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I N F O R M AT I O N S PROFESSIONNELLES PLFSS 2012, lever de rideau Premières escarmouches droite-gauche Le Sénat dans l’opposition : frein (limité) aux réformes La révolution de palais qui a eu lieu au Sénat, désormais à gauche, peut-elle retarder ou même bloquer des réformes gouvernementales, en particulier sur la santé ou le médicament ? La question se posera rapidement avec l’examen des projets de lois de finances et de financement de la Sécu. Si Jean-Pierre Bel, nouveau président PS, a promis que le Sénat ne serait pas l’assemblée d’un « clan », la tentation sera forte pour la gauche de faire barrage, le plus longtemps possible, aux mesures qu’elle combat. Non seulement les sénateurs socialistes seront en position de force pour se faire entendre mais ils pourront faire adopter des amendements en séance (jusque-là rejetés en commission) ou, à l’inverse, pratiquer plus facilement l’obstruction. Attention toutefois : comme le rappelle le député UMP Yves Bur, le dernier mot, en cas de désaccord, revient à l’Assemblée nationale, qui reste à droite... C. D. Contenu sous la barre des 14 milliards d’euros, le déficit prévisionnel du régime général serait ainsi réduit de 40 % en deux ans et celui de la branche maladie (5,9 milliards d’euros) divisé par deux sur la même période, avec un nouvel horizon de retour à l’équilibre pour… 2015. La réforme du financement en filigrane. Officiellement, ce texte d’année préélectorale ménage les assurés sociaux (pas de hausse du ticket modérateur, pas de nouvelles franchises) et sollicite lourdement l’industrie du médicament. De fait, les principales économies concernent des baisses de prix de produits de santé (670 millions d’euros), d’autres mesures sur les médicaments (marges des grossistes, TFR, déremboursements…) et les prescriptions des médecins (550 millions d’euros au titre de la maîtrise médicalisée). Le PLFSS prévoit également un rabotage tarifaire habituel au détriment des radiologues et biologistes (170 millions d’euros) ou encore des efforts de rationalisation à l’hôpital (contrats de performance, convergence tarifaire ciblée, optimisation des achats, lutte contre la fraude…). Objectif : tenir coûte que coûte un objectif de progression des dépenses maladie de 2,8 % l’an prochain. Marisol Touraine (PS) : « La majorité fait les poches des salariés » LE QUOTIDIEN – Quel va être votre principal angle d’attaque lors de la discussion du PLFSS ? MARISOL TOURAINE – Nous allons mettre en évidence le fait que nous sommes face à un PLFSS qui ne prépare pas les réformes de structure nécessaires. Une étude montre que près d’un tiers des Français déclare avoir renoncé à des soins (lire page 4). Nous savons que les déserts médicaux s’agrandissent. Nous constatons que la prise en charge par l’assurance-maladie diminue au profit des organismes complémentaires, qui sont eux-mêmes taxés un peu plus chaque année, ce qui renchérit le coût des contrats. Pour les soins courants, les Français sont désormais remboursés entre 50 et 55 %. On voit donc bien que les inégalités face aux soins s’accroissent et atteignent un niveau tel qu’elles menacent l’esprit de solidarité. Ce PLFSS affiche une réduction du déficit, mais ne permettra pas d’afficher une réduction des inégalités. C’est un PLFSS de saupoudrage qui va chercher des économies à gauche et à droite sans cohérence. AFP La députée socialiste d’Indre-et-Loire dénonce l’absence de réforme structurelle dans un budget de « saupoudrage » qui ne réduit pas les inégalités. La nouvelle donne issue du Sénat vous renforce-t-elle dans votre combat ? À l’évidence, le Sénat va jouer le rôle de vigie sur un texte aussi important. Mais c’est l’Assemblée nationale qui a le dernier mot, la majorité a donc les moyens institutionnels de faire passer ses textes. C’est donc là que devra se mener le combat puisque c’est là que la décision finale se prendra. Les efforts demandés par ce PLFSS vous semblent mal répartis ? Ce n’est pas qu’ils soient mal répartis, ils sont juste éparpillés. On sent que la préoccupation électorale a joué à plein. Tout ça donne le sentiment d’une certaine prudence, qui ne sera pas suffisante pour qu’on ne voie pas que, comme chaque année depuis 2004, ce sont les patients qui vont être les prin- cipaux contributeurs. Je pense à la taxe sur les mutuelles qui va de facto pénaliser l’accès aux soins, je pourrais aussi évoquer la taxe, absurde en tant que telle, sur les sodas. Il faut bien sûr lutter contre l’obésité, mais cette taxe n’a aucun sens toute seule si elle ne s’inscrit pas dans une politique globale, hormis celui de ramener de l’argent dans les caisses. Il ne s’agit pas dans ce PLFSS d’avoir une politique de santé publique, ou de réduction des inégalités de soins, mais de faire rentrer l’argent de façon éparpillée, illogique, y compris sur le médicament. On met à contribution, et c’est une bonne chose, l’industrie pharmaceutique, mais sans remettre de l’ordre dans la politique du médicament. Comment jugez-vous le changement de calcul des IJ ? C’est une taxe supplémentaire imposée aux salariés malades. Que laisse entendre cette mesure ? Que les malades sont des fraudeurs, et qu’il faut les responsabiliser. Autant il faut lutter contre la fraude, autant on ne peut pas faire l’hypothèse que tous les salariés malades sont des fraudeurs. Cette mesure va rapporter 220 millions d’euros, mais donne le sentiment que la majorité fait les poches des salariés. > PROPOS RECUEILLIS PAR H.S.R. S. TOUBON/« LE QUOTIDIEN » LE DERNIER BUDGET de la Sécu du quinquennat Sarkozy entame son marathon parlementaire dans un contexte particulier. Si le passage du texte prévu ce matin en Conseil des ministres relève de la formalité, nul doute que les explications de Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et Roselyne Bachelot, auditionnés (en présence de la presse) sur ce PLFSS par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, auront déjà un léger parfum de campagne électorale… À sept mois du scrutin présidentiel, et à l’heure où le Sénat connaît la première alternance de son histoire (encadré), ce budget d’un montant supérieur à celui de l’État permettra à la majorité et à l’opposition de roder quelques arguments. Les grandes lignes du PLFSS 2012 sont connues. Le gouvernement expliquera que ce budget amplifie l’effort indispensable de redressement des comptes sociaux. Près de 700 millions d’euros d’économies sont attendus avec les baisses de prix Si ces économies sont de facture classique, une mesure (elle, inattendue) risque de provoquer de vifs échanges : la réforme du calcul des indemnités journalières (sur la base du salaire net et non plus du brut). Sous couvert d’harmonisation, le gouvernement entend récupérer 220 millions d’euros grâce à un taux de remplacement pour les IJ maladie moins relevé que ne l’aurait exigé la conversion du brut au net. L’affaire fait déjà bondir la gauche et les syndicats de salariés. Le débat devrait également aborder la réforme des recettes de la protection sociale. À ce jour, le gouvernement se refuse à des hausses générales de prélèvements (CSG, CRDS), les nouvelles ressources au bénéfice de la Sécu provenant de la réduction de « niches » ou de prélèvements ciblés (revenus du patrimoine, fiscalité comportementale - alcool, tabac, boissons sucrées…). Mais cette politique trouve ses limites et les avocats de mesures plus radicales, à droite comme à gauche, devraient donner de la voix. Le débat sur la TVA dite sociale n’a-t-il pas déjà gagné les rangs du Parti socialiste ? > CYRILLE DUPUIS Yves Bur (UMP) : « Un effort pour conforter la solidarité » Pour le député UMP du Bas-Rhin, ce budget de la Sécurité sociale épargne les assurés, sans mesures spectaculaires. LE QUOTIDIEN – Le PLFSS 2012 est-il à la hauteur des enjeux ? YVES BUR – Il représente un véritable effort pour conforter la solidarité face à la maladie. Alors que l’ensemble des finances publiques sont sous tension, le gouvernement a trouvé les moyens de mobiliser 6,5 milliards d’euros au profit de la Sécurité sociale et principalement de l’assurance-maladie. Malgré la crise, chacun pourra se faire soigner. Les efforts demandés aux acteurs du système de santé sont-ils équilibrés ? Ce PLFSS ne contient pas de mesures specta culaires. Sur la vingtaine d’articles qui concernent la branche maladie, aucune disposition ne sort du lot. Par contre, pour parvenir à limiter l’ONDAM à 2,8 %, il a fallu un plan d’économies de 2,2 milliards d’euros. Les PLFSS préélectoraux sont toujours des PLFSS de tous les dangers. Cette année, nous ne sommes plus dans la situation de 2007 où l’ONDAM des soins de ville était fixé à 1,1 %. Nous avons un objectif de S. TOUBON/« LE QUOTIDIEN » Début du marathon pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2012. Après examen du texte en Conseil des ministres, ce matin, Valérie Pécresse (Budget), Xavier Bertrand (Santé) et Roselyne Bachelot (Solidarités) défendront ce budget de la Sécu devant les députés experts de la commission des affaires sociales. Un petit air de 2012... dépenses crédible, que nous pouvons atteindre, comme celui de l’an dernier et de cette année. L’ONDAM 2012 est fait pour être respecté. L’effort le plus important repose sur l’industrie du médicament sur qui porte plus de la moitié des contributions à travers des baisses de prix, des taxes et la maîtrise médicalisée. Le patient est épargné et personne ne pourra affirmer que ce PLFSS rationne les soins. Ce PLFSS prévoit un retour à l’équilibre en 2015. Est-il sincère ? Oui, mais il y a une inconnue : la croissance. Certains diront que le gouvernement devrait être moins optimiste, mais on attend de lui qu’il soit volontariste. Nous voyons que notre système de solidarité est terriblement dépendant de la croissance. En fonction de celle-ci, les recettes sont au rendez-vous ou non. Si nous arrivons à maintenir un niveau de croissance économique de 2 %, le retour à l’équilibre est possible. Mon inquiétude vient de la croissance mondiale qui marque le pas, y compris en Asie. Additionné aux cures d’austérité en Europe, nous pourrions avoir de mauvaises surprises. Mais quoi qu’il arrive, la solidarité face à la maladie ne sera pas entamée. Cela montre que les efforts de rationalisation et d’optimisation de la dépense sont de plus en plus impérieux. Il faudra que nous aidions les Français à prendre conscience que l’argent est de plus en plus difficile à rassembler pour la Sécurité sociale et qu’il faut toujours mieux le dépenser. Aucune mesure sur la démographie et les dépassements d’honoraires dans ce budget, la convention a-t-elle tout réglé ? La convention n’a rien réglé à ces problèmes. J’ai l’impression que nous allons partir en campagne. Nous verrons les retours de nos concitoyens. Ils nous orienteront sur ce qu’ils attendent pour les prochaines années. > PROPOS RECUEILLIS PAR CH.G. MERCREDI 5 OCTOBRE 2011 - N° 9018 - LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN - www.lequotidiendumedecin.fr - 3