
communautaire »
(http://www.notreville.net/medina-fes.asp)
Des
« mouvements
associatifs
de
quartiers »
(http://www.notreville.net/medina-fes.asp) apparaissent dès
1995. Leur but est d’impliquer directement les habitants envers
leur milieu de vie quotidien, les rendant ainsi plus réceptifs et
responsables. Ils permettent un « resserrement et une
recomposition sociale (…) et favorisent aussi la participation
des habitants dans le processus directionnel monolithique des
dirigeants ». (http://www.notreville.net/medina-fes.asp)
Ces médinas sont le cœur traditionnel du Maroc. Elles ont su
au fil de l’histoire établir et conserver leurs propres signes
d’identité, et traduire les modes de vie séculaires du peuple
marocain. Elles sont des morceaux de mémoire uniques qui
permettent de lire et de saisir le passé. Mais leur sauvegarde,
aujourd’hui menacée par une société de plus en plus rapide et
avide de facilités, se confronte à des impératifs budgétaires.
Chaire UNESCO paysage et environnement
Université de Montréal
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Pour dépasser cet écueil, les médinas doivent devenir de
nouveau « productives en revalorisant leur fonction
commerciale (interne et touristique) et se doter d’institutions
éducatives
et
de
formation
professionnelle »
(http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Medina). Car leur rôle peut
rester capital au niveau de la revitalisation des arts et des
traditions du Maroc. Cependant ceci doit être considéré parmi
les difficultés économiques et sociales du pays, qui limitent la
conservation de ce patrimoine au profit d’impératifs sociaux et
humains considérés plus urgents.
LE HAUT ATLAS
Maroc, guides bleus Hachette 2000
Puissante barrière de montagnes dont les sommets culminent
jusqu’à 4000 m, elle sépare le Maroc atlantique et
méditerranéen, du Maroc saharien.
Ses hauts plateaux sont encore parcourus par les troupeaux
berbères et, dans ses vallées étroites et tourmentées, on
aperçoit encore d’héroïques villages en terre isolés et
éparpillés.
Les cimes du Haut Atlas
Dans cette partie du Maroc, chaque cours d’eau est capté un à
un pour irriguer les champs et les vergers.
www.ricklireisen.ch/ Seiten
Au sein de cette région rude et montagnarde, Marrakech est,
telle une oasis, « une porte dans un rempart », (Le Grand guide
du Maroc, Gallimard).
L’exemple de Marrakech
« Les premiers groupes de palmiers, la Katoubia de plus en
plus visible sur l’azur, une porte dans un rempart (… )»
Camille Mauclair (Maroc, un pays de mémoire à découvrir et à
partager, Collection Gallimard)
Une oasis, une ville du désert. Traditionnelle derrière ses
remparts ; voluptueuse dans ses jardins ; résolument moderne
dans ses avenues stimulantes.
Figurant parmi les villes impériales, elle a donné son nom au
pays.
L’océan atlantique est tout près mais les sables sahariens sont
aussi juste de l’autre côté du Haut Atlas.
Il y a une profusion de verdure au sein de la ville, de jardins
crées et entretenus pour combattre l’aridité toujours prête à tout
envahir dans cette région.
Villages montagnards
Passions d’ailleurs, Maroc
Marrakech et son contexte
Passions d’ailleurs, Maroc Collection
Larousse
12
Workshop de la CUPEUM Marrakech 2004
Plan de Marrakech
Axelle Buriez
Plan en étoile de la ville nouvelle, aux avenues larges au long
desquelles furent élevés immeubles et maisons plus modernes.
Il y a ici, comme à Fès et à Meknès, une séparation assez
distincte entre la médina et la partie nouvelle.
Rapport Medina/Ville nouvelle
Maroc, un pays et sa mémoire Guide
Gallimard
La place Jeema el-Fna de Marrakech est un univers à elle
seule. Ancienne place d’exécutions publiques, elle est un souk
trépidant, un incessant défilé de couleurs, où se mêlent
arracheurs de dents, charmeurs de serpents, conteurs et
saltimbanques en tout genres.
Place Jeema el-Fna
www.africatravelling.net/. ../marrakech.htm
Marrakech l’impériale, oasis de verdure qualifiée de « perle du
Sud », cœur battant sous ses couleurs rouges, est située à
distance favorable des côtes atlantiques, des cimes enneigées
du Haut Atlas et des premiers sables du Grand Sud. Elle attire
un nombre important de touristes de passage, ainsi que de
riches étrangers qui souhaitent y élire résidence
La problématique des nouveaux riads…
De part sa situation privilégiée d’oasis aux portes du désert,
face aux montagnes enneigées du Haut Atlas, Marrakech est
l’une des premières grandes villes touristiques marocaines.
Nouveau riad
http://www.darachaiah.net
Là encore, les palais sans confort moderne ont été, au début
des années 70, peu à peu délaissés par la bourgeoisie de
Marrakech au profit des quartiers de la ville nouvelle. D’abord
récupérés par quelques idéalistes amoureux du Maroc, ils sont
devenus depuis quelques années un intérêt grandissant pour
de riches étrangers fascinés par le cachet traditionnel de ces
villes anciennes, venus acheter ces palais ou riads de
l’ancienne ville « au prix d’un trois-pièces dans leur pays »
(http://www.nouvelobs.com/articles/p1963/a19991.html).
Des familles marocaines vivant depuis des générations dans
des « derb » (« pâté de maisons »), voient leur vie quotidienne
Nouveau riad
http://www.darachaiah.net
Chaire UNESCO paysage et environnement
Université de Montréal
13
perturbée par l’extravagance et l’ambition de certains de ces
étrangers qui rachètent une à une les « dars » (maison ouvrant
sur une cour ») pour les détruire et ériger à leur place « des
jardins,
des
piscines
et
d’immenses
terrasses »
(http://www.nouvelobs.com/articles/p1963/a19991.html).
A Marrakech, sur « 500 riads et dar déjà réhabilités, 380
appartiennent à des français. Et 180 parmi l’ensemble de ces
demeures rénovées ont été aménagées en maisons d’hôtes par
leurs propriétaires qui récupèrent par ce biais leur
investissement. Trop souvent sans déclarer cette activité. Trop
souvent en obtenant, via des bakchichs réclamés par la mafia
des intermédiaires qui pullulent dans la médina, une
autorisation de rénover qui masque en réalité une démolition,
ou bien un passe-droit pour construire une piscine sur le toit (ce
qui est strictement interdit) ou encore pour surélever
l’habitation, alors que les maisons traditionnelles ne comportent
qu’un étage. Première source de discorde: les terrasses. Ces
lieux de conversation des femmes, d’un toit à l’autre, qui
servent à étendre le linge et à prendre l’air à la fraîche, sont
systématiquement transformés en salon-solarium par les
Occidentaux. «Je ne supporte plus quand je monte sur ma
terrasse de voir des hommes et des femmes nus en train de
s’embrasser et de boire de l’alcool, confie Fatima, cadre
commercial. Nous sommes heureux d’accueillir des étrangers
qui réhabilitent des maisons qui sans eux tomberaient en
ruines. Mais les autorités de ce pays doivent faire en sorte
qu’ils
ne
se
conduisent
pas
comme
des
envahisseurs.» » (http://www.nouvelobs.com/articles/p1963/a19
991.html)
« De gros piliers de béton sont coulés dans le sol friable de la
médina où les habitations sont depuis dix siècles faites en
briques
de
terre
cuite
ou
en
pisé »
(http://www.nouvelobs.com/articles/p1963/a19991.html), ce qui
provoquent des affaissements de terrain et une atteinte directe
sur les habitations alentours. Du coup, les habitants d’origine
doivent composer avec des « voisins étrangers », venus
s’installer à temps partiel ou à temps plein, qui ne sont pas
toujours respectueux et conscients des coutumes de la société
marocaine et de ses traditions architecturales, et ils se voient
même alors parfois contraints de partir.
LE GRAND SUD
Maroc, guides bleus Hachette 2000
Lors des grandes périodes de sécheresse, le désert avance et
rend la vie plus difficile encore. Lors de violentes précipitations
épisodiques, les oueds gonflent et menacent les habitats de
terre. La présence de l’homme dans cet environnement (pour la
plupart des nomades aux maigres troupeaux) ne peut donc être
que saisonnière.
Mais maintenant des villes (Ouarzazate et Agadir) se
développent pour accueillir des touristes en mal d’aventures. La
volonté du gouvernement marocain étant aussi de garder la
main mise sur cette partie du Sahara, réclamée par le voisin
algérien.
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Workshop de la CUPEUM Marrakech 2004
Image du Grand Sud
Passions d’ailleurs, Maroc Larousse
Organisation de l’habitat dans le Grand Sud
Passions d’ailleurs, Maroc Collection Larousse
- Oued traçant une épaisse coulée de verdure encaissée entre
d’immenses parois rouges, saturées de chaleur.
- Vallées désertiques, de nombreux villages s’y accrochent à
flancs de montagne, suivant les irrigations.
- Villages fortifiés sur les sommets. Constructions isolées dans
une nature austère, les Kasbahs et Ksours sont fragiles
forteresses construites pour se protéger des attaques
nomades. Elles « ponctuent le paysage de leurs tours d’angles,
depuis leurs enceintes fortifiées » ; d’une couleur chaude se
fondant tout à fait au décor âpre du désert, elles sont autant
d’apparitions magiques aux portes du Sahara, où la route
commence à disparaître sous le sable. (C. Boisvieux et
J.Wilmes, Maroc, Collection GEO Partance).
L’exemple de Ouarzazate
Une ville de tourisme au
milieu du désert
Passions d’ailleurs, Maroc
Ville s’étendant au milieu d’un plateau désertique, en contraste
avec les reliefs du Haut Atlas en arrière-plan.
Créée à la fin des années 20 par une garnison française, elle
est constituée d’une simple allée centrale et de ruelles.
Aujourd’hui prisée par les touristes en quête d’aventures
sahariennes, elle possède un aéroport international et connaît
un développement touristique et artisanal croissant. Elle est
l’étape obligée pour les excursions se dirigeant vers la « route
des Kasbahs » et sert aussi de décors de cinéma à des films
d’époques.
L’exemple d’Agadir
« Le jour était d’une beauté sans tache et tout son
rayonnement semblait surgir de cette mer au bleu profond. »
Joseph Kessel (Maroc, un pays de mémoire à découvrir et à
partager, Collection Gallimard)
Une station balnéaire
Passions d’ailleurs, Maroc
Un tremblement de terre rase la ville en 1960.
Reconstruite entièrement, elle se développe maintenant le long
de la baie, en boulevards et avenues orthogonaux, au sein
desquels on trouve des quartiers résidentiels.
« Deuxième port sardinier du Maroc et aussi deuxième ville
touristique », (Maroc, guides bleus Hachette Tourisme 2000)
c’est aussi un centre balnéaire prisé, qui connaît un perpétuel
ensoleillement et qui est à proximité adéquate du Grand Sud et
de la Côte atlantique.
Chaire UNESCO paysage et environnement
Université de Montréal
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Son boulevard principal, Mohammed V, conduit directement à
Essaouira, juste au sud de Casablanca.
L’accélération d’une uniformisation du tourisme…
Agadir est un exemple à part, puisque sa destruction quasi
totale en 1960 a permis à son plan d’ensemble d’évoluer
différemment dans son rapport médina/ville nouvelle.
Ville moderne, des années 60 à aujourd’hui, elle semble s’être
développée pour devenir la ville balnéaire par excellence. On y
accède directement grâce à son aéroport international et une
zone tampon, le long de la baie, regroupe clubs med, centres
de thalassothérapie, golf et autres accueils touristiques. Elle est
alors telle une escale occidentale sur le sol du Maroc, un lieu
de consommation et d’appréciation, qui peut être vu comme
déconnecté du reste du pays. Plus au sud, une ville telle que
Ouarzazate, en dépit des conditions climatiques plus
exigeantes, connaît également un boom dans son
développement ; la région connaissant un intérêt croissant chez
les touristes. Il reste à voir dans l’avenir si ces régions et ces
villes sauront garder une âme propre, ancrée dans le sol
marocain et ses traditions séculaires ; et ne deviendront pas
une nouvelle extension européenne au cœur du Sahara,
engendrant des conflits internes liés à une perte d’identité et
d’appartenance. Ces problématiques touristiques, qui ont un
impact direct sur la physionomie des villes et sur les modes de
vie, seront étudiées dans un prochain chapitre.
Plan d’Agadir
Axelle Buriez
Agadir, ville reconstruite
Maroc, un pays et sa mémoire
Guide Gallimard
CONCLUSION
Les villes de la côte méditerranéenne ont depuis toujours été
influencées par l’horizon européen, face à elles. Tour à tour
anciens repaires fortifiés, premières villes de commerces, villes
de plaisirs pour de riches européens, elles connaissent
aujourd’hui des problèmes de corruption et sont les premières
16
Workshop de la CUPEUM Marrakech 2004
concernées par le phénomène d’immigration clandestine qui
touche le pays depuis une dizaine d’années. Ces villes, comme
à de nombreux autres endroits au Maroc, ont tendance à
s’étaler et abritent dans leurs périphéries, quartiers pauvres et
habitats précaires, où s’entasse une population déracinée et
sans réel avenir.
Les villes de la côte atlantique marocaine, qui s’étend sur près
de 1300 Kms, ont été depuis toujours prisées par les grandes
puissances dirigeantes, grâce à cette ouverture géographique
qui ont fait d’elles des points stratégiques. Cela leur valu un
développement urbain très important sous le protectorat
français, qui en fit une vitrine moderne. Aujourd’hui les médinas
ont perdu leur pouvoir structurant et elles sont désormais
englobées de toutes parts par l’expansion dévorante des villes
nouvelles. On constate une croissance démographique
importante et des villes qui s’étendent toujours plus, pour
accueillir une ex population rurale fascinée par les mirages de
leurs fastes. Malheureusement l’adaptation est plus difficile que
les rêves, et ces gens se retrouvent pour la plupart rassemblés
dans des bidonvilles et des zones informelles ; souvent dans de
pauvres conditions. De nombreux problèmes sociaux en
découlent, entre drogues, violences et insécurités.
La réflexion, complexe, doit sans doute être portée sur l’action
du protectorat français au Maroc, et de façon plus globale sur
l’adaptation de sociétés séculaires à une uniformisation des
systèmes sociétaires, basée sur un mode de production et de
consommation à grande échelle. Durant des siècles, la médina
locale, dans son tissu dense, assura l’organisation économique
et sociale de la vie. Le Maroc, sans l’influence française qui
apporta et appliqua sur son sol les modèles européens, aurait-il
pu continuer à fonctionner en marge de la globalisation et des
échanges commerciaux internationaux ?
Partout dans le pays, on constate un effort de modernisation,
d’adaptation à des temps nouveaux. Il était inévitable que des
contradictions, des conflits apparaissent dans l’œuvre
française, certes soucieuse de prendre en considération le
contexte marocain de ses interventions, mais pas moins
audacieuse et radicale. Le souci principal n’est sans doute pas
une nostalgie possible, tant les villes marocaines sont
désormais irrémédiablement influencées par l’héritage du
protectorat, mais bien celui de trouver des solutions pour
parvenir à contrôler la folle expansion urbaine d’une part, et
contrer les menaces de détérioration qui pèsent sur les
médinas d’autre part. Celles-ci doivent sans doute trouver, pour
ne pas disparaître un jour ou se métamorphoser complètement,
de nouvelles fonctions économiques vitales qui leur permettront
en même temps d’affirmer et de sauvegarder leurs valeurs
patrimoniales. Des réglementations sur les implantations
d’étrangers richissimes, ainsi que
des codifications
touristiques, doivent venir en aide aux médinas, actuellement
livrées aux besoins, envies et rêves de tous.
D’ailleurs, on doit se demander jusqu’à quel point le tourisme,
la fascination qu’inspire le Maroc depuis les temps coloniaux,
sert le peuple marocain et son économie ? Et quand il les
dessert ? Car on pourrait peut-être voir se développer à
l’avenir, au sud notamment, des villes déconnectées du pays,
tels les réceptacles des envies occidentales ; ni villes
anciennes, ni villes protectorales, mais d’un genre nouveau ;
posées sur un site auquel elles ne répondraient plus.
Chaire UNESCO paysage et environnement
Université de Montréal
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BIBLIOGRAPHIE
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Saharoff, Philippe et Bouvet Sabine L’art de vivre au Maroc
Passions d’ailleurs Collection Larousse
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