N°92 – Novembre 2010

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N°92 – Novembre 2010
www.dvsm.fr
SPÉCIAL
NOUVELLE IMAGE
N°92 – 3 novembre 2010 – 8,90 euros
Photo et vidéo en vedettes
au Salon de la Photo
Le terrain en mouvement
Anniversaires
et créations
Démarque inconnue
TV connectée
Liseuses etTablette
Une facture salée
pour tous
Les applications
sollicitées
Fausses jumelles,
vrais étuis
Simplement éblouissant
Le nouvel écran Super Amoled 4 pouces du Galaxy S offre
un rendu exceptionnel à toutes vos applications. Sa qualité
d’affichage et sa réactivité assurent une expérience
unique des applications disponibles sur Android Market™.
Il y en a des milliers à découvrir ou redécouvrir sur votre
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© 2010 - Samsung Electronics France, SAS au capital de 27 000 000 € - RCS Bobigny B 334 367 497 - 270 avenue du Président Wilson 93458 La Plaine Saint Denis Cedex
Images d’écran simulées. © Google, le logo Google, Google Maps, Gmail, YouTube, Google Talk, Android et Android Market sont des marques commerciales de Google, Inc.
Applications téléchargeables sur Android Market™. Coûts de connexion et de téléchargement selon opérateur. * avec Google.
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S
O M M A I R E
38 A L’HEURE DU GROS-HORLOGE
Le terrain à la loupe, observé à Rouen, entre
classiques et modernes
43 CHALANDS ET ATTITUDES
6 DVSM INFOS
Enseignes, produits, équipes, stratégies, rayons :
les derniers faits et gestes de l’univers numérique
Sachez décrypter les fantasmes qui titillent
l’esprit des chalands dans les rayons
18 LA DÉMARQUE TIENT BON
48 HALTE À LA GRANDE HALLE
Largement plus de 4 milliards d’euros dérobés :
le vol reste de haute altitude
Canon a choisi la Villette pour son Expo 2010 :
échos, images et grosses impressions !
20
52 DE PLUS EN PLUS SHARE
BOOKS ET PADS
VONT DANS UN MARCHÉ
La bataille entre faux jumeaux est lancée
L’inventeur du clic-clac se concentre plus que
jamais sur le partage
54 L’AUTRE MOTIVATION
Les logiciels pour la photo sont aussi des
révélateurs de motivations
56 DÉJÀ LA RETRAITE POUR LES CADRES ?
A faire tapisserie, les cadres photo s’essoufflent.
Le moment est venu d’en redynamiser l’image
58 VIVE LA PHOTO LIBRE !
Et si l’interdiction d’interdire s’imposait dans les
espaces où la prise de vue n’est pas la
bienvenue ?
23 SPÉCIAL
NOUVELLE IMAGE
Objectifs et ambitions
à l’heure du Salon de la Photo
24 LA PHOTO NUMÉRIQUE
DVSM, Distribution, Ventes & Services Magazine N° 92.
PREND UN VIRAGE
La prochaine décennie
s’ouvre sur des perspectives très nouvelles
Parution du 3 novembre 2010.
Prix du numéro : 8,90 euros.
Abonnements : un an (10 numéros) : 89 euros
Deux ans (20 numéros) : 178 euros.
27 UN UNIVERS EN EXPANSION
RÉDACTION, PUBLICITÉ, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS :
BP 50119 - 93271 Sevran Cedex. Tél. : 01 43 83 41 24
Fax : 01 43 83 26 33 - Email : [email protected]
RÉDACTEUR EN CHEF : Yves Dupré.
ASSISTANTE : Véronique Duhamel.
PRINCIPAUX COLLABORATEURS : Geneviève Beauvarlet, Maria Geyer,
André Jull, Jérôme Larpège.
DIRECTEUR ARTISTIQUE, 1 RÉDACTEUR GRAPHISTE : Max Pagis.
COORDINATION : Armelle Couvaire.
Globalement, la présence de l’image numérique
s’amplifie
28 QUI VEND DE LA NOUVELLE IMAGE ?
Après l’ouragan digital, les circuits de
distribution se stabilisent
ER
33 HISTOIRES À RACONTER
PUBLICITÉ : au support. Imprimé en France. Dépôt légal : à date de
parution. ISNN, 1626-7702.
Appréhendez les atouts des produits pour
réaliser des ventes optimisées
* DVSM, Distribution, Ventes & Services Magazine est une publication éditée
par Retail Dynamik France* SARL. 73-75, rue de la Plaine. 75020 - Paris.
GÉRANT, DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : B. Sailliard.
Reproduction, même partielle, interdite. Tous droits réservés pour tous pays * Marques déposées.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
3
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TV
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E
D I T O
L
domaine de la photo numérique,
que nous appelons plutôt « Nouvelle
Image » (et ce depuis 1998 !) est un
segment de marché privilégié, pour au
moins deux raisons. La première est visible
à tout instant : non seulement ce segment
s’appuie sur une notion de l’image capturée
et consommée qui s’est totalement refondée, sans perdre ses attributs valorisants
de l’ère argentique. La photographie reste
en effet à la fois une technique et un art, un
mélange onctueux du jeu savant avec les
photons et de l’espace ouvert à toutes les
créativités. Nourris par les apports fantastiques des techniques électroniques, ces
deux champs associés sont désormais enrichis par de multiples atouts.Ainsi, un client
amateur expert peut toujours s’adonner à
la construction de scènes les plus diverses,
un utilisateur moins féru peut mieux que
jamais recueillir les souvenirs de sa vie de
famille, de ses vacances ou de l’exercice de
ses passions, et pour une occasion exceptionnelle n’importe qui accède facilement
et pour peu d’argent à l’immortalisation
d’un moment irremplaçable : naissance,
mariage, retrouvailles d’anciens camarades... Le numérique n’a donc rien fait
perdre de la photo au sens le plus large,
mais il a en plus apporté tout ce qui est lié
à la convergence, avec le partage, l’envoi de documents à
des amis, tout en ajoutant une
nouvelle dimension : l’accès facile à une créativité réveillée chez de nombreux individus. La vidéo devient partie intégrante de cette nouvelle facette de l’image, dont la dimension explose avec les applications en ligne, celles qui font
usage des réseaux sociaux comme de bien d’autres. La preuve est d’ailleurs acquise que seule, la complexité, le coût
et le temps disponible ont jadis ôté toute envie à bien des amateurs de construire leurs séquences animées. Qui
se rappelle qu’à l’époque du 8 mm argentique, 3 minutes d’images médiocres valaient une quinzaine d’euros (avec
une valeur de l’argent d’alors à multiplier par 5 ou 6) ? Qui a en mémoire la tâche que pouvait représenter, cisaille
et flacon de colle au cœur du décor, le moindre début de montage ? Nos petits caméscopes de poche Full HD soulignent à quel point nous avons changé d’époque.Tout cela est, pour les rayons de la distribution et tous ceux qui
les animent, un tour d’horizon certes bien réel, mais théorique, et même un peu philosophique.
La seconde bonne raison de se réjouir des spécificités de l’univers de la photo..., pardon, de la nouvelle image,
concerne plus que toute autre les professionnels de la distribution. Elle se situe dans le nombre de fournisseurs,
acteurs moteurs du marché, qui s’est fortement élargi. C’est un scénario unique dans l’électronique où par ailleurs
le paysage ressemble plutôt à « un cimetière de marques », selon le résumé pertinent d’un professionnel connaissant fort bien cette activité depuis de nombreuses années. En photo et vidéo numérique, les spécialistes de l’image
YVES DUPRÉ
rédacteur en chef
ont bien tenu leur rang (ce n’était pas gagné d’avance), les nouveaux venus, souvent généralistes en électronique,
ont apporté une excellente contribution au marché, et tout autour, de la téléphonie jusqu’à des domaines les plus
variés, de petits « plus » sont venus enrichir le créneau. Résultat : une effervescence déjà constatée à la Photokina, avec une
avalanche d’innovations de tous côtés, des reportages, des enquêtes, des chroniques dans tous les médias, et une sollicitation
permanente du public ou plutôt, de tous les publics.A ceux qui gèrent les rayons de savoir avec talent transcrire d’une manière
visible cette fantastique évolution. Sans vouloir assombrir la fin de cette page plutôt optimiste, il se pourrait qu’il y ait beaucoup à faire dans ce sens. Ne nous fâchons pas, on reparle de tout ça un peu plus loin. 쐍
E
Photo numérique :
Profitons
des privilèges !
[email protected]
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N F O S
DIJON :
LA TOISON EN FÊTE
Il y a 20 ans, le centre
socio-économique.
hypermarché Mammouth,
semaine évènementielle.
lui a évité des écueils
commercial La Toison d’Or
Avant cette ouverture,
du côté de Marsannay
Organisée autour
parfois observés ailleurs,
ouvrait ses portes dans la
le commerce de centre
(direction de Beaune)
de 8 installations
dont une dérive
banlieue de Dijon. Un
ville y assurait une part
et la très grande zone
interactives, où se
malheureuse vers l’excès
évènement pour cette
importante des échanges,
commerciale de Quétigny
mélangent illusions
de discount. Le centre
ville universitaire, capitale
d’une manière assez
(qui revendiquait
d’optique, sons et
jouit d’une zone de
de la Bourgogne, mais qui
performante d’ailleurs, et
le titre de plus grande
peintures virtuels, vision
chalandise où de
avait été longtemps
seulement aux prises avec
zone d’Europe
panoramique sur la Côte
nombreux ménages
classée parmi les moins
une zone de commerce
dans cette catégorie).
d’Or, simulation
bénéficient de conditions
bien loties des 21 régions
moderne ayant pour
Avec la Toison d’Or, la
sensorielle, anamorphoses
de vie correctes, à ne pas
françaises sur le plan
locomotive un
galerie marchande
et hallucinations. Ce qui
gâcher dans un « toujours
moderne s’installait dans
n’a rien d’une
moins cher » très
cette agglomération, avec
hallucination tient dans
préjudiciable à ce type de
des innovations presque
l’assiduité de la clientèle :
cible. Parmi les enseignes
d’avant-garde pour cette
sept millions de
présentes traitant des
époque, comme par
consommateurs viennent
produits ou services liés à
exemple la... climatisation,
annuellement
l’électronique, aux
devenue aujourd’hui
s’approvisionner au gré
télécoms ou au
incontournable pour tout
des deux niveaux
multimédia, on relève
centre ne souhaitant pas
dont il faut souligner
notamment Darty, Saturn,
voir sa clientèle chercher
l’excellente tenue.
Norauto, Internity, Espace
cette confortable note de
La Toison d’Or
SFR, The Phone House,
frais ailleurs.
est l’une des galeries
Club Bouygues, Orange,
Deux décennies plus tard,
marchandes les plus
Photo Service, Cultura,
la Toison d’Or a soufflé
agréables de l’Hexagone.
Game, Micromania, la
les bougies en s’appuyant
Un excellent équilibre
locomotive de ce bel
sur les nouvelles
dans le positionnement de
ensemble étant
technologies, avec une
120 enseignes présentes
l’hypermarché Carrefour.
À chaque instant,
le jour, la nuit, la semaine,
le week-end,
des informations importantes
tombent sur
Entrée libre !
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
6
쐍
LE VENDEUR EST DANS L'ESCALIER…
Réalisé sans trucage !
informations largement
partagées par l’ensemble
des professionnels,
le mois de septembre
s’est révélé bien morose
Un vendeur ? Facile, il suffit de l'appeler… au télé-
dans les rayons,
phone, et comme les pompiers ou comme le plombier,
l’accès de mauvaise
il arrive ! Nous n'avons pas même songé à tenter
humeur ce début
l'expérience, tant l'apparition de ce panneau sur le
d’automne tombe
comptoir du rayon jeux vidéo d'une très célèbre
bien mal. Entre grèves,
grande surface alimentaire nous a laissé pantois.
blocage des carburants et
Comme l'aurait dit un ancien patron de France
pointes de violence,
Télévisions : osons ! Ils ont osé. L'anecdote a à la fois
le cocktail s’est révélé
de quoi faire sourire et soulever l'inquiétude. Cette
idéal pour vider
photo prise récemment n'a pas été capturée pendant
encore un peu plus
les grèves. Elle souligne le manque d'intervenants
les linéaires. Quelles
dans les rayons que de nombreux professionnels
que soient les raisons
constatent et en principe déplorent. Il est difficile de
ne sont pas très attractives. Et qui plus est, on peut se
de ce mécontentement,
trouver des candidats pour des fonctions qui n'ont
demander si quelque hypocrisie ne vient pas coiffer le
le blocage de l’économie
jamais réussi à avoir une bonne image de marque
tout, dans le sens où tous les responsables affirmant
est bien sûr préjudiciable
auprès des foules. Mais il faut aussi reconnaître que
vouloir étoffer leurs équipes n'ont pas forcément une
à l’ensemble de l’activité,
dans l'électronique en particulier, les rémunérations
envie très réelle de le faire.
mais il constitue aussi un
쐍
passif qui ne peut
avec Flash LED et
HARMAN KARDON
REMET AU GOÛT DU JOUR
SON SOUNDSTICKS
qu’alourdir
de 90 Mo de mémoire
le futur de ceux qui ont
interne extensible par
cru défendre leurs
port microSDHC, le
intérêts de cette manière.
Samsung Wave 723 mise
Car toutes les études
Le constructeur Harman
l’ensemble des cartes son
aussi sur le style, avec sa
démontrent que les
Kardon vient d’annoncer
analogiques (stéréo ou
coque en métal brossé et
conditions dans lesquelles
se trouvent les économies
la sortie d’une troisième
multi-canal), portables et
son rabat protégeant
version de son kit 2.1
lecteurs MP3, le
l’affichage.
SoundSticks. L’ensemble
SoundSticks III s’impose
SoundSticks III conserve
comme le compagnon
le design transparent
idéal des nouveaux Apple
qui a fait le succès
iMac, MacBook, MacBook
Samsung Wave
723, nouvel
ambassadeur
Bada
쐍
occidentales ne
permettent pas d’éponger
Sueurs
chaudes !
comme ce fut le cas
Alors que la saison
lors des glorieuses
les dégâts dans un
confortable oubli,
est loin d’être de celles
époques de croissance.
qui laissent entrevoir les
Désormais, chaque pot
meilleurs scores probables
cassé se paye, et celui qui
pour la fin d’année,
l’a cassé règle aussi sa part
et alors que selon nos
de la facture.
쐍
Le Samsung Wave 723
vient enrichir une série
qui ne fait que débuter
et mise comme
son prédécesseur
sur le portail Samsung
des précédents modèles
Pro, iPad et de nombreux
Apps et son gros millier
tout en apportant
autres périphériques.
d’applications Bada.
quelques améliorations.
Espérons que ce dernier
Ce smartphone
Un bouton d’alimentation
modèle fasse comme
quadribande et
est désormais présent sur
son prédécesseur et entre
compatible 3G / HSPA,
l’un des satellites alors
lui aussi à la collection
doté d’un affichage tactile
que la gestion des câbles
permanente du Musée
3,2’’ LCD, des connectivités
audio a été améliorée.
d’Art Moderne
Compatible avec
de New-York (MoMA).
쐍
sans fil WiFi et Bluetooth,
d’un APN 5 megapixels
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
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N F O S
TV NUMÉRIQUE : L'ATH
EXCLUSIVEMENT
campagne de promotion
les ventes sur Internet
importante pendant trois
sont en hausse de 29 % au
semaines, à partir du 13
premier semestre de 2010
octobre 2010. Au
par rapport au premier
programme : des remises
semestre de 2009 et
Dans une année pile, la
d’être générées, durant la
pour les usagers), soient
de 20 à 70 %, des offres
continuent de progresser
télévision analogique aura
vie de ses équipements de
proposés au public, et qui
exclusives, des opérations
à un rythme soutenu en
vécu. Le passage au tout
réception. En effet,
plus est, clairement
« 2 achetés = 1 offert », un
France. Ce dixième
numérique va s’accélérer
comment imaginer qu’en
identifiés dans les rayons.
jeu-concours avec une
anniversaire d’Amazon.fr
pour aller à son terme,
une dizaine d’années,
On peut d’ailleurs
montre femme Milleret
placé sous le signe
avec notamment au mois
toute modification de
s’interroger sur le
incrustée de diamants
de la promotion,
de mars prochain
numéro de chaîne ou
différend qui pourrait
certifiés, des télévisions
devrait consolider
le basculement
d’autres détails
surgir entre des enseignes
3D Samsung et de
cet état de fait.
de l’Ile-de-France.
techniques dans la
et des clients dans
nombreux autres lots à
l’hypothèse où ces
gagner. Au cours de ses 10
derniers auraient acquis
ans d’existence, Amazon.fr
L’environnement
pris en compte
par Pentax
쐍
auprès d’elles
a placé les clients au
Dans un souci de
ne supportant pas les
centre de ses
préservation de
mises à jour de cette TNT.
préoccupations. Cela s’est
l’environnement, la
A surveiller !
notamment traduit par un
société Pentax, filiale du
쐍
Amazon.fr
fête
ses 10 ans
élargissement
groupe Hoya, annonce
considérable de l’offre
qu’elle utilisera désormais,
disponible sur le Site
pour ses appareils photo
avec la création
numériques, des
Pour son dixième
de 18 boutiques - allant
emballages 100 %
anniversaire, Amazon
des produits culturels aux
recyclables. Pour
fait des cadeaux à ses
produits techniques et
l’impression de ses
clients en ligne. Le site a
d’équipements. La FEVAD
emballages et de tous les
en effet prévu une
annonçait il y a peu que
documents, la marque a
Les ventes d’adaptateurs
transmission puissent être
maintenant recours à
vont donc se multiplier, et
exclus ? Pour ce faire, la
l’encre de soja, tout en
dans cette perspective, il
plupart des fabricants ont
supprimant les encres de
est indispensable de
pris la décision de s’unir
couleur. De plus, pour
rappeler que les
sous l’appellation ATH, et
contribuer également à la
adaptateurs vendus se
de militer pour que celle-
sauvegarde des forêts,
doivent d’être
ci, et les spécificités
Pentax réduira le volume
compatibles avec les
techniques qu’elle
de ses modes d’emploi
opérations de mises à jour,
recouvre (qui garantissent
papier en privilégiant le
qui ne manqueront pas
des mises à jour simples
CD-Rom comme support.
쐍
NOUVELLE GAMME DE CASQUES COLORÉS PHILIPS
Philips vient d'annoncer la commercialisation pro-
tables, (moins de sensation de pression) et plu-
chaine de la gamme de casques composée de 3
tôt indiqués pour des usages longs. Ils permet-
modèles, le SHL5000, le SHL5500 et le SHL5800. Décliné
tent d'entendre les bruits extérieurs : prudent
en 4 coloris Noir/rouge, marron/mangue, gris/vert
et donc sage pour un utilisateur au volant ou à
d'eau ou tout simplement noir/blanc, le SHL5000
bicyclette, mais ces bruits ambiants peuvent
bénéficie de haut-parleurs de 30 mm. Le SHL5500 est
être désagréables pendant une audition. Fermé,
proposé dans un seul coloris rouge et noir, dispose
le casque devient le composant d'une sorte de
de haut-parleurs de 40 mm, et de coussinets en
système acoustique constitué avec la boîte crâ-
mousse à mémoire de forme. Le SHL5800 dispose des
nienne de l'utilisateur. Il permet une meilleure
mêmes caractéristiques techniques. C'est un casque
restitution du son, notamment vers le grave, et
de conception fermée, offrant une isolation pho-
une écoute plus qualitative. Les casques évo-
nique améliorée. Rappelons en effet que trois
qués ici ont une impédance est de 32 ohms et
leur sensibilité est de 106 dB/1mW, leur réponse
grands principes pour les casques peuvent être
retenus : ouvert, semi-ouvert ou fermé. Avec des avantages et des
en fréquence étant annoncée de 10 à 28 000 Hz, ce qui ne veut pas
inconvénients. Les modèles ouverts sont en général plus confor-
dire grand chose puisqu'on est au-delà des fréquences audibles.
쐍
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
8
DVSM-I
N F O S
AGFA PRÉSENTE
SON MOVEE TOUCH
haut-parleurs stéréo,
Avec son écran LED de 8,3’’
nouvelle tablette
(21cm) qui dispose d’une
photo/vidéo à vocation
mémoire interne de 2 Go,
résolution de 800 x 600
nomade de la marque
mais également un lecteur
de cartes 5 en 1, sans
pixels et d’une interface
offre de belles
de navigation simple et
perspectives : technologie
oublier deux ports USB. On
intuitive. Agfa Photo a mis
Crystal Image HD de
retrouve également
les petits plats dans les
retouche automatique de
d’autres fonctionnalités
grands. En effet, cette
photos, sans oublier deux
annexes telles que
Le Samsung Player 5
avec 7 fonds d’écran
l’horloge, le calendrier...
revient aujourd’hui sur le
exclusifs et s’adresse
UN PLAYER 5 AUX COULEURS
DE LOLITA LEMPICKA
Ce cadre façon tablette
devant de l’actualité avec
évidemment à la clientèle
dispose également d’une
le lancement d’une édition
féminine. En ce qui
double connectique audio
spéciale Lolita Lempicka
concerne le smartphone,
pour permettre à deux
chez Bouygues Telecom.
on retrouve naturellement
personnes de profiter
La firme spécialisée dans
les mêmes spécificités
simultanément d’une
les vêtements féminins et
techniques qu’un Player 5
vidéo ou d’une musique.
les parfums pare pour
traditionnel, à savoir
Pas de possibilités web,
l’occasion le smartphone
l’écran tactile 3’’, l’appareil
mais un cadre numérique
d’un tout nouvel habit
photo 5 Mpixels, les
nomade, compatible
violet, agrémenté d’une
connectivités Wi-Fi et
photo et vidéo, à prix
feuille argentée. Le
Bluetooth ainsi que le
abordable.
Samsung Player 5 est livré
lecteur audio.
쐍
쐍
QUAND LA TRIBUNE
S’EMPÊTRE DANS NOS SOUVENIRS !
Le grand quotidien économique se laisse aller dans une légère
pôts, mais des espaces un peu boueux où les palettes étaient entre-
approximation en faisant allusion dans un récent numéro à l’épisode
posées que 5 000 pièces par mois, pour un marché qui s’évaluait déjà
vécu au début des années 80, concernant les magnétoscopes.
en centaines de milliers d’unités. L’objectif n’était d’ailleurs nulle-
Dommage, pour un média dont on attend de la rigueur même quand
ment dissimulé : laisser le champ libre à notre industrie nationale,
il effleure le passé d'une simple évocation. Les faits, même remon-
autrement dit à Thomson, groupe non seulement national, mais
tant à une trentaine d’années, peuvent servir de repères à des déci-
même… nationalisé.
sionnaires d’aujourd’hui. Le rappel de cette mésaventure sert de pré-
Une redevance sur les magnétoscopes, de plus de 700 francs, contre
ambule à un article qui souligne la multiplication actuelle des
environ 500 pour un téléviseur couleur, avait aussi été instituée à
adeptes d’une TVA sociale, laquelle pourrait aider au financement
cette même époque. On a pu, dans les allées du pouvoir, entendre
des retraites grâce à un effet de ponction sur les importations. Les
des propos selon lesquels elle serait la bienvenue pour des finance-
magnétoscopes et leur infortune d’alors n’avaient cependant aucun
ments nobles, tels que des financements de couvertures sociales,
rapport avec la fin de carrière des travailleurs. L’erreur relevée part
déjà arithmétiquement boiteuses, mais à chaque fois qu’une ponc-
d’un décalage dans le temps, le quotidien citant Edith Cresson, (peut-
tion fiscale est créée, une association à quelque cause noble se
être déjà favorable à une TVA sociale, allez savoir) lors de son pas-
trouve inévitablement évoquée, histoire d'arrondir les angles ou plu-
sage éclair à Matignon, et lui attribue la décision qui avait été prise
tôt le dos du citoyen contribuant. Le mensonge éhonté sourd
de faire passer les magnétoscopes importés (autrement dit, tous)
d’ailleurs de toute affirmation de ce genre, puisque le principe de
par le centre de dédouanement de Poitiers.
fonctionnement de nos finances publiques est celui dit des « recettes
Mesure dans laquelle Edith Cresson n’était pour rien, puisqu’en 1982,
et dépenses », lesquelles sont séparées, ce qui exclut d'emblée qu’un
année de ce détournement mémorable, elle était ministre de
quelconque prélèvement puisse être directement affecté à une
l’Agriculture. C’est le ministre du Commerce extérieur de l’époque,
dépense précise. Il reste que dans les documents officiels de
Michel Jobert, qui était l’auteur de cet acte de protectionnisme sour-
l’époque (Ministère des Finances), la redevance sur les magnéto-
nois mais avoué, concrétisé par trois petites lignes publiées au
scopes était bien destinée à « la contribution à l’audiovisuel ». Pour
Journal Officiel. Cela n’avait rien à voir avec les retraites, mais
en finir avec les précisions, rappelons qu’Edith Cresson ne devint
concernait au premier chef la balance du commerce extérieur, que
ministre du commerce extérieur qu’en 1983 (suite à la démission de
les importations d’électronique japonaise commençaient à malme-
Michel Jobert). Elle fut ensuite nommée premier ministre en 1991,
ner. Les deux douaniers en poste à Poitiers, sans doute armés d'un
après trois années au cours desquelles Michel Rocard avait occupé ce
beau tampon encreur, ne parvenaient à libérer non de leurs entre-
poste (dès le début du second mandat de François Mitterrand).
쐍
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
10
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Via ses possibilités DLNA
AV AV7005, le lecteur
par Ethernet,
Audio Réseau NA7004
on pourra profiter
et la chaine Melody Media
Asus fait évoluer sa
O!Play HD2, le premier à
Côté stockage, un
en streaming sur la
(M-CR603). Pour ne traiter
gamme de lecteurs
bénéficier d’un port USB
emplacement pour disque
télévision des fichiers
que de cette dernière,
multimédia avec la sortie
3.0 SuperSpeed pour des
dur 3,5’’ est présent, sans
audio, vidéo et photo
elle permettra
en octobre du modèle
transferts ultra rapides.
oublier les différents
stockés sur un PC,
de lire la bibliothèque
mais aussi de plus de
iTunes sur toutes les
GPS 5 POUCES GARMIN
AVEC SERVICES CONNECTÉS
20 000 web radios, ou
enceintes compatibles.
encore de Picasa ou Flickr.
Cet appareil tout-en-un
La connectique HDMI
supportera divers formats,
permet de profiter d’un
y compris un lecteur CD
affichage en haute
qui peut gérer les disques
définition 1080p, des
CDR/RW, et les disques
sorties YUV, composite,
encodés MP3 et WMA.
caoxiale et optique sont
Il y a également la radio :
également de la partie.
DAB/DAB+, tuners FM et
쐍
Marantz :
quatre produits
dotés du
système AirPlay
AM avec 50 stations
présélectionnées. On
pourra y brancher iPod ou
iPhone directement. Les
autres spécifications
Ces quatre appareils AV
comprennent deux
de la marque qui sont
amplificateurs stéréo
capables d’accéder au
compatibles DLNA,
réseau Internet sont
et le M-XPort permet de
parmi les premiers au
streamer la musique via
monde à proposer
Bluetooth, en utilisant le
l’AirPlay. Les produits
récepteur Bluetooth
certifiés Marantz AirPlay
RX101 en option.
쐍
Garmin vient de compléter sa gamme de GPS pour automobile avec le modèle
nüLink! 1695. Aux dimensions 14 x 8,6 x 1,9 centimètre pour un poids de 232
grammes, le système de navigation GPS Garmin nüLink! 1695 dispose d'un écran
LCD 5 pouces dans une résolution 800 x 480 pixels pour afficher les indications
visuelles et d'un haut-parleur intégré pour diffuser les indications sonores. Il est
livré avec la cartographie City Navigator Europe NT, laquelle pourra être mise à
jour dans les 60 jours après la première utilisation, pour un guidage en 2D / 3D en
mode nuit / jour à travers quarante-trois pays du Vieux Continent. Il bénéficie
outre cela du service Coyote (3 mois compris), qui fournit en temps réel le positionnement des radars, et des services nüLink. Il propose pour terminer
la fonction mains libres pour les téléphones mobiles grâce au Bluetooth.
쐍
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
12
Restez mobile et partagez
votre contenu multimédia
Imprimante
Serveur MediaShare
Ordinateur
portable
Réseau social
Téléchargement
direct sur
Facebook/Flickr
Accés à distance via une
connexion Internet
Cadre photo
numérique
Chez des amis
Sur votre ordinateur personnel
Le MediaShare permet de créer avec simplicité
un réseau centralisé et disposer ainsi d’un
emplacement unique sur lequel stocker vos
informations.
Offrant jusqu’à 2 To de capacité de stockage, il
permet à distance, d’accéder à vos données, de
partager vos photos, d’enregistrer et de protéger
vos fichiers et lire des fichiers multimédia. Vous
pouvez partager avec la famille et vos amis votre
bibliothèque numérique. Le MediaShare est doté
d’une interface conviviale et son design est aussi
robuste qu’épuré.
PS3 /
Xbox 360
En déplacement
Ordinateur portable / iPhone
TV
www.verbatim.fr
MediaShare – Disque dur réseau –
accès à distance
DVSM-I
Samsung
et Microsoft
unissent
leurs forces
N F O S
fêtes de fin d’année 2010 !
prévoit de lancer plusieurs
système d’applications.
peut également compter
Cet accord porte donc sur
modèles sous Windows
Au-delà des indications
sur la fonction
un engagement a long
Phone 7 cette année aux
classiques de navigation,
3D Junction View qui
terme dans l’utilisation de
U.S.A., en Europe et en
l’utilisateur pourra faire
permet de visualiser au
la plate-forme Windows
Asie. Ces nouveaux
appel au service Pages
mieux les changements de
Résultat de cette
Phone 7 et d’applications
smartphones offriront un
Jaunes, à l’application
direction sur les grands
axes routiers. Mio a aussi
association ? Samsung
logicielles liées comme
design et une technologie
Parking qui affiche les
proposera des
élément clé de la gamme
dernier-cri qui s’appuiera
informations tel que le
pensé à intégrer la
Smartphones sous
de Smartphones Samsung.
sur la gamme étendue de
nombre de places
fonction « Envoi au GPS
Windows Phone 7 pour les
Ainsi, la marque coréenne
produits Microsoft comme
disponibles, la hauteur
de Google ». Cette
Xbox Live, Office, Zune,
maximale du véhicule, les
technologie permet,
Windows Live, Bing et
tarifs, sans oublier
depuis la page
autres. Windows Phone 7
l’application météo.
Internet Google Maps,
de Samsung
Spirit V575 :
un compagnon
de voyage
multimédia
d’envoyer au GPS
les coordonnées d’une
NOKIA C5-03 :
NOUVEAU SMARTPHONE
TACTILE À PETIT PRIX
contribueront
certainement à renforcer
le leadership de Samsung
sur le marché des
smartphones.
쐍
쐍
(en passant par
le logiciel de
synchronisation)
Mio annonce son nouvel
entreprise, d’un point
appareil de navigation
d’intérêt, ou n’importe
personnelle intégrant un
quelle adresse.
tuner de télévision
Enfin, ce GPS Mio V575 TV
GPS Mappy avec
application
Coyote intégrée
numérique, le V575TV.
peut lire également des
Le Mappy ulti 590 Connect,
Ce GPS dispose d’un écran
fichiers numériques
est un GPS complet qui
tactile de 4,7 pouces.
multimédias comme
guide, alerte et conseille
Il embarque de
des vidéos, des photos
l’utilisateur automobiliste
nombreuses fonctions
ou de la musique MP3.
Cette réunion du GPS
au quotidien via des
applications dédiées et un
grand écran tactile de
5 pouces de diagonale. Une
des applications intégrées
qui peut être vue comme
un service à part entière
est la fonction Coyote qui
communique en temps
réel la position des radars
fixes, mobiles et de feux
rouges selon les
informations transmises
Nokia commercialisera bientôt un nouveau Smartphone à écran tactile, le Nokia C5-03. Nettement
plus abordable que son modèle N8 dit « haut de
gamme », il n'en sera pas moins richement doté
puisque le fabricant finlandais évoque pèle-mêle
par les bases de données
dont la technologie IQ
et par la communauté
Routes qui anticipe les
et de la réception
d’utilisateurs. Une autre
embouteillages aux
de la TNT n'est pas
des spécificités du GPS
heures habituelles de
une idée nouvelle.
Mappy ulti 590 est son
pointe, par exemple. On
Elle avait été tentée par
WiFi, Bluetooth, GPS, 3G, WiFi, tuner FM ou capteur
VDO Dayton il y a quelques
photo 5 mégapixels. Avec des dimensions de 105,8 x
années, sans grand succès
51 x 13,8 mm pour 93 g, le C5-03 adopte un écran
à vrai dire. Mais la
tactile résistif de 3,2 pouces affichant une résolu-
télévision numérique
tion de 640 x 360 pixels.
terrestre n'en était qu'à
Le C5-03 dispose d'un emplacement Micro-SD, d'un
ses débuts. Et la marque,
connecteur mini-USB et d'une prise AV 3,5 mm qui
ex-Philips Carin, à sa fin,
permettra de brancher un micro casque ou de
malmenée dans un dédale
connecter l'appareil à une télévision. Côté logiciel,
de reprises (Siemens,
Nokia a opté pour le système Symbian s60 5ème édi-
Continental…) se
tion, enrichi de ce que Nokia appelle le single clic,
transformant en
nouveauté héritée de Symbian 3 qui correspond à la
possibilité d'ouvrir un élément en une fois.
un parcours en forme
쐍
de lente évaporation.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
14
쐍
왘왘
10 images nettes par seconde
Avec la technologie Sony de miroir semi-transparent,
obtenez jusqu’à 10 images par seconde avec une netteté
parfaite du sujet sur chaque vue. Nouvel
55 :
des performances professionnelles enfin disponibles sur
un appareil grand public.
http://photographes.sony.fr
55
Un monde en 3D par Sony
“Sony”, “make.believe” et “
” sont des marques déposées de Sony Corporation. Sony France SA 20-26, rue Morel - 92110 Clichy - 712 034 800 RCS Nanterre - Capital : 122 231 495 €.
DVSM-I
N F O S
BON SERVICE
POUR MISTERGOODDEAL
L'enseigne en ligne vient de se voir couronnée (pour la deuxième fois) du titre de
« Meilleur service client », dans la catégorie « Vente à distance de produits techniques ». C'est sur la base d'une étude signée BVA-Vidéo Conseil que l'évaluation
des enseignes a été menée. Elle s'appuie sur 160 contacts par téléphone, mail et
courrier et un suivi opéré selon le principe du client-mystère. L'enseigne du web qui
a été primée dispose d'un service clients animé par 50 personnes, qui gèrent plus de
400 000 contacts annuels avec sa clientèle. Mistergooddeal fête en 2010 ses dix premières années d'existence.
쐍
SAMSUNG A DONNÉ LE DÉPART
DU SMART TV CHALLENGE
Pour assurer le succès de laTV connectée ou SmartTV, Samsung souhaite enrichir les contenus et développer
de nouvelles applications. Pour ce faire, la marque fait appel au talent de tous et organise un concours…
La télévision connectée
est une perspective
extrêmement porteuse
qui est en train de
prendre corps. Pour
certains professionnels,
elle est encore dans le
domaine du flou... Mais il
faut bien comprendre que
cette évolution en
puissance de l’utilisation
du petit écran va se
transcender dès que les
applications vont
commencer à faire parler
d’elles, et il n’est pas
Smart TV Challenge, un
professionnels tout
préambule, M SH Shui,
des produits connectés.
impossible qu’une envolée
grand concours européen
comme les amateurs. Il
président et CEO de
9 millions d’équipements
tout à fait comparable à
doté de 500 000 euros
s’agit de trouver de
Samsung Electronics
connectables seront alors
celle observée avec les
de gains à partager,
nouvelles applications
Europe, a rappelé que la
commercialisés par
smartphones soit
qui se tient jusqu’au
susceptibles d’être
marque est à l’origine du
Samsung.
hautement probable. Dans
30 décembre 2010 inclus
développées et de
premier téléviseur
Quant à Jean-Marc
ce sens, Samsung lance le
et auquel sont conviés les
s’intégrer aux TV
connecté dans le monde
Marguillet, DG des services
connectées et autres
avec le système Info Link,
Darty, il s’est félicité de la
produits Samsung.
mis au point en 2007. Il a
perpespective de voir,
L’annonce des résultats et
par ailleurs annoncé que
grâce à cette TV
la remise des prix se
148 millions de TV
connectée, la distribution
feront le 14 février 2011.
connectées seront
pouvoir enfin sortir du
Le 19 octobre dernier, à
mondialement vendues,
seul discours sur les prix. Il
l’Elysée-Biarritz à Paris,
d’ici à 2014. Pour sa part,
a par ailleurs souligné que
une table ronde réunissait
Philippe Barthelet, vice-
les téléviseurs connectés
les dirigeants de Samsung
Président de Samsung
seraient gratuitement
ainsi que quelques
France, a annoncé que
installés et raccordés chez
applicateurs (Dailymotion,
l’année 2011 marquerait
le client et ce, quelle que
Gameloft) et acteurs de la
un virage stratégique
soit la Box utilisée.
distribution (Darty). En
pour le marché TV et celui
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
16
쐍
CP
2949-Xacti CA100 Advert AW:Layout 1
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L'AIR
D U
T E M P S
Démarque inconnue :
Les idées reçues s’estompent
Non, la France n’est pas championne dans
le domaine du vol à l’étalage ! Et contrairement à ce que pensent probablement
bon nombre de personnes, ce ne sont pas
les pays latins qui nous coiffent sur le
poteau. Le Royaume-Uni et l’Allemagne
font mieux que nous,si l’on peut dire.Mais
l’Hexagone reste quand même sur la troisième marche du podium, l’honneur est
sauf.Pour bien situer le sujet,rappelons que
cette démarque inconnue ne se résume pas
à ce que font disparaître des étalages clients
ou visiteurs. Cette expression recouvre
aussi les vols en interne, dont le personnel
est présumé coupable,et les erreurs administratives, des fournisseurs comme des
enseignes, un ensemble qui fait qu’en fin
d’exercice, et par rapport au stock restant
retranché du stock entré, une différence
apparaît, évidemment négative.
Tout se vole
Dans cette évasion de produits, les vols
à l’étalage dominent cependant très largement. Pour la France, ils sont en croissance de 4 % par rapport à l’année dernière et représentent 43,7 % de l’ensemble
de la démarque. En revanche, les vols dont
le personnel est l’auteur sont en légère
régression, de même que les erreurs des
fournisseurs. En première ligne, les grands
classiques ne sont pas détrônés. Les lames
de rasoir et les cosmétiques, notamment
Si dans bien des domaines, la
croissance fait défaut, la démarque
inconnue reste pour sa part
orientée vers le positif. Hélas ! Petit
pointage sur l’autre manière de
perdre de la profitabilité.
dans les grandes surfaces généralistes, restent les articles qui filent le plus à l’anglaise
(expression bien plus justifiée que nous ne
le soupçonnions auparavant). Dans les
rayons et points de vente d’électronique,
les jeux et les baladeurs arrivent en pôle
position des produits volés. Et comme on
l’imagine, les produits plutôt petits sont
plus concernés que les équipements encombrants. On voit mal un ou deux individus embarquer un écran plat de 60
pouces sans éveiller l’attention.Mais il n’en
va pas de même pour des appareils de
taille moyenne. Les ordinateurs portables
arrivent au cinquième rang des équipements qui disparaissent le plus. Baladeurs,
batteries, disques durs, téléphones mobiles, rien ne résiste à cette tendance à
l’évasion. Il en va de même pour les CD et
les DVD, les Blu-ray entrant sans le
moindre doute dans cette mouvance.
L’ensemble de la démarque n’a rien
d’anodin dans l’économie de tous. Car
bien entendu, les acteurs du terrain ne
peuvent pas faire autrement que de compenser les pertes par une ponction dans
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
18
les actifs. Globalement, l’enquête du Retail
Research Center, dont les résultats sont
présentés par Checkpoint Systems France,
révèle qu’il en coûte 200 euros par an et
par ménage, et que ce vol est l’équivalent
d’un impôt de 81 euros que chaque
citoyen devrait payer. Au total, c’est une
dépense, si l’on peut dire, de 4,7 milliards
d’euros.
Bien sûr, une question vient forcément à
l’esprit : à quoi servent toutes les mesures
prises pour éviter cette perte, et notamment les coûts liés aux dispositifs de protection et aux ressources humaines
consacrées à la surveillance sont-ils couronnés d’un retour sur investissement à
la hauteur des circonstances ? A limiter
l’ampleur des dommages, répondent les
acteurs de cette panoplie sécuritaire.
D’ailleurs,dans le total des vols,ceux commis à l’étalage,en progression cette année,
ont malgré tout marqué le pas depuis
quelques années. Ils représentaient pratiquement 50 % de la démarque en 2005,
contre les 43,7 % évoqués. Il reste que
l’ensemble des dispositifs, et la démarque
par elle-même constituent pour l’ensemble de la distribution et pour sa clientèle une charge d’une ampleur considérable. L’investissement dans une justice
plus sévère et plus dissuasive aurait peutêtre son utilité. Il fut un temps ou les
voleurs de certains pays étaient condamnés à avoir une main tranchée... 쐍
P
R O D U I T S
C O N N E C T É S
Voici « la liseuse »
de la FNAC, que l’on a mis au
féminin, le « lecteur »
étant déjà identifié.
De quoi réfléchir au sujet
de la perceuse (ou du perceur),
du percolateur (percolateuse ?),
de la compteuse à gaz
et des moissoneuses-batteurs...?
Lancé le 2 novembre,
80 000 ouvrages sont à
portée de cet instrument
élégant.
Books et pads vont dans u
Elégance
soulignée : bien
pour des ventes
cadeaux !
Il y a moins de cinq ans, rares étaient les
professionnels qui avaient compris. La
preuve : pratiquement aucun acteur du
monde des télécommunications ne prêtait alors attention à l’imminente arrivée
d’Apple armé de son iPhone. Et pourtant,
dans le domaine de la musique, la firme de
Cupertino avait déjà apporté la preuve
qu’un équipement pouvait très bien vivre
et même s’adjuger une sorte de quasimonopole non par ses aptitudes techniques, mais par la captivité organisée de
ses clients utilisateurs vis-à-vis des contenus offerts - ou plutôt, vendus - dans la
foulée. D’ailleurs, bien peu de critiques,
bonnes ou mauvaises, ont été émises à
propos de l’iPod. D’autant plus qu’en
créant une sorte de standards de fait,
Apple a généré tout un écosystème animé
par des fabricants qui ont vécu et continuent de bien vivre grâce à la fameuse
« compatibilité » iPod. Laquelle, de ce fait,
ne risque en aucun cas d’être exposée au
moindre commentaire négatif : on ne scie
pas la branche sur laquelle on est assis. On
pourrait aussi constater que la pureté des
sentiments s’émousse dès que les recettes
affluent ! L’homme reste l’homme…
Mais avec les tablettes, concept très nouveau qu’il faudra quand même faire entrer
dans l’esprit du consommateur, industriels
et opérateurs ne le dissimulent pas : cette
fois, ils ont compris ! Ce sont les contenus
qui vont mener le bal. Ils constituent le
véritable fonds de commerce d’un système. Et de fait, alors que le contre-pouvoir face à la firme de Cupertino se structure autour d’Android (Google) et de
Windows 7 Mobile, les positions se prennent de toutes parts, avec des platesformes de contenus qui se multiplient.
Et parallèlement, la tablette et le livre électronique vont leur petit bonhomme de
chemin. Un phénomène qui ne touche pas
encore une masse très importante de
consommateurs. Il faut au public du temps
pour comprendre ce que font les équipements les plus novateurs, puis du temps
pour en envisager l’acquisition, autrement
dit, consentir à abandonner un peu de sa
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
20
tirelire pour s’offrir la nouveauté. Pour la
FNAC, qui est une librairie de pointe, le
défi est majeur. Certes, le livre n’est pas sa
principale ressource en termes de CA, et
avec les professionnels de la librairie, les
patrons de l’enseigne se réconfortent en
affirmant,sans aucune preuve à l’appui,que
le livre ne disparaîtra pas. Outre qu’il
apporte quand même une recette, le bon
vieux bouquin est aussi un énorme instrument capable de générer du trafic, ne
serait-ce qu’avec les nouveautés que le
chaland vient découvrir à l’heure du déjeuner, et qui comptent pour beaucoup dans
ce « petit tour qu’ils vont faire à la
FNAC ». En dépit du succès de son site de
vente en ligne fnac.com, les magasins physiques de l’enseigne, dont 80 en France,
lui rapportent aujourd’hui encore 92 % de
ses recettes. Si d’ici 5 à 10 ans, les ventes
de livres classiques, sur papier, venaient à
chuter dans les rayons ne serait-ce que de
25 à 35 %, l’enseigne aurait sans doute un
vrai challenge à relever, d’autant plus que
les produits culturels, l’une de ses grandes
spécialités, ont déjà sérieusement subi les
effets du numérique et de ses moyens de
diffusion, officiels ou sauvages. Le CD s’est
fortement replié, tandis que du côté de la
vidéo, le DVD va comme-ci comme-ça, le
Blu-ray ne parvenant pas à réellement
relancer la machine du soft image comme
à ses plus beaux jours.Il est même légitime
de redouter encore pire pour le commerce des contenus audiovisuels, la montée en puissance probable de la télévision
connectée étant en passe de transformer
d’une manière fondamentale les habitudes
de consommation des films, documentaires et autres formes de la vidéo.
La FNAC lance donc son livre à elle, avec
sa plate-forme. Une stratégie qui a plusieurs mérites. Le premier étant d’entrer
en force sans plus attendre dans cette
révolution. Le point fort de l’agitateur
dans cette stratégie est la notoriété de
son enseigne, et son catalogue colossal.
Mais il y a plus subtil dans cette initiative.
D’une manière générale, les innovations
se propagent plus vite quand elles
s’appuient sur des concepts bien connus
du public que lorsqu’elles impliquent des
n marché
usages totalement inédits.Trente ans après
l’apparition des premiers ordinateurs
pour le grand public, il reste encore des
fractions importantes de la population qui
n’ont pas d’ordinateur, et même des individus qui ne savent pas ou très mal ce que
l’on fait d’un PC. En seulement 15 ans, la
quasi-totalité des consommateurs a adopté le téléphone mobile, qui était un téléphone avant tout.Comme ce mobile communicant a dès ses premières heures
d’existence montré qu’il savait accomplir
chaque jour un peu plus de tâches, son
adoption en tant que webphone ou smartphone a été chose acquise sans réticence.
La tablette est en revanche de la catégorie
des objets fondamentalement nouveaux.
Si le succès de l’iPad est impressionnant, il
l’est cependant un peu moins que prévu.
Les analystes en sont pour leurs frais avec
des scores environ 10 % inférieurs à leurs
projections (encore que celles-ci étaient
assez divergentes). Qui dans le public sait
réellement aujourd’hui ce que l’on fait
d’une tablette ? Alors que le livre est un
concept vieux comme Gutemberg. S’il est
électronique,il reste le livre. Les acheteurs
potentiels n’ont besoin d’aucune explication supplémentaire, si ce n’est « comment ça marche ? » et surtout, « qu’est-ce
qu’il y a à lire ? » Le livre, objet rassurant,
a de bonnes chances d’être plus vite
adopté que la tablette, électronique mystérieuse, que la facette « appleienne » de
ses débuts avait de surcroît rangé dans la
famille des engins onéreux pour défricheurs quelque peu démonstratifs. « Pour
ceux qui se la pètent » dirait-on en langage
fort familier.
Dans un second temps, et d’ici un délai
extrêmement imprécis, la subsistance de
deux équipements d’allure similaire et à
même de remplir un nombre de tâches
identiques non négligeable n’est en rien
garantie. C’est le problème des poches ou
des sacs.A force d’y placer de plus en plus
de petits équipements, ce sont les professionnels du prêt-à-porter et les maroquiniers qui vont devoir repenser leurs
concepts. Le téléphone mobile nous
donne une sorte de réponse avant l’heure.
Il suffit de voyager dans les métros, RER,
tramways ou autobus pour constater que
le mobile est désormais très largement
utilisé dans sa fonction de baladeur.
Les inconnues majeures pour
l’avenir du livre numérique
Quand une tablette permet de lire un
roman ou quand un livre électronique
autorise le visionnage de séquences vidéo,
les deux deviennent de véritables fauxjumeaux. Il est peu probable que
l’utilisateur conserve les deux équipements.
La tablette
est aussi sur les rangs.
Pour la lecture rappelons
que la diagonale d’un
livre au format de poche
est de l’ordre
de 7,5 pouces.
Distribution, Ventes & Services Magazine n°
21
92
Mais la plus grosse des inconnues pour ce
qui concerne le livre pourrait bien être
d’une autre nature : qu’en sera-t-il de la
copie sauvage ? Les auteurs se sont déjà
mobilisés à l’idée de perdre le contrôle de
leurs revenus. La musique et la vidéo
numérisées constituent des fichiers plus
lourds et compliqués à transmettre que
des textes et pourtant, leur diffusion non
contrôlée n’a eu aucun mal à se propager.
Rappelons que dans leurs débuts, les plus
répandus des logiciels de peer-to-peer,tels
que le célèbre Napster, ont même permis
cette propagation de chansons et de films
à l’époque où le haut débit n’était encore
qu’un projet ! Bien sûr, on peut imaginer
des formules de protection, qui ne seront
pas plus efficaces pour la littérature qu’ils
ne l’ont été pour les oeuvres musicales.
L’intérêt de l’édition fera aussi évoluer le
marché.Tous les livres édités et imprimés
ne sont pas des chef-d’œuvres.Nombreux
sont ceux qui passent de l’imprimerie au
pilon,après avoir séjourné quelques temps
sur les linéaires des points de ventes et
parfois tenté un ultime combat dans les
rayons des soldeurs. Les livres introuvables, non réédités en version papier,
vont en revanche pouvoir vivre à travers
les versions téléchargeables. Des techniques nouvelles vont se glisser dans la vie
du livre numérisé, comme la 3D. Si vous
songez seulement à des effets visuels pour
des romans à sensation, des perspectives
venues de cette fenêtre ouverte vers le
futur vous échappent. Qui ne serait très
intéressé par une cartographie d’atlas en
relief, ce que propose d’ailleurs en partie
Google Earth ? Il serait possible de multiplier à l’infini les perspectives liées au
développement du livre numérique et de
sa cousine la tablette.
Certains ne vont d’ailleurs pas manquer
de soulever la polémique sur ce qu’ils estimeront sacrilège à propos des apports du
numérique dans la littérature. Qu’un éditeur mette de la vidéo dans un roman, et
nous les entendrons sans délai ! Mais cela
serait oublier que le roman sur papier a
aussi été illustré depuis la nuit des temps.
Les très belle collections originales illustrées par l’éditeur Hetzel des romans de
JulesVerne nous rappellent que depuis que
l’édition existe, elle ne s’est jamais privée
des techniques les plus performantes pour
s’enrichir visuellement. Ce qui nous
emmène fort loin des balbutiements entre
books et tablettes. 쐍
Revus DVSM- A4:Revue DVSM_SDLP10_ A4 19/05/10 08:44 Page1
Bon Angle
Le Salon de la Photo vu par François Darmigny
SE RENCONTRER,
S’INFORMER, S’ÉQUIPER.
DU 4 AU 8
NOVEMBRE
2010
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Du 4 au 8 novembre 2010 • Horaires : 10h - 19h (18h le 8 novembre)
LA NOUVELLE
IMAGE
Titre
L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS
AUTOMNE 2010 :
OBJECTIFS
ET AMBITIONS
A l'heure du salon de la Photo de Paris, la Nouvelle Image est prête à enregistrer
de nouveaux records de ventes, même si quelques prévisions prudentes
tempèrent un peu les optimismes.
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
23
L
A
N O U V E L L E
L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS
I M A G E
L’ÉVOLUTION DU NUMÉ
Dans un an, la barre des 250 milliards de pho-
réaliser qu’il correspond à une quarantaine
pour s’accomplir, une évolution centrée sur
tos prises sur la planète devrait être fran-
de prises de vues faites par chaque individu
la période 2003-2008. Elle s’était amorcée
chie. Un immense chiffre qui, en dépit de
résident de notre irremplaçable terre
plusieurs années avant alors que, parallèle-
son calibre, n’évoque probablement pas
d’accueil. Au cours des 10 à 15 dernières
ment, une autre mutation commençait à
grand-chose, même si l’approche arithmé-
années, l’essentiel de la transition argen-
apparaître à travers les traitements de pho-
tique la plus simple permet quand même de
tique-numérique n’a même mis que 6 ans
tos en laboratoire (autrement dit, pas au
Dès 2011, le nombre de prises de vues faites par les amateurs au moyen de caméraphones devrait être identique à celui des clichés pris en argentique en 2003 !
Entre 2007 et 2012, le potentiel des téléphones portables dans la prise de clichés va
être multiplié par environ 6,5 : plus possible désormais, de considérer cette fraction
comme négligeable, ni davantage comme ne faisant pas partie de l’univers de
l’image.
En 2003, la photo argentique était encore dominante. Le nombre de prises de vues
effectuées par les non professionnels, dans le monde, était estimé à 125 milliards.
En 2008. Les consommateurs ont sauvegardé quelque 186 milliards de clichés,
dont 22 au moyen de caméraphones. Mais la montée en puissance de ces derniers
n’empêche pas le numérique « classique » d’afficher toujours une croissance, qui
devrait se prolonger au moins jusqu’au cours des trois prochains millésimes.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
24
Il aura fallu moins d'une décennie pour que la photo numérique se propage à l’ensemble
de la planète. Plus vite adoptée dans les pays occidentaux, plus à l’aise sur le plan
économique et mieux familiarisés avec les techniques modernes, cette vague des pixels
numérisés gagne désormais les dernières régions qui lui restaient à conquérir. Cela sans
effacer totalement les dernières poches de résistance de l’argentique.
RIQUE N’EST DÉJÀ PLUS
CELLE
QUE L’ON CROIT
Ce graphique est un résumé essentiel : en 8 ans, le nombre de photos prises par les
consommateurs aura été multiplié par deux. Dans les facteurs qui ont propulsé le
numérique, et donc l'envie de faire des images, il faut tenir compte du prix devenu
très abordable des appareils photos qui, même simples, sont désormais tous performants. Mais un autre facteur a joué énormément : une fois le matériel acquis
(APN + carte mémoire essentiellement),la photo est gratuite.Plus de consommable !
Quand on se souvient de ce que coûtait au client un simple film de 36 poses…
Rançon du succès des techniques numériques appliquées à la photo : alors que le
nombre de prises de vues aura plus que doublé, celui des photos imprimées (ou
tirées) ailleurs qu'à la maison a été divisé par deux. En clair, le numérique fait que
les consommateurs font traiter quatre fois moins de clichés parmi ceux qu'ils ont
capturés. C'est une des raisons (mais pas la seule, loin de là) des très sévères difficultés rencontrées par les détaillants spécialistes en photo.
En trois ans, la transition dans l’équilibre est saisissante. L’ensemble numérique
dans le total des prises de vues faites par les amateurs est sans appel. Mais dans le
total du numérique, les webphones et smartphones, de plus en plus impliqués dans
l’image, se mêlent aussi de la prise de vue et prennent de l’importance. Leur utilisation est en revanche additionnelle à celle de la prise de vue strictement « image ».
On va vers le partage, l’envoi sur les réseaux sociaux...
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
25
왘왘
L
A
N O U V E L L E
I M A G E
L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS
domicile de l’utilisateur), dans le segment
aptitudes, design et performances de leurs
jours, une relative stabilité ou très faible pro-
exclusivement grand public, bien entendu.
appareils numériques au point de distancer
gression caractérisant désormais cette évo-
Entre 2000 et 2003, ces clichés « non impri-
d’une manière décisive - du moins pour le
lution. Et surprise, c’est uniquement avec
més à la maison » avaient déjà accusé un
moment - des photophones restant assez
l’apport des prises de vues faites sur les «
repli de 10 %, au niveau mondial, une varia-
rudimentaires. La seconde force est plutôt
caméraphones » (même relation avec le pho-
tion qui n’est sans doute pas étrangère aux
une absence de force. La téléphonie mobile
tophone qu’entre crocodile et alligator) que
prémices de la photo numérique, et à
a principalement évolué en fonction de sa
le total mondial s’envole vers les 280 mil-
l’envolée que connaissait à cette époque le
proximité avec les opérateurs, qui avaient
liards attendus à l’horizon 2012, époque à
marché des imprimantes, alors premier péri-
bien d’autres projets à l’esprit que la simple
laquelle une photo sur trois sera capturée
phérique de l’ordinateur personnel, égale-
transmission de photographies pour ali-
au moyen d’un mobile communicant. Les
ment en pleine croissance juste après l’an
menter leurs lucratifs débits de données. Le
professionnels de la photo n’ont aucun
2000.
photophone végétait donc par manque de
reproche à se faire dans cette transforma-
Depuis cette époque déjà lointaine, surtout
motivation intense de ses promoteurs pour
tion dont ils ne sont pas responsables.
numériquement parlant, la photo a suivi
la capture des pixels.
Chacun se doit cependant d’observer avec
l’évolution de la vie quotidienne, elle-même
Les lecteurs attentifs ont sans doute remar-
attention ce qui se passe sur le front très
lourdement influencée par la vague digitale
qué l’imparfait surgissant dans cette expli-
actif des mobiles. Les smartphones et web-
à laquelle rien n’a échappé. L’argentique
cation au long cours. Car depuis peu, les
phones remplacent progressivement le bon
s’est doucement replié, sans pour autant
choses sont en train de changer. Les compi-
vieux téléphone portable classique, et ali-
disparaître totalement des usages du grand
lations des analyses les plus pertinentes, que
mentent un cousinage de plus en plus
fusionnel avec les tablettes. De l’iPod à
2010 - 2020 :
les signes d’une révolution nouvelle
dans l’univers de l’image sont déjà là
l’iPhone, de l’iPhone à l’iPad, c’est l’image qui
constitue l’une des principales métamorphoses techniques. Bon à savoir.
Voilà donc autant de nouveautés que les
applications multiples additionnées aux phénomènes explosifs comme celui des réseaux
sociaux tendent à transformer en une nouvelle transformation, une de plus, des conditions de vie au quotidien. La photo « pure »
public. En 2010, il se sera encore vendu
mettait en exergue le quotidien de la
est-elle menacée ? Pour l’heure, la réponse
quelque 500 millions de films argentiques
Photokina 2010, démontrent que dans
est clairement négative. C’est même le
pour amateurs, incluant la gloire monumen-
l’extraordinaire explosion du nombre de
contraire car, comme nous le pressentions au
tale des années passées, le « prêt à photo-
prises de vues effectuées par les consom-
début du numérique (ce dont pas mal de pro-
graphier », que l’homme de la rue avait vite
mateurs du monde entier (d’environ 130 mil-
fessionnels doutaient), plus les usages feront
rebaptisé « jetable ». Mais cette légère sub-
liards en 2003, à 280 milliards attendus en
venir à l’image de nouveaux utilisateurs, plus
sistance n’est plus qu’une goutte d’eau dans
2012, soit plus qu’une multiplication par
le métier aura de chance d’en convaincre des
l’océan numérique, lequel, doucement, se
deux), le duo argentique + numérique, deve-
proportions grandissantes de prendre du
voit gonflé par un nouvel et puissant
nu numérique + argentique, tend désormais
plaisir non pes seulement à l’image, mais à la
affluent que l’on a parfois un peu tendance
à plafonner, à un niveau certes supérieur à ce
bonne image. Celle-ci sera-t-elle influencée
à minimiser : le téléphone mobile.
qu’il était il y a 10 ans, mais pas dans des pro-
par cette onde de choc annoncée du numé-
Du reste, quand ce téléphone mobile se met
portions gigantesques.
rique des années 2010-2020 ? Comment pour-
à capturer des images, il se rebaptise « pho-
Des 130 milliards de clichés estimés pour
rait-il en être autrement ? Ce ‘est pas une
tophone ». Il a incarné un moment le plus
2003, nous arrivons à 160-180 milliards de nos
menace, c’est une opportunité.
redoutable des prédateurs potentiels pour
쐍
Il y a quelques années, Jean-Marie
Grandin, alias Franck Alamo à la
scène, nous racontait comment il
avait été un peu par hasard précurseur en important les premiers
systèmes de développement automatiques de Noritsu, un de ceux
qui permettaient, dans le galeries
marchandes, de développer et tirer
les photos d’amateurs en 1 heure.
Mais la vague des automatismes
est passée par là, accompagnant le
numérique. Les installations de
kiosques, minilabs et de bornes
photo (centaines de milliers, sur
notre graphique, niveau mondial),
ont connu une progression foudroyante au cours de la décennie,
mais elles se stabilisent désormais.
la vraie photo. Car après tout, dans leur écrasante majorité, les consommateurs se
contentent de faire des photos d’amateurs
sans autre ambition que de collectionner
des souvenirs de famille ou de vacances. Ils
auraient donc très bien pu bouder l’APN pur
beurre et se contenter de l’appareil communicant et polyvalent que tout individu a
désormais dans sa poche, presque 24 heures
sur 24.
Mais deux principales forces se sont opposées à cette dérive qui aurait pu être redoutable pour les rayons d’APN. La première est
venue des industriels qui ont fait progresser
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
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M
A R C H É
UN
UNIVERS
EN
EXPANSION
La nouvelle image envahit la planète.
visages, sourires, individus, animaux, pour
Photo, vidéo, tout ce qui permet de captu-
le moment et dans le cadre de la prise de
gression de plus de 7,5 %. Les firmes japo-
rer, traiter, reproduire, afficher, télécharger
vue pour l’image. Mais on imagine assez
naises en détiennent toujours une part
des images est au cœur d’une activité qui
bien ce qui pourra être décliné quand ce
prépondérante. Ensemble, elles ont au
pièces vendues dans le monde, en pro-
dépasse largement les limites des seuls loisirs du grand public. C’est ce qui explique la
présence active d’un nombre de groupes
Evolution du marché mondial des APN
industriels de premier plan, qui visent non
seulement les rayons des magasins du
monde entier, mais aussi bien d’autres
domaines qui changeront beaucoup de
choses d’ici quelques années dans nos
habitudes.
Résolution,
détection, localisation
Pour atteindre des résultats de très haut
niveau dans la qualité des images, et
rendre les fonctions de prise de vue de
plus en plus simples et performantes,
Marques
Canon
Sony
Nikon
Samsung
Panasonic
Kodak
Olympus
Fujifilm
Casio
Autres
Total
2009
Volumes (milliers)
23 750
20 870
14 950
13 260
10 300
10 700
9 950
9 500
5 800
9 770
128 850
PdM
18,4 %
16,2 %
11,6 %
10,3 %
8%
8,3 %
7,7 %
7,4 %
4,5 %
7,6 %
2010
PdM
19,1 %
16,6 %
12,8 %
10,1 %
7,9 %
7,6 %
7,2 %
7%
4,4 %
7,4 %
Volumes (milliers)
26 500
23 000
17 750
14 000
11 000
10 500
10 000
9 700
6 100
10 230
138 780
(Digitimes Research)
l’industrie a multiplié ses efforts sur deux
axes majeurs : les capteurs et les fonctions
couple « capture + analyse » atteindra des
d’analyses des images capturées.
aptitudes extrêmes. Couplé à des fonctions
cours du premier semestre 2010 vendu
plus de 55 millions de pièces. La lutte est
Chaque capteur a pour mission de récolter
de localisation, via réseaux de télécoms
âpre et les évolutions récentes montrent
un flux de photons, souvent relativement
mobiles, satellites GPS ou autres, les
qu’une concentration légère mais indiscu-
ténu. Plus on multiplie le nombre de cel-
débouchés s’avèrent innombrables, et dès
table s’opère autour de trois leaders s’oc-
lules sensibles (les pixels) et plus on amé-
lors, les fabricants n’hésitent pas à miser
troyant pratiquement la moitié (48,5 %) du
liore les performances de celles-ci, plus ce
sur un avenir prometteur, bien au-delà de
total des ventes.
composant est apte à donner aux circuits
l’unique créneaux des amateurs et des pro-
Les grandes firmes de l’électronique ne font
électroniques une masse importante d’in-
fessionnels du document.
pas de la figuration dans ce panorama. Si
Les leaders se renforcent
figure parmi les trois leaders, Samsung com-
Le marché mondial de l’APN poursuit donc
podium. Ces tenants de l’électronique dé-
formations. Les capacités de discrimination, autrement dit de distinction de
Sony, arrivé depuis l’origine dans ce créneau,
détails de plus en plus petits, commencent
à littéralement exploser, ce qui ouvre des
mence à lorgner avec insistance du côté du
perspectives pour des applications mul-
ainsi sa marche en avant, ses acteurs les
tiennent, avec l’aide de Panasonic, plus du
tiples, intéressant des pôles très divers
plus éminents étant confortés par la certi-
tiers du marché global. Reste que dans ces
dans l’industrie, dans le domaine médical
tude d’œuvrer dans un sens inéluctable-
statistiques, chacun remarquera que les
dans la distribution, la sécurité, etc.
ment porteur à long terme, pour tout ce
trois leaders améliorent leurs positions, alors
L’analyse de ce qui a été recueilli par un
qui découle de l’image. En 2010, le marché
que tous les autres voient leurs positions
capteur permet une infinité de détections :
mondial devrait frôler les 139 millions de
légèrement s’émousser.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
27
쐍
LE TERRAIN
Qui
vend
de la
Photo
numérique ?
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
28
Durant de nombreuses
années, la photographie en
France était restée
essentiellement traitée par
ses spécialistes. Une
situation qui a volé en
éclats sous l’effet de
l’arrivée du numérique et
l’avènement du commerce
en ligne. Un nouvel
équilibre semble désormais
établi, entre des acteurs du
Web qui sont toujours dans
une tendance positive,
mais modérée, et un terrain
physique où la compétition
entre grandes GMS
pourrait contribuer à
rebattre les cartes.
Plus clairs, plus sympas, les rayons de la FNAC
démontrent que l’enseigne reste spécialiste, et pense à sa clientèle
Il est clair que la vision du créneau des
spécialistes photo tels qu’ils apparaissaient en France avant l’arrivée du numérique fait désormais partie de l’histoire.A
la différence de ce que l’on avait observé
dans de nombreux pays, la diffusion des
produits photo et celle des équipements
d’EGP -TV, vidéo, audio, hi-fi - ne s’étaient
jamais rapprochées, laissant à la photo la
possibilité de vivre en marge des actions
fortes et des mouvements d’ampleur - y
compris sur les étiquettes - que connaissait depuis longtemps le secteur de
l’électronique.
Une longue mutation
désormais terminée
De nombreuses raisons peuvent expliquer cette situation atypique, dont la présence sur notre territoire d’un maillage
unique en son genre d’hypermarchés.
Discounters avant tout, ces géants de
l’alimentaire s’attaquaient à tout, côté étiquettes, dès qu’une création de trafic
pouvait être espérée.Ainsi, sur les familles
de produits présentes dans les GMS,
l’hyper se révélait très offensif, laminant
Sous vitrine, il y a de la couleur, même un peu tassée ! Et pour les clients qui ont les genoux fragiles
(demandez aux seniors où ils en sont sur ce plan), cette disposition (Darty) frôle un insolent pied de nez !
déjà la profitabilité des grands spécialistes.
Ceux-ci ont donc eu tendance à ne surtout pas trop s’investir sur le segment des
produits photo, indissociable d’un large
volet de services. Chacun sait que ces
derniers exigent que beaucoup de mains
soient mises à la pâte. En clair, le mode de
gestion des métiers de services est à
l’opposé de celui de la distribution, le
« point mort » s’élevant parallèlement à la
progression du chiffre d’affaires.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
29
Cette situation a conduit plus ou moins
consciemment les GMS (Darty, Boulanger... Voir les définitions à la fin de cet
article) à préférer chercher des économies d’échelles sur leur métier de base
et sur des complémentarités réparatrices
de la profitabilité (avec l’électroménager
principalement), laissant à son propre univers la prise de vue et les travaux associés. Seule, la FNAC avait historiquement
conquis une position majeure dans la
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photo (qu’elle conserve encore aujourd’hui). Cette position totalement unique
avait d’ailleurs conduit cet agitateur éternel à créer son propre réseau spécifique
aux travaux, FNAC Services, abandonné
depuis quelques saisons désormais. Les
travaux photographiques avaient aussi
permis à des concepts de développement
rapide de fleurir dans les galeries marchandes, à l’image de l’enseigne Photo
Service, qui aurait disparu si Orange ne
l’avait sauvée d’un naufrage inéluctable en
la métamorphosant en points de vente de
téléphonie.
En 2010, les travaux existent toujours
dans le domaine de la photo devenue
numérique. Mais son traitement est
devenu bien différent, avec beaucoup
d’automatismes, qui sont soit implantés
sur le terrain, soit mis en œuvre dans des
centres où tirages, agrandissements et
autres travaux créatifs sont traités d’une
manière industrielle. Les consommateurs
qui n’impriment pas eux-mêmes leurs clichés ont en outre recours aux enseignes
en ligne désormais bien rodées.
Devenant un équipement électronique, de
plus en plus en cousinage flagrant avec les
ordinateurs et les imprimantes, l’appareil
photo numérique est venu se glisser dans
le rayon des GMS.Au grand dam des spécialistes photo qui, en quelques saisons,
ont vu les travaux (qui pesaient lourd
dans leur activité et dans la création de
trafic vers leurs établissements) fondre
comme neige au soleil, surgir la double
concurrence du Net et des enseignes en
ligne, et la valeur de l’APN à vendre
Réunion logique,
mais pas toujours
réalisée,
entre photo et
video (FNAC)
De l’hyper ou du
client, qui
abandonnera le
premier, avec cette
austère (Auchan)
mise sous vitrine.
PARTS DE MARCHÉ ET DISTRIBUTION : LE SILENCE DES PANÉLISTES
Il reste que les parts de marché par circuit n’ont qu’un intérêt limité pour
les responsables de rayons ou d’enseignes, car en général exprimées en
pourcentages sans tenir compte des effectifs en points de vente actifs
dans chaque circuit. Dans notre visite faite à Rouen, il va de soi que les
spécialistes indépendants peuvent difficilement mettre leurs scores en
parallèle avec ceux des GMS ou des hypermarchés.
Lors de notre dernière analyse en date, qui remonte à la période pré-estivale 2010, nous avions souligné que les spécialistes avaient largement
l’avantage en termes de CA/vente effectuée, grâce à leurs performances
en équipements de valeur (reflex, optiques, etc.). Dans les grandes lignes,
l’été n’a pas pu faire évoluer les choses d’une manière colossale. Sauf sur
l’envolée des hybrides, dont les ventes globales restent encore limitées,
mais devraient poursuivre leur ascension, ne serait-ce qu’en fonction de
l’offre qui s’étoffe. Or, il semble que ces nouvelles versions de l’APN
soient le mieux exploitées par les grands et multispécialistes et le commerce en ligne. 쐍
Curieusement, certains panélistes parmi les plus connus nous ont indiqué
qu’ils ne pouvaient révéler aucun élément sur les parts de marché respectives des principaux circuits de distribution, même exprimées très globalement. « Nous n’en donnons même pas à nos clients » affirme même
le porte-parole de l’un de ces analystes, des industriels qui dès lors, doivent peut-être envisager une révision des tarifs ! Interrogés à ce sujet, des
responsables de marques estiment que cette discrétion peut avoir plusieurs raisons. « Ne seraient-ils pas totalement sûrs de certaines de leurs
évaluations ? » s’interroge l’un d’eux, qui évoque des achats faits hors
frontières, aussi bien par des clients que par des distributeurs, ainsi
qu’une analyse pas forcément facile de ce qui se passe sur le net, de sites
tels qu’e-Bay jusqu’à des enseignes nombreuses sur la toile. Il n’est pas
impossible que des recoupements « nominatifs » puissent aussi être
déduits d’une divulgation de parts par créneau, encore que les meilleurs
panels n’ont de valeur que par les informations non seulement par
marque, mais aussi par référence qui y figurent.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
30
Voilà un rayon tout
frais refait, et il est
difficile d’y trouver
des défauts
(Carrefour).
s’émousser de jour en jour, tant par le jeu
des évolutions techniques que par les
conséquences de la guerre des étiquettes.
On dénombrait entre 4 et 5 000 de ces
spécialistes il y a une petite dizaine
d’années. Ils ne sont plus que quelques
centaines, pilotés le plus souvent par ce
que l’on appelle des « individualités », un
peu à l’image des spécialistes « brunblanc » ou même hi-fi, qui ont su résister
aux tendances, à la force du poignet.
Redistributions de cartes
Les GMS, grands multispécialistes, ont
aussi beaucoup évolué depuis quelques
années. Ceux qui détiennent des rayons
de photo numérique ne sont, selon nos
pointages, pas forcément plus nombreux.
De nombreux rayons relookés :
la photo numérique
compte dans les objectifs !
Certes, des enseignes telles que Darty,
Boulanger, FNAC ou Saturn n’ont cessé
d’étoffer leur réseaux (mais avec aussi
quelques fermetures de-ci de-là). En 5 ans,
et à raison de 4 ou 5 ouvertures par an et
par enseigne, cette famille s’est enrichie
de 80 à 200 nouvelles implantations pour
l’ensemble du territoire. Mais dans le
même temps, des enseignes GMS très
actives sur le meuble (Conforama, But...)
ont supprimé ou fortement réduit leur
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
31
approche de l’EGP, ne gardant que
quelques clés de voûte du CA, comme les
téléviseurs. Multimédia ou photo numérique y sont désormais peu ou pas présents.
Les hypermarchés (environ 1 300 sur le
territoire), en dépit de certaines révolutions annoncées, sont encore bien loin
des replis stratégiques que certains se
complaisent à pronostiquer. Dans quelques grandes implantations de Carre-
왘왘
L
E
T
E R R A I N
Chacun peut
reconnaître une ILV
de Boulanger.
L’enseigne, qui est
loins d’être la seule
dans ce cas, en
montre bien moins
que tout site en ligne,
où tout client peut
découvrir la fiche
technique complète
du produit, et bien
d’autres choses s’y
rapportant.
C’est déjà ça : choisir
ses optiques sur...
catalogue, dans un
rayon.
rants de leur sujet, incapables de réellement renseigner un chaland. Quand on
ajoute les difficultés physiques pour
approcher et entrer dans de nombreux
grands centres commerciaux, on arrive
même à se demander comment le commerce en ligne n’a pas encore conquis
davantage de parts de marché. Que les
acteurs du terrain persévèrent dans cette
voie et le « on line » pourra compter sur
de beaux jours pour longtemps. 쐍
RAPPEL DE QUELQUES
DÉFINITIONS :
four, nous avons même constaté des
relookages assez réussis de rayons qui
gagnent en attrait, en lisibilité et sont
armés pour tenir correctement leur rôle
pendant au moins quelques saisons. Dans
l’ensemble, ces GSA offrent d’ailleurs des
prestations assez inégales, avec des implantations fort bien tenues, d’autres où
une petite bouffée d’air frais ferait le plus
grand bien.
Le commerce en ligne a conquis
de nombreux clients
Reste le chien arrivé dans le jeu de quilles,
le commerce en ligne. S’il a conquis des
quantités importantes de clients grâce à
des prix très agressifs, le terrain physique
doit admettre que peu d’initiatives ont
été tentées pour rectifier les autres différences positives perçues par les chalands
dans le commerce en ligne. Cette situation se prolonge, et c’est à n’y rien comprendre. Quand les responsables des
rayons physiques réaliseront-ils l’indigence de leur présentation des produits
(notamment l’ILV) comparée à la masse
d’informations que tout prospect peut
trouver en surfant entre sites marchands ?
Autre écueil : des produits qui ne sont pas
dans les rayons.
Durant la préparation de ce dossier,
nous avons en vain cherché des références connues (dont certains prix Eisa),
inconnues aux bataillons des linéaires.
Ne parlons pas des étalages mal tenus,
mal rangés, des accumulations presque
démotivantes que l’on rencontre de-ci
de-là, des absences ou des excès dans
l’approche des gammes colorées, ni des
vendeurs qui ne sont pas là... ou qui,
quand ils sont présents, s’avèrent ignoDistribution, Ventes & Services Magazine n° 92
32
Hypermarchés : dénomination des grandes surface dites alimentaires, dont la surface dépasse
2500 mètre carrés. Ce seuil est aujourd’hui une
valeur modeste, puisque les plus grands hypermarchés dépassent nettement 20 000 mètres
carrés. Pour les trois lettres du sigle « GMS »,
sont admises des significations à la fois proches
mais différentes telles que « Grands et Multi
Spécialistes » ou « Grands Magasins Spécialisés »,
ce qui n’empêche pas de ranger des Darty,
Boulanger, Conforama, But, Saturn, FNAC, etc.
dans le tiroir marqué « GSS », pour grandes surfaces spécialisées. Si des 600 mètres carrés
entraient volontiers dans cette catégorie, bien
des points de vente ouverts il y a déjà longtemps
se situent dans une moyenne de 1500 à 2 000
mètres carrés. Mais depuis quelques saisons, la
majorité des ouvertures se situe dans les 4 500
à 6 000 mètres carrés, Les spécialistes photo,
dont le nombre, en 10 ans, s’est réduit d’une
manière vertigineuse, entrent dans la catégorie
des « points de vente à taille humaine ». On
dénombre sur notre territoire environ 1300
hypermarchés et 1100 GMS. 쐍
P
R O D U I T S
Petit, objectif
interchangeable,
ce NX5 de Sony
est aussi enrichi
d’une ouverture
sur la 3D. Atout
mode !
Histoires
à raconter
L’abondance des produits et les multitudes d’innovations dont ils bénéficient apportent aux
professionnels un potentiel d’argumentation exceptionnel, qu’il convient de maîtriser pour en profiter
dans l’art de la vente. Promenade dans les gammes et explications à exploiter sans réserve.
Tous les clients vont un jour à la mer (embruns et
éclaboussures) ou aux sports d’hiver (neige fondue,
sueur). Rayon associé au discours de la force de
vente doivent déjà faire percevoir le vent du large
ou le vertige de l’altitude.
Bien sûr, il y a les chiffres. Ils symbolisent
tout marché mieux que n’importe quel
repère. Mais au moment où le Salon de la
Photo de Paris ouvre ses portes, et à
quelques semaines du coup de feu dans
les points de vente, ce sont les produits et
leurs aptitudes à séduire la clientèle qui
reviennent au premier plan et qui,s’ils sont
bien gérés par les forces de vente dans les
rayons, peuvent justement avoir une incidence puissante sur les résultats chiffrés.
2010 est un millésime très riche en innovations. Avec pour premier axe dans ces
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
33
nouveautés la très active évolution des
appareils à objectifs interchangeables.
Malheureusement, et selon nos constatations sur le terrain, il reste toujours un
nombre non négligeable de vendeurs qui
ne savent pas, à l’évidence, ce qu’est un
reflex. Certes, nous ne sommes plus dans
la situation pathétique que nous avions
trouvée il y a un an. La formation a fait
évoluer les choses, sans totalement faire
tomber les zones d’ombres. Facile pourtant de se rappeler que le reflex est
caractérisé par une visée permettant à
왘왘
P
R O D U I T S
l’utilisateur de voir d’une manière réelle,
grâce au miroir de renvoi -qui se rétracte
au moment de la prise de vue- l’image
exacte qui est sur le point d’être capturée.
Cette visée reflex s’accompagne des deux
autres arguments propres à cette catégorie : l’utilisation de capteurs beaucoup plus
grands que ceux des APN compacts, qui
reçoivent par conséquent, pour une
même image, une plus grande quantité de
flux lumineux. A cet atout pour une
bonne qualité de prise de vue, s’ajoute
pour les reflex la possibilité de changer
d’objectif. Ce qui ne signifie pas seulement
pouvoir s’adapter à des types de prises
de vues différents. C’est aussi la possibilité
d’accéder à des qualités optiques supérieures, avec une règle absolument essentielle en photo : la qualité des images
dépend avant tout de la qualité des
optiques utilisées.
Bien entendu, tout le monde l’a compris,
les appareils baptisés « hybrides », ou
encore « appareils sans miroir », bénéficient, à part la visée, de nombreux arguments hérités des reflex qu’ils concurrencent. Rappelons que pour tout
vendeur, il ne s’agit pas de prendre parti
pour une formule, mais de savoir exploiter les arguments afin d’optimiser les
actes de vente. La disparition du miroir
fait significativement diminuer l’encombrement.
Récemment, des marques telles que Sony
et Samsung sont allées jusqu’à concevoir
des appareils incroyablement compacts,
avec des objectifs interchangeables et des
capteurs de bonne taille (les APS-C).
Olympus avec son Pen est dans une
Olympus a su conjuguer une
image hautement «photo» et
une approche d’avant-garde
avec son Pen, un produit pour
vendre beaucoup d’optiques et
d’accessoires.
Il faut connaître ses produits. Cela permet, comme avec ce Fujifilm
pour amateurs exigeants, de parler dynamique de prise de vue.
démarche proche. La visée se fait au
moyen de l’écran,qui est désormais grand,
bien défini et lumineux.
Mais pour les clients attachés aux reflex
et en même temps séduits par les nouvelles formules, Sony vient d’ouvrir une
nouvelle brèche avec ses miroirs semitransparents, qui combinent la visée
reflex authentique et une conception
totalement dans la ligne du numérique.
La variété dans les histoires à raconter
est donc immense.A chacun de savoir ce
qu’il veut ou ce qu’il doit vendre, puisqu’une enseigne doit aussi avoir une
stratégie, ses «troupes» étant sur le terrain des opérations pour l’appliquer.
Avec cette sorte de famille en trois
branches, il est non seulement possible de
Le GH2 de Panasonic est un
hybride riche en atouts, et qui
possède déjà son optique pour
la 3D. A montrer, pas seulement
à raconter.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
34
Le miroir semi-translucide des
derniers nés de Sony est un argument
de poids : il combine vrai reflex et
visée électronique directe, sans
décalage mécanique.
Avec le D60, Canon
répond à toutes les
attentes en termes
de reflex.
Aucun vendeur ne peut ignorer
les trois arguments
fondamentaux du reflex
conduire les prospects dans l’univers des
objectifs interchangeables, mais aussi d’orienter les chalands intéressés par des
compacts vers des petits appareils plus performants, comme les « compacts experts ».
Séduit par la qualité, mais rebuté par un
encombrement un peu excessif et une
certaine complexité, un prospect peut se
laisser convaincre d’aller vers un appareil
qui lui apportera de la qualité associée à la
présence de son appareil dans la poche à
tout moment. A ce niveau, un mot doit
être dit sur les écarts de prix. Tout se
déroule dans des fourchettes de valeurs
assez abordables, excepté le haut de
gamme des reflex. Nous sommes donc
dans un domaine où il est indispensable
pour les intervenants de rayons de bien
maîtriser les méthodes permettant une
réelle dérive, et pas seulement celle faisant évoluer un client d’un produit à 150
euros à un autre à 169 ou 179. Passer du
simple au double est une manœuvre très
possible, souvent même plus facile à réus-
S’ils semblent avoir des allures redondantes, les
compacts ont de nombreuses différences à mettre
en exergue, de l’écran aux fonctions. La
démonstration se doit d’être quasi systématique.
Les bridges
permettent d’user
des arguments
associés de la
simplicité, des
performances et de
la cohérence des
composants.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
35
sir qu’une petite dérive, car le client comprend qu’il passe d’un équipement qu’il
pourrait trouver ensuite trop restreint
(gaspillage) à une formule nettement plus
satisfaisante. Il ne faut pas non plus hésiter
à faire entrer en jeu les outils de financement : plutôt que de demander au client
de casser sa tirelire pour un achat pas
totalement satisfaisant, laissez-lui intactes
ses économies tout en lui procurant
l’opportunité de faire sans douleur un
achat la fois plaisir et valorisant.
Entre compacts expert et reflex ou hybrides, subsiste le bridge. Un équipement
très commode pour la vente.Arguments
incontournables : une panoplie de performances associée à une excellente simpli-
왘왘
P
R O D U I T S
Les compacts experts, comme ce G12, sont à la portée de
bien plus de chalands qu’on l’imagine. Les prouesses photo
dans la poche ont du potentiel attractif.
La famille bijou peut être craquante, surtout
si elle est accompagnée d’un solide bagage
technique, comme le 1000HS de la famille Ixus.
Il ne faut pas hésiter à mettre
le caméscope numérique Full HD dans la bataille,
car il fait aussi d’excellente photos,
comme ce Xacty Sanyo, famille célèbre.
cité. Mais il faut aussi souligner très vite
un autre atout : la bonne cohérence de
ses composants, puisqu’il est conçu comme un ensemble. La preuve est d’ailleurs
administrée par les produits que l’on
trouve dans les gammes, avec un « roi »
incontesté de cette famille, le célèbre (et
primé) HS10 de Fujifilm, qui permet
d’avoir pour un budget très accessible à la
fois un vrai grand angle (24 mm) et un
téléobjectif de compétition (720 mm !).
Quel client reflex ou hybride pourra disposer d’une telle panoplie, qui plus est,
exploitable à tout moment, sans même
avoir à changer d’optique ? De nombreux
chalands peuvent être convaincus par le
fait qu’une telle formule est dans la pratique plus judicieuse que l’acquisition d’un
reflex moyen doté d’un ou deux zooms
de kits, finalement assez moyens, la seule
Les offres en photo numérique
sont des instruments très efficaces
pour qui sait pratiquer montée en
gamme et dérive d'ampleur
satisfaction étant psychologique puisqu’elle permet de se dire et de se répéter
fièrement « j’ai un reflex ».
Naturellement, la réversibilité des arguments est intégrale.On peut s’appuyer sur
le compact expert comme sur le bridge
pour réaliser une vente un peu plus
confortable, soulignant au candidat acheteur qu’il aura « tout de même autre
chose » en montant de catégorie.
N’oublions pas les ventes induites, celles
des accessoires,dans l’ensemble travaillées
sur le terrain d’une manière médiocre à
lamentable. Si, si... Ce n’est pas nouveau,
dans la photo comme ailleurs, hélas. Reste
que bridges et SLR sont des mines d’or
pour les ventes qui suivront chez ceux qui
savent y faire. Si un utilisateur se met à
Encombrement,
réglages
(par molette)
originaux : le NX 100,
hybride de Samsung,
peut être raconté sans limite.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
36
exploiter son téléobjectif de 720 mm,
vous constaterez qu’il viendra vite vous
acheter un pied, surtout si lors de son
achat initial,le vendeur n’a pas oublié de lui
remettre un petit bristol lui donnant droit
à une remise -pas trop mesquine- sur
l’achat de son premier accessoire.
Dans le domaine des compacts, produits
à la fois moins valorisés, mais aussi dominants de loin dans les ventes, l’argumentation reste possible, mais elle est
moins déterminante, puisque les clients
sont en majorité peu ou pas connaisseurs. Le look remonte dans le choix des
armes. Une bonne, ou plutôt une jolie
mise en place fait bien avancer les
choses, ce qui semble assez mal assimilé
par bon nombre de professionnels. Si les
Voilà un argument qui parle tout seul : la couleur ! Sympa sur les compacts,
elle devient plus qu’appétissante sur les modèles plus évolués.
religieuses étaient alignées comme les
gammes d’APN couleurs dans certains
linéaires, feraient-elles naître autant
d’envies dans l’esprit des clients (les religieuses dans les vitrines des pâtisseries,
bien sûr...). La couleur est d’ailleurs devenue un générateur d’envies bien au-delà
du domaine des compacts : reflex et
hybrides s’en parent à qui mieux-mieux.
Et puis, il y a aussi la vidéo.
Trop souvent mise à part, elle se rapproche de la photo à grands pas. Par le
haut de gamme comme par l’entrée. Les
sublimes petits caméscopes Xacti de
Sanyo ou les produits de Kodak, qui capturent également des images aussi bien
que bon nombre de compacts, sont
d’excellentes bases pour réaliser soit des
ventes hors des grands flux du marché (et
donc hors des impitoyables batailles de
prix), soit dans des tendances très porteuses (partage, adeptes du web et des
réseaux sociaux) qui, en dépit d’affirmations bien volontaires, sont quand
même approchées avec des pincettes par
l’ensemble du monde de la photo.Sachons
vivre avec l’époque de nos clients. 쐍
Le E5 est une
bonne machine, et
le sérieux de son
constructeur est
aussi un
argument.
Souligner
l’expérience d’une
marque est
toujours vendeur.
L’habit ne fait pas l’APN,
mais son utilisateur. Ce
RS1000 Pentax le
démontre avec ses
« peaux », pour une
infinités de looks.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
37
LE
T E R R A I N
Ce Gros-Horloge fait au moins
autant de choses qu’une « appli »
de webphone à la mode. Superbe
réalisation d’une époque lointaine,
où la Normandie récoltait pourtant déjà
beaucoup de pommes, et dont le charme
participe à l’agrément d’un centre
historique de qualité exceptionnelle.
La nouvelle
image à l'heure
du Gros-Horloge
Enseignes :
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
38
A moins de deux heures de Paris, « la ville
aux cent clochers », ainsi que la nommait
Victor Hugo, compte quelques 110 000
habitants (390 000 avec l’agglomération).
Les commerces y sont nombreux et les
différents circuits de distribution bien
représentés. Par ailleurs, l’agglomération
rouennaise comporte beaucoup de pôles
attractifs sur le plan de la distribution, et
quelques spécificités (voir notre encadré).
L’objectif de ce dossier n’est pas de faire
une vision exhaustive de toutes les ressources locales, ni de mettre sous les feux
de la critique les établissements observés,
mais de regarder avec attention des établissements de styles différents et leurs
manières de traiter la nouvelle image...
Les GMS affichent la couleur
Notre première visite (1) est pour l’implantation Darty de la rue Jeanne d’Arc.
Signalons immédiatement une particularité unique : cet établissement est le plus
petit de l’enseigne. Il avait été créé sur
moins de 400 mètres carrés à la manière
Les chiffres et les analyses
un peu théoriques ne suffisent
pas pour se faire une idée
objective de ce que
rencontrent les clients quand
ils rencontrent la nouvelle
image dans les points de
vente.A titre d'exemple, voici
un bref panorama sur une jolie
ville et sa région.Direction
Rouen pour un instantané sur
la photo numérique là où jadis
périt une Jeanne téméraire.
Sony, Canon) y sont sagement alignés.
Les explications fournies sont lapidaires
et se limitent aux principales caractéristiques du boîtier, inscrites à la main sur
un carton collé dans la vitrine, devant ou
à côté de l’appareil. L’éclairage n’est pas
optimal et le prix demeure sans conteste
l’indication la plus visible.
A titre d’exemple, le Nikon D90 est proposé à 899 euros avec optique 18-50VR.
Les appareils bridges et compacts sont
exposés dans la vitrine voisine. On
dénombre une trentaine de modèles de
toutes marques (Canon, Casio, Nikon,
Panasonic, Samsung, Sony). Les bridges
Olympus et Panasonic sont logés sur la
gauche. Pas d’APN hybride ici, le Panasonic GF1 étant présenté dans l’autre
vitrine, en compagnie des reflex.
Là encore, il faut se pencher pour lire la
petite fiche signalétique posée dans la
vitrine, à côté de l’appareil, et pour une
prise en main, il est indispensable de faire
appel au vendeur. Une touche de couleur est toutefois apportée à cette présentation un peu laconique. La plupart
Spécialiste que d’autres qualifieraient de « traditionnel », cet établissement met à profit
un atout majeur : sa vitrine.
d’un test pour des incursions possibles
en pleines zones urbaines. Réussie, l’expérience ? Observons qu’elle n’a pas été
renouvelée. Son rayon photo est situé au
milieu du magasin et, comme souvent
dans les points de vente de l’enseigne,
les appareils y sont présentés dans une
vitrine fermée. A clé, bien sûr. Les reflex
et leurs accessoires (objectifs, flashes,
sacs de transport) sont rangés dans leur
propre vitrine. Une quinzaine de boîtiers
de différentes marques (Nikon, Olympus,
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
39
des APN compacts s’affiche en effet dans
toutes les couleurs. A 119 euros, le
Nikon Coolpix S3000 est par exemple
exposé en bleu et en rouge.A 229 euros,
le Canon Ixus 110 IS est en noir mais
aussi en finition or. Même chose pour le
Sony DSC W350 proposé à 159 euros.
A 129 euros, le Panasonic Lumix DMCFS10 est présenté en rose et en noir. Et
en haut du présentoir, le Casio Exilim EX
G1 trône fièrement en rouge. Au sortir
du magasin, l’impression est mitigée. Le
왘왘
L
E
T E R R A I N
choix est indéniable, le vendeur s’est
montré attentif et disponible, mais la présentation des APN laisse à désirer car elle
est non seulement peu pratique mais en
enfermant les boîtiers à double tour,
l’enseigne pourrait donner à penser qu’elle
nourrit des doutes quant à l’honnêteté
des visiteurs : doute peut-être fondé, mais
que bien d’autres ont quand même choisi
de dépasser. L’immense majorité des chalands sans reproche ne devrait pas être
pénalisée par les excès d’une infime minorité « racailleuse »...
A une encablure du magasin Darty, nous
nous rendons ensuite à la Fnac. Le rayon
Voilà le type même du point de
vente spécialisé qui semble
chercher à prolonger les standards
d’une époque révolue. Certes, on
n’est plus dans le modernisme à
outrance. Mais dans le magasin,
c’est une compétence experte qui
est au rendez-vous : on ne peut pas
tout avoir.
Puisque la vitrine est là,
dommage de ne pas en profiter
mieux que cela...
nages qui leur sont spécifiques. A la différence du magasin Darty, les APN sont
ici mieux mis en valeur dans un environnement plus vaste avec une signalétique
plus visible et un meilleur éclairage.
Avant de faire appel au vendeur, le client
peut déjà donc avoir un premier contact
avec le produit, le découvrir sans devoir
se pencher vers une vitrine, toucher
l’appareil et le prendre en main. Notons
La distribution physique souffre
d’une ILV par trop succincte
photo y est impressionnant avec un premier espace où sont alignés tous les
APN compacts et qui comprend au bas
mot une trentaine de modèles de toutes
marques. Le client découvre instantanément les appareils et prend connaissance
des principales caractéristiques, imprimées sur une fiche d’identification placée (à hauteur d’homme) sous chacun
des produits. Si certains modèles sont
présentés en finition noire, d’autres ont
ostensiblement opté pour la couleur.
C’est ainsi le cas du Nikon S3000 proposé à 119 euros dans sa déclinaison
rouge, du Kodak Easy Share C412 également en rouge ou du Pentax i10 à 150
euros en finition blanc perle. Présentés
en noir, certains APN sont parfois surmontés d’un panneau sur lequel sont
fixés les boîtiers du même modèle mais
déclinés cette fois dans tous les autres
choix de couleurs disponibles. C’est
assurément là une bonne idée qui permet d’emblée d’avoir un aperçu de
toutes les finitions proposées par le
constructeur. Derrière le présentoir des
APN compacts sont exposés les bridges
et quelques APN hybrides, lesquels se
retrouvent aussi en compagnie des
reflex (on y retrouve tous les boîtiers
des grandes marques) et de leurs accessoires présentés à part sur des rayon-
aussi que plusieurs vendeurs sont présents sur le rayon, prêts à intervenir
alors que dans le magasin Darty, comme
le veut désormais l’ADN de l’enseigne, il
avait fallu aborder un vendeur qui était
ROUEN ET RÉGION...
On a beaucoup parlé des docks, et de Dock 76, un projet qui a été réalisé selon un concept qui en
dit long sur l’incompétence de certains initiateurs en matière d’édifications commerciales : « à 5
minutes à pied et en vélo du centre historique de Rouen ». Grâce à ce concept-là, on compte les
enseignes, les trous et les clients, lesquels à 75 % n’habitent pas le centre ville (comme dans toutes
les grandes agglomérations), et ne rapportent en fin de semaine le contenu de leurs emplettes ni en
vélo, ni sur le dos, mais à l’aide de leur automobile. En redonnant une jeunesse mi-loft mi-design aux
architectures séculaires de quelques infrastructures portuaires, un Violet Le Duc de notre ère a bricolé un ensemble qui n’est plus d’aucune époque et un peu excentré. Rien à voir avec Saint Sever,
véritable centre commercial de centre ville, doté de parkings généreux, animé par un Hyper Leclerc
en guide de locomotive. Il y a bien sûr en périphérie des zones commerciales importantes, comme
celle de Barentin (locomotive : Carrefour) et quelques autres. Côté GMS, Rouen est en revanche une
sorte de cas, puisque les grandes surfaces spécialisées ne s’y bousculent guère. Certes, il y a bien
quatre implantations Darty à Rouen et dans sa proche région, mais une seule FNAC, pas de Saturn,
pas de Boulanger : une situation qui ne s’éternisera sans doute pas. Quant aux rangs des spécialistes
photo, c’est le clairsemé qui domine. Il faut aller à Elbeuf (une bonne vingtaine de kilomètres) pour
rencontrer le Phox le plus proche. Mais Rouen se distingue surtout par un centre de ville aussi pittoresque qu’animé sur le plan commercial, toutes familles de produits confondues, où le mariage entre
une architecture historique et une densité en établissements de très grande qualité (magasins, restaurants, brasseries, etc.) est sans doute l’un des plus réussi de l’Hexagone. 쐍
Y.D.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
40
La mise en visibilité des gammes colorées a nettement
progressé dans les rayons
Leclerc, espace loisirs et
culture, au centre
commercial Saint Sever :
l’offre est assez limitée, mais
dans un ordre impeccable. Si
l’autre, à côté, qui n’arrête
pas de vouloir vous faire
tourner à droite, se rendait
compte qu’il vous fait déjà
tourner la tête ! Garmin,
silence !
Le plus petit de tous les
Darty vit en centre-ville, sur
une surface restreinte. Et
pourtant, son choix n’est en
rien exigu, tous produits
confondus, et l’accueil y est
chaleureux.
allé prévenir le spécialiste du rayon
photo. (Il est vrai que le samedi, les
troupes reçoivent des renforts dans
l’enseignes au logo rougeoyant, et qu’un
plan de recrutement est en cours).
Après les grands magasins spécialisés,
nous nous enfonçons dans le vieux
Rouen et partons à la découverte des
revendeurs plus traditionnels. Première
halte rue de l’Hôpital au magasin CPC
(Ciné Photo Club).A l’attention des promeneurs, une douzaine d’APN compacts
sont exposés dans la vitrine. Nous
entrons dans le magasin. Un premier
espace est réservé aux tirages photo.
Des clients viennent d’ailleurs en chercher ou passer commande. Des albums
photo, des cadres classiques, des sacs de
transport et des trépieds y sont également proposés. Dans la seconde pièce,
comme au bon vieux temps de la photo
argentique, nous découvrons des
tireuses photo alignées sur une table. Sur
les rayonnages, des APN reflex de toutes
marques mais qui n’ont pas été déballés
de leur carton d’origine.
Les spécialistes réservent
encore d’excellentes surprises
Pour une présentation des APN compacts, il faut demander au vendeur qui,
après s’être enquis de notre recherche,
plonge sa main dans la vitrine où sont
exposés côté rue la douzaine d’appareils
présentés aux passants. Il nous fait plusieurs propositions plutôt bien argumentées, parmi lesquelles des APN Sony
et Panasonic et plus surprenant, un boîtier GE 3WP à 169 euros. Devant notre
étonnement, il nous dit être certainement le seul à commercialiser les APN
Avec cette vitrine,
vient à l’idée une
question essentielle
pour tout rayon
photo : celui-ci est-il
apte à générer des
envies de pratiquer
la prise de vue, ou se
limite-t-il à répondre
d’une manière à peu
près suffisante
à un chaland
déjà habité d’une
motivation d’achat ?
General Electric (marque distribuée par
Ricoh) sur Rouen. Il est vrai que les
appareils photo GE sont plus généralement vendus sur Internet. Il nous vante
la puissance du zoom, la fiabilité et la
robustesse de l’appareil et insiste sur le
fait qu’il est étanche. Là encore, la
démonstration semble convaincante. Le
choix des APN est certes plus limité que
dans un GMS, le propriétaire des lieux
ayant délibérément opté pour une
approche très sélective, un moindre
choix toutefois compensé par un accueil
chaleureux, des conseils de qualité et des
explications plus personnalisées. Reste
qu’un effort pourrait cependant être
apporté (et apporter beaucoup à ce
point de vente) à la présentation des
produits en boutique, pour le moins
vieillotte et surannée, mais sans excès
car c’est aussi ce qui fait le charme de
certains magasins de province.
Pour la prochaine visite, nous restons
dans ce vieux Rouen si pittoresque et
attachant (dire que certains chalands
doivent se contenter des allées mornes
de Domus...) et nous nous rendons au
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
41
magasin Camara de la rue du Bec. Une
vingtaine d’appareils (compacts et reflex)
sont exposés en vitrine, attirant le
regard des passants qui n’hésitent pas à
s’arrêter pour contempler l’intéressante
exposition. La couleur y est à l’honneur
avec des APN Nikon Coolpix présentés
en finition métal et noir mais aussi en
bleu, le Casio Exilim G1 qui s’affiche en
rouge tandis que le Sony DSC T90 est
présenté en rose, violet et noir.Au milieu
de la vitrine, une signalétique attire
l’attention sur le Pentax WS 80. Elle
indique que l’APN est étanche, qu’il
enregistre la vidéo HD et qu’il est en
promotion à 125 euros pour le mois
d’octobre.
Nous entrons et demandons à voir
l’appareil. Le magasin n’est pas très grand
et comme dans le point de vente précédent, les APN n’y sont pas présentés, les
reflex sont restés dans leur conditionnement d’origine et les étuis et sacs de
transport y sont proposés en grand
nombre. Pour présenter l’appareil, le
vendeur le retire de la vitrine où nous
l’avions vu exposé. L’explication est com-
왘왘
L
E
T E R R A I N
Les spécialistes excellent dans les conseils, mais négligent
le côté « image » de leurs établissement
Tous les appareils
peuvent être pris en
mains, la force de vente
est présente,
disponible, et connaît
son sujet.
Seule la relative exiguïté
des lieux génère un
certain inconfort, que
l’observation soutenue
et omniprésente des
clients par les vigiles
souligne par moment
avec excès.
plète, bien argumentée et appuyée par
un banc d’essai élogieux paru dans les
pages de notre confrère Chasseur
d’images. L’homme de l’art est allé chercher ce magazine derrière son comptoir.
Il nous explique qu’en octobre, les appareils étanches se vendent moins bien
qu’à d’autres périodes de l’année, raison
pour laquelle il a mis en place cette promotion. Nous quittons le magasin avec
une petite brochure sur le Pentax Optio
WS 80 aimablement remise par le vendeur. Globalement, l’impression est plutôt bonne. Le choix d’appareils photo y
était un peu plus important que dans le
point de vente précédent, mais la vitrine
est bien composée, faite pour attirer le
regard et susciter l’intérêt des passants.
En revanche, l’exiguïté du local ne permet pas d’exposer les APN, à l’intérieur
du magasin où le client manque un peu
d’espace et de liberté.
Pour l’avenue de Bretagne,
tournez à droite !
Nous quittons maintenant la rive droite
et traversons la Seine pour gagner le
centre commercial Saint-Sever, érigé
dans le quartier du même nom en
octobre 1978 par Jean Lecanuet, alors
maire de Rouen. Sur une superficie de
43 000 mètres carrés, il s’étend sur deux
niveaux et comprend une centaine de
boutiques, commerces et restaurants. Sa
fréquentation annuelle avoisine les 12
millions de visiteurs.
Au premier niveau, un grand magasin
Leclerc propose des appareils photo
numériques. Le rayon est situé à l’entrée
du magasin, dans l’espace high tech et
Dans un centre commercial dont le style jure
à la manière d’une insulte avec la qualité
architecturale du quartier où il est installé,
la FNAC, seul réel animateur des lieux,
remplit sans ambiguïté
son rôle de spécialiste de la prise de vue.
dans le prolongement du rayon consacré aux ordinateurs portables et imprimantes. Les APN compacts sont présentés sur tout un panneau, entre les
caméscopes et les baladeurs MP3.Après
ces derniers, on trouve les GPS et pendant tout le temps que nous passons à
détailler l’offre APN, un GPS diffuse le
même message en boucle : « Pour
l’avenue de Bretagne, tournez à droite ».
Un exemple typique de confusion des
genres qu’il serait bon d’éviter. Le client
venu pour acheter un APN n’a pas à
subir ce parasitage sonore. Mais revenons aux APN. L’offre comprend une
trentaine de modèles avec un premier
prix à... 49,90 euros ! Il s’agit d’un
Ferrania Solaris Digital présenté en blanc
et en noir. Un effort a d’ailleurs été fait
pour exposer les APN dans différents
choix de couleurs. Les fiches signalétiques sont très succinctes et se limitent
à quelques caractéristiques jugées essentielles (marque et référence, nombre de
millions de pixels, puissance du zoom,
prix). Notons que les reflex sont exposés à part (avec les accessoires en-desDistribution, Ventes & Services Magazine n° 92
42
sous), dans une vitrine fermée à clé.
Pendant tout le temps qu’a duré notre
visite, aucun vendeur ne s’est jamais
manifesté. C’est assurément dommage
et nous le signalons d’autant plus volontiers que dans les autres points de vente,
ce cas de figure ne s’était pas encore
présenté. L’offre est assez vaste mais
aucun appareil n’est mis particulièrement
en valeur. Le rayon souffre par ailleurs
de la promiscuité avec d’autres produits.
La présentation mériterait donc d’être
quelque peu repensée.
Au terme de ce périple, nous réfléchissons à quoi pourrait ressembler le point
de vente photo idéal. Et avant de quitter
la ville de Corneille, nous sommes tentés
d’établir un parallèle avec les librairies
du réseau Gallimard. Dans des espaces
assez vastes et aérés, elles présentent
toutes les dernières parutions et sont à
la pointe de l’actualité éditoriale. Elles
emploient par ailleurs un personnel
compétent et passionné, des vendeurs
prescripteurs toujours à l’écoute. Le
client peut donc évoluer librement,
prendre les ouvrages en main et faire
son choix par lui-même. Mais il peut
aussi faire appel à un vendeur, nouer un
dialogue avec lui et lui demander conseil.
Certains GMS se rapprochent de ce
modèle. D’autres seraient bien inspirés
de dépoussiérer leur approche et
d’ouvrir leurs vitrines, la photo numérique n’ayant pas de lien à tisser avec la
joaillerie. 쐍
Christophe Perrier
1) Toutes les mentions reflètent ce qui était visible lors de nos
visites dans les points de vente cités, observations sur la période
du 14 au 21 octobre 2010. La plupart des points de vente ont
été visités plusieurs fois.
C
L I E N T È L E S
Chalands et attitudes
La face cachée des motivations d'achats
Quel client se cache
derrière toute silhouette
de passage dans un
rayon ? Si les chalands
dans les points de vente
adoptent le plus souvent
un comportement
réservé, bien des envies,
des rêves ou des
mimétismes
accompagnent leur
exploration de
l’assortiment qui leur est
proposé. D’autant qu’en
la matière, la photo, qui
peut inspirer jusqu’à
l’authentique aventure, a
pour le moins fait évoluer
les fantasmes au cours
des années récentes.
Explorons les aspirations
du client photo 2010.
Debout dans le rayon, seul ou accompagné,
il examine du regard les boîtiers alignés les
uns à côté des autres, dans un ordre impeccable. Il scrute les étiquettes. Pas de doute,
c’est un client potentiel, un « prospect »,
comme le définit le vocabulaire du commerçant avisé. Personne n’entre par hasard
dans un point de vente ou dans un rayon où
sont exposés à la vente des dizaines d’APN.
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
43
C
L I E N T È L E S
Quel photographe
chaque client rêve-t-il d'être ?
C’est d’ailleurs la même chose pour toutes
les familles de produits, ferait observer le
même professionnel aguerri. Exact ! Il existe
forcément dans l’esprit de ce quidam un
soupçon de tentation susceptible de se
conclure tôt ou tard par un acte de vente.
Les intervenants du terrain savent aussi ce
qu’il faut faire dans de telles circonstances :
végétaux, présent que le cousin de Montargis apprécierait tout autant, pour son
superbe jardin ? Bref, nous sommes dans
cette phase d’observation classique et commune à toute démarche dans un espace de
vente.
Mais comme malgré tout, les chances d’être
en présence d’un futur utilisateur sont
les courants d’affaires présents et à venir
dans les rayons.
Ne nous dissimulons aucune réalité, en passant du siècle de la bonne vieille pellicule à
l’ère des méthodes digitales, la photo a subi
une épreuve, peut-être même un traumatisme. Depuis plus de cent ans - largement et donc pour 100 % des individus (tous nés
rien ! Si ce n’est observer discrètement ce
prospect, en adoptant l’attitude du vendeur
occupé, mais toujours capable de devenir
immédiatement disponible.En voyant ce que
regarde cette proie qui vient de se placer
dans un axe « fatal », il devient facile de
déduire ce qui l’intéresse, ce sur quoi il
hésite peut-être déjà.Non sans prendre soin
de ne pas aller trop vite dans les suppositions. Car après tout,il y a aussi des visiteurs
qui viennent juste « voir pour voir », se faire
une idée.Sans oublier ceux qui n’ont aucune
motivation personnelle, mais peut-être un
cadeau à faire. Est-il en train d’imaginer les
clichés lumineux et piqués qu’il fera un jour,
ou hésite-t-il entre unAPN et un broyeur de
grandes, un critère spécifique à la photo se
doit d’être pris en compte : celle-ci est une
« activité ».Ce qui la distingue de la passivité
dans laquelle tout consommateur se laisse
aller quand il regarde son téléviseur ou il
écoute sa chaîne hi-fi. On regarde la télé, on
écoute de la musique, mais on « fait » de la
photo. Activité intense ou modérée, occasionnelle ou passionnelle, experte ou profane : autant de variantes qui ne peuvent
qu’influencer la nature, le volume et surtout
la valeur des ventes, ainsi que leur répétitivité. Et justement, dans cet esprit, les évolutions récentes des gammes d’APN ont
apporté un sang nouveau,à travers une multitude d’approches largement influentes sur
après son apparition), la photo était ancrée
dans les habitudes. Elle avait traversé ses
propres étapes, ses progrès, ses modes, ses
tendances. Des photographes artistes jusqu’auTonton qui prenait en photo la famille
réunie au fond du jardin, ses codes étaient
assimilés.
Ils avaient engendré des influences énormes,
se transposant dans l’attitude des acheteurs.
Car depuis fort longtemps, « l’ombre » du
photographe, le vrai, le pro, plane sur le
positionnement social du consommateur
qui s’offre un boîtier, et pour cause.
Ce professionnel n’a en effet cessé d’être vu
ou aperçu, figurant incontournable dans les
grands moments de l’actualité. Il saisit la
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
44
scène quand un président de la république
sort sur le perron de l’Elysée. On le voit
dans les actualités, hier au cinéma, et depuis
plusieurs décennies à la télévision.Il apparaît
en pleine activité face aux stars du 7e art sur
les terrasses des palaces pendant le Festival
de Cannes. Il confirme l’importance des
enjeux sur la lisière des terrains de foot lors
des compétitions les plus importantes,il ausculte notre planète depuis son hélicoptère
quand il en collecte des images vues d’en
haut. On le devine créateur ou illustrateur
quand il réalise sous les lumières savantes
d’un studio les scènes qui serviront à orner
la pochette du CD ou du DVD d’une
vedette. Le photographe est plus qu’un
acteur de la vie de cette société « d’en
haut » à laquelle il est assimilé.Il flirte avec le
profil d’un héros lorsqu’il se mue en reporter d’investigation, et que ses prises de vues
deviennent celles d’une enquête, d’une filature. Le photographe est un expert,un tech-
ET MAINTENANT,
L’ATTITUDE « CINÉMA
nicien, un poète, un artiste, un témoin, qui
s’en va prendre ou même voler des scènes
et des panoramas pour informer, révéler,
raconter, dénoncer...
Mais voilà : tout cet acquis de l’époque de
l’argentique a soudain connu une sorte
d’interlude. Facile à comprendre. Les débuts
du numérique ont apporté une nouveauté :
on ne prenait plus un cliché de la même
manière.Fini l’œil dans le viseur ! Le cliché se
collectait soudain à bout de bras, en regar-
»
En moins de 18 mois, la quasi totalité de l’offre en APN, de compacts aux reflex, s’est
convertie aux fonctions de prise de vue vidéo, le plus souvent en HD, et même en HD 1080p.
Et déjà, les usages se répendent, se dupliquent. L’APN haute définition (Full HD) ajoute son
influence à celle de la prise de vue classique. Elle va de ce qui peut être considéré comme
la simple transposition d’un geste familier au téléphone mobile évolué à un micro caméscope
numérique, et se prolonge jusqu’aux SLR dont les amateurs de photo savent désormais
qu’ils sont aussi utilisés pour des clips ou des films.
Avec une différence par rapport aux idées reçues d’hier : un petit caméscope restait inéluctablement rivé au domaine de l’amateur, loin des matériels professionnels les plus mobiles
et déjà imposants, alors qu’aujourd’hui, la prise de vue de hautes performances s’est installée dans les atmosphères de le la mobilité. 쐍
왘왘
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
45
C
L I E N T È L E S
Quand les papas rassis
se font paparazzis
dant sur un écran.Changement fondamental !
Où était donc passée l’image du correspondant de guerre téméraire immortalisant avec
son reflex des scènes insoutenables ? Et
s’ajoutait même un autre détail venant perturber l’intimité du preneur de vue. Avec
l’œil dans le viseur, il était seul, très intimement, à voir ce qu’il prenait en photo. Et
voilà qu’avec cet écran, même la cousine
Simone, qui n’y connaît pourtant vraiment
rien à la photo, venait soudain regarder par-
Mais aujourd’hui,les grandes lignes positionnantes sont de retour,de même que les attitudes composées les plus vendeuses.
L’interlude est terminé.
par l’apparition en fin de repas d’un boîtier
racé armé d’un impressionnant téléobjectif.
Sans doute un peu les deux. En amont, et
pour aider la montée en gamme, ces deux
perspectives se doivent d’être présentes.
Il en va de même pour l’ensemble des pulsions sous-jacentes qui alimentent les courants vendeurs, y compris dans les recherches d’équipements simples auxquelles se
limitent de nombreux clients qui ne veulent,
justement, surtout pas être assimilés à ces
dessus l’épaule du clicheur, lui faisant éventuellement remarquer que cadrée comme
ça, on ne voyait pas dans l’image son nouveau bac à fleurs, juste à droite... De quoi je
me mêle !
Au-delà de ces détails manipulatoires,
depuis les premiers pas du numérique, ce
sont surtout les attitudes des « grands »
ou moins grands photographes, transposées dans la manière dont tout acheteur
se projetait sur son entourage, qui
vacillaient. Il faut d’ailleurs se rappeler que
les premiers arrivés parmi les numériques
Comme un bonheur n’arrive jamais seul,
cette période faste pour la capture d’images
nous offre, sans doute en préambule d’un
futur vertigineux, un présent qui est un vrai
cadeau.A nouveau, l’offre des constructeurs
permet de renouer avec les mimétismes qui
souvent, nourrissent d’une manière plus ou
moins subconsciente les motivations d’achats
pour les produits les plus valorisés. Il est
presque toujours impossible de savoir ce qui
aura le plus influencé une vente, de l’idée
d’une image réussie avec un zoom extrême
ou de l’effet produit sur quelques proches
photographes héros, baroudeurs, enquêteurs, explorateurs etc. Toute simplicité
ostensiblement affichée n’étant en termes
de comportement qu’une version inversée
de celles évoquées plus haut, une constante
de la transposition sociale, présente dans
tout acte de vente.
D’une manière pertinente mais sans excès,
ces aspects devraient donc se retrouver dans
l’offre visible, avec une hiérarchie. Formes,
couleurs, textures servent à cela, mais ces
petits détails pourraient sans dommage être
joués encore davantage par les constructeurs,
furent de petits appareils plutôt simples. La
vague des reflex performants orientés vers
un large public étant bien plus récente.
Transposer les mimétismes
dans les rayons
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
46
peut-être un peu timides sur ce plan. Ce
genre de message est très exploité dans
d’autres domaines, comme par exemple
l’automobile. Si une « voiture de sport doit
avoir des performances, elle doit aussi et
même avant tout ressembler à... une voiture
de sport » explique un responsable marketing
dans une grande marque européenne. Mais
une autre presque normale « avec des bandes
blanches sur la carrosserie permet déjà d’aller
chercher des clients qui veulent afficher le
côté sportif de leur personnalité » ajoute-t-il,
sachant que tout le monde ne s’offrira pas un
coupé très haut de gamme, les réalités économiques restant ce qu’elles sont.
lands ont souvent du mal à s’y retrouver, et
que peu de choses sont là pour les accrocher dans le sens des tentations ou des
mimétismes vendeurs évoqués plus haut.
Dommage, car la forte progression des
offres de reflex, d’hybrides, de bridges à
hautes performances coïncide avec
l’éclosion de nouvelles motivations. Songez
simplement à ces cohortes de consommateurs de la génération du baby-boom, qui
commencent à avoir du temps libre et
s’intéressent à une photo qu’ils n’avaient pas
le temps de pratiquer quand enfants et
occupations professionnelles cannibalisaient
leurs soirées et leurs week-ends.Voilà des
le domaine de l’image : celui lié aux télécoms, aux smartphones, aux réseaux
sociaux, aux tablettes, au partage. Il n’est pas
étonnant que Kodak soit l’une des firmes les
plus en pointe dans ce sens. Numéro un de
la photo numérique aux USA, la firme de
Rochester vit au cœur d’un continent où
toutes les formes de loisirs en ligne sont plus
avancées que partout ailleurs. Les attitudes
ne sont plus celles du noyau dur de la photo.
Elles les côtoient. Elles cohabitent avec elles
dans la vie quotidienne.Elles sont cependant
tout autant génératrices de positionnements
sociaux et de mimétismes vendeurs. Photo
et vidéo sont réunies, associées à un cou-
Il n’est pas impossible que suite à toutes ces
considérations,bien des rayons apparaissent
soudain comme fort réducteurs. Les alignements dans un ordre impeccable (ce qui est
déjà assez rare) sont souvent de véritables
énigmes pour la clientèle, d’autant plus que
l’ILV reste extrêmement insuffisante,en particulier lorsqu’elle est comparée à ce que
met en évidence le commerce en ligne.
Lequel pêcherait presque par l’excès
inverse. Nos observations longues et minutieuses des rayons et des prospects nous
démontrent que dans l’ensemble, les cha-
quantités de consommateurs qui opteraient
volontiers pour une occupation dynamique
et rajeunissante, qui d’ailleurs s’offrent massivement des APN. Mais des clients envers
lesquels toutes les possibilités d’optimiser le
CA ne sont peut-être pas mises en œuvre.
rant extrêmement puissant de créativité
personnelle en plein épanouissement. Où,
dans votre point de vente, cette créativité à
travers les images est-elle théâtralisée, en
pleine visibilité, diaboliquement tentatrice
pour tout prospect de passage ? Si vous hésitez, si votre réponse est un tant soit peu
alambiquée, abandonnez d’urgence cette
grille de sudoku que vous finirez plus tard,et
allez vite remettre tout cela dans le bon
ordre. Le vent finit toujours par souffler de
l’ouest. Il en va de votre CA pour les prochaines semaines ! 쐍
En ligne avec les créativités inédites
d’une nouvelle époque
Elargissement ? Nouvelles attitudes ? Voilà
aussi des thèmes de pleine actualité. C’est
un autre univers qui entre de plain-pied dans
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L A N
Canon :
Grande halte
à la grande halle
D’une manière régulière, le numéro un mondial de l’industrie de l’image crée un événement mondial pour faire le
point sur ses stratégies et ses avancées techniques.Pour 2010, cette Canon-Expo s’est une fois de plus installée à Paris.
Flash back sur ce moment fort.
Pas moins de 8 brevets par jour ouvrable ! C’est une sorte de record, et cela
en dit long sur cette firme japonaise qui a
façonné au fil des ans ce que l’on aurait
Fujio Mitarai s’est attaché, lors de son
intervention à la Villette, à placer la stratégie de
Canon à la fois dans la conjoncture et dans la
perspective d’objectifs ambitieux.
jadis pu qualifier « d’univers de l’image »,
formule qui commence même, à présent,
à devenir restrictive, tant les développements de la firme s’étendent à de nombreux domaines. C’est pourtant bien par
la photographie que l’entreprise a débuté
ses activités. C’était il y a plus de 7 décennies, et avec pour ambition initiale la production « d’appareils photo de qualité ».
Cette photo reste un fer de lance pour
Canon, même si à présent, bien d’autres
segments, tels que le médical ou la reprographie ont conquis des proportions
dominantes dans son chiffre d’affaires. « Si
nous observons dans le monde et au fil
des années les entreprises qui ont réussi
à se maintenir, nous nous apercevons que
ce sont des firmes qui ont su se transformer » souligne Fujio Mitarai, PdG de
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
48
Canon souligne un passé déjà long, qui lui a
permis d’acquérir une solide expérience des
marchés, dont il entend encore se rapprocher.
Un long chemin et de nouveaux horizon, depuis
son premier siège européen à Genève, en 1957.
Canon, qui rappelle dans son intervention
quelles ont été les conditions de crise qui
ont affecté la marche de l’industrie en
général, et auxquelles Canon n’a pas
échappé. Exposant la stratégie du groupe
pour les cinq prochaines années, Fujio
La crise économique et financière récente a entraîné Canon vers des scores moins spectaculaires que le record enregistré en 2007 : nul n’échappe aux aléas
conjoncturels. Croissance très modérée dans les pays occidentaux et bien plus vigoureuse dans ceux qui se développent devraient contribuer à un retour
rapide aux meilleures performances, d’autant que le plan d’entreprise, dont on voit les effets de 95 à 2007, entre dans une nouvelle phase.
Mitarai a placé dans les priorités la reconquête d’un niveau de CA du même ordre
que celui qui avait été atteint en 2007, à
plus de 9 milliards d’euros. L’Europe est
dans ce sens l’objet de multiples initiatives, sur le plan des R&D et sur le plan
industriel. Le PdG de l’entreprise japonaise estime que les projets doivent pouvoir être développés sur le plan régional
(à l’échelon des continents) et pas seulement au Japon.Ayant pris les commandes
de l’entreprise il y a juste 15 ans, il a aussi
mis en lumière les résultats obtenus par la
mise en œuvre d’un plan « d’entreprise
globale excellente » qui a permis, de 1995
à 2007, de multiplier par deux les recettes. Ce qui justifie la mise en œuvre d’une
nouvelle phase de ce plan,dont l’un des axes
logiques consiste à prendre en compte
l’énorme progression des usages connectés, tant pour le grand public que pour les
domaines professionnels.Tous les équipements produits par Canon, qui dans leurs
versions passées répondaient à des usages indépendants, sont désormais en mesure de fonctionner en liaison intime.
La prise en compte des incidences de la
production industrielle sur l’environnement, tout comme celles de l’utilisation et
de la fin de vie des produits ont aussi pris
une importance majeure dans les préoccupations de l’inventeur de l’EOS, ce que
souligne Fujio Mitara.
Ces tendances ne sont pas les seules
voies guidant les pas du groupe qui, dans
la nécessité de se réinventer, a aussi profondément fait évoluer ses processus
industriels. Finis, par exemple, les modes
de production sur tapis, au profit d’unités
de production cellulaires, qui permettent
d’atteindre des performances nettement
supérieures. Nous sommes déjà à l’ère
On croirait
à de la science-fiction,
mais c’est bel et bien
de la technique d’aujourd’hui,
en labo, ou aux portes
de l’industrie. Cette étrange
bestiole est une sorte de robot
que l’on imagine déjà en train de
travailler - sans droit de grève dans les installations
industrielles les plus
performantes.
N’en viendra-t-elle pas
à trier aussi des fruits et légumes
ou des colis postaux ?
Laissez faire un industriel
maitrisant à la fois les arts
graphiques, la prise de vue
numérique ultra-haute
définition et le 3D, et l’idée
même de ce que peut-être
un livre numérique change
totalement .
Ceci est sans doute le capteur
le plus puissant du monde,
pour le moment
(tous les records sont faits
pour être battus).
Avec 120 millions de pixels,
il ouvre la génération
des composants capables
d’aller chercher des détails
bien au-delà des capacités
de discrimination de l’œil
et de pas mal d’instruments.
왘왘
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post « chaîne » ou « ligne » de production.
Mais c’est aussi la recherche et le développement, auxquels la société consacre
9 % de son CA, qui occupent l’une des
meilleures places dans cette stratégie.
L’innovation est un moteur pour l’industrie, et quand Canon lève un coin du voile
1
4
sur un peu du futur qui est en gestation
dans ses laboratoires, c’est un mélange
d’étonnement et d’admiration qui domine. Un peu de vertige aussi.Au début des
années 90, une visite au siège japonais de
la firme nous avait permis de découvrir
des prototypes et des applications de la
photo numérique, qui en était encore
2
presque au stade de la science-fiction ou,
au minimum, d’une futurologie hardie.
Laquelle n’a mis ensuite que quelques
années avant de se transformer en une
réalité quotidienne.
Les perspectives dévoilées à la Villette
sont de même nature. C’est le cas avec
une robotique que l’on commence à deviner, combinée à des capacités incroyables
de vision et de discrimination de détails qui
laissent loin derrière les aptitudes de l’œil,
grâce des capteurs optiques aux performances incroyables. Si la 3D est aujourd’hui en plein essor dans les rayons de téléviseurs, et dans une forme pour l’heure
assez simple, le travail du géant nippon, qui
mélange son savoir-faire en matière de
prise de vue et ses aptitudes pour une
science du document inégalée, nous plongent dans une sorte de science-fiction particulière.
A la différence de la science-fiction littéraire ou cinématographique, nous savons
que celle-ci deviendra une réalité tangible
dans les délais plus courts que ce qu’on
l’imagine. Une perspective qui se cultive
dans un réalisme d’entreprise omniprésent, avec en guise d’objectif plus que symbolique l’ambition de se ranger dès 2015
dans les 100 premiers groupes mondiaux
en termes de performances mesurées sur
l’ensemble des critères essentiels. 쐍
3
De l’équipement de prise de vues multi-mode (1)
capable de capturer photo ou vidéo à des
résolutions extrêmes au reflex profilé (2), les
coins de voiles levés à la Villette sont aussi des
visions prémonitoires de ce que nous aurons
d’ici peu dans les rayons. Appareils (3) pour des
captures 3D et APN avec fonctions enrichies de
localisation (4) sont des développements dans la
continuité de ce nous commençons à voir
apparaître. Mais va aussi venir une nouvelle
approche avec la réalité augmentée, tout un
concept sur lequel nous reviendrons (rien à
expliquer pour l’heure aux chalands dans votre
point de vente) qui (5) va pouvoir se combiner
avec la réalité tangible. Respirez !
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
50
5
Saturn Ivry : le plus grand point de vente
du pays dans cette spécialité,
ouvert au printemps 2008,
nous sommes en pleine actualité.
Virgin : pour l’inauguration du mégastore des Champs
Elysées à Paris, Arnaud Lagardère et Richard Branson,
deux des personnalités saisies lors des reportages de
DVSM et à revoir dans la galerie.
Gitem Blois : dans une belle implantation,
un magasin à l’époque tout neuf, qui apparaît
déjà comme d’une autre époque. Dates
repères et explications en ligne, bien entendu.
Boulanger Montauban :
première journée
d’exploitation, avec l’une des
premières silhouettes bleues
adoptée par l’enseigne
durant une époque.
Darty Sainte Geneviève des
Bois : la toute première du
nouveau concept de
l’enseigne, à J-1, avant
l’ouverture.
FNAC Les Halles, à Paris :
une très belle surface,
à l’heure où elle vient
d’être rénovée.
Surcouf Saint Lazare : le surspécialiste
de la micro et du multimédia
s’offre une belle implantation,
avec quelques facettes intéressantes
côté architecture et décoration.
Eldorauto Paris : rêve éphémère,
10 000 mètres carrés ouverts et vite refermés,
pour cause de concept trop grandiose,
ou d’opération immobilière encore plus
lucrative en vue pour l’exploitant.
Sans cesse, le terrain évolue. Des points de vente ouvrent, d’autres se transforment. Certains en finissent
définitivement avec leur aventure au contact avec la clientèle.
vous propose de visiter des
dizaines d’implantations, avec des images plein écran, d’hier et d’aujourd’hui. Pas sous forme de vignettes, mais
d’images qui sont presque toutes à voir en plein écran. Et régulièrement, la collection s’enrichit, non seulement
avec les reportages sur les ouvertures les plus récentes, mais aussi grâce à la mise en ligne régulière et commentée
de nouvelles ressources d’une base d’archives visuelles unique, exclusivement consacrée à l’électronique de
loisirs, au multimédia, et à leur distribution.
Il y a des nouveaux points
de vente à visiter sur
왘왘
M
A R Q U E S
Kodak :
De plus en plus share
Pour Kodak, la photo numérique a toujours été appréhendée avec la notion de partage
d’images. A l’heure des réseaux sociaux, ce credo est plus que jamais d’actualité et cette
approche s’applique désormais aussi à la vidéo. Ce que nous explique Olivier Claude.
Kodak, qui avait mis très en avant sur son
stand de la Photokina tout ce qui concerne le traitement des images, remet l’accent
sur les équipements liés au partage, petits
caméscopes Full HD en vedette. « Pendant de nombreuses années et bien sûr à
l’époque de l’argentique, l’objectif c’était
de montrer ses photos, de les partager
avec son entourage » rappelle Olivier
Claude, directeur général des divisions
Commercial et Consumers pour la France
et la Belgique. « L’arrivée de la photo
numérique n’a pas changé notre vision des
choses. L’objectif est resté le même.
Une fois réalisées, que fait-on de ses photos numériques ? Dès 2003, Kodak a
répondu à cette question avec le bouton
Share préfigurant ainsi les réseaux
sociaux d’aujourd’hui. » Ce bouton Share
permettait d’encoder des adresses e-mail
sur son APN. On pouvait ainsi partager
ses photos en un seul clic avec tout le
monde. La galerie était déjà intégrée mais
il s’agissait encore d’un microcosme
Kodak. Il a fallu sept ans pour voir exploser les réseaux sociaux et trouver enfin
une fenêtre ouverte sur le monde. Grâce
comme par exemple la minceur record
de ses compacts.
En photo, la gamme Kodak M se distingue
par l’extrême finesse du design et des
puissances de zoom ( x 5 ou x 8 ) appréciables. Un cœur de gamme qui, selon
Olivier Claude, répond parfaitement aux
exigences du marché et aux besoins du
consommateur.
La photo s’affiche en couleur
Olivier Claude met en lumière
la tendance lourde des photos et vidéo
partagées, pour lesquelles la clientèle ne cesse
de s’accroître.
aux relations nouées avec Facebook et
Youtube, les photos qui sombraient dans
le disque dur du PC peuvent être désormais partagées et éventuellement imprimées car l’impression reste pour Kodak
un maillon important de la chaîne du
numérique. » Reste que sur le plan des
équipements, la marque, « toujours numéro un outre Atlantique », continue
d’apporter des atouts très vendeurs,
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
52
« Simplicité d’utilisation, qualité de produit
et innovation au service de l’utilisateur
sont les trois priorités de la marque.
L’innovation technologique n’est pas une
fin en soi ! « La couleur est bien sûr mise
en avant. Dans la distribution, » le silver
est l’un des produits qui tourne désormais
le moins maintenant, » souligne Olivier
Claude. « Rose, rouge, noir, tel est aujourd’hui le trio gagnant ! Avec une clientèle
qui s’est féminisée, le design et la couleur
sont également devenus des éléments
importants. »
Cette révolution du partage d’images est
en train de se réaliser aujourd’hui dans le
domaine de la vidéo. Une fois acheté, le
caméscope était un produit très peu utilisé qui prenait plus la poussière que des
vidéos. Une évolution se dessine avec
l’apparition des petits caméscopes numériques de poche. Mais à l’instar des photos, les vidéos doivent être partagées. Les
réseaux sociaux et notamment YouTube
sont des plates-formes idéales pour le
partage des vidéos. La portabilité associée
à la qualité d’image Full HD et à la simplicité d’utilisation contribuent à rendre ces
petits appareils très attractifs auprès du
public. « Sur ces caméscopes numériques
de poche, on commence à obtenir une
qualité d’image très satisfaisante et ce,
même en intérieur et en basse lumière,
souligne Olivier Claude. S’il n’a pas toujours été facile de convaincre la distribution, les enseignes défricheuses telles la
Fnac et les sites Internet les proposent
volontiers et les mettent aujourd’hui en
valeur auprès de leur clientèle, souvent
jeune et familiarisée avec le partage
d’images via Internet et les réseaux
sociaux. » Dans ce même esprit de partage, Kodak entend simplifier l’utilisation
des cadres photo numériques et offrir
plus de contenus. Le cadre peut être ainsi
synchronisé avec Facebook et recevoir
des photos.Les images sont régulièrement
rafraîchies et l’utilisateur peut retrouver
de l’intérêt pour le cadre photo, un pro-
Electronique grand public
Multimédia
Micro informatique
Haute fidélité
Home cinéma
Télévision numérique
Télécommunications
Loisirs interactifs
Electronique embarquée
Industrie
Distribution
Technique
Commerce
Marketing
Merchandising
Clientèles
duit que les « no name » ont largement
contribué à dévaloriser avec une reproduction d’image médiocre. Le partage
d’images sur les cadres photo pourrait
donc contribuer à redynamiser un marché qui en a bien besoin. 쐍
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I M A G E
L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS
LOGICIELS PHOTO :
L’AUTRE MOTIVATION DE LA CRÉATIVITÉ
Voilà un beau rayon soft classique, comme la distribution les a multipliés dans ses secteurs d’informatique. Mais comment un client réellement de « confession »
photo irait-il chercher le logiciel qui lui convient dans un rayon de ce genre ?
Le monde des logiciels pour la photographie est en pleine
effervescence. Il accompagne la migration presque totale du
marché vers les appareils photos numériques entamée il y a plus
de dix ans. Loin d’être seulement utilitaires ou accessoires, les softs
participent aux envies de construire des images. Et si on le mettait
là où il faut, et en nombre suffisant ?
phique de leur téléphone. L’individu est de plus
Le champ de l’innovation et de l’offre dans le trai-
tiel des photos sur les réseaux sociaux, dont le
passionnés de photo veulent de plus en plus
tement de la photo numérique est immense.
nombre de membres ne cesse de croître (13 mil-
« épater » leurs proches. Ils veulent obtenir des
Car il ne suffit plus de prendre des photos, il faut
lions de membres Facebook fin 2009 en France ;
résultats professionnels quel que soit le matériel
les améliorer, et notamment corriger certains
1,5 milliard de photos échangées). Le téléphone
utilisé pour la prise de vue et faire des composi-
défauts provenant des capteurs numériques, il
portable, a une place prépondérante dans cet
tions avec des effets « fun ». De nombreuses
faut les trier, les organiser, les diffuser, et pas seu-
écosystème. Subséquemment, le logiciel photo
nouvelles possibilités allant dans ce sens existent
en plus soucieux de mettre en scène son image
et celle de ses proches» explique Genevieve
Hamelin, Groupe Marketing Manager d’Adobe.
Elle ajoute que « cette multiplication des appareils de prise de vue engendre de nouveaux
usages et une forte demande pour des logiciels
permettant de traiter à la fois photo et vidéo et
de les partager à tout moment. Par ailleurs, les
lement par tirages papier. Et ensuite, il faut les
se doit d’intégrer de nouvelles fonctions de par-
avec, par exemple, la fonction photo de style
retrouver, et les afficher ! La variété des logiciels
tage, de mise en ligne rapide tout en offrant des
« pop-art » qui a été ajoutée dans la version 9 de
présents sur le marché traduit celle des besoins
fonctions de création graphiques et visuelles
Photoshop Elements. »
qui vont de l’amateur à la cherche d’un produit
aptes à satisfaire les « artistes » en herbe et
Adobe est probablement l’éditeur qui fait le plus
simple d’utilisation au coût le plus juste, jusqu’au
« geeks ».
gros chiffre d’affaires dans l’ensemble du seg-
puriste qui désire gagner ou au contraire passer
du temps, générer de la qualité, tout en étant
ment des logiciels de traitement de l’image.
Deux tendances qui dominent
prêt à investir.
Cette catégorie comprend également les nombreux plug-ins payants de Photoshop, le « logi-
Dans ce paysage, le développement de pratiques
« Dans les tendances du marché, j’en retiendrais
ciel à écosystème » numéro un du secteur de la
numériques de masse, où la photographie est
deux qui montrent particulièrement le dyna-
photo.
devenue le véhicule d’une conversation à dis-
misme de ce secteur qu’est la retouche photo
Néanmoins, plusieurs questions émergent. La
tance par l’image, grandit au fil du temps. Ce
en France : plus de la moitié des pratiquants de
première étant la suivante : le consommateur
phénomène se traduit par un usage exponen-
photo numérique font un usage photogra-
n’est-il pas découragé face à la complexité
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
54
d’usage de ces produits ? Geneviève Hamelin, le
pense en effet, tout en offrant des réponses rassurantes « C’est le paradoxe de ce marché. Les
utilisateurs sont de plus en plus exigeants sur le
résultat final, tout en souhaitant des solutions
qui puissent s’adapter à leur usage et les aider à
monter en compétence. C’est la réponse unique
que propose un produit comme Photoshop
Elements : la puissance du moteur de l’outil de
référence Photoshop, avec une interface et des
fonctionnalités adaptées à l’utilisation familiale.
L’utilisateur est pris par la main pour apprendre
à aller plus loin avec ces retouches et montages
photo, en toute simplicité... ».
La seconde interrogation découle directement
Geneviève Hamelin,
d’Adobe France,
confirme la nécessité
d’une meilleure
présentation en
points de vente.
Le cross-marketing est-il en panne
entre softs et nouvelle image ?
de la première : en magasin, comment faire pour
ment dans les répertoires, de prévisualiser les
mieux vendre ce type de produit, d’autant que la
photos rapidement, de les trier, les tagger, les
plupart des APN tout comme les imprimantes,
convertir, les visualiser sous forme de diaporama
scanners et autres produits de la même famille
et surtout les transférer sur des services web.
sont d’emblée fournis accompagnés de softs de
Enfin, il faut penser aux « artistes » et autres créa-
retouche ? « Les consommateurs photo ont des
tifs qui sont à la recherche de logiciels pour
besoins d’information croissants, le conseil des
effets spéciaux divers : au-delà de la retouche
vendeurs devient un aspect clé dans l’acte
photo, ces logiciels permettent de traiter de
d’achat. La démonstration est donc un des élé-
manière spécifique les images, par exemple,
ments importants pour présenter ce type de
pour la création de panoramiques, l’habillage ou
logiciels. Cela peut se faire par la présence de
vidéos de présentation des produits ou, dans
certains cas, par des démonstrateurs en magasin » commente Geneviève Hamelin.
En rayon, il devient donc primordial de proposer
une vraie réponse au client qui cherche ce type
de logiciel. Tout comme le rôle des standards et
notamment du tagging des photos qui ne sont
pas bien connus ni utilisés de manière courante.
Il faudra développer l’argumentaire en fonction
de la pratique et du matériel des chalands sans
oublier de mettre l’accent sur les réponses qu’ils
attendent. De manière générale, il serait souhaitable d’exposer davantage ces produits en rayon
et notamment, pour optimiser les ventes, les
logiciels essentiels.
Avec d’abord ceux destinés à la retouche de
photo, que l’on peut grouper en deux catégories : les softs d’édition qui imitent les logiciels
desktop, avec fonctions de retouche complètes
(pinceaux, calques, effets...). Et puis les logiciels
qui permettent juste d’appliquer des corrections de base : rotations, cadrages, corrections
simples de contrastes et éclairage, etc. Puis,
viennent les softs d’organisation des photos :
APRÈS L’OPTIQUE
ET LA CHIMIE, L’ALCHIMIE
Octobre 2010 : il est là, dans le rayon. Bien seul, et
seulement en version 7...
NUMÉRIQUE EST EN RAYON
les collages. Il existe des centaines d’utilitaires
Dans les rayons photo, il fut une époque
où, même en hypermarché, se côtoyaient agrandisseurs, flacons de substances et papiers divers. Des révélateurs, bains d’arrêt, fixateurs et autres
kits de retouche, dont les ventes démontraient qu’il existe dans le public des
passionnés susceptibles de se faire plaisir dans une certaine technicité, nous
voici arrivés à l’ère du sans tache (au
sens... propre), du sans thermomètre,
du sans risque. On ne détruit plus un
cliché en tentant de l’éclaircir. Les filtres
créatifs, qui existent toujours, ont désormais une concurrence redoutable pour
rendre tout cliché plus coquin que
jamais. Toute cette facette de la nouvelle
image est donc disponible pour aller
chercher du chiffre là où il s’en faisait
dans les ventes induites de la photo. 쐍
ces logiciels ont la capacité de naviguer facile-
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
55
dans cette catégorie.
Depuis l’avènement du numérique, la photographie prend une place grandissante dans la vie de
nos semblables, attestant de son extrême efficacité comme outil de lien social. Sans abandonner sa traditionnelle fonction de mémoire - la
photo souvenir reste bien vivante - l’activité
photographique s’emballe et se diversifie, avec
un nombre moyen de photos enregistrées en
hausse de 7 % fin 2009. Les évolutions en résolution et en qualité des capteurs, l’usage croissant du format RAW avec les reflex et même les
compacts experts, l’ADSL, les mobiles, les cadres
photos connectés, tout contribue à faire plus de
photos numériques et à les partager, tout en
demandant plus de qualité. C’est dans cette
logique de consolidation à la fois des fonctionnalités et des acteurs, que l’expérience utilisateur devient plus fluide et abordable.
쐍
M.G
L
A
N O U V E L L E
I M A G E
L’IMAGE NUMÉRIQUE ET SES MARCHÉS
Cadres :
Déjà la retraite ?
Il y avait des photos sous formes de fichiers,
et des écrans pour les faire apparaître. Le cadre
photo numérique ne pouvait échapper à une apparition
au cœur de l’univers de l’image. Mais à peine quelques saisons
après une envolée spectaculaire, les ventes s’essoufflent.
Quelques chose ne cadre plus. Comment redonner vigueur à
cet accessoire dont l’image reste sympathique ?
L’électronique est un domaine dans lequel
sées au public. Nous avons souvent men-
l’innovation est vite anéantie si des progrès
tionné à titre d’exemple, et pour mieux défi-
techniques ne viennent pas à son secours.
nir cette notion d’inventivité découlant de
Sans doute parce que ces derniers ont à eux
l’imagination à laquelle nous pensons, un
seuls suffi pour changer la vie de tous,
exemple typique d’équipement réalisé tota-
l’imagination ne fait que rarement preuve
lement avec des composants connus, mais
de sa présence dans les nouveautés propo-
qui a fondamentalement changé l’utilisation
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
56
Le cadre classique
a largement fait ses preuves.
La version numérique doit
désormais faire les siennes,
prioritairement en termes
d’usages, et ensuite
en termes de performances.
Les rayons de cadres transpirent
le déjà vu : il faut recomposer et animer le décor !
d’un ustensile déjà hautement répandu. A la
« Ce n’est pas si facile d’y mettre des fichiers
avons des enfants qui sont grands, mariés,
fin des années 80, quelques concepteurs
JPG », etc. Autant de reproches certaine-
et qui habitent dans des endroits différents,
d’automobiles ont imaginé le monospace.
ment justifiés. Mais il n’en reste pas moins
je vais faire une compilation qui évoluera
Avec des châssis, des suspensions et des
que ce cadre, dans son ensemble, n’a tou-
avec le temps ». Vous avez saisi l’essentiel. Le
moteurs strictement identiques à ceux de
jours pas été enrichi d’un ou de plusieurs
cadre doit s’inscrire dans une utilisation
berlines courantes, ils ont créé une configu-
usages suggérés aux chalands, susceptibles
active, un champ d’application totalement
ration du véhicule tellement bien entrée
de leur faire percevoir bien autre chose que
sans limite, et dans lequel le cadre classique
est inopérant. Bien sûr, le travail des anima-
dans les mœurs que tous les groupes de
ce que l’on obtient à l’aide d’un bon vieux
l’industrie automobile y sont venus et en
cadre en bois. Ce dernier a plus que fait ses
teurs de ce créneau des cadres ne doivent
proposent. Inventer un usage : c’est ce qui
preuves. Inusable, sans aucun chargement,
pas attendre passivement que le consom-
caractérise en priorité toute innovation, et
sans aucune source d’énergie, il montre en
mateur imagine lui-même les utilisateurs
possible. Il ne peut pas être suffisant de livrer
Les rayons de cadres
manquent peut-être un peu
d’animation. Il serait
essentiel d’en allumer tous
les modèles exposés, comme
c’est le cas pour les
téléviseurs, et de mettre en
exergue toutes les
applications possibles
(ce qui va peut-être avoir
pour conséquence de
souligner que celles sur
lesquelles reposent les
ventes ne sont pas assez
nombreuses). Enfin, leur
apparence devient une
routine visuelle pour les
chaland : il faut bouger cela,
renouveler le spectacle !
eux-mêmes des enchaînements attractifs,
sachant se multiplier pour pas très cher les
les pâtissiers, les traiteurs, les spécialistes du
vêtement et les revendeurs photo et EGP,
un cadre avec un peu de soft. Cela serait
comme un plat délicieux dont le client achèterait tous les ingrédients, mais qu’il devrait
quand même préparer. Le chaland attend du
prêt à consommer.
Il faut donc des idées, des solutions déjà
mises en œuvre, et une composante plus
didactique, véritable génératrice d’envie
dans la mise en place de l’offre, et ne pas se
contenter de signaler que l’on « peut faire
des slide shows »... L’idéal serait aussi que les
cadres d’un rayon soient tous en fonction
(les téléviseurs le sont bien) et présentent
propres à générer des envies. Ce qui, chez
peut-être ce qui manque d’abord et avant
tout au cadre photo.
photos des anciens ou des plus jeunes, et
Un cadre qui a pourtant séduit de nombreux
mille et un souvenirs, sans jamais défaillir
fait tout de même partie du travail de base.
consommateurs, d’autant plus qu’au cours
durant des décennies. Il orne des millions de
Devenir diaboliquement tentateur, ou s’ef-
des années récentes, il s’est souvent vu
buffets, guéridons, couloirs, murs de salon,
facer doucement : tel pourrait bien être le
décerner le titre de cadeau idéal. Fêtes de
de chambres et même d’endroits encore
choix des cadres, s’ils veulent poursuivre
fin d’année, fête des mères, des pères, anni-
plus intimes. Le multiplier sur une cloison
une carrière dynamique.
versaires... Toutes les occasions inscrite sur
peut même permettre d’en différer le rafraî-
le calendrier lui ont permis d’atteindre
chissement de la peinture ou du papier
d’excellentes rotations. Et doucement, le
décoratif. Même numérique, le cadre LCD ou
soufflé semble retomber. Selon les estima-
OLED s’attaque peut-être bien d’une
tions récentes, il se serait installé dans un
manière maladroite à une conquête Don
repli moyen, après une période de molle sta-
Quichottesque s’il veut détrôner son inerte
bilité. Mais nous sommes à l’aube de la
et séculaire concurrent.
쐍
période des fêtes 2010. Après deux années
de crise qui ont pénalisé peu ou prou la
Raconter une histoire
consommation, les jeux ne sont pas faits. Il
faut se garder de jeter le manche après la
« J’en ai déjà plusieurs » nous raconte un
cognée. La photo numérique connaît pour
client dans la périphérie bordelaise qui vient
sa part une activité plutôt dynamique, et le
d’en glisser un dans son chariot. Nous lui
cadre y entre de plein droit en qualité de
avions demandé si c’était un cadeau, mais,
vente induite.
« non, non, c’est pour chez moi » avait ré-
Conscients de cette perte de portance,
pondu ce chaland à qui nous avons, avec sa
les fabricants réagissent, s’appuyant sur les
permission, demandé ce qu’il allait en faire.
principales critiques qui ont pu être enten-
« J’en ai mis un dans notre entrée de pavil-
dues à propos de cet objet. « Des consom-
lon. Nous avons fait des agrandissements, et
mateurs ont été déçus par la qualité de cer-
comme ça, quand des amis viennent à la
tains cadres bas de gammes dont les
maison, nous leurs montrons les étapes de
révolutions étaient trop faibles. » « C’est
l’agrandissement, ce qui donne une réalité
ennuyeux de le laisser tout le temps allumé.»
à ce que nous racontons. Et là, comme nous
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
57
A QUAND DANS LES GSB ?
« On ne nous propose rien », résume
laconiquement un responsable dans une
grande surface de bricolage. Très orientées vers la décoration, les GSB savent
pourtant vendre des produits soit électroniques, soit compliqués, soit les deux
à la fois. Et côté cadres, ce sont elles qui
en vendent de plus sur le territoire, et de
loin ! Qui aura l’idée de combler cette
lacune, et d’ajouter un peu de cadre
numérique au cadre classique ? Peur
d’en vendre ? 쐍
왘왘
P
I X E L S
O P P R I M É S
Alors que la prise de vue
audio et vidéo ne cesse
de prendre de
l'importance dans la vie
quotidienne, les
intégristes de
l'interdiction à tout va
persistent dans leurs
frénésies anti-cliché.
Pour un
photographe libéré
Incroyable mai vrai : dans l’immense salle
où des centaines de journalistes sont venus
pour assister à l’intervention du PDG d’un
mastodonte de l’univers de l’image, défilent sur l’écran et en préambule quelques
informations, dont une très insolite interdiction de prendre des photos. Interdiction
que pas un reporter présent n’observera,
ce qui ne provoquera d’ailleurs aucune fâcheuse réaction. Qu’on ne s’y trompe pas :
ce ne sont pas les fabricants, ni les commerçants, ni globalement personne issu de
la vie courante pas plus que de cet univers
des pixels qui provoque cette paranoïa
anti-photo. Celle-ci s’épanouit néanmoins
un peu partout, par des petites pancartes
en forme de pictogrammes, voire en longs
discours explicites et menaçants sur panneaux bien en vue.A l’origine de cette épidémie dont nous avons déjà parlé, et sur
laquelle nous reviendrons tant que cela
sera utile, se trouvent pour l’essentiel les
services de sécurité. Omniprésents, ils
vivent d’un filon vieux comme le monde :
le marché de la peur, avec à l’occasion l’aide
lucrativement efficace des compagnies
d’assurances. Si vous n’êtes pas protégé, on
ne vous couvre pas.
Protection, le mot est prometteur, mais un
peu trompeur. On ne voit en effet pas très
bien en quoi le fait de ne plus pouvoir photographier les avions qui atterrissent sur les
pistes de Roissy empêcherait des terroristes
bien motivés d’accomplir leurs méfaits.Sur la
voie publique, la photographie n’est pas
« autorisée ».Elle est seulement « non interdite ». En revanche, avec un pied supportant
un appareil, elle nécessite en principe une
autorisation. Là encore, la mesure est supposée prévenir des actions préjudiciables à
la sécurité, ou même à l’intégrité de l’Etat.
Illusoire, puisque de l’attaque à main armée
jusqu’aux excès des casseurs, le repérage
reste possible, même sans accessoire photographique. N’oublions pas non plus dans
cette frénésie les droits, dont le désormais
célèbre droit à l’image, une notion véhiculée
un peu n’importe comment et largement
galvaudée. Il y a en effet un océan de différences entre la photo d’une starlette surprise en compagnie d’un boy-friend célèbre
que l’on imprime à la Une d’un magazine, et
l’anonyme Madame Michu qu’un touriste
capture par inadvertance photographique,
en figeant dans le silicium de meilleur profil
de l’Arc de Triomphe. Et si avec beaucoup
d’imprudence,cette Madame Michu a pris le
risque de se promener bras-dessus brasdessous sur les grands boulevards en compagnie du séduisant cousin d’un voisin, à
l’insu de son époux légitime, elle s’expose
au risque d’être vue,qu’un amateur de pixels
soit là ou pas.La vie cesse d’être privée là où
commence le domaine public.
Distribution, Ventes & Services Magazine n° 92
58
Pour bon nombre de raisons, nous avons
déjà eu l’occasion d’analyser les interdictions
de prendre des photos placardées dans les
galeries marchandes ou certains points de
vente. On peut se demander quelle peut
être leur finalité, d’autant qu’elles sont juridiquement quasi-inexploitables.En revanche,
elles peuvent s’avérer stupides et même
contre-productives. Un canapé ou un buffet
photographié dans le rayon d’un spécialiste
du meuble peut aider à décider le client à
l’acheter, en lui donnant le loisir de mieux
se rendre compte de ce que ce meuble peut
apporter une fois dans son décor.
En résumé, les interdictions de photographier qui se sont maniaquement multipliées,
au nom d’une supposée sécurité ou d’une
improbable protection de la vie privée,
constituent un obstacle au développement
serein de la prise de vue intégrée à la vie de
tous les jours, obstacle qu’il serait bon de
voir amorcer un mouvement de repli.
Quand tout acheteur potentiel d’une cuisine
équipée ou d’un papier peint pour la
chambre d’un bambin aura le réflexe de faire
une petite photo préalable à son achat, le
marché de l’image aura franchi un pas de
plus dans son intégration à la vie quotidienne. Ce qui ne sera pas plus mal pour
notre marché. N’hésitons pas à plaider pour
notre chapelle, même si cela devait un jour
la faire devenir cathédrale ! 쐍
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