Guide du voyageur au Maroc format PDF
Transcription
Guide du voyageur au Maroc format PDF
Récits de voyages au Maroc Guide de voyage Edition du 22 février 2003 Les mises à jour sont consultables sur internet à l'adresse http://www.shergui.com Guide de voyage INTRODUCTION ..................................................................................................................................... 3 LA TRAVERSEE..................................................................................................................................... 4 LA DOUANE ........................................................................................................................................... 4 LA CARTE............................................................................................................................................... 4 LES GUIDES ........................................................................................................................................... 5 LES GUIDES (2) ..................................................................................................................................... 5 PETIT TRAITE DE SAVOIR VIVRE A L'USAGE DES VOYAGEURS .................................................. 6 SE LOGER .............................................................................................................................................. 7 LE VEHICULE ......................................................................................................................................... 8 LES ROUTES.......................................................................................................................................... 9 LA POLICE............................................................................................................................................ 10 L'ESSENCE .......................................................................................................................................... 10 LES PISTES .......................................................................................................................................... 11 L'AUTO-STOP ...................................................................................................................................... 11 FAIRE DU STOP .................................................................................................................................... 11 PRENDRE DES AUTO-STOPPEURS .......................................................................................................... 11 LE STATIONNEMENT .......................................................................................................................... 12 LES TAXIS ............................................................................................................................................ 12 LE GRAND SUD EN TAXI BROUSSE ................................................................................................. 13 LE BUS.................................................................................................................................................. 13 L'HEURE DE LA PRIERE ET LES TRANSPORTS ............................................................................. 13 S'HABILLER ......................................................................................................................................... 13 S'HABILLER L'HIVER .......................................................................................................................... 14 SPECIAL FILLES SEULES(MAIS ÇA PEUT SERVIR AUSSI AUX AUTRES)................................... 15 QUELS SONT DONC LES CONSEILS QUE VOUS POUVEZ SUIVRE POUR EVITER LES DESAGREMENTS ?......... 15 VOYAGER AVEC DES ENFANTS ....................................................................................................... 16 PARLER ................................................................................................................................................ 17 LIRE ET ECRIRE. ................................................................................................................................. 19 LE CHANGE ......................................................................................................................................... 20 MARCHANDER .................................................................................................................................... 20 SE NOURRIR, BOIRE........................................................................................................................... 21 LES INVITATIONS................................................................................................................................ 22 LES TAPIS AU MAROC (PETIT GUIDE D'ACHAT A L'USAGE DES VOYAGEURS)....................... 22 CHOISIR UN TAPIS ................................................................................................................................ 22 MAROC, OCTOBRE 2002 : 1500KM EN TRANSPORTS EN COMMUN. .......................................... 23 LES TEMOIGNAGES............................................................................................................................ 25 NOTES PERSONNELLES.................................................................................................................... 31 Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 2 version internet : http://www.shergui.com Tout ce que vous devez savoir sur le Maroc et que vous ne trouverez que difficilement ailleurs. Ce site est le reflet de notre expérience lors de plusieurs voyages au Maroc entre 1974 et 2002. Nous y allons en général en voiture depuis la France et nous n'y avons donc inclus que peu d'informations sur les autres moyens de transport (avion, train, location de voiture) et de voyage (randonnée, trekking). Par goût nous privilégions des modes de voyage à l'économie au plus près des habitants. Les informations que nous donnons sont à jour en mars 2002, date de notre dernier voyage. Nous avons inséré des liens vers des sites où vous pourrez trouver des renseignements qui peuvent vous être utiles. Nous vous souhaitons un bon voyage... Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 3 version internet : http://www.shergui.com La traversée Si vous venez par Algéciras rendez-vous à l'embarquement sur le port. Suivez scrupuleusement le fléchage qui n'est pas toujours très clair. Vous trouverez dans l'enceinte les bureaux nécessaires pour acheter le passage juste avant d'embarquer. Pas la peine de s'adresser aux revendeurs à la sauvette qui traînent devant les grilles. Vous débarquez à Céuta enclave espagnole au Maroc. Évitez d'y dormir, les chambres sont rares, chères et souvent assez peu confortables. Calculez votre trajet pour entrer immédiatement au Maroc. Le mieux est de passer dans la matinée pour avoir le temps de faire un bout de route après la frontière, et rejoindre Chechaouen ou Fès. Le décalage horaire est de deux heures en été et une heure en hiver. Le Maroc vit toute l'année à l'heure du soleil. N'oubliez pas cependant de faire le plein avant de passer la frontière car l'essence est détaxée. La douane Malgré ce que l'on peut lire ici ou là le passage de la douane est en principe assez aisé. Cela dépend cependant de la période de l'année. Nous avons mis une fois 12 heures pour passer la frontière mais c'était en 1974 en pleine guerre hispano-marocaine dans le Sahara et ceci explique cela. En général les formalités peuvent prendre de quelques minutes à quelques heures. Un certain nombre de personnes en civil vous propose des fiches à remplir avant d'arriver devant les guichets. Vous pouvez les utiliser sans problème. Il vous en coûtera quelques dirhams ou un menu cadeau (stylo, cigarette). Il faut remplir ces fiches pour chaque passager plus une spéciale pour la voiture, faire tamponner les passeports, attendre que les douaniers fouillent le véhicule s'ils le jugent bon, faire coller sur le pare-brise le certificat d'importation provisoire et rentrer au Maroc après un dernier contrôle. Si vous n'êtes pas le titulaire de la carte grise, munissez-vous d'une attestation de prêt du propriétaire que vous ferez certifier conforme à la mairie de votre domicile. Pensez à avoir ce document en double car vous en laisserez un au poste de douane et vous garderez l'autre sur vous après l'avoir fait viser par le responsable. Vous pouvez maintenant sur le site des douanes marocaines saisir en ligne le formulaire d'importation temporaire de votre véhicule. Une fois validé vous l'imprimez chez vous. Le douanier n'aura qu'à lire le code barre de votre document pour récupérer instantanément les informations vous concernant. Pensez à l'imprimer en double bien qu'il comporte deux volets car un double risque de vous être demandé lorsque vous repasserez la frontière. Dernière petite information, les policiers et même certains douaniers ne sont pas toujours bien informés de cette téléprocédure. Ils risquent de s'obstiner à vous demander le papier vert qui est la couleur du formulaire normal. Si vous pouvez imprimer votre télédocument en vert, cela peut vous simplifier la vie. Mais après quelques explications je n'ai eu aucun problème avec la web-administration marocaine. La carte Procurez-vous la carte Michelin du Maroc (carte n° 959). C'est la meilleure et elle est régulièrement remise à jour. Vous pouvez aussi trouver un assortiment de cartes sur le site du Vieux Campeur. Pour les cartes plus précises, il a longtemps été difficile de se les procurer au Maroc. Le gouvernement ne voyait pas leur diffusion d'un bon œil pour des raisons de sécurité intérieure. Il paraît que vous pouvez en trouver à présent assez facilement auprès du service du cadastre à Rabat. Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 4 version internet : http://www.shergui.com Les guides De nombreux guides existent pour voyager au Maroc. Ils sont utiles lorsque l'on ne connaît pas du tout le pays car ils permettent de situer rapidement dans une ville ou un village les lieux où dormir et se restaurer, dans les gammes de prix que vous recherchez. Les deux principaux sont le " Lonely Planet " et le " Guide du Routard" Mais ils ne sont pas incontournables et surtout ne doivent pas être pris au pied de la lettre. Le meilleur à mon avis est le Lonely Planet, un peu moins caricatural que le Guide du Routard. Il est de plus un peu moins connu des français, donc évite de systématiquement se retrouver en foule dans les mêmes endroits entre français. L'avantage des guides est qu'ils vous permettent de téléphoner d'avance aux hôtels pour retenir des chambres car ils indiquent les adresses et les numéros de téléphone (quand il y en a). Ce peut être utile dans les grandes villes (surtout à Marrakech, si vous visez les hôtels les plus courus de la médina). Ceci dit il est toujours possible de trouver une chambre en dehors des hôtels préférés des touristes. Ne pas hésiter à visiter la chambre avant d'accepter et à marchander le prix selon le cas. Les guides (2) Bien sur tous les guides vous parleront des guides. Ceux de papier font des pages sur les autres, les vrais et les faux. Car au Maroc, le vrai guide est suivi comme son ombre par son double inversé, par son reflet, son imitation : le faux guide. Comment reconnaître le vrai guide du faux guide ? Le vrai guide se trouve principalement à la réception des hôtels les plus touristiques ou éventuellement à l'office de tourisme. Il est en général vêtu d'une djellaba blanche et muni d'une carte ou d'un badge arborant sa photo. Il vous proposera son assistance pour vous faire visiter la ville souvent d'un pas débonnaire, les mains dans le dos et vous commentera cette visite de façon plus ou moins érudite. Le vrai guide existe aussi en Europe et s'il ne hante pas les abords des hôtels, vous pourrez le trouver, comme son cousin marocain, à l'office de tourisme, au syndicat d'initiative, voire à l'intérieur des monuments. Si vous le souhaitez, ici comme là bas, vous pouvez avoir recours à lui. Et souvent, surtout s'il est passionné par sa ville et s'il connaît bien son histoire, il vous apportera des éclairages et des informations utiles voire captivants que vous n'auriez pu découvrir par vous-même qu'après des jours et des jours de recherches dans d'obscurs grimoires, au fond de bibliothèques poussiéreuses ou dans la clarté glauque de votre écran sur les sites internet les plus confidentiels et les plus spécialisés de l'histoire locale. Si vous aimez les visites guidées, si vous êtes pressé et voulez aller à l'essentiel, si vous ne regardez qu'Arte, alors n'hésitez pas à recourir à un guide sérieux et compétent qui vous fera gagner beaucoup de temps et vous permettra d'appréhender des perspectives historiques et culturelles passionnantes. Mais s'il s'agit simplement de flâner dans les souks, de déambuler dans la médina, s'il s'agit de humer ou de s'imprégner de la vie de tous les jours, d'écouter les chants des enfants s'échappant de la fenêtre de l'école, de boire un thé à une terrasse, de discuter avec les passants, de marchander avec les marchands alors fuyez le guide. Fiez-vous à votre instinct, ouvrez vos yeux et vos oreilles, osez l'aventure, perdez-vous, retrouvezvous, entrez dans les boutiques, discutez les prix, partez, revenez. Laisser filer le temps, perdez du temps, adaptez votre rythme au rythme du pays. Le faux guide lui est habillé comme vous et moi. C'est parfois un enfant, jamais une femme. Il se trouve surtout aux entrées de la médina, aux abords des monuments les plus importants, près des zones de parkings, sur les places ou les jardins publics. Il essaiera à toute force de vous persuader que vous ne pouvez pas visiter la ville sans lui, que vous allez irrémédiablement vous perdre dans les méandres des souks, que vous allez passer à côté des merveilles des mille et une nuits, qu'il vous mènera dans des boutiques mystérieuses connues de lui seul où depuis la nuit des temps des femmes berbères évidemment, filent de leurs doigts habiles des tapis merveilleux de laine et de soie. Où de farouches artisans forgent pour vous seul des poignards d'acier bleui, d'or et d'argent. Où les derniers touaregs viennent vous vendre pour une misère leurs bijoux ancestraux. Ne le croyez pas. Passez votre chemin. Le faux guide est presque toujours insistant, il vous faudra le décourager. Dites-lui que vous ne voulez pas de ses services, dites-lui que vous voulez visiter la ville seul, que vous savez où vous allez, que vous n'êtes pas intéressé par ses merveilles. Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 5 version internet : http://www.shergui.com Parfois l'humour peut en venir à bout. Je me suis une fois débarrassé de l'un d'eux en exigeant qu'il me présente sa carte officielle de faux guide. Non pas une fausse carte de vrai guide mais une vrai carte de faux guide, avec le tampon du ministère car je n'avais confiance qu'en les faux guides officiels. Ecœuré il a préféré tenter sa chance ailleurs. C'est toujours ce qui arrivera après un laps de temps variable. Si les touristes sont nombreux l'insistance de votre solliciteur sera assez brève, d'autres "clients" moins déterminés se trouvant à proximité. Mais si l'activité est creuse vous risquez de le voir s'incruster, vous suivre partout en multipliant les demandes, les propositions, les questions, parfois les provocations. Il m'est arrivé de me faire traiter de raciste par un enfant que je refusais de suivre dans la médina. Restez ferme si vous ne voulez pas recourir à ses services, il finira toujours par se lasser. En revanche si vous connaissez la ville, si vous y revenez souvent, ou bien si vous y restez plusieurs jours, le faux guide, avec cette mémoire infaillible des visages commune semble-t-il à tous les Marocains et qui me stupéfie encore au bout de tant de voyages, vous reconnaîtra immanquablement et vous ignorera superbement ou bien, abandonnant pour un temps son métier, engagera gentiment la conversation avec vous, s'émerveillant de votre amour ou de votre intérêt pour sa ville et son pays, vous souhaitera la bienvenue, vous invitera peut-être chez lui sans arrière pensée. En toute amitié. Petit traité de savoir-vivre à l'usage des voyageurs Évidemment il n'est pas question ici de passer en revue tous les aspects du savoir-vivre marocain. Je n'ai d'ailleurs pas la prétention d'être un expert en ce domaine. Ce ne sont que quelques réflexions notées au fil de plusieurs séjours. Certaines remarques ne relèvent même pas vraiment de la sphère étroite de la politesse. Quoique la vraie politesse, à mon sens, lorsque l'on voyage, soit de se rappeler que l'on doit le respect à ceux qui nous accueillent et que notre mode de vie, n'est pas a priori meilleur que celui de nos hôtes. J'ai assisté trop souvent à des scènes où l'insupportable suffisance de certains touristes, le mépris condescendant et l'ignorance dont ils faisaient preuve me faisaient bouillir de rage devant tant d'imbécillité satisfaite. Heureusement ce ne sont pas, je crois, la majorité. Pour les autres de l'humilité, de l'ouverture d'esprit, le sens de l'observation permettront de s'en tirer de façon honorable. Et toutes les erreurs sont pardonnées lorsqu'elles sont le fait d'un cœur pur agissant de bonne foi. Les mosquées : l'accès aux mosquées est interdit aux non musulmans au Maroc. Cette interdiction dont l'origine n'est pas le fait de quelques obscurantistes a été instaurée par Lyautey et persiste encore de nos jours à l'inverse d'autres pays musulmans. Vous remarquerez donc au fronton de certains lieux de culte des panneaux " Interdit aux non musulmans ", parfois ce sont des quartiers entiers qui sont condamnés par une barrière de bois en travers de la rue comme à Moulay Idriss, ville sainte longtemps interdite aux occidentaux. Ne vous en offusquez pas et n'essayez pas à toute force de vous glisser dans ces édifices religieux ou d'en photographier l'intérieur depuis la rue. Si vous voulez connaître un aspect de l'architecture de ces constructions, visitez les medersas qui les jouxtent souvent dans les villes anciennes comme Fès ou Marrakech. Le temps : le temps pour les Marocains a une autre réalité que pour nous occidentaux. Vous serez sûrement étonné les premières fois lorsque vous donnerez rendez-vous à un marocain ou que vous organiserez une activité avec des marocains. Mais je connais de jeunes instituteurs qui exercent dans un petit douar du Haut Atlas. Parfois lors de leur jour de repos, ils partent à pied à travers la montagne vers Tinerhir à 32 kilomètres pour voir la civilisation : des cafés, la télévision, l'électricité. Lorsque l'on est capable de faire plus de 60 kilomètres à pied pour se rendre en ville, il est vrai que notre échelle du temps réglée à la seconde n'a plus trop signification. Le temps au Maroc est souvent le temps de l'attente : on attend le bus, on attend que le taxi collectif soit plein, on attend le passage du camion. Lâchez prise sur le temps et ne vous laissez pas tyranniser par votre montre. Sinon vous serez très malheureux. L'aumône : partout au Maroc vous serez sollicités par des mendiants. Il faut savoir en effet qu'il n'existe pas de protection sociale pour des pans entiers de la population et que, souvent, ce moyen est le seul qui leur permette de subsister. En observant les Marocains eux-mêmes vous vous rendrez compte que toutes les couches de la société donnent à ceux qui font l'aumône. Ayez toujours quelques dirhams dans votre poche et vous aussi donnez à ceux qui vous le demandent. Bien sur Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 6 version internet : http://www.shergui.com vous ne pourrez pas donner à tout le monde mais essayer de donner aux plus nécessiteux : les infirmes, les vieillards, les femmes avec leur bébé. Pour ma part, j'évite presque toujours de donner de l'argent aux enfants. Si vous le faites vous serez immanquablement entouré d'un groupe compact dont vous aurez toutes les peines du monde à vous débarrasser. Et puis surtout c'est une attitude qui les pousse vers la mendicité, à considérer les voyageurs comme des pourvoyeurs et à vicier le mode de relation entre eux et vous. En revanche, je porte toujours sur moi un carnet ou nous pouvons échanger des dessins, nos noms ou des mots en français et en arabe. Cela vous demande d'apprendre la calligraphie arabe, mais c'est très utile pour nouer le contact et vous aurez souvent autour de vous un cercle amusé de curieux appréciant votre graphie malhabile et prêts à corriger gentiment vos erreurs. Dans la maison : quand vous êtes invité dans une maison, on vous retiendra toujours pour boire un thé ou même pour un vrai repas. Le salon traditionnel marocain est une pièce rectangulaire beaucoup plus longue que profonde. La porte se trouve toujours dans l'un des grands côtés. Des banquettes sont alignées le long des murs, le sol est recouvert de tapis. Dans les maisons les moins luxueuses les banquettes sont remplacées par des tapis ou des nattes. Lorsqu'il y a un tapis au sol vous devez toujours vous déchausser et laisser vos chaussures à l'entrée de la pièce. Souvent, que vous soyez assis par terre ou sur une banquette on vous proposera des coussins. Vous ne pourrez jamais passer chez quelqu'un pour quelques minutes : vous devrez toujours vous asseoir, boire le thé, manger des friandises ou même un vrai repas et vous serez souvent invité à dormir : tout refuser serait extrêmement impoli. Pensez-y en organisant le planning de vos journées.. Le repas : Dans toutes les cultures, le repas est l'un des moments les plus codifiés de la vie sociale et l'un des plus embarrassants pour qui n'en maîtrise pas les subtilités. Même chez nous, qui ne s'est pas senti mal à l'aise en dînant dans un autre milieu que le sien. Comment user des accessoires, dans quel verre mettre l'eau, quelle fourchette utiliser pour le poisson ? Le repas est un moment de partage et de convivialité mais c'est aussi celui où l'on fait passer les aliments de l'extérieur à l'intérieur du corps, l'un de ceux, assez rares en fait, au cours duquel on se livre à une fonction corporelle en public. C'est ce qui explique que l'on peut parfaitement commettre de bonne foi des impairs et violer sans le savoir des usages ou des interdits. Le repas commence toujours par l'arrivée de la table au milieu des convives. A l'inverse de chez nous ce ne sont pas eux qui se dirigent vers elle, mais elle qui vient les rejoindre, basse sur pieds, amenée de la cuisine. On s'installe en général assis par terre. On fait ensuite passer le nécessaire pour se laver les mains et la bouche avant le repas. La cuvette, la cruche d'eau chaude, le savon et la serviette circulent de mains en mains présentés par le fils ou la fille de la maison. Le repas traditionnel se prend avec la main pour seul ustensile dans le plat commun posée au centre de la table. Le tagine se déguste avec le pain trempé dans la sauce. Depuis quelques années, le couscous est servi avec une fourchette même dans les familles. Lors de nos premiers voyages, il nous est arrivé de devoir le manger avec nos doigts. Toute la technique consiste à faire des boules de semoule régulières en évitant de se brûler. Vous devez toujours utiliser la main droite pour manger même si vous êtes gaucher. Utiliser la main gauche, la main réservée à la toilette est considérée comme très mal poli et les nécessités de l'hygiène lorsque tout le monde se sert dans le même plat permettent d'en comprendre la raison. En général les plats marocains sont à base de légumes et réalisés avec très peu de viande. Il serait très inconvenant que vous précipitiez dessus. D'autant qu'on vous la proposera immanquablement. Souvent le maître ou la maîtresse de maison déposera devant vous les meilleurs morceaux en vous enjoignant de manger (koul en arabe, tisch en berbère). Vous n'aurez déjà plus faim que l'on vous encouragera encore à vous remplir le ventre et vous serez souvent obligé de vous exécuter jusqu'à ce que vous n'en puissiez vraiment plus. Vous pouvez tout à fait déposer les reliefs directement sur la table qui est emportée à la cuisine dès la fin du repas. En cas de doute, observez vos hôtes et calquez votre attitude sur la leur. Se loger Sans discussion choisissez les hôtels des médinas, sans étoiles et sans classement. Vous en trouverez dans toutes les villes, presque dans chaque village et même parfois en pleine campagne. Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 7 version internet : http://www.shergui.com Se loger au Maroc n'est vraiment pas un problème. Au cours de nos premiers voyages nous amenions avec nous une tente de camping. Nous avons progressivement abandonné cette solution. En effet, souvent les campings sont chers pour une qualité assez médiocre. A Essaouira le camping propose dans une sorte de cour de caserne encerclée de murs de 3 mètres consciencieusement hérissés de tessons de bouteilles, l'ombre reposante d'un arbrisseau chétif d'environ 1,50 mètre de haut sous lequel se sont jetées les quelques tentes des chanceux arrivés avant vous. A Salé, un mouton dépressif enchaîné à un piquet broute paisiblement dans l'enceinte tapissant le sol de ses déchets. Si le cœur vous en dit, quelques campings sont paraît-il très confortables, n'oubliez pas de vous munir d'un solide marteau de quelques kilos pour tenter de persuader vos piquets de s'enfoncer dans le sol rocailleux qui n'a pas vu une goutte d'eau depuis des lustres. Quoiqu'il en soit, prenez cependant votre duvet car s'il est toujours agréable de dormir sur les terrasses des hôtels pour quelques dirhams, les nuits peuvent parfois être fraîches, même en été surtout en altitude. Ayez aussi avec vous si vous le pouvez un sac à viande. Cela nous a quelques fois sauvé la mise dans certains hôtels ou la propreté des draps laissait à désirer. Heureusement, ce n'est pas le plus fréquent et dans la majorité des cas ils sont tout à fait honnêtes, même s'ils sont plutôt trop petits pour les lits. Si vous êtes vraiment soucieux de votre confort, emmenez aussi votre oreiller car les coussins marocains sont en règle générale redoutables pour les vertèbres. A croire qu'ils sont bourrés jusqu'à la gueule avec des noyaux de dates. Dans les hôtels dont je vous parle n'espérez cependant pas disposer d'une salle de bain privée. Douches et W-C à la turque communs obligatoires. Pour vous laver vous devrez souvent payer un petit supplément si vous tenez absolument à l'eau chaude. Le plus souvent l'eau froide est gratuite. Là comme ailleurs la propreté est variable, mais presque toujours satisfaisante. Si vous craignez absolument de passer dans la douche après quelqu'un d'autre munissez-vous de chaussures en plastique résistantes à l'eau et douchez-vous avec. Les hôtels les plus simples n'offrent quant à eux aucun moyen de se laver. Dans ce cas à vous les joies du hammam du quartier. Le prix de la chambre se donne le plus souvent par personne. Il varie de 20 dirhams à 40/50 dirhams la nuit, soit 25 francs à 60 francs pour deux personnes. Loger dans la médina vous permet d'être au cœur de l'action et vous ne le regretterez pas. Je suppose que vous n'êtes pas venu jusque là pour retrouver les mêmes conditions qu'à La Baule ou à Paris Le véhicule Comme pour tout voyage, utilisez de préférence un véhicule en bon état. Donc avant le départ une petite révision s'impose. En fonction de la date faites particulièrement attention au système de refroidissement : radiateur en bon état, liquide de refroidissement de rechange. La température peut monter très haut notamment en plein été dans le sud. Apportez aussi une grande attention à l'état des pneumatiques. Si vous êtes propriétaire d'une de ces voitures qui ne dispose pas d'une vraie roue de secours mais de l'une de ces roues de brouette, investissez dans l'achat d'une jante et d'un vrai pneu. Pour le reste, la routine. Si vous vous y connaissez un peu emmenez quelques outils et pièces de rechange. Dans tous les cas prévoyez bombe anti-crevaison, ampoules, bougies, clé en croix, lampe de poche etc. D'une manière générale, tout véhicule sophistiqué devra être réparé dans une concession de la marque, c'est à dire dans l'une des grandes villes. Cela veut dire prendre rendez-vous, c'est déjà une aventure, attendre la pièce, payer absolument en liquide ou avec un chèque certifié (autrement dit introuvable pour un étranger). Si la main d'œuvre est incomparablement moins chère, le coût de la pièce de rechange peut atteindre des sommets. Nous en avons fait l'expérience à la concession Peugeot de Fès pour faire changer le radiateur d'une 405. Si vous voyagez à bord d'un véhicule ancien, dont toutes les pièces sont en métal et non en plastique, vous pouvez tenter de le faire réparer par l'un des garagistes locaux qui fleurissent le long des routes. Dans la mesure du possible, prenez conseil d'un ami marocain de confiance et discutez avant non seulement sur le prix mais aussi sur la réparation à effectuer. Souvent, ces mécaniciens sont très habiles et assez ingénieux pour permettre à votre voiture de vous ramener à bon port. Prévoyez cependant que les normes techniques ne sont pas vraiment les mêmes au Maroc et chez nous. Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 8 version internet : http://www.shergui.com Comme je m'étonnais un jour auprès de Saïd de voir des centres de contrôle technique automobile avoir pignon sur rue, et en même temps un nombre incalculable de véhicules ahanant sur les routes, répandant une épaisse fumée noire, celui-ci me répondit " Ah oui, mais ce n'est pas obligatoire d'aller passer le contrôle avec sa voiture. Il suffit d'acquitter le prix et d'aller chercher le papier. " Saïd pour le moment n'a pas de voiture et se déplace à pied. Il y a toujours un ami pour l'amener à la ville. Il rêve avec regret au temps ou il avait une 404. Il a été très déçu de sa 504. Les routes Les routes du Maroc sont dans l'ensemble assez convenables. Des efforts ont encore été réalisés ces dernières années et la majorité du réseau est en bon état. De nombreuses routes y compris dans le sud permettent à présent un croisement facile. Cependant un certain nombre de principes de bon sens doivent être respectés pour que le voyage se passe dans les meilleures conditions. Au Maroc tout le trafic de marchandises se fait par camion. Ils sont en général surchargés et transportent souvent tout en haut du chargement un nombre impressionnant de voyageurs. Vous serez donc souvent ralentis par une file de camions et de bus peinant dans les côtes. Comme souvent les camionneurs sont assez sympas et font signe lorsque l'on peut les doubler. Allez-y mais ouvrez l'œil quand même. Vérifiez que la route est réellement libre compte tenu de votre capacité d'accélération, de la vitesse et du nombre de véhicules à dépasser. Essayez dans la mesure du possible de ne pas faire de grandes étapes la nuit. Cela est assez fatigant. Faites surtout attention aux piétons, aux ânes, aux cyclistes qui semblent mettre leur point d'honneur à se déplacer sans aucun signal lumineux et de tous les côtés de la chaussée. Si vous êtes absolument obligés de rouler de nuit sur des routes fréquentées, réduisez la vitesse et restez concentrés. Sur les petites routes faites aussi attention mais vous avez moins de chance d'embarquer quelqu'un sur votre capot. De toute façon le profil de la voie n'incite pas à la vitesse. Dans tous les cas, y compris le jour, soyez extrêmement vigilants. Les conducteurs marocains ne respectent qu'approximativement le code de la route. Ne vous fiez pas à la signalétique et adoptez une conduite défensive. Ne vous sentez pas protégé par une ligne blanche continue notamment en montagne. Ne doublez que lorsque vous êtes absolument sur que personne ne vient en face. Faites particulièrement attention dans les côtes et méfiez-vous des faux-plats qui peuvent cacher un véhicule venant en sens inverse. Les bus, les camions et les taxis n'hésitent pas à stationner directement sur la chaussée pour décharger ou laisser descendre leurs passagers, y compris dans les virages. Les dangers sur la route, les véhicules immobilisés sont dans le meilleurs des cas signalés par un petit tas de pierres sur le bas-côté. Dès que vous rencontrez ce signal : méfiance. Si vous empruntez l'autoroute, ce qui peut être intéressant pour les grandes étapes ou pour éviter de vous perdre dans Casablanca par exemple, ne vous croyez pas en sécurité pour autant. Vous croiserez aussi sur les autoroutes des piétons, des cyclistes voire des animaux ayant franchi les barrières affaissées, crevées ou absentes en de nombreux endroits. Vous aurez même le loisir de prendre à votre bord des auto-stoppeurs ou parfois de faire vos emplettes à l'un des vendeurs à la sauvette qui tiennent boutique le long de la voie. Attention aux villageois ou aux habitants qui traversent en courant à votre approche pour rejoindre l'autre rive. Vous risquez aussi, si vous ne respectez pas les 120 km/heures réglementaires de vous faire surprendre par un radar embarqué à bord d'une voiture de police en patrouille. Les péages ne sont pas élevés et, si vous êtes pressés, vous gagnerez tout de même du temps. Munissez-vous de monnaies car la carte bleue n'est pas admise. Un des grands plaisirs de la conduite est de rouler sur les routes désertes du sud du pays, dans un paysage immense au milieu de la lumière intense et sans rencontrer âme qui vive pendant des kilomètres. Parfois cependant, dans les régions les moins développées, compte tenu de l'étroitesse de certaines chaussée vous serez obligés de mordre sur le bas côté. Respectez alors les grands principes de la conduite au Maroc qui vous éviteront bien désagréments. 1. Klaxonner. Au Maroc on klaxonne par principe. En ville, quand le feu passe au vert, tout le monde klaxonne, même le premier de la file. Vous n'êtes peut-être pas obligé de toujours suivre cette coutume locale. En revanche lorsque vous doublez des piétons, des enfants, des villageois sur leurs Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 9 version internet : http://www.shergui.com ânes, des adolescents à vélo donnez un petit coup d'avertisseur. Rien d'agressif, juste un petit coup pour prévenir de votre arrivée. 2. Lorsque quelqu'un arrive en face de vous sur une route étroite, et que le rapport de taille ne vous est pas par trop défavorable, restez sur la chaussée. Celui qui aura le dernier mot continuera sur le goudron, l'autre devra descendre deux roues sur le bas-côté. N'oubliez pas de coordonner ce principe avec le principe 1. Assez délicat au début. Ne poussez pas cependant l'intransigeance jusqu'à la dernière limite. Si vous n'arrivez pas à vous imposer, passez de suite au principe 3 et oubliez le principe 2. 3. Si vous devez descendre sur le bas-côté, appliquez le principe 1 si nécessaire. Jusque là rien de très difficile. Ça se complique lorsque la voie est de nouveau libre et que vous voulez remonter sur la route. Observez bien le bord du goudron. En général, il forme une cassure franche et coupante, une sorte de minuscule falaise dentelée, qui ne demande qu'à déchiqueter traîtreusement votre pneumatique. Attendez le moment propice, et dès que vous voyez une zone où le bitume et le sol se fondent harmonieusement sans écart de niveau, un bon coup de volant bien dosé et vous voilà en selle. Le principe 3 est sûrement le plus important des 3 principes si vous tenez à ne pas vous ruiner en pneus de rechange. La police La police est omniprésente et plus ou moins discrète. Assez discrète en ville et pas discrète du tout sur les grands axes de campagne ou la gendarmerie royale multiplie les barrages avec herses en travers de la route, 4x4 flambants neufs, armes en batterie. Avancez doucement jusqu'au barrage. En général après un coup œil nonchalant à la voiture le factionnaire vous indiquera de passer. Vous pouvez remercier d'un sourire ou d'un signe de la main. Faites cependant attention aux limitations de vitesse dans les agglomérations car les gendarmes n'hésiteront pas à vous arrêter s'ils estiment à œil que vous avez dépassé la vitesse réglementaire. En général vous pouvez vous en tirer en discutant aimablement. On peut parfois joindre le geste à la parole, une cigarette de marque américaine peut même être appréciée. En revanche, dans les villes la police urbaine dispose parfois de radars et les utilise. Je le sais pour être passé devant l'un d'eux à la sortie de Fès à 70 kms/h au lieu des 60 kms/h officiels. Amende assurée, tarif 400 dirhams à payer de suite. Exiger le reçu officiel. Respectez également la signalétique horizontale même si elle paraît parfois un peu approximative : bande blanche continue dans les lignes droites et bandes pointillées dans les côtes, quand bien même les autochtones semblent souvent s'en ficher comme de leur première chemise. En tout cas respectez la devant les forces de l'ordre. L'essence On trouve du super, de l'essence et du gazole sans problème. Le sans plomb pour les véhicules à pot catalytique est plus rare. Vous en trouverez facilement dans les grandes villes et dans les grandes stations sur les axes importants. Faites seulement attention lors d'étapes assez longues sur des routes de campagne car les stations services ne sont pas forcement nombreuses et celles que vous trouverez n'en commercialise souvent pas. Ne vous laissez pas démunir et faites le plein assez tôt. En revanche dans le Sahara vous n'en trouverez plus à partir de Tiznit. Donc si vous envisagez de descendre vers la Mauritanie prévoyez l'utilisation exclusive d'une voiture à essence ou mieux au gazole. Pour l'instant les carburants sont détaxés dans le Sahara ce qui rend les prix très compétitifs. Dans le reste du pays, l'essence qu'elle soit super ou sans plomb est au même prix et aussi chère qu'en France (environ 10 dh /7 F le litre). Si, près des grandes villes vous pouvez trouver des stations qui acceptent le paiement par carte bleue, elles sont assez rares. Demander toujours à l'employé avant de faire remplir le réservoir. Certaines stations Total n'acceptaient que les cartes marocaines malgré les logos Visa et Mastercard. Dans certains cas, lors de transactions électroniques, malgré la bonne volonté du pompiste, la liaison Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 10 version internet : http://www.shergui.com est impossible avec la banque. Vous vous retrouverez donc le réservoir plein et sans moyen de paiement. Prévoyez donc suffisamment d'argent liquide pour ravitailler le moment venu, même si la station annonce accepter les cartes de crédits. Les stations encore équipées de "fer à repasser" sont à ce titre plus fiable. Les stations même les plus isolées sont en général toujours ouvertes 24 h sur 24. Il suffit souvent de réveiller l'employé. Les pistes Peut-on rouler sur les pistes avec un véhicule normal, sans recourir à un 4x4 ? Ça dépend de la piste et de votre véhicule. Pour les voitures modernes, basses sur roues, il vaut mieux éviter. Restez sur le goudron et sur les chemins de terres semblables à ceux que nous connaissons parfois chez nous. Vous avez l'habitude. Pour les autres à vous de voir. J'ai fait pas mal de piste en 405 au prix de fréquentes touchettes avec le plancher sur quelques grosses pierres. J'ai fait aussi il y a 25 ans la boucle Dades Todra en BMW 2002, mais nous sommes redescendus avec le pot d'échappement sur la banquette arrière. Les Fiat Uno passent assez bien la caillasse et le sable. Il y en a beaucoup au Maroc où elles ont détrôné la 4L Renault. Le secret pour rouler sur la piste c'est une roue au milieu du chemin et l'autre sur le bas-côté afin d'éviter au maximum les ornières et de maintenir le bloc moteur le plus haut possible au-dessus des cailloux et des pierres qui ne demandent qu'à le crever. De toute façon si vous décidez de tenter l'aventure, soyez prudent. Demandez l'avis des gens du coin et faites attention aux conditions météo surtout en montagne en dehors de la saison estivale. La pluie peut faire de ravages et emporter le chemin sans crier gare. Munissez-vous toujours d'une carte suffisamment détaillée et pour les contrées vraiment difficiles n'hésitez pas à recourir à un guide connaissant bien la région. L'auto-stop Faire du stop Les camions ne s'arrêtent jamais mais si vous avez un peu de chance, vous trouverez comme ça m'est arrivé un gars sympa qui vous fera gagner quelques kms. Soyez très prudents comme partout il y a des escrocs. De toute façon un taxi passera rapidement alors pas de panique. J'évite toujours de faire du stop près des grandes villes du Nord et surtout dans le Rif. N'oubliez pas qu'il y a une grande production de hachisch et qu'il faut bien quelle passe quelque part. Prendre des auto-stoppeurs Doit-on ou non prendre des auto-stoppeurs le long des routes. En lisant les guides ou en écoutant des récits de voyageurs vous entendrez le pire sur les dangers de cette pratique. En France comme au Maroc. Les arguments des adversaires sont toujours les mêmes : c'est dangereux, on ne sait pas sur qui on tombe, je risque de me faire détrousser, l'assurance ne me couvrira pas si je transporte un étranger (en écrivant étranger, je pense à quelqu'un qui n'est pas de votre famille ou du cercle de vos connaissances, car au Maroc c'est vous l'étranger). N'étant pas un spécialiste du droit des assurances, je me garderai de porter un jugement sur la dernière de ces affirmations. Si vous êtes vraiment du genre prudent, vérifiez auprès de votre assureur. De toute façon, ceux qui ne prennent jamais personne en stop en France, peuvent carrément sauter ces paragraphes. Quant aux autres, au risque de me répéter, ils font comme ils le sentent. Cependant ceux qui ont attendu des heures sous la pluie à l'entrée d'une autoroute auront toujours une pensée émue pour la bonne âme qui a bien voulu les prendre à bord et parfois même leur payer un café durant le voyage. Quel risque courrez-vous en prenant un auto-stoppeur ? Qu'il vous attaque pour vous dérober tous vos chèques de voyage et votre appareil photo ? C'est possible là-bas comme en France mais c'est assez peu probable. Plus sérieusement vous pouvez tomber sur un de ces jeunes gars qui voudra à toute force et pour vous remercier vous amener dans un café vous payer un thé et dont vous ne pourrez plus vous débarrasser parce qu'il connaît un endroit où vous pourrez acheter des souvenirs à un prix d'ami. En général de la psychologie et de la fermeté suffira à vous en libérer au bout d'un Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 11 version internet : http://www.shergui.com temps plus ou moins long. Vous pouvez également prendre un paysan du coin de retour du marché chargé de divers ballots. A moins de parler couramment le berbère, la difficulté majeure consistera sûrement à comprendre clairement l'endroit ou il faut vous arrêter pour le laisser descendre. Vous pouvez aussi être affronté au stop forcé comme cela nous est arrivé une fois entre Boumalne et Kelaa M'Gouna. Un gendarme en grand uniforme vous arrête sur la route. Vous jetez un rapide coup d'œil à l'intérieur du véhicule, qu'est-ce ? Roulais-je trop vite ? Ma ceinture ne serait-elle pas attachée ? La vitre baissée, salut du militaire. Bonjour monsieur, vous allez à Boumalne ? Vous pourriez nous amener, ma femme, ma fille et mon fils ? - Nous sommes déjà trois dans la voiture, nous allons dépasser le nombre maximum de passagers autorisés. - Aucune importance, vous êtes sous la protection de la gendarmerie. Ah ! C’est le fils de Saïd qui est avec vous. Il n'a qu'à monter sur les genoux de la dame et nous nous mettrons à l'arrière. Comment refuser à un tel sens de l'organisation ? Larsen à l'avant sur les genoux de la dame et toute la famille à l'arrière avec ses paquets un peu partout. En route. Plus sérieusement, soyez tout de même prudent, surtout dans le Nord dans les régions de trafic et de contrebande. Si vous êtes arrêté à un barrage avec un contrebandier ou un trafiquant de hachisch, vous aurez peut-être du mal à expliquer aux autorités que vous n'y êtes pour rien. A Fès je roulais la nuit sur le boulevard avec Saïd et Khaled. Nous étions allés acheter à boire dans la ville nouvelle. A un feu rouge une vieille femme faisait du stop pour rentrer dans la médina. Comme je proposais de l'emmener avec nous, Saïd me dit : Tu es fou, elle a peut-être plein de hachisch sous ses jupes. On ne sait jamais. Je regardais Saïd en coin, il avait l'air sérieux. Pour la vieille dame, je ne sais pas, elle est restée ce soir là sur le trottoir alors qu'elle avait l'air bien innocente, mais c'est vrai que le risque existe et qu'il mérite d'être pris en compte. Le stationnement Ne pas hésiter à pénétrer dans les villes avec votre voiture. La légende des faux guides vous escortant à moto afin de vous attirer de force dans des hôtels est tout à fait exagérée. Nous n'en avons jamais rencontré en quatre voyages consécutifs, pas même à Marrakech. Cependant restez de préférence dans les quartiers modernes ou à l'abord des villes anciennes. Pénétrer dans la médina en voiture relève de l'inconscience du fait de la configuration des ruelles et de la densité de la foule. Vous trouverez partout dans les villes des possibilités de parkings surveillés par des gardiens officieux contre quelques dirhams (le prix moyen est de 5 dirhams le jour et 10 dirhams la nuit, soit 15 dirhams pour une journée entière). Il n'y a a priori pas de problèmes, sous réserves de prendre le minimum de précautions de bon sens. Pas d'objet de valeurs visibles à l'intérieur du véhicule notamment, mais ni plus qu'en France et peut être plutôt moins. Le gardien, pourra pousser l'obligeance jusqu'à abriter la voiture du soleil avec des cartons glissés sous les essuie-glaces et à replier les rétroviseurs. Il vous proposera même peut-être de la laver. C'est à vous de voir, mais dans ce cas convenez du prix avant pour éviter toute discussion par la suite. Cependant pensez que c'est sûrement sa seule source de revenus et 9 francs pour une journée c'est encore moins cher que deux heures de parcmètre dans la plupart de nos villes. Les taxis Il existe dans toutes les villes d'une certaine importance des flottes de petits taxis. C'est un moyen de transport pratique et peu onéreux qui vous permet de ne pas être tributaire de votre voiture. Vous pouvez entrer par une porte de la médina, vous promener à l'aventure, ressortir par une autre porte et Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 12 version internet : http://www.shergui.com emprunter un petit taxi pour vous retrouver à votre point de départ ou à l'endroit que vous voulez rejoindre. Ne vous en privez pas, surtout à Marrakech qui est immense ou à Fès où les rues sont en pente. Les voitures sont munies d'un compteur. Vous pouvez parfaitement demander au chauffeur de le mettre en marche. Pour des déplacements plus importants, il est toujours possible d'utiliser les grands taxis. Ce sont en général d'antiques Mercedes qui ne démarreront que lorsqu'elles seront pleines. Si vous avez votre propre véhicule vous aurez assez peu l'occasion de les utiliser. Discutez le prix avant la course car il n'y a pas de compteur. Les petits (taxis) verts que l'on rencontre à Marrakech ne sont pas cher 35DH pour un transfert à l 'aéroport le jour soit 10 km. Mais la nuit ils demandent souvent 100DH. En marchandant un peu on descend à 50DH. Les grands taxis Mercedes 2400D ou 2500 D bleus au Nord du pays, jaunes à Marrakech ont des zones de départs déterminées. Il n'est pas possible de marchander car un chef coordonne leur départ et leur arrivée. Ils vont d'une station à l'autre en général toujours entre villes importantes. Leur départ ne se fait que quand ils sont pleins soit 6 passagers et cela peut prendre des heures comme 5 minutes. Le confort est assez bon. Choisissez une place à l'arrière car à l'avant, assis sur le levier de vitesse et le dos dans l'angle du dossier, c'est très inconfortable. Si vous êtes entre deux stations de taxis faites du stop main levée, s'il y a de la place le taxi s'arrête et vous discutez le prix, pas cher en gentlemen. S'il est plein vous aurez droit à un signe de la main et un large sourire. Pas de soucis le prochain vous prendra. Le grand sud en taxi brousse Ce sont en général des petits utilitaires aménagés pour 10 a 12 places. Pour les trouver, il faut très bien chercher. Ils n'ont pas d'endroit précis de départ. Peu cher : 10 dhs Erfoud Merzouga par la piste. Bien sur vous profiterez de la découverte de tous les villages rencontrés car ils font surtout la livraison de tout ce qui peut être utile. J'ai eu droit au réfrigérateur sur le toit et à des dizaines de petits paquets d'oranges et autres légumes. Il faut donc prévoir beaucoup de temps environ 2h pour 50 kms. Mais c'est du plaisir. Le bus La Compagnie des Transports Marocains (CTM) propose des bus haut de gamme au départ de Marrakech et de toutes les grandes villes ( 55DH Marrakech Ouarzazzate en 4 heures environ) Il suffit de se rendre à la gare routière. Je préfère utiliser les plus anciens, au même prix mais plus couleur locale. Attention car rodent autour des jeunes gens qui ne se gênent pas de vous encaisser le prix de la course et de disparaître aussitôt. Sans ticket vous allez devoir repayer dans le bus sauf si vous avez de la chance. J'ai réussi à convaincre l'agent encaisseur que j'avais déjà payé à un jeune qui me paraissait accrédité. Il a bien voulu me croire. Merci encore. Il vous faudra acquitter 5DH par bagages à une autre personne qui ne fait que le rangement. Un peu compliqué ? Non plutôt charmant. Ces bus ne desservent pas tout le pays, renseignez-vous auprès des offices de tourisme. L'heure de la prière et les transports Particulièrement dans le sud, tout s'arrête au moment de la prière pour environ une heure. Prenez patience restez à l'ombre et vous verrez le trafic reprendre rapidement. C'est le moment le plus calme de la journée profitez-en, car tous les Marocains ne sont pas à la mosquée et vous aurez le loisir de faire des rencontres souvent surprenantes. S'habiller Le Maroc étant un pays chaud du moins d'avril à octobre il convient de prévoir de se vêtir en conséquence. La meilleure solution est d'opter pour des vêtements légers et amples en fibre naturelle. Pensez aussi que vous serez obligés de les laver, et de les remettre sans les repasser. Évitez absolument bob Ricard, tee-shirt Kronenbourg au ras du nombril, short en satin, nu-pieds avec chaussettes... Le look baroudeur du désert a aussi ses adeptes mais si vous en êtes n'en faites pas trop : vous ne vous engagez pas dans la Légion et vous n'êtes pas Harrison Ford. Pour les hommes choisissez donc des tee-shirts, des bermudas et des pantalons en coton. Les filles la même chose, mais si vous voulez préserver votre féminité vous pouvez porter des jupes longues ou des paréos en guise de jupe. Le principal est de ne pas heurter les sensibilités locales. Évitez tout ce qui est Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 13 version internet : http://www.shergui.com provocant, moulant, trop décolleté, trop court etc. Soyez encore plus rigoureux pendant la période du ramadan. Si vous êtes sensible au soleil, emportez un chapeau, appréciable l'été dans le sud. Vous pourrez aussi l'acheter sur place. Vous pouvez également utiliser les vêtements traditionnels mais là aussi de la modération. Ne tombez pas dans le syndrome Dupont/Dupond. Rien de plus ridicule que le touriste déguisé en autochtone. Il convient d'éviter à tout prix la caricature et de rester sobre. Si vous vous décidez, achetez des vêtements authentiques. Acceptable et utile le sarouel blanc ou noir, ce pantalon très large resserré au mollet et dont le fond pend au-dessus des genoux. Assez élégant malgré la description et très confortable en été. Au Maroc on l'appelle pantalon climatisé. Le chèche aussi peut être utile. Demandez le long, au moins trois mètres pour pouvoir le nouer autour de la tête et uni blanc ou noir. Ceux que vous trouvez partout font à peine deux mètres, et sont multicolores. Inutilisables autrement qu'en cache-col. Le chèche peut servir à tout, un peu comme le couteau suisse. A se protéger du soleil, à se protéger des mouches qui, lorsque vous dormez à la belle étoile, commencent dès le lever du jour à se promener sur votre visage, à essuyer les verres avant de boire le thé... On peut même l'utiliser comme lunettes de soleil, on voit à travers le tissage, ou pour ne pas mourir asphyxié lors d'une tempête de sable (assez rare tout de même). Il peut aussi servir tout simplement à faire joli autour de votre cou. Pour les chaussures, certains ne jurent que par les pataugas ou par les tennis, moi je préfère la sandale à lanières, en cuir qui peut résister à l'eau et au sable sans avoir besoin de la vider tous les trois pas à porter pieds nus. Confort assuré pendant la canicule et on règle par le même coup le délicat problème de la chaussette : on en met, on n'en met pas, hautes, basses, en nylon, en coton, mélangées ? Soyez modeste dans le nombre des tenues. La majeure partie du temps vous les porterez sur votre dos lors des harassantes marches d'approche pour atteindre votre hôtel au cœur de la médina. Car bien sur plutôt que la valise prévoyez un sac à dos assez grand pour les bagages plus un petit pour les promenades. Deux bermudas, un ou deux pantalons, quatre à cinq tee-shirts, un pullover en coton (en laine si vous êtes très frileux), le linge de corps nécessaire pour quatre jours, c'est bien suffisant. Évidemment si vous envisagez des excursions particulières, genre trekking ou longue marche dans la nature emportez le matériel adéquat. S'habiller l'hiver Cet hiver pour la première fois nous sommes allés au Maroc en janvier. Marrakech sous la pluie pendant une journée entière c'est quand même un grand souvenir, pour nous qui ne la connaissions qu'à la belle saison. Les marrakchis sous leurs djellabas de caoutchouc riaient de toutes leurs dents et, comme chez nous les enfants jouaient dans les flaques. L'eau dévalait en torrent les ruelles de la médina, rebondissant sur les bâches tirées à la hâte au-dessus des étals. Contrairement à chez nous tout le monde se félicitait de ce cadeau du ciel si important pour tout le reste de l'année. Un cycliste la tête entièrement couverte d'une poche de plastique transparente, tel un poisson dans un bocal, zigzaguait dans le souk. A Marrakech, la température est relativement basse au mois de janvier et les hôtels ne sont pas chauffés. Prévoyez donc de vous vêtir en conséquence. Un sweat-shirt ne sera pas de trop pour la nuit malgré les couvertures. Prenez avec vous de bonnes chaussures et de vêtements chauds. Un pull, une fourrure polaire, un blouson coupe-vent. Si vous êtes en voiture ne lésinez pas. Mieux vaut prévoir un peu trop que pas assez. Si vous êtes en avion privilégiez le chaud, l'étanche et le léger. Certains soirs sur la place Djema el Fnaa nous n'avions pas trop de toutes ces épaisseurs. En revanche la journée la température est clémente et vous pourrez déambuler en tenue plus légère. Si vous avez prévu un séjour à la campagne ou, comme nous, dans le haut atlas, vous ne regretterez pas de pouvoir vous emmitoufler dès que la nuit tombe. Dans les vallées le soleil n'apparaît vraiment qu'à onze heures et disparaît dès cinq heures. Ne vous fiez pas à l'affirmation des habitants qui vous diront qu'il ne fait pas froid et qui mesurent la température au nombre de couvertures utilisées pour dormir. " Non, il ne fait pas froid, deux couvertures." Mais quand ils en utilisaient deux nous en empilions quatre sur notre lit et nous avions toutes les peines du monde à nous réchauffer. Pensez à emporter si vous le pouvez un duvet le plus chaud possible (l'idéal étant le duvet de montagne). L'étiquette marocaine imposant de se déchausser à l'intérieur de la maison pensez à de grosses chaussettes de laine bien épaisses. Vous éviterez ainsi d'avoir les pieds gelés. Dans les maisons berbères traditionnelles, presque toujours, l'unique moyen de chauffage consiste en un Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 14 version internet : http://www.shergui.com minuscule brasero de terre cuite autour duquel tout le monde se rassemble. On vous offrira cependant souvent une couverture à poser sur vos épaules tout en dégustant le thé brûlant. Spécial Filles seules(mais ça peut servir aussi aux autres) De nombreuses filles me contactent par l'intermédiaire du site pour me demander des conseils sur les dangers courus lorsqu’elles voyagent seules au Maroc. Les conseils que je me résous à vous donner ont donc une portée générale. Evidemment l'attitude des gens ne sera pas la même dans une grande ville et dans le petit hameau atteint après quatre heures de piste cahotante dans un camion de marchandises. En général du bon sens, de la confiance en soi, de l'ouverture d'esprit vous permettront de résoudre tous les problèmes. Les dangers même s'ils ne sont pas bien grands ne sont pas entièrement imaginaires comme toujours pour une fille seule. Il convient en effet d'être prudente, mais comme lorsque l'on se promène dans une de nos villes ou dans notre campagne. Lors de multiples séjours au Maroc, je ne me suis jamais senti en danger où que ce soit. Vous me direz mais vous n'êtes pas une fille et votre magnifique barbe d'aventurier du désert vous met à l'abri de bien des périls. Soit, mais ma fille qui en est bien une, se promène seule dans les médinas sans appréhension. Bien sur vous entendrez sûrement parler de femmes qui se sont faites agresser. Bien sur on a du ici ou là voler des sacs à dos ou fracturer des voitures. Bien sur, parfois des jeunes gens peuvent se montrer insistants, voire irrespectueux et parfois même carrément insupportables. Mais ça peut vous arriver aussi sur les Champs Elysées et ce n'est pas pour ça que vous renoncez à déambuler sur les Champs Elysées. Quels sont donc les conseils que vous pouvez suivre pour éviter les désagréments ? • Ne faites jamais à l'étranger ce que vous ne feriez à aucun prix en France. C'est l'attitude de base à adopter en priorité. L'hospitalité et la gentillesse naturelle des habitants, l'aisance qui viendra au fil des jours, votre compréhension accrue de la culture locale vous conduiront bientôt sous certaines conditions à outrepasser ce principe. Comme toutes les règles, elle est faite pour être détournée mais uniquement à bon escient. • Au Maroc, dans les souks vous allez être immergée dans la foule. Ne vous sentez pas agressée. Ne soyez pas effrayée. La notion de l'espace vital ou de la distance physique à respecter par rapport à l'autre est différente dans la culture du Maghreb et dans la notre. Mais pour nous qui sommes latins, cette distance n'est pas la même que celle en vigueur dans les cultures anglo-saxonnes (voir à ce sujet le très bon bouquin de Hall : La dimension cachée Le Point/Seuil ). Tout ça pour dire que les gens vont s'approcher souvent très près de vous mais que c'est une dimension culturelle à intégrer et que ça n'a pas a priori d'objectif particulier. • Souvent les gens vous abordent vraiment sans arrière pensée parce qu'ils souhaitent sincèrement un contact amical. Adoptez une attitude naturelle et détendue. Répondez aux questions gentiment, mais ne donnez pas plus de renseignements que nécessaires à une relation normale sur l'instant. Ne donnez pas forcément l'adresse de votre hôtel, votre adresse dans votre pays ou des informations trop personnelles. Vous pourrez le faire mais uniquement lorsque vous aurez noué une relation amicale authentique. • En cas de conflit ou de problème n'entrez pas dans la relation qui vous est proposée mais essayez d'offrir un autre mode d'échange. Gardez votre calme, soyez ferme, utilisez l'humour quand vous le pouvez, c'est une bonne attitude qui vous permettra souvent de régler les situations auxquelles vous serez immanquablement confrontée un jour ou l'autre : marchandage acharné, discussion sur un prix de taxi, conflit dans une boutique (voir marchander) etc. • Evitez tout vêtement et toute tenue équivoque. (voir habillement). Le Maroc est un pays musulman et la pudeur y est différente de la notre, surtout pour les filles. Pensez-y chaque fois que vous aurez envie d'un bain de soleil, de vous baigner dans la mer ou dans une rivière. Si vous allez à la campagne vous pourrez parfois cependant apercevoir des enfants et même des adolescents se baigner nus dans les cours d'eau. Mais uniquement des garçons et Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 15 version internet : http://www.shergui.com je ne vous conseille pas de les imiter. Ceci dit les villageois ont de plus en plus l'habitude de voir des jeunes filles immigrées de retour dans leurs familles se baigner en maillot de bain et hormis peut être dans les contrées les plus reculée cela n'occasionne pas d'émois particuliers. Préférez cependant les maillots de bains "sages" et évitez même sur les plages de l'atlantique ou de la méditerranée les tenus dénudées (topless comme disent nos amis anglais). • Evitez toute attitude de séduction ou qui pourrait être interprétée comme telle. Si vous ne recherchez pas "le contact" pensez qu'un comportement qui vous paraît anodin peut être chargé de sous-entendus différents pour votre interlocuteur. Pour les jeunes marocains, les Européennes jouissent d'une réputation de liberté sexuelle qui les attire dans ce pays ou la fréquentation des jeunes filles est impossible en dehors de fiançailles sérieuses et du mariage. Pensez que la société marocaine est une société où l'on vit constamment sous le regard de l'autre (le voisinage, la famille) et où la religion et la moralité sont affaire publique et ne concernent pas comme chez nous uniquement la sphère privée. C'est ce qui explique que les jeunes gens se tournent vers les touristes notamment dans les grandes villes comme Marrakech. • Adoptez donc une attitude ouverte et directe et n'hésitez pas à poser carrément le problème si vous ressentez une ambiguïté. Expliquez franchement votre attitude. Contrairement à ce que disent certains guides (Le routard en particulier), vous pouvez parler avec tout le monde. Si vous êtes venue jusque la ce n'est pas pour vous enfermer dans votre hôtel mais pour découvrir d'autres modes de vie. • Ceci posé, et d'une façon générale vous avez parfaitement le droit de dire ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas : si vous ne voulez pas de guide pour visiter la médina dites le fermement mais gentiment sans agressivité. Vous avez le droit d'avoir envie par moment de rester seule, de vous reposer, de lire à une terrasse, de prendre un thé tranquillement. C'est vrai cependant que les femmes seules ne fréquentent pas trop les lieux publics comme les cafés donc vous serez sûrement l'objet de la curiosité des autres consommateurs. • Soyez prudente. Aussi prudente qu'en France avant d'accepter une invitation par exemple. Question de feeling, question de bon sens. Il y a quand même parfois des risques et les ignorer serait une erreur. Mais la culture musulmane prône la générosité envers le voyageur ce qui explique qu'en règle générale vous serez bien reçue. Voici quelques éléments qui vous éviteront peut-être certaines erreurs trop grossières et qui vous permettront lors de votre premier séjour de trouver plus rapidement vos repères. Mais de toute façon c'est à vous de faire votre propre expérience qui sera forcément fonction de votre personnalité. La première personne que vous rencontrerez en voyage c'est vous et c'est surtout de vous que dépendra la réussite de votre exploration de ce monde nouveau. Voyager avec des enfants Le Maroc est véritablement le pays des enfants. 55% de la population a moins de 25 ans. La première question que l'on pose à une femme, même seule, est de savoir si elle est mariée et si elle a des enfants. Cela peut paraître même insistant et désagréable pour celles qui n'en ont pas et qui, à partir d'un certain âge, sont considérée à ce titre comme des sortes d'extra-terrestres. Les enfants sont donc reçus comme un bienfait de Dieu et entourés d'un maximum de prévenance. Ils sont souvent considérés pendant leur jeune âge comme le véritable centre de la cellule familiale. A ce titre, leur éducation, surtout peut être pour les garçons est bien différente de celle des nôtres. Les Marocains font en général preuve de la plus extrême patience avec leurs enfants et d'une autorité souvent bonhomme. J'ai souvent constaté que l'enfant, surtout le premier fils, est considéré comme le roi de la maison et que l'on cède à la majorité de ses désirs. A la question "Combien avez-vous d'enfants ?", vous entendrez même souvent répondre : deux enfants et quatre filles. Avant de vous en offusquer et de stigmatiser l'horrible misogynie de votre interlocuteur, songez qu'en arabe le mot pour dire garçon et le même que celui pour signifier enfant. J'entends une féministe dans le fond de la salle qui s'insurge et qui m'assure que la langue est le parfait reflet de la culture dominante et l'expression Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 16 version internet : http://www.shergui.com de l'inconscient qui affleure dans le champ de la réalité. Bon d'accord, je vous renvoie à des sites plus spécialisés sur le sujet car ce n'est pas aujourd’hui mon propos. Revenons aux enfants. Leur statut est bien différent en ville et à la campagne. Ici ou là, vous en croiserez beaucoup en tablier, le cartable sur le dos, se rendant ou revenant de l'école. Mais vous rencontrerez aussi dans les villes, un grand nombre d'enfants qui ne vont pas à l'école et qui travaillent pour assurer leur subsistance ou celle de leur famille. Ils se livrent à toutes sortes de petits métiers : cireurs de chaussures, vendeurs des rues, marchands de cigarettes au détail. D'autres mendient ou tentent de vous servir de guide dans la médina. Certains travaillent dans des boutiques ou des ateliers d'artisans. A la campagne, les enfants travaillent aussi. Mais ils participent plutôt aux activités de la famille : ils vont chercher de l'herbe pour les animaux, du bois pour le feu, ils entretiennent les jardins le long de la rivière. Les filles ne sont pas les dernières à se livrer à ces activités agricoles. Elles paraissent même être souvent au premier rang et sont chargées en outre des travaux domestiques à l'intérieur de la maison. Depuis quelques temps, depuis que des institutrices ont été envoyées dans l e douars de campagne, les filles fréquentent de plus en plus assidûment l'école et sont souvent parmi les meilleures élèves. Vous pouvez donc vous rendre en toute sécurité avec un enfant au Maroc. Il sera toujours bien reçu. Il pourra même souvent vous permettre de nouer des liens avec les habitants surtout s'il est encore assez jeune. Vous devez cependant avant de partir vous poser quelques questions de simple bon sens. Même si c'est possible, il ne me semble pas raisonnable de partir avec un enfant vraiment jeune. Les risques sanitaires ne sont pas négligeables à cet âge et peuvent être multipliés par les circonstances : chaleur, déshydratation, infrastructures médicales parfois déficientes. Si dans les plus grandes villes les médecins sont à même de traiter votre enfant dans de bonnes conditions, le cas n'est pas le même à la campagne. Une déshydratation peut conduire un nourrisson à la mort en quelques heures. En outre, voyager avec un enfant très jeune implique des contraintes difficilement assumables si ce n'est à voyager dans des conditions de luxe qui ne sont pas le sujet de ce guide : véhicule climatisé, hôtels de luxe, location d'une maison etc. Parler Tout le monde vous adressera la parole et vous pouvez parfaitement répondre en dépit de ce qui est indiqué dans certains guides. Au contraire. De nombreux marocains parlent français du moins dans les villes et dans beaucoup de villages, sauf les femmes dans les montagnes qui ne parlent que le berbère. Vous pouvez cependant apprendre quelques mots d'arabe voire de berbère et en user avec modération. Évitez le cliché du touriste qui répète à tort et à travers le seul mot qu'il connaît à la manière d'un perroquet. En revanche si les gens sentent que votre intérêt pour leur langue et leur culture est sincère ils en seront touchés. L'arabe est une langue difficile. Vous pouvez cependant avec un certain effort apprendre à le déchiffrer et à le calligraphier. Cela peut se révéler utile pour lire les panneaux indicateurs et les noms de rues, voire les menus dans les cafés. Vous étiez analphabète et vous arrivez à lire des mots, à reconnaître le nom des villes. C'est assez enthousiasmant et vous ramène quelques années en arrière, vous savez, juste avant d'entrer au cours préparatoire quand vous étiez si fier de prouver à vos parents que vous saviez que ce qui était écrit en grosses lettres tout en haut du journal était justement le titre du journal. Passé la première satisfaction à l'usage de votre savoir tout neuf, relativisez car vous n'êtes jamais qu'au stade où lorsque vous êtes perdu à Berlin vous pouvez lire les indications en allemand. Vous êtes loin de savoir lire car vous ne connaissez pas le vocabulaire, la grammaire, les tournures particulières, la syntaxe enfin tout ce qui fait que l'on est bilingue. Vous savez reconnaître des mots en arabe mais vous ne savez pas plus parler arabe que vous ne savez parler allemand, parce que vous pouvez lire l'allemand. Cependant écrire son prénom en arabe, ça fait toujours son petit effet. Il faut de plus distinguer entre l'arabe classique, l'arabe moderne ou standard, celui de la radio et de la Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 17 version internet : http://www.shergui.com télévision que toute la population arabophone comprend et l'arabe dialectal marocain, celui qui est parlé dans la rue et qui est différent du dialecte algérien ou tunisien. L'arabe ne connaît que deux temps le passé (l'accompli) et le présent (l'inaccompli). Il n'y a pas de futur à proprement parler. Cette vision du monde associé à la culture de l'islam conduit à l'expression que vous entendrez le plus souvent lorsque, avec des marocains, vous essaierez de vous projeter dans le futur : Inch'Allah (Si Dieu le veut). Si vous dites à un marocain : - Je reviens dans cinq minutes, on se retrouve ici. Il vous répondra invariablement : - Inch'Allah. Vous trouverez des rudiments de la langue dans les guides et les manuels de conversation que vous pouvez acheter dans chaque bonne librairie. N'en attendez cependant pas des miracles. J'ai toujours été étonné à la lecture de ces petits opuscules qui prétendent vous permettre de vous débrouiller à l'étranger avec des phrases types, classées par chapitres sensés traduire des actions de la vie quotidienne : à la gare, à l'hôtel, au commissariat et même à l'hôpital. Quand vous êtes arrivé à déchiffrer péniblement les caractères sibyllins de l'écriture phonétique (ce ne sont jamais les mêmes conventions, il faut toujours se reporter aux exemples au début du bouquin) et que vous ânonnez votre phrase approximative, l'interlocuteur qui, par distraction ou par politesse s'imagine que vous connaissez sa langue, vous gratifie d'une longue réponse qui bien sur, n'est pas celle qui est écrite dans votre livre. Et de toute façon, comme il parle à toute vitesse, même si c'est bien celle là, vous n'avez rien compris. Je m'imagine assez mal à l'hôpital, armé de mon précis de conversation, en train de négocier en arabe avec l'infirmière deux aspirines plutôt qu'une prise de sang et une ablation des amygdales. Sans vouloir faire un dictionnaire, je ne résiste pas au plaisir de vous communiquer les expressions que vous pouvez connaître pour au moins répondre aux salutations : Bonjour Salam Allekoum ou Salam (à rapprocher de l'hébreu Shalom) Bonjour (en réponse) Allekoum Salam Ça va ? Labes interrogatif et affirmatif en réponse Ça va ? Ça va ! Labes ? Labes ! En général ces échanges de Labes se font plusieurs fois de suite à voix assez forte Au revoir Slama Merci Choukran(e) Le plus souvent en marocain la réponse à Choukran est La, choukran alawajib ce qui peut se traduire par : Pas de merci pour ce qui est un dû. Plus simplement : De rien (Afouan en arabe standard) Oui : Naham Non : La Grâce à Dieu : Bismila se dit avant de manger ou de boire Vous serez étonné de constater le nombre de mots et même d'expressions françaises qui sont issues de l'arabe : les plus connues, dont certaines passées telles quelles dans le français familier voire l'argot, vraisemblablement par le biais des militaires sont le témoin d'un passé colonial pas si lointain : Baraka : Chance (Baraka veut aussi dire : Assez, ça suffit) Bézef : Beaucoup Caoua : Café Chouia :Un peu Clebs : Chien Sarouel : Pantalon Toubib : Docteur Et d'autres beaucoup plus châtiées en français soutenu : Algèbre Chiffre de Séfra zéro Divan Magasin Parmi les formules et les diverses maximes ou sentences qu'il m'a été données d'entendre ici ou là il en est une qu'il convient de méditer et de garder à l'esprit et pas seulement au Maroc : - Bienvenue, vous êtes ici chez vous, mais n'oubliez pas que c'est aussi chez nous. Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 18 version internet : http://www.shergui.com Lire et écrire. L'arabe se lit de droite à gauche. La répartition des lettres dans le tableau suit cet ordre logique. La graphie ci-dessus est celle de la lettre isolée. Les caractères prennent des graphies différentes en fonction de leur place dans le mot. Position initiale, position médiane, position finale. exemple avec la lettre shin : ce qui revient à obtenir 84 possibilités. exemple de mot : bab la porte (on fait abstraction de l'article pour ne pas compliquer. En réalité le mot écrit est "porte") Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 19 version internet : http://www.shergui.com Le premier signe à droite est composé des lettres bâ en position initiale et alif en position médiane lié au bâ Le deuxième signe est la lettre bâ en position finale et non attachée car on ne lie pas un caractère après le alif ce qui revient dans ce cas à utiliser la lettre isolée. La prononciation est baab (alif est équivalent à un a long). Si vous souhaitez vraiment apprendre l'arabe vous pouvez vous procurer les ouvrages suivants : • H. Atoui L'arabe, langue vivante Edicef • Boutros Hallaq 40 leçons pour parler arabe (1 livre + 4 cassettes) Editions Pocket • ou vous connecter aux sites suivants • • Webarabic où vous trouverez des cours en ligne et des outils pour apprendre à lire et écrire l'arabe (polices de caractères, logiciels éducatifs) ParsNegar traitement de textes en arabe Mais le plus efficace reste encore de prendre des cours. Il existe sûrement près de chez vous une association ou une structure qui offre cet enseignement. C'est le meilleur moyen de faire des progrès et d'éviter le découragement. Le change La meilleure solution et la plus simple est l'utilisation d'une carte de crédit internationale. Vérifiez cependant avant le départ que le montant de débit en liquide autorisé par votre banque est suffisant pour parer à tous les impondérables. Deux mille francs par semaine peuvent parfois être justes. Négociez une autorisation de retrait plus importante avec votre banquier. Vous n'êtes cependant pas obligé de l'utiliser. On trouve des distributeurs de billets qui fonctionnent dans les principales grandes villes et l'on peut changer au guichet dans nombre de banques. Si l'on est seul, n'avoir que ce moyen de paiement peut poser des problèmes si vous vous faites retenir la carte dans un distributeur. Si vous êtes deux, ayez deux cartes. Sinon, emportez des devises (mais il faut les surveiller) ou des chèques de voyage que l'on peut changer dans les banques ou dans les grands hôtels (même si l'on n'y dort pas). De plus en plus de stations services sur les grands axes et à proximité des grandes villes acceptent le paiement par carte (voir la rubrique essence). Les boutiques aussi se mettent à accepter "l'argent en plastique". Dans ce cas elles appliquent souvent une majoration de 6% pour couvrir les frais bancaires (ce qui n'est en général pas le cas des stations services). Quoiqu'il en soit tous les retraits de liquide seront assortis d'une commission qui vous sera retiré sur votre compte. Lors de l'utilisation d'une carte bleue la prudence s'impose toutefois. Tenez scrupuleusement à jour l'état des retraits sur un carnet par exemple, avec la date et le lieu où vous les effectuez. Gardez aussi précieusement et classez l'ensemble des preuves de retrait : facturettes, tickets, informations sur le lieu de l'opération. Cette précaution si elle peut sembler fastidieuse, vous sera sûrement utile dans le cas de contestation ultérieure. Gardez tous ces éléments quelques temps après votre retour car il m'est arrivé de devoir contester un retrait présenté par erreur une deuxième fois plus de deux mois après mon retour. Marchander Au Maroc, l'un des problèmes auquel on se trouve confronté lorsque l'on arrive de notre civilisation occidentale, c'est le problème de la tarification des services. Pour éviter tout problème et dans la mesure du possible il convient de discuter du prix des choses ou des services avant de les utiliser ou de les consommer. En effet, traditionnellement les prix ne sont pas affichés dans les boutiques. Il convient donc de marchander. Tout peut se marchander, y compris une chambre d'hôtel. Gardez cependant à l'esprit que le dirham vaut 0,60 francs et que le niveau de vie est très bas pour la majorité des habitants. Est-il bien utile de marchander des heures pour économiser 5 dirhams soit 3 francs ? C'est un problème de sensibilité et Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 20 version internet : http://www.shergui.com de délicatesse. Le mieux cependant est de garder à l'esprit le prix de certains articles et de se constituer par l'expérience une échelle de valeur logique. Vous trouverez des informations sur le coût de la vie sur le site de l'ambassade de France au Maroc. A priori il n'est pas nécessaire de marchander les produits de consommation courante. En revanche, le marchandage est incontournable pour tout achat de quelque valeur dans un souk. Ce peut être même faire preuve de considération que de marchander dans les règles de l'art et avec finesse. Dans tous les cas ne commencez à marchander que si vous avez réellement l'intention d'acheter (voir les tapis). Les quelques trucs suivants pourront vous éviter quelques contrariétés : • • • • Toujours prendre les problèmes avec humour. Ils ne sont jamais bien graves. Montrer toutefois que l'on n'est pas dupe Se mettre dans la position normale du client qui achète quelque chose au juste prix. Ne pas se laisser culpabiliser. Le nouvel argument que vous entendrez peut-être si vous discutez un prix qui vous paraît trop élevé c'est "Bon puisque c'est comme ça, c'est gratuit pour toi.". La réponse appropriée que vous pouvez faire c'est que vous achetez quelque chose, que cette chose a un prix et que ce prix doit être normal pour vous et pour le vendeur et qu'en aucune façon vous ne voulez le spolier ou l'étrangler mais que vous ne souhaitez pas vous laisser spolier non plus. Le plus souvent le différend se soldera par une plaisanterie et parfois un verre de thé. Vous entendrez certainement au hasard des souks "C'est gratuit... mais gratuit jusqu'à la caisse". On vous proposera aussi sûrement le fameux crédit berbère : "la moitié maintenant et le reste tout de suite". A Marrakech, après de longues négociations infructueuses pour faire encore baisser le prix d'un article repéré moins cher quelques jours plus tôt, alors que nous buvions le thé accroupis dans la boutique, le marchand, avant de partir pour la mosquée, conclut avec malice : Vous avez appris aujourd'hui une bonne leçon. Quand on veut quelque chose, il faut l'acheter tout de suite car on ne sait pas de quoi demain sera fait. Et, paraphrasant La Fontaine : - Cette leçon vaut bien déjà 200 dirhams mais pour le même prix, je vais vous donner un proverbe que vous ne trouverez nulle part ailleurs et qui à lui seul vaut 600 dirhams : " Morceau par morceau le chameau tout entier malgré sa grande taille entre dans la marmite". Nous avons acheté l'objet au prix demandé et nous nous sommes quittés les meilleurs amis du monde en promettant de nous revoir au prochain voyage. Se nourrir, boire En voiture n'hésitez pas à vous arrêter au bord de la route dans les petits restaurants. Ils sont faciles à repérer car à l'heure du repas une foule de bus, de camions et de véhicules de toutes sortes sont garés devant eux. Vous verrez la fumée du foyer où grille le mouton. Deux solutions soit acheter chez le boucher tout proche des morceaux que le patron vous fera cuire, soit commander un tajine, ce ragoût traditionnel qui mijote sur un feu de bois dans son plat de terre cuite recouvert d'une cloche conique. Les meilleurs que nous avons mangés, nous les avons trouvés dans de minuscules restaurants au bord de ces routes. Dans les villes, ils sont parfois cuits dans des grandes marmites métalliques et présentés au dernier moment dans les plats à tajines. Au niveau du goût c'est toute la différence. La meilleure solution comme toujours c'est d'être ouvert aux propositions du patron. Je me souviens d'avoir ainsi déjeuné d'un plat de foies de poulets cuits sur les braises et vraiment délicieux. La seule précaution à prendre est encore une fois de négocier le prix à l'avance. Pour boire vous avez le choix entre deux eaux minérales que l'on trouve partout au Maroc la Sidi Ali et la Sidi Harrazem. Bien sur les boissons gazeuses sont omniprésentes et l'on trouve du Coca-Cola et du Fanta dans le moindre petit village. Vous pouvez aussi prévoir une gourde si vous n'êtes pas affolé à l'idée de consommer l'eau du robinet ou celle des puits. Dans le premier cas, dans les villes, l'eau est traitée et je l'ai fait sans problèmes. A la campagne ou dans les petits villages méfiance. Traitez l'eau avec des pilules spéciales que vous aurez achetées en France. Suivez le mode d'emploi avant de consommer. Nous Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 21 version internet : http://www.shergui.com l'avons bue là aussi sans dommages. Dans le sud, pour conserver l'eau à une température acceptable, enveloppez la gourde ou les récipients dans un linge que vous maintenez continuellement humide. L'évaporation se charge du reste et vous pourrez boire frais (relativement). La boisson traditionnelle reste cependant l'incontournable thé à la menthe que l'on vous servira partout dans les cafés comme dans toutes les maisons. Si vous êtes plusieurs préférez la théière au thé servi au verre : c'est plus économique. Les invitations Il vous arrivera certainement si vous avez des contacts avec les habitants d'être invités dans les familles. Parfois, ces invitations ne cachent qu'une tentative de vous soutirer quelques dirhams. Le plus souvent ce sont des invitations sincères qui sont le reflet du sens de l'hospitalité des marocains. Elles peuvent se traduire par un simple verre de thé ou bien par un véritable repas, voire une invitation à dormir ou à rester quelques jours dans la famille. C'est déroutant les premières fois que l'on s'y trouve confronté. Comme à chaque fois c'est une question d'appréciation et c'est à vous de voir en fonction de la situation. Comme souvent en voyage c'est surtout une affaire de bons sens. N'oubliez pas cependant le niveau de vie relatif des uns et des autres et même si vous voyagez à l'économie ne vous incrustez pas plusieurs jours. Si cela vous semble possible compte tenu de la relation que vous avez nouée payez votre écot. Il semble raisonnable de pourvoir à l'acquisition des denrées alimentaires avec le maître de maison. Mais agissez avec tact. Les tapis au Maroc (petit guide d'achat à l'usage des voyageurs) Il est difficile et quasi-impossible, lorsque l'on circule au Maroc, de ne pas croiser le chemin d'un tapis proposé à la vente ; que ce soit dans les souks ou dans les boutiques des itinéraires touristiques, dans les villes ou sur les routes. En règle générale, l'offre est constituée de tapis d'artisanat, produits à profusion, et selon les goûts détectés auprès des touristes passés. Ces tapis ont pour origine soit de grands ateliers installés plutôt dans le Nord du pays, soit des productions de coopératives implantées dans les principales régions depuis toujours productrices de tapis : Rabat, Fès, le Moyen Atlas, le Djebel Siroua (au sud), la plaine de Marrakech. Les productions sont faites essentiellement à base de laines filées mécaniquement, teintes industriellement, et pour leurs dessins s'inspirant plus ou moins des traditions anciennes ; si ce n'est pour quelques productions, de types récents et créées pour le tourisme (kilims de Oued Zem et Khemisset, kilims (akhnif) de Tazenakht). Hors ces tapis d'artisanat, il est parfois possible de découvrir quelques belles pièces anciennes, d'origine purement domestique, parfaitement authentiques et âgées en moyenne d'une cinquantaine d'années ; affichant des états variables, elles ont été tissées avec des laines filées main ; si ces tapis se situent dans une tradition, ils peuvent toutefois être très libres dans leur composition. Chacun est une pièce unique. Choisir un tapis Quel que soit le goût de chacun, le choix d'un tapis doit avant tout se faire de façon instinctive, en s'assurant que l'on est bien (seul ou à deux, au plus) avec lui car il est destiné à partager la vie de l'intérieur où il sera installé en y étant très présent. Il peut être nécessaire à cet égard de demander à le voir en lumière naturelle, et pas forcément en plein soleil. Ce critère essentiel rempli, les questions de taille, de cohérence de couleur sont également à considérer pour, de retour, ne pas avoir à plier et ranger un tapis qui ne rentre pas à la place qu'on lui a destinée ou ne s'accorde pas avec son cadre. L'état du tapis est aussi à considérer ; s'il est d'artisanat, il sera le plus souvent neuf et la question ne se posera pas. Si le tapis est une production domestique et/ou ancien, il faut s'attarder sur la présence éventuelle de trous (souvent réparables mais à faire réparer sur place, ce qui n'est pas toujours possible), sur l'état des lisières et des franges par où ils peuvent commencer à se déliter, sur l'existence de tâches qui peuvent ne jamais partir si elles ont traversé le tapis. Enfin vient la question du prix. La culture commerciale marocaine veut que tout prix soit débattu, et de fait le prix annoncé en tiendra compte. Il revient donc à l'acheteur de le prendre en considération, sauf à payer le prix fort et ne pas recevoir l'estime de ses interlocuteurs. Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 22 version internet : http://www.shergui.com Pour ce qui est du " bon prix ", il est ce que vous accepterez de payer, sachant qu'une fois la transaction faite, il sera " bon " si vous l'oubliez au regard du plaisir tiré de votre acquisition. Un bon " truc " est de se fixer mentalement le prix maximum que l'on accepte de payer au risque de ne pas faire l'achat considéré si le vendeur ne veut pas l'accepter. Maroc, octobre 2002 : 1500km en transports en commun. Un récit d'André Pour lui écrire : [email protected] Le dimanche 20/10/2002 à 23h15 locale je me pose à Marrakech avec pour objectif Marrakech, Ouarzazate, Boulmane Dades, Merzouga via Erachidia en bus, taxis, auto stop soit environ 1500km en 2 jours. Il fait une chaleur torride. Un hôtel à côté de la gare routière m'ouvre ses portes malgré l'heure tardive. La chambre est sale, le ventilateur de plafond prêt à tomber, une goutte d'eau perle sous la douche. Enfin, je suis fatigué et je dors tout de même, mais je zappe cet endroit définitivement et me promets à mon retour un petit mot a un guide très connu qui le présente comme un endroit super. Lundi 21/10/2002 Après une courte nuit, je me dirige vers la gare routière et je prends un bus modèle Maroc pour Ouarzazate (55 dh) Ce n'est pas cher. La surprise c'est le temps de trajet 5 heures et le confort rustique. Le voyage est long et pénible car souvent debout ; je préfère laisser les rares places qui se libèrent à l'occasion des multiples arrêts aux personnes plus âgées. Le passage du col du Tichka à 2200 m est toujours un spectacle grandiose mais gare au mal de mer. Les amortisseurs bruyants ne rassurent pas nos passagers européens mais... Le chauffeur assis sur son klaxon prend toute la route et fonce dans tous les virages. Un arrêt en côte pour ce genre de véhicule aussi chargé doit poser d'énormes problèmes pour repartir. Des jeunes français à côté de moi passent par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel Une pause à Taddert leur permet de respirer l'air pur. Ils résisteront jusqu'à Ouarzazate, après une poignée de main je leur souhaite bonne chance. Je poursuis ma route jusqu'à Boulmane Dades en grand taxi pour 30 dh. 6 passagers mais c'est comme ça et on peut attendre des heures que le taxi soit plein. J'ai de la chance on démarre très vite et je suis à Boulmane à 14h. C'est ma première grande Mercedes 2400D, un pare brise fissure par des dizaines d'impacts de gravillons, je me demande quand il va éclater. Je mets ma main dessus en protection sans toutefois perturber mon chauffeur, c'est quand même inquiétant car ce n'est pas un pare brise feuilleté. Il résistera jusqu'à Boulmane, un miracle. Moha, guide de haute montagne, m'attend pour la nuit. Je m'accorde 24h de repos chez lui. Il me fait l'honneur de sa maison. Il est impossible de décrire l'accueil en quelques lignes, il me faudrait un livre entier. C'est simple, étonnant, authentique, des gens heureux et qui le partagent sans limites. Mardi 22/10/2002 A 14 heures je quitte avec regrets Moha et sa famille pour Tinerhir (10 dh) et ensuite Erachidia (35 dh), toujours en grands taxis affligés des multiples séquelles d'un transport chaotique depuis l'Allemagne jusqu'au Maroc. Lève vitres cassés, sièges juste posés sur la caisse, ceintures absentes, commandes amputées, phares très faibles, et le tout bien fermé car nos amis en ce 22 octobre et ces 25° à l'ombre commencent à avoir froid. Il existe des centres de contrôles techniques mais ils ne sont pas obligatoires. Je me réserve une visite à mon prochain voyage histoire de voir un peu comment se passe ce qui est chez nous une étape décisive dans la vie de notre voiture. Je suis accueilli par mon ami Youssef chauffeur, connu lors de mon premier voyage. Je vais rester avec lui quelques jours. Il circule un peu partout entre Erachidia, Erfoud et Merzouga ou dans le désert. Nous passons la nuit au camping Tissirt dans la merveilleuse vallée du Ziz ( à découvrir absolument). Nous arrosons le couscous avec une bouteille de vin nouveau que j'ai réussi à ramener intacte. Mercredi 23/10/2002-Jeudi 24/10/2002 Je passe ces deux jours dans le secteur Erfoud Merzouga bercé par le temps qui passe au rythme de la cueillette des dattes et des visites à droite, a gauche chez des amis ou voisins, ce qui nous conduit jusqu'à Merzouga ou je rencontre Hassan Amamali connu lors d'un raid en 2001. Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 23 version internet : http://www.shergui.com Le taxi brousse qui nous emmène d'Erfoud jusqu'à Merzouga pour 10 dh passe à travers tous les villages pour livrer des marchandises et rallonge ainsi le trajet mais c'est si beau. 25km/heures maxi mais il faut savoir prendre le temps au bon moment. Arrivée à l'hôtel Tihri (e-mail [email protected]) au pied des dunes. La douche fait vraiment du bien. Je retrouve la tous mes amis dans une ambiance de fête. Pour faire bonne mesure une soirée tamtam et danse autour d'un couscous nous emmène tard dans la nuit. Vendredi 25/10/2002 Je quitte avec regrets Merzouga et ses dunes magiques. Des copains de Youssef me remontent à Erfoud par Rissani avec l'inévitable Defender surchargé, mais ça passe partout. La route dernièrement goudronnée tranche dans ce désert. Je trouve rapidement un taxi pour Zoulou. Après un dernier repas chez Assan au camping Tissirt je reprends le chemin du retour le sac rempli de dattes fraîchement ramassées. Le retour se fait sans encombre avec une étape à Ouarzazate. Dans le taxi, je fais la connaissance d'un jeune étudiant qui rentre chez lui. Il me propose de me trouver un hôtel à côté de la gare routière. Je suis mon guide improvisé jusqu'à l'hôtel Baba ou il visite une chambre avant de m'inviter à y passer la nuit. Il me quitte rapidement après un dernier merci. J'ai une superbe vue sur le marché et la gare routière. Apres une douche méritée, je mange une bonne grillade de viande hachée dans un petit restaurant face à la gare. Les rues sont étrangement vides et je passe une très bonne nuit. Samedi 26/102002 Le taxi qui me ramène à Marrakech a du mal à se remplir mais le chauffeur est très sympa. Il m'offre bien sur du café au lait dans un verre qui ne le quitte jamais. Enfin, après une heure d'attente, le dernier passager est là et nous voilà partis. Le trajet est toujours aussi beau et le chauffeur très prudent. Apres une courte halte dans un petit village ou j'achète encore quelques pierres, voilà Marrakech. Je me pose à l'hôtel Fantasia en pleine médina très joli pas très cher 100 dh calme, propre. Je consacre mes dernières heures à déambuler dans la médina et ses multiples secrets. Dimanche 27/10/2002 21 heures françaises l'avion me pose brutalement sur le sol français (le pilote a du être aussi surpris que nous il s'en tire avec des applaudissements nourris). Fin du voyage. A suivre... Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 24 version internet : http://www.shergui.com Les témoignages Les témoignages comme leurs noms l'indiquent sont des informations qui m'ont été communiquées par des voyageurs de retour du Maroc et qu'il m'a paru intéressant de publier sur ce site. Evidemment, je ne les ai pas expérimentées personnellement à l'inverse par exemple des adresses que vous trouverez dans la rubrique "Adresses". N'hésitez pas à votre tour à me communiquer vos expériences heureuses ou pourquoi pas décevantes sur le site internet. Voyage le long de l'Atlantique Après plusieurs voyage au Maroc (dont la traversée du désert), cette année en novembre 2002, nous avions décidé de visiter la côte atlantique du Maroc. De Casablanca a Essaouira. Pour profiter de l'océan il faut prendre la petite route S130 qui est en bon état (Azemmour est à voir). Ne pas manquer El Jadida, petit port sardinier très mignon, tranquille et reposant. Visiter les remparts et la citerne portugaise (le guide est la depuis 50 ans, une figure d'El Jadida). En partant d'El Jadida prendre la S121 on arrive à El Oualida, très beau et typique. Allez sur la plage où les pêcheurs sont toute l 'année avec le feu allumé. Vous mangerez des araignées, des daurades enfin la pêche locale grillée au feu de bois. Attention au prix ( à discuter). Nous avons mangé là, c'est succulent et original. La route S121 continue vers Safi, faire attention les pompes essence sont rares ou justes alimentées en essence ordinaire (ne pas se faire servir par un gamin qui tient la pompe il y a souvent de l'eau dans l'essence) donc prévoir le plein au départ de Casablanca ou El Jadida ou même Safi, petite ville sympa, tranquille un peu de monde a midi sur toute cette route. Sur votre droite bien sur, des paysages sur l'atlantique à ne pas rater. Essaouira est notre ville fétiche, une beauté du Maroc, une âme de paix, nous sommes tombés amoureux d'Essaouira déjà la première fois. Nous y retrouvons des contacts, des amis. Si vous aimez le poisson Essaouira est le top du top, faire des achats, se reposer, ne rien faire c'est le paradis Contact a Essaouira pour louer un appartement meublé (même pour 1 jour) a un prix moindre que l'hôtel : adressez-vous à M. Boujema. C'est maintenant un ami, gentil, sympa, honnête. Il a tout pour lui ce garçon, il vous aidera dans votre visite sans faire le guide. Sur le parking du port demander Boujema il sera là dans les 5 minutes Voilà en bref, nous aimons le Maroc. Nous y repartons sûrement en février (Inch Allah)! _______________________________________ Petite annonce pour notre ami dévoué Location dans la nouvelle ville ou médina Appartements meublés, Petit Riad, Chambres d'Hôtes, Maison Particulières. Prix très raisonnable M. Boujema Tel : 066.12.90.17 (de la part de Dominique) Mon adresse émail pour tout renseignement, tuyaux, contacts : [email protected] Le patrimoine architectural du sud marocain est en danger (31/10/2002) Le sud marocain... Que l'on soit touriste en autocar, routard confirmé ou simple voyageur, tout le monde connaît ses cartes postales représentant des constructions en terre ocre ou beige se détachant sur le vert des palmiers. L'architecture en terre est la principale richesse patrimoniale du sud-est marocain. Elle est même une de ses richesses tout court car cette région n'est pas très gâtée par la nature. Alors que l'on apprend régulièrement que d'importantes inondations ont dévasté tel village ou telle vallée au Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 25 version internet : http://www.shergui.com Nord de l'Atlas, là, il n'a pas plu depuis plus de trois ans. Et cela devient dramatique en particulier dans la vallée du Draà où l'on creuse et recreuse de nouveaux puits afin d'assurer un minimum d'eau pour la consommation domestique. Dans de nombreux villages, l'eau est rationnée et n'arrive au robinet qu'une ou deux heures par jour. Quant à l'agriculture, elle est dramatiquement sinistrée. Le grand barrage sur le Draà au sud de Ouarzazate est désespérément vide et si la fin de l'hiver n'est pas un peu pluvieuse, la situation sera catastrophique pour les récoltes. Le tourisme reste donc pour ce secteur un élément très important. En 1990, le gouvernement marocain a créé le CERKAS (Centre de Restauration et de Réhabilitation des zones Atlantiques et Subatlasiques). Situé à Ouarzazate, ce centre a contribué depuis sa création à la restauration des Kasbahs de Taourirt (Ouarzazate), d'Aït Benhaddou (classée patrimoine mondial de l'humanité), de Tamnougalt (vallée du Draà) et de plusieurs greniers collectifs. Mais le chantier est immense : sur près de 340 casbahs inventoriées, 200 sont dans un état de délabrement total et les moyens mis en œuvre ridiculement bas. Il est bien certain que le gouvernement marocain doit faire face à d'autres priorités et donc, l'aide doit venir de l'extérieur. L'Unesco, une ONG espagnole et le gouvernement helvétique ont apporté une aide sur certains projets, mais la France ne se mobilise guère. Pourtant, peu à peu, c'est un patrimoine ancestral qui disparaît, inexorablement et les causes de cette dégradation sont multiples : Le sud marocain a été pendant des années un lieu assez instable et les Kasbahs jouaient un rôle défensif important. Il suffit de se souvenir qu'il y a une dizaine d'années, le gros village de M'Hamid, situé à 80 km au sud de Zagora, était plus ou moins occupé par les Sahraouis Aujourd'hui, le calme est revenu et elles sont peu à peu abandonnées. Les liens sociaux dans les villages du sud se relâchent peu à peu et les familles se dispersent. Il n'était pas rare, il y a quelques dizaines d'années qu'une Kasbah abrite une centaine de personnes de la même famille. Les pièces de la maison utilisées variaient au fil des saisons en fonction de leur exposition et la moindre fuite du toit était très vite repérée et colmatée. Autre cause de la disparition des constructions en terre : l'amélioration du niveau de vie et son cortège de pollutions diverses. Depuis une dizaine d'années, le béton a fait son apparition et, lorsqu'une maison en terre en trop mauvais état est abandonnée, les propriétaires la reconstruisent en béton. Bien sûr, elle sera plus solide et durera plus dans le temps ; mais cela constitue une aberration lorsque l'on considère les qualités isolantes de la terre dans ces régions très chaudes en été et fraîches dans les mois d'hiver. Les R.M.E, résidants marocains à l'étranger ont largement contribué à la détérioration des sites. Rentrant au pays après une vie active en Europe et donc certains moyens financiers, ils n'hésitent pas à construire dans leur village d'énormes bâtisses en béton de plusieurs étages qui restent souvent non crépies. Les villages de la vallée du Draà, splendides il y a encore quelques années, sont à présent tous affligés de ces maisons hideuses. Il faut y ajouter les paraboles qui fleurissent sur les toits en terre ; les poteaux électriques et les fils posés n'importe comment et, petit à petit, c'est tout un patrimoine qui est détruit. En plus, l'Etat ne fait pas grand chose pour arranger cela. Dans les campagnes, il n'y a quasiment pas de réglementation, chacun construisant ce qu'il veut où il veut. Dernièrement, une ligne à haute tension vient d'être Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 26 version internet : http://www.shergui.com construite quasiment au-dessus de la Kasbah de Tamnougalt, une superbe construction de la vallée du Draà, gâchant irrémédiablement le site. Heureusement, certaines personnes réagissent, et parmi elles, M'Barek Aït el Caïd. Aujourd'hui délégué du ministère de la culture à Er Rachidia, il fut l'un des responsables du CERKAS ; et il sait de quoi il parle. Son grand-père, le Caïd Ali fut un homme puissant et très respecté du pays mesquita, la région actuelle d'Agdz, entre Ouarzazate et Zagora. Tout au long de sa vie, ce personnage extraordinaire, emprisonné pour des raisons politiques par le Glaoui de Marrakech, construisit de très nombreuses Kasbahs dans sa région, dont la plupart restent encore aujourd'hui dans la famille; une d'entre-elles est en cours de restauration dans le village d'Aslim, près d'Agdz. Mais nous touchons là aussi à un des problèmes importants, celui de l'héritage. Les familles étant très nombreuses, au bout de deux générations, les héritiers sont multiples, souvent sans moyens financiers et la restauration devient alors quasiment impossible. M'Barek Aït el Caïd a travaillé pendant des années au sein du CERKAS à faire prendre conscience aux responsables politiques, aux propriétaires et aux artisans, de la nécessité de ne pas laisser se perdre les techniques anciennes de la construction en terre, mais aussi, de mettre en place des moyens financiers et des textes réglementaires indispensables à la sauvegarde de ce patrimoine. Il a publié, au début du mois de janvier, un article repris par plusieurs quotidiens nationaux marocains. Un français, Etienne Weeger a créé une association destinée à promouvoir l'écotourisme dans la vallée du Draà et à recueillir des fonds pour aider les propriétaires à crépir couleur terre les maisons en béton. Mais ce ne sont que des initiatives individuelles, efficaces ponctuellement, mais qui ne peuvent traiter le fond du problème. Il est urgent d'aider le Maroc dans le sauvetage de ces magnifiques constructions : tout d'abord, d'un point de vue purement culturel, il serait impensable de laisser s'effondrer petit à petit un patrimoine millénaire et de laisser perdre un savoir-faire ancestral. Mais il y va aussi de la survie économique de cette région aujourd'hui durement touchée par la sécheresse. A lire : L'Architecture de Terre au Maroc de Selma Zerhouni & Hubert Guillaud aux éditions ACR Les Berbères (11/10/2002) Les berbères sont les populations originelles d'Afrique du nord. Ils ont leurs propres coutumes, musique et langues (tamazight, tarifit, kabyle, techelheit, etc.), dont il n'existe que peu d'écrits. Ces peuples vivent traditionnellement une vie agraire et nomade. Leur histoire est parsemée de tentatives de domination de la part des grecs, des turcs, des romains et des arabes. Encore après la première guerre mondiale les Français, sous Lyautey, ont-ils mis plus de vingt ans pour imposer leur administration, relayé par le makhzen (administration marocaine). Mais les berbères aiment vivre libres et en paix. Plutôt que société politique s'agit-il de société poétique. Ils aiment le verbe, la musique la danse et toutes les occasions sont bonnes pour exprimer la joie de vivre : rencontres, repas, thé, récoltes et travaux, mariages. Raïs Mohand "Azorf" est un berbère chleuh habitant dans une campagne près d'Essaouira sur la côte atlantique du Maroc. "Azorf" dans le jargon de pêcheur veut dire : la brillance du Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 27 version internet : http://www.shergui.com plancton sur la mer, la nuit. Mohand est berger, cultivateur, pêcheur et musicien (raïs). Il chante dans les fêtes et les mariages. Cette musique est basée sur une douzaine de rythmes établis et des gammes pentatoniques plus près de la musique chinoise qu'arabe. Musique essentiellement vocale, les instruments s'y sont rajoutés progressivement. Allez les découvrir et surtout écoutez-les, regardez-les... et pensez. Ce texte est de Dick Annegarn, chanteur, qui a vécu à Essaouira dans les années 90 –le site de Dick : http://annegarn.free.fr/ Amitiés à tous André mon mail : [email protected] Temara, sa plage sa kasba. (20/8//2002) Au sud de Rabat et à environ 16 kms de Rabat par la route côtière. On découvre la plage de Temara, c'est la plus fréquentée des plages du sud de Rabat. Beaucoup de villas et cabanons entourent cette belle grande plage. A environ 1 kilomètre vers l'intérieur, en plein centre de la ville, une ancienne kasba, entourée de ses remparts, autrefois résidence de la tribu des Oudaïa abrite la très célèbre Cavalerie Royale Marocaine. Outre un minaret et une petite mosquée, de magnifiques écuries, manège couvert et jardins andalous... enchantent nos regards. Le tout entouré d'orangers, et végétation aux bonnes senteurs. A noter aussi, des spécialités marocaines (fort bien réussies) sont à déguster dans deux ou trois restaurants de ce village devenu une belle ville. Daniel Vincent Lefebvre e-mail : [email protected] Plus d'infos sur mon site perso : http://www.indigo-du-fonzeri.fr.st/ Le Sud (7/5/2002) Après mon deuxième voyage au Maroc et plus de 5000 km a travers ce beau pays en raid ou en solo, je souhaite partager avec les amis une adresse des plus utiles si vous voulez faire les gorges du Ziz et Merzouga avec nuit a Ioubira oasis la plus haute dune et traversée en dromadaire. Un camping tout neuf (façon Maroc)avec douches chaudes très propres. Vous pouvez coucher soit sous la tente berbère, soit vous installer dans la splendide palmeraie des gorges. Allez chez TISSIRT. Accueil surprenant, site exceptionnel, calme, tout pour une étape chaleureuse. Le repas est préparé par sa femme et les légumes cueillis au moment donnent une note des plus authentiques a cet endroit magique. Je ne parle même pas du prix dérisoire. Le grand plus, c'est Youssef Adaoui, chauffeur rencontré a mon premier voyage a Merzouga, retrouvé par Aa hasard sur la route (inch allah) et ami du patron. Il parle 7 langues. Né à Merzouga il vous fera un programme sur mesure, conduira votre voiture jusqu'à Merzouga sans encombre ni casse(j'ai une 405 ceux qui connaissent comprendront) vous fera découvrir les merveilles du désert. Musicien, faisant des tournées en Europe il a garde dans son regard toute l'expression des hommes du désert. Il aura vu en un clin d'œil tous ce que vous avez dans votre cœur. Le camping TISSIRT est immanquable. Il est entre les 2 seuls points de vue panoramique de la vallée du Ziz a 30 km d'ERACHIDIA. En général on manque le premier en sortie du virage et on se rattrape 500 m plus loin au deuxième. Demandez au premier enfant venu il vous guidera. Là pas de faux guides. Pour plus de renseignements concernant YOUSSEF passez-moi un e. mail je vous donnerai son téléphone portable. Précisions Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 28 version internet : http://www.shergui.com Les villages sont criblés de radars et souvent limites à 40 ou même 20km.Respectez a la lettre ces limitations pas pour le pv simplement mais pour éviter le pire ; des centaines d'enfants traversent librement partout... 2)On sort de toutes les situations avec un large sourire même les plus pressentes. N'oubliez jamais vous êtes leurs invités... 3) Pour finir pas de parano sur les escrocs ou faux guides le simple bon sens suffit et toujours le sourire 4)Tout le reste est largement détaillé sur ce site et mis à jour en permanence. Bon voyage et amitiés à tous André mon mail : [email protected] Adresse à Chefchaouen (21/02/2002) Cet été je me suis rendue dans une auberge très sympathique à quelques km de Chefchaouen. Il s'agit de l'auberge Dardara. Le cadre est très agréable, la nourriture est excellente et l'hôte des lieux est d'une extrême gentillesse. Bref on a l'impression d'être chez soi. De plus l'auberge propose des excursions, de la rando dans les environs où il y a des cascades et des paysages sublimes. A voir absolument (le pont de dieu), 1 heure pour y accéder et quand on y arrive, on est vraiment émerveillé de voir ces multiples bassins et cascades d'eau fraîche, presque glaciale. On a passé 4 jours innoubliales... Adresse internet : http://www.chez.com/dardara/ Aziadee Aux portes du désert (le 29/08/2001) J'ai découvert le Maroc pour la première fois au mois d'avril dernier avec une amie, le sac sur le dos et notre guide à la main. Au fil des rencontres, notre chemin nous a conduit jusqu'à M'Hamid, dernier village au bout de la route qui longe la magnifique vallée du Drâa. Après M'Hamid plus rien ou plutôt le désert. Nous y avons fait la connaissance de Mahjoub, sarouel, gandoura et turban bleus, … un homme du désert. Il nous présente ses dromadaires, de solides bêtes qui vont nous promener jusqu'à l'ombre d'un palmier où une bonne salade et du thé nous attendent. Après une sieste bien méritée nous montons dans le 4x4, direction " la mer de sable ", il est le seul à connaître la route, quelle route ? Les paysages désertiques défilent, la musique saharienne que crache l'autoradio se mêle parfaitement à l'immensité qui s'étale sous nos yeux, nous avons changé de monde … En fin de journée, nous sommes arrivés au bas d'immenses dunes de couleur ocre, le soleil disparaissant à l'horizon, c'était magnifique. Le SAHARA, tel que je l'imaginais, était là, sous mes yeux et entre mes doigts de pieds ! Un pur moment de bonheur ! Après un bon couscous, les chants et les multiples discussion autour du thé avec les nomades, nous sommes allées dormir sous les tentes, les yeux pleins d'étoiles. C'était mon premier contact avec le désert, il fut magique, je le dois à Mahjoub qui m'a permis de partager un instant de sa vie d'homme bleu. Nath. Ses coordonnées : LAGHFIRI MAHJOUB B.P. : 6 M'Hamid Ghouzlane Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 29 version internet : http://www.shergui.com 45400 Zagora GSM (00 212) 61 87 16 41 ou 68 96 18 27 Excursions à Dos de Dromadaires ou 4x4 Bivouacs sous tentes nomades Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 30 version internet : http://www.shergui.com Notes personnelles Textes © Shergui 2000-2003 Reproduction interdite sans autorisation. L’auteur ne saurait être tenu pour responsable de l'usage des informations contenues dans ce guide. Je remercie Henri Crouzet de la galerie Thanakra (http://www.thanakra.com) pour son amicale collaboration au sujet des tapis. Merci également à André pour son irremplaçable connaissance des transports en commun marocains, son indéfectible soutien et ses contributions régulières à ce guide. Contact : [email protected] Merci enfin à Said, à Moha à Khaled, à tous les berbères de la vallée du Dades et à tous les Marocains pour leur amitié renouvelée à chaque voyage. Atlastrekking. Des randonnées inoubliables dans le sud marocain (http://www.atlastrekking.com) Carnets du Maroc – édition du 22/02/2003 31 version internet : http://www.shergui.com