Extraction implantation immédiate
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Extraction implantation immédiate
I technique clinique _ extraction implantation immédiate Extraction implantation immédiate : comment limiter les complications Auteurs_ Dr Thierry Rouach & Dr Alexandre Miara, France cas 1 Fig. 1_Radiographie objectivant une lésion importante autour de la prémolaire. Fig. 2_Site cicatrisé, 4 mois après l’extraction. Fig. 4_Mise en place de l’implant, de nombreuses spires sont exposées. Figs. 5 et 6_Régénération osseuse guidée. Fig. 7_Réouverture à 4 mois. Fig. 1 24 I implants 1_ 2013 Depuis la première publication sur le placement d’un implant dans un alvéole d’extraction en 1978, l’intérêt pour cette technique n’a fait que s’accroître avec un nombre de publications de plus en plus important. Au début des années 2000, cette technique fait partie intégrante de l’arsenal thérapeutique du chirurgien du fait des nombreux avantages décrits : réduction du nombre d’interventions et du temps de traitement. Il a même été suggéré qu’une orientation idéale de l’implant, une préservation de l’os au niveau du site d’extraction et une gestion optimale des tissus mous pouvaient être obtenues avec cette technique. Véritable effet de mode, cette technique a été utilisée sans précaution, quasiment à chaque fois qu’une dent était à extraire. Ceci à entraîner de nombreux échecs, non pas au niveau de l’ostéointégration mais du résultat esthétique (récessions gingivales, décalages des collets...). Ces échecs sont malheureusement trop rarement développés en conférence. _Indication de la technique Toute dent compromise présentant une fissure, fracture, lésion endodontique, résorption radiculaire... peut être sous certaines conditions, une indication d’extraction implantation immédiate. Un examen clinique rigoureux doit être systématiquement réalisé et différents points doivent être contrôlés. Les tissus mous adjacents aux dents compromises doivent présenter un minimum d’inflammation, une forme de contours et une qualité compatible avec l’obtention d’un résultat esthétique optimal. La présence d’une inflammation gingivale importante ou d’un défaut de gencive kératinisé, orienteront le praticien vers un protocole conventionnel, de sorte à gérer ces défauts préalablement à l’implantation. Le volume osseux disponible doit être évalué. L’intégrité de la table osseuse vestibulaire, la hau- Fig. 2 Fig. 3 Fig. 4 Fig. 5 Fig. 6 Fig. 7 technique clinique _ extraction implantation immédiate Fig. 9 Fig. 8 teur d’os présente au delà des racines des dents à extraire et la présence de pics osseux au niveau des dents adjacentes, sont des facteurs essentiels à la réussite du traitement. En ce qui concerne la présence de foyers infectieux, différentes situations peuvent se présenter : - Pour certains auteurs, tout foyer infectieux représente une contre indication à l’extraction implantation immédiate et doit être éliminé avant la mise en place de l’implant (Cas 1). -Pour d’autres, la présence d’une image radiolo gique sans symptomatologie n’est pas une contre indication à l’extraction implantation immé diate, à condition d’effectuer la procédure sous couverture antibiotique adéquate, à savoir 1,5 g d’amoxicilline ou 0,9 g de clindamycine, 4 jours avant l’intervention et maintenue pendant 10 jours. Il est important de réaliser un curetage soigneux de la lésion et de chercher une stabilité initiale de l’implant, au delà de l’apex de la racine. Siegenthaler et al., Lindeboom et al., rapportent que le placement immédiat d’implants dans un site infecté, ne dispose pas d’un taux plus élevé de complications que dans un site non infecté. Novaes et al. ont également montré chez le chien que la présence de pathologie périapicale n’est pas une contre indication à l’extraction implantation immédiate et que la mise en place de l’implant doit être précédée d’un curetage et d’une désinfection du site (Cas 2). -En présence d’une image radiologique avec symptomatologie (fistulisation, douleur...), il vaut mieux procéder à l’extraction et différer l’implantation. I Il semble cependant, que le vrai problème ne soit pas le foyer infectieux, qui peut être géré plus ou moins facilement (antibiothérapie, curetage...), mais le défaut osseux associé à cette infection. La vraie question est donc : « Est-il possible de poser l’implant dans de bonnes conditions (position, orientation, stabilité primaire...) du fait du délabrement osseux associé au foyer infectieux ? » En ce qui concerne la présence de foyers infectieux adjacents aux sites implantaires, la littérature préconise de traiter les lésions avant l’implantation celles-ci pouvant compromettre l’osteointegration. _Le Protocole de l’EII Un protocole rigoureux doit être respecté pour limiter les risques d’échec d’ostéointégration et optimiser le résultat esthétique. L’extraction de la dent, étape cruciale de l’intervention doit être réalisée de manière atraumatique, cas 2 Fig. 8_Radiographie objectivant des lésions apicales au niveau des racines des prémolaires. Fig. 9_Mise en place des implants après extraction, curetage et décontamination des alvéoles. cas 3 Fig. 10_Situation de départ, la racine de 24 est fracturée. Fig. 11_Mise en place de l’implant, la stabilité primaire est supérieure à 40 Ncm. Fig. 12_Pilier provisoire en place. Fig. 13_Sourire de la patiente avec la couronne provisoire. Fig. 10 Fig. 11 Fig. 12 Fig. 13 implants 1 _ 2013 I 25 I technique clinique _ extraction implantation immédiate un implant et 2,5 mm entre deux implants ; dans le sens sagittal, l’implant doit souvent être décalé en position palatine par rapport à la dent pour éviter le risque de perforation de la corticale vestibulaire pendant le forage, et sa résorption à moyen terme. Le forage se prolonge au delà de l’alvéole, pour optimiser la stabilité primaire de l’implant. Dans le cas où il existe une lésion apicale, le forage doit être réalisé au delà de cette lésion, pour éliminer le tissu infecté et chercher un ancrage fiable dans un tissu sain. L’implant choisi lors de l’analyse pré-implantaire et des données cliniques, est mis en place en prenant soin de respecter l’axe choisi. Fig. 14 cas 4 Fig. 14_ Implant positionné dans l’alvéole. Après résorption de la paroi vestibulaire, l’implant est visible sous la gencive. avec un minimum d’intervention sur les tissus mous et en prenant soin de préserver la table osseuse vestibulaire. Un curetage soigneux de l’alvéole (un rinçage à la Bétadine® en cas de foyers infectieux) doit être effectué. L’intégrité des parois osseuses est vérifiée. Le forage est ensuite réalisé en fonction de l’analyse pré-implantaire. Pour optimiser les résultats esthétiques, le positionnement de l’implant répond à des règles précises : dans le sens vertical, le col de l’implant doit être situé entre 1 et 3 mm du collet des dents adjacentes ; dans le sens mésio-distal, il faut respecter une distance de 1,5 mm entre une dent et cas 5 Fig. 15_Situation de départ, la racine de 11 est à extraire. Fig. 16_Extraction atraumatique. Fig. 17_L’alvéole est nettoyé, décontaminé et vérifié (intégrité des tables osseuses...). Fig. 18_Forage en situation palatine. 26 I implants 1_ 2013 La forme de l’implant ne correspond généralement pas à la forme de l’alvéole, ce qui implique la présence d’un espace entre l’implant et la paroi osseuse. La cicatrisation osseuse dépend de la stabilisation du caillot sanguin dans cet espace. Ce protocole général doit bien sûr être adapté à chaque situation clinique. On peut distinguer : -Les situations cliniques favorables (Cas 3), où la présence d’os et de tissus mous en quantité importante, une faible incidence esthétique, rendent ce protocole facilement réalisable. - Les situations cliniques à risques (généralement secteur antérieur maxillaire) où de nombreuses précautions devront être prises. Fig. 15 Fig. 16 Fig. 17 Fig. 18 technique clinique _ extraction implantation immédiate I _Spécificité du secteur antérieur maxillaire Le secteur antérieur maxillaire représente un véritable défi pour l’équipe soignante. L’orientation et la finesse des tables osseuses, le challenge des tissus mous (épaisseur, alignement des collets...), l’incidence esthétique, compliquent ce protocole pouvant parfois contre-indiquer la technique. Fig. 19 Fig. 20 Fig. 21 Fig. 22 _Position et orientation de l’implant Dans le secteur antérieur maxillaire, l’axe de la dent extraite ne correspond habituellement pas à l’axe implantaire. Placer l’implant dans l’alvéole peut être une grave erreur (cas 4). L’implant est généralement positionné en situation palatine, avec une orientation palatine en accord avec la restauration prothétique. Du fait de la dureté de la paroi palatine, il est facile de glisser dans l’alvéole et de perforer la table osseuse vestibulaire. Pour dépasser cette difficulté, le forage peut être initié à l’aide d’une petite fraise boule, à environ un tiers de l’apex sur la paroi palatine de l’alvéole (si la situation clinique le permet). Le forage est ensuite réalisé en gardant une direction palatine par rapport a l’axe de la dent. Lors de la mise en place de l’implant, le chirurgien doit prendre soin de conserver l’axe déterminé lors du forage et ne pas se laisser entraîner dans l’alvéole. _Comblement du hiatus L’implant étant en position palatine, un espace entre l’implant et la paroi osseuse vestibulaire est souvent observé. La cicatrisation osseuse dépend de la stabilisation du caillot sanguin dans cet espace. Nous pouvons avoir une bonne cicatrisation sans greffe, matériaux de comblement ou membrane. Cependant, il semble intéressant de combler systématiquement cet espace, quelque soit sa taille, avec un matériau de comblement à faible résorption, pour maintenir l’architecture osseuse et gingivale à long terme et pérenniser le résultat esthétique. _Gestion des tissus mous La littérature décrit un taux important de récessions tissulaires dans la zone marginale vestibulaire, deux ans après la pose de la restauration prothétique. Pour limiter ces récessions, une extraction atraumatique, avec un minimum de manipulation des tissus mous (chirurgie sans lambeau) est impérative. De plus, il semblerait qu’une greffe conjonctive soit fortement recommandée pour renforcer la gencive et pérenniser le résultat obtenu. _Mise en temporisation immédiate Cette technique très intéressante peut être utilisée chez les patients coopérants, avec une occlusion favorable et une absence de parafonctions. La stabilité primaire de l’implant doit être supérieure à 35 Ncm. Les formes de contours de la provisoire doivent être parfaitement travaillées pour éviter tout sur ou sous-contours pouvant entraîner une récession (Cas 5). cas 5 Fig. 19_Mise en place de l’implant avec une position et orientation palatine. Fig. 20_Le hiatus est comblé avec un matériau à faible résorption. Fig. 21_Greffe de conjonctif prélevée au palais pour optimiser les tissus mous. Fig. 22_Couronne provisoire. La technique d’extraction implantation immédiate doit faire partie de l’arsenal thérapeutique du praticien, car elle présente de nombreux avantages pour le patient. Cependant, contrairement à ce qui a pu être écrit, ce n’est pas une technique simple. Le protocole chirurgical doit être adapté à chaque situation clinique, avec des précautions particulières dans le secteur antérieur maxillaire. En cas de mise en temporisation immédiate, les formes de contours de la provisoire jouent un rôle crucial sur le résultat final._ _l’auteur implants Dr Thierry Rouach est diplômé de l’université de Paris 5. Il a ensuite obtenu un diplôme universitaire d’implantologie chirurgicale et prothétique de l’université de Paris 7 et a complété sa formation par un post graduate en implantologie et parodontologie à l’université de New York. Il travaille en cabinet privé à Paris. Le Dr Rouach peut être contacté à l’adresse suivante : [email protected] implants 1 _ 2013 I 27