Une étude dans un district rural d
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Une étude dans un district rural d
Int J Tuberc Lung Dis 6(12): 1075-1082 © 2002 IUATLD Les croyances des patients: influencent-elles la lutte antituberculeuse? Une étude dans un district rural d'Afrique du Sud M. E. Edginton,* C. S. Sekatane,† S. J. Goldstein‡ *School of Public Health, University of the Witwatersrand, Medical School, Parktown, Johannesburg; † Bushbuckridge Regional Office, Provincial Department of Health, LimpopoZAMBART; ‡ Soul City, Institute for Health and Development Communication and School of Public Health, University of the Witwatersrand, Johannesburg, South Africa _______________________________________________________________________________________RESUME CADRE : Un district rural d'Afrique du Sud. OBJECTIFS : Décrire les croyances et les expériences concernant la tuberculose chez les patients et les membres de la collectivité et suggérer comment celles-ci pourraient influencer le recours aux services de santé et l'adhésion au traitement. SCHEMA : Etude descriptive utilisant des interviews structurées de patients individualisés et des interviews focalisées sur des groupes, soit des groupes de patients, soit des groupes de la collectivité. RESULTATS : Dans cette collectivité, on croit fermement que la tuberculose est le résultat du non-respect des règles culturelles qui exigent l'abstention de rapports sexuels après la mort d'un membre de la famille et après qu'une femme ait eu un avortement spontané ou une fausse couche. Les gens croient que la maladie qui en résulte ne peut être traitée que par les guérisseurs traditionnels. Ceci retarde le recours aux hôpitaux ou aux dispensaires. Il existe un type « occidental » de tuberculose qui peut se disperser à partir des malades ou qui est dû à une pollution de l'environnement, au tabagisme ou aux abus d'alcool. Un certain nombre de facteurs influençant l'adhésion au traitement ont été cités ; ils incluent la stigmatisation de la tuberculose, l'idée qu'il faudrait s'abstenir de rapports sexuels pendant le traitement, les difficultés d'accès et les longues attentes dans les services de santé, ainsi que des attitudes inacceptables du personnel de santé. CONCLUSIONS : Vu les taux croissants de tuberculose en Afrique du Sud, des mesures sérieuses sont nécessaires pour mettre en œuvre un bon programme de lutte susceptible d'augmenter le taux de guérison chez les patients tuberculeux. Les résultats de cette étude suggèrent que les travailleurs de santé doivent s'informer au sujet des croyances locales qui peuvent influencer le recours et l'adhésion et collaborer avec les travailleurs de santé traditionnels. MOTS CLE : tuberculose ; présentation ; adhérence ; croyances ; Afrique du Sud ; guérisseurs traditionnels LES SERVICES DE SANTÉ d'Afrique du Sud ont subi des modifications à la fois excitantes et exigeantes depuis la venue au pouvoir du nouveau gouvernement en 1994. Les services de tuberculose sont intégrés au sein des unités de soins primaires et manifestent d'importants progrès dans beaucoup de districts avec des améliorations des taux de succès thérapeutiques. Toutefois, l'épidémie se poursuit. En 2000, 120.000 cas de tuberculose pulmonaire ont été déclarés dans le pays ; ce nombre a doublé depuis 1995. Les taux d'incidence déclarés dans les neuf provinces s'étalent de 230 à 800 par 100.000 habitants.1 Le taux global de guérison des nouveaux cas à bacilloscopie positive est toujours de 60% en 1999. Le Programme National de Lutte Contre la Tuberculose, basé sur les recommandations de l'Union Internationale Contre la Tuberculose et les Maladies Respiratoires (UICTMR) et de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été mis en œuvre en Afrique du Sud depuis 1996 et se focalise sur un «ensemble» suggéré par l'OMS, comportant l'implication gouvernementale, la détection des cas par dépistage passif, un traitement standardisé directement observé et de courte durée, la fourniture régulière des médicaments essentiels et un système standardisé d'enregistrement et de déclaration.2 Tant que ne sont pas développés et mis à dispo- Auteur pour correspondance : M. E. Edginton, School of Public Health, University of the Witwatersrand, Medical School, 7 York Road, Parktown, 2193, Johannesburg, South Africa. Tel: (+27) 11 717 2566. Fax: (+27) 11 717 2084. email: [email protected] [Traduction de l'article "Patients’beliefs : do they affect tuberculosis control ? A study in a rural district of South Africa." Int J Tuberc Lung Dis 2002; 6(12): 1075-1082] 2 The International Journal of Tuberculosis and Lung Disease sition de ceux courant le risque le plus élevé, c'est à dire les pauvres et désavantagés du monde en développement, des stratégies techniques ou un diagnostic rapide et efficace, des médicaments agissant mieux et plus rapidement, un vaccin efficace, la maîtrise de la tuberculose dépend du fait que les patients arrivent à achever avec succès une cure de 6 à 8 mois de polychimiothérapie. Ceci ne peut être obtenu que si les services sont disponibles, accessibles et socialement acceptables par les collectivités. La responsabilité des pourvoyeurs de service pour des soins centrés sur le patient a été bien mise en évidence par Chaulet3 et par Rouillon.4 L'adhésion du patient au traitement est un phénomène complexe qui repose sur un certain nombre de facteurs qui incluent leur contexte social et culturel.5,6 Beaucoup trop souvent, les travailleurs de la santé ne sont pas conscients des croyances et des attitudes concernant la tuberculose qui règnent dans la collectivité qu'ils desservent, pas plus que du comportement concernant la maladie sur lequel comptent les coutumes locales. Ngubane a insisté sur la nécessité de prendre en compte les croyances traditionnelles des populations lors de la prise en charge de leurs problèmes de santé par des travailleurs de santé occidentaux.7 Cet article fait état d'une étude de patients TB et de membres de la collectivité dans le district rural de Tintswalo de la Province du Nord d'Afrique du Sud. Ce district et les deux voisins abritent une population d'environ un demi-million d'habitants des tribus Tsonga et Northern Sotho dispersées antérieurement dans différentes «homelands».* Le district est situé à l'extrémité est du pays, près de la frontière du Mozambique où la terre est pauvre et le climat extrêmement chaud en été. Les problèmes de santé abondent, les maladies tropicales et celles de la pauvreté étant les plus communes. Au moment de l'étude, le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) n'avait pas encore atteint les niveaux très élevés d'épidémie qui existent actuellement dans la province. Le but de notre étude a été de décrire les croyances, attitudes et expériences des patients tuberculeux et des membres de la collectivité en ce qui concerne la tuberculose pour essayer de comprendre dans quelle mesure celles-ci pourraient avoir un impact sur le recours aux services de santé et sur l'adhésion au traitement. Ce travail fait partie d'une étude d'intervention publiée ailleurs et qui examinait les effets de la décentralisation des services de tuberculose vers les centres de santé de * Terme utilisé par le gouvernement d'apartheid pour les zones où les gens sont assignés à résidence. district et qui comparait ses procédés et ses résultats avec ceux des services de district centrés sur l'hôpital.8 POPULATION DE L'ETUDE ET METHODES L'étude a été menée entre juillet 1994 et janvier 1996 dans le district de Tintswalo de la Province du Nord d'Afrique du Sud (actuellement rebaptisée province Limpopo). Les habitudes de prise en charge dans le district étaient d'admettre les patients diagnostiqués comme TB à l'hôpital de district pour traitement jusqu'à ce qu'une amélioration clinique soit observée et ensuite de les laisser rentrer à domicile pour le traitement de continuation. Interviews individuelles des patients Dans cette étude, tous les patients TB enregistrés ont subi trois interviews structurées quantitatives, individuelles utilisant des questions pré-testées, ouvertes ou fermées. Les enquêteurs étaient deux membres de la communauté locale qui ont été formés à l'utilisation de séries structurées de questions. Les questions ont été traduites de l'anglais en Tsonga et Sotho, puis retraduites en anglais. La première interview pour chaque patient a été menée en salle à l'hôpital juste avant la sortie, la deuxième au domicile du patient après 2 mois de traitement et la dernière à la fin de la cure de traitement. Lors de la première interview, les questions portaient sur les croyances et les habitudes au sujet de la TB et au sujet des sites de consultation pour la maladie ainsi que sur les variables démographiques et socio-économiques. Les interviews ultérieures se sont centrées sur l'accès aux tuteurs du traitement et sur les opinions à leur égard ainsi que sur les consultations à l'hôpital. Les données ont été codées et computérisées grâce au logiciel Epi-info version 6.0 (Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA). Interviews des groupes d'information Les interviews qualitatives des groupes d'information ont été menées dans 14 groupes différents formés de patients TB et de membres de la collectivité ; les groupes ont été sélectionnés pour fournir une représentation d'une tranche de la collectivité. Six groupes consistaient en patients TB hospitalisés (cinq groupes d'hommes seuls et un groupe de femmes seules) ; trois groupes étaient constitués de guérisseurs traditionnels locaux (tous comportant des sujets des deux sexes), deux de membres de la collectivité (des deux sexes), et un de chaque groupe suivant : leaders de la collectivité (indunas du village ou chefs de sexe masculin), élèves infirmières à l'hôpital et cantonniers (de sexe mascu- Les croyances des patients influencent-elles la lutte anttuberculeuse ? Tableau 1 Caractéristiques démographiques et socio-économiques des patients TB Variable Sexe Masculin Féminin Age < 15 ans 15-59 ≥ 60 Enseignement Conventionnel < 4 ans Quelque enseignement primaire Quelques enseignement secondaire Emploi (seulement adultes) Jamais eu d’emploi officiel Employé Type de TB Pulmonaire Extrapulmonaire Primaire Catégorie de TB Nouveau cas Retraitement Cas de TB dans la famille Oui Non Taille moyenne du ménage 3 Tableau 2 Sites visités en premier lieu par les patients au cours de leur maladie actuelle Patients n* (%) 217 86 (72) (28) 35 232 36 (12) (76) (12) 133 83 87 (44) (27) (29) 92 211 (30) (70) 248 33 22 (82) (11) (7) 269 34 (89) (11) 91 212 5 (30) (70) lin). Les groupes ont été constitués en identifiant différents types de personnes, en les informant de l'objectif et de la nature des discussions et en les invitant à participer à des lieux et à des moments déterminés. Les discussions pour les patients hospitalisés avaient lieu en dehors de la salle. Pour les autres groupes, les locaux étaient un endroit de rencontre de la collectivité, habituellement sous un arbre. Chaque interview de groupe a été facilitée par un des trois chercheurs basés localement qui parlaient tous couramment les langages locaux. Les facilitateurs ont introduit des sujets de discussion qui avaient été sélectionnés à l'avance en tenant compte d'observations fréquentes, discordantes ou intéressantes relevées au cours d'interviews individuelles. Un deuxième chercheur de chaque groupe a enregistré les discussions sur cassettes-audio et par écrit. Les chercheurs ont été entraînés aux principes d'interview des groupes d'information et à leurs techniques. Un rapport final de chaque discussion de groupe a été synthétisé et analysé par l'ensemble du groupe de recherche, extrayant les thèmes et collationnant le matériel provenant des rapports sur chacun des thèmes. Un accord éthique sur le projet a été obtenu auprès du Comité de Recherche sur les Sujets Humains de l'Université de Witwatersrand. RESULTATS Caractéristiques des répondeurs Interviews individuelles Au cours de la période de 8 mois, 327 patients ont Sites visités en premier lieu Hôpital de district Autre hôpital Centre de santé de district Médecin privé Guérisseur traditionnel ou de prière Total n 106 30 64 25 77 302* (%) (35) (10) (21) (8) (26) (100) *302 des 303 patients interviewés ont répondu à cette question été enregistrés comme tuberculeux, dont 93% (n = 303) ont eu la première interview. La deuxième, environ 2 mois après le début du traitement, a pu être menée chez 286 personnes et la troisième, à la fin du traitement, chez 189. Les raisons pour la diminution des nombres sont que certains patients étaient décédés ou n'avaient pas pu être retrouvés et que la troisième interview n'a commencé qu'après que certains patients aient déjà achevé leur traitement. Les caractéristiques démographiques et socio-économiques des patients sont résumées au Tableau 1. Un épisode antérieur de tuberculose a été observé chez 15% des patients, alors que 30% d'entre eux disaient qu'un autre un membre de la famille était atteint de tuberculose. Interviews de groupe Le nombre médian de participants par groupe a été de 10, avec des extrêmes de quatre à 15. Bien que l'objectif avait été de ne pas dépasser huit à 10 personnes par groupe, en pratique ceci s'est avéré impossible lorsque les gens arrivaient et souhaitaient participer. Dans 5 des 14 groupes, il y a eu de 10 à 15 personnes. Au total, environ 160 personnes ont été impliquées dans les 14 discussions de groupe. Croyances, attitudes et expériences avec implications pour la consultation et le diagnostic Interviews individuelles LIEUX FREQUENTES EN PREMIER PAR LES PATIENTS TB : Les sites que les patients disaient avoir fréTableau 3 Croyances des patients concernant la cause de la TB (n = 303) Cause Inconnue Dissémination à partir d’autres ou traitement antérieur inadéquat Exposition envrionnementale ou professionnelle à la poussière et aux fumées Le fait de fumer la cigarette et de consommer de l’alcool en excès Culturelle Total * pourcentages arrondis Patients n 91 (%) (30) 90 (30) 71 (24) 34 21 303 (11) (6) (101)* 4 The International Journal of Tuberculosis and Lung Disease quentés en premier apparaissent au Tableau 2. Dans 45% des cas, il s'agissait d'un hôpital (du district ou ailleurs) et dans un quart des cas, un guérisseur traditionnel ou un guérisseur par la prière. Lorsqu'on leur demandait spécifiquement s'ils avaient jamais consulté un praticien traditionnel, 39% (117) disaient l'avoir fait. Il était plus habituel de consulter d'abord un guérisseur traditionnel chez des adultes (15 ans ou plus) que dans les autres groupes d'âge (P = 0,004), ainsi que pour ceux qui vivaient à plus de 10 km de l'hôpital par comparaison avec ceux qui vivaient plus près (P = 0,00002). Les femmes étaient plus susceptibles de se rendre d'abord à la clinique (P = 0,03), et les enfants étaient plus susceptibles d'être amenés à l'hôpital de district (P = 0,0006). Chez les patients en retraitement, il n'y avait de préférence pour aucun type de lieu de première consultation. CROYANCES CONCERNANT LA CAUSE DE LA TB : Les réponses à une question ouverte sur leurs croyance au sujet de la cause de leur tuberculose sont regroupées en catégories dans le Tableau 3. Environ un tiers d'entre eux disait qu'ils ne la connaissaient pas, un tiers ont dit qu'elle était due à la dissémination ou à un traitement inadéquat et un troisième tiers attribuait la tuberculose à une habitude personnelle (comme fumer ou boire) ou à une pollution de l'environnement. Une petite proportion seulement (6%) affichait la croyance à une cause « culturelle ». En réponse à des questions fermées, qui faisaient la liste d'un certain nombre de causes possibles, la plupart étaient d'accord que la tuberculose était due à la dissémination provenant de patients atteints de la maladie (95%), au travail minier (95%), à la malnutrition (89%), à l'infection de la nourriture (86%), au fait de fumer la cigarette (78%), ou à l'utilisation d'alcool (74%). La rupture des règles traditionnelles est considérée comme cause par 63% et la « transmission sexuelle » par 71%. Il est devenu clair au cours des discussions avec les patients et dans les interviews ultérieures des groupes d'information que la rupture des règles traditionnelles et la transmission sexuelle étaient des croyances « culturelles » au sujet de la cause de la tuberculose. On a noté une association entre la croyance affichée dans la rupture des règles traditionnelles et l'affirmation de visites chez un guérisseur traditionnel en cas de première maladie (P = 0,00001). Interviews des groupes d'information QU'EST-CE QUE LA TB ET QUELLE EN EST LA CAUSE ? Les répondeurs ont décrit deux types de TB. La première est connue comme tindzaka (ou mafulari ou makhuma), impossible à distinguer dans ses caractéristiques de début d'avec la « tuberculose occidentale ». Comme caractéristiques com- plémentaires, on a avancé un gonflement général de l'organisme, une accentuation de la faiblesse, des douleurs abdominales et de la « timidité ». La cause bien connue des participants était la rupture de la règle traditionnelle qui précise que les membres d'une famille dans laquelle un décès est survenu doivent s'abstenir de toute activité sexuelle au cours de la période de deuil prescrite par les aînés. Ceux qui consomment de la nourriture préparée par une femme qui n'a pas respecté cette règle développeront également la tindzaka. Cette maladie est entourée d'un important silence et de stigmatisation. « Ces gens lorsqu'on les interroge ne vous diront jamais ce qui est arrivé. C'est la raison pour laquelle il y a un tas de décès dus à ce fait ». Les affections ayant des caractères initiaux similaires portent des noms différents selon les croyances concernant leur cause. Rixixa est le nom de la maladie qui survient chez les hommes qui ont eu des rapports sexuels avec une femme chez qui un avortement spontané était survenu récemment (fausse couche). De telles personnes deviennent incapables d'uriner et peuvent mourir en quelques jours. Si les femmes transgressent la loi qui précise qu'elles ne devraient pas avoir de rapports sexuels pendant 6 à 12 mois après avoir donné naissance à un enfant, leurs enfants peuvent développer une maladie qu'on appelle mlondzwana qui est également considérée comme une sorte de tuberculose. On a dit que beaucoup de jeunes femmes après avoir donné naissance à leur bébé à l'hôpital, reçoivent des contraceptifs donnés par les infirmières, ce qui leur assure une activité sexuelle serait sans risque. Ceci a été perçu comme minant l'autorité des aînés de la collectivité; l'activité sexuelle « libre » entraîne alors la maladie. Le second type de maladie décrite est la tuberculose « occidentale » où les gens disent qu'elle provoque de la toux, souvent accompagnée de crachements de sang, d'amaigrissement et de sueurs nocturnes. On savait que celle-ci se disperse par des contacts étroits avec les malades mais on croit également à la dissémination chez des gens qui partagent avec les malades la nourriture, les boissons, les cigarettes et les ustensiles de cuisine. Les gens pensent que la TB peut se disperser de cette manière chez les enfants quoiqu'ils puissent développer également la TB de naissance. Les facteurs énoncés comme prédisposant à la TB chez les adultes comportent le fait de travailler dans les mines, l'exposition au bétail et aux poussières de fumier de bétail, aux fumées industrielles, l'abus d'alcool (en particulier lorsque la consommation alimentaire est faible), le fait de fumer des cigarettes y compris le tabagisme passif des enfants, et la malnutrition. L'attitude à l'égard d'un Les croyances des patients influencent-elles la lutte anttuberculeuse ? Tableau 4 Problèmes d'accès rencontrés par les patients se rendant à l'hôpital ou dans les Centres de Santé pour le traitement antituberculeux, après être sortis de l'hôpital Consultants dans les hôpitaux n = 114 n (%) Temps nécessaire pour arriver dans le service Moins de 30 minutes Plus de 30 minutes Moyens pour atteindre le service A pied Taxi/bus Coût du transport Nul 1R-10R (US $0,10 – $1) Plus de 10R (> US $1) Temps d’attente dans le service Moins de 30 minutes 30 - 60 minutes Plus de 60 minutes Problèmes constatés concernant ’accessibilité Oui Non Consultants dans les centres de santé n = 75 n (%) 23 (20) 91 (80) 57 (76) 18 (24) 33 (29) 81 (71) 39 (52) 36 (48) 33 (29) 39 (52) 79 (69) 36 (48) 2 (2) 0 11 (10) 21 (18) 82 (72) 53 (71) 17 (23) 5 (7) 31 (27) 83 (73) 8 (11) 67 (89) R = Rand microbe comme cause de la maladie est ambivalente. « On nous a dit, ici à l'hôpital, que la tuberculose est due à un microbe et que les rayonsX décèlent des dégâts au niveau des poumons. Traditionnellement, nous n'avons pas de rayons-X, aussi ne savons-nous pas ce qui se produit en cas de tindzaka » QUE PENSENT LES GENS AU SUJET DES PERSONNES ATTEINTES DE TB ? Les répondeurs craignaient contracter la maladie à partir de ceux qui en étaient atteints. Si un conjoint est atteint de TB, cela peut entraîner une dysharmonie familiale et sociale vu la croyance à la nécessité d'abstention d'activité sexuelle. Le partenaire sain peut dès lors chercher sa satisfaction sexuelle ailleurs. On pense que la coloration rouge de l'urine (dont les travailleurs de santé savent qu'elle est due à la rifampicine, un des médicaments antituberculeux), joue un rôle défavorable sur le partenaire sexuel. En outre, les malades ressentent un sentiment de culpabilité. Le fait de partager la nourriture et les repas au sein des familles de patients TB est perçu comme un facteur de risque. Ceci entraîne une dislocation sociale, puisque la tradition africaine consiste à manger et boire dans des plats et gobelets communs. Le fait énoncé par certains que la dissémination à partir d'un sujet sous traitement antituberculeux ne constitue plus une menace n'était pas admis par l'ensemble. 5 COMMENT LA TB PEUT-ELLE ETRE TRAITEE ? Les répondeurs croient que tindzaka ne peut être traité que par les guérisseurs traditionnels. « Aucun médecin n'est apte à guérir cette affection ». La plupart des groupes de patients TB disent qu'ils avaient rendu visite à un guérisseur traditionnel avant de venir à l'hôpital. On pense que le fait de ne pas avoir consulté les guérisseurs traditionnels au cours des premières semaines du début de la maladie peut entraîner la mort. « L'hôpital va nous recevoir avec délai, aussi commençons-nous chez le guérisseur traditionnel » Certains guérisseurs comptent sur le fait que leurs patients malades soient fiables au sujet du viol des règles traditionnelles avant de pouvoir décider de quelle maladie il s'agit. On signale que les guérisseurs traditionnels gardent leurs patients auprès d'eux pour «pas moins de 4 semaines»; après quoi, ils disent que si les patients ne s'améliorent pas, ils sont transférés à l'hôpital. On pense que les injections données aux patients souffrant de ces maladies traditionnelles peuvent être fatales. Ceux chez qui les guérisseurs traditionnels ont diagnostiqué la TB (et non tindzaka) sont référés à l'hôpital. Les répondeurs croyaient que les traitements prescrits par les médecins devaient être pris, puisque les guérisseurs traditionnels ne pouvaient pas guérir leur maladie. Il a été suggéré que les deux sortes de guérisseurs devraient travailler de concert. «Il est nécessaire que les docteurs traditionnels et les docteurs en médecine discutent de ce fait et d'autres problèmes». Croyances, attitudes et pratiques et leurs implications pour l'adhésion au traitement Interviews individuelles Des 286 patients interviewés après 2 mois de traitement, 20% avaient consulté soit un guérisseur traditionnel (14%), soit un autre dispensaire ou hôpital ou un médecin privé (6%) au cours de leur traitement pour TB faisant suite à la sortie de l'hôpital. Les patients interviewés à la fin de leur cure de traitement et interrogés au sujet de ce qu'ils avaient ressenti dans les services de santé après avoir quitté l'hôpital avaient fréquenté soit le centre de district la plus proche, soit l'hôpital de district selon la randomisation décrite dans le rapport concernant l'étude d'intervention sur le traitement décentralisé.8 Le Tableau 4 caractérise un certain nombre de questions et de problèmes rencontrés au sujet de l'accès à ces services. Pour le groupe hospitalier, 80% ne pouvaient atteindre l'hôpital qu'après plus de 30 minutes, 71% dépensaient de l'argent pour le transport, 90% attendaient plus de 30 minutes 6 The International Journal of Tuberculosis and Lung Disease avant d'être examinés (72% plus d'une heure) et un quart mentionnait avoir des problèmes d'accessibilité. Parmi ceux qui fréquentaient les centres de santé, les proportions citées plus haut étaient plus faibles dans chaque catégorie mais les problèmes d'accessibilité persistaient. Chez les patients fréquentant tant l'hôpital que la clinique et qui mentionnaient avoir quelques problèmes en matière de traitement, le risque de résultat défavorable du traitement était plus grand (interruption ou échec du traitement) (P = 0,005). Interviews de groupe QUELS SONT LES PROBLEMES QUE RENCON-TRENT LES GENS A PROPOS DU TRAITEMENT DE LA TB ? Les membres des groupes ont émis un certain nombre de problèmes en relation avec l'accès au traitement antituberculeux et avec sa prise. Le plus courant était la stigmatisation liée à la maladie, à la fois parce que ceux atteints de TB sont perçus comme ayant violé les règles culturelles et parce que la maladie est connue localement comme une affection des « méchants » (liée au fait de boire excessivement et à la pauvreté). Les personnes très proches craignent contracter la maladie et pour cette raison, les patients se sentent coupables mais incapables de partager leurs problèmes. De plus, la connaissance qu'il existe une relation entre la violation des règles de comportement sexuel et la TB entraîne honte et culpabilité . « Si quelqu'un est atteint de rixixia, il ne le dira pas aux gens car il est difficile de dire aux gens ce que vous avez fait ». Beaucoup de répondeurs disent qu'une raison fréquente de ne pas prendre le traitement réside dans la croyance qu'il faudrait s'abstenir d'activité sexuelle au cours du traitement. Ils ont préféré arrêter le traitement plutôt que d'être continents. Les effets collatéraux, notamment les nausées et les vomissements rendent le traitement pénible pour certains. L'accès aux services de santé est mentionné comme problème pour les gens du district car ils manquent souvent d'argent pour payer le transport public vers l'hôpital. Beaucoup ont dû quitter la maison au cours de leur traitement afin de chercher du travail et d'autres travaillent localement ou fréquentent l'école, deux facteurs qui rendent difficile l'assiduité au traitement. On a cité également des problèmes au niveau des services de soin, parmi lesquels de longues queues et les durées d'attente. « …les queues sont très longues et il faut parfois passer toute la journée avant d'être reçu, sans rien avoir à manger pendant l'attente. » Les membres de groupe ont signalé qu'ils avaient eu de tristes expériences dans les services de santé où les travailleurs de santé manquaient de respect. « Les infirmières doivent prendre garde à la façon dont elles traitent les patients. Les gens âgés ne désirent pas être maltraités par de jeunes infirmières. » « Si vous n'avez pas été traité correctement par le personnel à l'hôpital, vous ne désirez pas rencontrer à nouveau le même type de mauvais traitement. Aussi est-il préférable de ne pas revenir. » Les patients ne bénéficient pas toujours d'explications adéquates au sujet de leur maladie et de son traitement. Lorsque les symptômes s'améliorent après quelques semaines de traitement, ils ne savent pas qu'ils doivent poursuivre la cure. « Les infirmières n'expliquent pas bien comment il faut continuer à prendre le traitement. » Un accord a été acquis sur le fait que le système de soutien au traitement utilisant la famille et les membres de la collectivité pourrait être utile pour s'assurer que les patients prennent leurs comprimés. Toutefois, des tuteurs qui seraient des étrangers ne seraient pas acceptables : « Il est difficile de recevoir son traitement d'un étranger. J'en serais ensorcelé ». Les répondeurs ressentent fortement que les infirmières devraient toujours donner aux patients l'occasion de choisir les tuteurs qu'ils connaissent et en lesquels ils ont confiance. Différents membres des groupes de patients TB ont dit qu'ils préféraient l'auto-administration. DISCUSSION Les résultats de cette étude reflètent les croyances, les opinions et le vécu à la fois des patients atteints de TB et des membres de la communauté qui sont raisonnablement représentatifs de certains secteurs de la collectivité de ce district rural. Ils décrivent une distinction nette entre deux types de tuberculose la condition «médicale» et d'autre part, une maladie causée par un comportement sexuel qui est contraire aux règles sociales. Quand ils sont interrogés individuellement, un quart des patients reconnaissent spontanément avoir consulté en premier un guérisseur traditionnel au moment du début de la maladie. En réponse à une question fermée, 39% disent avoir consulté un tel guérisseur à un moment donné. Toutefois, les discussions de groupe ont révélé que le traitement par les guérisseurs traditionnels était considéré comme essentiel pour le type traditionnel de TB. Un rapport provenant du Kenya a suggéré que les gens peuvent être réticents à admettre qu'ils consultent les guérisseurs traditionnels.9 Nous pensons que les discussions de groupe ont été plus révélatrices que les interviews avec les patients individuels au sujet des problèmes sensibles impliquant les règles traditionnelles, la sexualité et la TB. Les répondeurs de l'étude ont dit qu'une confusion avait été créée par les messages de santé concernant les microbes et la consultation précoce Les croyances des patients influencent-elles la lutte anttuberculeuse ? à l'hôpital, ce qui paraissait défier les croyances traditionnelles. Une ambivalence est suggérée par un certain nombre de patients qui admettent avoir recouru aux guérisseurs traditionnels après avoir quitté l'hôpital, au cours de leur traitement TB. Quand les résultats de cette étude ont été présentés au sein du district, il est apparu que les travailleurs de santé (même ceux qui avaient vécu et travaillé ici depuis quelque temps) n'étaient pas conscients des croyances locales au sujet de la TB. Puisqu'il y avait des implications nettes en ce qui concerne le délai de recours aux soins des patients en cas de suspicion de TB, les chercheurs ont été poussés à faire état de leurs observations de façon plus large et à faire certaines recommandations concernant la nécessité pour les travailleurs de santé de devenir plus familiers avec les croyances locales. Croyances au sujet de la cause de la TB et leurs implications pour les consultations des patients en vue du traitement Les croyances au sujet des causes de la TB s'avèrent variées dans différentes collectivités et être spécifiques à certains groupes. Les rapports provenant d'un certain nombre de pays d'Afrique ont décrit le rôle important joué par les guérisseurs traditionnels dans le traitement de la TB dont on croit qu'elle provient de « méconduites » sexuelles ou d'ensorcellement. Deux études provenant du Malawi ont quantifié le recours à de tels guérisseurs. L'une d'elle a signalé que près de 40% des patients hospitalisés pour TB avaient consulté d'abord un guérisseur traditionnel,10 l'autre signale que 276 guérisseurs avaient vu approximativement 4.600 patients par semaine.11 Une cause de TB signalée par ces guérisseurs traditionnels était l'activité sexuelle dans des situations interdites. Mogensen a décrit une maladie traditionnelle caractérisée par de la toux (comme la tuberculose) parmi les Tonga de Zambie, maladie appelée Kahungo qu'ils associent avec le SIDA et était supposée provenir de pollutions sexuelles, plus spécifiquement de relations sexuelles avec une femme qui avait eu récemment une fausse couche.12 Une étude de groupe d'information de patients TB du Kenya a décrit que la croyance dans l'ensorcellement était la cause de la TB plutôt que le comportement sexuel. Pour ces patients, les visites aux guérisseurs traditionnels constituaient des alternatives valables en cas d'échec de la médecine moderne.9 Au Botswana, en 1993-1994, 95% des patients disaient fréquenter d'abord un service médical, mais 34% avaient consulté des guérisseurs traditionnels avant le début du traitement. Cinq pour cent seulement croyaient que leur maladie était due à l'ensorcellement et un pour- 7 centage encore moindre qu'elle résultait des relations sexuelles pendant une période déterminée après l'accouchement d'un enfant.13 En Tanzanie, une petite proportion seulement des patients TB (1%) croyaient que l'ensorcellement était la cause de leur maladie.14 Un rapport provenant d'une étude d'un district rural du Natal Kwazulu en Afrique du Sud a noté que 10% des patients TB disaient avoir consulté d'abord des guérisseurs traditionnels qui avaient attribué la maladie à la sorcellerie ou à l'empoisonnement de la nourriture.15 Des relations entre le comportement sexuel et d'autres maladies ont été signalées Parmi les Zoulous d'Afrique du Sud, les affections sexuellement transmises ont été attribuées au viol des règles gouvernant le comportement sexuel (relations sexuelles avec une veuve, au cours de la menstruation, après un avortement spontané et avec des étrangers ou un trop grand nombre de partenaires).16 Hammond-Tooke a décrit le concept de pollution chez les gens parlant le Sotho se manifestant par un état de fisa ou d'échauffement et faisant suite au décès d'un parent proche ou à une fausse couche.17 Dans ces situations, le contact sexuel entraîne une impureté rituelle. En Côte d'Ivoire, on décrit une maladie de culpabilité (pisa), fréquemment due à l'adultère ou à des contacts avec des impuretés (comme l'urine, le sang menstruel ou la salive). La dissémination de la maladie est considérée comme faisant partie de la dynamique sociale plutôt que comme résultant de la dissémination des germes.18 Lorsque les guérisseurs traditionnels sont consultés par les gens malades, ceci peut retarder le recours à l'hôpital ou à un dispensaire. Une étude réalisée comme notre étude actuelle dans le district de Tintswalo a décrit que le délai-patient pour la TB était plus long que le délai du pourvoyeur de soins et que le délai-patient pour ceux qui avaient recouru d'abord à un guérisseur traditionnel était même encore plus grand.19 Ceci a confirmé les affirmations provenant de nos patients selon lesquelles ils avaient consulté d'abord les guérisseurs traditionnels chez qui ils étaient restés pendant de nombreuses semaines. En Afrique du Sud, la collaboration entre les guérisseurs traditionnels et occidentaux s'impose d'urgence et a déjà été recommandée.15 Les soins globaux au patient exigent la communication entre tous les pourvoyeurs de soins afin de tenir compte des besoins culturels des patients et d'éviter des messages conflictuels. Si les travailleurs de santé prenaient le temps de s'informer au sujet des croyances et pratiques locales concernant la TB (et d'autres problèmes de santé), ils pourraient 8 The International Journal of Tuberculosis and Lung Disease commencer à mieux comprendre leurs patients. Différents auteurs avaient insisté sur la nécessité de messages éducatifs appropriés prenant en compte les croyances culturelles des patients.9,18 Les guérisseurs traditionnels et les travailleurs de santé occidentaux devraient s'engager les uns les autres dans une discussion au sujet de ce que chacun peut faire pour les patients atteints de TB. Si l'on considère que les deux groupes travaillent ensemble ou tout au moins en parallèle, les patients pourraient se sentir plus à l'aise pour consulter les deux et on pourrait s'attendre à une consultation plus précoce pour un traitement médical. On a souvent insisté sur la stigmatisation associée à la tuberculose.20-22 L'impact négatif de la stigmatisation et les croyances traditionnelles au sujet du comportement de recours aux soins ont été rapportés dans des études qualitatives provenant du Kenya9 et du Vietnam.23 Vu les relations étroites entre la tuberculose et le VIH/SIDA, deux maladies stigmatisantes, les croyances sur l'origine sexuelle de la TB accentuent certainement encore la stigmatisation. Problèmes rencontrés dans les services de santé et leurs implications pour l'adhésion thérapeutique Un certain nombre de messages négatifs concernant les services de santé ont émergé de cette étude : descriptions des difficultés d'accès aux services, des longues périodes d'attente et caractère peu respectueux des travailleurs de santé locaux. Différentes revues générales ont insisté sur l'importance des bonnes relations entre les patients et les soignants.5,24,25 Les patients de notre étude ont expliqué que l'idée qu'il devait y avoir une abstinence sexuelle pendant le traitement était une raison de non-adhésion, mais ils n'ont pas expliqué pourquoi. Les patients TB au Malawi ont cru à l'abstinence sexuelle au cours du traitement en avançant des raisons principalement en relation avec les risques de rechute, d'aggravation ou de dissémination vers les sujets-contact.26 La nécessité de comprendre et de tenir compte des croyances et des perceptions des patients tout en mettant simultanément en œuvre les interventions structurées nécessaires pour la lutte antituberculeuse a été mise en lumière.27-29 De telles interventions impliquent l'existence de dispensaires et d'hôpitaux de district accessibles, efficients et accueillant amicalement les patients. CONCLUSIONS ET RECOMMENDATIONS Cette étude a mis en lumière un petit nombre de questions. Les discussions de groupe semblent permettre aux participants d'exprimer leurs opinions et leurs croyances plus librement que les interviews individuelles. Si, comme dans notre étude, les patients consultent d'abord les guérisseurs traditionnels et en particulier s'ils restent longtemps chez eux, le diagnostic et le traitement dans les services de santé seront retardés avec les conséquences prévisibles pour la dissémination, les hautes morbidité et mortalité des patients. Nous voudrions suggérer que les travailleurs de santé doivent améliorer leurs connaissances et leur compréhension des croyances et perceptions habituelles au sujet de la maladie dans les collectivités dans lesquelles ils travaillent. Ceci est aussi important que la compréhension de leur système de santé de district et devrait faire partie des orientations des nouveaux membres des personnels médicaux et infirmiers. Les discussions entre les guérisseurs traditionnels et médicaux lors de réunions régulières pourraient faciliter les efforts de collaboration visant à répondre aux besoins psychosociaux et biomédicaux des patients. Les travailleurs de santé ne devraient pas essayer de défier et de déstabiliser les interprétations culturelles mais devraient plutôt rechercher des solutions constructives. On a noté des exemples d'éducation inadéquate de patients au cours de cette étude : les patients ont dit qu'on ne leur avait pas expliqué la nécessité de prendre une cure complète de traitement et que la coloration des urines due à la rifampicine ne leur avait pas été expliquée. La tuberculose reste une maladie stigmatisée ; nous devons éduquer les patients ainsi que les collectivités avec soin au sujet de l'universalité des risques et du fait que la TB est guérissable. Evidemment, il n'y a pas de substituts à la mise en œuvre correcte des mesures de lutte antituberculeuse au niveau du district. Les composants du programme doivent être fournis dans les services qui sont accessibles aux personnes locales et acceptables par elles. Comme signalé par ailleurs, les travailleurs de santé dans ce district ont été à même d'améliorer le succès du traitement chez les patients en appliquant ces principes malgré des croyances traditionnelles très ancrées au sujet de l'origine de la tuberculose. Remerciements Nous reconnaissons la contribution importante des enquêteurs dans cette étude, Mrs Edwill Manyike et Elvis Mhlangu. Mme Thuli Shongwe nous a aidés dans la formation des groupes d'information et l'analyse des résultats. Glaxo Wellcome a fourni les fonds par leur programme d'Action TB. Les auteurs expriment leur gratitude à tous. Références 1 South Africa National Tuberculosis Control Programme. Tuberculosis case finding per province. Pretoria: Les croyances des patients influencent-elles la lutte anttuberculeuse ? Department of Health, 2001. 2. World Health Organization Tuberculosis Programme: Framework for effective tuberculosis control. WHO/TB/94.179. Geneva: WHO, 1994. 3. Chaulet P. 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