Le secteur des assurances en Algérie en 2014

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Le secteur des assurances en Algérie en 2014
Le secteur des assurances en
Algérie en 2014
Juillet 2015
© DG Trésor
Bref historique
Au lendemain de l’indépendance, plus de 160 compagnies d’assurances étrangères opéraient en Algérie. Le législateur algérien a reconduit
par la loi 62-157 du 21 décembre 1962, tous les textes en attendant la mise en place d’une réglementation. En 1966, l’Algérie indépendante
institue le monopole de l’Etat sur les opérations d’assurances (ordonnance n° 66-127 du 27 mai 1966). Les entreprises publiques nationalisées
étaient : la CAAR (Compagnie Algérienne d’Assurance et de Réassurance), spécialisée dans les risques transports et industriels, et la SAA pour
les risques automobiles, assurances de personnes et risques simples. La Compagnie centrale de réassurance est créée en 1975. Dès lors,
obligation a été faite aux compagnies d’assurances d’effectuer l’intégralité de leurs cessions au profit de la CCR. La spécialisation a été
accentuée en 1982 avec la création de la CAAT (Compagnie Algérienne des Assurances) qui s’est concentrée sur les risques de la branche
transports, prenant une part de marché de la CAAR qui détenait le monopole sur les risques industriels.
L’ordonnance n° 95-07 du 25 janvier 1995 met fin au monopole de l’Etat en matière d’assurances et permet la création de sociétés privées
algériennes. Sont «réintroduits» les intermédiaires d’assurances (agents généraux et courtiers), disparus avec l’institution du monopole de l’Etat
sur l’activité d’assurance. La loi n° 06-04 du 20 février 2006 modifie l’ordonnance 95-07. Elle généralise l’assurance de groupe, autorise la
bancassurance, institue le principe de la séparation des activés Vie et Non Vie et crée la Commission de Supervision des Assurances. Le décret
375-09 du 16 novembre 2009, exige l’augmentation du capital des sociétés d’assurances de personnes à 1 Md DZD (contre 200 MDZD) et celui
des autres sociétés dommages à 2 Mds DZD (contre 500 MDZD).
1. Principales caractéristiques du secteur de l’assurance
Selon l’étude annuelle 2014 sur les marchés mondiaux de l’assurance réalisée par la deuxième compagnie de réassurance mondiale, Swiss
Re, l’Algérie se classe à la 64ème place mondiale (67ème en 2013) par le montant des primes encaissées (sur 147 pays étudiés), avec une part
de marché mondiale de 0,03%, et à la 6ème place en Afrique, derrière l’Afrique du Sud (18ème), le Maroc (52ème), l’Egypte (60ème), le Nigéria (61ème)
et le Kenya (62ème) .
Selon cette étude, l’Algérie, avec l’équivalent de 1,59 Md USD de primes encaissées en 2014 (1,52 Md en 2013), participe à hauteur de 2,32 %
au marché de l’assurance du continent africain (68,9 Mds USD), qui lui-même ne pèse que 1,44 % du marché mondial (4 778 Mds USD).
1-
Un secteur encore peu développé, mais à fort potentiel.
Le taux de pénétration de l’assurance (primes/PIB) en Algérie est encore faible : le chiffre d’affaires 2014, à 158.6 Mds DZD, soit 1,59 Md USD,
représente 0,76% du PIB (0,6% en moyenne au cours de la dernière décennie). Ce pourcentage est beaucoup plus élevé dans les pays
industrialisés (8.15%) et dans les pays émergents pris dans leur ensemble (2.71%). Le montant des primes d’assurance/habitant s’élève à
l’équivalent de 40 USD contre une moyenne mondiale de 662 USD et le taux de couverture est d’environ 1 point de vente pour 28.000 habitants
(contre 1/ 5000 habitants en moyenne mondiale).
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2-
Un secteur encore dominé largement par les compagnies publiques
La fin du monopole de l’Etat dans le secteur de l’assurance et l’ouverture au secteur privé sont encore récentes (ordonnance n° 95-07 du 25
janvier 1995) ce qui explique le poids encore prépondérant du secteur public qui représente les ¾ du chiffre d’affaires de l’assurance en Algérie.
Les compagnies d’assurances et de réassurance sont au nombre de vingt-et-une, 10 sociétés publiques, neuf sociétés privées et deux mutuelles.
Le phénomène nouveau est la création de filiale « vie » par certaines compagnies pour respecter la réglementation qui impose la séparation
des activités Dommages et Vie en deux entités distinctes.
Neuf sociétés publiques et un monopole public de la réassurance :
 quatre compagnies généralistes opèrent dans toutes les branches d’assurances, la CAAR, la SAA, la CAAT et la CASH (filiale de la
Sonatrach). Les trois premières compagnies publiques ont créé trois filiales d’assurances de personnes en application de la loi 06/04 qui
impose aux sociétés d'assurances de séparer les assurances de dommages et celles de personnes. Les trois sociétés en question sont :
« TAAMINE LIFE ALGERIE » SPA, filiale de la CAAT ; « CAARAMA assurance » SPA, filiale de la CAAR et « Société d’assurance de
prévoyance et de santé » SPA, filiale issue du partenariat entre la SAA et la compagnie française MACIF ;
 deux compagnies publiques sont spécialisées dans l’assurance du risque crédit : la CAGEX (assurance crédit à l’exportation) et la SGCI
(assurance crédit à l’immobilier) ;
 une société publique de réassurance, la CCR, Compagnie centrale de réassurance, bénéficie des cessions préférentielles du marché et de
la garantie de l’Etat.
Six sociétés privées algériennes:
 2A, Algérienne des assurances ;
 Alliance Assurances (société cotée sur la bourse d’Alger).
 CIAR, Compagnie internationale d’assurance et de réassurance et sa filiale d’assurance de personnes Macir-Vie ;
 « Macir-Vie » qui a obtenu son agrément par arrêté n°67 du 11 août 2011 du ministère des Finances pour la distribution des produits
d’assurances de personnes (filiale de la CIAR);
 Salama Assurances (ex Al Baraka Oua Al Amane) ;
 TRUST Algeria.
Trois sociétés privées étrangères:
 Axa Algérie qui a ouvert sa première agence en décembre 2011 et dispose de 2 filiales (Dommages et Vie), en partenariat avec le FNI (36%)
et la BEA (15%) (filiale de l’entreprise française Axa) ;
 Cardif El Djazaïr, première société agréée spécialisée en assurances de personnes en Algérie (filiale de l’entreprise française BNP);
 GAM, Générale d’assurance méditerranéenne (appartenant au groupe ECP, société de capital-investissement panafricaine);
Deux sociétés mutuelles pratiquent l’assurance directe :
 CNMA, mutuelle agricole, héritière de la mutualité agricole française, représente une part de marché de 6 % ;
 MAATEC, mutuelle des travailleurs de l’éducation nationale et de la culture.
La part de marché des assureurs privés a fortement progressé au cours des années 2000 pour se situer à 20% en 2008 et à 21,1% en 2014
alors qu’elle s’établissait à 5% en 1999.
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Total des primes d’assurances de dommages par branche selon l’origine des capitaux en 2014 (en m DZD)
Branches
d'assurances
Entreprises
publiques
Entreprises
privées
Entreprises mixtes
Total marché
Part de marché des entreprises
à capitaux privés
Automobile
41 963 346
18 105 788
1 284 897
61 354 031
29,5%
IRD
32 226 254
5 656 440
980 223
38 862 918
14,6%
Transport
5 131 471
940 308
284 759
6 356 539
14,8%
Agricole
2 755 322
174 271
0
2 929 593
5,9%
Crédit - Caution
1 028 500
1 928
0
1 030 428
0,2%
Total Marché
83 104 894
24 878 736
2 549 879
110 533 509
22,5%
Source : Conseil National des Assurances
3-
Un secteur où la part de l’assurance dommages, notamment automobile, est prépondérante, l’assurance de personnes étant
une activité en phase de démarrage.
Au sein des assurances de dommages, la branche assurance-crédit enregistre une hausse de +11,5% en valeur (mais ne représente toujours
qu’0,9% du marché), la branche assurance agricole marque une progression de +4,9% et la branche IRD (incendie, construction et risques
divers) de +14,1%. La branche assurance automobile, qui représentent 50,5% du marché (72,8% pour les compagnies privées) progresse
de +3,0%, à 61,4 Mds DZD. Enfin, la branche transports enregistre une progression de +6,8% par rapport à 2013, principalement du fait des
activités de transport maritime (+14,1%) qui composent 60,8% de la branche, en raison de la progression des importations en 2013. Le transport
terrestre (qui compose 14,2% de la branche) enregistre lui une baisse sensible de -44,2%.
L’assurance obligatoire RC (responsabilité civile) de l’automobile est déficitaire (à la différence des assurances automobiles tous-risques ou qui
couvrent des risques plus larges que la seule RC) en raison de la hausse des sinistres déclarés et du coût des indemnisations, qui est aggravé
par les accidents de la route mortels et par le niveau de prime imposé par l’Etat. La prime moyenne RC actuelle est équivalente à moins de
1500 DZD par an, soit 15 €, contre 300 € dans les autres pays du Maghreb.
L’assurance de personnes (à 8,4 Mds DZD, soit 7% du marché) est en hausse de +11,9% par rapport à 2013 (elle représentait alors 6,7% du
marché total à 7,5 Mds DZD). Selon le CNA, cette hausse est principalement imputable aux assurances accidents (+44,2%) et aux garanties
« assistance » et « vie-décès » qui enregistrent chacune un taux de croissance de 24%, contrairement aux garanties « maladie » et
« prévoyances collective » qui, elles, connaissent des baisses respectives de 64,3% et 5,1%.
Total des primes du secteur des assurances (hors acceptations internationales) en 2014 (en m DZD)
Chiffres d'affaires
Assurances de dommages
Automobile
IRD
Evolution 2013/2014
Au
31/12/2013
2014
2013
En %
En valeur
110 533 509
103 282 250
93,0%
93,3%
7,0%
7 251 259
61 354 031
59 544 027
55,5%
57,7%
3 ,0%
1 810 004
38 862 918
34 065 505
35,2%
33,0%
14,1%
4 797 413
Transport
6 356 539
5 953 670
5,8%
5,8%
6,8%
402 869
Agricole
2 929 593
2 792 676
2,7%
2,7%
4,9%
136 917
Crédit-caution
1 030 428
924 160
0,9%
0,9%
11,5%
106 268
8 361 548
7 470 923
7,0%
6,7%
11,9%
890 625
118 895 057
110 753 173
100%
100%
7,4%
8 141 884
Assurances de Personnes
Total
Structure
Au
31/12/2014
Source : Conseil National des Assurance
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Structure des primes d’assurances de dommages en Algérie au 31/12/2014
Transport
6%
Constuction
9%
Automobile
55%
Agricole
3%
IRD
35%
Incendie
19%
Risques
divers
7%
Crédit
1%
Source : Conseil National des Assurances
4-
Un secteur réglementé et encadré par le ministère des Finances. La présence des entreprises étrangères, encore faible
(environ 3% de part de marché), devrait progressivement s’accroître notamment dans l’assurance de personnes (Vie).
Le CNA (Conseil national des assurances) présidé par le ministre des Finances et administré par un Secrétaire Général permanent, est
structuré en 4 commissions (agréments, tarifs, juridique et marché) et vise la dynamisation de la profession. Il publie une note de
conjoncture trimestrielle sur son site (www.cna.dz). La Commission de Supervision des Assurances, présidée par le Directeur Général
du Trésor accorde les agréments aux nouvelles compagnies souhaitant travailler sur le marché algérien. La Direction des Assurances, au
sein de la Direction Générale du Trésor, suit l’activité des compagnies et élabore la réglementation.
La séparation obligatoire des activités Dommages et Vie, l’autorisation de la banque-assurance et l’augmentation du capital minimum des
compagnies d’assurances sont les dernières modifications importantes qui ont été apportées à la règlementation.
Le décret 375-09 du 16 novembre 2009, exigeant l’augmentation du capital des sociétés d’assurances de personnes à 1 Md DZD (contre
200 MDZD) et celui des sociétés d’assurances dommages à 2 Mds DZD (contre 500 MDZD) a contraint le développement de l’activité Vie,
les compagnies spécialisées en Vie devant mobiliser chacune un capital de 1 Md DZD, pour un marché global estimé en 2014
à 8,4 Mds DZD. Le développement de l’activité VIE se heurte également à l’insuffisance des produits d’épargne (marché financier quasiinexistant), au contrôle des changes qui interdit les placements à l’extérieur et à l’imposition par l’Etat d’un rendement minimum sur les
produits d’épargne difficile à atteindre avec les instruments disponibles (bons du Trésor principalement). Enfin, il convient de rappeler que
l’activité de courtage est toujours réservée aux seuls nationaux algériens.
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Revu par : Martin JUILLARD
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