Lundi 28 mars 2016

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Lundi 28 mars 2016
Lundi 28 mars 2016
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L’adresse : Villa N°69 ;
Lot said Benhaddadi.
Cheraga Alger.
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SOMMAIRE
Synthèse .......................................................................................................................... Erreur ! Signet non défini.
A la une .................................................................................................................................................................. 3
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Investissement : Encourager les IDE (El Moudjahid) ................................................ 3
Hydrocarbures : nécessité d'opérer une transition énergétique (APS) ........................ 4
Prix du pétrole : L'Algérie mise sur la réunion de Doha (Le Quotidien d’Oran) ....... 4
DÉVELOPPEMENT LOCAL : Ce que le FCE pourra apporter à Tizi Ouzou
(L’Expression) ............................................................................................................ 6
Banque/bourse/Assurance .................................................................................................................................... 8
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Matières premières : Les prix en baisse (APS) ........................................................... 8
Logitrans renforce sa flotte (L’Econews) ................................................................... 9
Coopération ......................................................................................................................................................... 10
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POUR APPROFONDIR LA CONCERTATION DANS TOUS LES DOMAINES :
Ayrault attendu demain à Alger (L’Expression) ....................................................... 10
Veille ..................................................................................................................................................................... 11
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Air Algérie : la filiale maintenance sera opérationnelle en juillet (APS) ................. 11
Suppléments économique d’El Watan ............................................................................................................... 13
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Handicapés, cancéreux et personnes atteintes de maladies chroniques : Années fastes
ou crise, le calvaire continue ! .................................................................................. 13
Lamri Larbi . Économiste de la santé : «Le Plan cancer est menacé dans sa
composante liée aux inputs importés» ...................................................................... 16
Accord d’association Algérie-UE : Zone de prospérité partagée, dites-vous ? ........ 19
Thomas Lagoarde-Segot. Professeur d’économie et finance internationale à KEDGE
Business School et chercheur au LEST-CNRS : «L’ouverture de marchés ne produit
pas nécessairement les effets escomptés en termes de bien-être» ............................ 21
Algérie-UE : La sécurité énergétique de l’Europe comme préoccupation majeure . 24
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A la une
Investissement : Encourager les IDE (El Moudjahid)
«L’attractivité de l’Afrique» est un thème d’actualité, qui intéresse de
nombreux spécialistes. Avec l’ouverture de plusieurs pays au commerce
international, les opérateurs économiques et les firmes étrangères,
disposent de nouvelles opportunités d’investissement et de nouveaux
marchés pour leurs produits. En effet, pour éclairer les acteurs économiques
algériens sur l’importance du continent africain et ses potentialités
économiques et sur ses perspectives d’investissement, le Cercle d’action et
de réflexion sur l’entreprise (Care) organise aujourd’hui à Alger, une
rencontre-débat sur ce thème. Contacté hier, par téléphone, le président
de Care, M. Slim Othmani, a souligné que «le choix de ce thème est dicté
par la situation économique actuelle du continent et en particulier de
l’Algérie». A travers cette conférence a-t-il dit «nous allons montrer
également comment ont évolué les économies africaines et quelles sont les
opportunités à saisir en Afrique devenue une destination d’investissement
et de partenariat». «Dans ce contexte, l’entreprise algérienne est tenue de
mettre en place une politique fiable et forte pour imposer ses produits dans
ce marché et accompagner nos opérateurs dans cette démarche». Pour
appuyer ses dires, il a cité à titre d’exemple la Tunisie et le Maroc qui sont
arrivés selon lui, à conquérir certain marchés africain et cela à travers le
déploiement de beaucoup d’efforts. M. Slim Othmani s’est montré, à cet
effet confiant quant au développement du marché africain, en indiquant que
«malgré ses insuffisances, le continent a quand même enregistré des
progrès remarquables». Notre interlocuteur, a insisté à cet effet, qu’il est
temps au gouvernement de chercher comment attirer les IDE, avant de
s’interroger pourquoi notre pays n’arrive toujours pas a attiré les IDE en
dépit les potentialités existantes ? Le président de Care souhaite que
d’autres investisseurs soient attirés en Algérie et ce, au moment où l’Agence
nationale de développement de l’investissement (Andi) a enregistré, en
2015, une baisse de déclaration des projets d’investissement de l’ordre de
33% en valeur et de 20% en volume comparativement à 2014. Afin de
répondre à toutes les questions concernant le dit thème, M. Noureddine
Hajji, directeur général d’EY Tunisie, et M. Ahmed Lateb, directeur associé
au bureau d’Alger et membre de Care, partageront les principaux résultats
de la cinquième édition de l’étude «Africa Attractiveness porte sur
l’attractivité de l’Afrique en matière d’investissements étrangers (Foreign
Direct Investment, FDI) et de la perception du continent par les
Investisseurs, publiée par EY. Il est à noter que cette étude montre que
l’Afrique est la deuxième destination mondiale des IDE avec une progression
de 136% comparé à l’année précédente. Elle confirme également les
progrès considérables réalisés par les économies africaines et souligne aussi
les challenges à relever pour continuer à attirer les investissements
étrangers toujours plus exigeants en matière de transparence et de climat
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des affaires. Cette édition confirme également la perception positive des
investisseurs dans la destination Afrique.
Hydrocarbures : nécessité d'opérer une transition énergétique
(APS)
L'expert en énergie, Abdelmadjid Attar, a affirmé samedi à Alger la
nécessité de trouver les moyens de faire sortir l'Algérie de sa dépendance
des hydrocarbures et d'opérer une transition énergétique, basée sur les
énergies renouvelables.
‘‘L'Algérie doit opérer une transition énergétique qui lui permettra de
trouver des ressources alternatives aux hydrocarbures pour couvrir ses
besoins futurs et atteindre l'indépendance énergétique, à la lumière des
mutations technologiques, économiques et géopolitiques enregistrées à
l'échelle internationale’‘, a souligné M. Attar lors d'une conférence organisée
par le Mouvement de la société pour la paix (MSP).
‘‘L'Algérie doit investir dans les énergies renouvelables, telle l'énergie
solaire en tant qu'alternative future’‘, a indiqué M. Attar, ex-directeur
général de Sonatrach, soulignant l'impératif de créer une industrie nationale
des matériaux et équipements de production de l'énergie renouvelable
‘‘pour éviter de recourir à l'importation de ces équipements, au risque
d'entraîner le pays vers une dépendance énergétique et d'augmenter la
facture de production des énergies renouvelables’‘.
Il a, d'autre part, souligné la nécessité de ‘‘mettre en place une stratégie
nationale pour sortir de la dépendance des hydrocarbures’‘.
Evoquant la chute des cours du pétrole, l'intervenant a indiqué que le
monde connaissait une récession économique, à l'origine de la baisse des
prix du pétrole, outre la découverte du gaz de schiste qui a favorisé
l'émergence de nouveaux producteurs sur le marché, provoquant une
hausse de l'offre face à une faible demande.
L'organisation de cette rencontre a été dictée par le contexte économique
actuel, a indiqué le président du MSP, Abderrezak Mokri qui a assisté à la
conférence, soulignant la nécessaire conjugaison de tous les efforts pour
trouver des solutions à la chute des cours pétroliers.
Prix du pétrole : L'Algérie mise sur la réunion de Doha (Le
Quotidien d’Oran)
L'Algérie participera à la réunion des pays producteurs de pétrole, membres
et non-membres de l'Opep, «prévue le 17 avril prochain, à Doha (Qatar), a
annoncé, samedi, à Sétif, le ministre de l'Energie, Salah Khebri.
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L'Algérie a été parmi «les premiers pays ayant insisté sur l'urgence de
stabiliser le marché pétrolier», a souligné le ministre, à l'issue d'une visite
de travail, dans la capitale des Hauts Plateaux, précisant que la réunion de
Doha vise «à examiner les moyens devant permettre de stabiliser la
production et soutenir le prix du baril». Souhaitant que cette réunion soit
«fructueuse», M. Khebri a indiqué que «dès l'annonce de la tenue de cette
réunion, le prix du pétrole est passé de 30 à 40 dollars, le baril». Il a
considéré que cette réunion, devant favoriser le suivi de l'accord sur le gel
de la production, à son niveau de janvier 2016, constituera «une première
étape dans le processus de stabilisation de la production pétrolière», tout
en précisant que suivant l'écho du marché, «d'autres démarches seront
envisagées».
Le ministre de l'Energie affiche, ainsi, un certain optimisme quant à l'issue
de la réunion des pays membres de l'OPEP dont l'Arabie Saoudite, chef de
file d'une coalition moyen- orientale, à l'origine de la crise des prix du
pétrole, pour n'avoir jamais accepté de faire baisser la production pour
réguler le marché et provoquer, une hausse des prix de l'or noir. Ce dernier,
en dépit de la situation explosive au Moyen Proche-Orient et en Libye
connaît, ces deux dernières années, une dégringolade des prix, souvent pas
logique.
Contrairement aux crises des prix de pétrole (choc pétrolier) de 1973 puis
celle de1986, le scénario, dans lequel, se débattent, aujourd'hui, plusieurs
pays producteurs de pétrole, dont l'Algérie, n'obéit à aucune logique
économique,
en
fait,
à
une
aucune
logique,
tout
court.
Il faut rappeler que le baril de WTI, la référence américaine, valait 28,69,
après être tombé, sous la barre des 28 dollars, il y a, à peine, deux mois.
De son côté, le Sahara Blend produit en Algérie valait 28,26 dollars, après
être, lui aussi, tombé sous ce seuil, pour la première fois, depuis novembre
2003.
Depuis la mi-2014, les cours se sont effondrés de plus de 75%.
En 2015, selon le cabinet Haynes & Boone LLP, 42 producteurs de pétrole
et de gaz ont fait faillite. Leur dette cumulée s'élèverait à 17 milliards de
dollars.
Les pays producteurs de pétrole vont-ils, enfin, accorder leurs violons, pour
faire face à la baisse des prix du pétrole ? Rien n'est moins sûr.
Les travailleurs de BP et de Statoil vont réintégrer leurs postes
Par ailleurs, évoquant l'attaque terroriste qui a ciblé la semaine dernière,
un site gazier à Kherichba, entre El Ménea et In Salah, M. Khebri, a affirmé
qu'il «n'y a pas eu d'incidence et que la production se poursuit, après un
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arrêt systématique de six heures». Les entreprises étrangères qui ont
«temporairement» rappelé leurs travailleurs du site «obéissent à des
procédures internes et propres à elles», a-t-il ajouté, précisant que «ces
mêmes travailleurs regagneront leurs postes». Considérant que le
terrorisme est, aujourd'hui, un «danger universel», M. Khebri qui a rendu
un vibrant hommage à l'Armée nationale populaire (ANP) et à tous les
services de sécurité, a affirmé que les sites pétroliers de l'Algérie sont
«hautement sécurisés». Le ministre, abordant les énergies renouvelables,
a appelé à promouvoir la production des batteries industrielles, devant
permettre un meilleur stockage de l'électricité.
DÉVELOPPEMENT LOCAL : Ce que le FCE pourra apporter à Tizi
Ouzou (L’Expression)
Aucun investissement, quelle que soit la volonté de son porteur, ne peut
être fructueux dans un climat défavorable.
Le Forum des chefs d'entreprise s'installe désormais à Tizi Ouzou avec des
projections d'avenir et des défis à relever. Des prévisions alléchantes pour
les jeunes investisseurs. A la cérémonie d'ouverture, le président de la
section de Tizi Ouzou a appelé les jeunes à se regrouper pour un
investissement dans la jeunesse, les potentialités de la wilaya et surtout
dans
l'avenir.
En effet, des potentialités, la wilaya de Tizi-Ouzou en a énormément. Une
jeunesse prête à tous les défis, une nature diverse offrant des plages et des
montagnes. Un patrimoine culturel riche en sites naturels et trésors
immatériels. Des produits du terroir tels que la cerise, la figue, l'olive et
bien plus encore. Et enfin, des métiers traditionnels à développer. Tout ce
potentiel peut être transformé en opportunités d'investissement. Mais
comment?
En fait, un début de réponse a été apporté déjà à l'épineux problème de
conversion de ces richesses en investissements rentables à long terme.
L'initiative est d'abord venue du ministère de l'Agriculture, du
Développement rural et de la Pêche qui a, le mois d'octobre dernier, signé
une convention internationale qui facilite la mise sur les circuits
commerciaux internationaux de la production nationale. Une convention
que le FCE renforcera, justement quelques mois plus tard, avec la mise au
point
du
label
«Bassma
djazaïria».
Les deux initiatives pourraient impulser une dynamique nouvelle à la PME
algérienne en lui ouvrant la voie vers l'international, mais est-ce suffisant?
A l'évidence, il ne suffit pas d'un label et d'une convention pour s'installer
au milieu de la «faune concurrentielle du commerce international». Le
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produit national n'est pas en mesure de concurrencer si d'autres conditions
ne
sont
pas
réunies
d'abord
au
niveau
local.
Des préalables évoqués justement lors de la même cérémonie par le wali
Brahim Merad et le président de l'Assemblée populaire de wilaya, Mohamed
Kelalèche. Aucun investissement, quelle que soit la volonté de son porteur,
ne peut être fructueux dans un climat défavorable. Et c'est justement un
climat défavorable qui règne dans la wilaya de Tizi Ouzou. Se voulant positif
pour impulser l'encouragement aux jeunes, le président de la section FCE
de Tizi Ouzou n'a pas voulu insister sur les mauvaises conditions dans
lesquelles évoluent les entreprises existantes déjà dans la wilaya. Car, à
maints égards, le climat des affaires est à refaire de fond en comble.
Un bref historique donne une idée suffisante sur la nature des embûches
qu'il faudra d'abord éviter pour prendre le long chemin vers la prospérité.
Une prospérité qui ne viendra que si le potentiel est libéré en levant les
obstacles qui ne sont pas des moindres bien que les idées existent.
Tout d'abord, comme l'a signalé le président de l'APW qui a mis le doigt là
où ça fait mal, les pouvoirs publics, les élus et les investisseurs devraient
joindre leurs efforts pour refaire de fond en comble la politique économique
dans la wilaya. L'élu expliquera, à raison d'ailleurs, que de nouvelles
approches territoriales sont nécessaires pour amorcer une dynamique
d'investissement en levant les contraintes liées au foncier. Le problème est
justement très épineux et c'est de sa solution que dépend l'essor de
l'économie locale. La nature privée, morcelée et souvent dans l'indivision
du foncier retarde, sinon vient à bout de toutes les initiatives
d'investisseurs. Mais là également, le président de l'APW ne donne pas les
mécanismes par lesquels on viendra à bout de ce problème. C'est justement
une tâche à laquelle prendra certainement et nécessairement part la
nouvelle structure du FCE à Tizi Ouzou avec à sa tête Mohamed Siad qui
n'ignore sans doute pas la situation, étant un enfant de la région au fait de
ses
problèmes.
Puis, à moyen terme, la wilaya de Tizi Ouzou devrait se trouver une vocation
spécifique. Etant à présent en train de naviguer à travers tous les créneaux,
l'économie locale ne peut se développer, de l'avis de nombreux
économistes, sans axer l'effort sur un créneau porteur. La machine
économique locale doit-elle s'appuyer sur le tourisme ou l'agriculture,
l'industrie ou permettre à l'investissement de se développer en joignant les
richesses de tous ces créneaux. A ce sujet, justement, la section ouverte à
Tizi Ouzou est attendue par la réflexion à même de participer à mettre sur
les rails la machine du développement. La question nécessite en effet la
conjugaison des efforts de réflexion entre l'université, les pouvoirs publics
et
les
investisseurs.
Enfin, pour mettre en marche la machine de l'investissement, il est
indéniable qu'il faudra mettre le paquet sur la matière grise et la maind'oeuvre. Le gisement de la jeunesse dont dispose la wilaya est envié par
d'autres pays, plus développés. La jeunesse de la wilaya est en train de
faire le bonheur de l'Occident. C'est pourquoi le président du FCE qui lançait
avant-hier un appel à la diaspora a bien fait de s'appuyer sur les Algériens
résidant
à
l'étranger.
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Cette catégorie pourrait en effet apporter l'expertise nécessaire et investir
aussi dans leur pays d'origine. Pour ce faire, l'Etat doit lever tous les
obstacles qui les empêchent de se lancer dans le business dans leur pays.
Enfin, notons que la situation sécuritaire qui avait fait fuir un grand nombre
d'investisseurs durant les deux dernières décennies connaît une nette
amélioration. Un fait qui aidera sans nul doute à asseoir un climat favorable
à de nouveaux investissements dans un proche avenir.
Banque/bourse/Assurance
Matières premières : Les prix en baisse (APS)
Les prix des matières premières sur les marchés internationaux ont
terminé, la semaine dernière, globalement en baisse en raison, notamment
du
raffermissement
de
la
valeur
du
dollar.
Les cours du soja ont augmenté, ceux du maïs ont légèrement avancé et
ceux du blé ont stagné à Chicago la semaine dernière dans un marché
prudent avant, notamment d’importants rapports du gouvernement
américain. Dans l’ensemble, les cours sont dominés par «la perspective de
publications importantes du ministère de l’Agriculture (USDA) jeudi
prochain, a commenté Bill Nelson, de Doane Advisory Services. L’USDA
publiera des chiffres sur les intentions de semis des agriculteurs, que les
investisseurs attendent impatiemment depuis des semaines pour se faire
une idée plus précise de l’offre américaine, et sur l’état trimestriel des
réserves aux Etats-Unis. En attendant, le marché de soja a évolué de la
façon la plus notable lors de la semaine, en montant assez nettement dans
une actualité toujours dominée par l’Amérique latine. Le marché de
l’oléagineux continue à être stimulé par «la situation politique au Brésil»
dont la présidente Dilma Rousseff est visée par une procédure de destitution
par
l’Assemblée,
a
jugé
M.
Nelson.
- Céréales : Les effets positifs des changes sont néanmoins à relativiser
pour les producteurs américains car, à part la situation particulière du réal
qui profite au soja, le dollar s’est dans l’ensemble apprécié cette semaine
et n’a donc pas donné de soutien aux marchés du maïs et du blé. Enfin, les
cours du blé, qui avaient récemment profité des craintes sur les conditions
météorologiques américaines, ont un peu souffert d’un apaisement de ces
inquiétudes. Les perspectives des cultures américaines de blé continuent
tout de même à rendre prudents les investisseurs, car elles viennent de
sortir de dormance et sont donc exposées à toute baisse soudaine de
température. Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en mai, le
contrat le plus actif, a terminé jeudi à 3,7000 dollars, contre 3,6700 dollars
en
fin
de
semaine
précédente
(+
0,82%).
Le boisseau de blé pour mai, également le plus actif, valait 4,6300 dollars
comme précédemment. Le boisseau de soja pour mai, là encore le plus
échangé, coûtait 9,1050 dollars contre 8,9750 dollars précédemment
(+1,45%).
- Café - Sucre - Cacao : Les cours des matières premières alimentaires ont
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été déprimés cette semaine par une remontée du billet vert, mais devraient
rester soutenus à l’avenir par des perspectives de production assombries
par les facteurs climatiques. Le cacao a en outre souffert d’une météo plus
clémente en Afrique de l’ouest, éloignant le spectre d’une production
déficitaire tandis que le café est resté soutenu par des perspectives de
production inférieure à la demande et que le sucre a également continué à
bénéficier
des
attentes
de
déficit.
La montée du dollar pèse habituellement sur ce marché, car elle rend ces
produits, libellés en dollars, plus chers pour les investisseurs munis d’autres
devises. Un repli du billet vert avait d’ailleurs aidé les cours à grimper la
semaine précédente. Au-delà du net rebond du billet vert, les cours du
cacao ont été affectés par un temps pluvieux en Afrique de l’ouest, la
principale région productrice, ce qui a accentué la tendance baissière.
Hormis cette dimension monétaire, le marché du café est marqué par la
perspective d’une production mondiale inférieure à la demande, un facteur
de soutien pour les cours. Pour ce qui est du sucre, outre les facteurs
monétaires, les cours ont subi l’impact cette semaine des pluies tombées
sur les régions productrices brésiliennes et de l’annonce par la Thaïlande
d’une nette hausse de ses exportations en janvier et février.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de Robusta pour livraison en mai valait
1.495 dollars jeudi, contre 1.462 dollars le vendredi précédent. Sur l’ICE
Futures US de New York, la livre d’Arabica pour livraison en mai valait
129,10 cents, contre 134,05 cents, six jours auparavant. A Londres, la
tonne de Sucre blanc pour livraison en mai valait 461,50 dollars, contre 452
dollars le vendredi précédent. A New York, la livre de Sucre brut pour
livraison en mai valait 16,26 cents, contre 16,05 cents six jours auparavant.
Commerce
Logitrans renforce sa flotte (L’Econews)
Le Groupe de transport de la marchandise et de la logistique (LOGITRANS),
projette la construction de quatre espaces logistiques sous forme de
plateforme technique, objet d’une meilleure maitrise des opérations du fret
de la marchandise.
C’est du moins ce dont a parlé Boualem Kini, Pdg de ce groupe lors de son
intervention sur les ondes de la radio national chaîne Une. Ce responsable
explique que le projet comprend la création de plusieurs ports secs et
entrepôts sou-douanes. Il a pour but de renforcer l’activité logistique au
niveau des ports nationaux et permettre aux opérateurs économiques
publics et privés de mieux maîtriser le flux de leurs marchandises, a-t-il
souligné. « C’est une opportunité pour gagner en temps et en argent. Il
est question également du développement de ce secteur et de pousser
l’opérateur national à aller vers l’externalisation de sa logistique ».
Ledit projet, détaille M. Kini, va être préparé en deux parties. « La première
partie consiste en la réalisation de quatre espaces logistiques pilotes.
Destinés pour la formation, ces derniers vont permettre la création
d’environ 1 000 postes de travail directs et 3 000 autres indirects. Ils seront
9
installés au niveau d’Alger, Sétif, Oran, Ouargla et Touggourt. La deuxième
partie, programmée sur le long terme, consiste en la création de 200
espaces logistiques sur un rythme de 200 000 m2 par an, permettra par
ailleurs de créer 3 000 postes d’emplois dont 1 000 indirects».
L’entreprise qui transporte 6 millions de tonnes de marchandises
annuellement, envisage de renforcer sa flotte avec l’acquisition de 100
camions Mercédès (type 4-2/6-4) annuellement, a déclaré M. Kini. D’après
lui, l’activité du transport du groupe est concentré à 90% de au niveau du
Sud algérien notamment pour ce qui est du transport du carburant et de
marchandises. « C’est pour cela, que nous avons procédé, dit-il, au
renforcement de notre flotte au niveau de cette région notamment avec
l’achat de six autres véhicules de dépannages afin de mieux assister les
transporteur au niveau de ce tronçon» conclue-t-il.
Coopération
POUR APPROFONDIR LA CONCERTATION DANS TOUS LES
DOMAINES : Ayrault attendu demain à Alger (L’Expression)
En prévision de la réunion du Comité intergouvernemental, prévue les 9 et
10 avril à Alger, le chef de la diplomatie française aura pour mission de
préparer le terrain et d'examiner toutes les questions de coopération
bilatérale.
La France veut intensifier ses concertations avec l'Algérie. Le ministre
français des Affaires étrangères et du Développement international, JeanMarc Ayrault, se rendra aujourd'hui à Alger, a indiqué hier l'ambassade de
France
à
Alger
dans
un
communiqué
rendu
public.
Sur invitation des autorités algériennes, le chef de la diplomatie française
effectue son premier déplacement en Algérie depuis sa prise de fonction le
11
février
dernier.
«Cette visite s'inscrit dans la continuité des nombreuses visites officielles
françaises et prolonge la visite de travail et d'amitié que le président de la
République avait effectuée en juin 2015 à Alger», précise le communiqué.
Dès sa prise de fonction, Jean-Marc Ayrault s'est entretenu avec son
homologue Ramtane Lamamra, ministre d'État, ministre des Affaires
étrangères et de la Coopération internationale et il s'était engagé à se
rendre en Algérie afin de poursuivre et d'approfondir encore la concertation
exemplaire entre la France et l'Algérie dans le cadre du partenariat
d'exception voulu par les chefs d'Etat français et algérien. Cette visite tombe
10
au
moment
opportun.
En prévision de la réunion du Comité intergouvernemental, prévue les 9 et
10 avril à Alger, le chef de la diplomatie française aura, donc, pour mission
de préparer le terrain et d'examiner toutes les questions de coopération
bilatérale
et
d'intérêt
commun.
Au cours de son séjour, le chef de la diplomatie française aura un
programme chargé de rencontre. L'émissaire de l'Elysée va s'entretenir
avec
plusieurs
hauts
responsables
algériens.
Les entretiens porteront sur les grandes échéances bilatérales des
prochaines
semaines,
en
particulier
la
réunion
du
Comité
intergouvernemental de haut niveau qui sera présidée au mois d'avril par
les Premiers ministres français et algérien et qu'il avait lui-même présidée
en
décembre
2013
à
Alger.
M.Ayrault procédera aussi, avec ses différents interlocuteurs, à un tour
d'horizon des grands dossiers bilatéraux, notamment en matière de
coopération en faveur de la jeunesse. Dans le domaine économique, il
évoquera en particulier les projets destinés à intensifier encore le
partenariat
productif
entre
les
deux
pays.
Le volet sécuritaire ne sera pas ignoré. Devant la conjoncture actuelle
marquée par la recrudescence des attaques terroristes en Europe, la France
cherche
à
renforcer
sa
coopération
avec
l'Algérie.
«Cette visite sera enfin l'occasion d'approfondir la concertation sur les
grandes questions régionales et internationales et de recueillir les vues de
l'Algérie, pays qui joue un rôle majeur pour la stabilité de la zone,
notamment en matière de lutte contre le terrorisme», lit-on dans le
communiqué. Ayrault et Lamamra vont également débattre de la situation
au
Mali,
en
Libye
et
notamment
en
Syrie.
Les deux responsables vont saisir cette occasion pour clarifier et rapprocher
leurs points de vue
Veille
Air Algérie : la filiale maintenance sera opérationnelle en juillet
(APS)
La filiale maintenance de la compagnie Air Algérie, prévue dans le cadre de
son programme de restructuration et de modernisation, sera mise en place
en juillet prochain, a annoncé dimanche le chef de division maintenance et
réparation des aéronefs de la société, Mohamed Salim Zioueche.
11
"La création de cette filiale devrait permettre l'ouverture à l'étranger de la
base de maintenance des aéronefs, reconnue par sa compétence, afin de
capter le marché régional et africain", a indiqué M. Zioueche à la presse lors
d'une visite à la base de maintenance des avions d'Air Algérie.
"Avec la création de cette filiale, il y a de nouvelles perspectives de
développement pour la compagnie en ouvrant ses centres de maintenance
et de réparation aux appareils des compagnies étrangères", a-t-il dit.
La création de la filiale Air Algérie-maintenance sera accompagnée par la
conclusion d'un partenariat avec un constructeur d'aéronefs qui possède la
technologie et des marchés à proposer à Air Algérie, a précisé M. Zioueche,
qui n'a pas voulu dévoilé l'identité de ce constructeur avant la conclusion
de l'accord.
"Nous avons les moyens, les cadres, les techniciens et les pièces
nécessaires alors que le constructeur possède la technologie. A travers ce
partenariat gagnant-gagnant, ce constructeur va former notre personnel et
proposer à la compagnie, par la suite, certains de ses marchés", a-t-il
ajouté.
M. Zioueche a également fait savoir que plusieurs grandes compagnies
aériennes ont émis le voeux d'aider la nouvelle filiale et de devenir son
partenaire en vue de développer davantage l'activité de maintenance où Air
Algérie a déjà réalisé d'importants progrès.
La base actuelle de maintenance d'Air Algérie prend en charge actuellement
la maintenance de toute la flotte de cette compagnie nationale, composée
de 50 avions, ainsi que les flottes de Tassili Airlines, d'Air express (transport
de pétroliers) et de la protection civile.
Elle assure annuellement la maintenance de 250 chantiers d'avions d'Air
Algérie et une vingtaine de chantiers de ces organismes et sociétés à travers
un effectif de 1.250 personnes.
Certifiée par la Direction de l'aviation civile (DAC) et l'Union européenne,
cette base compte, entre autres, un grand hangar d'une capacité de 12
avions, un site de réparation de moteurs, un site d'essais de moteurs
réparés, et des ateliers dédiés notamment à la réparation des équipements
électroniques.
Selon les explications données par plusieurs responsables, cette base
possède de grandes potentialités à l'instar de plusieurs compagnies
internationales, ce qui permet à Air Algérie d'être un acteur important au
niveau régional.
"Air Algérie est parmi les rares compagnies où la totalité de la maintenance
se fait à la maison", a affirmé, dans ce sens, Mohamed Amrouche, sousdirecteur entretien moteurs à la division maintenance et réparation des
aéronefs.
M. Amrouche a précisé que certains constructeurs qui ont visité cette
installation ont proposé de conclure des contrats pour déléguer une partie
de leurs marchés à Air Algérie.
Il a, cependant, relevé des contraintes réglementaires et juridique
entravant le développement de l'activité de maintenance en Algérie.
Il s'agit principalement de la non adaptation du régime douanier à cette
activité qui nécessite l'importation de la totalité des pièces de rechange.
12
La lenteur des procédures constitue aussi un autre facteur qui diminue la
compétitivité de la future filiale appelée à décrocher des marchés
extérieurs, a-t-il noté.
La maintenance des moteurs coûte annuellement entre 50 et 60 millions de
dollars dont 90% pour les pièces de rechanges. La réparation d'un seul
moteur coûte entre 5 et 6 millions de dollars, a expliqué le même cadre
Suppléments économique d’El Watan
Handicapés, cancéreux et personnes atteintes de maladies
chroniques : Années fastes ou crise, le calvaire continue !
En cette période de crise économique, alors que les pouvoirs publics
s’affèrent à étudier les solutions à adopter pour financer le déficit
budgétaire et pour mener à terme les projets les plus urgents de manière
à éviter la colère sociale, des pans entiers de la société s’inquiètent sur
l’impact qu’aura cette conjoncture sur leur situation sociale. Mais aussi sur
la prise en charge de leurs besoins les plus élémentaires en matière de
santé notamment.
En effet, ce sont les couches les plus défavorisées qui affichent leur
appréhension face à un avenir incertain.
Et ce, d’autant que le budget de la solidarité nationale, la famille et la
condition de la femme a baissé de près de 10% cette année, passant de
131,8 milliards de dinars en 2015 à 118, 8 milliards de dinars en 2016.
Déjà lésées durant la période faste qu’a connue le pays entre 2000 et
2010, les catégories démunies sont les premières à payer les frais d’une
crise qui se corse, même si les assurances n’ont pas manqué depuis le début
de la baisse des recettes pétrolières du côté des pouvoirs publics. Les
ministres en charge des secteurs sociaux tiennent à chaque fois à rassurer
que la crise n’affectera pas leurs départements.
C’est le cas de la ministre de la Solidarité nationale, Mme Nouria Meslem,
et du premier responsable de la Santé. Mais les promesses semblent
difficiles à tenir. Résultat : les handicapés, les malades atteints de
pathologies lourdes ou rares et les chômeurs sont les premiers à être
affectés par cette conjoncture économique difficile.
Peur de perdre les maigres acquis des handicapés
13
Mme Atika El Mameri, présidente de la Fédération des associations des
handicapés moteur (FAHM) ne manque pas d’ailleurs d’afficher sa crainte
quant à la dégradation de la situation des handicapés. «Les maigres acquis
que nous avons arrachés sont menacés par la crise qui intervient au
moment où l’on s’attelle à mettre en place une politique dédiée à cette
catégorie de la société», nous dira-t-elle. Et de souligner : «Nous sommes
très inquiets par rapport à la conjoncture économique actuelle.
La politique en direction des personnes handicapées devait être enrichie car
elle n’en est qu’à ses débuts. Tous les dispositifs de services à la personne
que nous proposions de créer : services d’auxiliaire de vie à domicile pour
les personnes dépendantes, services d’auxiliaire de vie scolaire, services de
transport adapté, porte-à-porte, etc. Ces services auraient permis aux
personnes en situation de handicap dépendantes de sortir et mener une vie
sociale pour rompre avec leur marginalisation.
Ce sont aussi des services pourvoyeurs de nombreux emplois.» Mais ce sont
surtout des services coûteux et lourds à supporter dans le contexte actuel.
«Mais nous ne pouvons pas remettre aux calendes grecques ce que nous
attendons depuis quarante ans ! Améliorer la vie des familles qui prennent
en charge des personnes handicapées dépendantes, faciliter à 15% de la
population algérienne la participation à la vie sociale, toutes ces mesures
contribuent à la cohésion et à la paix sociale», noter encore Mme El Mameri
La revalorisation de la pension en attente
Or, le retard est important à ce niveau. Déjà que le Conseil national
supérieur des handicapés annoncé pour le mois de mars 2016 avec comme
objectif l’amélioration des conditions de vie des handicapés tarde à être
lancé officiellement. Idem pour l’augmentation de la pension de 4000 à
8000 DA. «Cette pension devait être revalorisée à hauteur de 8000 DA
mensuels, mais l’aggravation de la situation économique a stoppé cette
augmentation qui était prévue officiellement», notera à ce sujet Mme El
Mameri.
Et à Mme Flora Boubergout, présidente de l’Association de soutien aux
handicapés El Baraka de regretter : «La personne handicapée survit en
s’accrochant avec désespoir au plancher financier que lui accorde
aléatoirement la réglementation», alors que les difficultés sur le terrain sont
de plus importantes. L’augmentation des accidents de la circulation sur nos
routes ne fait que compliquer la situation et augmenter les besoins de cette
catégorie de la société. Ce qui constitue une charge sociale de plus sur les
ressources de l’Etat et des caisses d’assurances sociales et économiques.
Prise en charge aléatoire
Faut-il rappeler dans ce cadre qu’actuellement l’Etat prend en charge les
cotisations CNAS des personnes handicapées sans revenus et sans emploi
pour leur assurer une couverture sociale. Il prend aussi en charge le coût
de la gratuité des transports urbains via des conventions signées par le
ministère de la Solidarité et entreprises de transport de voyageurs privées
et publiques.
Exemple : Air Algérie transporte gratuitement sur les vols domestiques les
personnes handicapées à 100% et leurs accompagnateurs. Mais beaucoup
14
reste à faire pour mettre fin à la triste condition de cette catégorie dont le
recensement est en cours de réalisation. A ce jour, le nombre réel des
handicapés et de leurs besoins, ainsi que les types de handicaps et
structures matérielles et moyens humains indispensables à leur prise en
charge ne sont pas cernés.
Cela pour relever l’absence de données exhaustives sur les personnes aux
besoins spécifiques ni sur les moyens de leur prise en charge. L’exemple
des enfants atteints d’Infirmité motrice cérébrale (IMC), qui souffrent d’un
retard de développement psychomoteur et celui des paraplégiques (en
attente de gratuité des sondes pour l’auto-sondage) sont les plus édifiants,
selon Mme El Mameri qui évoquera le cas d’un père qui éprouve d’énormes
difficultés à prendre en charge son enfant (couches, poussette pour les
déplacements, médicaments…).
Ces enfants nécessitent en effet un accompagnement et un suivi dans des
centres de réadaptation. Ce qui n’est pas disponible de manière équitable à
travers toutes les wilayas. En d’autres termes, une illustration claire des
distorsions régionales dans la prise en charge des handicapés au même titre
que dans d’autres secteurs.
Cancer et maladies orphelines : déficit en formation
L’autre catégorie de la société qui risque d’être lourdement affectée par la
crise est celle des cancéreux. Pour bon nombre d’observateurs, le Plan
cancer pour la période s’étalant de 2016 à 2019 est menacé. Evalué à 179
milliards de DA, ce plan souffre selon les spécialistes d’une insuffisance en
matière de prévision financière sur le long terme.
Aussi, la perte de pouvoir d’achat du budget prévisionnel, les intrants, les
équipements d’oncologie et les médicaments induite par la perte de valeur
du dinar complique la mise en œuvre de ce plan. L’on s’attend ainsi à ce
que le montant de 179 milliards de DA subisse d’ici à 2019 une forte
dépréciation à cause de l’inflation. «Ce qui risque de le rendre caduc»,
avertissent les spécialistes.
Et ce, d’autant que les budgets ne pourraient être augmentés pour
compenser cette perte de valeur. Face à ce risque, du côté des
coordonnateurs dudit plan, l’on plaide essentiellement pour l’investissement
dans la formation et non dans les équipements. «Nous avons besoin
beaucoup plus des former des médecins pour prendre en charge les
malades», nous dira un membre du comité de suivi et d’évaluation dudit
plan. Le Pr Messaoud Zitouni abonde d’ailleurs dans ce sens, plaidant pour
la formation des médecins généralistes eu égard à leur rôle majeur dans la
prise en charge médicale de proximité.
Il n’a pas manqué de déplorer en février dernier le déficit enregistré en la
matière. Et ce, au même titre que les médecins spécialisés dans la prise en
charge d’autres pathologies, à l’image des maladies orphelines.
Pour les économistes de la santé, un effort de formation des praticiens est
impératif surtout que beaucoup de jeunes médecins ne connaissent pas ces
maladies. Les médicaments disponibles sont également rares et très chers
et certains ne sont pas remboursés par l’assurance maladie. Ce que
déplorent les associations dont les craintes augmentent dans la conjoncture
15
actuelle. En Algérie, le nombre de personnes souffrant de ces maladies est
estimé, pour rappel, à 10 000 personnes et sont essentiellement des
enfants (75%).
Seuls le dépistage précoce et l’élaboration d’un programme sanitaire public
spécifique sont conseillés et ouvrent la voie à la budgétisation dans les
établissements publics de santé pour la prise en charge de ces affections.
Or, les conditions financières du pays ne s’y prêtent pas.
Lamri Larbi . Économiste de la santé : «Le Plan cancer est menacé
dans sa composante liée aux inputs importés»
Quel serait l’impact de la crise sur la mise en œuvre du Plan cancer
2015-2019 ?
Le Plan national «Cancer 2015-2019» s’inscrit dans la politique nationale de
santé. De par l’importance prise par cette affection dans la transition
épidémiologique que connaît le pays et de son degré élevé de gravité, elle
s’est imposée comme un problème majeur de santé publique, bénéficiant
d’une priorité nationale, d’où l’objectif politique d’engager une lutte sans
relâche contre cette maladie. Le vieillissement de la population induit par la
transition démographique et le changement rapide du mode de vie sont des
facteurs de risque pour le développement du cancer dont l’incidence est
galopante, passant de 80/100 000 en 1990 à 130/100 000 habitants en
2011, pour se situer aujourd’hui à 150/100 000.
La prise en charge de cette maladie nécessite la mobilisation de budgets
faramineux qui pèsent déjà lourdement sur les ressources de l’Etat, des
organismes de l’assurance-maladie et des ménages.
Ce plan est défini à partir de 8 axes stratégiques portant sur la prévention,
le dépistage, le diagnostic, le traitement, l’orientation et l’accompagnement
du malade, le système d’information, la formation et la recherche et le
renforcement des capacités de financement. Le 8e axe vise justement à
développer les capacités financières pour une prise en charge efficace de
cette maladie.
Avec l’avènement de la crise économico-financière induite par
l’affaissement des cours des hydrocarbures à l’international et donc une
réduction drastique des recettes du pays en devises, se pose ici une
question de fond sur les chances de réussite de ce plan utile pour la santé
de la population.
Le premier effet de cette crise est l’affaiblissement de la valeur du dinar par
rapport
aux
devises
fortes
que
sont
l’euro
et
le
dollar.
16
Par rapport au premier, le dinar a concédé une perte de valeur de 17,2%,
passant de 1 euro pour 105,4 DA en 2013 à 1 euro pour 123,5 DA en 2016.
Par rapport au dollar, la perte de valeur est de 38,5%, passant de 1 dollar
pour 79,4 DA à 1 dollar pour 110 DA en 2016. Cela signifie que les intrants
qui seront importés — les médicaments et les équipements médicotechniques essentiellement — coûteront plus cher et le budget prévu et
alloué lors de l’élaboration de ce plan ne suffira pas pour doter tous les
Centres anti-cancer (CAC) en ces produits.
Pour ceux en construction, les Autorisations de programmes (AP) prévues
dans le plan ne suffiront pas car les intrants, notamment le ciment et les
aciers importés, seront plus chers et les coûts dépasseront les dotations
budgétaires. La crise économico-financière restant persistante, il est difficile
de procéder à des réévaluations des dotations budgétaires initiales.
Probablement, la réalisation de certains CAC sera retardée pour des années
plus propices, ce qui se répercutera sur la santé des malades atteints du
cancer. Si les pouvoirs publics décidaient de réévaluer financièrement ce
plan, cette crise aura également pour répercussion le fait que la politique
de prise en charge du cancer risque de se faire au détriment d’autres
maladies.
Comment vont se faire les arbitrages et sur la base de quelles
logiques sociales et financières ?
Le Plan cancer est menacé dans sa composante liée aux inputs importés
(médicaments, équipements médico-techniques). Faute de ressources
supplémentaires et à cause de la crise, les budgets prévus seront
insuffisants pour réaliser les activités programmées. Les inégalités sociales
vont se creuser davantage et la situation des cancéreux dont le nombre ne
cesse de croître risque de devenir dramatiquement intenable.
C’est à partir de là que les inégalités socio-économiques vont se creuser
profondément : les nantis se soigneront chez les privés locaux et à
l’étranger, et les économiquement faibles décéderont en nombre élevé. La
«fracture sanitaire» algérienne contenue jusqu’à présent ne pourra plus
être évitée
ou
retardée
et
elle
sera
explosive.
Ce processus épidémiologique générant une forte croissance de la
dépense nationale de santé va fatalement impliquer des arbitrages
douloureux au détriment de la santé globale de la population. Qui
va être soigné et quelle maladie est prioritaire ?
Le risque de la «fracture sanitaire et sociale» est plus présent aujourd’hui
et davantage demain qu’il ne l’a été par le passé durant les années fastes
de ressources financières faramineuses.
Les inégalités sanitaires des Algériennes et des Algériens devant la maladie
et la mort vont se creuser profondément. La santé des populations des
catégories sociales économiquement faibles sera sacrifiée suite à la
décrépitude de l’Etat qui n’a pas su construire une économie forte et l’a
confinée aux seuls revenus aléatoires des exportations des hydrocarbures
17
dépendant
de
la
conjoncture
internationale.
Les tendances futures des 3 financeurs de la santé que sont l’Etat, les
organismes en charge de l’assurance-maladie et les ménages laissent
présager des limitations problématiques.
Les ressources de l’Etat seront amenuisées par la baisse des revenus
pétroliers sur lesquels les prélèvements fiscaux sont les plus importants.
Les organismes de l’assurance-maladie savent déjà que leurs équilibres
financiers sont menacés et les récentes mesures de lutte contre l’informel
et les non-déclarations des employeurs et des employés tentent d’y faire
face.
Aussi, les perspectives de la création de nouveaux emplois sont sombres au
vu de la difficile conjoncture économique que vit le pays actuellement et
celle des années à venir car la crise s’est installée durablement. Les
ménages sont également soumis à un affaiblissement de leur pouvoir
d’achat par les fortes impulsions inflationnistes d’aujourd’hui et de celles à
venir contenues dans la loi de finances pour 2016 et pressenties pour les
lois
des
années
à
venir.
Le Plan cancer va connaître d’insoutenables contraintes budgétaires qui
vont se traduire par une baisse de certaines activités du programme
d’action. Que faut-il faire et quoi faire ? Quels sont les chapitres du
programme
qui
nécessitent
de
grands
financements
?
L’axe stratégique n°8 du Plan cancer porte sur le renforcement des
capacités de financement de la prise en charge des cancers. Il se focalise
sur l’optimisation et la rationalisation des ressources financières
disponibles.
Globalement, le Plan cancer devrait mobiliser un budget global de l’ordre de
178,67 milliards DA. Par grande rubrique de dépenses, les budgets estimés
des grands postes de dépenses sont en premier lieu les investissements
matériels et équipements (76,78 MDA), suivis par les médicaments (46,34
MDA) et les dépenses de personnel (43,29 MDA). Les dépenses de
formation, de prévention, de recherche et de maintenance, quasi
équivalentes, sont estimées toutes les trois à 8 MDA. Il faut noter que les
médicaments et les équipements médicaux du cancer sont partout dans le
monde les plus chers par rapport à ceux des autres pathologies.
Comment faire en sorte pour assurer un équilibre régional en
termes de dépenses dédiées à ce programme ?
Sur le plan épidémiologique, le cancer est équilibré régionalement avec
certainement une prévalence un peu plus élevée dans les grands centres
urbains par rapport aux campagnes des Hauts-Plateaux et les régions du
grand
Sud.
Les
nouveaux
cas
sont
estimés
à
50 000 en 2013 et concernent toutes les régions du pays. Par localisation
corporelle, les cancers les plus fréquents sont ceux du sein, du poumon, de
la vessie, le cancer colorectal, de la prostate, de la thyroïde et du col de
l’utérus. Quelques cancers connaissent une stagnation, voire une
diminution, il s’agit de ceux du col de l’utérus, de l’estomac et du
nasopharynx.
18
Si l’on se réfère au nombre et à la localisation des CAC fonctionnels (11
environ) et programmés dans le plan 2015-2019 (13 autres dont 7 qui
seront fonctionnels en 2016), on peut conclure que l’équilibre régional est
relativement assuré.
Aussi, le secteur privé se développe rapidement dans ce segment de soins,
des centres sont déjà fonctionnels et nombreux sont ceux prévus et censés
venir renforcer ceux du secteur public. Il me semble que l’effort à mener
concerne l’adaptation de l’enseignement supérieur aux nouveaux métiers et
le développement de la formation des personnels de toutes les spécialités
ayant un rapport avec le cancer.
Ce renforcement des ressources humaines spécialisées renforcera, par effet
induit, l’équilibre régional. Aussi, un mécanisme d’incitation devrait être
développé au profit des oncologues et autres ingénieurs et techniciens pour
travailler dans les CAC de l’intérieur du pays, mécanisme permettant de
développer
davantage
l’équilibre
régional.
Accord d’association Algérie-UE : Zone de prospérité partagée,
dites-vous ?
A la demande de l’Algérie, certaines dispositions de l’accord d’association,
algéro-européen en vigueur depuis septembre 2005, sont appelées à être
renégociées.
En en y consentant, le partenaire européen qui contrôle, à lui seul, plus des
2/3 des échanges algériens avec le monde, aurait-il fait son mea culpa ?
Car si cet accord a été scellé, c’est bien dans la perspective d’ouvrir le
boulevard des capitaux européens aux entreprises algériennes et les faire
bénéficier des opportunités de placer leurs produits sur les marchés de l’UE.
Or, au final, l’accord n’a réellement profité qu’aux exportateurs de la rive
nord.
Les question que d’aucuns se posent : comment notre pays compte-il s’y
prendre pour se rattraper ? Car plus d’un universitaire spécialiste de la
question économique interrogés estiment incompréhensible l’octroi d’une
baisse de tarification douanière excessivement importante, plus de 30%, au
moment où certains pays asiatiques qui n’ont pas connu de problèmes de
réajustements structurels, mis une quarantaine d’années à s’y préparer, ont
maintenu une tarification à hauteur de 160%, et ce, en dépit de la solidité
de leurs économies.
Ce sacrifice, qui s’est traduit par de lourdes pertes fiscales pour notre pays,
personne ne le lui a demandé, tel que l’a si bien souligné le Pr Youssef
Benabdallah (Université d’Alger).
Certes, même si elle entend corriger ses erreurs, l’Algérie est-elle en
mesure d’obtenir de l’UE les réajustements nécessaires aux fins de la
rationalisation du cadre réglementaire et économique, l’amélioration, à long
terme, de la compétitivité des entreprises algériennes, l’accueil de plus
d’investissements privés européens, hors secteur énergétique et à forte
valeur ajoutée technologique, ainsi que de l’accélération d’un
19
développement, économique et social, durable ? s’interrogent les mêmes
universitaires.
Car, tiennent-ils à rappeler, «personne n’ignore qu’au moment de négocier
ce pacte commercial, il y a près de 15 ans, notre pays était en position de
force, la conjoncture politique et la situation financière de l’époque
plaidaient en sa faveur».
Or, à leurs yeux, aujourd’hui la donne a changé : il est politiquement,
économiquement et financièrement fragilisé, pour ne pas dire vulnérable et
les facteurs qui en sont à l’origine sont connus de tous. Autres dimensions,
autres enjeux : «La décision de revoir l’Accord d’association (AA) risque de
déplaire à certains, mais au-delà de nos frontières, de l’Ouest surtout.
Car elle intervient au moment où les relations entre le Royaume et Bruxelles
sont tendues après la suspension par l’UE, sur décision judiciaire, de l’accord
agricole avec Rabat», pense le Pr Omar Benia, enseignant-chercheur à la
faculté des sciences économiques et de gestion (Université Badji MokhtarAnnaba).
La future renégociation de l’AA constituerait-elle une quelconque menace
pour les intérêts commerciaux marocains ? A en croire notre interlocuteur,
des effets «non désirables», à long terme, cette révision serait susceptible
d’en avoir sur les AA liant l’UE à notre voisin de l’Ouest et pas que : «Le
Maroc bénéficie du statut avancé dans le cadre de l’accord d’association qu’il
a conclu en 1996 et mis en application depuis 2000.
La Tunisie a demandé le statut avancé. L’UE, en 2008, en a accepté le
principe qui sera signé quatre ans plus tard. Devrait y découler un Accord
de libre échange complet et approfondi (ALECA). Entamées en octobre
2015, les négociations se poursuivent toujours», argue le Pr Benia, avant
d’ajouter que «le sursaut à l’export, hors secteur énergétique, que cherche
à atteindre l’Algérie à travers l’accord d’association révisé, risque de faire
perdre au Maroc comme à la Tunisie des parts de marché non négligeables,
notamment dans le segment produits agricoles textiles et même
agroalimentaires.
Personne n’ignore que des produits d’origine algérienne sont exportés vers
l’UE sous des labels tunisiens et marocains (les dattes entre autres). L’élan
attendu des exportations de l’Algérie se fera au détriment des économies
similaires, notamment marocaine et tunisienne».
Quoi qu’il en soit, il est clair que pour l’Algérie comme pour le Maroc et la
Tunisie, ainsi que pour tant d’autres pays arabes, le fruit des partenariats
avec l’UE s’est avéré être très peux juteux : «Le PIB cumulé de l’Algérie, de
la Tunisie, du Maroc, de l’Egypte, du Liban, de la Jordanie et de la Syrie est
proche de celui de la Belgique.
Les parties prenantes ne peuvent risquer de voir les écarts de
développement se muter en fracture géopolitique», souligne, avec dépit, le
Dr Thomas Lagoarde-Segot, professeur d’économie et finance
internationale à Kedge Business School. N’est-ce pas justement dans le
«souci» de réduire ces écarts de développement que l’UE a emprunté la
voie des accords d’association avec la Tunisie - 17 juillet 1995 -, le Maroc 26 février 1996 - et l’Algérie - 22 avril 2002 -, la finalité étant d’intégrer ces
pays dans un réseau paneuropéen de libre-échange ?
20
Dans l’entretien qu’il a bien voulu accorder à El Watan-Economie, ce
chercheur au Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail - LESTCNRS -, dont les travaux sont axés sur les économies émergentes, les crises
financières, l’économie sociale, l’histoire et la philosophie économique,
laisse déduire que le principe «gagnant-gagnant» dans les rapports
commerciaux entre l’UE et ses partenaires du Sud, l’Algérie en particulier,
est un idéal difficile à atteindre et l’instauration d’une zone dite de
prospérité partagée, un mirage : «l’accord d’association, n’a, selon moi, que
peu de chances de stimuler les exportations algériennes vers le continent
européen», tranche le Pr Lagoarde-Segot qui dirige actuellement la revue
Research in International Business and Finance.
Thomas Lagoarde-Segot. Professeur d’économie et finance
internationale à KEDGE Business School et chercheur au LESTCNRS : «L’ouverture de marchés ne produit pas nécessairement
les effets escomptés en termes de bien-être»
L’Algérie et l’UE ont convenu de revoir certaines dispositions de
l’accord d’association qui les lie depuis 2002 car elle a
particulièrement été malmenée par cet accord. La défaillance, de
quel côté la situeriez-vous ?
Tout d’abord, l’expérience indique que l’ouverture de marchés n’a pas
produit les effets escomptés en termes de bien-être pour les pays du Sud.
D’une part, les politiques de libéralisation commerciale ont, en effet,
toujours des aspects imprévisibles.
On pense, par exemple, aux conséquences néfastes de la création de l’Union
douanière en Europe pour les exportations agricoles algériennes –
notamment suite à l’adhésion de la Grèce et de l’Espagne au marché
commun en 1980, ou encore à la disparition du secteur viticole algérien.
L’Algérie était en 1950 le premier exportateur de vin au monde ! Pour des
raisons politiques et religieuses, la consommation locale de vin était très
faible et le marché français était le principal débouché. Mais dès que la
France eut aboli ses barrières commerciales avec les autres pays d’Europe,
les exportations algériennes perdirent leur avantage comparatif.
Quelques années plus tard, une régulation européenne stipula que les
bouteilles produites sur le continent ne devaient pas contenir de vins en
provenance de l’extérieur. Ce fut la fin des exportations viticoles
algériennes…
21
L’intégration commerciale en Europe a donc eu pour dommage collatéral la
disparition d’une filière commerciale rentable pour l’Algérie. Concernant
maintenant l’accord d’association, il n’a, selon moi, que peu de chances de
stimuler les exportations algériennes vers le continent européen, pour au
moins trois raisons.
Premièrement, l’Union européenne accorde des réductions tarifaires à de
très nombreux pays à revenus faibles ou intermédiaires. Certains de ces
pays, qui bénéficient du statut d’«économie vulnérable», ont, par ailleurs,
obtenu des réductions des barrières commerciales plus importantes que
l’Algérie, qui ne bénéficie pas de ce statut.
Dans ce cadre très concurrentiel, l’ouverture du marché européen ne
pourrait bénéficier qu’aux produits algériens qui seraient compétitifs en
termes de qualité et de prix. Malheureusement, les données internationales
indiquent que les entreprises algériennes ne sont pas parvenues à gagner
les faveurs des consommateurs européens.
Il est frappant de constater, par exemple, que l’Algérie est un importateur
net de produits agricoles et de textiles, malgré la part importante de ce
secteur dans l’économie du pays et le savoir-faire national ! Et dans le
même temps, l’accord d’association a permis aux entreprises européennes
d’exporter davantage vers l’Algérie, ce qui implique, du point de vue
algérien, une baisse de la consommation de biens produits par les
entreprises nationales, et une perte de revenus tarifaires pour le
gouvernement.
S’il y a eu une défaillance, c’est donc avant tout celle de la pensée
économique néolibérale qui sous-tend les accords d‘association. Nous
devons nous émanciper des modèles économiques mécanistes qui indiquent
que le libre-échange produit toujours la paix sociale et la prospérité.
Des mesures de coopération – et non simplement la recherche de
complémentarités commerciales – seraient nécessaires pour compenser les
effets négatifs du marché et mettre la Méditerranée sur la voie de la
prospérité partagée. Des solutions au cas par cas doivent être trouvées, en
prenant en compte l’histoire, et sur la base d’un partenariat équilibré et
solidaire.
«La voie de la prospérité partagée», dites-vous, comment la
trouver lorsque les deux partenaires ont, dès le départ, été d’une
grossière mauvaise foi ? Que préconisez-vous comme solution ?
Il ne s’agit pas de revenir à un fonctionnement administré, mais plutôt
reconnaître les défaillances du marché et réencastrer ce dernier dans des
considérations sociétales, tout en favorisant l’émergence d’acteurs
«éthiques» (on pense par exemple au développement du commerce
équitable ou de la finance solidaire). Nous devons substituer à la logique de
la «main invisible» une logique de confiance, de réciprocité et de bien
commun.
Cela implique, côté européen, de traiter de front le problème de la
financiarisation et en orientant une partie de l’épargne privée – qui est très
abondante – vers le Sud tout en l’allouant sur la base de critères non plus
22
exclusivement financiers, mais en prenant en compte, sur un pied d’égalité,
leur impact sociétal.
Une telle stratégie nécessiterait parallèlement, côté algérien, une politique
de soutien à l’entrepreneuriat (notamment social et solidaire), et l’adoption
d’un cadre règlementaire plus stable et transparent. Pour résumer, la
«prospérité partagée» ne pourra provenir de l’égoïsme des acteurs, mais
demandera générosité et confiance réciproque.
Bref, nous avons besoin d’un véritable changement de paradigme.
Il est clair que les résultats du pacte commercial algéro-européen,
en termes de biens, sont asymétriques. Qu’en sera-t-il des services
?
D’autant qu’en la matière, les deux parties avaient convenu que les
négociations se poursuivront après l’accession de l’Algérie à l’OMC, avec
l’effet d’octroyer des préférences particulières à l’Europe pour permettre à
ses entreprises d’accéder à ce secteur. Dans l’intervalle, notre pays devrait
bénéficier de toutes les concessions de l’UE en faveur des pays membres
de l’OMC au titre de l’accord général sur le commerce des services.
Comme je l’ai dit, l’ouverture de marchés ne produit pas nécessairement
les effets escomptés en termes de bien-être. Dans le cas de l’Algérie, la
libéralisation en cours n’a pas produit de diversification économique, mais
a plutôt contribué, par le jeu des avantages comparatifs, à rigidifier les
structures économiques existantes (le poids excessif des hydrocarbures et
les difficultés de la production manufacturière et agricole nationales).
En l’absence d’un engagement politique, d’une vision partagée sur les
enjeux et d’un comportement éthique des acteurs, il n’y a, selon moi, que
peu à attendre de la libéralisation des secteurs de la finance, des transports
ou des télécommunications. Il faut sortir d’une vision mécaniste de
l’économie : les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes
effets. Le cadre institutionnel, les intentionnalités, les rapports de forces
jouent
autant
que
les
«lois
du
marché».
Ce partenariat euro-méditerranéen était censé aboutir à la création,
en 2010, d’une vaste ZLE euro-maghrébine qui devait s’étendre
également aux pays de l’Europe orientale et centrale pour totaliser
une quarantaine de pays et pas moins de 800 millions d’habitants.
Nous sommes en 2016…
Etant donné les conséquences pour le moins ambigües de la libéralisation
commerciale, le retard pris n’est pas nécessairement une mauvaise
nouvelle. Le temps additionnel peut être considéré comme une opportunité
pour s’atteler aux défis de l’économie algérienne : la diversification (les
hydrocarbures représentent 95% des recettes d’exportation), la
transparence, la constitution d’avantages comparatifs (on pense par
exemple à une montée en gamme dans le domaine agricole biologique ou
à la constitution de filières de commerce équitable) et la disparité spatiale
(le développement des zones rurales devant être considéré comme
prioritaire).
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Quel regard portez-vous sur la crise financière consécutive à la
chute des revenus pétroliers dans laquelle se débat, depuis des
mois, l’Algérie ? La politique d’austérité est-elle la solution la mieux
appropriée pour résister aux prolongements de son impact, au
double plan économique et social ? Des marges de manœuvre pour
contourner le recours à l’endettement extérieur, en existe-t-il ?
A court terme, la principale menace pour l’économie algérienne est la baisse
continue du cours du pétrole, qui va réduire les exportations
d’hydrocarbures, décourager l’investissement, ralentir la croissance
économique et réduire les marges de manœuvre fiscales. Dans ce cadre, le
gouvernement fait face à un arbitrage douloureux car il doit choisir entre la
stabilité
sociale
et
l’équilibre
des
comptes
publics.
A court terme, il appartient aux Algériens de choisir entre ces deux
alternatives peu réjouissantes.
Mais, à mon sens, le problème de fond est que l’Algérie a depuis plusieurs
décennies mis tous ses œufs dans le même panier : les réserves en
hydrocarbure. Cette stratégie est contraire aux impératifs mondiaux de
soutenabilité écologique – rappelons que la Méditerranée est en première
ligne face au dérèglement climatique.
Par ailleurs, les revenus tirés de ces réserves sont très exposés aux
fluctuations importantes des cours mondiaux, et donc sujets à de brutales
contractions. Enfin, une part importante des revenus gaziers et pétroliers
sont captés par le gouvernement, ou siphonnés par les investisseurs
étrangers, plutôt que de favoriser le développement des entreprises locales.
Or, la dépendance algérienne aux exportations gazières et pétrolières est
malheureusement accentuée par le Mémorandum avec l’Union européenne,
au détriment, par exemple, du secteur des énergies renouvelables (comme
le solaire). Tout ceci dans un contexte où l’économie algérienne est ralentie
par un accès difficile au crédit bancaire et un cadre réglementaire complexe
et incertain, qui sont autant de freins au développement et à la
diversification économique.
Le développement des petites entreprises, une économie de circuit court,
un entrepreneuriat social axé sur la satisfaction des besoins locaux seraient
autant d’axes prioritaires à développer dans le cadre d’un partenariat
solidaire
avec
l’Europe.
Algérie-UE : La sécurité énergétique de l’Europe comme
préoccupation majeure
Dans la politique énergétique nationale, a, de tout temps, été fort présente
une préoccupation majeure, qui n’est autre que la sécurité énergétique
européenne.
Exprimée de façon explicite ou non, elle figure dans tous les cadres
législatifs instituant les relations des différents Etats de l’Union avec leur
partenaire du Sud, l’Algérie. Pétrole et gaz y étant ainsi les éléments les
plus
prégnants.
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Encore aujourd’hui, plus que jamais, notre pays est «tenu» à veiller à
maintenir «ses robinets ouverts» pour permettre à l’Europe de se mettre à
l’abri d’un quelconque risque de fragilité en termes d’approvisionnement et
de s’assurer des réserves qu’elle pourra mobiliser en cas de disette
énergétique.
D’autant que, à en croire plus d’un analyste et expert dans ce domaine, la
tendance haussière des besoins en gaz naturel de l’UE devrait se poursuivre,
la consommation appelée à s’accroître davantage pour se situer à hauteur
de près de 3% par an en moyenne. Mieux, à l’horizon 2020, la satisfaction
de plus de 80% des besoins européens ne saurait être possible sans le
recours aux marchés extérieurs. L’Algérie, comme d’habitude, en est l’un
des plus en vue : «L’énergie est un domaine prioritaire du partenariat euroméditerranéen, l’Algérie est un partenaire-clé pour l’Union européenne.
Le gaz naturel est un enjeu stratégique pour les deux parties : L’Algérie est
un important fournisseur pour l’Europe, tandis que l’Europe est de loin le
plus grand client de l’Algérie», avait, en effet, insisté Manuel Barroso,
président de la Commission européenne au terme de la cérémonie de
signature, en juillet 2013, d’un Accord de principe entre l’UE et notre pays,
portant sur la coopération dans le domaine du pétrole & gaz.
Avant lui, en mars 2008, Mme B. Ferrero- Waldner, lors d’une visite en
Algérie qui était en pleines négociations d’un mémorandum sur l’énergie
devant déboucher sur un partenariat stratégique avec l’UE, avait souligné
que ce dossier (énergie) «constituait la priorité de l’action diplomatique au
sein de l’Union, que l’Algérie était à la recherche d’un marché stable et l’UE
d’un fournisseur sûr». Autant dire que les débouchés pour nos ressources
énergétiques semble avoir encore de beaux jours devant eux.
Et ce qui serait des plus légitimes à ce titre, c’est de considérer l’Algérie
comme un partenaire «stratégique». N’est-ce pas elle qui possède les plus
grandes réserves de gaz prouvées en Afrique ? Des réserves qui seraient
estimées, selon Omar Benia, enseignant-chercheur à la faculté des sciences
économiques et de gestion (Université Badji Mokhtar-Annaba), à 4600
milliards de m3 dont 80% seraient récupérables, et ce, outre les 1000
autres milliards, environ, considérées comme réserves probables.
Des chiffres devant être revus à la hausse, puisque, argumente notre
interlocuteur, «le sous-sol algérien est sous-exploité, seulement 10 puits
aux 10 000 km2 contre 100 ailleurs». Aussi, d’autres font remarquer que le
gaz algérien est et restera au cœur des convoitises européennes avec ses
grandes infrastructures de transport gazier et sa proximité avec l’Europe du
Sud en l’occurrence. Mais l’interdépendance énergétique principale est liée
au gaz.
Diplomatie gazière
Avec plus de 16 milliards de m3 de GNL exportés annuellement et des
perspectives d’augmentation de 5 milliards de m3 à court terme, notre pays
est actuellement le 3e fournisseur de gaz de l’UE, après la Russie et la
Norvège, représentant 14% des importations et 10% de la consommation
totale. «Compte tenu de ces liens en matière énergétique, de nombreux
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Etats membres ont développé de solides relations bilatérales avec l’Algérie,
plus particulièrement la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal.
Et, avec les réserves de gaz de la mer du Nord qui diminuent
considérablement, un accès garanti au gaz algérien a été identifié comme
une priorité économique et stratégique pour l’UE, ce qui explique pourquoi
notre pays est également omniprésent dans la politique énergétique de
l’UE», analysent nombre de spécialistes nationaux et européens, à l’image
de Algeria solidarity campaign (ASC) - organisation regroupant des
étudiants et des professionnels algériens du secteur énergétique basés à
Londres - et Platform -Association indépendante britannique qui surveille de
très près l’industrie mondiale des hydrocarbures -, co-auteurs de plus
d’un rapport et étude où l’accent est particulièrement mis sur la collusion
de l’UE avec les régimes rentiers et la prééminence de sa devise : «Business
first (Les affaires d’abord)» dans ses «partenariats» asymétriques dans le
Sud.
Mais c’est surtout en Algérie que cette même Europe œuvre à préserver
scrupuleusement les intérêts de ses entreprises intervenant dans les
énergies fossiles. La finalité étant de garder la mainmise sur le gaz. Les
géants européens s’en étaient d’ailleurs emparés dès début 1990 lorsque,
acculé par le FMI et la Banque mondiale à libéraliser son économie, notre
pays avait offert les deux premiers gros contrats gaziers aux britannique BP
et français Total : d’une valeur se montant à 3 milliards de dollars, le contrat
conclu avec BP en décembre 1995 permettait à cette compagnie d’exploiter
des gisements de gaz à In Salah pendant une période de 30 années.
En janvier de la même année, Total bénéficiera d’un contrat quasi similaire
s’élevant à 1,5 milliard de dollars. Fut alors mis en service, en novembre
1996, le nouveau gazoduc Maghreb-Europe d’où sera acheminé, via
l’Espagne et le Portugal, le gaz algérien à destination de l’Europe. Toujours
en appétit féroce pour nos ressources naturelles stratégiques, cette
dernière a, désormais, d’autres visées sur autre chose : le gaz de schiste
qui risque, lui aussi, de déchaîner les passions et provoquer une nouvelle
guerre d’influence.
En effet, selon une étude sponsorisée par la US Energy and Information
Administration, depuis avril 2011, l’Algérie a 231 billions de pieds cubes
(6440 milliards de mètres cubes), techniquement récupérables. Une
révision à la hausse de ces ressources a été effectuée récemment par le
département américain de l’Energie, suggérant un chiffre plus élevé, soit
707 billions de pieds cubes (19 800 milliards de m3). Ce qui place notre
pays au 3e rang mondial des plus grands détenteurs de gisements de gaz
de schiste récupérable après la Chine et l’Argentine.
En 2011, l’Italien ENI et la compagnie nationale Sonatrach avaient signé un
accord de coopération pour extraire les ressources non conventionnelles,
en particulier celle du gaz de schiste. Shell et Exxon Mobil ne sont pas en
reste. Elles aussi seraient en pourparlers avec Sonatrach.
Or, à l’instar du gaz conventionnel, la découverte du schiste est perçue par
nombre d’économistes comme une bénédiction, mais aussi une malédiction.
Bien qu’elle apparaisse comme une solution de rechange pour faire face à
la menace d’épuisement des hydrocarbures conventionnels qui se dessine,
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«il y a un grand risque que l’espoir placé en l’option du développement des
exportations d’hydrocarbures non conventionnels à partir de l’exploitation
des réserves du gaz de schiste dans le Sahara algérien soit déçu, et ce,
même si les dangers écologiques s’avéraient maîtrisables», tranche,
d’emblée, le politologue et économiste allemand Hartmut Elsenhans, très
bon observateur et connaisseur des économies rentières comme l’Algérie.
Pour argumenter son scepticisme, pour ne pas dire son pessimisme, cet
éminent professeur de sciences politiques - Université Leipzig, Allemagne mettra en avant le risque que ce produit puisse constituer une nouvelle
rente dont profiteront, encore une fois, les privilégiés : «Beaucoup de pays
ont bénéficié de richesses naturelles pour leur industrialisation, dont
d’abord l’Angleterre, si riche en charbon.
Mais les richesses naturelles y étaient utilisées pour créer une industrie
compétitive, qui, du fait de la disponibilité de ressources naturelles, pouvait
conquérir des marchés à l’extérieur et élargir les marchés internes à cause
des revenus de masse qu’elle assurait. La richesse naturelle des Etats-Unis
a contribué à des revenus ruraux importants, qui constituèrent des marchés
pour l’industrie locale.
Le même lien entre richesses naturelles et revenus de masse existait au
Canada, en Australie, et en Nouvelle-Zélande», explique-t-il dans un
document intitulé « Algérie et énergie ou les tribulations de l’Etat rentier
dont il a transmis une copie à El Watan Economie.
Or, «une richesse comparable au Brésil ne conduisit pas au développement
pendant le XIXe siècle justement parce qu’elle était transformée en une
rente pour les privilégiés. Si les ressources naturelles conduisent à la
création de rentes, ceux qui sont au contrôle de ces rentes ne sont plus
exposés au fouet de la compétition», tient à souligner le Pr Elsenhans,
auteur de plusieurs ouvrages sur les rapports Nord-Sud et les stratégies de
développement dont beaucoup ont été publiés, notamment en Algérie.
Quid du gaz de schiste et du solaire ?
Une autre pierre d’achoppement que notre source a tenu à évoquer : le coût
de production dont sont tributaires les objectifs attendus de l’exploitation
et l’exportation du gaz de schiste. Car, aux yeux du Pr Elsenhans, bien que
les conclusions de plusieurs analyses «très sérieuses» du coût de revient du
gaz à partir des schistes algériens par rapport aux schistes de l’Amérique
du Nord n’aient pas été dévoilées, «le prix de ces hydrocarbures non
conventionnels sera élevé, en Algérie comme partout dans le monde. Il n’y
a pas de différences de coûts de production entre l’Algérie et le reste du
monde qui permettraient l’appropriation d’une rente différentielle».
Mais une chose est sûre, ce sont les producteurs de technologies spécifiques
à cette filière qui pourraient, une fois encore, en tirer profit : «Les prix
élevés constituent un revenu pour les producteurs des technologies
nouvelles appliquées à la production de ces hydrocarbures, au
développement desquelles l’Algérie n’a pas pris part et ne peut pas espérer
prendre part si elle veut être compétitive au niveau des coûts.
Mais la productivité de l’Algérie pour ces hydrocarbures correspondra à la
moyenne internationale, ce qui ferait que ses retards de productivité soient
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ici les plus bas», estime l’universitaire que l’on associe au développement
de l’Algérie car ayant à son actif une étude exhaustive sur la petite industrie
avec le ministère de la Planification durant les années 1980.
Et comme d’habitude, l’Algérie se spécialisera dans le domaine des
hydrocarbures produits avec très peu de travail algérien : «…ni la demande
d’avant-produits ni les salaires payés dans cette filière ne dynamiseront
l’industrie locale. L’Algérie vendra ses hydrocarbures non conventionnels
sans obtenir de rente, ni une augmentation considérable de l’emploi en
amont de la chaîne». Pis, prévient le Pr Elsenhans, elle s’exposera au risque
de la détérioration massive de l’environnement dans des régions entières.
L’Europe a, par ailleurs, une ambition, celle d’étendre son actuel
«accaparement du gaz» vers les ressources algériennes d’énergies
renouvelables, notamment l’énergie solaire. Londres serait déjà à pied
d’œuvre. D’après ASC/Platform, l’ex-ambassadeur en Algérie, Martyn
Roper, était d’ailleurs très actif dans ce domaine depuis sa nomination, en
décembre 2010, dans notre pays qu’il quittera en mai 2014.
C’est là l’efficacité de la «diplomatie de l’énergie» du Royaume-Uni et de
toute l’Europe dans le contrôle des ressources stratégiques nationales qui
prend toute sa dimension. Et on est bien parti pour une ruée vers le solaire
et elle se profile à l’horizon.
De par sa situation géographique et l’immensité de son désert, l’Algérie
dispose d’un des plus grands gisements solaires au monde, une manne
équivalant à 60 fois les besoins en énergie solaire de l’Europe de l’Ouest :
«Il faut savoir qu’en Algérie, la durée d’ensoleillement est de 2650
heures/an dans les villes côtières - 4% de la superficie totale du pays -,
3000 h/an dans les Hauts-Plateaux -10% de la superficie du pays - et 3500
h/an dans le Sahara - 86% de la superficie du pays», détaille le Pr Benia.
«Une richesse inouïe en énergie propre, inépuisable et peu coûteuse que
l’Algérie projette d’exploiter à l’échelle industrielle, pour les besoins internes
d’abord, puis l’exportation vers l’Europe», indique le même universitaire.
Les premiers projets expérimentaux ont été lancés dès 1990 et ont permis,
à ce jour, d’alimenter en électricité une vingtaine de petits villages du Sud,
apprend-il encore. Mais, «le projet le plus intéressant consiste en la
réalisation d’un câble électrique de 3000 km qui reliera l’Algérie (Adrar) à
l’Allemagne (Aachen, Aix-La-Chapelle), via l’Italie et la Suisse.
Cette annonce a été faite lors de la visite du Président allemand en Algérie,
en novembre 2007». D’un montant de 2 milliards d’euros pour le câble et
10 à 18 milliards pour les centrales solaires, ce projet devrait acheminer
6000 Mégawatts d’énergie électrique, soit 10% des besoins de l’Allemagne.
Il sera réalisé conjointement par les deux pays.
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