PersonneL Garanti « a La nantaise
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PersonneL Garanti « a La nantaise
o r c i M Le t i d e cPerrsonnel Garanti » e s i a t n a N « a la nvier 2012 a j 0 2 u d e u q o ll Co Le colloque sur le Microcrédit « à la Nantaise » a été organisé à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège social du Crédit municipal de Nantes, vendredi 20 janvier 2012. 2 « En cette période de crise, l’exclusion se traduit pour de nombreux ménages par une situation financière précaire. C’est pour répondre, modestement, à ces situations multiples, dommageables socialement et économiquement, qu’a été créé le microcrédit personnel garanti. Pour tous ceux qui n’ont pas accès aux crédits classiques trop coûteux, ce microcrédit offre la possibilité de retrouver une dynamique de vie. Celui-ci peut servir à financer des projets autour de l’emploi, de la mobilité, du logement, de l’équipement ménager, de l’éducation et de la formation, de la cohésion familiale, d’accéder ensuite au système bancaire classique, mais aussi de faire face à un accident de la vie. Toutes les études effectuées montrent en effet que si l’intensité de l’exclusion bancaire et financière varie en fonction de l’histoire, du statut et du vécu des personnes qui la subissent, elle porte atteinte aux trois éléments qui composent le lien social : l’estime de soi, les liens amicaux et familiaux et les liens économiques et civiques qui affirment l’appartenance à une société. En 1999, nous avons créé, avec le Crédit Municipal, le prêt Stabilité. Ce prêt était une réponse pour empêcher la dégradation de la situation financière des ménages, pour les aider à maîtriser leur endettement tout en leur donnant les moyens nécessaires d’un projet individuel ou professionnel. Ce prêt était expérimental. Il a démontré toute sa pertinence. Il fallait donc le pérenniser et le généraliser. C’est chose faite. Notre expérience nous a, en effet, appris que la clef de la réussite passe par un partenariat entre les professionnels de la banque et de l’action sociale et que l’accompagnement social, au moment de la mise en place du prêt et jusqu’à son terme, est déterminante. En conclusion, le microcrédit personnel à la nantaise est bien social, universel, territorial et partenarial, mais nous devons continuer à renforcer ce qui existe désormais tout en développant l’offre et en continuant à agir contre les freins au “non recours” ». Jean-Marc AYRAULT Député-Maire de Nantes Président du Crédit municipal de Nantes 3 La conception du Microcrédit personnel garanti du Crédit municipal de Nantes Les fondements de ce dispositif Une partie de la population n’a pas accès au crédit bancaire classique, considérée comme trop risquée ou trop peu rentable par les banques. Le microcrédit personnel (MCP) permet à ces personnes un accès à des prêts à faible taux, leur évitant le recours à des formules de crédit couteux et générateur d’un endettement outrancier. Ce sont des prêts accordés à des personnes à faibles revenus, habituellement exclues du système bancaire traditionnel, pour des projets permettant leur insertion sociale et professionnelle. Ces prêts sont accordés pour financer des dépenses liées à la recherche d’emploi, à l’accès à l’autonomie pour les jeunes, au logement, à la mobilité ou plus globalement au soutien au budget familial. Ils sont d’un montant de 300 à 3000 €, pour une durée de 36 mois prolongeable à 48 mois au maximum. Dans le cadre du plan de cohésion sociale de 2005, l’État a pris en compte des expériences comme celles du Crédit municipal. Le fonds de cohésion sociale intervient pour les MCP 4 liés aux questions d’emploi, d’insertion, de logement, d’équipement et de mobilité, mais n’intervient pas sur les questions liées à la gestion et à l’équilibre du budget familial. Nous dénommons ces derniers les prêts « stabilité » qui sont une exclusivité du Crédit municipal. Le dispositif nantais, mis en œuvre début 2010, intervient dans la continuité de cette action historique et dans la volonté d’amplifier les réponses en mobilisant de nouveaux acteurs bancaires. Au-delà de la ville de Nantes, de nombreuses conventions fonctionnent avec des CCAS en particulier celui d’Angers, des associations et des comités d’entreprise pour proposer le Microcrédit. Un nouvel outil d’action sociale L’action sociale est souvent assimilée dans l’esprit du grand public à de l’assistanat, voire à de l’action caritive. Différentes lois et démarches professionnelles ont combattu cette idée un peu simpliste. Le RMI, mettant la notion de contrat d’insertion au cœur de ce dispositif dès 1988, a essayé de combattre ce stéréotype. De nombreuses politiques ont été mises en œuvre à partir de ce concept de contractualisation : « la collectivité vous aide et vous considère responsable et acteur de votre destin, en contrepartie démontrez votre capacité à sortir de votre situation présente pour devenir autonome ». Ces politiques ont obtenu de nombreux résultats positifs, mais ont souvent butté sur les besoins d’argent au quotidien et les difficultés économiques récurrentes des personnes plus ou moins durablement exclues de l’emploi. Le Microcrédit personnel a été conçu à partir de l’idée que les personnes aux revenus très modestes peuvent aussi rembourser des petits prêts. Le microcrédit, qui a démontré son efficacité dans les pays en développement ainsi que dans la sphère professionnelle, peut aussi fonctionner dans le cadre du budget familial. Les effets de cette volonté de promouvoir un citoyen responsable de son argent et de la gestion de son budget, plutôt qu’un citoyen consommateur d’argent public, deviennent notables. Le MCP a beaucoup d’avenir, faisant évoluer la donne des relations d’argent entre les collectivités et les personnes en difficulté économique. De plus, dans un contexte où les ressources des collectivités sont amoindries. Le financement d’une partie de l’action sociale par le monde bancaire est un nouvel apport dont la collectivité a intérêt à se saisir. L’accompagnement des emprunteurs Ce qui distingue le Microcrédit Personnel d’un prêt à la consommation, hormis son taux réduit et les critères d’octroi le rendant socialement plus accessible aux populations les moins favorisées, est la notion d’accompagnement des bénéficiaires. L’accompagnement commence dès le premier contact avec un demandeur et se poursuit pendant toute la durée du prêt. Il s’agit de vérifier l’effectivité du projet financé, le bon déroulement des engagements, de favoriser l’insertion et l’autonomie des bénéficiaires et surtout d’apporter un suivi en cas d’accident de la vie. L’accompagnement, en particulier en aval du dispositif, est une condition indispensable pour que le remboursement de ces prêts se déroule sans difficulté. Nous souhaitons que les temps de rencontre suivants soient effectifs entre l’accompagnateur social et l’emprunteur : • un entretien long au moment de la constitution du dossier, • deux entretiens de suivi par an en aval du prêt, • un entretien final au terme du prêt. De plus, en cas de difficulté dans le recouvrement, le CMN informe rapidement l’accompagnateur qui devra faire le point avec l’emprunteur au plus vite. Des incidents de paiement sont toujours possibles mais il faut agir vite auprès des emprunteurs. Dans la majorité des cas, nous trouvons des solutions concrètes pour éviter d’aller vers des procédures contentieuses qui seraient contradictoires avec le principe même du MCP. Afin d’organiser au mieux cette question de l’accompagnement, le CMN propose des conventions avec les collectivités (CCAS), des associations ou des fédérations. Les plus du Crédit municipal de Nantes • Le caractère d’établissement public à but non lucratif. • Le professionnalisme dans le domaine des prêts à caractère social est reconnu. • Le statut d’établissement public prévient de toute volonté financière douteuse. • La relation au client n’est pas encombrée par la gestion de son compte courant. • La politique de solidarité de la Ville de Nantes indispensable pour éviter toutes dérives du MCP • La volonté de la Ville de Nantes de soutenir les politiques de solidarité du Grand-ouest par l’action de son bras armé, le Crédit municipal. La volonté du Crédit municipal est de soutenir ses concitoyens vers l’intégration ou la réintégration bancaire. Le plus souvent, cet objectif est un objectif à moyen terme qui passe par une expérience positive au travers d’un MCP. 5 Les moyens techniques, la gestion des dossiers La gestion des microcrédits est centralisée au siège du Crédit municipal à Nantes. Une équipe de trois conseillères spécialisées est en relation avec les demandeurs et les CCAS pour l’instruction et le suivi des microcrédits. Une réponse est donnée dans les 48 heures suivant la réception du dossier complet. Les échanges nécessaires pour la signature des documents et le respect des conditions légales de rétractation de l’emprunteur (7 jours) conduisent à une disponibilité effective du prêt sous une quinzaine de jours. La production L’activité 1912 microcrédits produits depuis l’origine du dispositif pour un montant total de 4 102 860 € prêté par le Crédit municipal. Microcrédit personnel garanti Nombre de prêts en cours à la fin des 5 dernières années 993 2011 878 2010 718 2009 489 2008 402 2007 • Premier prêt en 1999 avec le CCAS de Nantes, au 31 décembre 2011 : 483 prêts en cours. • Première convention avec le CCAS d’Angers en 2004, au 31 décembre 2011 : 325 prêts en cours. • Premier prêt dans le cadre du Fonds de cohésion sociale en 2006, au 31 décembre 2011 : 562 prêts en cours. • Au 31 décembre 2011 : 25 conventions avec 13 CCAS pour 902 microcrédits en cours et 12 conventions avec d’autres structures pour 91 prêts. Une convention avec le Conseil régional de Poitou Charentes, mise en œuvre en avril 2011, a généré 26 prêts l’année dernière. Microcrédit personnel garanti Évolution de l’encours sur les 5 dernières années 1 322 031 € 1 148 471 € 888 328 € 678 931 € 443 817 € 402 2007 6 489 2008 718 2009 878 2010 993 2011 Les risques de ces prêts et les fonds de garantie L’efficacité du dispositif de Microcrédit personnel La garantie sur les MCP est portée par le CMN à hauteur de 50 %. Les 50 % restants sont portés soit par la Caisse des dépôts et consignations pour le compte de l’État pour les prêts dépendant du fonds de cohésion sociale : mobilité, logement, insertion, santé ; soit par les CCAS pour les prêts liés plus directement aux règlements de questions budgétaires : factures, prêts à la consommation, etc. À la date du 31 décembre 2011, nous avions 191 prêts avec une ou plusieurs échéances impayées pour 993 prêts en cours. Cela représente un pourcentage de 19 %, ce chiffre est révélateur des difficultés de nos emprunteurs. Après plus de dix années de recul, nous constatons que grâce aux liens étroits organisés avec les CCAS dans l’accompagnement des emprunteurs, seulement 85 prêts n’ont pu être recouvrés au final pour 102 420 €. Le colloque du 20 janvier a pour objectif de démontrer que le résultat pour les emprunteurs correspond bien à la volonté politique qui a porté ce projet. Le groupe de chercheurs Fimosol est intervenu à deux reprises au Crédit municipal en 2008 et en 2011 pour analyser la population destinataire et les effets du MCP sur la situation des emprunteurs. Cette analyse a été faite à partir des dossiers de demande anonymisés, de questionnaire dans le courant et à la fin du prêt et de deux tables rondes avec des emprunteurs à Nantes et à Angers. Merci aux chercheurs et à leurs étudiants de leur implication dans ce travail. Évolution Le dispositif du Microcrédit du Crédit municipal de Nantes a permis de mobiliser, au-delà du Fonds de cohésion sociale, les collectivités locales au travers d’une garantie complémentaire pour les prêts concernant les restructurations budgétaires et le retour à la stabilité du budget familial. Cela permet de toucher un public plus large et de résoudre des questions souvent essentielles pour les populations en voie d’exclusion bancaire. Dans l’avenir, nous souhaitons que cette conception s’élargisse et soit entendue au-delà du grand ouest. Jacques Stern Directeur général Le risque final est de 4,45 % du nombre total de prêt (4,11 % au niveau national selon les chiffres de la CDC) et 2,50 % des moyens financiers engagés. Selon nos règles, la responsabilité du risque en 2011 est porté à hauteur de : • 15 % par les collectivités locales, • 35 % par le Fonds de cohésion sociale • 50 % par le Crédit municipal 7 Ce que nous apprend l’étude FIMOSOL Depuis le 17e siècle en France, l’histoire des Crédits Municipaux est celle des microcrédits personnels garantis à travers les prêts sur gage. À la fin des années 1990, le Crédit Municipal de Nantes présente une innovation dans ses fonctions de banque solidaire : le « prêt stabilité ». Celui-ci consiste en un microcrédit personnel, garanti par la collectivité « Ville de Nantes » (MPG-C). Depuis 2006, cet établissement public de crédit et d’aide sociale a élargi son offre bancaire solidaire au microcrédit personnel garanti par le Fonds de Cohésion Sociale (MPG-FCS), instauré par le Plan de Cohésion Sociale. Les travaux du collectif de recherche FIMOSOL1 relatifs à l’analyse des dispositifs locaux de microcrédits personnels dans le grand ouest, apportent des informations sur les bénéficiaires eux-mêmes, sur les affectations des prêts consentis et, sur les modalités de la coproduction de ce service bancaire solidaire complexe associant un accompagnement personnalisé (innovation sociale) et un financement adapté aux besoins des personnes (innovation bancaire). Pascal Glémain Responsable projet FIMOSOL 1 Le collectif FIMOSOL rassemble autour de Pascal Glémain les chercheurs suivants : K.Bachar (CeRESS-Angers), V.Billaudeau (Eso-Angers CNRS), E.Bioteau (Eso-Angers, CNRS), G.Caire (CRIEF-Poitiers), G.Hénaff (CIAPHS Rennes 2), M.Meyer (supco Montpellier), P.Moulévrier (CENS-Nantes), E.Poutier (CeRESS-Angers). V.Bélec et N.Joulain, étudiants du Master 2 ESS IPSA UCO-ESSCA/Université de Nantes ont administré les questionnaires (septembre-décembre 2011). 8 Le grand ouest : un territoire riche en innovations bancaires à rationalité sociale Les dispositifs de microcrédit personnel garanti sont fortement territorialisés. Ils impliquent à l’échelle d’un territoire des acteurs multiples les conduisant à faire système au service d’un projet de cohésion sociale et de dynamique économique locale (FIMOSOL, 2008, 2010, et G. Caire 2010). En ce qui concerne l’innovation bancaire solidaire à rationalité économique et sociale, c’est-à-dire une offre de crédit qui envisage toutes les conséquences sociales de l’opération bancaire engagée, le graphique cidessous permet d’observer une dynamique particulièrement forte dans le grand ouest (74 % du total des microcrédits de la France entière à la fin 2008). Qui sont les personnes engagées dans un microcrédit personnel garanti auprès du Crédit municipal de Nantes ? Sur les 991 contrats de prêts en cours au 31 décembre 2011, on compte à peu près autant d’hommes (49 %) que de femmes (51 %). Dans 3 cas sur dix, il s’agit d’une famille où vit donc au moins un enfant. Parmi ces familles, on remarque la très forte proportion des familles monoparentales (70 %). Ces familles élèvent en moyenne 1,8 enfant. Dans les familles composées d’un couple, le nombre d’enfants dans les couples mariés (5 sur 6 de ces couples) est de 2,6 enfants tandis qu’il n’est que de 1,5 enfant pour les couples en vie maritale. Pour l’ensemble des familles, le nombre moyen d’enfants est de 2. Quand le prêt est accordé à un couple marié, dans 4 cas sur 5 la personne de référence du prêt est l’homme. Quand il s’agit d’une situation de vie maritale, la femme est la personne de référence dans 2 cas sur 3. Répartition métropolitaine par région En ce qui concerne les personnes isolées, elles représentent les deux tiers des ménages engagés des microcrédits personnels garantis au 31/12/2008 Globalement, l’impact du MPG va concerner les conditions d’existence de 1700 personnes vivant Centre-Est 28 % 15 % 15 % 31 % 9 % 12 % Sud-Ouest dans les ménages ayant bénéficié d’un MPG. Source : Fichier CMN-Nantes Sud-Ouest 28 % 31 % 31 % dans un MPG auprès du Crédit Municipal de Nantes. On note une légère majorité d’hommes (55 %). 9% 3% 3% 12 %Est Sud-Ouest Île-de-France Centre-Est Méditerranée 28 % Est Nord-Ouest 15 % 9% 12 % 3% Île-de-France Ouest Méditerranée Nord-Ouest Centre-Est Est Île-de-France Méditerranée Nord-Ouest Ouest Source : CDC-DDTR, dép. Economie Sociale, Rapport final FIMOSOL pour le HCSA-DIIESES, juillet 2009. 9 Un outil d’aide sociale particulier Bien qu’il soit inscrit parmi les divers crédits à la consommation par la loi Lagarde de juillet 2010, les observations réalisées par FIMOSOL depuis 2002 conduisent plutôt à considérer le microcrédit personnel garanti comme un outil d’aide sociale dont le « véhicule » est un crédit « solidaire » de type particulier (Glémain et Moulévrier, 2011). Ce crédit « solidaire » vise à maintenir, à consolider, une relation à l’argent difficile non seulement du fait d’un contexte général de crise économique et financière, mais également en raison de situations particulières de fragilités sociales (chômage, séparations, divorces, maladies). Dès lors, il ne s’agit pas seulement d’un modèle économique permettant de lutter contre l’exclusion bancaire (un bénéficiaire sur quatre ayant un mauvais fonctionnement de son compte bancaire), mais également d’un modèle bio-économique de « social banking » principalement au service des conditions d’existence et de la qualité de vie des personnes (Reifner 2000, p.200). En d’autres termes, le microcrédit personnel garanti est un dispositif dont les répercussions sociales activités bancaires priment sur leurs résultats économiques (volet social de la microfinance), même si ces derniers ne sont pas absents des attentes des organisations qui doivent aussi veiller à leur nécessaire pérennité. Un modèle bio-économique a pour objectif « le bien-être général et particulier, non seulement pour maintenir l’état de santé optimum de la société (…), mais aussi pour amener l’humanité vers une évolution supérieure » (Martin-Pécheux 2008). C’est bien le cas du MPG qui contribue au plan microéconomique à la cohésion sociale. 10 Qui concerne un public dans des situations variées Sur la période juin 2011-décembre 2011, des fichiers de données qualitatives et quantitatives sur les « nouveaux » bénéficiaires ont été traités afin d’évaluer leurs caractéristiques. Il n’y a pas de différences significatives entre les bénéficiaires du microcrédit personnel garanti-collectivité (MPG-C) et ceux qui ont eu recours au microcrédit personnel garanti du Fonds de cohésion sociale (MPG-FCS) quant à leur répartition par âge. Toutes les classes d’âge sont représentées mais l’on observe une surreprésentation des jeunes adultes puisque plus de 7 personnes sur dix ont entre 25 et 45 ans. Répartition des bénéficiaires du MPG selon leur situation économique en 2011 Situation économique partiels contraints. On n’observe pas de différences significatives sur ce point entre les deux groupes de population. Des affectations du MPG au service des besoins des personnes Au niveau national, les statistiques de la Caisse des dépôts concernant l’affectation des microcrédits personnels garantis par le FCS, il faut noter dans le tableau ci-dessous la part prépondérante de l’affectation à l’emploi et à la mobilité (71 %) et secondairement au logement (10 %). Affectation du MPG-FCS en 2010 (France entière) Nature de la dépense Emploi mobilité 71 % Logement 13 % Éducation-Formation 5% Santé 1% MPG-C MPG-FCS Emploi CDI 22 % 22 % Autres dépenses Emploi CDD 18 % 19 % TOTAL 6% 6% Inactif sans emploi 32 % 36 % Inactif invalide 16 % 14 % RSA Inactif retraité TOTAL 6% 3% 100 % 100 % Source : FIMOSOL, 2011, rapport final DGCS. Le tableau montre que l’effectif le plus important concerne des personnes sans emploi qui s’ajoutant aux inactifs invalides et retraités constituent une majorité. Néanmoins, plus de 40 % des bénéficiaires sont en emploi. La qualité de l’emploi est souvent précaire avec des situations en intérim et des personnes en CDI à temps % Source : Caisse des Dépôts et Consignations, 2011. 10 % 100 % L’enquête de FIMOSOL pour le même type de microcrédit à Nantes en 2011 fait apparaître des différences importantes (voir graphique ci-dessous). La nécessité de couvrir des besoins de trésorerie domestique est notée dans 4 cas sur 10. Souvent ce besoin de trésorerie se combine avec le financement de projet dans le domaine de la mobilité et du logement. La question de la mobilité est concernée dans 1 cas sur 3. On remarque enfin la fréquence élevée (près d’1 cas sur 10) d’une affectation associée à la santé qui ne se rencontre que dans 1 cas sur 100 sur la France entière. Pour ce qui concerne le microcrédit garanti par la collectivité auprès du Crédit Municipal de 28 % Nantes, la répartition des affectations révèle 31 % qu’il sert principalement à résoudre des 28 % 31 % problèmes de trésorerie. Ces résultats viennent 3% 12 %été trouvés 15 %ceux qui avaient plutôt confirmer 9% 3% dans une étude auprès % du CCAS 15 % antérieure 12 9 % d’Angers sur la période 2005-2009 (voir P. Glémain, FIMOSOL, Rapport final au HCSADIIESES, 2009). Des effets plutôt bien perçus par les bénéficiaires Rien d’étonnant donc à ce qu’une écrasante majorité (94 %) des bénéficiaires soient satisfaits de leurs recours au MPG. Leurs raisons sont multiples et concernent directement leur qualité de vie. Près des deux tiers de l’échantillon estiment qu’ils se sentent mieux depuis l’obtention d’un microcrédit mais pour 30 % d’entre eux la situation est restée inchangée. Néanmoins, 87,5 % des « gagnants » affirment que leur état psychologique global amélioré trouve son origine – totalement ou partiellement – dansSud-Ouest l’obtention d’un microcrédit. Sud-Ouest Centre-Est Êtes-vous satisfait d’avoir eu Centre-Est Est recours au MPG ? Île-de-France Est satisfaction par rapport au MPG Île-de-France Méditerranée Pas de réponse Méditerranée Nord-Ouest 19 OUI plutôt 12 Nord-Ouest Ouest Ouest NON pas du tout Ensemble des réponses Source : FIMOSOL, 2011, V. Billaudeau et E. Poutier. 3% 3% Mobilité 6% 17 % 3% 17 %6 % Mobilité Santé 17 % 3% Insertion Santé 17 % 11 % 11 % 1 OUI beaucoup NON pas tellement Affectation du MPG-FCS à Nantes en 2011 Effectif 1 0 33 Le MPG répond aux attentes des bénéficiaires à la fois dans le cadre de la gestion de leur trésorerie domestique en évitant ainsi des disqualifications financières (exclusions monétaire et bancaire) et en redonnant à ces personnes de la confiance en eux-mêmes comme dans la société. Cependant, le fait que les affectations diffèrent de celles prévues par la loi de cohésion sociale interroge. Les problèmes de trésorerie rejoignent les questions de surendettement social (G.Hénaff), de pauvreté et d’éducation budgétaire. Le recours au dispositif pour des motifs de « santé » invite à réexaminer la politique d’accès aux soins engagée ces dernières années. L’apprentissage collectif réalisé grâce à cette évaluation des dispositifs de microcrédit invite donc à réexaminer d’autres aspects des politiques sociale et de santé et donc à aiguiller les personnes accompagnées vers d’autres solutions (Glémain et Meyer, 2011), afin de rendre plus efficace le « volet social » de la microfinance et d’éviter une dérive vers des fonctions palliatives non maîtrisées. Extrait de « L’activité de microcrédit personnel garanti du Crédit Municipal de Nantes : une analyse microéconomique d’un dispositif local de crédit solidaire ». Pascal Glémain, Kaddour Bachar Insertion Trésorerie domestique 43 % Trésorerie Trésorerie domestique logement 43 % Trésorerie logement mobilité Trésorerie Trésorerie Trésorerie mobilité santé Source : FIMOSOL, 2011, rapport final DGCS. Trésorerie santé 11 De gauche à droite : M. Pascal Bolo, adjoint au maire de Nantes, vice-président du Crédit municipal de Nantes ; M. Jacques Stern, directeur général du Crédit municipal de Nantes ; M. Henry Noguès, Professeur émérite d’économie à l’Université de Nantes ; M. Pascal Glémain, professeur d’économie et responsable du collectif Fimosol. Bibliographie G. Caire, 2009 et 2010, Evaluation du dispositif de microcrédit universel garanti en région Poitou-Charentes. http://www.poitou-charentes.fr/vivre-ensemble/micro-credit-social CDC, 2011, Fonds de cohésion sociale. Rapport d’activité, exercice 2010. CDC. FIMOSOL (P.Glémain, dir), 2010, Analyse interdisciplinaire des expérimentations locales du microcrédit social : premiers résultats en Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes et, Seine-Maritime. Rapport final à la DIIESES et au HCSA, janvier, 239 p. P. Glémain, 2007, « Quels bénéficiaires pour le microcrédit social du Crédit Municipal de Nantes ? », Gestion et Management Public, RECEMAP, décembre, n° 12. P. Glémain, P. Moulévrier, 2011, « Le microcrédit : un crédit comme les autres ? », La Revue des Sciences de Gestion, n° 249-250, mai-août, p. 123-131. P. Glémain, M. Meyer, 2011, « Aide et/ou action sociale ? De la philosophie du microcrédit personnel garanti et de ses acteurs », Revue Politiques et Management Public, 28/3, juillet-septembre 2011, p. 261-278. M. Meyer, V. Billaudeau, P. Glémain, 2010, « Le microcrédit personnel : un nouvel outil bancaire de cohésion sociale ? », dans F. Degavre et al., 2010, Transformations et innovations économiques et sociales en Europe : quelles sorties de crise ? Regards interdisciplinaires. Cahiers du CIRTES, Université Catholique de Louvain, Belgique. 12 Réflexions transverses… Les collectivités locales sont directement au contact des populations et de leurs attentes. C’est pourquoi, les innovations sociales ont souvent pris dans le passé leur origine localement dans des initiatives s’appuyant sur des outils comme les centres communaux d’action sociale (CCAS) et en articulation avec l’engagement d’associations partenaires. Les exemples illustrant cette démarche sont nombreux depuis les divers services d’accompagnement des personnes âgées jusqu’à l’accueil d’urgence de familles en difficultés en passant par des expérimentations de revenus minima. C’est dans cette perspective qu’il faut resituer les innovations récentes portées par le Crédit municipal de Nantes sur un problème social particulier. En effet, les ménages avec de faibles ressources sont exposés de manière récurrente à des problèmes de trésorerie difficiles à surmonter. Bien sûr, une gestion prudente et rigoureuse du budget personnel ou familial est indispensable, mais il est clair qu’il faut des compétences hors normes pour gérer des budgets dont la faiblesse ne permet même pas toujours d’assurer les besoins fondamentaux. L’équilibre précaire n’est possible souvent qu’au prix d’un rationnement de postes de dépenses ce qui compromet non seulement la qualité de vie mais aussi la santé des personnes et l’accès à l’éducation comme les conditions du développement des enfants. Une innovation nécessaire Des situations paradoxales peuvent exister quand le faible niveau des ressources présentes en vient à compromettre l’engagement de dépenses, même modestes, qui seraient pourtant susceptibles d’améliorer les conditions d’existence futures. Pour les ménages aux revenus plus élevés et plus stables, il n’y a pas de problème. Ils peuvent anticiper sur leurs revenus futurs pour engager ces dépenses au moment voulu car ils trouveront une réponse auprès de leur banquier. Pour les ménages en situations précaires, l’accès au crédit est soit totalement impossible soit beaucoup trop onéreux compte tenu de l’asymétrie dans l’échange. Cette « défaillance du marché » empêche le jeu des effets de leviers attendus de ces dépenses et le cercle vicieux de la précarité tend à se perpétuer. Face à ces contrats impossibles et pour éviter l’abandon de projets utiles et nécessaires, le prêt sur gage est une réponse envisageable mais à condition de disposer de biens de valeur suffisante et non indispensables à la vie quotidienne. Plus largement, c’est évidemment un prêt sur une durée courte et pour un montant relativement faible qui est la clé indispensable pour mettre en œuvre une solution adaptée aux besoins de ces personnes. De tels constats, complétés par les avancées de la finance solidaire, ont amené la mise en place à Nantes du « prêt stabilité » dès 1999. Comme bien souvent dans le domaine de l’innovation sociale, ce type d’expérimentation locale alimente la réflexion collective au niveau national. Ainsi, ces initiatives contribuent-elles à faire évoluer la législation et les dispositifs nationaux. C’est ce qui s’est passé avec l’adoption de la loi de cohésion sociale de 2005 et l’organisation du fonds de cohésion sociale (FCS) et de ses garanties. Grand témoin lors de ce colloque, j’ai pu observer qu’il a constitué un moment privilégié de prise de recul des acteurs professionnels et des responsables institutionnels locaux avec le double appui des analyses de chercheurs d’une part, et de professionnels d’autres régions et d’autres crédits municipaux d’autre part. Il s’agissait donc d’initier un processus de capitalisation des connaissances acquises à partir des pratiques de microcrédit personnel garanti qu’il faudra prolonger. Comme a tenu à le souligner Pascale Moulévrier (chercheure de l’équipe FIMOSOL) dans son introduction d’un atelier, il s’agit d’un crédit social garanti, oxymore complexe où tous les termes sont importants. D’abord, il s’agit d’un crédit. Cela signifie que l’efficacité et le sens de la démarche ne peuvent résulter que de la pertinence du crédit en rapport avec le projet de vie qui le sous-tend. Ensuite, il s’agit d’une forme particulière de travail social en ce sens qu’elle s’inscrit dans un rapport à l’argent inhabituel sous cette forme dans ce domaine. Enfin, ce prêt est garanti ce qui rappelle que la démarche engage aussi l’argent du Crédit municipal et de tous les organismes qui y concourrent (collectivités, fonds de cohésion sociale, etc.). 13 Qui implique une clarification des métiers La démarche met en contact le monde du social et celui de la finance ; deux mondes qui s’ignorent souvent. Cette conjonction provoque à la fois un choc culturel et une concurrence de logiques d’action et de légitimités professionnelles. Il en résulte au moins deux conséquences. En premier lieu, l’existence de tensions au cœur même du dispositif semble inévitable. A contrario, leur absence pourrait inquiéter et refléter une articulation inappropriée. En second lieu, la performance globale de la démarche engagée va dépendre principalement de la qualité des compromis qui auront pu être construits et entretenus entre les acteurs. Bien sûr, rien de solide ne peut être réalisé sans une clarification des métiers et sans une reconnaissance réciproque des légitimités. Le banquier doit rester banquier. Le travailleur social doit rester travailleur social. Pour autant, les débats lors du colloque ont montré à plusieurs reprises que ceci ne saurait se limiter à une simple division du travail juxtaposant des pratiques professionnelles inchangées. En effet, les professionnels impliqués de part et d’autre partagent l’objectif d’être au service des personnes et la mission de les accompagner. Ma conviction profonde est que ceci est certes difficile mais pas impossible à condition de reconnaître pour chacun des deux métiers qu’il existe une pluralité des manières de les accomplir tout en restant dans les règles canoniques de l’art et en respectant les déontologies des professions. Du côté, de l’accompagnement social, une étude de l’UNAF, évoquée dans l’un des 14 ateliers, distingue trois temps. D’abord, un travail d’orientation du dossier où il s’agit d’évaluer le sens de la démarche de la personne et la pertinence du recours à un prêt en regard de ses besoins. Ensuite, un travail de médiation pour la constitution du dossier auprès de la banque, travail qui assurerait aussi une fonction de sécurisation pour des personnes qui affirment avoir peur « d’être roulées » ! Enfin, un suivi social particulier permettant de s’assurer de l’exécution des échéances et d’aider au développement du projet en orientant, si nécessaire, vers d’autres dispositifs. Il s’agit donc bien d’un travail social spécifique qui se différencie nettement de l’apport d’une aide ponctuelle sans contrepartie sous la forme de prestations sociales ou de dons en nature ou en espèces. Il engage contractuellement la personne dans la durée et suppose donc une action éducative, un suivi exigeant et finalement, la construction d’un rapport de confiance malgré la présence du risque inhérent à tout prêt. C’est dire si l’évaluation de la situation est toujours complexe et si elle nécessite des compétences à la fois sociales et financières. Du côté des pratiques bancaires, le changement n’est pas moindre. En effet, il faut comprendre pourquoi ce type de prêt rencontre des difficultés structurelles pour se développer. Il est question de petits prêts rendus complexes par une situation budgétaire tendue. Les coûts fixes et variables associés au montage du prêt sont donc relativement élevés. En pratique bancaire normale, si les indicateurs de performance des chargés de clientèle et, éventuellement leurs modes de rémunération pour leur part variable, n’y prêtent pas attention, l’incitation sera normalement de consacrer peu de temps à cette clientèle et d’éviter l’engagement de tels prêts. Comme le coût ne peut être reporté sans accroître encore davantage le risque sur les emprunteurs, il vaut mieux se désintéresser de ce segment du marché ou encore le sous-traiter à des acteurs spécialisés. Ainsi, naissent les germes d’une forme d’exclusion bancaire qui peut aggraver la situation de personnes déjà peu favorisées. Effets pervers et risques de dérives du MPG Cette observation fait apparaître le caractère crucial de la relation ternaire qui va s’établir entre le chargé de clientèle de la banque, l’accompagnateur social et la personne ou la famille engagée dans le prêt. Des formations communes, des stages croisés entre les professionnels des organismes impliqués pourraient contribuer à clarifier les rôles respectifs, à faciliter la communication et à améliorer l’efficience globale du service rendu. Cependant, il me semble qu’il faut aller encore un peu plus loin et s’interroger globalement sur le caractère « normal » des pratiques de la banque évoquées précédemment. En effet, il serait absurde que l’exercice de la responsabilité sociale des entreprises bancaires soit complètement extérieur à leur cœur de métier en ne se manifestant par exemple que sous la forme de fondations d’utilité sociale. Cette responsabilité commence évidemment dans le métier même de la banque. Ce serait paradoxal d’amplifier d’un côté les mécanismes d’exclusion bancaire et ensuite d’afficher les efforts volontaires entrepris pour accompagner la lutte contre l’exclusion sociale d’un autre ! Cette dernière remarque nous conduit vers des réflexions un peu plus politiques. En effet, toute innovation sociale est exposée à des risques dont il vaut mieux prendre conscience dès le départ. L’innovation en effet, vient bousculer les anciennes pratiques, mais elle offre aussi aux acteurs de nouvelles opportunités. Le risque d’un recours au microcrédit personnel garanti de façon excessive et décalée est grand. Plusieurs facteurs peuvent y mener. L’attraction et la valorisation de la nouveauté qui dévalorisent implicitement mais excessivement les formes d’intervention antérieures, les situations tellement critiques, urgentes et délicates des personnes sollicitantes qui poussent à « faire feu de tous bois », etc. Le risque est alors une utilisation non seulement trop large mais également dévoyée du MPG. Deux phrases, entendues en atelier, illustrent parfaitement cette question : « Le MPG n’est pas un remède à la pauvreté mais il accroît seulement les chances des personnes vers une meilleure qualité de vie grâce à l’accès au crédit » , « Le refus d’un prêt peut être considéré déjà comme une forme d’aide ! ». Le risque d’une instrumentalisation des acteurs les uns par les autres ne doit pas être sous-estimé. Le fait qu’existe une solution comme le MPG peut amener à un réflexe de report des charges. Pour des dossiers complexes, limites, où la fonction de conseil du banquier s’alourdit sensiblement, la consigne ou la facilité pourrait conduire, là comme ailleurs, à des prescriptions automatiques ou à des signalements systématiques. Paradoxalement, l’innovation génèrerait un abandon plus grand des personnes que l’on voulait aider et une multiplication de leur nombre. Il faut donc y veiller et cela d’autant plus que la « finance solidaire » ne réussira qu’à la condition d’exercer un isomorphisme positif sur les pratiques bancaires habituelles. Une mesure microsociale traitant des questions individuelles de manière pertinente n’a de sens que si elle s’inscrit aussi dans des transformations aux niveaux méso et macro sociaux (prévention de l’exclusion, respect des personnes, etc.). Il n’y aura pas beaucoup de retours de personnes bénéficiant d’un MPG dans le droit commun s’il n’y a pas des changements de pratiques des acteurs bancaires. Cela souligne clairement l’un des enjeux présents derrière les conventions de partenariat avec les banquiers. Enfin, il faut réaffirmer le caractère subsidiaire du MPG qui ne saurait devenir la voie unique pour les populations fragiles. C’est un autre paradoxe pour les responsables politiques et administratifs du dispositif. Ils doivent simultanément avoir une stratégie pro-active d’ouverture, de communication, de plateformes avancées et de réseau visant à éviter le non recours au MPG pour ceux à qui il serait utile et une stratégie sélective et de partenariat interinstitutionnel pour éviter les dérives possibles. Le MPG : une source de progrès à construire des pratiques discutables. C’est pourquoi, il faut commencer modestement par reconnaître la complexité des choses. Les risques sont non seulement nombreux, mais aussi souvent ils se croisent ou sont antagoniques. Échapper à l’un d’eux contribue à accroître la probabilité de survenance d’un autre. Institutions et professionnels doivent donc construire leur démarche sur un chemin de crête souvent étroit. Ceci vient, me semble-til, rétrospectivement justifier à la fois le partenariat avec une équipe de recherche et l’organisation de ce colloque, mais une « ardente obligation » doit aussi persister pour évaluer ce que l’on fait réellement et en rendre compte avec l’ensemble des partenaires concernés. Finalement, le microcrédit personnel garanti constitue un exemple de ce que les anglosaxons appellent le « welfare pluralism » c’est-à-dire d’une recherche de l’amélioration de la qualité de vie de tous grâce à la conjugaison bien articulée des différentes formes de solidarité et des multiples niveaux de responsabilité. Cette voie difficile et parfois tortueuse ne supprime pas les problèmes, mais en affirmant la nécessité de sécurité et de stabilité pour tous et principalement pour les enfants, elle vient utilement s’opposer à des conceptions, aujourd’hui trop souvent avancées, qui prônent tantôt la précarité généralisée tantôt le laisser faire et l’abstention publique sous la forme habilement masquée de la « Big Society » et même la culpabilisation des populations défavorisées. Pr. Henry Noguès, Université de Nantes Sans doute est-ce toujours bien trop facile à l’expert, à distance des problèmes, de pointer 15 Double Mixte – © Ville de Nantes (2012). Siège social - Agence de Nantes 2, rue Marcel Paul – 44000 Nantes Tél. 02 40 99 21 00 – Fax 02 40 99 21 09 [email protected] Agence d’Angers 70, bd Foch – 49100 Angers Tél. 02 41 33 89 00 – Fax 02 41 33 89 09 [email protected] Agence de Tours 11, place du Président Coty – 37100 Tours Tél. 02 47 05 58 58 – Fax 02 47 64 67 82 [email protected] Horaires d’ouverture Du lundi au vendredi, de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h www.creditmunicipal-nantes.fr