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SECEM M A G A Z I N E Le magazine sur la Sécurité Economique et la Compétitivité des Entreprises en Méditerranée N ° 3 – J u i n 2 0 1 5 DOSSIER SPÉCIAL MÉDITERRAN• ÉE Les opportunités de développement dans les pays de la rive sud du bassin méditerranéen Association de Criminologie du Bassin Méditerranéen (ACBM) www.acbm-paca.com Sommaire 3 SECEM Magazine N°3 Juin 2015 EDITO La Méditerranée, une zone d’avenir… INTERVIEWS 4 Rencontres avec des professionnels Vincent BENNICI - Président de Answer Sécurité 4 Magali COULON - Responsable Communication Groupe ETIC 6 Portrait d’entreprise - BEWEIS spécialisée dans la technologie RFID 8 Sébastien LECOMTE - Président de PACWAN 9 SECURITE DES ENTREPRISES 11 Faites-vous accompagner par la Société AESATIS grâce aux matinées de sensibilisation gratuites 12 DOSSIER MEDITERRANEE 13 France – Maghreb, pour des relations bilatérales durables 14 Amarante - La prévention du risque à l’international 17 ADREC - Relation de développement entre la Tunisie et la France 20 Le bassin méditerranéen à l’épreuve des immigrations clandestines 21 CCI International - Un appui pour une implantation au sud de la Méditerranée 23 Auchan - Cas d’une grande enseigne de distribution implantée en Tunisie 26 Portrait de Destimed - Journal quotidien d’informations numérique 28 Zahir DJAHNINE – L’Avocat, un rôle de conseil et d'accompagnement 30 OCEMO - La coopération en Méditerranée Magazine élaboré par l’ACBM Interviews réalisées par Claire HANASTASIOU SECEM Magazine Juin 2015 Page 2 Edito La Méditerranée, une zone d’avenir… Historiquement, la Méditerranée est un carrefour de civilisations riche de Culture et un point géostratégique important en matière d’échanges commerciaux. Le positionnement géographique du bassin méditerranéen, à la lisière de trois continents et de trois aires de civilisations, en fait une zone charnière dans la mondialisation. La Méditerranée dispose notamment d’un fort potentiel économique mais reste pourtant la zone où les écarts Nord / Sud sont les plus importants. Le bassin méditerranéen, au travers des pays qui le composent, fait beaucoup parler de lui en ce moment. Terrorisme, immigration clandestine, mafia et corruption… Mais la Méditerranée, ce n’est pas que des personnes qui viennent s’échouer sur nos plages de façon illégale, des guerres, des actes de criminalité et de terrorisme. La Méditerranée, c’est bien plus que cela. Elle a autre chose à montrer et à raconter de bien plus beau. C’est dans cette perspective, que le dossier de ce mois-ci, sera consacré à la Méditerranée, ancrage géographique du SECEM auquel nous sommes très attachés. Outre le fait de sensibiliser les professionnels et chefs d’entreprise aux risques pouvant impacter de près ou de loin leur société, le SECEM souhaite également valoriser les pays composant le bassin méditerranéen et encourager les entreprises françaises à s’intéresser à une possible recherche de coproduction, d’investissement ou seulement de prospection dans ces pays-là. par Bernadette LEROY Présidente de l’ACBM Directrice d’AESATIS Création d’une dynamique productive, gain de compétitivité, augmentation du chiffre d’affaires et des parts de marché, transfert de savoir-faire, d’expertise et de compétences, création d’emplois… Ces avantages et opportunités de développement s’appuient sur la base d’un partenariat gagnant-gagnant entre les entreprises françaises et l’état dans lequel elles souhaitent s’implanter et investir. Les entreprises ont tout à gagner à s’intéresser aux pays du bassin méditerranéen dans le cadre de leur développement. C’est ce que les différentes personnalités internationales marocaines et tunisiennes ont présenté lors du colloque SECEM du 18 juin dernier. Vous pourrez prochainement retrouver le contenu des débats sous forme de vidéo sur le site www.secem.fr SECEM Magazine Juin 2015 Page 3 INTERVIEW Vincent BENNICI Président de Answer Sécurité Présentez-moi la Société Answer Sécurité ? La Société Answer Sécurité a été créée le 1er avril 2004. Nous avons soufflé notre onzième bougie le mois dernier. Composée d’un effectif de plus de 300 salariés, Answer Sécurité réalisera un chiffre d’affaires prévisionnel pour 2015 de 8,5 millions d’euros. Géographiquement, notre entreprise évolue majoritairement sur l’ensemble de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur ainsi que sur les régions Languedoc-Roussillon et RhôneAlpes. Nous sommes donc très implantés sur le couloir rhodanien mais également sur la région parisienne depuis maintenant cinq ans. Quels sont vos axes de services ? Answer Sécurité propose des services spécialisés et personnalisés de surveillance et de protection des biens et des personnes. Nos services consistent à contrôler et filtrer l’identité des personnes présentes, assurer la sécurité des lieux et éviter les actes de malveillance qui pourraient éventuellement se produire sur les sites qui nous sont confiés. Nos équipes et nos cadres veillent 24 heures sur 24. Nous proposons des services de surveillance humaine mais aussi technologique. Pour être plus précis, nous pouvons combiner la surveillance humaine à un dispositif de vidéoprotection. Nous avons eu des retours très positifs en particulier, dans les secteurs industriels, tertiaires et commerciaux. Je tiens aussi préciser que nous nous attachons à conserver la constance d’une qualité de service sur nos prestations par une formation adaptée de notre personnel. Hormis la formation SSIAP sécurité incendie, nous formons en interne tous nos agents. Nous organisons une formation spécifique sur le site où, l’agent est détaché avec en complément une formation menée par notre instructeur-formateur pour former aux différents comportements et attitudes à tenir face à différentes situations. C’est ce qui fait la différence d’Answer Sécurité aujourd’hui, je pense. Quels secteurs d’activité représentent vos clients ? Au départ, Answer Sécurité était une entreprise spécialisée dans le secteur de la grande distribution. Nous étions essentiellement présents sur les centres commerciaux. Nous nous sommes par la suite orientés et spécialisés dans le secteur de la logistique et des transports. Tout récemment, nous avons démarré une activité dans l’hôtellerie de luxe. C’est notre nouvelle spécialité depuis peu. Agence de sécurité et vidéosurveillance Agents de sécurité pour filtrage et accueil Agents de sécurité incendie Agents de surveillance humaine Télésurveillance Vidéosurveillance Concrètement, lorsqu’une entreprise fait appel à vous pour des besoins en matière de sécurité, que lui proposez-vous ? Avez-vous un rôle de conseil également ? La plus-value d’Answer Sécurité réside dans l’accompagnement de nos clients. Nous ne nous contentons pas de détacher du personnel formé sur les sites qui nous sont confiés. Nous allons conseiller et orienter nos clients mais aussi, optimiser les résultats. C’est le cas, par exemple, de la problématique de la démarque inconnue dans la grande distribution. www.answersecurite.com [email protected] Nous allons également trouver des solutions pour optimiser et rendre plus fluide les entrées et sorties de véhicules lourds dans les zones logistiques. Chez Answer Sécurité, nous sommes capables au préalable de réaliser un audit de manière à proposer des suggestions et des préconisations à nos clients. Answer est vraiment une société proactive. SECEM Magazine Juin 2015 Page 4 Quelles sont les valeurs et la Culture de votre entreprise ? Answer Sécurité est une entreprise à fort ADN, dotée d’une forte Culture d’entreprise dans laquelle, l’humain est mis en avant. Nous ne considérons pas nos agents comme des numéros sur un bulletin de salaire. Nous sommes pour la promotion interne. Nous avons également à cœur d’intéresser nos salariés à ce métier qui est de plus en plus professionnalisé. En effet, il faut acquérir une formation spécifique aujourd’hui pour être agent de sécurité notamment à travers l’obtention d’un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) soit par équivalence, soit par formation. Cela permet de moraliser la profession et Answer Sécurité s’inscrit totalement dans ce projet de moralisation et de professionnalisation de ce métier. Pour preuve, mes engagements syndicaux. Je suis Délégué régional du plus grand syndicat de la profession qui est l’Union des entreprises de Sécurité Privée (USP) sur la région sud-est et membre de la commission SIAP à Marseille. Forts de notre expérience, nous sommes certifiés ISO 9001 (version 2008) depuis avril 2005 récompensant la qualité de nos services dans le strict respect de la réglementation et des directives existantes. Chez nous, nous appliquons donc rigoureusement les règles prévues par la Convention collective et le Code du travail. Nous allons nous orienter vers la norme 2015 l’année prochaine. Grâce à l’expérience et le savoir-faire de nos cadres dirigeants, nous offrons un service global de proximité et de qualité basé sur un principe de personnalisation. Notre professionnalisme et notre rigueur représentent notre Culture d’entreprise et notre identité. Chez Answer Sécurité, nos valeurs, exceptionnellement fortes, s’unissent chaque jour au service de nos clients. Qu’entendez-vous par moraliser la profession ? En deux mots, nous ne voulons plus de repris de justice dans le métier. Quelqu’un qui commet un acte de malveillance, inscrit sur son fichier Judex, peut se voir très rapidement supprimer sa carte professionnelle. Nous voulons des agents avec une éthique irréprochable et de confiance à qui nous pouvons confier des clés de magasin. Je pense que le métier est en pleine mutation et je reste persuadé que seule la qualité de service pourra pérenniser nos entreprises. Je fais un petit aparté sur le sujet, car mon combat aujourd’hui, c’est d’expliquer que sur le plan économique le métier est malade. Les sociétés de sécurité sont en train de devenir des sociétés de travail temporaire compte tenu de la baisse des taux horaires de vente et de la diminution de marges opérationnelles. Par redondance, cela affaiblit le middle management des entreprises de notre secteur. De la même manière, cela induit une baisse de la qualité générale des prestations que les entreprises du métier proposent à leurs clients. Dans le cas du secteur de l’hôtellerie de luxe, quelles sont vos problématiques ? En période estivale, il y a le phénomène des « rats d’hôtels ». C’est une réelle menace et une vraie problématique pour les établissements hôteliers. Vis-à-vis du client, notre devoir est donc de détecter ces personnes malveillantes, de savoir réagir très rapidement et surtout de faire en sorte que ces personnes ne reviennent plus sur les lieux et cela grâce à un dispositif dissuasif, préventif et adapté. Les références du Groupe ANSWER sont prestigieuses. Pouvez-vous m’en citer quelques-unes ? Pour n’en citer que quelques-unes, nous travaillons avec le Groupe Auchan, avec le Groupe Chronopost et également pour les complexes hôteliers du Groupe Intercontinental. Néanmoins, je tiens à préciser que chez Answer Sécurité nous sommes fiers de tous nos clients. Ils nous font confiance et nous en sommes chaque jour très honorés SECEM Magazine Juin 2015 Page 5 INTERVIEW Magali COULON Responsable Communication Groupe ETIC Quelle est l’identité du Groupe ETIC ? Le Groupe ETIC est un prestataire de services d’origine marseillaise mais dôté d’une implantation nationale. Nous sommes positionnés sur plusieurs types d’activités qui sont complémentaires. Nous célébrons nos vingt ans cette année. Le Groupe ETIC compte, aujourd’hui, près de 1600 salariés tous en CDI, spécificité du groupe. Cela représente environ 650 équivalents temps plein. Pouvez-vous nous offrir un panorama des diverses filiales du Groupe ETIC ? Nous avons démarré avec la création de la filiale ETIC Sécurité, spécialiste de la sécurité incendie et de la sûreté. Depuis, nous avons également développé une activité de télésurveillance en nous appuyant sur notre PC de sécurité qui fonctionne H24. La filiale ETIC Sécurité est basée exclusivement sur Marseille et Nice. Nous avons ensuite développé l’activité d’accueil externalisé en entreprise, qui n’existait pas encore sur Marseille. Le Groupe ETIC a donc été le pionnier du développement de cette activité sur la région. Pour vous dire quelques mots sur la filiale ETIC Accueil, cela consiste en la gestion de l’intégralité d’un poste d’accueil en entreprise (accueil physique et téléphonique, gestion du courrier, des déplacements, des réunions, etc.). Nous proposons des services personnalisés en totale adéquation avec les besoins et les spécificités de nos clients. Nous tenons vraiment à ce que l’ensemble de nos services soient sur mesure. Au sein de la même filiale, nous avons par la suite développé la partie accueil événementiel. Notre force est de fournir des prestations d’hôtes et d’hôtesses d’accueil encadrés, briefés, formés et identifiables grâce au port d’un uniforme. Nos clients peuvent faire appel à nous pour tout type de manifestation que ce soit un événement sportif, une soirée, une foire, un congrès ou un colloque dans le cas du SECEM, par exemple. Notre personnel est formé pour adapter la communication et la gestion des situations de manière différenciée selon le profil des visiteurs (VIP, Institutionnels, délégations de pays, grand public…). Ces spécificités sont toujours évaluées et appliquées selon les besoins du client. Groupe ETIC, un prestataire de services Spécialisé dans : L’accueil en entreprise L'accueil événementiel Le conseil et la formation La sécurité Les centres d’appels www.etic-groupe.com [email protected] 6, rue Anne Gacon 13016 Marseille Géographiquement, cette activité s’exerce sur Marseille, Paris, Montpellier et Nice. Nous sommes également en train de nous développer sur Lyon. Par ailleurs, il est important de souligner qu’un autre métier est en train de faire sa place à l’intérieur de cette filiale, ETIC Accueil. C’est le métier de la conciergerie d’entreprise en pleine expansion actuellement. Dans le cadre des services en matière d’accueil et de sécurité, nous avons mis en place un organisme de formation interne : ETIC Conseil. L’objectif premier était de former l’ensemble de notre personnel : les hôtes et hôtesses d’accueil ainsi que les agents de sécurité et de sûreté. Puis, les obligations en entreprise ayant évoluées en matière d’initiation aux risques incendie, nos formateurs se déplacent à présent chez nos clients SECEM Magazine Juin 2015 Page 6 clients pour réaliser des formations sur la prévention des risques incendie (exercices d’évacuation, guide-file / serrefile, manipulation d’extincteurs, sauveteur secouriste du travail…). Au sein de la filiale ETIC Conseil, nos experts réalisent également des prestations de conseil et de coordination incendie. Ils préparent notamment un bâtiment au passage de la Commission de sécurité par exemple. De ce fait, nos formateurs sont très mobiles et se déplacent sur l’ensemble du territoire national. Enfin, notre dernière activité est née en 2006. Il s’agit du centre de relation client : Alta ETIC. C’est une plateforme téléphonique divisée en plusieurs pôles d’expertise. Elle est basée sur Marseille mais, nous travaillons avec des entreprises réparties sur toute la France. Le premier s’adresse aux bailleurs sociaux : nous centralisons l’ensemble des appels des locataires et traitons leurs réclamations. Le second est le pôle standard déporté : nous réceptionnons les appels de différentes entreprises puis transférons ces appels aux personnes demandées ou leur adressons des messages. Le troisième est le pôle santé : nous travaillons pour des mutuelles et nous sommes donc en contact avec leurs adhérents pour les renseigner sur leurs dossiers. Le denier pôle est plus technique, notamment en ce qui concerne le secteur bancaire au travers de toute la gestion des tickets d’incidents et problèmes techniques au niveau des agences bancaires. En quelques mots, quelles sont les valeurs représentatives du Groupe ETIC ? Une organisation stricte officialisée par des certifications et une ambiance de travail décontractée, une manière de vivre et de vendre le « travailler sérieusement sans se prendre au sérieux » qui s’exporte et se diversifie Villa Méditerranée à Marseille Answer Sécurité et le Groupe ETIC, deux soutiens à l’organisation du colloque SECEM du 18 juin dernier. Hôtesses d’accueil du Groupe ETIC le jour du colloque Agents de sécurité Answer le jour du colloque (à gauche et à droite) SECEM Magazine Juin 2015 Page 7 PORTRAIT D’ENTREPRISE BEWEIS La traçabilité sécurisée ! Spécialisée dans la technologie RFID www.beweisrfid.fr Insérer une clé pour démarrer un véhicule, badger pour accéder à un bâtiment ou une salle. Nous utilisons, sans en être toujours conscient, des technologies de capture automatique de données basées sur les ondes et rayonnements radiofréquence. Et si tout citoyen lambda les utilise quotidiennement de manière naturelle, les entreprises, elles aussi, sont de plus en plus tentées de se tourner vers cette technologie. Mais alors qu’est-ce que vraiment la technologie RFID ? Pour le comprendre plus simplement, Jacky CATONIO, l’un des actionnaires et dirigeants de la Société Beweis, nous en donne sa définition : « La Technologie RFID se base sur des puces électroniques que nous mettons dans des objets ou des matériaux. Celles-ci ont une faculté de mémoire où sont intégrées des informations pour assurer la traçabilité ». La Société Beweis est née en 2007 à l’initiative de trois créateurs issus de milieux différents : l’industrialisation des systèmes d’informations, l’encodage informatique et le milieu industriel représenté par Jacky CATONIO qui a accepté de nous présenter la Société Beweis pour le SECEM Magazine. C’est une entreprise spécialisée dans la fourniture de produits et de systèmes de traçabilité sécurisée basés sur la technologie RFID. Elle propose des services de création de logiciels ayant la capacité de discuter avec des puces RFID et des logiciels de traçabilité sécurisés soit pour des process, soit pour les objets à haute valeur ajoutée. Ses produits sont utilisés dans le cadre de suivi de documents sensibles, de suivi de produits médicaux, de sécurisation, de contrôles qualité, de procédés de fabrication et pour lutter efficacement contre toute tentative de contrefaçon. Parmi les nombreux secteurs d’activité qui lui font confiance, on retrouve le nucléaire, l’aéronautique, la défense. Pour ne citer qu’un de ses nombreux services aux entreprises, elle distribue notamment une solution rendant impossible la contrefaçon des radios de contrôle des soudures dans les industries nucléaires ou pétrochimiques. Ses nombreux brevets déposés lui ont permis de confirmer sa place sur le territoire national et de s’ouvrir petit à petit à l’international : « On travaille particulièrement en France mais, il est vrai que nous avons désormais une réelle stratégie à l’international. On a tout récemment fait le choix d’approcher deux pays spécifiques à savoir l’Angleterre et l’Allemagne ». Ainsi, sa capacité à développer des solutions sur mesure pour chacun de ses clients la place comme une société innovante et dynamique. Et Jacky CATONIO le confirme « On doit en permanence innover pour développer des solutions sur mesure. C’est ce qui fait notre force ». S’il est clair que la RFID est une technologie d’avenir, la Société Beweis, elle aussi, compte de beaux jours devant elle SECEM Magazine Juin 2015 Page 8 INTERVIEW Sébastien LECOMTE Président de PACWAN Parlez-moi de l’historique de la société et des nombreuses premières technologies pour lesquelles PacWan est à l’origine ? Le nom « PacWan» est une entité qui existe depuis 1995. Entre 1995 et fin 2010, un certain nombre d’événements se sont produits autour de cette entreprise et en particulier de nombreuses fusion-acquisition, rachat et relance de l’activité sous le nom de PacWan. Sur tout ce parcours, PacWan a été historiquement le premier fournisseur provincial d’accès internet. En 2003, PacWan est relancé par trois salariés et par la Société B3G Télécoms à 50%. La société est devenue le premier fournisseur de téléphonie sur IP en mode Centrex sous forme d’abonnements individuels en incluant toutes les communications illimitées vers des postes fixes nationaux. Ce fut totalement innovant en matière de marketing. Durant ces quinze dernières années, PacWan a rejoint plusieurs groupes de taille importante (PSInet et B3G/Completel/Numéricable). Mais Stéphane Robert et moi-même avons décidé de racheter le fonds de commerce PacWan. Nous avions la certitude que l’agence aixoise serait amenée à disparaître et nous avions l’ambition de créer nous-mêmes une activité. Nous avons fait le choix de garder la marque PacWan puisque, l’image de marque de la société a toujours été très bonne. Au 1er Janvier 2011, la société a repris sa complète indépendance, qui lui permet de se redévelopper avec un maximum de flexibilité et d’afficher à nouveau ses valeurs de toujours. 19, Parc du Golf - BP 20114 13793 Aix-en-Provence Cedex 3 0 805 09 2000 / 04 42 97 98 99 www.pacwan.fr C’est une société qui, tout en gardant la réalité de son passé, regarde plutôt vers l’avenir. Si je parle maintenant de PacWan depuis notre rachat, je vous dirai que fin 2014, c’est plus de 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires avec une couverture régionale et nationale et une progression annuelle de 50 à 60 %. Pouvez-vous nous décrire et nous présenter les gammes de service que vous proposez ? Nous intervenons sur quatre univers différents de prestations. L’univers prioritaire, notre cœur de métier, est la fourniture de liens internet, de gestion de réseaux et de couverture internet pour les entreprises. Pour cette activité, nous sommes un opérateur de service et un opérateur télécom. Nous produisons nous-mêmes nos services. En termes de couverture réseau, nous sommes présents sur Marseille, Aix en Provence, Paris, Montpellier et Nantes. Vous allez évidemment me dire pourquoi Nantes ? Cela s’explique par le fait que nous avons un client historique dans cette ville depuis 2004 dont, les demandes en la matière étaient nombreuses. Au niveau de la partie infrastructure, nous sommes tributaires de la division d’opérateur Orange et nous avons créé des partenariats avec les entreprises, les communautés d’agglomération ou départements qui gèrent les délégations de service public sur le territoire national. A côté de cela, nous avons également décidé d’investir dans notre propre infrastructure. Nous avons entrepris pour garder la notion de proximité de tirer notre propre fibre optique dans la zone géographique de notre siège social à Aix en Provence. Nous y avons raccordé de nombreuses entreprises car, il y avait un réel besoin de leur part. Tout récemment, nous avons installé la fibre optique dans toute la zone d’activité Athélia à La Ciotat. De nombreuses entreprises de cette zone d’activité souhaitaient pouvoir obtenir des débits accessibles par la fibre optique mais, pour des raisons budgétaires, n’avaient pas encore sauté le pas. Nous remarquons depuis 2013 une très forte évolution par rapport aux orientations des besoins des entreprises. Elles externalisent désormais un certain nombre de services dans le Cloud par exemple. De ce fait, elles ont besoin d’augmenter leur débit symétrique. C’est pourquoi, de plus en plus d’entreprises ont décidé d’intégrer des solutions de fibre optique dans leurs installations. Aujourd’hui, des petites voire très petites entreprises investissent et ce n’était pas le cas auparavant. Un autre grand point de notre activité est la sécurité. Nous prenons en charge toute la partie sécurisation des données et des réseaux de nos clients. Pour cette partie, nous intervenons en complément de l’installation et de la mise à disposition d’un boitier de sécurité. Nous effectuons une analyse précise du client au niveau de son audit de sécurité et nous prenons en charge toute la partie paramétrage, maintenance et suivi du boitier. Enfin, nous gérons l’externalisation des sauvegardes et plans de relance d’activité. Cela nous est très demandé actuellement. Nous proposons donc pour cela deux solutions d’hébergement. SECEM Magazine Juin 2015 Page 9 La première, c’est la mise à disposition d’un espace de stockage dans notre salle d’hébergement qui n’est pas un Datacenter mais qui peut suffire à certains de nos clients selon la criticité des besoins à un tarif moindre. La seconde possibilité, c’est la mise à disposition d’un espace de stockage dans un des Datacenter avec lesquels nous sommes partenaires. Etre un Datacenter, à proprement parler, n’est pas un objectif pour nous. C’est donc pour cela que nous collaborons avec eux et notamment TDF ProxiCenter installé à Aix en Provence. Vos services sont-ils faits sur mesure pour coller au mieux à la demande du client ? Je vous le rappelle, PacWan est un opérateur de proximité. Nous nous présentons vraiment comme un opérateur alternatif aux géants les plus connus. Nous cultivons cette proximité au travers de notre démarche de prospection régionale avant tout. Mais je dirai que ce qui fait notre différence réside dans les trois valeurs que nous défendons depuis des années maintenant : Flexibilité, Réactivité et Proximité. Nous savons être flexibles car, pour répondre à votre question, nous modulons souvent voire nous créons un service en fonction du besoin et de la demande spécifique du client. Nous répondons donc à des besoins spécifiques sans être focalisés sur un catalogue produit limité. Bien au contraire ! Comment vous démarquez-vous de la forte concurrence qui se joue sur ce marché ? Je pense que les tarifs ne sont pas les seuls acteurs de différenciation aujourd’hui. Globalement, nous sommes tous à peu près équivalent. Il ne faut pas se voiler la face. Pour PacWan, il est vrai que le déploiement de notre propre infrastructure nous supprime un lourd coût lié à l’abonnement. Notre latitude de positionnement est donc conçue selon cette souplesse tarifaire. C’est tout de même un réel avantage que nous avons. Néanmoins, cela ne fait pas tout. Sur l’ensemble de l’historique de PacWan, nous n’avons pratiquement eu aucune résiliation. Cette capacité à garder nos clients fidèles est liée à notre faculté de réactivité, de flexibilité et de proximité dont je parlais tout à l’heure. Mais aussi de transparence et de confiance ! Nous voulons proposer un tarif préférentiel et un produit de qualité à nos clients tout en les accompagnant de manière personnalisée. Cela nous permet de réagir le plus vite possible face à un éventuel dysfonctionnement ou un besoin particulier. Vous parliez du Cloud tout à l’heure. Cela effraie beaucoup d’entreprises aujourd’hui notamment visà-vis du risque d’espionnage industriel qui fait tant polémique et débat en ce moment. Qu’en pensezvous ? Aujourd’hui, les entreprises françaises peuvent être effrayées par l’utilisation du Cloud. Néanmoins, je pose un constat frappant et c’est là que j’attire toute votre attention. Comment les entreprises peuvent-elles savoir si leurs collaborateurs utilisent le Cloud si rien n’est mis en place en matière de contrôle et de sécurisation ? Selon le dernier rapport Ipsos Navista portant sur la sécurité économique des entreprises, 93 % des sociétés sont équipées d’un accès internet. Jusque-là rien d’étonnant, me direz-vous ! Mais sur les 93 % en question, 82 % permettent un accès illimité à Internet à l’ensemble des collaborateurs. 9 entreprises sur 10 n’ont donc pas de système de protection et de contrôle mis en place. Pour en revenir au Cloud, beaucoup de chefs d’entreprises peuvent avoir peur de certaines fonctionnalités sans pour autant être sûrs que cellesci soient abolies dans son entreprise. Je pense que pour éviter cela, il faudrait commencer par mettre en place une charte d’utilisation en entreprise. Cela permettrait d’expliquer aux collaborateurs comment les données de l’entreprise doivent être utilisées. Un chef d’entreprise peut également mettre en place des outils pour sécuriser les espaces internet mis à disposition des collaborateurs ou tout du moins surveiller et contrôler ce qui est proposé. Le Cloud peut effrayer certains chefs d’entreprise, je le conçois. Néanmoins, bon nombre de propositions de type Cloud sont disponibles aujourd’hui pour lesquelles on peut avoir une réelle visibilité sur les données stockées. Cela je vous le certifie ! SECEM Magazine Juin 2015 Page 10 Sécurité des entreprises Faites-vous accompagner Anticiper et réduire les risques de votre entreprise Aesatis, société de conseil spécialisée dans la sécurité et la sûreté des entreprises, vous accompagne pour préserver et pérenniser la compétitivité de votre activité, à travers des prestations sur mesure destinées à anticiper, parer et contrer les risques qui la menace. AESATIS propose prochainement deux rendez-vous gratuits destinés à sensibiliser les professionnels sur les risques menaçant les entreprises et sur les moyens qui existent pour s’en prémunir. Des rendez-vous interactifs pour échanger avec un expert AESATIS en protection des entreprises et en intelligence économique. Événements gratuits sur inscription (limité à 20 places par matinée) Réservés aux professionnels JE UDI 17 SE PTE M B RE 2015 9H30 À 12H00 I NI TI ATI ON À L’I NTE LLI GE NCE E CONOMI QUE Toute entreprise, quelque soit sa taille ou son secteur d’activité, doit mettre en œuvre des mesures pour se développer, soutenir sa compétitivité et la protéger. Ainsi, l’IE est un outil transversal pour affronter la compétition multiforme d’aujourd’hui. Lieu de matinées de sensibilisation Club du Vieux Port – 3, place aux Huiles 13001 Marseille Inscription par mail à l’adresse ci-dessous M ARDI 13 OCTOB RE 2015 9H30 À 12H00 EVALUER ET MAÎTRISER SES RISQUES Une gestion optimale des risques passe par une étude détaillée des vulnérabilités et de l’environnement de l’entreprise. Cela permet de mettre en place des solutions techniques et organisationnelles adaptées. SECEM Magazine 79 bis, avenue de l’Europe 13127 VITROLLES 04 42 46 20 88 [email protected] www.aesatis.com Juin 2015 Page 11 DOSSIER MEDITERRANEE 13 France – Maghreb, pour des relations bilatérales durables 14 La prévention du risque à l’international 17 Relation de développement entre la Tunisie et la France 20 Le bassin méditerranéen à l’épreuve des immigrations clandestines 21 Appui pour une implantation au sud de la Méditerranée 23 Cas d’une grande enseigne de distribution implantée en Tunisie 26 Destimed – L’info des deux rives 28 L’Avocat, un rôle de conseil et d'accompagnement 30 La coopération en Méditerranée Claire HANASTASIOU Jean-Pierre FERRO - Président d’Amarante Amérique Latine & Péninsule Ibérique Abdallah MELLITI - Président de l’A.D.R.E.C Marseille Tunisie Claire HANASTASIOU Jean-Daniel BERNIER - Président de la Commission Internationale de CCI international PACA Habib CHAOUACHI - Directeur central hygiène sécurité du Groupe Auchan en Tunisie Michel CAIRE - Rédacteur en Chef de Destimed Zahir DJAHNINE - Avocat Pierre-André MASSIS - Délégué Général de l’OCEMO SECEM Magazine Juin 2015 Page 12 DOSSIER MEDITERRANEE France – Maghreb pour des relations bilatérales durables. La Méditerranée représente une zone stratégique dans la mondialisation des échanges. Son positionnement géographique la place comme le carrefour stratégique en matière de commerce et de développement. Historiquement, la France a toujours eu une relation privilégiée avec les pays africains et méditerranéens. Elle possède le leadership économique en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Mais pendant combien de temps gardera-t-elle encore cette position ? En 2015, près de 2 000 entreprises françaises sont implantées au Maghreb y compris des grands groupes du CAC 40. Prenons le cas concret du Maroc. Les échanges commerciaux entre ce pays et la France s’élèvent à plus de huit milliards d’euros. La France est donc un acteur majeur de l’économie du Maroc dans des secteurs d’activité variés. Pourtant, la France perd du terrain. Depuis quelques années, les parts de marché dans ces pays-là sont en pleine érosion même si, la France reste toujours le premier fournisseur au Maghreb. La crise économique, la concurrence internationale, les révolutions du Printemps arabe, la menace terroriste, la faiblesse des PME à l’export affaiblissent considérablement ces relations bilatérales en matière de commerce notamment. Renouveler les formes de ce partenariat et le penser autrement pour le renforcer et le pérenniser est donc nécessaire aujourd’hui. C’est tout l’intérêt de mettre en place un « partenariat gagnant-gagnant » au travers par exemple d’un système de coproduction. Les pays de la rive sud de la Méditerranée présentent des avantages sur lesquels les entreprises françaises peuvent aussi s’appuyer. Cela comporte de nombreux avantages comme la création d’emplois, l’augmentation du chiffre d’affaires, le transfert de compétences et de savoir-faire, le gain de compétitivité… Le Groupe Renault, Safran, et bientôt PSA Peugeot Citroën en ont fait l’expérience et leur réussite n’est plus à prouver. Et pourtant, en dépit de tout cela, le Maghreb occupe toujours une place secondaire dans la polarisation de l’économie mondialisée. Pour pouvoir restaurer une coopération Nord / Sud efficace et productive, il est nécessaire de sensibiliser les entreprises françaises aux avantages et aux opportunités qu’offrent ces pays. Pour conserver cette place de leader dans les pays du Sud, il faut aussi investir plus qu’auparavant dans ces pays du pourtour de la Méditerranée. Une vraie réflexion stratégique doit être prise en compte par les chefs d’entreprise français concernant cette question d’implantation en Méditerranée. Mais bien évidemment, pour attirer les entreprises étrangères il faut également leur garantir une certaine sécurité. En effet, la Méditerranée est une zone de développement, accessible pour qui contrôlent ses risques. Non pas que celle-ci soit un endroit géographique plus risqué qu’un autre, mais une implantation implique fortement l’image et la compétitivité d’une entreprise. De plus, dans le contexte géopolitique et économique international, la sûreté des entreprises où qu’elles se trouvent est un enjeu et un impératif majeur. C’est pourquoi cette coopération est aussi axée sur les questions de sécurité Claire HANASTASIOU SECEM Magazine Juin 2015 Page 13 DOSSIER MEDITERRANNEE La prévention du risque à l’international Quel a été votre formation et votre parcours professionnel avant d’être à votre poste actuel ? Ancien élève de l’Ecole Supérieure des Officiers de la Police Nationale et diplômé de l’INHESJ (Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice), j’ai effectué ma carrière au sein de la Brigade de Recherche et d’Intervention de la Police Judiciaire, la « Brigade Antigang » de Paris, où j’ai participé à la lutte contre le grand banditisme dans les années 80-90. Rencontre avec Jean-Pierre FERRO Président d’Amarante Amérique Latine & Péninsule Ibérique, filiale d’Amarante International Après avoir commandé les groupes opérationnels à la Section Opérationnelle et Recherches Spécialisées (Lutte contre ETA) à Paris entre 1993 et 1999, j’ai été nommé à Madrid, auprès du Secrétariat d’Etat espagnol à la sécurité, pour le compte de l’Unité de Coordination de la Lutte Anti-terroriste (UCLAT). J’ai notamment participé à la mise en place des premières équipes communes d’enquêtes européennes. D’octobre 2002 à juin 2005, j’ai été chargé de diriger l’antenne anti-drogue de l’OCTRIS basée en Colombie, compétente sur tous les pays d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. J’ai opéré en priorité contre le trafic de drogue, le crime organisé, le kidnapping et la fausse monnaie, en relation avec Interpol, Europol, Eurojust, mais aussi la DEA, la CIA et le Secret Service. Actuellement, je suis le Président d’Amarante Amérique Latine & Péninsule Ibérique, filiale d’Amarante International. Dans le cadre de cette fonction, je suis donc amené à échanger régulièrement avec de nombreux dirigeants de sociétés du CAC 40 et de l’IBEX espagnol afin d’élaborer les stratégies nécessaires à leur développement dans des zones à sécurité dégradée. Quelle est l’histoire de la Société Amarante ? La Société AMARANTE est née en 2007. Alexandre HOLLANDER et PierreAntoine LORENZI en sont les fondateurs et les actionnaires historiques. Très vite, elle a pris une place importante sur le marché de la sécurité, de la sûreté et de la prévention du risque à l’international. Je pense que cette rapide ascension est due à la qualité des experts qui l’ont composée au départ. Il y avait là, en effet, de nombreux membres des forces de sécurité de l’état, mais également des experts venus d’autres horizons. De par nos spécialités personnelles et adaptées au monde de l’entreprise, nous avons, je pense, séduit nombre de grandes entreprises et certains organismes d’état. Dans quels pays opère Amarante ? A partir de ses 20 filiales ou régions, à travers aussi des missions ponctuelles, Amarante opère aujourd’hui dans le monde entier. En Afrique, (Nigeria, Congo, Angola, Sénégal, Tchad…) au Moyen Orient (Algérie, Liban, Irak, Golfe…) en Russie et dans les pays Baltes, en France et en Espagne et bien sûr en Amérique Latine où nous avons une couverture très forte (Venezuela, Colombie, Brésil, Chili, Pérou, Panama, Mexique...). SECEM Magazine Juin 2015 Page 14 DOSSIER MEDITERRANNEE Quelle est votre expertise ? Notre expertise porte sur tout ce qui attrait à la protection des entreprises dans les zones à sécurité dégradée mais aussi à celle des technologies et des systèmes de communication dans des secteurs à risques. Toute notre expertise et nos compétences pourraient s’orienter autour de la question suivante : « Comment une entreprise peut-elle protéger à la fois son personnel, son image, ses actifs, ses matériels, tout en essayant de mener à bien un projet d’envergure dans un pays à risques avec les difficultés sociales, locales et les dangers qui l’entourent ? » Nous essayons vraiment d’abriter l’entreprise sous une sorte de parapluie de protection et de sûreté. Cela passe en amont par la rédaction de procédures puis ensuite, par la mise en place de prestations adaptées à la situation de sûreté de la zone. La sûreté, c’est essentiellement l’anticipation. Un autre aspect des services d’Amarante, c’est la formation. Certains états font appel à nous pour former certaines de leurs unités. Vous savez qu’aujourd’hui, les relations bilatérales sont de plus en plus difficiles à établir, les pays rechignent à envoyer leurs formateurs par les temps qui courent. Donc aujourd’hui, les états font davantage appel à des sociétés privées pour former leurs unités. De ce fait, nos experts forment certaines forces de sécurité concernant, par exemple, leur capacité de recrutement ou leur encadrement opérationnel. Nous accompagnons aussi les grandes compagnies aériennes dans les pays où c’est nécessaire sur toute la partie contrôle documentaire et filtrage. Vous voyez bien la sensibilité aujourd’hui des filtres et des bagages. C’est le cas d’Air France que nous assistons dans plusieurs pays (Brésil, Venezuela, Algérie, Liban, Tchad, Nigéria). C’est un volet sensible et très demandé actuellement. Nous avons donc acquis une vraie expérience et expertise sur la sécurité aéroportuaire. Enfin, nous protégeons aussi les entreprises dans la lutte contre la cybercriminalité. Cette cellule est capable de déceler les intrusions, d’établir les protocoles en matière de sécurisation des informations de l’entreprise et capable d’anticiper une attaque sur un réseau d’informations d’entreprise. A qui ces prestations sont-elles destinées ? Elles sont destinées aux entreprises et plus précisément aux grands groupes mais aussi aux PME, généralement de taille importante. Nous mettons en place également des solutions gouvernementales. Dans ce cas, ce sont des solutions mixtes, ce n’est plus de la sécurité privée. Comment intégrez-vous la dimension de l’éthique au sein de ces prestations? La Société Amarante est une société qui dispose pour certaines de ses prestations (on pense au domaine spatial) de la classification « confidentiel défense ». Comment conserver la confiance des entreprises dans des secteurs souvent sensibles et confidentiels sans manier l’éthique dans notre profession et notre manière de travailler ? Cela serait totalement anachronique. L’éthique est donc consubstantielle à notre activité. Nous ne pouvons pas vendre des solutions de sécurité sans appliquer un minimum de règles dont, l’absence nous serait immédiatement reprochée. Nous travaillons dans des pays sensibles où les droits de l’Homme ne sont, parfois, pas respectés et où la violence est très élevée. Dans ces contextes difficiles, nous sommes obligés d’installer un cadre moral et éthique extrêmement précis. Nous adressons de manière régulière des notes en ce sens à tous nos cadres. Drogue, crime organisé, kidnapping, fausse monnaie… De par votre expérience pouvez-vous dire que ces menaces touchent aussi l’entreprise ? Oui, bien sûr ! Cela les touchent forcément. Dans les pays d’Amérique latine où le transport de drogue est important, si une entreprise n’est pas préparée à anticiper les questions de contamination des conteneurs, par exemple, alors il y a un risque. On a connu des entreprises qui avaient ce type de problème. SECEM Magazine Juin 2015 Page 15 DOSSIER MEDITERRANNEE Elles ont perdu toute crédibilité et pourtant, elles n’y étaient pour rien. Concernant le problème de la drogue, nous sommes très en alerte sur ce sujet sur le continent sud-américain. Pour le crime organisé, c’est aussi très actuel. Vous savez que de plus en plus, et de manière inconsciente, les entreprises attirent le crime organisé. Celui-ci est très désireux de s’infiltrer dans l’honorabilité d’une entreprise pour blanchir sa réputation et son argent. Nous y sommes très attentifs. Le monde bancaire lutte aujourd’hui contre les flux non identifiés. Nous aidons donc aussi les entreprises et les banques à vérifier le circuit de l’argent. Un autre risque bien présent en Amérique latine est le kidnapping. Il peut être d’origine politique ou d’origine crapuleuse. Nous aidons nos clients, confrontés à ce problème, à gérer au mieux ce type de difficulté. Nous disposons pour cela de nos propres négociateurs. Ces enlèvements ou kidnapping sont très dangereux car, les choses peuvent s’envenimer très rapidement en fonction des réactions des uns et des autres. Elles supposent donc de notre part, une réponse immédiate dès que nous sommes informés et la mise en place le plus tôt possible de nos négociateurs. Pensez-vous que le terrorisme soit la principale menace pour les pays européens à l’heure actuelle ? C’est, si je puis dire, notre souci numéro 1. Mais le terrorisme en Amérique Latine n’est pas, par exemple, de la même nature qu’en Europe ou au Moyen Orient. En Amérique latine, le terrorisme est lié aux questions de drogue et de contrôle de territoires par les guérillas ou le narcotrafic. Le terrorisme, tel que vous le connaissez, nous y sommes confrontés dans les pays du Moyen Orient où nous travaillons actuellement. Prenons le cas de la Libye, pays en déliquescence complète. Les entreprises ont des demandes ponctuelles et claires pour y aller. Or, le fléau de l’Etat Islamique touche les entreprises aussi bien que les personnes. Pour les personnes, cela représente le risque d’enlèvement et de trafic d’êtres humains par le kidnapping. Pour les entreprises, c’est l’empêchement d’opérer. La Libye qui tire 90 % de ses ressources de sa production pétrolière est totalement bloquée à l’heure actuelle. On se retrouve donc avec des sociétés pétrolières ayant investies énormément d’argent et qui ne peuvent plus opérer. Vous dialoguez régulièrement avec de nombreux dirigeants d’entreprise et notamment de grands groupes. Pensez-vous qu’ils soient suffisamment sensibilisés aux risques à l’international et aux risques pays ? Cela dépend, il y a plusieurs niveaux. Il y a des sociétés internationales qui n’ont aucune culture de la sûreté et qui n’ont donc pas pris en compte, ou très peu, l’impact sécurité dans leur activité. Il y a des sociétés extrêmement sensibilisées qui prennent toutes les dispositions nécessaires en matière de sécurité et de sûreté. Puis, il y a celles qui se situent entre les deux attitudes. Elles gèrent la sûreté au coup par coup, pour des raisons de culture, de budget ou parfois de méconnaissance du risque. D’une manière générale, progressivement les grands groupes deviennent suffisamment raisonnables et intègrent le facteur risque dans leur fonctionnement. Il en va de leur image, de leur économie et parfois de la survie de leur entreprise. De fait tous, ou presque, ont maintenant intégré ou créé une direction de la sûreté positionnée au plus haut niveau de l’organigramme. La difficulté réside encore au sein des petites et grosses PME. C’est souvent une question d’organisation et d’information. Les PME et les ETI, ne pensent pas avoir la structuration nécessaire, l’approche et parfois le budget pour anticiper les questions de sûreté. Il y a là un gros travail pédagogique auquel, Amarante commence à s’attaquer : convaincre les PME et ETI que le poste sûreté est un investissement comme les autres. Actuellement, la crise aidant, les PME sont bien souvent obligées de se projeter à l’international. C’est un enjeu capital pour elles de pouvoir le faire en toute sécurité. Mais faut-il vraiment avoir un gros budget pour se sécuriser ? Je ne suis pas d’accord avec l’idée que se sécuriser coûte cher. La conscience du risque, elle, ne coûte rien. Nous pouvons faire beaucoup de choses en matière de sûreté avec des budgets souvent faibles. Sensibiliser les voyageurs de l’entreprise avant le départ, réaliser un Plan Général de Sûreté, un Plan de Continuité, un audit, sont des choses très peu chères, mais qui peuvent planter le cadre d’une Politique Générale de Sûreté. Prévenir coûte toujours bien moins cher que guérir SECEM Magazine Juin 2015 Page 16 DOSSIER MEDITERRANNEE Relation de développement entre la Tunisie et la France En quelle année a été créé l’A.D.R.E.C Marseille-Tunisie et dans quel contexte ? L’Association pour le Développement des Relations Economiques et Culturelles (A.D.R.E.C) Marseille Tunisie a été créée le 21 avril 2011 à la suite de la « Révolution du Jasmin » ayant eu lieu le 14 janvier 2011 et qui a provoqué la chute du dictateur Ben Ali. Elle compte aujourd’hui plus de 200 adhérents. Quel est son rôle et ses missions ? Rencontre avec Abdallah MELLITI Président de l’A.D.R.E.C Marseille Tunisie www.adrec-marseille-tunisie.kazeo.com L’A.D.R.E.C a plusieurs missions que sont l’encadrement de la communauté tunisienne dans le sud de la France, la promotion des relations économiques, culturelles, touristiques, sportives et de la solidarité entre la région du grand Marseille et la Tunisie. Elle a également à charge de promouvoir la ville de Marseille, riche de 2 600 ans d’histoire tout comme ce petit pays qu’est la Tunisie, riche lui aussi de plus de 3 000 ans d’histoire. Organisation de manifestations économiques, développement de projets, actions de médiation… Les domaines d’action de l’A.D.R.E.C sont très riches et diversifiés. Pouvez-vous nous donner un cas de réussite de projet dont vous êtes particulièrement fier ? Les manifestations culturelles sont nos actions principales. Nous avons également un volet économique qui a pour objectif d’augmenter les investissements extérieurs en Tunisie. Vous savez que la Tunisie a plus que jamais besoin de cela en ce moment. C’est pourquoi, nous accompagnons les projets pour la Tunisie. Pour revenir à nos actions, la manifestation dont nous sommes fiers au demeurant est l’événement « Tunisie en Provence ». Il a lieu tous les ans au mois de novembre depuis son lancement en 2011. Le rendez-vous « Tunisie en Provence » est organisé en collaboration avec la ville de Marseille, le Consulat Général de Tunisie à Marseille, le Ministère de la Culture en Tunisie, Tunisair Marseille et l’office tunisien du tourisme. Cette manifestation s’enrichit d’années en années. Nous avons pour souhait de faire jaillir les traditions, us et coutumes. Nous voulons avoir une empreinte méditerranéenne et pas seulement tunisienne. Notez qu’elle rassemble déjà plus de 200 à 300 personnes chaque année. Cette année, c’est une manifestation particulière pour nous, puisqu’elle est marquée par l’adoption d’une nouvelle Constitution donnant naissance à la 2ème République et l’instauration d’une démocratie ce qui est pour ainsi dire une première dans le monde arabe. Nous organisons donc une « Tunisie en Provence » remarquable. Vous verrez en temps voulu le résultat. Les notions d’éthique et de solidarité sont transparentes au sein de vos missions. Quelles sont les autres valeurs importantes partagées au sein de l’A.D.R.E.C ? Depuis sa création, l’A.D.R.E.C n’a pas cessé de rassembler et réunir la communauté tunisienne. Vous savez, il y a un nombre non négligeable d’associations franco-tunisiennes très dynamiques et actives dans la communauté internationale. SECEM Magazine Juin 2015 Page 17 DOSSIER MEDITERRANNEE Néanmoins, je les trouvais éparpillées voyez-vous. Nous avons donc créé un collectif d’associations francotunisiennes. Aujourd’hui, nous comptons une fourchette d’une quinzaine d’associations dont, le but est de créer une véritable diaspora, de mutualiser nos manifestations et d’enrichir nos activités. Donc, pour revenir à nos valeurs, je dirai que ce sont tout simplement les valeurs de la République à savoir l’encadrement de la famille, de l’enfance, de la jeunesse. C’est notre part de responsabilité pour favoriser leur intégration, leur inculquer à travers nos activités les valeurs de la République. Au sein de l’A.D.R.E.C, nous comptons hommes et femmes de tous secteurs d’activité et de toutes catégories socioprofessionnelles. Beaucoup apportent leurs concours et leurs compétences afin de faire barrage à la délinquance, à l’échec scolaire et aux multiples conflits sociaux de tout genre. L’ADREC souhaite également apporter son soutien aux familles immigrées et les aider à mieux appréhender le concept d’intégration et d’insertion. Au travers de nos actions, nous voulons véhiculer les vraies valeurs de la République à savoir Amour et Solidarité. Telle est la devise de l’A.D.R.E.C. Le SECEM souhaite mettre en valeur la nécessité d’un partenariat public privé. Pensez-vous qu’un tel partenariat permettra d’augmenter le flux d’échanges entre la France et les pays du bassin Méditerranéen ? Vous savez, j’ai eu la chance de passer une grande partie de ma vie ici à Marseille. Cela fait maintenant 45 ans que je suis en France. Je ne manque pas les grandes œuvres que ce soit en France ou en Tunisie qui ont pour but de renforcer le positionnement de la France et de la Tunisie comme un carrefour économique en Méditerranée. Pour moi, il est évident qu’un partenariat public-privé augmenterait les échanges entre nos pays et d’une manière générale entre les pays du pourtour méditerranéen. La reconnaissance d’une croissance commune est très importante pour nous. Un partenariat « gagnant-gagnant » favoriserait les échanges et cela malgré les problèmes politiques et les menaces apparentes. Pour moi, ces entreprises construisent la Méditerranée du 21e siècle et continuent d’avancer ensemble. Dans le sud de la France, on reconnait déjà que les pays du Sud sont extrêmement présents dans la stratégie des entreprises françaises. Il y a une réelle volonté d’aller chercher un marché de proximité notamment au Maghreb. Les entreprises françaises préfèrent aller dans les pays du Maghreb plutôt qu’en Chine ou en Russie, cela va de soi. Autre chose, il faut que les entreprises publiques embarquent avec elles les PME et TPE dans une logique de marché. Malgré les bouleversements géostratégiques, il faut que les relations d’affaires continuent de se tisser et de se renforcer. A mon sens, il faudrait adopter un nouveau partenariat public-privé qui répondrait aux nouvelles normes de progrès et de développement et qui soutiendrait les métiers d’avenir notamment en faveur de nos jeunes dans les deux rives de la Méditerranée. La France reste en 2013 le premier partenaire commercial de la Tunisie, avec un volume total d’échanges d’environ 7,46 Mds €. Que pensez-vous de ce chiffre ? C’est exact et je vais même vous dire mieux. Concrètement, la Tunisie réalise 80 % de ces échanges commerciaux avec l’Union Européenne et une grande partie, presque les trois quart, avec la France. Le port de Marseille est pour nous le premier port de la Méditerranée. Vous n’avez qu’à voir la présence majoritaire de la flotte commerciale tunisienne dans ce port. La Tunisie est le partenaire commercial privilégié de la région Provence Alpes Côte d’Azur. Au demeurant, la Tunisie est donc le premier partenaire de la France en matière d’échanges commerciaux. L’année 2014 a été symbole d’une relance des échanges commerciaux grâce à la transition politique. La situation de la Tunisie donne de nombreux signes de reprise palpables. On est sur un bon rythme de croisière pour développer les relations commerciales entre la Tunisie et la France. SECEM Magazine Juin 2015 Page 18 DOSSIER MEDITERRANNEE Pour finir, si vous aviez un argument à donner aux entreprises françaises pour les inciter à s’implanter en Tunisie, lequel se serait ? Je crois en mon fort intérieur que les entreprises françaises sont conscientes des atouts de la Tunisie. C’est un petit pays stable, dynamique et compétitif. Le climat d’investissement y est très favorable. Le cadre législatif est propice aux investissements et offre des coûts de production minimes. La Tunisie propose également des tarifs exceptionnellement bas en matière d’énergie. Puis concrètement, c’est très simplement l’avantage de la présence de la langue française en Tunisie. C’est une proximité formidable avec la France, puisqu’aujourd’hui en 1h20 vous êtes en Tunisie par avion. Les chefs d’entreprise sont aidés par les accords bilatéraux en matière d’investissement extérieur. La Caisse Française de Développement est là pour accompagner les entreprises françaises à financer certains projets industriels de joint-ventures. Tout est structuré et encadré. Je pense qu’il y a beaucoup de possibilités favorisant et incitant les entreprises françaises à aller s’installer là-bas. La Tunisie est à seulement 800 kilomètres de Marseille. S’il n’y avait pas la mer, elle serait sa voisine. Il faut développer davantage le contact. Cette proximité est très importante. Nous avons du personnel de plus en plus qualifié notamment dans les domaines de service, des NTIC.... Je finirai par dire que l’A.D.R.E.C demeure à l’écoute de toutes les entreprises qui en ont le besoin pour les accompagner dans cette démarche. Nous travaillons également en ce sens. Je reviens de Tunisie, il y a peu, pour accompagner l’installation d’une entreprise de fibre optique dans la région de Bierte. Outre votre fonction de Président de l’A.D.R.E.C, vous avez également été Responsable économique et culturel au Consulat Général Tunisien à Marseille. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté dans votre fonction actuelle ? J’ai été chargé du poste d’Attaché économique et culturel au sein du Consulat Général de Tunisie pendant deux décennies. Cette expérience m’a permis d’acquérir des connaissances bien sûr mais aussi, des compétences forgées sur le terrain grâce en partie aux accords bilatéraux de coopération décentralisée établis entre la région du Grand Marseille et la Tunisie. Et puis, c’est en quelque sorte, cette expérience qui a fait naître l’Association pour le Développement des Relations Economiques et Culturelles (A.D.R.E.C Marseille-Provence-Tunisie) SECEM Magazine Juin 2015 Page 19 DOSSIER MEDITERRANEE Le bassin méditerranéen à l’épreuve des immigrations clandestines A l’ordre du jour, la question migratoire occupe les medias et bouscule l’opinion publique. Pour de multiples raisons économiques et géopolitiques, l’Union Européenne est devenue le premier continent de l’immigration. En 2014, le taux d’immigration a augmenté de 170 % par rapport à 2013. Selon un récent communiqué publié par l’Agence des Nations Unis, on dénombre plus de 2 500 personnes décédées ou disparues pendant la traversée depuis le début de l’année 2015 et près de 21 344 depuis 2008 selon le site italien Fortness Europe. L’Europe fait donc face à un nouveau défi considérable, d’autant que ces chiffres sont souvent en dessous de la réalité. S’il est facile de dresser des barrages sur les terres, cette initiative s’avère beaucoup moins réalisable en mer. En effet, de par le renforcement des contrôles aux frontières et aux points de passage stratégiques, les espaces maritimes sont devenus les nouveaux lieux de l’immigration clandestine. Hommes et femmes, de classe moyenne, sont de plus en plus intéressés par ces traversées risquées, dangereuses et coûteuses. En 2014, plus de 130 000 migrants sont arrivés sur les côtes méditerranéennes. C’est deux fois plus qu’en 2013. Les passeurs sont de véritables criminels faisant partie de bandes organisées. Ils mènent leurs affaires criminelles au prix de milliers de vies humaines sacrifiées. Ces migrations sont source de criminologie par essence. C’est un des principaux trafics en matière de criminalité dont l’argent « sale » vient impacter le système économique du pays. Aujourd’hui, la Libye est devenue la plateforme tournante de l’immigration. L’Italie notamment avec la région de Lampedusa sous la gouvernance de Berlusconi et la Lybie de Kadhafi avaient conclu un accord interdisant à tout migrant de quitter le territoire libyen. Mais depuis la révolution libyenne et la chute de Kadhafi, ces frontières ne sont plus surveillées et cela permet donc un libre accès aux migrants. Erythrée, Syrie, Mali, Nigeria, Gambie, Somalie, Egypte…Nombre de ces pays sont à l’origine de l’immigration clandestine touchant la Méditerranée. Pour fuir la violence et la pauvreté, ces hommes et femmes sont prêts à mettre leur vie en danger dans des embarcations précaires et délabrées. Absence d’intervention en Syrie, perpétuel guerre interne, force de croissance démographique expliquent et alimentent le flux d’immigrants clandestins. Face à l’urgence de la situation et aux drames liés à l’immigration clandestine, il faut comprendre que le problème est devant nous. Pour essayer d’enrayer ce phénomène, un véritable SOS a été lancé aux chefs d’état et gouvernements internationaux. Les moyens traditionnels utilisés peuvent être renforcés. Mais seul des moyens exceptionnels sont nécessaires pour faire cesser cette tragédie en Méditerranée Claire HANASTASIOU SECEM Magazine Juin 2015 Page 20 DOSSIER MEDITERRANNEE CCI International, un appui aux entreprises pour une implantation au sud de la Méditerranée Quel est le rôle et quelles sont les missions de CCI International PACA pour la Méditerranée ? Jean-Daniel BERNIER De par les liens historiques et la proximité, la zone méditerranée est le terrain de jeux privilégiés des entreprises de la région PACA. En effet, les pays du pourtour méditerranéen absorbent près de 17 % des exportations régionales en 2013. L’enquête export CCI International réalisée en juillet 2014 révèle que 19 % des entreprises du territoire souhaitent exporter vers les pays du Maghreb, 14 % vers l’Italie, 13 % vers l’Espagne. www.cci-international.net Dans ce contexte, les objectifs de CCI International PACA sont de contribuer, avec ses partenaires locaux à faire de la région PACA la « porte d’entrée de la Méditerranée ». Il s’agit de créer des partenariats dans la durée, de favoriser les investissements réciproques et de développer les échanges commerciaux entre entreprises. Rencontre avec Président de la Commission Internationale de CCI international PACA. Concrètement, par quels moyens et dispositifs CCI International accompagne les entreprises françaises dans leur démarche de prospection, d’implantation, d’investissements à l’étranger ? Les réseaux : parce que les affaires en Méditerranée nécessitent d’avoir de bons interlocuteurs et les bonnes adresses, CCI International s’appuie sur un réseau de partenaires locaux et étrangers pour compléter son accompagnement. Ainsi, Business France et les CCI Françaises à l’étranger, les unions patronales ou encore les Chambres de Commerce locales sont des relais fiables et indispensables pour ouvrir les portes aux entreprises. Un programme d’actions : plus de 200 entreprises sont accompagnées sur la zone Méditerranée chaque année. En 2015 : sont au programme, l’organisation de 3 pavillons France à l’occasion de 3 salons en Algérie : - Salon Pétrole et Gaz à Alger du 3 au 6 mars avec 91 entreprises françaises exposantes dont 15 régionales; - Batimatec, un Salon du BTP en Algérie avec 66 entreprises françaises participantes dont 6 régionales; - Alger Industries, Salon de l’Equipement Industriel et des Services à l’Industries du 5 au 8 octobre 2015 où 40 entreprises sont attendues. Il y a également un Forum d’Affaires à Tanger du 15 au 18 novembre 2015 organisé dans le cadre du pôle Med, avec le soutien de la Région PACA qui mobilisera une vingtaine d’entreprises régionales en rendez-vous BtoB et en ateliers thématiques. Une mission d’affaires en Côte d’Ivoire et au Sénégal en est un autre exemple. Elle se tiendra du 2 au 9 décembre, en collaboration avec la CCI Paris Ile de France où 10 entreprises PACA et 10 entreprises de Paris-Ile de France des secteurs TIC, énergies et BTP. SECEM Magazine Juin 2015 Page 21 DOSSIER MEDITERRANNEE L’offre « Méditerranée » est un accompagnement « clé en main » sur la formule du tout compris. Les entreprises quelle que soit leur taille, bénéficient d’une préparation avant, d’une prise en charge pendant la manifestation et d’un accompagnement tout au long de l’année. Quels sont les atouts et les opportunités pour une entreprise française d’aller investir ou s’implanter à l’étranger, dans les pays du bassin méditerranéen en particulier ? Cela dépend du pays et de l’activité de l’entreprise. Il n’y a pas de règle absolue. Pour être toujours au fait de l’actualité, CCI International PACA a mis en place un groupe de travail d’experts techniques et de chefs d’entreprises qui décryptent l’évolution des marchés et alimentent l’analyse des besoins et problématiques rencontrées dans le monde des affaires pour les pays méditerranéens. Dans la plupart de ces pays, afin d’instaurer un courant d’affaires régulier, il est important de créer un relationnel basé sur la confiance. Pour cela, le chef d’entreprise doit se déplacer souvent. Si le courant d’affaires est important et régulier, s’implanter dans le pays devient le moyen le plus adapté pour pérenniser cet investissement. Comment sensibilisez-vous les entreprises qui font appel à vous aux risques pays ? Cette prise en compte de la dimension géopolitique passe-telle par un système de veille permanent ? Travaillez -vous en étroite collaboration avec les institutions des pays étrangers (Consulat, ambassades, etc…) ? L’équipe des experts CCI International PACA est en place pour analyser le projet de l’entreprise et évaluer les contraintes et les risques techniques, règlementaires et politiques auquel le dirigeant sera confronté. Et, j’insiste sur l’importance des réseaux et des partenariats inscrits dans le long terme, puisque, CCI International agit, en relation permanente avec COFACE, les douanes et autres organismes qui traitent de ces questions mais également avec les institutions à l’étranger qui facilitent les échanges et sont utiles aux entreprises. Des ateliers sur la règlementation, les techniques à l’export ou la pratique des affaires sont animés par des experts tout au long de l’année. Ils sont proposés aux dirigeants d’entreprises qui souhaitent en savoir plus. Selon vous, les échanges bilatéraux entre la France et les pays de la Méditerranée sont satisfaisants aujourd’hui ? La diversité des économies, des cultures et des langues qui composent la zone Méditerranée sont des atouts indéniables qui devraient permettre de peser au sein de l’économie mondiale. Alors que l’union européenne connaît actuellement un ralentissement économique et cherche de nouveaux relais de croissance, les pays du sud de la Méditerranée présentent de forts potentiels de ressources naturelles et des secteurs d’activités encore sous-exploités notamment en termes d’économie numérique, de traitement des déchets ou encore d’énergies renouvelables. Seule l’association des savoirfaire industriels, politiques et commerciaux peuvent générer de la croissance économique des deux côtés de la Méditerranée à travers des projets ciblés autour de partenariats gagnants-gagnants. Ainsi, CCI International PACA, aux côtés des partenaires locaux et des entreprises régionales, souhaite contribuer à développer plus encore les échanges et les partenariats avec les pays du bassin méditerranéen. Aujourd’hui, en Afrique sub-saharienne, la croissance se confirme et se diversifie, ce qui devrait permettre le passage à un véritable développement économique et social. Les investissements étrangers sur le continent ont atteint 58 milliards d’euros en 2014. S’appuyant sur ce constat, et pour permettre aux entreprises régionales d’accéder à ces marchés porteurs, CCI International PACA proposera fin 2015, une mission d’affaires en Afrique sub-saharienne SECEM Magazine Juin 2015 Page 22 DOSSIER MEDITERRANNEE Cas d’une grande enseigne de distribution implantée en Tunisie Quelles fonctions avez-vous occupé par le passé ? Rencontre avec Habib CHAOUACHI Directeur central hygiène sécurité du Groupe Auchan en Tunisie En 2009 après 22 ans de service, j’ai quitté le Ministère de l’intérieur en tant que Commissaire principal de Police pour rejoindre le secteur privé. Pour revenir sur cette expérience dans le secteur public, j’ai eu l’opportunité de travailler dans des brigades de renseignement et d’investigation judiciaire. Cela m’a permis d’acquérir des compétences intéressantes en matière de lutte contre toute forme de criminalité. J’ai également été formateur au sein des écoles de la Police nationale tunisienne pour enseigner et transmettre mes connaissances dans le domaine des enquêtes et investigations judiciaires pendant des années. Ensuite, je me suis retrouvé de nouveau sur le terrain en tant que Conseiller de Monsieur le Maire de Tunis et en tant que Responsable de la réglementation générale et de la Police nationale de Tunis pendant six ans. Mes principales tâches consistaient à lutter contre tout genre d’anarchie à la capitale et de garantir l’hygiène, la sauvegarde de l’environnement tout cela dans le respect de la réglementation générale. Ce n’est pas extrêmement différent de ce que je fais actuellement au sein du Groupe Magasin Général Auchan. Quels sont vos fonctions quotidiennes en tant que Directeur central hygiène et sécurité du Groupe Magasin Général Auchan ? J’occupe ce poste depuis sept ans. Le Groupe auquel j’appartiens compte 4 500 employés avec 85 unités de vente éparpillées sur tout le territoire tunisien. Notre activité principale est le commerce de distribution de produits d’alimentation générale et d’articles d’électroménager. Nous sommes visités quotidiennement par des centaines de milliers de clients. Nous sommes un véritable Etablissement Recevant du Public (ERP). Pour résumer, mes fonctions, dans un groupe de tel envergure, il est indispensable d’avoir une organisation rigoureuse et un plan minutieux. A propos de l’hygiène, nous avons toute une équipe d’ingénieurs ayant pour objectif de maîtriser l’hygiène de notre personnel, de garantir la sécurité alimentaire à partir du respect des bonnes pratiques pour satisfaire notre clientèle et sauvegarder l’image de marque de notre enseigne. Nous avons un plan d‘action axé sur la mise en place d’ensemble de procédures pour assurer le HACCP qui est l’analyse des risques et le contrôle des points critiques. Sans oublier l’aspect formation, assistance, inspection et suivi du personnel. Nous avons aussi un volet sécurité avec des responsables centraux, régionaux et un chef de sécurité dans nos unités de magasin. Nous sécurisons tout à la fois : notre personnel, nos clients et notre environnement. Je tiens à souligner que la sûreté et la sécurité sont deux tâches différentes mais qui convergent vers un même but. Nous entendons par sécurité, toute action ou mesure prise pour anticiper, prévenir et combatte toute vulnérabilité ou risque accidentel qui parviendrait de l’intérieur de l’entreprise. Il s’agit de risques caractérisés d’involontaires et d’origine accidentelle. Cela peut être un problème électrique ou de gaz, par exemple. Pour éviter cela, tous nos magasins sont équipés d’un système de détection incendie et de moyens d’extinction. De plus, tous nos agents sont formés à la manipulation de ces moyens et sont formés aux premiers gestes de secours et d’intervention de premier degré. Puis, nous entendons par sûreté l’ensemble des phénomènes de malveillance qui sont des menaces purement humaines et volontaires provenant de l’extérieur. Malgré cette différence, la sécurité et la sûreté agissent dans un même objectif : prévenir et protéger ! SECEM Magazine Juin 2015 Page 23 DOSSIER MEDITERRANNEE A quels risques en matière de sûreté, votre groupe est-il donc exposé ? Il y a plusieurs menaces pour un groupe tel que le nôtre. Escroquerie, fraude, trafic, vol interne et démarque inconnue… Face à ces menaces, nous agissons à quatre niveaux. Premièrement, nous appliquons une stricte organisation humaine en matière de lutte contre les risques. Nous sommes dotés de systèmes de protection électronique sophistiqués tels que la vidéosurveillance, l’antivol et l’anti-intrusion mais aussi morphologique avec le blindage continuel des structures et issues. Cela passe également par la coordination avec les autorités compétentes en matière de lutte contre la criminalité. De plus, suite aux récents événements en Tunisie, notre département a élaboré un plan d’action anti-émeute indiquant les mesures à prendre en cas de perturbations à savoir qui fait quoi et comment. Le fruit de ce travail est mesuré par la baisse du taux de démarque inconnue d’une année à une autre. Et d’une manière générale maintenant, quels risques touchent la Tunisie ? Je tiens avant tout à signaler que ces risques ne sont pas spécifiques à notre pays. Nous évoluons dans une pleine mondialisation, un monde ouvert dans lequel les menaces ne reconnaissent aucune frontière. On peut citer à titre d’exemple, la cybercriminalité et ces néfastes répercutions sur l’économie matérielle et immatérielle à la fois. Cela pèse lourd sur la stabilité, l’innovation et même la révolution technologique à travers ces crimes effectués par le biais des réseaux d’information et de communication. Le commerce parallèle est également un fléau de nature à paralyser l’économie locale et le commerce légal. Résultat : de nombreuses entreprises finissent par succomber. Nous le constatons chaque jour en Tunisie comme ailleurs. La contrebande, elle aussi, perturbe toute stratégie et tout équilibre économique. Elle plonge l’économie dans le chaos et l’incertitude la plus totale. Pour terminer, le risque de terrorisme fonde la peur de tous. Il paralyse l’économie et risque de freiner le tourisme et plusieurs autres secteurs d’activité. En Tunisie, il faut prendre en compte la naissance d’un climat de démocratie et des droits de l’Homme garantie par la nouvelle Constitution suite à la révolution. Cette avancée incroyable pour la population amène également son lot de risques. La flexibilité et le relâchement du système sécuritaire de l’état permettent de faire naître une nouvelle génération de crimes et d’atteintes de toutes sortes : hold-up, braquage, cambriolage et développement du crime organisé. Le SECEM Magazine traite des questions de sécurité économique et de compétitivité des entreprises. Comment ces thématiques sont-elles prises en compte par le Groupe Auchan pour lequel vous travaillez ? A mon sens, le thème ne constitue pas de soucis ou de préoccupation primordiale pour nous. Notre travail fondamentalement c’est, le commerce de distribution. Contrairement aux centres de recherche scientifique, technologique ou de Propriété Intellectuelle qui eux sont vivement menacés. Malgré tout aujourd’hui, nous ne sommes plus à l’abri de menaces ou d’atteintes diverses. Notre politique de marketing par exemple, est très vulnérable. Nos concurrents et même des malfaiteurs peuvent porter préjudice à notre réputation à travers la captation de données stratégiques et de données privées de nos clients, de nos fournisseurs et même de nos employés. Sans oublier l’espionnage de notre stratégie tarifaire, de notre campagne de promotion, et même de nos perspectives d’implantation à l’intérieur du pays comme à l’international. Notre système de sécurité, en termes d’architecture informatique, ne peut plus être épargné par les intrusions et l’ingérence de nos concurrents. Toute entreprise est vulnérable aujourd’hui où qu’elle se trouve dans le monde. Comment réagissez-vous face à ce volume de risques important ? Face à ces menaces, nous adoptons une approche anticipative. Notre système d’information est doté de cadres hautement qualifiés qui ne cessent de mettre en place des dispositifs sécuritaires pour protéger notre patrimoine informationnel, conserver et sauvegarder notre savoir-faire. Nous avons une cellule de cyberdéfense qui accompagne les départements à haut risque élevés à la bonne production du fonctionnement de notre entreprise. Nos mécanismes sont excellents et sophistiqués. Cela passe par des logiciels d’auto évaluation extrêmement au point. SECEM Magazine Juin 2015 Page 24 DOSSIER MEDITERRANNEE La Tunisie est un pays qui offre de multiples richesses et opportunités en matière de commerce et d’échange, vous serez sans doute d’accord avec moi. Quels arguments donneriez-vous à une entreprise française pour l’inciter à s’implanter ou prospecter en Tunisie ? Pour moi, encourager les investissements français à venir en Tunisie doit passer inéluctablement par les constations géopolitiques suivantes. Notre pays a connu une révolution qui a radicalement coupé avec une histoire pleine de despotisme, de tyrannie et d’injustice. La Tunisie vient de rejoindre le club des pays de liberté, de la démocratie et des droits de l’Homme. C’est un pays qui intègre et se sert des nouvelles technologies dans tous les secteurs économiques. La Tunisie est dans une phase de modernisation permanente et quotidienne de ses infrastructures matérielles et immatérielles pour rejoindre les normes internationales. Elle offre des législations favorables qui ne cessent d’être améliorées pour créer des modes d’investissement avantageux en y apportant des mécanismes d’ouverture, d’encouragement et de motivation. La Tunisie bénéficie d’une position géographique idéale pour les échanges tout en restant proche de l’Europe. Elle peut constituer un véritable trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, continent le plus riche en potentiel économique aujourd’hui. Tous ces facteurs ne peuvent qu’encourager et ré-encourager nos collègues, amis et investisseurs français à venir s’intéresser à la Tunisie. Nous sommes bel et bien appelés à les inviter à confirmer leur positionnement sur le marché tunisien et sur le tissu industriel, économique et commercial. Il ne faut pas perdre de vue que de tout temps, la France qu’on le veuille ou non, demeure le premier partenaire économique de la Tunisie. Je finirai par dire que les hommes d’affaire tunisiens et français bénéficient d’une énorme opportunité pour conquérir le marché africain, symbole de richesse, de fortune et manifestant le plus grand taux de croissance actuellement Monsieur Mohammed BENHAMOU à gauche, Madame Michèle ALLIOT-MARIE au centre et Monsieur Néjib KARAFI à droite, représentant respectivement le Maroc, la France et la Tunisie, ont débattu sur le thème de « La géostratégie future des pays du bassin méditerranéen » lors du colloque SECEM le 18 juin dernier à Marseille. Retrouvez prochainement le contenu des débats sur le site www.secem.fr SECEM Magazine Juin 2015 Page 25 DESTIMED L’info des deux rives. Journal quotidien d’information numérique www.destimed.fr Destimed est un journal quotidien d’information numérique (pure player) sur la région ProvenceAlpes-Côte d’Azur. Economie, politique, développement durable, écologie, société… Les articles sont aussi diversifiés que possible et d’une grande qualité rédactionnelle. Destimed, c’est aussi la promotion de la Provence de par la mise en valeur de l’art de vivre local et de la Culture régionale. 6 000 visites en moyenne par jour 190 000 visiteurs par mois dont 90 % de visiteurs nationaux et 10 % du lectorat international fidèle Destimed tire sa différence de son regard tourné vers la Méditerranée. De la rive Nord à la rive Sud, Destimed traite de l’actualité et des problématiques de l’ensemble des pays du pourtour méditerranéen. Montrer que la Méditerranée ne se réduit pas à une actualité tragique est une volonté de ces journalistes. Tous sont conscients de l’importance stratégique de la Méditerranée, qu’ils prônent comme une zone de dialogue et d’échange économique, culturel et cultuel. C’est une zone de développement économique, un bouillonnement d’idées et de jeunesse, une utopie positive porteuse de réponses et une possible solution aux effets négatifs de la mondialisation. Destimed renseigne sans polémiquer et sait donner son point de vue sans l’imposer. Journal d’expertise sans jamais tomber dans l’élitisme : Destimed sait rester accessible et ouvert aux autres car, chacun est expert dans son domaine. C’est un media méditerranéen du local à l’international, du régional au national. Destimed se veut un espace de réflexion, d’analyse et d’informations. C’est aussi un site participatif fait pour et par les citoyens. Cet espace de citoyenneté est développé par l’intervention régulière d’universitaires, de journalistes, de professionnels de la culture et du monde économique mais aussi de personnalités politiques. Pour n’en citer que quelques-uns, Fatima ABBAD, Jean-Rémi BARLAND, Gilbert BENHAYOUN, Alain CABRAS, Marion CARDELLA, Pierre DISTINGUIN, Michel EGEA, Bastien FONTUGNE, Antoine LAZERGES, Christine LETELLIER, Jacky NAIDJA, Agnès OLIVE, Didier PARAKIAN, Robert POULAIN, Mireille SANCHEZ, Hagay SOBOL, Lionel TONINI participent à l’aventure Destimed au quotidien. Entouré du soutien et de l’appui de partenaires publics et privés prestigieux, Destimed fait son bout de chemin et s’impose désormais comme un site de référence en matière d’actualité en Région et sur la Méditerranée. Pour ensemble rendre plus fructueux notre destin MEDiterranéen ! SECEM Magazine Juin 2015 Page 26 Michel CAIRE, Rédacteur en Chef de Destimed, revient pour nous sur l’aventure Destimed Crée il y a deux ans, comment a débuté l’aventure Destimed ? Destimed a été créé le 1er août 2013 avec Patricia CAIRE, mon épouse. Nous sommes tous deux journalistes et nous avons été rejoints par Philippe MAILLE également journaliste et photographe. Destimed, c’est la poursuite logique du développement de notre blog « Désabuzze ». C’est l’enfant de cette première aventure composée désormais de dix-sept collaborateurs. Quelle est la ligne éditoriale des articles composant ce site internet d’informations ? Nous sommes sur un territoire qui a été Capitale européenne de la Culture en 2013, qui accueille la French Tech sur Aix-Marseille, qui sera Capitale européenne du Sport en 2017. Il y a tout un tissu d’entreprises de nouvelles technologies remarquables. Un des enjeux, auquel je crois vraiment, c’est de mettre ces découvertes, ces savoir-faire et ces nouvelles technologies en partage. A mon sens, la mise en commun est un véritable enjeu de démocratie. De par nos articles, nous souhaitons relater cette diversité, montrer cette richesse et mettre en avant cette pluralité existant sur notre territoire qu’il soit régional ou méditerranéen. Ce n’est même pas un message, c’est plus une nécessité car, la richesse est là. Pas plus tard qu’hier soir, j’étais à une manifestation culturelle organisée dans une petite rue du vieux Marseille. Les trois religions de la Méditerranée étaient représentées. Tous étaient réunis autour d’un repas faits de plats spécialement préparés par chacun des participants pour ce moment d’échange, de partage et de convivialité. Outre Marseille, quelle ville est capable d’organiser cela ? Nous voulons être porteur de ce message et se positionner sur ces enjeux. Avec Destimed, nous sommes également sensibles à la francophonie qui n’est pas seulement une langue mais aussi une Culture. Pour moi, être sur ces enjeux-là, c’est être sur des enjeux de civilisation. L’autre versant de Destimed, c’est de valoriser une certaine idée de la citoyenneté. Selon moi, la crise que nous subissons n’est pas, contrairement à ce que l’on peut entendre, due au fait que les politiques soient incompétents. C’est la société qui produit les idées dont se nourrissent les politiques de droite comme de gauche. A mon sens, notre société a été dépassée par la mondialisation et elle n’a pas encore réussi à forger elle-même les réponses à ces questions. Quel est le parti pris et le postulat de départ du positionnement de Destimed sur la Méditerranée ? La Méditerranée est le véritable berceau de la civilisation. Ici se joue une partie de l’avenir du monde. Ici peut se créer une nouvelle civilisation comme cela a été le cas à plusieurs reprises. La Méditerranée de par ses cultures et le dialogue entre celles-ci peut apporter des réponses et « donner une âme » à la mondialisation. Mais, le risque existe de voir la barbarie et les phénomènes de violence l’emporter avec la montée du terrorisme et de l’extrémisme. Tous ces replis et ces rejets se nourrissent mutuellement. Je pense, et c’est la dernière raison, que Marseille est l’une des rares villes où il y a des communautés sans communautarisme et un vrai dialogue culturel et cultuel. C’est une ville où peut se jouer ce champ des possibles en Méditerranée SECEM Magazine Juin 2015 Page 27 DOSSIER MEDITERRANNEE L’Avocat, un rôle de conseil et d'accompagnement Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? De 1996 à 2008, j’ai exercé en Algérie au Barreau de Tizi Ouzou, en Kabylie. Depuis 1996, je suis Avocat inscrit au Barreau de Marseille. J'interviens surtout en France notamment pour le Port de Skikda, la Banque Centrale d'Algérie et le Consulat Général d'Algérie à Marseille. Il arrive que je sois sollicité par des entreprises qui souhaitent s'établir en Algérie. J'ai l'avantage de bien connaître les deux pays et les langues d'usage. Vous devez savoir que devant les juridictions algériennes comme devant certaines administrations l'usage de la langue arabe est obligatoire. Quel est votre rôle en tant qu’avocat auprès des entreprises qui font appel à vos services ? Dans quel cadre font-elles appel à vous ? Rencontre avec Zahir DJAHNINE Avocat 04 91 04 65 24 Dans les relations commerciales, que ce soit entre particuliers ou des personnes morales des deux rives de la Méditerranée, mon rôle est d'abord le conseil et l'accompagnement. Cela s’applique tant au plan juridique que relationnel, de la personne ou de l'entreprise qui sollicite les services du cabinet. Il m'arrive d'accompagner des délégations ou des entreprises françaises qui se rendent en Algérie pour prospecter des marchés ou pour résoudre des difficultés. Ensuite, l'intervention peut se faire aussi au niveau conflictuel et contentieux devant les juridictions algériennes ou françaises. Etes-vous d’accord avec l’idée que les entreprises françaises doivent se tourner vers les pays du pourtour de la Méditerranée et les intégrer dans une réflexion stratégique de prospection voire d’implantation internationale ? Bien entendu ! Je souscris complétement à cette idée, qui d'ailleurs a été lancée il y a de cela quelques années en créant l'Union pour la Méditerranée. Malheureusement, celle-ci s'est heurtée dans sa mise en œuvre à des réticences de certains états du pourtour méditerranéen. Ces Etats ont mis en avant des questions préalables de nature politique, liées notamment au conflit du Proche Orient. Mais pas que… Il faut aussi souligner depuis les récents évènements dans les pays arabes, il existe certaines tensions internes dans cette région du monde. Elles sont induites par des revendications légitimes des peuples en matière politique (alternance au pouvoir, plus de libertés individuelles et collectives etc.) et en matière sociale également. Souvent, les transitions n'ont pas abouties et ont donné naissance à des régimes contestés qui ont eu pour conséquences de diviser les sociétés et créer un climat de quasi guerre civile non propice aux affaires. Toutefois, il est impératif de faire l'Europe non pas seulement vers le Nord, mais aussi et surtout vers le Sud. La rive Sud offre largement plus de possibilités de créer des richesses et met en avant des opportunités plus intéressantes pour l'ensemble des partenaires de cette région. D'ailleurs, lors du lancement de l'Union pour la Méditerranée, je crois me souvenir que certains pays, dont l'Allemagne, voyait cette initiative d'un mauvais œil. En tant qu’Avocat, avez-vous une démarche d’aide et de conseil à ce niveau-là ? Même si je travaille uniquement avec des entreprises, j’ai travaillé avec des associations et organismes non étatiques. Je m’explique, il y a une dizaine d’années, j’ai été sollicité par deux associations algériennes avec qui j’ai conclu un partenariat. Nous sommes partis à deux reprises en Algérie avec une troupe de théâtre, de musiciens de conférenciers. Cela réunissait une trentaine de personnes. Nous avons réussi à rassembler sur place le Maire de la ville, le Préfet et des directeurs de banque notamment. La Culture a servi de prétexte à fédérer les gens et à « rapprocher les deux rives », nom donnée à l’association qui est née de ce partenariat. Le bilan de cette initiative, c’est que cela a permis de créer des passerelles et d’intensifier les échanges entre l'Algérie et la France. Ce type de manifestation permet de se découvrir, de mieux se connaître, de sortir des clichés souvent éculés et véhiculés par les médias et qui ne correspondent pas vraiment à la réalité des choses. SECEM Magazine Juin 2015 Page 28 DOSSIER MEDITERRANNEE Pensez-vous que les risques potentiels touchant la Méditerranée actuellement (immigration clandestine, acte de terrorisme, mafia ou corruption) freinent-ils les entreprises françaises ? En ce sens, que diriez-vous à un chef d’entreprise pour le rassurer et le sensibiliser aux opportunités qu’offrent les pays du Sud ? Il est évident qu'un pays ou une région qui manque de stabilité politique et sociale n'attire pas forcément les investisseurs. En tout cas, cela n’attire pas ceux qui souhaitent s'implanter de manière durable en y créant des infrastructures lourdes et en y transférant du personnel expatrié. Le risque de pertes est réel. L'instabilité est souvent entretenue pour favoriser des déviances telles que la corruption, la prolifération de réseaux mafieux bien structurés et organisés ayant des ramifications jusque dans les plus hautes structures des Etats. Ce phénomène, est très peu médiatisé car, les « affaires » sont souvent étouffées par l'instrumentalisation des organes étatiques. De plus, je regrette de voir que les entreprises françaises amènent leurs produits en Algérie mais ne s’y installent pas pour les produire. C’est tout le problème de la main d’œuvre qualifiée je pense. La fragilité de l’Algérie réside dans son manque de main d’œuvre qualifiée. Pour de multiples raisons historiques, l’Algérie a un gros déficit en formation. Par contre, le drame de l'immigration clandestine, tel qu'il nous est restitué par les médias, est lui bel et bien présent chaque jour devant nos yeux. Pour y mettre fin, imposer un blocus maritime sans en avoir les moyens est irréaliste. La solution idoine est de créer les conditions de maintien de ces populations malheureuses dans leurs pays d'origine. Ces conditions sont d'abord d'ordre politique en mettant fin définitivement au déficit cruel de démocratie, en libérant la parole et en consacrant réellement les libertés fondamentales et en permettant aussi à chacun de vivre décemment de son salaire. Cela passe aussi par la diffusion d’informations crédibles sur la situation des pays européens qui ne peuvent assurer un accueil à toutes ces personnes. En ce sens, j'avais proposé à la télévision algérienne, il y a quelques années, d'intervenir pour expliquer et informer sur la réalité des difficultés notamment en France de régulariser sa situation de séjour. Ceci étant, il convient de souligner, malgré les difficultés, que des ressortissants étrangers continuent de travailler dans ces pays notamment en Algérie. Notre rôle et le mien, c’est de faire en sorte d'aplanir ces difficultés et de redonner confiance aux opérateurs économiques. D'ailleurs, le président François Hollande va se rendre en Algérie prochainement, accompagné d'une forte délégation. Le but de ce voyage, va dans ce sens, réinstaurer la confiance et rassurer les uns et les autres SECEM Magazine Juin 2015 Page 29 DOSSIER MEDITERRANNEE La coopération en Méditerranée Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Rencontre avec Pierre-André MASSIS Délégué Général de l’OCEMO www.ocemo.org L’Office de Coopération Economique pour la Méditerranée et l’Orient (OCEMO) est une structure initialisée en 2011. Elle pose deux grands axes principaux de travail. Dans un premier temps, elle soutient des programmes de coopération avec les pays du sud et de l'est de la Méditerranée. Dans un second temps, elle participe au positionnement spécifique de Marseille et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur à travers des initiatives qui sont appuyées localement. L’idée est de valoriser ce positionnement privilégié de notre territoire en tant que plateforme avancée de la coopération en Méditerranée. C’est très important aujourd’hui car, comme vous le savez, la position française en Méditerranée était historiquement assurée puis, elle a été fragilisée. La ville de Marseille et, plus largement, la région ProvenceAlpes-Côte d’Azur ont un véritable rôle à jouer dans la relance de la coopération auprès de ces partenaires, avec lesquels nous sommes liés dans une communauté de destins. L’OCEMO travaille en lien avec des partenaires nationaux importants comme la Caisse des Dépôts et Consignations dont je suis moi-même issu. Nous comptons aussi parmi nos partenaires des collectivités publiques locales comme la Ville de Marseille, la région PACA, la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille Provence. Enfin, certains de nos programmes sont financés par l’Agence Française de Développement. Nous avons également développé un partenariat de qualité avec le Secrétariat général de l'Union pour la Méditerranée. L’OCEMO est composé d’une équipe jeune et passionnée qui dispose d’une expertise maintenant reconnue. Impliqués à favoriser le soutien à l'employabilité des jeunes, nous travaillons aussi à accompagner des actions favorables à l’entreprenariat. Nous pouvons d’ores et déjà nous targuer, depuis 2011, d’un certain nombre de résultats puisque nous pilotons huit programmes avec un objectif pour fin 2016 de presque 2000 jeunes concernés et impliqués dans nos programmes. Quels sont les engagements et les valeurs que vous exprimez au travers de cette association ? La valeur essentielle de l’OCEMO consiste à œuvrer au bénéfice de l’intérêt général. Le contexte de la création de l’OCEMO est lié au Partenariat de Deauville en 2011. 2011 est également l'an 1 des révolutions arabes. Il était important que les pays occidentaux manifestent leur soutien à ces mouvements, ce qui a été fait à Deauville, dans la ligne du Processus de Barcelone de 1995. Avec cette mission d'intérêt général et dans ce contexte de transition politique dans les pays arabes, l'OCEMO souhaite porter des valeurs de paix, de coopération et d’appui à la société civile notamment à travers son soutien à la jeunesse, au bénéfice de l’économie et de l’entreprise. Comment expliquez-vous que dans les pays méditerranéens, le taux de chômage soit le plus élevé au monde ? Selon les chiffres, il est deux fois plus élevé que la moyenne mondiale. Comme nous l'avons dit, ces pays sont en transition politique, économique et sociale. Pour autant, les structures éducatives et familiales n’ont pas encore réalisé leur mise à niveau et n’ont pas suivi ce mouvement de révolution des esprits SECEM Magazine Juin 2015 Page 30 DOSSIER MEDITERRANNEE révolution des esprits. Or, le développement économique, lui, est très rapide, surtout en Tunisie et au Maroc. On assiste donc à une véritable inadéquation momentanée entre les besoins des entreprises et les niveaux de formation qui sont proposés par ces Etats. Pour prendre un exemple, en Tunisie, plus on est diplômé, plus on est au chômage. Pourquoi ? Tout simplement parce que, le secteur productif n’a pas besoin d’autant de diplômés. Le besoin du secteur productif n’augmente pas et n’évolue pas aussi vite que le nombre de jeunes qui sont diplômés par le système éducatif. On est face à un véritable défi engageant la responsabilité collective des adultes des pays de la rive nord de la Méditerranée face à cette jeunesse des pays de la rive sud. Au regard de cette évolution démographique, les besoins des entreprises doivent être pris en compte car, il y a une véritable mutation quantitative. Il faut donc aujourd’hui travailler sur le qualitatif à travers notamment l’individualisation des parcours. A l’OCEMO, c’est ce que nous faisons. Je suis tout à fait d’accord sur ce que vous dites. Par contre, on ne parle que de la Tunisie et du Maroc. A l’inverse que se passe-t-il donc en Algérie, pays où il manque cruellement cette fois de main d’œuvre qualifiée ? Effectivement, en Algérie, c’est un peu différent, même si la proportion de jeunes dans la population est aussi très importante. Par ailleurs, les besoins des entreprises sont très ciblés. Je vais illustrer mes propos par un partenariat que nous sommes en train de mettre en place avec Danone Algérie. Cette entreprise a développé une école afin de mieux former des jeunes, a priori non diplômés, aux métiers de la vente. Cette initiative est partie du constat que les jeunes n’étaient pas formés correctement aux attentes particulières de l'entreprise. C’est un excellent exemple d’initiative qui concerne, pour le moment, environ 80 jeunes par an. Si nos partenaires algériens sont intéressés par le savoir-faire développé par l'Ecole de la Deuxième Chance (E2C) de Marseille, nous le mettons à leur disposition. A travers un processus comme celui de cette école de vente, il y a tout un système de sélection à l'entrée, permettant de découvrir la motivation des candidats et de présentation d’unités de formation mis en place. Le plus de ce dispositif demeure la capacité de rémunérer les jeunes qui sont en formation avec à la clé la promesse d’un contrat à durée indéterminée. Pour moi, ce sont des micro expériences comme celle-là qui sont porteuses d’espoir pour l’ensemble de ces populations qui, aujourd’hui, pourraient être désespérées. Je parle des jeunes en particulier bien évidemment. De quelle façon intervenez-vous pour valoriser le territoire méditerranéen et soutenir la population en particulier les jeunes qui s’y trouvent ? Il me semble que l’OCEMO a un rôle important à jouer sur le territoire régional. Nous souhaitons participer à la valorisation et à la mise à disposition de l’ensemble de nos expertises et de nos savoir-faire au bénéfice des pays de la rive sud de la Méditerranée. Pour reprendre le cas de l’école de Danone Algérie, l’E2C de Marseille est une structure présentant de fortes similitudes avec l'expérience de Danone Algérie. Elle aide des jeunes qui souhaitent s’en sortir, souvent à la suite d’un parcours de formation de l’enseignement général assez tumultueux. Quand ils s'engagent, ces jeunes veulent faire quelque chose de leur vie. De ce fait, l'Ecole développe tout un cursus et un ensemble de programmes dans ce but. Nous avons donc proposé un protocole de mise en relation entre l'E2C et l’école de formation de Danone Algérie pour mettre à disposition de nos partenaires algériens les transferts de savoir-faire et de compétences qu'ils jugeraient leur être nécessaires. Au titre d’une mission cette fois-ci plus institutionnelle, nous avons été sollicités pour participer à la création d’un Observatoire sur les attentes de la jeunesse fin 2014 à Marrakech. Enfin, dernier axe d’action de l’OCEMO, nous coordonnons la Semaine Economique de la Méditerranée chaque année. Justement, la Semaine Economique de la Méditerranée aura lieu du 4 au 7 novembre 2015 à la Villa Méditerranée. Pouvez-vous m’en dire davantage ? En 2014, cette manifestation a réuni plus de 3000 participants, venant de 17 pays. Elle comptait 31 événements différents sur quatre jours. Cette manifestation participe au second champ d‘action dont je parlais au début de notre échange. Le but de la Semaine Economique de la Méditerranée est, dans ce cadre, de faire rayonner et mettre en valeur tout le savoir-faire et les capacités d’innovation qui existent en région PACA. Chaque édition est basée sur une thématique précise. L’édition 2015 aura pour thématique générale « Villes et territoires comme leviers de développement économique en Méditerranée ». A l’heure actuelle, c’est une problématique très prégnante, puisqu’elle met en évidence les capacités d’innovation de la France et est le champ d’un véritable laboratoire de start-up SECEM Magazine Juin 2015 Page 31 DOSSIER MEDITERRANNEE champ d’un véritable laboratoire de start-up. Tout ce qui touche aux villes et aux territoires est extrêmement intéressant et varié. La Semaine Economique de la Méditerranée a pour volonté de valoriser le savoir-faire entrepreneurial et industriel de la région et de faire connaître cette agilité, cette créativité et cette capacité à innover propre à notre territoire. Je pense qu’aujourd’hui les ressources de croissance de notre pays se situent dans cette capacité à innover. C’est ce qu’il faut faire savoir et c’est ce qu’il faut montrer. De fait, on se rend compte que les collectivités publiques locales ont bien compris ces leviers de croissance car elles sont nombreuses à accompagner financièrement toutes ces start-up. Les pouvoirs publics locaux s’investissent considérablement pour développer et encourager la multiplication de ces initiatives. Pour moi, la croissance de demain réside dans ces petites pépites agiles, légères et dynamiques qui créent une véritable richesse au sein de la chaîne de valeurs. Ce sont à elles-seules des processus d’innovation permanents. La structure économique de la France est faite de grands groupes, de PME et de ces petites entreprises qui se développent spontanément et qui seront les futures PME, voire les grands groupes de demain. Face à la densification de vos réseaux et la multiplication de vos actions, comment imaginez-vous l’évolution de l’OCEMO ? Comme nous l'avons vu, l’OCEMO est un acteur du territoire. Nos programmes sont structurés et nos résultats commencent à tomber. Aujourd'hui, nous veillons à concilier les besoins des entreprises avec la valorisation du territoire PACA et plus largement du territoire national. Au-delà de la réalisation du couplage demande-offre, il y a un véritable enjeu qui vise à stabiliser ce fort contingent de jeunes des pays méditerranéens qui souhaitent devenir des actifs. En effet, dès lors qu’on est capable de faire des propositions à ces jeunes et qu’ils se rendent compte qu’ils sont accompagnés dans leur démarche, il y a un phénomène de stabilisation évidente. Et puis, peut-on dire quel intérêt nous avons, nous pays du nord, à laisser s’installer l’instabilité sociale dans les pays du sud ? Il n’y en a aucun. L’OCEMO reçoit aujourd’hui des soutiens financiers de la part des acteurs nationaux que j’ai déjà cités. La Caisse des Dépôts et Consignations a notamment conclu avec l’OCEMO une nouvelle convention de partenariat pour trois ans. Néanmoins, je pense que ces soutiens financiers devront être complétés par des financements privés à aller chercher auprès des entreprises. Pour conclure sur votre question, je suis confiant sur l’avenir de l’OCEMO car, notre action est utile et généreuse SECEM Magazine Juin 2015 Page 32 SECEM Magazine Revue numérique sur la Sécurité Economique et la Compétitivité des Entreprises en Méditerranée, réalisée par l’’Association de Criminologie du Bassin Méditerranéen en partenariat avec AESATIS et l’ACSE. Le colloque SECEM du 18 juin dernier s’était : plus de 310 participants 13 pays représentés 2 débats enrichissants : « Lien entre la criminalité et la sécurité économique » « La géostratégie future des pays du bassin méditerranéen » Rencontres et interviews réalisées par : Claire HANASTASIOU Chargée de communication du SECEM © ACBM S E C E M Magazine déjà parus N°2 – Mai 2015 DOSSIER SPECIAL INNOVATION – Innover pour se développer et se pérenniser N°1 – Avril 2015 SECURITE ECONOMIQUE – Témoignages TELECHARGER LES AUTRES NUMEROS Association de Criminologie du Bassin Méditerranéen (ACBM) www.acbm-paca.com