Signification de nos prénoms

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Signification de nos prénoms
EN QUÊTE DE LA SIGNIFICATION DE NOS
PRENOMS (2ème partie)
.
4. Prénoms d’origine germanique
ADOLPHE
(Fête : 30 juin)
Prénom issu du germanique adal « noble » et wolf « loup »
Saint Adolphe (1185-1224) fut un évêque d’Osnabrück. Un autre saint
Adolphe, originaire de Séville, se révéla un chrétien convaincu puisque, de
mère chrétienne et de père musulman, on jugea bon de le martyriser à
Cordoue, au IXème siècle.
Depuis la dernière guerre mondiale (à cette époque de nombreux porcs
portaient ce prénom), l’ombre portée par Hitler a évidemment une
répercussion fâcheuse sur ce prénom, dont l’usage a subi un très net recul.
Et rien ne semble pouvoir effacer le discrédit dont le dictateur nazi l’a affecté.
ALBERT
Prénom d’origine germanique, fêté à différentes dates selon le saint auquel il
se réfère. Il s’agit en fait d’une forme courte de l’anthroponyme Adalbert, issu
de adal « noble », et berh(a)t « brillant, illustre ».
Ce prénom connut une grande vogue au XIXe siècle dans toute l'Europe. Ce
succès fut sans doute dû, en partie, à la renommée du prince Albert de SaxeCobourg (1819-1861), époux de la reine Victoria.
Albert fut, pendant près de soixante ans, un des prénoms les plus répandus
dans plusieurs pays, y compris la France. Ce n'est plus le cas aujourd'hui :
Albert est peu attribué : moins de cinquante fois l'an dernier.
Les Albert ont pour saint protecteur un homme tout à fait remarquable,
surnommé Albert le Grand. Ce dominicain du XIIIe siècle enseigna la
philosophie, les sciences et la théologie dans les plus grandes villes
universitaires, faisant découvrir à ses élèves les richesses alors oubliées de la
pensée grecque. Il a laissé aux Parisiens un tel souvenir que c'est en son
honneur que fut baptisée, dès le Moyen Âge, la place Maubert (déformation de
Maître Albert).
BERNARD (Fête : 20 août)
Prénom germanique composé de * beran- « ours » et hard « dur, courageux ».
Il s’agit sans doute d’une sorte de prénom totémique, référence à un clan ou
à un peuple de l’ours. Comme le loup, l’aigle et bien d'autres animaux
sauvages, l’ours était la représentation d'un dieu païen dont la protection était
recherchée.
Bernard fut l’un des prénoms les plus courants du Moyen Âge. Sa vogue dura
en France jusqu'à la fin du XVIe siècle et plus tard encore dans les pays
germaniques. Il connut ensuite une longue période de semi-obscurité - allant
même jusqu'à disparaître quasi complètement des pays anglo-saxons. Il ne
revint à la mode qu'à partir de 1920 et, en France, figura pendant plus de
vingt ans dans le palmarès des dix prénoms masculins les plus attribués. Il
est retombé très bas depuis.
Au XIIe siècle, Bernard de Fontaine fut le fondateur de la grande abbaye de
Clairvaux (1091-1153) et de l’ordre cistercien. Il joua un rôle politique
important mais fut aussi un théologien de grande réputation et l’auteur de
superbes poèmes religieux. Il mourut en 1153 et fut canonisé vingt ans
seulement après sa mort.
BERTRAND (Fête : 6 novembre)
Prénom germanique composé des deux éléments behrt « brillant, illustre » et
hramn « corbeau » ou éventuellement hraban « vaillant ».
Le prénom Bertrand n’a commencé à être populaire en France qu'à partir du
milieu des années 1940. Il a connu son heure de gloire entre 1961 et 1979
avec près de 20 000 nouveau-nés prénommés ainsi durant cette période. Il est
cependant devenu de plus en plus rare depuis la fin des années 1990.
Saint Bertrand de Guarrigues, mort en 1230, fut l’un des premiers
compagnons de saint Dominique de Guzman qui fonda un couvent en 1216
au cœur de l'université de Paris. Saint Bertrand et saint Dominique fondèrent
d'autres couvents ensemble à Avignon et à Montpellier notamment. Hormis
saint Bertrand de Garrigues, d'autres saints ont porté ce prénom (saint
Bertrand de Luxeuil ou encore saint Bertrand de l'Île-Jourdain).
CHARLES
(Fête : 4 novembre)
Charles vient du nom latin Carolus, lui-même adaptation du nom germanique
Karl, signifiant « homme» ou « mâle ». On trouve les variantes suivantes : Carl,
Charlie, Carole, Caroline, Charlène, Charlotte
Carolus Magnus, « le grand Charles », autrement dit Charlemagne, dont on a
fait un saint pour des raisons plus politiques que religieuses, est à l’origine de
la renommée du prénom. Celui-ci s’est répandu en Angleterre avec les
Normands, en Espagne avec Charles Quint, et toute l’Europe s’est reconnue
en ses divers grands porteurs, qu’il s’agisse de Charles Martel, Charles le
Téméraire, ou Charles Darwin, Karl Marx et Charles de Gaulle. En fait de
sainteté, une bonne quinzaine de bienheureux furent des Charles, à
commencer par Charles Borromée (1538-1584), grand ecclésiastique, lettré et
organisateur de l’Église. Ce grand prénom n’a guère subi les atteintes des
temps et continue d’être porté dans tout le monde occidental.
Au début de 2010, plus de 112 000 personnes étaient prénommées Charles
en France. C’est le 45e prénom le plus attribué au siècle dernier dans ce pays,
et l'année où il a été attribué le plus est 1920, avec un nombre de 5 274
naissances.
EDOUARD (Fête : 5 janvier)
Édouard vient du germanique ed signifiant « richesse » et warden signifiant
« garder ». Edouard est donc le gardien des richesses, des trésors.
Ce prénom possède de nombreux dérivés : Edward, Eddy, Eddie, Duarte, Ted
ou Teddy
Au Xe siècle, saint Édouard le Martyr fut assassiné à l’âge de seize ans par sa
belle-mère ; d’autres saints portèrent également ce prénom, notamment saint
Édouard le Confesseur (XIe siècle), très pieux époux d’une pieuse Édith, et roi
plutôt dépourvu d’esprit de rapine et de conquête.
EDMOND (Fête : 20 novembre)
Ce prénom est formé à partir du vieil anglais ed désignant « la richesse », et
mund « la protection », Edmond signifie donc « le riche protecteur ».
Ce prénom royal, porté par un saint populaire, connut, en Angleterre et dans
la plupart des pays anglophones, une très large diffusion jusqu’à la fin du
XIXe siècle. Cette faveur est aujourd’hui tout à fait retombée. Edmond est
devenu un prénom relativement rare. Saint Edmond fut roi d'Est-Anglie à 14
ans, en 854. Il dut lutter contre les envahisseurs danois dont les hordes
païennes ravageaient périodiquement son royaume. En 870, ses ennemis le
capturèrent et le mirent à mort. Il devint très rapidement, dans toute
l'Angleterre, un martyr vénéré. Son culte a perduré jusqu’à nos jours.
FERNAND (Fête : 27 juin)
Prénom venant du germain fried, « protecteur », ou frithu, « paix », et nant, «
hardi, courageux ».
Les Wisigoths répandirent Ferdinand en Europe, et principalement en
Espagne. Fils d’Alphonse IX, saint Ferdinand III (1199-1252), roi de Castille
et d’Aragon, reconquit la majeure partie de l’Espagne sur les Arabes ; il fut
canonisé en 1671 par le pape Clément X.
FRANCOIS
(Fête : 4 octobre)
Le prénom vient du latin francus, « homme libre » ; dès l’origine, le mot a été
utilisé pour désigner les Francs. François coïncide donc exactement avec la
France, pays des Francs : il est, en quelque sorte, le Franc originel lui-même.
François est une forme ancienne du mot Français, dont il partage l’origine
latine et germanique. Le passage du gentilé au prénom est historiquement lié
à la canonisation de François d’Assise.
François est un dérivé de France, anciennement Francie dont le sens premier
est « pays des Francs ». C'est l’homologue en français du latin médiéval
Franciscus, « de France », lequel suit lui-même le germanique frankisk et a
donné par ailleurs la forme savante Francisque. Il renvoie au bas-latin
Francus, nom de peuple emprunté à l'ancien bas-francique Frank et aussi nom
commun signifiant « homme libre », d'où provient le français franc, franche.
L'étymologie fait ainsi de François (et du Français) « l'homme de France », soit
au sens premier « l'homme du pays des Francs » ou encore « l'homme du pays
des hommes libres ». On trouve les formes dérivées suivantes : Fran, Franz,
Pancho, Paco ou Franck.
Si le mot, sous la forme initiale franceis, est attesté en français dès le XIe
siècle, son usage comme nom de personne est plus tardif : c’est au XIIIe siècle
qu’il apparaît, d’abord sous la forme italienne Francesco, dans certaines
régions d’Italie en relations d'échanges avec la France. Il connaît à partir de là
une expansion qui reflète celle de la popularité de François d’Assise. On sait
que celui-ci naquit et fut baptisé Giovanni en l'absence de son père, lequel ne
voulait pas de ce prénom : de retour, il fit appeler son fils Francesco, « petit
Français », en hommage au pays où il menait de fructueuses affaires.
En France, c’est le rayonnement de la culture italienne à la Renaissance qui
favorisa son adoption. En moins de cent ans, il se hissa au rang des prénoms
les plus courants ; porté par des saints (François de Sales), des souverains,
des écrivains (Villon, Rabelais, Voltaire), des artistes, des hommes politiques,
il resta près de quatre siècles durant parmi les dix prénoms les plus donnés.
Au XVe siècle, la graphie François est commune au gentilé et au nom de
personne, qui se prononcent encore tous deux (« fransouè »). Mais pour le
premier et suivant une tendance globale et ancienne dans l'usage populaire,
la prononciation(« fransè »), qui se diffuse particulièrement à partir du XVIe
siècle, tend à prévaloir et devient au XVIIIe siècle d’usage général.
Parallèlement le prénom conserve la prononciation antérieure qui devient
(« fransoua ») à la fin du XVIIIe siècle. Ces évolutions divergentes se traduiront
tardivement dans l'écriture : ce n’est qu’avec la réforme de l’orthographe
appliquée à partir de l’édition de 1835 du dictionnaire de l’Académie française
que l’on pourra distinguer, à l'écrit comme à l'oral, Français et François.
La longue popularité du prénom a commencé à décroître à partir du début du
XXe siècle et la tendance s’est fortement accentuée depuis les années 1960.
Selon les chiffres de l’Insee, en France 389 473 personnes ont été prénommées
François au cours du siècle dernier. Depuis 1900, le prénom se classe au 19e
rang parmi les prénoms masculins.
FREDERIC (Fête : 18 juillet)
Prénom germanique formé des racines frid « la paix » et ric « puissant ».
Ce prénom médiéval est parmi les plus employés en Europe, et sa vogue s’est
maintenue sans défaillance jusqu’à nos jours, où elle se porte plutôt bien. La
forme féminine, Frédérique, est en revanche plus rare en France actuellement.
On trouve aussi les variantes Fred ou Freddy
Évêque d’Utrecht au IXe siècle, saint Frédéric se permit de jeter l’anathème
sur la conduite, ou l’inconduite, de Judith, épouse de l’empereur Louis le
Pieux, petit-fils de Charlemagne ; Judith n’hésita guère, et deux sbires à ses
ordres occirent saint Frédéric.
GILBERT (Fête : 7 juin)
Prénom masculin qui provenant du germanique Giselbert formé des racines
gisil « descendant » et bert « illustre, brillant ».
Seigneur de Sempringham au XIIe siècle, saint Gilbert fut lié d’amitié avec
Thomas Becket ; devenu prêtre, il transforma ses domaines en lieux de prière
et y fonda deux monastères. D’autres saints furent également des Gilbert, et
notamment saint Gilbert de Neuffonts, seigneur d’Auvergne, qui, au retour de
la deuxième croisade, entraîna sa femme et sa fille dans une vie strictement
pieuse.
En faveur en France jusqu’à la dernière guerre mondiale, ces deux prénoms
ont ensuite décliné.
GUILLAUME (Fête : 10 janvier)
Prénom germanique issu de deux éléments will « la volonté » et helm « heaume,
casque, protection ». Guillaume est une forme de langue d’oïl correspondant
au prénom occitan Guilhèm, à l'anglais William et à l'allemand Wilhelm.
Guillaume est un prénom fort courant depuis le IXe siècle, aussi bien en
Allemagne (sous la forme Wilhelm) qu’en Angleterre (William) et en France, où
il se fera plus rare après la guerre de 1914-1918, Guillaume ayant été le nom
du Kaiser. Les « guillemets » de l’écriture sont dus à un imprimeur nommé
Guillaume, au XVIIe siècle.
Guillaume a pour principales variantes masculines Guilhem (occitan),
Guilherme, Guillem (occitan), Guillemin (hypocoristique), Guillerme (breton),
Guillermo (espagnol), William (ancien normand et anglais) et pour formes
féminines Guillaumette, Guillaumine, et Guillemine. On trouve aussi le
diminutif Bill, Billie ou Willis
HUBERT (Fête : le 5 novembre)
Prénom composé du substantif « hug », « l’intelligence », et de l'adjectif « behrt »
« brillant, remarquable ».
Ce prénom, contrairement aux prénoms d’origine germanique qui se réfèrent
souvent à des valeurs guerrières, évoque des qualités intellectuelles. Hubert
est donc plus doué pour la réflexion que pour le combat, pour le conseil éclairé
que pour l’action brutale. Ce prénom commença à se répandre dans toute
l’Europe de l’Ouest dès le VIe siècle. Sans jamais atteindre une grande
popularité, il a fait une carrière honorable dans la plupart des pays.
Après la longue éclipse des prénoms médiévaux aux XVIIe et XVIIIe siècles, il
a retrouvé le succès à partir de 1850 et jusque vers 1925, fut assez fréquent
aussi bien en Angleterre qu’en Italie, en Allemagne qu’en France. Depuis, il
s’est fait assez discret, à part dans la « bonne société ».
Saint Hubert, évêque au VIIIe siècle, de Tongres, Maastricht et Liège, en
Belgique, fut un évangélisateur qui lutta énergiquement contre les coutumes
païennes dans les forêts ardennaises. Longtemps après sa mort, au XIVe
siècle, on inventa la fameuse légende selon laquelle il aurait été converti en
voyant, lors d’une partie de chasse, une grande croix à l’intérieur de la ramure
d’un cerf.
LOUIS (Fête : 25 août)
Prénom issu du germain hold, « illustre, glorieux », et wig, « bataille,
combattant ». Roi germanique, Clovis s’appelait en fait Chlodowig, et, de père
en fils et de Chlodouis en Hludouuivus et Hlodovico, le prénom alla bon train
jusqu’à Ludovic et Louis. Ainsi le chef des francs annonçait-il la longue cohorte
dynastique des dix-huit Louis, rois de France. Remarquons la forme
néerlandaise, (Lodewijk), ou allemande (Ludwig) qui sont restées proches de
« Chlodwig ».
Le Moyen Âge européen exalta ce prénom, notamment la France : Saint Louis
IX (1214-1270) étonna et subjugua par sa piété, sa sagesse, sa justice et son
chêne. L’Hospice des Filles-Dieu, les Quinze- Vingts, la Sainte-Chapelle et
l’invention du Parlement, voilà ce dont nous lui sommes, entre autres bienfaits
et bénédictions, toujours redevables. Mais il voulut guerroyer et se faire croisé.
Cette expédition ne lui fut pas favorable : il fut fait prisonnier et réexpédié en
France contre une rançon monumentale, et une seconde croisade, où la peste
l’emporta (Tunis, 1270).
On trouve les variantes suivantes : Loïc, Ludovic
NORBERT
(Fête : le 6 Juin)
Ce prénom est formé sur le vieux germanique « north » désignant « l’homme
du nord » et l’adjectif « berth » signifiant « glorieux, renommé ».
Ce prénom, attesté en Europe depuis le IXe ou Xe siècle, se diffusa surtout
en Angleterre, en Allemagne, dans les Flandres et dans une partie de la
France. Il resta toujours très exceptionnel dans les pays méditerranéens. De
nos jours, il est d’un emploi régulier mais peu fréquent. En France, il a connu
un succès relatif entre 1920 et 1950, mais est depuis devenu assez rare.
Cousin et chapelain de l'empereur d'Allemagne Henri IV, saint Norbert mena
longtemps une vie dissipée. En 1115, victime d'un accident de cheval pendant
un orage, il se convertit. Il fonda ensuite, à Prémontré, près de Laon, un
nouvel ordre religieux dont les membres étaient à la fois moines réguliers et
prêtres séculiers. Cet ordre existe toujours aujourd'hui, sous le nom de
prémontrés, et compte plus de mille cinq cents membres.
Il semble que seuls 6 enfants nés en 2003 en France ait reçu le prénom
Norbert et que 27000 personnes l’aient reçu depuis 1900.
ROBERT (Fête : 30 avril)
Prénom germanique, fréquemment attesté en France. Il est issu des éléments
germaniques hrod « gloire » (cf. Roger) et beraht « brillant, ilustre » (cf. noms
en -bert )
Il a pour variantes ou diminutifs masculins Bob ou Bobby mais aussi Robin.
Ce prénom fut très répandu chez les Robertiens, ancêtres directs des
Capétiens. On retrouve d'ailleurs ce prénom quasiment à chaque génération.
Philippe IV le Bel fut le dernier roi capétien à attribuer le prénom Robert à l'un
de ses fils.
Le roi des Francs Robert Ier fut le parrain de Rollon, chef viking et premier duc
de Normandie qui transmit son nom de baptême à sa descendance. Le prénom
Robert devint ainsi très populaire dans le duché de Normandie, puis, après la
conquête de l'Angleterre en 1066, il se répandit en Grande Bretagne où il est
toujours l'un des prénoms les plus populaires. Le prénom Robert s'est ainsi
diffusé en Europe Occidentale puis en Amérique et aussi bien dans les pays
de langues romanes que germaniques.
Saint Robert (1025-1110) fut, à l’âge de quinze ans, nommé prieur du
monastère bénédictin où il était entré. Réformateur, il se heurta à la rigidité
des moines et s’en alla se faire ermite en forêt de Molesme. Une communauté
érémitique se regroupa autour de lui et, de dons des seigneurs en dons des
seigneurs, commença à vivre grassement. Saint Robert n’apprécia pas et s’en
alla ; il fonda l’abbaye de Citeaux, mais fut contraint par le pape de retourner
à Molesme. Robin, diminutif de Robert, a été popularisé par le grand Robin
des Bois et désignait, en français médiéval, un mouton.
RODOLPHE (Fête : 21 juin)
Prénom issu du germanique Hrodwolf, composé des deux éléments hrod
« gloire » et wulf « loup ».
En français, le prénom est devenu Raoul (< *Radolf qui est un équivalent vieux
bas francique de Rodolf. cf. bas allemand Radolf), ou Rollon (Viking devenu
premier duc de Normandie). On trouve également les variantes Ruddy.
Très vieux prénom germanique, Rodolphe est devenu Rolf dans les pays
scandinaves et Ralph en Angleterre ; en Allemagne, Rudolph ou Rodolf sont
aujourd’hui encore très en faveur. Rodolphe se fait toutefois discret en France
de nos jours. Saint Rodolphe, au IXe siècle, fut évêque de Bourges et participa
à plusieurs conciles.
ROGER (Fête : 30 décembre)
Prénom forgé sur deux racines germaniques hrod « gloire » et gari « lance,
javelot ». C’est la version française (et anglaise suite à la conquête normande)
du prénom masculin Hrodgari, dont la forme allemande principale est Rüdiger.
Dans ses dérivés, nous retrouvons Dodge, Rog, Ruttger, Rogeric, Ruggero
Prénom très prisé pendant le Moyen Âge, et notamment le Moyen Âge
germanique, Roger s’éclipsa vers le XVIe siècle ; il se maintient de nos jours
avec une présence faible. Il a laissé sa trace, en outre, dans nombre de
patronymes, comme Rougier, Rogier, Rougerie, Rogeron. De saint Roger (XIIe
siècle), on sait seulement qu’il fut évêque de Cannes.
5. Prénoms d’origine hébraïque
ANNE (Fête : 26 juillet)
Prénom d’origine hébraïque provenant du mot Hannah signifiant « la grâce ».
Sa forme masculine en hébreu est Hanan, d’où Yohanan, qui a donné Jean et
leurs variantes. Il était un temps où Anne était un prénom masculin en
français (notamment porté dans l’aristocratie, comme Anne de Montmorency)
Anne est un prénom très populaire dans toute l'Europe et à toutes les époques.
On trouve les dérivés suivants : Anaïs, Anita, Annabelle, Annie, Annick,
Anouchka, Nancy et Ninon.
Anne et Joaquim, trop âgés pour avoir un enfant, en eurent tout de même un,
qu’un ange annonça à Anne : ce fut la Vierge Marie, elle-même future mère
immaculée, comme on sait, de Jésus. Anne est donc la grand-mère de Jésus,
et son culte est extrêmement répandu.
Virgile, dans son Énéide, en fait la sœur de Didon. L’Église acceptant au vie
siècle de reconnaître Anne comme une vraie sainte (seuls, en effet, les
évangiles apocryphes mentionnent Anne comme mère miraculeuse de Marie),
le prénom se répandit peu à peu sur l’Europe. Sa vogue, depuis, n’a pas décru.
DAVID (Fête : 29 décembre)
Nom venant de l’hébreu ‫( דוד‬daoud) qui signifie « aimé, chéri ». Ce prénom est
donné dans le monde juif en référence au roi David, premier roi d’Israël,
successeur de Saül. David, on le sait, fut le vainqueur de Goliath le Géant.
Bouillant personnage, David fit assassiner Urie le Hittite afin de pouvoir lui
ravir Bethsabée, sa femme, dont il eut un fils, le futur roi Salomon, qui lui
succédera. Auteur des Psaumes qui sont des monuments de la pensée
hébraïque et chrétienne, il vécut un millier d’années avant Jésus, lequel est
un descendant direct de sa tribu.
C’est le troisième nom le plus présent dans la Bible après Moïse et Abraham.
Parmi ses équivalents, on trouve Daoud en arabe et Daouda en Afrique noire.
L’Islam le considère comme un prophète.
De ce prénom dérivent Dave, Davy et Davina.
C’est à la fin du Moyen Âge que ce prénom s’est imposé en Europe, et
particulièrement en Angleterre, en Irlande, au pays de Galles et en Écosse. On
le trouve aussi aux Pays- Bas et dans le nord de la France, mais il est plutôt
rare en Allemagne.
ELISABETH (Fête : 17 novembre)
Elisheva (Élischeba, ‫ ֱאלִ ישֶׁ בַ ע‬en hébreu) était l'épouse d’Aaron, l’ancêtre des
Cohen dans la Bible.
En hébreu, Eli signifie « mon Dieu ». Sheva peut signifier « serment » ou
« subsistance ». (Sheva signifie aussi « sept », chiffre de la Perfection en
hébreu). Le nom Elisheva peut donc à la fois signifier « Mon Dieu est mon
serment » (Je jure par mon Dieu) et « Mon Dieu est ma subsistance ».
Selon certaines interprétations, Elisheva était la même que Puah, une des
justes sages-femmes mentionnées dans l'Exode. Ceux qui soutiennent cette
interprétation croient que sa position comme aïeule de la caste sacerdotale
était une récompense pour avoir sauvé les enfants hébreux.
Ce prénom compte de nombreuses variantes qui sont souvent devenus des
prénoms (Lisa, Lise, Lily, Lis, Ilse, Elise, Elsa, Betty, Bessie et le surnom
Babeth). En espagnol, le prénom n’existe pas : on l’appelle Isabel. Isabelle est
en effet une autre forme d’Elisabeth.
Zacharie et Élisabeth, vieux époux trop âgés pour procréer, se virent tout de
même gratifiés d’un enfant, annoncé par l’ange Gabriel ; la cousine
d’Élisabeth, la Vierge Marie, se retrouva dans la même situation. Ainsi
naquirent Jean le Baptiste et Jésus. Fils d’Élisabeth et du Saint-Esprit, Jean
annoncera la venue de Jésus. Le vieux Zacharie, d’abord perplexe, reconnut,
et les siècles suivants également, la sainteté d’Élisabeth. Une douzaine
d’autres saintes et bienheureuses portèrent le nom d’Élisabeth.
C’est en France que, par la suite, Isabelle et Élisabeth connurent deux
existences distinctes, alors qu’il s’agissait d’abord d’un seul et même prénom.
Dès le XIIe siècle, Élisabeth fit partie des prénoms féminins les plus en vogue
en Europe, en Angleterre ; il s’imposa définitivement à partir du XVIe siècle.
EMMANUEL (Fête : 25 décembre)
Le prénom Emmanuel vient de l’hébreu imanu-el, « Dieu est avec nous ». Il est
dérivé de Immanouel : ime « avec », anou « nous » et El « Dieu » ce qui signifie
donc « Dieu est avec nous ».
On rencontre les dérivés suivants : Manolo, Manuel, Manu Emma ou Manolis.
Emmanuel, dans l’Ancien Testament, est le nom par lequel le prophète Isaïe
désigne le messie à venir, annonçant qu’il naîtra d'une vierge. Pour les
chrétiens, c’est un adjectif qui qualifie le christ (l’Emmanuel) en souvenir de
sa naissance terrestre, Dieu venu parmi les hommes. C’est pourquoi dans les
calendriers chrétiens il est célébré le 25 décembre
GABRIEL (Fête : 26 mars)
Prénom d’origine hébraïque formé sur les mots gabar désignant « la force » et
el issu de Elohim « dieu », ce qui signifie donc « Force de Dieu ». Il se réfère à
l’archange Gabriel de la Bible.
On trouve également les dérivés suivants : Gabin ou Gaby.
Avec saint Michel et saint Raphaël, saint Gabriel est l’un des trois saints extrahumains de la Bible, puisque ces trois-là sont des archanges, chefs des
armées célestes. De surcroît, Gabriel est un messager chargé de missions très
spéciales, puisqu’il vient annoncer au vieux couple d’Élisabeth et de Zacharie
l’inattendue naissance d’un fils, qui sera Jean le Baptiste. Mais Gabriel est
encore venu jouer les télégraphistes de Dieu en annonçant à la jeune Marie
qu’elle serait la mère de ce Jésus. Ce rôle de messager parfait sera
officiellement reconnu en 1951 par Pie XII, qui a consacré Gabriel comme saint
patron des télécommunications.
Le prénom Gabriel fut en faveur au Moyen Âge, mais il ne s’imposa en
Angleterre qu’à la fin du XVIe siècle. Depuis le XIXe siècle toutefois, Gabrielle
l’emporte sur Gabriel en popularité, et notamment en Allemagne, au point qu’à
la fin des années 1950, elle était le prénom féminin le plus employé en
République fédérale. Par ailleurs, les Noirs américains sont très attirés par ce
prénom biblique.
JACQUES (Fête : 28 novembre)
Prénom hébraïque ya’aqob, « que Dieu favorise ». Jacques est donc un double
de Jacob. Le prénom est sans doute porté en référence au fils d’Isaac et de
Rebecca ; Jacob dut fuir le courroux d’Esaü, son frère, assez niais pour lui
avoir cédé son droit d’aînesse contre un plat de lentilles.
L'adjectif français correspondant au prénom est jacobéen ou jacobin. Jacobite
a aussi été utilisé jusque vers les années 1950. Depuis les années 1980 un
nouvel adjectif a été forgé : jacquaire. Il est de plus en plus employé pour tout
ce qui lié à saint Jacques, en relation avec le pèlerinage à Compostelle. On
nomme « associations jacquaires » les associations d'anciens pèlerins. On
parle de symboles jacquaires. Par extension, le patrimoine jacquaire est tout
le patrimoine lié aux cultes à saint Jacques, qu'il soit en relation avec
Compostelle ou non.
Jacquet était au Moyen Âge le nom donné aux pèlerins de Saint-Jacques-deCompostelle.
On trouve les dérivés suivants : Cob, Diego, James, Jim, Jimmy, Santiago ou
Tiago
JEAN (Fête : 4 août)
Le nom latin Johannes est lui-même un emprunt au grec Ioannès qui procède
de l’hébreu Jeho ou Yeo (le « j », le « i » ou le « y » n'étant pas différenciés dans
cette langue), contraction de YHWH, Javeh ou Jeho-vav « Dieu », combiné avec
l'élément hanan « miséricordieux », d'où le sens global de « Dieu accorde » ou
« Dieu fait grâce. »
Il est devenu populaire dans le monde chrétien en mémoire de saint JeanBaptiste et de saint Jean l’Evangéliste.
Jusque dans les années 1950, Jean était le prénom le plus souvent donné à
un garçon en France. Depuis, sa popularité décroît continuellement.
En anglais, Jean est un prénom féminin, dont la forme masculine est John.
Jeanne se dit plus généralement Joan, telle Jeanne d’Arc, traduit par Joan of
Arc.
On trouve aussi les variantes suivantes : Jeanne, Hans, Ivan, Janyce, John,
Johnny, Jane, et Johan
JOSEPH (Fête : 19 mars)
Ce prénom vient de l’hébreu ‫יֹוסֵ ף‬, (Yosef) yôsephyâh, « que Iavhé (Dieu) ajoute
».
On trouve les dérivés suivants : Joséphine, Josette, Fine, Josie, José, Joe,
Josiane, Pepe, Peppone, Youssef.
Joseph, charpentier, dut accepter la et miraculeuse grossesse de Marie.
Joseph est logiquement devenu le patron des métiers du bois. Une
quarantaine d’autres saints portèrent ce prénom, dont saint Joseph
d’Arimathie, qui s’arrangea pour que le Christ soit enseveli dans la tombe qu’il
s’était fait aménager pour lui-même, ou saint Joseph de Copertino, fervent
mystique porté à la lévitation par d’étonnantes extases. Curieusement, ce n’est
qu’après 1870, date à laquelle Pie IX promut saint Joseph patron de l’Église
universelle, que ce prénom connut vraiment une grande faveur, ainsi que son
principal dérivé féminin, Joséphine.
Josette, Josiane sont d’origine encore plus récente, puisqu’elles ne surgissent
qu’à partir du début du XXe siècle.
MATHIEU
(Fête : 21 septembre)
Matthieu est d’origine hébraïque. Le nom provient de « matith » (don) et « Yâh »
(prononciation de la première lettre de YHVH, le nom de Dieu en hébreu).
L’étymologie de Matthieu est donc « Don de Dieu » (équivalent du grec
Théodore et du français Dieudonné).
MICHEL (Fête : 29 septembre)
Prénom d’origine hébraïque (‫מיכאל‬, Mikhael) qui signifie « Qui est comme Dieu »
dans une forme interrogative: MI (qui) + KA (comme) + EL (abréviation de
Elohim : Dieu). L’archange Michel, le plus éminent dans la tradition
chrétienne, explique la popularité du nom.
On trouve les dérivés suivants : Michael, Mickael, Mickey, Mike ou Mitchel.
L’image de Saint Michel, est celle de l’archange terrassant le Dragon, et qui
sera vénéré au même titre que saint Georges. Il crut bon d’apparaître
surnaturellement au « mont de Guargant », c’est-à-dire sur les lieux de l’actuel
mont Saint-Michel.
NATHANAEL (Fête : 24 août)
Prénom d'origine hébraïque dont dérive Nathan. On trouve aussi la forme
Nathanel, et Nathaniel dans les pays anglo-saxons. Il a pour formes féminines
Nathanaèle, Nathanaëlle et Nathanie. Ce prénom vient de l’hébreu natana’
« donner » et el « dieu », c’est-à-dire « Dieu donne ».
SAMUEL (Fête : 20 août)
Prénom hébraïque Shemu’el (‫)שמּואֶ ל‬
ְׁ qui peut signifier « son nom (shmô) est Dieu
(el) » ou « le nom (shem) de Dieu ». Il fut porté par un prophète de l’Ancien
Testament. Il a pour variantes ou dérivés Sam ou Sammy.
Au début de 2010, près de 74 000 personnes étaient prénommées Samuel en
France. C’est le 125e prénom le plus attribué au siècle dernier dans ce pays,
avec un pic de popularité en 1979 avec un nombre de 2 332 naissances.
Deux livres de la Bible portent le nom de Samuel, prophète du peuple hébreu
qui, onze siècles avant la venue de Jésus, fonda la première monarchie de son
peuple en oignant Saül, puis David, comme rois d’Israël. La tradition juive
tient Samuel pour presque aussi important que Moïse. Après la Réforme, les
protestants ont usé et usent encore de ce prénom venu de la nuit des temps.
SIMON (Fête : 28 octobre)
Prénom dérivant de l’hébreu shim’ôn « qui est exaucé », donc 3dieu a entendu
ma souffrance »
Saint Simon le Zélé était l’un des douze apôtres. Dix-sept autres saints furent
des Simon, et huit des Siméon. Ces prénoms ont traversé les siècles et sont
encore en usage de nos jours, même si Simone semble actuellement plus en
faveur que les formes masculines du prénom.
THOMAS (Fête : 3 juillet)
Prénom masculin issu de l’araméen « te'oma (‫ » )תאומא‬signifiant « jumeau ».
C’est également avec ce sens qu'on le trouve dans l’Evangile de saint Jean
« Thomas, appelé Didymus », à savoir, « jumeau » en grec (didymos). La graphie
du nom Thomas est une transcription du grec Θωμάς.
Le prénom Thomas a surtout été popularisé par saint Thomas, l’un des
apôtres. Il a connu un regain avec le diminutif Tom
6. Liste des prénoms russes
Traditionnellement, de nombreux prénoms russes sont traduits par leur
équivalent français. Ainsi, Piotr/Petr devient Pierre, Ékatérina devient
Catherine. Un faible nombre de prénoms est repris sans adaptation, lorsque
le lien avec la version française n'apparaît pas comme évident, ou quand le
nom français est tombé en désuétude : Ilia et non Élie, Vladimir et non
Valdemar.
Jusqu'aux années 1990, les prénoms d'immigrés russes étaient traduits à leur
enregistrement en France. La fin de cette pratique est concomitante avec
l'abandon progressif des francisations de prénoms russes.
Principaux prénoms féminins
/…/ donne une phonétique intuitive
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Елена (/iéléna/, équivalent d'Hélène)
Наталья (/natalya/, équivalent de Nathalie)
Мария (/mariya/, équivalent de Marie)
Ольга (/olga/, prénom pré-Chrétien dérivé d'Helga)
Александра (/alexandra/, équivalent d'Alexandra)
Оксана (/aksana/, prénom féminin ukrainien le plus répandu)
Ксения (/ksénia/, du grec Xenia)
Екатерина (/iékatérina/, équivalent de Catherine)
Анастасия (/anastassiya/)
Юлия (/youlia / Julie)
Елизавета (/iélizavéta/, équivalent d'Élisabeth)
Карина (/karina/, équivalent de Karine)
Татьяна (/tatiana/, équivalent de Tatiana)
Principaux prénoms masculins
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Николай (/nikolaï/, équivalent de Nicolas)
Борис (/baris/, dérivé de Borislav, nom slave pré-Chrétien signifiant
combattant du bien)
Владимир (/vladimir/, nom slave pré-Chrétien signifiant Seigneur de
l'Univers)
Пётр (/piotr/, équivalent de Pierre)
Андрей (/andréï/, équivalent d'André)
Александр (/alexandr/, équivalent d'Alexandre)
Дмитрий (/dmitri/, d'origine grecque)
Сергей (/sergueï/, d'origine grecque, équivalent de Serge)
Алексей (/alekseï/, d'origine grecque, équivalent d'Alexis)
Иван (/ivane/, équivalent de Jean)
Юрий (/youri, d'origine grecque, équivalent de Georges)
Артём (/artiom/ , équivalent d'Artème)
Diminutifs
Les diminutifs (variantes de prénoms utilisées couramment) existent pour
pratiquement tous les noms. Voici quelques noms courants et quelques
diminutifs.
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Alexandre (Александр) → Sacha (Саша), Choura (Шура), Alex (Алекс)
Anastasia (Анастасия) → Nastia (Настя), Assia (Ася)
Antonina (Aнтонина) → Tonia (Тоня)
Dmitri (Дмитрий) → Dima (Дима), Mitia (Митя)
Éléna (Елена) → Léna (Лена), Aliona (Алëна)
Elizaveta (Елизавета) → Liza (Лиза)
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Ivan (Иван) → Vanya (Ваня), Ivanouchka (Иванушка) (pour les petits
enfants)
Maria (Мария) → Macha (Машa)
Natalia (Наталья) → Natacha (Наташа), Nata (Ната)
Nikolaï (Николай) → Kolia (Коля)
Vladimir (Владимир) → Volodia (Володя), Vova (Вова)
Certains diminutifs ont des variantes particulières, par exemple Alekseï →
Lyokha, Aliocha, Aliochka, Vania → Van'ka, Sacha → Sachka, etc. La
majorité des diminutifs se terminent en "a" ou en "я" (/ya/). Pour exprimer
une relation d'amitié ou d'intimité plus marquée, on utilisera la forme
superlative, "-еньк" (/ïenk/) comme suffixe: Masha → Mashen'ka