Le calendrier
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Le calendrier
Textes : Le calendrier 1/7 Le calendrier I l y a quarante mille ans déjà, comme les prisonniers alignent les petits traits sur les parois de leur cellule, nos ancêtres entaillaient un os à chaque nouvelle apparition de la pleine Lune. C’était le premier calendrier en quelque sorte. D’autres ont vu le jour, au fil des siècles et des besoins. Les Égyptiens, par exemple, peuple d’agriculteurs au bord du Nil, concevaient trois saisons : la saison des inondations, celle des semailles et finalement celle des récoltes. Leur calendrier était en totale harmonie avec la nature et le rythme qu’elle imposait aux hommes. Aujourd’hui encore, on parle de saison sèche et de saison des pluies... parce que le temps qu’il fait est la réalité essentielle dont dépend tout le reste. Autour du calendrier, c’est toujours la vie qui s’organise... Les calendes romaines L e mot calendrier vient de « calendes », le premier jour du mois chez les Romains, jour de l’apparition de la nouvelle Lune. Pour la petite histoire, il faut savoir que le calendrier grec ne comprenait pas de calendes. C’est pourquoi on parle de renvoyer aux calendes grecques une chose qui ne se fera pas : elle a autant de chances que dans la semaine des quatre jeudis... Le calendrier contemporain en cours dans notre société est donc en partie issu de calendrier romain. Au départ, il comprenait dix mois appelés par leur numéro d’ordre. Les quatre derniers nous disent encore quelque chose aujourd’hui : september, october, november, december étaient respectivement - comme l’indique leur nom latin les septième, huitième, neuvième et dixième mois de l’année. Mais les Romains se rendent vite compte qu’une année de dix mois est trop courte, qu’elle ne correspond pas au rythme de la nature. Ils ajoutent donc deux mois à la fin de leur calendrier : janvier et février deviennent ainsi les onzième et douzième mois de l’année, le petit dernier ayant moins de jours que les autres. Janvier tire son nom du dieu Janus, c’est une pratique nouvelle pour les Romains qui rebaptisent aussi d’autres mois. Le troisième par exemple, en l’hommage du dieu Mars. A.R. Tamines Il semble en fait que les dirigeants romains prennent un malin plaisir à modifier le calendrier, au gré de leurs intérêts du moment ou de leurs coups de folie. C’est ainsi que janvier et février ont un jour quitté la fin du calendrier pour devenir les deux premiers mois de l’année, comme nous les connaissons aujourd’hui. De quoi perturber les Romains : ce qu’ils appelaient le septième mois (septembre) devenait ainsi le neuvième sans changer de nom ! Et il en était évidemment de même pour les trois suivants... La nuit du 4 au 15 I l était grand temps de remettre un peu d’ordre dans tout cela ! En 45 avant Jésus-Christ, Jules César décide de réorganiser le calendrier. Et il fait appel à un astronome pour que ce nouveau calendrier soit en parfaite harmonie avec les astres. Le scientifique lui conseille de faire des années de 365 jours et 6 heures : c’est exactement le temps que met le soleil pour revenir à un même point sur la voûte céleste. César décide donc que les années feront désormais 365 jours. Quant aux six heures supplémentaires mentionnées par les savants calculs de l’astronome, on les récupérera en ajoutant un jour tous les quatre ans. Ce jour supplémentaire fut inséré dans le calendrier romain après le sixième jour avant les calendes de mars. C’était un jour bis par rapport à ce sixième jour (bis sextus) et c’est ainsi que sont apparues les années bissextiles. On se rendra compte bien plus tard - au XVIe siècle - que le calcul n’était pas tout à fait correct : l’année est encore légèrement plus longue. Pour remédier au décalage, le pape Grégoire XIII emploie alors les grands moyens : il supprime dix jours de l’an 1582. Cette année-là, le jeudi 4 octobre est immédiatement suivi du vendredi 15 octobre, les jours entre-temps n’ont jamais existé... Pour qu’un tel rattrapage du temps ne s’impose plus à l’avenir, Grégoire XIII décidera encore de faire disparaître une année bissextile de temps en temps, trois tous les quatre siècles précisément. Textes : Le calendrier C’est en hommage au précieux travail de ce pape que notre calendrier est appelé « grégorien ». Quant à Jules César, le calendrier a gardé son nom pour le septième mois : juillet est le mois de Jules. Son petit-neveu et successeur, l’empereur Auguste donnera quant à lui son nom au mois d’août (en français le mot a évolué mais on dit toujours « augustus » en néerlandais). Et pour qu’il n’y ait pas de favoritisme dans l’honneur fait aux deux grands hommes, pour que le mois d’Auguste ne compte pas moins de jours que celui de Jules, on ajouta un jour au mois août. C’est ainsi que ces deux mois successifs comptent le même nombre de jours, rompant la belle alternance entre 30 et 31 jours présente partout ailleurs. Mais on ne détruisit pas pour autant le savant calendrier de César et de son astronome. Le 31 août ne fut pas un jour de plus dans l’année; en contrepartie les Romains supprimèrent un jour ailleurs, à ce petit mois hors norme qu’était déjà février... Des jours et des années L ’invention des jours de la semaine est plus difficile à cerner. Les Romains ne les utilisaient pas mais on les retrouve dans l’Ancien Testament. Les textes de la création nous montrent en effet Dieu créant les six jours de la semaine avant de se reposer, le septième. Là encore la Lune n’est pas complètement absente : la période de 7 jours correspond en effet à chacune de ses phases. Quant aux noms des jours, il faut remonter aux Babyloniens pour les comprendre. Les Babyloniens se sont inspiré des sept planètes qu’ils connaissaient et leur ont offert un jour à chacune. Lundi est ainsi le jour de la Lune, mardi celui de Mars, mercredi celui de Mercure, jeudi le jour de Jupiter et vendredi celui de Vénus. Samedi est quant à lui le jour de Saturne et dimanche celui du Soleil, ce qui est plus visible en anglais où l’on dit encore « saturday » et « sunday ». Le comptage des années est le seul à ne pas dépendre des astres et des planètes. Le système actuel qui consiste à tout situer par rapport à la naissance du Christ ne date pas de l’époque du Christ. C’est au VIe siècle que quelqu’un en eut l’idée, un religieux bien sûr. Il voulait démontrer par là que la venue du Christ sur Terre avait été un pivot dans l’histoire de l’humanité. L’idée fut reprise par Charlemagne et finalement appliquée vers l’an 1000. Mais comment ce religieux a-t-il pu, six siècles après, retrouver la date de naissance du Christ ? A vrai dire, la date du 25 décembre de l’an 1 est plus une convention qu’une certitude. Il y a bien quelques indications dans les Évangiles et A.R. Tamines 2/7 quelques repères historiques mais tous les spécialistes ne sont pas d’accord. Pour certains d’entre eux, le Christ serait né six ans plus tôt et nous serions donc en 2002. Pour d’autres, la date du 25 décembre n’est pas la bonne : Noël serait plutôt le 29 mai, le 3 octobre ou le 6 juin... Jours de fêtes... L e début de l’année nouvelle est également une convention. Pendant fort longtemps, le jour le l’an neuf était fixé par les coutumes régionales. En 1564, Charles IX, roi de France, décide d’harmoniser tout cela et d’imposer l’usage parisien : le premier janvier sera désormais et pour tout le monde le premier jour de l’année. Une bonne partie de la France avait jusqu’alors l’habitude de commencer l’année le 1er avril. Ce jour-là les joyeux lurons continuèrent à offrir des cadeaux... mais vides, puisqu’il n’y avait officiellement plus rien à fêter ! Et c’est ainsi que sont nées les farces du 1er avril... Mais il y a aussi les fêtes mobiles. Pâques par exemple, qui tomber plus ou moins tard dans le printemps. En fait, la fête de Pâques est fixée le premier dimanche qui suit la pleine Lune après l’équinoxe de printemps. Concrètement, c’est entre le 22 mars et le 25 avril. La conjonction des astres et des jours rend pourtant certaines dates plus probables que d’autres. Il vous faudra ainsi attendre l’an 2075 pour que Pâques tombe à nouveau comme cette année, un 7 avril. Par contre, la date de l’an dernier, le 16 avril réapparaîtra dès 2006, puis en 2017 et en 2028. Autour de cette date de Pâques s’organise en outre une bonne part du calendrier liturgique : 40 jours avant, c’est le carnaval; 40 jours après, ce sera l’Ascension. Et puis vient la Pentecôte (50 jours après Pâques). D’autres temps O n le voit, le calendrier se construit essentiellement en fonction des fêtes religieuses. Après 1789, les révolutionnaires français ont inventé un nouveau calendrier pour rompre avec ce système. Pour eux l’année zéro n’était plus fixée par la naissance du Christ mais par la fondation de la République. Quant au jour de l’an c’était le 22 septembre, jour anniversaire de la République. Mais le 22 septembre est aussi un symbole pour les partisans de l’égalité : c’est l’équinoxe d’automne, le moment où le jour et la nuit ont exactement la même durée... Les mois du calendrier révolutionnaire s’inspirent directement de la nature Textes : Le calendrier eux aussi. Adieu les numérotations latines et les dieux romains, les mois prennent des noms poétiques au rythme des saisons. Les mois de brumes, de vents et de frimas s’appellent Brumaire, Ventôse, Frimaire, ceux où la nature refleurit répondent aux doux noms de Floréal ou Prairial... Quant aux saints du calendrier, la Révolution française les fit disparaître au profit de noms de plantes, de fruits ou d’hommes célèbres. C’est de toute évidence une tout autre vision du monde que veut donner ce calendrier original. Mais personne ne s’y habitua vraiment, le calendrier grégorien ne cessait d’être utilisé à travers la France. Et Napoléon dut se rendre à l’évidence : le premier janvier 1805, il rétablit l’usage du bon vieux calendrier. La parenthèse révolutionnaire avait duré 13 ans. D’autres ont vécu fort longtemps en dehors du calendrier grégorien. Les protestants notamment. Comme le disait avec humour le célèbre astronome allemand Képler, les protestants aimaient mieux être en désaccord avec le soleil qu’en accord avec le pape ! Il était impensable pour eux d’adopter un calendrier imaginé par Rome. Il faudra donc attendre le XVIIIe siècle pour que les pays de tradition protestante (Grande-Bretagne, Pays-Bas, Suisse...) alignent leur calendrier sur le nôtre. D’autres pays se rallieront encore au calendrier grégorien, notamment le Japon, l’URSS (en 1918, après la révolution) ou la Chine. Il n’empêche que des millions de personnes de par le monde ont aujourd’hui encore des points de repère différents. Le temps s’écoule autrement avec les calendriers juif ou musulman. Pour ce dernier, tout est basé sur l’Hégire, ce jour de juillet 622 où Mahomet quitta La Mecque. Quant aux années, avec leurs 354 jours, elles sont plus courtes que les nôtres. Un musulman qui compte plus d’années que vous n’est donc peut-être pas nécessairement plus vieux pour autant... 3/7 Q uelques esprits malins ont bien songé à tout arranger pour le monde entier. Ce serait tellement plus facile... Ils envisagent plutôt une année de 364 jours. Pourquoi ? Tout d’abord parce 364, c’est aussi 52 fois 7, soit précisément 52 semaines. Avec ce système les jours seraient fixes par rapport aux dates. Ainsi si Noël tombe un lundi, ce sera un lundi chaque année. Mais comme il semble impossible de se détacher du rythme du soleil, un 365e jour serait ajouté dans l’année. Mais ce serait un jour blanc, un jour qui ne ferait partie d’aucun mois, d’aucune semaine; un jour qui ne compterait pas pour ne pas fausser la belle mécanique de ce calendrier perpétuel. Les calendriers n’ont cessé d’évoluer avec les hommes : les fêtes religieuses deviennent de simples jours de congé, sans qu’on se souvienne vraiment de leur sens premier. D’autres fêtes s’ajoutent comme le 11 novembre, le 1er mai ou le 27 septembre. Mais ce sont surtout des préoccupations économiques qui guident les adeptes du nouveau calendrier : Pâques qui tombe plus ou moins tard dans l’année et c’est toute l’organisation du tourisme qui est perturbée : on passe plus facilement ses vacances à la mer le 25 avril que le 22 mars. Et si le 1er mai tombe un vendredi ou un lundi, voilà un week-end prolongé dont vous profiterez aussi; et si c’est un jeudi ou un mardi, peut-être ferez-vous le « pont » ? Toucher au calendrier, c’est toucher aux habitudes de vie de chacun. Et là, la plus grande prudence s’impose... Pour s’en convaincre, il suffit de penser aux perturbations que crée deux fois l’an le simple changement d’heure. Ou encore aux vagues que suscita l’idée d’avancer de deux jours la rentrée scolaire... Lundi A.R. Tamines Rythme de vie Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Textes : Le calendrier - Questionnaire 4/7 Questionnaire 1. De quand datent les premiers calendriers ? | 40 000 ans | 30 000 ans | 10 000 ans | 2000 ans 2. Les premiers calendriers étaient basés sur : | | | | Le Soleil La Lune Jupiter Mars 3. Les calendes était le premier jour du mois chez | | | | Les Egyptiens Les Grecs Les Romains Les Musulmans 4. Quand ils se rendent compte qu’une année de dix mois est trop courte, les Romains ajoutent deux mois au calendrier : | | | | Janvier et février Novembre et décembre Juillet et août Avril et mai 5. Que signifie en latin le nom du mois de septembre ? | | | | Le septième Le neuvième Le dernier L’automne 6. Nous connaissons des années de 365 jours; nous le devons à | | | | Jules César Bis Sextus Janus Calendus Néron 7. Une année bisextile est une année qui | | | | Compte double Compte un jour de plus Compte un jour de moins Compte une semaine des quatre jeudis 8. Notre calendrier s’appelle calendrier grégorien en l’honneur de A.R. Tamines Textes : Le calendrier - Questionnaire | | | | 5/7 Grégory Ier Grégoire XIII Greg Lemon Mac Grégor l’Ancien 9. Les mois de juillet et d’août comptent chacun 31 jours, alors que les autres mois alternent 30 et 31 jours : | | | | parce que ce sont les vacances parce qu’ils sont les plus chauds de l’année pour qu’il ne pas faire de favoritisme entre Auguste et Jules César pour marquer qu’on commence le second semestre 10. Qui a inventé le nom des 7 jours de la semaine ? | | | | Les Romains Les Babyloniens Les Egyptiens Les Grecs 11. Le nom des 7 jours vient | | | | du nom des planètes de notre système solaire du nom des étoiles de notre galaxie des sept premiers dieux de l’Ancien Testament 12. Qui a choisi le 25 décembre de l’an 1 comme date de départ de notre calendrier ? | | | | Le Christ Charlemagne Un moine du Moyen-Age Le pape 13. Comment la coutume des farces au 1er avril est née ? | | | | Une bonne partie de la France fêtait le Nouvel An le 1er avril Pour se moquer du roi Charles IX Pour avoir deux réveillons par an Pour fêter le retour du printemps 14. Qu’appelle-t-on une fête mobile ? | | | | Une fête dont la date change chaque année Une fête où l’on part en vacances Une fête qui n’a lieu que tous les 7 ans Une fête disparue A.R. Tamines Textes : Le calendrier - Questionnaire 6/7 15. Les fêtes ci-après sont-elles des fêtes mobiles ? | | | | Laetare Carnaval Pâques Noël 16. Le calendrier révolutionnaire français commençait l’année le | | | | 1er janvier 1er mai le 30 juin le 22 septembre 17. Combien d’années ce calendrier resta-t-il en vigueur ? | | | | 8 13 57 113 18. L’année du calendrier musulman basé sur l’Hégire en juillet 622 compte | | | | autant de jours que la nôtre plus de jours que la nôtre moins de jours que la nôtre moins de jours que la nôtre, mais leurs jours sont plus longs 19. A quoi correspond le nombre de 365 jours dans une année ? | | | | Au temps de rotation de la Terre autour du Soleil Au temps de rotation de la Terre sur elle-même Au temps de rotation de la Lune autour de la Terre A rien, c’est une convention 20. En quelle année Noël tombera-t-il encore le 25 décembre ? | | | | En 2002 En 2017 En 2018 En 2075 NOM : Section : A.R. Tamines Prénom : Date : Classe : Cote obtenue :