CONFÉDÉRATION INTERNATIONALE DU CRÉDIT AGRICOLE

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CONFÉDÉRATION INTERNATIONALE DU CRÉDIT AGRICOLE
CONFÉDÉRATION INTERNATIONALE DU CRÉDIT AGRICOLE
ZURICH – SUISSE
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RÉUNION DU COMITÉ CENTRAL
Erevan, le 21 mai 2004
Stepan GISHYAN
General Manager, Agricultural Cooperative Bank of Armenia
L’historique de l’Arménie et de la Banque ACBA
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale,
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Je voudrais commencer cette présentation en vous souhaitant la bienvenue en Arménie. Certains
d’entre vous nous ont déjà fait le plaisir de nous rendre visite mais pour la plus part d’entre-vous il
s’agit d’un premier contact avec l’Arménie. Je vais donc faire de mon mieux pour vous présenter ce
pays et son peuple, son histoire et son héritage culturel et aussi notre Banque qui a l’immense plaisir
d’accueillir le Comité Central de la CICA.
Aujourd'hui, l’Arménie est un petit pays d’environ 30.000 km2, mais ce ne fut pas toujours le cas. A
une certaine époque le "Plateau arménien", comme on l’appelait, recouvrait une superficie de 300.000
km délimitée à l'Ouest par le plateau de l'Asie Mineure, au Nord par le Massif du Petit Caucase, et au
Sud par le plateau iranien, nous reviendrons sur cet aspect plus tard. Ce plateau, aussi surnommé
"l'île montagneuse" se situe à une altitude moyenne de 1.500 à 1.800 m dont la partie la plus basse, la
vallée de l'Ararat, est à une altitude de 800 à 1.000 m. Ce particularisme géographique implique un
climat continental connaissant des amplitudes de températures très importantes, allant de plus 40° en
été à moins 40° en hiver.
Ces caractéristiques géographiques et climatiques contribuent certainement au caractère des
Arméniens connus comme un peuple au caractère entier, à la tête chaude, mais pacifique. Ils sont
également connus comme des bâtisseurs et à ce titre l’expression selon laquelle "c’est le peuple qui
parvient à créer du pain à partir de pierres" le caractérise bien.
L'Arménie est un pays mono-ethnique, dont la population est composée à près de 96% d’Arméniens.
Leur origine a été établie par la méthode de la linguistique comparée qui a permis aux savants de
démontrer que les Arméniens sont des autochtones. Au XIX siècle, utilisant la méthode de la
linguistique historique comparative les chercheurs ont confirmé que l'arménien faisait partie de la
famille des langues indo-européennes tout en étant une langue indépendante et ce déjà au III
millénaire avant notre ère. En effet, les écritures cunéiformes de Mésopotamie de cette époque
témoignent de l'existence de l'ethnie arménienne. A cette époque les Arméniens s'appelaient les
"Armis" et l'Arménie "Armanoum" ou "Armani".
Avant d’en venir à l’histoire avec un grand H de l’Arménie, permettez-moi d’évoquer rapidement
l’histoire biblique de notre pays qui n’est pas des moindres puisque certaines théories situent l’Eden
biblique sur le plateau arménien. Selon la Bible, l'Eden se trouvait dans un pays riche en or, en argent
et en métaux, où quatre fleuves, dont le Tigre et l’Euphrate, prennent leur source. Ces fleuves prenant
effectivement leur source sur le plateau arménien, qui est par ailleurs riche en métaux, et les deux
autres fleuves bibliques, la Koura et l’Araxe, prenant également leur source sur ce plateau, certains
érudits placent donc l’Eden ici. Je peux donc vous dire : Bienvenue au Paradis.
Le second élément qui lie notre pays à l’histoire biblique est le Mont Ararat, aujourd’hui sur le territoire
turc, que les Arméniens appellent Massis. Culminant à 5.165 m, c’est le sommet le plus haut d'Asie
occidentale, sur lequel, selon la Bible, l’Arche de Noé a trouvé refuge lors du Déluge. Quand les eaux
se retirèrent, Noé descendit avec ses fils au pied de l’Ararat et initia une nouvelle civilisation. Il est à
noter qu'un fragment de l'arche de Noé se trouve à Etchmiadzine, le centre religieux arménien, et que
des recherches récentes, à l’aide de satellites, ont permis de découvrir les traces d'un objet
extraordinaire, qui est supposé être l'arche de Noé, sur le mont Ararat.
Le Mont Ararat n’est pas seulement le symbole de l'Eden perdu d'autrefois, de l’origine de la nouvelle
race humaine purifiée de ses péchés, c’est aussi pour le peuple arménien le symbole de notre patrie
historique. Il figure sur les armoiries arméniennes.
Ceci m’amène à l’Histoire millénaire de notre pays qui a été marquée tout d’abord par trois dynasties
royales ; celles des Ourartous, celle des Artachéssides et celle des Archakounis.
Le premier Etat arménien, le royaume de Van a été formé au XIX siècle avant notre ère et fut nommé
par ses voisins « Ourartou » ou « pays d'Ararat ». La ville de Van, aujourd’hui en Turquie, qui se
trouvait sur les rives du lac de Van était le centre du royaume dont l’économie était très développée.
Les rois arméniens de cette époque menèrent des politiques de développement très dynamiques, en
bâtissant des ouvrages tels que ce canal de 8 km, construit par le roi d'Ourartou Ménoua au VIII siècle
avant notre ère, qui approvisionnait en eau potable et permettait l’irrigation de toute la ville de Van
jusqu'à ces derniers temps. Ils favorisèrent également la construction de places fortes telles que la
forteresse d’Erébouni, fondée par le roi Arguichti, le fils de Ménoua, en 782 avant notre ère. Au fil des
siècles, suite à des modifications de prononciation, Erébouni est devenue "Erevan". Par comparaison,
notons que Rome a été fondée en 754-753 avant notre ère, soit 28 ans après Erébouni. Le royaume
de Van a subsisté jusqu'à la fin du VII siècle avant notre ère.
L'Etat arménien se rétabli en 189 avant notre ère et subsiste jusqu'à la fin du premier siècle de notre
ère sous la dynastie des Artachéssides, durant laquelle le roi Tigrane Mets, Tigrane le Grand, en fait
un état puissant lors de son règne entre 95 et 55 avant notre ère. Grâce à une politique de conquête,
sans précédent ni équivalent dans l'histoire de l'Arménie, l'empire de Tigrane le Grand couvrait une
grande partie de l'Asie occidentale donnant à l'Arménie de l’époque des débouchés sur la mer
Méditerranée, la mer Caspienne et la mer Noire. L'Arménie gouvernée par Tigrane le Grand fut le rival
le plus dangereux de l'Empire romain. C’est aussi durant cette période que l'Arménie a frappé ses
premières pièces de monnaie en métal portant l'effigie de Tigrane.
La dynastie des Artachéssides a non seulement donné un grand chef d'armée en la personne de
Tigrane le Grand, mais aussi un roi amoureux des arts, en la personne de son fils Artavazd. Ayant
bénéficié d’une éducation hellénique, Artavazd développe les arts, notamment le théâtre arménien
pour lequel il écrit et met en scène lui-même des drames. Cet artiste a toutefois connu une fin
tragique. Afin d’essayer de sauver son pays des pillages, menés par les Parthes et les Romains, il se
présente à Marcus Antonius pour négocier, mais ce dernier emprisonne le roi arménien et l'emmène
menotté à Alexandrie, en Egypte. Lors de la cérémonie organisée pour célébrer les conquêtes de
Rome contre l'Arménie, Marcus Antonius fait venir le roi arménien et lui promet la liberté, s’il s’incline
devant Cléopâtre et proclame celle-ci "la reine des reines". Artavazd choisit la mort.
L'Etat arménien se reconstruit une nouvelle fois au premier siècle de notre ère avec la dynastie des
Archakounis qui a perduré jusqu’au V siècle. C’est sous le règne de cette dynastie que l'Arménie est
devenue le premier pays du monde à adopter officiellement le christianisme. En 301, après de
longues années d’une lutte violente contre les prédicateurs et les groupes de croyants le roi Terdat III,
sous l’influence de Grégoire l'Illuminateur, se convertit au christianisme et l’impose comme nouvelle
religion en Arménie. Ce brusque changement d’opinion intervient après l’arrestation et
l’emprisonnement dans un fossé profond de Grégoire l'Illuminateur par le roi Terdat. On peut toujours
voir cette prison sur laquelle on a construit plus tard le monastère de Khorvirap. Le 1.700ème
anniversaire de l'adoption du christianisme en Arménie a été célébré en 2001 ; notamment par la
construction de l'église Grégoire Loussavoritch (Illuminateur) bénie par le Catholicos de tous les
Arméniens ainsi que par le Pape de Rome.
Cependant, l'adoption du christianisme n'a pas pu déraciner totalement le culte païen qui prévalait
avant la conversion du roi Terdat III. Ce culte a gardé son expression dans plusieurs coutumes
acceptées par le christianisme, telles que Vardavar, la fête de l'eau qui célèbre la déesse de l'amour,
de la beauté et de l'eau, que l’on fête jusqu’à nos jours en s'arrosant les uns les autres d'eau claire ou
parfumée, un geste qui symbolise la purification.
D’un point de vue culturel la dynastie des Archakounis s’est illustrée par la création de l’alphabet
arménien par Mesrop Machtots, qui a, par la suite, également créé l’alphabet géorgien. L’alphabet
arménien qui comprenait au départ 36 lettres, auxquelles ont été ajoutées 3 autres lettres, est resté
aujourd’hui tel qu’à sa création il y a 1.600 ans.
Le V siècle, dernier siècle de la dynastie des Archakounis, est connu dans l'histoire de l'Arménie
comme "le siècle d'or arménien". Plusieurs écoles arméniennes ont été ouvertes dans tout le
royaume, des dizaines d'historiens ont entrepris la rédaction de l'histoire arménienne.
Les VI et VII siècles ont été marqués par un fort développement architectural et culturel. Durant cette
période toute l'Arménie s'est couverte de magnifiques monuments religieux en particulier. Le temple
de "Zvartnots", bâti au VII siècle, en est un exemple splendide. C'était une construction de forme
arrondie de trois étages, à l’aspect sans précédent qui a malheureusement été détruit par un puissant
séisme trente ans après l’achèvement de sa construction et dont les ruines sont toujours visibles.
Les Khatchkars ou Pierres Croix sont un autre exemple de ce développement culturel. Ce sont des
pierres de forme rectangulaire gravées de croix et d’ornements symbolisant les notions de vie et de
mort. Les Khatchkars sont des monuments uniques dans leur genre qui étaient, et sont toujours,
érigés à l'occasion de tel ou tel événement important de la vie, dans les cimetières ou près des
églises. Il y a des khatchkars arméniens dans plusieurs musées du monde, notamment au musée du
Louvre à Paris.
Une autre étape singulière de l’histoire de l’Arménie mérite d’être soulignée. Il s’agit de la fondation
par des Arméniens au Nord-ouest de la Méditerranée, loin de leur pays natal, d’un état qui devient à la
fin du XII siècle le royaume de Cilicie. Ce royaume était un Etat puissant, doté d’une économie
développée et possédant la flotte maritime la plus puissante de la Méditerranée. L'Arménie cilicienne
a établi des liens commerciaux avec Venise et Gênes tout en développant un système financier et
frappant sa propre monnaie. Cependant, à la fin du XIV siècle le royaume de Cilicie a commencé à
décliner et ne s’est plus relevé.
Il convient de souligner que les derniers rois de Cilicie avaient des origines françaises. Ainsi, la
dépouille du roi de Cilicie Lévon VI se trouve à Saint-Denis près de Paris. Le trésor de Cilicie lui est en
Angleterre.
A partir du XVI siècle, la culture arménienne s’est développée principalement hors d'Arménie, dans les
communautés arméniennes qui s’étaient créées dans plusieurs pays du monde. Le premier livre
imprimé en langue arménienne a été fabriqué en 1512 dans une imprimerie arménienne à Venise. La
première revue arménienne a été publiée à Madras en Inde. Sayat-Nova, poète et troubadour éminent
du XVIII siècle vivait et composait dans la capitale géorgienne, Tiflis (aujourd’hui Tbilissi). Des écoles
arméniennes ont été fondées en Inde, en Perse, en Russie, à Paris et à Venise. La plus connue de
ces écoles est le séminaire "Lazaryan" à Moscou. L’Ordre prestigieux des "Mkhitarian" à été établi à
Venise. C'est encore aujourd’hui un grand centre scientifique et éducatif. Plus récemment, Hovhannès
Aïvazovski, le grand peintre de marines, qui est très connu par ses tableaux "La haute vague", "Noé
descend d'Ararat" vivait et travaillait en Crimée.
A la fin du XIX siècle, sous le règne des Bagratounides, un contrat commercial, preuve s’il en faut de
l’habileté commerciale des Arméniens, fut signé entre l'Arménie et Byzance sur le libre échange entre
toutes les nationalités. De nombreuses foires, auxquelles marchands arméniens et étrangers
prenaient part, étaient organisées dans le pays, véritable carrefour commercial. Sous les
Bagratounides, une nouvelle activité, l’usure, s’est développée. Certains individus prêtaient des
sommes importantes et en retiraient un grand profit, ce fut le début des activités bancaires en
Arménie.
Le XX siècle a été marqué par le Grand génocide des Arméniens en Turquie en 1915. Plus de 1,5
millions d'Arméniens sont massacrés et des centaines de milliers se sont enfuis vers l'Europe, l'Asie
ou l'Amérique. C’est la naissance de la diaspora arménienne. On estime aujourd’hui le nombre des
Arméniens de la diaspora à plus de 5 millions. Nombreux sont ceux qui ont une renommée mondiale,
comme par exemple l'éminent peintre américain, fondateur d'une nouvelle école dans la peinture
mondiale, Archil Gorki, Vostanik Adoyan de son vrai nom, le grand chanteur et comédien français
Charles Aznavour, l'écrivain Henri Troyat (Lévon Torossian), le grand peintre français d'origine
arménienne, Carzou, les metteurs en scène Henri Verneuil (Achot Malakian) et Atom Egoyan, ou
encore le joueur de tennis tête de série André Aghassi. Certains disent ; avec humour bien sûr, que
nous, Arméniens, avons pris l'habitude d’attribuer la nationalité arménienne à des gens célèbres. Le
Président de la République française, Jacques Chirac, par exemple est selon nous, d'origine
arménienne, de la région qui porte le même nom de "Chirac".
Autre étape importante du XX siècle : le rétablissement de la souveraineté de l'Arménie après des
siècles mouvementés. La première République arménienne, créée en 1918, n'a cependant existé que
pendant deux ans et demi et la Deuxième République, une République soviétique socialiste, a été
proclamée en 1920.
Aussi bien la culture que l'économie du pays ont eu un grand élan durant la période soviétique. On
peut souligner que parmi les Républiques soviétiques, l'Arménie avait un haut niveau de vie, un
niveau de développement scientifique et un niveau d’éducation très élevés.
D’un point de vue scientifique, cette période a vu la création de l'Académie Nationale des Sciences, la
création de l’un des plus grands observatoires, celui de Biourakan. Par ailleurs il faut noter, ce que
peu savent, que la télévision en couleur a été inventée par un arménien, Hovhannes Adamian.
D’un point de vue culturel, la période soviétique a été marquée par un développement incontestable.
C’est durant cette période qu’a été créé le Maténadaran, l'une des plus grande bibliothèque de
manuscrits anciens où sont conservés plus de 15.000 manuscrits et registres. Les anciens registres
arméniens étaient fabriqués en peau d'agneau, qui étaient traitée si soigneusement qu'elle avait
l'épaisseur du papier. Les manuscrits conservés au Maténadaran nous surprennent par leurs couleurs
éclatantes, conservées jusqu'à nos jours, et dont le secret de fabrication n'a toujours pas été
découvert. On peut aussi souligner que pendant cette période, l'Arménie a engendrée un grand
nombre d’hommes illustres mondialement connus, comme le compositeur Aram Khatchatrian, le
peintre Martiros Sarian, l'astrophysicien Victor Hambartsoumian, le grand maître en échec, champion
du monde Tigrane Petrossian etc.
Durant les années soviétiques l'économie s'est également développée. L’industrie lourde et de
transformation avec des usines chimiques et métallurgiques, des fonderies, la fabrication de
machines-outils, a connu un essor important. L'Arménie était également connue pour ses chaussures
haut de gamme qu’elle exportait dans toute l’Union soviétique et au-delà ; et aussi par sa production
de vin et de cognac, déjà bien avant l'arrivée du pouvoir soviétique, dont le Premier Ministre
britannique Winston Churchill était un grand amateur.
En décembre 1988 un terrible tremblement de terre a eu lieu en Arménie. Le monde entier a réagi à
cette tragédie en tendant une main amicale vers notre pays.
A la même époque, le Mouvement Karabagh à été initié. Les Arméniens exigeaient que le Karabagh
annexé à l’Azerbaïdjan par Staline en 1921, soit rendu à l’Arménie. Ce mouvement lancé, les
conséquences du tremblement de terre, l’arrivée en Arménie de près d’un demi-million d’Arméniens
réfugiés d’Azerbaïdjan ont ruiné l’économie qui a été ensuite entièrement paralysée par la
désintégration de l’Union Soviétique en 1991, année durant laquelle l’Arménie s’est déclarée
indépendante.
En 1991 encore, la première parmi les ex-républiques de l’URSS, l’Arménie a initié la privatisation de
la terre et des entreprises industrielles. Le but de cette privatisation était de permettre l’adaptation de
l’économie aux nouvelles données du marché ; mais les premières années du passage à l’économie
de marché ont été difficiles et l’Arménie a connu une période de stagnation macroéconomique.
Ce n’est qu’en 1996 que les premiers indices d’une reprise économique ont commencé à se faire
sentir. Ces dernières années, l’Arménie, conservant encore le statut de pays en transition, a tout de
même enregistré une certaine stabilisation puis une croissance de son économie.
En 2003, la croissance économique a atteint 13.9%, et le PIB s’est élevé à 1.619 milliards de drams
(près de 2.9 milliards de USD). La part du PIB par actif a été de 1,3 million de drams (près de 2.200
de USD) annuels. Le déficit du budget de l’Etat a été limité à 3% du PIB, et le déficit de la balance des
paiements s’est élevé à 7 %. Le volume des exportations a été d’environ 720 millions USD, et le
volume des importations a atteint 1.200 millions de USD. Il est à noter que les exportations sont
assurées en grande partie par l’industrie de transformation. L’exportation des pierres précieuses et
semi-précieuses, de métaux et d’objets faits de métaux composites représente plus que la moitié des
exportations de l’Arménie. Dans le volume de l’exportation, le poids des exportations de produits
alimentaires transformés et des produits minéraux est également considérable.
Ces dernières années on peut noter que la croissance des volumes réels de la production industrielle
dépasse la croissance économique générale, ce qui augmente le poids spécifique de l’industrie dans
le PIB (qui est de 26%). Les tendances actuelles du développement de l’économie permettent de
supposer que notre pays peut retrouver le niveau de production industrielle qu’il possédait dans le
cadre de l’URSS et ainsi achever sa transition.
Maintenant, permettez-moi d’achever cet aperçu historique sur l’Arménie et de vous présenter
rapidement l’historique de la Banque coopérative agricole d’Arménie, ainsi que ses perspectives de
développement.
Dès le XIX siècle, des associations de crédit ont vu le jour sur le territoire de l’Arménie. Ces
associations fournissaient aux paysans des semences, des bêtes de trait et assuraient, de cette
manière, la réalisation dans les temps du labourage, des semailles et de la moisson, ainsi que des
autres travaux agricoles. Au début du XX siècle, une banque de semences fonctionnant selon les
principes de l’aide mutuelle a été créée dans un village de la région de Chirak-Goussanaghioukh.
Cette association a été fondée à l’instigation du prêtre du village. Une année d’abondance, les
paysans aisés de ce village ont fait provision de semences, et les paysans les plus pauvres, mais
laborieux, ont reçu la possibilité d’emprunter suivant les principes de rentabilité et de capacité de
remboursement. Mais l’existence de ces organisations a été relativement courte.
Simultanément à l’instauration du pouvoir soviétique, le système bancaire, et le financement de
l’agriculture en particulier, a été centralisé par l’Etat. La production agricole était régie par les règles
de l’économie planifiée centralisée, dans les kolkhozes et des sovkhozes. Le financement de
l’agriculture était la prérogative exclusive d’une banque, l’Agrobank, dont la branche arménienne a été
fondée en 1987. A présent cette banque a été liquidée.
Grâce à l’indépendance de l’Arménie et aux réformes économiques, les conditions favorables à la
renaissance du mouvement coopératif dans l’agriculture ont pu voir le jour.
Les réformes dans le secteur agricole ont commencé dès 1991 par la privatisation de la terre qui a eu
pour conséquence le démantèlement de 938 grandes entreprises d’état et collectives, et la création de
petites exploitations agricoles privées. Aujourd’hui, on compte en Arménie près de 340.000
exploitations agricoles dont la superficie moyenne est de 1,8 hectares.
Les faibles surfaces, l’éloignement géographique de la capitale, l’absence de gages liquides, les
conditions climatiques défavorables qui se répètent depuis plusieurs années, ainsi que la faiblesse
des montants des crédits à l’agriculture mais aussi le coût élevé de ces prêts n’incitent pas les
banques à octroyer des crédits au secteur agricole.
En prenant en considération tous ces éléments, et sur la demande du gouvernement de la République
d’Arménie, l’Union européenne a décidé de financer un projet pour étudier les possibilités de
développer le financement de l’agriculture, puis sur la base de cette étude de soutenir techniquement
et financièrement la création de la Banque coopérative agricole d’Arménie.
La société de conseil Crédit Agricole Consultants, filiale du Crédit Agricole, en collaboration avec les
banques hollandaise Rabobank et allemande DG Bank a mis en oeuvre avec succès le projet ayant
aboutit à la création de la banque, en 3 étapes :
-
La première étape (1993-1994) a donné lieu à la réalisation d’une étude de faisabilité dont la
conclusion proposait la création d’une banque agricole sur le modèle des Banques coopératives
européennes. Cette option retenue et approuvée tant par le Gouvernement arménien que par la
l’Union européenne qui apportait un soutient financier significatif, la seconde étape a pu être
lancée.
-
Entre le mois de septembre 1994 et le mois de décembre 1995, les activités visant à la fondation
de la Banque coopérative agricole d’Arménie ont été réalisées. Soixante associations villageoises
ont été créées ainsi que trois Unions Régionales dans les régions d’Armavir (Etchmiadzin), Ararat
(Artachat) et Chirac (Gumri).
-
La troisième étape (1996) a été marquée par l’obtention de la part de la Banque centrale d’Arménie
d’une licence bancaire le 29 mars 1996 qui a permis la création et le lancement des activités de la
banque ACBA et de ses trois agences.
La banque ACBA est la seule banque coopérative fonctionnant sur le territoire de l’ex-URSS dont la
structure ait été inspirée par le modèle des banques coopératives européennes, tout en tenant compte
des particularités économiques et sociales locales, ainsi que des exigences de la Banque centrale de
la République d’Arménie.
La banque a un système à 3 niveaux.
Le premier niveau est constitué par des Associations villageoises. Actuellement, dans chacune des
10 régions de l’Arménie, plus de 22.000 agriculteurs sociétaires regroupés en quelques 620
associations villageoises ont la possibilité de bénéficier de tous les services bancaires offerts par la
banque. Chaque association villageoise est représentée par 2 délégués dans l’Union de la région dont
elle dépend.
Les Unions régionales constituent le deuxième niveau de la banque. Actuellement, 10 Unions
régionales sont les actionnaires de la banque ACBA.
Le troisième niveau est la banque elle-même, ACBA. Elle établit la stratégie générale et coordonne
les activités par un réseau d’agences en développement.
La banque ACBA aujourd’hui
-
Elle est la plus grande banque du système bancaire arménien par rapport aux capitaux propres.
Son capital s’élève à de 10,5 millions de USD.
-
Elle tient la première place dans le système bancaire de la République d’Arménie d’après le
volume des crédits. Son encours s’élève à près de 24 millions de USD.
-
Elle est leader en termes de crédits consentis à l’agriculture.
-
Elle est la première banque en Arménie qui ait reçu un certificat international de gestion qualité
ISO 9001:2000.
Depuis sa création, la banque ACBA a connu un rythme de développement stable et soutenu et est
considérée comme l’une des banques les plus importantes et les plus stables d’Arménie.
Actuellement la banque exerce une activité productive dans toutes les régions du pays grâce à son
réseau. Tout en conservant ses priorités dans le domaine des crédits agricoles, la banque se
transforme progressivement en une organisation bancaire universelle, en orientant activement ses
opérations de crédit vers les petites et moyennes entreprises, notamment, dans le cadre d’un
programme germano-arménien concernant spécifiquement ces petites et moyennes entreprises. La
banque ACBA est la première utilisatrice de cette ligne de crédit dont elle a utilisé, à elle seule, plus
de 50%.
La banque exerce une forte activité dans le domaine des nouvelles technologies et des nouveaux
services bancaires. Ainsi, en 2002, c’est la banque ACBA qui est devenue la première banque
arménienne membre à part entière du système Visa International.
En 2003, en collaboration avec des organisations financières internationales connues telles que la
Société Financière Internationale et le Crédit Agricole, et avec le soutien de USAID, la banque a fondé
ACBA Leasing, une organisation de crédit dont le but est de proposer à ses clients des services de
leasing.
A présent la banque travaille en collaboration avec La Banque Mondiale, IFC, Fonds Internationals
pour le Développement de l’Agriculture (IFAD), la Banque Européenne de Reconstruction et de
Développement (EBRD), la banque KfW, ainsi qu’avec des banques internationales privées telle que
le Crédit Agricole.
En vous priant de m’excuser si j’ai été un peu long, mais notre histoire est longue et riche, je vous
souhaite une nouvelle fois la bienvenue et j’espère que notre réunion en Arménie contribuera à
l’élargissement et à l’approfondissement de notre collaboration.