Exploration radiologique
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numéro Exploration radiologique en otologie Les monographies amplifon 44 Exploration radiologique en otologie EDITION 2008 36793_Couv_Mono_N44_E.R.O.indd 1 Exploration radiologique en otologie • Françoise Denoyelle, Hubert Ducou Le Pointe. • Olivier Deguine, Bernard Escude. • Michel Mondain, Alain Bonafé. • Vincent Darrouzet, Xavier Barreau. • Christophe Vincent, Marion Devambez, Alexis Delattre. • Christian Dubreuil, Sandra Zaouche, Stéphane Tringali. • Eric Truy, Aïcha Eltaïef, Maxime Tardieu. • Benoît Godey. • Denis Ayache, Marc Williams. EDITION 2008 16/09/08 11:37:37 Exploration radiologique en otologie Françoise Denoyelle, Hubert Ducou Le Pointe. Olivier Deguine, Bernard Escude. Piétrofrancesco Pelliccia, Emmanuel Mas, Poirrier Vincent, Michel Mondain, Alain Bonafé. Vincent Darrouzet, Xavier Barreau. Christophe Vincent, Marion Devambez, Alexis Delattre. Christian Dubreuil, Sandra Zaouche, Stéphane Tringali. Eric Truy, Aïcha Eltaïef, Maxime Tardieu. Benoît Godey. Denis Ayache, Marc Williams. EDITION 2008 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd1 1 17/09/08 11:16:48 Un Grand merci au docteur Denis Ayache et au docteur Marc Williams pour leurs documents photographiques qui ont permis la réalisation de la couverture de cet ouvrage. 2 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd2 2 17/09/08 11:17:17 Exploration radiologiste en otologie Sommaire Radiologie des malformations de l’oreille externe et moyenne 5 à 14 Apport de l’imagerie dans les otites chroniques stabilisées et évolutives 15 à 26 Imagerie de l’apex pétreux et des paragangliomes 27 à 34 Imagerie des vertiges et des troubles de l’équilibre 35 à 45 Traumatismes du rocher : correlations radio-cliniques 47 à 53 Imagerie du neurinome de l’acoustique 55 à 64 Imagerie des implants cochléaires 65 à 80 Radiologie et implants d’oreille moyenne 81 à 88 Progrès IRM et scanner en otologie et perspectives d’avenir 89 à 98 3 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd3 3 17/09/08 11:17:17 PRÉFACE L a confrontation radioclinique est d'autant plus importante que l'examen radiologique est de plus en plus performant ; la précision des détails, liée à une résolution de plus en plus fine, la rapidité d'acquisition, (intéressante chez le jeune enfant), les reconstructions multiplénières, la caractérisation tissulaire des lésions offrent au coplochirurgien les éléments pour asseoir le diagnostic, l'indication thérapeutique après son examen clinique, l'interrogatoire et les résultats des explorations fonctionnelles. Les exposés de cette monographie, dont il faut remercier chaleureusement les auteurs, sont révélateurs de l'approche multidisciplinaire en otologie. Le Comité de rédaction Alain Morgon, Daniela Dalla Valle, Gérald Kalfoun 4 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd4 4 17/09/08 11:17:17 Françoise Denoyelle, Hubert Ducou Le Pointe Radiologie des malformations de l’oreille externe et moyenne 1 Pr. Françoise Denoyelle Service d’ORL Pédiatrique et de Chirurgie Cervico-faciale, Centre de Référence des Malformations ORL Rares, Pr. Hubert Ducou Le Pointe Service de Radiopédiatrie, • Hôpital d’enfants Armand-Trousseau, 26 avenue du docteur Arnold Netter 75 012 Paris 5 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd5 5 17/09/08 11:17:17 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 1 RADIOLOGIE DES MALFORMATIONS DE L'OREILLE EXTERNE ET MOYENNE Introduction et Généralités L es malformations congénitales de l’oreille externe et moyenne sont appelées selon le siège et l’importance de la malformation aplasies mineures ou majeures d’oreille. Dans l’aplasie majeure d’oreille, la malformation du pavillon et/ou du méat acoustique externe est importante avec microtie, le plus souvent associée à une malformation de l’oreille moyenne. L’aplasie mineure est définie par une surdité de transmission par malformation de l’oreille moyenne, souvent associée à une malformation mineure du pavillon ou du méat acoustique externe. L’ensemble des malformations congénitales de l’oreille est estimé à 1 cas sur 5 000 à 10 000 naissances Des éléments du spectre OAV sont retrouvés avec une prévalence très hétérogène selon les études, entre 1/3 500 et 1/26 000 naissances, probablement plus proche de 1 pour 5 000 (Gorlin 2 001). Une aplasie majeure avec méat acoustique externe absent entraîne une surdité de transmission de 60 à 70 décibels, mais le seuil auditif peut être plus bas en cas de malformation de l’oreille interne associée. Dans les formes unilatérales, le niveau auditif global est donc conditionné par l’oreille contro-latérale apparemment saine, pour laquelle il faut éliminer une malformation inapparente (aplasie mineure), associée dans 3 à 5 % des cas. Une aplasie mineure est source d’une surdité de transmission souvent de l’ordre de 60 dB également avec une tympanométrie évocatrice lorsqu’elle met en évidence un pic de taille réduite (blocage de chaîne) ou infini (rupture de chaîne) La radiologie est un élément décisif du bilan malformatif, étiologique et préopératoire des malformations de l’oreille moyenne et externe. Nous citerons simplement la radio de rachis, l’échographie rénale et cardiaque qui sont les éléments principaux du bilan malformatif à réaliser dans les premiers mois de vie. L’apport du scanner du rocher, l’indication, la technique de réalisation seront présentés dans chaque situation clinique : aplasie majeure avec absence de méat acoustique externe (photo 1), ∂ Photo 1 : Aplasie majeure d’oreille, forme la plus sténose incomplète du fréquente avec absence de méat acoustique exterméat acoustique externe, ne, malformation de bourrelet chondro-cutané verticalisé. l’oreille moyenne avec d Photo 2 : Malformations pavillon et méat acousmineures du pavillon associées tique externe peu ou pas à une aplasie mineure. mal formé (photo 2). L’aplasie majeure avec absence de méat acoustique externe Le scanner des rochers est souvent réalisé vers l’âge de 4-5 ans. Il sera réalisé de façon habituelle en coupes axiales et coronales millimétriques, sans injection, en précisant si une BAHA est envisagée que le champ doive être élargi pour visualiser la région située jusqu’à 60 mm en postérosupérieur du méat théorique. Si le chirurgien a à disposition une console de navigation assistée par ordinateur (NAO), un protocole de neuronavigation pourra être demandé. L’imagerie a avec 3 buts dans cette forme clinique : - Déterminer la faisabilité d’une chirurgie fonctionnelle et rechercher de contre-indications (procidence méningée, caisse très peu pneumatisée ou au contraire mastoïde trop pneumatisée, nerf facial barrant l’entrée de 6 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd6 6 17/09/08 11:17:18 l’oreille interne) ou d’éléments favorables (étrier présent). On retrouve le plus souvent dans les aplasies non syndromiques une oreille moyenne pneumatisée, une chaîne ossiculaire malformative mais présente et une oreille interne normale (Photos 3 à 6). Dans les aplasies majeures syndromiques (Franceschetti, Nager, Goldenhar), les ∂ Photo 3 Photos 3 à 6 : Tomodensitométrie en coupes axiales (3,4) et coronales (5,6) d’une aplasie majeure de l’oreille droite avec absence de méat acoustique externe, absence de malformations associées. En tomodensitométrie, on met en évidence une petite caisse, un bloc ossiculaire marteau enclume, un manche du marteau hypoplasique fixé dans la plaque atrétique. La mastoîde est normalement pneumatisé, le nerf facial a un trajet habituel et la mastoide est normalement pneumatisée. Aspect habituel au scanner des rochers : bonne pneumatisation mastoïdienne, chaîne ossiculaire présente, manche du marteau hypoplasique fixé dans la plaque atrétique, nerf facial en place, oreille interne normale. D Photos 4, 4 bis, 4 ter D Photos 5, 5 bis Î D Photos 6, 6 bis Î 7 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd7 7 17/09/08 11:17:22 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 1 RADIOLOGIE DES MALFORMATIONS DE L'OREILLE EXTERNE ET MOYENNE conditions sont souvent très mauvaises avec pneumatisation beaucoup plus souvent très limitée avec micro caisse, étrier absent, fenêtre ovale hypoplasique, parfois malformation de l’oreille interne associée (photos 7, 8). D Photos 7 à 8 : Tomodensitométrie en coupes coronales d’une aplasie majeure d’oreille droite avec absence de méat acoustique externe, dans le cadre d’un syndrome oculo-auriculo-vertébral (Goldenhar). Notez l’absence de pneumatisation mastoïdienne, le bloc marteau-enclume, l’absence d’étrier, l’existence d’une fenêtre ovale malformative, le trajet anormal du nerf facial et l’hypoplasie cochléo-vestibulaire associée. - On sait cependant que les indications en sont très rares, et inexistantes chez l’enfant : en l’absence de méat, il faut recréer un méat acoustique externe au travers de la mastoïde avec un revêtement cutané et un tympan et assurer la conduction du son jusqu’à la fenêtre ovale soit par la chaîne ossiculaire existante soit par une prothèse ossiculaire synthétique. Les résultats sont inconstants avec un seuil d’audition post-opératoire jugé satisfaisant (0 à 25 dB) dans 25 à 40 % des cas selon les auteurs (Schuknecht 1989, Shih 1 993). Enfin cette chirurgie dégrade la reconstruction esthétique, car le néo-conduit est large et en position souvent peu naturelle. Les complications potentielles ne sont pas à négliger, comme l’atteinte du nerf facial - dont le trajet est souvent aberrant -, l’otorrhée chronique, ou la sténose du néo-conduit. Pour ces raisons, l’attitude la plus couramment pratiquée est de ne pratiquer cette chirurgie que chez l’adulte, devant une forte motivation personnelle et dans des conditions anatomiques favorables. Cependant certaines équipes internationales pratiquent toujours cette chirurgie chez l’enfant (Cho 2 006). Evaluer vers l’âge de 5 ans les conditions locales pour une prothèse à ancrage osseux BAHA (ou une prothèse 8 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd8 8 17/09/08 11:17:46 d’oreille moyenne dont les indications vont s’élargir) : les indications de cette réhabilitation auditive sont les aplasies majeures associées à une surdité controlatérale (aplasie majeure ou mineure, otite chronique). La navigation assistée par ordinateur peut être une aide précieuse dans ce contexte malformatif, pour déterminer la zone optimale de mise en place de la fixture, car les régions corticales de 4 mm d’épaisseur minimale sont très limitées et de repérage difficile à cet âge (photos 9, 10). D Photos 9 et 10 : Mise en place d’un pilier de prothèse à ancrage osseux BAHA sous navigation assistée par ordinateur (NAO) chez un enfant de 6 ans. Repérage de la zone corticale d’épaisseur optimale en NAO (photo 9), installation et aspect final, visualisation de l’instrument de repérage (10). d 9 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd9 9 17/09/08 11:17:50 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 1 RADIOLOGIE DES MALFORMATIONS DE L'OREILLE EXTERNE ET MOYENNE - Etudier l’oreille interne, habituellement normale, mais pouvant être malformative dans certains syndromes comme le syndrome de Townes Brockes, le syndrome Branchio-Oto-rénal, la Trisomie 21 (pour revue voir Denoyelle 2 006). Par ailleurs, en présence d’une microsomie hémifaciale associée à l’aplasie d’oreille, un scanner 3D du massif facial sera couplé au scanner des rochers pour évaluer le développement mandibulaire et facial. L’aplasie majeure avec sténose sévère mais incomplète du méat acoustique externe L’aspect classique est celui d’un conduit « en queue de radis », descendant jusqu’au niveau du tympan qui n’est pas visible. Il peut s’agir aussi d’une pseudo fistule au sein de l’aplasie, qui se révèle être un conduit malformatif. Le scanner sera effectué dans les mêmes buts que ceux détaillés dans le chapitre ci-dessus et également entre 4 et 5 ans, avec cependant des indications thérapeutiques différentes : - Dans le cas d’un méat acoustique externe présent mais sténosé, la présence de peau de conduit « physiologique » et de la partie superficielle du méat acoustique externe diminue radicalement les risques de conduit otorrhéique en post-opératoire et le problème d’aspect inesthétique du néo-méat acoustique des sténoses totales n’existe plus. De plus, la présence d’un conduit dans l’os, même étroit, facilite grandement le repérage chirurgical et minimise les risques d’atteinte du nerf facial. Cette chirurgie donne de meilleurs résultats (mais un tiers des enfants n’ont pas d’amélioration dans les indications purement fonctionnelles, Leboulanger 2 004) et peut être proposée à visée purement fonctionnelle en fonction des souhaits des parents et de l’enfant si les conditions sont favorables au scanner des rochers (fenêtre ovale accessible), à partir de l’âge de 6 ans. Un calibrage prolongé (4 semaines) est nécessaire en post-opératoire (Leboulanger 2 004). Le scanner montre le plus souvent un tympan entièrement ou partiellement ossifié, un manche du marteau absent ou fixé à l’ossification tympanique, parfois une dissociation tympano-ossiculaire (photos 11, 12), et souvent enclume et étrier présents. Le but du scanner est surtout de vérifier : ◗ La place du nerf facial qui peut barrer l’accès à la fenêtre ou faire prendre trop de risques chirurgicaux s’il est très superficialisé (photos…). ◗ L’existence d’un atrium de taille suffisante pour permettre une ossiculoplastie. Photos 11 et 12 : d Tomodensitométrie en coupes coronales (11) et axiales (12) d’une sténose en queue de radis du méat acoustique externe gauche. La chaîne ossiculaire est continue, mais il existe une absence de manche du marteau et une dissociation tympanoossiculaire. Le nerf facial est en place, l’oreille interne est normale. 10 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd10 10 17/09/08 11:17:54 ◗ - L’accessibilité de la fenêtre ovale, l’existence d’un étrier qui est un élément très favorable pour le résultat fonctionnel. L’imagerie peut aussi être motivée précocement, dès l’âge 1 à 2 ans parfois, par l’existence de rétention épidermique en profondeur avec otorrhée chronique plus ou moins abondante, à la recherche de signes de cholestéatome de rétention du conduit osseux (encorbellement osseux) ou d’ostéite, qui feront porter l’indication de canaloplastie rapidement (photo 13 à 15). D Photos 13 à 15 : Aplasie majeure avec méat acoustique externe présent en queue de radis, accumulation de débris cérumino-épidermiques otorrhéiques. Aspect de rétention ace encorbellement osseux bien visible sur la photo 15 (cercle), manche du marteau fixé dans la plaque atrétique (photo 14, rectangle), nerf facial en place, oreille interne normale. 11 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd11 11 17/09/08 11:17:58 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 1 RADIOLOGIE DES MALFORMATIONS DE L'OREILLE EXTERNE ET MOYENNE Malformation de l’oreille moyenne avec pavillon et méat acoustique externe peu ou pas mal formé L’imagerie est indiquée à partir de l’âge de 4 à 5 ans, mais en attendant une normalisation tympanique en cas d’otite séromuqueuse associée (fréquente dans ce contexte malformatif) avec un but essentiel qui est de déterminer la faisabilité d’une chirurgie fonctionnelle et l’âge à laquelle elle peut être proposée selon le type de malformation. La surdité de transmission habituellement moyenne est unie ou bilatérale (et dans ce dernier cas déjà appareillée à cet âge). Le scanner des rochers va mettre en évidence deux situations : - La surdité de transmission non évolutive à scanner normal : il s’agit alors très probablement d’une fixation platinaire congénitale ou de façon exceptionnelle d’une ossification du tendon de l’étrier invisible au scanner. Il faudra alors attendre l’âge de 10 à 12 ans, la compliance et la motivation de l’enfant, pour proposer une stapédectomie, dont les résultats fonctionnels et risques sont similaires à ce que l’on observe dans la chirurgie de l’otospongiose chez l’adulte (Albert 2 007). Les photos 16 à 19 montrent, chez un enfant de 12 ans avec surdité de transmission moyenne gauche de 60 dB, un scanner normal en dehors d’un nerf facial bifide ne gênant pas la chirurgie : une ossification du tendon de l’étrier non visible au scanner a été mise en évidence en peropératoire, ossification dont la section a remobilisé la chaîne ossiculaire. Î Photos 16 Î Photos 17 Î Photos 18 Î Photos 19 D Photos 16 à 19 : scanner des rochers en coupe coronale (16) et axiale (17-19) pour bilan d’une hypoacousie de transmission à tympan normal. La chaîne ossiculaire est normale, la troisième portion du nerf est faciale bifide mais de trajet normal. Lors de l’exploration chirurgicale découverte d’une ossification du tendon de l’étrier non évidente au scanner. 12 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd12 12 17/09/08 11:18:13 - Présence d’une malformation ossiculaire ◗ Fixation atticale du marteau (photos 20 et 21), avec ou sans bloc marteau-enclume, ∂ Photos 20 et 21 : Surdité de transmission prédominant sur les fréquences graves, fixation atticale du marteau. Î ◗ Malformation de l’enclume, Absence de branche descendante de l’enclume, ◗ Malformation de l’étrier ou absence d’étrier. La aussi on recherchera l’existence de contre-indication ou d’éléments défavorables pour la chirurgie ◗ Trajet aberrant du nerf facial faisant prendre trop de risques chirurgicaux, ◗ Atrium très hypoplasique, ◗ Ossification ou hypoplasie de la fenêtre ovale, ◗ Malformation de l’oreille interne. La classification décrite par R. Charachon (Charachon 1 989), complétée par un stade 0 et des données sur la mobilité platinaire, a l’intérêt de présenter les différentes malformations que l’on peut rencontrer (tableau 1). Indé Indépendance tympanotympano-ossiculaire Type 0 ∂ Tableau 1 Tableau 1 Conclusion 1er arc : Marteau Corps enclume (VII souvent normal) Ankylose Type I Ankylose Type II* II* A FAIRE +++++++ Malformation 2ème arc : B.D. enclume Etrier ( = I+II ou I+III ) (S/V, ponts osseux) Rupture * Pour les types II,III et IV Type IV* IV* Type III* III* (Fixation plat. fré fréquente Malfos fenêtres) • a / Platine mobile • b / Platine fixé fixée • c / Platine absente ou inaccessible 13 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd13 13 17/09/08 11:18:27 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 1 RADIOLOGIE DES MALFORMATIONS DE L'OREILLE EXTERNE ET MOYENNE CONCLUSION L’apport de la tomodensitométrie du rocher est majeur pour la décision chirurgicale chez les enfants porteurs d’une malformation de l’oreille externe et/ou moyenne. Le développement en cours des techniques de navigation assistée par ordinateur avec la précision du scanner des rochers actuel va apporter une sécurité accrue et probablement modifier les techniques chirurgicales, dans la chirurgie fonctionnelle et la chirurgie d’élargissement du conduit osseux. Bibliographie 1. 2. 3. 4. Albert S, Roger G, Rouillon I, Chauvin P, Denoyelle F, Derbez R, Delattre J, Triglia JM, Garabedian EN. Congenital stapes ankylosis : study of 28 cases and surgical results. Laryngoscope 2006, 116, 1 153-7. Charachon R., Barthez M. Les malformations mineures de la chaîne ossiculaire. À propos díune série de 30 explorations chirurgicales. Journal Français dí ORL 1989, 38, 51-61. Cho BC, Lee SH. Surgical results of two-stage reconstruction of the auricle in congenital microtia using an autogenous costal cartilage alone or combined with canaloplasty. Plast Reconstr Surg. 2 006 ; 117 : 936-47. Denoyelle F. Pathologie congénitale de l’oreille externe. Encyclopédie Médico-Chirurgicale (Elsevier Masson SAS, Paris). Oto-rhino (laryngologie, 20-070-B-10, 2 007. 5. 6. Gorlin RJ, Cohen MM, Hennekam RCM (2 001). Syndromes of the Head and Neck, chap 19, 4 th ed. Oxford University Press, Oxford. Leboulanger N. Sténose congénitale des conduits auditifs externes et canaloplastie : étude à propose de 33 cas. Thèse de 7. 8. Médecine, Université Paris VI, 2 004. Schuknecht HF. Congenital aural atresia. Laryngoscope. 1 989 ; 99 : 908-17. Shih L, Crabtree JA. Long-term surgical results for congenital aural atresia. Laryngoscope. 1993 ; 103 : 1097-102. 14 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd14 14 17/09/08 11:18:32 Olivier Deguine, Bernard Escude Apport de l'imagerie dans les otites chroniques stabilisées et évolutives 2 Pr. Olivier Deguine Service ORL, [email protected] CHU Toulouse, Hôpital Purpan, Place du Dr Baylac 31059 Toulouse Cédex Dr. Bernard Escude Service de radiologie [email protected] Clinique Pasteur 45 avenue de Lombez 31300 Toulouse 15 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd15 15 17/09/08 11:18:32 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 2 APPORT DE L'IMAGERIE DANS LES OTITES CHRONIQUES STABILISEES ET EVOLUTIVES 1. Comment apprécier la qualité d’un scanner du rocher réalisé pour otite chronique ? Le scanner du rocher répond à des critères techniques standardisés. Le patient est positionné en décubitus dorsal de façon symétrique afin de pouvoir étudier dans le même temps les deux massifs pétreux. Il s’agit d’une acquisition hélicoïdale dont le champ d’acquisition est de 150 mm de diamètre et la taille de l’hélice de 3 à 4 cm de hauteur. Le produit dose.longueur (PDL), qui mesure la dose délivrée au patient, est de l’ordre de 500mGy.cm. Les filtres utilisés favorisent la résolution spatiale et permettent une meilleure étude des structures osseuses. Pour le scanner du rocher l’épaisseur de coupes est entre 0.3 et 0,6 mm. À partir de cette boîte d’acquisition différents plans de reconstructions sont pratiqués : axial et coronal, puis en double obliquité en fonction de l’anatomie des structures à étudier et plus particulièrement de la chaîne ossiculaire. Une reconstruction axiale correctement effectuée doit être parallèle au canal semi-circulaire latéral permettant une bonne vision tangentielle de ce canal, proche de l’axe de la platine et de la deuxième portion du nerf facial. L’étude de la capsule otique, des structures labyrinthiques, des fenêtres et de la chaîne ossiculaire bénéficient de zooms qui magnifient les images. 2. Que faut-il regarder et analyser ? L’exploration permet d’apprécier tout d’abord la pneumatisation et la transparence de la mastoïde, de la caisse du tympan et des recessus postérieurs mais également de l’antre et de l’attique. En présence d’une opacité localisée ou non, une érosion osseuse des différentes parois des cavités de l’oreille est systématiquement recherchée au niveau du mur de la logette, de l’éperon de Koerner, du tegmen et au niveau de la paroi interne de la cavité tympanique en regard du canal semi-circulaire latéral et de la seconde portion du nerf facial. L’étude de la chaîne ossiculaire doit préciser un refoulement ou une érosion ossiculaire qui pourront être fonction de l’origine et de l’évolution d’un éventuel cholestéatome. Les coupes axiales explorent plus particulièrement la tête du marteau, le corps de l’enclume et l’articulation incudo-malléaire. Les reconstructions coronales obliques permettent une étude plus précise du manche du marteau, de la longue apophyse de l’enclume et de l’articulation incudo-stapédienne alors que les coupes axiales obliques montrent plutôt le bouton de l’étrier, ses branches ainsi que la platine. Il faudra systématiquement rechercher une anomalie de la coque du canal du nerf facial dans sa portion tympanique mais aussi dans sa portion mastoïdienne même en l’absence de paralysie faciale. La possibilité d’une éventuelle fistule labyrynthique sera plus particulièrement recherchée sur les images coronales. 3. Quelles sont les formes d’otite chronique les plus caractéristiques ? L’otite chronique peut être stabilisée sous forme de séquelles, ou évolutive. 3.1 L’otite chronique stabilisée L’otite chronique stabilisée correspond à des séquelles cicatricielles. Il peut s’agir d’une perforation tympanique, d’une tympanosclérose ou de destructions ossiculaires partielles ou totales. L’imagerie est peu utile dans les perforations simples, sauf si l’on suspecte une atteinte ossiculaire 1. La tympanosclérose peut atteindre la membrane tympanique et la chaîne ossiculaire à des degrés variables. Le scanner du rocher montre l’extension à la chaîne ossiculaire sous forme d’une déminéralisation osseuse, ou d’une fixation au cadre tympanique Abbréviations utilisées TDM : Tomodensitométrie (fig. 1) ; l’atteinte de l’étrier est visible sous forme d’un épaississement IRM : Imagerie par Résonnace Magnétique 16 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd16 16 17/09/08 11:18:33 fig. 1 fig. 2 ∂ fig. 1 Tympanosclérose : fixation du marteau au cadre tympanique Scanner en coupes coronales ∂ fig. 2 Tympanosclérose de l'étrier Epaississement des branches et de la platine de l'étrier des branches et/ou de la platine ; dans ces cas, l’indication chirurgicale à visée fonctionnelle n’est pas consensuelle (fig. 2). 3.2 L’otite chronique non stabilisée 3.2.1 Le cholestéatome Le scanner est devenu indispensable en cas de cholestéatome. Il n’est pas utile pour confirmer le diagnostic de cholestéatome, qui reste un diagnostic clinique, mais pour définir la forme radio-clinique du cholestéatome et l’extension des lésions, montrer les repères anatomiques, préciser la pneumatisation mastoïdienne, montrer les lésions associées et déceler les complications éventuelles (2,3). Le TDM pré-opératoire peut ainsi guider le geste opératoire, et orienter la technique chirurgicale. À son stade débutant, le cholestéatome se présente sous forme d’une opacité lytique, homogène et convexe. À un stade plus tardif, il s’agit d’une opacité globale, et on ne peut relever que les signes indirects du cholestéatome : atteinte ossiculaire, lyse du tegmen, de la capsule otique, de l’aqueduc de Fallope, érosion du mur de la logette, destruction des cellules mastoïdiennes. (fig. 3). Le scanner du rocher permet de définir les différentes formes radio-cliniques du cholestéatome, à partir de la classification de Jackler (4). Les formes précoces - Le cholestéatome épitympanique A B postérieur est caractérisé par une D fig. 3 Cholestéatome évolué : A Coupe axiale : lyse des cellules mastoïdiennes et atteinte ossiculaire, opacité développée à la partie latérale B. Coupe coronale : lyse du mur de la logette de l’enclume et de la tête du marteau, qui sont plus ou moins lysés. La caisse du tympan est libre et normalement ventilée. Le scanner permet d’apprécier l’étendue de l’extension à l’additus et à la mastoïde. (fig. 4). - Le cholestéatome mésotympanique est caractérisé par une opacité du A B C mésotympan étendue à l’épitympan, Dfig. 4 Cholestéatome épitympanique postérieur : A. Aspect et impliquant la chaîne ossiculaire et le récessus du facial. Le scanner otoscopique, B. Voies de développement, permet d’apprécier la lyse ossiculaire associée, la profondeur du sinus C. Scanner coupe axiale tympani, et l’extension des lésions au rétrotympan latéral (récessus du 17 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd17 17 17/09/08 11:18:33 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 2 APPORT DE L'IMAGERIE DANS LES OTITES CHRONIQUES STABILISEES ET EVOLUTIVES A B C facial), médial (sinus tympani), et à la mastoïde (fig. 5). Dfig. 5 Cholestéatome mésotympanique : - Le cholestéatome épitympanique antérieur est caractérisé au scanner A. Aspect otoscopique, B. Voies de développement, par une opacité étendue en avant de la tête du marteau, vers la C. Scanner coupe axiale : extension au sinus tympani région de la fossette sus-tubaire. Cette extension antérieure peut être sous évaluée par l’examen otoscopique simple. Le scanner, permet en outre d’apprécier les rapports avec la partie initiale de la portion tympanique du nerf facial, de visualiser une éventuelle lyse de l’aqueduc de Fallope, et de montrer l’extension dans le mésotympan antérieur, en avant du manche du marteau et à l’orifice protympanique de la trompe d’Eustache (fig. 6). A B Dfig. 6 Cholestéatome épitympanique antérieur : A. Aspect otoscopique, B. Voies de développement, C. Scanner coupes axiales A C - Le cholestéatome épitympanique latéral est caractérisé par une opacité lytique limitée à l’épitympan latéral, et étendue vers la partie supérieure de l’épitympan. L’épitympan antérieur, l’épitympan postérieur et la caisse sont libres (fig. 7). B C Dfig. 7 Cholestéatome épitympanique latéral : A. Aspect otoscopique, B. Voies de développement, C. Scanner coupe coronale 18 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd18 18 17/09/08 11:18:42 La forme tardive Le cholestéatome holotympanique est caractérisé par une opacité de la caisse du tympan, associée à un développement épitympanique antérieur ou postérieur. La chaîne ossiculaire est impliquée par l’extension de la lésion (fig. 8). La caractérisation des formes radio-cliniques permet de choisir la stratégie chirurgicale en fonction de l’extension du cholestéatome. A B C Dfig. 8 Cholestéatome holotympanique : A. Aspect otoscopique ; on remarque l'association à une otite séro-muqueuse, B. Scanner coupe axiale (mastoïde), C. Scanner coupe axiale (caisse du tympan) A 3.2.2 Le granulome à cholestérine Ce granulome correspond à une rétention de cholestérine au sein d’une muqueuse hypoventilée. Il s’agit d’une forme lentement évolutive d’otite chronique, caractérisée par une masse lytique et érosive. L’otoscopie peut montrer une rétention rétro-tympanique bleutée lorsque la lésion concerne la caisse du tympan. Le scanner du rocher fig. 9 d retrouve une opacité lytique, proche de celle retrouvée dans le Granulome à cholestéatome. Dans certains cas, il peut s’agir d’une lésion cholestérine bilatéral : A. Imagerie T1 sans injection agressive mimant un cholestéatome (5). L’IRM qui permettra de produit de contraste : d’établir le diagnostic différentiel. Il apparaît en hypersignal hypersignal spontané, spontané sur les images pondérées T1 et T2 et en hyposignal B. Imagerie en diffusion : isosignal sur les images en Diffusion (fig. 9). B 4. Comment reconnaître une lésion associée à l’otite chronique ? 4.1 Atteintes ossiculaires Parfois directement visibles à l’otoscopie, les atteintes ossiculaires sont évoquées devant l’importance du Rinne audiométrique, et confirmées par la TDM. La lyse de la branche descendante de l’enclume est suspectée devant une solution de continuité au-dessus du bouton de l’étrier, ce qui suppose des acquisitions fines dans l’axe stapédien (fig. 10, voir page suivante). L’atteinte de la superstructure stapédienne est caractérisée par l’absence de visualisation des branches de l’étrier au sein d’une opacité de la niche ovale. (fig. 11, voir page suivante). La lyse de la tête du marteau et du corps de l’enclume ne pose pas de problème diagnostique. 19 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd19 19 17/09/08 11:18:53 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 2 fig. 10 APPORT DE L'IMAGERIE DANS LES OTITES CHRONIQUES STABILISEES ET EVOLUTIVES fig. 11 ∂ fig. 10 Lyse de la branche descendante de l'enclume. A Coupe coronale oblique, B coupe axiale oblique. La flèche indique la discontinuité de la chaine ossiculaire entre le corps de l'enclume et le bouton de l'étrier ∂ fig. 11 Lyse des branches de l'étrier 4.2 Erosion de l’aqueduc de Fallope La dénudation du nerf facial est caractérisée par la disparition de la coque osseuse sur les coupes coronales. Dans la portion tympanique, on doit normalement suivre le trajet du nerf facial sur les coupes axiales. L’absence de densité osseuse entre le nerf et le cholestéatome est suspecte d’une lyse du canal facial (fig. 12). Dans la portion mastoïdienne, l’examen attentif des coupes axiales et sagittales permet de suspecter une éventuelle solution de continuité osseuse. Toutefois, même si la TDM ne montre pas de lyse franche de l’aqueduc de Fallope, le chirurgien doit rester très prudent sur le trajet du nerf en raison des faux négatifs radiologiques. Dfig. 12 Lyse du canal du nerf facial. A. Coupe coronale : disparition de la coque osseuse du canal du VII à la partie antérieure de la portion tympanique, B. Coupe coronale : présence de la coque osseuse du canal du VII à la partie postérieure de la portion tympanique, C. Coupe axiale montrant la lyse du canal du facial dans la partie antérieure de la portion tympanique. A B 4.3 Fistule labyrinthique Le diagnostic clinique d’une ouverture canalaire est facile devant le classique « signe de la fistule ». Toutefois, une fistule peut rester asymptomatique jusqu’à sa découverte radiologique. La plus fréquente est la fistule du canal semi-circulaire latéral, mieux visualisée sur les coupes coronales que sur les coupes axiales (fig. 13). Les canaux semicirculaires supérieur et postérieur peuvent également être fistulisés par le cholestéatome.Le scanner montrera la lyse osseuse, mais ne permet pas d’évaluer la pénétration intra-labyrinthique du cholestéatome. Celleci est mieux précisée par l’IRM qui montrera une image d’amputation des liquides labyrinthiques, bien visualisée sur les ∂ fig. 13 reconstructions tridimensionnelles. Cette amputation Fistule du canal peut signifier une simple compression des liquides semi-circulaire externe : par la matrice du cholestéatome, ou une pénétration A Coupe axiale, intra-labyrinthique, ou encore une labyrinthite B Coupe coronale. fibrosante (cf. infra) (fig. 14, voir page suivante). 20 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd20 20 17/09/08 11:18:58 ∂ fig. 14 Fistule du canal semi-circulaire latéral avec pénétration intracanalaire du cholestéatome visible à l'IRM A. Scanner coupe coronale B. Reconstruction IRM 3D ; la flèche montre l'amputation dans la lumière du canal. d 4.4 Toit du rocher L’érosion du toit du rocher doit être systématiquement recherchée. Elle est principalement visible sur les coupes coronales sous forme d’une solution de continuité au contact de l’opacité cholestéatomateuse (fig. 15). Dans ces cas, l’IRM complète le diagnostic en recherchant une méningocoèle ou une méningoencéphalocoèle associée, ou une pénétration intracrânienne du cholestéatome (fig. 16). fig. 15 d fig. 15 Lyse du tegmen tympani, coupe coronale fig. 16 IRM (T1 + gadolinium) : Pénétration intra-crânienne du cholestéatome à partir du lyse du toit du rocher (flèche) A 5. Quand et comment dois-je rechercher une complication grave du cholestéatome ? B fig. 16 5.1 Thrombophlébite du sinus latéral La thrombophlébite du sinus latéral doit être suspectée lorsqu’il existe une fièvre et une raideur ou une douleur cervicale chez un patient présentant une ∂ fig. 17 otite chronique. Thrombophlébite du sinus latéral. Le scanner avec injection de produit de contraste A. Scanner avec produit de montre une amputation de la lumière du sinus (6). contraste. La flèche montre une lacune intraluminale du sinus L’IRM met en évidence une différence de flux dans latéral gauche. le sinus. L’angio-IRM peut montrer la diminution B. Angio IRM La flèche montre une du flux vasculaire au niveau mastoïdien (fig. 17). amputation du sinus latéral. 5.2 Mastoidite aiguë Les signes cliniques classiques sont suffisants pour établir le diagnostic. Toutefois, il n’est pas rare que la mastoïdite soit décapitée par un traitement antibiotique, ou qu’elle évolue à bas bruit chez l’enfant. En cas de doute, le scanner du rocher montrera une opacité mastoïdienne globale, une effraction des parois osseuses et un épaississement des parties molles en regard, triade caractéristique de la mastoïdite aiguë (fig. 18 A, voir page suivante). 21 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd21 21 17/09/08 11:19:04 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 2 APPORT DE L'IMAGERIE DANS LES OTITES CHRONIQUES STABILISEES ET EVOLUTIVES A B fig. 18 : d Mastoïdite aigue avec lyse du tegmen et abcès cérébral. A. Scanner coupe axiale : opacité non spécifique des cavités de l'oreille moyenne gauche avec lyse du tegmen antérieur, B. Même patient : abcès intra-temporal gauche au dessus du toit du rocher. 5.3 Abcès intra-crânien Devant une mastoïdite ou une thrombo-phlébite, la présence de céphalées fébriles, d’un syndrome méningé, d’un syndrome cérébelleux, voire d’une altération de conscience, doit évoquer un abcès intra-crânien. Au moindre doute, le scanner avec injection de produit de contraste, ou l’IRM montra sa localisation temporale ou cérébelleuse (fig. 18 B). 5.4 Labyrinthite L’atteinte cochléo-vestibulaire doit faire évoquer une labyrinthite. On peut distinguer différents stades, caractérisés par leur aspect radiologique Tableau 1 (fig. 19). Stade Aigu Fibrotique Intermédiaire Evolué A TDM Présents Présents Ossification débutante Ossification étendue T2 CISS Présents Absents Absents Absents T1 Gado Hypersignal Hypersignal Hypersignal Pas de signal B ∂ Tableau 1. Analyse des liquides labyrinthiques au cours des différents stades de labyrinthite C D fig. 19 Labyrinthite ossifiante avec amputation du canal cochléaire, séquellaire d'otite chronique. A. Otoscopie, B. Scanner coupe axiale : ossification partielle du tour basal de la cochlée, C. Reconstruction IRM 3D des liquides cochléaires : amputation du tour basal en rapport avec l'ossification visible au scanner. 6. Est-ce que l’IRM peut faire la différence entre un cholestéatome, un granulome à cholestérine et un abcès intra-pétreux ? La technique d’exploration IRM des opacités post-opératoires à la recherche d’une récidive de cholestéatome nécessite trois acquisitions : T1 sans injection de gadolinium, séquence de diffusion (facteur b800), puis une nouvelle acquisition en T1 45 minutes après injection de gadolinium (T1 retardé). Les acquisitions se font en coupes axiales et coronales, et doivent être corrélées au scanner. 22 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd22 22 17/09/08 11:19:10 fig. 20 d IRM du cholestéatome. A. IRM T1 sans injection. Masse tissulaire isointense, B. IRM T1 45 minutes après injection Pas de rehaussement de la masse. Liseré périphérique prenant le contraste correspondant aux lésions inflammatoires périphériques, C. IRM en séquence de diffusion. Hypersignal Le cholestéatome se caractérise par une masse isointense en T1 sans injection de gadolinium, par une absence de prise de réhaussement 45 minutes après injection, et par un hypersignal sur les séquences en diffusion (fig. 20). Le granulome à cholestérine est caractérisé par la rétention liquidienne de cholestérine au sein d’une muqueuse mal ventilée. Il s’agit d’une forme lentement évolutive d’otite chronique (cf. supra), pour laquelle se pose le diagnostic différentiel du cholestéatome. Le scanner montre une opacité lytique, convexe ou globale. L’IRM montre une lésion hyperintense en T1 sans injection, et isointense en séquence de diffusion, (voir fig. 9). Le granulome inflammatoire correspond à une organisation fibreuse inflammatoire non liquidienne, pouvant s’étendre rapidement dans les cavités de l’oreille moyenne (7). Il peut s’agir d’une otite subaiguë, pouvant passer à la chronicité. Le scanner montre une opacité globale, non spécifique. L’IRM montre un isosignal T1 sans injection, un rehaussement homogène 45 minutes après injection de produit de contraste. Les séquences en diffusion ne montrent pas d’hypersignal (fig. 21). A B ∂ fig. 21 Granulome inflammatoire : A. IRM T1 sans produit de contraste. Le granulome inflammatoire montre un isosignal, B. IRM T1 tardive après injection. Le granulome inflammatoire se rehausse de façon homogène L’abcès intra-pétreux complique une mastoïdite. Il peut avoir une évolution torpide, à bas bruit, ou au contraire aiguë. Son évacuation chirurgicale est une urgence. L’IRM montre un A B isosignal en T1 avant injection de gadolinium, un hypersignal périphérique sur les séquences T1, 45 minutes après injection et un hypersignal sur les séquences en diffusion. La clinique permet de le différencier du cholestéatome (fig. 22). fig. 22 : d Abcès intra-pétreux. A. IRM T1 tardive après injection de produit de contraste. La masse se rehausse en périphérie avec un centre qui reste hypointense et des bords qui paraissent flous, B. IRM séquence en diffusion (facteur B800). L'abcès apparaît en hypersignal A B Ces données sont résumées (tableau 2 page suivante) 23 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd23 23 17/09/08 11:19:15 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 2 Granulome à cholestérine Granulome inflammatoire Cholestéatome Abcès intra-pétreux APPORT DE L'IMAGERIE DANS LES OTITES CHRONIQUES STABILISEES ET EVOLUTIVES T1 Hyperintense Hypointense Hypointense Hypointense Diffusion b800 Isointense Isointense Hyperintense Hyperintense T1 retardé Hyperintense Hyperintense Hypointense Hypointense ∂ Tableau 2 Diagnostic différentiel IRM des opacités post-opératoires 7. Quelle surveillance radiologique pour les cholestéatomes opérés ? Si la surveillance clinique des cholestéatomes opérés fait l’objet d’un relatif consensus, la surveillance radiologique est encore discutée. La surveillance radiologique est indissociable de la surveillance clinique. Elle est prescrite en fonction des données chirurgicales initiales, de l’aspect otoscopique, et des données audiométriques. Le principe même d’une révision chirurgicale systématique après un ou plusieurs temps opératoires doit être adapté aux progrès de l’imagerie, au résultat fonctionnel et à la demande des patients. 7.1 surveillance avant révision chirurgicale Un examen scannographique de référence est réalisé un an après le temps opératoire. Si l’aspect otoscopique est satisfaisant, le résultat auditif favorable, et si le scanner montre des cavités claires, sans opacité suspecte, la révision chirurgicale n’est pas indispensable (fig. 23). A B D fig. 23 Cavité aérée après un premier temps chirurgical. On remarque l'épaisseur de la greffe cartilagineuse, A. Aspect otoscopique, B. Scanner coupes coronales. Toutefois, chez l’enfant, la surveillance sans révision chirurgicale n’est pas recommandée (8). Si le scanner montre une opacité convexe, limité, érosive, suspecte de cholestéatome, la révision chirurgicale est nécessaire (fig. 24). Celle-ci s’impose également lorsque le résultat auditif est insuffisant. Le scanner montre l’état de la columelle. Si le scanner montre une opacité globale, l’IRM permet de différencier une séquelle opératoire simple, inflammatoire et un cholestéatome au sein de l’opacité (9,10) ; la résolution actuelle de l’IRM permet de détecter les petits cholestéatomes résiduels de 2 à 5 mm suivant les auteurs (11-14). En cas de cholestéatome, la révision s’impose. S’il ne s’agit que d’une opacité inflammatoire, la révision sera discutée en fonction des seuils auditifs, en gardant à l’esprit que le pronostic fonctionnel est rarement favorable lorsqu’il persiste une opacité complète de la caisse du tympan, témoin d’une ventilation insuffisante. 24 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd24 24 17/09/08 11:19:19 A B D fig. 24 : Cholestéatome résiduel. A. Otoscopie. Tympan sain, greffe de cartilage postérieure, B. TDM coupes axiales : petit cholestéatome résiduel non visible à l'otoscopie 7.2 surveillance après révision chirurgicale S’il n’existait pas de cholestéatome résiduel lors de la révision, l’imagerie ne s’impose pas en première intention. Elle ne sera réalisée que devant une évolution otoscopique significative, ou une évolution clinique. En cas d’exclusion d’oreille moyenne, le scanner est souvent insuffisant pour déceler un éventuel cholestéatome résiduel tardif : c’est dans ce cas que l’IRM avec injection de gadolinium et clichés retardés prend tout son intérêt. S’il existait un cholestéatome résiduel lors de la révision, il est recommandé de refaire un scanner un an après le temps de révision. En cas de doute sur un nouveau résidu, l’IRM avec clichés retardés et séquences de diffusion permet de confirmer ou d’infirmer la nécessité d’une nouvelle révision chirurgicale (15). 8. En guise de conclusion : quand demander un scanner ou une IRM en cas d’otite chronique ? Devant une otite chronique simple, stabilisée ou séquellaire, le scanner n’est pas indispensable, sauf si l’on suspecte une tympanosclérose stapédienne, qui peut remettre en cause l’indication opératoire. Devant une otite chronique évolutive, le scanner nous paraît indispensable en première intention (16). Il permet d’apprécier l’extension des lésions et de déceler des complications cliniquement muettes. L’IRM complète le scanner en cas de suspicion d’une complication vasculaire, endolabyrinthique ou intra-crânienne. Devant un cholestéatome opéré, outre la surveillance clinique, l’association d’un scanner et d’une IRM en cas d’opacité douteuse ou globale, permet de déceler la présence d’un cholestéatome résiduel (17). Sa fiabilité de plus en plus importante permettra peut-être de remettre en question le principe d’une révision chirurgicale systématique (18). ■ 25 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd25 25 17/09/08 11:19:22 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 2 APPORT DE L'IMAGERIE DANS LES OTITES CHRONIQUES STABILISEES ET EVOLUTIVES Bibliographie 1. Denoyelle F, Darrouzet V. Traitement chirurgical des perforations tympaniques de l’enfant. Rev Laryngol Otol Rhinol 2 004 ; 125 : 3-16. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. Williams MT, Ayache D. [Imaging in adult chronic otitis]. J Radiol 2 006 ; 87 : 1743-1755. Maroldi R, Farina D, Palvarini Let al. Computed tomography and magnetic resonance imaging of pathologic conditions of the middle ear. Eur J Radiol 2 001 ; 40 : 78-93. Jackler RK. The surgical anatomy of cholesteatoma. Otolaryngol Clin North Am 1 989 ; 22 : 883-896. Martin TP, Tzifa KT, Chavda S, Irving RM. 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Alain Bonafé Service de radiolologie [email protected] Dr. Vincent Poirier Service de radiologie • CHU Montpellier Hopital Gui de Chauliac 34 295 Montpellier 27 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd27 27 17/09/08 11:19:25 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 3 IMAGERIE DE L'APEX PÉTREUX ET DES PARAGANGLIOMES I. Imagerie des LESIONS de l’apex pétreux L’os pétreux est divisé en deux régions séparées par un plan vertical passant par le modiolus de la cochlée: une portion postérieure périlabyrinthique et un apex pétreux antérieur (fig. 1). ∂ fig. 1 : L’os pétreux est divisé en deux régions séparées par un plan vertical qui passe par le modiolus de la cochlée : une portion postérieure périlabyrinthique et un apex pétreux antérieur (zone grisée). C= cochlée ; ACI= artère carotide interne ; V= vestibule ; OE= oreille externe; OM= oreille moyenne; AP= apex pétreux ; PP= portion postérieure périlabyrinthique. Les deux principales techniques d’exploration radiologique de l’apex pétreux sont la Tomodensitométrie injectée (TDM) et la Résonance magnétique injectée (IRM). L’apex pétreux peut être très pneumatisé (parfois des cellules aériennes géantes peuvent empiéter sur la paroi antérieure du conduit auditif interne et simuler une lésion lytique, ou être constitué d’os compact ou encore de diploë (rempli par la moelle osseuse)). L’intensité du signal de l’apex en IRM varie avec la texture de l’os : absence de signal en T1 et en T2 s’ il est très pneumatisé ou compact, hyper-intensité du signal en T1 et hypo-intensité en T2 s’ il s’agit de diploë (car la moelle osseuse est riche en graisse). La texture de l’os des deux apex pétreux peut être asymétrique : dans ce cas, un hypersignal unilatéral donné en T1 par la moelle osseuse du diploé en IRM peut simuler une lésion pathologique mais la texture osseuse bien appréciable au scanner et l’hypo-intensité du signal en T2 suffisent à différentier cette variante anatomique de la plupart des lésions pathologiques qui apparaissent hyper-intenses en T2. Les principales lésions de l’ apex pétreux sont : granulome à cholestérine, cholestéatome, apicite pétreuse, épanchement dans l’apex pétreux, ostéomyélite de la base du crâne, chondrosarcome, métastases, chordome, anévrysme de l’artère carotide interne intra-pétreuse, histiocytose X, schwannome, méningiome, paragangliome et cancer du nasopharynx. Il s’agit dans tous les cas d’ affections relativement rares. On peut distinguer parmi elles, les lésions primitives (36%), nées dans l’apex pétreux et les lésions secondaires (64%), atteignant l’apex soit par invasion par continuité soit par voie métastatique. A. Granulome à cholestérine (fig. 2). Il s’agit de la lésion primaire la plus fréquente de l’apex pétreux. Elle résulte d’une obstruction chronique des cellules pneumatisées, entrainant une dépression dans la lumière des cellules apicales, puis une transsudation et d fig. 2 Granulome à cholestérine; fig. 2A : TDM. Lésion kystique hypodense dans l’apex pétreux ; fig. 2B : IRM T1 ; fig. 2C IRM T2 ; fig. 2D : IRM injecté. A l'IRM, ces lésions sont hyper intenses en T1 (fig. 2B) et en T2 (fig. 2C); il n’y a pas de rehaussement après injection de gadolinium (fig. 2D). 28 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd28 28 17/09/08 11:19:25 une hémorragie. Les érythrocytes sont alors dégradés et libèrent des cristaux de cholestérol qui induisent la formation d’un granulome à corps étranger. Les lésions sont évolutives en raison de la chronicité du saignement. Au scanner (fig. 2A), ces lésions apparaissent comme des lésions kystiques hypodenses qui grossissent progressivement dans l’apex pétreux. Les limites de l’érosion de l’os sont nettes. La densité est similaire à celle du parenchyme cérébral. Il n’y a pas de prise de contraste après injection. Le scanner fournit des informations essentielles pour déterminer la voie de drainage la plus appropriée (infra-cochléaire, infra-labyrinthique, sus-pétreuse ou trans-sphénoïdale). A l’IRM, ces lésions sont hyper intenses en T1 (fig. 2B) et en T2 (fig. 2C), en raison de l’hémorragie et des produits de dégradation associés. Il n’y a pas de rehaussement après injection de gadolinium (fig. 2D). Des zones d’absence de signal causées par des dépôts d’hémosidérine sont souvent rencontrées. Le granulome à cholestérine peut être différencié de la moëlle osseuse par la différence d’intensité du signal en T2, et du cholestéatome congénital par la différence d’intensité du signal en T1. L’IRM est très importante pour le suivi post-chirurgical: un liquide séreux, un liquide muqueux, ou du tissu cicatriciel occupant le site d’un granulome à cholestérine déjà drainé donnent une hypo-intensité en T1 et jamais l’aspect d’une lésion expansive. On doit suspecter une récidive d’un granulome à cholestérine lorsque le liquide dans le kyste devient à nouveau hyper intense en T1. A. Cholestéatome congénital (fig. 3). Il s’agit d’une lésion rare composée de débris de kératine desquamés entourés d’une capsule d’épithélium squameux stratifié. Au scanner, les cholestéatomes apparaissent comme des lésions kystiques hypodenses qui grossissent progressivement dans l’apex pétreux. Les limites de l’érosion de l’os sont nettes. La densité est similaire à celle du cerveau. Il n’y a pas de prise de contraste après injection. Dans la plupart des cas, les cellules mastoïdiennes sont normales. On ne peut pas différencier les cholestéatomes et le granulome à cholestérine au scanner ; mais en IRM, ces lésions sont hypo-intenses en T1 (fig. 3A) et hyper intenses en T2 (fig. 3B et fig. 3C), il n’y a pas de prise de contraste après injection. L’IRM est utilisée également pour l’évaluation des complications intracrâniennes. D fig. 3 Cholestéatome congénital: à l’IRM, ces lésions sont hypo-intenses en T1 (fig. 3A) et hyper intense en T2 (fig. 3B et fig. 3C); il n’y a pas de rehaussement après injection de gadolinium (fig. 3D). A. Cholestéatome acquis. La densité au scanner et l’intensité du signal en IRM sont les mêmes que celles du cholestéatome congénital. A. Pétrosite. Elle se développe quand une otite moyenne aiguë s’étend à un apex pétreux bien pneumatisé. Au scanner, les cellules de la pyramide pétreuse sont comblées, les parois des cellules au début sont mal définies puis détruites avec formation de cavités coalescentes. L’infection peut s’étendre au niveau intracrânien et entraîner des complications 29 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd29 29 17/09/08 11:19:28 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 3 IMAGERIE DE L'APEX PÉTREUX ET DES PARAGANGLIOMES graves. L’apicite typiquement ne prend pas le contraste, mais si l’infection a formé un abcès par la coalescence des cavités, une prise de contraste périphérique peut être présente au scanner injecté. En IRM, la pétrosite aiguë avec formation d’abcès donne une hypo-intensité en T1 et une hyper intensité en T2, et peut aussi présenter une prise de contraste périphérique après injection. L’IRM permet une meilleure évaluation des complications intracrâniennes que le scanner. A. Epanchement dans l’apex pétreux. Il se développe suite à une dysfonction de la trompe d’Eustache, à une infection des voies aériennes supérieures, ou à un barotraumatisme. Un épanchement ne s’accompagne pas d’érosion osseuse mais s’il persiste, avec le temps, il peut se développer un granulome à cholestérine ou une mucocèle : c’est la raison pour laquelle un suivi radiologique strict est recommandé. Au scanner, un épanchement se manifeste par une hypodensité qui remplit les cellules aériennes sans aucun signe de destruction osseuse. L’épanchement dans l’apex pétreux a le même aspect en IRM que le cholestéatome (hypo-intensité en T1, hyper intensité en T2); pour différencier les deux, le scanner est nécessaire car les parois des cellules ne sont pas préservées s’il s’agit d’un cholestéatome, alors qu’elles le sont s’il s’agit d’un épanchement. Après injection de gadolinium, on peut retrouver une prise de contraste de la muqueuse. A. Ostéomyélite de la base du crâne. L’infection de l’apex pétreux peut intéresser soit les cellules aériennes (apicite), soit l’os et la moelle osseuse (ostéomyélite). L’ostéomyélite de la base du crane est le plus souvent secondaire à une otite externe maligne chez un patient immunodéprimé ou diabétique. Typiquement, l’apex pétreux n’est pas la seule région anatomique affectée, mais une portion étendue de la base du crane est intéressée. Au scanner, on note d’abord une hypodensité dans le conduit auditif externe, dans l’oreille moyenne et dans les espaces pneumatisés du rocher ; une déminéralisation apparaît ensuite ; dans les cas avancés on peut voir des aspects d’ostéolyse irrégulière. L’IRM montre une hyper intensité mal définie, irrégulière, en T2. Dans les séquences T1 injectées, on peut voir une prise de contraste. L’extension est mal appréciée en IRM car la texture de l’os n’est pas visualisée. La scintigraphie au Technétium est l’examen le plus sensible et peut documenter la présence d’une ostéomyélite de la base du crâne dans la phase initiale, lorsque la déminéralisation n’est pas encore visible au scanner. La fixation scintigraphique est liée à la présence d’un remaniement osseux. Cette fixation reste longtemps visible après l’éradication de l’infection (tant que les remaniements osseux ne sont pas achevés), mais elle n’est pas spécifique : tout remaniement osseux, quelle qu'en soit l’origine, entraine une fixation. La scintigraphie au Gallium donne une cartographie de la région intéressée par l’inflammation. La positivité des images est liée à la présence d’une inflammation. La scintigraphie au Ga est utilisée pour contrôler l’efficacité de l’antibiothérapie. A. Anévrysme de l’artère carotide interne. L’anévrysme de l’artère carotide interne pétreuse est extrêmement rare. Au scanner, on observe une lésion bien délimitée érodant l’os, et lors de l’angioscanner, on note un rehaussement plus ou moins homogène selon les volumes relatifs de sang circulant et de thrombus. En IRM, l’aspect peut être complexe, avec des zones sans signal correspondant au sang circulant. L’intensité du signal en T1 et T2 dépend de la quantité de thrombus présents et de l’âge de l’anévrysme. 30 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd30 30 17/09/08 11:19:30 L’angiographie est demandée pour confirmer le diagnostic en case de doute - l’angiographie par résonance magnétique amène peu d’informations supplémentaires. A. Chondrosarcome. Tumeur rare, il se présente au scanner comme une destruction osseuse irrégulière avec des zones de prise de contraste après injection. On peut aussi mettre en évidence des calcifications multiples. À l’IRM, le chondrosarcome est hypo-intense en T1, très hyper intense en T2, et la prise de contraste après injection est très importante. Différencier cette lésion d’un chordome peut être difficile, mais les chondrosarcomes ont tendance à prendre naissance plus latéralement (dans l’apex pétreux) que les chordomes. A. Chordome (fig. 4). Il a pour point de départ des résidus embryonnaires de la notocorde, structure de la ligne médiane ; la plupart des chordomes prennent naissance dans le clivus et s’étendent secondairement dans l’apex pétreux. Des extensions latérales de la notocorde peuvent être présentes dans la portion la plus médiale de l’apex pétreux. C’est la raison pour laquelle certains chordomes se développent entièrement dans l’apex pétreux. Au scanner, on observe une destruction osseuse irrégulière sur la ligne médiane avec des zones de prise de contraste après injection. On peut aussi mettre en évidence des calcifications multiples. À l’IRM, le chordome est hypo-intense en T1, très hyper intense en T2, et la prise de contraste après injection est très importante. Au scanner et à l’IRM, l’aspect est semblable à celui des chondrosarcomes, mais les chordomes sont généralement plus médians que les chondrosarcomes. d fig. 4 Chordome du clivus. À l’IRM, le chordome est hypo-intense en T1 (fig. 4A), très hyper intense en T2 (fig. 4B), et la prise de contraste après injection est très importante (fig. 4C). A. Métastases. Elles sont rares, et proviennent par ordre de fréquence décroissante d’un cancer du sein, du poumon, du rein, de la prostate ou du colon. Généralement, les métastases pétreuses ne sont pas les premières observées. Au niveau du rocher, les métastases mastoïdiennes sont plus fréquentes. L’aspect au scanner et à l’IRM est variable selon le tissu d’origine ; la plupart des métastases détruisent l’os, mais il existe des métastases ostéoblastiques. La destruction osseuse est d’habitude irrégulière, mais peut très bien être délimitée. A. Histiocytose X. Trois catégories sont décrites : la maladie de Letterer-Siwe, la maladie de Hand-Schuller-Christian et le granulome éosinophile. Ce sont surtout ces deux dernières qui peuvent être rencontrées dans l’os temporal, sous la forme d’une lésion unique (granulome éosinophile) ou de lésions multiples (Hand-Schuller-Christian) détruisant l’os pétreux. 31 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd31 31 17/09/08 11:19:31 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 3 IMAGERIE DE L'APEX PÉTREUX ET DES PARAGANGLIOMES Elles sont bien visibles au scanner. En IRM injectée, la prise de contraste est massive. A. Méningiome (fig 5). Bien qu’il prenne rarement naissance dans l’apex pétreux, il peut infiltrer l’os de cette région. Il peut s’agir d’un méningiome en plaque, forme donnant des modifications réactionnelles d’ostéocondensation de l’os temporal sous-jacent. A. Schwannome. Les schwannomes intéressent d’habitude l’apex pétreux par extension à partir de leur nerf d’origine. A. Carcinome indifférencié du nasopharynx. Il peut envahir l’apex pétreux par contiguité. II. Imagerie des Paragangliomes tympaniques et jugulaires (fig. 6 et fig. 7) Ces tumeurs se développent à partir de formations paraganglionnaires situées le long du nerf de Jacobson (paragangliome D fig. 5 Méningiome du sinus caverneux tympanique) ou dans la fosse jugulaire (paragangliome jugulaire). Elles droit responsable d'une infiltration du canal représentent la deuxième tumeur en fréquence dans l’os temporal après le carotidien et de l'apex pétreux; fig. 5A: on remarque un hypersignal en T1; fig. 5B : on schwannome. Ce sont les tumeurs les plus fréquentes dans l’oreille moyenne et remarque un hypersignal en T2; fig. 5C: en la pathologie la plus fréquente du foramen jugulaire. angio-IRM, on note la prise de contraste de L’IRM a fortement amélioré le diagnostic positif (montrant les petites zones la lésion. Courtoisie du service de Neuroradiologie (Pr Bonafé); CHU de dépourvues de signal qui correspondent aux vaisseaux intra-tumoraux Montpellier. caractéristiques), ainsi que le bilan d’extension de ces lésions. L’IRM a permis de réduire le recours à l’angiographie pendant le bilan diagnostique. A. Paragangliomes tympaniques. Les paragangliomes tympaniques se présentent au scanner comme des nodules tissulaires plus ou moins arrondis au contact du promontoire et du canal de Jacobson. L’injection intraveineuse de produit de contraste entraîne un net rehaussement de la densité lésionnelle. Si la lésion est plus étendue, mais reste entourée d’air, le diagnostic reste assez facile du fait du centrage au contact du nerf de Jacobson. Si l’extension lésionnelle est importante, avec un épanchement séreux du fait de l’obstruction de la trompe auditive, le scanner montre une plage tissulaire comblant globalement la partie moyenne et inférieure de la cavité tympanique. L’IRM prend alors toute sa valeur, montrant le signal intermédiaire du glomus mal individualisé par rapport à l’otite séreuse de voisinage. C’est l’injection intraveineuse de Gadolinium qui améliore les possibilités d’interprétation avec le rehaussement du signal intra-tumoral en T1 différent du signal intermédiaire séreux de la réaction liquidienne de voisinage. L’IRM peut poser dans certains des problèmes de lecture liés à une hyperplasie muqueuse importante, qui prend également le contraste. La clinique est en général évocatrice, et ce diagnostic différentiel pose peu de problèmes. Quand la lésion continue à grossir, elle va repousser latéralement la membrane tympanique, provoquer une érosion 32 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd32 32 17/09/08 11:19:33 fig. 6 fig. 7 D fig. 6 : Paragangliome jugulaire ; l' IRM constitue l'examen de choix pour le bilan d'extension montrant une masse de signal intermédiaire en T1 (6A), très nette en T2 ponctuée de petites zones de faible signal (6B) témoignant de la vascularisation artérielle. La prise de contraste est très forte lors de l’injection (6C et 6D). fig. 7 : Paragangliome jugulaire; l’angioIRM montre l’hypervascularisation de la lésion et analyse les pédicules nourriciers. régulière du promontoire, et envahir les cellules aériennes hypotympaniques et mastoïdiennes. Quand la lésion érode la fosse jugulaire, il n’est plus alors possible de la différencier d’un paragangliome jugulaire. L’artériographie ne doit plus être pratiquée systématiquement pour établir le diagnostic. En cas de doute, elle permet la confirmation du diagnostic la plupart du temps déjà évoqué en TDM et IRM. Elle est aujourd’hui indiquée dans le cadre d’une approche thérapeutique pour réaliser une embolisation notamment dans le territoire tympanique inférieur 24 à 48 heures avant la chirurgie. L’artériographie est aussi utile pour étudier la tolérance à l’occlusion de l’artère carotide interne (test de clampage) si besoin (éventualité rare). A. Paragangliomes jugulaires. L’aspect typique au scanner des paragangliomes jugulaires est une masse élargissant et érodant les pourtours du foramen jugulaire. L’extension se fait vers l’artère carotide interne avec érosion du septum osseux entre la veine jugulaire et l’artère carotide interne, vers la dure-mère, vers le méat acoustique interne (MAI) via une lyse du plancher du MAI, vers le labyrinthe et vers l’oreille moyenne par destruction du plancher tympanique. Plus la lésion grossit, plus l’érosion de la face postéro-inférieure de la pyramide pétreuse devient importante, ainsi que l’érosion de l’os occipital, exposant le canal du nerf grand hypoglosse. Les grandes tumeurs débordent dans la fosse cérébrale postérieure en extradural vers le haut (plus rarement en intradural), et dans le cou et le long de la veine jugulaire interne vers le bas. Ces extensions sont bien appréciées avec l’IRM. L’ IRM constitue l’examen de choix pour le bilan d’extension montrant une masse de signal intermédiaire en T1, très nette en T2 ponctuée de petites zones de signal faible témoignant de la vascularisation artérielle. La prise de contraste est très forte et les séquences pondérées en T1 après contraste donnent une excellente approche dans les trois plans de l’espace du volume lésionnel. L’angiographie par résonance magnétique est utile pour évaluer les rapports tumoraux avec l’artère carotide interne. Le scanner complète le bilan d’extension en montrant les lyses osseuses ; il peut être utile en cas de doute avec une artère carotide aberrante. L’artériographie carotidienne sert à emboliser la tumeur 24 à 48 heures avant la chirurgie 33 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd33 33 17/09/08 11:19:35 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 3 IMAGERIE DE L'APEX PÉTREUX ET DES PARAGANGLIOMES ou pour étudier la tolérance à l’occlusion de l’artère carotide interne. III. Conclusions L’imagerie a fortement amélioré le diagnostic positif et le diagnostic différentiel des lésions de l’apex pétreux ; malheureusement, la symptomatologie étant souvent peu spécifique, les retards diagnostiques restent de mise, et il n’est pas rare de voir un certain nombre de ces lésions diagnostiquées sur une IRM ou un scanner faits pour d’autres raisons. ■ Lésion TDM T1 T2 IRM T1-Gadolinium Cholestéatome Lésion kystique hypodense Hypo Hyper Aucune prise de contraste Granulome à cholestérine Lésion kystique hypodense Hyper Hyper Aucune prise de contraste Pétrosite Cellules comblées ; parois des Hypo cellules au début mal définies puis détruites avec formation de Hyper Prise de contraste périphérique cavités coalescentes Epanchement dans l’apex pétreux Hypodensité qui remplit les cellules aériennes sans aucun signe de destruction osseuse Hypo Hyper Prise de contraste de la muqueuse Moelle osseuse - Hyper Hypo Aucune prise de contraste Néoplasie Destruction osseuse irrégulière Hypo Hyper Prise de contraste D Tableau 1 : Principales caractéristiques radiologiques des lésions de l’ apex pétreux 34 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd34 34 17/09/08 11:19:38 Vincent Darrouzet, Xavier Barreau Imagerie des vertiges et des troubles de l'equilibre 4 Pr. Vincent Darrouzet Service d'ORL et de Chirurgie de la Base du Crâne, [email protected] Dr. Xavier Barreau Service de Neuradiologie Interventionelle et Diagnostique, [email protected] • Hôpital Pellegrin, CHU de Bordeaux 35 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd35 35 17/09/08 11:19:38 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 4 IMAGERIE DES VERTIGES ET DES TROUBLES DE L'EQUILIBRE N ous avons souhaité présenter ce chapitre en suivant un algorithme très clinique, proche des préoccupations et du raisonnement du praticien et en séparant les problèmes très différents posés par l’enfant et l’adulte. En matière de vertiges, il convient de parler « d’imagerie », car l’IRM a un rôle central. Toute la difficulté réside dans la connaissance que le prescripteur doit avoir des possibilités qu’offre cet examen et ses différentes modalités. Certes, le choix technique sera au final celui du radiologue, mais la qualité des renseignements cliniques fournis, largement dépendante de celle de l’examen clinique et des explorations qui ont précédé, est ici déterminante. Mais l’IRM ne doit surtout pas remplacer le raisonnement médical, basé sur un bon examen clinique et une exploration otoneurologique instrumentale parfaitement orientée. Les vertiges se définissent comme une illusion de mouvement. C’est à n’en pas douter une des sensations les plus angoissantes pour l’être humain et il est bien difficile d’échapper à la pression du patient qui réclame l’examen d’imagerie sensé tout expliquer. On ne dira jamais assez combien la clinique est essentielle et déterminante dans ce domaine et combien finalement l’imagerie ne l’est pas, en dehors de certains contextes et de certains diagnostics que nous allons envisager ici. Nous partirons dans tous les cas du contexte clinique avant de parler de l’imagerie et de sa juste place dans la conduite diagnostique. 1-Les vertiges de l’adulte 1-1 Les vertiges aigus à tympan normal 1-1-1 Les grands vertiges aigus périphériques Les grandes crises vertigineuses rotatoires posent peu de problèmes diagnostiques quand la clinique est complète et évocatrice. Elles correspondent pour l’essentiel à deux grands diagnostics : la névrite vestibulaire et la maladie de Menière. Beaucoup plus rare est l’hémorragie labyrinthique. 1-1-1-1 La névrite vestibulaire L’unicité de la crise, son caractère violent et intense et l’absence de signes cohléaires suscite peu de doute et l’imagerie y est donc peu pratiquée en dehors des cas où les vertiges et surtout l’instabilité persistent par défaut de compensation. À chaud, l’IRM en T1 mettrait en évidence un réhaussement du nerf vestibulaire après injection de gadolinium. À froid et à distance de l’épisode aigu, elle n’apporte rien en dehors d’une absence de lésion tumorale. 36 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd36 36 17/09/08 11:19:38 Un cas particulier de ces névrites est le zona. L’infection à virus varicelle-zona donne ne effet non seulement une paralysie faciale qui fait sa réputation mais aussi des vertiges intenses souvent associés à une atteinte cochléaire. Il s’agit ici d’une polyganglioneurite (fig. 1) 1-1-1-2 La Maladie de Menière et les syndromes ménieriformes Nous regrouperons dans ce chapitre les vertiges évoluant par grandes D fig. 1 – Névrite zostérienne. IRM en T1 après injection de crises, associés à des manifestations cochléaires (surdité fluctuante, Gadolinium (coupe axiale). Rehaussement du ganglion géniculé diffusant le long de l’arachnoïde du méat auditif sensations d’oreille bouchée, acouphènes). interne gauche et du nerf vestibulaire. La longueur de l’évolution d’une maladie de Menière vraie à l’échelle de la vie du patient conduit sans exception ou presque ce dernier dans une machine d’IRM. L’IRM ne visualise pas d’anomalie. Mais il faut savoir que la « Maladie de Menière », dans la complétude de ses symptômes, peut être « secondaire » et que l’imagerie se justifie. Certaines pathologies tumorales déclenchent en effet une symptomatologie typique et très trompeuse en envahissant le sac endolymphatique et en perturbant sa physiologie. Il s’agit le plus souvent de méningiomes (fig. 2), infiltrant la dure-mère située en arrière du méat auditif interne. Ces tumeurs se reconnaissent aisément par leur forme convexe, leur assise très large sur la dure-mère et souvent sur la tente du cervelet, leur caractère décentré par rapport au méat auditif interne qui est inconstamment envahi, à la différence de ce que fait le schwannome vestibulaire. Plus rares sont les granulomes à cholésterine rétrolabyrinthiques dont le développement dans l’apex pétreux est beaucoup plus fréquent et représente même la règle. Ils se reconnaissent en IRM par leur caractère spontanément en hypersignal T1 et T2. Les tumeurs neuroendocrines du sac sont exceptionnelles. Il s’agit d’adénomes papillaires. Ils se reconnaissent au scanner à leur caractère destructeur très ostéolytique en arrière du labyrinthe dans la zone de l’aqueduc et du sac. Ils se différencient en IRM du granulome à cholestérine qui donne un aspect proche au scanner, par la prise de contraste rapide et intense qui caractérise une tumeur souvent hypervascularisée (fig. 3, voir page suivante). Il importe de savoir que cette D fig. 2 – Méningiome du sac endolymphatique gauche. Examen tumeur évolue en règle dans un contexte de maladie de von TDM en fenêtre osseuse (coupe axiale). Ostéome d’insertion centré sur l’aqueduc vestibulaire en arrière du méat auditif interne. Hippel Lindau connue ou inconnue et qu’il importe d’en rechercher les autre atteintes tumorales (particulièrement le cancer du rein qui fait le pronostic) en même temps que d’explorer le contexte génétique par une consultation spécialisée. L’otospongiose peut s’accompagner de crises vertigineuses méniériformes, par trouble de l’hydraulique de l’endolymphe. C’est particulièrement le cas de l’otospongiose qui peut s’exprimer ainsi dans 7 à 10% des cas. Il faudra y penser face à des vertiges associés à une surdité mixte et des anomalies des réflexes stapédiens. Le scanner permet de montrer le foyer d’ostéodysplasie caractéristique de la maladie. 37 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd37 37 17/09/08 11:19:39 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 4 IMAGERIE DES VERTIGES ET DES TROUBLES DE L'EQUILIBRE A B D fig. 3 – Adénome papillaire du sac endolymphatique gauche. A/ Examen tomodensitométrique en fenêtre osseuse. Ostéolyse typique située en regard du sac endolymphatique en arrière du vestibule et sous le méat auditif interne. B/ examen IRM en T1 sans injection de gadolinium. Hypersignal marqué évoquant la présence de sang dans la tumeur. 1-1-1-3 Les hémorragies labyrinthiques Elles sont très bruyantes et associent une surdité brutale profonde associée à un grand syndrome vertigineux périphérique destructeur. Elles apparaissent plus volontiers après un effort en pression (vomissements), mais pourraient être spontanées. Elles peuvent également être la conséquence d’une irradiation par gamma-knife. Elles sont peut-être plus fréquentes que décrites. Rares sont en effet les cas documentés, car ils nécessitent que soit fig. 4 – Hémorragie intra-labyrinthique. Examen IRM en T1 sans injection. Hypersignal spontané situé dans le vestibule droit et les canaux semi-circulaires. d réalisée une IRM précoce après la crise. Cette dernière visualise un hypersignal spontané en T1 tous à fait caractéristique, alors que l’imagerie T2 ne met en évidence aucun processus occupant du labyrinthe (fig. 4) 1-1-2 Les vertiges aigus centraux Il s’agit de vertiges de séméiologie dysharmonieuse. Le patient est inquiétant par une somnolence ou des troubles de conscience, des céphalées, un syndrome cérébelleux, l’apparition d’autres atteintes nerveuse (nerfs mixtes, 38 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd38 38 17/09/08 11:19:41 nerf abducens, nerf facial). Un tel tableau impose une imagerie en urgence : le scanner permet de mettre en évidence une hémorragie récente ou un œdème cérébelleux menaçant. L’IRM avec protocole d’angio-IRM , de diffusion, et de « temps de vol » (TOF) argumente l’ischémie et l’existence éventuelle d’une sténose artérielle. D fig. 5 – Accident vasculaire du tronc cérébral et de la fossette latérale du bulbe. A/ Examen IRM en T1 injecté à J2. Hypersignal intraparenchymateux signant une participation hémorragique dB/ Examen IRM en T2 à J30. Hyposignal ischémique de la région de la fossette latérale du bulbe diffusant sur le pédoncule cérébelleux droit. A 1-2 Les vertiges aigus à tympans pathologiques L’otoscopie s’impose devant tout vertige, même le plus typique, même apparemment le plus simple. Nous dirons en quoi l’imagerie peut nous être utile dans différentes circonstances de tympan pathologique. 1-2-1 Les vertiges post-opératoires Après stapédectomie, l’apparition d’un vertige « hypovalent » sévère doit conduire à la réalisation d’une audiométrie et d’un scanner. Ce dernier permet de mettre en évidence un pneumolabyrinthe, un piston trop long, un granulome (fig. 6). Si l’on suspecte une labyrinthite, l’examen de référence est l’IRM avec injection de gadolinium. Elle révèle un réhaussement global et anormal des structures endolabyrinthiques. En séquences T2 (séquences CISS, DRIVE, FIESTA, selon les machines), les liquides labyrinthiques sont peu visibles et leur hypersignal spontané est très atténué par rapport au côté opposé. B ∂ fig. 6 – Vertiges après chirurgie d’otospongiose A/ Examen TDM dans l’axe du piston en coupe coronale. Visualisation d’une pénétration profonde d’un piston en titane au sein du vestibule. La pénétration intravestibulaire du piston est mesurée à 2,3 mm. B/ TDM à J2 devant des vertiges postopératoires importants. Visualisation d’un pneumovestibule en avant du piston. 39 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd39 39 17/09/08 11:19:43 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 4 IMAGERIE DES VERTIGES ET DES TROUBLES DE L'EQUILIBRE A B ∂ igure 7 – Labyrinthite A/ Examen IRM en T1 après injection de gadolinium. Prise de contraste massive de l’ensemble des structures labyrinthiques dans la cochlée et le vestibule. B/ IRM en T2. Coupe fine. Hypodensité marquée de l’ensemble des structures labyrinthiques. Pas ou peu de visualisation des liquides labyrinthiques. Dans le cadre des tympanoplasties, les vertiges sont moins attendus et doivent aboutir aux mêmes réflexes. 1-2-2 Les labyrinthite aiguës (fig. 7) Dans un contexte d’otite aiguë, les vertiges font craindre l’existence d’une labyrinthite. L’imagerie n’est pas nécessaire sauf suspicion de mastoïdite, de thrombophlébite ou de complications intracrâniennes suppurées associées. 1-3 Les vertiges chroniques C’est le contexte le plus difficile et il est impossible de balayer ici tous les diagnostics possibles. Nous insisterons sur les plus typiques et les plus nécessaires. 1-3-1 Les vertiges chroniques induits Nous entendons par vertiges induits ceux qui n’apparaissent que dans certaines circonstances qui ont été précisées à l’interrogatoire. 1-3-1-1 Les vertiges au mouchage ou à l’effort Ils sont évocateurs d’une fistule périlymphatique. La rupture d’étanchéité de l’oreille interne peut être secondaire à un traumatisme direct pénétrant ou à un traumatisme indirect (barotraumatisme, traumatisme crânien). Si le traumatisme est direct, le diagnostic est facile et l’imagerie évocatrice (fig. 8) En cas de lésion indirecte, le diagnostic radiologique est difficile. Il fait essentiellement appel eu scanner, centrée sur les fenêtres et le sinus tympani. On se doit de rechercher le signe direct que représente le pneumolabyrinthe et les signes indirects qu'est un bombement du tympan secondaire ou une opacité du sinus tympani (fig. 9). fig. 8 fig. 9 A fig. 9 A D fig. 8 – Luxation stapédienne traumatique. Examen TDM en coupe axiale de l’oreille droite. L’étrier est luxé en masse au sein du vestibule. fig. 9 – Fistule périlymphatique A/ Pneumolabyrinthe post-traumatique. Examen TDM en fenêtre osseuse et coupe axiale de l’oreille gauche. Visualisation d’une bulle d’air à la partie antérieure du vestibule et à la partie antérieure du tour basal de la cochlée. B/ Fistule de la fenêtre ronde. Examen TDM en coupe axiale et fenêtre osseuse. L’hyperclarté habituelle de la fenêtre ronde n’est pas visible. La niche de la fenêtre ronde est comblée par du liquide. 40 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd40 40 17/09/08 11:19:48 fig. 10 A fig. 10 B fig. 11 D fig. 10 – Déhiscence du canal semi-circulaire antérieur. Examen TDM en coupes parasagittales reconstruites dans le plan du canal semi-circulaire antérieur. Visualisation d’une très importante déhiscence du canal semi-circulaire antérieur gauche (figure 10 A) en comparaison avec un aspect normal sur le canal semi-circulaire antérieur droit (figure 10 B). fig. 11 – Déhiscence du canal semi-circulaire postérieur. Examen TDM en coupe axiale centré sur l’oreille gauche chez un patient ayant déjà subi une mastoïdectomie. Découverte d’une déhiscence du canal semi-circulaire postérieur en direction de la fosse postérieure. 1-3-1-1-2 Les vertiges au son fort (phénomène de Tullio) Ils ont en relation avec l’existence d’une troisième fenêtre labyrinthique, habituellement due à une déhiscence du canal semi-circulaire antérieur, parfaitement décrite par LB Minor en 1998. Le diagnostic positif est à la fois basé sur les PEO (seuil anormalement bas <90 dBs) et sur le scanner avec reconstructions dédiées dans le plan du canal. La taille de la déhiscence doit être supérieure à 2mm pour être prise en compte (fig. 10). Les déhiscences des autres canaux sont beaucoup plus rares (fig. 11). A 1-3-1-1-3 Les vertige positionnels d fig. 12 – Malformation de Chiari. Examen IRM en T1, coupes sagittales. Nous regrouperons dans ce chapitre les vertiges déclenchés A/ Malformation de Chiari type I. par la position ou le positionnement du patient. Nous ne Examen IRM en coupe sagittale sans nous attarderons pas sur les vertiges paroxystiques injection en T1. Engagement des amygdales cérébelleuses au sein du positionnels bénins séméiologiquement typiques (VPPB) foramen magnum en arrière de la car ils ne nécessitent aucun recours à l’imagerie. Les IRM moelle allongée. B/ Malformation de Chiari de type II. « cliniques » ne sont pas à ce jour capables de mettre en Association d’un prolapsus des évidence les lithiases soupçonnées être en cause. amygdales cérébelleuses et d’une Nous insisterons sur les formes atypiques syringomyélie. objectivées par un nystagmus changeant dans sa B direction, un nystagmus inépuisable, un nystagmus à forte composante verticale. Ces formes doivent d’abord être explorées par un bilan audio-vestibulaire exhaustif (audiométrie, vidéonystagmographie, potentiels évoqués otolithiques, potentiels évoqués auditifs, test vibratoire à 100 Hz) puis imagées. L’imagerie peut alors nous révéler une pathologie « centrale » malformative, inflammatoire (sclérose en plaque (SEP), vasculaire ou tumorale : La pathologie malformative la plus fréquente est la malformation de Chiari (fig. 12A). Les vertiges sont facilités par les efforts et la rétroflexion de la tête. Le nystagmus est volontiers vertical supérieur. La forme la plus fréquente est la malformation de Chiari de type 1, dans laquelle les vertiges positionnels peuvent être associés à des vertiges meniériformes. Dans la malformation de type 2, s’associe une syringomyélie ou une syringobulbie, annoncée par une symptomatologie neurologique essentiellement sensitive affectant les membres (fig. 12B). La SEP peut se manifester par des vertiges positionnels trompeurs. Mais les explorations paracliniques et particulièrement la VNG annonceront les découvertes d’IRM (fig. 13). Les plaques de démyélinisation sont le plus souvent bien visibles en T2 et particulièrement en séquences FLAIR. Elles sont situées dans le tronc cérébral et dans les régions périventriculaires. 41 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd41 41 17/09/08 11:19:54 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 4 IMAGERIE DES VERTIGES ET DES TROUBLES DE L'EQUILIBRE ∂ fig. 13 – Sclérose en plaques. A/ Examen IRM en séquences T2 FLAIR. Hypersignal diffus au niveau du tronc cérébral évoquant des plaques de démyélinisation. B/ IRM en T1 après injection de gadolinium. Hypersignaux périventriculaires très caractéristiques de l’affection d La pathologie vasculaire centrale par ischémie vértébro-basilaire est responsable de « faux » VPPB ou souvent de vertiges de position. Elle est très fréquente mais très difficile à mettre en évidence par imagerie car elle affecte le territoire cérébral de vaisseaux de petit calibre. La pathologie tumorale affectant la voie vestibulaire se manifeste souvent par des périodes de vertiges positionnels mal caractérisés. C’est le cas du schwannome vestibulaire, du méningiome et du kyste épidermoïde, ou ces symptômes s’ajoutent volontiers au déséquilibre chronique ou aux crises giratoires non positionnelles 1-3-2 Les vertiges chroniques rétrolabyrinthiques Nous avons voulu isoler ces troubles en liaison avec une souffrance du nerf cochléo-vestibulaire, bien que les symptômes n’aient rien de typique. Le patient se plaint en effet le plus souvent de troubles de l’équilibre frustes ou évoluant par poussées. C’est le bilan instrumental qui permet de l’identifier. L’examen clinique est en faveur d’un syndrome déficitaire harmonieux souvent peu intense et compensé. S’associe très souvent une surdité rétrocochléaire à PEA pathologiques ou des acouphènes. Le bilan paraclinique tend à montrer des PEO diminués d’amplitude ou abolis et/ou une hyporéflexie calorique. Face à de telles associations, l’IRM s’impose et le scanner n’a plus sa place. L’examen sera réalisé avant et après injection de gadolinium et comprendra des séquences FLAIR (pour écarter une SEP), T1 et T2 en écho de spin et des acquisitions en T2 coupes fines (séquences CISS, FIESTA, DRIVE). Cette atteinte rétrocochléaire correspond à deux grands diagnostic : les tumeurs de l’angle ponto-cérébelleux et les conflits vasculo-nerveux. 1-3-2-1 Les tumeurs de l’angle ponto-cérébelleux Les schwannomes vestibulaires sont de loin les tumeurs les plus fréquentes (90%). Certaines forment très trompeuses se développent au sein même du labyrinthe et sont responsable de symptômes bruyants. Les méningiomes représentent de leur côté 7 à 8% de ces tumeurs. Plus rares sont les kystes épidermoïdes et les lipomes. 1-3-2-2 Les conflits vasculo-nerveux Ils sont anatomiquement fréquents. Toute la difficulté tient donc au lien de causalité entre le conflit tel qu’il apparaît sur l’IRM (même protocole que pour la recherche de neurinomes, éventuellement complété de séquences angio-RM) sous la forme d’un déroutement nerveux par un vaisseaux de l’APC en T2 coupes fines (fig. 15), et les symptômes cochléo-vestibulaires. À notre avis, il n’est pas possible de parler de « conflit » sans mise en évidence de perturbations électrophysiologiques du nerf cochléo-vestibulaire. On sera donc très attentif aux données des PEA, des PEO et de 42 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd42 42 17/09/08 11:20:00 B A ∂ fig. 14 – Tumeur de l’angle ponto-cérébelleux A/ Neurinome de l’acoustique de stade IV nécrotique, de 3 cm de diamètre, dans l’angle pontocérébelleux gauche. Examen IRM en T1 après injection de gadolinium. B/ Méningiome de l’angle ponto-cérébelleux droit de 3 cm de diamètre. Examen IRM en T1 après injection de gadolinium. C/ Kyste épidermoïde de l’angle ponto-cérébelleux droit particulièrement volumineux. Examen IRM en T2. Hypersignal caractéristique spontané. D/ Lipome de l’angle pontocérébelleux. Examen IRM en T1 sans injection de gadolinium. Hypersignal spontané de l’angle ponto-cérébelleux caractéristique d’un lipome. C D d la VNG car elles sont essentielles au diagnostic, de même que la notion de déroutement nerveux par le trajet de l’artère. Le vaisseau offensant peut être normal mais mal positionné (artère cérébelleuse antéro-inférieure ou postéoinférieure, artère vertébrale), trop long (dolicho artère vertébrale ou artère basilaire) ou être pathologique (anévrysme vertébro-basilaire, méga-dolicho-artère). 1-3-3 Les vertiges syndromiques avec atteintes des nerfs crâniens À partir des signes recueillis, on différenciera deux grands syndromes. 1-3-3-1 Le syndrome de l’apex pétreux A B ∂ fig. 15 – Conflit vasculo-nerveux de l’angle ponto-cérébelleux. A/ IRM en T2, séquence CISS, boucle de l’artère cérébelleuse moyenne soulevant le nerf cochléovestibulaire. B/ Dolicho-artère basilaire venant au contact du nerf cochléo-vestibulaire Les vertiges ou troubles de l’équilibre sont associés à une atteinte du nerf trijumeau (hypoesthésie ou douleur), du nerf abducens (diplopie) et/ou du nerf facial. L’atteinte de la pointe du rocher peut-être inflammatoire ou tumorale. L’étiologie la plus fréquente est le granulome à cholestérine, caractérisé en IRM par un hypersignal en séquence T1 et T2, sans réhaussement à l’injection de gadolinium (fig. 16). Les cholestéatomes intrapétreux primitifs se révèlent en IRM sous la forme d’une lésion kystique, amorphe, non réhaussée, mais offrant un isosignal en T1 et un hypersignal en T2. L’imagerie de diffusion est également très parlante (fig. 17). 43 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd43 43 17/09/08 11:20:07 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 4 IMAGERIE DES VERTIGES ET DES TROUBLES DE L'EQUILIBRE A B fig. 16 – Granulome à cholestérine de l’apex pétreux droit. A/ IRM en séquence T1, coupe axiale. Hypersignal spontané au sein de l’apex pétreux. B/ IRM en séquence T2, coupe axiale. Hypersignal spontané venant au contact du tour basal de la cochlée (fistule cochléaire). d Les tumeurs occupant l’apex pétreux sont moins fréquentes (chondrosarcome, chordome et métastases). 1-3-3-2 Le syndrome du foramen jugulaire Les vertiges ou les troubles de l’équilibre sont associés à une atteinte des nerfs mixtes (dysphonie, dysphagie, toux chronique) et éventuellement du nerf hypoglosse. Trois étiologies dominent : le paragangliome, le cholestéatome intrapétreux infralabyrinthique et le plasmocytome. Tous trois ont un développement sous-labyrinthique provoquant des vertiges par érosion de la boucle du canal postérieur ou du vestibule. 1-3-4 Les vertiges chroniques à tympan pathologique 1-3-4-1 Le cholestéatome et les otites chroniques L’existence de vertiges est évocatrice de fistule labyrinthique. Le scanner est l’examen de référence. L’IRM peut le compléter si existe un doute sur la pénétration du cholestéatome dans le labyrinthe. 1-3-4-2 Les tumeurs de l’oreille Les vertiges orientent vers une atteinte de l’oreille interne par érosion de la capsule otique. Scanner et IRM sont nécessaires à l’évaluation de l’infiltration tumorale. A B D Figure 17 – : Cholestéatome intrapétreux infra-labyrinthique droit. Examen tomodensitométrique non injecté en fenêtre osseuse. A/ coupe axiale. Lésion ostéolytique de l’apex pétreux venant au contact de l’artère carotide interne et érodant la capsule otique. B/ Coupe coronale. Ostéolyse importante venant au contact du foramen jugulaire et provoquant une fistule du canal semi-circulaire postérieur. 44 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd44 44 17/09/08 11:20:12 2- Les vertiges de l’enfant Même si parfois très bruyants, les vertiges de l’enfant sont bénins et évoluent le plus souvent dans un contexte migraineux connu ou non. Cette notion même ne dispense pas d’un examen très précis dont le premier temps est l’otoscopie qui permet d’écarter une pathologie de l’oreille moyenne comme un cholestéatome. Ils sont d’approche essentiellement clinique et instrumentale et l’imagerie a en fait très peu de place. Il faut souligner l’importance fondamentale d’un bon examen vestibulaire et neurologique à même d’écarter des signes de gravité (syndrome cérébelleux, ataxie, paralysie oculo-motrice) pouvant faire craindre une tumeur de la fosse postérieure, très rare en fait au regard de la relative fréquente des symptômes vertigineux ou des troubles de l’équilibre de l’enfant. En pratique, la pression parentale face à des symptômes parfois très impressionnants, peut conduire à une imagerie par IRM qui sera presque toujours normale. ■ 45 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd45 45 17/09/08 11:20:16 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd46 46 17/09/08 11:20:16 Christophe Vincent, Alexis Delattre, Marion Devambez Traumatismes du rocher : correlations radio-cliniques 5 Pr. Christophe Vincent Dr. Alexis Delattre, Dr. Marion Devambez Service d’Otologie et Otoneurologie [email protected] • Hopital Roger Salengro CHRU de Lille 47 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd47 47 17/09/08 11:20:16 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 5 TRAUMATISME DU ROCHER : CORRÉLATIONS RADIO-CLINIQUES Introduction L a fracture du rocher est une pathologie fréquemment rencontrée dans le cadre de l’urgence. Elle rentre souvent dans le cadre d’un traumatisme crânien pouvant être plus ou moins grave. Les accidents de la voie publique en sont la première cause, principalement chez l’homme de moins de 30 ans, mais viennent ensuite les accidents du travail, les accidents de sport et les agressions[5]. La fracture du rocher est une pathologie grave parce qu’elle peut s’associer à des lésions cérébrales importantes, mais aussi parce qu’elle met en jeu le pronostic de l’audition, de l’équilibre et de la motricité faciale. L’examen clinique initial est essentiel mais c’est la corrélation avec l’imagerie, essentiellement basée sur la tomodensitométrie (TDM) haute résolution des rochers, qui confirme le diagnostic, authentifie le type de lésions en cause et détermine la conduite à tenir thérapeutique. Nous allons définir les types de lésions qui peuvent être rencontrées, leur retentissement clinique et les corrélations radio-cliniques. Prise en charge initiale La prise en charge initiale du patient repose bien souvent sur la réanimation neurochirurgicale dans un premier temps[2,5]. L’oto-rhino-laryngologiste (ORL) est appelé à le prendre en charge soit dans le cadre du bilan de l’urgence du polytraumatisé, soit secondairement, chez un patient conscient, mobilisable, chez qui on suspecte une fracture du rocher. L’examen clinique initial doit dépister les signes évocateurs d’une fracture du rocher, dont l’otorragie, l’otoliquorrhée ou la rhinoliquorrhée, l’hémotympan, l’hématome mastoïdien, la paralysie faciale périphérique (éventuellement potentialisée par la manœuvre de Pierre-Marie et Foix), les sensations vertigineuses (avec plus ou moins de signes vagaux associés), les acouphènes et l’hypoacousie évalués selon l’état de conscience du patient. Selon l’état clinique du patient, on réalisera un examen clinique avec otoscopie et acoumétrie au diapason, et le bilan fonctionnel comprenant une audiométrie subjective tonale et vocale, une impédancemétrie, un enregistrement des potentiels évoqués auditifs, un examen vestibulaire sous vidéonystagmoscopie, des tests vestibulaires instrumentaux ; la neuronographie voire l’électromyographie du nerf facial seront discutées selon la clinique. Enfin le bilan d’imagerie sera demandé afin d’orienter la prise en charge de façon appropriée. La radiographie simple n’a aujourd’hui plus d’intérêt. Il est essentiel de demander la réalisation d’un scanner (TDM) des rochers à haute définition, sans injection de produit de contraste, en coupes axiales et avec reconstructions coronales, et en coupes millimétriques (avec chevauchement de 0,5 mm sur les osselets). Il faut préciser au médecin radiologue que le protocole d’imagerie et les conclusions doivent évaluer les structures osseuses de l’os temporal dont le labyrinthe, les osselets, le canal de Fallope dans ses trois portions, le tegmen, les structures vasculaires du rocher. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) a un intérêt complémentaire dans l’étude des liquides endolabyrinthiques (hémorragie intralabyrinthique, fibrose secondaire) ou l’étude du signal des nerfs situés dans le conduit auditif interne et l’angle ponto-cérébelleux. Elle est peu demandée en pratique, en France, compte tenu de sa difficulté de disponibilité à l’heure actuelle et de son intérêt surtout dans la prise en charge secondaire. 48 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd48 48 17/09/08 11:20:17 Lésions osseuses Classiquement le type de trait de fracture dépend du traumatisme[2] et la symptomatologie clinique découle du type de lésions induites. - Les fractures longitudinales ou extralabyrinthiques (70 à 90 % des cas) sont la conséquence d’un choc latéral, pariétal ou pariéto-occipital. Elles rompent l’écaille du temporal, se poursuivent dans la mastoïde jusqu’aux parois postérieure et supérieure (fig. 2 et 5) du conduit auditif externe (CAE), provoquant ainsi selon les cas hémotympan, otorragie si est associée une perforation tympanique et surdité de transmission. La fracture irradie vers le tegmen (fig. 1) et l’attique (fig. 3), pouvant entraîner une fracture du corps de l’enclume ou de la tête du marteau, et vers la fenêtre ovale, pouvant entraîner une fracture de la branche descendante de l’enclume, des branches de l’étrier, une luxation incudomalléaire, uncudostapédienne ou stapédovestibulaire, ce qui explique aussi une surdité de transmission, ou de perception associée à des vertiges si une fistule labyrinthique[7] s’y ajoute. Le trait de fracture peut se prolonger vers la paroi antérieure du CAE et atteindre l’articulation temporo-mandibulaire (fig. 6), entraînant un trismus, un hématome localisé et des douleurs à l’alimentation. Notons que, dans 20 % des cas, ce type de fracture peut entraîner une paralysie faciale périphérique par irradiation du trait vers le genou ou à proximité du ganglion géniculé (fig. 4). Enfin plus rarement le trait de fracture peut se prolonger vers le foramen lacerum Î fig. 1 : Fracture longitudinale du rocher gauche, irradiant vers le tegmen (coupe haute identifiée par la présence du canal semi-ciculaire supérieur). D fig. 4 : Fracture longitudinale du rocher gauche, avec trait irradié juste en avant du ganglion géniculé et trait de refends transversal respectant le labyrinthe. Î fig. 2 : Fracture longitudinale bilatérale des Î fig. 3 : Fracture longitudinale du rocher droit rochers, passant à gauche par le toit du CAE, et à droite par l’articulation temporomandibulaire. illustrant l’irradiation vers l’attique et l’articulation incudo-stapédienne. D fig. 5 : Fracture longitudinale du rocher droit, avec D fig. 6 : Fracture du rocher gauche, fracture du toit du CAE. irradiée au toit de l’articulation temporomandibulaire. 49 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd49 49 17/09/08 11:20:17 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 5 TRAUMATISME DU ROCHER : CORRÉLATIONS RADIO-CLINIQUES ∂ fig. 7 et 8 : Fracture complexe du rocher droit, associant une fracture longitudinale, irradiée vers la région du ganglion géniculé, et fracture transversale par le fond du conduit auditif interne. D fig. 9 : Fracture ∂ fig. 9 : Fracture translabyrinthique du rocher droit, passant par le toit du conduit auditif interne. fig. 10 : Fracture translabyrinthique du rocher droit, passant par le labyrinthe postérieur. (de haut en bas) trans-labyrinthique du rocher droit, passant par le toit du conduit auditif interne. Î fig. 10 : Fracture trans-labyrinthique du rocher droit, passant par le labyrinthe postérieur. et le canal carotidien avec un risque d’hématome ou de dissection carotidienne. - Les fractures transversales ou translabyrinthiques (10 à 30 % des cas) font généralement suite à un choc frontal ou occipital. Elles intéressent principalement le labyrinthe osseux au niveau du canal semi-circulaire postérieur ou latéral, ou de l’aqueduc du vestibule. Le trait de fracture peut aussi passer par la cochlée ou le fond du conduit auditif interne (CAI) (fig. 7, 8 et 9). Cela explique l’oto- ou la rhino-liquorrhée, la surdité de perception, les acouphènes et les vertiges observés. Dans 50 % des fractures transversales, le nerf facial est atteint, en deuxième portion principalement, entraînant une paralysie faciale variable selon la gravité de l’atteinte. Plus rarement on observe des fractures mixtes tympanolabyrinthiques ou partielles. Lésions labyrinthiques Elles constituent l’essentiel du trajet des fractures transversales avec une atteinte préférentielle du vestibule et des canaux semi circulaires postérieur et latéral si le trait est postérieur (fig. 9), et de la cochlée et du conduit auditif interne si le trait est antérieur (fig. 10). L’ouverture du labyrinthe dans les cavités de l’oreille moyenne entraîne une fistule labyrinthique responsable de sensations vertigineuses qui peuvent être très invalidantes, et d’un pneumolabyrinthe (entrée d’air dans les cavités labyrinthiques) (fig. 10) bien visible sur les clichés scannographiques. La brèche s’étend dans les espaces endolabyrinthiques et a pour conséquence un mélange des liquides endo- et 50 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd50 50 17/09/08 11:20:20 péri-lymphatiques associé à des lésions des fibres nerveuses et des cellules, expliquant la cophose définitive et parfois les vertiges que l’on note dans ce type de fracture. On peut observer plus rarement une surdité fluctuante et des vertiges sans trait de fracture franc mais uniquement une atteinte partielle de la fenêtre ovale ou une luxation stapédovestibulaire, entraînant une fistule péri-lymphatique. Cette symptomatologie peut parfois se manifester secondairement au traumatisme. Enfin il existe de nombreuses hypothèses étiologiques sur l’origine de commotions labyrinthiques, c’est-à-dire de troubles labyrinthiques déficitaires cliniques et instrumentaux post-traumatiques. On incrimine en particulier l’hémorragie intralabyrinthique que l’on peut identifier sur une IRM réalisée à proximité du traumatisme. Lésions de l’oreille moyenne[6,8] Elles sont retrouvées dans toutes les fractures longitudinales et de façon inconstante dans les fractures transversales. La séparation relative des parois médiale et latérale de la caisse du tympan entraîne un hémotympan si la caisse est fermée et une otorragie transitoire en cas de déchirure tympanique associée. On peut observer aussi de façon fréquente une atteinte ossiculaire disjoignant le bloc tympano-malléaire et le bloc stapédolabyrinthique, et responsable d’une surdité de transmission avec Rinne audiométrique supérieur ou égal à 30 dB. On verra par ordre de fréquence : - une luxation incudo-stapédienne ; - une fracture de la branche descendante de l’enclume ; - une luxation incudo-malléaire (fig. 11) ; - une fracture des branches de l’étrier ; - une fracture de la platine de l’étrier ; - une luxation stapédo-vestibulaire. ∂ fig. 11 : Fracture trans-labyrinthique du rocher droit, passant par le labyrinthe antérieur. Paralysie et parésie faciale[1] L’atteinte du nerf facial est très fréquente dans les traumatismes labyrinthiques. Il est classique de la retrouver dans 50 % des fractures transversales, et 20 % des fractures longitudinales, soit environ une fracture sur quatre. Les fractures transversales atteignent le nerf dans ses deuxième et troisième portions intra-pétreuses, tandis que les fractures longitudinales l’atteignent au ganglion géniculé de façon préférentielle. L’évaluation clinique initiale est essentielle, permettant le difficile diagnostic différentiel entre paralysie immédiate et paralysie secondaire de meilleur pronostic. En cas de paralysie immédiate, l’évaluation radiologique du canal de Fallope viendra guider la décision chirurgicale. Lésions associees [4] Le canal carotidien est susceptible d’être atteint par une fracture pétreuse, mais ce sont surtout les forces cinétiques du traumatisme qui créent les lésions artérielles, avec risque de fistule artério-veineuse, d’anévrisme intra-pétreux de la carotide interne, de dissection carotidienne, et de complications neuro-vasculaires sus-jacentes. La constatation d’une fracture du rocher sur un bilan lésionnel indique un traumatisme à haute intensité et doit 51 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd51 51 17/09/08 11:20:22 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 5 TRAUMATISME DU ROCHER : CORRÉLATIONS RADIO-CLINIQUES fig. 13 fig. 15 fig. 14 ∂ fig. 13 : Fracture du tegmen tympani fig. 14 : Fracture de la paroi antérieure de la caisse. fig. 15 : Fracture déplacée du tegmen antri faire rechercher de façon rigoureuse des lésions crânio-encéphaliques associées (hématomes extra-dural, sous-dural aigu, intra-parenchymateux), dont l’urgence thérapeutique prend le pas sur la fracture du rocher. L’existence d’une otoliquorrhée ou d’une rhinoliquorrhée immédiate ou retardée signale une brèche ostéo-durale, dont la localisation doit être identifiée sur le bilan d’imagerie : tegmen antri ou tegmen tympani (fig. 13), face postérieure du rocher, promontoire, face antérieure de la caisse (fig. 14). Les brèches communiquant avec le fond du conduit auditif interne sont des urgences chirurgicales. Bilan d’imagerie à distance Le bilan d’imagerie initial a apporté les renseignements utiles à la prise en charge en urgence d’une éventuelle paralysie faciale ou liquorrhée. Néanmoins le bilan lésionnel précis est gêné par la présence fréquente de l’hémotympan, en particulier pour les fractures longitudinales, qui perturbe l’analyse fine de la chaîne ossiculaire, du toit du CAE, du tegmen. Un nouveau scanner est alors justifié à distance du traumatisme, évaluant une disjonction ossiculaire, une fracture déplacée non consolidée du tegmen (fig. 15) ou du mur du CAE, et justifiant alors une exploration chirurgicale[3] secondaire. Conclusion Plus encore que dans toute la pathologie otologique habituelle, la fracture du rocher, par son contexte d’urgence, requiert du spécialiste oto-rhino-laryngologiste une bonne connaissance de l’anatomie lésionnelle du rocher. La demande faite au médecin radiologue doit tenir compte de l’examen clinique, et préciser les éléments essentiels à la prise en charge immédiate (canal du nerf facial, tegmen, labyrinthe). Rappelons enfin que l’imagerie du rocher ne s’entend qu’après l’évaluation générale et neurologique du patient. ■ 52 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd52 52 17/09/08 11:20:23 Bibliographie 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. Aguilar EA, Yeakley JW, Ghorayeb BY, Hauser M, Cabrera J, Jahrsdoerfer RA. High resolution CT scan of temporal bone fractures : association of facial nerve paralysis with temporal bone fractures. Head Neck Surg 1 987 ; 9 : 162-166. Chays A, Girard N, Magnan J. Fracture du rocher en urgence. In Les Urgences en ORL, rapport annuel de la SF ORL année 2000. Ed Conoyer JM, Kaylie DM, Jackson CG. Otologic surgery following ear trauma. Otolaryngol Head Neck Surg 2 007 ; 137 (5) : 757-761. Ghorayeb BY, Yeakley JW, Hall JW, Jones BE. Unusual complication of temporal bone fractures. 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Christian Dubreuil Dr. Sandra Zaouche Dr. Stéphane Tringali Service d’ORL, [email protected] • Hospices Civils de Lyon, Centre Hospitalier Lyon Sud, 165 chemin du Grand Revoyet 69495 Pierre Bénite Cedex 55 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd55 55 17/09/08 11:20:24 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 6 IMAGERIE DU NEURINOME DE L'ACOUSTIQUE L e diagnostic de neurinome de l’acoustique (ou schwannome vestibulaire (SV) repose principalement sur l’Imagerie par Résonance Magnétique Nucléaire (IRM) cérébrale, avec en particulier injection de Gadolinium et réalisation des séquences CISS (Constructive Interference in Steady Sequences), quoique quelques faux positifs aient pu être rapportés récemment [1]. Devant tout symptôme cochléo-vestibulaire unilatéral, aigu ou chronique, durable ou réversible, tel qu’un acouphène, une surdité de perception asymétrique ou un tableau de vertige et/ou de trouble de l’équilibre, un bilan doit être réalisé. L’examen le plus pertinent à l’heure actuelle par sa sensibilité et sa spécificité est l’IRM cérébrale avec injection de Gadolinium et l’utilisation des séquences T1, T2 et CISS (qui correspond à des coupes millimétriques en T2). Bien entendu cette symptomatologie cochléovestibulaire doit être rapportée avant, à une atteinte cochléaire ou rétro cochléaire par les examens acoumétriques, audiométriques et electrophysiologiques. Hormis les quelques cas de contre-indication (pace maker, implants, claustrophobie), l’IRM est toujours facilement réalisable. Dans le neurinome de l’acoustique, elle est utilisée à plusieurs titres : A. Diagnostic positif : affirmer la présence d’une masse au contact du pédicule acousticofacial. B. Diagnostic différentiel : éliminer les autres lésions tumorales et kystiques de l’angle ponto-cérébelleux ou du rocher envahissant l’angle ponto-cérébelleux. C. Diagnostic d’évolutivité : l’IRM permet de juger de la croissance tumorale entre deux examens successifs espacés en général d’un an. D. Diagnostic de gravité : la taille du neurinome, la compression du tronc cérébral, le blocage des citernes et/ ou une dilatation ventriculaire. E. Thérapeutique guidant la voie d’abord lors d’une prise en charge chirurgicale. F. Surveillance de la croissance tumorale spontanée, surveillance des tumeurs irradiées. G. Diagnostic des lésions associées : méningiome, malformation vasculaire, atteinte du rocher, forme bilatérale (neurofibromatose de type II). H. Pronostique quant aux fonctions faciales auditives, en fonction de la taille de la tumeur, de sa situation et de l’envahissement dans le fond du conduit auditif interne ou de l’envahissement de la cochlée. I. Scanner et schwannome vestibulaire : Le scanner est l’examen de référence pour l’étude du rocher et l’IRM cérébrale est l’examen de référence pour le diagnostic des SV. Le scanner cérébral peut être réalisé dans le cadre d’un dépistage d’un SV en cas de contreindication à la réalisation d’une IRM. Il permettra le diagnostic des SV de grosse taille (au moins les stades II) mais ne permettra pas de diagnostiquer les SV intra labyrinthiques, intra canalaires et les SV de petite tailles. Dans ces cas la, il pourra cependant faire suspecter le diagnostic en montrant une dilatation du conduit auditif interne avec un aspect asymétrique des 2 conduits auditifs internes. Au scanner, le SV est spontanément isodense, parfois très discrètement hypodense par rapport au cervelet. Le rehaussement après injection de produit de contraste est intense et homogène. Le scanner peut également être utile dans le bilan préopératoire afin d’évaluer la position du golfe de la jugulaire qui en cas d’ectasie peut prédire des difficultés chirurgicales. Enfin, il est utilisé dans la surveillance post opératoire pour éliminer une complication comme un hématome du site post opératoire, un épanchement sous-dural non hémorragique, un hématome cérébelleux avec ou non inondation du IVe ventricule, une thrombose du sinus sigmoïde, un accident vasculaire temporal (après une voie de fosse 56 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd56 56 17/09/08 11:20:25 cérébrale moyenne), et une hydrocéphalie secondaire aux complications précédentes. Dans le cas des tumeurs du fond du conduit auditif interne envahissant la fossette faciale, le scanner peut montrer un élargissement de la première portion du nerf facial, conduisant au diagnostic de neurinome du nerf facial. II. Technique de l’IRM : Le protocole d’exploration comprend : - une séquence CISS (séquence en forte pondération T2 pour les IRM Siemens) ou le liquide céphalorachidien (LCR) et les liquides de l’oreille interne apparaissent en hyper signal (très blanc) et les structures nerveuses et parenchymateuses en hypo signal (très noir). Cette séquence permet une excellente visualisation du paquet acoustico-facial notamment dans le conduit auditif interne (CAI) et permet également d’étudier l’envahissement du fond du CAI par la tumeur. Cette séquence va également permettre d’étudier les rapports de la tumeur avec le nerf trijumeau et les nerfs mixtes. - Une séquence pondérée en T1 avant puis après injection de Gadolinium reste indispensable au diagnostic du neurinome. Celui-ci en iso signal en T1 va prendre massivement le contraste lors de l’injection du gadolinium et apparaître alors en hyper signal. - 2 séquences en écho de spin pondérés en T1 après l’injection de gadolinium en coupes fines centrées sur la fosse cérébrale postérieure en coupes axiales et en coupes coronales. - Une séquence pondérée en T2 de la fosse cérébrale postérieure et de l’étage sus-tentoriel qui va permettre d’éliminer les diagnostics différentiels et notamment les lésions parenchymateuses (sclérose en plaques). Le trajet des nerfs et des artères est souligné, l’étude de l’extension de la tumeur dans le conduit auditif interne facilitée. Il est capital de bien visualiser la cochlée, le vestibule qui peuvent être envahis. Les deux conduits auditifs internes doivent être bien visualisés (neurofibromatose de type II toujours possible). Toute anomalie vasculaire (de trajet, de taille) doit être notée. Il faut systématiquement rechercher une lésion associée (méningiome, tumeur du rocher, kyste) [2]. Il faut également étudier le retentissement des grosses tumeurs : - sur le tronc cérébral (effet de masse) - sur les ventricules (dilatations) - sur le cervelet, - sur les autres nerfs (trijumeau, glossopharyngien, pneumogastrique, spinal). Enfin, comme pour le scanner, il est indispensable d’étudier la position du golfe de la jugulaire pour prédire d’éventuelles difficultés opératoires. III. Résultats : Il existe de nombreuses classifications anatomo-radiologiques pour le neurinome de l’acoustique [8, 12]. Traditionnellement, la mesure de la taille de la tumeur est faite selon son plus grand axe, mais elle peut également tenir compte du volume tumoral, des rapports avec le conduit auditif interne et les structures cérébrales adjacentes. Pour certains, l’idéal est de ne mesurer uniquement la partie extracanalaire [13]. Pour notre part, nous utilisons la classification de Tos [13] qui est une classification ancienne mais qui a l’avantage de classer en stade IV les gros neurinomes [11]. On distingue quatre stades tumoraux : Stade I : tumeur intracanalaire, Stade II : tumeur inférieure à 20 mm, Stade III : tumeur comprise entre 20 et 40 mm, Stade IV : tumeur supérieure à 40 mm. 57 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd57 57 17/09/08 11:20:25 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 6 IMAGERIE DU NEURINOME DE L'ACOUSTIQUE 1. les neurinomes intracochléo-vestibulaires sont rares [3, 4]. Il s’agit de d’une entité pathologique rare qui se développe à partir du contingent vestibulaire (fig. 1 et 2) ou cochléaire du nerf vestibulo-cochléaire dans la cochlée, le vestibule et/ou les canaux semi-circulaires. La présentation clinique est la même que celle du neurinome du conduit auditif interne et de l’APC. Grâce au progrès des techniques d’imagerie, le schwannome intra labyrinthique est découvert plus fréquemment. Si l’audition est normale ou utile, ces neurinomes seront surveillés. Dans le cas d’une cophose ou d’acouphène très invasif, et/ou de vertige, on peut être amené à opérer ces patients. L’IRM est l’examen clé du diagnostic de cette entité. La réalisation des séquences CIIS et la reconstruction 3D peuvent faciliter le diagnostic (fig. 3). fig. 1 fig. 2 fig. 3 D fig. 1: IRM en séquence CISS montrant un schwannome intra labyrinthique localisé dans le vestibule et le canal supérieur semi-circulaire droit (flèche), coupe axiale. fig. 2 : IRM du même patient en séquence T1 après injection de gadolinium. Noter la prise de contraste du schwannome (flèche). fig. 3 : IRM en reconstruction 3D montrant une amputation du tour basal de la cochlée consécutive à un schwannome intralabyrinthique gauche (flèche). 2. les neurinomes intra-canalaires (stade I) peuvent être de trois types. - ils envahissent tout le conduit auditif interne, - ils n’envahissent que le fond du conduit auditif interne et éventuellement l’oreille interne (fig. 4 et 5), - ils respectent le fond du conduit auditif interne, voir pratiquement tout le conduit auditif interne. En général, ces petits neurinomes sont surveillés. Ils peuvent être opérés en cas de surdité profonde, ou d’envahissement cochléaire (4). Dans ce cas, ils pourront être opérés par voie trans-otique. Dans le cas d’une croissance tumorale ou de vertiges invalidants, on pourra proposer une exérèse chirurgicale en utilisant une voie conservatrice de l’audition : fig. 4 fig. 5A fig. 5B D fig. 4 : Schwannome intralabyrinthique droit en séquence CISS avec une partie cochléaire et une partie intracanalaire. fig. 5A , 5 B: Vue per opératoire du même patient. 58 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd58 58 17/09/08 11:20:26 - une voie sus pétreuse dans le cas de fond du conduit auditif interne envahi (fig. 6), - une voie rétro sigmoïde en cas de liberté du fond du conduit auditif interne. Cette dernière est plus aisée si le fond du conduit auditif interne est libre de toute tumeur mais expose à un risque de laisser un reliquat au fond du CAI par difficulté d’exposition même si l’endoscopie améliore son exploration en fin d’exérèse. Il est donc primordial de bien préciser l’envahissement du conduit auditif interne et notamment l’atteinte du fond du conduit qui aura une influence sur les résultats auditifs post opératoire [6]. 3. les neurinomes de stade II : La masse a une taille inférieure à 20 mm dans l’angle ponto cérébelleux, et est centrée sur le paquet acoustico-facial. Le neurinome a une forme régulière, uni ou pluri lobé. Il a le plus souvent une extension intra-canalaire mais environ 10 % des stades II n’ont pas d’envahissement du conduit auditif interne (fig. 7). La tumeur peut être pleine, kystique, voir nécrotique. Elle peut ou non respecter le fond du conduit auditif interne sur une longueur variable (fig. 8, 9, 10). Il se présente comme une masse ronde dans l’angle ponto cérébelleux et tubulaire dans le conduit auditif interne : - iso ou hypo-intense par rapport au cortex en T1, - iso ou légèrement hyper-intense au cortex en T2, - franchement rehaussé après injection du gadolinium. fig. 8 fig. 9 D fig. 6 : IRM en séquences CISS montrant un schwannome vestibulaire intracanalaire droit, sans plan de clivage avec les fossettes cochléaires et faciales. D fig. 7 : IRM en séquences CISS montrant un schwannome vestibulaire gauche respectant le fond du conduit auditif interne. fig. 10 D fig. 8 : Schwannome vestibulaire droit de stade II remplissant la totalité du conduit auditif interne, coupe axiale en T1 après injection de Gadolinium. fig. 9 : Même patient que la figure 8, coupe axiale en séquence T2. fig. 10 : Schwannome vestibulaire droit de stade II remplissant la totalité du conduit auditif interne, coupe axiale en séquence CISS. Selon le degré de surdité, l’âge du patient, les signes associés, l’évolutivité de la tumeur, on peut proposer trois thérapeutiques : la surveillance, la radiothérapie ou la chirurgie. Un neurinome de stade II avec audition conservée et sans atteinte du fond du CAI nous incitera à une prise en charge 59 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd59 59 17/09/08 11:20:28 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 6 IMAGERIE DU NEURINOME DE L'ACOUSTIQUE chirurgicale par voie rétro-sigmoïde, en sachant que les résultats sur la fonction auditive sont corrélés à la taille de la tumeur [7]. Un conduit auditif interne très dilaté, éclaté, peut prédire une difficulté opératoire sur les nerfs facial et acoustique et traduit l’ancienneté des lésions. Les images kystiques, nécrotiques sont selon certains [5] des tumeurs qui seraient plus agressives, et pour lesquelles une indication chirurgicale est plus facilement posée. 4. Les neurinomes de stade III sont peu différents des précédents sur le plan des symptômes : Le tronc cérébral est comprimé modérément, sans retentissement sur le système ventriculaire (taille variant entre 20 et 40 mm dans l’angle ponto cérébelleux). Le degré de surdité, l’âge du patient, le fond du conduit auditif interne libre, sont d’excellents indicateurs pour tenter une chirurgie conservatrice de l’audition par voie rétro-sigmoïde. Plus le contact entre la tumeur et le nerf est grand plus les chances de conservation de l’audition sont faibles [6]. Les chances de conservation de l’audition sont également corrélées à la taille de la tumeur [7]. 5. les neurinomes de stade IV (taille supérieure à 40 mm dans l’angle ponto cérébelleux) avec compression du tronc et du système ventriculaire (fig. 11, 12, 13, 14) doivent être opérés par une voie sûre, rapide, qui donne une bonne vision de tout l’angle ponto-cérébelleux et de ses éléments vasculo-nerveux. La voie translabyrinthique (avec fraisage de tout le conduit auditif interne) combine ses avantages offrant une voie d’abord compatible avec une morbidité minimale notamment sur la fonction faciale. De plus, elle évite une compression per-opératoire du cervelet. L’analyse de l’effet de masse sur le tronc cérébral, la compression du trijumeau, l’extension vers le trou déchiré postérieur, la dilatation des ventricules ont donc un intérêt pronostique. Les formes kystiques sont réputées plus difficiles pour la dissection du nerf facial. fig. 11 fig. 12 ∂fig. 11: schwannome vestibulaire droit de stade IV respectant le fond du conduit auditif interne. Noter l’effet de masse avec compression du quatrième ventricule (flèche). fig. 12 : même patient en T1 après injection de Gadolinium. d fig. 13 fig. 14 ∂ fig. 13 : IRM en coupe axiale, séquence CISS montrant un schwannome vestibulaire gauche de stade IV. fig. 14 : SV gauche avec le conduit auditif interne éclaté. d 60 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd60 60 17/09/08 11:20:32 6. la surveillance post opératoire immédiate : L’IRM cérébrale n’a qu’une place limitée en post opératoire immédiat, et n ‘est réservée que pour la recherche d’un accident vasculaire ischémique du tronc cérébral ou du cervelet. IV. Diagnostic différentiel : 1. Le méningiome de la face postérieure du rocher [14] : Le méningiome est la deuxième tumeur de l’angle ponto cérébelleux [2]. La classification tumorale utilisée est celle de Desgeorges [15]. Elle repose d’une part sur la zone d’implantation ostéodurale du méningiome : - A ou zone antérieure allant de l’incisure trigéminée jusqu’au bord antérieur du conduit auditif interne. - M ou zone médiane allant du bord antérieur du conduit auditif interne à une ligne passant en arrière du massif labyrinthique intra-pétreux (fig. 15). - P ou zone postérieure allant de cette ligne jusqu’au sinus sigmoïde (fig. 16). Et d’autre part, sur la taille de la flèche tumorale dans l’angle ponto-cérébelleux : - stade I : flèche tumorale de 1 à 9 mm. - stade II : flèche tumorale de 10 à 19 mm. - stade III : flèche tumorale de 20 à 29 mm. - stade IV : flèche tumorale supérieure à 30 mm. L’IRM avec injection de Gadolinium a une sensibilité supérieure au scanner dans le diagnostic de méningiome qui apparaît en iso ou en hypo-signal en T1 (comme les schwannomes) mais il est en hyper-signal en T2 (alors que les schwannomes sont en iso voir en hypo-signal). Le rehaussement de la tumeur après injection de gadolinium est intense et rapide pour les méningiomes alors qu’il est moins rapide pour les schwannomes, mais cette différence n’est pas toujours facile à mettre en évidence [5]. Dans le cas de méningiome du conduit avec extension dans l’angle ponto cérébelleux, la présence d’une large base de rattachement à l’os pétreux peut en faciliter le diagnostic. De même, l’existence d’une prise de contraste méningée en « queue de comète » est assez caractéristique. Sont assez caractéristiques du méningiome, les tumeurs sessiles, fig. 15 fig. 16 ∂ : fig. 15 : IRM en séquence CISS, montrant un méningiome du conduit auditif interne et de l’angle ponto cérébelleux droit. fig. 16 : méningiome droit de type MP envahissant les nerfs mixtes, séquence T1 avec injection de gadolinium. avec une large base d’implantation durale contre l’os pétreux et avec des angles de raccordement obtus (à la différence du schwannome qui a des angles de raccordement aigus). 25 à 33 % des méningiomes sont calcifiés et sont alors très hypo-intense T1 mais ces calcifications peuvent également se rencontrer de façon beaucoup plus rare dans le cas de schwannome. Une lyse osseuse ou une hyperostose sous-jacente est assez spécifique du méningiome mais n’est retrouvée que dans 20 % des cas de méningiome. Un rehaussement dural autour de la tumeur est plus fréquent dans le cas de méningiome et semble assez spécifique. Dans le cas des tumeurs intra-canalaire, le diagnostic pré-opératoire peut également être difficile (fig. 17). Lorsque 61 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd61 61 17/09/08 11:20:33 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 6 IMAGERIE DU NEURINOME DE L'ACOUSTIQUE la tumeur n’est pas purement intracanalaire, l’IRM permet dans la plupart des cas de trancher entre le méningiome et le schwannome vestibulaire. Cependant en cas de grosse tumeur (stade III ou IV) centrée sur le CAI, le diagnostic préopératoire peut parfois être erroné. 2. Le kyste épidermoïde ou choléstéatome primitif de l’angle pontocérébeleux : C’est la troisième tumeur de l’APC après le méningiome et le D fig. 17 : IRM en séquence CISS, montrant un méningiome neurinome. Son aspect IRM est caractéristique avec un signal remplissant complètement le conduit auditif interne droit. hypo intense en T1, hyper intense en T2, comme le LCR. Il n’est pas rehaussé après injection du produit de contraste sauf parfois en périphérie de la tumeur. (fig. 21) A B fig. 21 d 3. Le paragangliome [12] : Les paragangliomes (fig. 18, 19) naissent en principe de l’os pétreux, et peuvent évoluer vers l’angle ponto cérébelleux. Le diagnostic différentiel repose principalement dans les stades C (origine sur le dôme du bulbe de la jugulaire) qui peuvent s’étendre en bas le long de la jugulaire et des nerfs mixtes, en arrière dans le sinus sigmoïde, en haut vers le CAI, latéralement vers l’hypotympanum et l’oreille moyenne ou en dedans vers le foramen jugulaire et l’APC. Ils peuvent prendre un aspect semblable au SV mais l’aspect « poivre et sel » en T2 et une prise de contraste précoce au temps artériel permettent de rectifier le diagnostic. fig. 18 fig. 19 ∂ (de haut en bas) fig. 18 : IRM en coupe axiale, séquence T1 après injection de gadolinium, d’un chémodectome gauche. fig. 19 : même patient que la figure 18, en séquence CISS. 62 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd62 62 17/09/08 11:20:35 ∂ fig. 20 : ostéosarcome like ostéoblastome de la face postérieure du rocher gauche, coupe axiale, séquence T1. 4. Les autres tumeurs [2] : De façon plus rare, des tumeurs peuvent être découvertes. Il s’agit des tumeurs (tumeur chondromateuse, chondrome, tumeur du sac endolymphatiques, méduloblastome, épendymome, glioblastome, des métastases leptoméningées au niveau du conduit auditif interne et de l’angle ponto-cérébelleux, des rhabdomyosarcomes (fig. 20), des granulomes à cholestérine, des lipomes (facilement diagnostiqués si des séquences Fat Sat sont utilisées, très intense en T1, hypo-intense en T2, sans rehaussement après injection de gadolinium), des hamartomes, des kystes dermoïdes et des lymphomes). Le kyste arachnoïdien est une entité fréquente mais très rarement symptomatique. Son association avec un schwannome vestibulaire n’est pas rare. Il se présente comme une masse non lobulée, homogène, iso-intense au liquide céphalorachidien. 5. Les autres neurinomes : Le neurinome du nerf facial est rare et représenterait moins de 1 % des SV. Son aspect IRM est similaire au SV et le diagnostic pré opératoire peut être impossible pour les tumeurs de petites tailles. Les neurinomes du trijumeau ou des nerfs mixtes sont encore plus rares. 6. Dans certains cas, l’IRM ne permet pas de faire avec certitude le diagnostic de neurinome de l’acoustique. Des tumeurs malignes peuvent parfois avoir les mêmes aspects radiologiques que le SV. C’est une des raisons qui nous incite à une prise en charge plus chirurgicale, car elle reste la seule a pouvoir établir un diagnostic histopathologique certain. V. La surveillance : 1. Le SV est une tumeur bénigne dont la croissance est lente et variable. Dans les cas de petite tumeur envahissant complètement le fond du CAI, une surveillance radiologique peut être proposée. L’IRM est alors l’élément de référence. Elle permet la mesure volumétrique (en général sur 2 examens espacés de 12 mois), de juger de l’évolutivité ou non de la tumeur et de la conduite à tenir. 1. Dans la surveillance des neurinomes irradiés, celle-ci doit être systématique, tous les six mois pendant deux ans, puis une fois par an pour juger de la stabilité des lésions, de leur éventuelle nécrose ou de l’augmentation de volume. 1. Dans le cas des neurinomes opérés, la surveillance radiologique doit également être réalisée 12 mois après l’intervention. Elle vérifiera l’absence d’un résidu tumoral dont le diagnostic n’est pas toujours facile. En cas de colmatage de la voie d’abord par de la graisse abdominale notamment au niveau du conduit auditif interne, l’utilisation des séquences FatSat (séquences en saturation de graisse) est indispensable. L’IRM sera considérée normale si aucune prise de contraste nodulaire n’est mise en évidence [12]. Une IRM sera alors 63 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd63 63 17/09/08 11:20:37 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 6 IMAGERIE DU NEURINOME DE L'ACOUSTIQUE proposée 3 ans puis 10 ans plus tard chez les sujets jeunes [12]. En cas de doute sur les clichés radiologiques, une IRM annuelle sera proposée. Conclusion : L’IRM cérébrale est l’examen clé du schwannome vestibulaire : elle permet le diagnostic, de décider la voie chirurgicale en cas de prise en charge chirurgicale et la surveillance par une mesure précise de la taille de la tumeur et de sa croissance. L’IRM est le seul examen capable de réaliser une surveillance des schwannomes vestibulaires opérés. ■ Références bibliographiques 1. 2. 3. 4. Curtin HD, Hirsch WL Jr. Imaging of acoustic neuromas.Neurosurg Clin N Am. 2 008 ; 19(2):175-205. Bonneville F, Savatovsky J, Chiras J. Imaging of cerebellopontine angle lesions : an update. Part 2 : intra-axial lesions, skull base lesions that may invade the CPA region, and non-enhancing extra-axial lesions. Eur Radiol. 2 007 ; 17(11):2 908-20. Jia H, Marzin A, Dubreuil C, Tringali S. Intralabyrinthine schwannomas : symptoms and managements. Auris Nasus Larynx. 2 008 ; 35(1):131-6. 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C’est un traitement reconnu des surdités bilatérales sévères ou profondes malgré un appareillage audiométrique optimal (intelligibilité orale inférieure ou égale à 30 %). L’IC pallie l’absence ou la destruction plus ou moins complète mais fonctionnellement insuffisante des cellules de Corti. L’IC en place va stimuler directement le nerf cochléaire et conduire ainsi le message sensoriel aux centres de l’audition. L’IC est composé de plusieurs parties (fig. 1) -Un faisceau d’électrodes (porte électrode) inséré via la fenêtre ronde de 2 à 2,5 cm dans la rampe tympanique de la cochlée et au contact des cellules sensorielles situées sur la membrane basilaire de la cochlée -un stimulateur positionné dans le tissu sous-cutané en arrière du pavillon de l’oreille. Il est en contact avec une antenne externe munie d’un microphone (récepteur), relié à un boîtier (processeur vocal) et alimenté par une pile ou une batterie. La technique chirurgicale consiste à positionner le faisceau d’électrodes dans la cochlée en passant à travers la cavité D fig. 1 : différents constituants d’un implant cochléaire. mastoïdienne, la paroi postérieure de la caisse du tympan, traversant la caisse jusqu’à la fenêtre ronde pour s’enrouler dans la rampe tympanique de la cochlée. Le bilan d’imagerie réalisé avant la pose de l’IC va permettre de préjuger des éventuelles difficultés du geste chirurgical et d’en rechercher les contre-indications. Elle pourra également aider au choix du côté à implanter. L’imagerie après la pose de l’IC est indiquée pour réaliser : -le positionnement des électrodes dès le début de la mise en route de l’appareillage, -en cas de dysfonctionnement de l’IC, -une IRM (cérébrale ou autre) peut être réalisée selon le type d’IC (aimant amovible, remplacement du matériel ferromagnétique). Imagerie pré-implant 1. Indications d’imagerie L’imagerie joue un rôle majeur dans le bilan préopératoire d’un IC : -elle recherche une contre-indication à la pose d’un IC, -elle permet une étude morphologique des différents constituants de l’oreille interne mais aussi de l’oreille moyenne qui peuvent modifier la technique ou l’abord chirurgical, -elle recherche également les situations à risque opératoire (ou post-opératoire) qui laissent présager d’un résultat fonctionnel partiel. L’imagerie sera réalisée avant les tests de stimulation électrique afin d’orienter dans certains cas le côté le plus favorable à l’implantation. 66 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd66 66 17/09/08 11:20:38 2. Techniques -Le scanner et l’IRM sont les deux examens constamment utilisés dans le bilan pré-IC et sont complémentaires ; ils permettent une étude anatoD fig. 2 : TDM coupe sagittale oblique déroulant la cochlée. mique bilatérale et comparative ; flèche ; fenêtre ronde ; flèche en pointillé : canal du nerf facial 1. Tomodensitométrie (TDM) (fig. 2) Réalisée sans injection de produit de contraste iodé, en coupes fines inframillimétriques jointives dans le plan orbito-méatal puis reconstruction tridimensionnelle (MPR) pour une étude dans le plan du canal semi-circulaire latéral (axial-oblique) et coronal. Le scanner permet une analyse : -de la morphologie osseuse de l’ensemble du rocher et plus particulièrement du labyrinthe osseux et de son éventuelle ossification, -du trajet des structures nerveuses et vasculaires ; 2. Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) Les contres indications sont rares : pace-maker et anciennes valves cardiaques, corps étrangers métalliques intraoculaires, clips vasculaires ferromagnétiques encéphaliques, claustrophobie… On utilise une antenne crâne voire selon les centres des antennes de surfaces couplées et dédiées améliorant la résolution spatiale. Le protocole pré-implants consiste en : -une séquence FLAIR axiale sur l’encéphale en coupe de 5 mm afin de dépister une pathologie centrale -une séquence pondérée T2 centrée sur les conduits auditifs internes, en haute résolution, coupes fines de 0,7 mm et jointive (CISS, FIESTA ou DRIVE selon les constructeurs). Une étude multiplanaire et des reconstructions MIP (Maximum Intensity Projection) permettront une meilleure appréciation du labyrinthe membraneux (3D) et des paquets acoustico-faciaux dans les CAI. -une séquence T1 SE axiale en coupe de 2 mm sans et avec injection de gadolinium centré sur les CAI. -une séquence T1 EG injectée sur l’encéphale. L’IRM précisera grâce à sa forte résolution en contraste : -l’état du labyrinthe membraneux : perméabilité cochléaire, aspect du modiolus, morphologie du sac et canal endolymphatique, distinction des rampes tympaniques et vestibulaires…, -une éventuelle prise de contraste anormale : labyrinthe membraneux (fibrose labyrinthique ?), paquet acousticofacial (syndrome tumoral ?), encéphale…, -la présence du nerf cochléaire situé à la partie antéro-inférieure du CAI, en dessous du nerf facial, sa taille (normalement le plus volumineux >0,8 mm) au mieux étudié en coupes sagittales obliques perpendiculaires à l’axe des CAI sur les coupes hautes résolution (fig. 3, A, B et C). A B C d fig. 3, A, B et C : IRM normal de l’angle ponto-cérébelleux et des CAI ; séquence CISS en coupe sagittale oblique perpendiculaire aux CAI. a : coupe médiale montrant le nerf facial (flèche) en avant et le nerf cochléo-vestibulaire (flèche en pointillé) plus postérieur. On constate un début de division entre le nerf vestibulaire et le nerf cochléaire plus bas situé. b : coupe plus latérale centrée sur les CAI ; nerf cochléaire à la partie antéro-inférieure (tête de flèche), nerf facial (flèche) et nerf vestibulaire (flèche en pointillé) qui commence sa division c : Reconstructions MIP sur le labyrinthe à partir de la séquence T2 3D. 67 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd67 67 17/09/08 11:20:39 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 7 IMAGERIE DES IMPLANTS CHOCLÉAIRE une pathologie encéphalique tumorale, inflammatoire, dégénérative ou séquellaire d’un accident vasculaire ou d’un traumatisme notamment des centres de l’audition (noyaux cochléaires dorsal et ventral de part et d’autres du bord latéral du V4, complexe olivaire supérieur, partie latérale de la protubérance, lemnisque latéral, corps géniculé médial, aire auditive corticale, première circonvolution temporale.) de pronostic fonctionnel incertain (fig. 4, A, B, C, D). Certaines techniques sont encore au stade d’évaluation. 4a ∂ fig. 4 A, B, C, D : IRM cérébrale normale, séquence FLAIR. Centres de l’audition : A : coupes passant par la protubérance : noyaux cochléaires dorsaux (1) et ventraux (2) de part et d’autres du bord latéral du V4, complexe olivaire supérieur (3). B : coupes passant par le mésencéphale : lemnisque latéral (4), colliculus inferieur (5). C, D : coupes sustentorielles : corps géniculé médial (6) à la partie postéro-médiane du thalamus, aire auditive corticale (7) dans la première circonvolution temporale. 4b d 4c 4d -l’IRM fonctionnelle avec stimulation du nerf cochléaire par l’intermédiaire d’une électrode IRM-compatible placée dans la fenêtre ronde qui permettra probablement d’orienter les décisions d’implantologie. -la mesure objective du diamètre du nerf cochléaire qui pourrait avoir une valeur pronostique et déterminer le bénéfice potentiel d’un IC. 3. Cas particulier des enfants : Il faut considérer deux situations : -soit l’enfant peut rester calme le temps de l’examen et l’on procédera comme chez l’adulte au scanner et à l’IRM selon les protocoles définis. On notera l’avantage certain du scanner du fait de la rapidité d’acquisition (possibilité de spires rapides de l’ordre de la dizaine de seconde) en tenant compte de l’irradiation surtout lorsqu’on est amené à répéter les examens. Concernant l’IRM les séquences T2 dans le plan axial et 3D haute résolution sont le plus souvent suffisantes ce qui diminue le temps de l’examen (10 minutes) -soit l’enfant ne peut maintenir une immobilité suffisante et il est nécessaire de réaliser une sédation. Pour le scanner une simple sédation orale est généralement suffisante. En revanche pour l’IRM ou il est indispensa- 68 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd68 68 17/09/08 11:20:42 ble de garder un degré d’immobilité suffisante. Il sera pratiqué en accord avec les anesthésistes une courte anesthésie générale selon les modalités variant selon les intervenants (produit de demi-vie court, ex : SEVOFLURANE gaz halogéné). Elle sera bien évidemment précédée d’une consultation pré-anesthésie et encadrer par le monitorage IRM-compatible habituel. 4. Résultats 4.1 Recherche de contre indication 4.1.1 Absolue -Aplasie labyrinthique complète de Michel, souvent bilatérale (fig. 5, 6). -Agénésie du nerf cochléaire (fig. 7, 8) devant être recherché systématiquement à l’aide des séquences IRM haute ∂ : fig. 5 : IRM séquence CISS centré sur fig. 5 fig. 6 résolution. Une anomalie (hypoplasie, agénésie) du nerf cochléaire sera d’autant plus à rechercher qu’il existe un rétrécissement du CAI (<3 mm de diamètre) (fig. 9, 10, 11, voir page suivante). les CAI : Anomalie du labyrinthe droit avec agénésie totale de la cochlée (flèche) associée à une discrète hypoplasie des canaux semi-circulaires, mais avec intégrité du paquet cochléo-vestibulaire au sein du conduit auditif interne. Oreille gauche sans anomalie notamment cochléaire (flèche). fig. 6 : TDM du rocher : Agénésie labyrinthique. Absence de structure cochléaire (flèche). (à noter un comblement total de la caisse du tympan en rapport avec un choléstéatome primitif). d fig. 7 : IRM centrée sur les CAI, séquence CISS : Agénésie du nerf cochléaire gauche normalement situé à la partie antéro-inférieure du conduit et d’autant mieux apprécié sur les coupes sagittales obliques perpendiculaires à l’axe des CAI. fig. 8 : IRM des rochers, séquence CISS : Aplasie bilatérale des CAI (flèches). Absence de structures nerveuses en direction de l’appareil cochléo-vestibulaire qui est intègre. fig. 7 fig. 8 Il peut être associé à une malformation labyrinthique dans le cadre d’une pathologie malformative évoluée mais le développement embryologique indépendant de l’organe de Corti et du nerf cochléaire explique qu’une cochlée morphologiquement normale ne puisse éliminer une agénésie du nerf cochléaire. 4.1.2 Relative Signe en faveur d’une otite chronique évolutive avec risque infectieux accru pouvant soit faire repousser la chirurgie, soit l’associer à des techniques d’exclusion de l’oreille moyenne avec comblement mastoidïen. -Séquelles d’une otite chronique : cavité d’évidement post-chirurgical, troubles trophiques cutanéo-sous-cutanés cicatriciels, rétraction tympanique. Ces séquelles majorent les difficultés lors de la pose de l’IC, avec un 69 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd69 69 17/09/08 11:20:44 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 7 IMAGERIE DES IMPLANTS CHOCLÉAIRE fig. 9 fig. 10 fig. 11 D fig. 9 : TDM rocher droit : Rétrécissement du CAI droit (flèche) Un rétrécissement du CAI doit faire suspecter et rechercher une agénésie ou une hypoplasie du nerf cochléaire. fig. 10 : IRM du rocher, séquence T2 : Paquet acoustico-facial droit hypoplasique cheminant dans un CAI étroit (flèche). (Importance des coupes sagittales obliques perpendiculaires à l’axe des CAI pour distinguer les différentes structures nerveuses). fig. 11 : aspect rétréci du modiolus (flèche noire) nécessitant un complément par IRM pour vérifier la présence ou l’absence de nerf cochléaire. risque post-opératoire accru d’une exposition du faisceau d’électrode avec l’extérieur (protection chirurgicale du trajet des électrodes possible) (fig. 12). ∂ fig. 12 : TDM du rocher gauche : Patient aux antécédents d’otite chronique. Poche de rétraction tympanique (flèche) rétrécissant le volume de la caisse du tympan et venant s’accoler aux parois de la capsule otique. Il existe un risque post-opératoire de d’extériorisation du porteéléctrode et donc d’infection. 4.2 Exemple de pathologies implantables ou de variantes anatomiques 4.2.1 Malformations congénitales de l’oreille interne Seuls 20 % des surdités congénitales ont une imagerie anormale -Le spectre des anomalies développementale de l’oreille interne est vaste, s’étendant de l’aplasie labyrinthique complète de Michel à la partition incomplète (petite cochlée, absence de septum interscalaire) en passant par les aplasies-hypoplasies cochléaires (anomalie de partition) et la cavité commune cochléovestibulaire décrites par Mondini et représentant près de 55 % des pathologies malformatives (fig. 13, 14, et page suivante 15 A, 15 B, 16). Mais il existe d’autres malformations pouvant atteindre les différents constituants de l’appareil sensoriel cochléo- ∂ fig. 14 : TDM du rocher droit : Dysplasie vestibulaire qui prend la forme d’une vésicule (tête de flèche). Anomalie d’enroulement de la cochlée associée (flèche). d fig. 13 : TDM du rocher droit : Dysplasie du labyrinthe antérieur et postérieur. Perte de l’aspect spiralé de la cochlée qui prend la forme d’une vésicule cochléaire (flèche noire). Absence de canal semi-circulaire et morphologie vésiculaire du labyrinthe postérieur (flèche blanche). 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd70 70 70 17/09/08 11:20:57 fig. 15 A, B : TDM rocher bilatéral : anomalie labyrinthique bilatérale avec vésicule cochléaire dilatée, gros tour basal, grosse fenêtre ovale, dilatation des saccules vestibulaires, et des aqueducs du vestibule. Ces associations rentrent dans le cadre d’une dysplasie labyrinthique de Mondini. fig. 16 : agénésie complète des canaux semi-circulaires dans le cadre d’un syndrome de CHARGE. ∂ fig. 15A fig. 15B fig. 16 vestibulaire ou de son environnement. Une attention particulière doit être prêtée aux élargissements de l’aqueduc du vestibule visualisés au scanner, pouvant être ou non associés à d’autres anomalies de l’oreille interne. Il est considéré comme dilaté lorsque son diamètre est supérieur à celui du canal semi-circulaire postérieur qui lui est parallèle et qui est pris comme repère de référence. L’IRM détectera des anomalies mineures, une modification du contenu liquidien du canal endolymphatique ainsi qu’une dilatation associée du sac endolymphatique (fig. 17 A, B, C et 18 A, B). En effet il est nécessaire de signaler cette anomalie au chirurgien car il s’y associe fréquemment après la cochléostomie fig. 17A fig. 17B fig. 17C fig. 18A fig. 18B D fig. 17 : IRM centré sur les CAI en haute résolution (séquence CISS) : dilatation bilatérale des sacs endolymphatiques (flèches) en coupe axiale (a) et coronale (c) b : dilatation des canaux endolymphatiques (flèche en pointillé) qui ont un diamètre supérieur aux CSC postérieur (flèche blanche). fig. 18 : TDM (a) et IRM (b) des rochers. Dilatation bilatérale de l’aqueduc du vestibule (flèches noires) et des canaux 71 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd71 71 17/09/08 11:21:08 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 7 IMAGERIE DES IMPLANTS CHOCLÉAIRE des risques de fistules avec fuites de liquide céphalo-rachidien (oreille geyser). Cette complication est généralement bien contrôlée par une greffe musculaire (muscle temporal) autour du faisceau d’électrode. -Un aspect dilaté, en « bulbe » de la partie distale du CAI associé à un élargissement du modiolus et/ou à une absence de séparation osseuse entre la partie distale du canal et la base de la cochlée font également suspecter des anomalies pressionnelles labyrinthiques avec risque d’« oreille geyser » (fig. 19, 20 A, B et C). 4.2.2 Séquelles de méningite fig. 19 fig. 20A ∂ fig. 19 : TDM du rocher gauche en coupe coronale. Dilatation du CAI qui présente un renflement « bulbaire » à sa partie terminale (double flèche). Risque d’oreille geyser après cochléostomie. endolymphatiques (flèches blanches) en comparaison aux CSC postérieurs adjacents. fig. 20 a, b et c : TDM du rocher droit, coupes axiales : oreille geyser avec dilatation du CAI (double flèche), du modiolus (flèche), de la partie proximale du canal facial (1) et du canal du nerf vestibulaire (3). 2 : vestibule, 4 : 2e portion du nerf facial. fig. 20B fig. 20C Les surdités acquises dans les suites d’une méningite par extension aux labyrinthes rentrent dans le cadre des labyrinthites ; le risque évolutif est l’ossification ou la fibrose du labyrinthe. -Une ossification du canal cochléaire rend la technique chirurgicale plus difficile (perforation inférieure du tour basal de la cochlée souvent nécessaire) et la mise en place des électrodes partielle (choix d’un faisceau d’électrode plus court). Cette ossification est bien visualisée au scanner qui quantifie sa localisation et son étendue (tour basal, intermédiaire ou apical, fenêtre ronde ou ovale) avec une sensibilité de 50 %. L’étude des canaux semi-circulaires permet de dépister une ossification cochléaire avec une plus grande sensibilité (75 % pour le canal semi-circulaire latéral) et ce même si il n’y a pas d’ossification cochléaire scannographiquement décelable (fig. 21, 22). -En effet, la fibrose (comblement non calcifié) du labyrinthe membraneux sera bien visualisée en IRM en séquence pondérée T2 sous forme d’une disparition de l’hypersignal liquidien normalement présent dans l’appareil cochléovestibulaire (fig. 23). -La réalisation de séquences T1 après injection de gadolinium peut mettre en évidence une prise de contraste du labyrinthe membraneux en faveur de la persistance d’un tissu de granulation en rapport avec une phase active du processus inflammatoire et un risque d’évolution vers la calcification. Cet élément est à prendre en compte dans la programmation de la pose d’IC (fig. 24 A, B et B). 72 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd72 72 17/09/08 11:21:14 fig. 21 fig. 21 : TDM du rocher dans le plan de la cochlée chez un patient ayant présenté une surdité au décours d’une méningite infectieuse. Ossification de la portion initiale du tour basal de la cochlée (flèche) en rapport avec une labyrinthite ossifiante. fig. 22 : TDM du rocher dans le plan axial et en reconstruction 3D vue inférieure. Bilan pré-implantatoire d’une surdité chez un patient aux antécédents de méningite bactérienne. Ossification du CSC latéral (flèches) en faveur d’une labyrinthite ossifiante. Intégrité de l’appareil cochléaire (non montré) objectivant la meilleure sensibilité de l’atteinte des CSC dans les labyrinthites ossifiantes. fig. 22 ∂ 4.2.3 Dysostose -Otospongiose cochléaire se manifestant par une déminéralisation (hypodensité) peri-cochléaire plus ou moins étendue sur le scanner pouvant être associé à une ossification de la cochlée. Il faut également rechercher dans ce contexte une obturation de la fenêtre ronde (fig. 25, 26). Maladie de Paget : dédifférenciation corticomédullaire, perte de l’architecture osseuse, élargissement des pièces osseuses et selon le stade fig. 24A fig. 23 : Séquence CISS dans le plan axial sur le vestibule postérieur gauche. Antécédent de méningite. TDM des rochers réalisé normal. Anomalie de la perméabilité liquidienne endolymphatique du CSC latéral (flèches blanches) comparativement au CSC postérieur (flèche noire) traduisant une : fibrose labyrinthique. d fig. 24B fig. 24C D fig. 24 : Atteinte labyrinthique droite post méningitique. Bilan en vue d’une pose d’IC a, b : Séquence CISS axiale et coronale : Perte de l’hypersignal liquidien du labyrinthe droit. On devine en hyposignal la partie tout antérieure de la cochlée (petite flèche) et la plus postérieure du vestibule (grande flèche). Nonvisualisation du CAI droit : fibrose labyrinthique. c : séquence T1 après injection de gadolinium dans le plan coronal. Importante prise de contraste de l’ensemble du labyrinthe ainsi que du CAI : persistance d’une importante inflammation labyrinthique (flèche noire) et du CAI (flèche blanche) à droite. Programmation plus précoce de la chirurgie implantatoire avant ossification totale. fig. 25 fig. 26 fig. 25: Otospongiose de la fenêtre ronde. Foyer de déminéralisation (flèche) en regard de la fenêtre ronde qui est épaissie. fig. 26 : Otospongiose péricochléaire. Présence de plusieurs foyers de déminéralisation (flèche) tout autour du labyrinthe antérieur. d 73 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd73 73 17/09/08 11:21:19 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 7 IMAGERIE DES IMPLANTS CHOCLÉAIRE de la maladie, déminéralisation et ostéocondensation. Ces remodelages osseux peuvent entraîner un rétrécissement des CAI ou des trajets vasculo-nerveux - Dysplasie fibreuse : avec éventuelle sténose des foramens de la base du crâne, notamment des CAI (fig. 27, 28 A et B). fig. 27 fig. 28A fig. 28B D fig. 27 : Dysplasie fibreuse de la partie postérieure de la pyramide pétreuse droite étendue à l’os occipital et épargnant l’oreille moyenne et interne. Aspect caractéristique associant plages osseuses de verre dépoli, plage de déminéralisation circonscrite et hypertrophie osseuse. fig. 28 : Dysplasie fibreuse polyostéotique dans le cadre d’un syndrome de Mac Cune Albright entraînant un a : rétrécissement de l’ensemble des foramens de la base du crâne, y compris des CAI (flèches) b : noter les remaniements mastoïdiens secondaires à la maladie ainsi qu’aux stigmates de chirurgie mastoïdienne (flèches) dont il faudra tenir compte lors de la chirurgie implantatoire (voie d’accès). - Ostéopétrose, affection métabolique osseuse autosomique. Épaississement et condensation de l’ensemble du squelette avec remplacement de l’os spongieux par un os dense de type cortical (fig. 29). fig. 29 : ostéopétrose : épaississement et 4.1.4 Traumatisme condensation de l’ensemble du squelette avec remplacement de la médullaire par -Le bilan d’imagerie pré-imun os dense de type cortical.. platatoire réalisé dans Retentissement sur les foramens de la le contexte post-traubase et les CAI. d matique recherche principalement une atteinte de la perméabilité cochléaire : ossification post-hématique (TDM) ou fibrose post-hématique (IRM) séquellaire d’une fracture translayrinthique, transcochléaire, au travers du tour basal de la cochlée. Il permet également de statuer sur les remaniements morphologiques en regard de la voie d’accès chirurgicale (mastoïde, caisse du tympan au scanner) (fig. 30, 31 A, B et C, voir page suivante). 74 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd74 74 17/09/08 11:21:24 fig. 30 fig. 31A ∂ fig. 30 : TDM du rocher, coupe axiale. Trait de fracture passant par le tour basal de la cochlée (flèche noire) libérant un fragment (flèche blanche) en position déclive dans l’hypotympan. fig. 31 : traumatisme de l’oreille droite par cotontige. Vertiges et surdité. TDM du rocher, coupe axiale (a). Comblement de la caisse du tympan avec quelques fragments osseux millimétriques, enfoncement platinaire postérieur au travers de la fenêtre ronde qui perd son aération (flèche) normale. L’IRM réalisée en coupe axiale (b) et coronale (c) objective une amputation du vestibule à droite (grande flèche) en comparaison avec le côté sain (petite flèche). fig. 31B fig. 31C 4.2.5 Variantes anatomiques -Déhiscence ou trajet atypique du nerf facial (pouvant accroître le risque de paralysie faciale) (fig. 32, 33 A, B et C). fig. 32 : TDM du rocher : trajet anormal du nerf facial. Absence de première portion et de relais au ganglion géniculé. La deuxième portion (flèche) chemine profondément dans la capsule otique. fig. 33 a, b et c : TDM du rocher droit en coupes axiales (a et b) : procidence intra tympanique de la 3ème portion du faciale (flèche) Procidence intra tympanique de la jonction 2eme (petites flèches) - 3eme portion (flèche) du facial en coupe sagittale oblique dans le plan du nerf facial (c). fig. 32 fig. 33A fig. 33B fig. 33C d 75 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd75 75 17/09/08 11:21:29 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 7 IMAGERIE DES IMPLANTS CHOCLÉAIRE Anomalies vasculaires pouvant potentiellement compliquer la mastoïdectomie ou la cochléostomie : artère carotide aberrante, procidence de la jugulaire, du sinus jugulaire ou de la carotide, veine émissaire. (fig. 34, 35, 36, 37 A, B et C) fig. 34 fig. 35 fig. 37A fig. 36 fig. 37B fig. 37C D fig. 34 : Acouphènes pulsatiles. Angio-IRM en reconstruction MIP : veine cérébrale (flèche) se jetant dans le sinus sigmoïde. fig. 35 : Procidences jugulaires bilatérales sur un TDM de rocher. fig. 36 : TDM du rocher : trajet aberrant de la carotide interne gauche (flèche) dans la caisse du tympan.. fig. 37, A, B et C : Carotide interne aberrante. a : séquence T2 centrée sur les CAI et les siphons carotidiens. Absence d’asignal de flux en lieu et place de la carotide interne gauche, dans le canal carotidien (flèche). b : angio-IRM avec reconstruction MIP sur le polygone de Willis, vue de dessous . Absence de carotide interne gauche et suppléance par une volumineuse artère communicante postérieure gauche (flèche). La carotide interne droite est bien visualisée (flèche courbe). c : reconstruction MIP d’une angio-IRM des troncs supra-aortique, vue coronale. Absence de carotide interne gauche. (grande flèche : trajet normal de la carotide interne droite ; petite flèche : position théorique de la bifurcation carotidienne gauche ne donnant qu’une artère carotide externe). Cas particulier de la neurofibromatose de type 2 : -Elle est caractérisée par le risque de schwannome bilatéral du VIII (fig. 38). On choisit lors de l’exérèse de la seconde tumeur la pose d’un implant auditif du tronc cérébral avec positionnement des électrodes au contact du noyau cochléaire ventral shuntant l’organe de Corti. La nécessité d’une surveillance IRM régulière de ces patients a été renfig. 38 : Patient suivi pour une NF2 et déjà opéré d’un schwanome vestibulaire droit. TDM cérébrale injectée. Récidive tumorale d’un schwanome vestibulaire (flèche) sous forme d’une formation arrondie développée dans l’angle ponto-cérébelleux, à centre hypodense et rehaussée en périphérie. Schwanome du nerf trijumeau envahissant le ganglion de Gasser (flèches). Noter les stigmates de la chirurgie antérieure sur le rocher droit amputé. d 76 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd76 76 17/09/08 11:21:34 ∂ fig. 39 : TDM en reconstruction MIP d’un implant auditif du tronc cérébral avec électrodes au contact des noyaux cochléaire. due possible par la création d’implants possédant un aimant susceptible d’être enlevé par voie chirurgicale avant l’IRM et également par la démonstration que les IC actuels sont IRM compatibles avec des champs de 1.5Tesla. (fig. 39). Tableau des éléments à rechercher systématiquement en imagerie TDM IRM MASTOÏDE : - déminéralisation, comblement densification, sclérose (fig. 40 A et B) - épaisseur corticale séquelles traumatiques ou chirurgicales (fig. 41) OREILLE INTERNE : - morphologie et perméabilité du labyrinthe membraneux - prise de contraste labyrinthique - segmentation cochléaire - taille du nerf cochléaire - aspect du modiolus - taille du sac et du canal endolymphatique OREILLE MOYENNE : - état d’aération de la caisse tympanique - rétraction tympanique - déhiscence ou trajet atypique du nerf facial - trajet vasculaire anormal, aberrant, procidence - épaississement ou sténose de la fenêtre ronde ENCEPHALE : - anomalie de l’angle ponto-cérébelleux - anomalie du parenchyme cérébral OREILLE INTERNE : - morphologie et ossification du labyrinthe osseux - aspect et taille du CAI - segmentation cochléaire - dilatation des aqueducs fig. 40A fig. 40B fig. 41 D fig. 40 A et B : TDM rocher droit, bilan pré-IC : Ostéosclérose mastoïdienne droite (flèche) séquellaire d’oto-mastoïdite chronique. Comblement, densification et raréfaction des cellules mastoïdienne présentant des parois très épaissies et qui risque de rendre le geste chirurgical plus difficile. Le côté controlatéral étant indemne de sclérose mastoïdienne ou d’autre anomalie morphologique sera préféré pour la pose de l’implant. fig. 41 : TDM du rocher droit, plan axial. Bilan d’une paralysie faciale en post-opératoire d’une pose d’IC chez un patient aux antécédents de chirurgie de l’oreille (cavité d’évidement mastoïdienne séquellaire) rendant l’abord chirurgical difficile : dénudation de la troisième portion du nerf facial (flèche blanche) qui est à proximité du faisceau d’électrodes (flèche en pointillé) en rapport avec une paralysie faciale iatrogène. 77 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd77 77 17/09/08 11:21:42 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 7 IMAGERIE DES IMPLANTS CHOCLÉAIRE Imagerie post-implant Rayons X post implantation cochléaire Incidences radiologiques crâne de profil et dans le plan de Stenvers (vues antéropostérieures et latérales) et réalisée de façon systématique en post-opératoire précoce d’une pose d’IC. -Elle permet de confirmer la position intra-cochléaire, de déterminer l’angle d’insertion du porte-électrode, de détecter une boucle possible ou un mauvais positionnement, et de fournir une référence en cas de complication après l’intervention (glissement, extrusion) (fig. 42, 43). fig. 42 fig. 43 D fig. 42 : Technique de Stenvers modifiée. D’après (Czerny et al. en 1997). fig. 43 : Radiographie de face en post-opératoire d’une pose d’IC bilatéral selon la technique de Stenvers. Noter l’enroulement correct du faisceau d’électrode dans la cochlée de façon bilatérale. TDM : -TDM axiales avec reconstruction multiplanaires dans le plan du rocher peut être utile pour préciser la position des électrodes (fig. 44 A et B). fig. 44A fig. 44B ∂ fig. 44 A et B : TDM du rocher droit en reconstruction MIP dans le plan de la cochlée (a) et dans le plan axial (b) montrant le bon positionnement de l’implant cochléaire suivi sur l’ensemble de son trajet. 78 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd78 78 17/09/08 11:21:48 IRM : L’IRM (1.5 Tesla) chez les porteurs d’implant cochléaire peut être réalisée, mais son indication reste à poser avec précautions. En effet, plusieurs points sont à prendre en considération, pour lesquels il faut s’en référer aux constructeurs (les formulaires de demande d’IRM et protocole sont disponibles sur les sites des constructeurs). - le champ magnétique de l’IRM est à l’origine d’une force de torsion de l’implant qui a tendance à tourner sous la peau (cette force reste acceptable avec les champs magnétiques 1.5Tesla). -la désaimantation de l’aimant interne de l’implant est possible, quoique réduite par un positionnement optimal de la tête du patient au sein de l’IRM (en décubitus dorsal et le nez au zénith) -enfin, l’implant est à l’origine d’artefacts métalliques plus marqués sur les séquences d’écho de gradient, pouvant gêner l’interprétation de la fosse cérébrale postérieure. Conclusion L’imagerie joue un rôle majeur dans le bilan pré-implant cochléaire. Elle se fonde sur le scanner et l’IRM indispensables avant la chirurgie ; elle permet d’éliminer les contre-indications (aplasie labyrinthique, agénésie du nerf cochléaire), de rechercher des variantes anatomiques ou des remaniements pathologiques qui peuvent modifier l’abord et le geste chirurgical ou le rendre plus difficile. Elle aide au choix de la latéralisation, alerte le chirurgien sur des situations à risques ou sur un résultat fonctionnel partiel. L’imagerie est également très importante dans le suivi après la pose d’un implant cochléaire : radiographie dans le plan Stenvers (systématique en post-opératoire précoce) ; scanner et IRM (IC IRM compatible, consulter les constructeurs, formulaires de demandes d’IRM) lors des complications post-opératoires ou des dysfonctionnements ultérieurs de l’implant. ■ 79 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd79 79 17/09/08 11:21:52 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 7 IMAGERIE DES IMPLANTS CHOCLÉAIRE Bibliographie : 1. Dauman R, Carbonnière B, Soriano V, Berger-Lautissier S, Bouyé J, Debruge E, Coriat G et Bébéar JP. Implants cochléaires chez 2. l’adulte et l’enfant. Encycl Méd Chir (Elsevier, Paris), Oto-rhino-laryngologie, 20-185-D-10, 1998, 12 p. Leopoldo Jose´ Corderoa, Silvia Noemı´ Breuninga, Jorge Jose´. Cochlear implants in post-meningitis children ; MorettibInternational Congress Series 1273 (2004) 251-254 3. Christoph Arnoldner, Wolf Dieter Baumgartner, Wolfgang Gstoettner, Brigitte Egelierler, Christian Czerny, Erich Steiner, Jafar Hamzavi. Audiological performance after cochlearimplantation in children with inner ear malformations,International Journal of Pediatric Otorhinolaryngology (2004) 68, 457-467 4. John C Middlebrooks, Julie Arenberg Bierer and Russell L Snyder. Cochlear implants : the view from the brain. Current Opinion in Neurobiology 2005, 15 :488–493 5. C.P. Fahy , A.S. Carney , T.P. Nikolopoulos , C.N. Ludman , K.P. Gibbin. 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Ibrahim Houssam Anatomie chirurgicale de l’oreille interne appliquée à la conservation de l’audition en cas d’implantation cochléaire chez les patients présentant des reliquats auditifs. Université Claude Bernard LYON 1 Master 2 Recherche Ingénierie pour la Santé Spécialité Ingénierie Biomédicale Procédés biologiques et biomatériau. ■ 80 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd80 80 17/09/08 11:21:53 Benoît Godey Radiologie et implants d’oreille moyenne 8 Pr. Benoît Godey Service ORL, [email protected] • CHU de Rennes 81 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd81 81 17/09/08 11:21:53 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 8 RADIOLOGIE LES IMPLANTS D'OREILLE MOYENNE L es implants d’oreille moyenne ont été développés à partir des années 1980 et ont montré leurs performances dans la réhabilitation des surdités de perception (1,2). Leur principe est d’apporter une énergie vibratoire sur la chaîne ossiculaire ou au contact de la cochlée et non devant le tympan comme une prothèse auditive conventionnelle. Ces dispositifs sont proposés aux patients en échec d’appareillage conventionnel ou pour lesquels cet appareillage n’est pas réalisable pour des questions anatomiques ou inflammatoires. Pour être efficace, un implant doit (3) : - Être suffisamment miniaturisé pour être mis en place chirurgicalement mais apporter une énergie suffisante sur la chaîne ossiculaire ce qui suppose une faible consommation d’énergie. - Que le couplage entre le système vibratoire et la chaîne ossiculaire ou la cochlée soit efficace pour limiter les pertes d’énergie et les phénomènes de distorsion. - Que le système vibratoire soit suspendu dans la caisse, tout contact avec les parois de l’oreille absorbant de l’énergie et limitant le rendement. La vibration peut être produite par une induction électromagnétique ou par un cristal piézo-électrique. Dans les dispositifs à induction électromagnétique, un courant électrique passant dans une bobine induit un champ électromagnétique qui va déplacer alternativement un aimant placé au centre de la bobine, créant ainsi une vibration. Le cristal piézo-électrique possède, lui, la propriété de créer un courant électrique sous l’effet d’une déformation, mais également de se déformer et vibrer sous l’effet d’un courant électrique. Trois dispositifs sont actuellement disponibles : - Le Vibrant Soundbridge de MedEl® est un système électromagnétique. Un processeur externe envoie les informations acoustiques à travers la peau à l’implant qui est placé dans une loge osseuse en arrière de la mastoïde. Il est relié par une liaison conductrice à une masse vibrante de 25 mg clipée sur la longue apophyse de l’enclume. ∂ fig. 1A : Schéma de positionnement de l’implant Vibrant Medel® fig. 1B : partie implantée de l’implant Vibrant Medel® d 82 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd82 82 17/09/08 11:21:53 - Le M.E.T. de Otologics® est également un système électromagnétique. Le système est vissé sur la corticale mastoïdienne. Le moteur est suspendu dans la cavité antro-atticale, relié au corps de l’incus par une tige qui transmet les vibrations. L’implant Carina® est une version totalement implantable, le microphone étant situé sous la peau. D fig. 2A : Schéma de positionnement de l’implant Otologics Carina® - D fig. 2B : Schéma de D Fixation de l’implant Otologics Carina® L’implant Esteem Envoy® est un système piézo-électrique totalement implantable. Lors de la mise en place de l’implant, l’enclume est désarticulée de l’étrier. Le tympan est utilisé comme microphone. Les vibrations sont enregistrées à partir de l’enclume, et sont restituées à l’étrier après amplification. fig. 3 : Schéma de positionnement de l’implant Esteem Envoy® d Dans un premier temps, ces dispositifs ont été développés pour réhabiliter les surdités de perception. Plus récemment, certains auteurs ont décrit leur utilisation dans les surdités de transmission ou les surdités mixtes. L’énergie vibratoire peut en effet être délivrée sur la fenêtre ronde, sur l’étrier dans une chaîne ossiculaire interrompue, sur une prothèse ossiculaire, ou sur une chaîne ossiculaire malformée (4,5). Ces implants d’oreille moyenne ont ainsi été proposés dans la réhabilitation de certaines séquelles auditives d’otites chroniques, otospongioses, ou aplasies d’oreille. La mise en place de ces implants requiert un bilan radiologique pré-opératoire qui analyse l’état de l’oreille moyenne, les repères chirurgicaux et élimine une pathologie rétrocochléaire. En post-opératoire, les examens radiologiques visualisent la position du vibrateur par rapport à la cochlée et la chaîne ossiculaire. Ils permettent de rechercher un éventuel déplacement de la masse vibrante si une diminution des performances du système est constatée. Enfin, la présence d’un implant d’oreille moyenne a une incidence sur la réalisation des examens scanner et IRM de la tête. 83 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd83 83 17/09/08 11:21:56 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 8 RADIOLOGIE LES IMPLANTS D'OREILLE MOYENNE 1. Bilan Radiologique avant implantation 1.1 Scanner du rocher La mise en place d’un implant est une intervention d’oreille moyenne qui peut être réalisée suivant les dispositifs par une voie du conduit, par une mastoïdectomie, ou par une tympanotomie postérieure. Le scanner pré-opératoire analyse certains points : - La pneumatisation et la taille de la mastoïde notamment si une mastoïdectomie doit être réalisée. L’implant Otologics® est fixé par vis à la corticale mastoïdienne. Le scanner doit apprécier l’épaisseur corticale et les distances entre l’enclume, le sinus sigmoïde et la corticale. La distance entre l’enclume et la corticale en arrière du sinus sigmoïde (fig. 4A, distance e-c) doit être au moins de 2,5 cm, et la profondeur du sinus sigmoïde sous la corticale doit être supérieure à 1,5 cm (fig. 4B, distance c’-ss). Les coupes coronales doivent analyser la position de la méninge temporale par rapport à l’antre, une procidence importante à ce niveau pouvant gêner l’accès à l’enclume et le vissage du vibrateur. fig. 4 : Scanner du rocher, bilan préopératoire (Photo Professeur MOM) Î D fig. 4 A : mesure entre l’enclume et la corticale mastoïdienne D fig. 4B : mesure de la profondeur du sinus sigmoïde - L’état de la chaîne ossiculaire et de la cavité tympanique. L’implant Esteem Envoy® doit être placé sur une chaîne ossiculaire fonctionnelle. Les implants Otologics® et Vibrant Medel® peuvent être proposés pour une surdité mixte ou de transmission, et le scanner doit analyser les anomalies ou particularités de l’oreille moyenne. Dans les pathologies inflammatoires, les patients ont pu être préalablement opérés, et le scanner doit préciser quels sont les éléments ossiculaires restant afin de déterminer le positionnement du vibrateur sur l’étrier ou la fenêtre ronde. L’accessibilité de la fenêtre ronde doit être analysée. Elle peut être masquée par une fibrose inflammatoire, une tympanosclérose, ou une ossification. Dans les aplasies mineures ou majeures de l’oreille, le scanner permet de vérifier l’accessibilité de l’oreille moyenne, et les possibles anomalies de la chaîne ossiculaire. - La position du nerf facial, notamment si une tympanotomie postérieure doit être réalisée, et si l’implant est proposé dans une malformation de l’oreille moyenne. 84 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd84 84 17/09/08 11:22:00 1.2 IRM cérébrale L’IRM cérébrale est toujours réalisée avant l’intervention pour éliminer une pathologie rétrocochléaire, particulièrement si la composante neurosensorielle de la surdité est asymétrique. La présence de l’implant est à l’origine d’un important cône d’ombre qui perturbe fortement l’interprétation d’une IRM cérébrale. L’examen pré-opératoire permet d’éliminer toute anomalie cérébrale, l’IRM étant à priori contre-indiquée après l'implantation. l’implantation. 2. Examens Radiologiques implant en place Le scanner post-opératoire permet de vérifier la position de l’implant et de sa masse vibrante. La figure 5 représente des coupes scanner d’un implant Vibrant Medel® clipé sur la longue apophyse de l’enclume pour une surdité neuro-sensorielle. Sur les coupes axiales (fig. 5A), la masse est au contact de la longue apophyse de l’enclume, près du promontoire. L’implant a été posé une voie de tympanotomie postérieure, et le cliché visualise le passage par cette tympanotomie postérieure du câble de liaison entre l’implant et la masse vibrante. En coupe coronale (fig. 5B) la masse vibrante est en contact étroit avec la tête de l’étrier, montrant ainsi une bonne congruence avec la chaîne ossiculaire. Î fig. 5 : Scanner du rocher droit, implant Vibrant Medel®, masse vibrante placée sur l’enclume pour une surdité de perception ∂ fig. 5a : coupe axiale fig. 5b : coupe coronale d La figure 6 représente des coupes scanner pour un implant Otologics® posé par voie de mastoïdectomie pour une surdité neuro-sensorielle. Sur les coupes axiales et coronales, l’implant est positionné dans l’axe du fraisage de la mastoïdectomie en direction du corps de l’enclume. Î fig. 6 : scanner du rocher droit, implant Otologics®, vibrateur vissé dans le corps de l’enclume pour une surdité de perception (Photo ProD D fig. 6a : coupe axiale fig. 6b : coupe coronale d 85 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd85 85 17/09/08 11:22:03 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 8 RADIOLOGIE LES IMPLANTS D'OREILLE MOYENNE La figure 7 représente une coupe axiale postopératoire (J2) chez un patient implanté avec un Vibrant Medel® pour une surdité mixte en rapport avec une otite chronique multi-opérée en technique fermée, pour laquelle les tentatives d’ossiculoplastie et d’appareillage conventionnel avaient échoué. Il ne restait aucune structure ossiculaire. L’intervention a été réalisée par voie de tympanotomie postérieure, les berges de la fenêtre ronde ont été fraisées et la masse vibrante a été placée sur la fenêtre ronde. La coupe montre le positionnement de la masse vibrante en contact étroit avec la fenêtre ronde. d fig. 7 : scanner rocher gauche, cliché post-opératoire, implant Vibrant Medel®, masse vibrante placée sur la fenêtre ronde pour une surdité de transmission Le scanner des rochers est utile chez un patient porteur d’un implant d’oreille moyenne qui manifeste une diminution des performances du système. Le scanner peut permettre de différencier une panne du dispositif et un déplacement du système vibratoire induisant une perte de couplage avec l’oreille interne. La figure 8 représente un patient également implanté sur la fenêtre ronde avec un résultat initial satisfaisant, mais une diminution des performances dans le temps. Les coupes scanner axiale et coronale permettent le diagnostic de déplacement secondaire de la masse vibrante. Celle-ci est trop en dehors (fig. 8A) et trop bas (fig. 8B) par rapport à la fenêtre ronde. Elle a pu être replacée dans la fenêtre ronde sous anesthésie locale. Î fig. 8 : scanner du rocher droit, montrant un déplacement de la masse vibrante d’un implant Vibrant Medel® initialement positionnée sur la fenêtre ronde pour une surdité mixte D fig. 8a : coupe axiale D fig. 8b : coupe coronale 86 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd86 86 17/09/08 11:22:08 ∂ fig. 9 : scanner coupe axiale, patient porteur d’un implant d’oreille moyenne bilatéral, artefact Facts liés à la présence de la partie électronique 3. Incidence de la présence d’un implant d’oreille moyenne sur la réalisation des examens radiologiques La présence d’un implant d’oreille moyenne a une incidence sur la réalisation des examens radiologiques de la tête et notamment le scanner et l’IRM. Sur le scanner la présence de ce dispositif électronique est à l’origine d’artéfacts mineurs comme tout corps étranger métallique comme une plaque d’ostéosynthèse ou un implant dentaire (fig. 9). Ces artéfacts gênent peu l’interprétation radiologique et le scanner reste l’examen de référence pour l’exploration de la tête chez un patient implanté. L’IRM est par contre fortement perturbée par la présence d’un implant auditif actif. Il est responsable d’un cône d’ombre important qui empêche la visualisation d’une grande partie de la fosse postérieure, du tronc cérébral et de la région temporale. Selon les constructeurs, le port d’un implant d’oreille moyenne contre-indique la réalisation d’une IRM. La question est posée du possible déplacement du système de vibration dans le champ magnétique. Un certain nombre de patients ont dû bénéficier d’une IRM pour d’autres problèmes. Lenartz (6) n’a pas rapporté de déplacement du FMT (fixé sur la longue apophyse de l’enclume) au décours d’une IRM cérébrale réalisée afin d’éliminer une tumeur cérébrale. Selon Todt (7), une IRM est possible dans l’urgence chez un patient porteur du VSB sur l’expérience de deux patients implantés et soumis à une IRM cérébrale de 1,5 tesla. Il constate que les artefacts gênent l’interprétation de l’examen. Il n’a noté aucune fracture de la loge osseuse ni de surtension d’induction liée au fort champ. Le fonctionnement des implants était normal après l’IRM, sans démagnétisation observée. Schmutziger (8) a rapporté le cas d’un déplacement de la masse vibrante fixée sur la longue apophyse de l’enclume, consécutivement à une IRM, un an après l’implantation. Le FMT a pu être fixé de nouveau sans difficulté. Aucune lésion cochléaire ou de la chaîne ossiculaire n’a été relevée sur le plan fonctionnel. En attendant des résultats de tests menés in vitro, il convient de réserver les indications d’IRM en cas d’urgence vitale chez les patients implantés. Des précautions peuvent être prises lors de la réalisation de l’examen : - Réaliser l’examen d’IRM avec un champ magnétique le plus faible possible (1,5 Tesla) - Installer un bandage serré sur le récepteur interne afin d’éviter toute souffrance du lambeau sous-périosté ou une fracture de la loge osseuse. Conclusion Les implants d’oreille moyenne représentent une solution de réhabilitation auditive chez des patients ne pouvant pas bénéficier de prothèse auditive conventionnelle. Le développement de ces dispositifs a obligé les examens radiologiques à apporter de nouvelles réponses. Leur mise en place nécessite la réalisation d’un bilan radiologique avec une IRM cérébrale afin d’éliminer une pathologie rétrocochléaire, et un scanner du rocher afin de visualiser les structures de l’oreille moyenne et déterminer la zone de stimulation du système vibratoire. Le scanner permet également de vérifier la bonne position de la masse vibrante et parfois de diagnostiquer un déplacement de celle-ci. Le scanner reste l’examen de référence pour l’exploration de la tête chez les patients implantés. L’IRM est fortement perturbée par la présence d’un implant. L’innocuité de L’IRM pour l’implant et pour l’oreille n’est pas démontrée et cet examen doit être si possible réservé aux urgences vitales. ■ 87 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd87 87 17/09/08 11:22:13 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 8 RADIOLOGIE LES IMPLANTS D'OREILLE MOYENNE Remerciements Sincères remerciements au Professeur Thierry Mom du Service ORL du CHU de Clermont-Ferrand pour avoir mis à disposition ses examens radiologiques et son analyse scanographique pré-opératoire. Bibliographie 1. Sterkers O, Bouccara D, Labassi S, Bébéar JP, Dubreuil C, Frachet B, Fraysse B, Lavieille JP, Magnan J, Martin C, Truy E, Uziel A, Vaneecloo FM. A middle ear implant, the Symphonix Vibrant Soundbridge : retrospective study of the first 125 patients implanted in France. Otol Neurotol, 2 003. 24(3): p. 427-36. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. Vincent C, Fraysse B, Lavieille JP, Truy E, Sterkers O, Vaneecloo FM. A longitudinal study on postoperative hearing thresholds with the Vibrant Soundbridge device. Eur Arch Otorhinolaryngol, 2 004. 261(9): p. 493-6. Casenave A, Mondain M, Frachet B, Hamann C, Sterkers O. Les surdités de la prothèse à l’implant. 2 002 ed. Les monographies du CCA groupe. Vol. 33. 2002, Montfermeil : GE. 96. Colletti V, Soli S, Carner M, Colleti L. Treatment of mixed hearing losses via implantation of a vibratory transducer on the round window. Int J Audiol, 2 006. 45(10): p. 600-8. Dumon, T., Vibrant soundbridge middle ear implant in otosclerosis : technique - indication. Adv Otorhinolaryngol, 2007. 65 : p. 320-2. Lenartz T., et al., [The Vibrant Soundbridge System : a new kind of hearing aid for sensorineural hearing loss. 1 : Function and P initial clinical experiences]. Laryngorhinootologie, 1 998. 77(5): p. 247-55. Todt I, Seidl RO, Mutze S, Ernst A. MRI scanning and incus fixation in vibrant soundbridge implantation. Otol Neurotol, 2 004. 25(6): p. 969-72. Schmutziger N, et al., Long-term assessment after implantation of the Vibrant Soundbridge device. Otol Neurotol, 2 006. 27(2): p. 183-8. 88 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd88 88 17/09/08 11:22:15 DenisWilliams, Ayache, Marc Marc DenisWilliams Ayache Progrès IRM et scanner en otologie et perspectives d'avenir 9 Dr. Denis Ayache ORL, Chef de l’Unité d’Otologie-Otoneurologie, [email protected] Dr. Marc Williams Radiologue, Service d’Imagerie Médicale, [email protected] • Fondation Ophtalmologique Adolphe de Rothschild, 25-29 rue Manin, 75019, Paris. 89 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd89 89 17/09/08 11:22:15 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 9 PROGRÈS IRM ET SCANNER EN OTOLOGIE ET PERSPECTIVES D'AVENIR L es trente dernières années ont vu l’apparition et le développement de deux techniques qui ont bouleversé la radiologie : la tomodensitométrie (TDM) et l’imagerie par résonance magnétique (IRM). L’application de ces techniques à l’exploration de l’os temporal a significativement modifié le rôle de l’imagerie, tant dans le processus diagnostique pré-thérapeutique que dans la surveillance post-opératoire des pathologies otologiques et otoneurologiques. Les améliorations techniques continuelles ont permis d’accroître la résolution spatiale (c’est-à-dire la finesse des détails de l’image), la rapidité d’acquisition des images et la "caractérisation tissulaire" des lésions. Dans ce court "état de l’Art", nous rappellerons les principaux progrès technologiques dont ont bénéficié la TDM et l’IRM, illustrés par des exemples pathologiques démonstratifs, et nous verrons quelles sont, en 2008, les perspectives d’avenir de l’imagerie otologique. La TDM Les progrès de la TDM ont été observés dans deux directions principales : augmentation de la résolution spatiale et diminution du temps d’acquisition des images. L’augmentation de la résolution spatiale est liée à l’amélioration des détecteurs1 et à l’augmentation simultanée de la puissance de calcul du ou des processeurs du scanographe. Ainsi, en 20 ans, on est passé de la réalisation « en routine » de coupes de 1 mm d’épaisseur avec une matrice de 512 x 512 pixels (pour un champ de 12 cm, habituellement utilisé dans l’exploration des rochers), à la production de coupes de 0,5 mm d’épaisseur avec matrice de 512 x 512 ou 768 x 7682. En outre, l’acquisition, non plus de coupes incrémentielles contiguës produites l’une après l’autre, mais d’un volume, aboutit à la production de voxels3 de forme quasiment cubique, ce qui permet la reconstruction d’images obliques dont la résolution est voisine de celle des coupes de base. • La diminution du temps d’acquisition et de reconstruction des images repose sur plusieurs progrès technologiques : ◗ L’augmentation de la puissance des processeurs associée à l’utilisation de plusieurs co-processeurs 1 Les détecteurs d’un scanographe sont les dispositifs électroniques qui recueillent les photons X émergeant après avoir traversé le patient ; l’énergie de ces photons est plus ou moins atténués selon la densité des structures rencontrées (os, tissus mous, graisse ou air). Les détecteurs transmettent ensuite au calculateur un courant électrique d’intensité proportionnelle à l’énergie des photons reçus. 2 Il serait techniquement possible de réaliser des coupes en matrice 1024x1024 sans pénalisation en termes de temps d’acquisition ; en revanche, une telle matrice engendrerait une diminution du rapport signal/bruit (donnant une image « granitée ») qui ferait perdre le bénéfice de l’augment de la résolution spatiale. Dans l’état actuel de la technologie des détecteurs, une matrice 5122 ou 7682 pour un champ de 70 mm sur chaque oreille apparaît comme le meilleur compromis. 3 Voxel : volume élémentaire dont le scanographe mesure la densité. Les dimensions de ce volume sont déterminées par la matrice (512x512, 768x768, etc.) et le champ d’exploration (par exemple 12 cm x 12 cm), qui correspondent respectivement à la largeur et la hauteur de la coupe ; l’épaisseur de la coupe (0,5 à 1 mm) détermine la 3ème dimension du voxel. Dans l’image TDM, à chaque voxel correspond un pixel ; celui-ci est représenté par un niveau de gris « proportionnel » à la densité mesurée dans le voxel correspondant. 90 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd90 90 17/09/08 11:22:15 effectuant en parallèle l’acquisition des données et le calcul des images. Ainsi, sur la même période de référence de 20 ans, le temps de calcul d’une image a été réduit d’un facteur de 50 à 100 ! 4 ◗ La généralisation de l’acquisition en mode hélicoïdal : jusqu’à la fin des années 80, les scanographes fonctionnaient en mode « incrémentiel », dans lequel l’appareil réalisait l’acquisition des données coupe après coupe ; entre chaque mesure, le lit du scanographe se déplaçait d’une distance correspondant à l’épaisseur de la coupe. Au contraire en mode hélicoïdal, les détecteurs captent en permanence les photons atténués par le patient ; de même, le lit du scanographe se déplace de manière continue pendant l’acquisition des données de l’ensemble du volume exploré. Ce volume est secondairement « découpé » par le calculateur pour aboutir à une série de coupes d’épaisseur souhaitée (par exemple 1 mm). La suppression du temps de déplacement du lit entre chaque coupe permet un gain de temps appréciable. ◗ Enfin, le développement des scanographes « multi-barrettes » constitue l’avancée technologique la plus marquante des dernières années. D’une seule barrette (ou rangée) de détecteurs dans les années 80, on est passé à deux barrettes (années 90), puis à 4, 8, 16 et actuellement 64 barrettes sur les appareils les plus récents. Ces barrettes de détecteurs sont disposées perpendiculairement au sens de déplacement du patient et sont activées de manière simultanée. Un scanographe multi-barrettes peut ainsi acquérir dans le même temps jusqu’à 64 fois plus de données qu’un appareil mono-barrette ! 5 • Appliquées à l’otologie, ces techniques permettent d’effectuer en moins d’une minute une exploration en haute résolution, avec des coupes de 0,5 à 0,6 mm d’épaisseur et permettent également des reconstructions multiplanaires obliques de qualité diagnostique. Cette technique est particulièrement adaptée à l’exploration des pathologies de l’oreille moyenne, en particulier dans le bilan des échecs ou des complications d’ossiculoplastie dans l’otite chronique [13, 14], de la chirurgie stapédienne dans l’otospongiose [8] ou enfin de la recherche de malformations de la chaîne ossiculaire dans le cadre d’une aplasie d’oreille. De nouveaux types de scanners sont en cours de développement. Ces systèmes utilisent deux technologies, les détecteurs plans et les faisceaux coniques, déjà exploitées dans d’autres domaines de l’imagerie : • Les détecteurs plans actuellement testés permettent une augmentation de la résolution spatiale d’un facteur 3 à 4 par rapport aux meilleurs systèmes multi-barrettes actuels, avec des pixels de l’ordre de 0,2 x 0,2 mm2 (à comparer aux pixels de 0,6 x 0,6 mm2 des appareils conventionnels !)[6]. L’inconvénient actuel de ces détecteurs est une résolution en densité 6 inférieure à celle des systèmes classiques, toutefois peu gênante pour l’exploration du temporal où existe un fort contraste spontané entre l’air, l’os et les structures de densité liquidiennes ou tissulaires qu’on y rencontre. • Les systèmes utilisant un faisceau conique (« cone beam ») de rayons X, déjà utilisés en imagerie dentaire et maxillo-faciale, permettent d’explorer un volume plus grand en un temps très court (20 à 30 secondes), avec une réduction importante de la dose de rayons par rapport aux scanographes actuels. Les développements techniques en cours ont pour objectifs de combiner ces deux technologies au sein d’un même appareil, en les adaptant à l’exploration de l’os temporal, pour aboutir à une augmentation de la résolution 4 Par exemple en 1986, une coupe TDM en matrice 512x512 était calculée en 30 secondes environ; aujourd’hui, la même image est calculée en moins de 0,5 seconde. 5 Au milieu des années 80, un examen TDM complet du thorax était réalisée en 30 minutes environ, ce qui pouvait constituer une véritable épreuve physique pour les patients dyspnéiques ; on réalise aujourd’hui ce type d’examen en moins de 20 secondes avec une résolution spatiale beaucoup plus élevée, rendant possible la reconstruction des images dans un plan vertical (frontal ou sagittal), plus anatomique et donc plus lisible pour le clinicien. 6 La résolution en densité est la capacité d’un appareil TDM à distinguer deux tissus de densités voisines. Cette capacité dépend essentielle de la qualité des détecteurs. 91 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd91 91 17/09/08 11:22:16 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 9 PROGRÈS IRM ET SCANNER EN OTOLOGIE ET PERSPECTIVES D'AVENIR spatialedes images tout en réduisant l’irradiation des patients. Quelques exemples vont nous permettre d’apprécier les performances actuelles de la TDM : - Figure 1 : Lyse de la branche descendante de l’enclume après traitement chirurgical d’une otospongiose : Réouverture du Rinne chez une patiente opérée d’une otospongiose à gauche il y a 18 mois. (fig. 1A) : Reconstruction coronale oblique montrant une amputation de la branche descendante (flèche fine). (fig. 1B) : Reconstruction axiale oblique montrant la luxation complète du piston, dont la boucle est vide (flèche large). - Figure 2 : Déplacement d’une prothèse après ossiculoplastie : patient de 52 ans, suivi pour une otite chronique non cholestéatomateuse, ayant bénéficié d’une tympanoplastie avec ossiculoplastie par PORP ; l’examen TDM est réalisé devant la réapparition récente d’une hypoacousie transmissionnelle. Une reconstruction coronale oblique dans l’axe de la prothèse met en évidence la disjonction entre la tête de l’étrier (flèche) et le fût de la prothèse (tête de flèche). - Figure 3 : Tympanoplastie avec ossiculoplastie de type II par transposition de l’enclume : Bilan pré-opératoire avant exérèse d’un cholestéatome chez un patient de 39 ans, ayant déjà bénéficié d’une tympanoplastie par transposition de l’enclume du côté opposé, avec bon résultat fonctionnel. La reconstruction axiale oblique dans le plan de l’étrier montre l’absence de discontinuité du montage, notamment entre l’enclume transposée et la tête de l’étrier (flèche). - Figure 4 : Malformation de l’étrier : Bilan étiologique d’une surdité mixte bilatérale à tympans normaux chez une patiente de 26 ans, sans antécédent otologique particulier. (fig. 4A) : Reconstruction axiale oblique dans le plan de l’étrier, qui apparaît dysmorphique avec branche unique et platine épaisse ; l’articulation incudofig. 1A fig. 1B fig. 1 d ∂ fig. 2 et 3 92 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd92 92 17/09/08 11:22:16 A B fig. 4A et 4B ∂ stapédienne est présente (flèche). (fig. 4B) : Reconstruction coronale oblique montrant un aspect normal de l’enclume, de la caisse et du conduit auditif externe. L’ IRM Les améliorations techniques de l’IRM des vingt dernières années ont porté, comme pour la TDM, sur l’augmentation de la résolution spatiale et la diminution des temps d’acquisition. En outre, par rapport à la TDM, qui est une modalité « morphologique » grâce à l’excellente résolution spatiale des images, l’IRM bénéficie des multiples pondérations (qui montrent les tissus sous leurs différents aspects physico-chimiques) et de l’imagerie fonctionnelle, rendant possible un certain degré de caractérisation tissulaire : - L’amélioration de la résolution spatiale est basée sur deux paramètres principaux : ◗ L’augmentation de l’intensité du champ magnétique principal, qui est l’une des caractéristiques essentielles de l’appareil ; l’intensité du champ magnétique principal de la machine est l’un des facteurs essentiels dont dépend la résolution spatiale7. Au cours de la décennie 80, la norme était de 0,5 Tesla (soit environ 25 000 fois l’intensité du champ magnétique terrestre). La majorité des appareils actuellement en service fonctionnent avec un champ de 1,5 Tesla (T) ; ces appareils tendent à être progressivement remplacés par des machines fonctionnant à 3 T, valeur qui sera probablement la norme au début de la prochaine décennie… L’évolution de la puissance des imageurs IRM conduit à une modification de la conduite des examens. En effet, un champ magnétique élevé permet la réalisation d’acquisitions de type « 3D » ou « volumique » dont le post-traitement est similaire à celui des images TDM. On pourra ainsi facilement obtenir, à partir d’une seule acquisition 3D dans une pondération donnée (par exemple T1 ou T2), des séries de coupes reconstruites dans tous les plans souhaités, alors qu’aujourd’hui chaque plan de coupe nécessite une séquence complète de plusieurs minutes. ◗ L’augmentation du rapport signal/bruit (S/B) est le second paramètre fondamental qui permet d’augmenter la résolution des images. Ce paramètre est conditionné par l’amélioration de la réception du signal, grâce à l’emploi d’antennes réceptrices dédiées. En effet, sur les anciens imageurs IRM, la 7 Plus le champ magnétique principal de la machine est élevé, plus on peut réduire l’épaisseur des coupes ; ce paramètre détermine directement la résolution spatiale en jouant sur le volume des voxels (voir note 3). 93 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd93 93 17/09/08 11:22:18 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 9 - - • • PROGRÈS IRM ET SCANNER EN OTOLOGIE ET PERSPECTIVES D'AVENIR même antenne assurait l’émission des ondes excitatrices et la réception du signal8. Or, l’on sait que plus l’antenne réceptrice est proche de la zone d’émission du signal, plus celui-ci est intense. Cette constatation a conduit les constructeurs à concevoir des antennes réceptrices « de surface », dont la géométrie est adaptée à l’anatomie de la région examinée (antennes « tête », antenne « genou », etc.). Plus récemment ont été développés des systèmes d’antennes de surface en réseau, plus polyvalentes mais qui permettent d’augmenter encore le rapport S/B et la résolution des images. Pour l’exploration du temporal par IRM, on utilise soit une antenne de surface positionnée sur le pavillon de l’oreille, soit plus récemment des antennes en réseau qui permettent d’examiner simultanément les deux rochers et l’encéphale. La diminution des temps d’acquisition a permis à l’IRM de devenir progressivement un véritable outil clinique. En effet, les acquisitions en IRM étaient initialement très longues, leur durée limitait considérablement le nombre de séquences et le nombre d’examens 9. Ici encore, les constructeurs ont travaillé sur plusieurs paramètres pour diminuer les temps d’examen : ◗ L’utilisation d’antennes de surface augmente significativement le S/B ; cela permet soit d’augmenter la résolution spatiale sans modifier la durée d’acquisition, soit au contraire de diminuer le temps d’acquisition en gardant la résolution inchangée. ◗ L’utilisation de gradients de champ magnétiques10 plus puissants et plus rapides a permis le développement de séquences rapides, voire « ultrarapides », comme par exemple des séquences dynamiques capables de montrer la progression d’un bolus de contraste au sein d’une lésion hypervascularisée, comme la tumeur glomique. ◗ La conception de séquences rapides, basées sur des artifices physiques. Citons notamment les séquences dites « en écho de spin rapide » (ou fast spin echo), dans lesquelles les différentes phases d’émission des ondes excitatrices, de réception et de localisation du signal sont télescopées dans le temps ; les séquences en « écho de gradient » où l’on provoque une excitation partielle des tissus, beaucoup plus courte que dans les séquences classiques (dites en « écho de spin »). ◗ Enfin, l’augmentation considérable de la puissance des calculateurs et l’utilisation de processeurs multiples travaillant en parallèle sont le dénominateur commun de l’accroissement de la vitesse de reconstruction des images dans l’ensemble du domaine de l’imagerie numérique. L’amélioration de la caractérisation tissulaire repose essentiellement sur : ◗ Une meilleure exploitation des phénomènes physiques sur lesquels repose l’IRM, conduisant à la conception de séquences particulières. Parmi ces séquences, nous retiendrons celles qui présentent un intérêt en otologie : les séquences pondérées en diffusion, basées sur la mesure des déplacements microscopiques des molécules d’eau au sein des tissus ; ce type de séquence a un grand intérêt dans la recherche des cholestéatomes [5,9] ; la séquence pondérée T2 en écho de gradient (souvent appelée « T2* »), qui permet de détecter un saignement 8 L’imagerie par résonance magnétique est basée sur « l’excitation » des tissus du patient par des ondes électromagnétiques dénommées « radio-fréquences », car situées dans la gamme des ondes radio. Ces ondes d’intensité et de fréquence déterminées sont émises par l’imageur grâce à une antenne émettrice. Lorsque cesse cette excitation très brève (quelques millisecondes), les tissus réémettent des ondes électromagnétiques (le « signal ») captées par les antennes réceptrices. Du fait de sa constitution chimique globale, chaque tissu (muscle, graisse, substance grise ou blanche, LCS…) possède un signal caractéristique ; ce signal caractéristique est à l’origine du contraste obtenu sur les images entre les différents tissus. 9 En 1985, une seule séquence pondérée T2 (produisant 20 coupes de 5 mm d’épaisseur) était réalisée en 35 minutes. 10 Les gradients sont des champs magnétiques associés au champ magnétique principal de l’appareil d’IRM ; ils sont disposés selon les trois plans de l’espace. Ils permettent de sélectionner l’orientation des coupes (axiales, coronales, sagittales ou obliques). La vitesse d’activation, ainsi que l’activation simultanée ou successive des gradients ont une grande influence sur la durée des séquences d’acquisition. 94 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd94 94 17/09/08 11:22:20 • • • ou la présence d’hémosidérine après une hémorragie [1] ; la séquence « FLAIR11 » où le signal de l’eau (à laquelle sont assimilables les liquides labyrinthiques) est annulé, permettant de détecter une composition anormale de ces liquides [10] ; l’effacement du signal de la graisse, permettant par exemple de différencier un schwannome vestibulaire d’un lipome du MAI ; les séquences d’angio-IRM, notamment utilisées dans le bilan d’un paragangliome tympanique ou tympanojugulaire [11] ou d’une fistule durale. ◗ Enfin, les produits de contraste à base de chélates de gadolinium12 sont largement utilisés, notamment dans le bilan des tumeurs (APC surtout), mais également dans la détection des cholestéatomes résiduels après exérèse chirurgicale en technique fermée [2]. ◗ Enfin, on doit évoquer deux techniques d’IRM en développement : la spectroscopie par IRM et de l’IRM fonctionnelle (ou IRMf) : ◗ La spectroscopie permet de mesurer in vivo les concentrations relatives de différentes molécules liées au métabolisme cellulaire (acides aminés, lipides, etc.) au sein des lésions tumorales. Certaines tumeurs cérébrales ont ainsi un spectre caractéristique qui permet de les identifier. Cette technique a déjà été appliquée aux lésions de l’angle ponto-cérébelleux, notamment pour différencier les schwannomes des méningiomes [4]. ◗ L’IRMf est basée sur l’accroissement de la consommation d’oxygène dans les régions de l’encéphale activées par un stimulus ; ce stimulus peut être lumineux, cognitif ou auditif. L’apport d’oxyhémoglobine entraîne une modification locale des propriétés magnétiques de la région cérébrale activée, détectée grâce à un type de séquence particulier. L’application de cette technique au domaine auditif , initialement difficile à mettre en œuvre en raison du bruit parasite intense engendré par la machine d’IRM pendant l’acquisition des données, s’est développée ces dernières années grâce à des protocoles d’imagerie « silencieux » adaptés aux contraintes particulières de l’otologie [7,15, 16]. Les cas cliniques suivants illustrent certains aspects des progrès réalisés dans l’exploration IRM de l’oreille et de l’os temporal. - Figure 5 : cholestéatome résiduel après chirurgie : Contrôle systématique 16 mois après exérèse d’un cholestéatome de l’oreille gauche en technique fermée chez un patient de 39 ans. L’examen TDM montre une opacité attico-mastoïdienne non spécifique. (fig. 5A) : IRM en coupe coronale pondérée T1 réalisée 35 minutes après injection de contraste : la masse ne se rehausse pas (signal « intermédiaire » identique à celui de la substance grise sus-jacente), à l’exclusion d’un mince liseré périphérique : cet aspect est caractéristique du tissu cholestéatomateux. (fig. 5B) : IRM en coupe coronale pondérée en diffusion: la masse apparaît spontanément hyperintense (gris clair ou blanc) : cet aspect confirme le diagnostic, seul le tissu cholestéatomateux apparaît hyperintense dans cette pondération. - Figure 6 : Schwannome intra-vestibulaire : patiente de 58 ans sans antécédent otologique particulier, consultant pour une surdité mixte unilatérale gauche, lentement évolutive, sans acouphène ni vertige. L’IRM est réalisée selon le protocole employé dans l’exploration des surdités brusques ; ce protocole comporte des coupes fines 11 Pour « Fluid Attenuated Inversion Recovery » 12 Le gadolinium est un élément de la classe des terres rares ; le gadolinium est toxique, d’où la nécessité de le chélater au sein d’une molécule organique neutre. Les propriétés magnétiques des molécules d’eau situées dans l’environnement immédiat d’un atome de gadolinium sont modifiées, entraînant une modification locale du signal. Cette caractéristique est utilisée pour étudier les lésions bien vascularisées comme les tumeurs et les lésions inflammatoires. 95 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd95 95 17/09/08 11:22:21 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 9 fig. 5A PROGRÈS IRM ET SCANNER EN OTOLOGIE ET PERSPECTIVES D'AVENIR fig. 5B fig. 5A et 5B ∂ centrés sur les MAI et les cavités labyrinthiques ainsi que des séquences sur l’encéphale permettant la recherche d’une cause centrale. (fig. 6A) : coupe axiale de 0,8 mm d’épaisseur fortement pondérée en T2, montrant une oblitération des liquides labyrinthiques de la cavité vestibulaire à gauche, comparativement au côté opposé (flèche). Cet aspect suggère la présence d’un processus au sein du vestibule. (fig. 6B) : coupe axiale pondérée T1 de 1 mm d’épaisseur après injection intraveineuse de contraste : rehaussement intense de la lésion intra-vestibulaire, sans autre anomalie labyrinthique. fig. 6A et 6B d fig. 6A - fig. 6B Figure 7 : Paragangliome tympano-jugulaire : patiente de 24 ans qui présente une hypoacousie associée à des acouphènes pulsatiles. L’examen tomodensitométrique montrait une lésion ostéolytique de la face interne du rocher avec extension juxta-carotidienne sous la base du crâne et un comblement partiel de l’oreille moyenne. (fig. 7A) : Coupe axiale pondérée T1 après injection de contraste montrant un fort rehaussement de la lésion, avec présence d’images serpigineuses hyperintenses, correspondant à des vaisseaux intra-tumoraux. (fig. 7B) : reconstruction 3D axiale obtenue à partir d’une séquence d’angio-IRM sans injection, visualisant sélectivement les artères : les vaisseaux tumoraux anormaux sont visualisés en même temps que le cercle artériel de Willis et ses branches. (fig. 7C) : séquence angiographique dynamique : après injection de contraste en bolus, une coupe de 50 mm d’épaisseur est répétée chaque seconde pendant une minute. Cette séquence fournit des informations sur la cinétique vasculaire des lésions : ici, la tumeur est hypervascularisée et les vaisseaux tumoraux se 96 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd96 96 17/09/08 11:22:21 fig. 7A D fig. 7B fig. 7C fig. 7A, 7B, 7C rehaussent au temps artériel précoce. Malgré sa faible résolution spatiale, cette séquence est plus sensible que l’angio-IRM, en montrant le « blush » au sein du paragangliome. Conclusion Depuis le début des années 80, l’imagerie est devenu un outil diagnostique performant grâce aux progrès conceptuels et techniques réalisés. De manière concomitante, l’étroite collaboration entre les otologistes et les radiologues a permis de définir plus clairement les indications de la TDM et de l’IRM dans l’exploration de l’oreille et du temporal. Ces progrès technologiques ont également modifié la méthode de lecture des images radiologiques : l’analyse de reconstructions multiplanaires dans n’importe quel plan de l’espace se substitue à la lecture sur films d’un nombre limité de coupes réalisées dans des plans conventionnels prédéfinis. Cette pratique est déjà largement répandue en TDM et apparaît progressivement en IRM, mais augmente toutefois de manière importante la durée du posttraitement à partir duquel on obtient ces reconstructions obliques ; en contrepartie, la diminution considérable de la durée des acquisitions a significativement amélioré le confort des patients. La prochaine décennie verra probablement le développement d’appareils TDM capables de réaliser des images en très haute résolution spatiale, permettant d’améliorer l’étude des structures osseuses sub-millimétriques de l’os temporal. De même en IRM, l’accroissement de la résolution spatiale des images, grâce notamment aux hauts champs magnétiques, ainsi que le développement de séquences montrant les tissus sous de nouveaux aspects, permettra probablement d’accéder à l’analyse du contenu labyrinthique. ■ 97 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd97 97 17/09/08 11:22:30 L’EXPLORATION RADIOLOGIE EN OTOLOGIE 9 PROGRÈS IRM ET SCANNER EN OTOLOGIE ET PERSPECTIVES D'AVENIR Bibliographie 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. Ayache D, Blaivie C, EL Kohen A, Tosello L, Williams MT. Auditory manifestations of superficial hemosiderosis of the central nervous system. Eur Arch Otorhinolaryngol 2007, 264 : 701-4 Ayache D, Williams MT, Lejeune D, Corre A. 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Ebbo Syndromes vestibulaires centraux Aspect nystamographique G. Freyss, E. Vitte Le neurinome de l’acoustique : la neurofibromatose de type II J.M. Sterkers, O. Sterkers La dissection du rocher P. Fleury Poches de rétraction et états pré-cholestéatomateux P. Roulleau, C. Martin Prélude à la chirurgie de l’oreille moyenne J.M. Basset, G. Aben-Moha, P. Candau Vidéonystagmoscopie, vidéonystagmographie Ph. Courtat, A. Sémont, J.-P. Deroubaix, E. Hrebicek Les tympanoplasties P. Roulleau, L. Gomulinski, M. François Regard et paupières E. Mahe, S. Poignonec, J. Soudant, G. Lamas L’otospongiose dans la pratique P. Elbaz, D. Doncieux, B. Frachet, F. Leca, G. Fain L’otospongiose P. Elbaz, D. Ayache Les surdités de l’enfant P. Marie, P. Narcy, M. François, P. Contencin Corde vocale S. de Corbière, E. Fresnel Le neurinome de l’acoustique J.M. Sterkers La dacryocystorhinostomie P. Klap, J.-A. Bernard Méthodes d’investigation en oto-neurologie Actualités et perspectives Congrès d’oto-neurologie M. Ohresser Rhinoplasties Y. Saban, F. Braccini Les surdités, de la prothèse à l’implant A. Casenave, M. Mondain; B. Frachet, CC. Hamann, O. Sterkers La chirurgie de l’oreille moyenne vue par P. Fleury P. Fleury, J.M. Basset, S. Bobin, M. Bre, D. Coupez, P. Candau La chirurgie des tumeurs du trou déchiré postérieur P. Tran Ba Huy, J. Achouche, O. Laccourreye, B. George, D. Bastian Surdités de l’enfant E-N. Garabédian, F. Denoyelle, R. Dauman, J-M. Triglia, N. Loundon, P. Bouaziz, J. de Lorenzi Le laser en O.R.L. C. Peytral Les tumeurs de la parotide P. Gehanno, B. Guerrier, J.J. Pessey, M. Zanaret Nez -Sinus. Repères et balises P. Lerault, C. Freche Nouvelles données en Audiologie & appareillage stéréophonique L. Collet, O. Sterkers, D. Bouccara, S. Deys, S. Lermigeaux Lesotoémissionsdanslapratique P. Elbaz, D.T. Kemp, Ph. Betsch, J.M. Fiaux, F. Leca, P. Miller, G. Challier Acouphènes, aspects fondamentaux et clinique B. Frachet, B. Geoffray, S. Chery Croze, J-L. Puel, C. Coulvier La prothèse auditive M. Bonnevialle, G. Challier Education auditive : de la parole à la musique B. Meyer, C. Morisseau, C. Toffin L’ostéo intégration en otologie P. Roulleau, Y. Manach, C. Hamann La chirurgie conservatrice des cancers du larynx et du pharynx D. Brasnu, O. Laccourreye, S. Hans, M. Ménard, E. de Monès, E. Behm La chirurgie partielle des épithéliomas du pharyngo-larynx H. Laccourreye Nomenclature des éponymes O. Laccourreye, C. Dubreuil, L. Laccourreye La rhonchopathie chronique F. Chabolle, B. Fleury Chirurgie de la thyroïde et de la parathyroïde B. Guerrier, M. Zanaret, G. Le Clech, J. Santini Anatomie du voile P. Lerault, M. Jakobowicz, H. Chevallier, E. Attias Handicap de communication Bruno Frachet, Philippe Thoumie, Emilie Vormès Pratique des tests d’audition en consultation F. Legent, P. Bordure, M.L. Ferri-Launay, J.J. Valenza Actualités audioprothétiques Paul Avan, Frédéric Chabolle, Jean-Claude Chobaud, Christian Dubreuil, Bruno Frachet, Bernard Fraysse, Erea-Noël Garabedian, Olivier Sterkers, Alain Uziel Troubles de la déglutition de l’adulte J. Lacau St Guily, S. Chaussade Naissance, vie et mort de l’oreille André Chays, Paul Avan, Eric Bailly-Masson, Mylène Elliot, Lionel Collet, Gérald Kalfoun, Eric Kariger, Sandrine Marlin, Xavier Perrot, Pascal Schmidt, Hung Thaï Van Chirurgie du nerf facial O. Sterkers Les surdités génétiques G. Lina-Granade, H. Plauchu, A. Morgon Ouvrage exclusivement réservé à l’enseignement des médecins spécialistes. COPYRIGHT Tous droits de traduction et de reproduction par tous procédés réservés pour tous pays. Loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article 41, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective », et d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » [alinéa 1er de l’article 40]. Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. ISBN 978-2-917390-02-3 Imprimé en France Dépôt légal 4e trimestre 2008 Graphic-Eclair www.graphic-eclair.fr -Tél. : 01 43 30 99 99 99 36793_Monographie_N44_E.R.O.indd99 99 17/09/08 11:22:35 Le Forfait Audition, un pas de plus vers une bonne audition pour tous. En France, si la Presbyacousie touche 5 millions de personnes, le niveau d’équipement reste extrêmement faible, aux alentours de 15%. Vous, médecins ORL, nous avez alertés sur le fait que les appareillages sont jugés trop chers par vos patients. Pour lever ce frein, nous avons imaginé une solution qui facilite l’accès à l’appareillage sans faire l’impasse, ni sur la qualité, ni sur le niveau indispensable d’accompagnement et de service. Cette solution est la première de ce type sur le marché. On ne vend pas un appareil, mais une bonne audition Le Forfait Audition est une nouvelle approche de la solution auditive de vos patients. Il ne s’agit plus de vendre un appareil, mais de donner à chacun le droit de bien entendre, de bénéficier des technologies les plus avancées, et d’être suivi par un spécialiste aussi régulièrement et souvent que nécessaire. Amplifon s’engage, pour un coût forfaitaire, à assurer la prise en charge complète des besoins du patient, afin de faciliter sa démarche et de la rendre plus agréable. Des mensualités «tout compris» La mensualisation est la seconde bonne idée de ce Forfait Audition. Elle favorise l’accès à un appareillage de qualité en permettant au patient de régler sur 4 ans, par mensualités forfaitaires, moyennant un apport initial correspondant aux remboursements de la Sécurité Sociale et des mutuelles. Le patient repart l’esprit tranquille. Amplifon fournit l’appareil adapté à ses besoins, les piles, les produits d’entretien, les embouts, ainsi qu’un service illimité pendant la durée du contrat, tous les contrôles et les réglages préconisés pour une bonne adaptation de l’aide auditive, ainsi que les tests auditifs prothétiques à but non médical. Ces services sont valables dans les 320 centres amplifon en France. Le forfait est souscrit pour une durée de 48 mois soit 4 ans, ce qui correspond à la durée de vie moyenne d’un appareil. Nous avons bien sûr prévu une période d’essai, pendant laquelle le forfait est gratuit et résiliable à tout moment. * TNS Sofres « Les Français et la presbyacousie » Le Forfait Audition a été lancé cet automne via une campagne de publicité presse et télévision sur le thème : « La vie est trop belle pour ne pas l’entendre ». Car pour nous comme pour vous, il s’agit avant tout de sensibiliser les patients sur la nécessité de prendre son audition au sérieux, de s’appareiller et de se faire suivre de façon régulière. Une bonne audition n’est pas un luxe. Aujourd’hui, avec le Forfait Audition, elle est un droit pour tous. 37273_Annonces_Monographies_20081 1 17/09/08 9:52:25 Forfait audition : une solution vraiment « tout compris » Donnez du son à la vie Les conditions de vente : Le patient bénéficie d’une période d’essai pendant laquelle le forfait est gratuit et résiliable à tout moment. Le prix du forfait peut être réglé au comptant ou en 48 mensualités, après acceptation du dossier par notre partenaire Franfinance. Le patient bénéficie du tiers-payant Sécurité Sociale et Mutuelles. Un exemple concret : Pour un appareillage à 2 020 €* acheté dans le cadre du Forfait Audition Tout Compris, le patient règle : - un apport initial de 482,14 € *, une somme correspondant au remboursement moyen de la Sécurité Sociale et des mutuelles, ainsi qu’à l’allocation forfaitaire de piles et produits d’entretien. Elle est donc remboursée au patient. - 48 mensualités de 38 €** seulement, sur 4 ans. Hors assurance facultative. Les garanties en plus : Amplifon garantit toutes les aides auditives sur 3 ans (pour 1 € symbolique). Amplifon assure les aides auditives en cas de perte, vol et casse pendant 1 an (pour 1 € symbolique). Extension possible sur 4 ans dans les 2 cas. * Toutes les sommes s’entendent TTC **Montant total du crédit s’élève à 1537,86 €, coût du crédit 286,14€, coût total de l’achat à crédit 2306,14€, TEG annuel 8,98%. Nanterre 719 807 406. Le contenu du forfait : Un test Amplifit, complémentaire de l’audiométrie Tonale et Vocale du patient Le prix de l’aide auditive La fourniture des piles (8 plaquettes de 6 piles/an) et les produits d’entretien pendant 4 ans, L’entretien, les contrôles et les réglages, selon un calendrier sur 4 ans, établi dès la souscription du forfait Le service illimité fourni par les audioprothésistes de nos 320 centres en France. Sous réserve d’acceptation de votre dossier par le prêteur : Franfinance RCS L’idée du Forfait Audition est simple et inédite. Il s’agit d’un prix global, matériel et service compris, que le patient peut régler sur 4 ans. En voici tous les détails. 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Conseil, installation et SAV Amplifon PARIS - 22 AVENUE ARISTIDE BRIAND - 94110 ARCUEIL - Tél. 01 49 85 40 40 - Fax 01 49 85 40 50 Amplifon MEDITERRANEE - CD 40 - 30980 LANGLADE - Tél. 04 66 81 53 00 - Fax 04 66 81 40 74 Retrouvez tous les produits sur notre site : www.amplifon.fr Vous pouvez également nous contacter par mail à : [email protected] 37273_Annonces_Monographies_20084 4 17/09/08 9:52:47 Donnez du son à la vie Des solutions d’otoémissions Otoport® Dépistage néonatal de la surdité Cet appareil de 250 g, issu de la dernière évolution de la technologie, vous permet de réaliser des examens les plus rapides dans le depistage. ECHOPORT ILO 288 USB Permet l’exploration complète des otoémissions Conseil, installation et SAV Amplifon PARIS - 22 AVENUE ARISTIDE BRIAND - 94110 ARCUEIL - Tél. 01 49 85 40 40 - Fax 01 49 85 40 50 Amplifon MEDITERRANEE - CD 40 - 30980 LANGLADE - Tél. 04 66 81 53 00 - Fax 04 66 81 40 74 Retrouvez tous les produits sur notre site : www.amplifon.fr Vous pouvez également nous contacter par mail à : [email protected] 37273_Annonces_Monographies_20085 5 17/09/08 9:52:51 Donnez du son à la vie Appareil de dépistage des PEA Algo 3i Profitez de l’appareil faisant référence dans le monde des PEA automatisés. Très convivial avec ses menus en français et en couleur, cet appareil vous fait gagner du temps en testant les deux oreilles à la fois ! 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Malaussena - 06000 NICE AMPLIFON TROYES Tél. : 04 93 80 82 75 45 bd du 14 Juillet - 10000 TROYES Tél. : 04 93 87 90 86 Tél. : 04 75 81 49 65 AMPLIFON NICE BORRIGLIONE Tél. : 03 25 73 08 11 46 av. Borriglione - 06100 NICE 11 - AUDE Tél. : 04 93 52 10 20 AMPLIFON CARCASSONNE AMPLIFON NICE PORT 124 rue de Verdun - 11000 CARCASSONNE 4 bd Carnot - 06300 NICE Tél. : 04 68 47 93 33 Tél. : 04 93 26 78 78 AMPLIFON NARBONNE 01 - AIN AMPLIFON NICE CALIFORNIE 32 quai Vallière - 11100 NARBONNE AMPLIFON BOURG 39 av de la Californie - 06000 NICE Tél. : 04 68 65 17 30 12-14 rue Bernard - 01000 BOURG-EN-BRESSE Tél. : 04 92 09 97 46 Tél. : 04 74 24 70 95 AMPLIFON CANNES LA BOCCA 8 av Claude Bernard - 11200 LEZIGNAN AMPLIFON OYONNAX Résidence de l’Esterel - 118 av F. Tonner 06150 CANNES Tél. : 04 68 27 24 52 21 rue Michelet - 01100 OYONNAX AMPLIFON LEZIGNAN AMPLIFON PORT-LA-NOUVELLE Tél. : 04 74 77 69 34 Tél. : 04 92 97 21 63 AMPLIFON LAGNIEU AMPLIFON JUAN-LES-PINS 33 bis rue Jean-Jaurès 11210 PORT-LA-NOUVELLE 6 bis av de l’Estérel - 06160 JUAN-LES-PINS Tél. : 04 68 48 43 20 2 rue Charles de Gaulle - 01150 LAGNIEU Tél. : 04 74 36 44 59 Tél. : 04 92 93 14 74 AMPLIFON BELLEGARDE AMPLIFON MANDELIEU AMPLIFON LIMOUX OPTIQUE LANCON 725 av de Cannes - Résidence les Liliums 06210 MANDELIEU 53 rue Jean-Jaurès - 11300 LIMOUX 5 rue Bertola - 01200 BELLEGARDE Tél. : 04 50 56 03 40 AMPLIFON VILLARS Tél. : 04 93 49 75 26 AMPLIFON CANNES JOFFRE Tél. : 04 68 31 34 88 AMPLIFON CASTELNAUDARY 16 rue du Maréchal Joffre - 06400 CANNES 8 rue du 11 Novembre 11400 CASTELNAUDARY Tél. : 04 74 98 33 85 Tél. : 04 93 39 33 17 Tél. : 04 68 23 13 33 AMPLIFON AMBERIEU AMPLIFON CANNES HOCHE 13 - BOUCHES-DU-RHÔNES 134 rue du Commerce 01330 VILLARS-LES-DOMBES 18 rue Alexandre Bérard - 01500 AMBERIEU 16 rue Hoche - 06400 CANNES Tél. : 04 74 34 57 99 Tél. : 04 93 38 10 11 AMPLIFON MARSEILLE GAMBETTA 02 - AISNE AMPLIFON CANNES CHABAUD Tél. : 04 95 04 32 73 AMPLIFON LAON Tél. : 04 93 99 35 14 AMPLIFON MARSEILLE CASTELLANE AMPLIFON SAINT-LAURENT-DU-VAR Tél. : 04 91 32 30 50 1 bis rue Roze - 02000 LAON Tél. : 03 23 79 84 84 AMPLIFON SOISSONS 6 rue de la Buerie 02200 SOISSONS Tél. : 03 23 76 25 12 2 rue Chabaud - 06400 CANNES Le Florence 39 Square Benes 06700 SAINT-LAURENT-DU-VAR Tél. : 04 93 14 63 12 er AMPLIFON ALBERT 1 61 allée Léon Gambetta - 13001 MARSEILLE 45 av Jules Cantini - 13006 MARSEILLE AMPLIFON MARSEILLE PARADIS 343 rue Paradis - 13008 MARSEILLE Tél. : 04 91 53 55 26 AMPLIFON MARSEILLE SAINTE-ANNE 404 av de Mazargues - 13008 MARSEILLE AMPLIFON TERGNIER Le Montecarlo - 3 rue Albert 1er - 06600 ANTIBES JF Optique - 1 avenue Jean Moulin 02700 TERGNIER Tél. : 04 93 34 72 79 Tél. : 04 91 22 17 73 Tél. : 03 23 56 70 21 AMPLIFON ANTIBES AMPLIFON MARSEILLE MAZARGUES 03 - ALLIER Tél. : 04 93 67 33 97 Tél. : 04 91 40 91 91 AMPLIFON MOULINS AMPLIFON ANTIBES NORD 58 place d’Allier - 03000 MOULINS 2222 route de Grasse - 06600 ANTIBES AMPLIFON MARSEILLELE PONT-DE -VIVAUX Tél. : 04 70 20 53 45 Tél. : 04 93 74 17 14 AMPLIFON MONTLUCON AMPLIFON CAGNES 10 av Jules Ferry - 03100 MONTLUCON Tél. : 04 70 28 25 18 11 rue de l’Hôtel-de-Ville 06800 CAGNES-SUR-MER AMPLIFON LAPALISSE Tél. : 04 93 22 83 69 7 Rue Winston Churchill - Optique SOLLIER 03120 LAPALISSE 07 - ARDECHE 24 bd Wilson - 06600 ANTIBES 769 av de Mazargues - 13009 MARSEILLE 3 rue François Mauriac - 13010 MARSEILLE Tél. : 04 91 26 71 69 AMPLIFON MARSEILLE SAINT-BARNABE Centre Médical - 5 rue des Electriciens 13012 MARSEILLE Tél. : 04 91 34 83 83 AMPLIFON MARSEILLE LES OLIVES Tél. : 04 70 99 04 33 AMPLIFON PRIVAS 4 rue de la République - 07000 PRIVAS AMPLIFON VICHY CC des Martégaux - 158 av. des Olives 13013 MARSEILLE Tél. : 04 75 64 24 24 Tél. : 04 91 06 11 59 Tél. : 04 70 97 99 16 AMPLIFON LES VANS AMPLIFON MARSEILLE LA GAVOTTE 30 place Léopold Ollier - 07140 LES VANS 05 - HAUTES-ALPES Tél. : 04 75 37 90 44 AMPLIFON GAP AMPLIFON AUBENAS La Gavotte 83 av Frédéric Mitterand 13170 LES-PENNES-MIRABEAU 140 bd Georges Pompidou - 05000 GAP 2 bd de Vernon - 07200 AUBENAS Tél. : 04 91 51 73 02 Tél. : 04 92 21 12 43 Tél. : 04 75 35 20 00 AMPLIFON MARSEILLE CABOT 32 av Paul Doumer - 03200 VICHY AMPLIFON EMBRUN Optique Collomb - 17 rue Clovis Hughues 05200 EMBRUN 11 Boulevard du Redon - 13009 MARSEILLE Tél. : 04 91 25 49 28 Tél. : 04 92 53 63 77 36793_Liste_Centres_Mono_N44.ind1 1 17/09/08 11:33:33 AMPLIFON AIX-EN-PROVENCE AMPLIFON BRIVE Immeuble Hemilythe - 150 av Georges Pompidou 13100 AIX-EN-PROVENCE place de la Halle - 19100 BRIVE Tél. : 04 42 26 22 38 AMPLIFON AUDITION CALAS Tél. : 05 55 23 46 36 AMPLIFON UZERCHE 27 - EURE AMPLIFON PONT-AUDEMER 12-14 rue Paul Clémencin 27500 PONT-AUDEMER 34 bis rue Cardinal - 13100 AIX-EN-PROVENCE avenue Charles-de-Gaulle 19140 UZERCHE Tél. : 04 42 38 01 68 Tél. : 05 55 98 87 25 29 - FINISTERE AMPLIFON ARLES 1 20 - CORSE AMPLIFON QUIMPER AMPLIFON BASTIA Tél. : 02 98 90 72 38 16 place de la République - 13200 ARLES Tél. : 04 90 49 63 33 AMPLIFON ARLES 2 4 rue Luce de Casabianca 20200 BASTIA 19 Bd Victor Hugo - 13200 ARLES Tél. : 04 95 58 67 70 Tél. : 04 90 49 81 15 AMPLIFON AUBAGNE 80 rue de la République - 13400 AUBAGNE Tél. : 04 42 70 26 15 AMPLIFON MARTIGUES 21 - CÔTE-D’OR AMPLIFON DIJON-VILLE 3 place Auguste Dubois - 21000 DIJON Tél. : 03 80 30 52 93 Tél. : 04 42 07 03 00 AMPLIFON DIJON POINT-MEDICAL AMPLIFON ISTRES Tél. : 03 80 70 20 30 6 esplanade des Belges - 13500 MARTIGUES 3 bd de la République - 13800 ISTRES Tél. : 04 42 11 88 43 Rond-Point de la Nation - 21000 DIJON AMPLIFON DIJON ELUECQUE Tél. : 02 32 20 15 25 49 av de la Gare - 29000 QUIMPER AMPLIFON CONCARNEAU 12 rue des Ecoles - 29900 CONCARNEAU Tél. : 02 98 60 41 89 30 - GARD AMPLIFON NIMES CENTRE 6 Amiral bd Courbet - 30000 NIMES Tél. : 04 66 67 99 33 AMPLIFON NIMES JEAN JAURES 49 av Jean Jaurès - 30900 NIMES Tél. : 04 66 36 29 14 AMPLIFON ALES 22 bd Gambetta - 30100 ALES 14 - CALVADOS 17 et 19 Boulevard de Brosses - 21000 DIJON AMPLIFON LISIEUX Tél. : 03 80 30 20 00 AMPLIFON BAGNOLS-SUR-CEZE 7 rue du Paradis - 14100 LISIEUX AMPLIFON BEAUNE Tél. : 02 31 48 62 54 28 rue du Fbg Madeleine - 21200 BEAUNE 6 avenue de l’Europe 30800 BAGNOLS-SUR-CEZE AMPLIFON HONFLEUR Tél. : 03 80 22 87 91 Tél. : 04 66 50 64 28 12 place St Léonard - 14600 HONFLEUR AMPLIFON NUITS SAINT-GEORGES 31 - HAUTE-GARONNE Tél. : 02 31 14 51 50 AMPLIFON TOULOUSE 16 - CHARENTE 9 Rue de Docteur Louis Legrand 21700 NUITS-SAINTGEORGES AMPLIFON ANGOULEME Tél. : 03 80 61 25 72 25 Bis rue de l’Arsenal - 16000 ANGOULEME AMPLIFON AUXONNE Tél. : 04 66 30 24 65 31 allée Jean Jaurès - 31000 TOULOUSE Tél. : 05 61 99 33 33 AMPLIFON AUTERIVE AMPLIFON COGNAC Tél. : 03 80 31 47 14 LES OPTICIENNES Route de Toulouse - Rond-Point RN 20 31190 AUTERIVE 68 av Victor Hugo - 16100 COGNAC AMPLIFON SEMUR ELUECQUE Tél. : 05 61 50 73 38 AMPLIFON MURET AMPLIFON BARBEZIEUX 3 Place Gustave Gaveau 21140 SEMUR-EN-AUXOIS 40 rue Victor Hugo - 16300 BARBEZIEUX Tél. : 03 80 97 35 83 Tél. : 05 45 79 00 63 Tél. : 05 61 56 44 33 25 - DOUBS 33 - GIRONDE AMPLIFON BAILLY MASSON-CENTRE AMPLIFON DEDIEU BORDEAUX Tél. : 05 45 92 99 66 Tél. : 05 45 82 88 00 AMPLIFON RUFFEC 3 place des Martyrs - 16700 RUFFEC Tél. : 05 45 31 62 02 64 Rue Antoine Masson - 21130 AUXONNE 82 Grande Rue - 25000 BESANCON 20 av Jacques Douzans - 31600 MURET 45 rue Fondaudège - 33000 BORDEAUX Tél. : 03 81 82 01 05 17 - CHARENTE-MARITIME Tél. : 05 56 44 89 93 AMPLIFON BAILLY MASSON-LAFAYETTE 8 rue Alfred-de-Vigny - 25000 BESANCON AMPLIFON BORDEAUX AMPLIFON ROYAN 101 Cours de l’Europe - 17200 ROYAN Tél. : 03 81 41 69 80 Tél. : 05 46 05 66 70 Tél. : 05 56 91 93 69 AMPLIFON ST-VIT - ST-VIT OPTIC 1 rue Charles-de-Gaulle - 25410 ST-VIT AMPLIFON BORDEAUX BASTIDE AMPLIFON ROCHEFORT 59 av du Gal-de-Gaulle 17300 ROCHEFORT-SUR-MER Tél. : 03 81 87 72 06 Tél. : 05 57 54 49 94 26 - DRÔME AMPLIFON BEGLES AMPLIFON DROME AUDITION VALENCE 161 Bd Albert 1er - 33130 BEGLES Tél. : 05 46 99 01 10 AMPLIFON JONZAC 26-28 rue de Carmes - 17500 JONZAC Tél. : 05 46 48 10 54 18 - CHER 15 rue Jean Burguet - 33000 BORDEAUX 51 avenue Thiers - 33100 BORDEAUX 21 rue Chevandier - 26000 VALENCE Tél. : 05 56 49 74 92 Tél. : 04 75 41 32 02 AMPLIFON BORDEAUX CAUDERAN AMPLIFON ROMANS 6 rue Bellus Mareilhac - 33200 BORDEAUX Tél. : 05 56 08 45 87 AMPLIFON BOURGES 39 rue Pierre Sémard 26100 ROMANS-SUR-ISERE 83 rue d’Auron - 18000 BOURGES Tél. : 04 75 05 07 90 Tél. : 02 48 69 07 45 AMPLIFON PIERRELATTE 31 rue Jean-Jacques-Rousseau 33340 LESPARRE 19 - CORREZE 8 bd Maréchal Juin - 26700 PIERRELATTE Tél. : 05 56 41 89 07 Tél. : 04 75 96 31 26 AMPLIFON BLAYE AMPLIFON TULLE 14 Quai de la République - 19000 TULLE Tél. : 05 55 26 57 42 36793_Liste_Centres_Mono_N44.ind2 2 AMPLIFON LESPARRE 9 place de la Victoire - 33390 BLAYE Tél. : 05 57 42 08 65 17/09/08 11:33:35 AMPLIFON TALENCE AMPLIFON CLERMONT-L’HERAULT AMPLIFON LE PONT-DE-BEAUVOISIN 117 bd Georges V - 33400 TALENCE 30 rue Voltaire - 34800 CLERMONT-L’HERAULT Tél. : 05 56 98 26 44 Tél. : 04 67 96 34 54 6 rue Gambetta 38480 LE PONT-DE-BEAUVOISIN AMPLIFON LIBOURNE AMPLIFON CLAPIERS 62 rue de Fonneuve - 33500 LIBOURNE C.C. La Croisée - av de l’Europe 34830 CLAPIERS AMPLIFON AUDISON VOIRON AMPLIFON MERIGNAC Tél. : 04 99 62 05 08 Tél. : 04 76 65 91 81 3 av de la Libération - 33700 MERIGNAC AMPLIFON LATTES AMPLIFON FONTAINE Tél. : 05 56 97 51 54 Forum Médica - Rond-Point de l’Europe 34970 LATTES 58 av Aristide Briand - 38600 FONTAINE Tél. : 05 57 55 05 12 34 - HERAULT AMPLIFON MONTPELLIER CENTRE Tél. : 04 67 64 80 78 Tél. : 04 76 32 81 62 13 rue de Vaucanson - 38500 VOIRON Tél. : 04 76 26 01 01 39 - JURA 4 rue Grand St-Jean - 34000 MONTPELLIER 35 - ILLE-ET-VILAINE Tél. : 04 67 92 87 20 AMPLIFON COMBOURG 22 bd Wilson - 39100 DÔLE AMPLIFON MONTPELLIER-LES-AUBES 21 bd du Mail - 35270 COMBOURG Tél. : 02 99 73 14 66 Tél. : 03 84 82 46 11 Centre Médical-les-Aubes 9 rue des Moineaux 34000 MONTPELLIER AMPLIFON SAINT-MALO 4-6 rue Ernest Renan - 35400 SAINT-MALO AMPLIFON DÔLE AMPLIFON CHAMPAGNOLE OPTIC 2000 KUHNI Tél. : 04 67 72 77 97 Tél. : 02 99 56 36 28 72 av de la République 39300 CHAMPAGNOLE AMPLIFON MONTPELLIER ESTANOVE AMPLIFON RENNES-JOFFRE Tél. : 03 84 52 34 51 CC Collines Estanove - 1 rue Escoutadou 34000 MONTPELLIER 22 rue Maréchal-Joffre - 35000 RENNES AMPLIFON ARBOIS Tél. : 02 99 67 23 33 OPTIC CONTACT BILLOT 47 Grande rue - 39600 ARBOIS Tél. : 04 67 69 04 07 AMPLIFON RENNES-FOUGÈRES AMPLIFON MONTPELLIER LES ARCEAUX 221 rue de Fougères - 35700 RENNES Tél. : 03 84 66 06 64 15 Ter av d’Assas - 34000 MONTPELLIER Tél. : 02 99 27 76 22 40 - LANDES AMPLIFON RENNES-BAHON-RAULT AMPLIFON FRONTIGNAN AMPLIFON MONT-DE-MARSAN 1 à 5 rue Bahon-Rault - 35000 RENNES Pharmacie Léon - 2 Avenue Anatole France 34110 FRONTIGNAN Tél. : 02 99 38 24 24 122 Bd de la République 40000 MONT-DE-MARSAN Tél. : 04 67 74 00 00 AMPLIFON SAINT-MEEN-LE-GRAND Tél. : 05 58 75 38 30 4 pl. de la Mairie - 35290 SAINT-MEEN-LE-GRAND AMPLIFON SETE AMPLIFON DAX Tél. : 02 99 09 49 66 7 rue Saint-Vincent - 40100 DAX Tél. : 04 67 52 50 42 16 rue Voltaire - 34200 SETE Tél. : 04 67 74 00 00 38 - ISERE AMPLIFON LA GRANDE MOTTE AMPLIFON BOUGET 28 Place Saint-Exupéry - av de l’Europe 34280 LA GRANDE MOTTE 14 bd Maréchal-Foch - 38000 GRENOBLE Tél. : 04 76 46 27 27 Tél. : 04 67 29 85 00 AMPLIFON LESDIGUIÈRES AMPLIFON AGDE 8 rue Lesdiguières - 38000 GRENOBLE Tél. : 05 58 74 91 08 AMPLIFON CAPBRETON Rde Le Châtelet - Place de la Gare 40130 CAPBRETON Tél. : 05 58 41 61 76 AMPLIFON SOUSTONS 10 rue Emile Nougaro - 40140 SOUSTONS 36 rue Ernest Renan - 34300 AGDE Tél. : 04 76 17 04 67 Tél. : 04 67 94 77 48 AMPLIFON MALLIFAUD AMPLIFON AGDE MARSEILLAN 83 rue Mallifaud - 38100 GRENOBLE 42 - LOIRE Centroptique, Place Carnot 34340 MARSEILLAN Tél. : 04 76 87 44 88 AMPLIFON SAINT-ETIENNE Tél. : 04 67 94 77 48 AMPLIFON LA TOUR-DU-PIN 30 rue Aristide Briand - 38110 LA TOUR-DU-PIN Tél. : 04 77 32 17 20 AMPLIFON LUNEL Tél. : 04 37 05 03 28 AMPLIFON FEURS Ctre-Cial-Les-Portes-de-la-Mer 34400 LUNEL AMPLIFON ECHIROLLES Tél. : 04 77 26 57 74 Tél. : 04 67 91 00 55 46 av du 8 Mai 1945 - 38130 ECHIROLLES Tél. : 04 76 09 80 80 AMPLIFON ANDREZIEUX AMPLIFON ST-JEAN-DE-VEDAS Rés. Les Terrasses de St-Jean 74 esp de l’Ortet - 34430 ST-JEAN-DE-VEDAS AMPLIFON SAINT-MARCELLIN Tél. : 05 58 41 56 52 6 rue de la Paix - 42000 ST-ETIENNE 3 rue de la Loire - 42110 FEURS Espace Ambroise Paré - 10 av de Saint-Etienne 42160 ANDREZIEUX 18 Grande Rue - 38160 ST-MARCELLIN Tél. : 04 77 55 80 81 Tél. : 04 76 38 19 21 AMPLIFON - ROANNE PROMENADES AMPLIFON BRIGNOUD 34 bis A bd de la Libération - 38190 BRIGNOUD Tél. : 04 77 71 10 30 Tél. : 04 76 40 19 02 AMPLIFON ROANNE FOCH AMPLIFON VIENNE 5-7 place St-Maurice - 38200 VIENNE Tél. : 04 77 70 01 56 Tél. : 04 74 78 48 96 AMPLIFON MONTBRISON AMPLIFON MEYLAN 42 av Plaine Fleurie - 38240 MEYLAN Tél. : 04 77 58 10 05 114 av Georges Clémenceau - 34500 BEZIERS Tél. : 04 76 18 03 03 AMPLIFON FIRMINY Tél. : 04 67 30 76 79 AMPLIFON LA VERPILLIERE Tél. : 04 67 69 12 75 AMPLIFON BALARUC Europtical - Z.C. Balaruc Loisirs 34450 BALARUC-LE-VIEUX Tél. : 04 67 78 71 64 AMPLIFON BÉZIERS SAUVIAN FuturOptic - Place Paliseul 34410 SAUVIAN Tél. : 04 67 30 76 79 AMPLIFON BEZIERS AMPLIFON AGDE FLORENSAC Centroptique - 23 Rue Fernand Chamayou 34510 FLORENSAC Tél. : 04 67 94 77 48 AMPLIFON AGDE BESSAN Centroptique - 56 grand rue - 34550 BESSAN Tél. : 04 67 94 77 48 36793_Liste_Centres_Mono_N44.ind3 3 53 rue de la République 38290 LA VERPILLIERE Tél. : 04 74 82 78 91 AMPLIFON BOURGOIN Immeuble Le Kerylos BP 87 21 av Maréchal Leclerc - 38303 BOURGOIN 4 place des Promenades - 42300 ROANNE 72 rue Maréchal Foch - 42300 ROANNE 10 rue Notre-Dame - 42600 MONTBRISON 16 place du Breuil - 42700 FIRMINY Tél. : 04 77 56 01 34 43 - HAUTE-LOIRE AMPLIFON PUY-EN-VELAY 12 place du Breuil - 43000 LE PUY-EN-VELAY Tél. : 04 71 04 28 82 Tél. : 04 74 28 03 07 17/09/08 11:33:36 AMPLIFON BRIOUDE 24 bd du Docteur Devins - 43100 BRIOUDE Tél. : 04 71 74 97 65 44 - LOIRE-ATLANTIQUE AMPLIFON COSNE-COURS-SUR-LOIRE 2 pl de la Pêcherie 58200 COSNE-COURS-SUR LOIRE AMPLIFON THIERS Galerie-des-Molles - Centre-Commercial Leclerc 63300 THIERS Tél. : 04 73 80 18 04 Tél. : 03 86 26 66 06 AMPLIFON NANTES LABORATOIRE P. SADOC AMPLIFON CHAMALIERES AMPLIFON CLAMECY 16 av de Royat - 63400 CHAMALIERES LABORATOIRE P. SADOC - 10 rue Henri IV 44000 NANTES 3 rue Jean-Jaurès - 58500 CLAMECY Tél. : 04 73 31 35 65 Tél. : 03 86 27 93 62 AMPLIFON ISSOIRE Tél. : 02 40 74 71 38 59 - NORD 5 rue de la Place d’Espagne - 63500 ISSOIRE AMPLIFON LABORATOIRE ACHACHE AMPLIFON ROUBAIX 19 rue Racine - 44000 NANTES 3 rue de la Halle - 59100 ROUBAIX AMPLIFON AMBERT Tél. : 02 40 73 66 89 Tél. : 03 20 82 66 66 2 rue de la République - 63600 AMBERT AMPLIFON NANTES-STE-THERESE 4 route de Vannes - 44100 NANTES AMPLIFON CENTRE ACOUSTIQUE DU NORD AMPLIFON COURNON Tél. : 02 40 20 06 06 388 rue de Paris - 59503 DOUAI AMPLIFON ANCENIS Tél. : 03 27 88 81 96 19 place Francis Robert - 44150 ANCENIS AMPLIFON MAUBEUGE Tél. : 02 40 83 11 38 Place Verte - Centre UGOSS 59600 MAUBEUGE 64 - PYRENEES-ATLANTIQUES Tél. : 03 27 53 83 93 72 rue Emile Guichenné - 64000 PAU 47 - LOT-ET-GARONNE AMPLIFON AGEN Tél. : 04 73 89 01 47 Tél. : 04 73 82 01 01 av Maréchal-Foch 63800 COURNON D’AUVERGNE Tél. : 04 73 84 48 81 AMPLIFON PAU AMPLIFON VILLENEUVE- D’ASCQ Tél. : 05 59 27 68 28 Tél. : 05 53 47 38 56 115 rue des Fusillés 59650 VILLENEUVE-D’ASCQ AMPLIFON BIARRITZ AMPLIFON MARMANDE Tél. : 03 20 34 00 84 68 rue de la République 47200 MARMANDE Tél. : 05 59 22 16 64 AMPLIFON MARCQ-EN- BARŒUL 43 bd de la République - 47000 AGEN Tél. : 05 53 89 23 00 AMPLIFON VILLENEUVE bd Palissy - 47300 VILLENEUVE-SUR-LOT Tél. : 05 53 01 45 45 131 av Foch - 59700 MARCQ-EN-BARŒUL Tél. : 03 20 65 31 84 AMPLIFON LILLE 5 rue Larralde - 64200 BIARRITZ AMPLIFON ST-JEAN-DE-LUZ 3 av de Verdun - 64500 ST-JEAN-DE-LUZ Tél. : 05 59 51 14 95 132 bd de la Liberté - 59800 LILLE 66 - PYRENEES-ORIENTALES Tél. : 03 20 85 83 83 AMPLIFON ILLE-SUR-TET 10 avenue Jean-Jaurès - 66130 ILLE-SUR-TET 51 - MARNE AMPLIFON VIEUX LILLE AMPLIFON EPERNAY 55 rue des Arts - 59800 LILLE Tél. : 04 68 50 16 07 16 rue du Gal-Leclerc - 51200 EPERNAY Tél. : 03 20 74 36 36 AMPLIFON PERPIGNAN Tél. : 03 26 51 75 51 AMPLIFON ARMENTIERES AMPLIFON SEZANNE 15 bis rue de Lille - 59280 ARMENTIERES 68 place de la République - 51120 SEZANNE Tél. : 03 20 44 21 21 Tél. : 03 26 80 54 36 AMPLIFON LA MADELEINE 54 - MEURTHE ET MOSELLE 120 rue du Général-de-Gaulle 59110 LA MADELEINE AMPLIFON NANCY 2 bis rue d’Amervall - 54000 NANCY Tél. : 03 83 17 22 23 56 - MORBIHAN AMPLIFON PLOËRMEL 13 place de l’Union - 56800 PLOËRMEL Tél. : 02 97 74 21 24 AMPLIFON GUER 20 rue Saint-Gurval - 56380 GUER Tél. : 02 97 22 19 47 Tél. : 03 20 06 91 92 AMPLIFON LA BASSEE 15 av. Jean-Baptiste Lebas - 59480 LA BASSEE Tél. : 03 20 29 36 85 62 - PAS-DE-CALAIS AMPLIFON BULLY Place Jean Jaures - 62160 BULLY LES MINES Tél. : 03 21 72 00 00 AMPLIFON LENS Route de la Bassée - 62300 LENS Tél. : 03 27 88 81 96 Médipol - 8 rue Madeleine Bres 66330 CABESTANY Tél. : 04 68 59 62 99 AMPLIFON RIVESALTES 4 Place Joffre - 66600 RIVESALTES Tél. : 04 68 50 16 07 AMPLIFON CERET Résidence Tinssimo - ZAC de Tins 66400 CERET Tél. : 04 68 55 56 79 67 - BAS-RHIN AMPLIFON STRASBOURG 46 avenue des vosges - 67000 STRASBOURG Tél. : 03 88 22 07 57 AMPLIFON SCHILTIGHEIM 20 rue des Pompiers - 67300 SCHILTIGHEIM Tél. : 03 88 83 91 66 AMPLIFON SAVERNE 57 - MOSELLE AMPLIFON BRUAY AMPLIFON FORBACH 86 A rue Nationale - 57600 FORBACH 195 rue Louis Dussart 62700 BRUAY LA BUISSIERE Tél. : 03 87 84 00 40 Tél. : 03 21 61 61 31 AMPLIFON ILLKIRCH AMPLIFON METZ 63 - PUY-DE-DÔME 22 rue Wilson - 57000 METZ Tél. : 03 88 66 91 22 AMPLIFON CLERMONT-FERRAND Tél. : 03 87 18 10 55 58 - NIEVRE 72-74 avenue de la république 63000 CLERMONT-FERRAND 4 Grand Rue - 67700 SAVERNE Tél. : 03 88 71 09 34 237 route de Lyon - 67400 ILLKIRCH 68 - HAUT-RHIN AMPLIFON COLMAR Tél. : 04 73 74 63 63 3 av de la République - 68000 COLMAR 11 bis rue de Cherleville - 58000 NEVERS AMPLIFON RIOM Tél. : 03 89 24 10 20 Tél. : 03 86 61 23 42 36 place Jean-Baptiste-Laurent 63200 RIOM AMPLIFON MULHOUSE AMPLIFON NEVERS Tél. : 04 73 33 12 14 10 bd de l’Europe (face Tour de l’Europe) 68100 MULHOUSE Tél. : 03 89 66 05 60 36793_Liste_Centres_Mono_N44.ind4 4 17/09/08 11:33:36 AMPLIFON ALTKIRCH AMPLIFON LE CREUSOT AMPLIFON BOLIVAR 11 rue Jean-Jacques Henner 68130 ALTKIRCH 71 rue Maréchal Foch - 71200 LE CREUSOT 25 av Simon Bolivar - 75019 PARIS Tél. : 03 85 77 49 25 Tél. : 01 40 03 91 27 AMPLIFON AUTUN 76 - SEINE MARITIME Tél. : 03 89 40 20 66 AMPLIFON GUEBWILLER 2 rue de Lattre-de-Tassigny - 71400 AUTUN 81 rue de la République - 68500 GUEBWILLER Tél. : 03 85 52 02 16 Tél. : 03 89 62 12 92 69 - RHÔNE AMPLIFON LOUHANS 10 rue du Maréchal-Joffre 76000 LE HAVRE 11 rue du Jura - 71500 LOUHANS Tél. : 02 35 22 63 80 AMPLIFON LYON Tél. : 03 85 76 09 79 16 rue de la Barre - 69002 LYON 74 - HAUTE-SAVOIE Tél. : 04 78 37 44 20 AMPLIFON LE HAVRE AMPLIFON HARFLEUR 13 place d’Armes - 76700 HARFLEUR AMPLIFON ANNEMASSE Tél. : 02 35 49 33 60 AMPLIFON LTS CROIX-ROUSSE 4 rue René Blanc - 74100 ANNEMASSE 87 bd de la Croix-Rousse - 69004 LYON Tél. : 04 50 38 27 09 77 - SEINE-ET-MARNE Tél. : 04 78 27 22 31 AMPLIFON LYON POINT-DU-JOUR 50 av du point-du-Jour - 69005 LYON Tél. : 04 37 41 08 35 AMPLIFON KALFOUN LYON 163 cours Lafayette - 69006 LYON AMPLIFON MELUN AMPLIFON CLUSES 15 place de la Porte-de-Paris - 77000 MELUN 13 bis rue François Curt - 74300 CLUSES Tél. : 01 64 37 01 58 Tél. : 04 50 18 09 23 AMPLIFON COULOMMIERS AMPLIFON SALLANCHES 9 rue du Marché - 77120 COULOMMIERS 88 av de la Gare - 74700 SALLANCHES Tél. : 01 64 75 13 17 Tél. : 04 50 18 44 72 AMPLIFON NEMOURS Tél. : 04 72 74 42 00 75 - PARIS AMPLIFON VAISE AMPLIFON OPERA Tél. : 01 64 28 00 66 7 rue de Hanovre - 75002 PARIS AMPLIFON PROVINS Tél. : 04 72 20 02 95 Tél. : 01 47 42 38 88 12 rue Victor Garnier - 77160 PROVINS AMPLIFON VILLEURBANNE AMPLIFON BEAUBOURG Tél. : 01 64 01 45 63 15 rue Quincampoix - 75004 PARIS AMPLIFON TOURNAN Tél. : 04 78 68 28 37 Tél. : 01 42 74 43 53 3 rue des Fossés - 77220 TOURNAN-EN-BRIE AMPLIFON TARARE AMPLIFON CENSIER Tél. : 01 64 06 48 49 45 rue Censier - 75005 PARIS AMPLIFON FONTAINEBLEAU Tél. : 04 74 05 06 20 Tél. : 01 47 07 73 73 24 rue de la Paroisse - 77300 FONTAINEBLEAU AMPLIFON ST-FONS AMPLIFON RASPAIL Tél. : 01 60 70 98 96 16 rue Marietton - 69009 LYON 167 cours Emile Zola - 69100 VILLEURBANNE 20 av Charles-de-Gaulle - 69170 TARARE 28 rue de Paris - 77140 NEMOURS 118 bd Raspail - 75006 PARIS AMPLIFON PONTAULT-COMBAULT Tél. : 04 78 67 99 68 Tél. : 01 45 48 00 38 AMPLIFON L’ARBRESLE AMPLIFON VINTIMILLE 63 av du Gal-de-Gaulle 77340 PONTAULT-COMBAULT 1 rue Gabriel Péri - 69190 ST-FONS 52 rue Charles-de-Gaulle 69210 L’ARBRESLE 1 rue de Vintimille - 75009 PARIS Tél. : 01 64 43 80 80 Tél. : 01 48 74 59 77 AMPLIFON PONTAULT-COMBAULT 2 Tél. : 04 74 01 33 31 AMPLIFON MAGENTA AMPLIFON THIZY 95 bd de Magenta - 75010 PARIS 2 rue Perrin Frères - 69240 THIZY Tél. : 01 49 49 03 23 Tél. : 04 74 64 10 17 AMPLIFON NATION AMPLIFON FONTAINES-SUR-SAONE 41 bd de Charonne - 75011 PARIS 16-18 av Charles Rouxel 77340 PONTAULT-COMBAULT Tél. : 01 60 34 76 27 AMPLIFON COMBS-LA-VILLE OPTIQUE-DES-ACACIAS 2 rue des Acacias - 77380 COMBS-LA-VILLE 11 rue Pierre Bouvier 69270 FONTAINES-SUR- SAONE Tél. : 01 43 56 67 12 Tél. : 04 72 42 23 51 25 rue Oberkampf - 75011 PARIS 78 - YVELINES AMPLIFON VILLEFRANCHE-SUR-SAONE Tél. : 01 56 98 17 11 AMPLIFON VERSAILLES 999 rue Nationale 69400 VILLEFRANCHE-SUR-SAONE AMPLIFON CENTRE DE SERVICE TECHNIQUE Tél. : 04 74 60 36 35 AMPLIFON BRON AMPLIFON OBERKAMPF 15 Rue Berlier - Batiment B - 6ème étage 75013 PARIS Tél. : 01 60 60 74 74 75 rue de la Paroisse - 78000 VERSAILLES Tél. : 01 30 83 14 98 AMPLIFON ST-GERMAIN 25 rue des Coches 78100 ST-GERMAIN-EN-LAYE 154 av Franklin Roosevelt - 69500 BRON Tél. : 01 53 79 75 98 Tél. : 04 72 37 84 33 AMPLIFON ALESIA Tél. : 01 39 04 03 11 AMPLIFON ST-SYMPHORIEN CENTRE OPTIQUE 26 av Jean Moulin - 75014 PARIS AMPLIFON POISSY Tél. : 01 45 40 83 54 30 av du Cep - 78300 POISSY 92 rue Centrale - 69590 ST-SYMPHORIEN AMPLIFON BOUCICAUT Tél. : 01 30 65 11 23 Tél. : 04 78 44 53 04 117 rue de la Convention - 75015 PARIS AMPLIFON SARTROUVILLE AMPLIFON OULLINS Tél. : 01 40 60 17 33 150 Grande Rue - 69600 OULLINS AMPLIFON AUTEUIL 61 av Jean-Jaurès 78500 SARTROUVILLE Tél. : 04 72 39 14 97 2 rue d’Auteuil - 75016 PARIS Tél. : 01 39 57 47 69 AMPLIFON ST-PRIEST Tél. : 01 55 74 06 15 AMPLIFON MAISONS-LAFFITTE 35 bd Herriot - 69800 ST-PRIEST AMPLIFON VICTOR-HUGO Tél. : 04 78 21 53 26 2 rue de Sontay - 75116 PARIS 71 - SAÔNE-ET-LOIRE Tél. : 01 45 00 65 92 AMPLIFON CHAUFFAILLES OPTIQUE-MASSON AMPLIFON WAGRAM 80 - SOMME 58 av de Wagram - 75017 PARIS AMPLIFON AMIENS 16 rue Centrale - 71170 CHAUFFAILLES Tél. : 01 47 63 90 59 5 place de l’Hôtel-de-Ville - 80000 AMIENS Tél. : 03 85 26 03 03 AMPLIFON GUY MOQUET 1 rue des Plantes 78600 MAISONS-LAFFITTE Tél. : 01 34 93 71 09 Tél. : 03 22 91 86 60 70 av de St-Ouen - 75018 PARIS Tél. : 01 42 63 22 53 36793_Liste_Centres_Mono_N44.ind5 5 17/09/08 11:33:37 81 - TARN AMPLIFON LAVAUR 10 place du Vieux Marché - 81500 LAVAUR Tél. : 05 63 58 32 33 83 - VAR AMPLIFON CAVAILLON OPTIQUE-BOURNISSAC 76 cours Bournissac - 84300 CAVAILLON Tél. : 04 90 71 17 85 AMPLIFON SORGUES AMPLIFON TOULON LIBERTE Résidence de l’Etoile - rue Roger Ricca 84700 SORGUES 185 place de la Liberté - 83000 TOULON Tél. : 04 90 39 26 86 Tél. : 04 94 92 69 35 87 - HAUTE-VIENNE AMPLIFON TOULON MOURILLON Le Mourillon 1 rue Castillon - 83000 TOULON Tél. : 04 94 36 67 14 AMPLIFON TOULON FOCH 153 bd Maréchal Foch - 83000 TOULON Tél. : 04 94 93 59 64 AMPLIFON SANARY 4 place Albert Cavet 83110 SANARY-SUR-MER Tél. : 04 94 74 39 91 AMPLIFON STE-MAXIME 32 av Georges Clémenceau 83120 STE-MAXIME AMPLIFON NOISY-LE-GRAND 1 allée des Norottes - 93160 NOISY-LE-GRAND Tél. : 01 49 31 02 40 AMPLIFON VILLEMOMBLE 61 av de Raincy - 93250 VILLEMOMBLE Tél. : 01 48 55 16 27 AMPLIFON LES LILAS AMPLIFON LIMOGES 126 rue de Paris 93260 LES LILAS 19 place Manigne - 87000 LIMOGES Tél. : 01 43 60 23 40 Tél. : 05 55 32 45 50 AMPLIFON TREMBLAY AMPLIFON ST-JUNIEN 6 bis av Pasteur - 93290 TREMBLAY-EN-FRANCE 4 rue Gabriel Péri - 87200 ST-JUNIEN Tél. : 01 48 60 67 28 Tél. : 05 55 02 65 21 AMPLIFON PANTIN AMPLIFON BELLAC 91 av Edouard Vaillant - 93500 PANTIN 19 place du Palais - 87300 BELLAC Tél. : 01 48 45 93 40 Tél. : 05 55 60 24 44 AMPLIFON DRANCY AMPLIFON ST-LEONARD 86 av Henri Barbusse - 93700 DRANCY 24 rue Jean-Jaurès - 87400 ST-LEONARD Tél. : 01 48 31 16 70 Tél. : 05 55 56 35 87 94 - VAL-DE-MARNE Tél. : 04 94 49 25 61 89 - YONNE AMPLIFON SOLLIES-PONT AMPLIFON AVALLON OPTIC 2000 - CENTRE VILLE Bât Le Liberté - 1 rue de l’Enclos 83210 SOLLIES-PONT 93 - SEINE-ST-DENIS AMPLIFON NOGENT 66 Grande Rue Charles-deGaulle 94130 NOGENT-SUR-MARNE 3 Grande rue - 89200 AVALLON Tél. : 04 94 13 09 65 Tél. : 01 48 76 89 22 Tél. : 03 86 34 36 09 AMPLIFON SAINT-MAUR AMPLIFON LE PRADET 90 - BELFORT (TERRITOIRE) 139 bd de Champigny 94210 LA VARENNE-ST-HILAIRE Le Caducée - 390 av de la 1ère DFL 83220 LE PRADET Tél. : 04 94 21 66 25 AMPLIFON COGOLIN AMPLIFON BELFORT 3 av du Maréchal Foch - 90000 BELFORT Tél. : 03 84 28 24 24 Tél. : 01 42 83 11 11 AMPLIFON LA VARENNE 23 av Georges Clémenceau - 83310 COGOLIN 92 - HAUTS-DE-SEINE 76 bis av du Bac 94210 LA VARENNE-ST-HILAIRE Tél. : 04 94 54 54 97 AMPLIFON NANTERRE Tél. : 01 55 12 13 33 AMPLIFON TOURRETTES 6 place Foch - 92000 NANTERRE AMPLIFON CHARENTON Centre Médical - Tassy Quartier Tassy 83440 TOURRETTES Tél. : 01 47 24 16 93 109 rue de Paris - 94220 CHARENTON AMPLIFON BOULOGNE Tél. : 01 43 96 96 87 OPTIQUE AMBROISE PARE 13/15 bd Jean-Jaurès - 92100 BOULOGNE AMPLIFON KREMLIN-BICETRE VISUAL-RINAVISION Tél. : 04 94 76 02 42 AMPLIFON LA SEYNE Les Sablettes Le Cardinal - 42 rue E. Manet 83500 LA SEYNE-SUR-MER Tél. : 04 94 30 55 25 AMPLIFON FREJUS 53 rue Jean-Jaurès - 83600 FREJUS Tél. : 04 94 17 14 61 Tél. : 01 46 03 31 95 AMPLIFON MONTROUGE 46 av de Fontainebleau 94270 LE-KREMLIN-BICETRE 96 av de la République - 92120 MONTROUGE Tél. : 01 43 90 11 07 Tél. : 01 55 48 01 65 AMPLIFON CHENNEVIERES OPTICIEN KRYS AMPLIFON ISSY-LES-MOULINEAUX C. Cial-du-Carrefour de Pince-Vent 94430 CHENNEVIERES-SUR- MARNE AMPLIFON ST-RAPHAEL 4 avenue Jean-Jaurès 92130 ISSY-LES-MOULINEAUX 40 rue Léon Basso - 83700 ST-RAPHAEL Tél. : 01 41 46 18 95 Tél. : 01 45 76 72 37 Tél. : 04 94 83 09 15 AMPLIFON ANTONY 95 - VAL-D’OISE 84 - VAUCLUSE 20-22 av Aristide Briand - 92160 ANTONY AMPLIFON PONTOISE AMPLIFON AVIGNON Tél. : 01 42 37 45 22 30 rue de Thiers - 95300 PONTOISE 26 rue de la République - 84000 AVIGNON AMPLIFON NEUILLY Tél. : 01 30 73 64 23 Tél. : 04 90 82 03 83 9 rue Paul Chatrousse - 92200 NEUILLY AMPLIFON EAUBONNE AMPLIFON ORANGE Tél. : 01 47 47 02 07 7 rue Christino Garcia - 95600 EAUBONNE 79 av Charles-de-Gaulle - 84100 ORANGE AMPLIFON LEVALLOIS Tél. : 01 39 59 06 63 Tél. : 04 90 34 76 76 59 rue Aristide Briand 92300 LEVALLOIS-PERRET AMPLIFON ENGHIEN Tél. : 01 41 34 04 55 4 rue Robert Schuman 95880 ENGHIEN-LES-BAINS Tél. : 04 90 36 07 09 AMPLIFON RUEIL-MALMAISON Tél. : 01 34 12 01 54 AMPLIFON LE PONTET Tél. : 01 47 14 14 75 AMPLIFON VAISON-LA-ROMAINE 12 av Victor-Hugo - 84110 VAISON-LA-ROMAINE 47 av Charles-de-Gaulle - 84130 LE PONTET Tél. : 04 90 32 94 61 29 rue Maurepas - 92500 RUEIL-MALMAISON AMPLIFON COLOMBES 20 rue St-Denis - 92700 COLOMBES Tél. : 01 56 83 71 64 36793_Liste_Centres_Mono_N44.ind6 6 17/09/08 11:33:38 numéro Exploration radiologique en otologie Les monographies amplifon 44 Exploration radiologique en otologie EDITION 2008 36793_Couv_Mono_N44_E.R.O.indd 1 Exploration radiologique en otologie • Françoise Denoyelle, Hubert Ducou Le Pointe. • Olivier Deguine, Bernard Escude. • Michel Mondain, Alain Bonafé. • Vincent Darrouzet, Xavier Barreau. • Christophe Vincent, Marion Devambez, Alexis Delattre. • Christian Dubreuil, Sandra Zaouche, Stéphane Tringali. • Eric Truy, Aïcha Eltaïef, Maxime Tardieu. • Benoît Godey. • Denis Ayache, Marc Williams. EDITION 2008 16/09/08 11:37:37