CONFÉDÉRATION INTERNATIONALE DU CRÉDIT AGRICOLE
Transcription
CONFÉDÉRATION INTERNATIONALE DU CRÉDIT AGRICOLE
CONFÉDÉRATION INTERNATIONALE DU CRÉDIT AGRICOLE ZURICH – SUISSE Birmensdorferstrasse 67 - Téléphone +41-1.291.05.75 - Fax +41 -1.291.07.66 RÉUNION DU COMITÉ CENTRAL Erevan, le 21 mai 2004 Stepan GISHYAN General Manager, Agricultural Cooperative Bank of Armenia L’historique de l’Arménie et de la Banque ACBA Monsieur le Ministre, Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale, Monsieur le Président, Chers collègues, Je voudrais commencer cette présentation en vous souhaitant la bienvenue en Arménie. Certains d’entre vous nous ont déjà fait le plaisir de nous rendre visite mais pour la plus part d’entre-vous il s’agit d’un premier contact avec l’Arménie. Je vais donc faire de mon mieux pour vous présenter ce pays et son peuple, son histoire et son héritage culturel et aussi notre Banque qui a l’immense plaisir d’accueillir le Comité Central de la CICA. Aujourd'hui, l’Arménie est un petit pays d’environ 30.000 km2, mais ce ne fut pas toujours le cas. A une certaine époque le "Plateau arménien", comme on l’appelait, recouvrait une superficie de 300.000 km délimitée à l'Ouest par le plateau de l'Asie Mineure, au Nord par le Massif du Petit Caucase, et au Sud par le plateau iranien, nous reviendrons sur cet aspect plus tard. Ce plateau, aussi surnommé "l'île montagneuse" se situe à une altitude moyenne de 1.500 à 1.800 m dont la partie la plus basse, la vallée de l'Ararat, est à une altitude de 800 à 1.000 m. Ce particularisme géographique implique un climat continental connaissant des amplitudes de températures très importantes, allant de plus 40° en été à moins 40° en hiver. Ces caractéristiques géographiques et climatiques contribuent certainement au caractère des Arméniens connus comme un peuple au caractère entier, à la tête chaude, mais pacifique. Ils sont également connus comme des bâtisseurs et à ce titre l’expression selon laquelle "c’est le peuple qui parvient à créer du pain à partir de pierres" le caractérise bien. L'Arménie est un pays mono-ethnique, dont la population est composée à près de 96% d’Arméniens. Leur origine a été établie par la méthode de la linguistique comparée qui a permis aux savants de démontrer que les Arméniens sont des autochtones. Au XIX siècle, utilisant la méthode de la linguistique historique comparative les chercheurs ont confirmé que l'arménien faisait partie de la famille des langues indo-européennes tout en étant une langue indépendante et ce déjà au III millénaire avant notre ère. En effet, les écritures cunéiformes de Mésopotamie de cette époque témoignent de l'existence de l'ethnie arménienne. A cette époque les Arméniens s'appelaient les "Armis" et l'Arménie "Armanoum" ou "Armani". Avant d’en venir à l’histoire avec un grand H de l’Arménie, permettez-moi d’évoquer rapidement l’histoire biblique de notre pays qui n’est pas des moindres puisque certaines théories situent l’Eden biblique sur le plateau arménien. Selon la Bible, l'Eden se trouvait dans un pays riche en or, en argent et en métaux, où quatre fleuves, dont le Tigre et l’Euphrate, prennent leur source. Ces fleuves prenant effectivement leur source sur le plateau arménien, qui est par ailleurs riche en métaux, et les deux autres fleuves bibliques, la Koura et l’Araxe, prenant également leur source sur ce plateau, certains érudits placent donc l’Eden ici. Je peux donc vous dire : Bienvenue au Paradis. Le second élément qui lie notre pays à l’histoire biblique est le Mont Ararat, aujourd’hui sur le territoire turc, que les Arméniens appellent Massis. Culminant à 5.165 m, c’est le sommet le plus haut d'Asie occidentale, sur lequel, selon la Bible, l’Arche de Noé a trouvé refuge lors du Déluge. Quand les eaux se retirèrent, Noé descendit avec ses fils au pied de l’Ararat et initia une nouvelle civilisation. Il est à noter qu'un fragment de l'arche de Noé se trouve à Etchmiadzine, le centre religieux arménien, et que des recherches récentes, à l’aide de satellites, ont permis de découvrir les traces d'un objet extraordinaire, qui est supposé être l'arche de Noé, sur le mont Ararat. Le Mont Ararat n’est pas seulement le symbole de l'Eden perdu d'autrefois, de l’origine de la nouvelle race humaine purifiée de ses péchés, c’est aussi pour le peuple arménien le symbole de notre patrie historique. Il figure sur les armoiries arméniennes. Ceci m’amène à l’Histoire millénaire de notre pays qui a été marquée tout d’abord par trois dynasties royales ; celles des Ourartous, celle des Artachéssides et celle des Archakounis. Le premier Etat arménien, le royaume de Van a été formé au XIX siècle avant notre ère et fut nommé par ses voisins « Ourartou » ou « pays d'Ararat ». La ville de Van, aujourd’hui en Turquie, qui se trouvait sur les rives du lac de Van était le centre du royaume dont l’économie était très développée. Les rois arméniens de cette époque menèrent des politiques de développement très dynamiques, en bâtissant des ouvrages tels que ce canal de 8 km, construit par le roi d'Ourartou Ménoua au VIII siècle avant notre ère, qui approvisionnait en eau potable et permettait l’irrigation de toute la ville de Van jusqu'à ces derniers temps. Ils favorisèrent également la construction de places fortes telles que la forteresse d’Erébouni, fondée par le roi Arguichti, le fils de Ménoua, en 782 avant notre ère. Au fil des siècles, suite à des modifications de prononciation, Erébouni est devenue "Erevan". Par comparaison, notons que Rome a été fondée en 754-753 avant notre ère, soit 28 ans après Erébouni. Le royaume de Van a subsisté jusqu'à la fin du VII siècle avant notre ère. L'Etat arménien se rétabli en 189 avant notre ère et subsiste jusqu'à la fin du premier siècle de notre ère sous la dynastie des Artachéssides, durant laquelle le roi Tigrane Mets, Tigrane le Grand, en fait un état puissant lors de son règne entre 95 et 55 avant notre ère. Grâce à une politique de conquête, sans précédent ni équivalent dans l'histoire de l'Arménie, l'empire de Tigrane le Grand couvrait une grande partie de l'Asie occidentale donnant à l'Arménie de l’époque des débouchés sur la mer Méditerranée, la mer Caspienne et la mer Noire. L'Arménie gouvernée par Tigrane le Grand fut le rival le plus dangereux de l'Empire romain. C’est aussi durant cette période que l'Arménie a frappé ses premières pièces de monnaie en métal portant l'effigie de Tigrane. La dynastie des Artachéssides a non seulement donné un grand chef d'armée en la personne de Tigrane le Grand, mais aussi un roi amoureux des arts, en la personne de son fils Artavazd. Ayant bénéficié d’une éducation hellénique, Artavazd développe les arts, notamment le théâtre arménien pour lequel il écrit et met en scène lui-même des drames. Cet artiste a toutefois connu une fin tragique. Afin d’essayer de sauver son pays des pillages, menés par les Parthes et les Romains, il se présente à Marcus Antonius pour négocier, mais ce dernier emprisonne le roi arménien et l'emmène menotté à Alexandrie, en Egypte. Lors de la cérémonie organisée pour célébrer les conquêtes de Rome contre l'Arménie, Marcus Antonius fait venir le roi arménien et lui promet la liberté, s’il s’incline devant Cléopâtre et proclame celle-ci "la reine des reines". Artavazd choisit la mort. L'Etat arménien se reconstruit une nouvelle fois au premier siècle de notre ère avec la dynastie des Archakounis qui a perduré jusqu’au V siècle. C’est sous le règne de cette dynastie que l'Arménie est devenue le premier pays du monde à adopter officiellement le christianisme. En 301, après de longues années d’une lutte violente contre les prédicateurs et les groupes de croyants le roi Terdat III, sous l’influence de Grégoire l'Illuminateur, se convertit au christianisme et l’impose comme nouvelle religion en Arménie. Ce brusque changement d’opinion intervient après l’arrestation et l’emprisonnement dans un fossé profond de Grégoire l'Illuminateur par le roi Terdat. On peut toujours voir cette prison sur laquelle on a construit plus tard le monastère de Khorvirap. Le 1.700ème anniversaire de l'adoption du christianisme en Arménie a été célébré en 2001 ; notamment par la construction de l'église Grégoire Loussavoritch (Illuminateur) bénie par le Catholicos de tous les Arméniens ainsi que par le Pape de Rome. Cependant, l'adoption du christianisme n'a pas pu déraciner totalement le culte païen qui prévalait avant la conversion du roi Terdat III. Ce culte a gardé son expression dans plusieurs coutumes acceptées par le christianisme, telles que Vardavar, la fête de l'eau qui célèbre la déesse de l'amour, de la beauté et de l'eau, que l’on fête jusqu’à nos jours en s'arrosant les uns les autres d'eau claire ou parfumée, un geste qui symbolise la purification. D’un point de vue culturel la dynastie des Archakounis s’est illustrée par la création de l’alphabet arménien par Mesrop Machtots, qui a, par la suite, également créé l’alphabet géorgien. L’alphabet arménien qui comprenait au départ 36 lettres, auxquelles ont été ajoutées 3 autres lettres, est resté aujourd’hui tel qu’à sa création il y a 1.600 ans. Le V siècle, dernier siècle de la dynastie des Archakounis, est connu dans l'histoire de l'Arménie comme "le siècle d'or arménien". Plusieurs écoles arméniennes ont été ouvertes dans tout le royaume, des dizaines d'historiens ont entrepris la rédaction de l'histoire arménienne. Les VI et VII siècles ont été marqués par un fort développement architectural et culturel. Durant cette période toute l'Arménie s'est couverte de magnifiques monuments religieux en particulier. Le temple de "Zvartnots", bâti au VII siècle, en est un exemple splendide. C'était une construction de forme arrondie de trois étages, à l’aspect sans précédent qui a malheureusement été détruit par un puissant séisme trente ans après l’achèvement de sa construction et dont les ruines sont toujours visibles. Les Khatchkars ou Pierres Croix sont un autre exemple de ce développement culturel. Ce sont des pierres de forme rectangulaire gravées de croix et d’ornements symbolisant les notions de vie et de mort. Les Khatchkars sont des monuments uniques dans leur genre qui étaient, et sont toujours, érigés à l'occasion de tel ou tel événement important de la vie, dans les cimetières ou près des églises. Il y a des khatchkars arméniens dans plusieurs musées du monde, notamment au musée du Louvre à Paris. Une autre étape singulière de l’histoire de l’Arménie mérite d’être soulignée. Il s’agit de la fondation par des Arméniens au Nord-ouest de la Méditerranée, loin de leur pays natal, d’un état qui devient à la fin du XII siècle le royaume de Cilicie. Ce royaume était un Etat puissant, doté d’une économie développée et possédant la flotte maritime la plus puissante de la Méditerranée. L'Arménie cilicienne a établi des liens commerciaux avec Venise et Gênes tout en développant un système financier et frappant sa propre monnaie. Cependant, à la fin du XIV siècle le royaume de Cilicie a commencé à décliner et ne s’est plus relevé. Il convient de souligner que les derniers rois de Cilicie avaient des origines françaises. Ainsi, la dépouille du roi de Cilicie Lévon VI se trouve à Saint-Denis près de Paris. Le trésor de Cilicie lui est en Angleterre. A partir du XVI siècle, la culture arménienne s’est développée principalement hors d'Arménie, dans les communautés arméniennes qui s’étaient créées dans plusieurs pays du monde. Le premier livre imprimé en langue arménienne a été fabriqué en 1512 dans une imprimerie arménienne à Venise. La première revue arménienne a été publiée à Madras en Inde. Sayat-Nova, poète et troubadour éminent du XVIII siècle vivait et composait dans la capitale géorgienne, Tiflis (aujourd’hui Tbilissi). Des écoles arméniennes ont été fondées en Inde, en Perse, en Russie, à Paris et à Venise. La plus connue de ces écoles est le séminaire "Lazaryan" à Moscou. L’Ordre prestigieux des "Mkhitarian" à été établi à Venise. C'est encore aujourd’hui un grand centre scientifique et éducatif. Plus récemment, Hovhannès Aïvazovski, le grand peintre de marines, qui est très connu par ses tableaux "La haute vague", "Noé descend d'Ararat" vivait et travaillait en Crimée. A la fin du XIX siècle, sous le règne des Bagratounides, un contrat commercial, preuve s’il en faut de l’habileté commerciale des Arméniens, fut signé entre l'Arménie et Byzance sur le libre échange entre toutes les nationalités. De nombreuses foires, auxquelles marchands arméniens et étrangers prenaient part, étaient organisées dans le pays, véritable carrefour commercial. Sous les Bagratounides, une nouvelle activité, l’usure, s’est développée. Certains individus prêtaient des sommes importantes et en retiraient un grand profit, ce fut le début des activités bancaires en Arménie. Le XX siècle a été marqué par le Grand génocide des Arméniens en Turquie en 1915. Plus de 1,5 millions d'Arméniens sont massacrés et des centaines de milliers se sont enfuis vers l'Europe, l'Asie ou l'Amérique. C’est la naissance de la diaspora arménienne. On estime aujourd’hui le nombre des Arméniens de la diaspora à plus de 5 millions. Nombreux sont ceux qui ont une renommée mondiale, comme par exemple l'éminent peintre américain, fondateur d'une nouvelle école dans la peinture mondiale, Archil Gorki, Vostanik Adoyan de son vrai nom, le grand chanteur et comédien français Charles Aznavour, l'écrivain Henri Troyat (Lévon Torossian), le grand peintre français d'origine arménienne, Carzou, les metteurs en scène Henri Verneuil (Achot Malakian) et Atom Egoyan, ou encore le joueur de tennis tête de série André Aghassi. Certains disent ; avec humour bien sûr, que nous, Arméniens, avons pris l'habitude d’attribuer la nationalité arménienne à des gens célèbres. Le Président de la République française, Jacques Chirac, par exemple est selon nous, d'origine arménienne, de la région qui porte le même nom de "Chirac". Autre étape importante du XX siècle : le rétablissement de la souveraineté de l'Arménie après des siècles mouvementés. La première République arménienne, créée en 1918, n'a cependant existé que pendant deux ans et demi et la Deuxième République, une République soviétique socialiste, a été proclamée en 1920. Aussi bien la culture que l'économie du pays ont eu un grand élan durant la période soviétique. On peut souligner que parmi les Républiques soviétiques, l'Arménie avait un haut niveau de vie, un niveau de développement scientifique et un niveau d’éducation très élevés. D’un point de vue scientifique, cette période a vu la création de l'Académie Nationale des Sciences, la création de l’un des plus grands observatoires, celui de Biourakan. Par ailleurs il faut noter, ce que peu savent, que la télévision en couleur a été inventée par un arménien, Hovhannes Adamian. D’un point de vue culturel, la période soviétique a été marquée par un développement incontestable. C’est durant cette période qu’a été créé le Maténadaran, l'une des plus grande bibliothèque de manuscrits anciens où sont conservés plus de 15.000 manuscrits et registres. Les anciens registres arméniens étaient fabriqués en peau d'agneau, qui étaient traitée si soigneusement qu'elle avait l'épaisseur du papier. Les manuscrits conservés au Maténadaran nous surprennent par leurs couleurs éclatantes, conservées jusqu'à nos jours, et dont le secret de fabrication n'a toujours pas été découvert. On peut aussi souligner que pendant cette période, l'Arménie a engendrée un grand nombre d’hommes illustres mondialement connus, comme le compositeur Aram Khatchatrian, le peintre Martiros Sarian, l'astrophysicien Victor Hambartsoumian, le grand maître en échec, champion du monde Tigrane Petrossian etc. Durant les années soviétiques l'économie s'est également développée. L’industrie lourde et de transformation avec des usines chimiques et métallurgiques, des fonderies, la fabrication de machines-outils, a connu un essor important. L'Arménie était également connue pour ses chaussures haut de gamme qu’elle exportait dans toute l’Union soviétique et au-delà ; et aussi par sa production de vin et de cognac, déjà bien avant l'arrivée du pouvoir soviétique, dont le Premier Ministre britannique Winston Churchill était un grand amateur. En décembre 1988 un terrible tremblement de terre a eu lieu en Arménie. Le monde entier a réagi à cette tragédie en tendant une main amicale vers notre pays. A la même époque, le Mouvement Karabagh à été initié. Les Arméniens exigeaient que le Karabagh annexé à l’Azerbaïdjan par Staline en 1921, soit rendu à l’Arménie. Ce mouvement lancé, les conséquences du tremblement de terre, l’arrivée en Arménie de près d’un demi-million d’Arméniens réfugiés d’Azerbaïdjan ont ruiné l’économie qui a été ensuite entièrement paralysée par la désintégration de l’Union Soviétique en 1991, année durant laquelle l’Arménie s’est déclarée indépendante. En 1991 encore, la première parmi les ex-républiques de l’URSS, l’Arménie a initié la privatisation de la terre et des entreprises industrielles. Le but de cette privatisation était de permettre l’adaptation de l’économie aux nouvelles données du marché ; mais les premières années du passage à l’économie de marché ont été difficiles et l’Arménie a connu une période de stagnation macroéconomique. Ce n’est qu’en 1996 que les premiers indices d’une reprise économique ont commencé à se faire sentir. Ces dernières années, l’Arménie, conservant encore le statut de pays en transition, a tout de même enregistré une certaine stabilisation puis une croissance de son économie. En 2003, la croissance économique a atteint 13.9%, et le PIB s’est élevé à 1.619 milliards de drams (près de 2.9 milliards de USD). La part du PIB par actif a été de 1,3 million de drams (près de 2.200 de USD) annuels. Le déficit du budget de l’Etat a été limité à 3% du PIB, et le déficit de la balance des paiements s’est élevé à 7 %. Le volume des exportations a été d’environ 720 millions USD, et le volume des importations a atteint 1.200 millions de USD. Il est à noter que les exportations sont assurées en grande partie par l’industrie de transformation. L’exportation des pierres précieuses et semi-précieuses, de métaux et d’objets faits de métaux composites représente plus que la moitié des exportations de l’Arménie. Dans le volume de l’exportation, le poids des exportations de produits alimentaires transformés et des produits minéraux est également considérable. Ces dernières années on peut noter que la croissance des volumes réels de la production industrielle dépasse la croissance économique générale, ce qui augmente le poids spécifique de l’industrie dans le PIB (qui est de 26%). Les tendances actuelles du développement de l’économie permettent de supposer que notre pays peut retrouver le niveau de production industrielle qu’il possédait dans le cadre de l’URSS et ainsi achever sa transition. Maintenant, permettez-moi d’achever cet aperçu historique sur l’Arménie et de vous présenter rapidement l’historique de la Banque coopérative agricole d’Arménie, ainsi que ses perspectives de développement. Dès le XIX siècle, des associations de crédit ont vu le jour sur le territoire de l’Arménie. Ces associations fournissaient aux paysans des semences, des bêtes de trait et assuraient, de cette manière, la réalisation dans les temps du labourage, des semailles et de la moisson, ainsi que des autres travaux agricoles. Au début du XX siècle, une banque de semences fonctionnant selon les principes de l’aide mutuelle a été créée dans un village de la région de Chirak-Goussanaghioukh. Cette association a été fondée à l’instigation du prêtre du village. Une année d’abondance, les paysans aisés de ce village ont fait provision de semences, et les paysans les plus pauvres, mais laborieux, ont reçu la possibilité d’emprunter suivant les principes de rentabilité et de capacité de remboursement. Mais l’existence de ces organisations a été relativement courte. Simultanément à l’instauration du pouvoir soviétique, le système bancaire, et le financement de l’agriculture en particulier, a été centralisé par l’Etat. La production agricole était régie par les règles de l’économie planifiée centralisée, dans les kolkhozes et des sovkhozes. Le financement de l’agriculture était la prérogative exclusive d’une banque, l’Agrobank, dont la branche arménienne a été fondée en 1987. A présent cette banque a été liquidée. Grâce à l’indépendance de l’Arménie et aux réformes économiques, les conditions favorables à la renaissance du mouvement coopératif dans l’agriculture ont pu voir le jour. Les réformes dans le secteur agricole ont commencé dès 1991 par la privatisation de la terre qui a eu pour conséquence le démantèlement de 938 grandes entreprises d’état et collectives, et la création de petites exploitations agricoles privées. Aujourd’hui, on compte en Arménie près de 340.000 exploitations agricoles dont la superficie moyenne est de 1,8 hectares. Les faibles surfaces, l’éloignement géographique de la capitale, l’absence de gages liquides, les conditions climatiques défavorables qui se répètent depuis plusieurs années, ainsi que la faiblesse des montants des crédits à l’agriculture mais aussi le coût élevé de ces prêts n’incitent pas les banques à octroyer des crédits au secteur agricole. En prenant en considération tous ces éléments, et sur la demande du gouvernement de la République d’Arménie, l’Union européenne a décidé de financer un projet pour étudier les possibilités de développer le financement de l’agriculture, puis sur la base de cette étude de soutenir techniquement et financièrement la création de la Banque coopérative agricole d’Arménie. La société de conseil Crédit Agricole Consultants, filiale du Crédit Agricole, en collaboration avec les banques hollandaise Rabobank et allemande DG Bank a mis en oeuvre avec succès le projet ayant aboutit à la création de la banque, en 3 étapes : - La première étape (1993-1994) a donné lieu à la réalisation d’une étude de faisabilité dont la conclusion proposait la création d’une banque agricole sur le modèle des Banques coopératives européennes. Cette option retenue et approuvée tant par le Gouvernement arménien que par la l’Union européenne qui apportait un soutient financier significatif, la seconde étape a pu être lancée. - Entre le mois de septembre 1994 et le mois de décembre 1995, les activités visant à la fondation de la Banque coopérative agricole d’Arménie ont été réalisées. Soixante associations villageoises ont été créées ainsi que trois Unions Régionales dans les régions d’Armavir (Etchmiadzin), Ararat (Artachat) et Chirac (Gumri). - La troisième étape (1996) a été marquée par l’obtention de la part de la Banque centrale d’Arménie d’une licence bancaire le 29 mars 1996 qui a permis la création et le lancement des activités de la banque ACBA et de ses trois agences. La banque ACBA est la seule banque coopérative fonctionnant sur le territoire de l’ex-URSS dont la structure ait été inspirée par le modèle des banques coopératives européennes, tout en tenant compte des particularités économiques et sociales locales, ainsi que des exigences de la Banque centrale de la République d’Arménie. La banque a un système à 3 niveaux. Le premier niveau est constitué par des Associations villageoises. Actuellement, dans chacune des 10 régions de l’Arménie, plus de 22.000 agriculteurs sociétaires regroupés en quelques 620 associations villageoises ont la possibilité de bénéficier de tous les services bancaires offerts par la banque. Chaque association villageoise est représentée par 2 délégués dans l’Union de la région dont elle dépend. Les Unions régionales constituent le deuxième niveau de la banque. Actuellement, 10 Unions régionales sont les actionnaires de la banque ACBA. Le troisième niveau est la banque elle-même, ACBA. Elle établit la stratégie générale et coordonne les activités par un réseau d’agences en développement. La banque ACBA aujourd’hui - Elle est la plus grande banque du système bancaire arménien par rapport aux capitaux propres. Son capital s’élève à de 10,5 millions de USD. - Elle tient la première place dans le système bancaire de la République d’Arménie d’après le volume des crédits. Son encours s’élève à près de 24 millions de USD. - Elle est leader en termes de crédits consentis à l’agriculture. - Elle est la première banque en Arménie qui ait reçu un certificat international de gestion qualité ISO 9001:2000. Depuis sa création, la banque ACBA a connu un rythme de développement stable et soutenu et est considérée comme l’une des banques les plus importantes et les plus stables d’Arménie. Actuellement la banque exerce une activité productive dans toutes les régions du pays grâce à son réseau. Tout en conservant ses priorités dans le domaine des crédits agricoles, la banque se transforme progressivement en une organisation bancaire universelle, en orientant activement ses opérations de crédit vers les petites et moyennes entreprises, notamment, dans le cadre d’un programme germano-arménien concernant spécifiquement ces petites et moyennes entreprises. La banque ACBA est la première utilisatrice de cette ligne de crédit dont elle a utilisé, à elle seule, plus de 50%. La banque exerce une forte activité dans le domaine des nouvelles technologies et des nouveaux services bancaires. Ainsi, en 2002, c’est la banque ACBA qui est devenue la première banque arménienne membre à part entière du système Visa International. En 2003, en collaboration avec des organisations financières internationales connues telles que la Société Financière Internationale et le Crédit Agricole, et avec le soutien de USAID, la banque a fondé ACBA Leasing, une organisation de crédit dont le but est de proposer à ses clients des services de leasing. A présent la banque travaille en collaboration avec La Banque Mondiale, IFC, Fonds Internationals pour le Développement de l’Agriculture (IFAD), la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (EBRD), la banque KfW, ainsi qu’avec des banques internationales privées telle que le Crédit Agricole. En vous priant de m’excuser si j’ai été un peu long, mais notre histoire est longue et riche, je vous souhaite une nouvelle fois la bienvenue et j’espère que notre réunion en Arménie contribuera à l’élargissement et à l’approfondissement de notre collaboration.