Virus de l`hépatite E

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Virus de l`hépatite E
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Virus de l'hépatite E
Quoique peu courante dans les régions à revenu élevé comme l'Australie, l'Amérique du Nord et l'Europe occidentale,
il semble que l'infection par le virus de l'hépatite E (VEH) soit en voie d'émergence dans ces régions. Le VEH est déjà
relativement courant dans des régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique centrale. Dans ces parties de la planète, les
gens contractent souvent le VEH lorsque les systèmes d'approvisionnement en eau potable sont contaminés par
des eaux d'égout. L'infection au VEH peut être asymptomatique ou caractérisée par des symptômes sévères
d'hépatite virale, comme les suivants :
fièvre
frissons
jaunissement de la peau et du blanc des yeux
urine foncée
perte de l'appétit
nausée
vomissements
douleur abdominale
douleur musculaire, osseuse ou articulaire
maux de tête
Dans les pays à revenu élevé, on a fait le lien entre des cas de VEH et la consommation de produits insuffisamment
cuits provenant de certains animaux, dont les suivants :
cochon (y compris le foie de porc et les saucisses)
sanglier
cerf
(Ken Sherman, MD, University of Cincinnati College of Medicine, communiqué personnel )
Un voyage récent dans une région où l'infection au VEH est relativement courante peut être une autre source
d'exposition à ce virus.
La majorité des cas de VEH disparaissent sans qu'une intervention soit nécessaire. Dans des cas rares, un
traitement s'est avéré nécessaire, et des personnes auraient guéri grâce à la prise de l'antiviral à large spectre
ribavirine, avec ou sans interféron-alpha.
Dans la majorité des cas signalés dans les pays à revenu élevé, le virus ne semble pas causer de maladie chronique
susceptible de causer des dommages au foie. Cependant, au cours de la dernière décennie, des équipes de
recherche d'Europe occidentale ont observé des cas multiples d'infection au VEH parmi des personnes dont le
système immunitaire était affaibli à cause d'un cancer ou d'une greffe d'organe. Dans ces cas particuliers, le foie des
patients touchés a subi des dommages.
À la lumière des cas mentionnés ci-dessus, d'autres équipes de recherche s'inquiètent de voir les personnes
séropositives, dont l'immunité est affaiblie par le VIH, courir des risques accrus d'infection par le VEH et de lésions
hépatiques subséquentes. Nous résumons ci-dessous les données de plusieurs études menées par ces autres
équipes.
Royaume-Uni
Une équipe travaillant dans les villes de Truro et de Bristol, dans le sud de l'Angleterre, a analysé les échantillons de
sang de 138 personnes séropositives et 463 personnes séronégatives pour détecter des anticorps contre le
VEH — la présence de tels anticorps indique une exposition au virus. Ils ont également effectué des tests PCR
(réaction en chaîne de la polymérase) pour détecter la présence de matériel génétique du VEH (indice d'une infection
active à l'hépatite E). L'équipe n'a constaté aucune différence entre les deux populations étudiées quant aux taux
d'exposition au VEH. De plus, aucune personne séropositive ne souffrait d'une infection chronique au VEH.
France
Une grande équipe de chercheurs œuvrant dans le nord et le sud de la France — Hyères, Maison-Alfort, Marseille,
Pau, Paris et Toulon — a mené une étude auprès de 245 personnes séropositives. À l'aide de tests de dépistage des
anticorps et d'épreuves PCR, des techniciens ont déterminé qu'environ 3 % de la population du nord de la France
avaient été exposés au VEH dans le passé, comparativement à 9 % des personnes vivant dans le sud du pays.
Aucun cas d'infection chronique au VEH n'a été détecté parmi les personnes séropositives.
Suisse
Des chercheurs suisses ont effectué un dépistage du VEH auprès de 735 personnes séropositives présentant des
taux d'ALT élevés inexpliqués. Ils ont trouvé qu'environ 3 % des personnes avaient été exposées à ce virus. Aucune
des personnes inscrites à cette étude n'avait l'hépatite B ou C chronique. Un seul patient avait l'infection chronique
au VEH; celle-ci a duré 24 mois pendant que son compte de CD4+ était faible (moins de 100 cellules). Quand ce
patient a commencé une multithérapie et que son compte de CD4+ a augmenté, il s'est remis de l'infection au VEH.
États-Unis
Un consortium de chercheurs médicaux militaires des États-Unis a mené une étude pour déterminer la prévalence
de l'infection au VEH parmi les personnes séropositives. Les chercheurs ont analysé des échantillons de sang qui
avaient été prélevés et entreposés entre 1985 et 2009. Les taux d'ALT (alanine aminotransférase) dans le sang des
personnes en question étaient au moins cinq fois plus élevés que la limite supérieure de la normale. Mentionnons
qu'une telle élévation du taux d'ALT laisse soupçonner la présence de dommages au foie, dommages comme ceux
causés par une infection virale de cet organe. Ayant examiné les dossiers médicaux de 4 410 personnes
séropositives, les chercheurs ont retrouvé 194 échantillons de sang qu'ils pouvaient soumettre à des tests de
dépistage du VEH. En tout, les tests ont révélé que 13 personnes avaient été exposées au VEH.
Aucune augmentation du nombre d'infections par le VEH ne s'est produite entre 1985 et 2009. En général, les
personnes exposées au VEH n'avaient pas de caractéristiques qui les distinguaient des personnes n'ayant subi
aucune exposition au virus, à une exception près : elles tendaient à avoir une charge virale plus élevée en VIH que
les personnes qui n'avaient pas été exposées au VEH. Aucune des 13 personnes exposées au VEH n'a développé
l'infection chronique au VEH.
L'ensemble des résultats de ces études porte à croire que le VEH n'est pas plus courant chez les personnes vivant
avec le VIH.
Soupçons à l'égard du VEH
Plusieurs des équipes mentionnées ci-dessus, dont l'américaine, ont proposé qu'un diagnostic d'infection au VEH soit
envisagé pour les personnes ayant des symptômes ou des résultats de laboratoire laissant soupçonner une
« hépatite d'apparence virale ». Comme le test d'anticorps peut donner un résultat négatif malgré une infection
persistante au VEH, l'équipe américaine recommande le recours à un test PCR pour déterminer le statut VEH des
personnes séropositives, surtout celles ayant un faible compte de CD4+. Elle laisse aussi entendre que les
personnes séropositives sous multithérapie seraient plus susceptibles de guérir du VEH, mais cette hypothèse doit
être prouvée par une étude.
D'autres études générales sur le VEH se poursuivent sous la direction des Centers for Disease Control and
Prevention (CDC) et des scientifiques d'Europe occidentale.
— Sean R. Hosein
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