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SECEM
M A G A Z I N E
Le magazine sur la Sécurité Economique et la Compétitivité des Entreprises en Méditerranée
N ° 3
–
J u i n
2 0 1 5
DOSSIER SPÉCIAL MÉDITERRAN•
ÉE
Les opportunités de développement dans les
pays de la rive sud du bassin méditerranéen
Association de Criminologie du Bassin Méditerranéen (ACBM)  www.acbm-paca.com
Sommaire
3
SECEM
Magazine
N°3  Juin 2015
EDITO
La Méditerranée, une zone d’avenir…
INTERVIEWS
4
Rencontres avec des professionnels
Vincent BENNICI - Président de Answer Sécurité  4
Magali COULON - Responsable Communication Groupe ETIC  6
Portrait d’entreprise - BEWEIS spécialisée dans la technologie RFID  8
Sébastien LECOMTE - Président de PACWAN  9
SECURITE DES ENTREPRISES
11
Faites-vous accompagner par la Société AESATIS
grâce aux matinées de sensibilisation gratuites
12
DOSSIER
MEDITERRANEE
13  France – Maghreb, pour des relations bilatérales durables
14  Amarante - La prévention du risque à l’international
17  ADREC - Relation de développement entre la Tunisie et la France
20  Le bassin méditerranéen à l’épreuve des immigrations clandestines
21  CCI International - Un appui pour une implantation au sud de la Méditerranée
23  Auchan - Cas d’une grande enseigne de distribution implantée en Tunisie
26  Portrait de Destimed - Journal quotidien d’informations numérique
28  Zahir DJAHNINE – L’Avocat, un rôle de conseil et d'accompagnement
30  OCEMO - La coopération en Méditerranée
Magazine élaboré par l’ACBM
Interviews réalisées par Claire HANASTASIOU
SECEM Magazine
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Edito
La Méditerranée, une zone d’avenir…
Historiquement, la Méditerranée est un carrefour de civilisations
riche de Culture et un point géostratégique important en matière
d’échanges commerciaux. Le positionnement géographique du
bassin méditerranéen, à la lisière de trois continents et de trois aires
de civilisations, en fait une zone charnière dans la mondialisation.
La Méditerranée dispose notamment d’un fort potentiel
économique mais reste pourtant la zone où les écarts Nord / Sud
sont les plus importants.
Le bassin méditerranéen, au travers des pays qui le composent,
fait beaucoup parler de lui en ce moment. Terrorisme, immigration
clandestine, mafia et corruption… Mais la Méditerranée, ce n’est
pas que des personnes qui viennent s’échouer sur nos plages de
façon illégale, des guerres, des actes de criminalité et de
terrorisme. La Méditerranée, c’est bien plus que cela. Elle a autre
chose à montrer et à raconter de bien plus beau.
C’est dans cette perspective, que le dossier de ce mois-ci, sera
consacré à la Méditerranée, ancrage géographique du SECEM
auquel nous sommes très attachés. Outre le fait de sensibiliser les
professionnels et chefs d’entreprise aux risques pouvant impacter
de près ou de loin leur société, le SECEM souhaite également
valoriser les pays composant le bassin méditerranéen et
encourager les entreprises françaises à s’intéresser à une possible
recherche de coproduction, d’investissement ou seulement de
prospection dans ces pays-là.
par Bernadette LEROY
Présidente de l’ACBM
Directrice d’AESATIS
Création d’une dynamique productive, gain de compétitivité,
augmentation du chiffre d’affaires et des parts de marché,
transfert de savoir-faire, d’expertise et de compétences, création
d’emplois… Ces avantages et opportunités de développement
s’appuient sur la base d’un partenariat gagnant-gagnant entre les
entreprises françaises et l’état dans lequel elles souhaitent
s’implanter et investir.
Les entreprises ont tout à gagner à s’intéresser aux pays du bassin
méditerranéen dans le cadre de leur développement. C’est ce
que les différentes personnalités internationales marocaines et
tunisiennes ont présenté lors du colloque SECEM du 18 juin dernier.
Vous pourrez prochainement retrouver le contenu des débats sous
forme de vidéo sur le site www.secem.fr 
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INTERVIEW
Vincent BENNICI
Président de Answer Sécurité
 Présentez-moi la Société Answer Sécurité ?
La Société Answer Sécurité a été créée le 1er avril 2004. Nous avons soufflé notre
onzième bougie le mois dernier. Composée d’un effectif de plus de 300 salariés, Answer
Sécurité réalisera un chiffre d’affaires prévisionnel pour 2015 de 8,5 millions d’euros.
Géographiquement, notre entreprise évolue majoritairement sur l’ensemble de la région
Provence-Alpes-Côte-d’Azur ainsi que sur les régions Languedoc-Roussillon et RhôneAlpes. Nous sommes donc très implantés sur le couloir rhodanien mais également sur la
région parisienne depuis maintenant cinq ans.
 Quels sont vos axes de services ?
Answer Sécurité propose des services spécialisés et personnalisés de surveillance et de
protection des biens et des personnes. Nos services consistent à contrôler et filtrer
l’identité des personnes présentes, assurer la sécurité des lieux et éviter les actes de
malveillance qui pourraient éventuellement se produire sur les sites qui nous sont confiés.
Nos équipes et nos cadres veillent 24 heures sur 24.
Nous proposons des services de surveillance humaine mais aussi technologique. Pour être
plus précis, nous pouvons combiner la surveillance humaine à un dispositif de
vidéoprotection. Nous avons eu des retours très positifs en particulier, dans les secteurs
industriels, tertiaires et commerciaux.
Je tiens aussi préciser que nous nous attachons à conserver la constance d’une qualité
de service sur nos prestations par une formation adaptée de notre personnel. Hormis la
formation SSIAP sécurité incendie, nous formons en interne tous nos agents. Nous
organisons une formation spécifique sur le site où, l’agent est détaché avec en
complément une formation menée par notre instructeur-formateur pour former aux
différents comportements et attitudes à tenir face à différentes situations. C’est ce qui
fait la différence d’Answer Sécurité aujourd’hui, je pense.
 Quels secteurs d’activité représentent vos clients ?
Au départ, Answer Sécurité était une entreprise spécialisée dans le secteur de la grande
distribution. Nous étions essentiellement présents sur les centres commerciaux. Nous nous
sommes par la suite orientés et spécialisés dans le secteur de la logistique et des
transports. Tout récemment, nous avons démarré une activité dans l’hôtellerie de luxe.
C’est notre nouvelle spécialité depuis peu.
Agence de sécurité et
vidéosurveillance
Agents de sécurité pour
filtrage et accueil
Agents de sécurité
incendie
Agents de surveillance
humaine
Télésurveillance

Vidéosurveillance
 Concrètement, lorsqu’une entreprise fait appel à vous pour des besoins en matière de
sécurité, que lui proposez-vous ? Avez-vous un rôle de conseil également ?
La plus-value d’Answer Sécurité réside dans l’accompagnement de nos clients. Nous ne
nous contentons pas de détacher du personnel formé sur les sites qui nous sont confiés.
Nous allons conseiller et orienter nos clients mais aussi, optimiser les résultats. C’est le cas,
par exemple, de la problématique de la démarque inconnue dans la grande
distribution.
www.answersecurite.com
[email protected]
Nous allons également trouver
des solutions pour optimiser et
rendre plus fluide les entrées et
sorties de véhicules lourds dans
les zones logistiques. Chez
Answer Sécurité, nous sommes
capables au préalable de
réaliser un audit de manière à
proposer des suggestions et
des préconisations à nos
clients. Answer est vraiment
une société proactive.
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 Quelles sont les valeurs et la Culture de votre entreprise ?
Answer Sécurité est une entreprise à fort ADN, dotée d’une forte Culture d’entreprise dans laquelle, l’humain est mis
en avant. Nous ne considérons pas nos agents comme des numéros sur un bulletin de salaire. Nous sommes pour la
promotion interne. Nous avons également à cœur d’intéresser nos salariés à ce métier qui est de plus en plus
professionnalisé. En effet, il faut acquérir une formation spécifique aujourd’hui pour être agent de sécurité
notamment à travers l’obtention d’un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) soit par équivalence, soit par
formation. Cela permet de moraliser la profession et Answer Sécurité s’inscrit totalement dans ce projet de
moralisation et de professionnalisation de ce métier. Pour preuve, mes engagements syndicaux. Je suis Délégué
régional du plus grand syndicat de la profession qui est l’Union des entreprises de Sécurité Privée (USP) sur la région
sud-est et membre de la commission SIAP à Marseille.
Forts de notre expérience, nous sommes certifiés ISO 9001 (version 2008) depuis avril 2005 récompensant la qualité
de nos services dans le strict respect de la réglementation et des directives existantes. Chez nous, nous appliquons
donc rigoureusement les règles prévues par la Convention collective et le Code du travail. Nous allons nous orienter
vers la norme 2015 l’année prochaine. Grâce à l’expérience et le savoir-faire de nos cadres dirigeants, nous offrons
un service global de proximité et de qualité basé sur un principe de personnalisation. Notre professionnalisme et
notre rigueur représentent notre Culture d’entreprise et notre identité. Chez Answer Sécurité, nos valeurs,
exceptionnellement fortes, s’unissent chaque jour au service de nos clients.
 Qu’entendez-vous par moraliser la profession ?
En deux mots, nous ne voulons plus de repris de justice dans le métier. Quelqu’un qui commet un acte de
malveillance, inscrit sur son fichier Judex, peut se voir très rapidement supprimer sa carte professionnelle. Nous
voulons des agents avec une éthique irréprochable et de confiance à qui nous pouvons confier des clés de
magasin. Je pense que le métier est en pleine mutation et je reste persuadé que seule la qualité de service pourra
pérenniser nos entreprises. Je fais un petit aparté sur le sujet, car mon combat aujourd’hui, c’est d’expliquer que sur
le plan économique le métier est malade. Les sociétés de sécurité sont en train de devenir des sociétés de travail
temporaire compte tenu de la baisse des taux horaires de vente et de la diminution de marges opérationnelles. Par
redondance, cela affaiblit le middle management des entreprises de notre secteur. De la même manière, cela
induit une baisse de la qualité générale des prestations que les entreprises du métier proposent à leurs clients.
 Dans le cas du secteur de l’hôtellerie
de
luxe,
quelles
sont
vos
problématiques ?
En période estivale, il y a le phénomène
des « rats d’hôtels ». C’est une réelle
menace et une vraie problématique
pour les établissements hôteliers. Vis-à-vis
du client, notre devoir est donc de
détecter ces personnes malveillantes, de
savoir réagir très rapidement et surtout
de faire en sorte que ces personnes ne
reviennent plus sur les lieux et cela grâce
à un dispositif dissuasif, préventif
et
adapté.
 Les références du Groupe ANSWER
sont prestigieuses. Pouvez-vous m’en
citer quelques-unes ?
Pour n’en citer que quelques-unes, nous
travaillons avec le Groupe Auchan, avec
le Groupe Chronopost et également
pour les complexes hôteliers du Groupe
Intercontinental. Néanmoins, je tiens à
préciser que chez Answer Sécurité nous
sommes fiers de tous nos clients. Ils nous
font confiance et nous en sommes
chaque jour très honorés 
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INTERVIEW
Magali COULON
Responsable Communication
Groupe ETIC
 Quelle est l’identité du Groupe ETIC ?
Le Groupe ETIC est un prestataire de services d’origine marseillaise mais dôté d’une
implantation nationale. Nous sommes positionnés sur plusieurs types d’activités qui sont
complémentaires. Nous célébrons nos vingt ans cette année. Le Groupe ETIC compte,
aujourd’hui, près de 1600 salariés tous en CDI, spécificité du groupe. Cela représente
environ 650 équivalents temps plein.
 Pouvez-vous nous offrir un panorama des diverses filiales du Groupe ETIC ?
Nous avons démarré avec la création de la filiale ETIC Sécurité, spécialiste de la sécurité
incendie et de la sûreté. Depuis, nous avons également développé une activité de
télésurveillance en nous appuyant sur notre PC de sécurité qui fonctionne H24. La filiale
ETIC Sécurité est basée exclusivement sur Marseille et Nice.
Nous avons ensuite développé l’activité d’accueil externalisé en entreprise, qui n’existait
pas encore sur Marseille. Le Groupe ETIC a donc été le pionnier du développement de
cette activité sur la région. Pour vous dire quelques mots sur la filiale ETIC Accueil, cela
consiste en la gestion de l’intégralité d’un poste d’accueil en entreprise (accueil
physique et téléphonique, gestion du courrier, des déplacements, des réunions, etc.).
Nous proposons des services personnalisés en totale adéquation avec les besoins et les
spécificités de nos clients. Nous tenons vraiment à ce que l’ensemble de nos services
soient sur mesure.
Au sein de la même filiale, nous avons par la suite développé la partie accueil
événementiel. Notre force est de fournir des prestations d’hôtes et d’hôtesses d’accueil
encadrés, briefés, formés et identifiables grâce au port d’un uniforme. Nos clients
peuvent faire appel à nous pour tout type de manifestation que ce soit un événement
sportif, une soirée, une foire, un congrès ou un colloque dans le cas du SECEM, par
exemple. Notre personnel est formé pour adapter la communication et la gestion des
situations de manière différenciée selon le profil des visiteurs (VIP, Institutionnels,
délégations de pays, grand public…). Ces spécificités sont toujours évaluées et
appliquées selon les besoins du client.
Groupe ETIC, un
prestataire de services
Spécialisé dans :
L’accueil en entreprise
L'accueil événementiel
Le conseil et la
formation
La sécurité
Les centres d’appels
www.etic-groupe.com
[email protected]
6, rue Anne Gacon
13016 Marseille
Géographiquement, cette activité
s’exerce
sur
Marseille,
Paris,
Montpellier et Nice. Nous sommes
également en train de nous
développer sur Lyon. Par ailleurs, il
est important de souligner qu’un
autre métier est en train de faire sa
place à l’intérieur de cette filiale,
ETIC Accueil. C’est le métier de la
conciergerie d’entreprise en pleine
expansion actuellement.
Dans le cadre des services en
matière d’accueil et de sécurité,
nous avons mis en place un
organisme de formation interne :
ETIC Conseil. L’objectif premier était
de former l’ensemble de notre
personnel : les hôtes et hôtesses
d’accueil ainsi que les agents de
sécurité et de sûreté. Puis, les
obligations en entreprise ayant
évoluées en matière d’initiation aux
risques incendie, nos formateurs se
déplacent à présent chez nos
clients
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clients pour réaliser des formations sur la prévention des risques incendie (exercices d’évacuation, guide-file / serrefile, manipulation d’extincteurs, sauveteur secouriste du travail…). Au sein de la filiale ETIC Conseil, nos experts
réalisent également des prestations de conseil et de coordination incendie. Ils préparent notamment un bâtiment
au passage de la Commission de sécurité par exemple. De ce fait, nos formateurs sont très mobiles et se déplacent
sur l’ensemble du territoire national.
Enfin, notre dernière activité est née en 2006. Il s’agit du centre
de relation client : Alta ETIC. C’est une plateforme téléphonique
divisée en plusieurs pôles d’expertise. Elle est basée sur Marseille
mais, nous travaillons avec des entreprises réparties sur toute la
France. Le premier s’adresse aux bailleurs sociaux : nous
centralisons l’ensemble des appels des locataires et traitons leurs
réclamations. Le second est le pôle standard déporté : nous
réceptionnons les appels de différentes entreprises puis
transférons ces appels aux personnes demandées ou leur
adressons des messages. Le troisième est le pôle santé : nous
travaillons pour des mutuelles et nous sommes donc en contact
avec leurs adhérents pour les renseigner sur leurs dossiers.
Le denier pôle est plus technique, notamment en ce qui concerne le secteur bancaire au travers de toute la
gestion des tickets d’incidents et problèmes techniques au niveau des agences bancaires.
 En quelques mots, quelles sont les valeurs représentatives du Groupe ETIC ?
Une organisation stricte officialisée par des certifications et une ambiance de travail décontractée, une manière de
vivre et de vendre le « travailler sérieusement sans se prendre au sérieux » qui s’exporte et se diversifie 
Villa Méditerranée à Marseille
Answer Sécurité et le Groupe ETIC,
deux soutiens à l’organisation du colloque SECEM
du 18 juin dernier.
Hôtesses d’accueil du Groupe ETIC le jour du colloque
Agents de sécurité Answer le jour du colloque (à gauche et à droite)
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PORTRAIT
D’ENTREPRISE
BEWEIS
La traçabilité sécurisée !
Spécialisée dans la technologie RFID
www.beweisrfid.fr
Insérer une clé pour démarrer un véhicule, badger pour accéder à un bâtiment ou une salle. Nous utilisons, sans en être toujours
conscient, des technologies de capture automatique de données basées sur les ondes et rayonnements radiofréquence. Et si
tout citoyen lambda les utilise quotidiennement de manière naturelle, les entreprises, elles aussi, sont de plus en plus tentées de
se tourner vers cette technologie.
Mais alors qu’est-ce que vraiment la technologie RFID ?
Pour le comprendre plus simplement, Jacky CATONIO, l’un des actionnaires et dirigeants de la Société Beweis, nous en donne sa
définition : « La Technologie RFID se base sur des puces électroniques que nous mettons dans des objets ou des matériaux.
Celles-ci ont une faculté de mémoire où sont intégrées des informations pour assurer la traçabilité ».
La Société Beweis est née en 2007 à l’initiative de trois créateurs issus de milieux différents : l’industrialisation des systèmes
d’informations, l’encodage informatique et le milieu industriel représenté par Jacky CATONIO qui a accepté de nous présenter
la Société Beweis pour le SECEM Magazine.
C’est une entreprise spécialisée dans la fourniture de produits et de systèmes de traçabilité sécurisée basés sur la technologie
RFID. Elle propose des services de création de logiciels ayant la capacité de discuter avec des puces RFID et des logiciels de
traçabilité sécurisés soit pour des process, soit pour les objets à haute valeur ajoutée. Ses produits sont utilisés dans le cadre de
suivi de documents sensibles, de suivi de produits médicaux, de sécurisation, de contrôles qualité, de procédés de fabrication et
pour lutter efficacement contre toute tentative de contrefaçon. Parmi les nombreux secteurs d’activité qui lui font confiance, on
retrouve le nucléaire, l’aéronautique, la défense. Pour ne citer qu’un de ses nombreux services aux entreprises, elle distribue
notamment une solution rendant impossible la contrefaçon des radios de contrôle des soudures dans les industries nucléaires ou
pétrochimiques.
Ses nombreux brevets déposés lui ont permis de confirmer sa place sur
le territoire national et de s’ouvrir petit à petit à l’international : « On
travaille particulièrement en France mais, il est vrai que nous avons
désormais une réelle stratégie à l’international. On a tout récemment
fait le choix d’approcher deux pays spécifiques à savoir l’Angleterre et
l’Allemagne ». Ainsi, sa capacité à développer des solutions sur mesure
pour chacun de ses clients la place comme une société innovante et
dynamique. Et Jacky CATONIO le confirme « On doit en permanence
innover pour développer des solutions sur mesure. C’est ce qui fait notre
force ».
S’il est clair que la RFID est une technologie d’avenir, la Société Beweis,
elle aussi, compte de beaux jours devant elle 
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INTERVIEW
Sébastien LECOMTE
Président de PACWAN
 Parlez-moi de l’historique de la société et des nombreuses premières
technologies pour lesquelles PacWan est à l’origine ?
Le nom « PacWan» est une entité qui existe depuis 1995. Entre 1995 et fin 2010,
un certain nombre d’événements se sont produits autour de cette entreprise
et en particulier de nombreuses fusion-acquisition, rachat et relance de
l’activité sous le nom de PacWan. Sur tout ce parcours, PacWan a été
historiquement le premier fournisseur provincial d’accès internet. En 2003,
PacWan est relancé par trois salariés et par la Société B3G Télécoms à 50%.
La société est devenue le premier fournisseur de téléphonie sur IP en mode
Centrex sous forme d’abonnements individuels en incluant toutes les
communications illimitées vers des postes fixes nationaux. Ce fut totalement
innovant en matière de marketing.
Durant ces quinze dernières années, PacWan a rejoint plusieurs groupes de
taille importante (PSInet et B3G/Completel/Numéricable). Mais Stéphane
Robert et moi-même avons décidé de racheter le fonds de commerce
PacWan. Nous avions la certitude que l’agence aixoise serait amenée à
disparaître et nous avions l’ambition de créer nous-mêmes une activité. Nous
avons fait le choix de garder la marque PacWan puisque, l’image de
marque de la société a toujours été très bonne. Au 1er Janvier 2011, la
société a repris sa complète indépendance, qui lui permet de se
redévelopper avec un maximum de flexibilité et d’afficher à nouveau ses
valeurs de toujours.
19, Parc du Golf - BP 20114
13793 Aix-en-Provence Cedex 3
0 805 09 2000 / 04 42 97 98 99
www.pacwan.fr
C’est une société qui, tout en gardant la réalité de son passé, regarde plutôt vers l’avenir. Si je parle maintenant de
PacWan depuis notre rachat, je vous dirai que fin 2014, c’est plus de 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires avec
une couverture régionale et nationale et une progression annuelle de 50 à 60 %.
 Pouvez-vous nous décrire et nous présenter les gammes de service que vous proposez ?
Nous intervenons sur quatre univers différents de prestations. L’univers prioritaire, notre cœur de métier, est la
fourniture de liens internet, de gestion de réseaux et de couverture internet pour les entreprises. Pour cette activité,
nous sommes un opérateur de service et un opérateur télécom. Nous produisons nous-mêmes nos services. En
termes de couverture réseau, nous sommes présents sur Marseille, Aix en Provence, Paris, Montpellier et Nantes. Vous
allez évidemment me dire pourquoi Nantes ? Cela s’explique par le fait que nous avons un client historique dans
cette ville depuis 2004 dont, les demandes en la matière étaient nombreuses.
Au niveau de la partie infrastructure, nous sommes tributaires de la division d’opérateur Orange et nous avons créé
des partenariats avec les entreprises, les communautés d’agglomération ou départements qui gèrent les
délégations de service public sur le territoire national. A côté de cela, nous avons également décidé d’investir dans
notre propre infrastructure. Nous avons entrepris pour garder la notion de proximité de tirer notre propre fibre
optique dans la zone géographique de notre siège social à Aix en Provence. Nous y avons raccordé de
nombreuses entreprises car, il y avait un réel besoin de leur part. Tout récemment, nous avons installé la fibre
optique dans toute la zone d’activité Athélia à La Ciotat. De nombreuses entreprises de cette zone d’activité
souhaitaient pouvoir obtenir des débits accessibles par la fibre optique mais, pour des raisons budgétaires,
n’avaient pas encore sauté le pas.
Nous remarquons depuis 2013 une très forte évolution par rapport aux orientations des besoins des entreprises. Elles
externalisent désormais un certain nombre de services dans le Cloud par exemple. De ce fait, elles ont besoin
d’augmenter leur débit symétrique. C’est pourquoi, de plus en plus d’entreprises ont décidé d’intégrer des solutions
de fibre optique dans leurs installations. Aujourd’hui, des petites voire très petites entreprises investissent et ce n’était
pas le cas auparavant.
Un autre grand point de notre activité est la sécurité. Nous prenons en charge toute la partie sécurisation des
données et des réseaux de nos clients. Pour cette partie, nous intervenons en complément de l’installation et de la
mise à disposition d’un boitier de sécurité. Nous effectuons une analyse précise du client au niveau de son audit de
sécurité et nous prenons en charge toute la partie paramétrage, maintenance et suivi du boitier. Enfin, nous gérons
l’externalisation des sauvegardes et plans de relance d’activité. Cela nous est très demandé actuellement. Nous
proposons donc pour cela deux solutions d’hébergement.
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La première, c’est la mise à disposition d’un espace de stockage dans notre salle d’hébergement qui n’est pas un
Datacenter mais qui peut suffire à certains de nos clients selon la criticité des besoins à un tarif moindre. La seconde
possibilité, c’est la mise à disposition d’un espace de stockage dans un des Datacenter avec lesquels nous sommes
partenaires. Etre un Datacenter, à proprement parler, n’est pas un objectif pour nous. C’est donc pour cela que
nous collaborons avec eux et notamment TDF ProxiCenter installé à Aix en Provence.
 Vos services sont-ils faits sur mesure pour coller au mieux à la demande du client ?
Je vous le rappelle, PacWan est un opérateur de proximité. Nous nous présentons vraiment comme un opérateur
alternatif aux géants les plus connus. Nous cultivons cette proximité au travers de notre démarche de prospection
régionale avant tout. Mais je dirai que ce qui fait notre différence réside dans les trois valeurs que nous défendons
depuis des années maintenant : Flexibilité, Réactivité et Proximité. Nous savons être flexibles car, pour répondre à
votre question, nous modulons souvent voire nous créons un service en fonction du besoin et de la demande
spécifique du client. Nous répondons donc à des besoins spécifiques sans être focalisés sur un catalogue produit
limité. Bien au contraire !
 Comment vous démarquez-vous de la forte concurrence qui se joue sur ce marché ?
Je pense que les tarifs ne sont pas les seuls acteurs de différenciation aujourd’hui. Globalement, nous sommes tous
à peu près équivalent. Il ne faut pas se voiler la face. Pour PacWan, il est vrai que le déploiement de notre propre
infrastructure nous supprime un lourd coût lié à l’abonnement. Notre latitude de positionnement est donc conçue
selon cette souplesse tarifaire. C’est tout de même un réel avantage que nous avons. Néanmoins, cela ne fait pas
tout. Sur l’ensemble de l’historique de PacWan, nous n’avons pratiquement eu aucune résiliation. Cette capacité à
garder nos clients fidèles est liée à notre faculté de réactivité, de flexibilité et de proximité dont je parlais tout à
l’heure. Mais aussi de transparence et de confiance ! Nous voulons proposer un tarif préférentiel et un produit de
qualité à nos clients tout en les accompagnant de manière personnalisée. Cela nous permet de réagir le plus vite
possible face à un éventuel dysfonctionnement ou un besoin particulier.
 Vous parliez du Cloud tout à l’heure. Cela effraie
beaucoup d’entreprises aujourd’hui notamment visà-vis du risque d’espionnage industriel qui fait tant
polémique et débat en ce moment. Qu’en pensezvous ?
Aujourd’hui, les entreprises françaises peuvent être
effrayées par l’utilisation du Cloud. Néanmoins, je
pose un constat frappant et c’est là que j’attire
toute votre attention. Comment les entreprises
peuvent-elles savoir si leurs collaborateurs utilisent le
Cloud si rien n’est mis en place en matière de
contrôle et de sécurisation ? Selon le dernier
rapport Ipsos Navista portant sur la sécurité
économique des entreprises, 93 % des sociétés sont
équipées d’un accès internet. Jusque-là rien
d’étonnant, me direz-vous ! Mais sur les 93 % en
question, 82 % permettent un accès illimité à
Internet à l’ensemble des collaborateurs. 9
entreprises sur 10 n’ont donc pas de système de
protection et de contrôle mis en place.
Pour en revenir au Cloud, beaucoup de chefs
d’entreprises peuvent avoir peur de certaines
fonctionnalités sans pour autant être sûrs que cellesci soient abolies dans son entreprise. Je pense que
pour éviter cela, il faudrait commencer par mettre
en place une charte d’utilisation en entreprise. Cela
permettrait
d’expliquer
aux
collaborateurs
comment les données de l’entreprise doivent être
utilisées. Un chef d’entreprise peut également
mettre en place des outils pour sécuriser les
espaces
internet
mis
à
disposition
des
collaborateurs ou tout du moins surveiller et
contrôler ce qui est proposé. Le Cloud peut effrayer
certains chefs d’entreprise, je le conçois.
Néanmoins, bon nombre de propositions de type
Cloud sont disponibles aujourd’hui pour lesquelles
on peut avoir une réelle visibilité sur les données
stockées. Cela je vous le certifie ! 
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Sécurité des entreprises
Faites-vous accompagner
Anticiper et réduire les risques de votre entreprise
Aesatis, société de conseil spécialisée dans la sécurité et la sûreté des
entreprises, vous accompagne pour préserver et pérenniser la compétitivité
de votre activité, à travers des prestations sur mesure destinées à anticiper,
parer et contrer les risques qui la menace.
AESATIS propose prochainement deux rendez-vous gratuits
destinés à sensibiliser les professionnels sur les risques
menaçant les entreprises et sur les moyens qui existent pour
s’en prémunir.
Des rendez-vous interactifs pour échanger
avec un expert AESATIS en protection des
entreprises et en intelligence économique.
Événements gratuits sur inscription
(limité à 20 places par matinée)
Réservés aux professionnels
JE UDI 17 SE PTE M B RE 2015  9H30 À 12H00
I NI TI ATI ON À L’I NTE LLI GE NCE E CONOMI QUE
Toute entreprise, quelque soit sa taille ou son secteur d’activité, doit mettre
en œuvre des mesures pour se développer, soutenir sa compétitivité et la
protéger. Ainsi, l’IE est un outil transversal pour affronter la compétition
multiforme d’aujourd’hui.
Lieu de matinées de sensibilisation
Club du Vieux Port – 3, place aux Huiles
13001 Marseille
Inscription par mail à l’adresse ci-dessous
M ARDI 13 OCTOB RE 2015  9H30 À 12H00
EVALUER ET MAÎTRISER SES RISQUES
Une gestion optimale des risques passe par une étude détaillée des
vulnérabilités et de l’environnement de l’entreprise. Cela permet de mettre
en place des solutions techniques et organisationnelles adaptées.
SECEM Magazine
79 bis, avenue de l’Europe
13127 VITROLLES
04 42 46 20 88
[email protected]
www.aesatis.com
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DOSSIER
MEDITERRANEE
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France – Maghreb, pour des relations bilatérales durables
14
La prévention du risque à l’international
17
Relation de développement entre la Tunisie et la France
20
Le bassin méditerranéen à l’épreuve des immigrations clandestines
21
Appui pour une implantation au sud de la Méditerranée
23
Cas d’une grande enseigne de distribution implantée en Tunisie
26
Destimed – L’info des deux rives
28
L’Avocat, un rôle de conseil et d'accompagnement
30
La coopération en Méditerranée
Claire HANASTASIOU
Jean-Pierre FERRO - Président d’Amarante Amérique Latine & Péninsule Ibérique
Abdallah MELLITI - Président de l’A.D.R.E.C Marseille Tunisie
Claire HANASTASIOU
Jean-Daniel BERNIER - Président de la Commission Internationale de CCI international PACA
Habib CHAOUACHI - Directeur central hygiène sécurité du Groupe Auchan en Tunisie
Michel CAIRE - Rédacteur en Chef de Destimed
Zahir DJAHNINE - Avocat
Pierre-André MASSIS - Délégué Général de l’OCEMO
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DOSSIER
MEDITERRANEE
France – Maghreb
pour des relations bilatérales durables.
La Méditerranée représente une zone stratégique dans la mondialisation des échanges.
Son positionnement géographique la place comme le carrefour stratégique en matière
de commerce et de développement. Historiquement, la France a toujours eu une
relation privilégiée avec les pays africains et méditerranéens. Elle possède le leadership
économique en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Mais pendant combien de temps
gardera-t-elle encore cette position ?
En 2015, près de 2 000 entreprises françaises sont implantées au Maghreb y compris des
grands groupes du CAC 40. Prenons le cas concret du Maroc. Les échanges
commerciaux entre ce pays et la France s’élèvent à plus de huit milliards d’euros. La
France est donc un acteur majeur de l’économie du Maroc dans des secteurs d’activité
variés. Pourtant, la France perd du terrain. Depuis quelques années, les parts de marché
dans ces pays-là sont en pleine érosion même si, la France reste toujours le premier
fournisseur au Maghreb.
La crise économique, la concurrence internationale, les révolutions du Printemps arabe,
la menace terroriste, la faiblesse des PME à l’export affaiblissent considérablement ces
relations bilatérales en matière de commerce notamment. Renouveler les formes de ce
partenariat et le penser autrement pour le renforcer et le pérenniser est donc nécessaire
aujourd’hui. C’est tout l’intérêt de mettre en place un « partenariat gagnant-gagnant »
au travers par exemple d’un système de coproduction. Les pays de la rive sud de la
Méditerranée présentent des avantages sur lesquels les entreprises françaises peuvent
aussi s’appuyer. Cela comporte de nombreux avantages comme la création d’emplois,
l’augmentation du chiffre d’affaires, le transfert de compétences et de savoir-faire, le
gain de compétitivité…
Le Groupe Renault, Safran, et bientôt PSA Peugeot Citroën en ont fait l’expérience et
leur réussite n’est plus à prouver. Et pourtant, en dépit de tout cela, le Maghreb occupe
toujours une place secondaire dans la polarisation de l’économie mondialisée. Pour
pouvoir restaurer une coopération Nord / Sud efficace et productive, il est nécessaire de
sensibiliser les entreprises françaises aux avantages et aux opportunités qu’offrent ces
pays. Pour conserver cette place de leader dans les pays du Sud, il faut aussi investir plus
qu’auparavant dans ces pays du pourtour de la Méditerranée. Une vraie réflexion
stratégique doit être prise en compte par les chefs d’entreprise français concernant
cette question d’implantation en Méditerranée.
Mais bien évidemment, pour attirer les entreprises étrangères il faut également leur
garantir une certaine sécurité. En effet, la Méditerranée est une zone de
développement, accessible pour qui contrôlent ses risques. Non pas que celle-ci soit un
endroit géographique plus risqué qu’un autre, mais une implantation implique fortement
l’image et la compétitivité d’une entreprise. De plus, dans le contexte géopolitique et
économique international, la sûreté des entreprises où qu’elles se trouvent est un enjeu
et un impératif majeur. C’est pourquoi cette coopération est aussi axée sur les questions
de sécurité 
Claire HANASTASIOU
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DOSSIER MEDITERRANNEE
 La prévention du risque
à l’international
 Quel a été votre formation et votre parcours professionnel avant d’être à
votre poste actuel ?
Ancien élève de l’Ecole Supérieure des Officiers de la Police Nationale et
diplômé de l’INHESJ (Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de
la Justice), j’ai effectué ma carrière au sein de la Brigade de Recherche et
d’Intervention de la Police Judiciaire, la « Brigade Antigang » de Paris, où j’ai
participé à la lutte contre le grand banditisme dans les années 80-90.
Rencontre avec
Jean-Pierre FERRO
Président d’Amarante
Amérique Latine & Péninsule
Ibérique, filiale d’Amarante
International
Après avoir commandé les groupes opérationnels à la Section
Opérationnelle et Recherches Spécialisées (Lutte contre ETA) à Paris entre
1993 et 1999, j’ai été nommé à Madrid, auprès du Secrétariat d’Etat
espagnol à la sécurité, pour le compte de l’Unité de Coordination de la
Lutte Anti-terroriste (UCLAT). J’ai notamment participé à la mise en place
des premières équipes communes d’enquêtes européennes.
D’octobre 2002 à juin 2005, j’ai été chargé de diriger l’antenne anti-drogue
de l’OCTRIS basée en Colombie, compétente sur tous les pays d’Amérique
du Sud et d’Amérique centrale. J’ai opéré en priorité contre le trafic de
drogue, le crime organisé, le kidnapping et la fausse monnaie, en relation
avec Interpol, Europol, Eurojust, mais aussi la DEA, la CIA et le Secret Service.
Actuellement, je suis le Président d’Amarante Amérique Latine & Péninsule
Ibérique, filiale d’Amarante International. Dans le cadre de cette fonction,
je suis donc amené à échanger régulièrement avec de nombreux
dirigeants de sociétés du CAC 40 et de l’IBEX espagnol afin d’élaborer les
stratégies nécessaires à leur développement dans des zones à sécurité
dégradée.
 Quelle est l’histoire de la Société Amarante ?
La Société AMARANTE est née en 2007. Alexandre HOLLANDER et PierreAntoine LORENZI en sont les fondateurs et les actionnaires historiques. Très
vite, elle a pris une place importante sur le marché de la sécurité, de la
sûreté et de la prévention du risque à l’international.
Je pense que cette rapide ascension est due à la qualité des experts qui
l’ont composée au départ. Il y avait là, en effet, de nombreux membres des
forces de sécurité de l’état, mais également des experts venus d’autres
horizons. De par nos spécialités personnelles et adaptées au monde de
l’entreprise, nous avons, je pense, séduit nombre de grandes entreprises et
certains organismes d’état.
 Dans quels pays opère Amarante ?
A partir de ses 20 filiales ou régions, à travers aussi des missions ponctuelles,
Amarante opère aujourd’hui dans le monde entier. En Afrique, (Nigeria,
Congo, Angola, Sénégal, Tchad…) au Moyen Orient (Algérie, Liban, Irak,
Golfe…) en Russie et dans les pays Baltes, en France et en Espagne et bien
sûr en Amérique Latine où nous avons une couverture très forte (Venezuela,
Colombie, Brésil, Chili, Pérou, Panama, Mexique...).
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 Quelle est votre expertise ?
Notre expertise porte sur tout ce qui attrait à la protection des entreprises dans les zones à sécurité dégradée mais
aussi à celle des technologies et des systèmes de communication dans des secteurs à risques. Toute notre expertise
et nos compétences pourraient s’orienter autour de la question suivante : « Comment une entreprise peut-elle
protéger à la fois son personnel, son image, ses actifs, ses matériels, tout en essayant de mener à bien un projet
d’envergure dans un pays à risques avec les difficultés sociales, locales et les dangers qui l’entourent ? »
Nous essayons vraiment d’abriter l’entreprise sous une sorte de parapluie de protection et de sûreté. Cela passe en
amont par la rédaction de procédures puis ensuite, par la mise en place de prestations adaptées à la situation de
sûreté de la zone. La sûreté, c’est essentiellement l’anticipation.
Un autre aspect des services d’Amarante, c’est la formation. Certains états font appel à nous pour former certaines
de leurs unités. Vous savez qu’aujourd’hui, les relations bilatérales sont de plus en plus difficiles à établir, les pays
rechignent à envoyer leurs formateurs par les temps qui courent. Donc aujourd’hui, les états font davantage appel
à des sociétés privées pour former leurs unités. De ce fait, nos experts forment certaines forces de sécurité
concernant, par exemple, leur capacité de recrutement ou leur encadrement opérationnel.
Nous accompagnons aussi les grandes
compagnies aériennes dans les pays où c’est
nécessaire sur toute la partie contrôle
documentaire et filtrage. Vous voyez bien la
sensibilité aujourd’hui des filtres et des
bagages. C’est le cas d’Air France que nous
assistons
dans
plusieurs
pays
(Brésil,
Venezuela, Algérie, Liban, Tchad, Nigéria).
C’est un volet sensible et très demandé
actuellement. Nous avons donc acquis une
vraie expérience et expertise sur la sécurité
aéroportuaire.
Enfin, nous protégeons aussi les entreprises
dans la lutte contre la cybercriminalité. Cette
cellule est capable de déceler les intrusions,
d’établir les protocoles en matière de
sécurisation des informations de l’entreprise
et capable d’anticiper une attaque sur un
réseau d’informations d’entreprise.
 A qui ces prestations sont-elles destinées ?
Elles sont destinées aux entreprises et plus précisément aux grands groupes mais aussi aux PME, généralement de
taille importante. Nous mettons en place également des solutions gouvernementales. Dans ce cas, ce sont des
solutions mixtes, ce n’est plus de la sécurité privée.
 Comment intégrez-vous la dimension de l’éthique au sein de ces prestations?
La Société Amarante est une société qui dispose pour certaines de ses prestations (on pense au domaine spatial)
de la classification « confidentiel défense ». Comment conserver la confiance des entreprises dans des secteurs
souvent sensibles et confidentiels sans manier l’éthique dans notre profession et notre manière de travailler ? Cela
serait totalement anachronique.
L’éthique est donc consubstantielle à notre activité. Nous ne pouvons pas vendre des solutions de sécurité sans
appliquer un minimum de règles dont, l’absence nous serait immédiatement reprochée. Nous travaillons dans des
pays sensibles où les droits de l’Homme ne sont, parfois, pas respectés et où la violence est très élevée. Dans ces
contextes difficiles, nous sommes obligés d’installer un cadre moral et éthique extrêmement précis. Nous adressons
de manière régulière des notes en ce sens à tous nos cadres.
 Drogue, crime organisé, kidnapping, fausse monnaie… De par votre expérience pouvez-vous dire que ces
menaces touchent aussi l’entreprise ?
Oui, bien sûr ! Cela les touchent forcément. Dans les pays d’Amérique latine où le transport de drogue est
important, si une entreprise n’est pas préparée à anticiper les questions de contamination des conteneurs, par
exemple, alors il y a un risque. On a connu des entreprises qui avaient ce type de problème.
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Elles ont perdu toute crédibilité et pourtant, elles n’y étaient pour rien. Concernant le problème de la drogue, nous
sommes très en alerte sur ce sujet sur le continent sud-américain. Pour le crime organisé, c’est aussi très actuel. Vous
savez que de plus en plus, et de manière inconsciente, les entreprises attirent le crime organisé. Celui-ci est très
désireux de s’infiltrer dans l’honorabilité d’une entreprise pour blanchir sa réputation et son argent. Nous y sommes
très attentifs. Le monde bancaire lutte aujourd’hui contre les flux non identifiés. Nous aidons donc aussi les
entreprises et les banques à vérifier le circuit de l’argent.
Un autre risque bien présent en Amérique latine est le kidnapping. Il peut être d’origine politique ou d’origine
crapuleuse. Nous aidons nos clients, confrontés à ce problème, à gérer au mieux ce type de difficulté. Nous
disposons pour cela de nos propres négociateurs. Ces enlèvements ou kidnapping sont très dangereux car, les
choses peuvent s’envenimer très rapidement en fonction des réactions des uns et des autres. Elles supposent donc
de notre part, une réponse immédiate dès que nous sommes informés et la mise en place le plus tôt possible de nos
négociateurs.
 Pensez-vous que le terrorisme soit la principale menace pour les pays européens à l’heure actuelle ?
C’est, si je puis dire, notre souci numéro 1. Mais le terrorisme en Amérique Latine n’est pas, par exemple, de la
même nature qu’en Europe ou au Moyen Orient. En Amérique latine, le terrorisme est lié aux questions de drogue et
de contrôle de territoires par les guérillas ou le narcotrafic. Le terrorisme, tel que vous le connaissez, nous y sommes
confrontés dans les pays du Moyen Orient où nous travaillons actuellement. Prenons le cas de la Libye, pays en
déliquescence complète. Les entreprises ont des demandes ponctuelles et claires pour y aller. Or, le fléau de l’Etat
Islamique touche les entreprises aussi bien que les personnes. Pour les personnes, cela représente le risque
d’enlèvement et de trafic d’êtres humains par le kidnapping. Pour les entreprises, c’est l’empêchement d’opérer.
La Libye qui tire 90 % de ses ressources de sa production pétrolière est totalement bloquée à l’heure actuelle. On se
retrouve donc avec des sociétés pétrolières ayant investies énormément d’argent et qui ne peuvent plus opérer.
 Vous dialoguez régulièrement avec de nombreux dirigeants d’entreprise et notamment de grands groupes.
Pensez-vous qu’ils soient suffisamment sensibilisés aux risques à l’international et aux risques pays ?
Cela dépend, il y a plusieurs niveaux. Il y a des sociétés internationales qui n’ont aucune culture de la sûreté et qui
n’ont donc pas pris en compte, ou très peu, l’impact sécurité dans leur activité. Il y a des sociétés extrêmement
sensibilisées qui prennent toutes les dispositions nécessaires en matière de sécurité et de sûreté. Puis, il y a celles qui
se situent entre les deux attitudes. Elles gèrent la sûreté au coup par coup, pour des raisons de culture, de budget
ou parfois de méconnaissance du risque. D’une manière générale, progressivement les grands groupes deviennent
suffisamment raisonnables et intègrent le facteur risque dans leur fonctionnement. Il en va de leur image, de leur
économie et parfois de la survie de leur entreprise. De fait tous, ou presque, ont maintenant intégré ou créé une
direction de la sûreté positionnée au plus haut niveau de l’organigramme.
La difficulté réside encore au sein des petites et grosses PME. C’est souvent une question d’organisation et
d’information. Les PME et les ETI, ne pensent pas avoir la structuration nécessaire, l’approche et parfois le budget
pour anticiper les questions de sûreté. Il y a là un gros travail pédagogique auquel, Amarante commence à
s’attaquer : convaincre les PME et ETI que le poste sûreté est un investissement comme les autres. Actuellement, la
crise aidant, les PME sont bien souvent obligées de se projeter à l’international. C’est un enjeu capital pour elles de
pouvoir le faire en toute sécurité.
 Mais faut-il vraiment avoir un gros
budget pour se sécuriser ?
Je ne suis pas d’accord avec l’idée
que se sécuriser coûte cher. La
conscience du risque, elle, ne coûte
rien. Nous pouvons faire beaucoup de
choses en matière de sûreté avec des
budgets souvent faibles. Sensibiliser les
voyageurs de l’entreprise avant le
départ, réaliser un Plan Général de
Sûreté, un Plan de Continuité, un
audit, sont des choses très peu chères,
mais qui peuvent planter le cadre
d’une Politique Générale de Sûreté.
Prévenir coûte toujours bien moins
cher que guérir 
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 Relation de développement
entre la Tunisie et la France
 En quelle année a été créé l’A.D.R.E.C Marseille-Tunisie et dans quel
contexte ?
L’Association pour le Développement des Relations Economiques et
Culturelles (A.D.R.E.C) Marseille Tunisie a été créée le 21 avril 2011 à la suite
de la « Révolution du Jasmin » ayant eu lieu le 14 janvier 2011 et qui a
provoqué la chute du dictateur Ben Ali. Elle compte aujourd’hui plus de 200
adhérents.
 Quel est son rôle et ses missions ?
Rencontre avec
Abdallah MELLITI
Président de l’A.D.R.E.C
Marseille Tunisie
www.adrec-marseille-tunisie.kazeo.com
L’A.D.R.E.C a plusieurs missions que sont l’encadrement de la communauté
tunisienne dans le sud de la France, la promotion des relations
économiques, culturelles, touristiques, sportives et de la solidarité entre la
région du grand Marseille et la Tunisie. Elle a également à charge de
promouvoir la ville de Marseille, riche de 2 600 ans d’histoire tout comme ce
petit pays qu’est la Tunisie, riche lui aussi de plus de 3 000 ans d’histoire.
 Organisation de manifestations économiques, développement de projets,
actions de médiation… Les domaines d’action de l’A.D.R.E.C sont très riches
et diversifiés. Pouvez-vous nous donner un cas de réussite de projet dont
vous êtes particulièrement fier ?
Les manifestations culturelles sont nos actions principales. Nous avons
également un volet économique qui a pour objectif d’augmenter les
investissements extérieurs en Tunisie. Vous savez que la Tunisie a plus que
jamais besoin de cela en ce moment. C’est pourquoi, nous accompagnons
les projets pour la Tunisie. Pour revenir à nos actions, la manifestation dont
nous sommes fiers au demeurant est l’événement « Tunisie en Provence ». Il
a lieu tous les ans au mois de novembre depuis son lancement en 2011. Le
rendez-vous « Tunisie en Provence » est organisé en collaboration avec la
ville de Marseille, le Consulat Général de Tunisie à Marseille, le Ministère de
la Culture en Tunisie, Tunisair Marseille et l’office tunisien du tourisme. Cette
manifestation s’enrichit d’années en années. Nous avons pour souhait de
faire jaillir les traditions, us et coutumes. Nous voulons avoir une empreinte
méditerranéenne et pas seulement tunisienne. Notez qu’elle rassemble déjà
plus de 200 à 300 personnes chaque année.
Cette année, c’est une manifestation particulière pour nous, puisqu’elle est
marquée par l’adoption d’une nouvelle Constitution donnant naissance à
la 2ème République et l’instauration d’une démocratie ce qui est pour ainsi
dire une première dans le monde arabe. Nous organisons donc une « Tunisie
en Provence » remarquable. Vous verrez en temps voulu le résultat.
 Les notions d’éthique et de solidarité sont transparentes au sein de vos
missions. Quelles sont les autres valeurs importantes partagées au sein de
l’A.D.R.E.C ?
Depuis sa création, l’A.D.R.E.C n’a pas cessé de rassembler et réunir la
communauté tunisienne. Vous savez, il y a un nombre non négligeable
d’associations franco-tunisiennes très dynamiques et actives dans la
communauté internationale.
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Néanmoins, je les trouvais éparpillées voyez-vous. Nous avons donc créé un collectif d’associations francotunisiennes. Aujourd’hui, nous comptons une fourchette d’une quinzaine d’associations dont, le but est de créer une
véritable diaspora, de mutualiser nos manifestations et d’enrichir nos activités. Donc, pour revenir à nos valeurs, je
dirai que ce sont tout simplement les valeurs de la République à savoir l’encadrement de la famille, de l’enfance,
de la jeunesse. C’est notre part de responsabilité pour favoriser leur intégration, leur inculquer à travers nos activités
les valeurs de la République. Au sein de l’A.D.R.E.C, nous comptons hommes et femmes de tous secteurs d’activité
et de toutes catégories socioprofessionnelles. Beaucoup apportent leurs concours et leurs compétences afin de
faire barrage à la délinquance, à l’échec scolaire et aux multiples conflits sociaux de tout genre. L’ADREC souhaite
également apporter son soutien aux familles immigrées et les aider à mieux appréhender le concept d’intégration
et d’insertion. Au travers de nos actions, nous voulons véhiculer les vraies valeurs de la République à savoir Amour et
Solidarité. Telle est la devise de l’A.D.R.E.C.
 Le SECEM souhaite mettre en valeur la nécessité d’un partenariat public privé. Pensez-vous qu’un tel partenariat
permettra d’augmenter le flux d’échanges entre la France et les pays du bassin Méditerranéen ?
Vous savez, j’ai eu la chance de passer une grande partie de ma vie ici à Marseille. Cela fait maintenant 45 ans
que je suis en France. Je ne manque pas les grandes œuvres que ce soit en France ou en Tunisie qui ont pour but
de renforcer le positionnement de la France et de la Tunisie comme un carrefour économique en Méditerranée.
Pour moi, il est évident qu’un partenariat public-privé augmenterait les échanges entre nos pays et d’une manière
générale entre les pays du pourtour méditerranéen. La reconnaissance d’une croissance commune est très
importante pour nous. Un partenariat « gagnant-gagnant » favoriserait les échanges et cela malgré les problèmes
politiques et les menaces apparentes. Pour moi, ces entreprises construisent la Méditerranée du 21e siècle et
continuent d’avancer ensemble. Dans le sud de la France, on reconnait déjà que les pays du Sud sont
extrêmement présents dans la stratégie des entreprises françaises. Il y a une réelle volonté d’aller chercher un
marché de proximité notamment au Maghreb. Les entreprises françaises préfèrent aller dans les pays du Maghreb
plutôt qu’en Chine ou en Russie, cela va de soi.
Autre chose, il faut que les entreprises publiques embarquent avec elles les PME et TPE dans une logique de
marché. Malgré les bouleversements géostratégiques, il faut que les relations d’affaires continuent de se tisser et de
se renforcer. A mon sens, il faudrait adopter un nouveau partenariat public-privé qui répondrait aux nouvelles
normes de progrès et de développement et qui soutiendrait les métiers d’avenir notamment en faveur de nos
jeunes dans les deux rives de la Méditerranée.
 La France reste en 2013 le premier partenaire commercial de la Tunisie, avec un volume total d’échanges
d’environ 7,46 Mds €. Que pensez-vous de ce chiffre ?
C’est exact et je vais même vous dire mieux. Concrètement, la Tunisie réalise 80 % de ces échanges commerciaux
avec l’Union Européenne et une grande partie, presque les trois quart, avec la France. Le port de Marseille est pour
nous le premier port de la Méditerranée. Vous n’avez qu’à voir la présence majoritaire de la flotte commerciale
tunisienne dans ce port. La Tunisie est le partenaire commercial privilégié de la région Provence Alpes Côte d’Azur.
Au demeurant, la Tunisie est donc le premier partenaire de la France en matière d’échanges commerciaux.
L’année 2014 a été symbole d’une relance des échanges commerciaux grâce à la transition politique. La situation
de la Tunisie donne de nombreux signes de reprise palpables. On est sur un bon rythme de croisière pour
développer les relations commerciales entre la Tunisie et la France.
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 Pour finir, si vous aviez un argument à donner aux entreprises françaises pour les inciter à s’implanter en Tunisie,
lequel se serait ?
Je crois en mon fort intérieur que les entreprises françaises sont conscientes des atouts de la Tunisie. C’est un petit
pays stable, dynamique et compétitif. Le climat d’investissement y est très favorable. Le cadre législatif est propice
aux investissements et offre des coûts de production minimes. La Tunisie propose également des tarifs
exceptionnellement bas en matière d’énergie. Puis concrètement, c’est très simplement l’avantage de la présence
de la langue française en Tunisie. C’est une proximité formidable avec la France, puisqu’aujourd’hui en 1h20 vous
êtes en Tunisie par avion. Les chefs d’entreprise sont aidés par les accords bilatéraux en matière d’investissement
extérieur. La Caisse Française de Développement est là pour accompagner les entreprises françaises à financer
certains projets industriels de joint-ventures. Tout est structuré et encadré. Je pense qu’il y a beaucoup de
possibilités favorisant et incitant les entreprises françaises à aller s’installer là-bas.
La Tunisie est à seulement 800 kilomètres de Marseille. S’il n’y avait pas la mer, elle serait sa voisine. Il faut développer
davantage le contact. Cette proximité est très importante. Nous avons du personnel de plus en plus qualifié
notamment dans les domaines de service, des NTIC.... Je finirai par dire que l’A.D.R.E.C demeure à l’écoute de
toutes les entreprises qui en ont le besoin pour les accompagner dans cette démarche. Nous travaillons également
en ce sens. Je reviens de Tunisie, il y a peu, pour accompagner l’installation d’une entreprise de fibre optique dans
la région de Bierte.
 Outre votre fonction de Président de l’A.D.R.E.C, vous avez également été Responsable économique et culturel
au Consulat Général Tunisien à Marseille. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté dans votre fonction
actuelle ?
J’ai été chargé du poste d’Attaché économique et culturel au sein du Consulat Général de Tunisie pendant deux
décennies. Cette expérience m’a permis d’acquérir des connaissances bien sûr mais aussi, des compétences
forgées sur le terrain grâce en partie aux accords bilatéraux de coopération décentralisée établis entre la région du
Grand Marseille et la Tunisie. Et puis, c’est en quelque sorte, cette expérience qui a fait naître l’Association pour le
Développement des Relations Economiques et Culturelles (A.D.R.E.C Marseille-Provence-Tunisie) 
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Le bassin méditerranéen à l’épreuve des
immigrations clandestines
A l’ordre du jour, la question migratoire occupe les medias et bouscule l’opinion
publique. Pour de multiples raisons économiques et géopolitiques, l’Union Européenne
est devenue le premier continent de l’immigration.
En 2014, le taux d’immigration a augmenté de 170 % par rapport à 2013. Selon un récent
communiqué publié par l’Agence des Nations Unis, on dénombre plus de 2 500
personnes décédées ou disparues pendant la traversée depuis le début de l’année
2015 et près de 21 344 depuis 2008 selon le site italien Fortness Europe. L’Europe fait donc
face à un nouveau défi considérable, d’autant que ces chiffres sont souvent en dessous
de la réalité.
S’il est facile de dresser des barrages sur les terres, cette initiative s’avère beaucoup
moins réalisable en mer. En effet, de par le renforcement des contrôles aux frontières et
aux points de passage stratégiques, les espaces maritimes sont devenus les nouveaux
lieux de l’immigration clandestine.
Hommes et femmes, de classe moyenne, sont de plus en plus intéressés par ces
traversées risquées, dangereuses et coûteuses. En 2014, plus de 130 000 migrants sont
arrivés sur les côtes méditerranéennes. C’est deux fois plus qu’en 2013. Les passeurs sont
de véritables criminels faisant partie de bandes organisées. Ils mènent leurs affaires
criminelles au prix de milliers de vies humaines sacrifiées. Ces migrations sont source de
criminologie par essence. C’est un des principaux trafics en matière de criminalité dont
l’argent « sale » vient impacter le système économique du pays.
Aujourd’hui, la Libye est devenue la plateforme tournante de l’immigration. L’Italie
notamment avec la région de Lampedusa sous la gouvernance de Berlusconi et la
Lybie de Kadhafi avaient conclu un accord interdisant à tout migrant de quitter le
territoire libyen. Mais depuis la révolution libyenne et la chute de Kadhafi, ces frontières
ne sont plus surveillées et cela permet donc un libre accès aux migrants. Erythrée, Syrie,
Mali, Nigeria, Gambie, Somalie, Egypte…Nombre de ces pays sont à l’origine de
l’immigration clandestine touchant la Méditerranée. Pour fuir la violence et la pauvreté,
ces hommes et femmes sont prêts à mettre leur vie en danger dans des embarcations
précaires et délabrées. Absence d’intervention en Syrie, perpétuel guerre interne, force
de croissance démographique expliquent et alimentent le flux d’immigrants clandestins.
Face à l’urgence de la situation et aux drames liés à l’immigration clandestine, il faut
comprendre que le problème est devant nous. Pour essayer d’enrayer ce phénomène,
un véritable SOS a été lancé aux chefs d’état et gouvernements internationaux. Les
moyens traditionnels utilisés peuvent être renforcés. Mais seul des moyens exceptionnels
sont nécessaires pour faire cesser cette tragédie en Méditerranée 
Claire HANASTASIOU
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DOSSIER MEDITERRANNEE
 CCI International, un appui
aux entreprises pour une
implantation au sud de la
Méditerranée
 Quel est le rôle et quelles sont les missions de CCI International PACA pour
la Méditerranée ?
Jean-Daniel BERNIER
De par les liens historiques et la proximité, la zone méditerranée est le terrain
de jeux privilégiés des entreprises de la région PACA. En effet, les pays du
pourtour méditerranéen absorbent près de 17 % des exportations régionales
en 2013. L’enquête export CCI International réalisée en juillet 2014 révèle
que 19 % des entreprises du territoire souhaitent exporter vers les pays du
Maghreb, 14 % vers l’Italie, 13 % vers l’Espagne.
www.cci-international.net
Dans ce contexte, les objectifs de CCI International PACA sont de
contribuer, avec ses partenaires locaux à faire de la région PACA la « porte
d’entrée de la Méditerranée ». Il s’agit de créer des partenariats dans la
durée, de favoriser les investissements réciproques et de développer les
échanges commerciaux entre entreprises.
Rencontre avec
Président de la Commission
Internationale de CCI
international PACA.
 Concrètement, par quels moyens et dispositifs CCI International
accompagne les entreprises françaises dans leur démarche de
prospection, d’implantation, d’investissements à l’étranger ?
Les réseaux : parce que les affaires en Méditerranée nécessitent d’avoir de
bons interlocuteurs et les bonnes adresses, CCI International s’appuie sur un
réseau de partenaires locaux et étrangers pour compléter son
accompagnement. Ainsi, Business France et les CCI Françaises à l’étranger,
les unions patronales ou encore les Chambres de Commerce locales sont
des relais fiables et indispensables pour ouvrir les portes aux entreprises.
Un programme d’actions : plus de 200 entreprises sont accompagnées sur la
zone Méditerranée chaque année. En 2015 : sont au programme,
l’organisation de 3 pavillons France à l’occasion de 3 salons en Algérie :
-
Salon Pétrole et Gaz à Alger du 3 au 6 mars avec 91 entreprises françaises
exposantes dont 15 régionales;
-
Batimatec, un Salon du BTP en Algérie avec 66 entreprises françaises
participantes dont 6 régionales;
-
Alger Industries, Salon de l’Equipement Industriel et des Services à
l’Industries du 5 au 8 octobre 2015 où 40 entreprises sont attendues.
Il y a également un Forum d’Affaires à Tanger du 15 au 18 novembre 2015
organisé dans le cadre du pôle Med, avec le soutien de la Région PACA qui
mobilisera une vingtaine d’entreprises régionales en rendez-vous BtoB et en
ateliers thématiques.
Une mission d’affaires en Côte d’Ivoire et au Sénégal en est un autre
exemple. Elle se tiendra du 2 au 9 décembre, en collaboration avec la CCI
Paris Ile de France où 10 entreprises PACA et 10 entreprises de Paris-Ile de
France des secteurs TIC, énergies et BTP.
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DOSSIER MEDITERRANNEE
L’offre « Méditerranée » est un accompagnement « clé en main » sur la formule du tout compris. Les entreprises
quelle que soit leur taille, bénéficient d’une préparation avant, d’une prise en charge pendant la manifestation et
d’un accompagnement tout au long de l’année.
 Quels sont les atouts et les opportunités pour une entreprise française d’aller investir ou s’implanter à l’étranger,
dans les pays du bassin méditerranéen en particulier ?
Cela dépend du pays et de l’activité de l’entreprise. Il n’y a pas de règle absolue. Pour être toujours au fait de
l’actualité, CCI International PACA a mis en place un groupe de travail d’experts techniques et de chefs
d’entreprises qui décryptent l’évolution des marchés et alimentent l’analyse des besoins et problématiques
rencontrées dans le monde des affaires pour les pays méditerranéens. Dans la plupart de ces pays, afin d’instaurer
un courant d’affaires régulier, il est important de créer un relationnel basé sur la confiance. Pour cela, le chef
d’entreprise doit se déplacer souvent. Si le courant d’affaires est important et régulier, s’implanter dans le pays
devient le moyen le plus adapté pour pérenniser cet investissement.
 Comment sensibilisez-vous les entreprises qui font appel à vous aux risques pays ? Cette prise en compte de la
dimension géopolitique passe-telle par un système de veille permanent ? Travaillez -vous en étroite collaboration
avec les institutions des pays étrangers (Consulat, ambassades, etc…) ?
L’équipe des experts CCI International PACA est en place pour analyser le projet de l’entreprise et évaluer les
contraintes et les risques techniques, règlementaires et politiques auquel le dirigeant sera confronté. Et, j’insiste sur
l’importance des réseaux et des partenariats inscrits dans le long terme, puisque, CCI International agit, en relation
permanente avec COFACE, les douanes et autres organismes qui traitent de ces questions mais également avec
les institutions à l’étranger qui facilitent les échanges et sont utiles aux entreprises. Des ateliers sur la règlementation,
les techniques à l’export ou la pratique des affaires sont animés par des experts tout au long de l’année. Ils sont
proposés aux dirigeants d’entreprises qui souhaitent en savoir plus.
 Selon vous, les échanges bilatéraux entre la France et
les pays de la Méditerranée sont satisfaisants
aujourd’hui ?
La diversité des économies, des cultures et des langues
qui composent la zone Méditerranée sont des atouts
indéniables qui devraient permettre de peser au sein de
l’économie mondiale. Alors que l’union européenne
connaît actuellement un ralentissement économique et
cherche de nouveaux relais de croissance, les pays du
sud de la Méditerranée présentent de forts potentiels de
ressources naturelles et des secteurs d’activités encore
sous-exploités notamment en termes d’économie
numérique, de traitement des déchets ou encore
d’énergies renouvelables. Seule l’association des savoirfaire industriels, politiques et commerciaux peuvent
générer de la croissance économique des deux côtés
de la Méditerranée à travers des projets ciblés autour de
partenariats gagnants-gagnants.
Ainsi, CCI International PACA, aux côtés des partenaires
locaux et des entreprises régionales, souhaite contribuer
à développer plus encore les échanges et les
partenariats avec les pays du bassin méditerranéen.
Aujourd’hui, en Afrique sub-saharienne, la croissance se
confirme et se diversifie, ce qui devrait permettre le
passage à un véritable développement économique et
social. Les investissements étrangers sur le continent ont
atteint 58 milliards d’euros en 2014. S’appuyant sur ce
constat, et pour permettre aux entreprises régionales
d’accéder à ces marchés porteurs, CCI International
PACA proposera fin 2015, une mission d’affaires en
Afrique sub-saharienne 
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DOSSIER MEDITERRANNEE
 Cas
d’une
grande
enseigne de distribution
implantée en Tunisie
 Quelles fonctions avez-vous occupé par le passé ?
Rencontre avec
Habib CHAOUACHI
Directeur central hygiène
sécurité du Groupe
Auchan en Tunisie
En 2009 après 22 ans de service, j’ai quitté le Ministère de l’intérieur en tant
que Commissaire principal de Police pour rejoindre le secteur privé. Pour
revenir sur cette expérience dans le secteur public, j’ai eu l’opportunité de
travailler dans des brigades de renseignement et d’investigation judiciaire.
Cela m’a permis d’acquérir des compétences intéressantes en matière de
lutte contre toute forme de criminalité. J’ai également été formateur au sein
des écoles de la Police nationale tunisienne pour enseigner et transmettre
mes connaissances dans le domaine des enquêtes et investigations
judiciaires pendant des années.
Ensuite, je me suis retrouvé de nouveau sur le terrain en tant que Conseiller
de Monsieur le Maire de Tunis et en tant que Responsable de la
réglementation générale et de la Police nationale de Tunis pendant six ans.
Mes principales tâches consistaient à lutter contre tout genre d’anarchie à
la capitale et de garantir l’hygiène, la sauvegarde de l’environnement tout
cela dans le respect de la réglementation générale. Ce n’est pas
extrêmement différent de ce que je fais actuellement au sein du Groupe
Magasin Général Auchan.
 Quels sont vos fonctions quotidiennes en tant que Directeur central hygiène et sécurité du Groupe Magasin
Général Auchan ?
J’occupe ce poste depuis sept ans. Le Groupe auquel j’appartiens compte 4 500 employés avec 85 unités de vente
éparpillées sur tout le territoire tunisien. Notre activité principale est le commerce de distribution de produits
d’alimentation générale et d’articles d’électroménager. Nous sommes visités quotidiennement par des centaines de
milliers de clients. Nous sommes un véritable Etablissement Recevant du Public (ERP). Pour résumer, mes fonctions,
dans un groupe de tel envergure, il est indispensable d’avoir une organisation rigoureuse et un plan minutieux.
A propos de l’hygiène, nous avons toute une équipe d’ingénieurs ayant pour objectif de maîtriser l’hygiène de notre
personnel, de garantir la sécurité alimentaire à partir du respect des bonnes pratiques pour satisfaire notre clientèle et
sauvegarder l’image de marque de notre enseigne. Nous avons un plan d‘action axé sur la mise en place
d’ensemble de procédures pour assurer le HACCP qui est l’analyse des risques et le contrôle des points critiques. Sans
oublier l’aspect formation, assistance, inspection et suivi du personnel.
Nous avons aussi un volet sécurité avec des responsables centraux, régionaux et un chef de sécurité dans nos unités
de magasin. Nous sécurisons tout à la fois : notre personnel, nos clients et notre environnement. Je tiens à souligner
que la sûreté et la sécurité sont deux tâches différentes mais qui convergent vers un même but. Nous entendons par
sécurité, toute action ou mesure prise pour anticiper, prévenir et combatte toute vulnérabilité ou risque accidentel
qui parviendrait de l’intérieur de l’entreprise. Il s’agit de risques caractérisés d’involontaires et d’origine accidentelle.
Cela peut être un problème électrique ou de gaz, par exemple. Pour éviter cela, tous nos magasins sont équipés d’un
système de détection incendie et de moyens d’extinction. De plus, tous nos agents sont formés à la manipulation de
ces moyens et sont formés aux premiers gestes de secours et d’intervention de premier degré.
Puis, nous entendons par sûreté l’ensemble des phénomènes de malveillance qui sont des menaces purement
humaines et volontaires provenant de l’extérieur. Malgré cette différence, la sécurité et la sûreté agissent dans un
même objectif : prévenir et protéger !
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 A quels risques en matière de sûreté, votre groupe est-il donc exposé ?
Il y a plusieurs menaces pour un groupe tel que le nôtre. Escroquerie, fraude, trafic, vol interne et démarque
inconnue… Face à ces menaces, nous agissons à quatre niveaux. Premièrement, nous appliquons une stricte
organisation humaine en matière de lutte contre les risques. Nous sommes dotés de systèmes de protection
électronique sophistiqués tels que la vidéosurveillance, l’antivol et l’anti-intrusion mais aussi morphologique avec le
blindage continuel des structures et issues. Cela passe également par la coordination avec les autorités
compétentes en matière de lutte contre la criminalité. De plus, suite aux récents événements en Tunisie, notre
département a élaboré un plan d’action anti-émeute indiquant les mesures à prendre en cas de perturbations à
savoir qui fait quoi et comment. Le fruit de ce travail est mesuré par la baisse du taux de démarque inconnue d’une
année à une autre.
 Et d’une manière générale maintenant, quels risques touchent la Tunisie ?
Je tiens avant tout à signaler que ces risques ne sont pas spécifiques à notre pays. Nous évoluons dans une pleine
mondialisation, un monde ouvert dans lequel les menaces ne reconnaissent aucune frontière. On peut citer à titre
d’exemple, la cybercriminalité et ces néfastes répercutions sur l’économie matérielle et immatérielle à la fois. Cela
pèse lourd sur la stabilité, l’innovation et même la révolution technologique à travers ces crimes effectués par le
biais des réseaux d’information et de communication. Le commerce parallèle est également un fléau de nature à
paralyser l’économie locale et le commerce légal. Résultat : de nombreuses entreprises finissent par succomber.
Nous le constatons chaque jour en Tunisie comme ailleurs. La contrebande, elle aussi, perturbe toute stratégie et
tout équilibre économique. Elle plonge l’économie dans le chaos et l’incertitude la plus totale. Pour terminer, le
risque de terrorisme fonde la peur de tous. Il paralyse l’économie et risque de freiner le tourisme et plusieurs autres
secteurs d’activité. En Tunisie, il faut prendre en compte la naissance d’un climat de démocratie et des droits de
l’Homme garantie par la nouvelle Constitution suite à la révolution. Cette avancée incroyable pour la population
amène également son lot de risques. La flexibilité et le relâchement du système sécuritaire de l’état permettent de
faire naître une nouvelle génération de crimes et d’atteintes de toutes sortes : hold-up, braquage, cambriolage et
développement du crime organisé.
 Le SECEM Magazine traite des questions
de sécurité économique et de compétitivité
des entreprises. Comment ces thématiques
sont-elles prises en compte par le Groupe
Auchan pour lequel vous travaillez ?
A mon sens, le thème ne constitue pas de
soucis ou de préoccupation primordiale
pour nous. Notre travail fondamentalement
c’est,
le
commerce
de
distribution.
Contrairement aux centres de recherche
scientifique, technologique ou de Propriété
Intellectuelle qui eux sont vivement
menacés. Malgré tout aujourd’hui, nous ne
sommes plus à l’abri de menaces ou
d’atteintes diverses. Notre politique de
marketing par exemple, est très vulnérable.
Nos concurrents et même des malfaiteurs peuvent porter préjudice à notre réputation à travers la captation de
données stratégiques et de données privées de nos clients, de nos fournisseurs et même de nos employés. Sans
oublier l’espionnage de notre stratégie tarifaire, de notre campagne de promotion, et même de nos perspectives
d’implantation à l’intérieur du pays comme à l’international. Notre système de sécurité, en termes d’architecture
informatique, ne peut plus être épargné par les intrusions et l’ingérence de nos concurrents. Toute entreprise est
vulnérable aujourd’hui où qu’elle se trouve dans le monde.
 Comment réagissez-vous face à ce volume de risques important ?
Face à ces menaces, nous adoptons une approche anticipative. Notre système d’information est doté de cadres
hautement qualifiés qui ne cessent de mettre en place des dispositifs sécuritaires pour protéger notre patrimoine
informationnel, conserver et sauvegarder notre savoir-faire. Nous avons une cellule de cyberdéfense qui
accompagne les départements à haut risque élevés à la bonne production du fonctionnement de notre entreprise.
Nos mécanismes sont excellents et sophistiqués. Cela passe par des logiciels d’auto évaluation extrêmement au
point.
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 La Tunisie est un pays qui offre de multiples richesses et opportunités en matière de commerce et d’échange, vous
serez sans doute d’accord avec moi. Quels arguments donneriez-vous à une entreprise française pour l’inciter à
s’implanter ou prospecter en Tunisie ?
Pour moi, encourager les investissements français à venir en Tunisie doit passer inéluctablement par les constations
géopolitiques suivantes. Notre pays a connu une révolution qui a radicalement coupé avec une histoire pleine de
despotisme, de tyrannie et d’injustice. La Tunisie vient de rejoindre le club des pays de liberté, de la démocratie et
des droits de l’Homme. C’est un pays qui intègre et se sert des nouvelles technologies dans tous les secteurs
économiques. La Tunisie est dans une phase de modernisation permanente et quotidienne de ses infrastructures
matérielles et immatérielles pour rejoindre les normes internationales. Elle offre des législations favorables qui ne
cessent d’être améliorées pour créer des modes d’investissement avantageux en y apportant des mécanismes
d’ouverture, d’encouragement et de motivation. La Tunisie bénéficie d’une position géographique idéale pour les
échanges tout en restant proche de l’Europe. Elle peut constituer un véritable trait d’union entre l’Europe et
l’Afrique, continent le plus riche en potentiel économique aujourd’hui.
Tous ces facteurs ne peuvent qu’encourager et ré-encourager nos collègues, amis et investisseurs français à venir
s’intéresser à la Tunisie. Nous sommes bel et bien appelés à les inviter à confirmer leur positionnement sur le marché
tunisien et sur le tissu industriel, économique et commercial. Il ne faut pas perdre de vue que de tout temps, la
France qu’on le veuille ou non, demeure le premier partenaire économique de la Tunisie.
Je finirai par dire que les hommes d’affaire tunisiens et français bénéficient d’une énorme opportunité pour
conquérir le marché africain, symbole de richesse, de fortune et manifestant le plus grand taux de croissance
actuellement 
Monsieur Mohammed BENHAMOU à gauche, Madame Michèle ALLIOT-MARIE au centre et
Monsieur Néjib KARAFI à droite, représentant respectivement le Maroc, la France et la Tunisie,
ont débattu sur le thème de « La géostratégie future des pays du bassin méditerranéen » lors du
colloque SECEM le 18 juin dernier à Marseille.
Retrouvez prochainement le contenu des débats sur le site www.secem.fr
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DESTIMED
L’info des deux rives.
Journal quotidien d’information numérique
www.destimed.fr
Destimed est un journal quotidien d’information numérique (pure player) sur la région ProvenceAlpes-Côte d’Azur. Economie, politique, développement durable, écologie, société… Les
articles sont aussi diversifiés que possible et d’une grande qualité rédactionnelle. Destimed, c’est
aussi la promotion de la Provence de par la mise en valeur de l’art de vivre local et de la Culture
régionale.
6 000 visites en moyenne par jour
190 000 visiteurs par mois dont 90 % de visiteurs nationaux et 10 % du lectorat international fidèle
Destimed tire sa différence de son regard tourné vers la Méditerranée. De la rive Nord à la rive
Sud, Destimed traite de l’actualité et des problématiques de l’ensemble des pays du pourtour
méditerranéen. Montrer que la Méditerranée ne se réduit pas à une actualité tragique est une
volonté de ces journalistes.
Tous sont conscients de l’importance stratégique de la
Méditerranée, qu’ils prônent comme une zone de dialogue et d’échange économique, culturel
et cultuel. C’est une zone de développement économique, un bouillonnement d’idées et de
jeunesse, une utopie positive porteuse de réponses et une possible solution aux effets négatifs de
la mondialisation.
Destimed renseigne sans polémiquer et sait donner son point de vue sans l’imposer. Journal
d’expertise sans jamais tomber dans l’élitisme : Destimed sait rester accessible et ouvert aux
autres car, chacun est expert dans son domaine. C’est un media méditerranéen du local à
l’international, du régional au national. Destimed se veut un espace de réflexion, d’analyse et
d’informations. C’est aussi un site participatif fait pour et par les citoyens. Cet espace de
citoyenneté est développé par l’intervention régulière d’universitaires, de journalistes, de
professionnels de la culture et du monde économique mais aussi de personnalités politiques.
Pour n’en citer que quelques-uns, Fatima ABBAD, Jean-Rémi BARLAND, Gilbert BENHAYOUN,
Alain CABRAS, Marion CARDELLA, Pierre DISTINGUIN, Michel EGEA, Bastien FONTUGNE, Antoine
LAZERGES, Christine LETELLIER, Jacky NAIDJA, Agnès OLIVE, Didier PARAKIAN, Robert POULAIN,
Mireille SANCHEZ, Hagay SOBOL, Lionel TONINI participent à l’aventure Destimed au quotidien.
Entouré du soutien et de l’appui de partenaires publics et privés prestigieux, Destimed fait son
bout de chemin et s’impose désormais comme un site de référence en matière d’actualité en
Région et sur la Méditerranée.
Pour ensemble rendre plus fructueux notre destin MEDiterranéen !
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Michel CAIRE, Rédacteur en Chef de Destimed,
revient pour nous sur l’aventure Destimed
Crée il y a deux ans, comment a débuté l’aventure Destimed ?
Destimed a été créé le 1er août 2013 avec Patricia CAIRE, mon
épouse. Nous sommes tous deux journalistes et nous avons été
rejoints par Philippe MAILLE également journaliste et photographe.
Destimed, c’est la poursuite logique du développement de notre
blog « Désabuzze ». C’est l’enfant de cette première aventure
composée désormais de dix-sept collaborateurs.
Quelle est la ligne éditoriale des articles composant ce site internet
d’informations ?
Nous sommes sur un territoire qui a été Capitale européenne de la
Culture en 2013, qui accueille la French Tech sur Aix-Marseille, qui
sera Capitale européenne du Sport en 2017. Il y a tout un tissu
d’entreprises de nouvelles technologies remarquables. Un des
enjeux, auquel je crois vraiment, c’est de mettre ces découvertes,
ces savoir-faire et ces nouvelles technologies en partage. A mon
sens, la mise en commun est un véritable enjeu de démocratie.
De par nos articles, nous souhaitons relater cette diversité, montrer
cette richesse et mettre en avant cette pluralité existant sur notre
territoire qu’il soit régional ou méditerranéen.
Ce n’est même pas un message, c’est plus une nécessité car, la
richesse est là. Pas plus tard qu’hier soir, j’étais à une manifestation
culturelle organisée dans une petite rue du vieux Marseille. Les trois
religions de la Méditerranée étaient représentées. Tous étaient
réunis autour d’un repas faits de plats spécialement préparés par
chacun des participants pour ce moment d’échange, de partage
et de convivialité. Outre Marseille, quelle ville est capable
d’organiser cela ? Nous voulons être porteur de ce message et se
positionner sur ces enjeux. Avec Destimed, nous sommes
également sensibles à la francophonie qui n’est pas seulement
une langue mais aussi une Culture. Pour moi, être sur ces enjeux-là,
c’est être sur des enjeux de civilisation.
L’autre versant de Destimed, c’est de valoriser une certaine idée
de la citoyenneté. Selon moi, la crise que nous subissons n’est pas,
contrairement à ce que l’on peut entendre, due au fait que les
politiques soient incompétents. C’est la société qui produit les
idées dont se nourrissent les politiques de droite comme de
gauche. A mon sens, notre société a été dépassée par la
mondialisation et elle n’a pas encore réussi à forger elle-même les
réponses à ces questions.
Quel est le parti pris et le postulat de départ du positionnement de
Destimed sur la Méditerranée ?
La Méditerranée est le véritable berceau de la civilisation. Ici se
joue une partie de l’avenir du monde. Ici peut se créer une
nouvelle civilisation comme cela a été le cas à plusieurs reprises.
La Méditerranée de par ses cultures et le dialogue entre celles-ci
peut apporter des réponses et « donner une âme » à la
mondialisation. Mais, le risque existe de voir la barbarie et les
phénomènes de violence
l’emporter avec la montée du
terrorisme et de l’extrémisme. Tous ces replis et ces rejets se
nourrissent mutuellement. Je pense, et c’est la dernière raison, que
Marseille est l’une des rares villes où il y a des communautés sans
communautarisme et un vrai dialogue culturel et cultuel. C’est une
ville où peut se jouer ce champ des possibles en Méditerranée 
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 L’Avocat, un rôle de conseil
et d'accompagnement
 Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
De 1996 à 2008, j’ai exercé en Algérie au Barreau de Tizi Ouzou, en Kabylie.
Depuis 1996, je suis Avocat inscrit au Barreau de Marseille. J'interviens surtout
en France notamment pour le Port de Skikda, la Banque Centrale d'Algérie
et le Consulat Général d'Algérie à Marseille. Il arrive que je sois sollicité par
des entreprises qui souhaitent s'établir en Algérie. J'ai l'avantage de bien
connaître les deux pays et les langues d'usage. Vous devez savoir que
devant les juridictions algériennes comme devant certaines administrations
l'usage de la langue arabe est obligatoire.
 Quel est votre rôle en tant qu’avocat auprès des entreprises qui font
appel à vos services ? Dans quel cadre font-elles appel à vous ?
Rencontre avec
Zahir DJAHNINE
Avocat
04 91 04 65 24
Dans les relations commerciales, que ce soit entre particuliers ou des
personnes morales des deux rives de la Méditerranée, mon rôle est d'abord
le conseil et l'accompagnement. Cela s’applique tant au plan juridique que
relationnel, de la personne ou de l'entreprise qui sollicite les services du
cabinet. Il m'arrive d'accompagner des délégations ou des entreprises
françaises qui se rendent en Algérie pour prospecter des marchés ou pour
résoudre des difficultés. Ensuite, l'intervention peut se faire aussi au niveau
conflictuel et contentieux devant les juridictions algériennes ou françaises.
 Etes-vous d’accord avec l’idée que les entreprises françaises doivent se tourner vers les pays du pourtour de la
Méditerranée et les intégrer dans une réflexion stratégique de prospection voire d’implantation internationale ?
Bien entendu ! Je souscris complétement à cette idée, qui d'ailleurs a été lancée il y a de cela quelques années en
créant l'Union pour la Méditerranée. Malheureusement, celle-ci s'est heurtée dans sa mise en œuvre à des réticences
de certains états du pourtour méditerranéen. Ces Etats ont mis en avant des questions préalables de nature politique,
liées notamment au conflit du Proche Orient. Mais pas que…
Il faut aussi souligner depuis les récents évènements dans les pays arabes, il existe certaines tensions internes dans
cette région du monde. Elles sont induites par des revendications légitimes des peuples en matière politique
(alternance au pouvoir, plus de libertés individuelles et collectives etc.) et en matière sociale également. Souvent, les
transitions n'ont pas abouties et ont donné naissance à des régimes contestés qui ont eu pour conséquences de
diviser les sociétés et créer un climat de quasi guerre civile non propice aux affaires.
Toutefois, il est impératif de faire l'Europe non pas seulement vers le Nord, mais aussi et surtout vers le Sud. La rive Sud
offre largement plus de possibilités de créer des richesses et met en avant des opportunités plus intéressantes pour
l'ensemble des partenaires de cette région. D'ailleurs, lors du lancement de l'Union pour la Méditerranée, je crois me
souvenir que certains pays, dont l'Allemagne, voyait cette initiative d'un mauvais œil.
 En tant qu’Avocat, avez-vous une démarche d’aide et de conseil à ce niveau-là ?
Même si je travaille uniquement avec des entreprises, j’ai travaillé avec des associations et organismes non étatiques.
Je m’explique, il y a une dizaine d’années, j’ai été sollicité par deux associations algériennes avec qui j’ai conclu un
partenariat. Nous sommes partis à deux reprises en Algérie avec une troupe de théâtre, de musiciens de
conférenciers. Cela réunissait une trentaine de personnes. Nous avons réussi à rassembler sur place le Maire de la ville,
le Préfet et des directeurs de banque notamment. La Culture a servi de prétexte à fédérer les gens et à « rapprocher
les deux rives », nom donnée à l’association qui est née de ce partenariat. Le bilan de cette initiative, c’est que cela
a permis de créer des passerelles et d’intensifier les échanges entre l'Algérie et la France.
Ce type de manifestation permet de se découvrir, de mieux se connaître, de sortir des clichés souvent éculés et
véhiculés par les médias et qui ne correspondent pas vraiment à la réalité des choses.
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 Pensez-vous que les risques potentiels touchant la Méditerranée actuellement (immigration clandestine, acte de
terrorisme, mafia ou corruption) freinent-ils les entreprises françaises ? En ce sens, que diriez-vous à un chef
d’entreprise pour le rassurer et le sensibiliser aux opportunités qu’offrent les pays du Sud ?
Il est évident qu'un pays ou une région qui manque de stabilité politique et sociale n'attire pas forcément les
investisseurs. En tout cas, cela n’attire pas ceux qui souhaitent s'implanter de manière durable en y créant des
infrastructures lourdes et en y transférant du personnel expatrié. Le risque de pertes est réel. L'instabilité est souvent
entretenue pour favoriser des déviances telles que la corruption, la prolifération de réseaux mafieux bien structurés
et organisés ayant des ramifications jusque dans les plus hautes structures des Etats. Ce phénomène, est très peu
médiatisé car, les « affaires » sont souvent étouffées par l'instrumentalisation des organes étatiques.
De plus, je regrette de voir que les entreprises françaises amènent leurs produits en Algérie mais ne s’y installent pas
pour les produire. C’est tout le problème de la main d’œuvre qualifiée je pense. La fragilité de l’Algérie réside dans
son manque de main d’œuvre qualifiée. Pour de multiples raisons historiques, l’Algérie a un gros déficit en
formation.
Par contre, le drame de l'immigration clandestine, tel qu'il nous est restitué par les médias, est lui bel et bien présent
chaque jour devant nos yeux. Pour y mettre fin, imposer un blocus maritime sans en avoir les moyens est irréaliste. La
solution idoine est de créer les conditions de maintien de ces populations malheureuses dans leurs pays d'origine.
Ces conditions sont d'abord d'ordre politique en mettant fin définitivement au déficit cruel de démocratie, en
libérant la parole et en consacrant réellement les libertés fondamentales et en permettant aussi à chacun de vivre
décemment de son salaire. Cela passe aussi par la diffusion d’informations crédibles sur la situation des pays
européens qui ne peuvent assurer un accueil à toutes ces personnes. En ce sens, j'avais proposé à la télévision
algérienne, il y a quelques années, d'intervenir pour expliquer et informer sur la réalité des difficultés notamment en
France de régulariser sa situation de séjour. Ceci étant, il convient de souligner, malgré les difficultés, que des
ressortissants étrangers continuent de travailler dans ces pays notamment en Algérie.
Notre rôle et le mien, c’est de faire en sorte d'aplanir ces difficultés et de redonner confiance aux opérateurs
économiques. D'ailleurs, le président François Hollande va se rendre en Algérie prochainement, accompagné
d'une forte délégation. Le but de ce voyage, va dans ce sens, réinstaurer la confiance et rassurer les uns et les
autres 
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La coopération en Méditerranée
 Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Rencontre avec
Pierre-André MASSIS
Délégué Général
de l’OCEMO
www.ocemo.org
L’Office de Coopération Economique pour la Méditerranée et l’Orient
(OCEMO) est une structure initialisée en 2011. Elle pose deux grands axes
principaux de travail. Dans un premier temps, elle soutient des programmes
de coopération avec les pays du sud et de l'est de la Méditerranée. Dans
un second temps, elle participe au positionnement spécifique de Marseille
et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur à travers des initiatives qui sont
appuyées localement. L’idée est de valoriser ce positionnement privilégié
de notre territoire en tant que plateforme avancée de la coopération en
Méditerranée. C’est très important aujourd’hui car, comme vous le savez, la
position française en Méditerranée était historiquement assurée puis, elle a
été fragilisée. La ville de Marseille et, plus largement, la région ProvenceAlpes-Côte d’Azur ont un véritable rôle à jouer dans la relance de la
coopération auprès de ces partenaires, avec lesquels nous sommes liés
dans une communauté de destins.
L’OCEMO travaille en lien avec des partenaires nationaux importants
comme la Caisse des Dépôts et Consignations dont je suis moi-même issu.
Nous comptons aussi parmi nos partenaires des collectivités publiques
locales comme la Ville de Marseille, la région PACA, la Chambre de
Commerce et d’Industrie Marseille Provence. Enfin, certains de nos
programmes sont financés par l’Agence Française de Développement.
Nous avons également développé un partenariat de qualité avec le
Secrétariat général de l'Union pour la Méditerranée.
L’OCEMO est composé d’une équipe jeune et passionnée qui dispose
d’une expertise maintenant reconnue. Impliqués à favoriser le soutien à
l'employabilité des jeunes, nous travaillons aussi à accompagner des actions
favorables à l’entreprenariat. Nous pouvons d’ores et déjà nous targuer,
depuis 2011, d’un certain nombre de résultats puisque nous pilotons huit
programmes avec un objectif pour fin 2016 de presque 2000 jeunes
concernés et impliqués dans nos programmes.
 Quels sont les engagements et les valeurs que vous exprimez au travers
de cette association ?
La valeur essentielle de l’OCEMO consiste à œuvrer au bénéfice de l’intérêt
général. Le contexte de la création de l’OCEMO est lié au Partenariat de
Deauville en 2011. 2011 est également l'an 1 des révolutions arabes. Il était
important que les pays occidentaux manifestent leur soutien à ces
mouvements, ce qui a été fait à Deauville, dans la ligne du Processus de
Barcelone de 1995. Avec cette mission d'intérêt général et dans ce
contexte de transition politique dans les pays arabes, l'OCEMO souhaite
porter des valeurs de paix, de coopération et d’appui à la société civile
notamment à travers son soutien à la jeunesse, au bénéfice de l’économie
et de l’entreprise.
 Comment expliquez-vous que dans les pays méditerranéens, le taux de
chômage soit le plus élevé au monde ? Selon les chiffres, il est deux fois
plus élevé que la moyenne mondiale.
Comme nous l'avons dit, ces pays sont en transition politique, économique
et sociale. Pour autant, les structures éducatives et familiales n’ont pas
encore réalisé leur mise à niveau et n’ont pas suivi ce mouvement de
révolution des esprits
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révolution des esprits. Or, le développement économique, lui, est très rapide, surtout en Tunisie et au Maroc. On
assiste donc à une véritable inadéquation momentanée entre les besoins des entreprises et les niveaux de
formation qui sont proposés par ces Etats. Pour prendre un exemple, en Tunisie, plus on est diplômé, plus on est au
chômage. Pourquoi ? Tout simplement parce que, le secteur productif n’a pas besoin d’autant de diplômés. Le
besoin du secteur productif n’augmente pas et n’évolue pas aussi vite que le nombre de jeunes qui sont diplômés
par le système éducatif.
On est face à un véritable défi engageant la responsabilité collective des adultes des pays de la rive nord de la
Méditerranée face à cette jeunesse des pays de la rive sud. Au regard de cette évolution démographique, les
besoins des entreprises doivent être pris en compte car, il y a une véritable mutation quantitative. Il faut donc
aujourd’hui travailler sur le qualitatif à travers notamment l’individualisation des parcours. A l’OCEMO, c’est ce que
nous faisons.
 Je suis tout à fait d’accord sur ce que vous dites. Par contre, on ne parle que de la Tunisie et du Maroc. A l’inverse
que se passe-t-il donc en Algérie, pays où il manque cruellement cette fois de main d’œuvre qualifiée ?
Effectivement, en Algérie, c’est un peu différent, même si la proportion de jeunes dans la population est aussi très
importante. Par ailleurs, les besoins des entreprises sont très ciblés. Je vais illustrer mes propos par un partenariat que
nous sommes en train de mettre en place avec Danone Algérie. Cette entreprise a développé une école afin de
mieux former des jeunes, a priori non diplômés, aux métiers de la vente. Cette initiative est partie du constat que les
jeunes n’étaient pas formés correctement aux attentes particulières de l'entreprise.
C’est un excellent exemple d’initiative qui concerne, pour le
moment, environ 80 jeunes par an. Si nos partenaires algériens sont
intéressés par le savoir-faire développé par l'Ecole de la Deuxième
Chance (E2C) de Marseille, nous le mettons à leur disposition. A
travers un processus comme celui de cette école de vente, il y a
tout un système de sélection à l'entrée, permettant de découvrir la
motivation des candidats et de présentation d’unités de formation
mis en place. Le plus de ce dispositif demeure la capacité de
rémunérer les jeunes qui sont en formation avec à la clé la
promesse d’un contrat à durée indéterminée. Pour moi, ce sont des
micro expériences comme celle-là qui sont porteuses d’espoir pour
l’ensemble de ces populations qui, aujourd’hui, pourraient être
désespérées. Je parle des jeunes en particulier bien évidemment.
 De quelle façon intervenez-vous pour valoriser le territoire méditerranéen et soutenir la population en particulier
les jeunes qui s’y trouvent ?
Il me semble que l’OCEMO a un rôle important à jouer sur le territoire régional. Nous souhaitons participer à la
valorisation et à la mise à disposition de l’ensemble de nos expertises et de nos savoir-faire au bénéfice des pays de
la rive sud de la Méditerranée. Pour reprendre le cas de l’école de Danone Algérie, l’E2C de Marseille est une
structure présentant de fortes similitudes avec l'expérience de Danone Algérie. Elle aide des jeunes qui souhaitent
s’en sortir, souvent à la suite d’un parcours de formation de l’enseignement général assez tumultueux. Quand ils
s'engagent, ces jeunes veulent faire quelque chose de leur vie. De ce fait, l'Ecole développe tout un cursus et un
ensemble de programmes dans ce but. Nous avons donc proposé un protocole de mise en relation entre l'E2C et
l’école de formation de Danone Algérie pour mettre à disposition de nos partenaires algériens les transferts de
savoir-faire et de compétences qu'ils jugeraient leur être nécessaires. Au titre d’une mission cette fois-ci plus
institutionnelle, nous avons été sollicités pour participer à la création d’un Observatoire sur les attentes de la
jeunesse fin 2014 à Marrakech. Enfin, dernier axe d’action de l’OCEMO, nous coordonnons la Semaine Economique
de la Méditerranée chaque année.
 Justement, la Semaine Economique de la Méditerranée aura lieu du 4 au 7 novembre 2015 à la Villa
Méditerranée. Pouvez-vous m’en dire davantage ?
En 2014, cette manifestation a réuni plus de 3000 participants, venant de 17 pays. Elle comptait 31 événements
différents sur quatre jours. Cette manifestation participe au second champ d‘action dont je parlais au début de
notre échange. Le but de la Semaine Economique de la Méditerranée est, dans ce cadre, de faire rayonner et
mettre en valeur tout le savoir-faire et les capacités d’innovation qui existent en région PACA.
Chaque édition est basée sur une thématique précise. L’édition 2015 aura pour thématique générale « Villes et
territoires comme leviers de développement économique en Méditerranée ». A l’heure actuelle, c’est une
problématique très prégnante, puisqu’elle met en évidence les capacités d’innovation de la France et est le
champ d’un véritable laboratoire de start-up
SECEM Magazine  Juin 2015  Page 31
DOSSIER MEDITERRANNEE
champ d’un véritable laboratoire de start-up. Tout ce qui touche aux villes et aux territoires est extrêmement
intéressant et varié. La Semaine Economique de la Méditerranée a pour volonté de valoriser le savoir-faire
entrepreneurial et industriel de la région et de faire connaître cette agilité, cette créativité et cette capacité à
innover propre à notre territoire.
Je pense qu’aujourd’hui les ressources de croissance de notre pays se situent dans cette capacité à innover. C’est
ce qu’il faut faire savoir et c’est ce qu’il faut montrer. De fait, on se rend compte que les collectivités publiques
locales ont bien compris ces leviers de croissance car elles sont nombreuses à accompagner financièrement toutes
ces start-up. Les pouvoirs publics locaux s’investissent considérablement pour développer et encourager la
multiplication de ces initiatives. Pour moi, la croissance de demain réside dans ces petites pépites agiles, légères et
dynamiques qui créent une véritable richesse au sein de la chaîne de valeurs. Ce sont à elles-seules des processus
d’innovation permanents. La structure économique de la France est faite de grands groupes, de PME et de ces
petites entreprises qui se développent spontanément et qui seront les futures PME, voire les grands groupes de
demain.
 Face à la densification de vos réseaux et la multiplication de vos actions, comment imaginez-vous l’évolution de
l’OCEMO ?
Comme nous l'avons vu, l’OCEMO est un acteur du territoire. Nos programmes sont structurés et nos résultats
commencent à tomber. Aujourd'hui, nous veillons à concilier les besoins des entreprises avec la valorisation du
territoire PACA et plus largement du territoire national. Au-delà de la réalisation du couplage demande-offre, il y a
un véritable enjeu qui vise à stabiliser ce fort contingent de jeunes des pays méditerranéens qui souhaitent devenir
des actifs. En effet, dès lors qu’on est capable de faire des propositions à ces jeunes et qu’ils se rendent compte
qu’ils sont accompagnés dans leur démarche, il y a un phénomène de stabilisation évidente. Et puis, peut-on dire
quel intérêt nous avons, nous pays du nord, à laisser s’installer l’instabilité sociale dans les pays du sud ? Il n’y en a
aucun. L’OCEMO reçoit aujourd’hui des soutiens financiers de la part des acteurs nationaux que j’ai déjà cités. La
Caisse des Dépôts et Consignations a notamment conclu avec l’OCEMO une nouvelle convention de partenariat
pour trois ans. Néanmoins, je pense que ces soutiens financiers devront être complétés par des financements privés
à aller chercher auprès des entreprises.
Pour conclure sur votre question, je suis confiant sur l’avenir de l’OCEMO car, notre action est utile et généreuse 
SECEM Magazine
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Juin 2015
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SECEM Magazine
Revue numérique sur la Sécurité
Economique et la Compétitivité des
Entreprises en Méditerranée, réalisée
par l’’Association de Criminologie
du
Bassin
Méditerranéen
en
partenariat avec AESATIS et l’ACSE.
Le colloque SECEM du 18 juin dernier s’était :
plus de 310 participants
13 pays représentés
2 débats enrichissants :
« Lien entre la criminalité et
la sécurité économique »
« La géostratégie future des pays
du bassin méditerranéen »
Rencontres et interviews réalisées par :
Claire HANASTASIOU
Chargée de communication du SECEM
© ACBM
S E C E M Magazine déjà parus
N°2 – Mai 2015
DOSSIER SPECIAL INNOVATION – Innover pour se développer et se pérenniser
N°1 – Avril 2015
SECURITE ECONOMIQUE – Témoignages
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Association de Criminologie du Bassin Méditerranéen (ACBM)  www.acbm-paca.com