Evaluation du financement communautaire du PEV

Transcription

Evaluation du financement communautaire du PEV
République de Côte d’Ivoire
République Française
Union – Discipline - Travail
Liberté - Egalité - Fraternité
MEMOIRE
Pour l’obtention du
DIPLOME INTERUNIVERSITAIRE
«Organisation et Management des Systèmes Publics de prévention vaccinale dans
les Pays en Développement»
Evaluation du financement communautaire du
PEV dans le district de Dabakala (Côte d’Ivoire) :
comparaison avec les autres sources de
financement en 2008 dans ledit district
Présenté et soutenu le 24 Novembre 2009 à Ouidah – Bénin
par
Docteur Mamadou KRAMA
Composition du jury :
Président
: Laurent OUEDRAOGO
Directeur de mémoire
: Marcel Drach
Juge
: Florence ARESTOFF
1
SOMMAIRE
- Dédicaces
- Remerciement
-Résumé
- Liste des abréviations
- Liste des tableaux et graphiques
INTRODUCTION
I - CONTEXTE ET JUSTIFICATION
II - ENONCE DU PROBLEME
III- REVUE DE LITTERATURE
IV – OBJECTIFS
V – DEFINITIONS OPERATIONNELLES
VI- METHODE
VII - RESULTATS
VIII – SYNTHESE DES RESULTATS
IX – COMENTAIRE ET DISCUSSION
- CONCLUSION
- RECOMMANDATION
- REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
- ANNEXES
2
DEDICACES
Nous dédions ce mémoire à :
- ALLAH le tout puissant, le très miséricordieux pour son assistance
- IN MEMORIUM
Mes géniteurs : J’ai hérité de votre goût de la persévérance et du
travail bien fait. Je ne vous remercierai jamais assez pour tous les
sacrifices que vous avez faits pour moi.
Mon épouse KONE M. NAÏSCHA : Ce travail est aussi le tien.
Merci pour ton soutien et ta compréhension.
- Mes enfants : Abdel-Kader
Aïcha Haubaquet
Binta Faitihet
Haïna Fatim
Que ce travail vous serve d’exemple.
- Mes Frère et Sœurs : L’union fait la force. Nous ne l’oublions pas.
REMERCIEMENTS
A tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce travail :
- Les membres de l’équipe cadre du district de Dabakala
- La direction de la DC-PEV
- Dr Blédi T. Félix, Directeur de cabinet adjoint du ministre de la
santé
- Les superviseurs nationaux Epivac
- Marcel Drach, directeur de ce mémoire
3
RESUME
Notre étude transversale sur le financement communautaire du PEV
s’est déroulée dans le district de Dabakala, situé dans le centre-nord de la
Côte d’Ivoire, zone anciennement occupée par la rébellion. Il s’agissait
d’évaluer le financement communautaire du PEV dans district de Dabakala
et le comparer aux autres sources de financement dans ledit district en
2008.
Elle nous a permis de déterminer la participation financière
communautaire du district de Dabakala en 2008 qui correspondait à la
somme de 14 412 045 francs dont 17% ont servi à financer le PEV de
routine. Le financement communautaire du PEV représentait 5,5% du
financement global de la vaccination de routine.
Le FC a pris totalement en charge la maintenance et une grande
partie des coûts de la mobilisation sociale (66%). Il a participé également
aux frais de transport (7%) et de personnel (3%). Démontrant ainsi son
importance dans la mise en œuvre des activités du PEV.
Concernant les autres sources de financement, l’état a été le plus
grand pourvoyeur de fonds avec 84,3%, puis en seconde place l’Unicef
(seul partenaire à avoir financé le PEV en 2008 dans le district de
Dabakala) avec 10,2%. Le FC s’est placé en dernière position avec 5,5%
du financement du PEV de routine.
Toutes fois le climat social précaire et le dysfonctionnement de la
plupart des COGES (69%) n’a pas permis d’optimiser le financement
communautaire du PEV.
La direction du district devrait donc redynamiser les COGES qui sont
les instruments nécessaires à l’implication de la communauté dans la
gestion de leur santé.
4
LISTE DES ABREVIATION ET SIGLES
ASC : Agent de Santé Communautaire
AVST : Activité de Vaccination Supplémentaire contre le Tétanos
BCG : Bacille de Calmette et Guérin
BGE : Budget Général de l’Etat
CAR : Campagne Anti Rougeoleuse
CDF : Chaîne Du Froid
CNO : Centre-Nord-Ouest
COGES : Comité de Gestion
CPEV : Coordonateur du Programme Elargi de Vaccination
CS : Centre de Santé
CSE : Chargé de la Surveillance et Epidémiologique
CSR : Centre de Santé Rural
CSU : Centre de Santé Urbain
DC-PEV : Direction de Coordination du Programme Elargi de Vaccination
DR : Dispensaire Rural
DTC-Hep3 :3ème dose de Vaccin contre la Diphtérie, le Tétanos, la
Coqueluche et l’Hépatite B
ESPC : Etablissement Sanitaire de Premier Contact
FC : Financement Communautaire
GAVI : Alliance Mondiale pour les Vaccins et la Vaccination
JNV : Journées Nationales de Vaccination
OMS : Organisation Mondial de la Santé
PC : Participation Communautaire
PEV : Programme Elargi de Vaccination
POLIO: Vaccin anti Poliomyélite Oral
PT : Prix Total
5
PU : Prix Unitaire
RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SIG: Système d’Information et de Gestion
UNFPA : Fond des Nations Unis pour la Population
UNICEF : Fond des Nations Unis pour l’Enfance
VAA: Vaccin Anti Amaril
VAR: Vaccin Anti Rougeoleux
VIT.A: Vitamine A
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LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES
Tableau I : Répartition de la population selon la tranche d’âge
Tableau II : Répartition du personnel qualifié selon le type
Tableau III : Répartition des infrastructures selon le type
Tableau IV : Répartition du matériel de la chaîne du froid selon le type
Tableau V : Répartition de la couverture vaccinale selon l’antigène chez les
enfants de 0 – 11mois
Tableau VI : Résultat des différentes campagnes d’activités
supplémentaires de vaccination réalisées en 2008
Tableau VII : Etat des ressources propres du district en 2008
Tableau VIII: répartition des CS en fonction des coges
Tableau IX : Répartition du coût des vaccins selon l’antigène
Tableau X : Coût des Consommables de vaccination
Tableau XI : Coût du gaz selon les sources de financement
Tableau XII : Coût de la maintenance selon les sources de financement
Tableau XIII : Coût du transport selon les sources de financement
Tableau XIV : Coût de la mobilisation sociale selon les sources de
financement
Tableau XV : Coût spécifique en personnel selon les sources de
financement
Tableau XVI : Coût de la surveillance épidémiologique selon les sources de
financement
Tableau XVII : Coût de la supervision selon les sources de financement
Tableau XVIII : Structures des coûts récurrents spécifique du PEV de
routine en 2008
Tableau XIX : Répartition du financement communautaire du PEV selon le
poste de coût
Tableau XX : Répartition du coût du PEV selon les sources de financement
en 2008
Tableau XXI : Répartition des sources de financement selon les postes de
cout du PEV en 2008 dans le district de Dabakala
Figure1 : Part du financement du PEV dans le FC de la santé
Figure 2 : Répartition du financement du PEV selon la source
7
I- CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Crée par Arrêté n° 137/MSPAS/DGSSS du 1 er juin 1994, le District
Sanitaire de Dabakala fait partie de la direction régionale de la santé de la
Vallée du Bandama. Il est situé dans la partie centre-nord de la Côte
d’Ivoire, zone anciennement occupée par les forces rebelles au début de la
crise militaro-politique en 2002.
Il couvre le département de Dabakala sur une superficie de 9671 km² et
s’étale sur 6 Sous-préfectures.
La population estimée en 2008 à 124 348 habitants avec une densité de 13
habitants au km2, est à majorité rurale (83,47%).
Le district de Dabakala dispose de 14 centres de santé dont 12 centres
vaccinateurs pour l’immunisation des enfants de 0 à 11 mois et des
femmes enceintes.
Pour mener à bien cette activité, des ressources financières
importantes sont nécessaires. Ne bénéficiant pas directement du budget
de l’état depuis le début de la crise, le district est aidé financièrement et
matériellement par les organismes internationaux tels que l’Unicef.
II- ENONCE DU PROBLEME
La priorité des états dans les pays en voie de développement comme
la Côte d’Ivoire est la santé et l’éducation. Des ressources importantes sont
mobilisées chaque année pour assurer la santé des populations de façon
gratuite depuis l’indépendance. Mais la situation économique se dégrade et
les activités de santé nécessitent de plus en plus de ressources
financières. Dans cet environnement de difficulté financière, l’Etat doit
malgré tout assurer la protection sanitaire de ses habitants.
Les soins de santé étaient gratuits pour les populations et
entièrement à la charge de l’état jusqu’à l’application de l’initiative de
Bamako qui demande la participation communautaire dans tous les
domaines de la santé. Ainsi, pour les soins curatifs, une participation
financière est directement demandée à la population. Mais la vaccination
reste gratuite dans le cadre du programme élargie de vaccination(PEV) qui
a pour cible les enfants de zéro à cinq ans et les femmes enceintes.
8
Le PEV occupe une place très importante dans le système de santé
car il permet de protéger la frange la plus vulnérable de la population. En
effet, en vaccinant les femmes enceintes contre le tétanos et les enfants
contre la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite
virale B, la méningite à haemophilus influenzae B, la poliomyélite, la fièvre
jaune et la rougeole, le PEV permet donc d’éviter à sa population cible ces
maladies mortelles et handicapantes.
Pour atteindre ses objectifs, le PEV doit disposer de moyens
importants et de façon permanente : Un personnel en nombre suffisant
bien formé et motivé, des vaccins et du matériel de vaccination en quantité
suffisante, une chaine du froid (CDF) fiable (Chambres froides,
congélateurs, réfrigérateurs, glacières, portes vaccins), des moyens de
déplacement (véhicules, motocyclettes), un système de mobilisation
sociale pour l’adhésion de la population et des ressources financières.
L’état à qui incombe la santé de la population est la grande
pourvoyeuse de fonds à travers la DC-PEV et le Budget Général de l’Etat
(BGE) alloué à chaque district tous les ans. Mais vue la situation socioéconomique difficile que traverse le pays, non seulement les allocations
budgétaires ne sont pas suffisantes mais le manque de liquidités au trésor
publique freine l’exécution de ce budget. Alors l’état à lui seul ne peut pas
subvenir financièrement à toutes ces charges du PEV. Il fait alors appel à
l’aide internationale à travers l’OMS, l’Unicef, les fonds GAVI et à la
participation des communautés locales qui sont représentées dans les
comités de gestion (COGES) des structures sanitaires.
Ainsi l’état, les partenaires au développement et la communauté
s’unissent pour mener à bien les activités de santé dont celles du PEV.
Mais quelle est la part de chaque entité dans le financement du PEV au
niveau des districts sanitaires et plus précisément dans le district sanitaire
de Dabakala?
C’est pour répondre à cette question que nous entreprenons cette
étude au niveau du district sanitaire de Dabakala afin d’évaluer le
financement communautaire du PEV et de le comparer aux autres sources
de financement.
9
III- REVUE DE LITTERATURE
Dans le cadre de notre étude la revue documentaire a porté sur :
- Le Plan National de Développement Sanitaire 2009-2013 (PNDS) de la
République de Côte d’Ivoire, édition décembre 2008 qui dans le cadre
de la consolidation des activités de santé dans la zone CNO réaffirme que
les sources de financement des activités de santé sont l’Etat, les
collectivités locales, les ménages et les partenaires au développement. Il
met l’accent sur la relance des activités des coges en zone CNO et surtout
le recouvrement des coûts qui constitue la participation financière de la
communauté.
- Le Manuel des directives du paquet minimum d’activités dans les
établissements sanitaires de premier contact du ministère de la santé
et de l’hygiène Publique de la République de Côte d’Ivoire, édition
2000: Il définit la participation communautaire comme le processus par
lequel la communauté participe à la prise de décision et à l’exécution des
programmes. La participation communautaire implique des efforts
systématiques visant à donner à la communauté ‘’un droit de regard’’ sur
l’utilisation des ressources et sur le sens du service en accord avec leur
situation sociale, géographique et culturelle locale.
- ARIVA « Publication Protocole de recherche sur le financement
communautaire du PEV au Burkina-Faso » : Elle apprécie le contexte
local et les facteurs d’action (évaluation des besoins des communautés,
mise en place de l’organisation communautaire, gestion des programmes,
mobilisation des ressources humaines et financières) du financement
communautaire du PEV.
- OUEDRAOGO D. (MRO EPIVAC 2003) : Cette étude sur le financement
des coûts récurrents du PEV de routine révèle que :
La contribution communautaire aux coûts de la vaccination de routine
dépendait en grande partie des structures de gestion communautaires.
Le budget national assure la grande part du financement du PEV par la
prise en charge des coûts des vaccins et consommables tandis que le FC
vient en seconde position.
10
IV- OBJECTIFS
4.1- Objectif Général
Evaluer le financement communautaire du PEV dans district de
Dabakala et le comparer aux autres sources de financement dans ledit
district en 2008.
4.2- Objectifs Spécifiques
4.2.1- Déterminer la participation financière communautaire dans le
district de Dabakala en 2008
4.2.2- Calculer le financement communautaire du PEV en 2008
4.2.3- Identifier les autres sources de financement du PEV en 2008
4.2.4- Calculer la participation des autres sources de financement
du PEV en 2008 dans le district de Dabakala
4.2.5- Comparer le financement communautaire du PEV aux autres
sources de financement
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V – DEFINITIONS OPERATIONNELLES
1- La participation communautaire : Intervention de la population
bénéficiaire dans le processus de la prise de décision, d’exécution,
de financement et d’évaluation des activités du centre de santé.
2- Le financement communautaire : Représente l’ensemble
ressources financières mobilisées par les communautés.
des
3- Le coût de transport : représente les frais de carburant utilisés.
4- Le coût de la supervision : Il correspond au coût du transport et des
primes de supervision.
5- Le coût de la surveillance épidémiologique : Il correspond au coût de
l’acheminement des prélèvements biologiques vers le laboratoire de
référence et le coût du carburant pour la surveillance
épidémiologique active.
6- Le coût de la mobilisation sociale : Elle représente les frais de
déplacement des acteurs de la mobilisation sociale.
7- Comité de gestion : Structure communautaire chargée
des centres de santé. A cet effet, il sensibilise,
populations en vue de leur participation aux activités
santé. Par ailleurs, il gère le financement et participe
décision au niveau des centres de santé.
de la gestion
mobilise les
du centre de
à la prise de
8- District : c’est l’unité opérationnelle au niveau du système de santé
publique. Il est chargé de la mise en œuvre des différents
programmes du ministère. Chaque district dispose d’un hôpital
général de référence et des ESPC. Il est dirigé par un médecin-chef
de district ou directeur départemental.
9- Autres sources de financement : Il s’agit de l’état, des partenaires au
développement et des collectivités locales.
12
VI- METHODE
6.1- Cadre de l’étude
Notre étude se déroule dans le district sanitaire de Dabakala. Au
bureau du district et dans les ESPC relevant de sa compétence
6.1.1- Présentation du district de Dabakala
6.1.1.1- Généralités
Le District Sanitaire de Dabakala est situé dans la république de
Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest. Il fait partie de la direction régionale de
la santé de la Vallée du Bandama qui couvre le centre-nord du pays.
Le département de Dabakala qui regroupe 6 Sous-préfectures sur
une superficie de 9671 km² et sa population est estimée à 124 348
habitants donnant ainsi une densité de 13 habitants au km2
Le taux d’accroissement du Département de Dabakala est de 2,2%
(source : RGPH 1998)
Le district sanitaire de Dabakala est limité:
•
•
•
•
au nord par le District de Ferkessédougou
au sud par les Districts de Bouaké et de M’bahiakro
à l’est par les Districts de Bouna et de Bondoukou
à l’ouest par le District de Katiola
La population est constituée d’autochtones (Djimini, Djamala,
Djafolo) et d’allogènes
(Malinké, Senoufo, Lobi, etc.)
- Accessibilité
Le chef - lieu du district est distant de 150 km de sa direction
régionale (Bouaké) et de 520 km d’Abidjan, la capitale économique du
pays. Il est relié à Bouaké par une voie bitumée passant par Katiola. Le
reste des voies d’accès est constitué par des pistes villageoises
difficilement praticables.
- Relief et climat
Le relief est plat, mais il présente par endroit quelques collines
isolées. Le District Sanitaire de Dabakala est traversé par deux grands
cours d’eau :
13
• la Comoé qui constitue la limite naturelle avec les Districts de
Bouna et de Bondoukou
• le N’Zi qui constitue la limite naturelle avec le District de Katiola.
La végétation est de type savanicole avec quelques bandes de forêts
le long des cours d’eau.
Le climat est de type soudanais avec deux saisons :
- une saison sèche qui s’étend de novembre à mars
- et une saison de pluie d’avril à octobre.
Les pistes sont difficilement praticables pendant la saison pluvieuse
On remarque une augmentation de certains états morbides pendant
l’harmattan tel que les infections respiratoires aigues, la méningite.
Pendant la saison des pluies : on assiste une augmentation des cas
de diarrhées ; les services de santé sont moins fréquentés car les
populations plus préoccupées par les travaux champêtres.
6.1.1.2- DONNEES DEMOGRAPHIQUES
- La population du district sanitaire de Dabakala vit essentiellement en
milieu rural (83,5%) dans 222 villages. Seulement 16,5% de cette
population se trouve en milieu urbain. Le taux d’accroissement de cette
population est de 2,2%. (Source des données : RGPH 98)
Tableau I : Répartition de la population selon la tranche d’âge
POPULATION
NOMBRE
PROPORTION
0 – 11mois
3 668
2,95%
De 1- 4 ans
17 956
14,44%
De 5- 14 ans
34 401
27,66%
De 15 ans et plus
68 323
54.95
Femmes enceintes
6 217
5%
Femmes en âge de
procréer
29 346
23,6%
Source :RGHP 1998
14
6.1.1.3- DONNEES SOCIO-ECONOMIQUE
La population du Département de Dabakala est essentiellement
sédentaire et vit d’agriculture. Les cultures pratiquées sont surtout les
cultures vivrières (igname, arachide, riz) et une culture de rente (anacarde).
La majorité de la population est animiste (70%) mais il existe des
musulmans (20%) et des chrétiens (10%).
6.1.1.4 RESSOURCES
6.1.1.4.1– RESSOURCES HUMAINES
Tableau II : Répartition du personnel qualifié selon le type
Personnel
Nombre
Population
couverte
Ratio
Médecins
généralistes
8
124 348
1/15 544
Chirurgiens
1
124 348
1/124 348
Gynécologues
1
124 348
1/124 348
Infirmiers
23
124 348
1/5 406
Sages femmes
6
6 217
1/1 036
Aides soignants
3
124 348
1/41 449
TOTAL
42
124 348
42/124 348
Source : Archive du district de Dabakala
Autres personnels : Il s’agit du personnel non qualifié qui travaille
dans les formations sanitaires. Généralement ils sont soit rémunérés par le
CS soit des bénévoles
On note également la présence de 353 relais communautaires
appelés ASC (agents de santé communautaires)
15
6.1.1.4.2– RESSOURCES MATERIELLES
Infrastructures
Tableau III : Répartition des infrastructures selon le type
Types de structures
Nombre
Direction du District
1
Hôpital Général
1
CSU
5
CSR
6
DR
2
TOTAL
15
Source : Archive du district de Dabakala
Le district étant vaste (9671 km2), on remarque que les 14
formations sanitaires ne peuvent le desservir correctement. Ainsi plus de la
moitié (51%) de la population vit à plus de 15 km d’un CS.
Matériel roulant
Il existe 11 véhicules dont 8 ambulances et 3 véhicules de services
dont 1 hors d’usage
Le district possède au total 13 moto dont 1 pour chaque centre de
santé vaccinateur et 2 pour le CPEV et le CSE et 264 vélos pour les ASC.
La chaine du froid
Toutes les structures sanitaires sont dotées de réfrigérateurs sauf un
dispensaire rural qui ne pratique pas la vaccination. Mais le matériel de la
chaine du froid est désuet et les pannes sont fréquentes.
16
Tableau IV : Répartition du matériel de la chaîne du froid selon le type
District
Réfrigérateur
Congélateur
Glacière
Porte
vaccin
Accumulateur
de froid
Dabakala
19
3
13
71
450
Observations
4 réfrigérateurs
+1 congélateur
en panne
1CS non
équipé
Source : Archive du district de Dabakala
6.1.1.4.3- RESSOURCES FINANCIERES
Il existe plusieurs sources de financement des activités du district qui
sont :
- Le Budget Général de l’état (BGE)
- Les Ressources Propres des centres de santé
- Les Partenaires tant locaux (mairies, conseil général,…)
qu’internationaux (Unicef, Unfpa…)
6.1.1.5- ACTIVTES
ACTIVITES PREVENTIVES
- ACTIVITES DU PEV :
Comme tous les districts du pays, celui de Dabakala met en œuvre
les directives de la DC-PEV. Il fait donc la vaccination de routine pour les
enfants de 0 à 11 mois et les femmes enceintes. Il participe aussi aux
différentes campagnes d’activités supplémentaires de vaccination (AVST,
CAR, JNV, Riposte contre une épidémie…)
17
Tableau V : Répartition de la couverture vaccinale selon l’antigène chez les
enfants de 0 – 11mois
Antigène
CV
BCG
Polio
126% 116%
DTC
HépB3
VAR
VAA
VAT2+
116%
94%
52%
36%
Source : Archive du district de Dabakala
Les couvertures vaccinales sont généralement bonnes sauf en VAA
(rupture nationale) et en VAT
Tableau VI : Résultat des différentes campagnes d’activités
supplémentaires de vaccination réalisées en 2008
Campagne
Population
cible
Population
cible vaccinée
Couverture
réalisée
Méningite
116 127
114 700
99%
VAT 1er passage
29 346
28 819
98%
VIT. A 1er
passage
19 821
22 908
116%
VAT 2ème
passage
29 346
27 658
94%
Rougeole
18 888
20 607
109%
VIT. A 2ème
passage
18 888
20 109
106%
18 888
20 109
106%
Déparasitant
Source : Archive du district de Dabakala
ACTIVITES DE CONSULTATIONS
Nombre de consultants : 18 597
Nombre de consultations : 20399
Nombre de mises en observation: 1 043
Taux d’utilisation : 15%
Le paludisme et les infections respiratoires aigües sont de loin les
pathologies dominantes dans le district.
18
ACTIVTES DE SURVEILLANCE EPIDEMIOLOGIQUE
La complétude des rapports SIG est 100% tandis que la
promptitude est faible avec seulement 35%.
La surveillance épidémiologique a permis de détecter une
épidémie de méningite qui a été vite circonscrite par la riposte vaccinale.
6.2- Description de l’étude
6.2.1- Type de l’étude
C’est une étude transversale rétrospective
6.2.2- Période de l’étude
L’étude porte sur la période du 1er janvier au 31 décembre 2008
6.2.3- Cible de l’étude
Les formations sanitaires pratiquant la vaccination dans le district
6.2.4- L’échantillonnage
Toutes les 13 formations sanitaires pratiquant la vaccination dans le district
en 2008 sont prises en compte dans l’étude
6.2.5- Instrument et technique de recueil des données
Une fiche d’enquête est élaborée pour le recueil des données nécessaires
à notre étude
6.2.6- Traitement des données
Se fait par calcul sur Excel
19
6.3- Limites de l’étude
Nous pensons que notre étude comporte des limites car nous
évoluons dans un environnement de sortie de crise dans lequel les
structures sanitaires n’ont pas encore retrouvé la plénitude de leur
fonctionnement :
- La comptabilité ne peut pas être fiable à 100%
- Les livres de dépenses ne sont pas toujours bien tenus
- Il existe des dépenses non spécifiques dans lesquelles la
part du PEV sera difficile à déterminer
- La DC-PEV ne précise pas toujours l’origine des fonds ou
matériel qu’elle donne au district
6.4- Variables étudiées
6.4.1-Variables quantitatives
- Nombre de formations sanitaires
- Nombre de formations sanitaires offrant les services
de vaccination
- Quantité de différents antigènes
- Quantité de seringues
- Quantité de boites de sécurité
- Coût estimatifs des antigènes
- Coût estimatifs des seringues
- Coût estimatifs des boites de sécurité
- Coût estimatifs des recharges de gaz
- Coût estimatifs des activités de vaccination
- Nombres de coges fonctionnels
- Montant du financement communautaire
- Montant du financement de l’état
- Montant des autres sources de financement
20
6.4.2-Variables qualitatives
- Existence de coges
- Existence de coges fonctionnels
- Implication du coges dans le financement de la
vaccination
- Existence de matériel roulant
- Existence de réfrigérateur fonctionnel
- Existence de partenaires locaux intervenant dans la
vaccination
- Participation communautaire à la mobilisation sociale
- Participation communautaire dans le fonctionnement
de la formation sanitaire
6.5- DIFFUSION ET UTILISATION DES RESULTATS
Les résultats de ces travaux vont nous permettre de soutenir notre
mémoire en vue de l’obtention du Diplôme Inter Universitaire (DIU) en
«Organisation et management des systèmes publics de prévention
vaccinale dans les pays en développement».
En outre, ces résultats pourront servir :
• à la direction de Coordination du PEV (DC-PEV)
• à la bibliothèque du cours EPIVAC.
• Aux districts sanitaires
6.6- SUIVI DU DEROULEMENT DE LA RECHERCHE
La recherche s’effectuera sous le contrôle d’un Directeur de Mémoire
désigné par la Direction Technique EPIVAC, responsable de la formation,
en relation avec les superviseurs nationaux du cours EPIVAC.
21
VII- RESULTATS
7.1 Les résultats généraux
A l’issue de l’enquête menée dans les 13 centres vaccinateurs du
district, les résultats suivants se dégagent comme suit :
1) Le personnel impliqué dans les activités de vaccination
Dans tous les centres vaccinateurs il y a un agent de santé
responsable de la vaccination aidé de deux volontaires à
l’exception du seul CS qui fonctionne encore avec un
garçon de salle et deux aides.
2) Ressources matériels
Tous les CS visités disposent chacun de :
- Une moto fonctionnelle
- Un réfrigérateur fonctionnel et des autres matériels de la
chaine du froid (glacière, portes vaccins, accumulateurs de
froid)
3) Ressources financières
3.1 Les ressources propres
Tableau VII : Etat des ressources propres du district en 2008
RUBRIQUE
MONTANT
POURCENTAGE
9 599 500
67
Mise en observation
721 500
5
Pansements
150 000
1
Injections
310 200
2
Accouchements
828 500
6
2 427 500
17
278 850
2
0
0
Consultations
Carnet mère-enfant
Carnets individuels de santé
Vaccination
TOTAL
14 412 045
100
Source : notre enquête
22
La vente des médicaments n’est pas comptabilisé car elle fait l’objet
d’une gestion particulière avec la Pharmacie de la Santé Publique (PSP).
Les ressources propres du district représentent la participation financière
de la communauté car elles sont issues du recouvrement des coûts des
actes de santé perçue dans les formations sanitaires. Les consultations
(67%) et la vente des carnets de santé mère-enfant (17%) génèrent le plus
de ressources. La vaccination étant gratuite, elle ne participe pas au
financement.
3.2 Le budget général de l’état (BGE)
Absent depuis le début de la crise en 2002, le BGE a été alloué en
2008. Mais son allocation tardive a fait qu’en dehors du carburant, les
ressources du BGE n’ont pas pu être disponibles à temps pour les
activités de l’année 2008.
3.3 Les Partenaires
Les partenaires au développement viennent en appui aussi bien
dans les activités de vaccination que dans les autres domaines de
fonctionnement du district.
4) La vaccination
Tous les centres vaccinateurs utilisent les stratégies fixes et
avancées. La stratégie mobile est du ressort du siège du district.
L’ensemble des centres a organisé 1248 séances de vaccination au cours
de l'année 2008
5) La participation communautaire
Tous les CS s’appuient sur les relais communautaires pour la
mobilisation sociale. La communauté participe à la gestion des centres de
santé par leurs représentants au sein des comités de gestion des dits
centres. Mais du fait de la crise de nombreux coges n’existent plus ou ne
sont pas fonctionnels.
23
Tableau VIII: répartition des CS en fonction des coges
CS
H G Dabakala
CSR
Fénéssiguédougou
PRESENCE COGES
OUI
NON
x
x
CSR M’borla
Dioulasso
CSR Tendéné
COGES FONCTIONNEL
OUI
NON
x
x
x
x
CSR Kawolo S.
x
DR Kpana-Kalo
x
CSU
Boniérédougou
x
x
CSR Niéméné
x
x
CSR Bokala
x
x
CSU Foumbolo
x
x
CSU Bassawa
x
x
CSU Satama
Sokoura
x
CSU Satama
Sokoro
x
TOTAL
9
x
x
4
5
4
Source : notre enquête
Sur les 13 formations sanitaires concernées, 9 disposent de coges
dont 4 sont fonctionnels. Au total 31% des centres de santé disposent d’un
coges fonctionnel
24
7.2 Les coûts récurrents du PEV de routine en 2008
Tableau IX : Répartition du coût des vaccins selon l’antigène
Antigène
BCG
DTC-HépB
Vaccin Polio oral
Vaccin Rougeole
Vaccin Fièvre jaune
Vaccin Tétanos
Nombre de
doses utilisées
5800
17 890
18 860
4770
2750
8710
TOTAL
Prix de la
dose
69
984
125
326
820
71
Prix Total
400 200
17 603 760
2 357 500
1 555 020
2 255 000
618 410
23 234 870
Source : Archive du district de Dabakala /DC-PEV
Le vaccin DTC-HépB revient beaucoup plus cher (76%) que les autres
vaccins du fait de son coût unitaire et le nombre élevé de doses utilisées.
Le BCG et le vaccin antitétanique ont les coûts les plus faibles.
Tableau X : Coût des Consommables de vaccination
Consommables
SAB
Seringue BCG
SAD
Boite de sécurité
Coton (kg)
Quantité
utilisée
33787
5053
239/ 919
400
30
TOTAL
PU
PT
100
35
46
350
3377
3 378 700
176 855
53 268
140 000
101 310
3 850 133
Source : Archive du district de Dabakala /DC-PEV
Les SAB absorbent 88% du coût total des consommables
Tableau XI : Coût du gaz selon les sources de financement
RUBRIQUE
COÛT
Gaz
365 800
Collectivités
locales
0
FINANCEMENT
Financement
Etat
Autres
communautaire
Partenaire
0
32 700 328 600
25
TOTAL
365 800
0
0
32 700
328 600
Source : notre enquête
Tableau XII : Coût de la maintenance selon les sources de financement
FINANCEMENT
RUBRIQUE
Véhicule
2 ou4
roues
COÛT
Collectivités
locales
Financement
communautaire
Etat
Autres
Partenaire
Vidange
337 880
0
337 880
0
0
Réparation
75 000
0
75 000
0
0
Pièces de
rechange
875 000
0
875 000
0
0
Réparation
50 000
0
50000
0
0
Pièce de
rechange
90 000
0
90 000
0
0
1427880
0
1427880
0
0
CDF
TOTAL
Source : notre enquête
Tableau XIII : Coût du transport selon les sources de financement
FINANCEMENT
Carburant et
lubrifiant
COÛT
Collectivités
locales
Financement
communautaire
Etat
Autres
Partenaire
Ravitaillement en
vaccins
693000
0
126430
390188
176382
Stratégie
avancée
1751996
0
85 250
250500
1416246
Stratégie mobile
452424
0
0
0
452424
TOTAL
2897420
0
211680
640688
2045052
26
Source : notre enquête
Tableau XIV : Coût de la mobilisation sociale selon les sources de
financement
RUBRIQUE
FINANCEMENT
COÛT
Collectivités
locales
Financement
communautaire
Etat
Autres
Partenaire
Frais de
communication
700 000
0
515425
184575
0
Administration
80 000
0
0
0
80 000
TOTAL
780 000
0
515425
184575
80 000
Source : notre enquête
Tableau XV : Coût spécifique en personnel selon les sources de
financement
FINANCEMENT
RUBRIQUE
COÛT
Collectivités
locales
Financement
Etat
communautaire
Autres
Partenaire
Salaire agent de
santé
7 920 000
0
0
7 920 000
0
Salaire des Aides
1 488 000
0
288 000
1 200 000
0
Primes pour SA et
SM
0
0
0
0
0
288 000
9 120 000
0
TOTAL
9 408 000
Source : notre enquête
27
Tableau XVI : Coût de la surveillance épidémiologique selon les
sources de financement
FINANCEMENT
RUBRIQUE
COÛT
Collectivités
locales
Financement
communautaire
Etat
Autres
Partenaires
Frais
d’acheminement
des prélèvements
biologiques
256 000
0
0
256 000
0
Frais de
communication
24 000
0
0
24 000
0
TOTAL
280 000
0
0
280 000
0
Source : notre enquête
Tableau XVII : Coût de la supervision selon les sources de
financement
FINANCEMENT
RUBRIQUE
COÛT
Collectivités
locales
Financement
Communautaire
Etat
Autres
Partenaires
Carburant
2 400 000
0
0
300 0000
2 1000 000
Primes de
supervision
0
0
0
0
0
2 400 000
0
0
300 000
2 100 000
TOTAL
Source : notre enquête
28
2. Coût de la formation courte durée
Durant la période de l’étude il n’t a pas eu de formation de courte
durée pour les agents de santé du district dans le domaine de la
vaccination.
VIII- SYNTHESE DES COÛTS RECCURENTS DU PEV DE ROUTINE
EN 2008
En 2008, il n’y a pas eu de financement des primes pour la
vaccination.
En dehors de l’état et de la communauté, le seul partenaire ayant
financé le PEV de routine en 2008 est l’Unicef.
8.1 Coût récurrent du PEV de routine
Les dépenses pour les activités de vaccination concernent plusieurs
postes de coût récurrents dont certains sont spécifiques au PEV comme
les vaccins, les consommables, le gaz, le transport, la surveillance
épidémiologique et la mobilisation tandis que d’autres sont partagés
comme la maintenance, la supervision et le personnel. Dans notre étude a
permis de calculer les coûts spécifiques qui sont représentés dans le
tableau ci-dessous.
Tableau XVIII : Structures des coûts récurrents spécifique du PEV de
routine en 2008
N°
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Rubrique
Vaccins
Consommables
Gaz
Transport
Maintenance
Supervision
Surveillance épidémiologique
Mobilisation sociale
Personnel
TOTAL
Montant
(en franc CFA)
23 234 870
3 850 133
365 800
2 897 420
1 427 880
2 400 000
280 000
780 000
9 408 000
44 644 103
Pourcentage
(%)
52
8,6
0,8
6,5
3,2
5,4
0,6
1,7
21,1
100
29
Source : notre enquête
Les coûts en vaccins représentent un plus de la moitié (52%) des
dépenses totales et ceux en personnels presque le quart (21,1%).Ce sont
les postes de coût les plus élevés.
Par contre la surveillance épidémiologique (0,6%), le gaz (0,8%) et la
mobilisation sociale (1,7%) sont les postes de coût les plus faibles.
Si les faibles dépenses en gaz s’expliquent par le fait que la moitié
des CS sont électrifiés, celles en mobilisation sociale le pourraient par la
disponibilité de vélos utilisés par les ASC chargés de cette activité.
8.2 FINANCEMENT COMMUNAUTAIRE DU PEV
Il s’agit du montant des ressources propres utilisées pour le
financement des activités du PEV.
Tableau XIX : Répartition du financement communautaire du PEV selon le
poste de coût
N°
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Poste de coût
Vaccins
Consommables
Gaz
Transport
Maintenance
Supervision
Surveillance épidémiologique
Mobilisation sociale
Personnel
TOTAL
Montant
(en franc CFA)
23 234 870
3 850 133
365 800
2 897 420
1 427 880
2 400 000
280 000
780 000
9 408 000
Financement
communautaire
0
0
0
211 680
1 427 880
0
0
515 425
288 000
% du FC
44 644 103
2 442 985
5,5
0
0
0
16,3
100
0
0
66,1
3,1
Source : notre enquête
Le financement communautaire du PEV est généralement
très faible (5,5%). Cependant il englobe totalement les dépenses en
maintenance et les 2/3 de celles de la mobilisation sociale.
30
L’étude du financement communautaire de la santé montre la part du PEV
dans celle-ci comme l’indique la figure 1 ci-dessous
Figure1 : Part du financement du PEV dans le FC de la santé
Le FC du PEV ne représente que 17% du FC total. Cela est assez
faible si on tient compte de toutes les activités nécessaires pour la mise en
œuvre du PEV au niveau du district.
8.3 Comparaison des sources de financement du PEV
Le financement du PEV dans le district provient de l’état, la
communauté et l’Unicef qui est le seul partenaire à avoir financé le PEV en
2008 dans le district de Dabakala.
Tableau XX : Répartition du coût du PEV selon les sources de financement
en 2008
SOURCE DE
FINANCEMENT
FC
ETAT
UNICEF
TOTAL
MONTANT
POURCENTAGE
2 442 985
37 642 966
4 553 652
44 639 603
5,5
84,3
10,2
100
Source : notre enquête
On constate que l’état est de loin le plus grand pourvoyeur de fonds
avec 84,3% suivi de l’Unicef avec 10,2%. Le FC est la source qui génère le
moins de fonds pour le financement du PEV (5,5%).
La figure 2 qui suit permet d’apprécier les niveaux d’intervention des
différentes sources de financement du PEV
31
Figure 2 : Répartition du financement du PEV selon la source
Après l’évaluation de l’apport global des différentes sources, il
important d’apprécier leur niveau d’intervention dans les postes de coût du
financement du PEV
Tableau XXI : Répartition des sources de financement selon les postes de
cout du PEV en 2008 dans le district de Dabakala
N°
Rubrique
Total
Financement
communautaire
Montant
%
0
0
Unicef
ETAT
Montant
0
%
0
Montant
23234870
%
100
0
0
0
3850133
100
0
0
328 600
90
32700
10
2897420
211 680
7
2045052
71
640688
22
Maintenance
1427880
1 427880
100
0
0
0
0
6
Supervision
2400000
0
0
2100000
88
300000
18
7
Surveillance
épidémiologique
Mobilisation
sociale
Personnel
280 000
0
0
0
0
280000
100
780 000
515 425
66
80000
10
184575
24
9 408 000
288000
3
0
0
9120000
97
44 644103
2442985
5,5
4553652
10,2
37642966
84,3
1
Vaccins
23234870
2
Consommables
3850133
0
3
Gaz
365 800
4
Transport
5
8
9
TOTAL
Source : notre enquête
32
De ce tableau il ressort que le financement des intrants majeurs
que sont les vaccins et les consommables est assuré exclusivement
par l’état. L’état se charge aussi presqu’entièrement des coûts en
personnel.
L’Unicef vient en appui surtout dans le transport, la supervision
et le gaz.
Le FC fournit seul les fonds pour la maintenance, intervient en
grande partie dans la mobilisation sociale et participe à la prise en
charge du personnel et du transport.
Les seuls postes de coût qui sont partagés par les trois sources
de financement sont ceux du transport et de la mobilisation sociale.
IX- COMMENTAIRES ET DISCUSSIONS
9.1- Participation financière de la communauté
La vaccination dans le cadre du PEV étant gratuit, les moyens
financiers qui sont nécessaire pour sa mise en œuvre ne peuvent provenir
que d’autres sources. Ainsi dans l’application des soins de santé primaires
selon l’ Initiative de Bamako (SSP-IB), les populations sont amenées à
apporter leur participation au fonctionnement des centres de santé au sein
des comités de gestion (Coges) selon le décret 93-218 (1) relatif à la
gestion des formations sanitaires.
Les coges permettent donc à la population de gérer les centres avec
le personnel de santé. Et cette participation communautaire permet non
seulement de générer des ressources financières propres à la structure
mais surtout à les utiliser de façon efficiente par l’élaboration du budget des
ressources propres du centre. Les recettes financières recueillies auprès
de la communauté servent à financer les activités du centre de santé en
complément des autres sources de financement.
Dans notre étude, il ressort que le financement communautaire dans
le district de Dabakala en 2008 était effectif. Il était généré en majeure
partie par les consultations (67%) et la vente des carnets de santé (19%).
Le FC aurait pu être plus important si les coges étaient tous
fonctionnels. Car du fait de la crise militaro-politique, seulement 31% des
coges sont fonctionnels contre 53% en 2005 dans le district de Divo-1 en
Côte d’Ivoire selon une étude de GOH (2). En effet le dysfonctionnement
des coges laisse la gestion des centres aux seuls agents de santé. Ces
derniers ont tendance à négliger la gestion des centres au profit des soins
à prodiguer aux usagés. D’où la faible traçabilité des données relatives à la
gestion financière.
33
9.2- Financement communautaire du PEV
Le FC du PEV provient des recouvrements des actes de santé, il
représentait en 2008 17% de la participation financière totale de la
communauté. Ce qui est nettement supérieur au taux de 8,7% trouvé par
YOROU (3) en 2005-2006 dans la zone sanitaire de Bembereke-Sinende
au Benin. Par contre dans le district sanitaire de Khombole au Sénégal
selon une étude de SARR (4) ce taux variait de 14,8% en 2003 à 20,2%
en 2004 encadrant ainsi les 17% issus de notre étude.
La part du FC du PEV par rapport au financement total du PEV dans
le district de Dabakala était de 5,5%. Ce qui est très faible par rapport à
celles relevées au mali dans les districts sanitaires de Mopti (13%) d’après
MAIGA (5) et de Kangaba (14%) selon Sissoko (6), mais il est supérieur à
celui de Divo-1 (1,45%) dans l’étude de GOH (2). On constate que le FC
des coûts spécifiques du PEV selon les études ci-dessus était plus élevé
au Mali et au Burkina-Faso qu’en Côte d’Ivoire.
La structure des coûts a révélé que le FC intervient essentiellement
dans la maintenance à 100%, la mobilisation sociale à 66% et
accessoirement dans le transport à 7% et le personnel à 3%. Au Mali(8) et
au Benin (3), le FC assurait la maintenance à 100% comme dans notre
étude. Dans ces 2 pays le FC a contribué au coût des consommables alors
que dans le notre l’achat des consommables était réservé à l’état.
Malgré sa faible contribution, le FC a joué un rôle important dans la
mise en œuvre du PEV. En effet, en prenant en charge tous les coûts de
maintenance de la CDF et des motos, il a permis non seulement la bonne
conservation des vaccins mais aussi l’exécution régulière de la stratégie
avancée. De même, son apport significatif dans le coût de la mobilisation
sociale a permis la sensibilisation de la communauté en faveur de la
vaccination.
Globalement le FC du PEV a participé à la réduction des taux
d’abandon et à l’augmentation des couvertures vaccinales. Son absence
aurait été préjudiciable à la performance du PEV dans le district.
9.3- Les autres sources de financement du PEV
9.3.1- L’Etat
La vaccination des enfants de 0 à 11 mois et des femmes enceintes
est dirigée par la Direction de Coordination du Programme élargie de
Vaccination (DC-PEV) qui met les intrants et la logistique à la disposition
des districts sanitaires pour l’immunisation de la population cible.
34
Pour le PEV de routine, les districts s’approvisionnent en vaccins et
matériels de vaccination à l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP) à
Abidjan ou dans ses antennes régionales.
Les moyens financiers de la DC-PEV lui sont octroyés d’une part par
l’état et d’autre part par les partenaires au développement (GAVI, OMS,
UNICEF). Cependant la part des partenaires dans le financement du PEV
n’est pas signifiée aux districts qui considèrent alors tout financement
provenant de la DC-PEV comme étant la participation de l’état.
Dans notre étude, l’état est intervenu dans le financement des coûts
récurrents du PEV à raison de 84 ,3% alors qu’au Mali et au Burkina la
contribution était respectivement de 44% en 2004 d’après DIABATE (7) et
52,58% en 2001 selon Ky (8). On constate que l’apport de l’état était très
important à Dabakala tandis qu’il était moyen au Mali et au Burkina.
9.3.2- Les partenaires
Ici il s’agit des partenaires qui apportent directement leur appui au
district. L’Unicef était le seul partenaire à avoir participé en 2008 au
financement du PEV dans le district de Dabakala. Son apport de 10,2%
était faible par rapport à la contribution des partenaires dans le district de
Divo-1 (2) à 52%, dans celui de Ouelessebougou(7) à 39% et de Sebba (8)
à 16,52%. Il faut préciser que l’année 2008 était une période charnière
entre la fin de la crise et le début de la normalisation dans les zones CNO.
En effet, de 2004 à 2007 l’Unicef a déployé de grands moyens pour la
relance du système sanitaire dans le district de Dabakala par l’équipement
du district en véhicules, motos, réfrigérateurs, outils de gestion et la
dotation en carburant pour la stratégie avancée et la supervision ainsi que
les primes de stratégie avancées et de supervision. Mais avec le
redéploiement de l’administration les partenaires qui étaient omniprésents
dans cette zone depuis le début de la crise notamment l’Unicef avaient
tendance à s’y retirer progressivement.
Les collectivités locales (mairies et conseils généraux) n’ont pas participé
au financement du PEV en 2008 bien qu’elles aient participé à la reprise
des activités de santé dans le district.
35
9.4- Comparaison du financement communautaire avec les autres
sources de financement du PEV
Le financement du PEV dans le district provenait en majorité de l’état
(84,3%), puis de l’Unicef (10,2) et de la communauté (5,5%). On donc
constaté que l’état fournissait de loin la plus grande part de ce
financement. Venait ensuite l’Unicef puis le FC qui était la plus faible des
sources de financement du PEV.
La grande part de l’état s’explique par le fait qu’il intervenait dans les
postes de coût les plus élevés du financement du PEV. En effet les vaccins
qui représentaient plus de la moitié (52%) de ce financement, les
consommables (8,6%) et la surveillance épidémiologique (0,6%) ont été
entièrement fournis par l’état.
De même ce dernier a assuré 97% du coût en personnel contre 3%
par le FC. En effet l’état est l’employeur presqu’exclusif de tout le
personnel qui travaille dans le district sanitaire. Ce sont généralement de
fonctionnaires ou agents de l’état. Le FC a rémunéré seulement certains
aides soignants ; d’où sa part infime dans ce poste de coût.
En 2008 l’état a financé tous les postes des coûts récurrents du PEV
sauf la maintenance qui a été totalement prise en charge par le FC (100%).
Quant à l’Unicef, il a assuré la plus grande partie des coûts du gaz à
90% et de la supervision à 88% contre respectivement 10% et 12% par
l’état. L’Unicef n’a financé exclusivement aucun poste de coût car il était
venu en appui au système de santé.
Les seuls postes de coût qui ont été partagés par les trois sources
de financement étaient ceux du transport et de la mobilisation sociale. Le
FC a fourni la plus grande partie des fonds pour la mobilisation sociale
(66%) contre respectivement 24% par l’état et 10% par l’Unicef. Mais pour
le transport l’Unicef avait financé 71% du coût contre 22% par l’état et 7%
par le FC.
36
CONCLUSION
Cette étude nous a permis de relever que le financement
communautaire du PEV était faible (5,5%) et qu’il intervenait dans 4 postes
de coût : la maintenance, la mobilisation sociale, le transport et le
personnel. Quant à l’état, il a apporté de loin le plus grand financement
(84,3%). Les partenaires étaient représentés uniquement par l’Unicef
(10,2%). Tous ces résultats montrent que nous avons pu atteindre les
objectifs fixés.
Avec la paix qui est revenue dans le pays nous avons l’intime
conviction que la situation sociale va se normaliser. Cela permettra sans
doute à la communauté de jouer le rôle qui lui est dévolu dans
l’amélioration de sa santé par la redynamisation des coges.
RECOMMANDATIONS
A l’issue de notre étude nous formulons les recommandations
suivantes :
1) A l’endroit du ministère de la santé
- Rendre disponible les informations sur l’origine des moyens
mis à la disposition des districts
2) A l’endroit du ministère de l’économie et des finances
- Rendre disponible à temps le BGE : Intégration du district de
Dabakala au système intégré de gestion des finances
publiques (SIGFIP)
3) A l’endroit du district
- Installer les coges dans toutes les formations sanitaires du
district
- Former ou recycler les membres des bureaux des coges à la
gestion des centres de santé.
- Faire le monitorage semestriel des activités des coges en vue
de l’amélioration de la participation communautaire à la gestion
du centre.
- Faire un plaidoyer auprès des mairies et du conseil général
pour leur implication dans le financement du PEV
37
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1- République de Côte d’Ivoire : Décret N° 93-218 d u 3 février 1993
relatif aux règles de gestion des formations sanitaires rurales
2- GOH A. : Financement des activités du PEV de routine par le budget
de l’état et de participation communautaire dans le district de Divo-1
en 2005; 20p, 24p.
3- YOROU C. : Etude de la participation du financement communautaire
aux activités du PEV dans la zone sanitaire de Bembereke-Sinende
en République du Benin en 2005 et au 1er trimestre 2006; 27p, 36p.
4- SARR M. : Etude de la participation communautaire au financement
du PEV de routine de 2003 à 2004 dans le poste de santé de ToubaToul/District sanitaire de Khombole-Sénégal
Mémoire de fin de formation Epivac 2005 ; 11p.
5- MAÏGA N. : Etude du financement communautaire du PEV de routine
de 2003 à 2005 dans le district sanitaire de Mopti-Mali ; 27p.
6- SISSOKO K. : Etude du financement communautaire du PEV de
routine : expérience du district de Kangaba. Mémoire Epivac 2005 ;
23p.
7- DIABATE L. : Etude de la contribution communautaire dans le
financement du PEV dans le district de Ouéléssébougou en 2004.
Mémoire Epivac 2005; 27p.
8- KY A. Y. : Etude de la contribution des comités de gestion des
formations sanitaires au financement des activités de vaccination
dans le district de Sebba de 2001 à 2003. Mémoire Epivac 2004 ;
28p.
9- Fiches comptables des CS de Dabakala
10 - Rapports SIG du district de Dabakala
38
ANNEXES
QUESTIONNAIRE
1. Identification de l’établissement
Appellation : ……………………………………………………
2. Ressources de l’établissement sanitaire visité
a. Le personnel
- Nombre de médecins :
- Nombre de sages femmes :
- Nombre d’infirmiers :
- Autres :
b. Matérielles
-Le centre dispose t-il d’un réfrigérateur fonctionnel ?
Oui
Non
- Le centre dispose t-il d’une moto fonctionnelle ?
Oui
Non
- Le centre dispose t-il de glacière ?
Oui
Non
- Le centre dispose t-il de portes vaccins?
Oui
Non
c. Financières
39
1. Faites-vous le recouvrement des actes de santé dans établissement ?
Oui
Non
2. Si oui donnez le montant des redevances de l’année 2008
RUBRIQUE
MONTANT
Consultations
Mise en observation
Pansements
Injections
Accouchements
Carnet mère-enfant
Carnets individuels de santé
Autres
TOTAL
3. Activités de vaccination
a. Organisez – vous des
établissement ?
Oui
séances de
Non
vaccination
dans
votre
b. Si oui combien de séances avez-vous organisées en 2008 :
……………………..
c. Quelles sont les stratégies que vous utilisez :
Fixe
Avancée
Mobile
40
d. Utilisez-vous des relais communautaires pour la mobilisation
sociale ?
Non
Oui
e. Existe-t-il un coges dans votre établissement ?
Oui
f.
Non
Si oui est-il impliqué dans les activités de vaccination ?
Oui
Non
4. Consommation de vaccins
ANTIGENES
QUANTITE UTILISEE
BCG
POLIO ORAL
DTC-Hep.B
VAR
VAA
VAT
TOTAL
5. Consommation de matériel de vaccination
MATERIEL DE VACCINATION
QUANTITE UTILISEE
SAB
SAD
Seringue BCG
Boîtes de sécurité
Coton
TOTAL
41
6. Coût de la maintenance
FINANCEMENT
RUBRIQUE
COÛT
Collectivités
locales
Coges/
Etablissement
Etat
Autres
Partenaire
Vidange
Véhicule
Réparation
2 ou4
roues
Pièces de
rechange
Gaz
Chaine
du froid
Réparation
Pièce de
rechange
TOTAL
42
7. Coût du transport
FINANCEMENT
RUBRIQUE
COÛT
Collectivités
locales
Coges/
Etat
Etablissement
Autres
Partenaire
Carburant pour le
ravitaillement en vaccins
Carburant pour la
stratégie avancée
Carburant pour la
stratégie mobile
Carburant pour la
mobilisation sociale
TOTAL
2. Coût en personnel (pour le personnel impliqué dans la vaccination)
FINANCEMENT
RUBRIQUE
COÛT
Collectivités
locales
Coges/
Etablissement
Etat
Autres
Partenaire
Salaire infirmier
Salaire des Aides
Primes pour SA et SM
TOTAL
43
PARTIE DESTINEE UNIQUEMENT A LA DIRECTION DU DISTRICT
3. Coût de la surveillance épidémiologique
FINANCEMENT
RUBRIQUE
COÛT
Collectivités
locales
Coges/
Etat
Etablissement
Autres
Partenaire
Frais d’acheminement
des prélèvements
biologiques
Frais de communication
TOTAL
4. Coût de la supervision
FINANCEMENT
RUBRIQUE
COÛT
Collectivités
locales
Coges/
Etablissement
Etat
Autres
Partenaire
Carburant pour la
supervision
Primes de supervision
TOTAL
44
5. Coût de la formation courte durée
FINANCEMENT
RUBRIQUE
COÛT
Collectivités
locales
Coges/
Etablissement
Etat
Autres
Partenaire
Frais des formations
TOTAL
6. Couvertures vaccinales du district en 2008
ANTIGENES
Couvertures vaccinales en 2008
BCG
POLIO ORAL
DTC-Hep.B
VAR
VAA
VAT
45