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S.C.C. L'antigène associé au carcinome de l'épithélium pavimenteux (antigène SCC pour squamous cell carcinoma) est une sous-fraction de l'antigène TA-4, glycoprotéine de 48 kDa environ, décrite par Kato dès 1977 à partir d'un carcinome du col de l'utérus. Initialement considéré comme spécifique des carcinomes des épithéliums pavimenteux, le SCC a depuis été mis en évidence dans des tumeurs épithéliales bénignes et des tissus épithéliaux normaux. Corrélativement, des augmentations non spécifiques des taux circulants de SCC ont été décrites, notamment dans 11 à 13 % des pathologies bronchopulmonaires bénignes : tuberculose, bronchite chronique, emphysème, les taux y sont habituellement peu élevés. Les taux de SCC sont, contrairement à ceux de l'ACE, indépendants de l'imprégnation tabagique du sujet. Par ailleurs, l'insuffisance rénale est la pathologie non cancéreuse la plus fréquemment associée à un taux élevé de SCC, suggérant un catabolisme rénal de cet antigène et impliquant une évaluation complète de la fonction rénale devant toute élévation du SCC. Le dosage sérique du SCC met en jeu des techniques immunologiques (RIA, EIA, FPIA...). Le seuil de signification habituellement retenu est de 2 µg/l, sa demi-vie plasmatique est d’environ 3 jours. Le SCC se positionne comme marqueur des carcinomes des épithéliums pavimenteux du col de l'utérus : • dans le cancer du col de l'utérus, le taux initial pré-thérapeutique du SCC présente une importante valeur pronostique : - son augmentation est corrélée, d'une part avec la masse tumorale, d'autre part avec le stade de la maladie, 40 % seulement des cancers du col ont un SCC élevé. Cette donnée interdit l'usage du SCC comme marqueur diagnostique de ces tumeurs ; - un taux initial augmenté s'accompagne d'un risque accru de récurrence ou de persistance de la maladie après traitement, ainsi que d'une diminution significative de la survie à 5 ans : 52,4 %, à comparer aux 80,2 % de survie à 5 ans chez les patientes à SCC initial normal. Après traitement chirurgical, les taux de SCC demeurent ou deviennent inférieurs au seuil de signification en 1 à 3 semaines après l'intervention. Le taux de SCC est également un élément important pour le suivi des patientes sous chimiothérapie ou radiothérapie, la persistance de taux élevés de SCC étant un argument fort pour un échec du traitement. La ré-augmentation du taux de SCC précède les signes cliniques de récidives ou de métastases de plusieurs semaines ou mois, témoignant de l'intérêt de ce marqueur pour le suivi des patientes atteintes d'un cancer du col de l'utérus ; • dans les cancers broncho-pulmonaires de type épidermoïde, le dosage du SCC se révèle moins sensible (33 %) que celui de l'ACE (56 %), mais beaucoup plus spécifique, le SCC n'étant élevé que dans 8,5 % des cas de cancers à petites cellules et 18,5 % des cancers non à petites cellules non épidermoïdes (à comparer aux 49 % et 55 % de positifs de l'ACE dans ces mêmes pathologies). Par comparaison aux autres formes histologiques de cancers broncho-pulmonaires, la spécificité du SCC pour le type épidermoïde atteint 89 % contre 49 % pour l'ACE. De plus, les informations apportées par le SCC et l'ACE dans les cancers épidermoïdes du poumon semblent complémentaires : 32 % des patients porteurs de ce type de cancer et négatifs pour l'ACE montrent une augmentation du taux de SCC, amenant la sensibilité de détection pour l'association des deux marqueurs de 57 % pour le seul ACE à 71 %. Contrairement à l'ACE, le taux de SCC n'est pas en relation directe avec une dissémination métastatique de la maladie. Enfin, le taux de SCC dans les cancers épidermoïdes du poumon possède une valeur pronostique au moment du diagnostic : à six mois, 56 % des patients montrant un taux initial de SCC élevé sont vivants, contre 68 % de ceux dont le SCC est normal au moment du diagnostic. En complément de l'ACE, la détermination du SCC est donc particulièrement intéressante pour le suivi et l'évaluation pronostique des patients atteints de cancers épidermoïdes bronchopulmonaires ; • d'autres tumeurs épithéliales peuvent exprimer le SCC : - les adénocarcinomes du col de l'utérus, les carcinomes de l'endomètre, les carcinomes de l'ovaire, s'accompagnent de taux sériques > 2 µg/l dans 3 à 8 % des cas ; - 8 % des cancers de l'oesophage montrent des taux élevés de SCC ; - les carcinomes de l'épithélium pavimenteux du pharynx, du larynx, de la langue et du palais, présentent des taux modérément augmentés de SCC dans 12 à 43 % des cas. Malgré la faible sensibilité du SCC dans ces indications, l'absence de marqueurs plus performants et la bonne corrélation entre l'évolution des taux de SCC et le pronostic de la maladie font du SCC un marqueur utile au suivi individuel de ces tumeurs. ACE, Cyfra 21-1 MICKE O., PROTT F.J., SCHAFER U., TANGERDING S., POTTER R., WILLICH N. The impact of squamous cell carcinoma (SCC) antigen in the follow-up after radiotherapy in patients with cervical cancer. Anticancer Res 2000 ; 20 : 5113-5115.
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