N°92 – Novembre 2010
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N°92 – Novembre 2010
www.dvsm.fr SPÉCIAL NOUVELLE IMAGE N°92 – 3 novembre 2010 – 8,90 euros Photo et vidéo en vedettes au Salon de la Photo Le terrain en mouvement Anniversaires et créations Démarque inconnue TV connectée Liseuses etTablette Une facture salée pour tous Les applications sollicitées Fausses jumelles, vrais étuis Simplement éblouissant Le nouvel écran Super Amoled 4 pouces du Galaxy S offre un rendu exceptionnel à toutes vos applications. Sa qualité d’affichage et sa réactivité assurent une expérience unique des applications disponibles sur Android Market™. Il y en a des milliers à découvrir ou redécouvrir sur votre Samsung Galaxy S. www.samsungmobile.fr © 2010 - Samsung Electronics France, SAS au capital de 27 000 000 € - RCS Bobigny B 334 367 497 - 270 avenue du Président Wilson 93458 La Plaine Saint Denis Cedex Images d’écran simulées. © Google, le logo Google, Google Maps, Gmail, YouTube, Google Talk, Android et Android Market sont des marques commerciales de Google, Inc. Applications téléchargeables sur Android Market™. Coûts de connexion et de téléchargement selon opérateur. * avec Google. 1008045_DVSM_GALAXY-S_V4_210x297.indd 1 27/09/10 14:58 S O M M A I R E 38 A L’HEURE DU GROS-HORLOGE Le terrain à la loupe, observé à Rouen, entre classiques et modernes 43 CHALANDS ET ATTITUDES 6 DVSM INFOS Enseignes, produits, équipes, stratégies, rayons : les derniers faits et gestes de l’univers numérique Sachez décrypter les fantasmes qui titillent l’esprit des chalands dans les rayons 18 LA DÉMARQUE TIENT BON 48 HALTE À LA GRANDE HALLE Largement plus de 4 milliards d’euros dérobés : le vol reste de haute altitude Canon a choisi la Villette pour son Expo 2010 : échos, images et grosses impressions ! 20 52 DE PLUS EN PLUS SHARE BOOKS ET PADS VONT DANS UN MARCHÉ La bataille entre faux jumeaux est lancée L’inventeur du clic-clac se concentre plus que jamais sur le partage 54 L’AUTRE MOTIVATION Les logiciels pour la photo sont aussi des révélateurs de motivations 56 DÉJÀ LA RETRAITE POUR LES CADRES ? A faire tapisserie, les cadres photo s’essoufflent. Le moment est venu d’en redynamiser l’image 58 VIVE LA PHOTO LIBRE ! Et si l’interdiction d’interdire s’imposait dans les espaces où la prise de vue n’est pas la bienvenue ? 23 SPÉCIAL NOUVELLE IMAGE Objectifs et ambitions à l’heure du Salon de la Photo 24 LA PHOTO NUMÉRIQUE DVSM, Distribution, Ventes & Services Magazine N° 92. PREND UN VIRAGE La prochaine décennie s’ouvre sur des perspectives très nouvelles Parution du 3 novembre 2010. Prix du numéro : 8,90 euros. Abonnements : un an (10 numéros) : 89 euros Deux ans (20 numéros) : 178 euros. 27 UN UNIVERS EN EXPANSION RÉDACTION, PUBLICITÉ, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS : BP 50119 - 93271 Sevran Cedex. Tél. : 01 43 83 41 24 Fax : 01 43 83 26 33 - Email : [email protected] RÉDACTEUR EN CHEF : Yves Dupré. ASSISTANTE : Véronique Duhamel. PRINCIPAUX COLLABORATEURS : Geneviève Beauvarlet, Maria Geyer, André Jull, Jérôme Larpège. DIRECTEUR ARTISTIQUE, 1 RÉDACTEUR GRAPHISTE : Max Pagis. COORDINATION : Armelle Couvaire. Globalement, la présence de l’image numérique s’amplifie 28 QUI VEND DE LA NOUVELLE IMAGE ? Après l’ouragan digital, les circuits de distribution se stabilisent ER 33 HISTOIRES À RACONTER PUBLICITÉ : au support. Imprimé en France. Dépôt légal : à date de parution. ISNN, 1626-7702. Appréhendez les atouts des produits pour réaliser des ventes optimisées * DVSM, Distribution, Ventes & Services Magazine est une publication éditée par Retail Dynamik France* SARL. 73-75, rue de la Plaine. 75020 - Paris. GÉRANT, DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : B. Sailliard. Reproduction, même partielle, interdite. Tous droits réservés pour tous pays * Marques déposées. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 3 DONNEZ VIE A VOTRE CONTENU MOBILE ET VIVEZ LA NOUVELLE EXPERIENCE WINDOWS® PHONE . DE NOVEMBRE À DÉCEMBRE 2010. Campagne co brandée LG, Microsoft et Orange. Web Présence sur les sites opérateurs et Microsoft. Achat de mots clés. Opérations consommateurs Du 21 Octobre 2010 au 15 Janvier 2011 Jusqu’à 100€ remboursés pour l’achat d’un téléphone LG Optimus 7. Points de vente Hit & Run : Formation de plus de 1500 vendeurs (du 2 au 21 Novembre). Plus de 1 000 journées d’animation (du 15 Novembre au 12 Décembre). Optimus 7 est compatible avec les produits DLNA - profil DMR uniquement pour le téléchargement de contenu en streaming. Selon les profils, les contenus peuvent ou pas être acceptés. Le partage de contenu via la fonction « Play To » est uniquement disponible quand les terminaux DLNA DMR sont connectés au même réseau sans fil. Microsoft Windows® Phone 7 est une marque déposée du groupe Microsoft et de ses filiales. Play to = Transfert - Life’s good = La vie est belle. TV 11831_210x297_280_Optimus7_Master.indd 1 15/10/10 10:27:05 E D I T O L domaine de la photo numérique, que nous appelons plutôt « Nouvelle Image » (et ce depuis 1998 !) est un segment de marché privilégié, pour au moins deux raisons. La première est visible à tout instant : non seulement ce segment s’appuie sur une notion de l’image capturée et consommée qui s’est totalement refondée, sans perdre ses attributs valorisants de l’ère argentique. La photographie reste en effet à la fois une technique et un art, un mélange onctueux du jeu savant avec les photons et de l’espace ouvert à toutes les créativités. Nourris par les apports fantastiques des techniques électroniques, ces deux champs associés sont désormais enrichis par de multiples atouts.Ainsi, un client amateur expert peut toujours s’adonner à la construction de scènes les plus diverses, un utilisateur moins féru peut mieux que jamais recueillir les souvenirs de sa vie de famille, de ses vacances ou de l’exercice de ses passions, et pour une occasion exceptionnelle n’importe qui accède facilement et pour peu d’argent à l’immortalisation d’un moment irremplaçable : naissance, mariage, retrouvailles d’anciens camarades... Le numérique n’a donc rien fait perdre de la photo au sens le plus large, mais il a en plus apporté tout ce qui est lié à la convergence, avec le partage, l’envoi de documents à des amis, tout en ajoutant une nouvelle dimension : l’accès facile à une créativité réveillée chez de nombreux individus. La vidéo devient partie intégrante de cette nouvelle facette de l’image, dont la dimension explose avec les applications en ligne, celles qui font usage des réseaux sociaux comme de bien d’autres. La preuve est d’ailleurs acquise que seule, la complexité, le coût et le temps disponible ont jadis ôté toute envie à bien des amateurs de construire leurs séquences animées. Qui se rappelle qu’à l’époque du 8 mm argentique, 3 minutes d’images médiocres valaient une quinzaine d’euros (avec une valeur de l’argent d’alors à multiplier par 5 ou 6) ? Qui a en mémoire la tâche que pouvait représenter, cisaille et flacon de colle au cœur du décor, le moindre début de montage ? Nos petits caméscopes de poche Full HD soulignent à quel point nous avons changé d’époque.Tout cela est, pour les rayons de la distribution et tous ceux qui les animent, un tour d’horizon certes bien réel, mais théorique, et même un peu philosophique. La seconde bonne raison de se réjouir des spécificités de l’univers de la photo..., pardon, de la nouvelle image, concerne plus que toute autre les professionnels de la distribution. Elle se situe dans le nombre de fournisseurs, acteurs moteurs du marché, qui s’est fortement élargi. C’est un scénario unique dans l’électronique où par ailleurs le paysage ressemble plutôt à « un cimetière de marques », selon le résumé pertinent d’un professionnel connaissant fort bien cette activité depuis de nombreuses années. En photo et vidéo numérique, les spécialistes de l’image YVES DUPRÉ rédacteur en chef ont bien tenu leur rang (ce n’était pas gagné d’avance), les nouveaux venus, souvent généralistes en électronique, ont apporté une excellente contribution au marché, et tout autour, de la téléphonie jusqu’à des domaines les plus variés, de petits « plus » sont venus enrichir le créneau. Résultat : une effervescence déjà constatée à la Photokina, avec une avalanche d’innovations de tous côtés, des reportages, des enquêtes, des chroniques dans tous les médias, et une sollicitation permanente du public ou plutôt, de tous les publics.A ceux qui gèrent les rayons de savoir avec talent transcrire d’une manière visible cette fantastique évolution. Sans vouloir assombrir la fin de cette page plutôt optimiste, il se pourrait qu’il y ait beaucoup à faire dans ce sens. Ne nous fâchons pas, on reparle de tout ça un peu plus loin. 쐍 E Photo numérique : Profitons des privilèges ! [email protected] Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 5 DVSM-I N F O S DIJON : LA TOISON EN FÊTE Il y a 20 ans, le centre socio-économique. hypermarché Mammouth, semaine évènementielle. lui a évité des écueils commercial La Toison d’Or Avant cette ouverture, du côté de Marsannay Organisée autour parfois observés ailleurs, ouvrait ses portes dans la le commerce de centre (direction de Beaune) de 8 installations dont une dérive banlieue de Dijon. Un ville y assurait une part et la très grande zone interactives, où se malheureuse vers l’excès évènement pour cette importante des échanges, commerciale de Quétigny mélangent illusions de discount. Le centre ville universitaire, capitale d’une manière assez (qui revendiquait d’optique, sons et jouit d’une zone de de la Bourgogne, mais qui performante d’ailleurs, et le titre de plus grande peintures virtuels, vision chalandise où de avait été longtemps seulement aux prises avec zone d’Europe panoramique sur la Côte nombreux ménages classée parmi les moins une zone de commerce dans cette catégorie). d’Or, simulation bénéficient de conditions bien loties des 21 régions moderne ayant pour Avec la Toison d’Or, la sensorielle, anamorphoses de vie correctes, à ne pas françaises sur le plan locomotive un galerie marchande et hallucinations. Ce qui gâcher dans un « toujours moderne s’installait dans n’a rien d’une moins cher » très cette agglomération, avec hallucination tient dans préjudiciable à ce type de des innovations presque l’assiduité de la clientèle : cible. Parmi les enseignes d’avant-garde pour cette sept millions de présentes traitant des époque, comme par consommateurs viennent produits ou services liés à exemple la... climatisation, annuellement l’électronique, aux devenue aujourd’hui s’approvisionner au gré télécoms ou au incontournable pour tout des deux niveaux multimédia, on relève centre ne souhaitant pas dont il faut souligner notamment Darty, Saturn, voir sa clientèle chercher l’excellente tenue. Norauto, Internity, Espace cette confortable note de La Toison d’Or SFR, The Phone House, frais ailleurs. est l’une des galeries Club Bouygues, Orange, Deux décennies plus tard, marchandes les plus Photo Service, Cultura, la Toison d’Or a soufflé agréables de l’Hexagone. Game, Micromania, la les bougies en s’appuyant Un excellent équilibre locomotive de ce bel sur les nouvelles dans le positionnement de ensemble étant technologies, avec une 120 enseignes présentes l’hypermarché Carrefour. À chaque instant, le jour, la nuit, la semaine, le week-end, des informations importantes tombent sur Entrée libre ! Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 6 쐍 LE VENDEUR EST DANS L'ESCALIER… Réalisé sans trucage ! informations largement partagées par l’ensemble des professionnels, le mois de septembre s’est révélé bien morose Un vendeur ? Facile, il suffit de l'appeler… au télé- dans les rayons, phone, et comme les pompiers ou comme le plombier, l’accès de mauvaise il arrive ! Nous n'avons pas même songé à tenter humeur ce début l'expérience, tant l'apparition de ce panneau sur le d’automne tombe comptoir du rayon jeux vidéo d'une très célèbre bien mal. Entre grèves, grande surface alimentaire nous a laissé pantois. blocage des carburants et Comme l'aurait dit un ancien patron de France pointes de violence, Télévisions : osons ! Ils ont osé. L'anecdote a à la fois le cocktail s’est révélé de quoi faire sourire et soulever l'inquiétude. Cette idéal pour vider photo prise récemment n'a pas été capturée pendant encore un peu plus les grèves. Elle souligne le manque d'intervenants les linéaires. Quelles dans les rayons que de nombreux professionnels que soient les raisons constatent et en principe déplorent. Il est difficile de ne sont pas très attractives. Et qui plus est, on peut se de ce mécontentement, trouver des candidats pour des fonctions qui n'ont demander si quelque hypocrisie ne vient pas coiffer le le blocage de l’économie jamais réussi à avoir une bonne image de marque tout, dans le sens où tous les responsables affirmant est bien sûr préjudiciable auprès des foules. Mais il faut aussi reconnaître que vouloir étoffer leurs équipes n'ont pas forcément une à l’ensemble de l’activité, dans l'électronique en particulier, les rémunérations envie très réelle de le faire. mais il constitue aussi un 쐍 passif qui ne peut avec Flash LED et HARMAN KARDON REMET AU GOÛT DU JOUR SON SOUNDSTICKS qu’alourdir de 90 Mo de mémoire le futur de ceux qui ont interne extensible par cru défendre leurs port microSDHC, le intérêts de cette manière. Samsung Wave 723 mise Car toutes les études Le constructeur Harman l’ensemble des cartes son aussi sur le style, avec sa démontrent que les Kardon vient d’annoncer analogiques (stéréo ou coque en métal brossé et conditions dans lesquelles se trouvent les économies la sortie d’une troisième multi-canal), portables et son rabat protégeant version de son kit 2.1 lecteurs MP3, le l’affichage. SoundSticks. L’ensemble SoundSticks III s’impose SoundSticks III conserve comme le compagnon le design transparent idéal des nouveaux Apple qui a fait le succès iMac, MacBook, MacBook Samsung Wave 723, nouvel ambassadeur Bada 쐍 occidentales ne permettent pas d’éponger Sueurs chaudes ! comme ce fut le cas Alors que la saison lors des glorieuses les dégâts dans un confortable oubli, est loin d’être de celles époques de croissance. qui laissent entrevoir les Désormais, chaque pot meilleurs scores probables cassé se paye, et celui qui pour la fin d’année, l’a cassé règle aussi sa part et alors que selon nos de la facture. 쐍 Le Samsung Wave 723 vient enrichir une série qui ne fait que débuter et mise comme son prédécesseur sur le portail Samsung des précédents modèles Pro, iPad et de nombreux Apps et son gros millier tout en apportant autres périphériques. d’applications Bada. quelques améliorations. Espérons que ce dernier Ce smartphone Un bouton d’alimentation modèle fasse comme quadribande et est désormais présent sur son prédécesseur et entre compatible 3G / HSPA, l’un des satellites alors lui aussi à la collection doté d’un affichage tactile que la gestion des câbles permanente du Musée 3,2’’ LCD, des connectivités audio a été améliorée. d’Art Moderne Compatible avec de New-York (MoMA). 쐍 sans fil WiFi et Bluetooth, d’un APN 5 megapixels Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 7 왘왘 DVSM-I N F O S TV NUMÉRIQUE : L'ATH EXCLUSIVEMENT campagne de promotion les ventes sur Internet importante pendant trois sont en hausse de 29 % au semaines, à partir du 13 premier semestre de 2010 octobre 2010. Au par rapport au premier programme : des remises semestre de 2009 et Dans une année pile, la d’être générées, durant la pour les usagers), soient de 20 à 70 %, des offres continuent de progresser télévision analogique aura vie de ses équipements de proposés au public, et qui exclusives, des opérations à un rythme soutenu en vécu. Le passage au tout réception. En effet, plus est, clairement « 2 achetés = 1 offert », un France. Ce dixième numérique va s’accélérer comment imaginer qu’en identifiés dans les rayons. jeu-concours avec une anniversaire d’Amazon.fr pour aller à son terme, une dizaine d’années, On peut d’ailleurs montre femme Milleret placé sous le signe avec notamment au mois toute modification de s’interroger sur le incrustée de diamants de la promotion, de mars prochain numéro de chaîne ou différend qui pourrait certifiés, des télévisions devrait consolider le basculement d’autres détails surgir entre des enseignes 3D Samsung et de cet état de fait. de l’Ile-de-France. techniques dans la et des clients dans nombreux autres lots à l’hypothèse où ces gagner. Au cours de ses 10 derniers auraient acquis ans d’existence, Amazon.fr L’environnement pris en compte par Pentax 쐍 auprès d’elles a placé les clients au Dans un souci de ne supportant pas les centre de ses préservation de mises à jour de cette TNT. préoccupations. Cela s’est l’environnement, la A surveiller ! notamment traduit par un société Pentax, filiale du 쐍 Amazon.fr fête ses 10 ans élargissement groupe Hoya, annonce considérable de l’offre qu’elle utilisera désormais, disponible sur le Site pour ses appareils photo avec la création numériques, des Pour son dixième de 18 boutiques - allant emballages 100 % anniversaire, Amazon des produits culturels aux recyclables. Pour fait des cadeaux à ses produits techniques et l’impression de ses clients en ligne. Le site a d’équipements. La FEVAD emballages et de tous les en effet prévu une annonçait il y a peu que documents, la marque a Les ventes d’adaptateurs transmission puissent être maintenant recours à vont donc se multiplier, et exclus ? Pour ce faire, la l’encre de soja, tout en dans cette perspective, il plupart des fabricants ont supprimant les encres de est indispensable de pris la décision de s’unir couleur. De plus, pour rappeler que les sous l’appellation ATH, et contribuer également à la adaptateurs vendus se de militer pour que celle- sauvegarde des forêts, doivent d’être ci, et les spécificités Pentax réduira le volume compatibles avec les techniques qu’elle de ses modes d’emploi opérations de mises à jour, recouvre (qui garantissent papier en privilégiant le qui ne manqueront pas des mises à jour simples CD-Rom comme support. 쐍 NOUVELLE GAMME DE CASQUES COLORÉS PHILIPS Philips vient d'annoncer la commercialisation pro- tables, (moins de sensation de pression) et plu- chaine de la gamme de casques composée de 3 tôt indiqués pour des usages longs. Ils permet- modèles, le SHL5000, le SHL5500 et le SHL5800. Décliné tent d'entendre les bruits extérieurs : prudent en 4 coloris Noir/rouge, marron/mangue, gris/vert et donc sage pour un utilisateur au volant ou à d'eau ou tout simplement noir/blanc, le SHL5000 bicyclette, mais ces bruits ambiants peuvent bénéficie de haut-parleurs de 30 mm. Le SHL5500 est être désagréables pendant une audition. Fermé, proposé dans un seul coloris rouge et noir, dispose le casque devient le composant d'une sorte de de haut-parleurs de 40 mm, et de coussinets en système acoustique constitué avec la boîte crâ- mousse à mémoire de forme. Le SHL5800 dispose des nienne de l'utilisateur. Il permet une meilleure mêmes caractéristiques techniques. C'est un casque restitution du son, notamment vers le grave, et de conception fermée, offrant une isolation pho- une écoute plus qualitative. Les casques évo- nique améliorée. Rappelons en effet que trois qués ici ont une impédance est de 32 ohms et leur sensibilité est de 106 dB/1mW, leur réponse grands principes pour les casques peuvent être retenus : ouvert, semi-ouvert ou fermé. Avec des avantages et des en fréquence étant annoncée de 10 à 28 000 Hz, ce qui ne veut pas inconvénients. Les modèles ouverts sont en général plus confor- dire grand chose puisqu'on est au-delà des fréquences audibles. 쐍 왘왘 Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 8 DVSM-I N F O S AGFA PRÉSENTE SON MOVEE TOUCH haut-parleurs stéréo, Avec son écran LED de 8,3’’ nouvelle tablette (21cm) qui dispose d’une photo/vidéo à vocation mémoire interne de 2 Go, résolution de 800 x 600 nomade de la marque mais également un lecteur de cartes 5 en 1, sans pixels et d’une interface offre de belles de navigation simple et perspectives : technologie oublier deux ports USB. On intuitive. Agfa Photo a mis Crystal Image HD de retrouve également les petits plats dans les retouche automatique de d’autres fonctionnalités grands. En effet, cette photos, sans oublier deux annexes telles que Le Samsung Player 5 avec 7 fonds d’écran l’horloge, le calendrier... revient aujourd’hui sur le exclusifs et s’adresse UN PLAYER 5 AUX COULEURS DE LOLITA LEMPICKA Ce cadre façon tablette devant de l’actualité avec évidemment à la clientèle dispose également d’une le lancement d’une édition féminine. En ce qui double connectique audio spéciale Lolita Lempicka concerne le smartphone, pour permettre à deux chez Bouygues Telecom. on retrouve naturellement personnes de profiter La firme spécialisée dans les mêmes spécificités simultanément d’une les vêtements féminins et techniques qu’un Player 5 vidéo ou d’une musique. les parfums pare pour traditionnel, à savoir Pas de possibilités web, l’occasion le smartphone l’écran tactile 3’’, l’appareil mais un cadre numérique d’un tout nouvel habit photo 5 Mpixels, les nomade, compatible violet, agrémenté d’une connectivités Wi-Fi et photo et vidéo, à prix feuille argentée. Le Bluetooth ainsi que le abordable. Samsung Player 5 est livré lecteur audio. 쐍 쐍 QUAND LA TRIBUNE S’EMPÊTRE DANS NOS SOUVENIRS ! Le grand quotidien économique se laisse aller dans une légère pôts, mais des espaces un peu boueux où les palettes étaient entre- approximation en faisant allusion dans un récent numéro à l’épisode posées que 5 000 pièces par mois, pour un marché qui s’évaluait déjà vécu au début des années 80, concernant les magnétoscopes. en centaines de milliers d’unités. L’objectif n’était d’ailleurs nulle- Dommage, pour un média dont on attend de la rigueur même quand ment dissimulé : laisser le champ libre à notre industrie nationale, il effleure le passé d'une simple évocation. Les faits, même remon- autrement dit à Thomson, groupe non seulement national, mais tant à une trentaine d’années, peuvent servir de repères à des déci- même… nationalisé. sionnaires d’aujourd’hui. Le rappel de cette mésaventure sert de pré- Une redevance sur les magnétoscopes, de plus de 700 francs, contre ambule à un article qui souligne la multiplication actuelle des environ 500 pour un téléviseur couleur, avait aussi été instituée à adeptes d’une TVA sociale, laquelle pourrait aider au financement cette même époque. On a pu, dans les allées du pouvoir, entendre des retraites grâce à un effet de ponction sur les importations. Les des propos selon lesquels elle serait la bienvenue pour des finance- magnétoscopes et leur infortune d’alors n’avaient cependant aucun ments nobles, tels que des financements de couvertures sociales, rapport avec la fin de carrière des travailleurs. L’erreur relevée part déjà arithmétiquement boiteuses, mais à chaque fois qu’une ponc- d’un décalage dans le temps, le quotidien citant Edith Cresson, (peut- tion fiscale est créée, une association à quelque cause noble se être déjà favorable à une TVA sociale, allez savoir) lors de son pas- trouve inévitablement évoquée, histoire d'arrondir les angles ou plu- sage éclair à Matignon, et lui attribue la décision qui avait été prise tôt le dos du citoyen contribuant. Le mensonge éhonté sourd de faire passer les magnétoscopes importés (autrement dit, tous) d’ailleurs de toute affirmation de ce genre, puisque le principe de par le centre de dédouanement de Poitiers. fonctionnement de nos finances publiques est celui dit des « recettes Mesure dans laquelle Edith Cresson n’était pour rien, puisqu’en 1982, et dépenses », lesquelles sont séparées, ce qui exclut d'emblée qu’un année de ce détournement mémorable, elle était ministre de quelconque prélèvement puisse être directement affecté à une l’Agriculture. C’est le ministre du Commerce extérieur de l’époque, dépense précise. Il reste que dans les documents officiels de Michel Jobert, qui était l’auteur de cet acte de protectionnisme sour- l’époque (Ministère des Finances), la redevance sur les magnéto- nois mais avoué, concrétisé par trois petites lignes publiées au scopes était bien destinée à « la contribution à l’audiovisuel ». Pour Journal Officiel. Cela n’avait rien à voir avec les retraites, mais en finir avec les précisions, rappelons qu’Edith Cresson ne devint concernait au premier chef la balance du commerce extérieur, que ministre du commerce extérieur qu’en 1983 (suite à la démission de les importations d’électronique japonaise commençaient à malme- Michel Jobert). Elle fut ensuite nommée premier ministre en 1991, ner. Les deux douaniers en poste à Poitiers, sans doute armés d'un après trois années au cours desquelles Michel Rocard avait occupé ce beau tampon encreur, ne parvenaient à libérer non de leurs entre- poste (dès le début du second mandat de François Mitterrand). 쐍 왘왘 Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 10 Photos : Corbis FINEPIX REAL 3D W3 DE NOUVELLES SENSATIONS S’OFFRENT À VOUS. Le FinePix REAL W3 est le seul appareil numérique capable de réaliser de vraies photos et vidéo en 3D. Equipé de deux capteurs CCD et de deux blocs optiques Fujinon distants de 75mm, il restitue une impression de profondeur époustouflante, une sensation comparable à la vision humaine. Visualisez instantanément et sans lunettes vos images 3D haute définition sur l’écran LCD de votre appareil. Compatible avec votre téléviseur 3DTV, offrez-vous le frisson du relief sur grand écran à l’aide d’une simple connexion HDMI. AP_Finepix_3d_DVSM_210x297.indd 1 20/10/10 15:09:48 DVSM-I N F O S ASUS O ! PLAY HD2 Il y a des nouveaux points de vente à visiter sur Entrée libre ! lecteurs de cartes sont l’amplificateur mémoire en façade. AV SR7005, le pré-ampli Via ses possibilités DLNA AV AV7005, le lecteur par Ethernet, Audio Réseau NA7004 on pourra profiter et la chaine Melody Media Asus fait évoluer sa O!Play HD2, le premier à Côté stockage, un en streaming sur la (M-CR603). Pour ne traiter gamme de lecteurs bénéficier d’un port USB emplacement pour disque télévision des fichiers que de cette dernière, multimédia avec la sortie 3.0 SuperSpeed pour des dur 3,5’’ est présent, sans audio, vidéo et photo elle permettra en octobre du modèle transferts ultra rapides. oublier les différents stockés sur un PC, de lire la bibliothèque mais aussi de plus de iTunes sur toutes les GPS 5 POUCES GARMIN AVEC SERVICES CONNECTÉS 20 000 web radios, ou enceintes compatibles. encore de Picasa ou Flickr. Cet appareil tout-en-un La connectique HDMI supportera divers formats, permet de profiter d’un y compris un lecteur CD affichage en haute qui peut gérer les disques définition 1080p, des CDR/RW, et les disques sorties YUV, composite, encodés MP3 et WMA. caoxiale et optique sont Il y a également la radio : également de la partie. DAB/DAB+, tuners FM et 쐍 Marantz : quatre produits dotés du système AirPlay AM avec 50 stations présélectionnées. On pourra y brancher iPod ou iPhone directement. Les autres spécifications Ces quatre appareils AV comprennent deux de la marque qui sont amplificateurs stéréo capables d’accéder au compatibles DLNA, réseau Internet sont et le M-XPort permet de parmi les premiers au streamer la musique via monde à proposer Bluetooth, en utilisant le l’AirPlay. Les produits récepteur Bluetooth certifiés Marantz AirPlay RX101 en option. 쐍 Garmin vient de compléter sa gamme de GPS pour automobile avec le modèle nüLink! 1695. Aux dimensions 14 x 8,6 x 1,9 centimètre pour un poids de 232 grammes, le système de navigation GPS Garmin nüLink! 1695 dispose d'un écran LCD 5 pouces dans une résolution 800 x 480 pixels pour afficher les indications visuelles et d'un haut-parleur intégré pour diffuser les indications sonores. Il est livré avec la cartographie City Navigator Europe NT, laquelle pourra être mise à jour dans les 60 jours après la première utilisation, pour un guidage en 2D / 3D en mode nuit / jour à travers quarante-trois pays du Vieux Continent. Il bénéficie outre cela du service Coyote (3 mois compris), qui fournit en temps réel le positionnement des radars, et des services nüLink. Il propose pour terminer la fonction mains libres pour les téléphones mobiles grâce au Bluetooth. 쐍 왘왘 Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 12 Restez mobile et partagez votre contenu multimédia Imprimante Serveur MediaShare Ordinateur portable Réseau social Téléchargement direct sur Facebook/Flickr Accés à distance via une connexion Internet Cadre photo numérique Chez des amis Sur votre ordinateur personnel Le MediaShare permet de créer avec simplicité un réseau centralisé et disposer ainsi d’un emplacement unique sur lequel stocker vos informations. Offrant jusqu’à 2 To de capacité de stockage, il permet à distance, d’accéder à vos données, de partager vos photos, d’enregistrer et de protéger vos fichiers et lire des fichiers multimédia. Vous pouvez partager avec la famille et vos amis votre bibliothèque numérique. Le MediaShare est doté d’une interface conviviale et son design est aussi robuste qu’épuré. PS3 / Xbox 360 En déplacement Ordinateur portable / iPhone TV www.verbatim.fr MediaShare – Disque dur réseau – accès à distance DVSM-I Samsung et Microsoft unissent leurs forces N F O S fêtes de fin d’année 2010 ! prévoit de lancer plusieurs système d’applications. peut également compter Cet accord porte donc sur modèles sous Windows Au-delà des indications sur la fonction un engagement a long Phone 7 cette année aux classiques de navigation, 3D Junction View qui terme dans l’utilisation de U.S.A., en Europe et en l’utilisateur pourra faire permet de visualiser au la plate-forme Windows Asie. Ces nouveaux appel au service Pages mieux les changements de Résultat de cette Phone 7 et d’applications smartphones offriront un Jaunes, à l’application direction sur les grands axes routiers. Mio a aussi association ? Samsung logicielles liées comme design et une technologie Parking qui affiche les proposera des élément clé de la gamme dernier-cri qui s’appuiera informations tel que le pensé à intégrer la Smartphones sous de Smartphones Samsung. sur la gamme étendue de nombre de places fonction « Envoi au GPS Windows Phone 7 pour les Ainsi, la marque coréenne produits Microsoft comme disponibles, la hauteur de Google ». Cette Xbox Live, Office, Zune, maximale du véhicule, les technologie permet, Windows Live, Bing et tarifs, sans oublier depuis la page autres. Windows Phone 7 l’application météo. Internet Google Maps, de Samsung Spirit V575 : un compagnon de voyage multimédia d’envoyer au GPS les coordonnées d’une NOKIA C5-03 : NOUVEAU SMARTPHONE TACTILE À PETIT PRIX contribueront certainement à renforcer le leadership de Samsung sur le marché des smartphones. 쐍 쐍 (en passant par le logiciel de synchronisation) Mio annonce son nouvel entreprise, d’un point appareil de navigation d’intérêt, ou n’importe personnelle intégrant un quelle adresse. tuner de télévision Enfin, ce GPS Mio V575 TV GPS Mappy avec application Coyote intégrée numérique, le V575TV. peut lire également des Le Mappy ulti 590 Connect, Ce GPS dispose d’un écran fichiers numériques est un GPS complet qui tactile de 4,7 pouces. multimédias comme guide, alerte et conseille Il embarque de des vidéos, des photos l’utilisateur automobiliste nombreuses fonctions ou de la musique MP3. Cette réunion du GPS au quotidien via des applications dédiées et un grand écran tactile de 5 pouces de diagonale. Une des applications intégrées qui peut être vue comme un service à part entière est la fonction Coyote qui communique en temps réel la position des radars fixes, mobiles et de feux rouges selon les informations transmises Nokia commercialisera bientôt un nouveau Smartphone à écran tactile, le Nokia C5-03. Nettement plus abordable que son modèle N8 dit « haut de gamme », il n'en sera pas moins richement doté puisque le fabricant finlandais évoque pèle-mêle par les bases de données dont la technologie IQ et par la communauté Routes qui anticipe les et de la réception d’utilisateurs. Une autre embouteillages aux de la TNT n'est pas des spécificités du GPS heures habituelles de une idée nouvelle. Mappy ulti 590 est son pointe, par exemple. On Elle avait été tentée par WiFi, Bluetooth, GPS, 3G, WiFi, tuner FM ou capteur VDO Dayton il y a quelques photo 5 mégapixels. Avec des dimensions de 105,8 x années, sans grand succès 51 x 13,8 mm pour 93 g, le C5-03 adopte un écran à vrai dire. Mais la tactile résistif de 3,2 pouces affichant une résolu- télévision numérique tion de 640 x 360 pixels. terrestre n'en était qu'à Le C5-03 dispose d'un emplacement Micro-SD, d'un ses débuts. Et la marque, connecteur mini-USB et d'une prise AV 3,5 mm qui ex-Philips Carin, à sa fin, permettra de brancher un micro casque ou de malmenée dans un dédale connecter l'appareil à une télévision. Côté logiciel, de reprises (Siemens, Nokia a opté pour le système Symbian s60 5ème édi- Continental…) se tion, enrichi de ce que Nokia appelle le single clic, transformant en nouveauté héritée de Symbian 3 qui correspond à la possibilité d'ouvrir un élément en une fois. un parcours en forme 쐍 de lente évaporation. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 14 쐍 왘왘 10 images nettes par seconde Avec la technologie Sony de miroir semi-transparent, obtenez jusqu’à 10 images par seconde avec une netteté parfaite du sujet sur chaque vue. Nouvel 55 : des performances professionnelles enfin disponibles sur un appareil grand public. http://photographes.sony.fr 55 Un monde en 3D par Sony “Sony”, “make.believe” et “ ” sont des marques déposées de Sony Corporation. Sony France SA 20-26, rue Morel - 92110 Clichy - 712 034 800 RCS Nanterre - Capital : 122 231 495 €. DVSM-I N F O S BON SERVICE POUR MISTERGOODDEAL L'enseigne en ligne vient de se voir couronnée (pour la deuxième fois) du titre de « Meilleur service client », dans la catégorie « Vente à distance de produits techniques ». C'est sur la base d'une étude signée BVA-Vidéo Conseil que l'évaluation des enseignes a été menée. Elle s'appuie sur 160 contacts par téléphone, mail et courrier et un suivi opéré selon le principe du client-mystère. L'enseigne du web qui a été primée dispose d'un service clients animé par 50 personnes, qui gèrent plus de 400 000 contacts annuels avec sa clientèle. Mistergooddeal fête en 2010 ses dix premières années d'existence. 쐍 SAMSUNG A DONNÉ LE DÉPART DU SMART TV CHALLENGE Pour assurer le succès de laTV connectée ou SmartTV, Samsung souhaite enrichir les contenus et développer de nouvelles applications. Pour ce faire, la marque fait appel au talent de tous et organise un concours… La télévision connectée est une perspective extrêmement porteuse qui est en train de prendre corps. Pour certains professionnels, elle est encore dans le domaine du flou... Mais il faut bien comprendre que cette évolution en puissance de l’utilisation du petit écran va se transcender dès que les applications vont commencer à faire parler d’elles, et il n’est pas Smart TV Challenge, un professionnels tout préambule, M SH Shui, des produits connectés. impossible qu’une envolée grand concours européen comme les amateurs. Il président et CEO de 9 millions d’équipements tout à fait comparable à doté de 500 000 euros s’agit de trouver de Samsung Electronics connectables seront alors celle observée avec les de gains à partager, nouvelles applications Europe, a rappelé que la commercialisés par smartphones soit qui se tient jusqu’au susceptibles d’être marque est à l’origine du Samsung. hautement probable. Dans 30 décembre 2010 inclus développées et de premier téléviseur Quant à Jean-Marc ce sens, Samsung lance le et auquel sont conviés les s’intégrer aux TV connecté dans le monde Marguillet, DG des services connectées et autres avec le système Info Link, Darty, il s’est félicité de la produits Samsung. mis au point en 2007. Il a perpespective de voir, L’annonce des résultats et par ailleurs annoncé que grâce à cette TV la remise des prix se 148 millions de TV connectée, la distribution feront le 14 février 2011. connectées seront pouvoir enfin sortir du Le 19 octobre dernier, à mondialement vendues, seul discours sur les prix. Il l’Elysée-Biarritz à Paris, d’ici à 2014. Pour sa part, a par ailleurs souligné que une table ronde réunissait Philippe Barthelet, vice- les téléviseurs connectés les dirigeants de Samsung Président de Samsung seraient gratuitement ainsi que quelques France, a annoncé que installés et raccordés chez applicateurs (Dailymotion, l’année 2011 marquerait le client et ce, quelle que Gameloft) et acteurs de la un virage stratégique soit la Box utilisée. distribution (Darty). En pour le marché TV et celui Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 16 쐍 CP 2949-Xacti CA100 Advert AW:Layout 1 AnzeigeSANYOA4.indd 1 1/6/10 09:24 Page 1 15.06.10 17:24 L'AIR D U T E M P S Démarque inconnue : Les idées reçues s’estompent Non, la France n’est pas championne dans le domaine du vol à l’étalage ! Et contrairement à ce que pensent probablement bon nombre de personnes, ce ne sont pas les pays latins qui nous coiffent sur le poteau. Le Royaume-Uni et l’Allemagne font mieux que nous,si l’on peut dire.Mais l’Hexagone reste quand même sur la troisième marche du podium, l’honneur est sauf.Pour bien situer le sujet,rappelons que cette démarque inconnue ne se résume pas à ce que font disparaître des étalages clients ou visiteurs. Cette expression recouvre aussi les vols en interne, dont le personnel est présumé coupable,et les erreurs administratives, des fournisseurs comme des enseignes, un ensemble qui fait qu’en fin d’exercice, et par rapport au stock restant retranché du stock entré, une différence apparaît, évidemment négative. Tout se vole Dans cette évasion de produits, les vols à l’étalage dominent cependant très largement. Pour la France, ils sont en croissance de 4 % par rapport à l’année dernière et représentent 43,7 % de l’ensemble de la démarque. En revanche, les vols dont le personnel est l’auteur sont en légère régression, de même que les erreurs des fournisseurs. En première ligne, les grands classiques ne sont pas détrônés. Les lames de rasoir et les cosmétiques, notamment Si dans bien des domaines, la croissance fait défaut, la démarque inconnue reste pour sa part orientée vers le positif. Hélas ! Petit pointage sur l’autre manière de perdre de la profitabilité. dans les grandes surfaces généralistes, restent les articles qui filent le plus à l’anglaise (expression bien plus justifiée que nous ne le soupçonnions auparavant). Dans les rayons et points de vente d’électronique, les jeux et les baladeurs arrivent en pôle position des produits volés. Et comme on l’imagine, les produits plutôt petits sont plus concernés que les équipements encombrants. On voit mal un ou deux individus embarquer un écran plat de 60 pouces sans éveiller l’attention.Mais il n’en va pas de même pour des appareils de taille moyenne. Les ordinateurs portables arrivent au cinquième rang des équipements qui disparaissent le plus. Baladeurs, batteries, disques durs, téléphones mobiles, rien ne résiste à cette tendance à l’évasion. Il en va de même pour les CD et les DVD, les Blu-ray entrant sans le moindre doute dans cette mouvance. L’ensemble de la démarque n’a rien d’anodin dans l’économie de tous. Car bien entendu, les acteurs du terrain ne peuvent pas faire autrement que de compenser les pertes par une ponction dans Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 18 les actifs. Globalement, l’enquête du Retail Research Center, dont les résultats sont présentés par Checkpoint Systems France, révèle qu’il en coûte 200 euros par an et par ménage, et que ce vol est l’équivalent d’un impôt de 81 euros que chaque citoyen devrait payer. Au total, c’est une dépense, si l’on peut dire, de 4,7 milliards d’euros. Bien sûr, une question vient forcément à l’esprit : à quoi servent toutes les mesures prises pour éviter cette perte, et notamment les coûts liés aux dispositifs de protection et aux ressources humaines consacrées à la surveillance sont-ils couronnés d’un retour sur investissement à la hauteur des circonstances ? A limiter l’ampleur des dommages, répondent les acteurs de cette panoplie sécuritaire. D’ailleurs,dans le total des vols,ceux commis à l’étalage,en progression cette année, ont malgré tout marqué le pas depuis quelques années. Ils représentaient pratiquement 50 % de la démarque en 2005, contre les 43,7 % évoqués. Il reste que l’ensemble des dispositifs, et la démarque par elle-même constituent pour l’ensemble de la distribution et pour sa clientèle une charge d’une ampleur considérable. L’investissement dans une justice plus sévère et plus dissuasive aurait peutêtre son utilité. Il fut un temps ou les voleurs de certains pays étaient condamnés à avoir une main tranchée... 쐍 P R O D U I T S C O N N E C T É S Voici « la liseuse » de la FNAC, que l’on a mis au féminin, le « lecteur » étant déjà identifié. De quoi réfléchir au sujet de la perceuse (ou du perceur), du percolateur (percolateuse ?), de la compteuse à gaz et des moissoneuses-batteurs...? Lancé le 2 novembre, 80 000 ouvrages sont à portée de cet instrument élégant. Books et pads vont dans u Elégance soulignée : bien pour des ventes cadeaux ! Il y a moins de cinq ans, rares étaient les professionnels qui avaient compris. La preuve : pratiquement aucun acteur du monde des télécommunications ne prêtait alors attention à l’imminente arrivée d’Apple armé de son iPhone. Et pourtant, dans le domaine de la musique, la firme de Cupertino avait déjà apporté la preuve qu’un équipement pouvait très bien vivre et même s’adjuger une sorte de quasimonopole non par ses aptitudes techniques, mais par la captivité organisée de ses clients utilisateurs vis-à-vis des contenus offerts - ou plutôt, vendus - dans la foulée. D’ailleurs, bien peu de critiques, bonnes ou mauvaises, ont été émises à propos de l’iPod. D’autant plus qu’en créant une sorte de standards de fait, Apple a généré tout un écosystème animé par des fabricants qui ont vécu et continuent de bien vivre grâce à la fameuse « compatibilité » iPod. Laquelle, de ce fait, ne risque en aucun cas d’être exposée au moindre commentaire négatif : on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis. On pourrait aussi constater que la pureté des sentiments s’émousse dès que les recettes affluent ! L’homme reste l’homme… Mais avec les tablettes, concept très nouveau qu’il faudra quand même faire entrer dans l’esprit du consommateur, industriels et opérateurs ne le dissimulent pas : cette fois, ils ont compris ! Ce sont les contenus qui vont mener le bal. Ils constituent le véritable fonds de commerce d’un système. Et de fait, alors que le contre-pouvoir face à la firme de Cupertino se structure autour d’Android (Google) et de Windows 7 Mobile, les positions se prennent de toutes parts, avec des platesformes de contenus qui se multiplient. Et parallèlement, la tablette et le livre électronique vont leur petit bonhomme de chemin. Un phénomène qui ne touche pas encore une masse très importante de consommateurs. Il faut au public du temps pour comprendre ce que font les équipements les plus novateurs, puis du temps pour en envisager l’acquisition, autrement dit, consentir à abandonner un peu de sa Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 20 tirelire pour s’offrir la nouveauté. Pour la FNAC, qui est une librairie de pointe, le défi est majeur. Certes, le livre n’est pas sa principale ressource en termes de CA, et avec les professionnels de la librairie, les patrons de l’enseigne se réconfortent en affirmant,sans aucune preuve à l’appui,que le livre ne disparaîtra pas. Outre qu’il apporte quand même une recette, le bon vieux bouquin est aussi un énorme instrument capable de générer du trafic, ne serait-ce qu’avec les nouveautés que le chaland vient découvrir à l’heure du déjeuner, et qui comptent pour beaucoup dans ce « petit tour qu’ils vont faire à la FNAC ». En dépit du succès de son site de vente en ligne fnac.com, les magasins physiques de l’enseigne, dont 80 en France, lui rapportent aujourd’hui encore 92 % de ses recettes. Si d’ici 5 à 10 ans, les ventes de livres classiques, sur papier, venaient à chuter dans les rayons ne serait-ce que de 25 à 35 %, l’enseigne aurait sans doute un vrai challenge à relever, d’autant plus que les produits culturels, l’une de ses grandes spécialités, ont déjà sérieusement subi les effets du numérique et de ses moyens de diffusion, officiels ou sauvages. Le CD s’est fortement replié, tandis que du côté de la vidéo, le DVD va comme-ci comme-ça, le Blu-ray ne parvenant pas à réellement relancer la machine du soft image comme à ses plus beaux jours.Il est même légitime de redouter encore pire pour le commerce des contenus audiovisuels, la montée en puissance probable de la télévision connectée étant en passe de transformer d’une manière fondamentale les habitudes de consommation des films, documentaires et autres formes de la vidéo. La FNAC lance donc son livre à elle, avec sa plate-forme. Une stratégie qui a plusieurs mérites. Le premier étant d’entrer en force sans plus attendre dans cette révolution. Le point fort de l’agitateur dans cette stratégie est la notoriété de son enseigne, et son catalogue colossal. Mais il y a plus subtil dans cette initiative. D’une manière générale, les innovations se propagent plus vite quand elles s’appuient sur des concepts bien connus du public que lorsqu’elles impliquent des n marché usages totalement inédits.Trente ans après l’apparition des premiers ordinateurs pour le grand public, il reste encore des fractions importantes de la population qui n’ont pas d’ordinateur, et même des individus qui ne savent pas ou très mal ce que l’on fait d’un PC. En seulement 15 ans, la quasi-totalité des consommateurs a adopté le téléphone mobile, qui était un téléphone avant tout.Comme ce mobile communicant a dès ses premières heures d’existence montré qu’il savait accomplir chaque jour un peu plus de tâches, son adoption en tant que webphone ou smartphone a été chose acquise sans réticence. La tablette est en revanche de la catégorie des objets fondamentalement nouveaux. Si le succès de l’iPad est impressionnant, il l’est cependant un peu moins que prévu. Les analystes en sont pour leurs frais avec des scores environ 10 % inférieurs à leurs projections (encore que celles-ci étaient assez divergentes). Qui dans le public sait réellement aujourd’hui ce que l’on fait d’une tablette ? Alors que le livre est un concept vieux comme Gutemberg. S’il est électronique,il reste le livre. Les acheteurs potentiels n’ont besoin d’aucune explication supplémentaire, si ce n’est « comment ça marche ? » et surtout, « qu’est-ce qu’il y a à lire ? » Le livre, objet rassurant, a de bonnes chances d’être plus vite adopté que la tablette, électronique mystérieuse, que la facette « appleienne » de ses débuts avait de surcroît rangé dans la famille des engins onéreux pour défricheurs quelque peu démonstratifs. « Pour ceux qui se la pètent » dirait-on en langage fort familier. Dans un second temps, et d’ici un délai extrêmement imprécis, la subsistance de deux équipements d’allure similaire et à même de remplir un nombre de tâches identiques non négligeable n’est en rien garantie. C’est le problème des poches ou des sacs.A force d’y placer de plus en plus de petits équipements, ce sont les professionnels du prêt-à-porter et les maroquiniers qui vont devoir repenser leurs concepts. Le téléphone mobile nous donne une sorte de réponse avant l’heure. Il suffit de voyager dans les métros, RER, tramways ou autobus pour constater que le mobile est désormais très largement utilisé dans sa fonction de baladeur. Les inconnues majeures pour l’avenir du livre numérique Quand une tablette permet de lire un roman ou quand un livre électronique autorise le visionnage de séquences vidéo, les deux deviennent de véritables fauxjumeaux. Il est peu probable que l’utilisateur conserve les deux équipements. La tablette est aussi sur les rangs. Pour la lecture rappelons que la diagonale d’un livre au format de poche est de l’ordre de 7,5 pouces. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 21 92 Mais la plus grosse des inconnues pour ce qui concerne le livre pourrait bien être d’une autre nature : qu’en sera-t-il de la copie sauvage ? Les auteurs se sont déjà mobilisés à l’idée de perdre le contrôle de leurs revenus. La musique et la vidéo numérisées constituent des fichiers plus lourds et compliqués à transmettre que des textes et pourtant, leur diffusion non contrôlée n’a eu aucun mal à se propager. Rappelons que dans leurs débuts, les plus répandus des logiciels de peer-to-peer,tels que le célèbre Napster, ont même permis cette propagation de chansons et de films à l’époque où le haut débit n’était encore qu’un projet ! Bien sûr, on peut imaginer des formules de protection, qui ne seront pas plus efficaces pour la littérature qu’ils ne l’ont été pour les oeuvres musicales. L’intérêt de l’édition fera aussi évoluer le marché.Tous les livres édités et imprimés ne sont pas des chef-d’œuvres.Nombreux sont ceux qui passent de l’imprimerie au pilon,après avoir séjourné quelques temps sur les linéaires des points de ventes et parfois tenté un ultime combat dans les rayons des soldeurs. Les livres introuvables, non réédités en version papier, vont en revanche pouvoir vivre à travers les versions téléchargeables. Des techniques nouvelles vont se glisser dans la vie du livre numérisé, comme la 3D. Si vous songez seulement à des effets visuels pour des romans à sensation, des perspectives venues de cette fenêtre ouverte vers le futur vous échappent. Qui ne serait très intéressé par une cartographie d’atlas en relief, ce que propose d’ailleurs en partie Google Earth ? Il serait possible de multiplier à l’infini les perspectives liées au développement du livre numérique et de sa cousine la tablette. Certains ne vont d’ailleurs pas manquer de soulever la polémique sur ce qu’ils estimeront sacrilège à propos des apports du numérique dans la littérature. Qu’un éditeur mette de la vidéo dans un roman, et nous les entendrons sans délai ! Mais cela serait oublier que le roman sur papier a aussi été illustré depuis la nuit des temps. Les très belle collections originales illustrées par l’éditeur Hetzel des romans de JulesVerne nous rappellent que depuis que l’édition existe, elle ne s’est jamais privée des techniques les plus performantes pour s’enrichir visuellement. Ce qui nous emmène fort loin des balbutiements entre books et tablettes. 쐍 Revus DVSM- A4:Revue DVSM_SDLP10_ A4 19/05/10 08:44 Page1 Bon Angle Le Salon de la Photo vu par François Darmigny SE RENCONTRER, S’INFORMER, S’ÉQUIPER. DU 4 AU 8 NOVEMBRE 2010 Paris - Porte de Versailles www.lesalondelaphoto.com Vous êtes professionnel des métiers de la photo et de l’image : POUR RECEVOIR VOTRE BADGE GRATUIT DE VISITEUR PROFESSIONNEL ENREGISTREZ-VOUS SUR www.InvitationPhoto.com EN ENTRANT LE CODE : DVSM Salon de la Photo • Pavillon 4 • Paris Porte de Versailles Du 4 au 8 novembre 2010 • Horaires : 10h - 19h (18h le 8 novembre) LA NOUVELLE IMAGE Titre L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS AUTOMNE 2010 : OBJECTIFS ET AMBITIONS A l'heure du salon de la Photo de Paris, la Nouvelle Image est prête à enregistrer de nouveaux records de ventes, même si quelques prévisions prudentes tempèrent un peu les optimismes. 왘왘 Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 23 L A N O U V E L L E L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS I M A G E L’ÉVOLUTION DU NUMÉ Dans un an, la barre des 250 milliards de pho- réaliser qu’il correspond à une quarantaine pour s’accomplir, une évolution centrée sur tos prises sur la planète devrait être fran- de prises de vues faites par chaque individu la période 2003-2008. Elle s’était amorcée chie. Un immense chiffre qui, en dépit de résident de notre irremplaçable terre plusieurs années avant alors que, parallèle- son calibre, n’évoque probablement pas d’accueil. Au cours des 10 à 15 dernières ment, une autre mutation commençait à grand-chose, même si l’approche arithmé- années, l’essentiel de la transition argen- apparaître à travers les traitements de pho- tique la plus simple permet quand même de tique-numérique n’a même mis que 6 ans tos en laboratoire (autrement dit, pas au Dès 2011, le nombre de prises de vues faites par les amateurs au moyen de caméraphones devrait être identique à celui des clichés pris en argentique en 2003 ! Entre 2007 et 2012, le potentiel des téléphones portables dans la prise de clichés va être multiplié par environ 6,5 : plus possible désormais, de considérer cette fraction comme négligeable, ni davantage comme ne faisant pas partie de l’univers de l’image. En 2003, la photo argentique était encore dominante. Le nombre de prises de vues effectuées par les non professionnels, dans le monde, était estimé à 125 milliards. En 2008. Les consommateurs ont sauvegardé quelque 186 milliards de clichés, dont 22 au moyen de caméraphones. Mais la montée en puissance de ces derniers n’empêche pas le numérique « classique » d’afficher toujours une croissance, qui devrait se prolonger au moins jusqu’au cours des trois prochains millésimes. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 24 Il aura fallu moins d'une décennie pour que la photo numérique se propage à l’ensemble de la planète. Plus vite adoptée dans les pays occidentaux, plus à l’aise sur le plan économique et mieux familiarisés avec les techniques modernes, cette vague des pixels numérisés gagne désormais les dernières régions qui lui restaient à conquérir. Cela sans effacer totalement les dernières poches de résistance de l’argentique. RIQUE N’EST DÉJÀ PLUS CELLE QUE L’ON CROIT Ce graphique est un résumé essentiel : en 8 ans, le nombre de photos prises par les consommateurs aura été multiplié par deux. Dans les facteurs qui ont propulsé le numérique, et donc l'envie de faire des images, il faut tenir compte du prix devenu très abordable des appareils photos qui, même simples, sont désormais tous performants. Mais un autre facteur a joué énormément : une fois le matériel acquis (APN + carte mémoire essentiellement),la photo est gratuite.Plus de consommable ! Quand on se souvient de ce que coûtait au client un simple film de 36 poses… Rançon du succès des techniques numériques appliquées à la photo : alors que le nombre de prises de vues aura plus que doublé, celui des photos imprimées (ou tirées) ailleurs qu'à la maison a été divisé par deux. En clair, le numérique fait que les consommateurs font traiter quatre fois moins de clichés parmi ceux qu'ils ont capturés. C'est une des raisons (mais pas la seule, loin de là) des très sévères difficultés rencontrées par les détaillants spécialistes en photo. En trois ans, la transition dans l’équilibre est saisissante. L’ensemble numérique dans le total des prises de vues faites par les amateurs est sans appel. Mais dans le total du numérique, les webphones et smartphones, de plus en plus impliqués dans l’image, se mêlent aussi de la prise de vue et prennent de l’importance. Leur utilisation est en revanche additionnelle à celle de la prise de vue strictement « image ». On va vers le partage, l’envoi sur les réseaux sociaux... Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 25 왘왘 L A N O U V E L L E I M A G E L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS domicile de l’utilisateur), dans le segment aptitudes, design et performances de leurs jours, une relative stabilité ou très faible pro- exclusivement grand public, bien entendu. appareils numériques au point de distancer gression caractérisant désormais cette évo- Entre 2000 et 2003, ces clichés « non impri- d’une manière décisive - du moins pour le lution. Et surprise, c’est uniquement avec més à la maison » avaient déjà accusé un moment - des photophones restant assez l’apport des prises de vues faites sur les « repli de 10 %, au niveau mondial, une varia- rudimentaires. La seconde force est plutôt caméraphones » (même relation avec le pho- tion qui n’est sans doute pas étrangère aux une absence de force. La téléphonie mobile tophone qu’entre crocodile et alligator) que prémices de la photo numérique, et à a principalement évolué en fonction de sa le total mondial s’envole vers les 280 mil- l’envolée que connaissait à cette époque le proximité avec les opérateurs, qui avaient liards attendus à l’horizon 2012, époque à marché des imprimantes, alors premier péri- bien d’autres projets à l’esprit que la simple laquelle une photo sur trois sera capturée phérique de l’ordinateur personnel, égale- transmission de photographies pour ali- au moyen d’un mobile communicant. Les ment en pleine croissance juste après l’an menter leurs lucratifs débits de données. Le professionnels de la photo n’ont aucun 2000. photophone végétait donc par manque de reproche à se faire dans cette transforma- Depuis cette époque déjà lointaine, surtout motivation intense de ses promoteurs pour tion dont ils ne sont pas responsables. numériquement parlant, la photo a suivi la capture des pixels. Chacun se doit cependant d’observer avec l’évolution de la vie quotidienne, elle-même Les lecteurs attentifs ont sans doute remar- attention ce qui se passe sur le front très lourdement influencée par la vague digitale qué l’imparfait surgissant dans cette expli- actif des mobiles. Les smartphones et web- à laquelle rien n’a échappé. L’argentique cation au long cours. Car depuis peu, les phones remplacent progressivement le bon s’est doucement replié, sans pour autant choses sont en train de changer. Les compi- vieux téléphone portable classique, et ali- disparaître totalement des usages du grand lations des analyses les plus pertinentes, que mentent un cousinage de plus en plus fusionnel avec les tablettes. De l’iPod à 2010 - 2020 : les signes d’une révolution nouvelle dans l’univers de l’image sont déjà là l’iPhone, de l’iPhone à l’iPad, c’est l’image qui constitue l’une des principales métamorphoses techniques. Bon à savoir. Voilà donc autant de nouveautés que les applications multiples additionnées aux phénomènes explosifs comme celui des réseaux sociaux tendent à transformer en une nouvelle transformation, une de plus, des conditions de vie au quotidien. La photo « pure » public. En 2010, il se sera encore vendu mettait en exergue le quotidien de la est-elle menacée ? Pour l’heure, la réponse quelque 500 millions de films argentiques Photokina 2010, démontrent que dans est clairement négative. C’est même le pour amateurs, incluant la gloire monumen- l’extraordinaire explosion du nombre de contraire car, comme nous le pressentions au tale des années passées, le « prêt à photo- prises de vues effectuées par les consom- début du numérique (ce dont pas mal de pro- graphier », que l’homme de la rue avait vite mateurs du monde entier (d’environ 130 mil- fessionnels doutaient), plus les usages feront rebaptisé « jetable ». Mais cette légère sub- liards en 2003, à 280 milliards attendus en venir à l’image de nouveaux utilisateurs, plus sistance n’est plus qu’une goutte d’eau dans 2012, soit plus qu’une multiplication par le métier aura de chance d’en convaincre des l’océan numérique, lequel, doucement, se deux), le duo argentique + numérique, deve- proportions grandissantes de prendre du voit gonflé par un nouvel et puissant nu numérique + argentique, tend désormais plaisir non pes seulement à l’image, mais à la affluent que l’on a parfois un peu tendance à plafonner, à un niveau certes supérieur à ce bonne image. Celle-ci sera-t-elle influencée à minimiser : le téléphone mobile. qu’il était il y a 10 ans, mais pas dans des pro- par cette onde de choc annoncée du numé- Du reste, quand ce téléphone mobile se met portions gigantesques. rique des années 2010-2020 ? Comment pour- à capturer des images, il se rebaptise « pho- Des 130 milliards de clichés estimés pour rait-il en être autrement ? Ce ‘est pas une tophone ». Il a incarné un moment le plus 2003, nous arrivons à 160-180 milliards de nos menace, c’est une opportunité. redoutable des prédateurs potentiels pour 쐍 Il y a quelques années, Jean-Marie Grandin, alias Franck Alamo à la scène, nous racontait comment il avait été un peu par hasard précurseur en important les premiers systèmes de développement automatiques de Noritsu, un de ceux qui permettaient, dans le galeries marchandes, de développer et tirer les photos d’amateurs en 1 heure. Mais la vague des automatismes est passée par là, accompagnant le numérique. Les installations de kiosques, minilabs et de bornes photo (centaines de milliers, sur notre graphique, niveau mondial), ont connu une progression foudroyante au cours de la décennie, mais elles se stabilisent désormais. la vraie photo. Car après tout, dans leur écrasante majorité, les consommateurs se contentent de faire des photos d’amateurs sans autre ambition que de collectionner des souvenirs de famille ou de vacances. Ils auraient donc très bien pu bouder l’APN pur beurre et se contenter de l’appareil communicant et polyvalent que tout individu a désormais dans sa poche, presque 24 heures sur 24. Mais deux principales forces se sont opposées à cette dérive qui aurait pu être redoutable pour les rayons d’APN. La première est venue des industriels qui ont fait progresser Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 26 M A R C H É UN UNIVERS EN EXPANSION La nouvelle image envahit la planète. visages, sourires, individus, animaux, pour Photo, vidéo, tout ce qui permet de captu- le moment et dans le cadre de la prise de gression de plus de 7,5 %. Les firmes japo- rer, traiter, reproduire, afficher, télécharger vue pour l’image. Mais on imagine assez naises en détiennent toujours une part des images est au cœur d’une activité qui bien ce qui pourra être décliné quand ce prépondérante. Ensemble, elles ont au pièces vendues dans le monde, en pro- dépasse largement les limites des seuls loisirs du grand public. C’est ce qui explique la présence active d’un nombre de groupes Evolution du marché mondial des APN industriels de premier plan, qui visent non seulement les rayons des magasins du monde entier, mais aussi bien d’autres domaines qui changeront beaucoup de choses d’ici quelques années dans nos habitudes. Résolution, détection, localisation Pour atteindre des résultats de très haut niveau dans la qualité des images, et rendre les fonctions de prise de vue de plus en plus simples et performantes, Marques Canon Sony Nikon Samsung Panasonic Kodak Olympus Fujifilm Casio Autres Total 2009 Volumes (milliers) 23 750 20 870 14 950 13 260 10 300 10 700 9 950 9 500 5 800 9 770 128 850 PdM 18,4 % 16,2 % 11,6 % 10,3 % 8% 8,3 % 7,7 % 7,4 % 4,5 % 7,6 % 2010 PdM 19,1 % 16,6 % 12,8 % 10,1 % 7,9 % 7,6 % 7,2 % 7% 4,4 % 7,4 % Volumes (milliers) 26 500 23 000 17 750 14 000 11 000 10 500 10 000 9 700 6 100 10 230 138 780 (Digitimes Research) l’industrie a multiplié ses efforts sur deux axes majeurs : les capteurs et les fonctions couple « capture + analyse » atteindra des d’analyses des images capturées. aptitudes extrêmes. Couplé à des fonctions cours du premier semestre 2010 vendu plus de 55 millions de pièces. La lutte est Chaque capteur a pour mission de récolter de localisation, via réseaux de télécoms âpre et les évolutions récentes montrent un flux de photons, souvent relativement mobiles, satellites GPS ou autres, les qu’une concentration légère mais indiscu- ténu. Plus on multiplie le nombre de cel- débouchés s’avèrent innombrables, et dès table s’opère autour de trois leaders s’oc- lules sensibles (les pixels) et plus on amé- lors, les fabricants n’hésitent pas à miser troyant pratiquement la moitié (48,5 %) du liore les performances de celles-ci, plus ce sur un avenir prometteur, bien au-delà de total des ventes. composant est apte à donner aux circuits l’unique créneaux des amateurs et des pro- Les grandes firmes de l’électronique ne font électroniques une masse importante d’in- fessionnels du document. pas de la figuration dans ce panorama. Si Les leaders se renforcent figure parmi les trois leaders, Samsung com- Le marché mondial de l’APN poursuit donc podium. Ces tenants de l’électronique dé- formations. Les capacités de discrimination, autrement dit de distinction de Sony, arrivé depuis l’origine dans ce créneau, détails de plus en plus petits, commencent à littéralement exploser, ce qui ouvre des mence à lorgner avec insistance du côté du perspectives pour des applications mul- ainsi sa marche en avant, ses acteurs les tiennent, avec l’aide de Panasonic, plus du tiples, intéressant des pôles très divers plus éminents étant confortés par la certi- tiers du marché global. Reste que dans ces dans l’industrie, dans le domaine médical tude d’œuvrer dans un sens inéluctable- statistiques, chacun remarquera que les dans la distribution, la sécurité, etc. ment porteur à long terme, pour tout ce trois leaders améliorent leurs positions, alors L’analyse de ce qui a été recueilli par un qui découle de l’image. En 2010, le marché que tous les autres voient leurs positions capteur permet une infinité de détections : mondial devrait frôler les 139 millions de légèrement s’émousser. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 27 쐍 LE TERRAIN Qui vend de la Photo numérique ? Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 28 Durant de nombreuses années, la photographie en France était restée essentiellement traitée par ses spécialistes. Une situation qui a volé en éclats sous l’effet de l’arrivée du numérique et l’avènement du commerce en ligne. Un nouvel équilibre semble désormais établi, entre des acteurs du Web qui sont toujours dans une tendance positive, mais modérée, et un terrain physique où la compétition entre grandes GMS pourrait contribuer à rebattre les cartes. Plus clairs, plus sympas, les rayons de la FNAC démontrent que l’enseigne reste spécialiste, et pense à sa clientèle Il est clair que la vision du créneau des spécialistes photo tels qu’ils apparaissaient en France avant l’arrivée du numérique fait désormais partie de l’histoire.A la différence de ce que l’on avait observé dans de nombreux pays, la diffusion des produits photo et celle des équipements d’EGP -TV, vidéo, audio, hi-fi - ne s’étaient jamais rapprochées, laissant à la photo la possibilité de vivre en marge des actions fortes et des mouvements d’ampleur - y compris sur les étiquettes - que connaissait depuis longtemps le secteur de l’électronique. Une longue mutation désormais terminée De nombreuses raisons peuvent expliquer cette situation atypique, dont la présence sur notre territoire d’un maillage unique en son genre d’hypermarchés. Discounters avant tout, ces géants de l’alimentaire s’attaquaient à tout, côté étiquettes, dès qu’une création de trafic pouvait être espérée.Ainsi, sur les familles de produits présentes dans les GMS, l’hyper se révélait très offensif, laminant Sous vitrine, il y a de la couleur, même un peu tassée ! Et pour les clients qui ont les genoux fragiles (demandez aux seniors où ils en sont sur ce plan), cette disposition (Darty) frôle un insolent pied de nez ! déjà la profitabilité des grands spécialistes. Ceux-ci ont donc eu tendance à ne surtout pas trop s’investir sur le segment des produits photo, indissociable d’un large volet de services. Chacun sait que ces derniers exigent que beaucoup de mains soient mises à la pâte. En clair, le mode de gestion des métiers de services est à l’opposé de celui de la distribution, le « point mort » s’élevant parallèlement à la progression du chiffre d’affaires. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 29 Cette situation a conduit plus ou moins consciemment les GMS (Darty, Boulanger... Voir les définitions à la fin de cet article) à préférer chercher des économies d’échelles sur leur métier de base et sur des complémentarités réparatrices de la profitabilité (avec l’électroménager principalement), laissant à son propre univers la prise de vue et les travaux associés. Seule, la FNAC avait historiquement conquis une position majeure dans la 왘왘 L E T E R R A I N photo (qu’elle conserve encore aujourd’hui). Cette position totalement unique avait d’ailleurs conduit cet agitateur éternel à créer son propre réseau spécifique aux travaux, FNAC Services, abandonné depuis quelques saisons désormais. Les travaux photographiques avaient aussi permis à des concepts de développement rapide de fleurir dans les galeries marchandes, à l’image de l’enseigne Photo Service, qui aurait disparu si Orange ne l’avait sauvée d’un naufrage inéluctable en la métamorphosant en points de vente de téléphonie. En 2010, les travaux existent toujours dans le domaine de la photo devenue numérique. Mais son traitement est devenu bien différent, avec beaucoup d’automatismes, qui sont soit implantés sur le terrain, soit mis en œuvre dans des centres où tirages, agrandissements et autres travaux créatifs sont traités d’une manière industrielle. Les consommateurs qui n’impriment pas eux-mêmes leurs clichés ont en outre recours aux enseignes en ligne désormais bien rodées. Devenant un équipement électronique, de plus en plus en cousinage flagrant avec les ordinateurs et les imprimantes, l’appareil photo numérique est venu se glisser dans le rayon des GMS.Au grand dam des spécialistes photo qui, en quelques saisons, ont vu les travaux (qui pesaient lourd dans leur activité et dans la création de trafic vers leurs établissements) fondre comme neige au soleil, surgir la double concurrence du Net et des enseignes en ligne, et la valeur de l’APN à vendre Réunion logique, mais pas toujours réalisée, entre photo et video (FNAC) De l’hyper ou du client, qui abandonnera le premier, avec cette austère (Auchan) mise sous vitrine. PARTS DE MARCHÉ ET DISTRIBUTION : LE SILENCE DES PANÉLISTES Il reste que les parts de marché par circuit n’ont qu’un intérêt limité pour les responsables de rayons ou d’enseignes, car en général exprimées en pourcentages sans tenir compte des effectifs en points de vente actifs dans chaque circuit. Dans notre visite faite à Rouen, il va de soi que les spécialistes indépendants peuvent difficilement mettre leurs scores en parallèle avec ceux des GMS ou des hypermarchés. Lors de notre dernière analyse en date, qui remonte à la période pré-estivale 2010, nous avions souligné que les spécialistes avaient largement l’avantage en termes de CA/vente effectuée, grâce à leurs performances en équipements de valeur (reflex, optiques, etc.). Dans les grandes lignes, l’été n’a pas pu faire évoluer les choses d’une manière colossale. Sauf sur l’envolée des hybrides, dont les ventes globales restent encore limitées, mais devraient poursuivre leur ascension, ne serait-ce qu’en fonction de l’offre qui s’étoffe. Or, il semble que ces nouvelles versions de l’APN soient le mieux exploitées par les grands et multispécialistes et le commerce en ligne. 쐍 Curieusement, certains panélistes parmi les plus connus nous ont indiqué qu’ils ne pouvaient révéler aucun élément sur les parts de marché respectives des principaux circuits de distribution, même exprimées très globalement. « Nous n’en donnons même pas à nos clients » affirme même le porte-parole de l’un de ces analystes, des industriels qui dès lors, doivent peut-être envisager une révision des tarifs ! Interrogés à ce sujet, des responsables de marques estiment que cette discrétion peut avoir plusieurs raisons. « Ne seraient-ils pas totalement sûrs de certaines de leurs évaluations ? » s’interroge l’un d’eux, qui évoque des achats faits hors frontières, aussi bien par des clients que par des distributeurs, ainsi qu’une analyse pas forcément facile de ce qui se passe sur le net, de sites tels qu’e-Bay jusqu’à des enseignes nombreuses sur la toile. Il n’est pas impossible que des recoupements « nominatifs » puissent aussi être déduits d’une divulgation de parts par créneau, encore que les meilleurs panels n’ont de valeur que par les informations non seulement par marque, mais aussi par référence qui y figurent. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 30 Voilà un rayon tout frais refait, et il est difficile d’y trouver des défauts (Carrefour). s’émousser de jour en jour, tant par le jeu des évolutions techniques que par les conséquences de la guerre des étiquettes. On dénombrait entre 4 et 5 000 de ces spécialistes il y a une petite dizaine d’années. Ils ne sont plus que quelques centaines, pilotés le plus souvent par ce que l’on appelle des « individualités », un peu à l’image des spécialistes « brunblanc » ou même hi-fi, qui ont su résister aux tendances, à la force du poignet. Redistributions de cartes Les GMS, grands multispécialistes, ont aussi beaucoup évolué depuis quelques années. Ceux qui détiennent des rayons de photo numérique ne sont, selon nos pointages, pas forcément plus nombreux. De nombreux rayons relookés : la photo numérique compte dans les objectifs ! Certes, des enseignes telles que Darty, Boulanger, FNAC ou Saturn n’ont cessé d’étoffer leur réseaux (mais avec aussi quelques fermetures de-ci de-là). En 5 ans, et à raison de 4 ou 5 ouvertures par an et par enseigne, cette famille s’est enrichie de 80 à 200 nouvelles implantations pour l’ensemble du territoire. Mais dans le même temps, des enseignes GMS très actives sur le meuble (Conforama, But...) ont supprimé ou fortement réduit leur Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 31 approche de l’EGP, ne gardant que quelques clés de voûte du CA, comme les téléviseurs. Multimédia ou photo numérique y sont désormais peu ou pas présents. Les hypermarchés (environ 1 300 sur le territoire), en dépit de certaines révolutions annoncées, sont encore bien loin des replis stratégiques que certains se complaisent à pronostiquer. Dans quelques grandes implantations de Carre- 왘왘 L E T E R R A I N Chacun peut reconnaître une ILV de Boulanger. L’enseigne, qui est loins d’être la seule dans ce cas, en montre bien moins que tout site en ligne, où tout client peut découvrir la fiche technique complète du produit, et bien d’autres choses s’y rapportant. C’est déjà ça : choisir ses optiques sur... catalogue, dans un rayon. rants de leur sujet, incapables de réellement renseigner un chaland. Quand on ajoute les difficultés physiques pour approcher et entrer dans de nombreux grands centres commerciaux, on arrive même à se demander comment le commerce en ligne n’a pas encore conquis davantage de parts de marché. Que les acteurs du terrain persévèrent dans cette voie et le « on line » pourra compter sur de beaux jours pour longtemps. 쐍 RAPPEL DE QUELQUES DÉFINITIONS : four, nous avons même constaté des relookages assez réussis de rayons qui gagnent en attrait, en lisibilité et sont armés pour tenir correctement leur rôle pendant au moins quelques saisons. Dans l’ensemble, ces GSA offrent d’ailleurs des prestations assez inégales, avec des implantations fort bien tenues, d’autres où une petite bouffée d’air frais ferait le plus grand bien. Le commerce en ligne a conquis de nombreux clients Reste le chien arrivé dans le jeu de quilles, le commerce en ligne. S’il a conquis des quantités importantes de clients grâce à des prix très agressifs, le terrain physique doit admettre que peu d’initiatives ont été tentées pour rectifier les autres différences positives perçues par les chalands dans le commerce en ligne. Cette situation se prolonge, et c’est à n’y rien comprendre. Quand les responsables des rayons physiques réaliseront-ils l’indigence de leur présentation des produits (notamment l’ILV) comparée à la masse d’informations que tout prospect peut trouver en surfant entre sites marchands ? Autre écueil : des produits qui ne sont pas dans les rayons. Durant la préparation de ce dossier, nous avons en vain cherché des références connues (dont certains prix Eisa), inconnues aux bataillons des linéaires. Ne parlons pas des étalages mal tenus, mal rangés, des accumulations presque démotivantes que l’on rencontre de-ci de-là, des absences ou des excès dans l’approche des gammes colorées, ni des vendeurs qui ne sont pas là... ou qui, quand ils sont présents, s’avèrent ignoDistribution, Ventes & Services Magazine n° 92 32 Hypermarchés : dénomination des grandes surface dites alimentaires, dont la surface dépasse 2500 mètre carrés. Ce seuil est aujourd’hui une valeur modeste, puisque les plus grands hypermarchés dépassent nettement 20 000 mètres carrés. Pour les trois lettres du sigle « GMS », sont admises des significations à la fois proches mais différentes telles que « Grands et Multi Spécialistes » ou « Grands Magasins Spécialisés », ce qui n’empêche pas de ranger des Darty, Boulanger, Conforama, But, Saturn, FNAC, etc. dans le tiroir marqué « GSS », pour grandes surfaces spécialisées. Si des 600 mètres carrés entraient volontiers dans cette catégorie, bien des points de vente ouverts il y a déjà longtemps se situent dans une moyenne de 1500 à 2 000 mètres carrés. Mais depuis quelques saisons, la majorité des ouvertures se situe dans les 4 500 à 6 000 mètres carrés, Les spécialistes photo, dont le nombre, en 10 ans, s’est réduit d’une manière vertigineuse, entrent dans la catégorie des « points de vente à taille humaine ». On dénombre sur notre territoire environ 1300 hypermarchés et 1100 GMS. 쐍 P R O D U I T S Petit, objectif interchangeable, ce NX5 de Sony est aussi enrichi d’une ouverture sur la 3D. Atout mode ! Histoires à raconter L’abondance des produits et les multitudes d’innovations dont ils bénéficient apportent aux professionnels un potentiel d’argumentation exceptionnel, qu’il convient de maîtriser pour en profiter dans l’art de la vente. Promenade dans les gammes et explications à exploiter sans réserve. Tous les clients vont un jour à la mer (embruns et éclaboussures) ou aux sports d’hiver (neige fondue, sueur). Rayon associé au discours de la force de vente doivent déjà faire percevoir le vent du large ou le vertige de l’altitude. Bien sûr, il y a les chiffres. Ils symbolisent tout marché mieux que n’importe quel repère. Mais au moment où le Salon de la Photo de Paris ouvre ses portes, et à quelques semaines du coup de feu dans les points de vente, ce sont les produits et leurs aptitudes à séduire la clientèle qui reviennent au premier plan et qui,s’ils sont bien gérés par les forces de vente dans les rayons, peuvent justement avoir une incidence puissante sur les résultats chiffrés. 2010 est un millésime très riche en innovations. Avec pour premier axe dans ces Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 33 nouveautés la très active évolution des appareils à objectifs interchangeables. Malheureusement, et selon nos constatations sur le terrain, il reste toujours un nombre non négligeable de vendeurs qui ne savent pas, à l’évidence, ce qu’est un reflex. Certes, nous ne sommes plus dans la situation pathétique que nous avions trouvée il y a un an. La formation a fait évoluer les choses, sans totalement faire tomber les zones d’ombres. Facile pourtant de se rappeler que le reflex est caractérisé par une visée permettant à 왘왘 P R O D U I T S l’utilisateur de voir d’une manière réelle, grâce au miroir de renvoi -qui se rétracte au moment de la prise de vue- l’image exacte qui est sur le point d’être capturée. Cette visée reflex s’accompagne des deux autres arguments propres à cette catégorie : l’utilisation de capteurs beaucoup plus grands que ceux des APN compacts, qui reçoivent par conséquent, pour une même image, une plus grande quantité de flux lumineux. A cet atout pour une bonne qualité de prise de vue, s’ajoute pour les reflex la possibilité de changer d’objectif. Ce qui ne signifie pas seulement pouvoir s’adapter à des types de prises de vues différents. C’est aussi la possibilité d’accéder à des qualités optiques supérieures, avec une règle absolument essentielle en photo : la qualité des images dépend avant tout de la qualité des optiques utilisées. Bien entendu, tout le monde l’a compris, les appareils baptisés « hybrides », ou encore « appareils sans miroir », bénéficient, à part la visée, de nombreux arguments hérités des reflex qu’ils concurrencent. Rappelons que pour tout vendeur, il ne s’agit pas de prendre parti pour une formule, mais de savoir exploiter les arguments afin d’optimiser les actes de vente. La disparition du miroir fait significativement diminuer l’encombrement. Récemment, des marques telles que Sony et Samsung sont allées jusqu’à concevoir des appareils incroyablement compacts, avec des objectifs interchangeables et des capteurs de bonne taille (les APS-C). Olympus avec son Pen est dans une Olympus a su conjuguer une image hautement «photo» et une approche d’avant-garde avec son Pen, un produit pour vendre beaucoup d’optiques et d’accessoires. Il faut connaître ses produits. Cela permet, comme avec ce Fujifilm pour amateurs exigeants, de parler dynamique de prise de vue. démarche proche. La visée se fait au moyen de l’écran,qui est désormais grand, bien défini et lumineux. Mais pour les clients attachés aux reflex et en même temps séduits par les nouvelles formules, Sony vient d’ouvrir une nouvelle brèche avec ses miroirs semitransparents, qui combinent la visée reflex authentique et une conception totalement dans la ligne du numérique. La variété dans les histoires à raconter est donc immense.A chacun de savoir ce qu’il veut ou ce qu’il doit vendre, puisqu’une enseigne doit aussi avoir une stratégie, ses «troupes» étant sur le terrain des opérations pour l’appliquer. Avec cette sorte de famille en trois branches, il est non seulement possible de Le GH2 de Panasonic est un hybride riche en atouts, et qui possède déjà son optique pour la 3D. A montrer, pas seulement à raconter. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 34 Le miroir semi-translucide des derniers nés de Sony est un argument de poids : il combine vrai reflex et visée électronique directe, sans décalage mécanique. Avec le D60, Canon répond à toutes les attentes en termes de reflex. Aucun vendeur ne peut ignorer les trois arguments fondamentaux du reflex conduire les prospects dans l’univers des objectifs interchangeables, mais aussi d’orienter les chalands intéressés par des compacts vers des petits appareils plus performants, comme les « compacts experts ». Séduit par la qualité, mais rebuté par un encombrement un peu excessif et une certaine complexité, un prospect peut se laisser convaincre d’aller vers un appareil qui lui apportera de la qualité associée à la présence de son appareil dans la poche à tout moment. A ce niveau, un mot doit être dit sur les écarts de prix. Tout se déroule dans des fourchettes de valeurs assez abordables, excepté le haut de gamme des reflex. Nous sommes donc dans un domaine où il est indispensable pour les intervenants de rayons de bien maîtriser les méthodes permettant une réelle dérive, et pas seulement celle faisant évoluer un client d’un produit à 150 euros à un autre à 169 ou 179. Passer du simple au double est une manœuvre très possible, souvent même plus facile à réus- S’ils semblent avoir des allures redondantes, les compacts ont de nombreuses différences à mettre en exergue, de l’écran aux fonctions. La démonstration se doit d’être quasi systématique. Les bridges permettent d’user des arguments associés de la simplicité, des performances et de la cohérence des composants. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 35 sir qu’une petite dérive, car le client comprend qu’il passe d’un équipement qu’il pourrait trouver ensuite trop restreint (gaspillage) à une formule nettement plus satisfaisante. Il ne faut pas non plus hésiter à faire entrer en jeu les outils de financement : plutôt que de demander au client de casser sa tirelire pour un achat pas totalement satisfaisant, laissez-lui intactes ses économies tout en lui procurant l’opportunité de faire sans douleur un achat la fois plaisir et valorisant. Entre compacts expert et reflex ou hybrides, subsiste le bridge. Un équipement très commode pour la vente.Arguments incontournables : une panoplie de performances associée à une excellente simpli- 왘왘 P R O D U I T S Les compacts experts, comme ce G12, sont à la portée de bien plus de chalands qu’on l’imagine. Les prouesses photo dans la poche ont du potentiel attractif. La famille bijou peut être craquante, surtout si elle est accompagnée d’un solide bagage technique, comme le 1000HS de la famille Ixus. Il ne faut pas hésiter à mettre le caméscope numérique Full HD dans la bataille, car il fait aussi d’excellente photos, comme ce Xacty Sanyo, famille célèbre. cité. Mais il faut aussi souligner très vite un autre atout : la bonne cohérence de ses composants, puisqu’il est conçu comme un ensemble. La preuve est d’ailleurs administrée par les produits que l’on trouve dans les gammes, avec un « roi » incontesté de cette famille, le célèbre (et primé) HS10 de Fujifilm, qui permet d’avoir pour un budget très accessible à la fois un vrai grand angle (24 mm) et un téléobjectif de compétition (720 mm !). Quel client reflex ou hybride pourra disposer d’une telle panoplie, qui plus est, exploitable à tout moment, sans même avoir à changer d’optique ? De nombreux chalands peuvent être convaincus par le fait qu’une telle formule est dans la pratique plus judicieuse que l’acquisition d’un reflex moyen doté d’un ou deux zooms de kits, finalement assez moyens, la seule Les offres en photo numérique sont des instruments très efficaces pour qui sait pratiquer montée en gamme et dérive d'ampleur satisfaction étant psychologique puisqu’elle permet de se dire et de se répéter fièrement « j’ai un reflex ». Naturellement, la réversibilité des arguments est intégrale.On peut s’appuyer sur le compact expert comme sur le bridge pour réaliser une vente un peu plus confortable, soulignant au candidat acheteur qu’il aura « tout de même autre chose » en montant de catégorie. N’oublions pas les ventes induites, celles des accessoires,dans l’ensemble travaillées sur le terrain d’une manière médiocre à lamentable. Si, si... Ce n’est pas nouveau, dans la photo comme ailleurs, hélas. Reste que bridges et SLR sont des mines d’or pour les ventes qui suivront chez ceux qui savent y faire. Si un utilisateur se met à Encombrement, réglages (par molette) originaux : le NX 100, hybride de Samsung, peut être raconté sans limite. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 36 exploiter son téléobjectif de 720 mm, vous constaterez qu’il viendra vite vous acheter un pied, surtout si lors de son achat initial,le vendeur n’a pas oublié de lui remettre un petit bristol lui donnant droit à une remise -pas trop mesquine- sur l’achat de son premier accessoire. Dans le domaine des compacts, produits à la fois moins valorisés, mais aussi dominants de loin dans les ventes, l’argumentation reste possible, mais elle est moins déterminante, puisque les clients sont en majorité peu ou pas connaisseurs. Le look remonte dans le choix des armes. Une bonne, ou plutôt une jolie mise en place fait bien avancer les choses, ce qui semble assez mal assimilé par bon nombre de professionnels. Si les Voilà un argument qui parle tout seul : la couleur ! Sympa sur les compacts, elle devient plus qu’appétissante sur les modèles plus évolués. religieuses étaient alignées comme les gammes d’APN couleurs dans certains linéaires, feraient-elles naître autant d’envies dans l’esprit des clients (les religieuses dans les vitrines des pâtisseries, bien sûr...). La couleur est d’ailleurs devenue un générateur d’envies bien au-delà du domaine des compacts : reflex et hybrides s’en parent à qui mieux-mieux. Et puis, il y a aussi la vidéo. Trop souvent mise à part, elle se rapproche de la photo à grands pas. Par le haut de gamme comme par l’entrée. Les sublimes petits caméscopes Xacti de Sanyo ou les produits de Kodak, qui capturent également des images aussi bien que bon nombre de compacts, sont d’excellentes bases pour réaliser soit des ventes hors des grands flux du marché (et donc hors des impitoyables batailles de prix), soit dans des tendances très porteuses (partage, adeptes du web et des réseaux sociaux) qui, en dépit d’affirmations bien volontaires, sont quand même approchées avec des pincettes par l’ensemble du monde de la photo.Sachons vivre avec l’époque de nos clients. 쐍 Le E5 est une bonne machine, et le sérieux de son constructeur est aussi un argument. Souligner l’expérience d’une marque est toujours vendeur. L’habit ne fait pas l’APN, mais son utilisateur. Ce RS1000 Pentax le démontre avec ses « peaux », pour une infinités de looks. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 37 LE T E R R A I N Ce Gros-Horloge fait au moins autant de choses qu’une « appli » de webphone à la mode. Superbe réalisation d’une époque lointaine, où la Normandie récoltait pourtant déjà beaucoup de pommes, et dont le charme participe à l’agrément d’un centre historique de qualité exceptionnelle. La nouvelle image à l'heure du Gros-Horloge Enseignes : Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 38 A moins de deux heures de Paris, « la ville aux cent clochers », ainsi que la nommait Victor Hugo, compte quelques 110 000 habitants (390 000 avec l’agglomération). Les commerces y sont nombreux et les différents circuits de distribution bien représentés. Par ailleurs, l’agglomération rouennaise comporte beaucoup de pôles attractifs sur le plan de la distribution, et quelques spécificités (voir notre encadré). L’objectif de ce dossier n’est pas de faire une vision exhaustive de toutes les ressources locales, ni de mettre sous les feux de la critique les établissements observés, mais de regarder avec attention des établissements de styles différents et leurs manières de traiter la nouvelle image... Les GMS affichent la couleur Notre première visite (1) est pour l’implantation Darty de la rue Jeanne d’Arc. Signalons immédiatement une particularité unique : cet établissement est le plus petit de l’enseigne. Il avait été créé sur moins de 400 mètres carrés à la manière Les chiffres et les analyses un peu théoriques ne suffisent pas pour se faire une idée objective de ce que rencontrent les clients quand ils rencontrent la nouvelle image dans les points de vente.A titre d'exemple, voici un bref panorama sur une jolie ville et sa région.Direction Rouen pour un instantané sur la photo numérique là où jadis périt une Jeanne téméraire. Sony, Canon) y sont sagement alignés. Les explications fournies sont lapidaires et se limitent aux principales caractéristiques du boîtier, inscrites à la main sur un carton collé dans la vitrine, devant ou à côté de l’appareil. L’éclairage n’est pas optimal et le prix demeure sans conteste l’indication la plus visible. A titre d’exemple, le Nikon D90 est proposé à 899 euros avec optique 18-50VR. Les appareils bridges et compacts sont exposés dans la vitrine voisine. On dénombre une trentaine de modèles de toutes marques (Canon, Casio, Nikon, Panasonic, Samsung, Sony). Les bridges Olympus et Panasonic sont logés sur la gauche. Pas d’APN hybride ici, le Panasonic GF1 étant présenté dans l’autre vitrine, en compagnie des reflex. Là encore, il faut se pencher pour lire la petite fiche signalétique posée dans la vitrine, à côté de l’appareil, et pour une prise en main, il est indispensable de faire appel au vendeur. Une touche de couleur est toutefois apportée à cette présentation un peu laconique. La plupart Spécialiste que d’autres qualifieraient de « traditionnel », cet établissement met à profit un atout majeur : sa vitrine. d’un test pour des incursions possibles en pleines zones urbaines. Réussie, l’expérience ? Observons qu’elle n’a pas été renouvelée. Son rayon photo est situé au milieu du magasin et, comme souvent dans les points de vente de l’enseigne, les appareils y sont présentés dans une vitrine fermée. A clé, bien sûr. Les reflex et leurs accessoires (objectifs, flashes, sacs de transport) sont rangés dans leur propre vitrine. Une quinzaine de boîtiers de différentes marques (Nikon, Olympus, Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 39 des APN compacts s’affiche en effet dans toutes les couleurs. A 119 euros, le Nikon Coolpix S3000 est par exemple exposé en bleu et en rouge.A 229 euros, le Canon Ixus 110 IS est en noir mais aussi en finition or. Même chose pour le Sony DSC W350 proposé à 159 euros. A 129 euros, le Panasonic Lumix DMCFS10 est présenté en rose et en noir. Et en haut du présentoir, le Casio Exilim EX G1 trône fièrement en rouge. Au sortir du magasin, l’impression est mitigée. Le 왘왘 L E T E R R A I N choix est indéniable, le vendeur s’est montré attentif et disponible, mais la présentation des APN laisse à désirer car elle est non seulement peu pratique mais en enfermant les boîtiers à double tour, l’enseigne pourrait donner à penser qu’elle nourrit des doutes quant à l’honnêteté des visiteurs : doute peut-être fondé, mais que bien d’autres ont quand même choisi de dépasser. L’immense majorité des chalands sans reproche ne devrait pas être pénalisée par les excès d’une infime minorité « racailleuse »... A une encablure du magasin Darty, nous nous rendons ensuite à la Fnac. Le rayon Voilà le type même du point de vente spécialisé qui semble chercher à prolonger les standards d’une époque révolue. Certes, on n’est plus dans le modernisme à outrance. Mais dans le magasin, c’est une compétence experte qui est au rendez-vous : on ne peut pas tout avoir. Puisque la vitrine est là, dommage de ne pas en profiter mieux que cela... nages qui leur sont spécifiques. A la différence du magasin Darty, les APN sont ici mieux mis en valeur dans un environnement plus vaste avec une signalétique plus visible et un meilleur éclairage. Avant de faire appel au vendeur, le client peut déjà donc avoir un premier contact avec le produit, le découvrir sans devoir se pencher vers une vitrine, toucher l’appareil et le prendre en main. Notons La distribution physique souffre d’une ILV par trop succincte photo y est impressionnant avec un premier espace où sont alignés tous les APN compacts et qui comprend au bas mot une trentaine de modèles de toutes marques. Le client découvre instantanément les appareils et prend connaissance des principales caractéristiques, imprimées sur une fiche d’identification placée (à hauteur d’homme) sous chacun des produits. Si certains modèles sont présentés en finition noire, d’autres ont ostensiblement opté pour la couleur. C’est ainsi le cas du Nikon S3000 proposé à 119 euros dans sa déclinaison rouge, du Kodak Easy Share C412 également en rouge ou du Pentax i10 à 150 euros en finition blanc perle. Présentés en noir, certains APN sont parfois surmontés d’un panneau sur lequel sont fixés les boîtiers du même modèle mais déclinés cette fois dans tous les autres choix de couleurs disponibles. C’est assurément là une bonne idée qui permet d’emblée d’avoir un aperçu de toutes les finitions proposées par le constructeur. Derrière le présentoir des APN compacts sont exposés les bridges et quelques APN hybrides, lesquels se retrouvent aussi en compagnie des reflex (on y retrouve tous les boîtiers des grandes marques) et de leurs accessoires présentés à part sur des rayon- aussi que plusieurs vendeurs sont présents sur le rayon, prêts à intervenir alors que dans le magasin Darty, comme le veut désormais l’ADN de l’enseigne, il avait fallu aborder un vendeur qui était ROUEN ET RÉGION... On a beaucoup parlé des docks, et de Dock 76, un projet qui a été réalisé selon un concept qui en dit long sur l’incompétence de certains initiateurs en matière d’édifications commerciales : « à 5 minutes à pied et en vélo du centre historique de Rouen ». Grâce à ce concept-là, on compte les enseignes, les trous et les clients, lesquels à 75 % n’habitent pas le centre ville (comme dans toutes les grandes agglomérations), et ne rapportent en fin de semaine le contenu de leurs emplettes ni en vélo, ni sur le dos, mais à l’aide de leur automobile. En redonnant une jeunesse mi-loft mi-design aux architectures séculaires de quelques infrastructures portuaires, un Violet Le Duc de notre ère a bricolé un ensemble qui n’est plus d’aucune époque et un peu excentré. Rien à voir avec Saint Sever, véritable centre commercial de centre ville, doté de parkings généreux, animé par un Hyper Leclerc en guide de locomotive. Il y a bien sûr en périphérie des zones commerciales importantes, comme celle de Barentin (locomotive : Carrefour) et quelques autres. Côté GMS, Rouen est en revanche une sorte de cas, puisque les grandes surfaces spécialisées ne s’y bousculent guère. Certes, il y a bien quatre implantations Darty à Rouen et dans sa proche région, mais une seule FNAC, pas de Saturn, pas de Boulanger : une situation qui ne s’éternisera sans doute pas. Quant aux rangs des spécialistes photo, c’est le clairsemé qui domine. Il faut aller à Elbeuf (une bonne vingtaine de kilomètres) pour rencontrer le Phox le plus proche. Mais Rouen se distingue surtout par un centre de ville aussi pittoresque qu’animé sur le plan commercial, toutes familles de produits confondues, où le mariage entre une architecture historique et une densité en établissements de très grande qualité (magasins, restaurants, brasseries, etc.) est sans doute l’un des plus réussi de l’Hexagone. 쐍 Y.D. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 40 La mise en visibilité des gammes colorées a nettement progressé dans les rayons Leclerc, espace loisirs et culture, au centre commercial Saint Sever : l’offre est assez limitée, mais dans un ordre impeccable. Si l’autre, à côté, qui n’arrête pas de vouloir vous faire tourner à droite, se rendait compte qu’il vous fait déjà tourner la tête ! Garmin, silence ! Le plus petit de tous les Darty vit en centre-ville, sur une surface restreinte. Et pourtant, son choix n’est en rien exigu, tous produits confondus, et l’accueil y est chaleureux. allé prévenir le spécialiste du rayon photo. (Il est vrai que le samedi, les troupes reçoivent des renforts dans l’enseignes au logo rougeoyant, et qu’un plan de recrutement est en cours). Après les grands magasins spécialisés, nous nous enfonçons dans le vieux Rouen et partons à la découverte des revendeurs plus traditionnels. Première halte rue de l’Hôpital au magasin CPC (Ciné Photo Club).A l’attention des promeneurs, une douzaine d’APN compacts sont exposés dans la vitrine. Nous entrons dans le magasin. Un premier espace est réservé aux tirages photo. Des clients viennent d’ailleurs en chercher ou passer commande. Des albums photo, des cadres classiques, des sacs de transport et des trépieds y sont également proposés. Dans la seconde pièce, comme au bon vieux temps de la photo argentique, nous découvrons des tireuses photo alignées sur une table. Sur les rayonnages, des APN reflex de toutes marques mais qui n’ont pas été déballés de leur carton d’origine. Les spécialistes réservent encore d’excellentes surprises Pour une présentation des APN compacts, il faut demander au vendeur qui, après s’être enquis de notre recherche, plonge sa main dans la vitrine où sont exposés côté rue la douzaine d’appareils présentés aux passants. Il nous fait plusieurs propositions plutôt bien argumentées, parmi lesquelles des APN Sony et Panasonic et plus surprenant, un boîtier GE 3WP à 169 euros. Devant notre étonnement, il nous dit être certainement le seul à commercialiser les APN Avec cette vitrine, vient à l’idée une question essentielle pour tout rayon photo : celui-ci est-il apte à générer des envies de pratiquer la prise de vue, ou se limite-t-il à répondre d’une manière à peu près suffisante à un chaland déjà habité d’une motivation d’achat ? General Electric (marque distribuée par Ricoh) sur Rouen. Il est vrai que les appareils photo GE sont plus généralement vendus sur Internet. Il nous vante la puissance du zoom, la fiabilité et la robustesse de l’appareil et insiste sur le fait qu’il est étanche. Là encore, la démonstration semble convaincante. Le choix des APN est certes plus limité que dans un GMS, le propriétaire des lieux ayant délibérément opté pour une approche très sélective, un moindre choix toutefois compensé par un accueil chaleureux, des conseils de qualité et des explications plus personnalisées. Reste qu’un effort pourrait cependant être apporté (et apporter beaucoup à ce point de vente) à la présentation des produits en boutique, pour le moins vieillotte et surannée, mais sans excès car c’est aussi ce qui fait le charme de certains magasins de province. Pour la prochaine visite, nous restons dans ce vieux Rouen si pittoresque et attachant (dire que certains chalands doivent se contenter des allées mornes de Domus...) et nous nous rendons au Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 41 magasin Camara de la rue du Bec. Une vingtaine d’appareils (compacts et reflex) sont exposés en vitrine, attirant le regard des passants qui n’hésitent pas à s’arrêter pour contempler l’intéressante exposition. La couleur y est à l’honneur avec des APN Nikon Coolpix présentés en finition métal et noir mais aussi en bleu, le Casio Exilim G1 qui s’affiche en rouge tandis que le Sony DSC T90 est présenté en rose, violet et noir.Au milieu de la vitrine, une signalétique attire l’attention sur le Pentax WS 80. Elle indique que l’APN est étanche, qu’il enregistre la vidéo HD et qu’il est en promotion à 125 euros pour le mois d’octobre. Nous entrons et demandons à voir l’appareil. Le magasin n’est pas très grand et comme dans le point de vente précédent, les APN n’y sont pas présentés, les reflex sont restés dans leur conditionnement d’origine et les étuis et sacs de transport y sont proposés en grand nombre. Pour présenter l’appareil, le vendeur le retire de la vitrine où nous l’avions vu exposé. L’explication est com- 왘왘 L E T E R R A I N Les spécialistes excellent dans les conseils, mais négligent le côté « image » de leurs établissement Tous les appareils peuvent être pris en mains, la force de vente est présente, disponible, et connaît son sujet. Seule la relative exiguïté des lieux génère un certain inconfort, que l’observation soutenue et omniprésente des clients par les vigiles souligne par moment avec excès. plète, bien argumentée et appuyée par un banc d’essai élogieux paru dans les pages de notre confrère Chasseur d’images. L’homme de l’art est allé chercher ce magazine derrière son comptoir. Il nous explique qu’en octobre, les appareils étanches se vendent moins bien qu’à d’autres périodes de l’année, raison pour laquelle il a mis en place cette promotion. Nous quittons le magasin avec une petite brochure sur le Pentax Optio WS 80 aimablement remise par le vendeur. Globalement, l’impression est plutôt bonne. Le choix d’appareils photo y était un peu plus important que dans le point de vente précédent, mais la vitrine est bien composée, faite pour attirer le regard et susciter l’intérêt des passants. En revanche, l’exiguïté du local ne permet pas d’exposer les APN, à l’intérieur du magasin où le client manque un peu d’espace et de liberté. Pour l’avenue de Bretagne, tournez à droite ! Nous quittons maintenant la rive droite et traversons la Seine pour gagner le centre commercial Saint-Sever, érigé dans le quartier du même nom en octobre 1978 par Jean Lecanuet, alors maire de Rouen. Sur une superficie de 43 000 mètres carrés, il s’étend sur deux niveaux et comprend une centaine de boutiques, commerces et restaurants. Sa fréquentation annuelle avoisine les 12 millions de visiteurs. Au premier niveau, un grand magasin Leclerc propose des appareils photo numériques. Le rayon est situé à l’entrée du magasin, dans l’espace high tech et Dans un centre commercial dont le style jure à la manière d’une insulte avec la qualité architecturale du quartier où il est installé, la FNAC, seul réel animateur des lieux, remplit sans ambiguïté son rôle de spécialiste de la prise de vue. dans le prolongement du rayon consacré aux ordinateurs portables et imprimantes. Les APN compacts sont présentés sur tout un panneau, entre les caméscopes et les baladeurs MP3.Après ces derniers, on trouve les GPS et pendant tout le temps que nous passons à détailler l’offre APN, un GPS diffuse le même message en boucle : « Pour l’avenue de Bretagne, tournez à droite ». Un exemple typique de confusion des genres qu’il serait bon d’éviter. Le client venu pour acheter un APN n’a pas à subir ce parasitage sonore. Mais revenons aux APN. L’offre comprend une trentaine de modèles avec un premier prix à... 49,90 euros ! Il s’agit d’un Ferrania Solaris Digital présenté en blanc et en noir. Un effort a d’ailleurs été fait pour exposer les APN dans différents choix de couleurs. Les fiches signalétiques sont très succinctes et se limitent à quelques caractéristiques jugées essentielles (marque et référence, nombre de millions de pixels, puissance du zoom, prix). Notons que les reflex sont exposés à part (avec les accessoires en-desDistribution, Ventes & Services Magazine n° 92 42 sous), dans une vitrine fermée à clé. Pendant tout le temps qu’a duré notre visite, aucun vendeur ne s’est jamais manifesté. C’est assurément dommage et nous le signalons d’autant plus volontiers que dans les autres points de vente, ce cas de figure ne s’était pas encore présenté. L’offre est assez vaste mais aucun appareil n’est mis particulièrement en valeur. Le rayon souffre par ailleurs de la promiscuité avec d’autres produits. La présentation mériterait donc d’être quelque peu repensée. Au terme de ce périple, nous réfléchissons à quoi pourrait ressembler le point de vente photo idéal. Et avant de quitter la ville de Corneille, nous sommes tentés d’établir un parallèle avec les librairies du réseau Gallimard. Dans des espaces assez vastes et aérés, elles présentent toutes les dernières parutions et sont à la pointe de l’actualité éditoriale. Elles emploient par ailleurs un personnel compétent et passionné, des vendeurs prescripteurs toujours à l’écoute. Le client peut donc évoluer librement, prendre les ouvrages en main et faire son choix par lui-même. Mais il peut aussi faire appel à un vendeur, nouer un dialogue avec lui et lui demander conseil. Certains GMS se rapprochent de ce modèle. D’autres seraient bien inspirés de dépoussiérer leur approche et d’ouvrir leurs vitrines, la photo numérique n’ayant pas de lien à tisser avec la joaillerie. 쐍 Christophe Perrier 1) Toutes les mentions reflètent ce qui était visible lors de nos visites dans les points de vente cités, observations sur la période du 14 au 21 octobre 2010. La plupart des points de vente ont été visités plusieurs fois. C L I E N T È L E S Chalands et attitudes La face cachée des motivations d'achats Quel client se cache derrière toute silhouette de passage dans un rayon ? Si les chalands dans les points de vente adoptent le plus souvent un comportement réservé, bien des envies, des rêves ou des mimétismes accompagnent leur exploration de l’assortiment qui leur est proposé. D’autant qu’en la matière, la photo, qui peut inspirer jusqu’à l’authentique aventure, a pour le moins fait évoluer les fantasmes au cours des années récentes. Explorons les aspirations du client photo 2010. Debout dans le rayon, seul ou accompagné, il examine du regard les boîtiers alignés les uns à côté des autres, dans un ordre impeccable. Il scrute les étiquettes. Pas de doute, c’est un client potentiel, un « prospect », comme le définit le vocabulaire du commerçant avisé. Personne n’entre par hasard dans un point de vente ou dans un rayon où sont exposés à la vente des dizaines d’APN. 왘왘 Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 43 C L I E N T È L E S Quel photographe chaque client rêve-t-il d'être ? C’est d’ailleurs la même chose pour toutes les familles de produits, ferait observer le même professionnel aguerri. Exact ! Il existe forcément dans l’esprit de ce quidam un soupçon de tentation susceptible de se conclure tôt ou tard par un acte de vente. Les intervenants du terrain savent aussi ce qu’il faut faire dans de telles circonstances : végétaux, présent que le cousin de Montargis apprécierait tout autant, pour son superbe jardin ? Bref, nous sommes dans cette phase d’observation classique et commune à toute démarche dans un espace de vente. Mais comme malgré tout, les chances d’être en présence d’un futur utilisateur sont les courants d’affaires présents et à venir dans les rayons. Ne nous dissimulons aucune réalité, en passant du siècle de la bonne vieille pellicule à l’ère des méthodes digitales, la photo a subi une épreuve, peut-être même un traumatisme. Depuis plus de cent ans - largement et donc pour 100 % des individus (tous nés rien ! Si ce n’est observer discrètement ce prospect, en adoptant l’attitude du vendeur occupé, mais toujours capable de devenir immédiatement disponible.En voyant ce que regarde cette proie qui vient de se placer dans un axe « fatal », il devient facile de déduire ce qui l’intéresse, ce sur quoi il hésite peut-être déjà.Non sans prendre soin de ne pas aller trop vite dans les suppositions. Car après tout,il y a aussi des visiteurs qui viennent juste « voir pour voir », se faire une idée.Sans oublier ceux qui n’ont aucune motivation personnelle, mais peut-être un cadeau à faire. Est-il en train d’imaginer les clichés lumineux et piqués qu’il fera un jour, ou hésite-t-il entre unAPN et un broyeur de grandes, un critère spécifique à la photo se doit d’être pris en compte : celle-ci est une « activité ».Ce qui la distingue de la passivité dans laquelle tout consommateur se laisse aller quand il regarde son téléviseur ou il écoute sa chaîne hi-fi. On regarde la télé, on écoute de la musique, mais on « fait » de la photo. Activité intense ou modérée, occasionnelle ou passionnelle, experte ou profane : autant de variantes qui ne peuvent qu’influencer la nature, le volume et surtout la valeur des ventes, ainsi que leur répétitivité. Et justement, dans cet esprit, les évolutions récentes des gammes d’APN ont apporté un sang nouveau,à travers une multitude d’approches largement influentes sur après son apparition), la photo était ancrée dans les habitudes. Elle avait traversé ses propres étapes, ses progrès, ses modes, ses tendances. Des photographes artistes jusqu’auTonton qui prenait en photo la famille réunie au fond du jardin, ses codes étaient assimilés. Ils avaient engendré des influences énormes, se transposant dans l’attitude des acheteurs. Car depuis fort longtemps, « l’ombre » du photographe, le vrai, le pro, plane sur le positionnement social du consommateur qui s’offre un boîtier, et pour cause. Ce professionnel n’a en effet cessé d’être vu ou aperçu, figurant incontournable dans les grands moments de l’actualité. Il saisit la Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 44 scène quand un président de la république sort sur le perron de l’Elysée. On le voit dans les actualités, hier au cinéma, et depuis plusieurs décennies à la télévision.Il apparaît en pleine activité face aux stars du 7e art sur les terrasses des palaces pendant le Festival de Cannes. Il confirme l’importance des enjeux sur la lisière des terrains de foot lors des compétitions les plus importantes,il ausculte notre planète depuis son hélicoptère quand il en collecte des images vues d’en haut. On le devine créateur ou illustrateur quand il réalise sous les lumières savantes d’un studio les scènes qui serviront à orner la pochette du CD ou du DVD d’une vedette. Le photographe est plus qu’un acteur de la vie de cette société « d’en haut » à laquelle il est assimilé.Il flirte avec le profil d’un héros lorsqu’il se mue en reporter d’investigation, et que ses prises de vues deviennent celles d’une enquête, d’une filature. Le photographe est un expert,un tech- ET MAINTENANT, L’ATTITUDE « CINÉMA nicien, un poète, un artiste, un témoin, qui s’en va prendre ou même voler des scènes et des panoramas pour informer, révéler, raconter, dénoncer... Mais voilà : tout cet acquis de l’époque de l’argentique a soudain connu une sorte d’interlude. Facile à comprendre. Les débuts du numérique ont apporté une nouveauté : on ne prenait plus un cliché de la même manière.Fini l’œil dans le viseur ! Le cliché se collectait soudain à bout de bras, en regar- » En moins de 18 mois, la quasi totalité de l’offre en APN, de compacts aux reflex, s’est convertie aux fonctions de prise de vue vidéo, le plus souvent en HD, et même en HD 1080p. Et déjà, les usages se répendent, se dupliquent. L’APN haute définition (Full HD) ajoute son influence à celle de la prise de vue classique. Elle va de ce qui peut être considéré comme la simple transposition d’un geste familier au téléphone mobile évolué à un micro caméscope numérique, et se prolonge jusqu’aux SLR dont les amateurs de photo savent désormais qu’ils sont aussi utilisés pour des clips ou des films. Avec une différence par rapport aux idées reçues d’hier : un petit caméscope restait inéluctablement rivé au domaine de l’amateur, loin des matériels professionnels les plus mobiles et déjà imposants, alors qu’aujourd’hui, la prise de vue de hautes performances s’est installée dans les atmosphères de le la mobilité. 쐍 왘왘 Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 45 C L I E N T È L E S Quand les papas rassis se font paparazzis dant sur un écran.Changement fondamental ! Où était donc passée l’image du correspondant de guerre téméraire immortalisant avec son reflex des scènes insoutenables ? Et s’ajoutait même un autre détail venant perturber l’intimité du preneur de vue. Avec l’œil dans le viseur, il était seul, très intimement, à voir ce qu’il prenait en photo. Et voilà qu’avec cet écran, même la cousine Simone, qui n’y connaît pourtant vraiment rien à la photo, venait soudain regarder par- Mais aujourd’hui,les grandes lignes positionnantes sont de retour,de même que les attitudes composées les plus vendeuses. L’interlude est terminé. par l’apparition en fin de repas d’un boîtier racé armé d’un impressionnant téléobjectif. Sans doute un peu les deux. En amont, et pour aider la montée en gamme, ces deux perspectives se doivent d’être présentes. Il en va de même pour l’ensemble des pulsions sous-jacentes qui alimentent les courants vendeurs, y compris dans les recherches d’équipements simples auxquelles se limitent de nombreux clients qui ne veulent, justement, surtout pas être assimilés à ces dessus l’épaule du clicheur, lui faisant éventuellement remarquer que cadrée comme ça, on ne voyait pas dans l’image son nouveau bac à fleurs, juste à droite... De quoi je me mêle ! Au-delà de ces détails manipulatoires, depuis les premiers pas du numérique, ce sont surtout les attitudes des « grands » ou moins grands photographes, transposées dans la manière dont tout acheteur se projetait sur son entourage, qui vacillaient. Il faut d’ailleurs se rappeler que les premiers arrivés parmi les numériques Comme un bonheur n’arrive jamais seul, cette période faste pour la capture d’images nous offre, sans doute en préambule d’un futur vertigineux, un présent qui est un vrai cadeau.A nouveau, l’offre des constructeurs permet de renouer avec les mimétismes qui souvent, nourrissent d’une manière plus ou moins subconsciente les motivations d’achats pour les produits les plus valorisés. Il est presque toujours impossible de savoir ce qui aura le plus influencé une vente, de l’idée d’une image réussie avec un zoom extrême ou de l’effet produit sur quelques proches photographes héros, baroudeurs, enquêteurs, explorateurs etc. Toute simplicité ostensiblement affichée n’étant en termes de comportement qu’une version inversée de celles évoquées plus haut, une constante de la transposition sociale, présente dans tout acte de vente. D’une manière pertinente mais sans excès, ces aspects devraient donc se retrouver dans l’offre visible, avec une hiérarchie. Formes, couleurs, textures servent à cela, mais ces petits détails pourraient sans dommage être joués encore davantage par les constructeurs, furent de petits appareils plutôt simples. La vague des reflex performants orientés vers un large public étant bien plus récente. Transposer les mimétismes dans les rayons Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 46 peut-être un peu timides sur ce plan. Ce genre de message est très exploité dans d’autres domaines, comme par exemple l’automobile. Si une « voiture de sport doit avoir des performances, elle doit aussi et même avant tout ressembler à... une voiture de sport » explique un responsable marketing dans une grande marque européenne. Mais une autre presque normale « avec des bandes blanches sur la carrosserie permet déjà d’aller chercher des clients qui veulent afficher le côté sportif de leur personnalité » ajoute-t-il, sachant que tout le monde ne s’offrira pas un coupé très haut de gamme, les réalités économiques restant ce qu’elles sont. lands ont souvent du mal à s’y retrouver, et que peu de choses sont là pour les accrocher dans le sens des tentations ou des mimétismes vendeurs évoqués plus haut. Dommage, car la forte progression des offres de reflex, d’hybrides, de bridges à hautes performances coïncide avec l’éclosion de nouvelles motivations. Songez simplement à ces cohortes de consommateurs de la génération du baby-boom, qui commencent à avoir du temps libre et s’intéressent à une photo qu’ils n’avaient pas le temps de pratiquer quand enfants et occupations professionnelles cannibalisaient leurs soirées et leurs week-ends.Voilà des le domaine de l’image : celui lié aux télécoms, aux smartphones, aux réseaux sociaux, aux tablettes, au partage. Il n’est pas étonnant que Kodak soit l’une des firmes les plus en pointe dans ce sens. Numéro un de la photo numérique aux USA, la firme de Rochester vit au cœur d’un continent où toutes les formes de loisirs en ligne sont plus avancées que partout ailleurs. Les attitudes ne sont plus celles du noyau dur de la photo. Elles les côtoient. Elles cohabitent avec elles dans la vie quotidienne.Elles sont cependant tout autant génératrices de positionnements sociaux et de mimétismes vendeurs. Photo et vidéo sont réunies, associées à un cou- Il n’est pas impossible que suite à toutes ces considérations,bien des rayons apparaissent soudain comme fort réducteurs. Les alignements dans un ordre impeccable (ce qui est déjà assez rare) sont souvent de véritables énigmes pour la clientèle, d’autant plus que l’ILV reste extrêmement insuffisante,en particulier lorsqu’elle est comparée à ce que met en évidence le commerce en ligne. Lequel pêcherait presque par l’excès inverse. Nos observations longues et minutieuses des rayons et des prospects nous démontrent que dans l’ensemble, les cha- quantités de consommateurs qui opteraient volontiers pour une occupation dynamique et rajeunissante, qui d’ailleurs s’offrent massivement des APN. Mais des clients envers lesquels toutes les possibilités d’optimiser le CA ne sont peut-être pas mises en œuvre. rant extrêmement puissant de créativité personnelle en plein épanouissement. Où, dans votre point de vente, cette créativité à travers les images est-elle théâtralisée, en pleine visibilité, diaboliquement tentatrice pour tout prospect de passage ? Si vous hésitez, si votre réponse est un tant soit peu alambiquée, abandonnez d’urgence cette grille de sudoku que vous finirez plus tard,et allez vite remettre tout cela dans le bon ordre. Le vent finit toujours par souffler de l’ouest. Il en va de votre CA pour les prochaines semaines ! 쐍 En ligne avec les créativités inédites d’une nouvelle époque Elargissement ? Nouvelles attitudes ? Voilà aussi des thèmes de pleine actualité. C’est un autre univers qui entre de plain-pied dans Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 47 G R O S P L A N Canon : Grande halte à la grande halle D’une manière régulière, le numéro un mondial de l’industrie de l’image crée un événement mondial pour faire le point sur ses stratégies et ses avancées techniques.Pour 2010, cette Canon-Expo s’est une fois de plus installée à Paris. Flash back sur ce moment fort. Pas moins de 8 brevets par jour ouvrable ! C’est une sorte de record, et cela en dit long sur cette firme japonaise qui a façonné au fil des ans ce que l’on aurait Fujio Mitarai s’est attaché, lors de son intervention à la Villette, à placer la stratégie de Canon à la fois dans la conjoncture et dans la perspective d’objectifs ambitieux. jadis pu qualifier « d’univers de l’image », formule qui commence même, à présent, à devenir restrictive, tant les développements de la firme s’étendent à de nombreux domaines. C’est pourtant bien par la photographie que l’entreprise a débuté ses activités. C’était il y a plus de 7 décennies, et avec pour ambition initiale la production « d’appareils photo de qualité ». Cette photo reste un fer de lance pour Canon, même si à présent, bien d’autres segments, tels que le médical ou la reprographie ont conquis des proportions dominantes dans son chiffre d’affaires. « Si nous observons dans le monde et au fil des années les entreprises qui ont réussi à se maintenir, nous nous apercevons que ce sont des firmes qui ont su se transformer » souligne Fujio Mitarai, PdG de Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 48 Canon souligne un passé déjà long, qui lui a permis d’acquérir une solide expérience des marchés, dont il entend encore se rapprocher. Un long chemin et de nouveaux horizon, depuis son premier siège européen à Genève, en 1957. Canon, qui rappelle dans son intervention quelles ont été les conditions de crise qui ont affecté la marche de l’industrie en général, et auxquelles Canon n’a pas échappé. Exposant la stratégie du groupe pour les cinq prochaines années, Fujio La crise économique et financière récente a entraîné Canon vers des scores moins spectaculaires que le record enregistré en 2007 : nul n’échappe aux aléas conjoncturels. Croissance très modérée dans les pays occidentaux et bien plus vigoureuse dans ceux qui se développent devraient contribuer à un retour rapide aux meilleures performances, d’autant que le plan d’entreprise, dont on voit les effets de 95 à 2007, entre dans une nouvelle phase. Mitarai a placé dans les priorités la reconquête d’un niveau de CA du même ordre que celui qui avait été atteint en 2007, à plus de 9 milliards d’euros. L’Europe est dans ce sens l’objet de multiples initiatives, sur le plan des R&D et sur le plan industriel. Le PdG de l’entreprise japonaise estime que les projets doivent pouvoir être développés sur le plan régional (à l’échelon des continents) et pas seulement au Japon.Ayant pris les commandes de l’entreprise il y a juste 15 ans, il a aussi mis en lumière les résultats obtenus par la mise en œuvre d’un plan « d’entreprise globale excellente » qui a permis, de 1995 à 2007, de multiplier par deux les recettes. Ce qui justifie la mise en œuvre d’une nouvelle phase de ce plan,dont l’un des axes logiques consiste à prendre en compte l’énorme progression des usages connectés, tant pour le grand public que pour les domaines professionnels.Tous les équipements produits par Canon, qui dans leurs versions passées répondaient à des usages indépendants, sont désormais en mesure de fonctionner en liaison intime. La prise en compte des incidences de la production industrielle sur l’environnement, tout comme celles de l’utilisation et de la fin de vie des produits ont aussi pris une importance majeure dans les préoccupations de l’inventeur de l’EOS, ce que souligne Fujio Mitara. Ces tendances ne sont pas les seules voies guidant les pas du groupe qui, dans la nécessité de se réinventer, a aussi profondément fait évoluer ses processus industriels. Finis, par exemple, les modes de production sur tapis, au profit d’unités de production cellulaires, qui permettent d’atteindre des performances nettement supérieures. Nous sommes déjà à l’ère On croirait à de la science-fiction, mais c’est bel et bien de la technique d’aujourd’hui, en labo, ou aux portes de l’industrie. Cette étrange bestiole est une sorte de robot que l’on imagine déjà en train de travailler - sans droit de grève dans les installations industrielles les plus performantes. N’en viendra-t-elle pas à trier aussi des fruits et légumes ou des colis postaux ? Laissez faire un industriel maitrisant à la fois les arts graphiques, la prise de vue numérique ultra-haute définition et le 3D, et l’idée même de ce que peut-être un livre numérique change totalement . Ceci est sans doute le capteur le plus puissant du monde, pour le moment (tous les records sont faits pour être battus). Avec 120 millions de pixels, il ouvre la génération des composants capables d’aller chercher des détails bien au-delà des capacités de discrimination de l’œil et de pas mal d’instruments. 왘왘 Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 49 G R O S P L A N post « chaîne » ou « ligne » de production. Mais c’est aussi la recherche et le développement, auxquels la société consacre 9 % de son CA, qui occupent l’une des meilleures places dans cette stratégie. L’innovation est un moteur pour l’industrie, et quand Canon lève un coin du voile 1 4 sur un peu du futur qui est en gestation dans ses laboratoires, c’est un mélange d’étonnement et d’admiration qui domine. Un peu de vertige aussi.Au début des années 90, une visite au siège japonais de la firme nous avait permis de découvrir des prototypes et des applications de la photo numérique, qui en était encore 2 presque au stade de la science-fiction ou, au minimum, d’une futurologie hardie. Laquelle n’a mis ensuite que quelques années avant de se transformer en une réalité quotidienne. Les perspectives dévoilées à la Villette sont de même nature. C’est le cas avec une robotique que l’on commence à deviner, combinée à des capacités incroyables de vision et de discrimination de détails qui laissent loin derrière les aptitudes de l’œil, grâce des capteurs optiques aux performances incroyables. Si la 3D est aujourd’hui en plein essor dans les rayons de téléviseurs, et dans une forme pour l’heure assez simple, le travail du géant nippon, qui mélange son savoir-faire en matière de prise de vue et ses aptitudes pour une science du document inégalée, nous plongent dans une sorte de science-fiction particulière. A la différence de la science-fiction littéraire ou cinématographique, nous savons que celle-ci deviendra une réalité tangible dans les délais plus courts que ce qu’on l’imagine. Une perspective qui se cultive dans un réalisme d’entreprise omniprésent, avec en guise d’objectif plus que symbolique l’ambition de se ranger dès 2015 dans les 100 premiers groupes mondiaux en termes de performances mesurées sur l’ensemble des critères essentiels. 쐍 3 De l’équipement de prise de vues multi-mode (1) capable de capturer photo ou vidéo à des résolutions extrêmes au reflex profilé (2), les coins de voiles levés à la Villette sont aussi des visions prémonitoires de ce que nous aurons d’ici peu dans les rayons. Appareils (3) pour des captures 3D et APN avec fonctions enrichies de localisation (4) sont des développements dans la continuité de ce nous commençons à voir apparaître. Mais va aussi venir une nouvelle approche avec la réalité augmentée, tout un concept sur lequel nous reviendrons (rien à expliquer pour l’heure aux chalands dans votre point de vente) qui (5) va pouvoir se combiner avec la réalité tangible. Respirez ! Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 50 5 Saturn Ivry : le plus grand point de vente du pays dans cette spécialité, ouvert au printemps 2008, nous sommes en pleine actualité. Virgin : pour l’inauguration du mégastore des Champs Elysées à Paris, Arnaud Lagardère et Richard Branson, deux des personnalités saisies lors des reportages de DVSM et à revoir dans la galerie. Gitem Blois : dans une belle implantation, un magasin à l’époque tout neuf, qui apparaît déjà comme d’une autre époque. Dates repères et explications en ligne, bien entendu. Boulanger Montauban : première journée d’exploitation, avec l’une des premières silhouettes bleues adoptée par l’enseigne durant une époque. Darty Sainte Geneviève des Bois : la toute première du nouveau concept de l’enseigne, à J-1, avant l’ouverture. FNAC Les Halles, à Paris : une très belle surface, à l’heure où elle vient d’être rénovée. Surcouf Saint Lazare : le surspécialiste de la micro et du multimédia s’offre une belle implantation, avec quelques facettes intéressantes côté architecture et décoration. Eldorauto Paris : rêve éphémère, 10 000 mètres carrés ouverts et vite refermés, pour cause de concept trop grandiose, ou d’opération immobilière encore plus lucrative en vue pour l’exploitant. Sans cesse, le terrain évolue. Des points de vente ouvrent, d’autres se transforment. Certains en finissent définitivement avec leur aventure au contact avec la clientèle. vous propose de visiter des dizaines d’implantations, avec des images plein écran, d’hier et d’aujourd’hui. Pas sous forme de vignettes, mais d’images qui sont presque toutes à voir en plein écran. Et régulièrement, la collection s’enrichit, non seulement avec les reportages sur les ouvertures les plus récentes, mais aussi grâce à la mise en ligne régulière et commentée de nouvelles ressources d’une base d’archives visuelles unique, exclusivement consacrée à l’électronique de loisirs, au multimédia, et à leur distribution. Il y a des nouveaux points de vente à visiter sur 왘왘 M A R Q U E S Kodak : De plus en plus share Pour Kodak, la photo numérique a toujours été appréhendée avec la notion de partage d’images. A l’heure des réseaux sociaux, ce credo est plus que jamais d’actualité et cette approche s’applique désormais aussi à la vidéo. Ce que nous explique Olivier Claude. Kodak, qui avait mis très en avant sur son stand de la Photokina tout ce qui concerne le traitement des images, remet l’accent sur les équipements liés au partage, petits caméscopes Full HD en vedette. « Pendant de nombreuses années et bien sûr à l’époque de l’argentique, l’objectif c’était de montrer ses photos, de les partager avec son entourage » rappelle Olivier Claude, directeur général des divisions Commercial et Consumers pour la France et la Belgique. « L’arrivée de la photo numérique n’a pas changé notre vision des choses. L’objectif est resté le même. Une fois réalisées, que fait-on de ses photos numériques ? Dès 2003, Kodak a répondu à cette question avec le bouton Share préfigurant ainsi les réseaux sociaux d’aujourd’hui. » Ce bouton Share permettait d’encoder des adresses e-mail sur son APN. On pouvait ainsi partager ses photos en un seul clic avec tout le monde. La galerie était déjà intégrée mais il s’agissait encore d’un microcosme Kodak. Il a fallu sept ans pour voir exploser les réseaux sociaux et trouver enfin une fenêtre ouverte sur le monde. Grâce comme par exemple la minceur record de ses compacts. En photo, la gamme Kodak M se distingue par l’extrême finesse du design et des puissances de zoom ( x 5 ou x 8 ) appréciables. Un cœur de gamme qui, selon Olivier Claude, répond parfaitement aux exigences du marché et aux besoins du consommateur. La photo s’affiche en couleur Olivier Claude met en lumière la tendance lourde des photos et vidéo partagées, pour lesquelles la clientèle ne cesse de s’accroître. aux relations nouées avec Facebook et Youtube, les photos qui sombraient dans le disque dur du PC peuvent être désormais partagées et éventuellement imprimées car l’impression reste pour Kodak un maillon important de la chaîne du numérique. » Reste que sur le plan des équipements, la marque, « toujours numéro un outre Atlantique », continue d’apporter des atouts très vendeurs, Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 52 « Simplicité d’utilisation, qualité de produit et innovation au service de l’utilisateur sont les trois priorités de la marque. L’innovation technologique n’est pas une fin en soi ! « La couleur est bien sûr mise en avant. Dans la distribution, » le silver est l’un des produits qui tourne désormais le moins maintenant, » souligne Olivier Claude. « Rose, rouge, noir, tel est aujourd’hui le trio gagnant ! Avec une clientèle qui s’est féminisée, le design et la couleur sont également devenus des éléments importants. » Cette révolution du partage d’images est en train de se réaliser aujourd’hui dans le domaine de la vidéo. Une fois acheté, le caméscope était un produit très peu utilisé qui prenait plus la poussière que des vidéos. Une évolution se dessine avec l’apparition des petits caméscopes numériques de poche. Mais à l’instar des photos, les vidéos doivent être partagées. Les réseaux sociaux et notamment YouTube sont des plates-formes idéales pour le partage des vidéos. La portabilité associée à la qualité d’image Full HD et à la simplicité d’utilisation contribuent à rendre ces petits appareils très attractifs auprès du public. « Sur ces caméscopes numériques de poche, on commence à obtenir une qualité d’image très satisfaisante et ce, même en intérieur et en basse lumière, souligne Olivier Claude. S’il n’a pas toujours été facile de convaincre la distribution, les enseignes défricheuses telles la Fnac et les sites Internet les proposent volontiers et les mettent aujourd’hui en valeur auprès de leur clientèle, souvent jeune et familiarisée avec le partage d’images via Internet et les réseaux sociaux. » Dans ce même esprit de partage, Kodak entend simplifier l’utilisation des cadres photo numériques et offrir plus de contenus. Le cadre peut être ainsi synchronisé avec Facebook et recevoir des photos.Les images sont régulièrement rafraîchies et l’utilisateur peut retrouver de l’intérêt pour le cadre photo, un pro- Electronique grand public Multimédia Micro informatique Haute fidélité Home cinéma Télévision numérique Télécommunications Loisirs interactifs Electronique embarquée Industrie Distribution Technique Commerce Marketing Merchandising Clientèles duit que les « no name » ont largement contribué à dévaloriser avec une reproduction d’image médiocre. Le partage d’images sur les cadres photo pourrait donc contribuer à redynamiser un marché qui en a bien besoin. 쐍 24 heures sur 24 retrouvez l’information faite pour vous sur ! z e u q Cli Entrée libre L A N O U V E L L E I M A G E L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS LOGICIELS PHOTO : L’AUTRE MOTIVATION DE LA CRÉATIVITÉ Voilà un beau rayon soft classique, comme la distribution les a multipliés dans ses secteurs d’informatique. Mais comment un client réellement de « confession » photo irait-il chercher le logiciel qui lui convient dans un rayon de ce genre ? Le monde des logiciels pour la photographie est en pleine effervescence. Il accompagne la migration presque totale du marché vers les appareils photos numériques entamée il y a plus de dix ans. Loin d’être seulement utilitaires ou accessoires, les softs participent aux envies de construire des images. Et si on le mettait là où il faut, et en nombre suffisant ? phique de leur téléphone. L’individu est de plus Le champ de l’innovation et de l’offre dans le trai- tiel des photos sur les réseaux sociaux, dont le passionnés de photo veulent de plus en plus tement de la photo numérique est immense. nombre de membres ne cesse de croître (13 mil- « épater » leurs proches. Ils veulent obtenir des Car il ne suffit plus de prendre des photos, il faut lions de membres Facebook fin 2009 en France ; résultats professionnels quel que soit le matériel les améliorer, et notamment corriger certains 1,5 milliard de photos échangées). Le téléphone utilisé pour la prise de vue et faire des composi- défauts provenant des capteurs numériques, il portable, a une place prépondérante dans cet tions avec des effets « fun ». De nombreuses faut les trier, les organiser, les diffuser, et pas seu- écosystème. Subséquemment, le logiciel photo nouvelles possibilités allant dans ce sens existent en plus soucieux de mettre en scène son image et celle de ses proches» explique Genevieve Hamelin, Groupe Marketing Manager d’Adobe. Elle ajoute que « cette multiplication des appareils de prise de vue engendre de nouveaux usages et une forte demande pour des logiciels permettant de traiter à la fois photo et vidéo et de les partager à tout moment. Par ailleurs, les lement par tirages papier. Et ensuite, il faut les se doit d’intégrer de nouvelles fonctions de par- avec, par exemple, la fonction photo de style retrouver, et les afficher ! La variété des logiciels tage, de mise en ligne rapide tout en offrant des « pop-art » qui a été ajoutée dans la version 9 de présents sur le marché traduit celle des besoins fonctions de création graphiques et visuelles Photoshop Elements. » qui vont de l’amateur à la cherche d’un produit aptes à satisfaire les « artistes » en herbe et Adobe est probablement l’éditeur qui fait le plus simple d’utilisation au coût le plus juste, jusqu’au « geeks ». gros chiffre d’affaires dans l’ensemble du seg- puriste qui désire gagner ou au contraire passer du temps, générer de la qualité, tout en étant ment des logiciels de traitement de l’image. Deux tendances qui dominent prêt à investir. Cette catégorie comprend également les nombreux plug-ins payants de Photoshop, le « logi- Dans ce paysage, le développement de pratiques « Dans les tendances du marché, j’en retiendrais ciel à écosystème » numéro un du secteur de la numériques de masse, où la photographie est deux qui montrent particulièrement le dyna- photo. devenue le véhicule d’une conversation à dis- misme de ce secteur qu’est la retouche photo Néanmoins, plusieurs questions émergent. La tance par l’image, grandit au fil du temps. Ce en France : plus de la moitié des pratiquants de première étant la suivante : le consommateur phénomène se traduit par un usage exponen- photo numérique font un usage photogra- n’est-il pas découragé face à la complexité Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 54 d’usage de ces produits ? Geneviève Hamelin, le pense en effet, tout en offrant des réponses rassurantes « C’est le paradoxe de ce marché. Les utilisateurs sont de plus en plus exigeants sur le résultat final, tout en souhaitant des solutions qui puissent s’adapter à leur usage et les aider à monter en compétence. C’est la réponse unique que propose un produit comme Photoshop Elements : la puissance du moteur de l’outil de référence Photoshop, avec une interface et des fonctionnalités adaptées à l’utilisation familiale. L’utilisateur est pris par la main pour apprendre à aller plus loin avec ces retouches et montages photo, en toute simplicité... ». La seconde interrogation découle directement Geneviève Hamelin, d’Adobe France, confirme la nécessité d’une meilleure présentation en points de vente. Le cross-marketing est-il en panne entre softs et nouvelle image ? de la première : en magasin, comment faire pour ment dans les répertoires, de prévisualiser les mieux vendre ce type de produit, d’autant que la photos rapidement, de les trier, les tagger, les plupart des APN tout comme les imprimantes, convertir, les visualiser sous forme de diaporama scanners et autres produits de la même famille et surtout les transférer sur des services web. sont d’emblée fournis accompagnés de softs de Enfin, il faut penser aux « artistes » et autres créa- retouche ? « Les consommateurs photo ont des tifs qui sont à la recherche de logiciels pour besoins d’information croissants, le conseil des effets spéciaux divers : au-delà de la retouche vendeurs devient un aspect clé dans l’acte photo, ces logiciels permettent de traiter de d’achat. La démonstration est donc un des élé- manière spécifique les images, par exemple, ments importants pour présenter ce type de pour la création de panoramiques, l’habillage ou logiciels. Cela peut se faire par la présence de vidéos de présentation des produits ou, dans certains cas, par des démonstrateurs en magasin » commente Geneviève Hamelin. En rayon, il devient donc primordial de proposer une vraie réponse au client qui cherche ce type de logiciel. Tout comme le rôle des standards et notamment du tagging des photos qui ne sont pas bien connus ni utilisés de manière courante. Il faudra développer l’argumentaire en fonction de la pratique et du matériel des chalands sans oublier de mettre l’accent sur les réponses qu’ils attendent. De manière générale, il serait souhaitable d’exposer davantage ces produits en rayon et notamment, pour optimiser les ventes, les logiciels essentiels. Avec d’abord ceux destinés à la retouche de photo, que l’on peut grouper en deux catégories : les softs d’édition qui imitent les logiciels desktop, avec fonctions de retouche complètes (pinceaux, calques, effets...). Et puis les logiciels qui permettent juste d’appliquer des corrections de base : rotations, cadrages, corrections simples de contrastes et éclairage, etc. Puis, viennent les softs d’organisation des photos : APRÈS L’OPTIQUE ET LA CHIMIE, L’ALCHIMIE Octobre 2010 : il est là, dans le rayon. Bien seul, et seulement en version 7... NUMÉRIQUE EST EN RAYON les collages. Il existe des centaines d’utilitaires Dans les rayons photo, il fut une époque où, même en hypermarché, se côtoyaient agrandisseurs, flacons de substances et papiers divers. Des révélateurs, bains d’arrêt, fixateurs et autres kits de retouche, dont les ventes démontraient qu’il existe dans le public des passionnés susceptibles de se faire plaisir dans une certaine technicité, nous voici arrivés à l’ère du sans tache (au sens... propre), du sans thermomètre, du sans risque. On ne détruit plus un cliché en tentant de l’éclaircir. Les filtres créatifs, qui existent toujours, ont désormais une concurrence redoutable pour rendre tout cliché plus coquin que jamais. Toute cette facette de la nouvelle image est donc disponible pour aller chercher du chiffre là où il s’en faisait dans les ventes induites de la photo. 쐍 ces logiciels ont la capacité de naviguer facile- Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 55 dans cette catégorie. Depuis l’avènement du numérique, la photographie prend une place grandissante dans la vie de nos semblables, attestant de son extrême efficacité comme outil de lien social. Sans abandonner sa traditionnelle fonction de mémoire - la photo souvenir reste bien vivante - l’activité photographique s’emballe et se diversifie, avec un nombre moyen de photos enregistrées en hausse de 7 % fin 2009. Les évolutions en résolution et en qualité des capteurs, l’usage croissant du format RAW avec les reflex et même les compacts experts, l’ADSL, les mobiles, les cadres photos connectés, tout contribue à faire plus de photos numériques et à les partager, tout en demandant plus de qualité. C’est dans cette logique de consolidation à la fois des fonctionnalités et des acteurs, que l’expérience utilisateur devient plus fluide et abordable. 쐍 M.G L A N O U V E L L E I M A G E L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS Cadres : Déjà la retraite ? Il y avait des photos sous formes de fichiers, et des écrans pour les faire apparaître. Le cadre photo numérique ne pouvait échapper à une apparition au cœur de l’univers de l’image. Mais à peine quelques saisons après une envolée spectaculaire, les ventes s’essoufflent. Quelques chose ne cadre plus. Comment redonner vigueur à cet accessoire dont l’image reste sympathique ? L’électronique est un domaine dans lequel sées au public. Nous avons souvent men- l’innovation est vite anéantie si des progrès tionné à titre d’exemple, et pour mieux défi- techniques ne viennent pas à son secours. nir cette notion d’inventivité découlant de Sans doute parce que ces derniers ont à eux l’imagination à laquelle nous pensons, un seuls suffi pour changer la vie de tous, exemple typique d’équipement réalisé tota- l’imagination ne fait que rarement preuve lement avec des composants connus, mais de sa présence dans les nouveautés propo- qui a fondamentalement changé l’utilisation Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 56 Le cadre classique a largement fait ses preuves. La version numérique doit désormais faire les siennes, prioritairement en termes d’usages, et ensuite en termes de performances. Les rayons de cadres transpirent le déjà vu : il faut recomposer et animer le décor ! d’un ustensile déjà hautement répandu. A la « Ce n’est pas si facile d’y mettre des fichiers avons des enfants qui sont grands, mariés, fin des années 80, quelques concepteurs JPG », etc. Autant de reproches certaine- et qui habitent dans des endroits différents, d’automobiles ont imaginé le monospace. ment justifiés. Mais il n’en reste pas moins je vais faire une compilation qui évoluera Avec des châssis, des suspensions et des que ce cadre, dans son ensemble, n’a tou- avec le temps ». Vous avez saisi l’essentiel. Le moteurs strictement identiques à ceux de jours pas été enrichi d’un ou de plusieurs cadre doit s’inscrire dans une utilisation berlines courantes, ils ont créé une configu- usages suggérés aux chalands, susceptibles active, un champ d’application totalement ration du véhicule tellement bien entrée de leur faire percevoir bien autre chose que sans limite, et dans lequel le cadre classique est inopérant. Bien sûr, le travail des anima- dans les mœurs que tous les groupes de ce que l’on obtient à l’aide d’un bon vieux l’industrie automobile y sont venus et en cadre en bois. Ce dernier a plus que fait ses teurs de ce créneau des cadres ne doivent proposent. Inventer un usage : c’est ce qui preuves. Inusable, sans aucun chargement, pas attendre passivement que le consom- caractérise en priorité toute innovation, et sans aucune source d’énergie, il montre en mateur imagine lui-même les utilisateurs possible. Il ne peut pas être suffisant de livrer Les rayons de cadres manquent peut-être un peu d’animation. Il serait essentiel d’en allumer tous les modèles exposés, comme c’est le cas pour les téléviseurs, et de mettre en exergue toutes les applications possibles (ce qui va peut-être avoir pour conséquence de souligner que celles sur lesquelles reposent les ventes ne sont pas assez nombreuses). Enfin, leur apparence devient une routine visuelle pour les chaland : il faut bouger cela, renouveler le spectacle ! eux-mêmes des enchaînements attractifs, sachant se multiplier pour pas très cher les les pâtissiers, les traiteurs, les spécialistes du vêtement et les revendeurs photo et EGP, un cadre avec un peu de soft. Cela serait comme un plat délicieux dont le client achèterait tous les ingrédients, mais qu’il devrait quand même préparer. Le chaland attend du prêt à consommer. Il faut donc des idées, des solutions déjà mises en œuvre, et une composante plus didactique, véritable génératrice d’envie dans la mise en place de l’offre, et ne pas se contenter de signaler que l’on « peut faire des slide shows »... L’idéal serait aussi que les cadres d’un rayon soient tous en fonction (les téléviseurs le sont bien) et présentent propres à générer des envies. Ce qui, chez peut-être ce qui manque d’abord et avant tout au cadre photo. photos des anciens ou des plus jeunes, et Un cadre qui a pourtant séduit de nombreux mille et un souvenirs, sans jamais défaillir fait tout de même partie du travail de base. consommateurs, d’autant plus qu’au cours durant des décennies. Il orne des millions de Devenir diaboliquement tentateur, ou s’ef- des années récentes, il s’est souvent vu buffets, guéridons, couloirs, murs de salon, facer doucement : tel pourrait bien être le décerner le titre de cadeau idéal. Fêtes de de chambres et même d’endroits encore choix des cadres, s’ils veulent poursuivre fin d’année, fête des mères, des pères, anni- plus intimes. Le multiplier sur une cloison une carrière dynamique. versaires... Toutes les occasions inscrite sur peut même permettre d’en différer le rafraî- le calendrier lui ont permis d’atteindre chissement de la peinture ou du papier d’excellentes rotations. Et doucement, le décoratif. Même numérique, le cadre LCD ou soufflé semble retomber. Selon les estima- OLED s’attaque peut-être bien d’une tions récentes, il se serait installé dans un manière maladroite à une conquête Don repli moyen, après une période de molle sta- Quichottesque s’il veut détrôner son inerte bilité. Mais nous sommes à l’aube de la et séculaire concurrent. 쐍 période des fêtes 2010. Après deux années de crise qui ont pénalisé peu ou prou la Raconter une histoire consommation, les jeux ne sont pas faits. Il faut se garder de jeter le manche après la « J’en ai déjà plusieurs » nous raconte un cognée. La photo numérique connaît pour client dans la périphérie bordelaise qui vient sa part une activité plutôt dynamique, et le d’en glisser un dans son chariot. Nous lui cadre y entre de plein droit en qualité de avions demandé si c’était un cadeau, mais, vente induite. « non, non, c’est pour chez moi » avait ré- Conscients de cette perte de portance, pondu ce chaland à qui nous avons, avec sa les fabricants réagissent, s’appuyant sur les permission, demandé ce qu’il allait en faire. principales critiques qui ont pu être enten- « J’en ai mis un dans notre entrée de pavil- dues à propos de cet objet. « Des consom- lon. Nous avons fait des agrandissements, et mateurs ont été déçus par la qualité de cer- comme ça, quand des amis viennent à la tains cadres bas de gammes dont les maison, nous leurs montrons les étapes de révolutions étaient trop faibles. » « C’est l’agrandissement, ce qui donne une réalité ennuyeux de le laisser tout le temps allumé.» à ce que nous racontons. Et là, comme nous Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 57 A QUAND DANS LES GSB ? « On ne nous propose rien », résume laconiquement un responsable dans une grande surface de bricolage. Très orientées vers la décoration, les GSB savent pourtant vendre des produits soit électroniques, soit compliqués, soit les deux à la fois. Et côté cadres, ce sont elles qui en vendent de plus sur le territoire, et de loin ! Qui aura l’idée de combler cette lacune, et d’ajouter un peu de cadre numérique au cadre classique ? Peur d’en vendre ? 쐍 왘왘 P I X E L S O P P R I M É S Alors que la prise de vue audio et vidéo ne cesse de prendre de l'importance dans la vie quotidienne, les intégristes de l'interdiction à tout va persistent dans leurs frénésies anti-cliché. Pour un photographe libéré Incroyable mai vrai : dans l’immense salle où des centaines de journalistes sont venus pour assister à l’intervention du PDG d’un mastodonte de l’univers de l’image, défilent sur l’écran et en préambule quelques informations, dont une très insolite interdiction de prendre des photos. Interdiction que pas un reporter présent n’observera, ce qui ne provoquera d’ailleurs aucune fâcheuse réaction. Qu’on ne s’y trompe pas : ce ne sont pas les fabricants, ni les commerçants, ni globalement personne issu de la vie courante pas plus que de cet univers des pixels qui provoque cette paranoïa anti-photo. Celle-ci s’épanouit néanmoins un peu partout, par des petites pancartes en forme de pictogrammes, voire en longs discours explicites et menaçants sur panneaux bien en vue.A l’origine de cette épidémie dont nous avons déjà parlé, et sur laquelle nous reviendrons tant que cela sera utile, se trouvent pour l’essentiel les services de sécurité. Omniprésents, ils vivent d’un filon vieux comme le monde : le marché de la peur, avec à l’occasion l’aide lucrativement efficace des compagnies d’assurances. Si vous n’êtes pas protégé, on ne vous couvre pas. Protection, le mot est prometteur, mais un peu trompeur. On ne voit en effet pas très bien en quoi le fait de ne plus pouvoir photographier les avions qui atterrissent sur les pistes de Roissy empêcherait des terroristes bien motivés d’accomplir leurs méfaits.Sur la voie publique, la photographie n’est pas « autorisée ».Elle est seulement « non interdite ». En revanche, avec un pied supportant un appareil, elle nécessite en principe une autorisation. Là encore, la mesure est supposée prévenir des actions préjudiciables à la sécurité, ou même à l’intégrité de l’Etat. Illusoire, puisque de l’attaque à main armée jusqu’aux excès des casseurs, le repérage reste possible, même sans accessoire photographique. N’oublions pas non plus dans cette frénésie les droits, dont le désormais célèbre droit à l’image, une notion véhiculée un peu n’importe comment et largement galvaudée. Il y a en effet un océan de différences entre la photo d’une starlette surprise en compagnie d’un boy-friend célèbre que l’on imprime à la Une d’un magazine, et l’anonyme Madame Michu qu’un touriste capture par inadvertance photographique, en figeant dans le silicium de meilleur profil de l’Arc de Triomphe. Et si avec beaucoup d’imprudence,cette Madame Michu a pris le risque de se promener bras-dessus brasdessous sur les grands boulevards en compagnie du séduisant cousin d’un voisin, à l’insu de son époux légitime, elle s’expose au risque d’être vue,qu’un amateur de pixels soit là ou pas.La vie cesse d’être privée là où commence le domaine public. Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92 58 Pour bon nombre de raisons, nous avons déjà eu l’occasion d’analyser les interdictions de prendre des photos placardées dans les galeries marchandes ou certains points de vente. On peut se demander quelle peut être leur finalité, d’autant qu’elles sont juridiquement quasi-inexploitables.En revanche, elles peuvent s’avérer stupides et même contre-productives. Un canapé ou un buffet photographié dans le rayon d’un spécialiste du meuble peut aider à décider le client à l’acheter, en lui donnant le loisir de mieux se rendre compte de ce que ce meuble peut apporter une fois dans son décor. En résumé, les interdictions de photographier qui se sont maniaquement multipliées, au nom d’une supposée sécurité ou d’une improbable protection de la vie privée, constituent un obstacle au développement serein de la prise de vue intégrée à la vie de tous les jours, obstacle qu’il serait bon de voir amorcer un mouvement de repli. Quand tout acheteur potentiel d’une cuisine équipée ou d’un papier peint pour la chambre d’un bambin aura le réflexe de faire une petite photo préalable à son achat, le marché de l’image aura franchi un pas de plus dans son intégration à la vie quotidienne. Ce qui ne sera pas plus mal pour notre marché. N’hésitons pas à plaider pour notre chapelle, même si cela devait un jour la faire devenir cathédrale ! 쐍 Vite ! Il faut , s’abonner à DVSM c’est la saison des économies ! Electronique grand public, Electronique embarquée, Micro informatique, Multimédia, Soho, Télécommunications, Loisirs interactifs, Logiciels, Services en ligne, Accessoires Enseignes, marchés, rayons, chiffres, dossiers spéciaux, enquêtes, reportages, interviews, nouveautés, produits, technologies Chaque mois dans DVSM, toute l’actualité des professionnels de la distribution S’abonner à DVSM, à La Lettre de DVSM, ou aux deux à la fois, c’est l’affaire d’un clic sur www.dvsm.fr Important : Vos abonnements peuvent être pris en compte dans le budget formation de votre entreprise, conformément aux dispositions résultant de la circulaire du Ministère du Travail n° 147, du 17/08/1989, relative à la formation professionnelle. 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