Évaluation des diplômes de l`École supérieure des beaux
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Évaluation des diplômes de l`École supérieure des beaux
Section des Formations et des diplômes Évaluation des diplômes de l’École supérieure des beaux-arts de Marseille DNSEP Option : Art DNSEP Option : Design Décembre 2010 Section des Formations et des diplômes Évaluation des diplômes de l’École supérieure des beaux-arts de Marseille DNSEP Option : Art DNSEP Option : Design Décembre 2010 Présentation de l’École En 1752 est fondée L'École académique de dessin de Marseille à l'initiative de Michel François Dandré-Bardon, membre de l'Académie royale, peintre du Roi et professeur de Fragonard. Créée sur le modèle de l'Académie royale, elle dispense l'enseignement du dessin « pour le bien et l'avantage du commerce, des arts et manufactures » et est donc essentiellement un établissement de formation aux arts décoratifs. Devenue « École des beaux-arts de Marseille », elle est progressivement installée à partir de 1968 à Luminy, dans des locaux propices à mener des pédagogies innovantes sous l’impulsion d’artistes tels que Mario Prassinos, César, Martial Raysse, Grau Garriga, Jacques Busse. Elle propose dès 1973 aux étudiants les trois départements issus de la réforme : art, environnement et communication. Les recrutements de Claude Viallat en 1973 et, en 1975, les nominations de Joël Kermarrec, Tony Grand, Christian Jaccard et Max Charvolen puis, pour la philosophie et l’histoire de l’art de Marcelin Pleynet et Yves Michaud, lui donnent une forte assise pédagogique nécessaire pour renouveler les enseignements et une envergure nationale. Le nombre des étudiants inscrits se situe aux alentours de 360 étudiants, en augmentation en cette rentrée 2010/2011 puisqu’il approche les 400 inscrits. Présentation de l’option Art Si la mission des écoles supérieures d’art est bien de former les créateurs de demain, les objectifs artistiques comme pédagogiques de l'option « Art » s’appuient sur une double exigence à l’œuvre dans l’ensemble du projet : expérimenter des attitudes d’invention, mais dans un jugement critique facteur de responsabilité. Il s’agit de permettre à l’étudiant d’acquérir un engagement de transformation et d’innovation, de s’inscrire dans une aptitude de compréhension des mutations et de capacité d’adaptation aux réalités de la création et de ses secteurs professionnels. L’option « Art » compte 185 étudiants dont 94 en second cycle, de la seconde à la cinquième année, la première année étant commune aux deux options. Appréciation générale L’enseignement et les personnalités qui y participent donnent une image réelle de sérieux à l’option « Art ». L’implantation de l’école dans la ville et la région est très forte, à la fois historiquement et par le nombre d’étudiants qui y en sont originaires avec également une ouverture vers l’extérieur. L’équipe très diversifiée, composée d'enseignants artistes et de théoriciens engagés sur la scène artistique, est de très bon niveau. Points forts : La définition d'axes de recherche intéressants avec des partenariats établis et identifiés. Un réseau de partenaires dense avec les institutions culturelles et les acteurs académiques. Une équipe importante composée d'enseignants, d'artistes et de théoriciens engagés sur la scène artistique. Un mémoire en place mais pas présenté comme il convient dans le livret de l’étudiant. Un adossement socio-professionnel effectif, avec une initiative innovante de liens avec un réseau d'entreprises soutenant la production plastique des jeunes diplômés. Points faibles : Pas d'évaluation des enseignements. Pas de données d'insertion ce qui est dommageable, néanmoins un projet envisagé de manière plus systématique dans la perspective de la mise en place de l'EPCC. NOTATION GLOBALE (A+, A, B ou C) : A 3 Présentation de l’option Design L’offre pédagogique en option « Design » est répartie selon deux diplômes : un DNAT option « Design d’espace » (cycle court, qui compte 40 étudiants de la deuxième à la troisième année) et un DNSEP option « Design » (cycle long) précédé d’un DNAP option « Design ». La première année est commune à l’ensemble des options (« Art » et « Design »). Sur l’ensemble du cursus « Design », l’option compte en 2010 93 étudiants, dont 26 pour le second cycle. Appréciation générale L’Ecole des beaux-arts comptait en 1988 trois options. L’option « Communication » a été au cours de la dernière décennie réabsorbée dans les activités « Art ». Il semble que l’option « Design » perpétue quant à elle un lien fort avec l’Ecole d’Architecture mais ait besoin d’affiner plus encore sa spécification entre art, communication et urbanisme. Elle est orientée vers l’ingénierie. Il serait profitable pour l’option d’apporter une qualification plus précise à ses orientations pédagogiques, notamment comment elle envisage son positionnement par rapport à l’existence du cycle court « Design d’espace ». On trouve dans le dossier (dans les emplois du temps et le Livret de l’étudiant) d’assez nombreuses indications quant à la façon dont est organisé l’enseignement du Design, cependant les informations ne sont pas suffisamment orientées (« vectorisées ») vers une présentation spécifiée. Points forts : L’apprentissage des pratiques de modélisation et la sensibilisation intellectuelle aux problématiques de la Ville aujourd’hui. Des stages crédités. Un mémoire en place. Un adossement à la recherche avéré et de qualité, s’inscrivant dans la durée et prenant appui sur une équipe de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille, dans laquelle les enseignants de l’école ont une part active. Points faibles : Des difficultés à positionner l’option transparaissent dans les documents fournis. Une déperdition d’étudiants entre la quatrième et la cinquième année. Le projet pédagogique n’est pas suffisamment spécifié. NOTATION GLOBALE (A+, A, B ou C) : A Recommandations éventuelles pour l’établissement Concernant l’option « Art » : Il conviendrait d’enrichir le livret de l’étudiant par des informations relatives au mémoire, à ce jour les documents fournis par l’école n’apportent aucune précision sur cet outil qui doit accompagner et dynamiser la recherche en art. En complément du docteur en esthétique, l’option gagnerait à se doter, aux côtés des remarquables personnalités déjà présentes au sein de l’équipe, de quelques interlocuteurs ayant engagé une recherche académique. L’activité éditoriale devra se concrétiser comme un des outils de l’adossement à la recherche. Concernant l’option « Design » : Afin de mieux distinguer sa spécificité, l’option devra prendre en compte le fait que certaines orientations revendiquées, telles que la prises en considération de l’espace ou l’usage des outils de modélisation, ne sont plus aujourd’hui l’apanage exclusif d’une option « Design » mais participent également d’une formation en art. De même, 4 elle devra accentuer les traits de différence entre ses étudiants et ceux de l’Ecole d’architecture et ceux du Polytech de Marseille. Concernant ses activités de recherche, il lui faudra aussi veiller, à terme, à activer de nouveaux partenariats avec l’Université ou d’autres institutions ; celui avec l’école d’architecture voisine est certes bien finalisé, mais l’option gagnera certainement à développer des relations plus variées et peut-être moins exclusives afin de renforcer un adossement à la recherche déjà solide. L’option « Design » trouve sa place dans l’agencement pédagogique de l’école mais peine encore à s’affirmer pleinement en regard de l’option « Art » dont le poids demeure plus important. Pour y remédier, il serait profitable à l’option de mieux circonscrire son objet propre, lequel témoigne encore à l’heure actuelle d’une certaine indétermination. Y-a-t-il du sens dans cette indétermination : une perception des espaces contemporains comme « espaces sans qualités » ou la recherche est-elle trop dépendante de l’Ecole d’architecture voisine ? Son contenu pédagogique gagnera à être densifié afin de faire école ou de soutenir un esprit de recherche ciblée. L’option devra travailler à préciser ses contributions à la définition du design et à conforter une pédagogie basée sur la revendication de qualité créative tout en y introduisant une critique des pratiques qui s’en réclament. Avis détaillé de l’option Art 1 OBJECTIFS (scientifiques, artistiques et professionnels) : L'objectif premier de la formation est de former des artistes. L'ensemble de l'offre de formation met l'accent sur les enjeux de l'art aujourd'hui, de manière à ce que l'étudiant acquière une compréhension et une maîtrise des enjeux artistiques, techniques, esthétiques, structurels et politiques du monde de l'art contemporain. La colonne vertébrale des enseignements est double : elle fait se croiser parcours de l'étudiant et programmatique pédagogique - programmes par année et studios (ateliers du travail de création) qui proposent à l’élève un choix dans l'ensemble des disciplines de la création. L'école forme des créateurs, mais son adossement au monde professionnel de l'art, dans toutes ces composantes, permet à l'étudiant sortant de s'inscrire dans les réseaux de l'art avec le sens de l'initiative, avec l'autonomie et la faculté d'adaptation auxquelles la maîtrise de son propre parcours dans l'école l'ont préparé. L'importance accordée aux stages, le séjour à l'étranger du septième semestre, jouent un rôle primordial dans cette optique professionnalisante, ainsi que la maîtrise des outils techniques (des plus traditionnels aux technologies de pointe de la création). Les étudiants sont préparés : aux fonctions de conception et de production d'expressions plastiques destinées à être reçues par un public et réalisées sur tous types de supports et de matériaux, dans le champ de la création en arts plastiques ; aux fonctions d'expertise et de diffusion artistique (dans le commissariat d'exposition, de critique d'art, de direction artistique ou de communication, de conception et de développement de produits et de service), aux fonctions de transmission des savoirs dans le cadre d'un enseignement artistique supérieur. Le document d’autoévaluation annonce de possibles fonctions de recherche intellectuelle, artistique et scientifique, dans et sur les processus de création (fonctions exercées à titre principal par exemple dans les métiers de la restauration et de la conservation préventive des œuvres, d'auteur de logiciels multimédia, de créateurconcepteur en design industriel et multimédia). Compte tenu de la politique de recherche actuellement en œuvre, politique de recherche extrêmement spécialisée, il n’est pas évident que ces fonctions puissent être réellement l’aboutissement de ces études. 5 2 CONTEXTE (positionnement, adossement recherche, adossement aux milieux socioprofessionnels, liens pédagogiques avec d’autres écoles et instituts, ouverture internationale) : L’option « Art » se déroule de la deuxième à la cinquième année. Elle est inscrite dans un environnement de formation qui offre un cycle court et un cycle long en design. L’école s’inscrit dans un réseau dense d'écoles supérieures dans la région avec lequel elle entretient des liens de partenariats. Un projet d'EPCC existe avec l'école d'Avignon. L'école se positionne sur un enseignement de l'art généraliste. Sa spécialité est de ne pas en avoir : elle porte une réflexion permanente sur la question des champs de l'art et donc de leur transmission, avec le projet de demeurer sur cette offre ouverte et complète des disciplines artistiques dans les arts plastiques. L'organisation en studios alliée à la densité des programmes théoriques et interdisciplinaires constitue une architecture originale, propre à l'établissement et reconnue comme telle, tant au plan national que régional. L'école se montre active dans la réorganisation actuelle du réseau régional qui vise à s'appuyer sur les caractéristiques de chacune des écoles supérieures d'art (leurs «spécialités») pour intensifier les partenariats. L'adossement à la recherche s'appuie sur la mise en place actuelle d'axes de recherche qui, afin de trouver ensuite leurs articulations et leurs partenariats avec la recherche académique, doivent trouver leur propre dimensionnement interne et partenarial (qui concerne aussi des équipes de recherche universitaire). Deux projets sont dans cette logique : Le laboratoire expérimental Pi-lab (appellation auto-instituée) travaille sur les relations entre la question sourde et malentendante et l'art. Pour déployer une réflexion sur cette question, un cours de formation en langue des signes (cycle A1, A2 et B1 du CECRL) a été ouvert aux élèves et aux enseignants dans l’école. Des professionnels de la question y sont également associés. Le projet « Dire en signes » est le seul projet de l’école à recevoir actuellement le soutien du Ministère de la Culture dans le cadre des appels à projets de recherche. La coordination de ce projet est assurée autant par des universitaires rattachés à des laboratoires que par des professionnels. On saluera l’existence d’un conseil scientifique qui rassemble les différents acteurs. Off the record recueille un grand nombre de partenariats institutionnels (universités, institutions culturelles). Au travers de workshops, de soirées (nuits d’études), d’expositions, le projet explore l'entretien d'artiste comme champ critique et le travail de l'artiste grâce au mode télévisuel. Cette recherche est ouverte à un large public de la culture et bénéficie d’un partenariat ave l’université de Paris 10/Ouest laboratoire FAAM (Femmes Auteures Anglo-Américaines) dont l’équipe est composée d’un maître de conférence au département d’études anglo-américaines, spécialiste du cinéma afroaméricain et des films studies ; une chercheuse et responsable de l’équipe Visualisation-InteractionExpérimentation au Département Recherche et Expérimentation INA; une enseignante à l’EHESS ; ainsi qu’un certain nombre d’acteurs culturels. La thématique est d’autant plus intéressante que « les prises de parole que constituent les entretiens d’artistes sont rarement considérées à part entière. Le chercheur en histoire de l’art ou en théorie de l’art s’y réfère traditionnellement comme une source importante pour corroborer sa thèse ou déceler des non-dits, des contresens mais les considère rarement comme des objets épistémologiques. Serait-ce un oubli de la part de la communauté universitaire ou bien un manque d’attention, une mise à l’écart qui révèlerait en soi une certaine généalogie des savoirs ? » Il y a ici le souci d’une méthodologie poreuse entre esthétique et éthique, philosophie de l’art et politique, qui s’inscrit dans le champ de la Standpoint Theory (littéralement « théorie du point de vue »), que nous traduirions en français par « une pensée des savoirs situés ». Cette dernière est un complexe théorique héritier des épistémologies marxistes, féministes et poststructuralistes. L'initiation à la recherche est présente également dans l'enseignement des quatrième et cinquième années dans les séminaires et les Ateliers de recherche et de création comme en atteste le récapitulatif des obligations pédagogiques dans le livret de l’étudiant. La valorisation de la recherche, notamment sur le plan éditorial, semble aujourd’hui encore à l’état confidentiel. L’objectif de l’école serait de continuer à candidater devant le Conseil scientifique de la recherche et des études du ministère de la culture afin de poursuivre le développement des axes de recherche. Il faut noter la présence d’une enseignante docteur en esthétique au sein de l’équipe et l’existence de partenariats établis (conventions existantes). 6 Concernant l’adossement socio-professionnel, l’Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13) et son club Art et Entreprise, dans une volonté de soutien à la jeune création, a engagé un partenariat avec l’École supérieure des beaux-arts de Marseille, afin d’établir ensemble des passerelles entre les entreprises et les artistes. Ce travail collectif art et entreprise s’inscrit dans les axes portés par Marseille Provence capitale européenne de la culture 2013. Il se traduit par deux actions menées conjointement : un accrochage annuel permanent organisé à l’UPE 13 d’une sélection de travaux d’étudiants de l’école et une exposition accompagnée d’une publication, présentant les œuvres réalisées par huit jeunes artistes, tous anciens étudiants de l’école, suite à leur résidence dans une des huit entreprises partenaires. L’organisation de cette "Rencontre entre deux mondes : travaux d’artistes" est suivie par un comité de pilotage composé de représentants de l’UPE 13 et de l’École supérieure des beaux-arts. Une charte précise les attentes et les engagements des acteurs de ce projet. Le premier aboutissement de ce travail réalisé par les artistes en dialogue avec les entreprises a été programmé en avant-première lors de la soirée Artissima, le 3 décembre 2009 à la Chambre de Commerce et d’Industrie. Ce partenariat est donc remarquablement bien mené. Des projets pédagogiques communs sont en cours avec les écoles du réseau régional, notamment avec les écoles supérieures d'art d'Aix-en-Provence, Arles et Toulon. Il faut souligner également l’engagement de l’École supérieure des beaux-arts dans l’action internationale qui se concrétise par un réseau d’écoles d’art partenaires très dense (des échanges d'étudiants au niveau international sont actifs avec 46 écoles, 24 pays, dans le réseau Erasmus et hors du continent européen) permettant à la plupart des étudiants de septième et huitième semestres d’effectuer des séjours d’études en Europe, sur les continents américain et asiatique dans un contexte international marqué par la mondialisation : Hambourg, Académie des beauxarts de Milan, Ecole d'arts visuels de Québec, Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, SIVA à Shanghai. L’ambition est d'aller au-delà des simples échanges d'étudiants et de prendre en compte des échanges de professeurs, des projets pédagogiques, d'initiation à la recherche. L’ESBAM et l’Institut d’Art Sopsi de Shanghai ont proposé cet automne deux expositions d’art contemporain simultanément dans les deux villes. Cet échange contribue à instaurer un dialogue entre deux institutions artistiques internationales. 3 ORGANISATION GLOBALE DE L’OPTION (structure de la formation et de son organisation pédagogique, politique des stages, mutualisation et co-habilitations, pilotage de la formation) : L’équipe est constituée de personnalités artistiques de tout premier plan. L’architecture des études présente ainsi un large dispositif, d’activités pédagogiques et de programmes, mettant en valeur la multiplicité des pratiques artistiques, pluridimensionnelles, leur mise en analyse critique, le croisement des apports théoriques, pratiques, techniques et technologiques. Autant d’approches qui sont en phase avec les nécessités de l’interdisciplinarité à l’œuvre dans la création et dans le monde contemporain. Après une première année commune et le choix entre les cursus « Art » ou « Design », les étudiants se déterminent pour rejoindre un atelier conduit par des artistes et des théoriciens. Ces ateliers proposés couvrent l’ensemble des champs de l’art : peinture, sculpture, vidéo, photographie, son, dessin, création numérique, édition… dans un esprit d’investigations artistiques et d’expérimentations ouvertes aux questionnements des enjeux esthétiques contemporains. L’atelier (« le studio »), est le lieu premier de la construction progressive du travail artistique mais aussi le lieu spéculatif où se vivent les envergures individuelles et collectives de la construction du travail plastique et visuel, prémices d’une attitude de recherche, où vient se réinvestir la culture générale. Le « studio » est le point de départ des trajectoires personnelles à destination des programmes d’enseignements que sont les cours théoriques, les conférences, les forums, les séminaires, les ateliers de recherche et de création (ARCs), les workshops, les voyages, les expositions dans la galerie de l’école en centre-ville de Marseille, les rencontres avec les nombreux intervenants extérieurs. Cette diversité de rendez-vous pédagogiques et leur configuration transversale dessinent autant de parcours autonomes d’études dans l’école que d’étudiants, de mobilités interdisciplinaires choisies dans la géographie des programmes aux multiples croisements des enseignements offerts par l’école. L’originalité du projet pédagogique tient alors dans le refus de la primauté des verticalités des cursus, qui tout en maintenant les progressivités incontournables propres à chaque année, du premier semestre jusqu’au dixième, ne trouvent leur justification qu’associés à l’interdisciplinarité. La structure de l'enseignement établit à la fois des continuités et des objectifs différents entre les deux phases : le studio est une unité transversale accessible aux étudiants des années 2 à 5, il est le lieu du choix des pratiques et médias privilégiés. La pratique du studio (de l'atelier) est traversée par les obligations pédagogiques propres à chacune des années (2 à 5) : cours, workshops, stages, conférences, voyages 7 pédagogiques,... qui s'intensifient en années 4 et 5 avec les programmes des séminaires et des ateliers de recherche et de création. L’expérience de l’art selon la règle du jeu de l’école des beaux arts ne peut exister sans le discours ; avec, autour, et au plus profond du projet de l’étudiant. En complément de l’obligation de suivre les cours théoriques d’histoire de l’art, d’esthétique et de philosophie, la construction théorique se bâtie au fil des semestres et doit permettre à l’étudiant de convoquer, de façon de plus en plus juste sa pensée théorique en phase avec sa pensée plastique, jusqu'à rendre significatif son propos en accord avec ses propositions. Et ainsi faire apparaître de façon intelligible son territoire de travail qui continuera à évoluer dans les semestres suivants, en phase projet. Ce propos doit s’appuyer sur de solides repères historiques, une méthodologie de la recherche documentaire, une articulation constante à la philosophie, aux questions de société ainsi qu’à une bonne prise de connaissance des territoires récents et actuels de l’art contemporain dans ses différents domaines. Les quatrième et cinquième années visent à mobiliser une démarche de recherche approfondie, à optimiser les compétences théoriques et les pratiques autour d’un projet précédemment acquis et à affirmer une exigence de qualité des productions et de leurs conditions de visibilité à la mesure des enjeux de l'art et de la création actuelle. L'étudiant choisit en quatrième année un groupe de recherche composé de plusieurs enseignants dans un studio. Le travail en ARC, les séminaires théoriques et leurs pratiques sont obligatoires, au choix parmi les offres de l'école. Chaque étudiant doit être en capacité d’établir une bibliographie en phase avec son travail en recevant l’aide régulière des professeurs de théorie et des artistes professeurs. Selon l’idée qu’il existe en préalable un socle commun de culture générale dispensé dans l’école qui est une matière partagée par l’ensemble de sa communauté, il s’agit entre autres d’un ensemble composé de références communes et de repères théoriques fondamentaux qui permettent le dialogue et l’échange. Il est demandé aux étudiants de réfléchir et travailler à extraire et parfaire ce qui sera pour chacun d’entre eux, à partir de ces fondamentaux les éléments qui deviendront leur culture particulière, en relation avec leurs expériences de productions. Le mémoire se travaille pendant l'ensemble des semestres 7 à 10. Il donne lieu à des approches théoriques et méthodologiques programmatiques dirigées par les trois coordonnateurs de la phase dont un enseignant théoricien, qui synthétisent l'évaluation du travail de l'étudiant et sa progression. Les coordonnateurs évaluent notamment la manière dont le mémoire, son sujet et la dimension d'initiation à la recherche s'élaborent dans une autonomie articulée aux préoccupations artistiques et créatives de l'étudiant. Les différents stages en milieu professionnel de création et de production (musées, centres d’art, entreprises, assistance d’artistes) effectués sont intégrés dans le cursus et ont pour objectif d’amener l’étudiant à mesurer l’importance des processus de médiation et de diffusion. Une indication sur leur caractère facultatif ou obligatoire et sur leur durée aurait été bienvenue. 4 BILAN DE FONCTIONNEMENT (origines géographiques constatées des étudiants, flux, taux de réussite, auto-évaluation, analyse à 2 ans du devenir des diplômés, bilan prévisionnel pour la prochaine période) : L’équilibre de l’origine des inscrits est aujourd’hui satisfaisant entre les étudiants venant de Marseille et de son département, de la région PACA et de l’ensemble du territoire national. L’école souhaite mettre l’accent sur le recrutement d’étudiants européens en s’appuyant sur une politique de conventionnement avec des formations supérieures en arts plastiques et visuels allant au-delà des échanges de séjours d’étudiants et comportant des invitations d’enseignants plus systématiques, des projets communs pédagogiques, artistiques et allant jusqu’à la dimension de l’initiation à la recherche. Le cadre futur de l’EPCC doit permettre de mettre en place un service des relations internationales plus efficient, notamment en termes de ressources humaines et de moyens budgétaires afin de mener cette politique prioritaire pour les prochaines années dans le projet d’établissement. L’attractivité de l’école sur le plan national se traduit par 35% d’inscrits originaires d’autres régions que de PACA. Le niveau démographique du département des Bouches-du-Rhône explique le fort taux d’inscrits locaux (1/3 en moyenne). Il faut ajouter les étudiants en séjours d’études, au nombre constant d’une quarantaine, qui intensifient cette vie internationale de l’école puisque chaque année, à ces divers titres, une centaine d’étudiants étrangers sont présents dans l’établissement. Il n’existe pas d’évaluation des enseignements par les étudiants à ce jour. De même les modalités du suivi de l’insertion professionnelle sont différées à la création de l’EPCC. 8 Avis détaillé de l’option Design 1 OBJECTIFS (scientifiques, artistiques et professionnels) : Très logiquement, la formation se donne pour but la compréhension et la maîtrise des enjeux artistiques. Elle y associe avantageusement (dans la Cité de Marseille) une réflexion politique. L’option vise à former des créateurs capables de s’inscrire dans les réseaux vivants par son « adossement au monde professionnel de l’art », ce qui traduit une volonté de former les étudiants à un vaste panel de métiers en lien avec le design : créateur-concepteur en design graphique, designer de produit, d'espace et d'environnement, dessinateur textile, scénographe etc. Le dossier principal présenté par l’école ne distingue pas l’option « Design » de l’option « Art », ce qui a rendu malaisée une lecture spécifique des données relatives à l’option « Design ». 2 CONTEXTE (positionnement, adossement recherche, adossement aux milieux socioprofessionnels, liens pédagogiques avec d’autres écoles et instituts, ouverture internationale) : Elle appartient au réseau (« L’Age d’or ») des Ecoles supérieures d’art réunissant les écoles de PACA et du Languedoc-Roussillon ; ce réseau est en cours de reconfiguration. Les enseignants de l’équipe « Design » se sont associés activement à une équipe de recherche de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille habilitée par le Bureau de la recherche de la direction de l’Architecture et du paysage. Nommée InsARTis (Interdisciplinarité et innovation pour l’art, l’architecture et l’ingéniérie), elle regroupe depuis 2004 des chercheurs et des enseignants issus des trois lieux d’enseignements supérieur suivants : Ecole d’art, Ecole d’architecture et Ecole polytechnique universitaire de Marseille. Le responsable de l’option « Design » en est un membre fondateur. Les axes de recherche sont identifiés : un premier sur les outils numériques dans le projet architectural ; un second sur les systèmes d’évaluation de la qualité architecturale dans le projet. InsARTis est à l’origine de colloques, de workshops en France et à l’étranger, de publications, de séminaires. Localement, la dynamique des échanges, des séminaires, des collaborations est bien lancée. L’adossement aux milieux socio-professionnels repose sur les entreprises « ouvertes à l’art », il serait sans doute intéressant de l’étendre davantage à celles qui produisent des objets artistiques ou réalisent un urbanisme créatif. Pour 2013, l’école est mobilisée dans la préparation des manifestations se plaçant dans le cadre de « Marseille capitale européenne de la Culture ». L’ouverture internationale est particulièrement active : des liens pédagogiques (jusqu’aux échanges de professeurs) avec d’autres écoles et instituts existent. S’ils concernent principalement les départements arts, l’option « Design » a identifié quelques interlocuteurs et peut faire état de séjours d’étudiants dans l’Ecole Supérieure d’arts appliqués de Budapest, la Faculté d’Art, Media et Design de Bristol, l’Ecole Supérieure de Design industriel de Rio de Janeiro, l’Ecole Supérieure d’Arts visuels de Genève, le College of Arts de San Francisco et l’Institut polytechnique de Tomar. 3 ORGANISATION GLOBALE DE L’OPTION (structure de la formation et de son organisation pédagogique, politique des stages, mutualisation et co-habilitations, pilotage de la formation) : L’offre pédagogique en design est répartie selon deux diplômes : un DNAT option « Design d’espace » (cycle court) et un DNSEP option « Design » (cycle long) précédé d’un DNAP option « Design ». Une première année commune prépare le choix entre les cursus « Art » ou « Design » ; cette année propédeutique inclut une sensibilisation au design. Dès la deuxième année sont offertes des possibilités de stages ; chaque étudiant est invité à mesurer, l’importance des pratiques de médiation et de diffusion. Les stages sont crédités et accompagnés d’un rapport. L’étudiant en « Design » observe des obligations pédagogiques clairement listées ; les emplois du temps sont spécifiés ; les enseignements y sont répertoriés, semestre après semestre. Les « studios » et Ateliers de recherche et de création (ARCs) de design sont identifiés ; certains s’adressent aux étudiants des deux options, en commun. L’étudiant qui entre en « phase projet » le fait après admission par une Commission ; il fonde son mémoire durant la quatrième année. 9 L’ensemble de cette organisation offre une structure stable. Les étudiants sont « associés » à l’initiation à la recherche dans le cadre de la dynamique impulsée par les partenariats de l’Ecole nationale supérieure d’architecture et l’Ecole polytechnique de Marseille. L’équipe pédagogique de l’option est composée de personnalités complémentaires entre designers et théoriciens. 4 BILAN DE FONCTIONNEMENT (origines géographiques constatées des étudiants, flux, taux de réussite, auto-évaluation, analyse à 2 ans du devenir des diplômés, bilan prévisionnel pour la prochaine période) : De la deuxième à la cinquième année, les étudiants en 2010 se répartissent comme suit : seize, onze, dix-sept et neuf. Le taux de réussite au DNSEP est satisfaisant s’il est rapporté au nombre de candidats, mais, régulièrement, la différence est sensible entre le nombre des inscrits en cinquième année et celui des « admis à présenter le DNSEP » (la chute était la plus forte en 2006 où l’on passait respectivement de quatorze à huit). Faudrait-il voir là une difficulté de la « Commission d’admission » à mesurer l’engagement et les acquis des étudiants ? Des difficultés d’intégration d’élèves admis en cours de cursus ? La coordination des quatrième et cinquième années (de la « phaseprojet ») est pourtant assurée par une même équipe d’enseignants. La participation d’anciens étudiants à la Biennale de Design de Saint-Etienne a été effective en 2010. Par ailleurs, l’observation du devenir des étudiants dispose encore de peu d’outils ; un questionnaire est utilisé à titre expérimental et sa généralisation dans le futur est envisagée. Les prévisions sont mesurées : une centaine d’admis en première année alors que le nombre des inscrits au concours d’entrée approche de 400. Le flux des départs au cours de l’année propédeutique s’inscrit dans la moyenne nationale et s’élève à 20 %. L’école bénéficie d’une forte attractivité (régionale, nationale et internationale) ; sa direction juge cependant nécessaire de « mieux communiquer son offre de formation ». 10 Observations du directeur Évaluation du diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP) pour l'obtention du grade de master Réponses aux questions École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 1 Option Art 1- Le mémoire L'étudiant produit quatre textes qui jalonnent son cursus, deux dans la phase programme et deux dans la phase projet, dont le mémoire de DNSEP essentiel pour l'octroi de ce diplôme. Au cours de la première année, l'étudiant tient le journal de bord de sa période propédeutique où il consigne ses intérêts et les enseignements dont il se sent proche. Le résumé de ce journal fait l'objet d'une élaboration qui prépare les choix fondamentaux de la deuxième année et attire l'attention de l'étudiant sur les enjeux d'une publication. Il choisit un mode de présentation, un type d'écriture, une iconographie et s'initie à l'usage et à la place de ses références. Le mémoire de troisième année nécessaire au passage du DNAP tire le bilan de la phase programme en dressant l'inventaire des apprentissages théoriques et techniques. L'étudiant désigne la famille d'affinités qui, à ce moment de son parcours, étaie les positions ou les concepts inscrits dans sa pratique. Il amorce les hypothèses qu'il développera dans la phase projet. Déjà élaboré, le texte de troisième année sert de fondation à ce qui sera le mémoire de DNSEP. On dira la même chose du rapport de voyage de quatrième année, en phase projet. L'étudiant choisit sa destination en fonction de son travail et des possibilités d'ouverture qu'une nouvelle école et des approches différentes lui procurent. Le rapport montre en quoi une intention ou des hypothèses ont été nourries ou infirmées par cette expérience. Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, le mémoire constitué par les étudiants de cinquième année pour le DNSEP clôturant la phase projet mobilise de plus en plus leurs forces et l'attention des jurys. La réforme récente du DNSEP applicable lors de la session 2011 entérine cet intérêt croissant en faisant de l'analyse commentée du mémoire - une soutenance -, une épreuve à part. En effet, le diplôme est aujourd'hui constitué de deux parties : les étudiants doivent soutenir leur mémoire pendant vingt minutes puis défendre leur pratique en situation d'accrochage ou de présentation pendant quarante minutes. À l'ESBAM, nous souhaiterions ne pas séparer ces deux épreuves par un trop grand laps de temps pour que l'une complète l'autre. Un mémoire d'étudiant d'art ou de design s'appuie sur une pratique artistique dont il est un moyen de vérification et de mise à l'épreuve. Le mémoire tient de l'essai parce qu'il est la façon dont une expérience personnelle prend ses distances avec ses points de départ pour École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 2 rentrer en conversation avec des notions plus générales. Partant de son travail, l'étudiant rencontre des problématiques qu'il explore en tant que telles. C'est pour lui l'occasion de rendre sa pensée autonome. Un point important caractéristique du mémoire émanant d'une école d'art, c'est qu'il induit des hypothèses formelles concrétisées par l'objet. Le mémoire d'un étudiant en art ou en design n'est pas un livre d'artiste, mais l'objet peut être en appel ou en adéquation avec la tonalité du propos. Il peut inscrire dans la matière quelque chose de l'intention par une expérimentation de ce que représente une publication, ce en liaison avec le pôle édition de l'ESBAM et tous les ateliers techniques d'estampes et de reproduction des images. L'objet a donc la possibilité de jouer l'hétérogénéité, quant aux genres, et de risquer une invention plastique et formelle dont la justesse fait partie du propos. Tout au long de la cinquième année, le mémoire de DNSEP est l'occasion d'une conversation soutenue avec les coordinateurs de cinquième année au nombre de trois, avec le coordinateur désigné qui accompagne l'étudiant au diplôme dont le jury est composé de trois membres (le représentant de l'école, une personnalité extérieure, un président obligatoirement docteur) et le référent, enseignant choisi par l'étudiant qui le soutient dans sa recherche en étant son premier lecteur. C'est un moment d'échanges particulièrement intenses pour l'étalonnage d'un vocabulaire commun. Enfin, signalons que le mémoire constitue une des pièces maîtresses du dossier rassemblé en vue de l'obtention d'un post-diplôme. 2- Adossement à la recherche 2.1.Unité de recherche Pilab Ancrage scientifique : PILAB recherche est soutenu par le Ministère de la Culture depuis 2006 et validé par un comité scientifique. La direction scientifique est présidée par Daniel Résal (enseignant artiste à l’Esbam et initiateur du projet) et Cécile Marie-Castanet (docteur en Philosophie de l’Université Paris1-Panthéon-Sorbonne, critique d’art et professeur à l’Esbam). Le comité scientifique est composé de chercheurs appartenant à des laboratoires de recherches reconnus (Université de Provence Aix-Marseille I et CNRS) et des acteurs internationaux de la communauté intellectuelle de la langue des signes (Fédération Nationale des Sourds de France et Pôle LSF Hôpital La Conception, Marseille). École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 3 Axes de recherche : PILAB recherche s'appuie sur les recherches linguistiques autour des langues des signes et particulièrement sur les travaux dirigés par Christian Cuxac, professeur et responsable du département langue des signes et gestualité à l’Université de Paris 8, Sciences du langage. Ce dernier a initié une recherche innovante en France basée sur la linguistique des langues des signes combinant linguistique théorique, linguistique appliquée et langue des signes française. Ce travail offre des perspectives pertinentes quant aux problématiques de la linguistique formelle de la grammaire française (syntaxe, phonologie, sémantique, morphologie et métrique). La visée « iconicisatrice » de la langue des signes est aussi essentielle pour PILAB. Le « dire en montrant », le « donnant à voir » sont des étapes nécessaires et primordiales à la naissance et à l'émergence de nouveaux signes. Nos axes de recherches s’appuient donc également sur les publications des groupes de travail d’IVT (International Visual Theatre, Paris), de l’ISTC-CNR (Istituto di Scienze e Tecnologie della Cognizione del Consiglio Nazionale delle Ricerche), de l’ISS (Istituto Statale per Sordi) de Rome et du Groupe de recherche sur la LSQ et le bilinguisme sourd, rattaché à la Faculté des sciences humaines de l’UQAM, Université du Québec à Montréal). Valorisation et visibilité des recherches : La production de pilab recherche a déjà donné lieu à la constitution d’un lexique en langue des signes conçu à partir des enjeux esthétiques et historiques de l’art, consultable sur le site Internet esbam.fr et bientôt diffusé sur la plateforme communautaire ELIX, dictionnaire en ligne. - Le colloque « Dire en signes, l’imaginaire et le signe, modes croisés : leur rôle dans la forme, le regard, le geste et la langue » a eu lieu à Marseille les 6 et 7 avril 2007. L’objet était de cerner les enjeux, les modes et méthodes d’un programme de recherche à long terme et d’imaginer les conditions de sa mise en application dans l’espace de créativité et d’indépendance spécifique aux écoles d’art, tout en l’envisageant également dans d’autres contextes. Il a réuni une dizaine d’intervenants comprenant : Jean-Paul Perbost, Conférencier, responsable de l'antenne public sourd au CMN (Centre des monuments nationaux) - Alexis Karacostas, Psychiatre, psychothérapeute, hôpital La Salpêtrière, Paris - Agnès Millet, Chercheur Université Grenoble III (Laboratoire Lidilem) - José Dobrzalovski, Architecte, enseignant à l’INS-HEA, Paris - Carole Marion, Artiste plasticienne, enseignante en LSF et de LSF à l'institut Baguer, Asnières - André Meynard, Psychanalyste, membre du laboratoire de recherche en psychanalyse et psychopathologie clinique, Université Aix-Marseille I - David de École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 4 Keyser, Réalisateur, directeur du Festival Clin d’œil, Reims - Simon Attia, Comédien, responsable pédagogique des formations de langue des signes française à IVT - (International Visual Theater), Paris - François Goudenove, Directeur de Websourd, Toulouse - Etienne Guillou, Représentant du secteur ETSF, Toulouse. Les actes sont actuellement en finalisation de sous-titrage et en cours de publication, Edition ESBAM. - Les conférences du Forum « Interprétation, transposition, traduction : quelles sont les contraintes et les conditions d'une "équivalence" possible lors du passage d'un langage à un autre ? » a eu lieu le 26 mars 2008 à l’Esbam ont été publiées dans le journal de l'AFILS (Association Française des Interprètes en Langue des signes), Le Métier de traducteur Français /LSF, Numéro 66, Juillet 2008. Il est important de préciser que la langue des signes est une langue qui a été pendant longtemps ignorée sinon interdite et nous attendons des retours de la part de la communauté sourde sur ces propositions. La prochaine étape sera de publier les contenus ainsi que l'historique de nos recherches. Transversalités et ouvertures des perspectives de la recherche : PILAB recherche s'inscrit par ailleurs dans un programme pilote d'accueil des étudiants sourds et malentendants pendant leur cursus d'études aux beaux-arts nommé PISOURD et soutenu par le Ministère de la Culture depuis 2004. L’articulation entre PILAB recherche et PISOURD permet de créer des modalités particulières d'accompagnement dans la formation des étudiants en école d'art. Les problématiques relatives à la langue des signes a permis à PILAB recherche de s'orienter vers une prise en compte des positions esthétiques, sémantiques et conceptuelles à l'œuvre dans la pédagogie et l'expérimentation de l'Esbam mais aussi dans la production intellectuelle et artistique de l'art contemporain. PILAB recherche s'est ainsi augmenté cette année de PILAB Création. L'objectif de PILAB Création est d'expérimenter ces questions (linguistique, culturelle, sociale, communication...) à travers la création contemporaine et suivant une programmation de résidences, de workshops, d'exposition et de publication. Des résidences avec les artistes de renommée internationale, Jordi Colomer ou Christian Marclay sont programmées à partir de l'année 2011/2012. École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 5 Le passage en EPCC nous permettra des partenariats, notamment avec l'Université de Provence via le département des Sciences du Langage, et la création (co-habilitation) d'un Master interprétariat, option art. Une formation aux « Métiers de l'action et de la médiation culturelle » de la Licence Pro ISDS -Intervenants spécialisés dans le domaine de la surdité- est également envisagée. Elle s’adressera en priorité aux personnes sourdes, mais également aux personnes entendantes possédant le niveau de LSF requis, souhaitant devenir G u i d e conférencier signeur ou Médiateur culturel signeur. Lien avec les cellules accessibilité des publics des Musées : Centre Pompidou, Paris. Le Louvre, Paris. Cité des sciences et de l’industrie, La Villette, Paris. Musée du quai Branly Paris. Mac Val, Musée du Val-de-Marne. Musée des abattoirs, Toulouse. Musée royal des beaux-arts, Bruxelles. 2.2.Unité de recherche Off The record L'unité de recherche Off The Record a été initiée en 2009/2010 par une enseignantechercheure - docteure en esthétique à l'Université de Paris Nanterre/Est, qualifiée maître de conférence et attachée au laboratoire de recherche FAAM/Université de Paris/Est, nouvellement recrutée à l'ESBAM. Elle repose aujourd'hui sur la collaboration avec des enseignants-artistes (art et design) et d'enseignants-théoriciens de l'ESBAM, des partenaires culturels et artistiques reconnus du monde de l'art (région PACA et France) et des enseignants-chercheurs appartenant à des organismes de recherches à dimension internationale. L'enjeu théorique premier a été d'avancer les entretiens d’artistes comme un prisme d’étude et d’analyse critique permettant un relevé cartographique des points de vue ou savoir situés (cf. publications de Donna Haraway, Sandra Harding, Bruno Latour, Michel Foucault, Gilles Deleuze et Félix Guattari) stratifiant en souterrain une certaine épistémologie des sciences humaines : histoire de l’art, philosophie de l’art et politique et, les plus récentes medias studies et science studies, encore peu étudiées et diffusées en France, pourtant au cœur de l'actualité de la recherche internationale. Le souci méthodologique d'Off The Record est de rendre poreux les enjeux actuels esthétiques et éthiques, philosophiques et politiques en s’inscrivant notamment dans le champ de la Standpoint Theory - « pensée des savoirs situés » - complexe théorique héritier des épistémologies marxiste, féministe, poststructuraliste et postcoloniale. École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 6 En avançant une analyse critique et nourrie des dernières avancées épistémologiques et méthodologiques, Off The Record offre une compréhension originale et actuelle des procédés de diffusion et de médiatisation des différentes prises de parole au cœur de la production des savoirs et des pratiques de l'art contemporain : livre, revue, cinéma, télévision, Internet etc. Cette unité de recherche ré-active les problématiques fondamentales de l'histoire des idées autour de la conversation et du dialogue et permet ainsi de re-jouer à l’infini les différents récits philosophiques du contrat social selon des modalités expérimentales, c’est-à-dire propres à l’Ecole d’art, éthiques et esthétiques. Off The Record comprend un séminaire bi-mensuel invitant des chercheurs ou artistes impliqués dans les problématiques mentionnées, des workshops (2 à 3 par an) avec des artistes, critiques ou commissaires d'exposition reconnus sur la scène nationale et internationale de l'art contemporain, des expositions des processus d'expérimentation des étudiants ou jeunes artistes (le programme accueille des étudiants en post-diplôme ou récemment diplômés), des programmations d'archives cinématographiques ou audiovisuelles et des journées d'études qui prendront la forme d'une publication courant 2011-2012 et d'une mise en ligne sur le site web de l'ESBAM en construction. 3- Editions et échanges internationaux 3.1. Editions Depuis 2005, il n’y a pas de politique organisée des publications mais celles-ci relèvent du coup par coup et portent essentiellement sur des expositions organisées à la galerie de l’Esbam, rue Montgrand, au centre ville de Marseille, ainsi que les catalogues des expositions des diplômés. Elles concernent deux formes d’expositions : - les monographies d’artistes - les expositions d’échanges d’étudiant (notamment avec Anvers) et les résultats de workshops. Cependant, un ouvrage important, concernant l’échange d’artistes professeurs de l’Esbam et du SSPI (Institut des peintres et sculpteurs de Shanghai) a été publié en octobre 2010. Il fait état, en 200 pages, des travaux plastiques de 29 enseignants de l’école et comporte des essais sur l’école et des textes critique sur les artistes. Ce catalogue a été largement diffusé en Chine lors de l’exposition qui s’est tenue du 1er octobre au 20 novembre 2010. Pour pallier les défauts de cet état, un projet annoncé à l’ensemble des enseignants à la fin de juin 2010 et devrait voir ses premières publications à la fin du 1° semestre 2011. La fondation de deux collections distinctes et complémentaires y est prévue. École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 7 Reprenant le titre de la revue de l’école pendant les années 90, « Verba volant », qui sera la collection consacrée à la recherche plastique dans les ARC (Atelier de Recherche et de Création) de l’école, elle le complètent pat la suite du proverbe latin « Scripta manent ». Cette collection sera, elle, consacrée aux recherches écrites dans l’école, textes issus des séminaires, des mémoires de cinquième année, etc. Un comité de lecture, composé du directeur de collections, du directeur de l’esbam, de professeurs d’art et de théorie, ainsi que de personnalités universitaires, sélectionnera les textes à publier dans chacune des deux collections L’édition, et les questionnements qui en découlent, se posent aussi rapidement à l’étudiant, grâce à une pédagogie synonyme de recherche, d’expérimentation et de formation professionnalisante pour tout ce qui est métiers de l’impression et du graphisme. Ces questions, abordées pendant le cursus, permettent à l’étudiant de voir quel sont les enjeux de la forme imprimée et la portée indiscutable de celle-ci au sortir de l’école. L’édition comme production expérimentale au travers d’ateliers, workshop, expositions, est une question soulevée comme en témoigne le dernier Workshop proposée par l’Esbam (JeanBaptiste Sauvage) et la Villa Arson (Arnaud Maguet). L’édition «Spam Editing» conçue et imprimée par les étudiants des deux écoles sur les presses offset de la Villa sera présenté prochainement aux Grands Terrains, espace de diffusion d’art contemporain à Marseille. Cette production, première phase du workshop insufflé par les deux école, circulera par la suite dans d’autres espaces de monstration, ces recherches en école sont publiées régulièrement dans le magazine Étapes Graphiques sollicité pour l’occasion. Cette visibilité extérieure dans le cas d’une édition est une logique au vue du la forme produite, logique que nous pensons entretenir sur les projets à venir. La question de l’archive en école d’art, liée à celle de l’édition, se pose très vite car elle traverse la pratique de l’étudiant. L’archive remet en perspective les formes produites et induit un ensemble de choix spécifiques selon les pratiques. « Comment archiver un travail, comment envisager sa remise en espace à l’intérieur d’une édition ? », posant alors la question du montage et de ces conséquences directes sur le sens. Ce travail permet d’approfondir les connaissances sur les enjeux théoriques et les usages du document et de l’archive dans l’art contemporain. Éléments incontournables qui rejoignent les préoccupations de l’unité de recherche «off the record». La question de l’archive, comme outil de réflexion et de travail disponible au-delà du cercle de l’Esbam, semble être également un enjeu important et donne la possibilité de se positionner dans le champ des écoles. Les éditions et publications de l’Esbam, en ce sens, sont un outil majeur auquel vient s’adosser le nouveau site Internet, actuellement en construction, qui a pour vocation, au-delà d’une présentation étendue des enseignements, d’être un espace École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 8 d’archives vivantes des formes et des idées, avec comme élément important l’enregistrement des conférences et colloques suivis d’une mise en ligne systématique. Ces rendez-vous, déjà ouverts au public, deviennent, dans cette logique, consultables et objets possibles de travail. Par ailleurs, textes, vidéos et projets d’étudiants seront retenus et présents dans le site, constituant ainsi une partie spécifique alimentée régulièrement par les enseignants des divers studios. La présence de mémoires remarquables, disponibles à la lecture en ligne, est aussi envisageable. 3.2. Échanges et productions scientifiques et artistiques au niveau européen et international En ce qui concerne les échanges, productions scientifiques et artistiques au niveau européen et international, plusieurs exemples témoignent de l’importance que nous accordons à ces programmes. La politique internationale d’échange occupe une place essentielle et notre école y a acquis une reconnaissance indiscutable. Elle est, en région, l’école des beaux-arts la plus dynamique dans ce domaine. Cette politique repose principalement sur trois axes: 1/ le plus important, en matière de mise en œuvre et de coûts, sont les échanges internationaux conventionnés avec des écoles d’art et de design dans le monde (programme Erasmus ou conventions bilatérales). Ce programme d’échange connaît un vif succès auprès des étudiants, encouragé par l’aide financière de la municipalité, de la région et de l’UE pour ce qui concerne le programme Erasmus. 2/ le deuxième concerne les déplacements des étudiants, encadrés par un ou deux professeurs, sous la forme de voyages pédagogiques. 3/ - le troisième vise à l’accueil d’artistes étrangers, en résidence et en workshop et la mobilité de nos enseignants sur des projets extérieurs. Notre effort porte particulièrement sur le développement de la mobilité enseignante, notamment dans le cadre du programme Erasmus qui apporte l’aide financière nécessaire. Ainsi, en 2008-2009 nous avons accueilli des professeurs des écoles d’Abidjan et de Milan tandis que trois professeurs de l’Esbam se sont rendu dans les écoles de Rotterdam, Barcelone et Bologne. Les workshops occasionnés lors de ces échanges sont initiés par les professeurs, dans le cadre d’un Studio ou d’un ARC. Ils peuvent, pour une part plus ou moins importante, être portés financièrement par l’UE quand le workshop intègre une de nos écoles partenaires Erasmus (workshop de Brice Matthieussent organisé conjointement avec la faculté des beaux-arts de Bristol) ou encore par l’OFAJ (Office Franco-Allemand pour la Jeunesse) comme ce fut le cas pour le workshop « regards croisés » organisé avec l’école d’art de Hambourg. Daniel Résal, École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 9 enseignant à l’Esbam, s’est rendu à Rotterdam et Barcelone pour y rencontrer ses homologues et travailler sur des collaborations futures. Ces projets peuvent aussi être soutenus financièrement par Cultures France (AFAA) comme pour la mise en place d’un espace expérimental avec Rabat, au Maroc pour n’évoquer que les projets les plus récents. En 2009-2010, deux professeurs de l’Esbam se sont rendu dans les écoles d’Anvers et Hambourg tandis que de notre côté nous avons accueilli des professeurs des écoles d’Anvers, de Santiago du Chili et d’Abidjan. Concernant la Côte d’Ivoire, l’accord de partenariat comprend plusieurs volets ; trois enseignants de l’Esbam ont fait passer des diplômes de 5° année à l’École nationale d’Abidjan de 2007 à 2009. Un accord privilégié entre les deux écoles occasionne chaque année la venue d’enseignants présents d’octobre à juin à l’Esbam. Ces enseignants sont intégrés et invités en immersion en qualité d’enseignants en stage. Enfin, à la rentrée 2010, le directeur et quatre enseignants sont allés à l’université SIVA de Shanghai pour négocier des échanges d’enseignants et d’étudiants au niveau master 2. Des conférences d’enseignants marseillais invités à Shanghai ont été ainsi programmées. Ce rapprochement à été rendu possible à l’occasion de l’exposition proposée simultanément dans les villes de Shanghai et Marseille, exposition proposée par l’Esbam et l’Institut d’Art SPSI. Enfin, pour compléter ce point sur les échanges, productions scientifiques et artistiques au niveau européen et international, on peut souligner la fonction particulière du lieu privilégié de résidence dont dispose l’école (atelier logements) qui a pour vocation d’accueillir artistes, critiques, philosophes et écrivains. Cet espace permet par exemple d’accueillir en 2010/2011, sur une période d’un mois, le collectif Stalker, invité par deux studios de l’Esbam à travailler à Marseille en partenariat avec l’école d’art de Toulon. Cette résidence comporte plusieurs aspects : conférence, workshop avec les étudiants et exposition des recherches et travaux produits. Ce «format» élargit les possibilités classiques du workshop en offrant aux artistes un temps de travail conséquent voué aussi à leur pratique. 4 – Articulation Art/Design Les liens (ou plutôt les allers-retours) entre Art et Design au sein de l’école sont, pour ainsi dire, constitutifs de l’histoire et de la géographie de l’implantation sur le site de Luminy. Créés dans une vision élargie par François Bret, directeur de l’école de 1963 à 1995 (voir « Histoire de l’école »), les deux options ont toujours eu des éléments communs. Voilà comment se présente la situation en 2010/2011 : Les "forums du mercredi" sont des conférences de personnes invitées organisées 8 à 10 fois par année pour tous les étudiants de l'école. Elles balaient l'ensemble des champs couverts par École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 10 l'école et des invitations sont à ce titre organisées également par l'option Design. Quelques exemples récents issus de l’option Design : RADI designers, Mattali Crasset, Patrick Join, EXYZT, Lab[AU], Mathieu Lehanneur, prochainement Ora Ito... Exemple récent issu des options art et design conjointes : Marc Brétillot. L’option art permet aux étudiants du design d’écouter et de dialoguer avec de très nombreux créateurs et plasticiens, des écrivains (Olivier Cadieu, Jean-Pierre Ostende, Frédéric-Yves Jeannet parmi d’autres) des théoriciens (Philippe-Alain Michaud, Stephen Wright, Michel Poivert, etc.). Le studio Hypermédia est animé par Sylvain Deleneuville, professeur en art, et Jérôme Duval, professeur en design. C'est un lieu de rencontre, de côtoiement et de dialogue entre les étudiants des deux options de l'école. Le studio Hypermédia est organisateur de workshops et d'ARC au sein desquels la validité en termes de débouchés est très présente. Les studios GIpp et Lentigo associent des professeurs de l'option Art. - Patrice Carré, sculpteur et installateur, est enseignant au sein du studio son et au sein du studio Gipp. - François Bazzoli, historien de l'art et professeur, intervient dans le séminaire organisé par Lentigo pour les étudiants des semestres 7 à 10 (séminaire "grand corps numérique), il est à l'initiative d’ateliers d'écriture (2 séances spécifiques accompagnées de suivis individuels) qui sont un des dispositifs mis en place pour accompagner la rédaction du mémoire. - Cécile Marie, philosophe et professeur de philosophie, est professeur invité le mardi matin des semaines B du studio Lentigo. Les workshops design comme celui avec Jeff Guess, artiste, enseignant à l'école d'art de Cergy-Pontoise. Les bases techniques, ainsi que la plupart des workshops organisés par l’option art, les séminaires sont communs entre les deux options de l'école : - Au titre des bases techniques, atelier volume ; sérigraphie ; bois, métal ; infographie ; verre et céramique, pratique photographique ; vidéo... Les séminaires organisés par des enseignants de l'option Art auxquels les étudiants de l’option Design participent : "à mon grès" (Frédéric Valabrègue), "la photographie" (Brice Matthieussent), "Off the record" (Géraldine Gourbe) ; « autour du son » (Lucien Bertolina et Patrice Carré). Ainsi que l’ARC paysage (2009-2010 et 2010/2011 Anne-Marie Pécheur)... Les séminaires organisés par des enseignants de l’option Design ouverts aux étudiants École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 11 de l'option Art : "grand corps numérique" (François Bazzoli, Frédérique Entrialgo, Ronan Kerdreux, Fabrice Pincin), "culture design" et "entretiens avec des créateurs" (Frédérique Entrialgo et Lise Guéhenneux), et surtout « écrire un mémoire » (Philippe Delahautemaison et Lise Guéhéneux). Ou encore les studios ; "studio son" (pratique et séminaires, Lucien Bertolina, Patrice Carré), photographie (Brice Matthieussent , Jean-Louis Garnell, Max Armengaud)... Enfin, les réunions préparatoires aux présentations de diplômes sont organisées en semestre 10 avec des invités dont un enseignant de l'option art (Didier Morin) en design. On peut donc penser que ce dispositif déjà complexe est encore perfectible mais, à l’heure actuelle, relativement complet. 5 – Évaluation des enseignements par les étudiants Si des systèmes de contrôle existent durant tout le cursus de l’étudiant, l’Esbam n’a pas encore mis en application de plan d’ensemble cohérent pour que l’évaluation généralisée des enseignements par les étudiants devienne une réalité pérenne. Pourtant, des élections de délégués étudiants par année ont lieu tous les ans à la fin du mois d’octobre. Ceux-ci représentent leurs camarades pour chacun des bilans semestriels de la première à la cinquième année (semestre 1 à 9), que ce soit en option Art ou en option Design. Ils font remonter les questions, les demandes et les doléances vers les professeurs et le directeur. Les mêmes délégués étudiants siègent de droit dans le conseil pédagogique. Ils sont donc à même de diffuser les réponses vers l’ensemble des étudiants de l’école. Un autre biais qui permet d’évaluer l’enseignement par les étudiants est l’existence d’un mémoire de 1° année, dont l’exigence est de rapporter les points forts et les points faibles de l’année écoulée, dans un regard qui peut être objectif ou négatif. Ce travail est sanctionné par un certain nombre de crédits. Le mémoire de voyage Erasmus, à la fin de la 4° année permet, lui, la comparaison entre l’enseignement rencontré dans le pays accueillant et celui vers lequel on retourne. Il permet de faire le lien entre la 3° et la 5° année et, souvent, de préparer le mémoire de fin d’étude. Ces indices d’évaluation existent donc mais leur discontinuité et leur aspect relatif entraîne l’exigence d’une réflexion obligatoire sur la pédagogie dans l’EPCC. La création d’un groupe de réflexion, chargé de la mise en place de cette évaluation, est prévue dans le courant 2011. École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 12 6 – Cartographie qualitative et quantitative des cursus professionnels des étudiants Hormis une enquête lancée en septembre 2009 portant sur les diplômes de cinquième année art et design de l’année scolaire précédente (juin 2009), c’est-à-dire une quarantaine d’étudiants, il n’y a pas de suivi actuel du parcours post-solaire ou professionnels de nos étudiants. Ce chantier sera lancé en 2011 afin de compléter les autres outils à notre disposition. Un questionnaire va être adressé aux anciens étudiants à deux et cinq ans, complétant celui mis en place pour l’historique de l’insertion. La création d’une banque de donnée est absolument indispensable et devrait être disponible dans les mois qui viennent. École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 13 Option design Remarque préliminaire Comme l'Aeres le remarque, "le dossier principal remis par l'école [...] a rendu malaisée une lecture spécifique des données relatives à l'option design" (page 9 de l'évaluation) en matière de pédagogie et en matière de projet cohérent de l'option, éléments qui sont fondateurs pour sa lisibilité et sa distinction dans le panorama des formations proposées. La présente réponse sera donc la plus détaillée possible eu égard à son contexte afin de compléter certains domaines trop esquissés, voire lisibles uniquement sous la forme de documents annexes. Pour autant, la réponse ne concerne que les points relevés par l'Aeres pour lesquels des compléments semblent nécessaires. Projet pédagogique "Point faible n°3 : le projet pédagogique n'est pas suffisamment spécifié" (page 4 rapport Aeres) Sur le plan de la direction pédagogie, l'option design "phase projet" est géométriquement organisée à partir de trois studios, un studio "Hypermédia" (dont nous parlerons plus précisément dans la partie collaboration avec l'option art pour ne pas alourdir ce texte) transversal aux options art et design et deux studios spécifiques à l'option design (mais ouverts aux étudiants de l'option art), "Grandes idées, petits projets" (GIpp - Patrice Carré, Frédérick Du Chayla, Lise Guéhenneux, Agnès Martel), un studio sur l'espace et l'objet et "Lentigo" (Frédérique Entrialgo, Ronan Kerdreux, Fabrice Pincin, François Bazzoli associé, Cécile Marie invitée), un studio qui explore les questions de design et d'interactivité dans l'espace public. Un studio "Form Follows Fiction" (Philippe Delahautemaison, Agnès Martel), "un studio qui interroge la production d'objets et d'espaces dans le contexte d'une société postfonctionnaliste" dirigé vers les étudiants des semestres 3 à 6 complète le dispositif ainsi que des workshops, un espace hebdomadaire de rencontre avec les créateurs "ZEP" (Fabrice Pincin), des enseignements de culture générale (philosophie, histoire de l'art, histoire de l'architecture, culture design, langues et séminaires en années 4 et 5) et quelques enseignements communs avec l'école d'architecture. Après les semestres 3 à 7 où les studios organisent pour les étudiants une phase d'expérimentation à partir de consignes dont la progression est construite, GIpp et Lentigo École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 14 offrent chacun un territoire référentiel, méthodologique, technologique et problématique au sein desquels les étudiants approfondissent leurs hypothèses personnelles, les expérimentent, les confrontent au projet, les valident ou les invalident. Les points de départ, les hypothèses d'origine semblent diverses, elles sont pour autant absolument complémentaires. Partir de la matérialité pour vivre l'espace et le corps, espace physique, acoustique, lumineux pour GIpp, comprendre les enjeux de l'interactivité, des interfaces, les mettre en œuvre, en apprendre certains langages pour Lentigo. Complémentaire pour l'offre d'enseignement, complémentaire en méthodologie, mise en œuvre progressive vis-à-vis de dispositifs complexes, complémentaire pour mieux aider l'étudiant à préparer sa sortie de l'école. Dans le studio GIpp, l'étudiant construit des dispositifs progressivement de plus en plus ambitieux et ainsi élabore son propre vocabulaire plastique, dans le studio Lentigo, l'étudiant apprend la programmation et pense la projection dans l'espace public de passages piétons interactifs, de ville réactive ou de représentation guidée par infrarouge des parcours dans une ville dont les enjeux se re-jouent à l'aune de la cohabitation d'individualités. Dans les deux cas, on met en jeu le corps comme objet central, et les dispositifs spatiaux comme écho à ce corps. Relation avec les autres lieux d'enseignement et de recherche "Recommandations pour l'établissement" (page 4 de l'évaluation Aeres) Des enseignements, des workshops, des rencontres sont organisés avec l'école d'architecture voisine (nous y reviendrons en fin de paragraphe) ; pour autant, l'option design entretien également des relations avec de nombreux autres lieux d'enseignement et de recherche au premier rang desquels l'option art de l'école. Le studio Hypermédia est un studio organisé à partir d'une porosité voulue. Il est animé par Sylvain Deleneuville, professeur en art, et Jérôme Duval, professeur en design. C'est un lieu de rencontre, de côtoiement et de dialogue entre les étudiants des deux options de l'école. Le studio Hypermédia est organisateur de workshops et d'Arc(s), Ateliers de Recherche et de Création, au sein desquels la validité en terme de débouchés est très présente. Arc "motion design" (Jérôme Duval) : "dans ces nouvelles pratiques, se distingue depuis peu le "motion design" ( traduit littéralement en « design animé »), mais dont l’étymologie ne résume en rien l’étendue des champs d'application. Comme, par exemple, la création d'univers virtuels ou plus couramment appelés "univers persistants" [ ex : secondlife... ], les vidéoclips musicaux, les jeux vidéos, le design vidéographique (ou « habillage » sites web, & TV), ou encore l’animation assistée par ordinateur ( flash, vidéo générative ), mais également les performances audiovisuelles dites « festives » (vjay, événements audiovisuels) ou encore le "mapping" (visuels projetés sur une infrastructure de l’espace public ou privé)." École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 15 Les deux studios GIpp et Lentigo associent des professeurs de l'option art. Patrice Carré, artiste est enseignant au sein du studio son, et au sein du studio GIpp, et ce studio privilégie chaque année une relation de type partenariat avec des entreprises industrielles (Apples-Marseille de 2001 à 2007, SEP-Cartonnage en 2007-2008, entreprise Fermob éditrice de mobilier en 2008-2009...). François Bazzoli, historien de l'art est associé au séminaire organisé par Lentigo pour les étudiants des semestres 7 à 10 (séminaire "grand corps numérique" les jeudi après-midi, environ 6 séances annuelles), il est à l'initiative des ateliers d'écriture (2 séances spécifiques annuellement accompagnées de suivis individuels) qui sont un des dispositifs mis en place pour accompagner la rédaction du mémoire. Cécile Marie, professeur de philosophie, est professeur invité les mardis matin des semaines B du studio Lentigo. Lentigo est régulièrement invité ou co-organisateur de workshops avec l'atelier Hypermédia (Douglas Edric Stanley) de l'école d'art d'Aix-en-Provence (invitation en 2008-2009, workshop "murs communicants" en 2009-2010) et avec l'atelier Robotique (France Cadet, invitée de ZEP en 2009-2010, et workshop "objets communicants" à l'école d'art d'Aix-en-Provence en 20102011) qui sont tous deux des ateliers en art. Frédérique Entrialgo est à l'initiative des workshops Urbic, (une semaine en 2008-2009 et deux semaine en 2009-2010) qui réunissent des étudiants du cycle long design et du cycle court design d'espace et dont l'invité lors de la dernière session était Jeff Guess, artiste, enseignant à l'école d'art de Cergy-Pontoise. ZEP (Zone d'Echanges Prioritaire), espace de rencontre et de parole organisé par Fabrice Pincin (tous les jeudi soir, espace en ville), est l'occasion chaque semaine pour les étudiants d'entendre les créateurs présenter leur parcours personnel, en balayant l'ensemble des "disciplines", musique, art, danse, graphisme, design, architecture, urbanisme.... Les exemples sont nombreux et ne peuvent pas tous trouver place ici. Pour être complet, les bases techniques, la plupart des workshops, les séminaires sont communs entre les deux options de l'école : - au titre des bases techniques, atelier volume (Gilbert Viale) ; sérigraphie gravure (JeanBaptiste Sauvage, René Richier, Peter Grossfeld, Marta Rueda) ; bois, métal, infographie (Jean Salins et Éric Pasquiou, puis Éric Pasquiou, Laurent Chirié), verre et céramique (Hélène Hessmann), pratique photographique (André Forestier), vidéo (Denise Deutch)... - au titre des workshops, verre (Wilson Trouvé, Hélène Hessmann), terre et céramique (Wilson Trouvé, Jacqueline Guillermain, Hélène Hessmann, Marc Aurel, Fabrice Pincin, Ronan Kerdreux, selon les années, collaborations avec l'école des beaux-arts de Sousse, l'université de design de Firenze, celle de Napoli, le Centre de Design de Marseille), "édition" (Benoît Porcher, JeanBaptiste Sauvage)... - séminaires organisés par des enseignants de l'option Art auxquels des étudiants de Design École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 16 participent, "à mon grès" (Frédéric Valabrègue), "la photographie" (Brice Matthieussent), séminaire (Géraldine Gourbe), «autour du son» (Lucien Bertolina et Patrice Carré) et séminaires organisés par des enseignants de design ouverts aux étudiants de l'option art, "grand corps numérique" (Francois Bazzoli, Frédérique Entrialgo, Ronan Kerdreux, Fabrice Pincin), "culture design" et "entretiens avec des créateurs" (Frédérique Entrialgo et Lise Guéhenneux, puis Lise Géhenneux), "préparation au mémoire" (Philippe Delahautemaison, Lise Guéhenneux), l’Arc paysage (2009-2010 et 2010/2011 Anne-Marie Pécheur)... - ou encore "studio son" (Lucien Bertolina, Patrice Carré, Patrick Sommier), studio "not uniform 3D" (Frédéric Frédout), "photographie" (Brice Matthieussent , Jean-Louis Garnell, Max Armengaud), l'ensemble des studios étant ouverts à une pratique complémentaire (sauf semestre 3 pour les étudiants de design)... - enfin, les réunions préparatoires aux présentations de diplômes sont organisées en semestre 10 avec des invités dont un enseignant de l'option Art (Didier Morin, Dominik Barbier par exemple pour les années récentes invités par Philippe Delahautemaison dans le cadre de son séminaire de suivi du mémoire - Philippe Delahautemaison, Lise Guéhenneux). Évidemment, ce dernier point mis à part, chaque étudiant ne fréquente pas chaque année l'ensemble de ces espaces d'enseignement, de réflexions ou d'expériences, mais le dispositif est prévu et relativement complet. Les "forums du mercredi" sont des conférences de personnes invitées organisées 8 à 10 fois par année pour tous les étudiants de l'école. Elles balaient l'ensemble des champs couverts par l'école et les invitations sont à ce titre organisées également par des enseignants spécifiques de l'option design. Quelques exemples récents issus d'invitations lancées par l'option design (invitations lancées par Fabrice Pincin sauf indication contraire) : RADI designers, Mattali Crasset, Patrick Join, EXYZT (Jérôme Duval), Lab[AU] (Ronan Kerdreux), Norbert Hillaire (Frédérique Entrialgo), Mathieu Lehanneur, prochainement Ora Ito... Le studio Form Follows Fiction (Philippe Delahautemaison, Agnès Martel), ouvert aux étudiants des semestres 3 à 6, est également à l'origine d'une collaboration, sous forme de workshop annuel, avec l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble, l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille, l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre à Bruxelles (département Design textile), l’École nationale supérieure du paysage de Versailles-Marseille, la Galerie d’art textile Les Drapiers, Liège, l’Université Joseph-Fourier de Grenoble (ingénieurs de l’UFR de Mécanique), ainsi que des jeunes diplômés de ces différentes écoles. Il s'inscrit sur 3 ans dans le cadre de Marseille Provence 2013. Quelques précisions sur les collaborations avec l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille-Luminy. École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 17 Premier point : il ne s'agit en aucune façon ni de s'aligner sur les problématiques de l'enseignement de l'architecture pour des étudiants en design, ni de confondre les objectifs de l'enseignement, au contraire. L'équipe de recherche Insartis, constituée entre enseignants de ces deux écoles (plus Polytech'Marseille, une école universitaire d'ingénieurs généralistes) émettait comme une de ses premières hypothèses (contrat de recherche avec le Ministère de la Culture, 2003-2007, "art, architecture, paysage") que le principe d'ingénierie concourante supposait des collaborations nourries entre acteurs bien identifiés (et donc spécifiques) pour les grandes opérations d'aménagement urbain. Cette recherche a eu pour conséquence la mise en place d'un atelier commun (de 2002 à 2009, animé selon les années par Bernard Boyer, Ronan Kerdreux, Philippe Delahautemaison, Jacques Zoller, Didier Dalberra, Alexandre De La Foy, Gérard Fabre) qui place les étudiants des deux écoles côte-à-côte avec des consignes similaires, non pas pour confondre les approches, mais au contraire pour accompagner leurs distinctions et leur apprendre à constater les écarts, et partant, les complémentarités (cet enjeu étant strictement énoncé aux étudiants à chaque début et conclusions de session). De la même manière, le workshop "bateau-bus" initié par Stéphane Hanrot, au sein duquel les étudiants sont constitués en équipe pluridisciplinaires, a été l'occasion pour chacun de trouver ses spécificités et ainsi d'élaborer des stratégies pour son intégration constructive au sein des groupes. Il est malheureusement trop long de présenter les conclusions de ces expériences ici, mais les analyses ont été menées, par les chercheurs et par certains doctorants d'Insartis. Au risque d'être trop schématique, là où l'architecte interroge programme et "genius locci", le designer accompagne les usages, qualifie les gestes des utilisateurs, rend ces derniers "un peu plus beaux, un peu plus heureux, rend leur vie un peu plus confortable". Les objets produits, s'inscrivant dans le réel, sont proches, mais les chemins pour y parvenir sont différents et cette différence-là fait l'intérêt de ces rencontres sur le projet. De façon annexe, la collaboration avec des architectes reste, pour les designers, une piste réelle pour débuter une activité professionnelle, ce que ces expériences permettent peut-être d'anticiper un peu. Outils numériques : pratiques de modélisation et programmation L'option design n'est pas "orientée vers l'ingéniérie". Bien sûr, les étudiants de Design sont sensibilisés et très prochainement formés aux outils numériques de visualisation (logiciels 3D, renders, vidéo de rendus...). Ceci est l'occasion d'une longue discussion à l'initiative du studio GIpp en particulier mais à l'échelle de l'option Design en général et avec la direction de l'école (investissement via le "plan image", convention de mise à disposition avec les fabricants et distributeurs de logiciels...). Pour École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 18 autant, ceci ne peut en effet, comme le remarque l'Aeres, faire l'objet d'une spécificité ou d'une distinction particulière. "Il va de soi" que les étudiants doivent posséder les outils de mise en œuvre de leurs projets, ceci étant particulièrement vrai dans une école d'art, au sein de laquelle l'adéquation entre projet et outil fait partie de la réflexion demandée à un étudiant de quatrième et cinquième années. Les intentions de Lentigo sont un peu différentes, eu égard aux domaines explorés. Les technologies numériques de localisation et d'interaction impactent fortement nos pratiques et la nature des espaces urbains. Géo-localisation, vidéo conférence, Rfid, code 3D, réalité augmentée, interactivité avec le corps comme interface font plus que conforter ou accompagner une évolution qui serait progressive et continue de l'espace et c'est en particulier dans l'espace public, à notre sens, que les problématiques sont nouvelles, espace public comme espace de rencontre et de partage entre comportements très individualisés (voir François Asher à ce sujet par exemple). Ceci posé, les étudiants sont amenés à explorer ces questionnements, à les investir et se les approprier. La spécificité d'une école d'art, c'est-à-dire une école du projet, c'est avant tout de produire des formes qui dialoguent avec une problématique, l'alimentent et la réévaluent. Pour ce faire, des apprentissages minimums sont nécessaires, non pas pour faire des étudiants des "ingénieurs" de ces techniques mais pour leur permettre très littéralement de les mettre en œuvre et d'en faire l'expérience. C'est ce qui est tenté avec toutes les difficultés habituelles de la programmation (Processing, Arduino, capteurs, softs de lecture des codes 2 et 3D et des "tags" de réalité augmentée...). Pour ne prendre qu'un exemple, quatre ans avant la mise en œuvre du télescope de réalité augmentée sur l'arc de triomphe à Paris ou des écrans de l'abbaye de Cluny, deux de nos étudiants, Thomas Casubolo et Bruno Grandsire, proposaient pour leur Dnsep des lunettes de réalité augmentée sur la plateforme de Notre-Dame de la Garde, montrant alternativement une superposition complémentaire entre des zones commerciales et les chiffres d'affaire qu'elles engendre ou encore l'implantation des "salles blanches" dans la ville. Évolution du nombre d'étudiants selon les années d'enseignement, le cas spécifique des années 4 et 5 Les remarques de l'Aeres concernent particulièrement le nombre d'étudiants de l'année 3 à l'année 5 (semestres 6 à semestre 10). " Point faible n°2 : une déperdition d'étudiants entre la quatrième et la cinquième année" page 4 et questions page 10 Les étudiants inscrits en semestre 6 à l'école supérieure des beaux-arts de Marseille préparent leur Dnap avec une obligation interne de réaliser un petit livret écrit et illustré qui doit rendre compte de manière schématique des expériences qu'ils ont traversées au cours des années 2 École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 19 et 3. L'inscription en semestre 7 c'est-à-dire en année 4 (phase projet) n'est pas automatique. Elle doit être demandée, accompagnée de quelques pages présentant leur terrain de prédilection, leur esquisse de programme de travail et l'articulation espérée par le séjour Erasmus projeté. Ce document est examiné en jury de professeurs présidé par le directeur de l'école. Deux critères président à la décision : la compatibilité entre le terrain de l'étudiant et les champs énoncés des studios ; la capacité de l'étudiant à poursuivre de manière de plus en plus autonome un travail singulier, même si ce dernier reste accompagné. Si le premier point est relativement simple à évaluer, il en va autrement du second. En effet, le programme de travail des semestres 3 à 5 a pour objectif de leur faire traverser les grands champs du design et les étapes successives d'une méthode d'élaboration du projet qui là aussi devient spécifique et singulière. Le semestre 6, celui au cours duquel les expériences sont ramassées, articulées et un tant soit peu raisonnées trouve son aboutissement au cours de la présentation du Dnap. De plus, pour permettre aux étudiants refusés par le jury de se réinscrire dans une autre école, cette décision doit être prise tôt dans l'année scolaire (début avril en général, dans la même période que le bilan de S6). L'examen des travaux d'étudiants issus d'autres formations ou d'autres écoles est plus complexe, en particulier quant à leurs aptitudes à poursuivre dans une phase d'autonomie. Les barrières de langue, fréquentes, s'additionnent aux difficultés d'évaluation. Les étudiants issus du Dnat Design d'espace de l'école supérieure des beaux-arts de Marseille sont dans un cas un peu intermédiaire ; l'équipe enseignante du cycle long organise à leur intention chaque année scolaire au printemps une séance de présentation et d'explication et reste disponible pour des rencontres et des discussions. L'école aura comme objectif immédiat de mettre en place un dispositif pour l'entrée en semestre 7 plus rigoureux de façon à mieux anticiper ces difficultés. Les bilans à la fin de chaque semestre sont un moment d'évaluation et pas un passage "automatique" en semestre supérieur. Nous pouvons estimer qu'en année 4 (semestres 7 et 8), il y a approximativement 10 à 15 % d'étudiants conduits à "redoubler" à l'issu de ces bilans. Un autre élément participe de cette évolution du nombre d'étudiants. En effet, l'année 4 (semestres 7 et 8) est l'année des échanges Erasmus. D'une manière générale, la règle veut que tous les étudiants y effectuent un semestre en échange dans une autre école, cas particuliers mis à part. Les retours au cadre "scolaire" ne sont pas simples d'autant que des écarts d'ambitions pédagogiques peuvent se faire jour. École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 20 Le bilan de ces séjours, la découverte d'une nouvelle école, celle d'un cycle d'études qui demande singularité, engagement et autonomie contribuent à des abandons, et également à des parcours scolaires moins linéaires, qui prennent plus de temps que l'addition automatique des années. Un étudiant concerné par les rapports entre mobilier et érotisme a ainsi récemment pris trois années entières pour préparer son Dnsep, obtenu brillamment ensuite. Ces trois années ont été un vrai temps de réflexion, d'élaboration d'un projet et de la pensée afférente, mais aussi l'occasion de stages, d'expériences multiples autour et hors de l'école. Nous formons des créateurs exigeants et compétents pour lesquels l'insertion professionnelle n'est jamais simple. Leur diplôme indique un niveau d'études et de compétences que peu de situations professionnelles exigent littéralement. Bien sûr il serait inconséquent de vouloir les "garder à l'abri" mais en même temps, il est nécessaire que la "sortie" soit le plus réussie possible et la plus performante possible. C'est là qu'il s'agit de l'accomplissement d'un créateur reconnu par son diplôme en acteur légitime d'un monde professionnel validé par ses accès à la commande. École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille : réponse à l'évaluation de l'Aeres - 06 janvier 2011 - page 21