Profil du système de santé de Madagascar
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Profil du système de santé de Madagascar
Organisation mondiale de la Santé Profil du système de santé de Madagascar Décembre 2004 Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 1 SOMMAIRE Page AVANT-PROPOS ………………………………………………………………. 1. INTRODUCTION ………………………………………………………. 2. ORGANISATION DU SYSTÈME DE SANTÉ ……………………….. 2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 2.6 3. Structure générale du système …………………………………….. Priorité et plans nationaux ………………………………………… Système de santé provincial ………………………………………. Système de santé de district ………………………………………. Décentralisation …………………………………………………… Structure de santé …………………………………………………… DÉVELOPPEMENT DES RESSOURCES HUMAINES …………… 3.1 État de la situation ………………………………………………… 3.2 Renforcement des capacités ……………………………………….. 4. PARTENARIAT EN SANTÉ ……………………………………………. 4.1 Mécanisme de coordination ………………………………………… 4.2 Approche contractuelle …………………………………………….. 5. FINANCEMENT DE LA SANTÉ ……………………………………….. 6. SYSTÈME D’INFORMATION SANITAIRE …………………………… Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 2 AVANT - PROPOS Au cours des dernières années, l’OMS a entrepris des efforts considérables afin d’établir un cadre conceptuel commun pour l'évaluation de la performance des systèmes de santé, de développer des outils de mesure de leurs composantes et travailler avec les pays en vue de les soutenir dans leurs initiatives visant à améliorer la performance de leur système de santé. Le profil des systèmes de santé des pays constitue une source d'informations sanitaires essentielles ayant pour but de rassembler dans un seul document des informations utiles permettant de placer la situation sanitaire et ses tendances dans leur contexte sociopolitique, économique et culturel. Les États Membres sont invités à renforcer leurs systèmes nationaux d'information sanitaire, à faciliter la production de ces profils et à mettre régulièrement à jour les informations requises. Ceci leur permettra de développer à temps des stratégies pour surmonter les principaux problèmes de santé qui apparaissent dans la Région africaine. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 3 1. INTRODUCTION La raison d’être d’un système de santé est l’amélioration de la santé et l’équité par rapport à la fourniture de soins de qualité. Une population en bonne santé et disposant d’un bon niveau d’éducation constitue le levier essentiel permettant d’atteindre les objectifs du Millénaires pour le développement en rapport à la lutte contre la pauvreté. Cependant, l’amélioration de la situation sanitaire ne peut être mesurée qu’à partir de ce que le système de santé réalise lorsqu’ il s’acquitte de certaines fonctions essentielles qui lui sont associés. Il s’agit de l’administration générale, de la prestation de services, la production de ressources et le financement. Ces fonctions concernent tous les niveaux du système de santé. 2. ORGANISATION DU SYSTÈME DE SANTÉ 2.1 Structure générale du système La Politique nationale de santé à Madagascar est basée sur une politique de décentralisation avec la mise en œuvre des activités opérationnelles de développement sanitaire au niveau périphérique. Le système national de santé est basé sur une planification détaillée dans les programmes et en principe consolidée dans les budgets. Cette planification s’effectue à une périodicité annuelle (plans de travail annuels ou PTA) et triennale (Business Plan). Ces plans doivent s’élaborer à partir des besoins des communautés. Le pyramide sanitaire se compose de trois échelons dont : l’échelon périphérique qui correspond au district sanitaire, l’échelon intermédiaire (directions provinciales) et l’échelon central (directions et services). Cette pyramide suivra la nouvelle configuration du découpage administratif en ce qui concerne les régions ; les régions sont divisées en sous-préfectures (Fivondronam-pokontany) de responsabilité dénommées districts sanitaires. Les deux niveaux de l’administration sanitaire, qui sont le niveau intermédiaire et le niveau périphérique bénéficient d’une certaine autonomie technique mais demeurent des services déconcentrés de l’État sans personnalité juridique spécifique. Le nouveau découpage administratif en 22 régions n’a pas encore été transposé au niveau du secteur de la santé. Une réactualisation sera faite suivant le contexte politico-administratif. Un district sanitaire est ainsi structuré : un bureau de santé de district dirigé par l’équipe de gestion de district (EMAD), un Centre hospitalier de District (CHD) ou centre de référence de premier recours, les centres de santé de base du district (CSB de type 1 ou 2) pour les premiers contacts, l’ensemble des formations sanitaires privées présentes dans sa zone de juridiction, et les structures communautaires menant des activités intersectorielles liées à la santé (COSAN, COGES). L’ensemble de ces structures n’est pas doté d’une personnalité juridique spécifique. Le gouvernement qui également met la commune au centre du processus de développement, prône la mise en place d’un système équitable de participation de la communauté au financement et aux activités du secteur de la santé. Ainsi les plus démunis (indigents) et les groupes les plus vulnérables (enfants de moins de 5 ans et les femmes) pourront bénéficier de soins gratuits. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 4 2.2 Priorités et plans nationaux Élaboré en 1996, le document de politique nationale de santé a été révisé en 1998, et le plan directeur de 1998-2000 a été mis en œuvre. En 2003, le 3ème axe stratégique d’intervention de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), intitulé : « Susciter et promouvoir des systèmes de sécurisation humaine et matérielle et de protection sociale élargis », s’est fixé 8 objectifs généraux, dont 4 concernant la santé. Il s’agit de la santé de la mère et de l’enfant, de la malnutrition, de la lutte contre les maladies transmissibles et la prévention et prise en charge des maladies non transmissibles. C’est dans ce cadre que dans son plan d’action, le Ministère de la Santé et du Planning familial s’est fixé 5 objectifs, d’ici la fin de 2007, qui sont : - la réduction de la charge socio-économique due aux principales maladies transmissibles, y compris les maladies émergentes et réémergentes; la réduction de la morbidité due aux maladies non transmissibles; la promotion de la santé de la mère et de l’enfant; l’intensification de la lutte contre la malnutrition; l’amélioration de la performance du système de santé. Pour l’exercice budgétaire 2005, dans le contexte du Cadre de dépenses à moyen terme du secteur de la santé (CDMT), le Ministère de la Santé et du Planning familial prépare un budget programme basé sur six programmes prioritaires avec une définition des objectifs et des résultats attendus chiffrés pour la période 2005-2007. Ces objectifs et résultats concernent les domaines de l’organisation et l’administration, l’accès aux services de santé de qualité, la santé de la mère et de l’enfant, la lutte contre la malnutrition, la lutte contre les maladies transmissibles et la lutte contre les maladies non transmissibles. 2.3 Système de santé provincial Le niveau intermédiaire a pour rôle principal d’assurer les besoins d’encadrement au niveau périphérique. Il est possible de synthétiser ces besoins d’encadrement du niveau périphérique en les regroupant autour de quatre axes stratégiques d’appui correspondant à : - la mise en place et au renforcement du système de santé de district (SSD) qui s’attache au renforcement des soins et des services de santé périphériques; l’amélioration de la lutte contre les maladies; l’action renforcée sur les déterminants de la santé; la mise en place et le renforcement des partenaires et de la participation communautaire. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 5 Système de santé provincial I. II. III. IV. Organisation des services de santé : Amélioration de la lutte contre les maladies transmissibles et non transm. Action renforcée sur les déterminants de la santé Mise en place/Renforcement de partenariats et de la participation communautair Renforcement du SSD Schéma 1 : Les quatre axes stratégiques d’appui pour le développement du système de santé provincial i) Amélioration de la lutte contre les maladies Axe d’intervention le plus appuyé classiquement par les partenaires, il pourrait contribuer au renforcement des districts si les composantes opérationnelles des programmes de lutte étaient intégrées progressivement et en fonction des capacités des districts et non pas suivant les impératifs et la planification du niveau central. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 6 II. Amélioration de la lutte contre les maladies transmissibles et non transm. SERVICE DE LUTTE CONTRE LES MALADIES TRANSMISSIBLES & NON TRANSMISSIBLES APPUI À L’EMAD POUR LA SUPERVISION DES TÂCHES & ACTIVITÉS DE Î PRISE EN CHARGE INTEGREE AU SEIN DES FORMATIONS SANITAIRES DU DISTRICT (CSB & CHD) DES CAS de : . PALUDISME ; . CHOLÉRA ; . LÈPRE & TUBERCULOSE ; .… Dépistage – Diagnostic – Traitement – Suivi/Évaluation Î SURVEILLANCE ÉPIDÉMIOLOGIQUE DES MALADIES PRIORITAIRES . POLIO & Paralysie flasque aigüe ; .… Î INTEGRATION des ACTIVITÉS PRÉVENTIVES et des MESURES de SANTÉ PUBLIQUE liées aux PROGRAMMES VERTICAUX de LUTTE CONTRE LES MALADIES : F i l l l di Schéma 2 : Axe stratégique 2 : Amélioration de la lutte contre les maladies ii) Action renforcée sur les déterminants de la santé L’action intersectorielle sur les déterminants de la santé mérite une approche cohérente, coordonnée et planifiée tant avec les responsables des programmes centraux de lutte et de promotion de la santé qu’avec les partenaires et acteurs de terrain. Impliqués dans les différentes interventions capitales pour la santé mais dépendant d’autres secteurs, ces derniers sont souvent livrés à eux-mêmes ou manquent de soutien de la part des professionnels. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 7 III. Action renforcée sur les déterminants de la santé SERVICE DE PROMOTION DE L’IEC ACTIONS INTERSECTORIELLES CONCERTÉES DANS LE CADRE Î Î Î Î du développement durable; de l’eau potable et de l’assainissement de base; de la nutrition et de l’alimentation de base; de l’éducation des mères, des adolescents et des jeunes; de l’habitat; Schéma 3 : Axe stratégique 3 : Action renforcée sur les déterminants de la santé iii) Renforcement des partenariats et de la participation communautaire Beaucoup de travail reste à faire dans ce domaine, pour la coordination de la coopération internationale, qu’elle soit multilatérale ou bilatérale, et pour l’utilisation aux niveaux provincial et local des outils de l’approche contractuelle. Lorsque les ressources sont rares, il est capital de mobiliser au maximum les ressources locales et d’en optimiser l’utilisation. IV. Mise en place/Renforce ment de partenariats et de la participation communautair e SERVICE DE PROMOTION DES PARTENARIATS ou SERVICE DE RELATION/COOPÉRATION Î Tenir à jour la liste des acteurs existants et potentiels ; Î Mobiliser les partenaires, les impliquer dans ces actions communes, les engager dans ces financements ; Î Développer l’APPROCHE CONTRACTUELLE ; et établir des contrats de coopération ; Î Réunir/animer un Comité de Coordination des partenaires ; Î Encourager la participation communautaire au sein des comités de gestion en les faisant évoluer vers des comités de santé et de développement Schéma 4 : Axe stratégique 4 : Promotion des Partenariats et du Développement autocentré Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 8 2.4 Système de santé de district i) Organisation La préoccupation majeure au niveau périphérique est le fonctionnement et le développement des activités et des services dans les districts ainsi que l’inventaire des ressources pour ce fonctionnement. La finalité de ces dernières est précisément le renforcement du niveau de santé dans la communauté par la fourniture des soins de santé primaires (Centres de santé de base/CSB ou autres formations sanitaires de premier échelon) et leur amélioration permanente grâce à un encadrement adéquat (Centre hospitalier de référence / CHD et bureau de santé de district / BSD animés par une équipe de management de district/EMAD dynamique et compétente). Le bureau de santé de district (BSD), le Centre hospitalier (CHD), l’équipe de management (EMAD) et les formations sanitaires du premier échelon (Centres de Santé de Base (CSB), formations sanitaires privées confessionnelles, associatives voire libérales), tous ces éléments concernant les professionnels de santé doivent faire l’objet d’une approche globale destinée à rendre les services de santé plus efficaces, plus efficients, plus accessibles et plus équitables. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 9 I. OSS : Renforcement du SSD CHR/U Système R/C-R CENTRE HOSPITALIER de DISTRICT (CHD) BUREAU DE SANTÉ DE DISTRICT ) Î Gestion & administration - Planification - Suivi/évaluation Î Logistique Î Transmission Î Communication Î Partenariat Î Offre du PCA Î Formation continue Î Recherche action ÉQUIPE de MANAGEMENT du DISTRICT (EMAD) Ö MOTEUR du développement du SSD Ö Encadrement des activités cliniques et de santé publique du 1er échelon (Supervision formative) Ö Intégration & recherche action Système référence / contre référence PREMIER ÉCHELON ou ensemble des CENTRES DE SANTÉ de BASE (CSB) + FORMATIONS SANITAIRES privées de 1ère LIGNE (confessionnelles ou associatives, libérales) Ö Offre du PMA (SSP) + Référence des cas prévus Ö Promotion de l’auto-développement communautaire COMMUNAUTÉ Schéma 5 : Axe stratégique 1 : Développement du système de santé intégré de district Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 10 La planification et l’exécution des programmes de santé sont confiées à l’équipe de gestion du district (EMAD). La coordination des programmes du district est assurée par le Chef du Service de Santé de District. Avec son équipe, il assure les activités opérationnelles de développement sanitaire au niveau périphérique avec la participation des communautés et veille à la qualité des prestations curatives et promotionnelles menées par les centres de santé et les hôpitaux publics se trouvant dans sa zone de juridiction. Ainsi, il assure la programmation, la planification et l’organisation des activités de santé de district, l’animation des professionnels de santé du district, la gestion rationnelle des ressources, l’intégration des soins, l’appui à la mise en œuvre, la formation continue des agents de santé, la supervision et le contrôle des agents de santé. Quelque soit la cible des effort d’encadrement dans le SSD le médecin chef de district (médecin inspecteur) et le médecin chef du CHD doivent être associés tous deux avec l’EMAD dont ils sont les chefs de file incontournables. La principale cause actuelle d’inertie dans les districts tient au fait que l’appui est orienté en direction du Médecin inspecteur et du BSD au détriment de l’équipe du CHD et de son médecin chef. ii) Problématiques au niveau des districts L’enquête sur la fonctionnalité des districts effectuée en fin 2003 a permis de déterminer les problématiques suivantes : Au niveau de la planification/programmation - l’EMAD n’est pas suffisamment formée ni encadrée dans l’élaboration du Plan de Développement des Districts et du Plan de Travail annuel; les partenaires et la communauté ne sont pas impliqués dans l’élaboration du PDD et du PTA; au cours de l’élaboration du PTA, les données disponibles sont incomplètes, non fiables, inexistantes parfois et ne reflètent pas les réalités sur le terrain; le plan de travail établi est trop surchargé; les activités prévues dans la planification ne sont pas réalisées. Au cours de la mise en œuvre - - - les activités programmées dans le PTA ne sont pas réalisées comme prévues à cause : des instructions instables, des directives imprécises, des indicateurs mal définis, des activités parachutées du niveau provincial ou du niveau central, absence de financement des activités, la non application des principes de gestion et de management, à savoir : la planification non suivie, l’organigramme non clair, la répartition de tâches non appliquées, le système de communication défaillant, l’insuffisance du travail en équipe, l’insuffisance de ressources, la non fixation des agents de santé dans leur lieu de travail; la multiplicité des tâches à accomplir et les ressources (personnel, temps) sont disproportionnées (ne sont pas équilibrées); Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 11 - - certains leaderships sont inefficaces car sans formation ni expérience professionnelle requise pour les tâches qui leur sont confiées; les normes en infrastructure, ressources humaines, matérielles et financières ne sont pas respectés et sont difficiles à appliquer; l’organisation et la mobilisation communautaire sont presque inexistantes : non maîtrise des techniques de communication par les agents de santé, le problème relationnel entre l’agent de santé et les leaders communautaires diminuant ainsi leur enthousiasme, la faible collaboration intersectorielle, le manque de coordination des intervenants; le suivi et l’évaluation ne sont pas bien exécutés à cause des ressources non disponibles et des compétences faibles. Au niveau de la gestion des ressources Infrastructures sanitaires - Les infrastructures sanitaires ne respectent pas les normes car elles sont vétustes, exiguës et manquent d’entretien; dans les zones enclavées, elles posent des problèmes de sécurité, elles sont très éloignées les unes des autres et inaccessibles 6 à 8 mois sur 12. Ressources humaines - 50% des agents de santé sont âgés de plus de 50 ans et sont en effectif pléthorique dans les grandes villes, tandis que la pénurie sévit dans les zones rurales; le personnel est peu motivé pour différentes raisons : avancement en retard, délai non respecté, inexistence de plan de carrière, informations et documentations insuffisantes, formation et appui technique insuffisants, séparation de ménage, changement brutal de mode de vie. Ressources matérielles et équipements - les matériels et équipements sont insuffisants, vétustes et manquent d’entretien et de maintenance; les matériels et équipements ne sont pas enregistrés convenablement, sont mal comptabilisés et mal gérés ce qui entraîne des disparitions inexpliquées, des insuffisances permanentes; les agents de santé ne sont pas formés en maintenance, ni en comptabilité. Parfois, les outils (livre, journal, livre comptable, livre répartiteur) ne sont pas disponibles. Médicaments et consommables médicaux - certains médicaments essentiels les plus utilisés sont en rupture de stock alors que des médicaments à usage non courant sont en plus; les magasins de stockage ou de magasins sécurisés font parfois défaut; des détournements sont découverts tardivement par manque de suivi régulier. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 12 Gestion du temps - la gestion du temps n’est pas une préoccupation des agents de santé ce qui entraîne une surcharge de travail, le non respect et le non suivi des calendriers établis; les délais de réponse de l’EMAD aux correspondances qui lui sont adressés sont trop longs; les premiers responsables de service ou de centre de santé sont absents de leur lieu de travail parfois à 70% du temps de travail. Au niveau de la gestion des soins - La qualité de service offerte reste à améliorer; certains diagnostics sont erronés et les protocoles de prise en charge des maladies ne sont pas maîtrisés par les personnels de soins; le système de référence et de contre-référence n’est pas suffisamment fonctionnel; la prise en charge des cas est suivie d’une longue attente des usagers; les fournitures en médicaments sont à renforcer. Au niveau de la gestion du partenariat - Les partenaires ne sont pas intégrés dans le processus de développement sanitaire, chacun d’entre eux travaillant de façon isolée; les ONG de plus en plus nombreuses travaillent sans coordination; la collaboration intersectorielle est insuffisante l’implication de la communauté est faible et même inexistante dans certaines localités. Concernant la gestion des informations sanitaires - Les informations parvenues à l’EMAD sont incomplètes en quantité et de médiocre qualité par conséquent, elles sont mal exploitées ou elles ne sont pas exploitables; Dans certains cas, l’EMAD ne possède pas la capacité d’interpréter, d’analyser et d’utiliser les données recueillies; la rétro-information ne parvient pas au niveau des formations sanitaires. Concernant la supervision, le suivi et l’évaluation - Il y a insuffisance qualitative et quantitative de suivi et de supervision des activités car les EMAD ne sont pas disponibles, ne disposent ni des compétences ni des ressources nécessaires Il n’existe pas de monitorage au niveau des CSB depuis 4 ans car les EMAD n’ont pas l’expertise nécessaire. Les ressources allouées à l’EMAD sont limitées. Certains CSB sont inaccessibles pendant les saisons de pluie Les EMAD ne font pas de recherche opérationnelle parce que leurs ressources sont insuffisantes et leurs capacités en matière de recherche, faibles. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 13 iii) Mesures récemment prises pour renforcer le système de santé de district - - - - Un guide pour l’amélioration des compétences de l’équipe de gestion de district a été élaboré. Un renforcement des capacités des membres des équipes à travers ce guide est ainsi prévu sur la mise en œuvre des activités et l’évaluation, la gestion des ressources, la gestion des soins, la gestion du partenariat et la gestion de l’information. Le SSD doit établir son plan de développement de district sur la base d’un guide élaboré à cet effet et doit inclure aussi bien les formations sanitaires de premier échelon que le projet d’établissement hospitalier du CHD. Le CHD doit jouer un rôle central en ce qui concerne la formation continue de l’ensemble du district, tant pour la supervision des activités cliniques du premier échelon que pour la préparation et l’animation des thèmes techniques à présenter au cours des revues mensuelles. Les relations entre formations sanitaires du premier échelon et CHD se construisent et se renforcent autour du système de référence et de contreréférence dont les principes ont été récemment définis. Les deux échelons étant complémentaires, ils doivent harmoniser leurs interventions de manière à couvrir du mieux possible l’ensemble des situations d’urgence ou de routine. L’EMAD assure la coordination technique de ce système. Le CHD est le mieux placé pour critiquer la qualité des évacuations qui lui sont adressées et pour aider l’EMAD à améliorer la qualité de la prise de décision et du transfert par les CSB. La contractualisation est renforcée pour inciter les différents acteurs de la santé à mieux coopérer avec le Ministère de la Santé et du Planning familial. Ainsi un contrat d’appui définissant les obligations et les responsabilités des partenaires apportant un appui technique et/ou financier aux districts sanitaires est établi. De même, en appliquant les principes de la contractualisation interne, les médecins inspecteurs signent des lettres de missions avec l’administration sanitaire au niveau central. Le document de politique nationale de contractualisation, récemment validé, constitue le cadre de référence pour le renforcement de la contractualisation concernant la mise en œuvre des fonctions essentielles du système de santé à tous les niveaux. 2.5 Décentralisation En ce qui concerne la politique de collaboration avec les collectivités territoriales, le rapprochement de l’administration des populations est régi par la loi N°94-007 du 26/04/1995 relative aux pouvoirs, compétences et ressources des collectivités territoriales décentralisées et le décret d’application 96/169 du 06/03/1996 confiant la gestion des CSB aux communes. Certes, encore aujourd’hui, ces textes demeurent incomplets quant à l’étendue des transferts de compétences et de moyens aux communes. Si la réalisation et la gestion des équipements leur reviennent de plein droit, le transfert de moyens humains est explicitement récusé et les transferts patrimoniaux ne sont pas envisagés. Face à cette situation, le Ministère de la Santé et du Planning familial et les communes ont la possibilité de recourir à la contractualisation pour formaliser leur collaboration. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 14 Les personnels des CSB et des SSD collaborent avec les responsables des communes dans le cadre de la mise en œuvre du plan de développement communal. Au niveau du district, le comité de santé de district assure la collaboration entre les agents de santé (publics et privés) et les autorités politico-administratives locales ainsi qu’avec les autres secteurs tant public que privé. 2.6 Structures de santé On dénombre 99 CHD publics ainsi que 2 195 CSB publics fonctionnels sur 2 268 existants (96,7 %). Ce système s’appuie sur 4 centres hospitaliers de référence provinciaux au niveau des chefs lieux de provinces, 2 centres hospitaliers universitaires (Antananarivo et Mahajanga) et environ 20 établissements spécialisés. Certaines associations/ONG sont propriétaires de formations sanitaires (CSB et CHD). Pour être habilitées à fonctionner, ces formations sanitaires ont obtenu un agrément ; il existe 378 CSB et 34 CHD privés. Ces formations sanitaires font de facto partie de la carte sanitaire. Certains ONG réalisent des activités ayant un lien avec la santé. Pour mener leurs activités, les ONG internationales ont obtenu un accord de siège auprès du Ministère des Affaires étrangères ; les ONG nationales ont obtenu un récépissé auprès du Ministère de l’Intérieur. À Madagascar, le statut d’ONG est défini par la loi 96-040 du 31 Octobre 1996. Sur l’ensemble du territoire, 58 % de la population a accès à une formation sanitaire située à moins de 5 kilomètres. Plus particulièrement en milieu rural, la distance qui sépare 37 % des localités rurales du centre de soins le plus proche est supérieure à 10 kilomètres. La faiblesse relative de la couverture sanitaire a incité le Ministère de la Santé et du Planning familial à mettre en place des équipes sanitaires mobiles en vue d’atteindre les zones les plus reculées encore mal couvertes. 3. DÉVELOPPEMENT DES RESSOURCES HUMAINES 3.1 État de la situation La gestion des ressources humaines nécessite une parfaite compréhension des besoins en matière de dotation en personnel et l’affectation à chaque département de l’effectif correct de personnel possédant les qualifications et l’expérience requises. En stagnation depuis 1997 (12 482), à cause de l’ajustement structurel, l’effectif du personnel de la santé a sensiblement augmenté à partir de l’année 2000 pour atteindre le chiffre de 13 595 en 2001, du fait du recrutement de plus de 1000 médecins. Madagascar comptait en 2001, dans le secteur public, 2281 médecins. Par contre, le nombre des paramédicaux (infirmiers et sages-femmes) a diminué, malgré la réouverture des établissements d’enseignement médico-social au niveau de chaque province. De 1998 à 2001, les ratios en personnel public de santé sont passés respectivement de 1 pour 13 709 habitants à 1 pour 6 692 en ce qui concerne les médecins ; pour les infirmiers il est resté pratiquement stable à 1 pour 3 249 habitants. Par contre, la situation s’est aggravée en ce qui concerne les sages-femmes, dont l’effectif est de 1 374 dans le secteur public en 2001 (voir tableau 1), le ratio étant passé de 1 pour 9375 à 1 pour 11 110 habitants. La répartition Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 15 du personnel médical est inégale : 21 % de la population, principalement vivant dans les zones urbaines sont desservies par 41 % du personnel de santé. Il faut noter aussi l’existence de plus de 1000 médecins qui n’ont pas pu être recrutés par la fonction publique et ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour s’installer dans le privé. Tableau 1 : Évolution des effectifs du personnel de santé du secteur public par catégories de 1999 à 2001 CATÉGORIE Professeur agrégé Médecin spécialiste Médecin généraliste Chirurgien dentiste Pharmacien Infirmier Sage-femme 1999 36 156 1061 74 13 2960 1425 2000 37 166 1225 74 8 3088 1472 2001 19 208 2054 119 8 2741 1374 Source : Tableau de bord social - Secteur santé, juillet 2002 La baisse des effectifs (tableau 1) constatée au niveau des professeurs agrégés, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes est essentiellement liée à l’absence d’un plan de développement de ressources humaines concernant les besoins qualitatifs et quantitatifs en matière de personnel, le plan de carrière, la supervision régulière et les encouragements/stimulation du personnel à travers l’octroi de primes de bonne performance de même que les promotions basées sur la qualité du travail accompli. Actuellement, le Ministère de la Santé a engagé le processus pour l’élaboration de plan de développement de ressources humaines. Faisant suite à la gestion informatisée des dossiers du personnel un projet financera la décentralisation du système au niveau provincial, et utilise les renseignements pour préparer un plan de développement des ressources humaines comprenant les exigences futures en matière de personnel (point de vue quantitatif et qualitatif), le redéploiement annuel du personnel conformément aux normes existantes, ainsi que les besoins envisagés en matière de formation. 3.2 Renforcement des capacités La disponibilité en ressources humaines formées, constitue une priorité absolue pour l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé. Afin de dispenser des formations théoriques et professionnelles adéquates, l’État doit fournir les efforts pour mettre à contribution l’ensemble des acteurs potentiels et des compétences en matière de santé, tout en s’assurant de la cohérence du système de formation. - en ce qui concerne la formation initiale, il existe plusieurs écoles professionnelles privées. Des accords seront établis avec ces institutions de sorte à augmenter le volume de formation ainsi qu’à harmoniser les modalités de ces formations; en ce qui concerne la formation continue, le Ministère de la Santé et du Planning familial cherchera à renforcer les capacités des personnels en poste en s’appuyant sur des institutions de formation telles que l’Institut national de santé publique et communautaire (INSPC) et l’Institut de Formation des Paramédicaux (IFP) qui disposent d’un statut d’établissement public et administratif. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 16 De 2000 à 2003, l’INSPC a formé 58 cadres nationaux et responsables de districts, et 29 nouveaux responsables sont en cours de formation en 2004. 4. PARTENARIAT EN SANTÉ 4.1 Mécanisme de coordination Il existe plusieurs mécanismes de coordination des partenaires du secteur de la santé : - la rencontre mensuelle des partenaires au cours de laquelle ces derniers discutent de leurs différents projets ainsi que de leur financement; le forum trimestriel des partenaires : présidé par le Ministre de la Santé, ce forum regroupe les directeurs centraux du Ministère et les partenaires, il constitue un cadre d’échanges sur la mise en œuvre du plan d’action; le comité de coordination inter agences (CCIA) du Programme élargi de vaccination présidé par le Ministre de la Santé, le CCIA porte des avis/suggestions sur ce programme spécifique et en suit régulièrement l’évolution; le mécanisme de coordination des pays (CCM), également présidé par le Ministre de la Santé, donne ses avis et son aval aux propositions et requêtes soumises au Fonds Mondial dans le cadre de la lutte contre le paludisme, le VIH/SIDA et la tuberculose. - - - La mise en place de ces différents mécanismes, sous la présidence du Ministre de la Santé témoigne de la volonté du Gouvernement d’assurer une meilleure coordination des intervenants. Malgré tous les efforts menés pour assurer une certaine cohérence et une coordination harmonieuse des différentes interventions menées tant par les bailleurs de fonds que des institutions nationales, on observe des dichotomies et même des duplications des actions menées sur le terrain par les différents partenaires. La persistance de l’approche thématique de programmation limite la promotion d’un partenariat élargi focalisé beaucoup plus sur l’intérêt global du pays que sur un souci de concurrence. On constate que les différents programmes de coopération sont davantage menés de façon parallèle voire individuelle que conjointe ou complémentaire. Néanmoins, dans un souci de meilleure performance, un certain nombre de domaines d’action de la santé tend vers une programmation conjointe, si on se réfère aux points concernant : - les stratégies communément adoptées comme dans le cas de l’initiative Faire reculer le paludisme; l’existence de fonds communs fédérateurs des activités d’un programme donné tels le fonds GAVI du PEV ou le Fonds mondial contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme; la mise en œuvre commune des activités comme dans le cadre de l’éradication de la poliomyélite ou l’élimination de la rougeole. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 17 Par ailleurs, le ciblage des zones à haut risque sanitaire, y compris les zones enclavées, dans un souci d’équité, ne fait pas encore l’unanimité. Alors qu’une concentration sur des zones à hauts risques sanitaires pourrait favoriser l’efficacité des actions en tenant compte de l’avantage comparatif de chaque institution. Pour répondre plus efficacement et plus rapidement aux attentes du Gouvernement par rapport à la contribution de la santé à la réduction de la pauvreté et au développement durable, la plupart des partenaires du secteur de la santé sentent la nécessité de s’orienter vers une approche sectorielle élargie. Cette approche diminuera la source de dispersion des efforts d’intervenants aux moyens déjà limités. L’engagement dans un programme de travail concerté, portant sur une même politique et des stratégies sectorielles communément définies, devrait aboutir à l’intégration de l’ensemble des partenaires et de tous les ministères intervenant dans la santé. C’est dans cette optique que l’Union européenne s’engage pour un appui financier direct pour la santé, au trésor malgache. 4.2 Approche contractuelle L’élaboration très récente de la Politique nationale de contractualisation, constitue une étape très importante dans la maîtrise, par le Ministère de la Santé et du Planning familial et l’ensemble des intervenants dans le secteur de la santé, du processus de développement du partenariat. Il s’agit d’un cadre approprié qui convient à tous les acteurs, pour faciliter la mise en œuvre des principales réformes envisagées et adaptées aux besoins prioritaires du pays. Il incite à recourir davantage à la contractualisation. Ainsi, la politique de contractualisation permet d’harmoniser les pratiques contractuelles et donne à l’Etat les moyens de jouer son rôle de régulateur qui constitue une de ses missions essentielles. Par ailleurs, ce document donne l’avantage de pouvoir identifier au préalable les domaines de coopération avec les partenaires publics, privés, confessionnels, nationaux et internationaux et de coordonner leurs interventions. Il donne également des orientations sur les structures à mettre en place pour rendre effectif la mise en œuvre et le suivi de la Politique de contractualisation. L’approche contractuelle est un instrument de travail indispensable visant à accélérer les actions de tous les acteurs en vue d’améliorer l’état de santé des Malgaches dans un esprit d’équité. 5. FINANCEMENT DE LA SANTÉ Le secteur de la santé est financé essentiellement par l’État, l’aide extérieure, et les ménages à travers la participation financière des usagers (PFU) instaurée en novembre 1998. De 1997 à 2004, le budget public de la santé par rapport au budget de l’État est resté stable (entre 8 % à 10 %) comme l’indique le tableau 2 suivant. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 18 Tableau : Évolution du budget public dans le budget de l’État depuis 1997 En milliards de francs malgache (FMG) Budget santé publique Budget général Part du budget santé dans le budget de l’État 1997 245,7 1998 261,6 1999 345,5 2000 475,0 2001 443,6 2002 564,6 2003 496,2 2004 531,1 2 533 3 270 3 715 4 611 4 439 6 212 5 041 6 404 9,7 % 8,0 % 9,3 % 10,3 % 10,0 % 9,1 % 9,8 % 8,3 % Source : MSPF et lois des finances 2003 et 2004-12-17 Le budget de fonctionnement hors salaires des services de santé de district représente environ 32 % du budget de santé public hors salaires, alors que la plupart des prestations sont fournies au niveau des districts. Les calculs effectués à partir des données du Ministère de l’Économie et des Finances et de l’enquête auprès des ménages, donnent une dépense totale de santé de US $6 par tête par an, dont US $3,9 proviennent de l’Etat, US $2,2 de l’aide extérieure et US $1,7 des ménages. Ce montant reste en deçà des 13 USD par personne/an nécessaire pour financer les coûts de services de santé de base dans les pays d’Afrique à faible revenu, ou des US $30 à 40 par personne/an du minimum requis pour couvrir les interventions essentielles incluant la lutte contre le SIDA. Ces chiffres témoignent de la faiblesse du financement du secteur santé, ce qui n’est pas propice à la mise en place de mécanismes de prise en charge des populations les plus démunies (indigents), limitant ainsi leur accès aux soins. Le système de santé n’offre pas de protection financière adaptée à la majorité de la population. Un certain nombre de ménages sont obligés de se ruiner pour acheter des soins, notamment hospitaliers, ou doivent renoncer à se faire soigner parce que le coût en est trop élevé. Aussi, certaines formes de financement basées sur le prépaiement sont actuellement en train d’émerger : - - les mutuelles de santé : jusqu’à présent, les mutuelles de santé dans le secteur informel présentent un faible taux de couverture (moins de 5 %) de la population cible. Vingt-quatre pharmacies communautaires identifiées comme étant fonctionnelles en 2002, font cotiser leurs membres pour rendre disponible les médicaments. Les mutuelles n’arrivent pas à atteindre les familles très pauvres ou très malades sans ressources incapables de cotiser. La redynamisation des mutuelles pour un financement plus équitable de la santé est en cours. Par ailleurs, il convient de souligner le développement des expériences de crédit santé; l’assurance sociale de santé : les mutuelles spécialisées dans les secteurs structurés, financées par les cotisations des employeurs et des employés, sont peu développées, elles contribuent à près de 4 % des dépenses nationales de santé. Une perspective de développement de l’assurance sociale de santé, Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 19 - cherchant à intégrer progressivement le secteur informel et le monde rural, est envisagée; la fourniture de soins aux démunis : à Madagascar, l’arrêté interministériel N°5228/2004 relatif au décret N°2003-1040 du 14 octobre 2003 portant institution de la mise à contribution des utilisateurs dénommée « FANOME » dans toutes les formations sanitaires publiques, a rendu effectif la mise en place de fonds d’équité au niveau des communes. Ce fonds spécial prévoie la prise en charge des démunis. Concernant la gestion des finances publiques : le nouveau texte sur les finances vise à assurer le passage du budget de l’Etat d’un simple recensement des crédits à dépenser par les services administratifs vers un instrument de gestion des missions d’un ministère regroupées en objectifs et résultats chiffrés, liées aux structures responsables. Cette introduction progressive d’une gestion axée sur la performance devrait permettre la mise en relation entre les objectifs, les résultats attendus définis au travers de critères vérifiables et les moyens mis en place pour les atteindre. En amont, cette allocation budgétaire peut faire l’objet d’une négociation entre le niveau central et le niveau périphérique, les conditions seront alors remplies pour une contractualisation interne. 6. SYSTÈME D’INFORMATION SANITAIRE Le système d’information sanitaire est opérationnel et un annuaire des statistiques sanitaires est sorti régulièrement par le service responsable du Ministère de la Santé et du Planning familial. Néanmoins, l’informatisation au niveau des districts doit être renforcée en leur fournissant le logiciel GESIS (système de routine), en modernisant l’outil informatique, et en formant les responsables à l’utilisation du logiciel. La carte sanitaire, achevée en l’an 2000, constitue un acquis remarquable dont les informations deviendront obsolètes si on ne met pas en place un système de mise à jour décentralisé. En conséquence, il convient de transformer la carte sanitaire en un outil dynamique de gestion en décentralisant sa mise à jour et son exploitation jusqu’au niveau du district. Il faudrait en outre doter le service d’un système de sauvegarde, tant pour les données de gestion que pour la carte sanitaire. Le système d’information décentralisé comprendra ainsi la GRH (gestion des ressources humaines), la carte sanitaire et le GESIS (système de routine). Le Ministère de la Santé et du Planning familial est également engagé dans le processus d’élaboration des comptes nationaux de santé et le cadre de dépenses à moyen terme du secteur de la santé. Cette introduction d’une gestion axée sur la performance devrait permettre la mise en relation entre les objectifs, les résultats attendus et les moyens proposés pour les atteindre. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 20 Principaux indicateurs – Madagascar Superficie (INSTAT/Guide statistique 2003) Population Effectif total (année 2002 ; INSTAT/Guide statistique 2003) Pourcentage population urbaine (année 2002 ; INSTAT/Guide statistique 2003) Densité de la population (année 2002 ; INSTANT/Guide statistique 2003) Taux de croissance annuel de la population (année 2002 ; INSTAT/Guide statistique 2003) Taux brut de natalité (année 1997 ; EDS 1997) Taux brut de mortalité (année 1997 ; EDS 1997) Taux brut de mortalité infantile (année 2000 ; TBS santé 2002) Taux de mortalité maternelle (année 1997 ; EDS 1997) Espérance de vie à la naissance Ensemble (année 2002 ; INSTAT/Guide statistique 2003) Femme (année 2001 ; INSTAT) Homme (année 2001 ; INSTAT) Santé Pourcentage population dans un rayon de 5 km de centre de santé (année 2001, EPM 2001) Ratio médecins publics/population (année 2001 ; TBS santé 2002) Ratio infirmiers publics/population (année 2001 ; TBS santé 2002) Ratio sages-femmes (année 2001 ; TBS santé 2002) Taux d’utilisation des centres de santé de base (année 2001 ; Minsan Taux de consultation prénatales (année 2001 ; Minsan Taux de prévalence du VIH/SIDA (année 2003 ; PNLS) Taux de mortalité attribué au paludisme (année 2000 ; Minsan) Incidence du paludisme en zones stables (année 2000 ; Minsan) Incidence du paludisme en zones instables (année 2000 ; Minsan) Risque annuel d’infection de la tuberculose (Minsan, 2002) Taux de guérison de la tuberculose (Minsan, 2002) Taux de prévalence instantanée de la lèpre (Minsan, 2003) Taux de couverture des enfants de 12-23 mois complètement vaccinés (EDS 20032004) Taux de couverture vaccinale en DTC3 (EDS 2003-2004) Taux de prévalence contraceptive (EDS 2003-2004) Eau et assainissement Pourcentage population ayant accès à l’eau potable (année 2001, MIEM) Pourcentage de population disposant de latrine (MEM 2002) Education Taux d’analphabétisation des adultes (année 2001 ; EPM 2001) Taux net de scolarisation dans le primaire (année 2001 ; MINESEB) Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 581 051 km 15 981 000 22,7% 27 hb/km² 2,9% 42,3% 13,0% 85% 488/100 000 nv 52 ans 54 ans 52 ans 58,0% 1/6692 1/3249 1/11110 46,5% 59,8% 1,1% 184/100 000 9,6% 3,0% 2,8% 60% 2,76/10 000 53% 61,4% 18% 24,8% EPM 54,7% EPM 47,0% 74,9% 21 Economie et indicateur de développement humain PIB/habitant (année 2001 ; INSTAT) Taux de pauvreté (année 2001 ; INSTAT) IDH (année 2001, RMDH 2003) Rang selon l’IDH (année 2001, RMDH 2003) 291,7$ 69,6% 0,4 68 149/173 GLOSSAIRE Les objectifs du Millénaire pour le développement: Les objectifs du Millénaire pour le développement constituent un programme ambitieux qui vise à réduire la pauvreté et à améliorer les conditions de vie auquel les dirigeants mondiaux ont souscrit lors du Sommet du Millénaire en septembre 2000. Il a été établi pour chaque objectif une ou plusieurs cibles, qui devront être atteintes d’ici 2015 pour la plupart, 1990 étant l’année de référence. Les objectifs sont les suivants: Objectif 1 : Éliminer la pauvreté extrême et la faim ; Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous ; Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; Objectif 4 : Réduire la mortalité infantile ; Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle ; Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies ; Objectif 7 : Assurer un environnement durable ; Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Les soins de santé primaires : Les soins de santé primaires (SSP) sont des soins de santé essentiels fondés sur des méthodes et une technologie pratiques, scientifiquement viables et socialement acceptables, rendus universellement accessibles aux individus et aux familles dans la communauté par leur pleine participation et à un coût que la communauté et le pays puissent assumer à chaque stade de leur développement dans un esprit d'autoresponsabilité et d'autodétermination. Les SSP comprennent au minimum huit éléments : i) une éducation concernant les problèmes de santé qui se posent ainsi que les méthodes de prévention et de lutte qui leur sont applicables, ii) la promotion de bonnes conditions alimentaires et nutritionnelles, iii) un approvisionnement suffisant en eau saine et des mesures d'assainissement de base, iv) la protection maternelle et infantile y compris la planification familiale, v) la vaccination contre les grandes maladies infectieuses, (vi) la prévention et le contrôle des endémies locales, vii) le traitement des maladies et lésions courantes et viii) la fourniture de médicaments essentiels. Stewardship / Administration générale: L’administration générale consiste à superviser la totalité du système national de santé, en évitant de faire preuve de myopie, d’étroitesse de vue, voire de cécité devant la défaillance du système. Profil du Système de Santé de Madagascar (Décembre 2004) 22