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PROJET ÉTATS DE SURFACE DES SOLS EN MILIEU SEMI-ARIDE DE L’ALGÉRIE DU NORD CONSÉQUENCE SUR LA DÉGRADATION ET LA PRODUCTION AGRICOLE CODE : F: 007 2007 0999 Rapport d'activité du projet de recherche de la première année Évaluation des états de surface par télédétection Objectifs Les objectifs de cette première année de travail sont : • l’identification des grandes unités paysagiques par l’analyse visuelle de l’image. • la connaissance des différents états de surface des sols par l’analyse du comportement spectral de l’image satellitaire. Résultats Matériels et méthode 1. La zone d’étude Notre région d’étude est la plaine du Bas Cheliff, elle se situe au Nord-ouest de l’Algérie, à environ 250 Km de l’ouest d’Alger et à 35 Km à vol d’oiseau de la méditerranée, avec en son centre la ville de Oued Rhiou (wilaya de Relizane) (fig.1). Tunisie Maroc Algérie Caractéristiques essentielles de la zone : Libye Mauritanie Mali Niger • Région à vocation agricole • Climat semi-aride très sévère avec un fort pouvoir évaporant • Près de 80 % des sols sont salés Zone d’étude Cours d’eau Route 2. Démarche générale Figure 1: Localisation géographique de la région d'étude (Encarta, 2007). La méthodologie suivie dans ce travail est mise au point afin de définir les différents états de surface de la plaine du Bas Cheliff. Dans ce sens, quatre étapes principales ont été retenues : •Étape 01 : Collecte des données utilisées (prélèvement des échantillons, les données cartographiques, et les données extraites de l'image satellitaire utilisée). •Étape 02: l'application à l'image qui consiste donc à identifier à partir de l'image satellitale Aster prise en août 2005 les états de surface en se basant sur ; •Étape 03: l'analyse des données terrain. Elle consiste à analyser des données quantitatives et qualitatives in situ. •Étape 04 : Confrontation des données des mesures de réflectance au sol (image) aux données quantitatives et qualitatives issues des mesures in situ. Cette confrontation (vérité – terrain -"image") permettra de tester l'intérêt et la pertinence des méthodes d'interprétation utilisées. 3995000 A. L'échantillonnage Ouarizane 3990000 f u GAA 3980000 io l if Rh hé O. .C O .D jid io uia O 3985000 Hmadna 3975000 3970000 280000 285000 Point de CE B. Données utilisées Les principales unités agro-paysagiques discriminées sur l’mage satellitaire sont : 1. La retenue Merdjet Sidi Abed dévasée en l’an 2005, apparaît en cyan ; 2. Le barrage de Gargar, apparaît en bleu foncé ; 3. L’oued Chlef et ses principaux affluents autour desquels on reconnaît une activité agricole irriguée représentée par le rouge; 4. les périmètres irrigués de la plaine du Bas-Chéliff où se pratique une agriculture intensive apparaissent en rouge plus ou moins vif selon la densité de la végétation 5. Le plateau de Benziane situé au Sud-Ouest de la plaine et la colline de partage entre le Bas-Chéliff et le Moyen-Chéliff qui marque la limite Est de la plaine du Bas-Chéliff. Les deux unités apparaissent en couleur verte sombre à claire. Ces unités agropaysagiques constituent les zones céréalières de la plaine ; 6. les zones nues salées apparaissent en couleur cyan plus au moins sombres. 7. La végétation halophyte a densité variable dans la plaine, de couleur sombre. 8. la grande dépression hypersalée à l’ouest de la plaine connue sous le nom de « Gaa » en couleur très claire blanchâtre nuancée en cyan foncé. C’est une zone non cultivée dont le couvert végétal naturel est pratiquement inexistant durant la période sèche d’été qui a coïncidé avec la date de la prise d’image. 9. la sebkha de Benziane située dans la dépression fermée du plateau de Benziane. C’est une zone d’accumulation des eaux salées où se forme une croûte de sels en été. 10. Les cônes de déjection sont repérables en couleur très claire au niveau Nord de la plaine. 11. Les villes, les agglomérations et les axes routiers sont en couleur cyan sombre dominante. Caractérisation spectrale de la plaine du Bas Cheliff PIR A l’échelle de toute la plaine du Bas-Chéliff, il apparaît un net déséquilibre entre les superficies couvertes par la végétation chlorophyllienne et les sols nus qui occupent la majeur partie de la plaine. La droite des sols SNSCB VCHTD VCHD O. L’échantillonnage adopté est de type stratifié ; il s’est basé sur les classes issues de l’image satellitaire de juillet 2000 (Douaoui, 2005 ; Douaoui et al., 2006), tout en veillant à ce que la densité d’échantillonnage soit plus ou moins homogène sur toute la plaine. 1. Les grandes unités agropaysagiques 290000 295000 300000 305000 310000 Oued Cheliff et ses affluents 315000 320000 325000 •Données cartographiques Oued Rhiou Ouest Mazoun a Est Chlef Ouest Oued Rhiou Est Ammi Moussa Est Relizane Relizane Est Est Ouest Figure 3 : Assemblage des cartes topographiques. •Données de l’image satellitaire Il a été mis à notre disposition une scène du satellite ASTER (Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflectance Radiometer) (fig.4), prise en août 2005. •Données de terrain Au cours de notre investigation sur terrain, une description des éléments de surface a été faite pour chaque site échantillonné à l’aide d’une fiche de terrain (occupation du sol, de la densité de végétation, la nature du sol, la rugosité, l'humidité, la couleur, les efflorescences salines,..etc) SNCP SNCDA SNSCSB R Figure 5. Histogramme bidimensionnel de la plaine. 0km 2.5km 5km Figure 2 : Plan d’échantillonnage des points de sol (2006). Elles se composent des cartes parcellaires à 1/5000, des cartes topographiques à 1/50000 (fig.3), numérisées, de la carte des sols de la plaine (Boulaine, 1956 ; Mc Donald et BNEDER, 1990), de la carte de l’image de télédétection classée de juillet 2000 (Douaoui, 2005 ; Douaoui et al., 2006). VH : Végétation halophyte. SNS : Sols nus salés. SNSCB : Sols non salés, clairs du plateau de Benziane. SNSCSB : Sols non salés, céréaliers, sombre du plateau de Benziane. VCHD : Végétation chlorophyllienne, dense. VCHTD : Végétation chlorophyllienne, très dense. SNCP : Sol nu cultivé de la plaine. SNCDA : Sols nu cultivés à dominance d'artichaut. JCH : Sols mis en jachère. JCH VH La représentation cartographique des unités agropaysagiques Pour l’image classée (fig. 6) on a choisi ces couleurs, d’une part parce qu’elles sont plus au moins proches de la réalité et d’autre part, pour bien les différencier visuellement. Ceci a été fait par l’affection du vert et vert foncé respectivement pour la végétation chlorophyllienne dense et très dense, du vert jaunâtre pour la végétation halophyte et comme marron foncé pour les sols non salés sombres céréaliers du plateau de Benziane VH SNS SNSCB SNSCSB VCHD VCHTD SNCP SNCDA JCH Figure. 6 : L'image classée retenue pour les neuf classes définies. Conclusion Figure 4. L’image brute de Aster (août 2005) La capacité rapide de la télédétection à fournir des informations en quantité et en qualité, sur une grande étendue géographique telle que la plaine du Bas Cheliff, apporte une aide précieuse à la connaissance des états de surfaces des sols. PROJET ÉTATS DE SURFACE DES SOLS EN MILIEU SEMI-ARIDE DE L’ALGÉRIE DU NORD CONSÉQUENCE SUR LA DÉGRADATION ET LA PRODUCTION AGRICOLE CODE : F: 007 2007 0999 Rapport d'activité du projet de recherche de la deuxième année Évaluation des états de surface par analyse structurale, porosimétrie au mercure et régime d’infiltration. Objectif L’objectif de la deuxième année du travail est : Une investigation sur les variations du spectre poral des sols des plaines du Bas Cheliff qui sont de texture argileuse à argilo limoneuse et qui présentent des conditions salines très variables. Matériels et méthode 1 – Prélèvement et analyses des échantillons de sols 2 - Préparations des lames minces Les échantillons naturels, non perturbés et prélevés à la surface du sol sous forme de mottes ont été séchés à l’air et imprégnés dans une résine polyester non miscible à l’eau diluée à 30 % par du styrène. Cette technique est utilisée pour la fabrication des lames minces suivant la méthode de Guilloré (1980). Les dimensions des lames minces réalisées sont de 45 mm x 60 mm. Elles sont non polies et non recouvertes. Ces lames minces sont étudiées sur la base des photogrammes à un niveau d’organisation accessible au microscope optique polarisant. Elles sont décrites suivant Bullock et al., (1985). • Sept (07) échantillons de sols ont été prélevés des horizons superficielle dans la plaine du Bas-Chéliff •L’échantillonnage a été réalisé afin de couvrir une large gamme, aussi bien des niveaux de salinité (exprimée par la conductivité électrique de l’extrait de pâte saturée en dS/m à 25°C, et notée CE) que de la sodicité (exprimée par le taux de saturation en sodium échangeable en % de la capacité d’échange cationique, et notée ESP (Exchange Sodium Percent). Résultats 3 - Porosimétrie au mercure La porosité de ces mottes a également été étudiée en porosimétrie au mercure (Murphy et al., 1977 ; Vachier et al., 1979 ; Fiès, 1984 ; D'Acqui et al., 1994). Les mesures portent sur des fragments des massifs séchés au préalable à l’étuve pendant 24 h à 105°C puis forcés à travers des tamis pour obtenir des agrégats pesant environ 1.5 g . L'appareil utilisé est un porosimètre de type Micromeritics Pore Sizer 9310. la pression exercée pour remplir celui-ci est donnée par la loi de Laplace : P = pression exercée γ = tension superficielle du mercure (0,484Nm-1) α = angle de contact entre le mercure et la paroi du pore, d = diamètre du pore. P 4 cos d B. Sous l’action des pluies 3 - La porosimétrie au mercure 1 - Les caractéristiques des échantillons Tableau I : Caractéristiques physico-chimiques des échantillons étudiés Ech. A% Lim % Sab % Surface Spécif. m2/g Matière Org. (%) pH CEC Cmolc/kg CaCO 3 % CE dS/m ESP % MI 46 35 19 325 3,38 8,24 20,2 20,9 1,93 3,3 MII 44 41 15 324 1,95 8,15 17,7 20,7 3,83 5,0 MIII 44 42 14 321 2,54 8,15 17,1 19,6 4,25 8,2 MIV 47 38 15 335 1,90 8,00 20,8 17,5 18,41 11 MV 43 41 16 316 2,37 8,20 18,5 19,4 20,70 27 MVI 41 45 14 310 2,30 8,03 19,3 22,1 32,53 40 MCR 45 46 9 360 0,53 8,33 19,7 8.0 41,33 52 2 - Les observations microscopiques Infiltration finale (mm/h) A. Observation des lamelles conservées Dans les conditions salines moins sévères (CE < à 18 dS/m et ESP < 15 %), la porosité de la phase argileuse est plus importante que la porosité structurale et lacunaire selon l’ordre de classement Figures 3a et 3b : la structure de la couche superficielle évolue suivant (VC > VA > VB). Elle est par contre, moins vers une croûte structurale. Elle résulte d’une réorganisation in importante (VA > VB > VC) lorsque les contraintes situ des fragments (microagrégats) et particules produits par deviennent très sévères (CE > 18 dS/m et ESP > éclatement et désagrégation mécanique, sans déplacements 15 %). importants ni tri granulométriques. Ces résultats nous permettent de proposer un seuil, en terme d’ESP, pour caractériser l’organisation de l’état Figures 4a et 4b : La présence de microhorizons représentés structural du sol. par des accumulations alternées de particules fines et 3,00 grossières sous formes de strates (organisation stratifiée). -0,37 Cette forme atteste de l’état de dégradation atteint par la 2,50 y = 3,15x 2 surface avec formation d’une croûte de dépôt. R = 0,94 2,00 1,50 1,00 0,50 0,00 Figures 1a et 1b : montrent que les agrégats sont disloqués en dégageant des microagrégats de différentes tailles. Il s’agit d’une disjonction du squelette et du plasma à travers des agrégats liée au piégeage de l’air par la porosité lors de l’humectation brutale. Figures 2a et 2b indiquent la présence de vésicules qui sont liées au piégeage de l’air intra agrégats. Les vides constitués avec les microagrégats détachés tracent un chemin sinueux. Il s’agit de vides interconnectés qui forment une porosité. Parfois, le colmatage des particules fines entre elles provoque avec les accumulations salines une faible perméabilité 0 10 20 30 40 50 60 ESP (%) Figure 5: Influence de l’ESP sur le régime d’infiltration en régime saturé. Figures 5a et 5b : montrent la présence de microhorizons représentés par des accumulations alternées de particules fines et grossières sous formes de strates (organisation stratifiée). Conclusion Les résultats obtenus pour les sols à texture argileuse et argilo limoneuse suggèrent qu’en raison de leur très faible stabilité structurale à l'état humide, l’augmentation de l’ESP provoque une fragmentation des agrégats par éclatement suivie de la dispersion physico-chimique des particules argileuses. Afin de pouvoir comparer les régimes d’infiltration, nous les avons représentés en fonction de l’ESP à l’aide d’une relation puissance. Î (f)= α x –β ; β>0. î (f) est l’infiltration estimée ; x est la valeur de l’ESP, α et β sont des constantes qui indiquent dans l'ordre l’infiltration finale à la valeur de 1 % d’ESP et le taux de décroissance du régime d’infiltration finale en fonction de l’ESP. Pour évaluer le comportement hydrodynamique de surface, l'emploi du taux de décroissance est opportun β car il qui est d’autant plus élevé que la décroissance de l’infiltration est grande. Ce paramètre β pourrait constituer un critère de diagnostic du comportement in situ du sol.