Résultats à 3 ans du Swedish Adjustable Gastric BandTM
Transcription
Résultats à 3 ans du Swedish Adjustable Gastric BandTM
Obésité (2013) 8:8-21 DOI 10.1007/s11690-013-0356-y ARTICLE / ARTICLE Résultats à 3 ans du Swedish Adjustable Gastric BandTM (anneau gastrique ajustable suédois) dans la population générale en France 3-Year Real-World Outcomes with the Swedish Adjustable Gastric Band in France G. Ribaric · J.-N. Buchwald · G. d’Orsay · F. Daoud © Springer-Verlag France 2013 Résumé L’objectif de l’étude consistait à contrôler les résultats du Swedish adjustable gastric band (SAGB, anneau gastrique ajustable suédois) sur la base de l’intention de traiter dans plusieurs centres au sein du système français de sécurité sociale. Les résultats de suivi à 3 ans avec le SAGB sont présentés. Le plan de cette étude de cohorte non comparative, observationnelle, prospective et consécutive a visé le recrutement d’un minimum de 500 patients géographiquement représentatifs du territoire français métropolitain. L’innocuité (événements indésirables [EI], morbidité liée au dispositif, et mortalité) et l’efficacité (variation de l’indice de masse corporelle [IMC, kilogrammes par mètre carré], perte de poids en excès en pourcentage, comorbidités, qualité de vie [QoL]) ont été évaluées. La survie avec anneau gastrique ajustable a été calculée. Trente-et-un chirurgiens de 28 équipes / sites multidisciplinaires ont recruté des patients entre le 2 septembre 2007 et le 30 avril 2008. Un SAGB a été implanté avec succès chez 517 patients : 88,0 % de femmes ; âge moyen, 37,5 ans ; durée d’obésité, 15,3 ans (valeurs à l’inclusion : IMC moyen, 41,0 ; comorbidités, 773 chez 74,3 % des patients ; système d’analyse bariatrique et de notification des résultats (Bariatric Analysis and Reporting Outcome System, BAROS), 1,4 ; EuroQoL 5-Dimensions (EQ-5D), 0,61 ; échelle visuelle analogique EuroQoL (EQ–EVA), 52,3). À 3 ans : IMC, 32,2 (variation G. Ribaric (*) Ethicon Endo-Surgery (Europe), European Surgical Institute, Hamburg, Germany e-mail : [email protected] J.-N. Buchwald Division of Scientific Writing, Medwrite Medical Communications, Maiden Rock, WI, USA G. d’Orsay Johnson & Johnson Medical, Ethicon SAS, Paris, France F. Daoud Data Management & Biometrics, Medextens SARL, Paris, France moyenne, −9,0 ; p < 0,0001) ; perte de poids en excès, 47,4 %; comorbidités, 161 chez 27,2 % ; BAROS, 3,6 (+2,2, p < 0,0001) ; EQ-5D, 0,84 (+0,22, p < 0,0001) ; EQ–EVA, 73,4 (+21,4, p < 0,0001). La perte de poids induite par le SAGB était associée à une amélioration substantielle de la QoL. Un décès est survenu, sans rapport avec le traitement. 68,3 % des patients n’ont rapporté aucun EI, et 77,0 % aucun EI confirmé et lié au dispositif. Le taux global d’EI était de 0,19 par patients-année. La conservation du dispositif était de 87,0 %. L’analyse des patients perdus de vue a montré un effet non significatif sur les résultats globaux de l’étude. Le Swedish Adjustable Gastric Band est apparu sûr et efficace dans le suivi à 3 ans d’une étude nationale de cohorte consécutive, prospective et dans la population générale. Mots clés Anneau gastrique ajustable par laparoscopie · Obésité · Résultats nationaux · Swedish adjustable gastric band · SAGB · Qualité de vie · BAROS · EQ-5D · QALY Abstract The study objective was to ascertain outcomes with the Swedish adjustable gastric band (SAGB) on an intention-to-treat basis in multiple centers across the French social health insurance system. SAGB results at 3-year follow-up are reported. The noncomparative, observational, prospective, consecutive cohort study design sought a 500 patient minimum recruitment geographically representative of continental France. Safety (adverse events [AEs], devicerelated morbidity, and mortality) and effectiveness (change in body mass index [BMI, kilograms per square meter], percentage excess weight loss, comorbidities, quality of life [QoL]) were assessed. Adjustable gastric band survival was calculated. Thirty-one surgeons in 28 multidisciplinary teams/ sites enrolled patients between September 2, 2007 and April 30, 2008. SAGB was successfully implanted in 517 patients: 88.0 % female; mean age, 37.5 years; obesity duration, 15.3 years (baseline: mean BMI, 41.0; comorbidities, 773 in 74.3%of patients; Bariatric Analysis and Obésité (2013) 8:8-21 Reporting Outcome System (BAROS), 1.4; EuroQoL 5-Dimensions (EQ-5D), 0.61; EuroQoL–visual analog scale (EQ–VAS), 52.3). At 3 years: BMI, 32.2 (mean change, −9.0; p<0.0001); excess weight loss, 47.4 %; comorbidities, 161 in 27.2 %; BAROS, 3.6 (+2.2, p<0.0001); EQ-5D, 0.84 (+0.22, p<0.0001); EQ–VAS, 73.4 (+21.4, p<0.0001). SAGB-induced weight loss was associated with substantially improved QoL. One death occurred and was unrelated to the treatment. No AE was reported in 68.3 % of patients, and no confirmed devicerelated AE in 77.0 %. Overall AE rate was 0.19 per patient year. Device retention was 87.0 %. Analysis of patients lost to follow-up showed a nonsignificant effect on overall study results. In a prospective, consecutive cohort, “real-world”, nationwide study, the Swedish Adjustable Gastric Band was found safe and effective at 3-year follow-up. Keywords Laparoscopic adjustable gastric banding · Obesity · National outcomes · Swedish adjustable gastric band · SAGB · Quality of life · BAROS · EQ-5D · QALY Introduction L’efficacité et l’innocuité à long terme des anneaux gastriques ajustables (AGA) sont d’une grande importance pour les patients, les chirurgiens et les assureurs. La dernière estimation en date à l’échelle mondiale sur la chirurgie bariatrique, incluant 36 pays / groupes nationaux, a fait apparaître que l’utilisation des AGA est en pleine croissance aux ÉtatsUnis et au Canada, avec une augmentation de 944,2 % entre Comité d’évaluation et de diffusion des innovations technologiques (Haute Autorité de Santé [HAS]), groupe d’étude sur le Swedish Adjustable Gastric Band (SAGB) J-F. Ain Clinique JB Denis, 71000 Mâcon, France ; L. Arnalsteen, CHRU Lille, Hôpital C. Hurriez, 59000 Lille, France ; R. Arnoux Clinique du Tondu, 33000 Bordeaux, France ; E. Attal Polyclinique St Côme, 60200 Compiègne, France ; R. Barei Clinique Sainte Marie, 95520 Osny, France ; P. Bergevin Centre Hospitalier Privé du Montgardé, 78410 Aubergenville, France ; J. Cady Clinique Geoffroy St Hilaire, 75005 Paris, France ; P. Campan CHU Conception, 13005 Marseille, France ; J-M. Catheline CH Avicenne, 93009 Bobigny cedex, France ; J-M. Chevallier Hôpital Européen Georges Pompidou, 75015 Paris, France ; J. Dargent Polyclinique de Rillieux, 69165 Rillieux-La-Pape, France ; B. Dehaye CH de Meaux, 77100 9 2003 et 2008 (de 9 720 à 96 800 interventions annuelles). Même en Europe, où le recours aux AGA a chuté de 20,5 % par rapport à d’autres interventions de chirurgie bariatrique, le nombre d’implantations d’AGA par an a augmenté de 34,2 %, passant de 21 496 à 28 843 sur la même période [1]. Le choix de l’AGA dans le cadre d’un traitement contre l’obésité reste fréquent et, avec plusieurs centaines de milliers de patients actuellement en suivi à long terme, disposer de résultats nationaux sur les AGA à moyen et long terme est nécessaire aux assureurs pour leurs évaluations, ainsi que comme référence afin d’améliorer les résultats en chirurgie bariatrique. Entre 2003 et 2008, le France était le troisième pays au monde en termes d’interventions annuelles de chirurgie bariatrique (n = 13 722), derrière les États-Unis et le Brésil [1]. Selon une estimation de 2007, la majorité des interventions de chirurgie bariatrique réalisées en France consistait en l’implantation d’un AGA (87,3 %) [2]. Dans le cadre de ses engagements dans le système de sécurité sociale [3, 4], le gouvernement français a mandaté des études de sûreté et d’efficacité afin d’obtenir des données d’assurance permettant d’évaluer le bénéfice apporté aux patients par les AGA propriétaires utilisés en France (par ex. le Swedish Adjustable Gastric BandTM [SAGBTM]). L’objectif de la présente étude, demandée par la Commission d’Évaluation des Produits et Prestations (branche du Comité français d’évaluation et de diffusion des innovations technologiques, Haute Autorité de Santé [HAS]) [5, 6] et financée par le fabricant de SAGB Ethicon Endo-Surgery Europe, GmbH, consistait à vérifier de façon prospective les résultats spécifiques à l’emploi français des SAGB. Le protocole d’étude a nécessité le recrutement d’au moins 500 patients consécutifs, porteurs Meaux ; France ; C. Deseguin Clinique St Louis, 34190 Ganges, France ; J. Flaisler Polyclinique du Grand Sud, 30932 Nîmes Cedex 9, France ; G. Fromont Polyclinique de Bois Bernard, 62320 Bois Bernard, France ; G. Juglard Clinique Lamartine, 74200 Thonon-les-Bains ; France ; F. Labbé CHG Antoine Gayraud de Carcassonne, 11890 Carcassonne, France ; A. Legris Clinique du Dr Priollet, 51000 Châlons en Champagne, France ; P. Lointier Clinique de la Plaine, 63100 Clermont Ferrand, France ; F. Meaux Clinique Ambroise Paré, 62660 Beuvry, France ; Noël Clinique de la Casamance, 13400 Aubagne, France ; G. Pugnet Clinique Ambroise Paré, 31100 Toulouse, France ; D. Quinaux Clinique des Ursulines, 17 rue Raymond Poincaré, 10000 Troyes, France ; J.L. Riqué Clinique Notre Dame de l’Espérance, 66100 Perpignan, France ; S. Rossi Clinique de l’Europe, 76100 Rouen, France ; M. Sodji Clinique des Emailleurs, 87000 Limoges, France ; J. Tussiot Clinique Hoffmann, 93110 Rosny-sous-Bois, France ; C. Vaudois Polyclinique des 4 Pavillons, 33310 Lormont, France 10 d’un SAGB (avec moins 20 % de sortie de l’étude) par un échantillon représentatif de chirurgiens pratiquant l’implantation de SAGB (à savoir certains chirurgiens très expérimentés, d’autres l’étant moins) en milieu urbain comme rural, à travers toute la France métropolitaine [7]. Nous présentons les résultats de cohorte sur les SAGB collectés dans 30 établissements de chirurgie entre le 2 septembre 2007 et le 20 novembre 2011, analysés sur la base de l’intention de traiter (ITT, intent-to-treat) avec suivi à 3 ans. Méthodes Protocole et conduite d’étude En 2007, à la demande de la HAS [5, 6], dans le but de recueillir des données permettant d’évaluer le remboursement du SAGB en France, Ethicon Endo-Surgery Europe, GmbH a commandité une étude nationale d’évaluation des résultats du SAGB dans des centres participants (inscrits dans la Clinical Trials Web database, #NCT01183975 [7]). Le commanditaire a mis au point le protocole et le cahier d’observation en intégrant les exigences de la HAS et les bonnes pratiques cliniques (BPC) définies par la norme ISO EN 14155-1 et 2 [8, 9], en tenant compte des contraintes propres aux essais pragmatiques. Le protocole a été approuvé par la HAS, le Comité Consultatif sur le Traitement de l’Information en matière de Recherche dans le domaine de la Santé et la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), pour garantir le bien-être du patient dans la méthodologie employée et la conduite éthique de l’étude. Le monitoring de l’étude a été assuré par Medextens SARL, Paris, France, organisme de recherche sous contrat. Tous les patients ont donné leur consentement éclairé par écrit avant l’intervention chirurgicale, conformément aux BPC et à la Déclaration d’Helsinki [10]. Les coûts associés au traitement ont été couverts par la sécurité sociale française [6]. Un comité de monitoring d’étude indépendant, composé d’un médecin nutritionniste, d’un chirurgien spécialisé en interventions bariatriques ne participant pas à l’étude, et d’un pharmacologue, a audité la conduite de l’étude et le rapport provisoire. Plan, paramètres, recrutement Il s’est agi d’une étude observationnelle non comparative, prospective et multicentrique, avec le recrutement de patients SAGB consécutifs par les chirurgiens participants. Les objectifs de l’étude spécifiés par la HAS étaient l’évaluation de (1) l’innocuité en termes de survenue des événements indésirables, (2) l’efficacité clinique en termes de perte de poids et (3) l’amélioration des comorbidités et de Obésité (2013) 8:8-21 la qualité de vie (QoL). Outre le protocole prescrivant la collecte et l’évaluation de données de sûreté et de poids normalisées, aucune autre donnée d’examen physique, de prélèvement sanguin, d’examen radiologique ou de procédure de suivi (par ex. ajustement de l’anneau) ne s’est révélée possible ou appropriée en raison du caractère indépendant et pragmatique de l’évaluation par les centres participants. L’étude a été conçue pour enregistrer la sûreté et l’efficacité auprès de patients présentant une obésité morbide, chez lesquels un SAGB a été implanté dans un hôpital français. Les patients étaient éligibles à une intervention chirurgicale dès lors qu’ils présentaient un indice de masse corporelle (IMC, kilogrammes par mètre carré) ≥ 40 ou ≥ 35 et < 40 associé à des comorbidités, après échec d’un traitement médical en l’absence de contre-indications conformément aux directives publiées [11, 12]. Les patients pour lesquels l’implantation d’un SAGB intervenait dans le cadre d’une nouvelle chirurgie bariatrique ont également été inclus dans le recrutement. L’objectif de recrutement minimum était de 500 patients, avec moins de 20 % de perdus de vue à 3 ans. Critères d’inclusion Les chirurgiens ont été sélectionnés dans des établissements publics, universitaires, et privés répartis géographiquement à travers toute la France métropolitaine et dont le nombre d’interventions de chirurgie bariatrique variait. L’objectif était d’inclure des chirurgiens et des patients donnant des résultats avec le SAGB représentatifs des pratiques françaises réelles. Conformément aux BPC, tous les chirurgiens ont suivi une formation au protocole d’étude. Tous les patients soumis par la suite à l’implantation d’un SAGB pendant la période de recrutement par les investigateurs participants ont été inclus dans la cohorte, sous réserve de résider en France métropolitaine et de signer une déclaration de consentement éclairé. Conformément aux exigences en pratique de routine, ces patients devaient satisfaire aux directives françaises en matière de chirurgie bariatrique [5] (similiaires aux National Institutes of Health [11] et European Guidelines on Surgery of Severe Obesity [12]), et devaient être éligibles selon les critères de la HAS [5, 6]. Critères d’évaluation Les critères d’évaluation d’innocuité primaire étaient la fréquence des événements indésirables, la mortalité et la morbidité associée à l’équipement médical. Le critère d’évaluation d’efficacité primaire était la variation d’IMC en ITT au cours des 3 ans. Les critères d’évaluation d’efficacité secondaires étaient le poids absolu, le poids en excès, le pourcentage de perte de poids en excès (%PPE, à savoir la différence entre le poids avant l’intervention et pendant le suivi, divisée par le poids en excès, calculée à partir des formules dites de Obésité (2013) 8:8-21 Miller [13–17] pour confirmer le poids idéal, qui correspond à la valeur médiane de la plage moyenne sur les « Metropolitan Life Insurance Height and Weight Tables », multiplié par 100), QoL liée à la santé et variations proportionnelles dans les comorbidités. Instruments QoL Le système d’analyse bariatrique et de notification des résultats (Bariatric Analysis and Reporting Outcome System, BAROS), présentée par Oria et Moorehead en 1998 [18, 19], est un outil d’évaluation de la QoL spécifique au bariatrique et validé, qui intègre les données de perte de poids, les variations dans les comorbidités et la QoL subjective, les complications et les nouvelles interventions. Un maximum de trois points est accordé pour la perte de poids, l’amélioration des comorbidités et la QoL subjective ; des points sont retirés pour les complications et les nouvelles interventions. Le score final permet de qualifier le résultat d’échec (≤ 1), satisfaisant (> 1 à 3), bon (> 3 à 5), très bon (> 5 à 7) ou excellent (> 7 à 9). L’EuroQoL à 5 dimensions (EQ-5D) a été choisi en tant que complément générique au BAROS en raison de son utilité pour le calcul des années de vie ajustées sur leur qualité (QALY). L’EQ-5D s’est montré spécifiquement efficace dans l’estimation de la rentabilité relative associée à la chirurgie bariatrique, notamment dans le cas des AGA [20]. L’EQ-5D est un outil générique d’évaluation de la qualité de vie liée à la santé, composé de cinq items et d’une échelle visuelle analogique Euro-QoL (EQ–EVA) [21–24], produisant un indicateur de santé du patient selon cinq dimensions : la mobilité, l’autonomie, les activités habituelles, la douleur / la gêne et l’anxiété / la dépression. Chaque dimension est représentée par un item pour lequel trois réponses sont possibles : aucun problème, quelques problèmes et graves problèmes. Les réponses à ces cinq items peuvent être pondérées de façon normalisée pour en déduire un score d’utilité EQ-5D compris entre −0,594 et 1 (1 = santé ultime). Une différence ≥ 0,07 dans le score d’utilité EQ-5D était définie comme cliniquement importante [24]. La composante EQ–EVA constitue une mesure globale de QoL à un seul item, dans lequel on demande aux patients d’évaluer leur état de santé actuel sur une échelle de 0 (pire imaginable) à 100 (meilleur imaginable) [25]. Technique, ajustement de l’anneau La pose de l’anneau gastrique a été réalisée par la voie de la Pars Flaccida standardisée [26]. Pour le SAGB, les modèles possibles étaient le 2100-X (avec bague de verrouillage et port d’injection), le 2200-X Quick- Close et le BD2XV Quick-Close avec port d’injection VelocityTM. Les ajuste- 11 ments de l’anneau ont été réalisés à la discrétion des chirurgiens participants. Collecte des données Les caractéristiques des patients ont été relevées en début d’étude (par ex. âge et sexe) ; le poids, les comorbidités associées à l’obésité et la QoL ont été notés avant l’intervention et évalués 1, 3, 6, 12, 18, 24 et 36 mois après l’intervention. Les données de comorbidité ont été obtenues à partir de questionnaires avec des diagnostics posés selon les habitudes de chaque investigateur. La saisie des données cliniques était réalisée à distance par les investigateurs ou des membres du personnel administratif sur la base de données en ligne Medextens-Medalliance eCRF Manager (v.1.3), protégée par mot de passe (inscrite à la CNIL, www.medalliance.fr). Les patients ont été informés de leur droit d’accès, de correction et de refus de participer. Analyse statistique Le logiciel Stata/MP (v.11.2, StataCorp LP, College Station, TX, USA) a été utilisé pour toutes les analyses statistiques. La syntaxe des commandes statistiques a été programmée sous forme de script reproductible, permettant la réalisation d’audits. L’analyse statistique a été réalisée selon les directives E9 de l’International Conference on Harmonization. Aucune justification statistique de la taille de l’échantillon n’est présentée dans ce document, le nombre de patients consécutifs requis ayant été prédéfini par les spécifications de la HAS. Les variables démographiques continues ont été notées sous forme de moyenne, écart-type (σ) et intervalle intercentile à 80 %. Les variables démographiques de catégorisation (y compris les sous-groupes d’IMC) ont été rapportées en nombre et en pourcentage. Les données de comorbidité et les événements indésirables ont également été rapportés en nombre et en pourcentage. Le taux de survie avec implant et l’intervalle de confiance (IC) à 95 % associé ont été calculés en utilisant la méthode de Kaplan–Meier. Les variables de résultats continus ont généralement été notés sous forme de moyennes, σ et IC à 95 %. Une évaluation qualitative des comorbidités a été réalisée avant et après l’implantation du SAGB. Le test exact de Fisher a été utilisé pour étudier les relations entre les variables de catégorisation. Des comparaisons entre groupes et des mesures continues ont été réalisées à l’aide de tests t bilatéraux avec échantillons indépendants. En outre, une série de tests t bilatéraux avec échantillon unique a été réalisée pour évaluer la variation par patient depuis le début d’étude, en prenant pour hypothèse nulle l’absence de variation moyenne significative pour les variables de poids et de QoL (H0 = 0, selon la nature de l’obésité sans intervention). Le test de normalité de Shapiro–Wilk a été mené pour chaque distribution de 12 variables avant le test t. Une régression linéaire a été réalisée dans l’analyse des relations entre les mesures de QoL ainsi que pour les relations entre l’IMC et la QoL. La significativité statistique était définie par une valeur p ≤ 0,05. Résultats 51 chirurgiens qui, selon les recensements, avaient pratiqué au cours de l’année précédente au moins 1 intervention de chirurgie bariatrique par semaine et, spécifiquement, 35 implantations d’AGA sur l’année, ont été initialement identifiés et formés à l’implantation du SAGB. Sur quarante chirurgiens répertoriés, 37 ont créé des dossiers patients dans la base de données, parmi lesquels 31 ont contribué activement à la cohorte (remarque : cinq chirurgiens ont reconsidéré leur capacité à participer efficacement à l’étude et se sont désistés volontairement pendant la phase de recrutement des patients ; un chirurgien a été exclu de l’étude pendant la phase de validation des données en raison d’un nonrespect du protocole d’étude ; les 63 dossiers patients créés par les six chirurgiens en question ont été considérés comme non valides). Ces 31 chirurgiens étaient membres de 28 équipes pluridisciplinaires dans cinq hôpitaux universitaires, trois hôpitaux généraux et 23 cliniques privées. La sélection et le recrutement des patients ont débuté le 2 septembre 2007 et se sont terminés le 30 avril 2008. La visite de suivi finale à 3 ans était prévue au 30 avril 2011, mais a été repoussée au 20 novembre 2011 pour s’ajuster aux disponibilités des patients. Les 31 chirurgiens qui ont contribué à la cohorte ont réalisé au total 1 239 interventions de chirurgie bariatrique pendant la période d’étude, dont 560 cas ont été enregistrés dans la base de données en ligne sous forme de dossiers patients SAGB consécutifs. Parmi les 560 dossiers, 43 ont été jugés invalides en raison d’erreurs dans la saisie des données, de présence de doublons, de l’absence de documentation de l’implantation du SAGB ou du retrait des patients. Dans l’ensemble, 517 dossiers patients consécutifs valides ont été inclus dans l’analyse de la base de données. Les chirurgiens participants ont pratiqué 16,7 implantations de SAGB en moyenne. Les implantations ont été réalisées majoritairement par laparoscopie (514/517, 99,4 %) ; des conversions en laparotomie ont été rapportées dans deux cas (0,39 %) ; la voie de la Pars Flaccida a été utilisée dans 99,6 % des cas (515/517) ; 76,4 % des dossiers (395/517) font état d’une fixation de l’anneau, tandis que 49,3 % (254/517) mentionnent une fixation du port. Le remplissage immédiat de l’anneau est intervenu dans seulement 0,58 % des cas (3/517). Dans l’ensemble, 66,54 % (344/517) des implantations de SAGB ont été réalisées avec le modèle 2200X ; le modèle BD2XV a été utilisé dans 33,27 % des cas (172/517). Les données d’innocuité et de poids ont satisfait aux critères d’exhaustivité et de précision stipulés par le proto- Obésité (2013) 8:8-21 cole. Les résultats cliniques à trois ans étaient disponibles pour 85,9 % de la cohorte (444/517) ; l’objectif de perdre < 20 % des patients au suivi à 3 ans a été atteint. En raison de la nature observationnelle de cette étude, avec des différences significatives parmi les chirurgiens en termes de pratique de routine, les données de comorbidité et de QoL n’ont pas atteint l’exhaustivité voulue par le protocole ; des données de comorbidité étaient disponibles pour 78,0 % de la cohorte SAGB au suivi à 3 ans, tandis que la disponibilité des données de QoL à 3 ans variait de 39,0 % à 78,0 % selon la complexité de l’instrument. Caractéristiques des patients en début d’étude Parmi les 517 patients consécutifs avec implantation confirmée d’un SAGB, le sexe et l’âge ont été notés dans 516 cas (99,8 %), l’ancienneté de la maladie dans 504 cas (97,5 %) ; la taille, le poids, le poids en excès et l’IMC dans 513 cas (99,2 %). La cohorte se composait de 88,0 % (n = 455) de femmes et de 11,8 % (n = 61) d’hommes, avec un âge moyen de 37,5 ± 10,9 ans, une durée d’obésité de 15,3 ± 8,4 ans, un IMC de 41,0 ± 4,9 kg/m2, un poids absolu de 111,4 ± 16,8 kg et un poids corporel en excès de 52,1 ± 14,1 (tableau 1). La pose d’un AGA constituait la première intervention de chirurgie bariatrique chez 471 patients (91,1 %) et une nouvelle intervention chez 43 patients (8,3 %). 291 patients (56,3 %) avaient un IMC ≥ 40 ; 193 (37,3 %) présentaient un IMC ≥ 35 à < 40 ; 29 patients (5,6 %) avaient un IMC < 35. L’IMC initial n’a pas pu être calculé pour quatre patients (0,77 %) en raison de données manquantes quant à leur poids et/ou leur taille. Les patients avec ≥ 1 comorbidité étaient au nombre de 384 (74,3 %), avec un total de 781 comorbidités enregistrées. Des antécédents familiaux d’obésité ont été rapportés chez 343 patients (66,3 %) et 475 patients (91,9 %) avaient reçu des soins médicaux spécialisés pendant ≥ 1 an avant le SAGB. Le BAROS moyen était de 1,4 ± 1,4, l’EQ-5D était de 0,61 ± 0,31 et l’EVA moyen était de 52,3 ± 18,4. Répartition dans le temps des événements indésirables et des nouvelles interventions Événements indésirables La majorité des patients porteurs d’un SAGB n’ont eu aucun événement indésirable (EI) (68,3 %, 353/517). Par ailleurs, aucun EI confirmé associé au dispositif ni aucun événement indésirable grave (EIG ; événements dont l’issue peut être fatale ou handicapante et nécessitant une intervention) n’ont été recensés dans 77,0 % des cas (398/517). 290 cas d’EI confirmés et d’EIG confirmés associés à l’intervention Obésité (2013) 8:8-21 13 Tableau 1 Caractéristiques initiales pour un total de 517 patients ayant bénéficié de l’implantation d’un SAGB. Caractéristiques Valeur Hommes, N (%) Femmes, N (%) Âge, moyenne ± σ, années (Ic 80 %) Durée d’obésité, moyenne ± σ, années (Ic 80 %) Taille, moyenne ± σ, m (Ic 80 %) Poids absolu, moyenne ± σ, kg (Ic 80 %) Poids corporel en excès, moyenne ± σ, kg (Ic 80 %) IMC, moyenne ± σ, kg/m2 (Ic 80 %) IMC ≥ 40, kg/m2, N (%) IMC ≥ 35 et < 40, kg/m2, N (%) IMC < 35, kg/m2, N (%) Au moins 1 comorbidité, N (%) Antécédents familiaux d’obésité, N (%) Soins médicaux spécialisés pendant 1 an et évaluation pluridisciplinaire, N (%) Première intervention de chirurgie bariatrique, N (%) Évaluation psychologique pré-opératoire, N (%) BAROSa, moyenne ± σ (IC 80%) EQ-5Db, moyenne ± σ (IC 80%) EQ–EVAc, moyenne ± σ (IC 80%) 61 (11,8) 455 (88,01) 37,5±10,9 (23,4 à 53,7) 15,3±8,4 (6,0 à 28,0) 1,7±0,1 (1,6 à 1,8) 111,4±16,8 (93,0 à 133,0) 52,1±14,1 (37,8 à 71,0) 41,0 ± 4,9 (36,1 à 47,3) 291 (56,3) 193 (37,3) 29 (5,6) 384 (74,3) 343 (66,3) 475 (91,9) Parmi les 290 événements confirmés, 143 événements associés au dispositif ont été notés chez 119 patients (23,0 %) ; ainsi, le taux d’événements associés au dispositif était de 0,09 événement par patients-année. Les EI associés au dispositif les plus fréquents étaient les glissements de l’anneau (22 cas, soit 4,3 %), les dilatations de l’œsophage (14 cas, soit 2,7 %), les dilatations de la poche (13 cas, soit 2,5 %), les défauts de positionnement du port (13 cas, soit 2,5 %), les rotations du port (9 cas, soit 1,7 %) et les déconnexions du port (7 cas, soit 1,4 %), les intolérances alimentaires (5 cas, soit 1,0 %), les dysphagies (5 cas, soit 1,0 %), les infections de l’anneau (4 cas, soit 0,8 %), les infections du port (3 cas, soit 0,6 %), les blocages associés à l’anneau (3 cas, soit 0,6 %) et des vomissements fréquents associés à l’anneau. Courbe de survie de l’anneau selon Kaplan–Meier Les EIG associés au dispositif ont inclus 67 retraits d’anneau (13,0 %), 23 abdominoplasties (4,4 %), 22 nouvelles interventions au niveau du port sans retrait de ce dernier (4,3 %), 8 retraits du port (1,6 %) et 3 nouvelles interventions sur l’anneau sans retrait (0,6 %). 471 (91,1) Taux de maintien de l’implant 503 (97,3) 1,4 ± 1,4 (−0,3 à 3,0) 0,61±0,31 (0,09 à 0,88) 52,3±18,4 (30,0 à 80,0) σ écart-type, Ic intervalle intercentile (l’Ic 80% indique les valeurs variables entre le 10e et le 90e percentile), IMC indice de masse corporelle, BAROS système d’analyse en bariatrie et de notification des résultats (Bariatric Analysis and Reporting Outcome System), EQ-5D EuroQoL 5 dimensions, EQ–EVA échelle visuelle analogique EuroQoL, aN=302 pour les données BAROS enregistrées 30 jours après l’opération, b N=449 avec données EQ-5D à l’inclusion, cN=446 avec données EQ–EVA à l’inclusion. d’implantation du SAGB ont été rapportés chez 164 patients (31,7 %) pendant l’intervention et jusqu’à 3 ans de suivi. 153 EI (29,6 %) et 137 EIG (26,5 %) ont été notés, soit un taux global de 0,19 événement indésirable par patient-année. Un décès est survenu, conséquence d’un accident sans rapport avec l’intervention. L’illustration présente la répartition des 290 événements confirmés avec un pic de fréquence de 42 événements pendant le premier trimestre suivant l’implantation du SAGB ; par la suite, la fréquence atteignait environ 10 événements par trimestre. Des retraits de SAGB sont survenus à différents intervalles post-implantation. Le risque d’échec (retrait du SAGB) par rapport aux chances de succès (SAGB restant en place) a été estimé en fonction du temps, avec la fonction de survie cumulée de Kaplan–Meier. Tous les retraits répertoriés étaient inclus dans l’analyse (Ill. 2). Les patients dont le SAGB était en place au moment du gel de la base de données (20 novembre 2011) ont été censurés. Les 517 patients avec implant valide ont été exposés à un temps de risque de 23 386 mois. Soixante-sept échecs ont été confirmés ; le retrait de l’anneau était habituellement associé aux événements indésirables les plus graves. Le temps à risque médian était de 48 mois et la date d’échec la plus tardive répertoriée était de 50,23 mois après l’implantation. À 3 ans, le taux de maintien de l’implant SAGB était de 87,0 % (IC 95 % : 83,7, 89,6). Perte de poids Les résultats trois ans après l’opération étaient disponibles pour 85,9 % des patients (444/517). L’analyse en intention de traiter de la variation d’IMC sur 3 ans était disponible pour 423 patients (81,8 %) : le SAGB était encore en place chez 373 patients et avait été retiré dans 50 cas. La variation d’IMC n’a pu être calculée pour 94 patients, dont 73 avaient été perdus de vue avec des résultats inconnus, 13 avec des retraits de 14 Obésité (2013) 8:8-21 l’anneau, 7 avec des données incomplètes et 1 décédé. Le poids absolu moyen était de 87,1 ± 17,6 kg (85,4, 88,8) par rapport aux 111,6 ± 16,9 kg (110,0, 113,2) en début d’étude (Tableau 2), soit une réduction moyenne du poids absolu de 24,5 ± 14,6 kg (23,1, 25,9 ; t[422] = 34,4, p < 0,0001). Le poids corporel moyen en excès était de 28,0 ± 15,8 kg (26,5, 29,5) par rapport aux 52,5 ± 14,3 kg (51,1, 53,8) en début d’étude, soit une réduction du poids en excès de 24,5 ± 14,7 kg (23,1, 25,9 ; t[421] = 34,3, p < 0,0001) correspondant à une %PPE de 47,4 ± 32,1 (44,3, 51,0). L’IMC moyen était de 32,2 ± 5,8 (31,6, 32,7), en baisse d’environ 22,0 % de 41,2 ± 5,0 (40,7, 41,7). Cette variation de l’IMC des patients a représenté une réduction moyenne de 9,0 ± 5,3 (8,5, 9,5 ; t[422] = 35,0, p < 0,0001). Le tableau 2 montre l’évolution de la cohorte en termes d’IMC moyen, en partant d’un IMC adulte maximum de 42,8 ± 4,9 (42,3, 43,2). Une différence significative a été notée au niveau de l’IMC préopératoire moyen entre les patients bénéficiant d’un SAGB dans le cadre d’une intervention initiale et ceux recevant le SAGB lors d’une nouvelle intervention (41,4 ± 4,4 vs 37,1 ± 7,4, p < 0,001) ; cependant, au suivi à 3 ans, l’IMC moyen ne présentait pas une différence significative (32,1 ± 5,8 vs 32,8 ± 5,6 ; p = 0,51) entre ces deux groupes de patients. Pour évaluer le risque de biais dans l’estimation du critère d’évaluation primaire sur la base d’une analyse en ITT, les patients avec et sans données de poids lors du suivi à 3 ans ont été comparés selon différentes variables susceptibles d’influer sur la variation d’IMC. Évolution de l’indice de masse corporelle de la cohorte SAGB L’IMC préopératoire moyen des patients avec données de poids complètes sur 3 ans ne différait pas significativement de celui présentant des données incomplètes (41,2 ± 5,0 vs 40,3 ± 4,6 ; p = 0,10). L’âge en début d’étude, le sexe, l’ancienneté de l’obésité, l’IMC adulte maximal, l’implantation d’un SAGB dans le cadre d’une intervention initiale ou d’une nouvelle intervention, le modèle de SAGB et la fréquence de retrait de l’anneau ne variaient pas non plus significativement entre les deux groupes. Par ailleurs, l’importance que revêt l’inclusion de patients chez lesquels l’anneau a été retiré dans le calcul de la variation d’IMC sur 3 ans a également été évaluée. Comme prévu, une différence significative a été observée dans l’IMC moyen entre les patients pour lesquels l’anneau a été retiré et ceux porteurs d’un SAGB intact à 3 ans (−6,2 ± 5,5 vs −9,4 ± 5,2, p < 0,001) ; cependant, l’inclusion de patients avec anneau retiré (conformément à l’analyse en ITT) avait un effet non significatif sur la variation moyenne de cohorte globale (−9,0 ± 5,3 [−9,7, −8,4] vs −9,4 ± 5,2 [−10,1, −8,7]). Dans l’ensemble, une réduction de l’IMC a été observée d’une visite à l’autre, cette réduction étant la plus forte pendant la première année suivant l’opération, se poursuivant tout au long de la deuxième année, puis suivie d’une augmentation négligeable de l’IMC en troisième année. Comorbidités Conformément au caractère observationnel de l’étude, le protocole ne visait pas une modification des pratiques diagnostiques ou thérapeutiques actuelles : aucun test diagnostic n’a été requis par le protocole. Lors de chaque visite de suivi, les comorbidités étaient généralement rapportées comme « présentes » ou « absentes ». Des variations significatives ont été notées dans les méthodologies de diagnostic, la terminologie et les notifications. Les investigateurs n’évaluaient souvent pas eux-mêmes les comorbidités, Tableau 2 Poids à trois ans et évaluation moyenne de la variation. Variable de poids Valeur Pb Valeur Moyenne ± σ (IC 95 %) N = 423a Poids absolu, kg Poids corporel en excès, kg IMC, kg/m2 %PPE Préopératoire 3 ans Variation moyenne 111,6 ± 16,9 (110,0, 113,2) 52,5 ± 14,3 (51,1, 53,8) 87,1±17,6 (85,4, 88,8) 28,0±15,8 (26,5, 29,5) −24,5 ± 14,6 (−25,9, −23,1) −24,5 ± 14,7 (−25,9, −23,1) < 0,0001 < 0,0001 41,2 ± 5,0 (40,7, 41,7) – 32,2±5,8 (31,6, 32,7) 47,4±32,1 (44,3, 51,0) −9,0 ± 5,3 (−9,5, −8,5) − < 0,0001 − IMC indice de masse corporelle, PPE perte de poids en excès, σ écart-type, IC intervalle de confiance ; a N = 423 pour les calculs de variations de l’IMC et du poids absolu par patient ; N = 422 pour les calculs de %PPE et de variation du poids en excès par patient ; b Valeurs P obtenues par des tests t bilatéraux avec échantillon unique évaluant la variation de poids moyenne parmi les patients pour lesquels toutes les données étaient disponibles, en préopératoire et lors du suivi à 3 ans. Obésité (2013) 8:8-21 15 mais notaient les résultats d’évaluations fournis par des tiers. Par conséquent, il a été déterminé qu’un biais de minoration des notifications était une possibilité distincte, limitant ainsi la fiabilité d’une estimation quantitative de la variation de prévalence. Une arthropathie (38,0 %), une hypertension (22,0 %), une dyslipidémie (20,0 %), un reflux gastro-œsophagien (20,0 %), une apnée obstructive du sommeil (12,0 %) et un diabète (10,0 %) étaient les comorbidités les plus fréquemment citées en début d’étude, chacune étant répertoriée dans au moins 10 % de la cohorte. Une analyse quantitative a suggéré une réduction continue du nombre total de comorbidités avec le temps et une augmentation progressive du nombre de patients ne faisant état d’aucune comorbidité. En se servant des poids enregistrés en tant qu’indicateurs d’intégrité des données, 773 comorbidités avaient été rapportées en début d’étude chez 74,3 % des patients (381/513) avec des données de poids concomitantes, tandis qu’aucune comorbidité n’avait été rapportée chez 25,7 % (132/513). Lors du suivi à 3 ans, 161 comorbidités avaient été rapportées chez 27,2 % des patients (116/426) avec des données de poids concomitantes, tandis qu’aucune comorbidité n’avait été rapportée chez 72,8 % (310/426). En outre, le nombre de patients présentant plusieurs comorbidités avait baissé à 3 ans et le nombre moyen de comorbidités par patient avait chuté de 1,5 en début d’étude à 0,4 lors du suivi à 3 ans. L’analyse a également suggéré une légère augmentation du nombre moyen de comorbidités par patient entre la 2e année (visite 7) et la 3e année (visite 8), conformément au léger regain de poids sur cette même période. Qualité de vie Bien que la participation à l’évaluation QoL des patients n’ait pas satisfait aux objectifs d’exhaustivité du protocole, les données se sont révélées suffisantes pour mener des analyses quantitatives. [Remarque : la participation des patients a diminué avec la complexité des trois instruments QoL.] Toutes les mesures de QoL ont montré une amélioration significative avec le temps (Tableau 3). À 3 ans, pour les patients avec données complètes, le BAROS moyen était de 3,6 ± 2,2 (3,2, 4,0) par rapport à 1,4 ± 1,3 (1,2, 1,6) en pseudo-début d’étude (à savoir 30 jours postSAGB). Cette variation positive de la QoL spécifique au bariatrique a représenté une augmentation moyenne de 2,2 ± 2,2 (1,8, 2,6 ; t[133] = 11,9, p < 0,0001). Le tableau montre la tendance croissance de la QoL moyenne de la cohorte, évalué selon BAROS pendant l’étude. Le score d’utilité EQ-5D moyen était de 0,84 ± 0,21 (0,82, 0,86) par rapport à une valeur initiale de 0,62 ± 0,31 (0,59, 0,65). Ceci a représenté une amélioration moyenne de la QoL par patient de 0,22 ± 0,32 (0,19, 0,25 ; t[346] = 12,6 ; p < 0,0001), soit un gain d’utilité moyen de 0,66 QALY sur 3 ans. Le score EQ–EVA moyen était de 73,4 ± 17,1 (71,6, 75,2) par rapport à 52,0 ± 18,4 (50,1, 53,9), soit une augmentation de la QoL de 21,4 ± 22,8 (19,0, 23,7 ; t[353] = 17,7 ; p < 0,0001). Une analyse de régression a indiqué une association significative entre la perte de poids et l’EQ-5D (bien que le poids en tant que tel ne soit pas un élément ciblé par le question EQ-5D). En utilisant les scores de variations individuelles EQ-5D en tant que variables de réponses tout en contrôlant l’IMC initial, la réduction d’IMC sur une période de 3 ans suivant une intervention d’implantation d’un SAGB était associée de façon significative à une augmentation de la QoL globale (R2 ajutée = 0,03 ; F(2, 339) = 6,93 ; p < 0,01). En outre, une corrélation a été montrée pour les scores de variation individuelle selon BAROS et EQ-5D à r = 0,43, p < 0,01. Les résultats de QoL généraux suggèrent que l’EQ-5D, une mesure de QoL rapportée par les patients occasionnant un fardeau de réponse minimum, peuvent Tableau 3 Qualité de vie à trois ans et évaluation moyenne de la variation. Variable QoL Valeur Pb Valeur Moyenne ± σ (IC 95 %) Valeur initiale BAROS EQ-5D EQ–EVA a 1,4 ± 1,3 (1,2, 1,6) 0,62 ± 0,31 (0,59, 0,65) 52,0 ± 18,4 (50,1, 53,9) 3 ans Variation moyenne 3,6 ± 2,2 (3,2, 4,0) 0,84 ± 0,21 (0,82, 0,86) 73,4 ± 17,1 (71,6, 75,2) 2,2 ± 2,2 (1,8, 2,6) 0,22 ± 0,32 (0,19, 0,25) 21,4 ± 22,8 (19,0, 23,7) < 0,0001 < 0,0001 < 0,0001 BAROS système d’analyse en bariatrie et de notification des résultats (Bariatric Analysis and Reporting Outcome System), EQ-5D EuroQoL 5 dimensions, EQ–EVA échelle visuelle analogique EuroQoL, σ écart-type, IC intervalle de confiance ; a Les données BAROS 30 jours après l’intervention tiennent lieu de valeur pseudo-initiale ; b Valeurs P obtenues par des tests t bilatéraux avec échantillon unique évaluant la variation de QoL moyenne parmi les patients chez lesquels toutes les données étaient disponibles, en préopératoire et lors du suivi à 3 ans (à savoir N = 134 pour BAROS, N = 347 pour l’EQ-5D, N = 354 pour l’EQ–EVA). 16 constituer une mesure suffisante de la QoL après l’implantation chirurgicale d’un SAGB. Discussion Cette étude était représentative de la norme employée en France pour la prise en charge par SAGB et a satisfait aux objectifs définis par le protocole conformément aux exigences de la CEPP. Les résultats ont confirmé l’innocuité et l’efficacité clinique du SAGB, conformément aux conclusions des études antérieures. Des résultats cliniques étaient disponibles pour 86 % de la cohorte SAGB ; l’analyse a montré que les données-patients perdues de vue à 3 ans n’avaient aucun effet significatif sur les résultats du traitement. Aucune mortalité associée au traitement n’a été rapportée. La mortalité opératoire avec les AGA est traditionnellement < 0,1 % [27, 28], tandis que la mortalité à 30 jours et 2 ans atteint 0,07 % [29]. Évolution des scores de qualité de vie sur la cohorte SAGB, selon les mesures prises avec le système d’analyse bariatrique et de notification des résultats (Bariatric Analysis and Reporting Outcome System, BAROS®) Le risque associé à ce traitement se composait d’événements indésirables ou d’EIG nécessitant une intervention chez 31,7 % des patients, y compris les événements associés au dispositif et nécessitant une intervention dans 23,0 % des cas. Un retrait de l’anneau est survenu chez seulement 13,0 % des patients et était généralement associé aux événements indésirables les plus graves ou au manque d’efficacité de l’intervention. Au suivi à 3 ans, la rétention du dispositif était de 87,0 %. L’analyse a suggéré une réduction de l’ensemble des comorbidités et une augmentation du nombre de patients sans comorbidité. Une réduction de l’IMC significative et durable de 9,0 a été observée, soit 47,4 %PPE. La réduction de l’IMC était clairement associée à une augmentation de la QoL des patients, comme l’ont montré d’autres études sur les AGA [30] ; l’échelle BAROS a montré une amélioration significative de 2,2 points entre la visite à 30 jours et le suivi à 3 ans. En moyenne, les patients porteurs d’un SAGB avaient tendance à passer d’une appréciation BAROS de la QoL « satisfaisante » à « bonne ». De même, le score d’utilité EQ-5D associé à la QoL pour les patients porteurs d’un SAGB a présenté une amélioration significative de 0,22 points (trois fois la différence minimale importante rapportée), soit un gain d’utilité de 0,66 QALY. Obésité (2013) 8:8-21 Relation entre la réduction de l’indice de masse corporelle et la variation de qualité de vie selon les mesures de l’EuroQoL à 5 dimensions (EQ-5D). v1 = valeur initiale ; v8 = suivi à 3 ans En outre, le score d’utilité EQ-5D moyen de la cohorte SAGB de 0,84 ± 0,21 à 3 ans était légèrement supérieur à celui noté pour un groupe de référence en médecine générale au R.-U., composé de patients d’IMC normal (n = 782), EQ5D = 0,80 ± 0,22 [31]. Dans l’ensemble, les scores de variation de la QoL des patients selon BAROS et l’EQ-5D ont montré une corrélation claire (r = 0,43, p < 0,01) et les deux instruments étaient sensibles à une réduction de l’IMC avec le temps. Les résultats ont suggéré que l’EQ-5D, un instrument de mesure de QoL générique fondé sur les réponses des patients et avec une contrainte de réponse minimum, pouvait être une mesure suffisante de la variation de QoL après l’implantation chirurgicale d’un SAGB. Enfin, au suivi à 3 ans, une analyse tendancielle a indiqué une augmentation modeste et non significative du poids (p = 0,14) entamé après la 2e année. Par ailleurs, une baisse du même ordre dans la QoL et une augmentation du nombre moyen de comorbidités ont suggéré le besoin éventuel d’un soutien plus important des patients porteurs de SAGB après la 2e année. Au 25 avril 2012, plus de 2 300 articles révisés par un comité de lecture avaient abordé le traitement par AGA [32]. Ces études étaient en majorité à caractère observationnel, en plus de plusieurs dizaines d’essais contrôlés randomisés, la plupart étant menés dans des « centres d’excellence » (CdE) en chirurgie bariatrique - des établissements médicaux expérimentés, présentant d’importants volumes d’interventions, qui intègrent une approche par des équipes pluridisciplinaires [33] et des procoles pré- et post-opératoires obligatoires, comme le prévoient les directives professionnelles [34–36] et nationales [5, 11, 12]. Les résultats obtenus par les établissements qualifiés de CdE peuvent ne pas être comparables avec ceux atteints par des établissements moins expérimentés, rapportant des volumes d’interventions moindres. Néanmoins, les établissements non CdE représentent un nombre non négligeable de centres réalisant des interventions de chirurgie bariatrique : il s’agit là d’un fait important pour les assureurs évaluant la valeur du traitement par AGA à échelle nationale. Ainsi, alors que sept études unicentriques à haut volume sur l’AGA rapportaient ≥ 55,0 %PPE à ≥ 3 ans [37–43] au cours des dix dernières années, les résultats en termes de %PPE sont quelque peu inférieurs dès lors que sont intégrés des établissements CdE et non CdE à échelle nationale [44, 45]. Les résultats de la présente étude devraient être mis en relation avec ceux d’autres études nationales sur les AGA avec suivi à moyen terme ; de tels rapports sont cependant Obésité (2013) 8:8-21 rares. Au cours de la dernière décennie, moins d’une trentaine d’études nationales portant sur la chirurgie bariatrique (16 analyses prospectives de bases de données à vaste échantillon [46–61], 14 enquêtes prospectives [1, 2, 62–73], et une étude prospective contrôlée, non randomisée et continue [multi-articles, 74]) a été publiée dans la littérature révisée par un comité de lecture, dont 14 impliquaient des pays d’Europe. Dans les sept études nationales avec données de suivi à ≥ 2 ans auprès de patients atteints d’obésité morbide (cinq études observationnelles sur l’AGA ou incluant l’AGA et deux enquêtes françaises sur les AGA [2, 26, 58, 71, 74–76]), la perte de poids était inférieure ou comparable à celle de la présente cohorte SAGB. En 2003, Angrisani et al. ont publié les résultats d’une expérience italienne sur le Lap-Band portant sur 1 863 patients répartis dans 27 centres, soit une des premières et plus vastes études nationales sur l’AGA avec suivi à moyen terme, s’appuyant sur une base de données nationale analysée rétrospectivement, le Groupe Italien LapBand (GILB) [58]. En début d’étude, les patients présentaient un IMC moyen de 43,7 contre 34,1 à 3 ans postimplantation de l’AGA, soit une réduction de 9,6 avec > 70 % de suivi (le %PPE n’a pas été rapporté). Ces résultats sont similaires à ceux de la présente cohorte SAGB française, où l’IMC en début d’étude était de 41,0 contre 32,2 à 3 ans, soit une réduction de 9,0 (p < 0,0001) avec un suivi de 81,8 %. En 2012, Di Lorenzo et al. ont entrepris une autre étude nationale sur l’AGA portant sur la même base de données GILB, avec une comparaison des techniques d’implantation par voie périgastrique (PG) et par voie de la Pars Flaccida (PF) [26] chez 2 549 patients porteurs d’un Lap-Band (IMC initial, 46,4) : l’implantation a été réalisée par PG pour 1 206 patients (47,3 %), tandis que l’approche par PF a été adoptée pour 1 343 (52,7 %). Parmi les patients éligibles à un suivi de 3 ans au moins, l’IMC moyen était respectivement de 33,8 (soit une réduction de 12,6) et 32,4 (−14,0), et la PPE moyenne était de respectivement 47,2 % et 48,9 %. Ces résultats, comme pour la cohorte GILB précédente [58], sont dans l’ensemble équivalents à la présente étude. Le troisième rapport national sur l’AGA, un essai prospectif du SAGB (le « Realize® Band » utilisé aux ÉtatsUnis) par la Food and Drug Administration américaine, a été conduit par Phillips et al. dans 12 établissements universitaires et privés avec des chirurgiens versés dans la chirurgie laparoscopique mais bénéficiant d’une expérience variable avec les AGA [75]. Parmi les 405 patients soumis à sélection, 276 étaient éligibles pour l’étude et ont bénéficié de l’implantation de l’anneau par chirurgie. L’IMC moyen en début d’étude était de 44,5 avec une réduction de 8,2 à 3 ans et un suivi de 83,0 % ; la PPE était de 41,1 % dans l’essai REALIZE, contre 47,4 % dans la présente cohorte SAGB française. 17 Deux études nationales ont été conduites en France sur l’AGA, mandatées par le gouvernement. Chevallier et al. [71] ont publié une analyse statistique prospective, en séries consécutives, des facteurs prédictifs des résultats avec un AGA du point de vue de l’institution nationale publique d’assurance. Bien que cette enquête ne dispose pas de données à 3 ans, elle a montré que la PPE était < 50,0 % à 1–2 ans chez la majorité des 1 079 patients présentant une obésité morbide qui avaient bénéficié de l’implantation d’AGA par chirurgie [71]. Basdevant et al. [2] ont étudié les pratiques actuelles en matière de chirurgie bariatrique parmi les interventions dans le même registre de Sécurité Sociale française que celui étudié par Chevallier et al. Ils ont montré une réduction de 9,9 de l’IMC et une PPE 46,0 % à 2 ans, soit des valeurs relativement équivalentes aux résultats à 3 ans de le cohorte SAGB française. Le seul essai français antérieur sur un AGA avec 3 ans de suivi, une étude du MID-Band (MID, Dardilly, France), a été menée dans 13 établissements (deux centres universitaires, un hôpital public général, 10 cliniques privées) auprès de 262 patients adultes atteints d’obésité morbide, parmi lesquels 193 ont été inclus dans l’analyse de perte de poids (26 % de perte au suivi). L’IMC moyen en début d’étude était de 41,8 avec une réduction de 8,2–30,7 à 3 ans ; la PPE moyenne était de 61,0 % [76]. Les fourchettes de pourcentages de PPE rapportés à 2–3 ans par les trois études françaises antérieures sur les AGA, ajoutées aux valeurs obtenues pour l’étude sur la cohorte SAGB française sont probablement représentatives des résultats en termes de perte de poids avec AGA en France. Chevallier et al. ont également noté que, indépendamment des caractéristiques patients, le facteur prédictif clé du succès avec AGA était le volume chirurgical (à savoir, typiquement, une équipe pluridisciplinaire réalisant > 2 interventions de chirurgie bariatrique par semaine) [71]. Bien que la présente étude française sur le SAGB ait inclus des établissements réalisant < 2 interventions de chirurgie bariatrique par semaine, il est intéressant de noter que son %PPE moyen a atteint voire dépassé celui de cinq des six autres études nationales sur l’AGA résumées. L’étude Swedish Obese Subjects (SOS), un important essai clinique national au long cours, a également rapporté une réduction de l’IMC inférieure à celle de la présente étude française à 3 ans, bien qu’il soit habituel de voir la perte de poids diminuer quelque peu après avoir atteint un pic entre 1 et 3 ans. L’étude SOS est une ́étude prospective, contrôlée, non randomisée, toujours en cours, qui a suivi 480 établissements de soins primaires et 25 services de chirurgie dans des établissements publics en Suède depuis la phase de recrutement (1 septembre 1987 au 31 janvier 2001). Une chirurgie bariatrique (bypass gastriques, gastroplasties verticales ou AGA [n = 156 en début d’étude]) a été réalisée sur 2 010 patients atteints d’obésité morbide et un groupe de 18 contrôle de 2 037 patients atteints d’obésité morbide et appariés pour l’âge, bénéficiant de soins habituels dans le système suédois de soins primaires. En 2004 (suivi à 10 ans), l’IMC moyen rapporté dans le sous-groupe AGA (n = 156) avait diminué de 5,4 (12,8 %, p < 0,05) à 36,5 contre 41,9 ± 4,2 (totalité du groupe soumis à chirurgie, la valeur pour l’AGA uniquement n’avait pas été rapportée) en début d’étude [74]. En plus du faible nombre d’études nationales sur l’AGA avec suivi à ≥ 3 ans, les résultats présentés devraient être comparés à ceux de revues systématiques ou de métaanalyses, qui couvrent habituellement un vaste éventail d’études, limitant probablement le biais en faveur des « effets CdE ». En analysant les études sur les AGA antérieures à 2003, une revue systématique par Chapman et al. a conclu que la qualité des études sur les AGA avec suivi à moyen terme (à savoir 2 à 4 ans) n’était que modérée, et que l’efficacité à long terme (> 4 ans) n’était pas démontrée [77]. Cinq ans plus tard, une revue systématique par Tice et al. (financée par l’assureur américain Blue Shield of California, comparant les résultats avec AGA et bypass gastriques Roux-en-Y entre 1966 et 2007) a relevé de façon similaire que, bien que l’implantation d’un AGA soit une procédure populaire, les résultats étaient rarement relevés au-delà d’une année en post-opératoire [78]. Quatre autres revues systématiques et/ou méta-analyses publiées pendant la dernière décennie ont étudié le %PPE et/ou la variation d’IMC à ≥ 1 an, et reflètent les conclusions de Chapman et al. ainsi que de Tice et al. selon lesquelles les résultats à ≥ 3 ans avec AGA étaient rares et limités dans la plupart des études par une perte importante de patients au suivi [44, 45, 79, 80]. Dans une méta-analyse réalisée en 2004 par Buchwald et al. sur 1 848 patients avec AGA pour lesquels un %PPE était disponible (1995–2003), la PPE a atteint 47,5 % à > 2 ans, soit un chiffre quasi-identique à celui de la présente étude française sur le SAGB, qui fait état d’une PPE de 47,4 % à 3 ans [44]. Une revue systématique menée en 2006 par O’Brien a montré une PPE moyenne pondérée de 54,8 % au suivi à 3 ans (AGA n = 3 104, 12 études) [79] ; une méta-analyse de 2008 par Cunneen et al. comparant le SAGB (n = 4 274, 33 études) et le Lap-Band (n = 24 707, 104 études) a fait apparaître une PPE à 3 ans de 56,4 % et 50,2 % respectivement [80] ; et une méta-analyse de 2009 par Garb et al. comparant l’AGA et le bypass gastrique a révélé un %PPE de 55,2 % dans le groupe AGA (n = 7 383, 18 études) à 3 ans [45]. Comme on peut s’y attendre avec une proportion plus grande de sites réalisant un grand nombre d’interventions et en incluant des essais contrôlés randomisés, le %PPE moyen à 3 ans dans les trois revues récentes s’est révélé supérieur à celui de la présente étude nationale, tandis que l’intervalle de confiance à 95 % du % PPE moyen (IC 95 % : 44,0, 51,0) de la présente étude a montré un recoupement avec les IC 95 % notés dans les deux Obésité (2013) 8:8-21 méta-analyses les plus récentes et les plus vastes, suggérant des résultats relativement comparables. Les études à moyen terme sur les AGA affichent pour la plupart des taux élevés de perdus de vue, jusqu’à 86,2 % à > 3 ans [45], et une collecte incomplète de données. Bien que la présente étude ait satisfait au critère imposant une perte de suivi < 20 % pour les données de poids et d’innocuité, elle s’est révélée limitée par des données incomplètes et manquantes, notamment pour la collecte des données de comorbidité et de QoL. En effet, en raison d’un probable biais de minoration des notifications, il était impossible d’obtenir une estimation quantitative fiable de la variation de prévalence des différentes comorbidités. Des données de QoL manquaient déjà en début d’étude, à hauteur de 13,0 à 42,0 %, également selon la complexité de l’instrument. En outre, bien que 91,1 % des patients de cette cohorte aient satisfait aux critères d’éligibilité, ces derniers ont dans certains cas été modifiés à la discrétion de l’investigateur : dans le cadre de l’exigence de recrutement consécutif stipulée au protocole, 29 patients (5,6 %) ont présenté un IMC < 35 et une comorbidité concomitante grave ou un IMC ≥ 45 et ont bénéficié d’un SAGB dans le cadre d’une nouvelle intervention pour cause d’échec ou de complication d’une chirurgie bariatrique antérieure. Dans l’analyse du sous-groupe de patients ayant subi une nouvelle intervention, il est apparu que l’inclusion de ces patients dans l’analyse de cohorte globale avait un effet non significatif sur la variation moyenne de l’IMC ; en effet, aucune différence significative de l’IMC n’a été observée au suivi à 3 ans entre les patients ayant subi une nouvelle intervention et ceux qui ont bénéficié d’un SAGB dans le cadre d’une intervention initiale (32,81 ± 5,6 vs 32,13 ± 5,8, p = 0,51). Alors que l’on assiste à une accumulation de données à long terme sur les AGA et que les chirurgiens et les assureurs cherchent à analyser la chirurgie bariatrique dans son ensemble et plus spécifiquement l’efficacité clinique de l’implantation d’un AGA, la possibilité de colliger les résultats de l’ensemble des établissements pratiquant la chirurgie bariatrique devrait devenir importante. Ce rapport présente les premiers résultats d’un essai clinique commandité par le gouvernement français sur le Swedish Adjustable Gastric Band, en utilisation de routine dans plusieurs centres français. Le traitement par SAGB s’est montré sans danger et efficace. Au suivi à 3 ans, 87,0 % des SAGB implantés étaient entièrement fonctionnels et une réduction significative de l’IMC de 9,0 kg/m2 a été notée, avec une PPE correspondante de 47,4 %. Le score d’utilité associé à la QoL EQ5D de la cohorte a montré une amélioration significative, pour devenir globalement similaire à celui de patients avec un IMC normal. Ces résultats corroborent les enquêtes des assurances nationales déjà menées en France sur les AGA et offrent une comparaison favorable avec les résultats d’autres études nationales, revues systématiques et méta-analyses sur Obésité (2013) 8:8-21 les résultats des AGA. D’autres études nationales à long terme sur les résultats des AGA sont nécessaires pour continuer la clarification des critères de remboursement et affiner les normes de traitement. Remerciements Nous tenons à remercier N. Moore, reponsable du Service de pharmacologie clinique, Hôpital Pellegrin, Université Bordeaux, France ; J Mouiel, Service de chirurgie digestive, Hôpital St Roch, France ; et O Ziegler, responsable de l’Unité de nutrition, Hôpital Jeanne d’Arc, France, pour leur aide précieuse en tant qu’experts indépendants pour l’essai. Nous souhaitons exprimer notre reconnaissance pour les conseils experts en chirurgie de M Fried, First Faculty of Medicine, Charles University, Prague, République Tchèque ; les recommandations d’étude de K Haas, Medical Education, Ethicon Endo-Surgery, Cincinnati, OH, USA ; et les conseils statistiques de J Jokinen, Johnson & Johnson Consumer Products, Fort Washington, Pennsylvania, USA ; ainsi que de TW McGlennon, Director, Statistical Analysis and Quality of Life Assessment, McGlennon MotiMetrics (M3), WI, USA. 19 6. 7. 8. 9. 10. 11. Cet article est publié selon les termes de licence Creative Commons, qui permettent toute utilisation, distribution et reproduction dans tout support, sous réserve d’en créditer le(s) auteur(s) d’origine et la source. Déclaration de conflits d’intérêts : G Ribaric et G d’Orsay sont employés par Johnson & Johnson (J&J). JN Buchwald et F Daoud sont employés par un organisme de recherche sous contrat mandaté par J&J. L’étude a reçu le soutien financier d’Ethicon Endo-Surgery Europe, GmbH, filiale de J&J, conformément à une demande de relevé de preuves sur le SAGB à échelle nationale par la HAS. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. Références 1. Buchwald H, Oien DM. Metabolic/bariatric surgery worldwide 2008. Obes Surg. 2009;19:1605–11. 2. Basdevant A, Paita M, Rodde-Dunet M-H, et al A nationwide survey on bariatric surgery: two years prospective follow-up. Obes Surg. 2007;17:39–44. 3. Avis de la CEPP du 1er septembre 2004 modifié le 20 octobre 2004 SAGB (anneau gastrique ajustable suédois), implant annulaire ajustable pour gastroplastie. Modèles 2100-X et 2200-X. http://www.santedev.org/biblio/pdf2/has/cepp/2004/10/20/ pp020367.pdf. Consulté le 12 mars 2012 4. Avis de la CEPP 8 mars 2006 SAGB (anneau gastrique ajustable suédois) Quick-Close fourni avec le site VELOCITY et son applicateur, implant annulaire ajustable pour gastroplastie. Modèle BD2XV. 5. Association Française d’Etudes et de Recherches sur l’Obésité, Association de Langue Française pour l’Etude du Diabète et des Maladies Métaboliques, Société de Nutrition et de Diététique de Langue Française. Recommandations pour le diagnostic, la pré- 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. vention et le traitement des obésités en France. Cah Nutr Diet. 1998;33:10–42. Haute Autorité de Santé: Obésité: prise en charge chirurgicale chez l’adulte. Recommandations de bonnes pratiques professionnelles. January 2009. http://www.has-sante.fr/portail/jcms/ c_765529/obesite-prise-en-charge-chirurgicale-chez-l-adulte. Consulté le 12 mars 2012 Prospective National Cohort Study on Swedish Adjustable Gastric Band (SAGB) for Gastroplasty (Étude de Cohorte Nationale Pro- spective de l’Implant Annulaire Ajustable Pour Gastroplastie SAGB). PROTOCOL N°: 05-FR-004 1.0. Protocole disponible à l’adresse : clinicaltrials.gov: http://clinicaltrials.gov/ct2/show/ NCT01183975? term0ethicon+endo-surgery&rank015 Clinical investigation of medical devices for human subjects— part 1: general requirements. (Investigation clinique des dispositifs médicaux pour sujets humains -- Partie 1: Exigences générales) International Standard Ref. ISO 14155–1:2003(E). Clinical investigation of medical devices for human subjects— part 1: clinical investigation plans. (Investigation clinique des dispositifs médicaux pour sujets humains -- Partie 2: Plans d’investigation clinique) International Standard Ref. ISO 14155–2:2003 (E). Première édition 15 mai 2003. World Medical Association. 7 Declaration of Helsinki: ethical principles for medical research involving human subjects, 22 octobre 2008. www.wma.net/en/30publications/10policies/b3/ index.html. NIH. Gastrointestinal surgery for severe obesity. NIH Consensus Statement 1991; Mar 25–27;9(1):1–20. Fried M, Hainer V, Basdevant A, et al Inter-disciplinary European guidelines on surgery of severe obesity. Int J Obes (Lond). 2007;31 (4):569–77. WHO: Physical status: the use and interpretation of anthropometry. Report of a WHO Expert Committee. WHO Technical Report Series 854. Genèva: Organisation Mondiale de la Santé, 1995. Lorentz FH. Ein neuer Konstitionsinde. Klin Wochenschr. 1929;8:348–51. Lorentz FH. Ein neuer Konstitionsinde der Frau. Klin Wochenschr. 1929;16:734–6. Miller MA. A calculated method for the determination of ideal body weight. Nutr Support Serv. 1985;5(3):31–3. Deitel M, Greenstein RJ. Recommendations for reporting weight loss. Obes Surg. 2003;13(2):159–60. Oria HE, Moorehead MK. Bariatric analysis and reporting outcome system (BAROS). Obes Surg. 1998;9:947–54. Nini E, Slim K, Scesa JL, et al Evaluation de la chirurgie coelioscopique de l’obésité par le score BAROS. Ann Chir. 2002;127 (2):107–14. Ackroyd R, Mouiel J, Chevallier JM, et al Cost-effectiveness and budget impact of obesity surgery in patients with type 2 diabetes in 3 European countries. Obes Surg. 2006;16:1488–503. EuroQoL Group. EuroQoL: a new facility for the measurement of health-related quality of life. Health Policy. 1990;16: 199–208. Dolan P, Gudex C, Kind P, et al A social tariff for EuroQoL: results from a UK general population survey, in York Centre for Health Economics Discussion Paper. University of York: York, UK; 1990. Kind P, Dolan P, Gudex C, et al Variations in population health status: results from a United Kingdom national questionnaire survey. BMJ. 1998;316:736–41. Dixon S, Farina C, McEwan P, et al Evaluation of the association between health-related utility and obesity in hospital treated subjects. Value Health. 2004;7:331. Brazier J, Roberts J, Tsuchiya A, et al A comparison of the EQ5D and SF-6D across seven patient groups. Health Econ. 2004;13: 873–4. 20 26. Di Lorenzo N, Furbetta F, Favretti F, et al Laparoscopic gastric banding via pars flaccida versus perigastric positioning: technique, complications, and results in 2,549 patients. Surg Endosc. 2010;24:1519–23. 27. Nguyen NT, Slone JA, Nguyen XM, et al A prospective randomized trial of laparoscopic gastric bypass versus laparoscopic adjustable gastric banding for the treatment of morbid obesity: outcomes, quality of life, and costs. Ann Surg. 2009;250 (4):631–41. 28. Himpens J, Cadière GB, Bazi M, et al Long-term outcomes of laparoscopic adjustable gastric banding. Arch Surg. 2011;146 (7):802–7. 29. Buchwald H, Estok R, Fahrbach K, et al Trends in mortality in bariatric surgery: a systematic review and meta-analysis. Surgery. 2007;142(4):621–32. discussion 632–5. 30. Champault A, Duwat O, Polliand C, et al Quality of life after laparoscopic gastric banding: prospective study (152 cases) with a follow-up of 2 years. Surg Laparosc Endosc Percutan Tech. 2006;16(3):131–6. 31. Sach TH. The relationship between BMI and HR-QoL: comparing the EQ-5D, EuroQol VAS and SF-6D. Int J Obes. 2007;31:189–96. 32. National Library of Medicine. Electronic PubMed database search for adjustable gastric banding. http://www.ncbi.nlm.nih. gov/ pubmed?term0adjustable%20gastric%20banding. Consulté le 20 mars 2012. 33. Apovian CM, Cummings S, Anderson W, et al Best practice updates for multidisciplinary care in weight loss surgery. Obesity (Silver Spring). 2009;17(5):871–9. Epub 2009 19 fév. 34. American Society for Metabolic and Bariatric Surgery (ASMBS). http://asmbs.org/2012/03/unified-national-accreditation-programfor-bariatric-surgery-centers-announced-by-american-college-ofsurgeons-and-american-society-for-metabolic-and-bariatric-surgery/. Consulté le 20 mars 2012 35. American College of Surgeons National Surgical Quality Improve- ment Program (NSQIP). http://site.acsnsqip.org/about/ business-case/ . Consulté le 15 mars 2012 36. Surgical Review Corporation (SRC). http://www.surgicalreview. org/ coeprograms/bariatric/. Consulté le 15 mars 2012 37. Rubin M, Spivak H. Prospective study of 250 patients undergoing laparoscopic gastric banding using the two-step technique: a technique to prevent postoperative slippage. Surg Endosc. 2003;17 (6):857–60. 38. Naef M, Naef U, Mouton WG, et al Outcome and complications after laparoscopic Swedish adjustable gastric banding: 5-year results of a prospective clinical trial. Obes Surg. 2007;17 (2):195–201. 39. Steffen R, Biertho L, Ricklin T, et al Laparoscopic Swedish adjustable gastric banding: a five-year prospective study. Obes Surg. 2003;13(3):404–11. 40. Fielding GA. Laparoscopic adjustable gastric banding for massive superobesity (>60 body mass index kg/m2). Surg Endosc. 2003;17 (10):1541–5. 41. Fox SR, Fox KM, Srikanth MS, et al The Lap-Band system in a North American population. Obes Surg. 2003;13(2):275–80. 42. Ponce J, Paynter S, Fromm R. Laparoscopic adjustable gastric banding: 1,014 consecutive cases. J Am Coll Surg. 2005;201 (4):529–35. 43. Jan JC, Hong D, Pereira N, et al Laparoscopic adjustable gastric banding versus laparoscopic gastric bypass for morbid obesity: a single-institution comparison study of early results. J Gastrointest Surg. 2005;9(1):30–41. 44. Buchwald H, Estok R, Fahrbach K, et al Trends in mortality in bariatric surgery: a systematic review and meta-analysis. Surgery. 2007;142(4):621–32. discussion 632–635. Obésité (2013) 8:8-21 45. Garb J, Welch G, Zagarins S, et al Bariatric surgery for the treatment of morbid obesity: a meta-analysis of weight loss outcomes for laparoscopic adjustable gastric banding and laparoscopic gastric bypass. Obes Surg. 2009;19(10):1447–55. 46. Nguyen NT, Hohmann S, Slone J, et al Improved bariatric surgery outcomes for Medicare beneficiaries after implementation of the medicare national coverage determination. Arch Surg. 2010;145(1):72–8. 47. Sánchez-Santos R, Masdevall C, Baltasar A, et al Short- and midterm outcomes of sleeve gastrectomy for morbid obesity: the experience of the Spanish National Registry. Obes Surg. 2009;19 (9):1203–10. Epub 2009 Jul 2. 48. Sundbom M, Karlson BM. Low mortality in bariatric surgery 1995 through 2005 in Sweden, in spite of a shift to more complex procedures. Obes Surg. 2009;19(12):1697–701. 49. Schilling PL, Davis MM, Albanese CT, et al National trends in adolescent bariatric surgical procedures and implications for surgical centers of excellence. J Am Coll Surg. 2008;206(1):1–12. Epub 2007 Oct 18. 50. Morino M, Toppino M, Forestieri P, et al Mortality after bariatric surgery: analysis of 13,871 morbidly obese patients from a national registry. Ann Surg. 2007;246(6):1002–7. discussion 1007–9. 51. Ricciardi R, Town RJ, Kellogg TA, et al Outcomes after open versus laparoscopic gastric bypass. Surg Laparosc Endosc Percutan Tech. 2006;16(5):317–20. 52. Davis MM, Slish K, Chao C, et al National trends in bariatric surgery, 1996–2002. Arch Surg. 2006;141(1):71–4. discussion 75. 53. Carbonelli AM, Lincourt AE, Matthews BD, et al National study of the effect of patient and hospital characteristics on bariatric surgery outcomes. Am Surg. 2005;71(4):308–14. 54. Nguyen NT, Root J, Zainabadi K, et al Accelerated growth of bariatric surgery with the introduction of minimally invasive surgery. Arch Surg. 2005;140(12):1198–202. discussion 1203. 55. Santry HP, Gillen DL, Lauderdale DS. Trends in bariatric surgical procedures. JAMA. 2005;294(15):1909–17. 56. Trus TL, Pope GD, Finlayson SR. National trends in utilization and outcomes of bariatric surgery. Surg Endosc. 2005;19(5): 616–20. Epub 2005 Mar 11. 57. Poulose BK, Holzman MD, Zhu Y, et al National variations in morbid obesity and bariatric surgery use. J Am Coll Surg. 2005;201(1):77–84. 58. Angrisani L, Di Lorenzo N, Favretti F, et al The Italian Group for LAP-BAND: predictive value of initial body mass index for weight loss after 5 years of follow-up. Surg Endosc. 2004;18 (10):1524–7. Epub 2004 Aug 26. 59. Belle SH, Berk PD, Courcoulas AP, et al Longitudinal Assessment of Bariatric Surgery Consortium Writing Group. Safety and effi- cacy of bariatric surgery: longitudinal assessment of bariatric sur- gery. Surg Obes Relat Dis. 2007;3(2):116–26. 60. Kakarla VR, Nandipati K, Lalla M, et al Are laparoscopic bariatric procedures safe in superobese (BMI ≥50 kg/m2) patients? A NSQIP data analysis. Surg Obes Relat Dis. 2011;7(4):452–8. 61. Demaria EJ, Winegar DA, Pate VW, et al Early postoperative outcomes of metabolic surgery to treat diabetes from sites partic- ipating in the ASMBS bariatric surgery center of excellence pro- gram as reported in the Bariatric Outcomes Longitudinal Database. Ann Surg. 2010;252(3):559–66. discussion 566–7. 62. World Health Organization: WHO Global Infobase: country collected data, 2010. Consultable à l’adresse : https://apps.who.int/ infobase/ comparestart.aspx. 63. Burns EM, Naseem H, Bottle A, et al Introduction of laparoscopic bariatric surgery in England: observational population cohort study. BMJ. 2010;341:c4296. 64. Harbottle L. Audit of nutritional and dietary outcomes of bariatric surgery patients. Obes Rev. 2011;12(3):198–204. Obésité (2013) 8:8-21 65. Schauer DP, Arterburn DE, Livingston EH, et al Decision modeling to estimate the impact of gastric bypass surgery on life expectancy for the treatment of morbid obesity. Arch Surg. 2010;145(1):57–62. 66. Martin M, Beekley A, Kjorstad R, et al Socioeconomic disparities in eligibility and access to bariatric surgery: a national population-based analysis. Surg Obes Relat Dis. 2010;6(1): 8–15. Epub 2009 17 Juil. 67. Stroh C, Birk D, Flade-Kuthe R, et al A nationwide survey on bariatric surgery in Germany—results 2005–2007. Obes Surg. 2009;19(1):105–12. Epub 2008 Oct 22. 68. Santos LM, de Oliveira IV, Peters LR, et al Trends in morbid obesity and in bariatric surgeries covered by the Brazilian Public Health System. Obes Surg. 2010;20(7):943–8. Epub 2008 7 Juin. 69. Christou NV, Efthimiou E. Bariatric surgery waiting times in Canada. Can J Surg. 2009;52(3):229–34. 70. Dallal RM, Datta T, Braitman LE. Medicare and Medicaid status predicts prolonged length of stay after bariatric surgery. Surg Obes Relat Dis. 2007;3(6):592–6. Epub 2007 23 Oct. 71. Chevallier J-M, Paita M, Rodde-Dunet M-H. Predictive factors of outcome after gastric banding: a nationwide survey on the role of center activity and patients’ behavior. Ann Surg. 2007;246 (6):1034–9. 72. Tsai WS, Inge TH, Burd RS. Bariatric surgery in adolescents: recent national trends in use and in-hospital outcome. Arch Pediatr Adolesc Med. 2007;161(3):217–21. 21 73. Santry HP, Chin MH, Cagney KA, et al The use of multi- disciplinary teams to evaluate bariatric surgery patients: results from a national survey in the USA. Obes Surg. 2006;16 (1):59–66. 74. Sjostrom L, Lindroos A-K, Peltonen M, et al Lifestyle, diabetes, and cardiovascular risk factors 10 years after bariatric surgery. NEJM. 2004;351(26):2683–93. 75. Phillips E, Ponce J, Cunneen SA. Safety and effectiveness of REALIZE adjustable gastric band: 3-year prospective study in the United States. Surg Obes Rel Dis. 2009;5:588–97. 76. Gouillat C, Denis A, Badol-Van Straaten P, et al Prospec- tive, multicenter, 3-year trial of laparoscopic adjustable gastric banding with the MIDBANDTM. Obes Surg. 2012;22(4):572–81. 77. Chapman AE, Kiroff G, Game P, et al Laparoscopic adjustable gastric banding in the treatment of obesity: a systematic literature review. Surgery. 2004;135:326–51. 78. Tice JA, Karliner L, Walsh J, et al Gastric banding or bypass? A systematic review comparing the two most popular bariatric procedures. Am J Med. 2008;121:885–93. 79. O’Brien PE, McPhail T, Chaston TB, et al Systematic review of medium-term weight loss after bariatric operations. Obes Surg. 2006;16:1032–40. 80. Cunneen SA, Phillips E, Fielding G, et al Studies of Swedish adjustable gastric band and Lap-Band: systematic review and meta-analysis. Surg Obes Relat Dis. 2008;4(2):174–85. Epub 2008 Feb 1. Review.