Faire face à une absence irrégulière prolongée
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Faire face à une absence irrégulière prolongée
Sanctionner la faute d’un salarié Fiche n° 01/1-220 Faire face à une absence irrégulière prolongée Un salarié est absent de son poste de travail depuis plusieurs jours et vous n’avez aucune nouvelle de sa part. Vous ou certains de ses collègues avez même tenté de le contacter, mais sans succès. Cette absence désorganise très fortement votre activité dans la mesure où le salarié vous laisse dans l’ignorance de ses intentions. Il se peut même qu’il ne reprenne jamais le travail. Cette situation ne peut pas durer et doit être clarifiée. Vous devez agir. Mais que faire ? Quels sont les bons réflexes et les erreurs à éviter ? • Etape 1 – Faire une bonne analyse de la situation Il est indispensable de valider le caractère irrégulier de l’absence du salarié. Pour cela : - vérifiez que vous n’avez reçu aucun arrêt de travail ou que des congés payés n’ont pas été accordés au salarié ; - assurez-vous qu’aucune demande de congés ou d’autorisation d’absence ne vous soit parvenue ou n’ait déjà été accordée par son supérieur hiérarchique direct ; - contrôlez que vous n’avez pas oublié de répondre à une demande de congés de sa part. Dans certains cas, l’employeur ne peut s’opposer à la prise d’un congé (congé parental d’éducation, congé maternité, congé de paternité, etc.) ou l’absence de réponse équivaut à une acceptation (congé pour création d’entreprise, congé individuel de formation, etc.). Ceci pourrait expliquer l’absence et la justifier, prenez donc le temps de vérifier ce point. Vous pouvez également questionner les responsables du salarié absent ou ses collègues. Ils peuvent avoir des informations sur l’origine de l’absence : problèmes personnels, altercation avec un collègue, difficultés du salarié à assumer ses fonctions, problème relationnel avec un responsable, etc. Toutefois, ces données sont à prendre avec précaution et devront être vérifiées avec l’intéressé si, bien sûr, vous en avez l’occasion. • Etape 2 – Adresser une lettre de mise en demeure Si les éléments en votre possession confirment l’irrégularité de l’absence du salarié, adressez-lui une lettre de mise en demeure. Dans cette lettre, vous sommerez le salarié de reprendre son poste ou de vous faire parvenir immédiatement les éléments justifiant de la régularité de son absence (arrêt de travail par exemple). Nous vous conseillons d’attendre au minimum 3 jours à compter du début de l’absence avant d’envoyer la mise en demeure. En effet, le salarié dispose généralement de 48 heures pour justifier d’un arrêt de travail. A l’inverse, n’attendez pas plus d’une semaine. En effet, si vous ne réagissez pas rapidement, vous pourrez laisser croire que vous avez toléré cette situation. Il vous sera alors difficile de sanctionner le salarié par la suite. GÉRER LES DÉPARTS DES SALARIÉS - OCTOBRE 2007 - 01/1-220 - PAGE 1 Vous adresserez la lettre de mise en demeure en recommandé avec accusé de réception afin, en cas de besoin, d’avoir la preuve de votre démarche. Attention, la mise en demeure n’étant pas une sanction, n’employez pas le terme « avertissement », au risque de vous interdire toute suite disciplinaire dans la mesure où les faits pourraient être considérés comme déjà sanctionnés. Si le salarié justifie de la régularité de son absence à la suite de votre mise en demeure, vous ne pourrez plus le sanctionner. En revanche, vous pourrez toujours lui reprocher de ne pas vous avoir prévenu immédiatement de son absence et/ou de ne pas l’avoir justifiée dans les plus brefs délais. Ces manquements peuvent donner lieu à une sanction telle qu’un avertissement ou une mise à pied. Les conventions collectives fixent souvent le délai dans lequel un salarié doit transmettre un arrêt de travail à son employeur (en général 48 heures). Les règles peuvent également résulter d’une disposition du règlement intérieur ou d’une clause du contrat de travail. Si tel est le cas, vous ne manquerez pas de le rappeler dans la lettre de sanction. Si le salarié réintègre la société et confirme le caractère irrégulier de son absence ou s’il ne réagit pas à votre mise en demeure après une semaine, il vous appartient d’engager une procédure disciplinaire, voire de licenciement. • Etape 3 – Sanctionner l’absence irrégulière prolongée Une absence irrégulière prolongée constitue une violation grave du contrat de travail, même si le salarié reprend finalement son poste. En effet, travailler est la première des obligations d’un salarié envers son employeur. Si un employeur n’est jamais contraint de sanctionner un comportement fautif, laisser une absence irrégulière prolongée impunie pourrait minimiser la gravité de la faute aux yeux des salariés ou, pire encore, être interprété comme une tolérance de la direction. Dans tous les cas, une sanction proportionnée à la gravité de la faute commise constituera la réponse la plus appropriée. Prononcer une sanction autre qu’un licenciement Vous pouvez choisir de prononcer un simple avertissement ou une mise à pied disciplinaire, notamment lorsque le salarié aura finalement réintégré l’entreprise et que certaines circonstances sont de © EDITIONS TISSOT 01/1-220 Fiche n° 01/1-220 01/1-220 nature à atténuer la gravité de sa faute : âge, ancienneté, absence d’antécédents disciplinaires, etc. Dans ce cas, respectez la procédure disciplinaire : convocation à un entretien préalable, délai minimum de 3 jours ouvrés entre la remise de la convocation et le jour de l’entretien préalable, délai de réflexion d’1 jour ouvrable puis notification de la sanction. Dans le cas d’un simple avertissement, l’entretien préalable n’est pas obligatoire avant de notifier la sanction. Prononcer un licenciement Vous pouvez aussi envisager de licencier le salarié et même invoquer la faute grave. Ce sera souvent le cas lorsque l’absence se prolonge et que, malgré votre mise en demeure, le salarié ne se manifeste pas. Pour prendre votre décision, et si vous entendez prononcer un licenciement pour faute grave, vous devrez impérativement tenir compte du dossier disciplinaire du salarié (s’il en a un), de son âge et de son ancienneté. En effet, pour le juge, l’absence de sanctions antérieures, un âge avancé (50 ans et plus) ou une ancienneté importante (à partir de 10 ans) sont de nature à atténuer la gravité de la faute commise. Enfin, vous suivrez la procédure requise par les textes. En cas de licenciement pour faute, vous enverrez la lettre de licenciement en recommandé avec accusé de réception dès l’expiration du délai minimum de réflexion de 2 jours ouvrables après la date de l’entretien et pas plus d’un mois après. Faire face à une absence irrégulière prolongée Ils n’ont aucun rôle particulier à jouer en cas d’absence irrégulière prolongée. Ne sollicitez pas leur avis sur les suites à donner. Toutefois, le salarié peut choisir d’être assisté par un représentant du personnel au cours de l’entretien préalable à la sanction ou au licenciement. Toute sanction ou tout licenciement motivé par une absence du salarié couverte par un arrêt de travail est discriminatoire. La mesure est donc susceptible d’annulation par le juge. En cas de licenciement, le salarié peut obtenir sa réintégration dans l’entreprise ou des dommages et intérêts pouvant être importants (au moins 6 mois de salaire). Assurez-vous donc toujours que vous ne disposez pas d’un arrêt de travail (initial ou de prolongation) pour la période considérée. Notre conseil Vous pouvez obtenir la confirmation que le salarié absent ne bénéficie pas d’un arrêt de travail en contactant les services de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du domicile du salarié. Ils vous fourniront généralement volontiers cette information, qui confortera votre analyse de la situation. Cette vérification vous permettra en outre de pallier une éventuelle omission du salarié ou un dysfonctionnement des services postaux. j ? ATTENTION Si vous avez embauché votre salarié en contrat de travail à durée déterminée, seule une faute grave vous permettra de rompre le contrat avant son terme. E z • Ne considérez jamais le salarié irrégulièrement absent comme démissionnaire Une absence irrégulière prolongée, quelle que soit sa durée, ne constitue jamais une démission du salarié. Si vous voulez mettre fin au contrat de travail, vous n’avez pas d’autre choix que d’engager une procédure de licenciement. • Ne motivez pas votre sanction par un abandon de poste Dans une telle situation, c’est surtout une absence irrégulière prolongée que vous sanctionnez, motif que vous devez impérativement invoquer à l’appui de la sanction ou du licenciement. En effet, l’abandon de poste se définit comme le fait, pour un salarié, de quitter son poste pendant son horaire de travail sans l’autorisation de la direction. Par conséquent, en ne retenant qu’un abandon de poste, vous vous privez de l’élément fautif essentiel et fragilisez ainsi votre sanction, surtout s’il s’agit d’un licenciement pour faute grave. © EDITIONS TISSOT • Puis-je licencier pour faute grave un salarié âgé de 55 ans avec une ancienneté importante dont l’absence a duré 10 jours ? Comme toujours en matière disciplinaire, la situation doit être appréciée en fonction des éléments du dossier. Toutefois, retenir la faute grave dans un tel cas présente un risque évident en raison de l’âge et de l’ancienneté du salarié, qui sont de nature à atténuer la gravité de l’absence. Le licenciement pourrait même être considéré comme injustifié par les juges si le salarié avait eu un comportement irréprochable jusqu’à présent. Dans ce cas, orientez-vous plutôt vers une mise à pied disciplinaire ou un avertissement. • L’absence du salarié lors de l’entretien préalable interdit-elle la poursuite de la procédure disciplinaire ? Non. Le salarié peut décider de ne pas se présenter à l’entretien préalable, le défaut d’entretien n’entravant pas la poursuite de la procédure. Au terme du délai de réflexion, qui court à compter de la date fixée pour l’entretien, vous pouvez prononcer la sanction. GÉRER LES DÉPARTS DES SALARIÉS - OCTOBRE 2007 - 01/1-220 - PAGE 2 Faire face à une absence irrégulière prolongée Fiche n° 01/1-220 01/1-220 02/1-040 – Convocation à un entretien préalable à la notification d’une sanction 02/2-130 – Convocation à un entretien préalable au licenciement pour faute sans mise à pied conservatoire 02/2-150 – Notification de licenciement pour faute grave GÉRER LES DÉPARTS DES SALARIÉS - OCTOBRE 2007 - 01/1-220 - PAGE 3 01/2-110 – Faute grave : licencier un salarié sans préavis 01/2-170 – La lettre de licenciement pour motif personnel 01/1-210 – Faire face à une absence injustifiée de courte durée © EDITIONS TISSOT