l`exemple original du Plateau de Beille en Pyrénée

Transcription

l`exemple original du Plateau de Beille en Pyrénée
FORMATION DES INGÉNIEURS FORESTIERS
Du plan de gestion environnementale au plan
de développement territorial : l'exemple
original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES
Pierre-Damien Dessarps
16ème Promotion
2005-2006
Juillet 2008
Illustrations en page de couverture : RENVA et Pierre-Damien Dessarps
Agroparistech- ENGREF
Communauté de communes
des Vallées d’Ax
Du plan de gestion environnementale au plan
de développement territorial : l'exemple
original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES
Pierre-Damien Dessarps
16ème Promotion
2005-2006
Juillet 2008
FICHE SIGNALETIQUE D’UN TRAVAIL D’ELEVES FIF
F.I.F. - E.N.G.R.E.F.
TRAVAUX
D’ELEVES
Mots clés
TITRE : Du plan de gestion environnementale au plan de Plan de gestion
développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en environnementale
Pyrénées ariégeoises
Plateau de Beille
AUTEUR(S) : Pierre-Damien Dessarps
Promotion
ème
16
promotion
Caractéristiques :
CADRE DU TRAVAIL
ORGANISME PILOTE OU CONTRACTANT : Communauté de Communes des Vallées d’Ax
Nom du responsable : Mlle Corinne Chopin
Fonction : chargée de mission montagne
Nom du correspondant ENGREF : Mr. Damien Marage
Tronc Commun
Option
Spécialité
Stage entreprise
Stage étranger
Stage fin d’études
Autres
Date de remise :
Contrat Junior Entreprise
NON
SUITE A DONNER (réservé au Service des Études)
Non consultable
si oui
permanent
jusqu’à ..../..../....
Consultable et
Diffusable
Résumé
La réalisation d’un inventaire environnemental, économique et social du Plateau de
Beille (Ariège) démontre sa richesse écologique et sa forte fréquentation en relation avec les
nombreuses activités qui s’y déroulent.
L’analyse de ces inventaires dégage d’une part des enjeux patrimoniaux essentiels et
d’autre part des enjeux économiques et sociaux importants.
L’utilisation d’un modèle de gestion intégrée (modèle FPEIR) permet de proposer
quelques mesures en faveur du grand tétras.
Ce rapport démontre enfin le lien très fort qui peut unir activités humaines et espaces
naturels. Il prouve qu’un plan de gestion environnementale peut naturellement se muer en un
plan de développement territorial.
The realization of an environmental, economic and social inventory of the “Plateau de Beille”
in Ariège demonstrates its ecological wealth and its important frequentation in connection
with the many activities which take place there.
The analysis of these inventories highlights on one hand essential patrimonial stakes
and on the other hand important economic and social stakes.
The use of an integrated management model (DPSIR model) allows proposing some
measures in favour of the capercaillie.
This report demonstrates the strong relationship between human activities and wildlife.
It proves that an environmental management plan can change into territorial development
plan.
Remerciements
Je tiens tout d’abord à remercier sincèrement ma maître de stage, Corinne Chopin,
pour sa disponibilité, son écoute, ainsi que les membres du comité technique de ce stage,
Mr. Cugnasse, Mr. Grassaud, Mr. Jugie et Mr. Ménoni pour leur encadrement, leur esprit
critique et leurs expérience.
Je remercie ensuite la cellule technique Midi-Pyrénées de l’ONCFS, notamment Anne
Paris, pour l’appui technique qu’elle m’a fourni et pour sa gentillesse.
Je remercie également l’équipe technique de la RENVA pour m’avoir aidé à m’acclimater à
la vie à Beille.
Je salue tous les acteurs locaux avec lesquels je me suis entretenu pendant ce stage
pour leur accueil toujours chaleureux.
Je remercie enfin tous ceux qui m’ont aidé de près ou de plus loin à l’élaboration de ce
rapport.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
1
Table des matières
Remerciements.................................................................................................................... 1
Table des matières .............................................................................................................. 2
Table des annexes .............................................................................................................. 3
Table des illustrations......................................................................................................... 4
Index alphabétique des sigles............................................................................................ 5
Introduction ......................................................................................................................... 6
1 Le Plateau de Beille, un environnement exceptionnel..................................................... 7
1.1 Localisation et éléments de description de la zone d’étude...................................... 7
1.2 Description climatologique du site d’étude ..............................................................10
1.3 Quelques éléments de géologie et de géomorphologie...........................................10
1.4 Bassins versants et réseaux hydrographiques........................................................11
1.5 Les milieux et les habitats présents sur le Plateau de Beille ...................................12
1.6 La flore présente sur le site.....................................................................................12
1.7 La faune présente sur le site d’étude central...........................................................13
1.8 Synthèse.................................................................................................................15
2 Des activités ancestrales au tourisme............................................................................16
2.1 L’activité pastorale ..................................................................................................16
2.2 Activités cynégétiques ............................................................................................17
2.3 Activités halieutiques ..............................................................................................21
2.4 La forêt et les activités sylvicoles ............................................................................23
2.5 Les activités touristiques hivernales........................................................................26
2.6 Les activités touristiques estivales ..........................................................................28
2.7 Synthèse.................................................................................................................29
3 Détermination et hiérarchisation des enjeux de conservation ........................................31
3.1 Les enjeux patrimoniaux .........................................................................................31
3.2 Les enjeux liés aux activités humaines et au développement territorial...................41
3.3 Hiérarchisation des enjeux de conservation............................................................48
3.4 Hiérarchisation des enjeux socio-économiques et définition des objectifs...............50
3.5 Proposition d’objectifs de gestion et de stratégies...................................................51
4 Modélisation et propositions de gestions intégrées........................................................53
4.1 Un modèle d’évaluation et de prise de décision environnementale : le modèle FPEIR
.....................................................................................................................................53
4.2 Application du modèle FPEIR à la problématique du grand tétras dans le « système
Beille »..........................................................................................................................54
4.3 Propositions de mesures de gestion en faveur du grand tétras...............................55
4.4 Synthèse.................................................................................................................56
Conclusion..........................................................................................................................59
Bibliographie ......................................................................................................................61
Liste des contacts ..............................................................................................................66
Table des annexes répétée ................................................................................................69
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2
Table des annexes
Annexe I : Présentation du réseau hydrographique
Annexe II : Tableau récapitulatif des habitats inventoriés sur la zone centrale d’étude
Annexe III : Tableau récapitulatif des superficies des différents habitats présents sur
le site d’étude
Annexe IV : Cartographie des habitats présents sur le périmètre central
Annexe V : Inventaire non exhaustif de la flore présente sur le périmètre central de
l’étude
Annexe VI : Inventaire non exhaustif de la faune présente sur le site central de l’étude
Annexe VII : Fiche entretien
Annexe VIII : Carte des estives présentes sur le site central d’étude
Annexe IX : Cartographie des différents territoires de chasse
Annexe X : Cartographie des pistes balisées liées aux activités touristiques hivernales
Annexe XI : Cartographie des pistes balisées liées aux activités touristiques estivales
Annexe XII : Compléments de l’inventaire socio-économique
Annexe XIII : Cartographie des habitats favorables au grand tétras sur le périmètre
central d’étude
Annexe XIV : Protocole du suivi hivernal du grand tétras
Annexe XV : Cartographie des indices de présence du grand tétras lors de l’hiver 2008
(ONCFS)
Annexe XVI : Cartographie des tourbières inventoriées dans le cadre du programme
Life Tourbière
Annexe XVII : Nature et fonctionnement d’une tourbière
Annexe XVIII : Cartographie des différentes formations végétales présentes sur le
périmètre central d’étude
Annexe XIX : Exemple de l’utilisation de l’outil SIG pour l’aménagement du domaine
skiable en faveur du grand tétras
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Table des illustrations
Carte 1. — Localisation géographique du site d’étude..................................................... 7
Carte 2. — Présentation des périmètres d’étude .............................................................. 9
Figure 1. — Diagramme ombrothermique du Plateau de Beille (Météo France) ............10
Tableau 1. — Nombre moyen de jours de gel sur le Plateau de Beille (Météo France) 10
Tableau 2. — Récapitulatif de l’avifaune présente sur le périmètre central d’étude .....13
Tableau 3. — Présentation des unités pastorales du Plateau de Beille .........................16
Tableau 4. — Récapitulatif de la gestion menée des différentes estives .......................17
Tableau 5. — Présentation des différentes structures de chasse ..................................18
Tableau 6. — Les gibiers présents et leurs modalités de chasse...................................19
Tableau 7. — Modalités de suivi des gibiers de montagne .............................................21
Tableau 8. — Les différents détenteurs et gestionnaires du droit de pêche..................22
Tableau 9. — Gestion menée par les différentes unités de pêche..................................23
Tableau 10. — Présentation des différentes forêts communales soumises à la gestion
de l’ONF sur l’ensemble du site d’étude ...................................................................25
Tableau 11. — Fréquentation du Plateau de Beille en fonction des activités hivernales
.....................................................................................................................................26
Tableau 12. — Présentation des principales caractéristiques des prestataires en
activité sur le Plateau de Beille..................................................................................28
Tableau 13. — Calendrier des activités humaines sur le périmètre central d’étude......30
Tableau 14. — Récapitulatif des statuts de protection et de conservation du grand
tétras au niveau national et européen.......................................................................31
Figure 2. — Nombre moyen de grands tétras observés lors du suivi de l’hivernage de
1989 à 2008 (ONCFS)..................................................................................................33
Figure 3. — Nombre moyen d’indices de présence de grands tétras observés lors du
suivi de l’hivernage de 1989 à 2008 (ONCFS) ...........................................................33
Tableau 15. — Comparaison des superficies de futaies à pins à crochet en Ariège (IFN,
1994) ............................................................................................................................37
Figure 4. — Les successions végétales sur le Plateau de Beille ....................................39
Figure 5. — Schéma d’analyse de l’enjeu patrimonial (ONF, 2006b) ..............................48
Tableau 16. — Hiérarchisation des enjeux de conservation ...........................................50
Tableau 17. — Présentation des objectifs globaux en fonction du type d’enjeu...........51
Tableau 18. — Présentation des objectifs déterminés en fonction de l’enjeu ...............51
Figure 6. — Évaluation générale de l’environnement par le modèle FPEIR (Ministère de
l’environnement du Luxembourg, 2003) ...................................................................53
Tableau 19. — Récapitulatifs des indicateurs utilisables dans l’application du modèle
FPEIR à l’environnement............................................................................................54
Figure 7. — Schéma d’application du modèle FPEIR à la problématique du grand tétras
sur le site central d’étude...........................................................................................58
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Index alphabétique des sigles
APPB : arrêté préfectoral de protection biotope (p34)
AAPPMA : association agréée de pêche et de protection des milieux aquatiques (p21)
ACCA : association communale de chasse agréée (p17)
AICA : association intercommunale de chasse agréée (p18)
CRSPN : Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (annexe V)
DIREN : direction régionale de l’environnement (p6)
ESF : école de ski français (p28)
GIC : groupement d’intérêt cynégétique (p20)
IFN : inventaire forestier national (p37)
ISO : international standard organisation (p45)
PHAE : prime à l’herbe agro-environnementale (p17)
Modèle DPSIR : driving forces-pressures -states -impacts –responses (p53)
Modèle FPEIR :forces motrices-pressions-état-impacts-réponses (p53)
ONCFS : office national de la chasse et de la faune sauvage (p6)
ONEMA : office national de l’eau et des milieux aquatiques (p35)
ONF : office national des forêts (p25)
ORGFH : orientations régionales de gestion et de conservation de la faune sauvage et de
ses habitats (p39)
PHAE : prime herbagère agroenvironnementale (p17)
PIB : produit intérieur brut (p54)
PMA : prélèvement maximal autorisé (p19)
RENVA : régie des espaces nordiques des vallées d’Ax (p26)
SDAGE : schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (p11)
SEQ-Eau : système d'évaluation de la qualité de l’eau (p6)
SIG : système d’information géographique (p55)
UGB : unité gros bovins (p16)
UTN : unité touristique nouvelle (p27)
VTT : vélo tout terrain (p27)
ZNIEFF : zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (p12)
ZPS : zone de protection spéciale (p14)
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Introduction
Le Plateau de Beille est longtemps resté un site préservé, dédié au pastoralisme, à la
chasse et à l’exploitation forestière. Il n’était accessible de la vallée qu’au prix d’une longue
marche sur un sentier qui servait à la transhumance. Seuls les villageois de la vallée s’y
aventuraient en fonction de leurs besoins. A partir des années 80, un projet de création de
stade de neige pour le ski de fond est mené au regard de son formidable potentiel pour cette
pratique en plein essor. La station de ski de fond voit le jour à la fin des années 1980.
18 ans après, jouissant d’une réputation nationale, le site de Beille est devenu un espace
privilégié pour de nombreuses activités, aussi bien touristiques que traditionnelles. Il est
donc fortement fréquenté à l’année. Il constitue indéniablement un élément moteur du
développement économique et touristique de la Communauté de Communes des Vallées
d’Ax.
Parallèlement, le Plateau de Beille, souvent qualifié de « site magique » au regard du
paysage et de l’environnement qu’il offre, recèle une richesse écologique importante mais
toujours mal quantifiée à l’heure actuelle. Ainsi, le Plateau de Beille abritait avant
l’implantation de la station de ski nordique, une des plus importantes populations hivernantes
de grand tétras du massif pyrénéen. L’évolution de cette population a été suivie jusqu’en
1994 par l’office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) afin d’apprécier
l’impact des infrastructures touristiques sur la dynamique du galliforme.
Le Plateau de Beille offre également de nombreuses zones humides, dont deux tourbières
de tailles plus importantes, répertoriées au milieu des années 90 dans le cadre du projet
européen Life Tourbière.
Par contre, aucun document synthétique n’avait été réalisé pour rassembler les inventaires
et les données qui existent sur le Plateau de Beille, à part des documents réalisés à l’échelle
du massif de l’Aston, dont le Plateau de Beille fait partie.
Plus récemment, la Communauté de Communes des Vallée d’Ax a sollicité l’ONCFS
afin de réaliser à nouveau le suivi de la population de grand tétras comme au début des
années 1990 afin d’estimer le niveau actuel de population mais également l’impact des
activités anthropiques nouvelles. C’est à partir de cette proposition d’étude que la
communauté de Communes des Vallées d’Ax en partenariat avec l’ONCFS et la direction
régionale de l’Environnement de Midi-Pyrénées (DIREN Midi-Pyrénées) a décidé de lancer
un projet plus ambitieux sur l’ensemble de la faune, de la flore et des habitats afin d’aboutir à
un plan de gestion environnementale concerté avec l’ensemble des acteurs locaux.
Ce projet tire également son origine d’une prise de conscience de la richesse
environnementale et écologique du Plateau de Beille. Celle-ci représente un atout primordial
susceptible d’orienter le développement touristique, et que la connaissance de cette richesse
et la concertation avec les différents utilisateurs de l’espace naturel est le meilleur moyen de
la préserver.
L’élaboration de ce plan de gestion s’articule en deux phases. La première phase
consiste au recueil de données, à l’acquisition de connaissances sur le patrimoine, et à
l’analyse. La deuxième phase consiste à élaborer une méthodologie pour la définition de
mesures de gestion opérationnelles et concertées.
Le rapport, présenté ici, s’inscrit dans la première phase du projet de plan de gestion
environnementale du Plateau de Beille. Il se divise en 5 parties :
— réalisation d’une description du site d’étude ;
— réalisation d’un inventaire socio-économique des activités sur le Plateau de Beille ;
— inventaire écologique ;
— détermination et hiérarchisation des enjeux de conservation à partir des deux inventaires
précédents ;
— mise en place de pistes de réflexion en matière de préconisations de gestion.
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1 Le Plateau de Beille, un environnement exceptionnel
1.1 Localisation et éléments de description de la zone d’étude
1.1.1 Situation géographique
Le Plateau de Beille est situé au sud-est du département de l’Ariège, à une trentaine
de kilomètres de Foix, préfecture du département. Il appartient au Territoire de la Haute
Ariège, où il domine le chef-lieu du canton, Les Cabannes.
Le Plateau marque la délimitation entre le bassin versant de l’Aston et de l’Ariège. Il est
souvent considéré comme appartenant au massif de l’Aston.
La carte 1 ci-dessous présente la localisation géographique du site d’étude.
Carte 1. — Localisation géographique du site d’étude
1.1.2 Description du plateau de Beille
Le Plateau de Beille, comme son nom l’indique, est une surface globalement plane,
possédant une altitude comprise entre 1700 et 2000 mètres. Le relief y est donc doux mais
vallonné, avec une orientation générale au Nord. Il est souvent décrit comme une demiétoile, mesurant 6 km de long et 3,5 km de large. Sa surface est estimée à environ 1450
hectares.
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Le Plateau de Beille est largement entaillé au Nord et à l’Est par 3 vallées successives,
qui sont du Nord au Sud :
— la Vallée d’Albiès ;
— la Vallée du Mourègnes ou Vallée de Lassur ;
— la Vallée du Lavail ou Vallée de Luzenac.
Les flancs du Plateau de Beille tombent rapidement dans ces vallées adjacentes.
Les parties ouest et sud du Plateau de Beille plongent de façon très abrupte dans la Vallée
de l’Aston.
1.1.3 Choix du périmètre de l’étude
Pour des raisons évidentes de continuum biologique et d’interactions possibles entre le
Plateau de Beille et son pourtour (impacts sur l’environnement même du Plateau de Beille), il
a été décidé de ne pas restreindre l’étude à la définition morphologique d’un plateau. La
zone d’étude a donc été divisée en deux périmètres distincts.
Une zone centrale d’étude
Cette zone correspond peu ou prou à la définition morphologique d’un Plateau de
Beille et à la description réalisée précédemment. Elle a été choisie en raison du temps
relativement court imparti à l’étude et en raison de la forte présence d’activités humaines
susceptibles de perturber le milieu. Ainsi la précision des informations, la richesse des
données ainsi que la finesse de l’analyse des enjeux environnementaux doivent être
maximales.
Une zone périphérique d’étude
Cette zone, beaucoup plus vaste que la précédente, est délimitée par le ruisseau de
l’Aston à l’Ouest, par l’Ariège au Nord, par le ruisseau du Lavail à l’est et enfin au sud par la
crête des Génibres. Elle constitue le pourtour du Plateau de Beille. Les aspects abordés
dans ce périmètre secondaire se borneront aux éléments essentiels qui sont susceptibles
d’influencer l’environnement et les milieux naturels du Plateau de Beille.
La carte 2 ci-dessous présente les deux périmètres élaborés.
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Carte 2. — Présentation des périmètres d’étude
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1.2 Description climatologique du site d’étude
Le climat du massif de l’Aston, dont fait partie le Plateau de Beille, est qualifié de climat
océanique typique des régions intérieures jusqu’à 1000 mètres d’altitude et de climat
océanique de haute montagne au-delà (Gruber dans Boite, 1989). Le climat de la région des
Pyrénées centrales est caractérisé par une pluviométrie de l’ordre de 1000-1200 millimètres,
ce qui reste élevé mais plus faible que les précipitations sur la partie ouest des Pyrénées.
Le périmètre central d’étude se situant entre 1650 mètres environ et 2000 mètres
d’altitude, l’étage de végétation qui est ici concerné est l’étage subalpin.
Le périmètre périphérique d’étude, plus vaste, comprend l’étage collinéen (jusqu’à 900
mètres environ), l’étage montagnard (jusqu’à 1500 mètres en ombrée et 1700 mètres en
soulane) et l’étage subalpin, puisqu’il s’étend entre 500 mètres et 2000 mètres d’altitude.
Le diagramme ombrothermique ci-dessous (figure 1) récapitule les données
climatiques. Celles-ci proviennent Météo France, à partir des statistiques reconstituées
1971-2000, pour la station climatique Aston n° 0902 4004 (altitude1781 mètres).
150
70
60
50
40
30
20
10
0
100
50
0
J F M A M J
températures en °C
précipitations en
mm
diagramme ombrothermique
hauteur moyenne
des précipitations
température
moyenne
J A S O N D
Figure 1. — Diagramme ombrothermique du Plateau de Beille (Météo France)
Le tableau 1 ci-dessous récapitule le nombre moyen de jours de gel mensuel
(température inférieure à 0°C).
Tableau 1. — Nombre moyen de jours de gel sur le Plateau de Beille (Météo France)
Mois
J
F
M
A
M
J
J
A
S
O
N
D
total
Nombre moyen de
jours de gel
30,4
20,7
18
nr
4
0,7
0,1
0,1
1,2
6,7
19,6
21,9
123
1.3 Quelques éléments de géologie et de géomorphologie
1.3.1 La formation du Plateau de Beille
Le Plateau de Beille s’est formé pendant le cénozoïque, lors de la surrection
pyrénéenne. Cette époque est marquée par deux évènements bien distincts :
— un soulèvement au début du cénozoïque suivi d’un phénomène d’érosion qui entraînera
un premier arasement de la chaîne des Pyrénées vers 25 millions d’années ;
— un second soulèvement par crises successives avec une intense phase érosive. Ainsi, Le
premier rehaussement est accompagné par une deuxième phase d’arasement entre 18 et 10
millions d’années. Le Plateau de Beille serait le résultat de cette deuxième période érosive.
A partir de 10 millions d’années jusqu’à 500000 ans, les surfaces aplanies seront soulevées
de plus de 1000 mètres, aboutissant à l’altitude actuelle du Plateau de Beille.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
10
Ce plateau est assez remarquable, puisqu’il constitue une des dernières hautes
surfaces planes qui subsistent dans la haute chaîne axiale. Il se situe à la transition entre
l’ouest de la chaîne, où toutes les surfaces aplanies ont disparu et l’est de la chaîne, ou ces
surfaces sont encore bien préservées. Le Plateau de Beille témoignerait donc de conditions
de mise en place différentes entre la partie occidentale et orientale des Pyrénées.
Il existe à l’heure actuelle quelques indices de la morsure du glacier de l’Ariège sur le
Plateau de Beille (dépôts morainiques, décapage des altérites). Ils rendent compte d’une
action brève du glacier, ce qui suggère que le glacier qui a fortement influencé les vallées
adjacentes n’a que brièvement débordé sur le Plateau de Beille.
1.3.2 Les roches en place sur le Plateau de Beille
La composition géologique reste très homogène sur le Plateau de Beille. En effet, la
roche-mère présente sur le site d’étude est quasi exclusivement composée de gneiss appelé
« gneiss de Riète », roche secondaire résultant de la métamorphisation du granite en place
par des remontées plutoniques. Le substrat du Plateau de Beille est donc composé de
roches acides.
Nous retrouvons en fond de vallée la présence de dépôts morainiques et de dépôts de
remaniement, témoignages de l’action du glacier et des cours d’eau actuellement en place.
1.4 Bassins versants et réseaux hydrographiques
1.4.1 Présentation
Le Plateau de Beille constitue une ligne de séparation des eaux. En effet, celles-ci sont
drainées soit par le bassin versant de l’Aston, grâce notamment au Ruisseau d’Artaran et au
ruisseau de Poussiergues, soit par le bassin versant de l’Ariège, grâce au ruisseau d’Albiès,
au ruisseau des Mourègnes ou au ruisseau du Lavail.
Conformément à la description morphologique du Plateau de Beille, les ruisseaux à
l’ouest sont plus courts, et moins importants que les ruisseaux à l’est. En effet, les ruisseaux
d’Albiès, des Mourègnes et Lavail drainent les vallées qui entaillent le Plateau de Beille à
l’est. Les bassins versants sont donc plus importants.
De part sa morphologie de plateau et son microrelief, Beille recèle un certain nombre
de zones humides qui jouent le rôle de régulateur des régimes hydrauliques par le stockage
de l’eau et sa restitution progressive.
Ruisseaux et zones humides de tête de bassin forment un réseau efficace de stockage
et de drainage des eaux mais fragile et plus complexe qu’il n’y paraît.
La carte en annexe I localise le réseau hydrographique présent sur le site d’étude.
1.4.2 Qualités hydrobiologiques et classement du réseau hydrographique
D’après le classement effectué selon le système d’évaluation SEQ-Eau par le Réseau
de Bassin Adour-Garonne des données sur l’eau, la qualité de l’eau des différents ruisseaux
est considérée comme très bonne. C’est la meilleure catégorie existante.
D’après la DIREN Midi-Pyrénées, ces ruisseaux ne sont ni en zone vulnérable à la
pollution par les nitrates d’origine agricole, ni en zone sensible à l’eutrophisation.
D’après le rapport « Recensement des cours d’eau et des milieux aquatiques à «
caractère patrimonial » sur le bassin Adour—Garonne, rédigé par les bureaux d’étude
Geodiag et Ecogea pour l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, les 5 ruisseaux décrits plus haut
sont considérés, en amont de leur barrage ou de leur prise d’eau, comme cours d’eau
remarquables à fort intérêt patrimonial. Ce rapport s’intègre au schéma directeur
d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Adour-Garonne et aux dispositions prises
afin de préserver les espèces menacées et les milieux aquatiques remarquables du bassin.
Même si ce résultat peut être attendu à l’échelle départementale, il faut préciser que
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
11
seulement 11.5% des cours d’eau du bassin versant de la Garonne possèdent
classement de cours d’eau remarquable.
le
1.4.3 Qualités biologiques et écologiques
Les différents classements des ruisseaux prouvent qu’ils possèdent des intérêts forts
en terme de biologie et d’écologie.
Concernant les zones humides, 3 tourbières ont été inventoriées sur l’ensemble du site
et 2 dans le périmètre central. Ces travaux menés dans le cadre du Pôle Life-Tourbière
démontrent leurs intérêts.
1.5 Les milieux et les habitats présents sur le Plateau de Beille
Bien que les paramètres écologiques qui régissent l’expression de la végétation soient
globalement homogènes à l’échelle du périmètre central avec une altitude comprise entre
1700 mètres et 2000 mètres, une légère exposition nord et un substrat siliceux, le facteur de
perturbation qu’est le pacage des animaux permet la présence de la plupart des formations
végétales typiques de l’étage subalpin. Ainsi, nous observons des pelouses rases, des
landes et des forêts.
1.5.1 Diversité des habitats
Les paramètres stationnels (exposition, substrats, présence de nappes d’eau
affleurantes…) permettent la présence d’un minimum de 12 habitats potentiels sur la zone
centrale d’étude. Ce dénombrement a été réalisé grâce à la cartographie d’habitat au
1/25000ème réalisé par le bureau d’étude AMIDEV en 1997 sur les 22000 hectares qui
constituent le massif de l’Aston. Devant le manque de précision des données, une nouvelle
carte a été élaborée avec une phase terrain très courte, ce qui n’a pas permis la réalisation
d’inventaires floristiques. Les habitats ont donc été déterminés par l’appréciation de la
présence de la flore caractéristique de ces habitats. Il est intéressant de noter que 7 habitats
se sont révélés d’intérêt communautaire d’après la directive Habitat, Faune, Flore dont 2
d’intérêt prioritaire.
L’annexe II récapitule les différents habitats inventoriés, leur libellé et leur statut
européen. L’annexe III dresse les différentes superficies de chaque habitat, ainsi que les
superficies totales en fonction du type de faciès végétal.
L’ensemble des habitats d’intérêt communautaire ou d’intérêt prioritaire représente
1281 hectares, soit 88 % de la superficie totale de la zone centrale d’étude.
La carte présentée en annexe IV localise géographiquement les habitats sur le
périmètre central d’étude. Elle est le fruit du travail de terrain.
1.6 La flore présente sur le site
Cinquante-six espèces ont été inventoriées dont 16 lors de l’inventaire de la zone
naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) n° 730011933 et 47 lors
l’inventaire des tourbières. Sept espèces ont donc été recensées lors des deux inventaires.
La liste complète des espèces (ainsi que leurs statuts) est présente en annexe V.
Si l’inventaire des tourbières s’est révélé exhaustif, ce n’est pas le cas de celui de la
ZNIEFF. Le nombre d’espèces réellement présentes sur le site est donc largement supérieur
à 56.
D’un point de vue patrimonial, 5 espèces doivent retenir notre attention. En effet trois
d’entre elles sont protégées nationalement et inscrites sur le livre rouge de la flore (Drosera
intermedia Hayne, Drosera rotundifolia L., Lycopodiella inundata L.). Le lycopode des
tourbières (Lycopodiella inundata) qui présente les statuts les plus élevés en terme de
protection (annexe I de la liste nationale des espèces protégées) et en terme de vulnérabilité
(classé espèce prioritaire dans le livre rouge de la flore).
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
12
Les deux espèces restantes sont Eriophorum vaginatum L. et Potentilla palustris (L.) Scop.
Elles sont toutes les deux inscrites sur la liste rouge provisoire de la flore de Midi-Pyrénées
et sur la liste des espèces protégées en Midi-Pyrénées.
Il est intéressant de noter que ces 5 espèces sont strictement inféodées aux zones humides
et aux tourbières.
On peut enfin signaler la présence Arnica montana L., espèce inscrite sur la liste rouge
provisoire des espèces rares ou menacées en Midi-Pyrénées et présente dans les nardaies
et autres pelouses alpines sur substrat siliceux, voire dans les landes et forêts claires de pins
à crochet.
Il parait évident que l’inventaire floristique des habitats, autres que celui concernant les
tourbières, est insuffisant pour déterminer la présence d’espèces patrimoniales
complémentaires avec notamment la présence de nombreuses espèces endémiques des
Pyrénées. De plus, on doit également noter que ces inventaires sont vieux puisqu’ils datent
de 1989 pour la ZNIEFF et de 1995 pour les tourbières.
1.7 La faune présente sur le site d’étude central
La difficulté principale résidait dans le fait que ces inventaires avaient été effectués
dans le cadre du massif de l’Aston, et non celui du Plateau de Beille. Il y a donc fallu trier les
données, et éliminer les espèces qui sont potentiellement présentes sur le Plateau pour
garder seulement les espèces qui sont explicitement citées sur le Plateau.
Les listes complètes d’espèces animales inventoriées ainsi que leurs statuts de
protection sont présentés en annexe VI.
1.7.1 L’avifaune
Les différents inventaires font état de 53 oiseaux observés sur le Plateau. Le tableau 2
suivant récapitule en nombre d’espèces, l’écologie des oiseaux présents ainsi que leurs
statuts de protection. Nous n’avons retenu que deux statuts, jugés les plus pertinents : la
présence à l’annexe I de la directive « oiseaux », et l’inscription au livre des oiseaux
menacés et à surveiller en France (Rocamora et Yeatman-Berthelot,1999).
Tableau 2. — Récapitulatif de l’avifaune présente sur le périmètre central d’étude
Écologie
Nombre
total
d'espèces
Nombre d'espèces
inscrites à l'annexe I
Nombre d'espèces
de la directive
inscrites au livre rouge des
habitat et inscrites
oiseaux
sur le livre rouge des
oiseaux
liste
liste
total
total
liste rouge
rouge
orange
1
4
0
4
1
0
Nombre
d'espèces
inscrites à
l'annexe I de la
directive oiseaux
N1
5
N2
12
0
2
0
0
0
0
N3
18
1
3
1
1
1
0
Migrateur strict
5
2
5
2
1
2
2
Hivernant strict
1
0
0
0
0
0
0
Passage strict
12
6
8
4
0
5
4
total
53
10
22
7
6
9
6
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
13
La signification de la légende concernant l’écologie de l’avifaune est la suivante :
— N1 : nicheur des milieux ouverts (pelouses et landes) ;
— N2 : nicheur des milieux semi fermés (mosaïque de forêts claires et de landes) ;
— N3 : nicheur des milieux fermés (forêt) ;
— migrateur strict : spécimen dont sa présence est due à son cycle de migration ;
— hivernant strict : spécimen dont le Plateau de Beille constitue une aire d’hivernage ;
— passage strict : spécimen qui niche à proximité du Plateau de Beille et qui peut-être
aperçu sur ce dernier.
Vingt-deux espèces inventoriées sont inscrites dans le livre des oiseaux menacés et à
surveiller en France, dont 7 sur liste rouge et 7 sur liste orange.
Dix espèces sont inscrites à l’annexe I de la directive oiseau, ce sont donc des espèces qui
doivent faire l’objet de mesures de conservation spéciale en particulier en ce qui concerne
leurs habitats par la création de zones de protection spéciales (ZPS). Sur ces 10 espèces, 9
sont inscrites au livre des oiseaux menacés et à surveiller en France, dont 6 sur la liste
rouge. Ce chiffre témoigne de la richesse de l’avifaune du Plateau de Beille, et de son intérêt
patrimonial.
Pourtant ce constat doit être nuancé au regard de la biologie de chaque espèce, c'està-dire en fonction de son caractère migrateur, nicheur sur le site même ou dans les
alentours. Ainsi, 35 espèces sont potentiellement nicheuses sur le Plateau de Beille, 6 sont
migratrices ou hivernantes (leurs présences sur les inventaires constituent un concours de
circonstance) et 12 de passage (espèces qui ne nichent non pas sur les habitats du Plateau
de Beille mais dans les alentours). C’est cette dernière catégorie qui accentue l’importance
des chiffres obtenus, puisque les oiseaux de passage sont souvent des oiseaux qui chassent
ou qui recherchent leur nourriture sur le Plateau de Beille. C’est le cas des rapaces tels
l’aigle royal, ou le gypaète barbu. Or sur les 7 oiseaux inscrits sur liste rouge, 5 sont ainsi
des rapaces.
Finalement, sur les 35 oiseaux nicheurs, 9 sont inscrits sur le livre des oiseaux en
danger ou à surveiller, dont 1 sur liste rouge et 5 sur liste orange.
Sur les 5 oiseaux nicheurs de milieux ouverts, 4 sont inscrits sur la liste orange du livre
rouge.
Sur les 18 oiseaux nicheurs de milieux forestiers, 3 sont inscrits au livre rouge, dont 1 sur
liste orange et 1 sur liste rouge.
Sur les 12 oiseaux nicheurs d’écotone (milieux semi fermés), seulement 2 sont inscrits sur le
livre rouge.
Les espaces ouverts recèlent donc plus d’oiseaux patrimoniaux en terme de statut
défavorable que les deux autres types de milieu. Il est intéressant de souligner que la
différence importante entre le chiffre des oiseaux recensés en milieux fermés ou semi-ouvert
et le nombre des oiseaux d’espaces ouverts s’explique par un échantillonnage systématique
avec point d’écoute de la pineraie à pins à crochet réalisé en 1987 (Clouet, 1987 dans
AMIDEV, 1997). Une telle méthodologie appliquée aux espaces ouverts augmenterait le
nombre d’oiseaux détectés.
1.7.2 Les mammifères
Les inventaires et les observations disponibles décrivent la présence de 12
mammifères différents. Il est intéressant de souligner la présence de l’isard, espèce
emblématique de la grande faune des Pyrénées au même titre que le grand tétras ou l’ours
brun.
Le chat sauvage, espèce qui a le caractère le plus patrimonial de l’inventaire, est
généralement inféodé à la hêtraie-sapinière présente sur le pourtour du Plateau de Beille. Sa
présence dans les inventaires est sans doute anecdotique.
Même si la présence de l’ours brun n’est pas recensée dans les inventaires, le site
central et le site périphérique sont classés comme zone de présence régulière depuis 1999.
Pour justifier d’un tel classement, la zone doit recéler des indices de fréquentation au moins
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
14
durant 3 ans sur une période totale de 5 ans. Mr. Pierre-Yves Quenette, spécialiste à
l’ONCFS du suivi de l’ours dans les Pyrénées, nous apporte quelques éléments.
Au moins deux ours, nés dans les Pyrénées et issus de parents réintroduits,
fréquentent le site. La zone centrale, avec ses nombreuses pelouses et landes, est plutôt
une aire de passage nocturne. Néanmoins, au mois de juillet et août, les ours peuvent
consommer les myrtilles dans les landes où cette baie est abondante. C’est notamment le
cas au sud de la zone centrale (col de la Didorte, col des Finestres).
Par contre, l’ensemble de la forêt de la zone d’étude périphérique (jusqu’à la
proximité immédiate des villages en bas de vallée), constitue une zone de repos diurne
appréciée par les ursidés en raison de sa tranquillité et de son accessibilité.
Mr. Quenette ajoute enfin, que les ours sont responsables chaque année d’attaques sur les
ovins (de l’ordre de 10 à 20 attaques environ).
1.7.3 L’herpétofaune
Les différents inventaires mettent en lumière l’existence de 3 batraciens et de 2
reptiles. Trois d’entre eux ont un statut défavorable (Maurin et Keith, 1994).
Une attention particulière doit être portée à l’euprocte des Pyrénées. En effet, il n’est signalé
qu’une seule fois, dans le cadre d’une observation relatée dans le rapport AMIDEV, mais
n’apparaît jamais dans les autres inventaires. Ce batracien strictement endémique des
Pyrénées, et certainement un des joyaux inconnu du grand public de la faune pyrénéenne au
même titre que le desman des Pyrénées.
M. Gilles Pottier, spécialiste de l’herpétofaune à l’association naturaliste Nature MidiPyrénées, confirme que le biotope aquatique de Beille, composé de tourbières, de mouillères
et de ruisseaux d’altitude est très favorable à l’euprocte. Il ne serait donc pas étonnant de le
retrouver ici. De par son expérience, M. Pottier met en garde contre la confusion trop rapide
entre l’euprocte et le triton palmé, dont la présence et l’abondance sont unanimement notées
dans les milieux tourbeux par exemple.
1.7.4 Les poissons
Les ruisseaux présents sur le périmètre central de l’étude sont sans doute trop réduits
pour avoir une faune piscicole très développée.
Il n’existe à l’heure actuelle aucune donnée ou inventaire de la faune aquatique sur le
périmètre du Plateau de Beille.
1.7.5 L’entomofaune
Il n’existe à l’heure actuelle aucune donnée ou inventaire de l’entomofaune sur le
périmètre du Plateau de Beille.
Pourtant, un habitat comme les tourbières pourrait recéler de nombreuses espèces
intéressantes.
1.8 Synthèse
Le Plateau de Beille est un site remarquable, même « magique » pour la plupart des
acteurs locaux. En effet, il constitue à la fois un paysage unique et un espace à fort intérêt
patrimonial. Mais attention, l’ensemble des inventaires dont sont issues les données date au
mieux du milieu des années 1990 voire de la fin des années 1980. Or en 10 ou 15 ans, la
situation faunistique ou floristique a très bien pu évoluer.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
15
2 Des activités ancestrales au tourisme
Les entretiens individuels réalisés avec tous les acteurs locaux, mais également les
acteurs institutionnels ont permis de dresser l’inventaire précis des activités socioéconomiques. Une fiche d’entretien générale a été élaborée dans ce but. Elle est disposée
en annexe VII. Bien sûr, les questions ont été affinées en fonction de l’interlocuteur.
2.1 L’activité pastorale
2.1.1 Présentation et organisation de l’activité sur le Plateau de Beille
Le pastoralisme est une activité ancestrale qui a façonné le paysage actuel du Plateau
de Beille. Il est encore à l’heure actuelle très présent. Ce plateau est composé de différents
territoires pastoraux qualifiés d’estives, les troupeaux transhumants y pâturent à la belle
saison. Le bétail y passe entre 4 et 5 mois par an, l’estive est donc un lieu clé pour les
éleveurs ariégeois.
Le Plateau de Beille est concerné par 3 estives différentes. Deux sont gérées par des
groupements pastoraux (groupement pastoral de Pech-Verdun et groupement pastoral de
Luzenac-Unac), la troisième est propriété du syndicat des propriétaires indivis d’Urs-VèbreLassur.
La carte en annexe VIII localise les différentes estives par rapport aux périmètres d’étude.
La zone d’étude est inégalement concernée par ces trois unités pastorales. En effet, Le
territoire du groupement pastoral de Luzenac-Unac reste en marge du Plateau de Beille. De
plus, cette vaste estive s’étend également sur l’autre versant de la vallée du Lavail (Plateau
de Bourbourou). Ne possédant pas de cabane pastorale sur son estive du Plateau de Beille,
le pâtre le fréquente finalement très peu.
Le tableau 3 ci-dessous récapitule les principales caractéristiques des différentes structures
pastorales.
Tableau 3. — Présentation des unités pastorales du Plateau de Beille
Superficie totale de
l'estive
Groupement
Pastoral de
Pech-Verdun
Groupement
pastoral de
Luzenac-Unac
Estive du Syndicat des
propiétaires de Urs-VèbreLassur
1204 ha
1920 ha
1396 ha
4 éleveurs bovins
3 éleveurs équins
8 éleveurs bovins
15 éleveurs équins
6 éleveurs bovins
3 éleveurs ovins
300 bovins
40 équins
250 bovins
45 équins
170 bovins
1300 ovins
Unité gros bovin
0,26 UGB/ha
0,15 UGB/ha
0,97 UGB/ha
Bergers/vachers
employés
1 vacher
1vacher
1 vacher
1 berger
Nombre d'éleveurs
Le cheptel
Cabane des
Cabanes pastorales Isarges
utilisées
Refuge du boutas
Cabane de Gérièys
Refuge de Bertounel Cabane de Beille d'en haut
Cabane du col des Finestres
La pression de pâturage reste faible sur les trois estives. En effet, on considère que le
pâturage est extensif à 1.3 UGB/ha, bien que ce chiffre varie selon la capacité d’accueil du
milieu et qu’il n’existe pas réellement de norme. Néanmoins, Il est important de relativiser les
valeurs obtenues, puisque la superficie totale des estives a été utilisée pour le calcul. Or,
l’ensemble de la surface n’est jamais réellement pâturable (falaises, éboulis, ou encore
zones inaccessibles et trop pentues).
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
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16
Les races utilisées sont le plus souvent des races locales (vache de race Gasconne,
chevaux de race Merens et brebis de race Tarasconnaise). Celles-ci, adaptées à la vie en
montagne et à la transhumance, font partie du patrimoine agricole ariégeois. Ces animaux
sont des races à viande, et la production est orientée vers des veaux et des agneaux
d’engraissement.
2.1.2 Gestions réalisées sur les unités pastorales
Le tableau 4 suivant résume les caractéristiques principales de gestion des estives.
Tableau 4. — Récapitulatif de la gestion menée des différentes estives
Groupement Pastoral de
Pech-Verdun
Groupement pastoral de
Luzenac-Unac
Estive du Syndicat
Indivis
PHAE (mesure 19B) déclarée PHAE (mesure 19B)
sur 900 ha
déclarée sur 1250 ha
PHAE gardiennée
(mesure19F) déclarée
sur 979ha
Aide au gardiennage
Aide aux travaux
d'amélioration et
d'aménagement de l'espace
pastoral
Aide au gardiennage
Aide aux travaux
d'amélioration et
d'aménagement de
l'espace pastoral
Mesures
d'accompagnement à la
restauration de l'ours dans
les Pyrénées
Aucune
pratique du débroussaillage
Mesures de gestion des
mécanique ou manuel
estives
pratique du
débroussaillage
mécanique ou manuel
_ déparasitage interne et
externe en hiver
_ entretien courant sur les
estives
/
_ débroussaillement
mécanique de 10-20 ha
sur le secteur du
mouscadou
/
Mesures agrienvironnementales
Primes et subventions
Traitements sanitaires
des animaux
Projet
_ déparasitage interne et
externe en hiver
_ entretien courant sur les
estives
_ débroussaillement
mécanique d'une vingtaine
d'hectares sur le secteur
d'Albiès
_ participation avec la
commune de Verdun à la
restauration de 3 cabanes sur
le Plateau de Beille
_ déparasitage interne
et externe en hiver
_ entretien courant sur
les estives
Les groupements pastoraux de Pech-Verdun et de Luzenac-Unac se révèlent assez
dynamiques en matière de gestion des estives. Les patres utilisent des chiens pour guider
les troupeaux. Ces derniers sont souvent libres.
2.2 Activités cynégétiques
2.2.1 Organisation de la chasse sur le périmètre d’étude
La chasse est une activité très ancrée sur le Plateau de Beille. Elle est structurée le
plus souvent en Association Communale de Chasse Agréée (ACCA). On dénombre ainsi
une ACCA, 2 Associations Intercommunales de Chasse Agréées (regroupements d’ACCA),
et un groupement de chasse privée. Ces sociétés sont présentées dans le tableau 5 suivant.
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17
Tableau 5. — Présentation des différentes structures de chasse
Société de chasse
Superficie totale
approximative (ha)
ACCA Verdun
nombre approximatif
d'adhérents
1300
ACCA de Les Cabannes
35
100
30
12690
110
AICA Luzenac-Unac
2250
60
Groupement des Chasseurs
de Foix (2)
1396
30
AICCA des Deux Vallées (1)
(1) :l’AICA des Deux vallées regroupe les ACCA de Pech, Aston, Albiès et de Château-Verdun.
(2) : le groupement des chasseurs de Foix loue le droit de chasse de la propriété du Syndicat Indivis.
La carte en annexe IX localise les différents territoires de chasse sur le périmètre
central.
Le nombre important de structures cynégétiques s’explique par le morcellement
administratif et foncier du Plateau de Beille.
Sur le terrain, la situation est très hétérogène. En effet, la pression de chasse n’est pas
homogène sur l’ensemble du périmètre d’étude. Le fait que d'une part, le territoire de l’AICA
des deux vallées soit immense et localisé sur le versant opposé de la Vallée de l’Aston, et
que d'autre part le territoire de l’ACCA de Verdun soit isolé par rapport au reste du territoire
communal suggère que la pression de chasse est bien moindre à l’Ouest de la zone d’étude
qu’à l’Est.
2.2.2 Évolution des effectifs des chasseurs
La tendance est à la baisse lente mais constante du nombre de chasseurs ainsi qu’à
l’augmentation de l’âge moyen du pratiquant. Cette tendance est identique à celle observée
à l’échelle nationale.
2.2.3 Pratique de la chasse
Les gibiers présents
La zone d’étude présente une diversité intéressante en terme de gibier. La particularité
du site est d’abriter des espèces de gibier de montagne comme la perdrix grise de
montagne, le grand tétras ou encore l’isard. Ces espèces sont emblématiques de la faune
pyrénéenne.
Le tableau 6 suivant récapitule les espèces présentes ainsi que les différentes
modalités de prélèvement.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
18
Tableau 6. — Les gibiers présents et leurs modalités de chasse
Gibiers
sédentaires
Principales zones
de présence et de
chasse
Perception de
l'évolution des
populations
Plan de chasse et
modalités de
prélèvement fixés par
arrêté préfectoral
Modalités de
prélèvement fixées par
les unités de chasse
période de chasse du Carnet de prélèvement et
gibier de montagne
prélèvement maximum
(1)
autorisé (PMA) de 20
perdrix/chasseur/an
ACCA Verdun: PMA de 2
perdrix/chasseur/an
AICA des 2 Vallées: PMA
de 4 perdrix/chasseur/jour
Période de chasse
fixée par arrêté
préfectoral
"Gibier de
montagne"
Pelouses et landes Indéterminée
subalpines
perdrix grise de
montagne
Grand tétras
Isard
Ensemble des
secteurs boisés du
Plateau de Beille,de
1400m à 200m
d'altitude)
Chute dans les
période de chasse du
années 90, retour de gibier de montagne
l'espèce depuis
(1)
quelques années
Plan de chasse
Aucune
conventionnel
Carnet de prélèvement et
PMA de 1 coq
maillé/chasseur/an
Principalement les
zones boisées
(hêtraie-sapinière)
sur le pourtour du
Plateau de Beille
Augmentation des
période de chasse du Plan de chasse légal
populations depuis gibier de montagne
obligatoire
sa réintroduction au (1)
début des années 90
AICA des 2 Vallées:
utilisation de la carabine
interdite, chasse
uniquement autorisée au
fusil de chasse
"Gibier de plaine"
Sanglier
Chevreuil
Lièvre
Tous les secteurs Augmentation
boisés, de la vallée constante
jusqu'au plateau
Du 1er septembre
jusqu'au 2ème
dimanche de janvier
(2)
Tous les secteurs Augmentation
Du 3ème septembre
boisés, de la vallée constante
jusqu'au 2ème
jusqu'au plateau
dimanche de janvier
(2)
Pelouses et landes Augmentation sur le Du 2ème dimanche
subalpines
plateau
de septembre
jusqu'au 2ème
dimanche de
décembre, chasse
interdite le mardi et
vendredi
Aucun plan de chasse
Aucune
Plan de chasse légal
obligatoire
Aucune
Aucun plan de chasse
ACCA de Verdun: chasse
autorisée uniquement le
mercredi, samedi et
dimanche
(1) : la période de chasse du gibier de montagne court du 3ème dimanche de septembre jusqu'au 1er dimanche d'octobre. Mais
la chasse est uniquement autorisée les mercredis, samedis, dimanches et jours fériés.
(2) : la chasse en battue du sanglier et du chevreuil est uniquement autorisée les mercredis, samedis, dimanches et jours fériés.
Le gibier migrateur est parfois chassé sur le Plateau de Beille. Ainsi, la bécassine des
marais fréquente les tourbières et autres mouillères du Plateau de Beille, alors que la
bécasse des bois se rencontre dans les secteurs boisés du Plateau. Le pigeon ramier (ou
palombe) peut également être prélevé lors de son passage automnal sur la chaîne
pyrénéenne.
La période de chasse du gibier de montagne étant assez courte (durée effective de 10
jours), les chasseurs désirant prélever ces espèces se spécialisent le plus souvent dans la
traque d’un seul gibier.
Le grand tétras est surtout chassé sur le territoire de l’ACCA de Luzenac–Unac. Un
certain nombre de chasseurs se sont spécialisés. Lors de la saison 2007-2008, 5 grands
tétras ont été prélevés sur le Plateau de Beille, pour un prélèvement à l’échelle du
département de l’ordre de 15 coqs. Le Plateau de Beille constitue donc un haut lieu ariégeois
de la chasse du grand tétras.
Le sanglier, est devenu, à l’image de chasse française, le « fond » de chasse du
chasseur fréquentant le secteur du Plateau de Beille. C’est donc le gibier le plus chassé par
le plus grand nombre de chasseurs. Son tableau de chasse est pléthorique et représente
environ 180 prélèvements sur la zone d’étude périphérique.
L’isard a été réintroduit au début des années 90 à partir d’une trentaine d’individus. Le
Groupement Intérêt Cynégétique du Ruhle a alors vu le jour pour mutualiser la gestion de
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
19
l’isard sur l’ensemble du secteur du Plateau de Beille et de ses environs. Ce GIC est
composé des ACCA de Aston, Savignac, Luzenac, Albiès, Aulos, Château-Verdun et du
groupement des chasseurs de Foix.
La zone centrale d’étude est chassée de l’ouverture jusqu’aux premières neiges
persistantes. Le reste du territoire est chassé jusqu’aux dates de fermeture.
Mode de chasse
Les gallinacés de montagne sont chassés au chien d’arrêt, le lièvre, généralement, à
l’aide de chiens courants par un petit groupe de chasseurs.
L’isard est chassé uniquement à l’approche ou à l’affût.
Le grand gibier, comme le sanglier et le chevreuil, est chassé généralement lors de
battues aux chiens courants. Cette chasse nécessite la création d’équipes rassemblant
plusieurs dizaines de chasseurs qui peuvent provenir de plusieurs communes différentes.
Ainsi, les l’équipes de l’AICA des Deux Vallées est composée de chasseurs d’Aston, d’Albiès
de Pech et de Château-Verdun. De même, le territoire de l’AICA de Luzenac-Unac est mis
en commun avec les territoires des ACCA de Vèbres, Urs, Lassur et Garanou. Une équipe
de chasse intercommunale chasse ainsi l’ensemble.
Lâchers de gibier
Conformément à la législation en vigueur dans les zones de montagne, aucun lâcher
de gibier-oiseau (faisan, perdrix grise ou rouge) n’est effectué sur le Plateau de Beille afin
d’éviter tout risque sanitaire ou de pollution génétique sur les populations locales.
Par contre, chaque année, des lièvres de repeuplement sont lâchés par les AICA d’Aston et
de Luzenac-Unac. Cela représenterait à l’échelle du Plateau de Beille 15 à 20 animaux
lâchés.
Régulation des espèces classées nuisibles
Lors des différents entretiens réalisés avec « les acteurs chasse », une observation
commune a été relevée : celle de l’augmentation des populations de martre.
Actuellement, aucun piégeur agréé ne régule sur le territoire d’étude les renards, mustélidés,
et corvidés.
2.2.4 Suivi des espèces chassables
Le suivi des espèces-gibiers est réalisé par la Fédération Départementale de chasse
de l’Ariège avec la participation des chasseurs locaux.
Ainsi, les chasseurs du Plateau de Beille sont fortement impliqués dans la gestion,
notamment celle du gibier de montagne.
Les espèces suivies ainsi que les modalités de comptages sont récapitulées dans le
tableau 7 ci-dessous.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
20
Tableau 7. — Modalités de suivi des gibiers de montagne
Espèces suivies
Comptage
Grand Tétras
Perdrix grise des montagnes
Type de
comptage
Période de comptage
But du comptage
2 — comptage aux
places de chant
— comptage des
nichées au chien
d'arrêt
— avril-mai pour le comptage
au chant
— de mi-juillet à septembre
pour le comptage des nichées
— estimer la dynamique des populations pour
le comptage au chant
— estimer le succès de la reproduction pour le
comptage au chien d'arrêt
1 comptage des
nichées au chien
d'arrêt
de mi-juillet à septembre pour
le comptage des nichées
estimer le succès de la reproduction
2 comptage
"pointage flash"
— premier comptage à partir
du mois d'avril
— deuxième comptage au
mois de juin
estimer à la fois la dynamique des populations
et le succès de la reproduction
Isard
Sur le Plateau de Beille, 3 places de chant sont suivies chaque année, l’une par la
Fédération Départementale de l’Ariège, les deux autres par l’observatoire des galliformes de
montagne et l’ONCFS.
Le comptage d’été au chien d’arrêt est réalisé sur l’ensemble du territoire central pour
le grand tétras et la perdrix grise de montagne.
2.2.5 Réserve de chasse et de faune sauvage
Le site d’étude est très peu concerné par le zonage de réserve de chasse et de faune
sauvage. En effet, seule la partie extrême Sud du territoire de chasse du groupement des
chasseurs de Foix est concernée par cette mesure. La proportion de surface classée
« réserve » par rapport à l’ensemble du territoire est donc infime.
2.2.6 Problématique du braconnage
L’estimation du braconnage reste très floue. Aucun cas de braconnage n’a été relevé
par les agents de la police de l’environnement.
L’avis « des acteurs chasse » est très partagé sur le braconnage d’espèces comme le grand
tétras sur place de chant ou encore pendant la période d’ouverture générale mais hors
période de chasse légale. Certains pensent qu’il existe, d’autres pensent qu’il est minime
voire nul.
Par contre, tous les acteurs s’accordent sur le fait que le braconnage de nuit, au phare,
pratiqué sur la route d’accès du Plateau de Beille existe dans des proportions inquiétantes.
Les espèces braconnées seraient le lièvre, le sanglier et le chevreuil principalement.
Mais en l’absence de cas avérés, l’estimation du braconnage reste incertaine.
2.3 Activités halieutiques
2.3.1 Organisation des activités halieutiques
La pêche peut être pratiquée sur les 5 ruisseaux et leurs affluents qui prennent
naissance sur le Plateau de Beille. Mais concrètement, la taille de ces ruisseaux est
tellement réduite sur la zone centrale d’étude que ces derniers ne sont pas pêchés. Ils le
sont donc uniquement sur leurs parties plus en aval, jusqu’à leurs confluences avec l’Aston
ou l’Ariège.
Le nombre d’organismes titulaires du droit de pêche est important puisqu' on en
dénombre 6. Le droit de pêche et la gestion piscicole sont donc très morcelés, à l’image du
découpage administratif et du foncier du territoire d’étude.
Il existe 4 associations privées, un droit de pêche qui appartient au Syndicat des
propriétaires Indivis et une association agréée de pêche et de protection des milieux
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
21
Aquatiques (AAPPMA). Le droit de pêche du Mourègnes est laissé libre par le Maire de
Lassur. C’est l’AAPPMA de Luzenac qui possède l’accord verbal de la gestion de ce cours
d’eau.
Le tableau 8 suivant récapitule les différents détenteurs du droit de pêche.
Tableau 8. — Les différents détenteurs et gestionnaires du droit de pêche
Titulaire du droit de pêche
Association communale de pêche privée
d'Albiès
Association de pêche privée la Riva
Territoires de pêche et ruisseaux
concernés
le ruisseau d'Albiès (Ruisseau de la
Gargante) et ses affluents en aval du
Syndicat des propriétaires Indivis
50
Partie avale du ruisseau d'Artaran
Partie avale du ruisseau de Poussiergues
Société de pêche privée du Lavail
L'intégralité du ruisseau de Lavail et de
ces affluents
Syndicat des propriétaires Indivis
Partie amont du ruisseau d'Albiès et ses
affluents
Partie amont du ruisseau des Mourègnes
AAPPMA de Luzenac
Partie avale du ruisseau des Mourègnes
et ses affluents
Association de pêche privée la
Verdunoise
Nombre approximatif d'adhérents
100
38
inconnu, le droit de pêche est soumis à
autorisation du Syndicat des
propriétaires Indivis
Partie amont du ruisseau d'Artaran
120
18
2.3.2 Pratique de la pêche
Les eaux des différents cours d’eau sont toutes classées en première catégorie.
Le poisson qui est exclusivement pêché est la truite fario.
Date de pêche et réglementation
Les réglementations en vigueur sont très hétérogènes à l’échelle du site d’étude. En
effet, chaque association peut fixer, dans son règlement intérieur, des mesures plus
contraignantes que celles dictées par la fédération de l'Ariège pour la pêche et la protection
du milieu aquatique et visées par arrêté préfectoral.
Ces règles fixent la date d’ouverture de la pêche en première catégorie au 2ème samedi du
mois de mars et la date de fermeture au 3ème dimanche de septembre.
Le prélèvement maximal journalier autorisé est de 10 poissons, et la taille légale de
capture de la truite fario est fixée à 20 cm.
Mesures de gestion piscicole
Aucune association de pêche, mis à part l’AAPPMA de Luzenac, n’a rédigé de plan de
gestion des ressources piscicoles conformément à la loi (article L433.3 du code de
l’environnement).
Le tableau 9 suivant récapitule les actions de gestions qui sont entreprises par les
différents détenteurs du droit de pêche.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
22
Tableau 9. — Gestion menée par les différentes unités de pêche
Titulaire du droit de
pêche
Rempoissonnement
Lieu
Modalités
Association
communale de pêche
privée d'Albiès
oui
ruisseau d'Albiès ????
mais pas de
Poussiergues
Association de pêche
privée la Riva
non
/
/
oui
Le Lavail et ces
affluents
Tous les ans sur le Lavail: 5000
alevins provenant d'une pisciculture
agréée, 10 boites Vibert et 20 kg de
truites portion en aval
Alevinage une année sur deux sur
les affluents
non
/
/
oui
Ruisseau des
Mourègnes
600 alevins tous les deux ans
provenant d'une pisciculture agréée,
en amont de la prise d'eau
non
/
/
Société de pêche
privée du Lavail
Syndicat des
propriétaires Indivis
AAPPMA de Luzenac
Association de pêche
privée de Verdun
Les ruisseaux sont rempoissonnés uniquement avec des truites fario.
La société de pêche privée la Riva, ne réalevine pas les ruisseaux de Poussiergues et
d’Artaran mais réalevine une partie de leurs territoires de pêche.
La Verdunoise et la société de pêche communale d’Albiès ne réalevinent ni le ruisseau
de Poussiergues ni celui d’Artaran, bien qu’ils le fassent sur le reste de leurs territoires
respectifs.
Intérêts halieutiques
D’après les diverses opinions des acteurs de la pêche, la situation semble assez
contrastée selon les ruisseaux. D’une manière générale les ruisseaux qui se situent sur le
versant Est du Plateau de Beille et qui se jettent dans l’Ariège sont plus longs, plus larges, et
comportent plus d’affluents que les ruisseaux du versant Ouest qui se jettent dans l’Aston.
L’intérêt halieutique est donc beaucoup plus fort pour les ruisseaux d’Albiès, des Mourègnes
et du Lavail que pour les ruisseaux de Poussiergues et d’Artaran.
D’ailleurs, le ruisseau d’Artaran ne semble même pas pêché.
Dans tous les cas, même si les populations sont localement importantes, la taille des truites
reste modeste.
Problématique du braconnage
Tous les « acteurs pêche » rencontrés s’accordent sur le fait que le braconnage est
minime sur l’ensemble des ruisseaux qui proviennent du Plateau de Beille.
2.4 La forêt et les activités sylvicoles
La forêt est bien représentée sur le site central d’étude à côté des landes et des
pelouses subalpines. Elle représente le biotope quasi exclusif de la zone périphérique
d’étude.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
23
2.4.1 Les différents types de forêts
Deux grands types de forêts sont présents sur le territoire :
— la pineraie à pins à crochet d’altitude ; elle est surtout présente sur la zone centrale
d’étude ;
— la hêtraie-sapinière montagnarde ; elle est présente sur l’ensemble du pourtour du
Plateau de Beille, c’est à dire sur la zone d’étude périphérique.
A basse altitude, c’est à dire à l’étage collinéen, on observe également la présence du
chêne pédonculé et du chêne sessile.
2.4.2 Les statuts fonciers
Il existe 2 grands statuts en fonction de la localisation géographique sur le Plateau de
Beille : soit la forêt appartient aux communes, soit elle appartient aux propriétaires privés du
syndicat Indivis.
2.4.3 Historique de la forêt
La forêt que nous observons aujourd’hui a été fortement influencée par les activités
humaines dès l’âge de bronze, mais c’est à partir du XVIIème siècle que les activités
anthropiques vont le plus modeler et transformer celle-ci (Métaillé, 2004). En effet, cette
époque va être marquée par la croissance de la métallurgie et l’intensification du
charbonnage pour répondre à la demande énergétique de cette activité industrielle. Les
forges à la catalane vont connaître leur apogée à la fin du XVIIème siècle et au début du
XVIIIème siècle, avec la présence de 4 à 5 forges dans la vallée de l’Aston (Bonhote et
Vernet, 1988).
Parallèlement, la pression pastorale va augmenter en réponse à l’augmentation des
populations et des troupeaux transhumants.
Deux phénomènes sont alors visibles sur le milieu forestier.
On note la quasi disparition de la forêt résineuse d’altitude, il ne subsistera que
quelques îlots de pins à crochet sur le Plateau de Beille. On remarque également un
abaissement de la limite altitudinale de la forêt. Ces forêts sont également fortement
pâturées, les landes sont très régulièrement brûlées pour maintenir les estives (Boite,
1989).Les travaux de Bonhote et Vernet en 1988 ont démontré la présence importante de
charbon de pin sylvestre dans les restes des charbonnières. Or, actuellement, le pin
sylvestre n’est quasiment pas observable sur l’ensemble de la Haute Ariège, à tel point qu’on
pensait que cette essence n’était naturellement pas présente dans cette région. Les
résultats de l’analyse des résidus de charbon démontrent la présence dans le passé de cette
essence et suggère que le charbonnage l’a intégralement fait disparaître.
On observe un appauvrissement des peuplements forestiers tant en essence qu’en
qualité. En effet, la forêt va être traitée en taillis de courte rotation pour la production du
charbon. Les sylviculteurs vont alors favoriser à outrance le hêtre et le chêne à basse
altitude au détriment du sapin et du pin sylvestre.
A partir de la fin du XIXème siècle, la métallurgie va totalement péricliter avec la
fermeture de la dernière forge en 1884, provoquant la disparition du charbonnage. De plus
les populations locales vont diminuer en raison de l’exode rural avec comme conséquence le
déclin de la pression pastorale.
Deux nouveaux phénomènes vont alors être observés, aboutissant à la structure et à
la physionomie des forêts actuellement présentes sur le Plateau de Beille :
— le pin à crochet va recoloniser les anciens pâturages d’altitude à la fois à l’étage subalpin
mais également à la limite supérieure de l’étage montagnard ;
— le sapin va recoloniser la hêtraie à l’étage montagnard.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
24
2.4.4 Mode de gestion
Forêt du Syndicat Indivis
Les deux grands types de forêts énoncés plus haut sont présents sur cette propriété
privée. Elles ne font l’objet d’aucune mesure de gestion, et ne possèdent pas de plan de
gestion rédigée.
La hêtraie-sapinière n’est pas exploitée, elle est juste soumise à un droit d’affouage
des habitants de Vèbre, Urs et Lassur. Ils peuvent ainsi récolter du bois de chauffage à
l’exception du sapin.
Forêts communales
Il existe deux cas de figure :
— la pineraie de pins à crochet n’est pas soumise à la gestion de l’Office national des forêts
(ONF). Elle n’est d’ailleurs pas gérée et ne possède pas de plan de gestion ;
— la hêtraie-sapinière est le plus souvent soumise à la gestion de l’ONF. Il assure la gestion
grâce à un plan d’aménagement forestier visé par les maires des communes concernées. Ce
plan établit les objectifs de la gestion de la forêt, la programmation des travaux forestiers et
des aménagements à réaliser.
2.4.5 Forêts communales gérées par l’ONF
Le tableau 10 ci-dessous récapitule les forêts communales soumises ainsi que leurs
superficies.
Tableau 10. — Présentation des différentes forêts communales soumises à la gestion de
l’ONF sur l’ensemble du site d’étude
Les forêts communales
Superficie (ha)
Albiès
94,41
Aston
1956,32
Les Cabannes
163,38
Luzenac-Unac
899,63
Pech
46,07
Le bois de Castillou (forêt
communale indivise)
162,49
Brièvement, ces forêts ont une double vocation :
— la production de bois ;
— la protection des milieux et la conservation de la biodiversité.
La production est axée sur le sapin et accessoirement sur le hêtre. Ces bois ne sont
pas de très bonne qualité. Le sapin est utilisé comme bois de charpente et bois d’emballage.
Le Hêtre est utilisé comme bois d’industrie ou comme bois de chauffage.
Les reliefs particulièrement hétérogènes et parfois très escarpés n’autorisent pas
l’exploitation à des fins de production de l’ensemble des forêts communales.
Le mode de traitement privilégié est la futaie irrégulière par bouquet ou parquet. Les
rotations s’effectuent alors tous les 12 à 15 ans en moyenne. Quelques parcelles au niveau
de la forêt communale d’Aston ont été plantées en pin sylvestre ou en mélèze, afin de
développer un relais de production. La surface des ces parcelles reste très minime.
La gestion courante des forêts communales prend toujours en compte la biodiversité et
la présence d’espèces patrimoniales comme l’ours ou le grand tétras.
Il est également intéressant de noter que ces forêts, surtout à haute altitude, sont
intégrées aux estives. Elles sont donc parcourues par le bétail en début et en fin de saison.
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ariégeoises
25
2.5 Les activités touristiques hivernales
En raison de l’altitude, de l’enneigement et de la topographie, le Plateau de Beille, est
devenu un site privilégié pour toutes les activités nordiques depuis le début des années 90.
Ces activités génèrent environ une cinquantaine d’emplois, dont une majorité de saisonniers.
Ces chiffres témoignent de l’importance du site de Beille en matière d’économie et d’emplois
pour le territoire de la communauté de Communes des Vallées d’Ax.
2.5.1 L’espace nordique de la station de ski de fond du Plateau de Beille
Compte tenu du potentiel du site, une station de ski nordique fut créée en 1988. La
première ouverture du site a eu lieu en 1989, un an après. Sa création a alors nécessité la
validation d’une Unité Touristique Nouvelle. Elle connut rapidement un succès probant qui ne
se dément toujours pas à l’heure actuelle. Elle est aujourd’hui la 4ème station de ski nordique
au niveau national et la 1ère des Pyrénées en terme de fréquentation et de chiffre d’affaires.
Le tableau 11 ci-dessous présente la fréquentation du Plateau de Beille.
Tableau 11. — Fréquentation du Plateau de Beille en fonction des activités hivernales
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
nr
nr
54962
55813
46908
21458 29812
nr
nr
nr
20110
23118
24662
10593 16840
nr
nr
nr
7480
6182
12025
4413
nr
86459
84095
82552
85113
83595
36464 55614
71274
21615
21024
20638
21278
20899
14586 16684
18569
92179 87303 97983 60188 108074 105119 103190 106391 104494 51050 72298
89842
Forfaits journée ski
nr
nr
nr
nr
Forfaits journée
nr
nr
nr
nr
raquettes
Autres
nr
nr
nr
nr
Somme forfaits
73743 69842 78386 48150
journée
Estimation des
18436 17461 19597 12038
visiteurs
Somme forfaits
journée + visiteurs
2008
8962
moyenne
nr : non renseigné
Monsieur Jugie, directeur de la régie des espaces nordiques des vallées d’Ax
(RENVA), estime, par expérience, que la station draine 25 % de visiteurs supplémentaires
par rapport aux clients qui s’acquittent des forfaits. Le nombre total de personnes qui
fréquentent le site d’étude est donc égal à la somme des personnes qui achètent les forfaits
journée avec les simples visiteurs.
Entièrement dévolue à la pratique du ski de fond à sa création, la station a su
développer son offre et les activités proposées. Aujourd’hui, la station compte :
— 70 km de pistes de ski nordique ;
— 42 km de pistes raquettes et marche nordique ;
— une zone d’évolution nordique, desservie par un téléski école ;
— un stade de Biathlon ;
— une piste d’initiation au ski alpin réservée aux moins de 12 ans ;
— un espace luge ;
— un Jardin des neiges pour l’initiation du ski aux enfants ;
— une piste école pour traîneaux à chiens.
La station ne présente pas de logements sur le Plateau de Beille.
Le stade de neige de Beille est ouvert, selon l’enneigement, entre 100 et 120 jours par an. Il
peut ouvrir dès mi-novembre jusqu’à la mi-avril.
2.5.2 La Régie des Espaces Nordiques des Vallées d’Ax
La RENVA est un établissement public à caractère industriel et commercial. Même si
elle possède son autonomie financière, celle-ci reste sous la tutelle juridique et décisionnelle
de la Communauté de Communes des Vallées d’Ax.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
26
La régie a pour mission la gestion des pistes de ski de fond, remontées mécaniques et
activités à caractère commercial du Plateau de Beille et du domaine nordique du Chioula.
Elle peut aussi mettre en place et gérer toute activité de loisir d’hiver ou d’été nécessaire au
développement touristique sur la Communauté de Commune des Vallées d’Ax.
Plus concrètement, la Régie gère la mise en place du produit (préparation, entretien et accès
aux pistes) pendant la saison d’exploitation et l’entretien et la création de pistes hors
exploitation. Elle entretient également les infrastructures (garage, bâtiment, parc roulant).
Elle est également responsable du secours sur les pistes, de l’accueil du public, et de la
location de matériels de loisirs.
En été, sa mission est plus floue avec un champ d’action a priori plus réduit. Elle est
responsable de l’accueil du public, et elle a collaboré à la mise en place de sentiers de
randonnées et de VTT.
La RENVA emploie 8 personnes en permanence, 6 en plein temps et 2 à mi-temps.
Elle emploie également entre 20 et 27 employés saisonniers qui se répartissent entre le
domaine skiable de Beille (trois quarts des effectifs) et le domaine skiable du Chioula (un
quart des effectifs).
Le budget de la RENVA est largement déficitaire, il s’équilibre avec l’apport à 30 ou
40% de subventions de la Communauté de Communes des Vallées d’Ax.
Création et entretien du domaine skiable
L’entretien des 70 km de pistes de ski de fond et des 42 km de pistes pour raquettes
incombe à la RENVA.
Les pistes ont été créées au départ avec l’Unité Touristique Nouvelle (UTN), mais
toutes les pistes et les équipements prévus n’ont pas été réalisés. En parallèle, de nouveaux
secteurs ont été investis sans UTN.
Pour tracer les pistes de raquettes, la RENVA utilise le terrassement naturel, et dame
la piste à l’aide d’un scooter des neiges. Les tracés des pistes ont été réalisés avec les
conseils de la DIREN. Elles sont régulièrement débroussaillées et élaguées.
Sur le Plateau de Beille, il y a moins de 25% de pistes de ski de fond non travaillées
car le relief ne le permet pas. Il faut donc travailler les pistes, les reprofiler.
L’entretien des pistes de ski de fond consiste à les désempierrer et les revégétaliser.
La revégétalisation est réalisée par l’entreprise Plant-Semence-Environnement. Elle ne
semble pas utiliser de semences d’herbacées endémiques.
Les pistes de ski de fond sont souvent utilisées comme pistes carrossables à la belle
saison. Or, sans aménagement spécifique (une bande roulante juxtaposée à la piste
proprement dite), cette double vocation est difficilement conciliable. Pour l’instant, seulement
400 mètres de pistes ont ainsi été équipées.
La carte en annexe X présente les différents types de pistes balisées sur le périmètre
central d’étude.
2.5.3 Activités proposées sur le Plateau de Beille
L’activité reine reste bien sûr le ski de fond, mais au fil des années et des tendances,
les activités se sont multipliées (raquettes, chiens de traîneau, luge, biathlon, initiation ski
alpin). La carte disposée en annexe XI localise géographiquement les pistes balisées.
L’engouement pour la raquette a débuté en 2000 et semble actuellement une valeur sûre.
Les observations de tous les acteurs « activités hivernales » s’accordent sur le fait que
les secteurs les plus fréquentés en raquettes et en ski sont le secteur à proximité immédiate
de la station. Plus on s’éloigne vers le Sud et le col de la Didorte, plus le fréquentation est
réduite.
Il existe sur le Plateau de Beille plusieurs prestataires de service. Le tableau 12 qui suit
récapitule ces différents prestataires et leurs activités.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
27
Tableau 12. — Présentation des principales caractéristiques des prestataires en activité sur
le Plateau de Beille
Prestataires
Angaka
ESF
Montagne
Passion
Bureau des
Guides
Siège
bâtiment
d'accueil de la
station de ski
bâtiment
d'accueil de la
station de ski
Ax les
Thermes
Ax les
Thermes
Personnel
Activités proposées
— jusqu'à 10 personnes — bivouacs
— activités ludiques
(construction igloo, courses
d'orientation)
— randonnées raquettes
— traîneaux à chiens
— 3 moniteurs
— leçons de ski de fond, de
permanents
biathlon, et de ski alpin enfant
— 2 à 3 moniteurs
— balades raquettes
temporaires en fonction
des besoins
— 3 accompagnateurs
— randonnées raquettes
permanents
— activités ludiques
— 8 accompagnateurs
(construction igloo, parcours
temporaires maximum
sagaie)
— 3 accompagnateurs
— randonnées raquettes
Estimation de la fréquentation
— 20 à 100 personnes/jour/activité
— activité bivouac limitée à 30
personnes/jour
— raquettes: 120-150 sorties/saison
— raquettes: 15 sorties par saison
— autres activités: 60 personnes par jour
par saison
— raquette: 15 à 20 sorties par saison
— activités ludiques: 15 à 20 sorties par
saison
raquettes: 20 à 30 sorties par saison
2.5.4 Sorties raquettes accompagnées et autres activités
Les sorties raquettes en groupe encadrées par un accompagnateur de moyenne
montagne sont nombreuses sur le Plateau de Beille.
Angaka et l’école de ski français (ESF) sont des structures basées sur le Plateau de
Beille, elles y travaillent donc à plein temps. Les associations comme Bureau des Guides et
Montagne Passion étant basées à Ax les thermes, Le Plateau de Beille reste en quelque
sorte un lieu de repli.
Il arrive que certains accompagnateurs du bureau des guides travaillent avec la clientèle
d’Angaka, ils font donc partie du vivier de collaborateurs de la structure.
Il est également envisageable que des accompagnateurs indépendants viennent organiser
des sorties raquettes avec leur clientèle personnelle.
Quelque soit le prestataire, les sorties raquettes sont souvent organisées de la même
façon. Elles se déroulent sur une demi-journée ou sur une journée, généralement en groupe
de 10 à 14 personnes (clientèle de groupe ou familiale).
La pratique de la raquette se fait quasi exclusivement en hors piste.
Les secteurs fréquentés se situent à l’Est de la station, pour des raisons de commodité
(proximité immédiate du parking) et parce que le nombre de pistes raquettes ou de ski de
fond reste réduit. Ces secteurs sont Gérièys, les Gourgues, Courtal Gélat, ou plus rarement
Beille d’en haut ou Beille d’en bas.
L’ensemble des accompagnateurs met un point d’honneur à sensibiliser leurs clients à
l’environnement, à les initier au milieu naturel. Ils se détournent des secteurs où les traces
de grand tétras laissent supposer qu’ils sont présents.
La fréquence des sorties démontre que la fréquentation des secteurs cités est
importante. Le fait que les accompagnateurs signalent ne jamais rencontrer d’autres groupes
accompagnés, et travailler le plus possible sur un terrain vierge de toute trace laissent
penser que tous les secteurs sont fortement exploités.
2.6 Les activités touristiques estivales
2.6.1 Fréquentation estivale
Ces dernières années, le site de Beille a acquis une forte réputation au niveau
national. Les arrivées successives d’étapes du tour de France ont contribué à sa notoriété.
Actuellement, le Plateau de Beille draine approximativement plus de 50 000 personnes hors
période hivernale.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
28
2.6.2 Activités proposées sur le Plateau de Beille
Le bâtiment de la station de ski de fond reste ouvert durant l’été. Le restaurant l’Abeille
Gourmande ainsi que la boutique de souvenirs accueillent ainsi le public.
Au niveau des activités, il existe principalement deux prestataires de service, qui sont
Angaka et la Ferme du Quié.
Angaka propose depuis 2007 des activités de canirando (randonneur tracté par un
chien) ou de trottidog (trottinette tractée) avec les chiens de traîneau. 300 à 400 personnes
y participent. Ces activités sont couplées avec le bivouac dans les structures légères
d’Angaka (environ 50 personnes). La pratique de la canirando et du trottydog se fait
essentiellement sur les pistes existantes, mais la pratique hors piste (forêt, estives) peut
également être envisagée si le niveau physique des clients le permet. Les secteurs
fréquentés sont le Sarat, Beille d’en haut et Beille d’en bas, Prat moll.
La Ferme du Quié propose des sorties sur la journée à la découverte du pastoralisme
et de l’estive du groupement pastoral de Pech-Verdun. Cette activité se déroule du mois de
juin au mois de septembre. Les mois de juin et de septembre sont souvent consacrés à des
groupes organisés de 30 à 100 personnes. Les mois de juillet et août sont plus consacrés à
une clientèle familiale. La visite se fait alors en groupe de 60 à 80 personnes.
La ferme du Quié assure en moyenne 35 à 45 sorties par an, ce qui représente environ 3000
personnes. Lors de ces visites, il est question bien sûr de pastoralisme mais également
d’environnement, de montagne et de patrimoine ariégeois.
Un sentier d’interprétation du milieu naturel et du pastoralisme fut créé au milieu des
années 90. Il est aujourd’hui tombé en désuétude, sans doute à cause des outils de
communication démodés.
2.6.3 Sentiers de randonnée
Jusqu’en 2006, le Plateau de Beille n’était parcouru du Nord au Sud que par le GR10,
le célèbre sentier de grande randonnée qui traverse les Pyrénées d’est en ouest.
Mais devant l’importance du flux touristique, la Communauté de Communes des Vallées
d’Ax en partenariat avec la RENVA a mis en place deux types de sentiers balisés :
— 4 sentiers VTT qui reprennent intégralement le tracé de certaines pistes de ski de fond ;
— 3 sentiers pédestres qui reprennent en majorité le tracé de pistes de ski de fond mais
également des sentes empruntées par le bétail.
Les éleveurs ainsi que les vachers des estives concernées ont été consultés pour éviter que
les sentiers perturbent les troupeaux d’animaux. L’environnement a également été pris en
compte.
Ces sentiers ont eu deux buts principaux :
— proposer aux estivants des itinéraires balisés, puisque rien n’existait réellement pour les
accueillir ;
— canaliser le flux de randonneurs pour éviter qu’ils ne se dispersent sur les estives.
La carte en annexe XI présente les différents sentiers balisés présents sur le périmètre
central d’étude.
Une présentation des communes concernées par le site d’étude, des propriétaires
fonciers et des outils de conservation du milieu naturel a été compilée en annexe XII.
2.7 Synthèse
L’inventaire exhaustif qui précède démontre à quel point le Plateau de Beille juxtapose
un nombre important d’activités sur le même espace. Par le passé, seules les activités
ancestrales cohabitaient, et la fréquentation était réduite aux villageois environnants. Depuis
la création de la station de ski de fond, et de la route d’accès, la situation s’est
métamorphosée, avec l’essor des activités touristiques hivernales puis estivales. Ces
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
29
nouvelles activités sont responsables de la fréquentation de masse telle qu’on la connaît
actuellement.
La cohabitation entres activités ancestrales et activités nouvelles est donc nécessaire,
mais semble, après entretiens des acteurs locaux, source potentielle d’interactions et de
conflits.
Le tableau 13 qui suit illustre cette juxtaposition temporelle d’activités qui ont lieu sur le
périmètre central d’étude.
Tableau 13. — Calendrier des activités humaines sur le périmètre central d’étude
J
F
M
A
M
J
J
A
S
O
N
D
Activités pastorales
Activités cynégétiques
Cueillette des champignons
Activités touristiques hivernales
Activités touristiques estivales
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
30
3 Détermination et hiérarchisation des enjeux de conservation
3.1 Les enjeux patrimoniaux
3.1.1 Le grand tétras, un emblème fragile
Valeur patrimoniale
Les différents statuts de protection ou de conservation sont récapitulés dans le tableau
14 suivant.
Tableau 14. — Récapitulatif des statuts de protection et de conservation du grand tétras au
niveau national et européen
Statut national
Liste des espèces protégées
Partiellement protégé
Statut européen
Livre des oiseaux menacés et à Directive
surveiller en France
Oiseaux
Liste orange et CMAP4
Convention
de Berne
Annexe I et
Annexe III
II
Le grand tétras est classé sur la liste orange du grand livre des oiseaux menacés et à
surveiller en France (effectif restreint, diminution de sa distribution de 20 à 50 %). Il est
classé à l’annexe I et II de la directive oiseaux. Il est partiellement protégé France puisque
cette réglementation ne s’applique que dans les massifs vosgien, jurassien et alpin. Dans les
Pyrénées, il est inscrit sur la liste des espèces chassables.
Les Pyrénées françaises abritent à elles seules, environ 90 % de la population totale
française de grand tétras, avec une estimation de l’ordre de 4000 individus (Duriez et
Ménoni, in press). Deux sous espèces sont actuellement présentes en France, Tetrao
Urogallus major dans les Vosges, le Jura et les Alpes, et T. u. aquitanus uniquement
inféodés aux Pyrénées. Un récent travail sur le phylogénétique a d’ailleurs mis en lumière
l’originalité génétique de la sous espèce T. u. aquitanus par rapport à T. u. major (Duriez et
al. 2007).
Dans les Pyrénées, effectifs de grands tétras ont été divisés par deux entre 1960 et
1994 (Ménoni, 1994a). Une estimation de tendance d’évolution des populations entre 1990
et 2005 (Dumont-Dayot, 2007) démontre que les effectifs ont globalement diminué sur
l’ensemble de la chaîne pyrénéenne. Une modélisation démographique (Ménoni et Dufos
du Rau, 2003) des populations de grands tétras n’envisage pas un risque d’extinction dans
les 20 ans à venir, mais une décroissance continue dans l’ensemble des Pyrénées.
Valeur sociale
Le grand tétras est une des espèces étendards de la faune sauvage pyrénéenne, au
même titre que l’ours ou l’isard. Il est également un gibier mythique pour le chasseur
montagnard.
Caractéristiques des populations du Plateau de Beille
Le grand tétras est une espèce très exigeante en matière d’habitat (Ménoni, 1991). En
effet, en fonction de ses besoins alimentaires et de la saison, ces oiseaux privilégieront un
type d’habitat au détriment d’un autre. Les nombreux travaux de suivi des populations qui ont
été effectués par l’ONCFS au début des années 90 (Brenot, 1994) et les publications qui en
ont découlé (Brenot, Catusse et Ménoni, 1996), ont mis en évidence un phénomène de
migration altitudinale saisonnière et de ségrégation des sexes en rapport avec la recherche
des habitats préférés.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
31
En effet, en effectuant le suivi pendant la période d’hivernage, pendant la période du chant et
pendant la saison estivale, les auteurs se sont aperçus que la totalité des grands tétras se
concentre en masse l’hiver dans la pineraie de pins à crochet, aux plus hautes altitudes,
pour y consommer les aiguilles de pin. Celles-ci représentent leur seule ressource
alimentaire.
A la période du chant, les coqs paradent à la périphérie du plateau à des altitudes
intermédiaires. L’été, ils se dispersent dans la hêtraie-sapinière des versants à des altitudes
moyennes (à partir de 1400 mètres) tandis que les femelles et leurs nichées fréquentent
préférentiellement les bois de bouleaux et les landes qui les bordent. Ils recherchent avant
tout une strate de végétation basse et plutôt fermée, riche en éricacées, en baies et en
insectes. Ces derniers représentent la nourriture principale des jeunes durant les premières
phases de leur vie.
Le périmètre de l’étude correspondant à des altitudes de l’ordre de 1700 mètres, il
concerne pour une grande part le domaine hivernal du grand tétras et en périphérie le
domaine de chant, de reproduction et d’élevage des jeunes.
La carte présentée en annexe XIII récapitule les différentes zones favorables au grand tétras
sur le périmètre central de l’étude.
Les populations de grand tétras sont organisées dans un système emboîté. Une souspopulation est constituée par les domaines vitaux de quelques individus adultes qui gravitent
autour d’une place de chant (de 300 ha à 1000 ha). Plusieurs sous populations attenantes
forment une population. Différentes populations séparées géographiquement, mais
relativement proches (10 kilomètres étant la distance maximale admissible pour échanger
des individus), forment alors une métapopulation (Ménoni, 1994b). Ce fonctionnement
assure, par des phénomènes d’émigrations, le peuplement d’oiseaux sur des surfaces
périphériques moins optimales (Ménoni, 1991). La population du Plateau de Beille est ainsi
connectée aux populations environnantes, comme celle du Plateau du Bourbourou, du
massif de l’Aston, et du domaine skiable d’Ax les Thermes.
État de conservation des populations du Plateau de Beille
Les travaux précédents ont permis d’étudier l’évolution des effectifs de grands tétras et
l’impact de la création de la station de ski de fond de Beille.
Lors du premier hiver d’ouverture de la station de ski (1989-1990), la population
hivernante avoisinait 130 individus.
Lors de l’hiver 1994-1995, les effectifs ont été estimés à 60 individus, soit une chute de
50 % en 6 ans.
Premiers résultats liés au suivi de l’hivernage 2007-2008
Les protocoles qui avaient été mis en place au début des années 90 ont été à nouveau
appliqués pour mesurer la fréquentation hivernale du site et évaluer l’état des populations.
Ces protocoles sont succinctement expliqués en annexe XIV.
Les graphiques ci-après illustrent les résultats obtenus. On note une diminution
constante de grands tétras contactés, aussi à Beille nord, Beille sud et au Bourbourou
(plateau témoin car vierge de toutes infrastructures). Les indices de présences relevés
pendant la campagne 2008 sont exagérément élevés. Cette anomalie s’explique par des
conditions d’enneigement déficitaire cette année là.
Ces résultats démontrent néanmoins une baisse de fréquentation du site mais en aucun cas
un abandon. Des oiseaux ont donc été recrutés et ont réussi à se maintenir sur des habitats
très fréquentés par l’homme, notamment sur le secteur nord de Beille.
La carte présentée en annexe XV localise les indices de présence pour la campagne
de recueil 2008.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
32
Nombre moyen de Grand tétras contactés par carreau de 250m
de côté
Beille nord
3
Beille sud
Bourbourou
2,5
2
1,5
1
0,5
19
89
-1
19 99 0
90
-1
19 99
91 1
-1
19 99 2
92
-1
19 99 3
93
-1
19 99 4
94
-1
19 99
95 5
-1
19 99 6
96
-1
19 99 7
97
-1
19 99 8
98
-1
19 99
99 9
-2
20 00 0
00
-2
20 00 1
01
-2
20 00
02 2
-2
20 00 3
03
-2
20 00 4
04
-2
20 00 5
05
-2
20 00
06 6
-2
20 00 7
07
-2
00
8
0
Figure 2. — Nombre moyen de grands tétras observés lors du suivi de l’hivernage de 1989 à
2008 (ONCFS)
Nombre moyen d'indices de présence de Grand tétras par
carreau de 250m de côté
70
60
Beille nord
Beille sud
Bourbourou
50
40
30
20
10
19
89
-1
19 99 0
90
-1
19 99
91 1
-1
19 99 2
92
-1
19 99 3
93
-1
19 99 4
94
-1
19 99 5
95
-1
19 99
96 6
-1
19 99 7
97
-1
19 99 8
98
-1
19 99 9
99
-2
20 00 0
00
-2
20 00
01 1
-2
20 00 2
02
-2
20 00 3
03
-2
20 00 4
04
-2
20 00 5
05
-2
20 00
06 6
-2
20 00 7
07
-2
00
8
0
Figure 3. — Nombre moyen d’indices de présence de grands tétras observés lors du suivi de
l’hivernage de 1989 à 2008 (ONCFS)
Menaces et facteurs influençant l’état de conservation
Les auteurs ont démontré une corrélation négative entre la densité de grand tétras et
celle des pistes de ski de fond. Ils ont également démontré une corrélation négative entre
densité de grand tétras et celle correspondant aux indices d’activités humaines hors piste.
Un premier facteur pourrait être la mortalité due aux collisions avec des infrastructures
de la station comme les câbles de remontées mécaniques, les grillages (Miquet, 1989 et
Ménoni et al., 1989). A l’époque de l’étude, deux oiseaux avaient été retrouvés morts ainsi.
Cependant, la station de ski de fond ne possède qu’une remontée mécanique et reste
encore relativement vierge de toute clôture ou grillage.
Un second facteur serait la mortalité due à la fréquentation du site et à son
dérangement. En effet, les perturbations répétées en périodes hivernales provoquent d’une
part, des pertes énergétiques importantes pouvant selon l’intensité des déplacements,
entraîner la mort (Marti, 1985) et d’autre part, la production abondante d’hormones de stress
(Baltic et al., 2005). Ce dérangement est dû à la fréquentation des pistes de ski de fond et de
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
33
raquettes. D’après Mr. Ménoni, expert du grand tétras à l’ONCFS, il existe une zone
« tampon» de l’ordre de 40 mètres de part et d’autre d’une piste. Cette distance correspond
à la distance de fuite du gallinacé (Thiel et al., 2007). La pratique du hors piste est encore
plus dérangeante puisque imprévisible pour les animaux (Arlettaz et al., 2007).
Le dérangement continuel serait à l’origine de l’abandon pur et simple des secteurs
trop fréquentés par un manque de recrutement d’oiseaux jeunes. En effet, les adultes restent
souvent fidèles à leurs sites d’hivernage malgré les fortes perturbations (Ménoni et al.,
1989). Par contre, une fois qu’ils disparaissent, ils ne sont plus remplacés par des individus
plus jeunes car le milieu est trop fortement perturbé pour qu’ils puissent s’installer à leur tour.
Ce phénomène aboutit donc à la perte pure et simple d’habitat fonctionnel.
La prédation est un facteur bien connu de régulation des populations de grand tétras
(Ménoni, 1991). Or, on observe toujours une augmentation des densités des
prédateurs généralistes en réponse à l’installation d’une station de ski (Magnani, 1986). Mais
ce phénomène n’a pas été mesuré sur le Plateau de Beille. Les déplacements provoqués
par les dérangements intempestifs rendent le grand tétras plus vulnérable à la prédation.
Les prélèvements dus à la chasse pourraient constituer un facteur aggravant. La
Fédération départementale de chasse applique un plan de chasse selon les
recommandations de l’ONCFS (Ménoni et Corti, 2000). Le Plateau de Beille fait parti d’unité
de gestion beaucoup plus vaste, celle de Haute Ariège ouest (10260 ha). Les prélèvements
de coqs mâles sont calculés à cette échelle-ci (service technique de la Fédération
départementale de chasse de l’Ariège, 2007). Or le prélèvement local sur le Plateau de
Beille est de 5 individus, ce qui est, selon les recommandations de l’ONCFS, déjà trop pour
le niveau de population de 1994-1995 (60 individus). Or, les indices relevés en 2007-2008
laissent penser que la population actuelle est plus réduite que celle de 1994-1995. Le niveau
de prélèvement est donc trop important sur le Plateau de Beille.
Par contre, la présence d’un arrêté préfectoral de protection biotope (APPB) de 60
hectares de pinède de pins à crochet peut se révéler comme un facteur très favorable au
maintien du grand tétras dans son habitat hivernal préféré. En effet, en interdisant la
pénétration humaine du milieu du 15 novembre au 31 mai, l’APPB maintient une zone de
quiétude relative en plein milieu du domaine skiable.
3.1.2 Les tourbières et les zones humides
Statut et présence de ces milieux en France et en région Midi-Pyrénées
Les tourbières hautes actives sont classées d’intérêt prioritaire par la directive Habitat,
Faune, Flore. C’est la catégorie la plus élevée, ce qui signifie que c’est un type d’habitat rare
et en danger à l’échelle européenne.
Les tourbières et autres marais tourbeux représenteraient moins d’un 1 % de la surface
nationale (Manneville, 2001). Au niveau Midi-Pyrénées, les tourbières recouvreraient moins
de 0.1 % de la surface du territoire régional (ENMP, 1999). Depuis 1945, on estime que la
surface des tourbières en France a diminué d’environ 50 %, pour atteindre 60000 hectares
(Manneville, 2001). En Midi-Pyrénées, on avance également le même taux de régression
(ENMP, 1999). Concernant les zones humides au sens large, ces dernières représentent
environ 1,5 millions d’hectares, soit 3 % du territoire et près de 50 % d’entre elles ont disparu
en trente ans. (Asconit consultant et Écosphère, 2007).
Caractéristiques des tourbières présentes sur le Plateau de Beille
Sur le site central, deux tourbières ont été inventoriées lors du programme Life
Tourbière. Elles communiquent via un petit ruisseau qui prend naissance au niveau de la
première tourbière. Celle-ci est nommée tourbière du Plateau de Beille, elle se situe en
amont, dans une dépression, sa superficie est égale à 21,35 hectares. La deuxième, en aval
de la première, est nommée Tourbière de Tres-Benous et occupe 12,31 hectares. Elle se
situe en légère pente.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
34
La carte présente en annexe XVI localise ces tourbières sur le périmètre central
d’étude.
On doit ajouter à cet inventaire les innombrables micro-zones humides et mouillères
non cartographiées.
Il est important de considérer les tourbières inventoriées comme des complexes
tourbeux, car elles sont constituées par une mosaïque d’habitats tourbeux (notamment la
grande tourbière de Beille). Ainsi, tandis que la cartographie d’habitat menée par l’AMIDEV
en 1997 fait état de seulement deux types d’habitat (bas-marais, prairie à jonc rude et à nard
humide), l’inventaire Life tourbière fait uniquement mention d’habitats caractéristiques des
tourbières hautes actives. Ces trois types sont certainement présents, puisque la nappe
d’eau est par moment apparente (présence de cuvettes, de chenaux drainants). Or cette
présence ou non est justement le critère utilisé dans la clé de détermination des principaux
groupes d’habitats tourbeux du guide des tourbières de Midi-Pyrénées (ENMP, 1999) pour
différencier les bas-marais (tourbières basses acides) et les tourbières hautes actives,
habitat d’intérêt communautaire.
Un résumé sur la nature et le fonctionnement des tourbières est archivé en annexe
XVII.
État de conservation
La description effectuée en 1995 lors de l’inventaire de la tourbière souligne l’excellent
état de la tourbière de Beille et de Tres-Benous.
L’état des deux tourbières a été évalué en 2007 lors d’une analyse succincte menée
par l’office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA). L’état de la tourbière de
Tres-Benous fait mention de « dégradation(s) partielle(s) et localisée(s) ». La case « pas
d’opinion » a été cochée pour qualifier l’état de la tourbière du Plateau de Beille. La
cartographie d’habitat réalisée au cours de ce stage a mis en évidence une superficie
inventoriée en 1995 bien supérieure à la surface actuelle du complexe tourbeux. On peut
donc se demander si la surface n’a pas diminué en 13 ans.
L’état de conservation n’est donc pas réellement défini à l’heure actuelle et soulève
quelques interrogations.
Menaces et facteurs influençant son état de conservation
Le pâturage est présent sur les deux tourbières, et les conditions dans lesquelles il se
déroule (pâturage extensif, avec des animaux plutôt légers) le rendent très favorable aux
tourbières en maintenant un degré important d’ouverture de la végétation (ENMP, 1999).
Trois captages sont présents à proximité immédiate de la tourbière de Beille,
légèrement en amont de celle-ci. Une prise directe existe également sur le ruisseau qui relie
les deux tourbières, mais elle n’a jamais été utilisée. Cette prise d’eau modifie le lit du
ruisseau, puisque celui-ci est bétonné et surélevé. Le continuum biologique est donc
totalement rompu. Ces captages constituent un risque majeur pour la pérennité de tourbière
de Beille, même s’ils ne sont disposés que sur un flanc de la dépression au sein de laquelle
prend place la tourbière. En effet, ils risquent de déséquilibrer durablement l’alimentation
hydrique de la tourbière (ENMP, 1999).
Enfin, deux pistes de ski passent au dessus de la tourbière de Beille, une fois
recouverte de neige. Il n’y a donc pas de pistes tracées en « dur ». Cependant, le travail des
dameuses pose des risques de compactage du sol (ENMP, 1999), surtout si la pellicule de
neige est fine.
La dynamique naturelle de colonisation des buttes à sphaignes par les ligneux peut
entraîner une dégradation de ce type de milieu. Cependant, cette évolution spontanée est
extrêmement lente si le milieu n’est pas perturbé (notamment l’alimentation hydrique).
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
35
Valeur écologique
D’un point de vue écologique, les complexes tourbeux et autres zones humides
représentent une source de biodiversité importante. En effet, les conditions écologiques y
sont si drastiques et si particulières qu’elles conditionnent la présence de communautés
végétales composées d’espèces rares et strictement inféodées à ce type de milieu. Ainsi, le
programme Life Tourbière en Midi-Pyrénées a permis de dénombrer une centaine d’espèces
végétales présentes presque exclusivement sur ces biotopes. Les tourbières de MidiPyrénées pourraient ainsi accueillir plus de 10 % des espèces rares de la région (ENMP,
1999). De plus, ces espèces végétales sont souvent en limite d’aire de répartition (cas pour
les espèces atlantiques ou les espèces boréales ou alpines) ou même en situation d’aire
disjointe par rapport à l’aire de répartition principale.
Comme nous l’avons remarqué dans la partie description des habitats, ces tourbières
recèlent 5 espèces végétales patrimoniales. La tourbière de Beille constitue même la seule
station en Ariège où coexistent à la fois Drosera rotundifolia L. et Drosera intermedia Hayne.
Elle serait également susceptible d’abriter l’euprocte des Pyrénées.
Un indice de contribution à la biodiversité pour les espèces (végétales et animales)
inféodées aux tourbières au niveau départemental a été calculé pour la tourbière de Beille
selon les modalités décrites dans le guide des tourbières de Midi-Pyrénées (ENMP, 1999).
La note obtenue de 1.71 démontre que cette tourbière possède une ou plusieurs espèces
très rares au niveau départemental. Par conséquent, sa dégradation ou sa destruction
constituerait donc une perte irrémédiable pour la diversité biologique de l’Ariège.
Enfin, la présence des tourbières structure également des communautés animales
avec des espèces soit strictement inféodées à ces milieux là, soit qui nécessitent dans leurs
cycles de vie un habitat humide. C’est notamment le cas de nombreux invertébrés à forte
valeur patrimoniale. Il est important de souligner que l’entomofaune est encore largement
méconnue sur ces biotopes. Dans ces conditions, la constellation de micro-zones humides
est importante puisqu’elle constitue des corridors pour les communautés végétales et
animales inféodées aux milieux humides.
Valeur économique et sociale
Les complexes tourbeux et zones humides jouent le rôle de régulateur des régimes
hydriques dans les bassins versants.
Ainsi, leurs présences atténuent les effets de crues en stockant l’eau lorsque les
tourbières ne sont pas encore saturées. En période d’étiage, les tourbières libèrent l’eau
emmagasinée. Le chiffre de 500 litres/an par m² de tourbière est avancé (ENMP, 1999). Ce
chiffre est un ordre de grandeur, il dépend bien sûr de l’épaisseur et de la nature de la
tourbe.
Bien que la valeur fourragère des milieux tourbeux soit faible et que le pâturage ne soit
pas recommandé sur tous les types de tourbière, la présence sur une estive de ces milieux
permet la production d’un fourrage d’appoint intéressant en cas de sécheresse et de
mauvaise production sur les pelouses environnantes (ENMP, 1999).
3.1.3 La Pineraie de pins à crochet
Statut et généralités de la pineraie de pins à crochet en Ariège
La pineraie de pins à crochet sur sol siliceux est classée habitat d’intérêt
communautaire d’après la directive Habitat, Faune, Flore. C’est un habitat typique de la
chaîne pyrénéenne, se rencontrant entre 1700 et 2450 mètres d’altitude, en ombrée.
Ce type de biotope, dont on différencie 4 habitats élémentaires d’intérêt
communautaire, se rencontre sur l’ensemble du massif pyrénéen, mais n’est présent en
abondance que dans la partie orientale. Sur le reste de la chaîne, il est présent, mais très
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
36
rarement sur des surfaces conséquentes. C’est le cas en Ariège, où la surface boisée par le
pin à crochet ne représente que 1.1 % de la surface boisée totale. Avec 402 hectares, la
pineraie de pins à crochet est une des seules grandes superficies de ce type de peuplement
présent en Ariège (voir tableau 15).
Tableau 15. — Comparaison des superficies de futaies à pins à crochet en Ariège (IFN,
1994)
Surface boisée par
Surface boisée
Surface totale boisée par le
le pin à crochet sur
toutes essences
pin à crochet en Ariège
le site d'étude
Ariège
402 ha
2142 ha
201139 ha
Caractéristiques de la pineraie de pins à crochet sur le Plateau de Beille
La superficie totale est estimée à 402 hectares, ce qui correspond à 104 hectares de
peuplements denses, et 298 hectares de peuplement clairs, ou le sous-bois de
rhododendron est très abondant. Cela représente 27.5 % de la superficie totale de la zone
d’étude centrale. La pineraie de pins à crochet est donc très présente.
État de conservation
L’état de conservation est jugé plutôt bon.
Les plus vieux peuplements sont âgés de 80-90 ans et présentent une structure
régularisée en futaie. Ils correspondent à la période du déclin de la pression pastorale
(l’exode rural et saignée de la première guerre mondiale).
La pineraie de pins à crochet est utilisée pour le pâturage, surtout au niveau de sa
lisière. Ceci explique pourquoi on observe souvent ce type d’habitat juxtaposé avec des
landes ou même des pelouses. Cette mosaïque forme une forêt plutôt lâche.
La dynamique végétale n’a pu être quantifiée dans le cadre de ce rapport. C’est sans
doute un enjeu important. Mais les observations relevées lors de la cartographie d’habitat
(nombreux piquetages du pin sur les pelouses ou landes), laisse supposer que la surface
forestière occupée serait en augmentation.
Menaces et facteurs influençant son état de conservation
Le secteur de Beille a été identifié comme zone à risque en matière d’incendie (ONF,
2006a), en raison de la monospécifité du couvert végétal, de la forte fréquentation
touristique et d’un incendie antérieur qui a déjà touché un secteur de la pineraie de pins à
crochet. Le problème est amplifié par le manque d’eau en quantité sur le site et la distance
très longue qui sépare les centres de secours du site.
Il est clair qu’un incendie de grande ampleur dans la pineraie se révèlerait catastrophique
pour la faune présente et les activités touristiques (impact visuel très négatif). C’est donc un
problème préoccupant.
La pineraie de pins à crochet pyrénéenne est très sensible à un champignon parasite,
l’armillaire. La forte densité de pins peut être un facteur aggravant en terme de
conséquences, puisque l’armillaire se propage d’un arbre à un autre par les systèmes
racinaires proches.
L’évolution naturelle de la pineraie de pins à crochet vers la sapinière à rhododendron
est envisageable aux altitudes les plus basses du site d’étude. La présence observée du
sapin pectiné dans ces habitats confirme cette théorie. Le stade pineraie de pins à crochet
n’est alors qu’intermédiaire. Il est donc naturel de laisser la succession végétale se réaliser
et de ne pas lutter contre la progression du sapin pectiné.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
37
La dynamique naturelle de recolonisation et d’évolution des différentes formations
végétales vers la pineraie de pins à crochet est le facteur essentiel de la pérennité de ces
habitats sur le Plateau de Beille.
La pineraie de pins à crochet est le stade climacique attendu au niveau de l’étage subalpin,
donc par conséquent sur le Plateau de Beille (Gruber dans Rameau, 1993).
Cette observation est également en phase avec l’analyse de la limite altitudinale passée de
la forêt et sa composition à travers l’analyse des charbonnières (Bonhote et Vernet, 1988).
Mais attention, le pin à crochet est une essence au caractère pionnier fort, et ces
peuplements se développent au détriment d’espaces anciennement pâturés, soit par
colonisation directe par le pin, soit par un stade intermédiaire de landes à rhododendron.
Cette dynamique explique l’importante présence de la forêt de pins à crochet sur le Plateau
de Beille, mais ne signifie pas sa stabilité à l’échelle d’un siècle.
Valeur écologique
La pineraie de pins à crochet constitue un habitat intéressant en matière de
biodiversité. Ainsi, lors d’une étude de la présence d’oiseau par échantillonnage de point
d’écoute (Clouet, 1987 dans AMIDEV 1997), 26 espèces ont été identifiées. Elle constitue un
habitat parfait pour 30 espèces différentes, dont certaines comme le bec croisé des sapins,
qui est strictement inféodé aux peuplements de pins à crochet ou de pins sylvestre dans les
Pyrénées (Clouet, 1990-1991).Il constitue également le meilleur site d’hivernage pour le
grand tétras, qui consomme uniquement ses aiguilles pendant la mauvaise saison.
Enfin on peut y observer des espèces protégées comme les Lycopodes. Une telle
présence n’a pas été révélée dans les inventaires de la flore.
D’un point de vue écologique, cette forêt est encore jeune, elle ne dépasse pas 90 ans.
Son vieillissement va sans doute augmenter la biodiversité de ce milieu.
De plus, d’après M. Ménoni, chercheur à l’ONCFS et spécialiste du grand tétras, la
physionomie actuelle et future de la forêt reste optimale pour son l’hivernage.
Valeur économique et sociale
Elle constitue un attrait paysager important en terme de tourisme hivernal et estival.
Même si ce type de formation ne possède pas une grande valeur pastorale du fait du
manque d’herbacées dans les peuplements les plus denses, il constitue un complément non
négligeable d’apport de nourriture. La pineraie est fréquentée par les troupeaux notamment
lors du mauvais temps.
La valeur économique de cette forêt reste relativement faible. En effet, même si l’accès
au Plateau de Beille est facile et que le réseau important de pistes de ski peut
avantageusement servir de desserte, le pin à crochet reste une essence peu valorisable. De
plus, le morcellement foncier est important. Enfin, cette forêt relativement jeune est issue de
la recolonisation progressive des estives. Les densités et la qualité du peuplement est donc
globalement inégale à l’échelle du Plateau.
3.1.4 Mosaïque d’habitats et milieux ouverts
La présence de multiples faciès de végétation, est la conséquence du maintien de
formations végétales ouvertes telles que les pelouses et les landes. La carte présentée en
annexe XVIII localise ses différents faciès sur le périmètre central d’étude.
Statuts
L’habitat constitué par la pelouse acidiphile montagnarde des Pyrénées (formation
herbeuse à nardus) est considéré comme habitat d’intérêt prioritaire. La pelouse mésophile à
gispet, la lande à rhododendron et la lande acidiphile thermophile sont classées comme
habitats d’intérêt communautaire (annexes II et III). Ces habitats d’intérêt communautaire
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ariégeoises
38
représentent une superficie de 830 hectares environ (pelouses, landes et mosaïques de
landes et de pelouses).
Au niveau de la région Midi-Pyrénées La problématique de maintien des espaces
ouverts est une priorité, puisque la recherche d’un maillage équilibré entre milieux ouverts et
milieux fermés à des fins de biodiversité constitue la 5ème des 14 orientations mises en
place dans le cadre des orientations régionales de gestion et de conservation de la faune
sauvage et de ses habitats (ORGFH) de Midi-Pyrénées (DIREN, [sd]).
Caractéristiques de la mosaïque d’habitats sur le Plateau de Beille
Les différents types de landes représentent 41 % de la superficie totale. Les pelouses
sont moins abondantes avec 26 %. Les faciès forestiers recouvrent eux 33 %. Globalement,
les proportions sont assez équilibrées. L’observation de la cartographie des formations
végétales présentée en annexe XVIII permet de conclure que leurs réparations spatiales
sont également assez équilibrées.
Dynamique
Ces milieux, tel que les pelouses ou les landes rases, sont fortement liés à l’activité
pastorale. Suite à la déprise agricole et à l’abandon des parcelles cultivées ou des estives au
cours de la première moitié du XXème siècle (Defos du Rau et al., 2006), beaucoup de ces
milieux se referment peu à peu, colonisés par des végétaux ligneux. Cette succession de
faciès aboutit, en absence de perturbation, à une couverture homogène dominée par un type
de végétation en équilibre avec les paramètres écologiques qui la structurent. Ce stade
climacique est sur le Plateau de Beille la pineraie de pins à crochet.
La dynamique végétale sur le Plateau de Beille est schématisée ci-dessous.
Pelouses à nard
mésophiles
Pelouses denses à
gispet
Landes à
rhododendron
Landes
thermophiles
Pineraies de pins à crochet
Figure 4. — Les successions végétales sur le Plateau de Beille
Mais il serait intéressant d’affiner ce constat. En effet, si on sait que le milieu tend
naturellement à se refermer et à évoluer vers la pineraie de pins à crochet via différents
stades de landes, on ne peut à l’heure actuelle quantifier cette dynamique. Plus
concrètement, la question posée est de savoir si le pâturage permet de maintenir réellement
la mosaïque des milieux. D’après M. Métaillé, enseignant chercheur à Toulouse en
dynamique des paysages, la charge actuelle en bétail, est bien moindre que par le passé, et
elle est insuffisante pour empêcher la colonisation totale du Plateau de Beille par le pin à
crochet (Métaillé et Paegelow, 2004). Les avis des acteurs du pastoralisme sont assez
divergents, certains pensent que la tendance des estives est à l’embroussaillement, d’autres
non. L’observation de la pression de pâturage exercée sur les différentes estives (voir
tableau 3), laisse penser que le pâturage exercé (très extensif) ne permet pas de contrôler la
dynamique végétale sur l’ensemble du Plateau de Beille.
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ariégeoises
39
État de conservation
Cette analyse a été réalisée à la suite de la cartographie d’habitat. Cette opération a
été très courte, les observations qui en découlent n’ont qu’une valeur d’appréciation.
L’état de conservation des pelouses semble globalement bon, elles sont assez peu
colonisées par des ligneux bas ou même par du pin à crochet. La pression pastorale est
sans aucun doute suffisante.
Par contre, les landes sont souvent colonisées de manière éparse par le pin à crochet.
Elles semblent donc en évolution vers la pineraie de pins à crochet. Pour certaines landes,
leur état est donc défavorable.
Menaces et facteurs influençant la mosaïque d’habitats
Le facteur essentiel est d’origine anthropique, c’est le pâturage extensif. Lui seul est
capable d’imposer à la végétation un niveau de perturbation suffisant pour bloquer la
dynamique naturelle tout en respectant l’intégrité des habitats.
La dynamique naturelle qui est actuellement en place menace cette mosaïque par
homogénéisation vers un stade climacique forestier. Mais attention un pâturage intensif peut
entraîner un effet pervers non compatible avec la préservation des habitats. L’utilisation
d’engins motorisés est susceptible de dégrader localement les milieux ouverts sur lesquels
ils circulent.
Valeur écologique
Le concept de mosaïque d’habitats est un concept clé dans la conservation de la
biodiversité. En effet, un grand nombre d’espèces est dépendant de différents habitats pour
réaliser les différents cycles de leur vie. De nombreux oiseaux et mammifères utilisent ainsi
différents habitats dans un même paysage (Law et dickman, 1998 dans Appelqvist et al.,
2001). La description de l’écologie du grand tétras sur le Plateau de Beille et notamment le
phénomène de migration saisonnière illustre parfaitement ces propos.
De plus, une synthèse de publications internationales (Tews et al., 2004) souligne que
la majorité des études scientifiques démontrent une corrélation positive entre hétérogénéité
des habitats et diversité des espèces.
Une mosaïque d’habitats comportant à la fois des milieux ouverts et des milieux fermés
maximise au moins de trois façons différentes le nombre d’espèces présentes dans ce
paysage et donc par conséquent la biodiversité. Ainsi, le paysage s’enrichit à la fois des
espèces strictement inféodées ou du moins rattachées à un type de milieu, et enfin des
espèces qui fréquentent les écotones (habitats de transition formés par la juxtaposition des
marges de deux habitats différents. Enfin, le paysage s’enrichit par la présence d’espèces
qui dépendent d’au moins deux types d’habitats dans un périmètre restreint. C’est par
exemple le cas de nombreux insectes (Appelqvist et al., 2001). L’observation de l’inventaire
de l’avifaune sur le Plateau de Beille illustre parfaitement ces mécanismes. Ainsi, à l’échelle
du site central d’étude, on observe à la fois des espèces nicheuses de milieux ouverts
comme la caille ou la perdrix grise de montagne, à la fois des espèces nicheuses inféodées
aux habitats forestiers comme le grand tétras ou le bec croisé des sapins et enfin des
espèces nichant dans les écotones comme le merle à plastron ou l’hibou moyen duc.
Les espèces nicheuses d’habitats ouverts, même si elles ne sont pas nombreuses,
présentent une valeur patrimoniale importante (sur les 5 espèces présentes, 4 sont inscrites
sur la liste orange, dont une à l’annexe I de la directive Habitat, Faune, Flore).
Ces milieux ouverts sont également des espaces de chasse et de garde-manger pour les
grands rapaces à fort statut de protection.
Il est clair que la biodiversité floristique à l’échelle du site d’étude est multipliée par la
présence d’espèces caractéristiques des différents milieux.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
40
Le concept de tache-matrice-corridor est également un concept phare en matière de
maintien de la biodiversité. Il découle directement de la mosaïque d’habitats.
Il faut également noter que selon l’échelle à laquelle on se place (échelle de l’habitat, de
l’écosystème ou du paysage), et la mobilité d’une espèce donnée,
la notion de
fragmentation peut vite remplacer celle d’hétérogénéité. En effet, pour un oiseau ou un
mammifère, à la mobilité souvent importante, une mosaïque à l’échelle du paysage est
suffisante. Par contre, pour des espèces à mobilité réduite, comme les insectes, une
mosaïque à l’échelle du paysage risque fort d’isoler des populations, et la conservation de
ces espèces nécessitera souvent plus une hétérogénéité à l’échelle de l’habitat.
Le concept de tache-matrice-corridor est ici clé. Un habitat propice à une espèce est
considéré comme une tache au sein d’une matrice constituée de l’ensemble des habitats
environnants. Il est indispensable pour la survie de la population de l’espèce considérée que
ses individus puissent se déplacer de tache en tache via des corridors. Ces corridors sont
des voies de communication que les individus peuvent facilement emprunter. La notion de
distance franchissable maximale est ici primordiale.
Valeur économique et sociale
La présence des habitats ouverts et surtout des pelouses rases est indispensable à
l’activité pastorale puisque ces milieux possèdent des valeurs pastorales les plus fortes.
Mais la présence dans la mosaïque, de zones humides ou forestières diversifie la ressource
fourragère disponible. C’est un argument intéressant au maintien de ces surfaces.
De nombreuses espèces chassables tirent parti de cette mosaïque pour s’alimenter et
se reproduire. Cette structure est responsable de l’intérêt cynégétique fort du Plateau de
Beille.
3.2 Les enjeux liés aux activités humaines et au développement territorial
3.2.1 Le pastoralisme
Principaux freins et gênes à l’activité pastorale
L’important flux touristique en été peut être responsable de quelques nuisances sur
l’activité pastorale. Ainsi les chiens non tenus en laisse ou les touristes trop curieux peuvent
déranger la bonne conduite des troupeaux. La cohabitation au niveau des cabanes
pastorales peut être rendue difficile par le manque de civisme de certaines personnes
(dégradations, déchets) et les différences de rythmes de vie entre le pâtre et les
randonneurs.
L’ours est vécu par les éleveurs comme un véritable frein à l’activité. Il fréquente
régulièrement le Plateau de Beille. Les éleveurs d’ovins sont les plus touchés par la
présence de l’ours, puisque ce dernier peut attaquer directement les animaux. Même si les
bovins ne sont généralement pas attaqués, le passage de l’ours provoquerait un stress
important et un dérangement des troupeaux.
La forte présence du sanglier est signalée par tous les responsables des unités
pastorales. Ces derniers provoquent de lourds dégâts sur les pelouses alpines lorsqu’ils
fouillent le sol à la recherche de nourriture. Ils pourraient être également responsables de
cas de prédation sur de jeunes agneaux. Ces dégâts ne sont pas réellement un frein au
pastoralisme, mais la situation actuelle reste préoccupante.
Principaux enjeux de la profession
Il pèse à l’heure actuelle de nombreuses incertitudes sur les nouvelles mesures agrienvironnementales et notamment sur la prime à l’herbe agro-environnementale (PHAE). En
effet, son fonctionnement et ses modalités d’application ont été modifiés et seront connus et
validés courant 2008.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
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41
Un gros travail de mise aux normes du code du travail des cabanes pastorales devrait
avoir lieu ces prochaines années. Il permettra l’amélioration des conditions de travail des
pâtres.
Même si la filière bovine se maintient encore actuellement, la filière ovine est plutôt en
difficulté (Bailly et Fortassin, 2007). En effet, des menaces pèsent lourdement sur sa
pérennité (concurrence, risques sanitaires). Les filières sont donc en recherche de
diversification pour assurer leur avenir. Nous l’avons vu précédemment, les activités
estivales peuvent interagir négativement l’activité pastorale. Pourtant, il faut souligner que ce
flux touristique peut permettre parallèlement la création de nouveaux débouchés pour la
production locale par le biais de l’agrotourisme et ventes directes. Cette relation est
parfaitement exploitée par la ferme du Quié, qui propose la visite de l’estive de Pech-Verdun
et qui vend directement la production aux particuliers. Cette démarche mérite sans doute
d’être développée à l’échelle des 3 estives. Elle permet la diversification totale de la filière
élevage et ainsi la pérennité de l’activité sur le Plateau de Beille.
Il est enfin intéressant de remarquer que le pastoralisme sur Beille n’est pas prêt de
s’arrêter. En effet, l’accès facile aux estives, leurs qualités et la présence d’un réseau
opérationnel de cabanes pastorales assurent la pérennité de l’activité. « Il y aura toujours un
éleveur pour reprendre », souligne un éleveur du Plateau de Beille.
Impact des activités pastorales sur les espaces naturels et les espèces
Le pastoralisme, tel qu’il est pratiqué actuellement, c'est-à-dire de façon extensive et
raisonnée, avec la présence à la fois d’un cheptel bovin, ovin et équin (consommation
complémentaire de la végétation), est l’activité la plus positive sur le milieu. En effet, le
pâturage par le bétail des pelouses, des landes et même de la forêt, contrôle la dynamique
de la végétation et permet l’entretien de mosaïque d’habitats. Le pastoralisme permet donc
le maintien de la biodiversité sur le Plateau de Beille (Michallet et al., 2001 ; Blanc, 2004).
Outre l’homogénéisation des espaces naturels, l’embroussaillement pourrait avoir un
effet encore plus insidieux sur le milieu. En effet, devant le recul de la surface propice au
bétail, les éleveurs pourraient cantonner les animaux sur les espaces encore ouverts, au
risque de les surpâturer et de les appauvrir floristiquement. C’est un phénomène bien connu
et les pelouses montagnardes à nard sont particulièrement sensibles à ce dernier.
Un dernier point à soulever est celui de l’utilisation des produits sanitaires. D’après
l’enquête réalisée auprès des acteurs locaux, tous les produits tels que les vermifuges ou les
produits déparasitants sont utilisés en étable pendant la saison hivernale. Ceci est un point
positif. Mais il serait bon d’approfondir cette recherche sur la nature et le type même de
produits utilisés. En effet, certains produits particulièrement rémanents sont présents dans
les fèces pendant la période d’estive. Ils empêchent tout développement de l’entomofaune
liée à la dégradation des déjections animales, ce qui pénalise tout le réseau trophique qui en
découle (Lumaret et al., 2004).
Intérêts du pastoralisme dans la gestion des milieux naturels et la conservation de la
biodiversité
La conservation de la biodiversité au niveau de la mosaïque d’habitats est totalement
corrélée avec la pérennité de la ressource fourragère des estives. Ainsi, la lutte contre le
surpâturage est un frein contre l’appauvrissement floristique. La valeur pastorale en est
augmentée.
Contrer la fermeture des milieux permet de prévenir la diminution de la superficie la
plus favorable au pâturage. Enfin, le maintien de la mosaïque d’habitats multiplie les sources
d’affouragement.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
42
3.2.2 Les activités cynégétiques
Enjeux liés à cette activité
Il n’y a pas d’enjeu particulier. On peut cependant soulever deux points.
Même si la pérennité de cette activité est assurée à moyen terme, le vieillissement des
chasseurs ainsi que l’érosion lente mais continue de leurs effectifs pourrait la remettre en
cause à long terme. Ceci soulèverait sans doute de graves inquiétudes en terme d’équilibre
agro-sylvo-cynégétique.
Le deuxième point à soulever est l’image négative que véhicule cette activité auprès du
grand public. On ne peut en aucun cas parler d’interactions négatives entre les activités
cynégétiques et les activités touristiques estivales essentiellement, mais ces deux types
d’activités se côtoient à partir du mois de septembre jusqu’à mi novembre environ. Il est
regrettable que les relations qui existent soient parfois si difficiles. Un effort de
communication pourrait être entrepris. L’utilisation des véhicules tous-terrains en « milieu
naturel » par les chasseurs, ne participe sûrement pas à améliorer l’image de ces derniers
auprès des touristes et randonneurs.
Impacts des activités cynégétiques sur le milieu naturel et ses espèces
Cette activité, telle qu’elle est actuellement pratiquée sur le Plateau de Beille,
n’impacte pas négativement le milieu et les espèces. Bien au contraire, avec le rôle de
régulateur des populations pléthoriques de sanglier, avec la réintroduction de l’isard ou
encore la participation à la gestion des espèces chassables via les comptages et suivis, les
chasseurs locaux influencent positivement les espèces et leurs habitats.
On peut par contre regretter l’absence de réserves de chasse sur le site.
Intérêts des activités cynégétiques dans la gestion des espaces naturels et la
conservation de la biodiversité
La conservation de la mosaïque d’habitats est indispensable au maintien de l’intérêt
cynégétique. Seule une gestion au profit du grand tétras pourra pérenniser la chasse de ce
gibier mythique mais fragile.
3.2.3 Les activités halieutiques
Enjeux liés à cette activité
La mise en place d’inventaire de la faune piscicole parait judicieuse pour affirmer ou
non la présence de souches locales. Si cette présence est avérée, la gestion actuelle devrait
évoluer vers une gestion patrimoniale, c'est-à-dire une gestion des souches locales sans
rempoissonnement.
Impacts des activités halieutiques sur le milieu naturel et ses espèces
Ces activités ne semblent pas impacter le milieu. Cependant, un intérêt particulier
devrait être porté sur les mesures de rempoissonnement. En effet, il est fortement probable
que ces ruisseaux abritent des souches locales de truite fario, même s’il est difficile de
l’affirmer sans inventaire. Or un rempoissonnement, même effectué avec des truites fario
provenant de piscicultures agréées, laisse courir des risques sanitaires de contamination ou
de pollution génétique des populations locales.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
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Intérêts des activités halieutiques dans la gestion des espaces naturels et la
conservation de la biodiversité
La conservation des zones humides et tourbières est favorable au maintien de la
qualité de l’eau, au maintien de frayères potentielles, et à la régularisation des débits tout au
long de l’année. Tous ces éléments sont favorables aux activités de pêche qui se déroulent
en aval de la zone centrale d’étude.
3.2.4 Les activités forestières et la sylviculture
Comme lors de la description de ces activités dans la partie II, il est important de bien
dissocier les types de peuplements. Le premier grand type est la hêtraie-sapinière. Ces
peuplements sont gérés en grande partie par l’ONF. Cet organisme, à travers la mise en
place de plans d’aménagement forestier, mène une sylviculture raisonnée sur les
boisements exploitables. De plus, la prise en compte de la biodiversité lui permet de réaliser
une gestion durable des espaces forestiers. En ce qui concerne la pineraie de pins à crochet
présente sur le Plateau de Beille même, il n’y a ni exploitations, ni plans de gestion.
Enjeux liés à la pineraie de pins à crochet
Pour l’instant, la valeur économique de cette forêt est faible, son exploitation n’est pas
envisageable. Comme habitat hivernal du grand tétras, elle est optimale. Ce peuplement
peut donc encore murir. Son potentiel écologique et économique va s’accroitre dans le
temps. Il sera alors temps de reposer la question de son exploitation, en futée irrégulière
traitée en parquet notamment.
Face aux risques d’incendies déjà soulevés, à l’impact paysager très négatif d’un
incendie sur le tourisme ou sur l’habitat hivernal du grand tétras, il est indispensable
d’adopter pour cette forêt un plan de risque incendie.
Intérêts dans la gestion des espaces naturels et la conservation de la biodiversité
Le maintien de l’avifaune forestière consommatrice d’insectes et de parasites (les pics,
les mésanges) permet de contrôler les effets négatifs des ravageurs.
3.2.5 La cueillette des champignons
Enjeux
D’après les acteurs du pastoralisme, la recherche ciblée des champignons
hallucinogènes sur les pelouses fréquentées par le bétail peut poser de soucis en terme de
conduite des troupeaux.
La recherche des cèpes dans les habitats forestiers peut également perturber les
activités cynégétiques qui s’y déroulent.
Impacts de la cueillette des champignons sur le milieu naturel et ses espèces
Même si en soi, la recherche et la cueillette des champignons n’est pas négative pour
les espèces et les habitats, la fréquentation importante qu’elle engendre sur le Plateau de
Beille est sûrement très perturbatrice pour la faune. En effet, cette activité provoque des pics
de fréquentation de l’espace forestier de mi-août à mi-octobre qui selon les acteurs locaux
peut se transformer en « ratissage » systématique de ce milieu. Or, la démonstration de
l’impact négatif sur la faune a déjà été faite dans le massif du Caroux-Espinouse, dans le
département de l’Hérault (Cugnasse et al., 1997).
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
44
Intérêt dans la conservation du milieu naturel
La préservation des habitats forestiers concourt à conserver des surfaces favorables à
la cueillette des champignons.
3.2.6 La fréquentation du site par les engins motorisés tout-terrain
Enjeux
La fréquentation est jugée, par la plupart des acteurs locaux, importante, voire trop
importante par rapport aux conditions fixées par la réglementation en vigueur. Il y a donc
certainement de nombreux abus, surtout quand les pics de présence de véhicules
correspondent à la période de la chasse ou à la période de cueillette des cèpes.
La fréquentation des pistes lorsqu’elles sont humides les dégrade. Cela demande un
effort d’entretien supplémentaire pour qu’elles soient utilisées comme pistes de ski de fond.
Un projet serait actuellement en cours afin de restreindre et de mieux préciser les
personnes qualifiées pour remettre les autorisations de circulation et ainsi rendre
l’application du décret plus efficace. Ces mesures seront efficientes seulement si elles
s’accompagnent de contrôles sur le terrain, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.
Cette fréquentation véhicule enfin une mauvaise image auprès des touristes qui
parcourent le Plateau de Beille à la recherche de calme et d’une certaine naturalité.
Impacts de la circulation des engins motorisés tout-terrain sur le milieu naturel
Il est difficile, sans évaluation précise de la fréquentation du site, d’apprécier l’impact
sur les milieux. Mais un simple parcours du site fait apparaître de nombreux stigmates de
cette circulation comme la présence d’ornières sur les pelouses, ou encore d’élargissements
exagérés des pistes quand les conditions de franchissements sont difficiles. Il peut être
facteur de destruction d’habitat sur une échelle très locale.
L’utilisation des véhicules tous-terrains permet également un accès plus facile aux
zones éloignées et préservées, donc un risque supplémentaire de fréquentations et de
dérangements.
3.2.7 Les activités hivernales
Enjeux liés à ces activités
La régie est dorénavant certifiée norme ISO 9001 et norme ISO 14001. Cette dernière
norme s’applique aux aspects environnementaux. Par cette certification, la RENVA se doit
d’améliorer continuellement sa performance environnementale en maîtrisant le mieux
possible les impacts de son activité. Elle s’engage donc au progrès continu et au respect de
la conformité réglementaire. La Certification ISO 14001 ainsi que la commande d’un plan de
gestion environnementale du Plateau de Beille par la Communauté de Communes des
Vallées d’Ax démontrent une volonté de respect et de valorisation touristique de
l’environnement. Cette volonté de diminution d’impact s’est traduite par la mise en place d’un
circuit de collecte, de tri, de recyclage des différents déchets produits par l’espace nordique.
Cet engagement s’est également traduit par l’utilisation d’huiles biodégradables dans les
différents engins mécaniques utilisés par la station.
Malgré le rang de la station de ski de fond de Beille, plusieurs points noirs subsistent.
On relève une fréquentation forte d’une clientèle à la journée et non pas d’une clientèle de
séjour. En effet, les hébergements disponibles ne sont présents qu’en bas de la vallée, et il
est difficile de connecter le Plateau de Beille aux hébergements en raison du trajet en route
de montagne.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
45
Le chiffre d’affaires de la RENVA n’est pas en adéquation avec la fréquentation du site.
Ainsi beaucoup de gens utilisent le parking, les infrastructures gratuites sans le moindre
dividende pour la RENVA.
Le bilan financier est nettement déficitaire, ce qui nécessite l’apport de subventions
intercommunales pour équilibrer les comptes.
Il existe enfin des mutations importantes de la demande touristique. Ainsi la pratique
du ski de fond est en perte de vitesse au niveau national alors que celle de la raquette
maintient sa progression. Les touristes délaissent peu à peu le goût de l’effort pour des
pratiques douces, en famille, proches de la nature et souvent bien encadrées.
Pour répondre à ces défis, la RENVA et la Communauté de Communes des Vallées
d’Ax misent sur une politique ambitieuse de projets.
En premier lieu, des projets sont mis en place pour réorganiser l’offre actuelle en matière
d’activité nordique, notamment en confortant l’offre raquettes, en profilant de nouveau la
piste de départ pour la rendre plus accessible, en équipant l’aire de luge d’un tapis de
remontée, ou en rendant le biathlon praticable l’été. L’équipement de canons à neige à
proximité immédiate du bâtiment d’accueil est également à l’étude.
En deuxième lieu, des projets sont mis en place pour augmenter la clientèle séjour, comme
l’amélioration de la desserte du Plateau de Beille ou le projet de construction d’un refuge sur
le site de Prat-Moll. Ce refuge jouerait également un grand rôle en matière de tourisme
estival.
Ces projets s’appuieraient sur le respect environnemental pour limiter le plus possible les
impacts négatifs sur le milieu.
Impacts des activités hivernales sur le milieu naturel
Les activités hivernales touchent le milieu négativement de deux façons. La première
est liée aux infrastructures qui sont mises en place sur le Plateau de Beille, la seconde est
plutôt liée à la fréquentation importante du site.
Comme nous l’avons vu dans la partie II, de nombreuses installations existantes
nécessitent une remise voire une mise aux normes pure et simple. C’est le cas par exemple
du parking qui doit être équipé d’un bassin de décantation. C’est le cas également du
système d’assainissement qui doit être repensé et accueillir les effluents qui proviennent du
chalet Angaka.
La présence de captages dans les zones tourbeuses est également un risque non
négligeable pour ces milieux fragiles surtout si la consommation tend à augmenter (projet
d’utilisation de canons à neige).
Le réseau de pistes est le dernier type d’infrastructure possédant un impact négatif
potentiel. Lors de fortes pluies, l’érosion et le ravinement des pistes nues non équipées
adéquatement (revers, fossés latéraux…), peut provoquer un apport massif de particules
dans les cours d’eau, nocif à l’équilibre biologique de ces derniers. Une attention particulière
doit également être portée en terme d’équipement quand une piste doit franchir un ruisseau.
Enfin le réengazonnement artificiel des pistes avec des semences exogènes pose
inévitablement le problème d’introduction d’espèces invasives.
La fréquentation en soi du site n’est pas forcément un danger pour les écosystèmes,
c’est plutôt son importance et sa fréquence en terme de dérangement de la faune et de
pollutions qui posent des problèmes. Le hors piste est bien sûr le danger numéro un. Nous
l’avons vu précédemment en partie II, il existe deux types de hors piste. Le premier est
effectué avec des accompagnateurs en montagne, lors des sorties raquettes organisées par
les différents prestataires au nord-est du Plateau de Beille principalement. Même si ces
sorties ont nécessairement une action dérangeante sur le milieu, les guides mettent un point
d’honneur à sensibiliser le public sur les problématiques environnementales, et à minimiser
l’impact des groupes qu’ils accompagnent. Le deuxième, le hors piste sauvage et diffus, est
une action sans doute encore plus perturbatrice par l’inconscience de l’impact écologique
d’une telle action par les pratiquants.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
46
Enfin, les milieux peuvent porter d’importants stigmates (détritus, papiers…) de l’afflux
de 100 000 personnes sur quelques mois. Depuis deux ans, la RENVA met en place une
opération de ramassage printanier des déchets sur le domaine skiable. L’année dernière,
400 kilogrammes de détritus ont été récoltés. Cette année, c’est quasiment la moitié.
Intérêts des activités touristiques hivernales dans la gestion des espaces naturels et
la conservation de la biodiversité
La RENVA s’est engagée dans un processus de certification 14001 qui vise à diminuer
l’impact négatif des activités générées sur l’environnement.
La conservation de la biodiversité contribue également à maintenir une image positive,
une image nature, auprès des touristes qui sont de plus en plus éduqués et sensibilisés à
l’environnement. C’est donc un vecteur de communication important. La conservation de la
biodiversité permet également une authentification du site comme site naturel.
3.2.8 Les activités estivales
Enjeux
Il existe à l’heure actuelle une réelle volonté de la part des acteurs du tourisme et des
acteurs politiques de développer le tourisme estival sur le Plateau de Beille. En effet, son
potentiel est jugé sous-exploité. Le site de Beille cumule de nombreux atouts du fait qu’il soit
un vaste plateau d’altitude. Fait rare en haute montagne, c’est un terrain facile à parcourir,
propice aux balades familiales et aux randonnées douces. Il est très facile d’accès grâce à la
route et au parking construits lors de la mise en service de la station de ski de fond. Il
bénéficie enfin d’une fréquentation touristique importante, fruit de sa notoriété nationale voire
internationale.
Tous les acteurs politiques et touristiques s’accordent sur un développement qui
respecte et qui s’appuie sur la richesse de l’environnement du Plateau de Beille.
Ainsi un projet de refuge et un projet de sentier d’interprétation sont actuellement à
l’étude. L’extension des sentiers VTT et pédestres serait réalisée à moyen terme. Ces
initiatives permettraient la création d’un pôle touristique attrayant sur le territoire nord de la
Communauté de Communes des Vallées d’Ax.
Un point important reste à souligner : les interactions importantes du tourisme estival
avec le pastoralisme. Tout développement touristique doit donc prendre en compte ce
facteur là.
Impacts des activités touristiques estivales sur les milieux naturels
Là aussi, ce n’est pas la fréquentation en soi qui pose problème, c’est plutôt son
importance. Pour l’instant, il n’y a pas d’infrastructure propre à ces activités, la randonnée
pédestre ou cycliste s’effectue sur le réseau déjà existant de sentiers et de pistes.
Le balisage des sentiers et le caractère très familial du grand public qui fréquente le site fait
qu’il n’y a peu de diffusion dans le milieu naturel et donc peu de risque de perturbation.
Intérêts des activités touristiques estivales dans la gestion des espaces naturels et la
conservation de la biodiversité
Comme pour les activités hivernales, la préservation peut être un vecteur de
communication très fort et permet de valoriser le site auprès des clients.
La biodiversité et la richesse patrimoniale peuvent également devenir un produit touristique
intéressant dans le cadre d’un développement touristique « vert ». Le projet vers un nouveau
sentier d’interprétation des espaces naturels s’inscrit parfaitement dans cette problématique
là.
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47
3.2.9 Synthèse
Les effets des activités qui se déroulent sur le Plateau de Beille sont rarement neutres
sur le milieu. L’activité la plus positive est sans conteste le pastoralisme.
Il est intéressant de noter que toutes les activités ont un intérêt pertinent dans la
gestion du milieu naturel. C’est un argument de poids en faveur de cette dernière. Il existe
donc bien un terrain d’entente, des objectifs communs entre des activités pourtant si
différentes et qui semblent parfois si antinomiques au premier abord.
3.3 Hiérarchisation des enjeux de conservation
3.3.1 Schéma d’analyse des enjeux
Chaque enjeu est analysé en fonction de son état actuel, des différents facteurs qui
influencent sa dynamique et de son état futur si aucune mesure n’est prise. On peut ainsi en
déduire la priorité de chaque enjeu. Le schéma ci-dessous illustre cette analyse.
Valeur patrimoniale
État actuel
Facteurs
anthropiques
Dynamique
État futur
Facteurs
naturels
Figure 5. — Schéma d’analyse de l’enjeu patrimonial (ONF, 2006b)
3.3.2 Conservation du grand tétras
Bien que ces populations soient encore importantes à l’heure actuelle dans les
Pyrénées, il est important de considérer que cette sous-espèce si remarquable par son
originalité génétique, uniquement présente dans les Pyrénées, est fragile et en déclin. Sur le
Plateau de Beille, son état actuel est plutôt mauvais. De plus, sa conservation sur le site est
un objectif majeur qui déborde de sa simple présence sur ce Plateau de Beille. D’abord, à
une échelle locale : cette population est un noyau, une source d’individus pour la
métapopulation présente en Haute Ariège. Ensuite, la métapopulation de la Haute Ariège
est, par ces effectifs et la présence de ces noyaux de populations, un site clé de la
préservation du grand tétras à l’échelle même des Pyrénées (Ménoni, 1994a).
Le maintien de la population de grand tétras du Plateau de Beille est donc un objectif
prioritaire. A la lumière de l’analyse et de la hiérarchisation, la zone de Beille nord est le site
prioritaire au niveau des mesures à prendre. En effet, la pineraie de pins à crochet est y très
favorable, elle constitue un corridor vers la population de Beille sud. C’est également ici que
les facteurs limitants sont les plus forts (densité de pistes, haute fréquentation, hors piste,
prédateurs opportunistes, présence du téléski).
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
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48
3.3.3 Conservation des complexes d’habitats tourbeux et des zones humides
Les tourbières et zones humides du de Beille possèdent une importante valeur
patrimoniale avec la présence identifiée de 5 espèces remarquables. Il est probable qu’elles
recèlent encore plus de richesses avec la présence d’une entomofaune insoupçonnée ou
encore celle de l’euprocte des Pyrénées.
La présence d’un réseau de zones humides et tourbeuses à l’échelle du site concourt à
la pérennité des communautés végétales et animales inféodées à ce type de milieu.
Bien que l’état de conservation soit difficilement appréciable pour réellement se prononcer,
plusieurs menaces pèsent notamment sur la tourbière de Beille d’en haut.
La conservation des complexes tourbeux et des zones humides est donc également
un objectif prioritaire. A la lumière de l’analyse et de la hiérarchisation, la tourbière de Beille
d’en haut est le site prioritaire au regard des menaces qui pèsent sur elle et de son apport en
terme de biodiversité.
3.3.4 La pineraie de pins à crochet
La pineraie de pins à crochet représente un intérêt patrimonial certain, car cette
formation typique constitue sur le site d’étude un peuplement de taille importante à l’échelle
des Pyrénées occidentales. De plus, cet habitat abrite une biodiversité intéressante dont le
grand tétras.
Par contre, il semble, sous réserve, en bon état de conservation, abondant, et peu
menacé. Cet enjeu peut donc être considéré comme secondaire.
3.3.5 Les habitats ouverts et le maintien de la mosaïque paysagère
Ces habitats possèdent une valeur écologique et une valeur socio-économique
importante. L’état, sous réserve, est jugé plutôt bon, bien que le piquetage par le pin à
crochet soit présent. La menace de fermeture des milieux par dynamique naturelle pèse sur
la mosaïque. Mais l’importance de l’activité pastorale pérennise à court et moyen terme sa
structure. La fédération pastorale de l’Ariège va mener courant 2008 un diagnostic pastoral
dans le cadre de l’élaboration du document d’objectif du site Natura 2000 du massif de
l’Aston. Il va permettre de mieux apprécier la valeur pastorale de l’estive de Pech-Verdun et
d’une partie de l’estive du Syndicat Indivis (estives intégrées dans le périmètre Natura 2000).
Il va également permettre de mieux appréhender la dynamique végétale et de proposer des
mesures fines de gestion en accord avec la pérennité économique et écologique des estives.
Il sera bon de se rapprocher et de participer à cette démarche.
Le maintien de la mosaïque d’habitats est un objectif prioritaire dans l’absolu, mais les
faibles menaces qui pèsent dessus et les travaux qui vont être entrepris minimisent sa
primauté.
L’analyse de cet l’enjeu a également mis en lumière le manque de données récentes et
fiables. Une cartographie précise des habitats doit être menée afin d’affiner les résultats
actuels et de déterminer avec fiabilité l’état de conservation. Il permettra par la même
occasion de déterminer la flore patrimoniale présente dans les pelouses, landes et milieux
forestiers.
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49
Le tableau 16 qui suit récapitule la démarche de hiérarchisation.
Tableau 16. — Hiérarchisation des enjeux de conservation
Enjeux
Grand tétras
Évolution de l'état
Urgence
Valeur
État
de
de
conservation Menaces mesures
patrimoniale conservation actuel
actuel
prendre
forte
mauvais
stable
voire forte
forte
dégradation
Tourbières
et forte
zones humides
Pineraie
de forte
pins à crochet
forte
mosaïque
d'habitats
des Zone
à d'action
prioritaire
secteur
Beille nord
flou, à préciser
à priori stable mais forte
à préciser
forte
bon mais à préciser
à priori stable
moyenne
/
moyenne moyenne
/
à préciser, bon à à priori stable
moyen
faible
tourbière de
Beille
3.4 Hiérarchisation des enjeux socio-économiques et définition des objectifs
Il est difficile d’appliquer ici une méthodologie semblable aux enjeux patrimoniaux pour
hiérarchiser les enjeux économiques et sociaux. Ce classement est certainement plus
subjectif. Néanmoins, on peut s’appuyer sur quelques critères intéressants comme :
— l’impact de l’activité sur le milieu ;
— l’impact de l’activité sur les autres activités présentes ;
— le poids économique ;
— les menaces qui pèsent sur la pérennité de l’activité.
La prise en compte de ces critères nous permet de dégager 4 activités à fort enjeu.
3.4.1 Le pastoralisme
C’est un des enjeux essentiels, puisque c’est une activité clé sur le Plateau de Beille.
Elle est très favorable au milieu, mais également à la pratique des autres activités. Elle
représente un poids économique conséquent et sa pérennité est incertaine à moyen terme.
3.4.2 Les activités touristiques hivernales
Son impact est loin d’être négligeable sur le milieu naturel, notamment au niveau des
infrastructures existantes. De plus, réduire l’impact des activités qu’elle génère sur
l’environnement est un engagement pris par la RENVA dans le cadre de la certification iso
14001. Son poids économique est majeur pour l’économie de la vallée mais cette activité
connaît des problèmes financiers.
3.4.3 Les activités touristiques estivales
Elles sont peu développées à l’heure actuelle, mais le potentiel économique qu’elles
représentent est grand. C’est enfin l’activité qui peut le plus perturber les activités pastorales.
3.4.4 La circulation
La circulation est négative à la fois sur le milieu et sur les autres activités, notamment
pour l’entretien des pistes de ski hors période hivernale et pour le tourisme de randonnées et
de balades.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
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50
3.5 Proposition d’objectifs de gestion et de stratégies
3.5.1 L’objectif général et les objectifs par enjeu
L’objectif général est d’assurer le maintien de la biodiversité et l’intégrité des espaces
naturels en favorisant le développement économique, social et culturel. Cet objectif est donc
quasiment identique à l’objectif principal de la directive Habitat, Faune, Flore.
A ce stade, il est important d’avancer des objectifs, de les soumettre et de les faire
valider auprès des acteurs locaux. En effet, ce sont ces derniers qui permettront d’abord
d’élaborer et de justifier des mesures de gestion et ensuite de réaliser un suivi et une
évaluation de celles-ci.
On pourra différencier plusieurs objectifs généraux en fonction des enjeux. Bien sûr,
cette compartimentation n’est pas étanche, puisque les enjeux patrimoniaux interagissent
avec les enjeux économiques et sociaux. Mais le tableau 17 ci-dessous permet ainsi
d’acquérir une vision globale.
Tableau 17. — Présentation des objectifs globaux en fonction du type d’enjeu
Enjeux
Objectifs globaux
— maintenir l'état de conservation s'il est favorable
— améliorer l'état de conservation s'il est défavorable
— acquérir de nouvelles données pour mieux évaluer l'état de conservation
— encourager le développement et assurer la pérennité des activités
positives sur le milieu naturel
Enjeux économiques et
— diminuer l'impact négatif des activités humaines sur le milieu naturel
sociaux
— diminuer les interactions négatives entre activités
— développer les interactions positives entre activités
Enjeux patrimoniaux
Chaque enjeu peut enfin être décliné avec un objectif plus précis. Le tableau 18 cidessous récapitule les différents objectifs que l’on peut proposer.
Tableau 18. — Présentation des objectifs déterminés en fonction de l’enjeu
Enjeux
Objectifs
Grand tétras
— améliorer les effectifs au niveau de Beille Nord
Tourbières et zones humides
— acquérir de nouvelles données pour mieux évaluer l'état de conservation
— diminuer les menaces qui pèsent sur la tourbière de Beille
Pineraie de pins à crochet
— acquérir de nouvelles données pour mieux évaluer l'état de conservation
— diminuer la menace de risque incendie
Mosaïque d'habitats
— acquérir de nouvelles données pour mieux évaluer l'état de conservation
Pastoralisme
— diminuer l'impact négatif des activités touristiques estivales
— développer le lien économique entre tourisme estival et pastoralisme
Activités touristiques hivernales
— diminuer l'impact négatif des infrastructures existantes
— développer le lien économique entre tourisme estival et pastoralisme
Activités touristiques estivales
— encourager un tourisme écologique
— améliorer les interactions avec le pastoralisme
Circulation
— diminuer l'impact physique sur le milieu naturel
— diminuer l'impact négatif sur les pistes de ski hors période hivernale
3.5.2 Stratégie proposée dans l’élaboration des mesures de gestion
La conservation de la biodiversité doit impliquer le plus possible les acteurs locaux.
Elle est l’affaire de tous, et chaque acteur en tirera un bénéfice propre. Une participation
active des acteurs locaux est gage d’une meilleure concertation et acceptation. De plus, les
acteurs locaux sont souvent garants d’un savoir local inestimable (Alphandéry et Fortier,
2005). Il est donc indispensable de s’appuyer dessus.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
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51
Il est intéressant de composer une gestion à la fois minimaliste et adaptative. Pour cela il est
essentiel d’élaborer un suivi de l’impact des mesures appliquées à l’aide d’indicateurs
simples et fiables pour faciliter l’évaluation.
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52
4 Modélisation et propositions de gestions intégrées
4.1 Un modèle d’évaluation et de prise de décision environnementale : le
modèle FPEIR
Le modèle forces motrices-pressions-état-impacts-réponses (FPEIR), ou modèle
DPSIR en anglais a été développé par l’agence européenne de l’environnement en 1998.
Cette modélisation vise à fournir un mécanisme intégral pour l’analyse des problèmes
environnementaux. Elle tend ainsi à décrire les interactions qui existent entre une
problématique environnementale et des facteurs anthropiques et d’en comprendre les
tenants et les aboutissants. Il permet une évaluation globale et intégrée.
Ce modèle s’appuie à chaque stade sur des indicateurs, qui nous informent sur des
changements qui ont lieu dans le système. Ils constituent donc des critères opérationnels qui
viennent en aide à la gestion et à la prise de décision. Leur choix est important, ils doivent
être fiables, simples et faciles à obtenir, pour que le modèle soit le plus opérationnel
possible. L’utilisation d’une batterie d’indicateurs pour décrire un processus et évaluer sa
dynamique est vivement conseillée.
Le schéma ci-dessous illustre parfaitement le fonctionnement du modèle FPEIR.
Figure 6. — Évaluation générale de l’environnement par le modèle FPEIR (Ministère de
l’environnement du Luxembourg, 2003)
Les forces motrices que sont les activités économiques, la démographie produisent
des pressions sur l’environnement telles que la pollution de l’atmosphère ou du sol. Ces
pressions influencent l’état général de l’environnement à travers la qualité de l’air, des eaux.
Cet état de l’environnement induit des impacts sur la santé des populations humaines et sur
les écosystèmes. Ces derniers conduisent à la mise en place de réponses à tous les niveaux
du processus pour diminuer les effets négatifs. Ces réponses s’expriment par diverses
mesures réglementaires, par des taxes et par la création de zones protégées. Pour chaque
étape, on cherchera des indicateurs pertinents pour évaluer et quantifier chaque processus.
Le tableau ci-dessous récapitule quelques indicateurs utilisables.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
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53
Tableau 19. — Récapitulatifs des indicateurs utilisables dans l’application du modèle FPEIR
à l’environnement
Étape
Indicateur
forces motrices
activités économiques
évaluation du PIB, quantification des échanges commerciaux…
démographie
pressions
recensement démographique…
pollution de l'atmosphère et du
sol
taux d’émission de gaz à effet de serre...
état
qualité de l'air
mesure de la qualité de l'air…
qualité de l’eau
Impacts
mesure de la qualité de l'eau…
santé
fréquence des cas d'asthme…
écosystèmes
Réponse
mesure de la biodiversité…
taxes
nombres de taxes environnementales…
zones protégées
superficie totale des périmètres de protection…
L’application du modèle permet donc d’identifier les interactions et de déterminer les
liens de causes à effets. Elle permet, in fine, d’analyser l’efficience des réponses proposées
ainsi que d’évaluer le suivi des mesures. Le modèle FPEIR est donc un outil d’évaluation et
de suivi performant en matière de problématique environnementale.
4.2 Application du modèle FPEIR à la problématique du grand tétras dans le
« système Beille »
4.2.1 Le choix du grand tétras
Il aurait été tout à fait concevable d’appliquer le modèle à l’environnement du
« système Beille » dans sa globalité. Mais ce dernier serait devenu complexe et peu lisible. Il
est apparu intéressant, vu le travail en amont de détermination des enjeux patrimoniaux et
d’état de conservation, de travailler à l’échelle de celui-ci. Le choix du grand tétras est
naturel, puisque la définition de son enjeu est le plus abouti, notamment avec une évaluation
précise de son état de conservation. Les éléments concernant le galliforme, rassemblés
dans la partie II et III ont été utilisés pour alimenter le modèle.
L’état défavorable de conservation du grand tétras et les impacts qui en découlent
démontrent que les réponses associées sont, à l’heure actuelle, insuffisantes. Le modèle est
schématisé plus bas, avec l’ajout des préconisations de gestion.
4.2.2 Les indicateurs
Il s’agit maintenant de définir pour chaque étape du processus des indicateurs
Forces motrices
Pour quantifier les activités touristes hivernales, nous pourrions utiliser le nombre
annuel de forfaits vendus, et pour l’activité cynégétique, utiliser le nombre de carnets délivrés
par la Fédération départementale de chasse de l’Ariège.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
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54
Pressions
Il nous faut d’abord définir des indices de fréquentation. Nous pourrions reprendre ceux
qui ont été développés lors des études sur l’hivernage du grand tétras, comme par exemple
la densité à l’hectare de pistes, la densité de traces hors piste ou encore la présence
d’indices de présence de prédateurs. Pour quantifier la pression exercée par les collisions,
nous pourrions disposer d’une mesure du linéaire de câbles ou obstacles non équipés de
dispositif anti-collision. Pour la chasse, il suffit d’analyser le nombre de prélèvements sur les
carnets de chasse. Néanmoins, en récupérant auprès des ACCA les tableaux de chasse de
sanglier, nous mesurerions l’effort de chasse et la dynamique des populations de ce
prédateur de ponte.
État
L’état de conservation est indiqué par les indices de présence, par le nombre
d’individus observés. Ils ont été développés lors des études citées précédemment.
Impact
Il est difficile, à l’échelle du « système Plateau de Beille », de définir le moindre
indicateur d’impact. En effet, il est compliqué d’estimer, par une mesure quelconque, l’impact
de l’état défavorable de conservation du grand tétras à l’intérieur même du « système
Plateau de Beille ».
4.3 Propositions de mesures de gestion en faveur du grand tétras
4.3.1 Rappel des objectifs et de la stratégie
L’objectif proposé de conservation est d’améliorer le statut défavorable du grand tétras
sur le Plateau de Beille. Il vise une augmentation des effectifs sur le site. L’urgence se porte
sur le secteur de Beille Nord. La stratégie est de s’appuyer sur la concertation et l’implication
des acteurs locaux. Les préconisations de gestions doivent être minimales, et adaptatives
via le suivi d’une batterie d’indicateurs.
4.3.2 Analyse à partir de la modélisation
Les mesures, ou réponses dans le langage de modélisation, peuvent s’appliquer aux
deux stades du processus en amont de l’état.
Pression
Le principal facteur responsable de l’état de conservation actuel est le dérangement
occasionné par les pratiquants du ski de fond et de la raquette qui rend impropre un habitat
favorable à l’hivernage du grand tétras. Il est primordial de prendre des mesures pour
diminuer les effets négatifs. Ces dernières visent à réaménager sensiblement le domaine
skiable en faveur du grand tétras.
En ce qui concerne la fréquentation sur piste, il n’y a guère d’autres mesures que de
diminuer la densité de pistes à l’hectare. L’utilisation de l’outil système d’information
géographique (SIG) peut se révéler précieux pour spatialiser les informations des tracés des
pistes et les indices de présence de grand tétras. Il est intéressant de rappeler, que la zone
tampon constituée de 40 mètres de chaque coté d’une piste n’est pas fréquentée par le
grand tétras. L’idée est donc d’essayer de maximiser les étendues sans pistes (favorables à
la tenue du grand tétras), en modifiant le tracé de celles si cela est possible, ou en
supprimant le cas échéant. Le choix des pistes à modifier ou à supprimer doit bien sûr être
proposé et discuté avec les acteurs du tourisme hivernal, notamment la RENVA, pour
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ariégeoises
55
répondre à la stratégie énoncée plus haut. Un exemple réalisé grâce à un logiciel SIG illustre
ces propos. Il est archivé en annexe XIX.
Concernant la fréquentation hors piste encadrée par un guide, il serait judicieux de
renforcer la communication. En effet, chaque guide sensibilise déjà ces clients à la
problématique du dérangement du grand tétras. Il serait utile de les aider à l’aide d’une
plaquette d’informations. Il est possible que les guides soient également demandeurs
d’informations complémentaires. Ces informations pourraient s’inscrire dans une charte de
bonne conduite signée par les guides ou par les organismes auxquels ils sont affiliés. Cette
charte, reprenant les principales mesures d’atténuation d’impact de la randonnée en
raquettes, constituerait un vecteur de communication très positif pour les organismes qui y
adhèrent. La pratique encadrée du hors piste se déroule sur le secteur nord-est du Plateau
de Beille, site où la densité de pistes est assez faible. Il serait peut-être important pour limiter
la diffusion des groupes de randonneurs de mettre une zone en protection, afin d’assurer un
site vierge de tout dérangement.
Le hors piste libre concerne quasi exclusivement la raquette, pour des questions de
facilité d’accès et par goût des espaces vierges. Deux mesures sont envisageables. La
première est la mise en place d’une information sur la problématique grand tétras. La
seconde est la pose de palissades en bois au niveau des secteurs à risque (configuration
topographique favorable au hors piste et zones riches en grand tétras). Ainsi, toute
pénétration du milieu est empêchée physiquement.
Il est indispensable de discuter, d’argumenter autour des ces propositions dans un
groupe de travail formé par les acteurs du tourisme hivernal.
La diminution du risque de collision est facile à résoudre. En effet, il existe des
dispositifs efficaces de visualisation. Ils seront posés sur les câbles, les clôtures et les
grillages identifiés (chenil d’Angaka, téléski).
La chasse est une pression, puisque les prélèvements actuels sont mal adaptés au
niveau de la population. Il faut donc réduire cette pression en définissant par exemple un
plan de chasse local adapté aux effectifs de grand tétras réellement présents. La création de
réserves de chasse dans la pineraie de pins à crochet diminuerait mécaniquement le taux de
prélèvement.
Les populations de prédateurs opportunistes comme les renards ou les martres
peuvent être régulées par un piégeur agréé. Il n’en existe pas à l’heure actuelle. Pourtant,
des chasseurs locaux seraient certainement intéressés par cette pratique. Une aide
financière pour l’achat des pièges inciterait sans doute les personnes à franchir le pas.
L’aspect piégeage peut être abordé lors de la tenue d’un groupe de travail chasse.
Forces motrices
La mise en place d’une communication autour de la problématique grand tétras et la
mise en avant du rôle des acteurs du tourisme permettraient d’acquérir, notamment pour
l’organisme gestionnaire de l’espace nordique, une image de marque très valorisante. Les
touristes sont de plus en plus sensibilisés à l’environnement et bienveillants en matière de
consommation écologique et durable. C’est un bon moyen pour faire de la publicité et
d’attester que le site est un vrai espace naturel. Cela contribuerait à la pérennité de
l’économie basée sur le tourisme.
4.4 Synthèse
De nouvelles réponses ont été apportées à la problématique grand tétras dans le
« système Beille ». Il est indispensable maintenant de mettre en place un programme de
suivi en se basant sur les indicateurs développés dans la modélisation. Des nouveaux
peuvent être créés, comme le nombre de plaquettes de communications distribuées, ou
encore les tableaux de prélèvements des piégeurs. Néanmoins, le protocole d’étude de
l’hivernage, dont de nombreux indices, sont issus, est relativement lourd et coûteux. Un
échantillonnage et la participation de bénévoles peuvent rendre le suivi plus réalisable.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
56
Le modèle FPEIR est un outil à la fois simple et performant pour analyser l’impact
humain sur une problématique environnementale et en évaluer l’efficacité des réponses.
Il permet également l’élaboration de mesures/réponses pertinentes et d’un système de suivi
par la mise en place d’indicateurs. Le choix de ces derniers est donc primordial. L’adoption
des préconisations de gestion doit respecter les objectifs et la stratégie définie pour faciliter
leur conception et leurs applications.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
57
FORCES MOTRICES
• Activités touristiques hivernales
(économie locale et besoin de
loisir montagne)
• Activités cynégétiques
(pratiques sociales locales)
PRESSIONS
ÉTAT
• Fréquentations et
dérangements
(sur piste, hors piste
encadré et hors piste
libre)
• Collisions
• Chasse
• Prédation
• Mauvais état de
conservation
IMPACTS
• Perte d’une espèce à fort
intérêt patrimonial
• Perte de la biodiversité
• Arrêt de la chasse
• Image négative du site
RÉPONSES
• Certification ISO 14001
• Charte de bonne
conduite
• Communication, et
valorisation de la gestion
menée
• APPB
• Plan cynégétique local
• Réaménagement du domaine
skiable
• Zone de protection, réserves de
chasse
• Informations
• Balisage des clôtures et câbles
• Régulations des prédateurs
Plan de gestion
environnementale
Statut de protection et
de conservation
• Mesures existantes
• Propositions de
mesures
Figure 7. — Schéma d’application du modèle FPEIR à la problématique du grand tétras sur le site central d’étude
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
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Conclusion
Le Plateau de Beille est un espace naturel riche qui concentre un flux touristique
important et de nombreuses activités à la fois ancestrales ou relativement nouvelles. Il n’est
donc pas surprenant que dans un tel contexte, les enjeux patrimoniaux et les enjeux liés au
développement territorial soient nombreux. Ces éléments plaident en faveur d’un plan de
gestion environnementale et d’un plan d’aménagement du territoire.
Inventaires et données environnementales
Un point important doit être soulevé à nouveau ici. La détermination et la
hiérarchisation des enjeux patrimoniaux passent obligatoirement
par des données
environnementales fiables et récentes. L’élaboration de ce rapport a mis en avant un
manque patent de données (en terme de qualité et de dates des inventaires) concernant
d’une part les tourbières et zones humides et d’autre part des données concernant la
mosaïque d’habitats et la dynamique naturelle. Il est donc indispensable, pour aborder ces
enjeux, de réaliser au plus vite une cartographie exhaustive des habitats avec des
indications fiables de leurs états de conservation. La réévaluation des enjeux et des objectifs
proposés sera également nécessaire.
Cœxistence des activités ancestrales et touristiques
Cette cohabitation est récente, elle ne remonte qu’au début des années 90 avec la
création du stade de neige. Pourtant, c’est certainement à partir du début des années 2000
que les interactions se sont amplifiées, avec l’avènement d’une importante fréquentation
touristique pendant l’été, période clé des activités pastorales sur le Plateau de Beille. Il est
temps maintenant que ces activités apprennent à cohabiter, surtout qu’elles peuvent en
retirer des bénéfices réciproques.
Du plan de gestion environnementale au plan de gestion de développement territorial
Il est important de souligner ici que toutes les activités qui se déroulent sur le Plateau
de Beille, qu’elles soient anciennes ou nouvelles, s’appuient sur la richesse des espaces
naturels. La conservation des milieux et de la biodiversité va de pair avec la pérennisation de
l’ensemble des activités humaines. Le plan de gestion environnementale devient donc
également plan de développement territorial. Les enjeux patrimoniaux sont donc des enjeux
de développement territorial bien réels.
Nous devons rajouter, pour compléter cette démonstration, que la réciproque est vraie.
En effet, c’est bien la pratique ancestrale et encore actuelle du pastoralisme qui a légué ces
espaces typiques avec la diversité biologique que nous admirons maintenant. Cet exemple
démontre bien comment l’homme, à l’origine de la crise de biodiversité que nous traversons,
peut également être un élément « clé de voûte » de son maintien quand il exploite
raisonnablement son environnement. Il est important que les activités touristiques qui se sont
développées et qui sont amenées à progresser dans le futur, respectent cet héritage. Le
tourisme doit même devenir à son tour un élément moteur de la conservation via la
valorisation des milieux naturels avec le développement d’un tourisme vert. En effet, c’est
sans doute quand l’environnement acquiert une valeur économique que l’intérêt de le
conserver devient primordial aux yeux de tous.
Quelques perspectives
Au regard de l’important jeu d’acteurs qui existe et des enjeux qui en découlent, il est
important de respecter les principes de gouvernance. Le maximum d’acteurs locaux doit être
impliqué à tous les stades du processus d’élaboration du plan de gestion environnement et
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
59
du plan d’aménagement. En effet, c’est à partir de la concertation et du consensus que les
mesures prises peuvent être à la fois applicables et efficaces.
L’élaboration de ce rapport a dressé un état des lieux, qui a lui-même servi à la
détermination d’enjeux et d’objectifs. Le travail a été effectué à partir d’une « photographie
du système Beille ». Elle a figé instantanément les éléments qui le composent. Or les vérités
d’aujourd’hui sont rarement celles de demain et il est possible que certaines composantes
aient déjà évolué. Il est donc crucial de pouvoir s’appuyer sur un suivi pour mieux apprécier
les évolutions. C’est notamment le cas des notions de forces motrices, développées dans le
modèle FPEIR. Ce sont elles qui pilotent les interactions activités humaines/environnement.
Enfin, dans ce contexte, il est nécessaire de rester vigilant vis-à-vis des changements
climatiques. En effet, ces transformations risquent de bouleverser des conditions
écologiques qui pilotent les communautés et les espèces. Les enjeux patrimoniaux
d’aujourd’hui ne seront peut-être plus ceux de demain. Par exemple, on découvre peu à peu
l’impact négatif des changements climatiques sur les populations de grand tétras (Moss et
al., 2001). La gestion des espaces naturels doit donc rester attentive à ces évolutions pour
pouvoir au mieux anticiper les conséquences. Ces transformations sont susceptibles
également d’impacter les activités humaines comme le tourisme hivernal, qui reste à l’heure
actuel le pilier de l’économie locale.
Cette dimension doit également être prise en compte dans l’aménagement du territoire.
Tout projet, pour être durable, doit rester pertinent sur le long terme.
Dans un contexte incertain, que sera le devenir des enjeux patrimoniaux, économiques
et sociaux ?
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
60
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Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
65
Liste des contacts
Membre du comité technique du stage
Nom
Prénom
Fonction
Numéro de
téléphone
adresse mail
Cugnasse
Jean Marc
Délégué régional adjoint sud-ouest
05 62 20 75 51
[email protected]
Ménoni
Emmanuel
ONCFS - CNERA faune de montagne
Michel
Chargé de mission territorial Pyrénées centrales et ariégeoises à la DIREN MidiPyrénées
Grassaud
[email protected]
05 34 45 15 19
05 61 02 10 64
[email protected]
[email protected]
Jugie
Philippe
Directeur de la RENVA
05 34 09 35 01
[email protected]
Chopin
Corinne
Chargée mission montagne à la Communauté de Communes des vallées d'Ax
05 61 64 62 07
[email protected]
adresse mail
Les acteurs du pastoralisme
Nom
Prénom
Fonction
Numéro de
téléphone
Marfaing
Thierry
Technicien à la fédération pastorale de l'Ariège
05 61 02 09 66
Lacube
Philippe
Président GP Pech Verdun
05 61 64 91 36
Rouzaud
Alain
président du groupement pastoral Luzenac-Unac
05 61 64 46 93
Bergeaut
Louis
Président du syndicat des propriétaires Indivis de Vèbre-Urs-Lassur
05 61 64 98 84
Rousseau
Laurence
Gérard et
Julien
Technicienne à la fédération pastorale de l'Ariège
05 6102 09 66
Éleveurs ovins sur l'estive du syndicat indivis
05 61 64 46 16
Sicret
[email protected]
les acteurs "politiques"
Nom
Prénom
Fonction
Numéro de
téléphone
Prat
Monsieur
Maire d'Albies
05 6164 15 50
Lassalle
Jean
Maire d'Aston
05 61 64 77 39
Christian
Maire de Luzenac et président de la Communauté de Communes des Vallées
d'Ax
05 61 64 48 61
Maire de Lassur
05 61 64 96 66
Loubet
Martinez
Rouzoul
Jean
Maire de Vèbre
05 61 64 96 10
Rouja
Narcisse
Maire de Les Cabannes
05 61 64 77 09
Maire de Pech
05 61 03 53 73
Oliveira
adresse mail
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66
Les acteurs "activités cynégétiques"
Nom
Prénom
Berger
Asna
Paul
Fonction
Numéro de
téléphone
Président de l'AICA Luzenac-Unac
???
Secrétaire de l'AICA Luzenac-Unac
05 61 64 47 95
Miquel
Alain
Président de l'ACCA Verdun
05 61 64 74 73
Canal
Thierry
Président de l'AICA des deux vallées
05 61 64 95 73
Vibes
Raymond
Président de l'ACCA d'Albies
05 61 64 97 17
adresse mail
Bergeaut
Louis
Président du syndicat des propriétaires Indivis de Vèbre-Urs-Lassur
05 61 64 98 84
Derramon
Serge
Président du groupement des chasseurs de Foix
???
Rollet
Colette
Technicienne de la fédération départementale des chasseurs de l'Ariège
05 61 65 04 02
[email protected]
Marty
Evelyn
Technicien de la fédération départementale des chasseurs de l'Ariège
05 61 65 04 02
[email protected]
Guichou
Jean
Directeur de la fédération départementale des chasseurs de l'Ariège
05 61 65 04 02
[email protected]
Barbelanne
Étienne-Jean
Président de la fédération départementale des chasseurs de l'Ariège
05 61 65 04 02
[email protected]
adresse mail
Les acteurs "activités halieutiques"
Nom
Prénom
Fonction
Numéro de
téléphone
Del Rio
André
Président de l'AAPPMA Les Cabannes
06 12 89 03 35
Asna
Gilbert
Président de l'AAPPMA Luzenac
05 61 64 43 17
Asna
Raymond
Président de la société de pêche privée du Lavail (Luzenac)
06 31 08 08 01
Yotte
Allan
Chargé de mission à la Fédération de l' Ariège pour la Pêche et la Protection du
Milieu Aquatique
05 34 09 31 09
[email protected]
Garmendia
Laurent
Directeur de Fédération de l' Ariège pour la Pêche et la Protection du Milieu
Aquatique
05 34 09 31 09
[email protected]
Guerola
Jean
Batel
Kumurdjian
Robert
Société de pêche privée la Verdunoise
05 61 64 97 46
président de la société de pêche privée d'Albiès
05 61 64 75 85
Président de la société de pêche privée La riva (Aston)
05 61 64 75 24
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
67
les acteurs "gestion forestière et sylviculture"
Nom
Prénom
Fonction
Numéro de
téléphone
Clément
Denis
Agent technique de l'UT Haute-Ariège et Donezan
05 61 65 25 36
Dolis
Hervé
Responsable de l'UT Haute-Ariège et Donezan
05 61 65 25 36
adresse mail
Les acteurs "tourismes"
Nom
Prénom
Fonction
Numéro de
téléphone
adresse mail
Caballero
Jean-Antoine
Adjoint d'exploitation à la RENVA et responsable smi
05 34 09 35 35
[email protected]
Koess
André
Chargé mission Randonnées au Conseil Général de l'Ariège
05 61 02 09 09
Bertrand
Pierre
Directeur de l'office de tourisme des Vallées d'Ax
05 61 64 60 60
Gérant du restaurant l'Abeille Gourmande
06 83 89 33 15
Guillot
Gomis
Pierre
Co-directeur de la SCM Angaka
05 61 01 75 60
Bosc
Olivier
Président du ski club Beille et responsable de l'ESF
06 74 34 95 60
Soulé
François
Président de Montagne Passion
06 87 12 64 01
Amiel
Stéphane
Accompagnateur de moyenne montagne au bureau des guides
06 74 28 46 26
Grochowsky
Stéphane
Accompagnateur de moyenne montagne au bureau des guides
06 84 05 28 75
Périssé
Pierre
Accompagnateur de moyenne montagne au bureau des guides
05 61 05 94 87
les acteurs "associations naturalistes"
Prénom
Fonction
Numéro de
téléphone
Barascut
Yannick
Association des naturalistes de l'Ariège
05 61 65 80 54
pottier
Gilles
Chargé d'études herpétologie
05 34 31 97 32
[email protected]
adresse mail
Nom
adresse mail
les acteurs "gestion des milieux naturels"
Nom
Prénom
Fonction
Numéro de
téléphone
Pouderoux
Hervé
Chef du service départemental de ONCFS Ariège
05 61 65 63 44
Quenette
Pierre-Yves
Suivi ours des Pyrénées
05 62 00 81 08
[email protected]
Cathary
Guy
Chef du service départemental de l'ONEMA Ariège
05 34 09 38 24
[email protected]
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
68
Table des annexes répétée
Annexe I : Présentation du réseau hydrographique
Annexe II : Tableau récapitulatif des habitats inventoriés sur la zone centrale d’étude
Annexe III : Tableau récapitulatif des superficies des différents habitats présents sur le
site d’étude
Annexe IV : Cartographie des habitats présents sur le sur le périmètre central
Annexe V : Inventaire non exhaustif de la flore présente sur le périmètre central de
l’étude
Annexe VI : Inventaire non exhaustif de la faune présente sur le site central de l’étude
Annexe VII : Fiche entretien
Annexe VIII : Carte des estives présentes sur le site central d’étude
Annexe IX : Cartographie des différents territoires de chasse
Annexe X : Cartographie des pistes balisées liées aux activités touristiques hivernales
Annexe XI : Cartographie des pistes balisées liées aux activités touristiques estivales
Annexe XII : Compléments de l’inventaire socio-économique
Annexe XIII : Cartographie des habitats favorables au grand tétras sur le périmètre
central d’étude
Annexe XIV : Protocole du suivi hivernal du grand tétras
Annexe XV : Cartographie des indices de présence du grand tétras lors de l’hiver 2008
(ONCFS)
Annexe XVI : Cartographie des tourbières inventoriées dans le cadre du programme
Life Tourbière
Annexe XVII : Nature et fonctionnement d’une tourbière
Annexe XVIII : Cartographie des différentes formations végétales présentes sur le
périmètre central d’étude
Annexe XIX : Exemple de l’utilisation de l’outil SIG pour l’aménagement du domaine
skiable en faveur du grand tétras
Du plan de gestion environnementale au plan de développement local : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
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Annexe I : Présentation du réseau hydrographique
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Annexe II : Tableau récapitulatif des habitats inventoriés sur la zone
centrale d’étude
Le tableau ci-dessous récapitule les différents habitats identifiés sur le périmètre
central, ainsi que leurs nomenclatures Corinne Biotope et EUR 25. Le tableau renseigne
également sur l’intérêt communautaire de chaque habitat.
Habitat
Libellé
Code Corinne Biotope
Code EUR
15
Intérêt
communautaire
36.314
6140-1
oui
Complexes d'habitats agro-pastoraux
Pelouses
pelouse à gispet
Pelouse à nard
raide
Pelouses acidiphiles et mésophiles pyrénéennes denses à
gispet
Pelouses acidiphiles montagnardes des Pyrénées
(Formations herbeuses à Nardus, riches en espèces, sur
substrats siliceux des zones montagnardes)
36.31/36.311/36.312/36.313 6230-15*
prioritaire
Landes et fruticées
Landes à genévriers Landes à genévriers
31.882
Landes à
rhododendron
Landes subalpines acidiphiles hautes à rhododendron
ferrugineux
31.42
Landes à fougères
Landes à fougères
31.86
Landes à genêt à
balais
Landes à genêt à balais
Landes à callune
4060-4
oui
Landes acidiphiles montagnardes thermophiles des Pyrénées 31.44
4060-3
oui
Pineraies de pins à
crochet
Pineraies mésophiles sur sol siliceux en ombrée des
Pyrénées
42.413
9430-12
oui
Bois de bouleaux
Bois de bouleaux pyrénéens
41B33
7110*
prioritaire
8220-15
oui
Complexes forestiers
Complexes de milieux humides
Tourbières
Prairie à Jonc rude et pelouse humide à Nard
37.32
Tourbières hautes actives
51.1/51.11
Bas-marais acides
54.4
Complexes d'habitats rupicoles
Falaises
Falaises siliceuses montagnardes des Pyrénées
62.2
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Annexe III : Tableau récapitulatif des superficies des différents
habitats présents sur le site d’étude
Habitats
Surface en hectares
complexes d'habitats agro-pastoraux
pelouses
pelouse à gispet
Pelouse à nard raide
72
271
mosaïques d'habitats
pelouses à gispet*landes à callune
34
landes et fruticées
Landes à genévriers
Landes à rhododendron
Landes à fougères
46
402
3
Landes à genêt à balais
36
Landes à callune
26
mosaïques d'habitats
landes à callune*landes à rhododendron
4
landes à callunes*pelouses à nard raide
21
Complexes forestiers
Pineraies de pins à crochet
Bois de bouleaux
104
84
mosaïques d'habitats
pineraies de pins à crochet*landes à rhododendron
298
complexes de milieux humides
Tourbières
34
complexes d'habitats rupicoles
Falaises
15
formations végétales sans distinction des habitats
pelouses
377
landes
596
forêts
488
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Annexe IV : Cartographie des habitats présents sur le périmètre
central
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Annexe V : Inventaire non exhaustif de la flore présente sur le
périmètre central de l’étude
En absence d’inventaires supplémentaires réalisés au cours du stage, les données
utilisées proviennent des deux inventaires suivants :
— les inventaires ZNIEFF et plus précisément celui de la ZNIEFF type I de première
génération, n° 730011933, Plateau de Beille, Mont R edon, Prat Moll, datant de 1989 ;
— l’inventaire des tourbières de Midi-Pyrénées, programme Life Nature, code 0929
Tourbière du Plateau de Beille et code 0930 Tres-Benous, effectuées en 1995 et mises à
jour en 1998.
Les espèces inventoriées sont récapitulées dans les tableaux suivants. Ce tableau
comprend également le statut juridique de chaque espèce aussi bien d’un point de vue
national ou régional. Les textes législatifs et autres ouvrages utilisés sont récapitulés cidessous :
— l’arrêté du 20 janvier 1982 modifié le 31 août 1995 relatif à la liste des espèces végétales
protégées sur l’ensemble du territoire français ;
— l’arrêté du 30 décembre 2004 relatif à la liste des espèces végétales protégées
en région Midi-Pyrénées complétant la liste nationale ;
— la directive « Habitats, Faune, Flore » 92/43/CEE du conseil du 21 mai 1992 concernant
la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages ;
— le Livre rouge de la flore menacée de France tome I et II (Olivier et al., 1995), qui introduit
deux classements : les espèces prioritaires et les espèces à surveiller ;
— la liste rouge provisoire des espèces rares ou menacées de la flore vasculaire de MidiPyrénées, validée par le CSRPN le 17 décembre 2003.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Nom de l'espèce
Arnica montana L.
Betula alba L.
Calluna vulgaris (L.) Hull
Caltha palustris L.
Carex davalliana Sm.
Carex echinata Murray
Carex nigra (L.) Reichard
Carex pyrenaica Wahlenb.
Carex vesicaria L.
Carex viridula Michaux subsp. viridula
Coeloglossum viride (L.) Hartm.
Dactylorhiza maculata (L.)
Deschampsia flexuosa (L.)
Drosera intermedia Hayne
Observation
inventaire
ZNIEFF
Life
730011933
Tourbière
France
MidiPyrénées
Directive
Habitat
Livre
rouge
national
Liste rouge
provisoire
régionale
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
Drosera rotundifolia L.
■
Eleocharis palustris (L.)
Epilobium palustre L.
Eriophorum vaginatum L.
Gentiana pyrenaica L.
Homogyne alpina (L.)
Juncus acutiflorus Enrh. ex Hoffm
Juncus alpinoarticulatus Chaix
Juncus bulbosus L.
Juncus effusus L.
Juncus squarrosus L.
Juniperus communis L.
Leontodon pyrenaicus Gouan
Lycopodiella inundata (L.) Holub
Statut
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
Annexe
II
Annexe
II
à
surveiller
à
surveiller
■
annexe I
■
■
■
prioritaire
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
■
Nom de l'espèce
Menyanthes trifoliata L.
Molinia caerulea (L.)
Nardus stricta L.
Narthecium ossifragum (L.)
Oxalis acetosella L.
Pallavicinia lyelli
Parnassia palustris L.
Pellia neesiana
Pinus uncinata Ramond ex DC.
Polygonum viviparum L.
Potentilla palustris L. Scop.
Potentilla pyrenaica Ramond ex DC.
Ranunculus aconitifolius L.
Rhododendron ferrugineum L.
Sanguisorba officinalis L.
Saxifraga stellaris L.
Scirpus cespitosus L.
Selinum pyrenaeum L.
Sparganium angustifolium Michaux
Sphagnum sp.
Stellaria alsine Grimm
Succisa pratensis Moench
Trifolium pratense L.
Trifolium repens L.
Vaccinium myrtillus L.
Vaccinium uliginosum L.
Veronica serpyllifolia L.
Viola palustris L.
Observation
inventaire
ZNIEFF
Life
730011933
Tourbière
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
Statut
France
MidiPyrénées
Directive
Habitat
Livre
rouge
national
Liste rouge
provisoire régionale
■
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
■
Annexe VI : Inventaire non exhaustif de la faune présente sur le site
central de l’étude
En l’absence d’inventaires faunistiques réalisés au cours du stage, les données
proviennent de différents rapports, articles scientifiques, observations et inventaires ZNIEFF.
La liste suivante récapitule la bibliographie utilisée :
— le rapport le massif de l’Aston (Gaudron, 1982). L’auteur cite un certain nombre d’espèces
inféodées à la pineraie de pins à crochet et aux milieux ouverts du Plateau de Beille.
L’origine des données n’étant pas citée, nous supposons qu’il s’agit d’observations
personnelles.
— le rapport AMIDEV (1997). Le bureau d’étude AMIDEV avait recensé beaucoup de
données naturalistes. Le travail d’inventaire faunistique présenté dans le rapport ci-présent
est largement inspiré du travail de ce bureau d’étude. Ils ont également recueilli un certain
nombre de constatations provenant de différents observateurs rencontrés, à l’époque, dans
le cadre de leurs travaux.
— le rapport massif de l’Aston (Pardé, 1988)
— les observations de l’association régionale d’ornithologie du Midi et des Pyrénées
(AROMP), qui ont été publiées dans la revue Pistrac (Pistrac numéro 10 à 16 dans AMIDEV,
1997).
— l’inventaire ZNIEFF type I de première génération, n° 730011933, Plateau de Beille, Mont
Redon, Prat Moll, datant de 1989 ;
— Inventaire des tourbières de Midi-Pyrénées, programme Life Nature, code 0929 Tourbière
du Plateau de Beille et code 0930 Tres-Benous, effectué en 1995 et mis à jour en 1998 ;
— Les observations récentes et personnelles.
Les espèces inventoriées sont récapitulées dans les tableaux suivants. Ce tableau
comprend également le statut juridique de chaque espèce aussi bien d’un point de vue
international, européen ou français. Les textes législatifs et les autres ouvrages utilisés sont
récapitulés ci-dessous :
— l’arrêté du17 avril 1981 modifié fixant la liste des oiseaux protégés sur le territoire
français ;
— l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble
du territoire français et les modalités de leur protection ;
— l’arrêté du 22 juillet 1993 modifié par l’arrêté du 16 décembre 2004 fixant la liste des
amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire français.
— la directive « Oiseaux » 79/409/CEE du conseil du 2 avril 1979 concernant la conservation
des oiseaux sauvages. Les oiseaux inscrits à l’annexe I sont des espèces devant faire l’objet
de mesures spéciales de conservation, en particulier en ce qui concerne leurs habitats avec
la création de zones de protection spéciale (ZPS). Les espèces inscrites à l’annexe II sont
des espèces pouvant être chassées et celles inscrites à l’annexe III sont des oiseaux
pouvant être commercialisés.
— la directive « Habitats, Faune, Flore » 92/43/CEE du conseil du 21 mai 1992 concernant
la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages. Les
espèces inscrites à l’annexe II sont des espèces animales et végétales d'intérêt
communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de
conservation (ZSC). Les espèces inscrites à l’annexe IV sont des espèces animales et
végétales d'intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte. Les espèces
inscrites à l’annexe V sont des espèces animales et végétales d'intérêt communautaire dont
le prélèvement dans la nature et l'exploitation sont susceptibles de faire l'objet de mesures
de gestion.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
— la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel
de l'Europe datant de 1979. Les animaux inscrits à l’annexe II appartiennent à des espèces
de la faune strictement protégées. Ceux inscrits à l’annexe III sont des animaux protégés
dont l’exploitation est réglementée.
— la Convention de Bonn, du 23 juin 1979 relative à la conservation des espèces
migratrices. Ainsi une espèce inscrite à l’annexe I est une espèce migratrice menacée, en
danger d’extinction, nécessitant une protection immédiate. Les espèces inscrites à l’annexe
II sont des espèces migratrices se trouvant dans un état de conservation défavorable et
nécessitant l’adoption de mesures de conservation et de gestion appropriées.
Pour les statuts de conservations, trois ouvrages ont été consultés :
— le livre des « Oiseaux menacés et à surveiller en France (Rocamora et al., 1999). Les
espèces sont classés d’abord en fonction de leurs situations en France en trois niveaux (liste
rouge, liste orange et A surveiller) avec une catégorie cas particulier pour des espèces qui
ne sont pas classées dans une des trois catégories précédentes mais qui méritent quand
même une attention particulière. Un deuxième classement prend en compte en plus la
situation européenne (De CMAP1 pour les espèces les plus fragiles à CMAP5).
— le livre rouge des espèces menacées en France (MNHN, 1994) a également été utilisé.
La codification de ce document a été réutilisée dans le tableau suivant. Ainsi, le
symbole « ! » signifie en danger, le symbole « V » signifie vulnérable, le symbole « R »
signifie rare et le symbole « ? » signifie indéterminé.
— le Livre rouge de la flore menacée de France, Tome I : espèces prioritaires (OLIVIER et
al, 1995). Ce document classe les espèces les plus vulnérables dans la catégorie
« prioritaire ». Une liste provisoire des espèces végétales dont l’état de conservation est
défavorable a également été élaborée. Celle-ci les mentionne comme « à surveiller ».
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Nom de l'espèce
JMG JMP
1982 1986
Campagnol des champs
Microtus agrestis
Campagnol des neiges
Microtus nivalis
Cerf élaphe
Cervus elaphus
Chat sauvage
Felis sylvestris
Chevreuil
Capreolus capreolus
Ecureuil roux
Sciurus vulgaris
Hermine
Mustela erminea
Isard
Rupicapra rupicapra
pyrenaica
Lièvre brun
Lepus capensis
Martre
Martes martes
Renard roux
Vulpes vulpes
Sanglier
Sus scrofa
■
■
■
■
Observation
Communications
personnelles
AMIDEV (1997)
ZNIEFF 730011933
Observations
récentes
France
Statut juridique
Directive
Convention
Habitat
de Berne
annexe III
■
annexe III
■
■
■
■
■
■
Livre
rouge
(1994)
■
■
annexe III
annexe III
■
■
annexe IV
annexe III
annexe III
■
annexe II
■
■
■
■
■
annexe III
annexe III
■
■
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
?
Nom de l'espèce
JMG JMP
1982 1986
Euprocte des
Pyrénées
Euproctus asper
Grenouille rousse
Rana temporaria
Triton palmé
Tritinus
helveticus
Lézard vivipare
Lacerta vivipara
Vipère aspic
Vipera aspis
Observation
Communications
personnelles
ZNIEFF
AMIDEV
(1997)
730011933
Statut juridique
Observations France Directive Convention Livre
récentes
Habitat
de Berne rouge
(1994)
■
■
annexe
IV
■
■
■
annexe
V
■
■
■
■
■
■
■
■
■
■
annexe II
annexe III
R
annexe III
S
annexe III
S
annexe III
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
Observation
Nom de l'espèce
JMG
1982
Accenteur mouchet
Prunella modularis
AROMP
1986-1991
■
Aigle royal
Aquila chrysaetos
Clouet
1987
■
■
■
Alouette des champs
Alauda arvensis
Autour des palombes
Accipiter gentilis
ZNIEFF
730011933
■
■
inventaire
Life
tourbière
Statut juridique
Communications
personnelles
AMIDEV 1987
Observations
récentes
Écologie
France
Directive
Oiseaux
Oiseaux
menacés et à
surveiller (1999)
Livre rouge
(1994)
annexe II
liste rouge
CMAP3
R
annexe III
liste orange
CMAP5
annexe II
annexe II
cas particulier
Convention
de Bonn
N2
■
P
■
N1/M
■
■
P
Convention
de Berne
annexe II
■
annexe I
annexe II
annexe II
■
Bécasse des bois
Scolopax rusticola
■
M
annexe II et III
annexe II
annexe III
liste orange
CMAP3
Bécassine des marais
Gallinago gallinago
■
M
annexe II et III
annexe II
annexe III
à surveiller
CMAP5
■
N3/H
■
annexe II
Bec-croisé des sapins
Loxia curvirostra
■
Bouvreuil pivoine
Pyrrhula pyrrhula
Bruant fou
Emberiza cia
■
■
■
■
N3
■
annexe III
■
N2
■
annexe II
à surveiller
CMAP5
■
N2
■
annexe II
à surveiller
CMAP5
annexe II
annexe II
liste orange
CMAP5
annexe II
annexe II
cas particulier
■
Bruant jaune
Emberiza citrinella
Caille des blés
Coturnix coturnix
■
■
■
■
Chevalier cul-blanc
Tringa ochropus
Chocard à bec jaune
Pyrrhocorax graculus
■
■
Circaéte Jean le Blanc
Circaetus gallicus
Corneille noire
Corvus corone corone
■
■
■
N1
annexe II
M
■
P
■
P
■
annexe II
annexe I
annexe II
annexe II
N3
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
liste rouge
CMAP2
Observation
Nom de l'espèce
JMG
1982
AROMP
1986-1991
Coucou gris
Cuculus canorus
Crave à bec rouge
Pyrrhocorax
pyrrhocorax
Epervier d'Europe
Accipiter nisus
ZNIEFF
Clouet
730011933 1987
inventaire
Life
tourbière
Statut juridique
Communications
personnelles AMIDEV
1987
Observations
Écologie
récentes
■
■
■
France
Directive
Oiseaux
Convention
de Bonn
Convention de
Berne
N3
■
P
■
P
■
annexe II
■
annexe II
Geai des chênes
Garrulus glandarius
■
N3
Grimpereau des bois
Certhia familiaris
■
N3
annexe I
Annexe II
■
■
■
N2
annexe III
Grive musicienne
Turdus philomelos
■
■
■
N2
annexe III
Grand tétras
Tetrao urogallus
aquitanicus
■
■
■
■
■
Hibou moyen duc
Asio otus
■
■
■
■
■
Merle de roche
Monticola saxatilis
Nom de l'espèce
N3
Pp
annexe I et II
P
■
annexe I
M
■
annexe I
■
N2
■
annexe II
■
N2
■
annexe III
P
■
annexe II
■
Hibou des marais
Asio flammeus
Merle noir
Turdus merula
■
■
Gypaéte barbu
Gypaetus barbatus
Merle à plastron
Turdus torquatus
P
■
■
■
■
■
annexe II
N2
■
Observation
Livre
rouge
(1994)
à surveiller
CMAP5
?
annexe III
Grive draine
Turdus viscovorus
Grand corbeau
Corvus corax
Oiseaux
menacés et à
surveiller
(1999)
annexe III
cas particulier
annexe III
liste orange
CMAP4
annexe II
liste rouge
CMAP1
!
annexe II
liste rouge
CMAP1
!
annexe III
Statut juridique
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
?
JMG
1982
AROMP
1986-1991
ZNIEFF
730011933
Clouet
1987
Mésange huppée
Parus cristatus
■
Mésange noire
Parus ater
■
Niverolle alpine
Monttifringilla nivalis
Perdrix grise de
montagne
Perdix perdix
hispaniensis
■
■
■
■
■
Pinson du nord
Fringilla montifringilla
Pipit des arbres
Anthus trivialis
Pluvier guignard
Eudromias morinellus
■
■
à surveiller
CMAP5
R
annexe III
liste orange
CMAP3
■
■
N3
■
annexe II
■
■
■
N3
■
annexe II
■
■
■
N3
■
annexe II
P
■
N1
■
■
■
annexe I et II
N3
■
P
■
annexe II
annexe I
annexe II
N2
■
N3
■
N3
■
annexe II
H
■
annexe III
N2
■
annexe II
■
N1
■
annexe II
■
M
■
■
Pipit spioncelle
Anthus spinoletta
annexe II
annexe II
■
■
Livre
rouge
(1994)
■
■
Pigeon ramier
Columba palumbus
Oiseaux
menacés et à
surveiller (1999)
Convention
de Berne
N3
■
■
Convention
de Bonn
■
■
■
Directive
Oiseaux
France
Pie bavarde
Pica pica
Pinson des arbres
Fringilla coelebs
Observations
récentes
■
Pic épeiche
Dendrocops major
Pic noir
Dryocopus martius
Communications
personnelles
AMIDEV 1987
Écologie
Mésange à longue
queue
Aegithalus caudatus
Mésange charbonnière
Parus major
inventaire
Life
tourbière
■
annexe I
annexe II
annexe II
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
liste rouge
CMAP3
!
Observation
Nom de l'espèce
JMG
1982
Roitelet huppé
Regulus regulus
■
Rouge gorge
Erithacus rubecula
Rouge-queue noir
Phoenicurus
ochruros
■
AROMP
1986-1991
ZNIEFF
730011933
Clouet
1987
inventaire
Life
tourbière
■
■
Statut juridique
Communications
personnelles
AMIDEV 1987
Observations
récentes
Directive
Oiseaux
Convention
de Bonn
Convention
de Berne
Écologie
France
N3
■
annexe II
N2
■
annexe II
N2
■
annexe II
Oiseaux
menacés et à
surveiller (1999)
Livre rouge
(1994)
R
Tarin des aulnes
Carduelis spinus
■
■
N3/H
■
annexe II
liste rouge
CMAP5
Traquet motteux
Oenanthe oenanthe
Troglotyte mignon
Troglotytes
troglodytes
■
■
N1
■
annexe II
liste orange
CMAP4
N3
■
annexe II
P
■
N3
■
Vautour fauve
Gyps fulvus
Venturon
montagnard
Serinus citrinella
■
■
■
■
■
annexe I
annexe II
annexe II
liste rouge
CMAP3
annexe II
a surveiller
CMAP5
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées ariégeoises
R
Annexe VII : Fiche entretien
FICHE ENTRETIEN
Présentation et fonctionnement de l’organisme
Date de création
Nombre d’adhérents
Description des activités réalisées
Mission
Activités et rôle sur le Plateau de Beille
Activités pratiquées sur le Plateau de Beille
Lieux de pratique
Problématique environnementale
Impacts environnementaux et précautions particulières vis-à-vis de l’environnement
Sensibilité environnementale et motivation dans les changements de pratiques si
nécessaire
Interactions avec les autres utilisateurs
Activités traditionnelles
Activités touristiques
Réflexions sur l’évolution du Plateau de Beille
Environnementale
Autres (fréquentations, interactions…)
Souhaits
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Annexe VIII : Carte des estives présentes sur le site central d’étude
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Annexe IX : Cartographie des différents territoires de chasse
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Annexe X : Cartographie des pistes balisées liées aux activités
touristiques hivernales
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Annexe XI : Cartographie des pistes balisées liées aux activités
touristiques estivales
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
Annexe XII : Compléments de l’inventaire socio-économique
1. Limites administratives et communes concernées
La zone d’étude concerne un nombre important de communes. Ainsi, le périmètre
central concerne 5 communes et le périmètre périphérique, 8 communes. Le découpage
administratif est donc très dense.
Le tableau suivant récapitule quelques caractéristiques des communes concernées.
Tableau 1. — Présentation des communes concernées par les périmètres d’étude
Commune
Albiès
Aston
Lassur
Luzenac
Pech
Garanou
Canton
Les
Cabannes
Les
Cabannes
Les
Cabannes
Les
Cabannes
Les
Cabannes
Les
Cabannes
Nombre
d'habitants
Superficie
totale (ha)
139
769
237
15380
69
1199
643
2643
28
481
165
301
(1) Les recensements ont été effectués entre 2004 et 2006.
1.1 La Communauté de Communes des Vallées d’Ax
L’ensemble des communes concernées par le site d’étude appartient au territoire de la
Communauté de Communes des Vallées d’Ax, structure intercommunale créée en 2002
avec le regroupement des anciens districts existants sur les cantons d’Ax-les-Thermes et de
Les Cabannes. Elle rassemble 39 communes, soit 5622 habitants en 1999.
Elle assure, sur l’ensemble de son territoire, un certain nombre de compétences en
matière :
— d’aménagement de l’espace ;
— de développement économique ;
— d’environnement ;
— de politique sociale ;
— d’équipements périscolaires scolaires culturels ou sportifs ;
— de développement touristique.
La carte présente sur la page qui suit récapitule les différentes communes concernées
par les territoires d’étude.
Du plan de gestion environnementale au plan de développement territorial : l’exemple original du Plateau de Beille en Pyrénées
ariégeoises
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2. Le foncier
Le foncier est très morcelé sur le périmètre central d’étude. Il existe un seul propriétaire
privé, le syndicat indiv, qui est un regroupement de propriétaires issus des villages de Vébre,
Urs ou Lassur. Les autres propriétés sont des communaux. Un certain nombre d’entre eux
sont même indivisés entre plusieurs communes.
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3. L’Urbanisme et le bâti
3.1 Le bâti lié à la station de ski de fond de beille
Les infrastructures liées à la station de ski de fond sont peu nombreuses. En effet, on
dénombre seulement le bâtiment d’accueil et le garage de stockage des véhicules utilisés
dans l’entretien des pistes. Actuellement, Il n’y a aucune structure d’hébergement d’ampleur
sur Beille.
Le bâtiment d’accueil héberge une location de matériels de ski, un restaurant, une
boutique de souvenirs et les bureaux de la Régie des Espaces Nordiques des Vallées d’Ax,
organisme en charge de la gestion et de l’exploitation du domaine skiable.
Ce bâtiment possède un bac de décantation pour filtrer les matières grasses provenant du
restaurant. Au niveau de l’assainissement, le bâtiment est relié à une fosse septique couplée
à une aire d’épandage. Ce système fait face à 2 contraintes majeures qui perturbent son
fonctionnement :
— les températures extérieures restent très basses en hiver, ce qui ne favorise pas le travail
de dégradation bactérienne ;
— les effluents ne sont jamais constants avec une fréquentation plus importante en hiver
qu’en été et des courtes périodes (week-end, vacances scolaires) qui concentrent un flux
maximal.
Le système d’assainissement n’est donc pas à l’heure actuelle très performant, il nécessite 3
à 4 vidanges par an.
3.2 Les infrastructures liées à la station de ski de fond de Beille
Un grand parking goudronné accueille les touristes au pied du bâtiment principal de la
station. Il a été successivement agrandi au fil du temps et sa superficie est aujourd’hui
supérieure à 1 hectare. Contrairement à la législation en vigueur, ce parking n’est pas équipé
d’un bac de décantation afin de filtrer les huiles et autres hydrocarbures.
La station utilise pour ses besoins en eau 6 captages de source et une prise directe à
partir d’un ruisseau :
— trois captages se situent sur la Jasse de Beille d’en haut, en amont d’une tourbière ;
— deux captage se situe à proximité des du lieu dit « les 4 chemins » ;
— une prise d’eau d’appoint si le besoin est important sur le ruisseau d’Artaran en aval de la
tourbière de la Jasse de Beille d’en haut. Elle n’a encore jamais été utilisée.
L’eau ainsi captée est stockée dans un réservoir, puis elle subit un traitement aux
rayons ultra-violets pour la rendre potable.
Il n’existe pas encore de périmètre de protection de captage comme la Préfecture l’exige.
Un téléski à proximité du bâtiment permet de desservir une piste pour l’initiation au ski
alpin des enfants.
3.3 Les constructions liées à l’activité d’Angaka
Angaka est une Société civile de Moyens qui offre un certain nombre de prestations
touristiques hivernales et estivales. Elle travaille surtout sur la base Angaka, zone qui lui est
réservée à proximité même de la station. Cette base comporte un chalet qui accueille les
employés d’Angaka. Ce chalet bénéficie de l’eau courante et de l’électricité mais pas de
toilettes. Cette construction n’est pas reliée au réseau d’assainissement de la station, les
effluents sont donc directement rejetés dans le sol de la pineraie de pins à crochet
environnante.
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Angaka propose comme activité le bivouac. Elle dispose pour cela de 3 structures légères
implantées sur la base Angaka :
— une cabane de trappeur ;
— une yourte et un tipi entièrement démontables.
Ces trois constructions ne disposent ni de l’électricité, ni de l’eau courante.
Angaka est spécialisée dans les activités de chiens de traîneau. Angaka travaille avec
70 chiens environ, répartis sur deux chenils. Le premier est le chenil principal, il se situe sur
le secteur d’Artaran. Le second est un chenil annexe qui se situe sur la Base Angaka. Il ne
concerne que les chiens blessés ou convalescents et les chiennes en chaleur.
Les chiens ne restent pas à l’année sur le Plateau de Beille
Ainsi 70 chiens y résident pendant la période hivernale (de mi-novembre à mi-avril), et
seulement 20 en période estivale (de juillet à août).
Mais les éléments du chenil tels que les pans de grillage, les niches, restent en place
pendant toute une année.
Jusqu’à l’année dernière, les déjections des animaux étaient descendues dans la
vallée. Depuis cette année, une fosse a été aménagée pour enfouir les déjections. Des
éléments végétaux comme les aiguilles de pin ou des copeaux de bois, ainsi qu’un produit
biologique, y sont ajoutés pour faciliter la dégradation de la matière organique.
3.4 Les cabanes pastorales
On dénombre 8 cabanes sur le Plateau de Beille, mais actuellement, seulement 3 sont
utilisées par les pâtres. La plupart de ces cabanes sont à usage privé. Très peu possèdent
une vocation d’accueil des randonneurs.
L’équipement de ces cabanes est souvent spartiate, sans eau courante ni électricité.
Elles font partie du patrimoine ariégeois, puisqu’elles sont le témoignage de l’activité
pastorale. La mairie de Verdun mène d’ailleurs un important projet de restauration de 3
cabanes sur son territoire avec comme objectif la mise aux normes avec eau et
assainissement.
La carte ci-après récapitule les différentes infrastructures et bâtis qui existent sur le
périmètre central d’étude.
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ariégeoises
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3.5 Les voies de circulation
La création de la station à la fin des années 80 a été accompagnée par la construction
d’une route d’accès goudronnée pour relier celle-ci au village Les Cabannes. Cette route a
également facilité l’accès sur l’ensemble des pistes qui existaient déjà sur le Plateau de
Beille avant la création du stade de neige.
Parallèlement, la création des pistes de ski, et le travail de terrassement effectué les
ont rendu carrossables. Pourtant, cette double vocation est difficilement conciliable s’il
n’existe pas d ‘aménagement spécifique consistant à juxtaposer une bande roulante et une
bande réservée au damage et au ski de fond. Mais pour l’instant, uniquement 400 mètres de
pistes sont équipées ainsi.
3.5.1 Les statuts
Les statuts de ces pistes restent actuellement flous pour la plupart des utilisateurs.
Beaucoup ne sont pas cadastrées. Pour les autres, elles sont, soit considérées comme
chemins ruraux, soit comme chemins privés (chemins pastoraux ou forestiers).
Ce manque de clarté est à l’origine de nombreux conflits d’usages et rend difficile
l’application des textes.
3.5.2 La réglementation
Un arrêté préfectoral pris en 1995 réglemente la circulation. Elle est ainsi interdite du
15 avril au 30 novembre. Seules certaines catégories d’utilisateurs (propriétaires fonciers,
patres, agent de la RENVA…) peuvent pratiquer les pistes à l’aide d’une autorisation
délivrée par les 8 maires des communes environnantes.
Un projet serait actuellement en cours afin de restreindre et de mieux préciser les
personnes qualifiées pour remettre les autorisations de circulation et ainsi rendre
l’application de l’arrêté plus efficace.
3.5.3 La fréquentation
En l’absence de données, il est difficile de quantifier la fréquentation. De plus les avis
des acteurs locaux sont très partagés.
D’après certaines observations, les pics de fréquentation correspondent à la saison de la
chasse et à la saison de cueillette des champignons.
Comme il a été précisé précédemment, l’utilisation des pistes de ski par les véhicules
les détérioreraient, rendant plus difficile l’entretien et le damage des pistes.
D’un point de vue touristique, l’image de véhicules roulant en haute montagne sur des
sentiers empruntés par les randonneurs est jugée très négative par les acteurs du tourisme.
La carte ci-dessous récapitule les différentes voies de circulation présentes sur le Plateau de
Beille ainsi qu’une indication de fréquentation observée par Monsieur Jugie, directeur de la
RENVA.
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4. Outils de connaissance et conservation l’environnement
Le Plateau de Beille est concerné par un nombre important de zonage de protection :
— L’APPB FR3800298 « Pinèdes à crochet du Plateau de Beille » ;
— La ZICO 00165 « Massif du Tarasconais et Massif de l’Aston » ;
— La ZNIEFF TYPE I 730011933 « Plateau de Beille, Mont Redon et Prat-Moll » ;
— La ZNIEFF TYPE I 730011932 “Bois d’Albiès et du Debes” ;
— La ZNIEFF TYPE I 730011934 “Bois de Castillou et des Coumels » ;
— La ZNIEFF TYPE I 730011926 “Bois du Sarat des Auzels et Gudanes » ;
— La ZNIEFF TYPE I 730011931 « Bois de la Fajouse et Vallon de Poussièrgues » ;
— La ZNIEFF TYPE II 730011924 « Massif de l’Aston » ;
— Un périmètre Natura 2000 SIC FR7300827 Vallée de l’Aston.
L’abondance des différents zonages, et notamment des zones naturelles d'intérêt
écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) témoigne de la richesse écologique du Plateau
de Beille et de l'opportunité de les protéger.
Malgré cet intérêt écologique fort, seul l’arrêté préfectoral de protection biotope
instaure des mesures restrictives d’utilisation ou d’occupation du milieu afin de favoriser la
conservation du biotope pour lequel il a été créé. En effet, Les ZNIEFF sont des outils de
connaissance et non des instruments de protection réglementaire.
Les deux cartes qui suivent récapitulent les zonages présents sur le périmètre central
du Plateau de Beille.
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Annexe XIII : Cartographie des habitats favorables au grand
tétras sur le périmètre central d’étude
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Annexe XIV : Protocole du suivi hivernal du grand tétras
La méthode développée au début des années 90 pour estimer l’impact de la création
de la station de ski de fond, est basée sur la détermination de carreaux de 250 mètres de
côté, posés sur l’ensemble des zones boisées propices au grand tétras (pineraie de pins à
crochet). Cette grille a également été appliquée sur le Plateau du Bourbourou et Campalou,
plateau qui se situe à 5-6 kilomètres du Plateau de Beille. Cette zone, vierge de toute
infrastructure touristique et de voies d’accès motorisé, constitue une zone témoin
intéressante puisque les conditions écologiques (altitude, orientation, peuplements de pins à
crochet) sont quasi identiques.
Chaque carreau de 250 mètres de côté est parcouru 8 fois (8 passages distants de 25
mètres), selon les courbes de niveau, au moins 3 jours après la dernière chute de neige.
Lors de l’opération 2008, 80 carreaux ont ainsi été inventoriés en 2008.
Chaque observateur note :
— les grands tétras levés et leur sexe si possible ;
— leurs indices de présence (crottes, crottiers diffus ou denses, empreintes) ;
— les indices de prédateurs croisant le trajet de l’observateur (crottes, empreintes) ;
— les indices d’activité humaine (pistes de ski et de raquettes, traces hors piste).
Ces observations permettent de d’obtenir des densités d’oiseaux et d’indices
d’oiseaux, des densité de prédateurs, des densités de pistes et de traces hors piste.
Figure 1. — Grille protocolaire appliquée au Plateau de Beille (ONCFS)
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Annexe XV : Cartographie des indices de présence du grand tétras
lors de l’hiver 2008 (ONCFS)
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Annexe XVI : Cartographie des tourbières inventoriées dans le
cadre du programme Life Tourbière
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Annexe XVII : Nature et fonctionnement d’une tourbière
Définition d’une tourbière
Les tourbières sont un type bien particulier de zones humides. En effet, elles se
caractérisent par la présence d’une végétation typique formant de la tourbe, c'est-à-dire des
résidus végétaux décomposés. Le facteur écologique prépondérant permettant la création de
tourbe par les végétaux est l’eau. Deux autres facteurs peuvent intervenir, comme la
température ou encore l’acidité du sol. Ces paramètres expliquent l’affinité des milieux
tourbeux pour les climats montagneux.
Ces facteurs sont responsables d’un blocage de la décomposition de la matière
organique, les processus biochimiques ne pouvant se réaliser dans ces milieux anaérobies
et fortement contraints. La tourbe s’accumule alors.
Les différents types de tourbières
Comme nous l’avons observé précédemment, la présence de l’eau est le facteur
indispensable à la formation des tourbières. Les différents types d’alimentation hydrique
possibles (par la nappe d’eau du sol, ou par l’eau de pluie par exemple) ont entraîné une
classification de celles-ci.
Si l’eau d’alimentation est en contact avec le sol minéral, on parle d’une alimentation
géostrophique. On distingue alors le fonctionnement topogène (nappe d’eau stagnante
affleurante dans une cuvette) d’un fonctionnement soligène (la nappe d’eau affleurante est
alors mobile). Les tourbières basses actives sont de ces types là.
Si l’eau d’alimentation est d’origine météorique, on parle d’alimentation ombrotrophique. Les
eaux sont alors particulièrement acides et oligotrophes, et l’écosystème en place s’affranchit
au maximum des conditions de son environnement immédiat. La végétation, est alors très
productive en tourbe notamment grâce à l’abondance des sphaignes
Les formations tourbeuses hautes actives sont de ce type là.
Enfin il existe une dynamique d’évolution entre tourbières basses actives et tourbières
hautes actives. En effet, une tourbière basse acide peut se transformer en tourbière haute
active via un processus d’ombrotrophisation, quand les conditions permettent le
développement de butes à sphaigne.
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Annexe XVIII : Cartographie des différentes formations végétales
présentes sur le périmètre central d’étude
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Annexe XIX : Exemple de l’utilisation de l’outil SIG pour
l’aménagement du domaine skiable en faveur du grand tétras
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