Urban snowboy
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Urban snowboy
[fashion]style PAR BY ESTHER ÉLIONORE HALDIMANN Urban snowboy En vingt ans, la marque Napapijri a su perfectionner un certain savoir-faire du sportswear chic tout en captant la tendance du moment. P orter un sac technique Napapijri sur son épaule ou skier vêtu d’un des fameux parkas Skidoo procurent la sensation d’être un aventurier, un baroudeur des temps modernes. Ces dernières années, Napapijri, la marque sportswear chic du groupe VF Corp., a fait un sacré bond en avant. Depuis 2003, le chiffre d’affaires de la griffe a plus que doublé pour atteindre 170 millions de dollars, soit 130 millions d’euros en 2009. En dépit de son nom – « cercle polaire » en finnois – et son logo scandinaves, Napapijri est né en 1987 à Aoste, en Italie, dans un bureau de 11 m2. Sa fondatrice, Giuliana Rosset, est une passionnée du sport extrême et de la montagne. Jeune et dynamique, elle lance dans un premier temps des accessoires, surtout des sacs à dos techniques de montagne. Trois ans plus tard, elle diversifie son activité avec des vêtements de sport, voire d’aventure. L’esprit Napapijri était né… Aujourd’hui, outre les baroudeurs urbains, la marque s’adresse aux femmes et aux enfants. Tout cela a été rendu possible grâce aux investissements du géant américain VF (7,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit 5,2 milliards d’euros), propriétaire de la marque depuis 2004. Ce leader du vêtement lifestyle détient dans son portefeuille de 19 marques des griffes célèbres comme Wrangler, Lee ou Eastpak. « On est passé d’une gestion familiale à une gestion corporate. Mais lorsqu’on est ambitieux pour sa marque, on est content de voir son enfant grandir », confie Daniel Gabrielli, directeur France de Napapijri. De nos jours encore, Napapijri fait tester certaines matières techniques (imperméables, anti-transpirantes, isolantes, etc.) en Arctique par l’explorateur-photographe Sebastian Copeland. L’étiquette « Testé par Napapijri Expeditions Team » qu’on peut trouver dans les vestes de ski ou de montagne, n’est donc pas qu’un simple gadget de marketing. « On teste nos produits en conditions. C’est le produit qui a fait le succès de la marque », souligne Daniel Gabrielli. Ce dernier travaille pour la griffe depuis sa fondation tout en COMMERCE INTERNATIONAL savourant maintenant la récente ouverture d’un second magasin parisien de 200 m2 au 55 rue de Rennes, à Saint-Germain-des-Prés, l’un des quartiers les plus fashions de la capitale française. La marque continue son inexorable expansion. Pour preuve : un flagship de 500 m2 récemment ouvert à Milan. Les collections sont créées par une équipe de stylistes indépendante au studio de Lugano, en Suisse, où se trouve le siège social depuis le changement de propriétaire. L’ancien marché domestique de l’Italie est aujourd’hui égalé par l’Allemagne et la France. Les trois pays représentent à eux seuls 60 % du chiffre d’affaires, dont 25 % réalisés grâce aux vêtements de ski qui font fureur dans les stations les plus huppées. Avec 75 magasins et 2 000 points de vente à travers le monde, le label s’est globalisé. La frénésie actuelle des messieurs pour une mode moins guindée, plus nonchalante, mais tout aussi virile ou sport, a contribué à ce succès. Mais ce sont avant tout les matières techniques et les belles couleurs, vives ou chaudes, qui séduisent chez Napapijri. L’actuelle collection capsule 66o33’ du styliste japonais Yoshinori Ono mélange fonctionnalité et éléments de mode : l’anorak à capuchon, équipé de multiples poches, de zips et de boutons-pression, affiche un col et des épaulettes en techno-flanelle gris d’un aspect cru, très en vogue cet hiver. Les pantalons n’ont pas franchement la coupe étriquée du moment, mais le coton mélangé à des fibres synthétiques et à la laine japonaise les rend imperméables. Les blousons de ski et, surtout les Skidoo superlégers, présente une isolation thermique et des matières à membrane imper-respirant et à coupe-vent. D’autres sont fabriqués en cordura ciré. On l’aura compris : tout est fait pour qu’on reste bien au chaud et au sec. Et ce tout est servi dans un look fashion et authentique à la fois. Cet hiver, c’est la grande mode de la maille jacquard. Chez Napapijri, les légendaires motifs norvégiens, très en vogue à la fin des années 1960, feront donc de nouveau leur apparition… • 148 N°69 - DÉCEMBRE 2010