Les titres de film : Économie et évolution du titre de film français
Transcription
Les titres de film : Économie et évolution du titre de film français
Les titres de film : Économie et évolution du titre de film français depuis 1968 Noëlle Rouxel-Cubberly La littérarité du titre de film La littérarité : une propriété spécifique d’une œuvre littéraire On voit cette propriété dans une pratique sociale, esthétique et méta-représentationnelle La dimension sociale Le titre de film permet un échange social de valeurs (partagés et dissonantes) Le titre de film permet l’échange de connaissances et de références sociales Marius et Jeannette (Robert Guédigan, 1996): « Tout français déchiffre immanquablement dans les trois mots du titre Marius et Jeannette le Sud et le milieu modeste qui constituent la toile de fond de ce film » (p.21). Les titres reflètent la situation sociale de l’époque: À la fin des années 1950 et au début des années 60 on voir l’argot dans les titres de film qui montre la rébellion contre la France gaulliste avec des titres comme : Le Cave se rebiffe (Gilles Grangier, 1961), Les Barbouzes (Georges Lautner, 1964), Les Tontons flingueurs (Georges Lautner, 1963) * Le cave se rebiffe: Robert Mideau, qui est le « cave » (un être ordinaire), se rebelle contre les codes du milieu Quand on choisit un titre de film, on doit considérer l’opinion du réalisateur, du scénariste, du producteur, du distributeur et aussi le public Le titre de film « invite la société à imaginer, explorer et repenser les mots, à se projeter et à déduire et à anticiper » (p.22). La dimension esthétique Les procédés stylistiques comme l’image, la graphie, le son, les mots sont considérés pour fabriquer un titre de film. Méta-littérarité Le titre est un métareflet : une représentation d’une présentation Les mots sont évocateurs d’images *Le Quai Des Brumes: évoque l’image du Port du Havre en Normandie, brume: évoque le mystère d’amour *Le Corbeau: association avec le malheur, on dit que si un corbeau passe, cela porte malheur Titre cinématographique/titre littéraire : des caractéristiques communes Les titres de film reprennent le nom du héros : comme dans la littérature *Madame Bovary (Jean Renoir, 1933), Thérèse Raquin (Jaques Feyder, 1927). La description de l’intrigue *La Séparation (Christian Vincent, 1994) Le commencement de la littérature enfantine *Il était une fois Jean-Sébastien Bach (Jean-Louis Guillermou, 2002), Il était une fois dans l’Oise (Christophe Morin, 1999) Le titre prend le même nom que l’œuvre *Le Quai des brumes (Marcel Carné, 1938) La titrologie filmique Fonctions du titre de film Fonction métaphorique Fin août début septembre : illustration du passage de la jeunesse à l’âge adulte. Fonction conative (comment attirer le spectateur) : * Le titre doit interpeller le public (pour des raisons économiques aussi) * La publicité du film essaie parfois de s’adresser directement au public (l’emploi des pronoms) Nous sommes tous des assassins (André Cayatte, 1952) Tu seras mon fils (Gilles Legrand, 2011) La dimension ekphrastique du titre de film Ekphrasis : la description. S’applique particulièrement à la description verbale soignée d’un objet visuel. Avec le titre, on fait penser les spectateurs des mini-films mentaux de ce qui pourrait passer dans le film (provoque leur imagination) *Ascenseur pour l'échafaud (Louis Malle, 1957): L’échafaud: évoque l’idée d’un crime. On imagine qu’un ascenseur mène le personnage à son destin. L’ascenseur emprisonne Julien et le mène à « l’échafaud ». La nature intermédiale du titre de film Mouvement ekphrastique redoublé : nous fait voir une époque *Les 400 coups (François Truffaut, 1958) représente le vent de rébellion des années 1960, et on voit aussi la réalité de l’époque *Dans les années 1970, on montre une société libéré : La Maman et la putain (Jean Eustache, 1972)– les idées controversées sont exposées ouvertement Plaisir de la création de l’évocation : l’identité Avec le titre, les producteurs et réalisateurs espèrent « renvoyer aux yeux du spectateur ce dont il est fait, quel que soit son sexe, son âge, son appartenance ethnique ou culturelle » (p.89). *pour rassembler le plus de spectateurs possibles dans un public donné (adultes, adolescents, intellectuels) *encore une raison économique D’ailleurs Derrida (Safaa Fathy, 1999) Brice de Nice (James Huth, 2004) La Question Qu’est-ce que le titre Le fabuleux destin d’Amélie Poulain évoque pour vous? Qu’est-ce que vous anticipez?
Documents pareils
"Le 7" Tout le monde parle Audiard
"Le 7" Tout le monde parle Audiard
Sélection de films à emprunter et projection publique à la bibliothèque Louis Aragon le 7 de chaque mois, en octobre et en
novembre, pour retrouver l'humour et l'...