Afrique centrale et Grands Lacs

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Afrique centrale et Grands Lacs
Afrique centrale
et Grands Lacs
Environnement opérationnel
Les espoirs de voir la région se stabiliser ont été déçus en
2007. En République démocratique du Congo (RDC), la
sécurité s’est améliorée dans le district de l’Ituri après la
conclusion d’un cessez-le-feu entre le Gouvernement et les
rebelles ; cependant, les combats qui ont éclaté entre les
forces nationales et des groupes rebelles dans la province
du Nord-Kivu ont provoqué le déplacement de plus de
300 000 personnes à l’intérieur du pays. Au Burundi,
l’accord de cessez-le-feu conclu en septembre 2006 par le
Gouvernement et les rebelles du Front National de
Libération (FNL) n’a pas encore été appliqué. En effet, un
an plus tard, le FNL se retirait des négociations et reprenait
ses attaques dans l’ouest du Burundi. Les conditions de
sécurité se sont également dégradées dans les régions
situées au nord de la République centrafricaine (RCA) et le
nombre de déplacés internes a augmenté de 30 pour cent
en 2007.
Burundi
Cameroun
Gabon
République centrafricaine
République démocratique du Congo
République du Congo
République-Unie de Tanzanie
Rwanda
Tchad (voir chapitre sur la « Situation au
Tchad et au Soudan »)
En dépit de ces revers, la stabilité relative qui régnait dans
certains secteurs a permis à 84 000 réfugiés de regagner
leurs foyers entre le mois de janvier et le mois de
septembre 2007. Parmi les rapatriés, on dénombrait
6 000 Angolais, précédemment réfugiés en RDC et en
République du Congo, et 20 000 Burundais, provenant en
majorité de la République-Unie de Tanzanie. Quelque
42 000 ressortissants de la RDC, accueillis pour la plupart
en République du Congo, en Tanzanie et en Zambie, ont
pris le chemin du retour. Environ 7 000 Rwandais ont été
rapatriés, principalement depuis la RDC et 9 000
Soudanais réfugiés en RDC et en RCA ont regagné leur
pays d’origine.
En ce qui concerne les déplacés internes, quelque 675 000
personnes déplacées à l’intérieur de la RDC sont rentrées
dans leurs localités d’origine entre janvier et juin 2007.
Elles ont pour la plupart regagné le district de l’Ituri et les
provinces du Sud-Kivu et du Katanga.
Si le rapatriement librement consenti est considéré comme
la solution privilégiée en vue de trouver des solutions
durables pour les réfugiés dans la région, l’on a observé
quelques évolutions positives concernant l’intégration sur
place des groupes de réfugiés restants. Le Gouvernement
de la RDC a consenti à intégrer les réfugiés angolais et
Afrique centrale et
Grands Lacs
soudanais restés dans le pays et souhaitant s’y établir
définitivement. De même, le Gouvernement camerounais
est prêt à intégrer les réfugiés nigérians demeurés sur son
territoire. Le Gouvernement tanzanien a indiqué qu’il
envisagerait l’intégration sur place des réfugiés burundais
accueillis dans les « anciennes zones d’installation »,
aménagées lors du premier afflux de réfugiés burundais en
1972.
Stratégie
En 2008 et en 2009, l’UNHCR entend promouvoir ou
faciliter le rapatriement librement consenti des Burundais,
des Congolais (RDC) et des Rwandais réfugiés dans des
pays de la région. Si la situation venait à s’améliorer en
République centrafricaine, les réfugiés en provenance de ce
pays, qui se trouvent actuellement au Cameroun et au
Tchad, bénéficieront de mesures visant à les préparer au
rapatriement. Le Haut Commissariat cherchera à faciliter
l’intégration sur place des réfugiés soudanais, angolais et
congolais (République du Congo) demeurés dans leurs pays
d’asile. Avec le concours des gouvernements concernés et
de la communauté internationale, une solution globale sera
mise au point pour remédier au sort des Burundais qui se
sont réfugiés en Tanzanie en 1972. Dans ce cadre,
l’intégration sur place de la plupart des membres de ce
groupe sera appuyée. La procédure de naturalisation
engagée au profit de 2 000 réfugiés somaliens demeurés
en Tanzanie devrait être achevée en 2008.
L’UNHCR cherchera à favoriser la réinstallation des
individus et des groupes de réfugiés qui ont des besoins
spécifiques en matière de protection – ou qui ne peuvent
envisager la solution du rapatriement ou de l’intégration sur
place. Jusqu’à 3 500 réfugiés par an devraient voir leurs
dossiers adressés à des pays de réinstallation en 2008 et
en 2009.
Pour améliorer la protection des réfugiés et des
demandeurs d’asile, l’UNHCR contribuera au renforcement
des cadres d’asile nationaux, en particulier en RDC, en
Tanzanie et au Burundi. En RDC, le Haut Commissariat
aidera les autorités nationales à assumer progressivement
la responsabilité de la procédure de détermination du statut
de réfugié (DSR). Il offrira protection et assistance aux
déplacés internes en RDC et en RCA et dirigera les modules
de protection des déplacés internes mis en place dans les
deux pays. De plus, l’UNHCR s’impliquera activement dans
la coordination et dans la gestion des camps situés dans la
province du Nord-Kivu (RDC) et appuiera le retour et la
réinsertion des déplacés internes.
En collaboration avec les programmes nationaux concernés
et avec l’appui de projets sous-régionaux, comme l’Initiative
des Grands Lacs contre le SIDA et le Fonds de l’OPEP pour
le développement international, l’UNHCR exécutera des
programmes intégrés de lutte contre le VIH et le SIDA, au
profit des personnes relevant de sa compétence et des
populations les accueillant. Un certain nombre de
structures médicales assureront un ensemble de prestations
essentielles concernant le VIH et la santé génésique.
Appel global 2008-2009 de l’UNHCR
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UNHCR/N. Rost
Afrique centrale et
Grands Lacs
Distribution de vivres dans le camp de Sam Ouandja, en République centrafricaine, où 2 600 réfugiés soudanais du sud du Darfour
ont commençé à arriver en mai 2007.
En outre, le Haut Commissariat s’attachera à promouvoir la
prise en compte des réfugiés dans les programmes
nationaux de traitement antirétroviral, comme c’est le cas
au Rwanda, au Burundi et en Tanzanie.
L’UNHCR appliquera des stratégies intégrées pour prévenir
et pour traiter l’exploitation et la violence sexuelle et sexiste
dans les camps de réfugiés. Les victimes bénéficieront en
outre d’une aide juridique. Le Haut Commissariat entend
protéger les droits des enfants en s’attaquant aux causes
premières de l’exploitation et du travail des mineurs et en
assurant leur accès à l’enseignement. Les bureaux
extérieurs veilleront à ce que les enfants réfugiés non
accompagnés et séparés de leur famille bénéficient de
mesures de prise en charge et de solutions durables qui
répondent à leur intérêt supérieur.
Contraintes
L’imprévisibilité et l’instabilité qui caractérisent
l’environnement politique et sécuritaire sont à l’origine de
contraintes majeures. Bien souvent, l’insécurité limite l’accès
de l’UNHCR aux personnes qui relèvent de sa compétence et
impose des mesures de sécurité qui réduisent la mobilité de
son personnel. Dans la région, il faut également compter
avec les problèmes logistiques : la plupart des zones
d’opération sont enclavées, éloignées des capitales et mal
desservies. De ce fait, le transport du personnel et des
équipements est parfois onéreux et difficile.
Opérations
Les opérations de l’UNHCR au Burundi, en République du
Congo, en République démocratique du Congo, au
Rwanda et en République-Unie de Tanzanie font l’objet de
chapitres distincts.
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Appel global 2008-2009 de l’UNHCR
La République du Cameroun accueille 43 000 réfugiés et
3 000 demandeurs d’asile, originaires pour la plupart de
pays d’Afrique centrale. Plus de 25 pour cent d’entre eux
vivent dans les agglomérations de Yaoundé et de Douala.
Quelque 28 000 réfugiés originaires de la République
centrafricaine sont installés dans la province orientale et
la province d’Adamaoua, tandis que 2 900 réfugiés
nigérians vivent dans les environs de Banyo, à la frontière
nigériane.
L’UNHCR entend faciliter l’intégration sur place des
réfugiés nigérians demeurés au Cameroun. À cet effet et
dans un premier temps, le Haut Commissariat veillera à ce
que des pièces d’identité soient délivrées à tous les réfugiés
âgés de 18 ans et plus et des extraits de naissance délivrés
à tous les enfants nés dans le pays. Il formera les autorités
locales et les aidera à assumer la responsabilité de la
protection des réfugiés et de l’assistance qui doit leur être
prodiguée. L’UNHCR continuera à venir en aide aux
réfugiés centrafricains qui ont gagné le pays en plusieurs
« vagues » depuis 2005. Ces réfugiés, en particulier les
femmes et les enfants, sont vulnérables et bénéficieront
d’une aide dans les secteurs des vivres, des articles
domestiques, de l’hébergement d’urgence, des soins de
santé et de l’alimentation thérapeutique. Le
Haut Commissariat assurera également leur accès à
l’enseignement. Jusqu’à ce qu’un comité national
d’admissibilité, apte à assurer la procédure de
détermination du statut de réfugié soit mis en place, toutes
les activités de protection continueront d’être assurées par
la délégation de l’UNHCR à Yaoundé.
En République centrafricaine, les flambées de violence
répétées qui ont marqué les deux dernières années ont
entraîné le déplacement forcé d’environ 212 000
personnes dans les préfectures du nord. En 2006,
l’UNHCR a entrepris de mettre en œuvre une stratégie de
protection des déplacés internes orientée selon trois axes,
consistant à informer les principaux acteurs des droits des
déplacés internes, à observer les déplacements de
L’UNHCR encouragera les acteurs du développement à
reconstruire les infrastructures endommagées pour faciliter
une réintégration durable. Afin de renforcer les capacités
nationales de protection des déplacés internes, le
Haut Commissariat aidera les autorités à rédiger un projet
de loi nationale sur le déplacement interne, inspirée du
modèle législatif en la matière de l’Union africaine. Les
parlementaires seront sensibilisés au droit international
humanitaire, au droit international relatif aux droits de
l’homme et aux Principes directeurs des Nations Unies,
relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur
propre pays.
Au Gabon, les autorités ont entrepris de fournir des cartes
d’identité aux réfugiés résidant à Libreville en mai 2007, ce
qui a facilité leur accès au marché de l’emploi. Le
Haut Commissariat aidera les pouvoirs publics à délivrer
des cartes d’identité aux réfugiés dans d’autres régions du
pays. Il aidera également la Commission nationale pour les
réfugiés (CNR) à traiter les demandes d’asile en attente et à
recenser les personnes qui relèvent de sa compétence et
qui n’ont pas été incluses l’opération de vérification menée
en 2005.
L’UNHCR entend rechercher des solutions durables pour
toutes les personnes réfugiées au Gabon. Cependant,
comme la plupart des réfugiés sont réticents à l’idée de
regagner leur pays, le Haut Commissariat a réorienté son
programme afin d’encourager l’autosuffisance et
Budget (dollars E.-U.)
2007
Pays
Budget-programme
annuel
Total
2009
Budget-programme
annuel
Budget-programme
annuel
23 792 407
0
23 792 407
21 833 225
19 647 769
Cameroun
2 036 177
0
2 036 177
3 150 673
3 180 673
Gabon
2 274 905
0
2 274 905
1 994 337
1 569 494
République centrafricaine
2 013 589
2 860 533
4 874 122
2 133 674
2 974 607
République démocratique
du Congo
11 520 750
48 776 502
60 297 252
40 922 027
64 161 295
4 947 726
2 082 350
7 030 076
5 970 813
4 307 344
24 357 957
4 046 593
28 404 550
24 671 621
20 996 629
4 927 870
0
4 927 870
5 450 315
5 271 839
69 368 365
9 221 809
78 590 174
73 766 150
74 824 136
8 775 000
2 715 000
11 490 000
8 415 000
12 000 000
154 014 746
69 702 787
223 717 533
188 307 835
208 933 786
Burundi
République du Congo
République-Unie de
Tanzanie
Rwanda
Tchad
Activités régionales
Total
1
Budget-programme
supplémentaire
2008
1
Inclut l’assistance aux réfugiés dans la région Afrique centrale et Grands Lacs, telle que la réinstallation, le rapatriement, l ’assistance sous forme de soins et d’entretien,
les dépenses relatives aux VNU et les consultants, ainsi que les coûts de l’avion-taxi.
Note: Le budget-programme supplémentaire n’inclut pas un prélèvement de sept pour cent opéré sur les contributions afin de couvrir les dépenses d’appui indirectes de l’UNHCR.
Appel global 2008-2009 de l’UNHCR
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Afrique centrale et
Grands Lacs
l’intégration économique par des activités génératrices de
revenus, par des travaux agricoles et par des formations
techniques. Dans cette optique, une proposition commune
de l’UNHCR, du PNUD, de l’OMS et de la FAO a été
soumise au Fonds des Nations Unies pour la sécurité
humaine. En appuyant des projets communautaires, le
Fonds vise à engager les réfugiés sur la voie de
l’autosuffisance et à les aider à contribuer au
développement des communautés qui les accueillent. Le
projet facilitera également le désengagement progressif du
Haut Commissariat, qui cessera de venir en aide à la
population réfugiée de longue date au Gabon dès que les
communautés seront devenues plus autonomes.
population et les dispositifs de protection existants et à
venir en aide aux victimes d’incidents de protection. En
2008, cette stratégie sera complétée par une composante
retour et réintégration, visant à aider les déplacés internes à
regagner leur région d’origine et à faciliter leur réinsertion à
long terme.