Evaluation du financement communautaire du PEV
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Evaluation du financement communautaire du PEV
République de Côte d’Ivoire République Française Union – Discipline - Travail Liberté - Egalité - Fraternité MEMOIRE Pour l’obtention du DIPLOME INTERUNIVERSITAIRE «Organisation et Management des Systèmes Publics de prévention vaccinale dans les Pays en Développement» Evaluation du financement communautaire du PEV dans le district de Dabakala (Côte d’Ivoire) : comparaison avec les autres sources de financement en 2008 dans ledit district Présenté et soutenu le 24 Novembre 2009 à Ouidah – Bénin par Docteur Mamadou KRAMA Composition du jury : Président : Laurent OUEDRAOGO Directeur de mémoire : Marcel Drach Juge : Florence ARESTOFF 1 SOMMAIRE - Dédicaces - Remerciement -Résumé - Liste des abréviations - Liste des tableaux et graphiques INTRODUCTION I - CONTEXTE ET JUSTIFICATION II - ENONCE DU PROBLEME III- REVUE DE LITTERATURE IV – OBJECTIFS V – DEFINITIONS OPERATIONNELLES VI- METHODE VII - RESULTATS VIII – SYNTHESE DES RESULTATS IX – COMENTAIRE ET DISCUSSION - CONCLUSION - RECOMMANDATION - REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES - ANNEXES 2 DEDICACES Nous dédions ce mémoire à : - ALLAH le tout puissant, le très miséricordieux pour son assistance - IN MEMORIUM Mes géniteurs : J’ai hérité de votre goût de la persévérance et du travail bien fait. Je ne vous remercierai jamais assez pour tous les sacrifices que vous avez faits pour moi. Mon épouse KONE M. NAÏSCHA : Ce travail est aussi le tien. Merci pour ton soutien et ta compréhension. - Mes enfants : Abdel-Kader Aïcha Haubaquet Binta Faitihet Haïna Fatim Que ce travail vous serve d’exemple. - Mes Frère et Sœurs : L’union fait la force. Nous ne l’oublions pas. REMERCIEMENTS A tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce travail : - Les membres de l’équipe cadre du district de Dabakala - La direction de la DC-PEV - Dr Blédi T. Félix, Directeur de cabinet adjoint du ministre de la santé - Les superviseurs nationaux Epivac - Marcel Drach, directeur de ce mémoire 3 RESUME Notre étude transversale sur le financement communautaire du PEV s’est déroulée dans le district de Dabakala, situé dans le centre-nord de la Côte d’Ivoire, zone anciennement occupée par la rébellion. Il s’agissait d’évaluer le financement communautaire du PEV dans district de Dabakala et le comparer aux autres sources de financement dans ledit district en 2008. Elle nous a permis de déterminer la participation financière communautaire du district de Dabakala en 2008 qui correspondait à la somme de 14 412 045 francs dont 17% ont servi à financer le PEV de routine. Le financement communautaire du PEV représentait 5,5% du financement global de la vaccination de routine. Le FC a pris totalement en charge la maintenance et une grande partie des coûts de la mobilisation sociale (66%). Il a participé également aux frais de transport (7%) et de personnel (3%). Démontrant ainsi son importance dans la mise en œuvre des activités du PEV. Concernant les autres sources de financement, l’état a été le plus grand pourvoyeur de fonds avec 84,3%, puis en seconde place l’Unicef (seul partenaire à avoir financé le PEV en 2008 dans le district de Dabakala) avec 10,2%. Le FC s’est placé en dernière position avec 5,5% du financement du PEV de routine. Toutes fois le climat social précaire et le dysfonctionnement de la plupart des COGES (69%) n’a pas permis d’optimiser le financement communautaire du PEV. La direction du district devrait donc redynamiser les COGES qui sont les instruments nécessaires à l’implication de la communauté dans la gestion de leur santé. 4 LISTE DES ABREVIATION ET SIGLES ASC : Agent de Santé Communautaire AVST : Activité de Vaccination Supplémentaire contre le Tétanos BCG : Bacille de Calmette et Guérin BGE : Budget Général de l’Etat CAR : Campagne Anti Rougeoleuse CDF : Chaîne Du Froid CNO : Centre-Nord-Ouest COGES : Comité de Gestion CPEV : Coordonateur du Programme Elargi de Vaccination CS : Centre de Santé CSE : Chargé de la Surveillance et Epidémiologique CSR : Centre de Santé Rural CSU : Centre de Santé Urbain DC-PEV : Direction de Coordination du Programme Elargi de Vaccination DR : Dispensaire Rural DTC-Hep3 :3ème dose de Vaccin contre la Diphtérie, le Tétanos, la Coqueluche et l’Hépatite B ESPC : Etablissement Sanitaire de Premier Contact FC : Financement Communautaire GAVI : Alliance Mondiale pour les Vaccins et la Vaccination JNV : Journées Nationales de Vaccination OMS : Organisation Mondial de la Santé PC : Participation Communautaire PEV : Programme Elargi de Vaccination POLIO: Vaccin anti Poliomyélite Oral PT : Prix Total 5 PU : Prix Unitaire RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat SIG: Système d’Information et de Gestion UNFPA : Fond des Nations Unis pour la Population UNICEF : Fond des Nations Unis pour l’Enfance VAA: Vaccin Anti Amaril VAR: Vaccin Anti Rougeoleux VIT.A: Vitamine A 6 LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES Tableau I : Répartition de la population selon la tranche d’âge Tableau II : Répartition du personnel qualifié selon le type Tableau III : Répartition des infrastructures selon le type Tableau IV : Répartition du matériel de la chaîne du froid selon le type Tableau V : Répartition de la couverture vaccinale selon l’antigène chez les enfants de 0 – 11mois Tableau VI : Résultat des différentes campagnes d’activités supplémentaires de vaccination réalisées en 2008 Tableau VII : Etat des ressources propres du district en 2008 Tableau VIII: répartition des CS en fonction des coges Tableau IX : Répartition du coût des vaccins selon l’antigène Tableau X : Coût des Consommables de vaccination Tableau XI : Coût du gaz selon les sources de financement Tableau XII : Coût de la maintenance selon les sources de financement Tableau XIII : Coût du transport selon les sources de financement Tableau XIV : Coût de la mobilisation sociale selon les sources de financement Tableau XV : Coût spécifique en personnel selon les sources de financement Tableau XVI : Coût de la surveillance épidémiologique selon les sources de financement Tableau XVII : Coût de la supervision selon les sources de financement Tableau XVIII : Structures des coûts récurrents spécifique du PEV de routine en 2008 Tableau XIX : Répartition du financement communautaire du PEV selon le poste de coût Tableau XX : Répartition du coût du PEV selon les sources de financement en 2008 Tableau XXI : Répartition des sources de financement selon les postes de cout du PEV en 2008 dans le district de Dabakala Figure1 : Part du financement du PEV dans le FC de la santé Figure 2 : Répartition du financement du PEV selon la source 7 I- CONTEXTE ET JUSTIFICATION Crée par Arrêté n° 137/MSPAS/DGSSS du 1 er juin 1994, le District Sanitaire de Dabakala fait partie de la direction régionale de la santé de la Vallée du Bandama. Il est situé dans la partie centre-nord de la Côte d’Ivoire, zone anciennement occupée par les forces rebelles au début de la crise militaro-politique en 2002. Il couvre le département de Dabakala sur une superficie de 9671 km² et s’étale sur 6 Sous-préfectures. La population estimée en 2008 à 124 348 habitants avec une densité de 13 habitants au km2, est à majorité rurale (83,47%). Le district de Dabakala dispose de 14 centres de santé dont 12 centres vaccinateurs pour l’immunisation des enfants de 0 à 11 mois et des femmes enceintes. Pour mener à bien cette activité, des ressources financières importantes sont nécessaires. Ne bénéficiant pas directement du budget de l’état depuis le début de la crise, le district est aidé financièrement et matériellement par les organismes internationaux tels que l’Unicef. II- ENONCE DU PROBLEME La priorité des états dans les pays en voie de développement comme la Côte d’Ivoire est la santé et l’éducation. Des ressources importantes sont mobilisées chaque année pour assurer la santé des populations de façon gratuite depuis l’indépendance. Mais la situation économique se dégrade et les activités de santé nécessitent de plus en plus de ressources financières. Dans cet environnement de difficulté financière, l’Etat doit malgré tout assurer la protection sanitaire de ses habitants. Les soins de santé étaient gratuits pour les populations et entièrement à la charge de l’état jusqu’à l’application de l’initiative de Bamako qui demande la participation communautaire dans tous les domaines de la santé. Ainsi, pour les soins curatifs, une participation financière est directement demandée à la population. Mais la vaccination reste gratuite dans le cadre du programme élargie de vaccination(PEV) qui a pour cible les enfants de zéro à cinq ans et les femmes enceintes. 8 Le PEV occupe une place très importante dans le système de santé car il permet de protéger la frange la plus vulnérable de la population. En effet, en vaccinant les femmes enceintes contre le tétanos et les enfants contre la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite virale B, la méningite à haemophilus influenzae B, la poliomyélite, la fièvre jaune et la rougeole, le PEV permet donc d’éviter à sa population cible ces maladies mortelles et handicapantes. Pour atteindre ses objectifs, le PEV doit disposer de moyens importants et de façon permanente : Un personnel en nombre suffisant bien formé et motivé, des vaccins et du matériel de vaccination en quantité suffisante, une chaine du froid (CDF) fiable (Chambres froides, congélateurs, réfrigérateurs, glacières, portes vaccins), des moyens de déplacement (véhicules, motocyclettes), un système de mobilisation sociale pour l’adhésion de la population et des ressources financières. L’état à qui incombe la santé de la population est la grande pourvoyeuse de fonds à travers la DC-PEV et le Budget Général de l’Etat (BGE) alloué à chaque district tous les ans. Mais vue la situation socioéconomique difficile que traverse le pays, non seulement les allocations budgétaires ne sont pas suffisantes mais le manque de liquidités au trésor publique freine l’exécution de ce budget. Alors l’état à lui seul ne peut pas subvenir financièrement à toutes ces charges du PEV. Il fait alors appel à l’aide internationale à travers l’OMS, l’Unicef, les fonds GAVI et à la participation des communautés locales qui sont représentées dans les comités de gestion (COGES) des structures sanitaires. Ainsi l’état, les partenaires au développement et la communauté s’unissent pour mener à bien les activités de santé dont celles du PEV. Mais quelle est la part de chaque entité dans le financement du PEV au niveau des districts sanitaires et plus précisément dans le district sanitaire de Dabakala? C’est pour répondre à cette question que nous entreprenons cette étude au niveau du district sanitaire de Dabakala afin d’évaluer le financement communautaire du PEV et de le comparer aux autres sources de financement. 9 III- REVUE DE LITTERATURE Dans le cadre de notre étude la revue documentaire a porté sur : - Le Plan National de Développement Sanitaire 2009-2013 (PNDS) de la République de Côte d’Ivoire, édition décembre 2008 qui dans le cadre de la consolidation des activités de santé dans la zone CNO réaffirme que les sources de financement des activités de santé sont l’Etat, les collectivités locales, les ménages et les partenaires au développement. Il met l’accent sur la relance des activités des coges en zone CNO et surtout le recouvrement des coûts qui constitue la participation financière de la communauté. - Le Manuel des directives du paquet minimum d’activités dans les établissements sanitaires de premier contact du ministère de la santé et de l’hygiène Publique de la République de Côte d’Ivoire, édition 2000: Il définit la participation communautaire comme le processus par lequel la communauté participe à la prise de décision et à l’exécution des programmes. La participation communautaire implique des efforts systématiques visant à donner à la communauté ‘’un droit de regard’’ sur l’utilisation des ressources et sur le sens du service en accord avec leur situation sociale, géographique et culturelle locale. - ARIVA « Publication Protocole de recherche sur le financement communautaire du PEV au Burkina-Faso » : Elle apprécie le contexte local et les facteurs d’action (évaluation des besoins des communautés, mise en place de l’organisation communautaire, gestion des programmes, mobilisation des ressources humaines et financières) du financement communautaire du PEV. - OUEDRAOGO D. (MRO EPIVAC 2003) : Cette étude sur le financement des coûts récurrents du PEV de routine révèle que : La contribution communautaire aux coûts de la vaccination de routine dépendait en grande partie des structures de gestion communautaires. Le budget national assure la grande part du financement du PEV par la prise en charge des coûts des vaccins et consommables tandis que le FC vient en seconde position. 10 IV- OBJECTIFS 4.1- Objectif Général Evaluer le financement communautaire du PEV dans district de Dabakala et le comparer aux autres sources de financement dans ledit district en 2008. 4.2- Objectifs Spécifiques 4.2.1- Déterminer la participation financière communautaire dans le district de Dabakala en 2008 4.2.2- Calculer le financement communautaire du PEV en 2008 4.2.3- Identifier les autres sources de financement du PEV en 2008 4.2.4- Calculer la participation des autres sources de financement du PEV en 2008 dans le district de Dabakala 4.2.5- Comparer le financement communautaire du PEV aux autres sources de financement 11 V – DEFINITIONS OPERATIONNELLES 1- La participation communautaire : Intervention de la population bénéficiaire dans le processus de la prise de décision, d’exécution, de financement et d’évaluation des activités du centre de santé. 2- Le financement communautaire : Représente l’ensemble ressources financières mobilisées par les communautés. des 3- Le coût de transport : représente les frais de carburant utilisés. 4- Le coût de la supervision : Il correspond au coût du transport et des primes de supervision. 5- Le coût de la surveillance épidémiologique : Il correspond au coût de l’acheminement des prélèvements biologiques vers le laboratoire de référence et le coût du carburant pour la surveillance épidémiologique active. 6- Le coût de la mobilisation sociale : Elle représente les frais de déplacement des acteurs de la mobilisation sociale. 7- Comité de gestion : Structure communautaire chargée des centres de santé. A cet effet, il sensibilise, populations en vue de leur participation aux activités santé. Par ailleurs, il gère le financement et participe décision au niveau des centres de santé. de la gestion mobilise les du centre de à la prise de 8- District : c’est l’unité opérationnelle au niveau du système de santé publique. Il est chargé de la mise en œuvre des différents programmes du ministère. Chaque district dispose d’un hôpital général de référence et des ESPC. Il est dirigé par un médecin-chef de district ou directeur départemental. 9- Autres sources de financement : Il s’agit de l’état, des partenaires au développement et des collectivités locales. 12 VI- METHODE 6.1- Cadre de l’étude Notre étude se déroule dans le district sanitaire de Dabakala. Au bureau du district et dans les ESPC relevant de sa compétence 6.1.1- Présentation du district de Dabakala 6.1.1.1- Généralités Le District Sanitaire de Dabakala est situé dans la république de Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest. Il fait partie de la direction régionale de la santé de la Vallée du Bandama qui couvre le centre-nord du pays. Le département de Dabakala qui regroupe 6 Sous-préfectures sur une superficie de 9671 km² et sa population est estimée à 124 348 habitants donnant ainsi une densité de 13 habitants au km2 Le taux d’accroissement du Département de Dabakala est de 2,2% (source : RGPH 1998) Le district sanitaire de Dabakala est limité: • • • • au nord par le District de Ferkessédougou au sud par les Districts de Bouaké et de M’bahiakro à l’est par les Districts de Bouna et de Bondoukou à l’ouest par le District de Katiola La population est constituée d’autochtones (Djimini, Djamala, Djafolo) et d’allogènes (Malinké, Senoufo, Lobi, etc.) - Accessibilité Le chef - lieu du district est distant de 150 km de sa direction régionale (Bouaké) et de 520 km d’Abidjan, la capitale économique du pays. Il est relié à Bouaké par une voie bitumée passant par Katiola. Le reste des voies d’accès est constitué par des pistes villageoises difficilement praticables. - Relief et climat Le relief est plat, mais il présente par endroit quelques collines isolées. Le District Sanitaire de Dabakala est traversé par deux grands cours d’eau : 13 • la Comoé qui constitue la limite naturelle avec les Districts de Bouna et de Bondoukou • le N’Zi qui constitue la limite naturelle avec le District de Katiola. La végétation est de type savanicole avec quelques bandes de forêts le long des cours d’eau. Le climat est de type soudanais avec deux saisons : - une saison sèche qui s’étend de novembre à mars - et une saison de pluie d’avril à octobre. Les pistes sont difficilement praticables pendant la saison pluvieuse On remarque une augmentation de certains états morbides pendant l’harmattan tel que les infections respiratoires aigues, la méningite. Pendant la saison des pluies : on assiste une augmentation des cas de diarrhées ; les services de santé sont moins fréquentés car les populations plus préoccupées par les travaux champêtres. 6.1.1.2- DONNEES DEMOGRAPHIQUES - La population du district sanitaire de Dabakala vit essentiellement en milieu rural (83,5%) dans 222 villages. Seulement 16,5% de cette population se trouve en milieu urbain. Le taux d’accroissement de cette population est de 2,2%. (Source des données : RGPH 98) Tableau I : Répartition de la population selon la tranche d’âge POPULATION NOMBRE PROPORTION 0 – 11mois 3 668 2,95% De 1- 4 ans 17 956 14,44% De 5- 14 ans 34 401 27,66% De 15 ans et plus 68 323 54.95 Femmes enceintes 6 217 5% Femmes en âge de procréer 29 346 23,6% Source :RGHP 1998 14 6.1.1.3- DONNEES SOCIO-ECONOMIQUE La population du Département de Dabakala est essentiellement sédentaire et vit d’agriculture. Les cultures pratiquées sont surtout les cultures vivrières (igname, arachide, riz) et une culture de rente (anacarde). La majorité de la population est animiste (70%) mais il existe des musulmans (20%) et des chrétiens (10%). 6.1.1.4 RESSOURCES 6.1.1.4.1– RESSOURCES HUMAINES Tableau II : Répartition du personnel qualifié selon le type Personnel Nombre Population couverte Ratio Médecins généralistes 8 124 348 1/15 544 Chirurgiens 1 124 348 1/124 348 Gynécologues 1 124 348 1/124 348 Infirmiers 23 124 348 1/5 406 Sages femmes 6 6 217 1/1 036 Aides soignants 3 124 348 1/41 449 TOTAL 42 124 348 42/124 348 Source : Archive du district de Dabakala Autres personnels : Il s’agit du personnel non qualifié qui travaille dans les formations sanitaires. Généralement ils sont soit rémunérés par le CS soit des bénévoles On note également la présence de 353 relais communautaires appelés ASC (agents de santé communautaires) 15 6.1.1.4.2– RESSOURCES MATERIELLES Infrastructures Tableau III : Répartition des infrastructures selon le type Types de structures Nombre Direction du District 1 Hôpital Général 1 CSU 5 CSR 6 DR 2 TOTAL 15 Source : Archive du district de Dabakala Le district étant vaste (9671 km2), on remarque que les 14 formations sanitaires ne peuvent le desservir correctement. Ainsi plus de la moitié (51%) de la population vit à plus de 15 km d’un CS. Matériel roulant Il existe 11 véhicules dont 8 ambulances et 3 véhicules de services dont 1 hors d’usage Le district possède au total 13 moto dont 1 pour chaque centre de santé vaccinateur et 2 pour le CPEV et le CSE et 264 vélos pour les ASC. La chaine du froid Toutes les structures sanitaires sont dotées de réfrigérateurs sauf un dispensaire rural qui ne pratique pas la vaccination. Mais le matériel de la chaine du froid est désuet et les pannes sont fréquentes. 16 Tableau IV : Répartition du matériel de la chaîne du froid selon le type District Réfrigérateur Congélateur Glacière Porte vaccin Accumulateur de froid Dabakala 19 3 13 71 450 Observations 4 réfrigérateurs +1 congélateur en panne 1CS non équipé Source : Archive du district de Dabakala 6.1.1.4.3- RESSOURCES FINANCIERES Il existe plusieurs sources de financement des activités du district qui sont : - Le Budget Général de l’état (BGE) - Les Ressources Propres des centres de santé - Les Partenaires tant locaux (mairies, conseil général,…) qu’internationaux (Unicef, Unfpa…) 6.1.1.5- ACTIVTES ACTIVITES PREVENTIVES - ACTIVITES DU PEV : Comme tous les districts du pays, celui de Dabakala met en œuvre les directives de la DC-PEV. Il fait donc la vaccination de routine pour les enfants de 0 à 11 mois et les femmes enceintes. Il participe aussi aux différentes campagnes d’activités supplémentaires de vaccination (AVST, CAR, JNV, Riposte contre une épidémie…) 17 Tableau V : Répartition de la couverture vaccinale selon l’antigène chez les enfants de 0 – 11mois Antigène CV BCG Polio 126% 116% DTC HépB3 VAR VAA VAT2+ 116% 94% 52% 36% Source : Archive du district de Dabakala Les couvertures vaccinales sont généralement bonnes sauf en VAA (rupture nationale) et en VAT Tableau VI : Résultat des différentes campagnes d’activités supplémentaires de vaccination réalisées en 2008 Campagne Population cible Population cible vaccinée Couverture réalisée Méningite 116 127 114 700 99% VAT 1er passage 29 346 28 819 98% VIT. A 1er passage 19 821 22 908 116% VAT 2ème passage 29 346 27 658 94% Rougeole 18 888 20 607 109% VIT. A 2ème passage 18 888 20 109 106% 18 888 20 109 106% Déparasitant Source : Archive du district de Dabakala ACTIVITES DE CONSULTATIONS Nombre de consultants : 18 597 Nombre de consultations : 20399 Nombre de mises en observation: 1 043 Taux d’utilisation : 15% Le paludisme et les infections respiratoires aigües sont de loin les pathologies dominantes dans le district. 18 ACTIVTES DE SURVEILLANCE EPIDEMIOLOGIQUE La complétude des rapports SIG est 100% tandis que la promptitude est faible avec seulement 35%. La surveillance épidémiologique a permis de détecter une épidémie de méningite qui a été vite circonscrite par la riposte vaccinale. 6.2- Description de l’étude 6.2.1- Type de l’étude C’est une étude transversale rétrospective 6.2.2- Période de l’étude L’étude porte sur la période du 1er janvier au 31 décembre 2008 6.2.3- Cible de l’étude Les formations sanitaires pratiquant la vaccination dans le district 6.2.4- L’échantillonnage Toutes les 13 formations sanitaires pratiquant la vaccination dans le district en 2008 sont prises en compte dans l’étude 6.2.5- Instrument et technique de recueil des données Une fiche d’enquête est élaborée pour le recueil des données nécessaires à notre étude 6.2.6- Traitement des données Se fait par calcul sur Excel 19 6.3- Limites de l’étude Nous pensons que notre étude comporte des limites car nous évoluons dans un environnement de sortie de crise dans lequel les structures sanitaires n’ont pas encore retrouvé la plénitude de leur fonctionnement : - La comptabilité ne peut pas être fiable à 100% - Les livres de dépenses ne sont pas toujours bien tenus - Il existe des dépenses non spécifiques dans lesquelles la part du PEV sera difficile à déterminer - La DC-PEV ne précise pas toujours l’origine des fonds ou matériel qu’elle donne au district 6.4- Variables étudiées 6.4.1-Variables quantitatives - Nombre de formations sanitaires - Nombre de formations sanitaires offrant les services de vaccination - Quantité de différents antigènes - Quantité de seringues - Quantité de boites de sécurité - Coût estimatifs des antigènes - Coût estimatifs des seringues - Coût estimatifs des boites de sécurité - Coût estimatifs des recharges de gaz - Coût estimatifs des activités de vaccination - Nombres de coges fonctionnels - Montant du financement communautaire - Montant du financement de l’état - Montant des autres sources de financement 20 6.4.2-Variables qualitatives - Existence de coges - Existence de coges fonctionnels - Implication du coges dans le financement de la vaccination - Existence de matériel roulant - Existence de réfrigérateur fonctionnel - Existence de partenaires locaux intervenant dans la vaccination - Participation communautaire à la mobilisation sociale - Participation communautaire dans le fonctionnement de la formation sanitaire 6.5- DIFFUSION ET UTILISATION DES RESULTATS Les résultats de ces travaux vont nous permettre de soutenir notre mémoire en vue de l’obtention du Diplôme Inter Universitaire (DIU) en «Organisation et management des systèmes publics de prévention vaccinale dans les pays en développement». En outre, ces résultats pourront servir : • à la direction de Coordination du PEV (DC-PEV) • à la bibliothèque du cours EPIVAC. • Aux districts sanitaires 6.6- SUIVI DU DEROULEMENT DE LA RECHERCHE La recherche s’effectuera sous le contrôle d’un Directeur de Mémoire désigné par la Direction Technique EPIVAC, responsable de la formation, en relation avec les superviseurs nationaux du cours EPIVAC. 21 VII- RESULTATS 7.1 Les résultats généraux A l’issue de l’enquête menée dans les 13 centres vaccinateurs du district, les résultats suivants se dégagent comme suit : 1) Le personnel impliqué dans les activités de vaccination Dans tous les centres vaccinateurs il y a un agent de santé responsable de la vaccination aidé de deux volontaires à l’exception du seul CS qui fonctionne encore avec un garçon de salle et deux aides. 2) Ressources matériels Tous les CS visités disposent chacun de : - Une moto fonctionnelle - Un réfrigérateur fonctionnel et des autres matériels de la chaine du froid (glacière, portes vaccins, accumulateurs de froid) 3) Ressources financières 3.1 Les ressources propres Tableau VII : Etat des ressources propres du district en 2008 RUBRIQUE MONTANT POURCENTAGE 9 599 500 67 Mise en observation 721 500 5 Pansements 150 000 1 Injections 310 200 2 Accouchements 828 500 6 2 427 500 17 278 850 2 0 0 Consultations Carnet mère-enfant Carnets individuels de santé Vaccination TOTAL 14 412 045 100 Source : notre enquête 22 La vente des médicaments n’est pas comptabilisé car elle fait l’objet d’une gestion particulière avec la Pharmacie de la Santé Publique (PSP). Les ressources propres du district représentent la participation financière de la communauté car elles sont issues du recouvrement des coûts des actes de santé perçue dans les formations sanitaires. Les consultations (67%) et la vente des carnets de santé mère-enfant (17%) génèrent le plus de ressources. La vaccination étant gratuite, elle ne participe pas au financement. 3.2 Le budget général de l’état (BGE) Absent depuis le début de la crise en 2002, le BGE a été alloué en 2008. Mais son allocation tardive a fait qu’en dehors du carburant, les ressources du BGE n’ont pas pu être disponibles à temps pour les activités de l’année 2008. 3.3 Les Partenaires Les partenaires au développement viennent en appui aussi bien dans les activités de vaccination que dans les autres domaines de fonctionnement du district. 4) La vaccination Tous les centres vaccinateurs utilisent les stratégies fixes et avancées. La stratégie mobile est du ressort du siège du district. L’ensemble des centres a organisé 1248 séances de vaccination au cours de l'année 2008 5) La participation communautaire Tous les CS s’appuient sur les relais communautaires pour la mobilisation sociale. La communauté participe à la gestion des centres de santé par leurs représentants au sein des comités de gestion des dits centres. Mais du fait de la crise de nombreux coges n’existent plus ou ne sont pas fonctionnels. 23 Tableau VIII: répartition des CS en fonction des coges CS H G Dabakala CSR Fénéssiguédougou PRESENCE COGES OUI NON x x CSR M’borla Dioulasso CSR Tendéné COGES FONCTIONNEL OUI NON x x x x CSR Kawolo S. x DR Kpana-Kalo x CSU Boniérédougou x x CSR Niéméné x x CSR Bokala x x CSU Foumbolo x x CSU Bassawa x x CSU Satama Sokoura x CSU Satama Sokoro x TOTAL 9 x x 4 5 4 Source : notre enquête Sur les 13 formations sanitaires concernées, 9 disposent de coges dont 4 sont fonctionnels. Au total 31% des centres de santé disposent d’un coges fonctionnel 24 7.2 Les coûts récurrents du PEV de routine en 2008 Tableau IX : Répartition du coût des vaccins selon l’antigène Antigène BCG DTC-HépB Vaccin Polio oral Vaccin Rougeole Vaccin Fièvre jaune Vaccin Tétanos Nombre de doses utilisées 5800 17 890 18 860 4770 2750 8710 TOTAL Prix de la dose 69 984 125 326 820 71 Prix Total 400 200 17 603 760 2 357 500 1 555 020 2 255 000 618 410 23 234 870 Source : Archive du district de Dabakala /DC-PEV Le vaccin DTC-HépB revient beaucoup plus cher (76%) que les autres vaccins du fait de son coût unitaire et le nombre élevé de doses utilisées. Le BCG et le vaccin antitétanique ont les coûts les plus faibles. Tableau X : Coût des Consommables de vaccination Consommables SAB Seringue BCG SAD Boite de sécurité Coton (kg) Quantité utilisée 33787 5053 239/ 919 400 30 TOTAL PU PT 100 35 46 350 3377 3 378 700 176 855 53 268 140 000 101 310 3 850 133 Source : Archive du district de Dabakala /DC-PEV Les SAB absorbent 88% du coût total des consommables Tableau XI : Coût du gaz selon les sources de financement RUBRIQUE COÛT Gaz 365 800 Collectivités locales 0 FINANCEMENT Financement Etat Autres communautaire Partenaire 0 32 700 328 600 25 TOTAL 365 800 0 0 32 700 328 600 Source : notre enquête Tableau XII : Coût de la maintenance selon les sources de financement FINANCEMENT RUBRIQUE Véhicule 2 ou4 roues COÛT Collectivités locales Financement communautaire Etat Autres Partenaire Vidange 337 880 0 337 880 0 0 Réparation 75 000 0 75 000 0 0 Pièces de rechange 875 000 0 875 000 0 0 Réparation 50 000 0 50000 0 0 Pièce de rechange 90 000 0 90 000 0 0 1427880 0 1427880 0 0 CDF TOTAL Source : notre enquête Tableau XIII : Coût du transport selon les sources de financement FINANCEMENT Carburant et lubrifiant COÛT Collectivités locales Financement communautaire Etat Autres Partenaire Ravitaillement en vaccins 693000 0 126430 390188 176382 Stratégie avancée 1751996 0 85 250 250500 1416246 Stratégie mobile 452424 0 0 0 452424 TOTAL 2897420 0 211680 640688 2045052 26 Source : notre enquête Tableau XIV : Coût de la mobilisation sociale selon les sources de financement RUBRIQUE FINANCEMENT COÛT Collectivités locales Financement communautaire Etat Autres Partenaire Frais de communication 700 000 0 515425 184575 0 Administration 80 000 0 0 0 80 000 TOTAL 780 000 0 515425 184575 80 000 Source : notre enquête Tableau XV : Coût spécifique en personnel selon les sources de financement FINANCEMENT RUBRIQUE COÛT Collectivités locales Financement Etat communautaire Autres Partenaire Salaire agent de santé 7 920 000 0 0 7 920 000 0 Salaire des Aides 1 488 000 0 288 000 1 200 000 0 Primes pour SA et SM 0 0 0 0 0 288 000 9 120 000 0 TOTAL 9 408 000 Source : notre enquête 27 Tableau XVI : Coût de la surveillance épidémiologique selon les sources de financement FINANCEMENT RUBRIQUE COÛT Collectivités locales Financement communautaire Etat Autres Partenaires Frais d’acheminement des prélèvements biologiques 256 000 0 0 256 000 0 Frais de communication 24 000 0 0 24 000 0 TOTAL 280 000 0 0 280 000 0 Source : notre enquête Tableau XVII : Coût de la supervision selon les sources de financement FINANCEMENT RUBRIQUE COÛT Collectivités locales Financement Communautaire Etat Autres Partenaires Carburant 2 400 000 0 0 300 0000 2 1000 000 Primes de supervision 0 0 0 0 0 2 400 000 0 0 300 000 2 100 000 TOTAL Source : notre enquête 28 2. Coût de la formation courte durée Durant la période de l’étude il n’t a pas eu de formation de courte durée pour les agents de santé du district dans le domaine de la vaccination. VIII- SYNTHESE DES COÛTS RECCURENTS DU PEV DE ROUTINE EN 2008 En 2008, il n’y a pas eu de financement des primes pour la vaccination. En dehors de l’état et de la communauté, le seul partenaire ayant financé le PEV de routine en 2008 est l’Unicef. 8.1 Coût récurrent du PEV de routine Les dépenses pour les activités de vaccination concernent plusieurs postes de coût récurrents dont certains sont spécifiques au PEV comme les vaccins, les consommables, le gaz, le transport, la surveillance épidémiologique et la mobilisation tandis que d’autres sont partagés comme la maintenance, la supervision et le personnel. Dans notre étude a permis de calculer les coûts spécifiques qui sont représentés dans le tableau ci-dessous. Tableau XVIII : Structures des coûts récurrents spécifique du PEV de routine en 2008 N° 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Rubrique Vaccins Consommables Gaz Transport Maintenance Supervision Surveillance épidémiologique Mobilisation sociale Personnel TOTAL Montant (en franc CFA) 23 234 870 3 850 133 365 800 2 897 420 1 427 880 2 400 000 280 000 780 000 9 408 000 44 644 103 Pourcentage (%) 52 8,6 0,8 6,5 3,2 5,4 0,6 1,7 21,1 100 29 Source : notre enquête Les coûts en vaccins représentent un plus de la moitié (52%) des dépenses totales et ceux en personnels presque le quart (21,1%).Ce sont les postes de coût les plus élevés. Par contre la surveillance épidémiologique (0,6%), le gaz (0,8%) et la mobilisation sociale (1,7%) sont les postes de coût les plus faibles. Si les faibles dépenses en gaz s’expliquent par le fait que la moitié des CS sont électrifiés, celles en mobilisation sociale le pourraient par la disponibilité de vélos utilisés par les ASC chargés de cette activité. 8.2 FINANCEMENT COMMUNAUTAIRE DU PEV Il s’agit du montant des ressources propres utilisées pour le financement des activités du PEV. Tableau XIX : Répartition du financement communautaire du PEV selon le poste de coût N° 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Poste de coût Vaccins Consommables Gaz Transport Maintenance Supervision Surveillance épidémiologique Mobilisation sociale Personnel TOTAL Montant (en franc CFA) 23 234 870 3 850 133 365 800 2 897 420 1 427 880 2 400 000 280 000 780 000 9 408 000 Financement communautaire 0 0 0 211 680 1 427 880 0 0 515 425 288 000 % du FC 44 644 103 2 442 985 5,5 0 0 0 16,3 100 0 0 66,1 3,1 Source : notre enquête Le financement communautaire du PEV est généralement très faible (5,5%). Cependant il englobe totalement les dépenses en maintenance et les 2/3 de celles de la mobilisation sociale. 30 L’étude du financement communautaire de la santé montre la part du PEV dans celle-ci comme l’indique la figure 1 ci-dessous Figure1 : Part du financement du PEV dans le FC de la santé Le FC du PEV ne représente que 17% du FC total. Cela est assez faible si on tient compte de toutes les activités nécessaires pour la mise en œuvre du PEV au niveau du district. 8.3 Comparaison des sources de financement du PEV Le financement du PEV dans le district provient de l’état, la communauté et l’Unicef qui est le seul partenaire à avoir financé le PEV en 2008 dans le district de Dabakala. Tableau XX : Répartition du coût du PEV selon les sources de financement en 2008 SOURCE DE FINANCEMENT FC ETAT UNICEF TOTAL MONTANT POURCENTAGE 2 442 985 37 642 966 4 553 652 44 639 603 5,5 84,3 10,2 100 Source : notre enquête On constate que l’état est de loin le plus grand pourvoyeur de fonds avec 84,3% suivi de l’Unicef avec 10,2%. Le FC est la source qui génère le moins de fonds pour le financement du PEV (5,5%). La figure 2 qui suit permet d’apprécier les niveaux d’intervention des différentes sources de financement du PEV 31 Figure 2 : Répartition du financement du PEV selon la source Après l’évaluation de l’apport global des différentes sources, il important d’apprécier leur niveau d’intervention dans les postes de coût du financement du PEV Tableau XXI : Répartition des sources de financement selon les postes de cout du PEV en 2008 dans le district de Dabakala N° Rubrique Total Financement communautaire Montant % 0 0 Unicef ETAT Montant 0 % 0 Montant 23234870 % 100 0 0 0 3850133 100 0 0 328 600 90 32700 10 2897420 211 680 7 2045052 71 640688 22 Maintenance 1427880 1 427880 100 0 0 0 0 6 Supervision 2400000 0 0 2100000 88 300000 18 7 Surveillance épidémiologique Mobilisation sociale Personnel 280 000 0 0 0 0 280000 100 780 000 515 425 66 80000 10 184575 24 9 408 000 288000 3 0 0 9120000 97 44 644103 2442985 5,5 4553652 10,2 37642966 84,3 1 Vaccins 23234870 2 Consommables 3850133 0 3 Gaz 365 800 4 Transport 5 8 9 TOTAL Source : notre enquête 32 De ce tableau il ressort que le financement des intrants majeurs que sont les vaccins et les consommables est assuré exclusivement par l’état. L’état se charge aussi presqu’entièrement des coûts en personnel. L’Unicef vient en appui surtout dans le transport, la supervision et le gaz. Le FC fournit seul les fonds pour la maintenance, intervient en grande partie dans la mobilisation sociale et participe à la prise en charge du personnel et du transport. Les seuls postes de coût qui sont partagés par les trois sources de financement sont ceux du transport et de la mobilisation sociale. IX- COMMENTAIRES ET DISCUSSIONS 9.1- Participation financière de la communauté La vaccination dans le cadre du PEV étant gratuit, les moyens financiers qui sont nécessaire pour sa mise en œuvre ne peuvent provenir que d’autres sources. Ainsi dans l’application des soins de santé primaires selon l’ Initiative de Bamako (SSP-IB), les populations sont amenées à apporter leur participation au fonctionnement des centres de santé au sein des comités de gestion (Coges) selon le décret 93-218 (1) relatif à la gestion des formations sanitaires. Les coges permettent donc à la population de gérer les centres avec le personnel de santé. Et cette participation communautaire permet non seulement de générer des ressources financières propres à la structure mais surtout à les utiliser de façon efficiente par l’élaboration du budget des ressources propres du centre. Les recettes financières recueillies auprès de la communauté servent à financer les activités du centre de santé en complément des autres sources de financement. Dans notre étude, il ressort que le financement communautaire dans le district de Dabakala en 2008 était effectif. Il était généré en majeure partie par les consultations (67%) et la vente des carnets de santé (19%). Le FC aurait pu être plus important si les coges étaient tous fonctionnels. Car du fait de la crise militaro-politique, seulement 31% des coges sont fonctionnels contre 53% en 2005 dans le district de Divo-1 en Côte d’Ivoire selon une étude de GOH (2). En effet le dysfonctionnement des coges laisse la gestion des centres aux seuls agents de santé. Ces derniers ont tendance à négliger la gestion des centres au profit des soins à prodiguer aux usagés. D’où la faible traçabilité des données relatives à la gestion financière. 33 9.2- Financement communautaire du PEV Le FC du PEV provient des recouvrements des actes de santé, il représentait en 2008 17% de la participation financière totale de la communauté. Ce qui est nettement supérieur au taux de 8,7% trouvé par YOROU (3) en 2005-2006 dans la zone sanitaire de Bembereke-Sinende au Benin. Par contre dans le district sanitaire de Khombole au Sénégal selon une étude de SARR (4) ce taux variait de 14,8% en 2003 à 20,2% en 2004 encadrant ainsi les 17% issus de notre étude. La part du FC du PEV par rapport au financement total du PEV dans le district de Dabakala était de 5,5%. Ce qui est très faible par rapport à celles relevées au mali dans les districts sanitaires de Mopti (13%) d’après MAIGA (5) et de Kangaba (14%) selon Sissoko (6), mais il est supérieur à celui de Divo-1 (1,45%) dans l’étude de GOH (2). On constate que le FC des coûts spécifiques du PEV selon les études ci-dessus était plus élevé au Mali et au Burkina-Faso qu’en Côte d’Ivoire. La structure des coûts a révélé que le FC intervient essentiellement dans la maintenance à 100%, la mobilisation sociale à 66% et accessoirement dans le transport à 7% et le personnel à 3%. Au Mali(8) et au Benin (3), le FC assurait la maintenance à 100% comme dans notre étude. Dans ces 2 pays le FC a contribué au coût des consommables alors que dans le notre l’achat des consommables était réservé à l’état. Malgré sa faible contribution, le FC a joué un rôle important dans la mise en œuvre du PEV. En effet, en prenant en charge tous les coûts de maintenance de la CDF et des motos, il a permis non seulement la bonne conservation des vaccins mais aussi l’exécution régulière de la stratégie avancée. De même, son apport significatif dans le coût de la mobilisation sociale a permis la sensibilisation de la communauté en faveur de la vaccination. Globalement le FC du PEV a participé à la réduction des taux d’abandon et à l’augmentation des couvertures vaccinales. Son absence aurait été préjudiciable à la performance du PEV dans le district. 9.3- Les autres sources de financement du PEV 9.3.1- L’Etat La vaccination des enfants de 0 à 11 mois et des femmes enceintes est dirigée par la Direction de Coordination du Programme élargie de Vaccination (DC-PEV) qui met les intrants et la logistique à la disposition des districts sanitaires pour l’immunisation de la population cible. 34 Pour le PEV de routine, les districts s’approvisionnent en vaccins et matériels de vaccination à l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP) à Abidjan ou dans ses antennes régionales. Les moyens financiers de la DC-PEV lui sont octroyés d’une part par l’état et d’autre part par les partenaires au développement (GAVI, OMS, UNICEF). Cependant la part des partenaires dans le financement du PEV n’est pas signifiée aux districts qui considèrent alors tout financement provenant de la DC-PEV comme étant la participation de l’état. Dans notre étude, l’état est intervenu dans le financement des coûts récurrents du PEV à raison de 84 ,3% alors qu’au Mali et au Burkina la contribution était respectivement de 44% en 2004 d’après DIABATE (7) et 52,58% en 2001 selon Ky (8). On constate que l’apport de l’état était très important à Dabakala tandis qu’il était moyen au Mali et au Burkina. 9.3.2- Les partenaires Ici il s’agit des partenaires qui apportent directement leur appui au district. L’Unicef était le seul partenaire à avoir participé en 2008 au financement du PEV dans le district de Dabakala. Son apport de 10,2% était faible par rapport à la contribution des partenaires dans le district de Divo-1 (2) à 52%, dans celui de Ouelessebougou(7) à 39% et de Sebba (8) à 16,52%. Il faut préciser que l’année 2008 était une période charnière entre la fin de la crise et le début de la normalisation dans les zones CNO. En effet, de 2004 à 2007 l’Unicef a déployé de grands moyens pour la relance du système sanitaire dans le district de Dabakala par l’équipement du district en véhicules, motos, réfrigérateurs, outils de gestion et la dotation en carburant pour la stratégie avancée et la supervision ainsi que les primes de stratégie avancées et de supervision. Mais avec le redéploiement de l’administration les partenaires qui étaient omniprésents dans cette zone depuis le début de la crise notamment l’Unicef avaient tendance à s’y retirer progressivement. Les collectivités locales (mairies et conseils généraux) n’ont pas participé au financement du PEV en 2008 bien qu’elles aient participé à la reprise des activités de santé dans le district. 35 9.4- Comparaison du financement communautaire avec les autres sources de financement du PEV Le financement du PEV dans le district provenait en majorité de l’état (84,3%), puis de l’Unicef (10,2) et de la communauté (5,5%). On donc constaté que l’état fournissait de loin la plus grande part de ce financement. Venait ensuite l’Unicef puis le FC qui était la plus faible des sources de financement du PEV. La grande part de l’état s’explique par le fait qu’il intervenait dans les postes de coût les plus élevés du financement du PEV. En effet les vaccins qui représentaient plus de la moitié (52%) de ce financement, les consommables (8,6%) et la surveillance épidémiologique (0,6%) ont été entièrement fournis par l’état. De même ce dernier a assuré 97% du coût en personnel contre 3% par le FC. En effet l’état est l’employeur presqu’exclusif de tout le personnel qui travaille dans le district sanitaire. Ce sont généralement de fonctionnaires ou agents de l’état. Le FC a rémunéré seulement certains aides soignants ; d’où sa part infime dans ce poste de coût. En 2008 l’état a financé tous les postes des coûts récurrents du PEV sauf la maintenance qui a été totalement prise en charge par le FC (100%). Quant à l’Unicef, il a assuré la plus grande partie des coûts du gaz à 90% et de la supervision à 88% contre respectivement 10% et 12% par l’état. L’Unicef n’a financé exclusivement aucun poste de coût car il était venu en appui au système de santé. Les seuls postes de coût qui ont été partagés par les trois sources de financement étaient ceux du transport et de la mobilisation sociale. Le FC a fourni la plus grande partie des fonds pour la mobilisation sociale (66%) contre respectivement 24% par l’état et 10% par l’Unicef. Mais pour le transport l’Unicef avait financé 71% du coût contre 22% par l’état et 7% par le FC. 36 CONCLUSION Cette étude nous a permis de relever que le financement communautaire du PEV était faible (5,5%) et qu’il intervenait dans 4 postes de coût : la maintenance, la mobilisation sociale, le transport et le personnel. Quant à l’état, il a apporté de loin le plus grand financement (84,3%). Les partenaires étaient représentés uniquement par l’Unicef (10,2%). Tous ces résultats montrent que nous avons pu atteindre les objectifs fixés. Avec la paix qui est revenue dans le pays nous avons l’intime conviction que la situation sociale va se normaliser. Cela permettra sans doute à la communauté de jouer le rôle qui lui est dévolu dans l’amélioration de sa santé par la redynamisation des coges. RECOMMANDATIONS A l’issue de notre étude nous formulons les recommandations suivantes : 1) A l’endroit du ministère de la santé - Rendre disponible les informations sur l’origine des moyens mis à la disposition des districts 2) A l’endroit du ministère de l’économie et des finances - Rendre disponible à temps le BGE : Intégration du district de Dabakala au système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP) 3) A l’endroit du district - Installer les coges dans toutes les formations sanitaires du district - Former ou recycler les membres des bureaux des coges à la gestion des centres de santé. - Faire le monitorage semestriel des activités des coges en vue de l’amélioration de la participation communautaire à la gestion du centre. - Faire un plaidoyer auprès des mairies et du conseil général pour leur implication dans le financement du PEV 37 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1- République de Côte d’Ivoire : Décret N° 93-218 d u 3 février 1993 relatif aux règles de gestion des formations sanitaires rurales 2- GOH A. : Financement des activités du PEV de routine par le budget de l’état et de participation communautaire dans le district de Divo-1 en 2005; 20p, 24p. 3- YOROU C. : Etude de la participation du financement communautaire aux activités du PEV dans la zone sanitaire de Bembereke-Sinende en République du Benin en 2005 et au 1er trimestre 2006; 27p, 36p. 4- SARR M. : Etude de la participation communautaire au financement du PEV de routine de 2003 à 2004 dans le poste de santé de ToubaToul/District sanitaire de Khombole-Sénégal Mémoire de fin de formation Epivac 2005 ; 11p. 5- MAÏGA N. : Etude du financement communautaire du PEV de routine de 2003 à 2005 dans le district sanitaire de Mopti-Mali ; 27p. 6- SISSOKO K. : Etude du financement communautaire du PEV de routine : expérience du district de Kangaba. Mémoire Epivac 2005 ; 23p. 7- DIABATE L. : Etude de la contribution communautaire dans le financement du PEV dans le district de Ouéléssébougou en 2004. Mémoire Epivac 2005; 27p. 8- KY A. Y. : Etude de la contribution des comités de gestion des formations sanitaires au financement des activités de vaccination dans le district de Sebba de 2001 à 2003. Mémoire Epivac 2004 ; 28p. 9- Fiches comptables des CS de Dabakala 10 - Rapports SIG du district de Dabakala 38 ANNEXES QUESTIONNAIRE 1. Identification de l’établissement Appellation : …………………………………………………… 2. Ressources de l’établissement sanitaire visité a. Le personnel - Nombre de médecins : - Nombre de sages femmes : - Nombre d’infirmiers : - Autres : b. Matérielles -Le centre dispose t-il d’un réfrigérateur fonctionnel ? Oui Non - Le centre dispose t-il d’une moto fonctionnelle ? Oui Non - Le centre dispose t-il de glacière ? Oui Non - Le centre dispose t-il de portes vaccins? Oui Non c. Financières 39 1. Faites-vous le recouvrement des actes de santé dans établissement ? Oui Non 2. Si oui donnez le montant des redevances de l’année 2008 RUBRIQUE MONTANT Consultations Mise en observation Pansements Injections Accouchements Carnet mère-enfant Carnets individuels de santé Autres TOTAL 3. Activités de vaccination a. Organisez – vous des établissement ? Oui séances de Non vaccination dans votre b. Si oui combien de séances avez-vous organisées en 2008 : …………………….. c. Quelles sont les stratégies que vous utilisez : Fixe Avancée Mobile 40 d. Utilisez-vous des relais communautaires pour la mobilisation sociale ? Non Oui e. Existe-t-il un coges dans votre établissement ? Oui f. Non Si oui est-il impliqué dans les activités de vaccination ? Oui Non 4. Consommation de vaccins ANTIGENES QUANTITE UTILISEE BCG POLIO ORAL DTC-Hep.B VAR VAA VAT TOTAL 5. Consommation de matériel de vaccination MATERIEL DE VACCINATION QUANTITE UTILISEE SAB SAD Seringue BCG Boîtes de sécurité Coton TOTAL 41 6. Coût de la maintenance FINANCEMENT RUBRIQUE COÛT Collectivités locales Coges/ Etablissement Etat Autres Partenaire Vidange Véhicule Réparation 2 ou4 roues Pièces de rechange Gaz Chaine du froid Réparation Pièce de rechange TOTAL 42 7. Coût du transport FINANCEMENT RUBRIQUE COÛT Collectivités locales Coges/ Etat Etablissement Autres Partenaire Carburant pour le ravitaillement en vaccins Carburant pour la stratégie avancée Carburant pour la stratégie mobile Carburant pour la mobilisation sociale TOTAL 2. Coût en personnel (pour le personnel impliqué dans la vaccination) FINANCEMENT RUBRIQUE COÛT Collectivités locales Coges/ Etablissement Etat Autres Partenaire Salaire infirmier Salaire des Aides Primes pour SA et SM TOTAL 43 PARTIE DESTINEE UNIQUEMENT A LA DIRECTION DU DISTRICT 3. Coût de la surveillance épidémiologique FINANCEMENT RUBRIQUE COÛT Collectivités locales Coges/ Etat Etablissement Autres Partenaire Frais d’acheminement des prélèvements biologiques Frais de communication TOTAL 4. Coût de la supervision FINANCEMENT RUBRIQUE COÛT Collectivités locales Coges/ Etablissement Etat Autres Partenaire Carburant pour la supervision Primes de supervision TOTAL 44 5. Coût de la formation courte durée FINANCEMENT RUBRIQUE COÛT Collectivités locales Coges/ Etablissement Etat Autres Partenaire Frais des formations TOTAL 6. Couvertures vaccinales du district en 2008 ANTIGENES Couvertures vaccinales en 2008 BCG POLIO ORAL DTC-Hep.B VAR VAA VAT 45