Virus de l`hépatite E
Transcription
Virus de l`hépatite E
From TraitementSida 188 Virus de l'hépatite E Quoique peu courante dans les régions à revenu élevé comme l'Australie, l'Amérique du Nord et l'Europe occidentale, il semble que l'infection par le virus de l'hépatite E (VEH) soit en voie d'émergence dans ces régions. Le VEH est déjà relativement courant dans des régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique centrale. Dans ces parties de la planète, les gens contractent souvent le VEH lorsque les systèmes d'approvisionnement en eau potable sont contaminés par des eaux d'égout. L'infection au VEH peut être asymptomatique ou caractérisée par des symptômes sévères d'hépatite virale, comme les suivants : fièvre frissons jaunissement de la peau et du blanc des yeux urine foncée perte de l'appétit nausée vomissements douleur abdominale douleur musculaire, osseuse ou articulaire maux de tête Dans les pays à revenu élevé, on a fait le lien entre des cas de VEH et la consommation de produits insuffisamment cuits provenant de certains animaux, dont les suivants : cochon (y compris le foie de porc et les saucisses) sanglier cerf (Ken Sherman, MD, University of Cincinnati College of Medicine, communiqué personnel ) Un voyage récent dans une région où l'infection au VEH est relativement courante peut être une autre source d'exposition à ce virus. La majorité des cas de VEH disparaissent sans qu'une intervention soit nécessaire. Dans des cas rares, un traitement s'est avéré nécessaire, et des personnes auraient guéri grâce à la prise de l'antiviral à large spectre ribavirine, avec ou sans interféron-alpha. Dans la majorité des cas signalés dans les pays à revenu élevé, le virus ne semble pas causer de maladie chronique susceptible de causer des dommages au foie. Cependant, au cours de la dernière décennie, des équipes de recherche d'Europe occidentale ont observé des cas multiples d'infection au VEH parmi des personnes dont le système immunitaire était affaibli à cause d'un cancer ou d'une greffe d'organe. Dans ces cas particuliers, le foie des patients touchés a subi des dommages. À la lumière des cas mentionnés ci-dessus, d'autres équipes de recherche s'inquiètent de voir les personnes séropositives, dont l'immunité est affaiblie par le VIH, courir des risques accrus d'infection par le VEH et de lésions hépatiques subséquentes. Nous résumons ci-dessous les données de plusieurs études menées par ces autres équipes. Royaume-Uni Une équipe travaillant dans les villes de Truro et de Bristol, dans le sud de l'Angleterre, a analysé les échantillons de sang de 138 personnes séropositives et 463 personnes séronégatives pour détecter des anticorps contre le VEH — la présence de tels anticorps indique une exposition au virus. Ils ont également effectué des tests PCR (réaction en chaîne de la polymérase) pour détecter la présence de matériel génétique du VEH (indice d'une infection active à l'hépatite E). L'équipe n'a constaté aucune différence entre les deux populations étudiées quant aux taux d'exposition au VEH. De plus, aucune personne séropositive ne souffrait d'une infection chronique au VEH. France Une grande équipe de chercheurs œuvrant dans le nord et le sud de la France — Hyères, Maison-Alfort, Marseille, Pau, Paris et Toulon — a mené une étude auprès de 245 personnes séropositives. À l'aide de tests de dépistage des anticorps et d'épreuves PCR, des techniciens ont déterminé qu'environ 3 % de la population du nord de la France avaient été exposés au VEH dans le passé, comparativement à 9 % des personnes vivant dans le sud du pays. Aucun cas d'infection chronique au VEH n'a été détecté parmi les personnes séropositives. Suisse Des chercheurs suisses ont effectué un dépistage du VEH auprès de 735 personnes séropositives présentant des taux d'ALT élevés inexpliqués. Ils ont trouvé qu'environ 3 % des personnes avaient été exposées à ce virus. Aucune des personnes inscrites à cette étude n'avait l'hépatite B ou C chronique. Un seul patient avait l'infection chronique au VEH; celle-ci a duré 24 mois pendant que son compte de CD4+ était faible (moins de 100 cellules). Quand ce patient a commencé une multithérapie et que son compte de CD4+ a augmenté, il s'est remis de l'infection au VEH. États-Unis Un consortium de chercheurs médicaux militaires des États-Unis a mené une étude pour déterminer la prévalence de l'infection au VEH parmi les personnes séropositives. Les chercheurs ont analysé des échantillons de sang qui avaient été prélevés et entreposés entre 1985 et 2009. Les taux d'ALT (alanine aminotransférase) dans le sang des personnes en question étaient au moins cinq fois plus élevés que la limite supérieure de la normale. Mentionnons qu'une telle élévation du taux d'ALT laisse soupçonner la présence de dommages au foie, dommages comme ceux causés par une infection virale de cet organe. Ayant examiné les dossiers médicaux de 4 410 personnes séropositives, les chercheurs ont retrouvé 194 échantillons de sang qu'ils pouvaient soumettre à des tests de dépistage du VEH. En tout, les tests ont révélé que 13 personnes avaient été exposées au VEH. Aucune augmentation du nombre d'infections par le VEH ne s'est produite entre 1985 et 2009. En général, les personnes exposées au VEH n'avaient pas de caractéristiques qui les distinguaient des personnes n'ayant subi aucune exposition au virus, à une exception près : elles tendaient à avoir une charge virale plus élevée en VIH que les personnes qui n'avaient pas été exposées au VEH. Aucune des 13 personnes exposées au VEH n'a développé l'infection chronique au VEH. L'ensemble des résultats de ces études porte à croire que le VEH n'est pas plus courant chez les personnes vivant avec le VIH. Soupçons à l'égard du VEH Plusieurs des équipes mentionnées ci-dessus, dont l'américaine, ont proposé qu'un diagnostic d'infection au VEH soit envisagé pour les personnes ayant des symptômes ou des résultats de laboratoire laissant soupçonner une « hépatite d'apparence virale ». Comme le test d'anticorps peut donner un résultat négatif malgré une infection persistante au VEH, l'équipe américaine recommande le recours à un test PCR pour déterminer le statut VEH des personnes séropositives, surtout celles ayant un faible compte de CD4+. Elle laisse aussi entendre que les personnes séropositives sous multithérapie seraient plus susceptibles de guérir du VEH, mais cette hypothèse doit être prouvée par une étude. D'autres études générales sur le VEH se poursuivent sous la direction des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et des scientifiques d'Europe occidentale. — Sean R. Hosein RÉFÉRENCES : 1. Davern TJ, Chalasani N, Fontana RJ, et al. Acute hepatitis E infection accounts for some cases of suspected drug-induced liver injury. Gastroenterology . 2011 Nov;141(5):1665-72.e1-9. 2. Kamar N, Garrouste C, Haagsma EB, et al. Factors associated with chronic hepatitis in patients with hepatitis E virus infection who have received solid organ transplants. Gastroenterology . 2011 May;140(5):1481-9. 3. Pavio N, Mansuy JM. Hepatitis E in high-income countries. Current Opinion in Infectious Diseases . 2010 Oct;23(5):521-7. 4. Torresi J, Johnson D. Hepatitis a and e infection in international travellers. Current Infectious Disease Reports. 2011 Jun;13(3):248-55. 5. Keane F, Gompels M, Bendall R, Drayton R, et al. Hepatitis E virus coinfection in patients with HIV infection. HIV Medicine . 2012 Jan;13(1):83-8. 6. Renou C, Lafeuillade A, Cadranel JF, et al. Hepatitis E virus in HIV-infected patients. AIDS . 2010 Jun 19;24(10):1493-9. 7. Jardi R, Crespo M, Homs M, et al. HIV, HEV and cirrhosis: evidence of a possible link from eastern Spain. HIV Medicine . 2012; in press . 8. Kenfak-Foguena A, Schöni-Affolter F, Bürgisser P, et al. Hepatitis E virus seroprevalence and chronic infections in patients with HIV, Switzerland. Emerging Infectious Diseases . 2011 Jun;17(6):1074-8. 9. Boadella M, Casas M, Martín M, et al. Seroprevalence Evolution of Selected Pathogens in Iberian Wild Boar. Transboundary and Emerging Diseases . 2012; in press . 10. Rolfe KJ, Curran MD, Mangrolia N, et al. First case of genotype 4 human hepatitis E virus infection acquired in India. Journal of Clinical Virology . 2010 May;48(1):58-61. 11. Crum-Cianflone NF, Curry J, Drobeniuc J, et al. Hepatitis E Virus Infection in HIV-infected Persons. Emerging Infectious Diseases . 2012 Mar;18(3):502-506. 12. Suneetha PV, Pischke S, Schlaphoff V, et al. Hepatitis E virus (HEV)-specific T-cell responses are associated with control of HEV infection. Hepatology . 2012 Mar;55(3):695-708. 13. Kamar N, Bendall RP, Peron JM, et al. Hepatitis E virus and neurologic disorders. Emerging Infectious Diseases. 2011 Feb;17(2):173-9. 14. Kamar N, Rostaing L, Abravanel F, et al. Ribavirin therapy inhibits viral replication on patients with chronic hepatitis e virus infection. Gastroenterology . 2010 Nov;139(5):1612-8. 15. Mallet V, Nicand E, Sultanik P, et al. Brief communication: case reports of ribavirin treatment for chronic hepatitis E. Annals of Internal Medicine . 2010 Jul 20;153(2):85-9. Produit par: 555, rue Richmond Ouest, Bureau 505, boîte 1104 Toronto (Ontario) M5V 3B1 Canada téléphone : 416.203.7122 sans frais : 1.800.263.1638 télécopieur : 416.203.8284 site Web : www.catie.ca numéro d’organisme de bienfaisance : 13225 8740 RR Déni de responsabilité Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et à l’hépatite C et des traitements en question. CATIE fournit des ressources d’information aux personnes vivant avec le VIH et/ou l’hépatite C qui, en collaboration avec leurs prestataires de soins, désirent prendre en mains leurs soins de santé. Les renseignements produits ou diffusés par CATIE ou auxquels CATIE permet l’accès ne doivent toutefois pas être considérés comme des conseils médicaux. Nous ne recommandons ni n’appuyons aucun traitement en particulier et nous encourageons nos utilisateurs à consulter autant de ressources que possible. Nous encourageons vivement nos utilisateurs à consulter un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) avant de prendre toute décision d’ordre médical ou d’utiliser un traitement, quel qu’il soit. CATIE s’efforce d’offrir l’information la plus à jour et la plus précise au moment de mettre sous presse. Cependant, l’information change et nous encourageons les utilisateurs à s’assurer qu’ils ont l’information la plus récente. Toute personne mettant en application seulement ces renseignements le fait à ses propres risques. Ni CATIE ni aucun de ses partenaires ou bailleurs de fonds, ni leurs personnels, directeurs, agents ou bénévoles n’assument aucune responsabilité des dommages susceptibles de résulter de l’usage de ces renseignements. Les opinions exprimées dans le présent document ou dans tout document publié ou diffusé par CATIE ou auquel CATIE permet l’accès ne reflètent pas nécessairement les politiques ou les opinions de CATIE ni de ses partenaires ou bailleurs de fonds. L’information sur l’usage plus sécuritaire de drogues est offerte comme service de santé publique pour aider les personnes à prendre de meilleures décisions de santé et ainsi réduire la propagation du VIH, de l’hépatite virale et de toute autre infection. Cette information n’a pas pour but d’encourager ni de promouvoir l’utilisation ou la possession de drogues illégales. La permission de reproduire Ce document est protégé par le droit d’auteur. Il peut être réimprimé et distribué dans son intégralité à des fins non commerciales sans permission, mais toute modification de son contenu doit être autorisée. Le message suivant doit apparaître sur toute réimpression de ce document : Ces renseignements ont été fournis par CATIE (le Réseau canadien d’info-traitements sida). Pour plus d’information, veuillez communiquer avec CATIE par téléphone au 1.800.263.1638 ou par courriel à [email protected]. © CATIE La production de cette revue a été rendue possible grâce à une contribution financière de l’Agence de la santé publique du Canada. Disponible en ligne à http://www.catie.ca/fr/traitementactualites/traitementsida-188/virus-lhepatite-e