Signification de nos prénoms
Transcription
Signification de nos prénoms
EN QUÊTE DE LA SIGNIFICATION DE NOS PRENOMS (2ème partie) . 4. Prénoms d’origine germanique ADOLPHE (Fête : 30 juin) Prénom issu du germanique adal « noble » et wolf « loup » Saint Adolphe (1185-1224) fut un évêque d’Osnabrück. Un autre saint Adolphe, originaire de Séville, se révéla un chrétien convaincu puisque, de mère chrétienne et de père musulman, on jugea bon de le martyriser à Cordoue, au IXème siècle. Depuis la dernière guerre mondiale (à cette époque de nombreux porcs portaient ce prénom), l’ombre portée par Hitler a évidemment une répercussion fâcheuse sur ce prénom, dont l’usage a subi un très net recul. Et rien ne semble pouvoir effacer le discrédit dont le dictateur nazi l’a affecté. ALBERT Prénom d’origine germanique, fêté à différentes dates selon le saint auquel il se réfère. Il s’agit en fait d’une forme courte de l’anthroponyme Adalbert, issu de adal « noble », et berh(a)t « brillant, illustre ». Ce prénom connut une grande vogue au XIXe siècle dans toute l'Europe. Ce succès fut sans doute dû, en partie, à la renommée du prince Albert de SaxeCobourg (1819-1861), époux de la reine Victoria. Albert fut, pendant près de soixante ans, un des prénoms les plus répandus dans plusieurs pays, y compris la France. Ce n'est plus le cas aujourd'hui : Albert est peu attribué : moins de cinquante fois l'an dernier. Les Albert ont pour saint protecteur un homme tout à fait remarquable, surnommé Albert le Grand. Ce dominicain du XIIIe siècle enseigna la philosophie, les sciences et la théologie dans les plus grandes villes universitaires, faisant découvrir à ses élèves les richesses alors oubliées de la pensée grecque. Il a laissé aux Parisiens un tel souvenir que c'est en son honneur que fut baptisée, dès le Moyen Âge, la place Maubert (déformation de Maître Albert). BERNARD (Fête : 20 août) Prénom germanique composé de * beran- « ours » et hard « dur, courageux ». Il s’agit sans doute d’une sorte de prénom totémique, référence à un clan ou à un peuple de l’ours. Comme le loup, l’aigle et bien d'autres animaux sauvages, l’ours était la représentation d'un dieu païen dont la protection était recherchée. Bernard fut l’un des prénoms les plus courants du Moyen Âge. Sa vogue dura en France jusqu'à la fin du XVIe siècle et plus tard encore dans les pays germaniques. Il connut ensuite une longue période de semi-obscurité - allant même jusqu'à disparaître quasi complètement des pays anglo-saxons. Il ne revint à la mode qu'à partir de 1920 et, en France, figura pendant plus de vingt ans dans le palmarès des dix prénoms masculins les plus attribués. Il est retombé très bas depuis. Au XIIe siècle, Bernard de Fontaine fut le fondateur de la grande abbaye de Clairvaux (1091-1153) et de l’ordre cistercien. Il joua un rôle politique important mais fut aussi un théologien de grande réputation et l’auteur de superbes poèmes religieux. Il mourut en 1153 et fut canonisé vingt ans seulement après sa mort. BERTRAND (Fête : 6 novembre) Prénom germanique composé des deux éléments behrt « brillant, illustre » et hramn « corbeau » ou éventuellement hraban « vaillant ». Le prénom Bertrand n’a commencé à être populaire en France qu'à partir du milieu des années 1940. Il a connu son heure de gloire entre 1961 et 1979 avec près de 20 000 nouveau-nés prénommés ainsi durant cette période. Il est cependant devenu de plus en plus rare depuis la fin des années 1990. Saint Bertrand de Guarrigues, mort en 1230, fut l’un des premiers compagnons de saint Dominique de Guzman qui fonda un couvent en 1216 au cœur de l'université de Paris. Saint Bertrand et saint Dominique fondèrent d'autres couvents ensemble à Avignon et à Montpellier notamment. Hormis saint Bertrand de Garrigues, d'autres saints ont porté ce prénom (saint Bertrand de Luxeuil ou encore saint Bertrand de l'Île-Jourdain). CHARLES (Fête : 4 novembre) Charles vient du nom latin Carolus, lui-même adaptation du nom germanique Karl, signifiant « homme» ou « mâle ». On trouve les variantes suivantes : Carl, Charlie, Carole, Caroline, Charlène, Charlotte Carolus Magnus, « le grand Charles », autrement dit Charlemagne, dont on a fait un saint pour des raisons plus politiques que religieuses, est à l’origine de la renommée du prénom. Celui-ci s’est répandu en Angleterre avec les Normands, en Espagne avec Charles Quint, et toute l’Europe s’est reconnue en ses divers grands porteurs, qu’il s’agisse de Charles Martel, Charles le Téméraire, ou Charles Darwin, Karl Marx et Charles de Gaulle. En fait de sainteté, une bonne quinzaine de bienheureux furent des Charles, à commencer par Charles Borromée (1538-1584), grand ecclésiastique, lettré et organisateur de l’Église. Ce grand prénom n’a guère subi les atteintes des temps et continue d’être porté dans tout le monde occidental. Au début de 2010, plus de 112 000 personnes étaient prénommées Charles en France. C’est le 45e prénom le plus attribué au siècle dernier dans ce pays, et l'année où il a été attribué le plus est 1920, avec un nombre de 5 274 naissances. EDOUARD (Fête : 5 janvier) Édouard vient du germanique ed signifiant « richesse » et warden signifiant « garder ». Edouard est donc le gardien des richesses, des trésors. Ce prénom possède de nombreux dérivés : Edward, Eddy, Eddie, Duarte, Ted ou Teddy Au Xe siècle, saint Édouard le Martyr fut assassiné à l’âge de seize ans par sa belle-mère ; d’autres saints portèrent également ce prénom, notamment saint Édouard le Confesseur (XIe siècle), très pieux époux d’une pieuse Édith, et roi plutôt dépourvu d’esprit de rapine et de conquête. EDMOND (Fête : 20 novembre) Ce prénom est formé à partir du vieil anglais ed désignant « la richesse », et mund « la protection », Edmond signifie donc « le riche protecteur ». Ce prénom royal, porté par un saint populaire, connut, en Angleterre et dans la plupart des pays anglophones, une très large diffusion jusqu’à la fin du XIXe siècle. Cette faveur est aujourd’hui tout à fait retombée. Edmond est devenu un prénom relativement rare. Saint Edmond fut roi d'Est-Anglie à 14 ans, en 854. Il dut lutter contre les envahisseurs danois dont les hordes païennes ravageaient périodiquement son royaume. En 870, ses ennemis le capturèrent et le mirent à mort. Il devint très rapidement, dans toute l'Angleterre, un martyr vénéré. Son culte a perduré jusqu’à nos jours. FERNAND (Fête : 27 juin) Prénom venant du germain fried, « protecteur », ou frithu, « paix », et nant, « hardi, courageux ». Les Wisigoths répandirent Ferdinand en Europe, et principalement en Espagne. Fils d’Alphonse IX, saint Ferdinand III (1199-1252), roi de Castille et d’Aragon, reconquit la majeure partie de l’Espagne sur les Arabes ; il fut canonisé en 1671 par le pape Clément X. FRANCOIS (Fête : 4 octobre) Le prénom vient du latin francus, « homme libre » ; dès l’origine, le mot a été utilisé pour désigner les Francs. François coïncide donc exactement avec la France, pays des Francs : il est, en quelque sorte, le Franc originel lui-même. François est une forme ancienne du mot Français, dont il partage l’origine latine et germanique. Le passage du gentilé au prénom est historiquement lié à la canonisation de François d’Assise. François est un dérivé de France, anciennement Francie dont le sens premier est « pays des Francs ». C'est l’homologue en français du latin médiéval Franciscus, « de France », lequel suit lui-même le germanique frankisk et a donné par ailleurs la forme savante Francisque. Il renvoie au bas-latin Francus, nom de peuple emprunté à l'ancien bas-francique Frank et aussi nom commun signifiant « homme libre », d'où provient le français franc, franche. L'étymologie fait ainsi de François (et du Français) « l'homme de France », soit au sens premier « l'homme du pays des Francs » ou encore « l'homme du pays des hommes libres ». On trouve les formes dérivées suivantes : Fran, Franz, Pancho, Paco ou Franck. Si le mot, sous la forme initiale franceis, est attesté en français dès le XIe siècle, son usage comme nom de personne est plus tardif : c’est au XIIIe siècle qu’il apparaît, d’abord sous la forme italienne Francesco, dans certaines régions d’Italie en relations d'échanges avec la France. Il connaît à partir de là une expansion qui reflète celle de la popularité de François d’Assise. On sait que celui-ci naquit et fut baptisé Giovanni en l'absence de son père, lequel ne voulait pas de ce prénom : de retour, il fit appeler son fils Francesco, « petit Français », en hommage au pays où il menait de fructueuses affaires. En France, c’est le rayonnement de la culture italienne à la Renaissance qui favorisa son adoption. En moins de cent ans, il se hissa au rang des prénoms les plus courants ; porté par des saints (François de Sales), des souverains, des écrivains (Villon, Rabelais, Voltaire), des artistes, des hommes politiques, il resta près de quatre siècles durant parmi les dix prénoms les plus donnés. Au XVe siècle, la graphie François est commune au gentilé et au nom de personne, qui se prononcent encore tous deux (« fransouè »). Mais pour le premier et suivant une tendance globale et ancienne dans l'usage populaire, la prononciation(« fransè »), qui se diffuse particulièrement à partir du XVIe siècle, tend à prévaloir et devient au XVIIIe siècle d’usage général. Parallèlement le prénom conserve la prononciation antérieure qui devient (« fransoua ») à la fin du XVIIIe siècle. Ces évolutions divergentes se traduiront tardivement dans l'écriture : ce n’est qu’avec la réforme de l’orthographe appliquée à partir de l’édition de 1835 du dictionnaire de l’Académie française que l’on pourra distinguer, à l'écrit comme à l'oral, Français et François. La longue popularité du prénom a commencé à décroître à partir du début du XXe siècle et la tendance s’est fortement accentuée depuis les années 1960. Selon les chiffres de l’Insee, en France 389 473 personnes ont été prénommées François au cours du siècle dernier. Depuis 1900, le prénom se classe au 19e rang parmi les prénoms masculins. FREDERIC (Fête : 18 juillet) Prénom germanique formé des racines frid « la paix » et ric « puissant ». Ce prénom médiéval est parmi les plus employés en Europe, et sa vogue s’est maintenue sans défaillance jusqu’à nos jours, où elle se porte plutôt bien. La forme féminine, Frédérique, est en revanche plus rare en France actuellement. On trouve aussi les variantes Fred ou Freddy Évêque d’Utrecht au IXe siècle, saint Frédéric se permit de jeter l’anathème sur la conduite, ou l’inconduite, de Judith, épouse de l’empereur Louis le Pieux, petit-fils de Charlemagne ; Judith n’hésita guère, et deux sbires à ses ordres occirent saint Frédéric. GILBERT (Fête : 7 juin) Prénom masculin qui provenant du germanique Giselbert formé des racines gisil « descendant » et bert « illustre, brillant ». Seigneur de Sempringham au XIIe siècle, saint Gilbert fut lié d’amitié avec Thomas Becket ; devenu prêtre, il transforma ses domaines en lieux de prière et y fonda deux monastères. D’autres saints furent également des Gilbert, et notamment saint Gilbert de Neuffonts, seigneur d’Auvergne, qui, au retour de la deuxième croisade, entraîna sa femme et sa fille dans une vie strictement pieuse. En faveur en France jusqu’à la dernière guerre mondiale, ces deux prénoms ont ensuite décliné. GUILLAUME (Fête : 10 janvier) Prénom germanique issu de deux éléments will « la volonté » et helm « heaume, casque, protection ». Guillaume est une forme de langue d’oïl correspondant au prénom occitan Guilhèm, à l'anglais William et à l'allemand Wilhelm. Guillaume est un prénom fort courant depuis le IXe siècle, aussi bien en Allemagne (sous la forme Wilhelm) qu’en Angleterre (William) et en France, où il se fera plus rare après la guerre de 1914-1918, Guillaume ayant été le nom du Kaiser. Les « guillemets » de l’écriture sont dus à un imprimeur nommé Guillaume, au XVIIe siècle. Guillaume a pour principales variantes masculines Guilhem (occitan), Guilherme, Guillem (occitan), Guillemin (hypocoristique), Guillerme (breton), Guillermo (espagnol), William (ancien normand et anglais) et pour formes féminines Guillaumette, Guillaumine, et Guillemine. On trouve aussi le diminutif Bill, Billie ou Willis HUBERT (Fête : le 5 novembre) Prénom composé du substantif « hug », « l’intelligence », et de l'adjectif « behrt » « brillant, remarquable ». Ce prénom, contrairement aux prénoms d’origine germanique qui se réfèrent souvent à des valeurs guerrières, évoque des qualités intellectuelles. Hubert est donc plus doué pour la réflexion que pour le combat, pour le conseil éclairé que pour l’action brutale. Ce prénom commença à se répandre dans toute l’Europe de l’Ouest dès le VIe siècle. Sans jamais atteindre une grande popularité, il a fait une carrière honorable dans la plupart des pays. Après la longue éclipse des prénoms médiévaux aux XVIIe et XVIIIe siècles, il a retrouvé le succès à partir de 1850 et jusque vers 1925, fut assez fréquent aussi bien en Angleterre qu’en Italie, en Allemagne qu’en France. Depuis, il s’est fait assez discret, à part dans la « bonne société ». Saint Hubert, évêque au VIIIe siècle, de Tongres, Maastricht et Liège, en Belgique, fut un évangélisateur qui lutta énergiquement contre les coutumes païennes dans les forêts ardennaises. Longtemps après sa mort, au XIVe siècle, on inventa la fameuse légende selon laquelle il aurait été converti en voyant, lors d’une partie de chasse, une grande croix à l’intérieur de la ramure d’un cerf. LOUIS (Fête : 25 août) Prénom issu du germain hold, « illustre, glorieux », et wig, « bataille, combattant ». Roi germanique, Clovis s’appelait en fait Chlodowig, et, de père en fils et de Chlodouis en Hludouuivus et Hlodovico, le prénom alla bon train jusqu’à Ludovic et Louis. Ainsi le chef des francs annonçait-il la longue cohorte dynastique des dix-huit Louis, rois de France. Remarquons la forme néerlandaise, (Lodewijk), ou allemande (Ludwig) qui sont restées proches de « Chlodwig ». Le Moyen Âge européen exalta ce prénom, notamment la France : Saint Louis IX (1214-1270) étonna et subjugua par sa piété, sa sagesse, sa justice et son chêne. L’Hospice des Filles-Dieu, les Quinze- Vingts, la Sainte-Chapelle et l’invention du Parlement, voilà ce dont nous lui sommes, entre autres bienfaits et bénédictions, toujours redevables. Mais il voulut guerroyer et se faire croisé. Cette expédition ne lui fut pas favorable : il fut fait prisonnier et réexpédié en France contre une rançon monumentale, et une seconde croisade, où la peste l’emporta (Tunis, 1270). On trouve les variantes suivantes : Loïc, Ludovic NORBERT (Fête : le 6 Juin) Ce prénom est formé sur le vieux germanique « north » désignant « l’homme du nord » et l’adjectif « berth » signifiant « glorieux, renommé ». Ce prénom, attesté en Europe depuis le IXe ou Xe siècle, se diffusa surtout en Angleterre, en Allemagne, dans les Flandres et dans une partie de la France. Il resta toujours très exceptionnel dans les pays méditerranéens. De nos jours, il est d’un emploi régulier mais peu fréquent. En France, il a connu un succès relatif entre 1920 et 1950, mais est depuis devenu assez rare. Cousin et chapelain de l'empereur d'Allemagne Henri IV, saint Norbert mena longtemps une vie dissipée. En 1115, victime d'un accident de cheval pendant un orage, il se convertit. Il fonda ensuite, à Prémontré, près de Laon, un nouvel ordre religieux dont les membres étaient à la fois moines réguliers et prêtres séculiers. Cet ordre existe toujours aujourd'hui, sous le nom de prémontrés, et compte plus de mille cinq cents membres. Il semble que seuls 6 enfants nés en 2003 en France ait reçu le prénom Norbert et que 27000 personnes l’aient reçu depuis 1900. ROBERT (Fête : 30 avril) Prénom germanique, fréquemment attesté en France. Il est issu des éléments germaniques hrod « gloire » (cf. Roger) et beraht « brillant, ilustre » (cf. noms en -bert ) Il a pour variantes ou diminutifs masculins Bob ou Bobby mais aussi Robin. Ce prénom fut très répandu chez les Robertiens, ancêtres directs des Capétiens. On retrouve d'ailleurs ce prénom quasiment à chaque génération. Philippe IV le Bel fut le dernier roi capétien à attribuer le prénom Robert à l'un de ses fils. Le roi des Francs Robert Ier fut le parrain de Rollon, chef viking et premier duc de Normandie qui transmit son nom de baptême à sa descendance. Le prénom Robert devint ainsi très populaire dans le duché de Normandie, puis, après la conquête de l'Angleterre en 1066, il se répandit en Grande Bretagne où il est toujours l'un des prénoms les plus populaires. Le prénom Robert s'est ainsi diffusé en Europe Occidentale puis en Amérique et aussi bien dans les pays de langues romanes que germaniques. Saint Robert (1025-1110) fut, à l’âge de quinze ans, nommé prieur du monastère bénédictin où il était entré. Réformateur, il se heurta à la rigidité des moines et s’en alla se faire ermite en forêt de Molesme. Une communauté érémitique se regroupa autour de lui et, de dons des seigneurs en dons des seigneurs, commença à vivre grassement. Saint Robert n’apprécia pas et s’en alla ; il fonda l’abbaye de Citeaux, mais fut contraint par le pape de retourner à Molesme. Robin, diminutif de Robert, a été popularisé par le grand Robin des Bois et désignait, en français médiéval, un mouton. RODOLPHE (Fête : 21 juin) Prénom issu du germanique Hrodwolf, composé des deux éléments hrod « gloire » et wulf « loup ». En français, le prénom est devenu Raoul (< *Radolf qui est un équivalent vieux bas francique de Rodolf. cf. bas allemand Radolf), ou Rollon (Viking devenu premier duc de Normandie). On trouve également les variantes Ruddy. Très vieux prénom germanique, Rodolphe est devenu Rolf dans les pays scandinaves et Ralph en Angleterre ; en Allemagne, Rudolph ou Rodolf sont aujourd’hui encore très en faveur. Rodolphe se fait toutefois discret en France de nos jours. Saint Rodolphe, au IXe siècle, fut évêque de Bourges et participa à plusieurs conciles. ROGER (Fête : 30 décembre) Prénom forgé sur deux racines germaniques hrod « gloire » et gari « lance, javelot ». C’est la version française (et anglaise suite à la conquête normande) du prénom masculin Hrodgari, dont la forme allemande principale est Rüdiger. Dans ses dérivés, nous retrouvons Dodge, Rog, Ruttger, Rogeric, Ruggero Prénom très prisé pendant le Moyen Âge, et notamment le Moyen Âge germanique, Roger s’éclipsa vers le XVIe siècle ; il se maintient de nos jours avec une présence faible. Il a laissé sa trace, en outre, dans nombre de patronymes, comme Rougier, Rogier, Rougerie, Rogeron. De saint Roger (XIIe siècle), on sait seulement qu’il fut évêque de Cannes. 5. Prénoms d’origine hébraïque ANNE (Fête : 26 juillet) Prénom d’origine hébraïque provenant du mot Hannah signifiant « la grâce ». Sa forme masculine en hébreu est Hanan, d’où Yohanan, qui a donné Jean et leurs variantes. Il était un temps où Anne était un prénom masculin en français (notamment porté dans l’aristocratie, comme Anne de Montmorency) Anne est un prénom très populaire dans toute l'Europe et à toutes les époques. On trouve les dérivés suivants : Anaïs, Anita, Annabelle, Annie, Annick, Anouchka, Nancy et Ninon. Anne et Joaquim, trop âgés pour avoir un enfant, en eurent tout de même un, qu’un ange annonça à Anne : ce fut la Vierge Marie, elle-même future mère immaculée, comme on sait, de Jésus. Anne est donc la grand-mère de Jésus, et son culte est extrêmement répandu. Virgile, dans son Énéide, en fait la sœur de Didon. L’Église acceptant au vie siècle de reconnaître Anne comme une vraie sainte (seuls, en effet, les évangiles apocryphes mentionnent Anne comme mère miraculeuse de Marie), le prénom se répandit peu à peu sur l’Europe. Sa vogue, depuis, n’a pas décru. DAVID (Fête : 29 décembre) Nom venant de l’hébreu ( דודdaoud) qui signifie « aimé, chéri ». Ce prénom est donné dans le monde juif en référence au roi David, premier roi d’Israël, successeur de Saül. David, on le sait, fut le vainqueur de Goliath le Géant. Bouillant personnage, David fit assassiner Urie le Hittite afin de pouvoir lui ravir Bethsabée, sa femme, dont il eut un fils, le futur roi Salomon, qui lui succédera. Auteur des Psaumes qui sont des monuments de la pensée hébraïque et chrétienne, il vécut un millier d’années avant Jésus, lequel est un descendant direct de sa tribu. C’est le troisième nom le plus présent dans la Bible après Moïse et Abraham. Parmi ses équivalents, on trouve Daoud en arabe et Daouda en Afrique noire. L’Islam le considère comme un prophète. De ce prénom dérivent Dave, Davy et Davina. C’est à la fin du Moyen Âge que ce prénom s’est imposé en Europe, et particulièrement en Angleterre, en Irlande, au pays de Galles et en Écosse. On le trouve aussi aux Pays- Bas et dans le nord de la France, mais il est plutôt rare en Allemagne. ELISABETH (Fête : 17 novembre) Elisheva (Élischeba, ֱאלִ ישֶׁ בַ עen hébreu) était l'épouse d’Aaron, l’ancêtre des Cohen dans la Bible. En hébreu, Eli signifie « mon Dieu ». Sheva peut signifier « serment » ou « subsistance ». (Sheva signifie aussi « sept », chiffre de la Perfection en hébreu). Le nom Elisheva peut donc à la fois signifier « Mon Dieu est mon serment » (Je jure par mon Dieu) et « Mon Dieu est ma subsistance ». Selon certaines interprétations, Elisheva était la même que Puah, une des justes sages-femmes mentionnées dans l'Exode. Ceux qui soutiennent cette interprétation croient que sa position comme aïeule de la caste sacerdotale était une récompense pour avoir sauvé les enfants hébreux. Ce prénom compte de nombreuses variantes qui sont souvent devenus des prénoms (Lisa, Lise, Lily, Lis, Ilse, Elise, Elsa, Betty, Bessie et le surnom Babeth). En espagnol, le prénom n’existe pas : on l’appelle Isabel. Isabelle est en effet une autre forme d’Elisabeth. Zacharie et Élisabeth, vieux époux trop âgés pour procréer, se virent tout de même gratifiés d’un enfant, annoncé par l’ange Gabriel ; la cousine d’Élisabeth, la Vierge Marie, se retrouva dans la même situation. Ainsi naquirent Jean le Baptiste et Jésus. Fils d’Élisabeth et du Saint-Esprit, Jean annoncera la venue de Jésus. Le vieux Zacharie, d’abord perplexe, reconnut, et les siècles suivants également, la sainteté d’Élisabeth. Une douzaine d’autres saintes et bienheureuses portèrent le nom d’Élisabeth. C’est en France que, par la suite, Isabelle et Élisabeth connurent deux existences distinctes, alors qu’il s’agissait d’abord d’un seul et même prénom. Dès le XIIe siècle, Élisabeth fit partie des prénoms féminins les plus en vogue en Europe, en Angleterre ; il s’imposa définitivement à partir du XVIe siècle. EMMANUEL (Fête : 25 décembre) Le prénom Emmanuel vient de l’hébreu imanu-el, « Dieu est avec nous ». Il est dérivé de Immanouel : ime « avec », anou « nous » et El « Dieu » ce qui signifie donc « Dieu est avec nous ». On rencontre les dérivés suivants : Manolo, Manuel, Manu Emma ou Manolis. Emmanuel, dans l’Ancien Testament, est le nom par lequel le prophète Isaïe désigne le messie à venir, annonçant qu’il naîtra d'une vierge. Pour les chrétiens, c’est un adjectif qui qualifie le christ (l’Emmanuel) en souvenir de sa naissance terrestre, Dieu venu parmi les hommes. C’est pourquoi dans les calendriers chrétiens il est célébré le 25 décembre GABRIEL (Fête : 26 mars) Prénom d’origine hébraïque formé sur les mots gabar désignant « la force » et el issu de Elohim « dieu », ce qui signifie donc « Force de Dieu ». Il se réfère à l’archange Gabriel de la Bible. On trouve également les dérivés suivants : Gabin ou Gaby. Avec saint Michel et saint Raphaël, saint Gabriel est l’un des trois saints extrahumains de la Bible, puisque ces trois-là sont des archanges, chefs des armées célestes. De surcroît, Gabriel est un messager chargé de missions très spéciales, puisqu’il vient annoncer au vieux couple d’Élisabeth et de Zacharie l’inattendue naissance d’un fils, qui sera Jean le Baptiste. Mais Gabriel est encore venu jouer les télégraphistes de Dieu en annonçant à la jeune Marie qu’elle serait la mère de ce Jésus. Ce rôle de messager parfait sera officiellement reconnu en 1951 par Pie XII, qui a consacré Gabriel comme saint patron des télécommunications. Le prénom Gabriel fut en faveur au Moyen Âge, mais il ne s’imposa en Angleterre qu’à la fin du XVIe siècle. Depuis le XIXe siècle toutefois, Gabrielle l’emporte sur Gabriel en popularité, et notamment en Allemagne, au point qu’à la fin des années 1950, elle était le prénom féminin le plus employé en République fédérale. Par ailleurs, les Noirs américains sont très attirés par ce prénom biblique. JACQUES (Fête : 28 novembre) Prénom hébraïque ya’aqob, « que Dieu favorise ». Jacques est donc un double de Jacob. Le prénom est sans doute porté en référence au fils d’Isaac et de Rebecca ; Jacob dut fuir le courroux d’Esaü, son frère, assez niais pour lui avoir cédé son droit d’aînesse contre un plat de lentilles. L'adjectif français correspondant au prénom est jacobéen ou jacobin. Jacobite a aussi été utilisé jusque vers les années 1950. Depuis les années 1980 un nouvel adjectif a été forgé : jacquaire. Il est de plus en plus employé pour tout ce qui lié à saint Jacques, en relation avec le pèlerinage à Compostelle. On nomme « associations jacquaires » les associations d'anciens pèlerins. On parle de symboles jacquaires. Par extension, le patrimoine jacquaire est tout le patrimoine lié aux cultes à saint Jacques, qu'il soit en relation avec Compostelle ou non. Jacquet était au Moyen Âge le nom donné aux pèlerins de Saint-Jacques-deCompostelle. On trouve les dérivés suivants : Cob, Diego, James, Jim, Jimmy, Santiago ou Tiago JEAN (Fête : 4 août) Le nom latin Johannes est lui-même un emprunt au grec Ioannès qui procède de l’hébreu Jeho ou Yeo (le « j », le « i » ou le « y » n'étant pas différenciés dans cette langue), contraction de YHWH, Javeh ou Jeho-vav « Dieu », combiné avec l'élément hanan « miséricordieux », d'où le sens global de « Dieu accorde » ou « Dieu fait grâce. » Il est devenu populaire dans le monde chrétien en mémoire de saint JeanBaptiste et de saint Jean l’Evangéliste. Jusque dans les années 1950, Jean était le prénom le plus souvent donné à un garçon en France. Depuis, sa popularité décroît continuellement. En anglais, Jean est un prénom féminin, dont la forme masculine est John. Jeanne se dit plus généralement Joan, telle Jeanne d’Arc, traduit par Joan of Arc. On trouve aussi les variantes suivantes : Jeanne, Hans, Ivan, Janyce, John, Johnny, Jane, et Johan JOSEPH (Fête : 19 mars) Ce prénom vient de l’hébreu יֹוסֵ ף, (Yosef) yôsephyâh, « que Iavhé (Dieu) ajoute ». On trouve les dérivés suivants : Joséphine, Josette, Fine, Josie, José, Joe, Josiane, Pepe, Peppone, Youssef. Joseph, charpentier, dut accepter la et miraculeuse grossesse de Marie. Joseph est logiquement devenu le patron des métiers du bois. Une quarantaine d’autres saints portèrent ce prénom, dont saint Joseph d’Arimathie, qui s’arrangea pour que le Christ soit enseveli dans la tombe qu’il s’était fait aménager pour lui-même, ou saint Joseph de Copertino, fervent mystique porté à la lévitation par d’étonnantes extases. Curieusement, ce n’est qu’après 1870, date à laquelle Pie IX promut saint Joseph patron de l’Église universelle, que ce prénom connut vraiment une grande faveur, ainsi que son principal dérivé féminin, Joséphine. Josette, Josiane sont d’origine encore plus récente, puisqu’elles ne surgissent qu’à partir du début du XXe siècle. MATHIEU (Fête : 21 septembre) Matthieu est d’origine hébraïque. Le nom provient de « matith » (don) et « Yâh » (prononciation de la première lettre de YHVH, le nom de Dieu en hébreu). L’étymologie de Matthieu est donc « Don de Dieu » (équivalent du grec Théodore et du français Dieudonné). MICHEL (Fête : 29 septembre) Prénom d’origine hébraïque (מיכאל, Mikhael) qui signifie « Qui est comme Dieu » dans une forme interrogative: MI (qui) + KA (comme) + EL (abréviation de Elohim : Dieu). L’archange Michel, le plus éminent dans la tradition chrétienne, explique la popularité du nom. On trouve les dérivés suivants : Michael, Mickael, Mickey, Mike ou Mitchel. L’image de Saint Michel, est celle de l’archange terrassant le Dragon, et qui sera vénéré au même titre que saint Georges. Il crut bon d’apparaître surnaturellement au « mont de Guargant », c’est-à-dire sur les lieux de l’actuel mont Saint-Michel. NATHANAEL (Fête : 24 août) Prénom d'origine hébraïque dont dérive Nathan. On trouve aussi la forme Nathanel, et Nathaniel dans les pays anglo-saxons. Il a pour formes féminines Nathanaèle, Nathanaëlle et Nathanie. Ce prénom vient de l’hébreu natana’ « donner » et el « dieu », c’est-à-dire « Dieu donne ». SAMUEL (Fête : 20 août) Prénom hébraïque Shemu’el ()שמּואֶ ל ְׁ qui peut signifier « son nom (shmô) est Dieu (el) » ou « le nom (shem) de Dieu ». Il fut porté par un prophète de l’Ancien Testament. Il a pour variantes ou dérivés Sam ou Sammy. Au début de 2010, près de 74 000 personnes étaient prénommées Samuel en France. C’est le 125e prénom le plus attribué au siècle dernier dans ce pays, avec un pic de popularité en 1979 avec un nombre de 2 332 naissances. Deux livres de la Bible portent le nom de Samuel, prophète du peuple hébreu qui, onze siècles avant la venue de Jésus, fonda la première monarchie de son peuple en oignant Saül, puis David, comme rois d’Israël. La tradition juive tient Samuel pour presque aussi important que Moïse. Après la Réforme, les protestants ont usé et usent encore de ce prénom venu de la nuit des temps. SIMON (Fête : 28 octobre) Prénom dérivant de l’hébreu shim’ôn « qui est exaucé », donc 3dieu a entendu ma souffrance » Saint Simon le Zélé était l’un des douze apôtres. Dix-sept autres saints furent des Simon, et huit des Siméon. Ces prénoms ont traversé les siècles et sont encore en usage de nos jours, même si Simone semble actuellement plus en faveur que les formes masculines du prénom. THOMAS (Fête : 3 juillet) Prénom masculin issu de l’araméen « te'oma ( » )תאומאsignifiant « jumeau ». C’est également avec ce sens qu'on le trouve dans l’Evangile de saint Jean « Thomas, appelé Didymus », à savoir, « jumeau » en grec (didymos). La graphie du nom Thomas est une transcription du grec Θωμάς. Le prénom Thomas a surtout été popularisé par saint Thomas, l’un des apôtres. Il a connu un regain avec le diminutif Tom 6. Liste des prénoms russes Traditionnellement, de nombreux prénoms russes sont traduits par leur équivalent français. Ainsi, Piotr/Petr devient Pierre, Ékatérina devient Catherine. Un faible nombre de prénoms est repris sans adaptation, lorsque le lien avec la version française n'apparaît pas comme évident, ou quand le nom français est tombé en désuétude : Ilia et non Élie, Vladimir et non Valdemar. Jusqu'aux années 1990, les prénoms d'immigrés russes étaient traduits à leur enregistrement en France. La fin de cette pratique est concomitante avec l'abandon progressif des francisations de prénoms russes. Principaux prénoms féminins /…/ donne une phonétique intuitive Елена (/iéléna/, équivalent d'Hélène) Наталья (/natalya/, équivalent de Nathalie) Мария (/mariya/, équivalent de Marie) Ольга (/olga/, prénom pré-Chrétien dérivé d'Helga) Александра (/alexandra/, équivalent d'Alexandra) Оксана (/aksana/, prénom féminin ukrainien le plus répandu) Ксения (/ksénia/, du grec Xenia) Екатерина (/iékatérina/, équivalent de Catherine) Анастасия (/anastassiya/) Юлия (/youlia / Julie) Елизавета (/iélizavéta/, équivalent d'Élisabeth) Карина (/karina/, équivalent de Karine) Татьяна (/tatiana/, équivalent de Tatiana) Principaux prénoms masculins Николай (/nikolaï/, équivalent de Nicolas) Борис (/baris/, dérivé de Borislav, nom slave pré-Chrétien signifiant combattant du bien) Владимир (/vladimir/, nom slave pré-Chrétien signifiant Seigneur de l'Univers) Пётр (/piotr/, équivalent de Pierre) Андрей (/andréï/, équivalent d'André) Александр (/alexandr/, équivalent d'Alexandre) Дмитрий (/dmitri/, d'origine grecque) Сергей (/sergueï/, d'origine grecque, équivalent de Serge) Алексей (/alekseï/, d'origine grecque, équivalent d'Alexis) Иван (/ivane/, équivalent de Jean) Юрий (/youri, d'origine grecque, équivalent de Georges) Артём (/artiom/ , équivalent d'Artème) Diminutifs Les diminutifs (variantes de prénoms utilisées couramment) existent pour pratiquement tous les noms. Voici quelques noms courants et quelques diminutifs. Alexandre (Александр) → Sacha (Саша), Choura (Шура), Alex (Алекс) Anastasia (Анастасия) → Nastia (Настя), Assia (Ася) Antonina (Aнтонина) → Tonia (Тоня) Dmitri (Дмитрий) → Dima (Дима), Mitia (Митя) Éléna (Елена) → Léna (Лена), Aliona (Алëна) Elizaveta (Елизавета) → Liza (Лиза) Ivan (Иван) → Vanya (Ваня), Ivanouchka (Иванушка) (pour les petits enfants) Maria (Мария) → Macha (Машa) Natalia (Наталья) → Natacha (Наташа), Nata (Ната) Nikolaï (Николай) → Kolia (Коля) Vladimir (Владимир) → Volodia (Володя), Vova (Вова) Certains diminutifs ont des variantes particulières, par exemple Alekseï → Lyokha, Aliocha, Aliochka, Vania → Van'ka, Sacha → Sachka, etc. La majorité des diminutifs se terminent en "a" ou en "я" (/ya/). Pour exprimer une relation d'amitié ou d'intimité plus marquée, on utilisera la forme superlative, "-еньк" (/ïenk/) comme suffixe: Masha → Mashen'ka