les postulants en staps a strasbourg
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les postulants en staps a strasbourg
MICHON Bernard, Laboratoire "APS et Sciences Sociales" UFR STAPS, Université Strasbourg II. FABER Claudine, Laboratoire "APS et Sciences Sociales" UFR STAPS, Université Strasbourg II. LES POSTULANTS EN STAPS A STRASBOURG « Le désavantage scolaire s'exprime aussi dans la restriction du choix des études qui peuvent être raisonnablement envisagées par une catégorie donnée » Pierre BOURDIEU et Jean-Claude PASSERON (Les Héritiers, les étudiants et la culture p. 17) La récente intégration universitaire de la formation des enseignants d'Education Physique et Sportive (EPS) a fait émerger de nouveaux cursus d'études dans l'enseignement supérieur (2). Rassemblés sous le sigle « STAPS » (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), permettant de les identifier institutionnellement, ils peuvent donner lieu à d'autres débouchés professionnels, supposés ou réels, que le professorat d'éducation physique et sportive. Une singularité caractérisant ces études universitaires réside dans l'existence d'un concours pour y accéder. En effet, bien que « l'entrée » dans les UFR - STAPS (3) fasse officiellement l'objet de « tests d'aptitudes », il s'agit en réalité d'un concours, le nombre de places étant limité. Attestant d'un réel intérêt des bacheliers pour ce type de cursus, l'ensemble des 19 UFR - STAPS de France a enregistré 22 560 demandes de dossiers d'inscription de candidats potentiels en 1984. Une rapide analyse de l'évolution démographique de la population des postulants (tableaux 1 et 2) révèle d'ailleurs une importante augmentation des demandes au cours des dernières années tandis que le nombre de places offertes dans les unités de formation connaît un accroissement beaucoup plus faible conduisant ainsi à une sélection plus vive, quoique variable selon les universités (4). Dans un contexte dominé par l'incertitude de l’insertion professionnelle, les cursus d'études en STAPS, perçus le plus souvent comme très professionnalisés, semblent ainsi attirer un nombre croissant de candidats se soumettant à un processus de sélection accrue. Qui sont-ils ? Quelles propriétés les caractérisent ? Sont-ils très déterminés dans leur choix ou bien hésitent-ils ? Quel rôle le « concours d'entrée » peut-il jouer ? Qui sont les élus ? UNE QUESTION DE SOCIOLOGIE Objectivant le système de relations existant entre les propriétés des agents et les caractéristiques des filières d'études choisies, BOURDIEU et PASSERON ont montré que les publics de l'enseignement supérieur ne reflètent pas la structure sociale de notre société (5). Attestant ainsi d'une inégalité des chances devant les études supérieures, ils ont mis en évidence « par delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoirfaire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine non perçu comme un produit social ». Reflet des rapports entretenus par les divers agents sociaux à la culture, au système scolaire et à l'insertion socio-professionnelle, la hiérarchie des institutions d'enseignement supérieur paraît reproduire celle des différentes formes de culture (6). Ainsi, écoles d'élite scolaire et sociale, les grandes écoles et leurs classes préparatoires consacrent les élèves possédant les dispositions socio-culturelles requises (7). Les institutions préparant à un métier, comme les instituts universitaires de technologie, sont quelque peu dénigrées par les fractions sociales supérieures, refusant de réduire l'éducation à la préparation d'une profession au nom des valeurs sacrées de la culture. Tout semble attester que la hiérarchie sociale des disciplines reproduit celle des savoirs, et donc celle des types de culture et finalement celle des agents disposés à y entrer (8). Les cursus universitaires ne recrutent-ils pas des agents possédant les dispositions en homologie avec leurs logiques et leurs contenus ? Ainsi les différentes filières d'études ne peuvent se comprendre indépendamment des fractions sociales qui les investissent : donnant le primat à la culture générale, la théorie, l'abstraction et la recherche, les étudiants issus des fractions sociales dominantes dédaignent les institutions éducatives dont les finalités sont plus techniques et professionnelles ; par contre, ces dernières se caractérisent par des agents dont les origines se situent le plus souvent dans des fractions sociales dominées. Mais si Pierre BOURDIEU a montré la cohérence du système d'enseignement dans ses fonctions de reproduction culturelle et sociale, le capital culturel (9), avancé majoritairement dans les processus explicatifs du système éducatif, n'occulte-t-il pas dans certains cas, d'autres espèces de capital pouvant entrer en jeu ? Ainsi les études en STAPS faisant appel à des propriétés « corpo-sportives », l'analyse des étudiants qui les choisissent semble pertinente car leurs propriétés corporelles peuvent y fonctionner comme capital conduisant ainsi à l'opérationnalité du concept de capital corporel (10). Lieux d'une culture à la fois pratique, technique et savante, les formations en sciences et techniques des activités physiques et sportives paraissent quelque peu marginales dans l'université en s'intéressant au corps et à son expressivité, et en mêlant sciences, techniques, pratiques, pédagogie et recherches. Se caractérisant ainsi par un pluralisme culturel, l'identité de ces cursus leur confère une position intermédiaire dans la hiérarchie des disciplines (11). Par quelle culture corporelle et quel type de recours au corps se définit ce type d'études ? Si les pratiques physiques peuvent se présenter comme des pratiques sociales (12) supposant une pluralisme de rapports au corps (13), la culture corporelle que diffusent ces filières doit contribuer à les définir socioculturellement. En effet, le choix d'une pratique sportive traduit un certain type de rapport au corps : « la place que l'on occupe dans le système social conditionne le type de rapport que l'on entretient avec son corps, et détermine les usages sportifs que l'on en fait (14). Schématiquement, les rapports au corps où dominent la rigueur, l'ascétisme et la rationnalité, caractéristiques des classes moyennes, se différencient de ceux que supposent les grandes dépenses d'énergie sans contrainte des classes populaires, et de ceux qui s'attestent le plus souvent pour les fractions sociales dominantes dans l'aisance, le plaisir et l’importance donnée à la manière. Les pratiques corporelles et les approches dont elles sont l'objet dans les formations STAPS paraissent en continuité avec les contenus de l'éducation physique scolaire qui offre surtout des pratiques appartenant à une culture caractérisant les classes moyennes et populaires (15). Pierre ARNAUD (16) confirme cette tendance en montrant que la diffusion par l'EPS d'une culture corporelle reflétant les propriétés des fractions sociales défavorisés, en fait une discipline dominée dans le système scolaire qui lui accorde ainsi un intérêt limité. L'appropriation de cette culture « corposcolaire » ne suppose-t-elle pas des dispositions pouvant s'attester chez ceux qui souhaitent en faire leur métier ? Le choix de la profession n’est-il pas l'intériorisation des valeurs scolaires (17) ? L'immédiateté d'une supposée correspondance entre les propriétés de la culture corposcolaire et les dispositions de ceux qui souhaitent en devenir les professionnels ne doit pas occulter une réalité complexe. En effet, si la formation des enseignants EPS avait jusqu'à ces dernières années une finalité professionnelle explicitement définie, la récente intégration universitaire qu'accompagnent de nouveaux diplômes, laisse entrevoir d'autres objectifs et une évolution des contenus accréditée par un développement de la recherche (18). Tout se passe comme si une formation professionnelle de niveau supérieur avait tendance à perdre ses caractéristiques techniques, ne s'intégrant par exemple à l'université et en recherchant d'autres contenus, lorsque son prestige peut diminuer et surtout si son existence est menacée (19). Mais ces changements, intervenants dans une période de crise où les effectifs étudiants augmentent et les postes ouverts aux concours de recrutement (CAPEPS) diminuent, peuvent aussi être interprétés comme une recherche d'extension du métier de « prof de gym » par la conquête de nouveaux publics (20). En conséquence, héritiers directs des formations EPS, les cursus STAPS restent dominés par le souci professionnel et profondément marqués par la culture technique, pratique et pédagogique, caractéristiques de fractions sociales moyennes et plutôt défavorisées. Si l'intégration universitaire des formations a conduit depuis 1969 à des modifications affectant les contenus, les finalités et le système de recrutement (21), elle est aussi à l'origine de conflits et de luttes pour la définition légitime des formations, de leurs fonctions, de leurs contenus,... et donc de ce que devrait être l'agent qu'elles contribuent de produire. « Le mode de recrutement et de formation des enseignants définit explicitement ou implicitement la compétence reconnue par l'institution » (22). L'étude réalisée sur les étudiants en EPS (23) a déjà montré que le choix de telles études fait l'objet de déterminations socioculturelles. Cette analyse fait aussi apparaître des rapports pluriels aux formations et aux activités physiques, tout comme des représentations plurielles de l'enseignant EPS, en correspondance avec le pluralisme des propriétés socioculturelles de cette population quelque peu hétérogène. Mais des traits communs le caractérisent aussi : des propriétés corporelles fonctionnant comme capital peuvent compenser un capital scolaire parfois défaillant, permettant ainsi une insertion socio-professionnelle non négligeable pour ces agents. Ces étudiants, originaires le plus souvent des classes moyennes et populaires, se démarquent ainsi d'autres populations estudiantines par des rapports à la culture scolaire et aux sports orientant leur choix professionnel. Mais l'étude des postulants à la formation STAPS paraît opportune car ils constituent une population se situant à l'articulation entre les enseignements secondaire et supérieur. Quel est le champ des « possibles » de ces agents souhaitant entreprendre une telle formation ? Sont-ils différents, ou se caractérisent-ils par des propriétés homologues à ceux qui sont déjà dans les cursus ? Leur trajectoire scolaire antérieure les a-t-elle conduit à ce choix ? Quel rôle joue le « concours d'entrée » ? Bref, en référence à la théorie systématique de l'habitus et du champ de Pierre BOURDIEU, existe-t-il un rapport d’homologue entre les différentes propriétés des postulants à la formation STAPS et les dispositions requises par ces cursus d'études en profond renouvellement ? ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES : Dans le prolongement de la recherche déjà effectuée sur les étudiants en EPS, nous avons eu recours à la technique de l'enquête par questionnaires auprès des postulants à l'UFR STAPS de Strasbourg de 1983 à 1986. Conçus à partir de 30 indicateurs visant à rendre compte du capital scolaire, du capital corporel, des pratiques et des goûts sportifs, des origines sociales, des raisons du choix des études, des hésitations et des réorientations envisagées, et des représentations dont l'enseignant EPS peut être l'objet, les questionnaires ont été distribués chaque année au moment du concours de recrutement (fin mai - début juin) et ont été remplis par tous les candidats dans l'institution (UEREPS), juste avant d'effectuer leur première épreuve. Aussi, il est permis de penser que les réponses ont fait l'objet du plus grand soin de la part des postulants : à un moment opportun, le début des épreuves, et dans le lieu institutionnel où ils souhaitent être admis, cette population s’est soumise à « l'épreuve de remplissage » de la même manière qu'elle aurait subi une épreuve écrite. De 1983 à 1985, les questionnaires ont ainsi été administrés à l'ensemble de la population de manière identique. Le mode de recrutement s'étant modifié en 1986 en ne donnant plus lieu à des épreuves formelles dans l’institution mais en se réalisant à partir de dossiers, les questionnaires ont été envoyés à tous les postulants ayant fait acte de candidature, et leurs retours se sont échelonnés au courant du mois de juin. La population de référence (voir tableau 2) constitue un groupe d'agents autosélectionnés. En effet, le nombre élevé de dossiers d'inscription demandés par rapport aux inscriptions définitives laisse apparaître un écart entre le souhait d'entreprendre une formation et le fait de s'inscrire effectivement (24). Demander un dossier, le constituer, l'envoyer ou l'apporter dans des délais prescrits, et passer les épreuves les jours déterminés constituent déjà des éléments de sélection pouvant conduire aussi à des auto-éliminations. La population intéressée par ce type d'études comporte des origines géographiques diversifiées ; et même si l’Alsace est la région la plus représentée, le concours de Strasbourg attire des agents issus de diverses régions de France dans une proportion égale au tiers des postulants. A dominante masculine, la population des candidats se présente en augmentation progressive chaque année. Le taux nettement plus élevé d'inscrits en 1986 peut s'expliquer pour une part importante par le changement du système de recrutement. Même avec le coût temporel qu'exige la constitution d'un dossier, cette procédure semble produire moins d'auto éliminations : se mesurer à d'autres sujets dans des épreuves définies avec le risque d'être recalé après avoir investi dans le concours peut apparaître pour certains décourageant et dévalorisant... La population-résultat regroupe exhaustivement l'ensemble des postulants présents aux épreuves (100 %) excepté pour l'année 1986 (84,7 %). Aussi les résultats de cette étude nous semblent constituer des éléments pertinents pour la connaissance de ce public. Cependant, les modalités de réalisation de ces enquêtes annuelles au moment de la sélection nous conduisent à une prudence épistémologique accrue : ne pourrait-on pas enregistrer des effets de champs dans les opinions exprimées. Les réponses à un questionnaire visant à saisir les stratégies des agents ne traduisent-elles pas aussi des comportements de légitimité où les postulants essaient de montrer qu'ils possèdent les caractéristiques supposées nécessaires pour entrer dans l’espace social convoité ? Dans la perspective de saisir la logique du « concours » d'entrée, et en complément aux résultats acquis dans l'analyse des étudiants en cours d'études, une enquête a été réalisée en 1984 auprès des étudiants de première année ayant remplis le questionnaire des postulants en 1983. Reposant sur les mêmes indicateurs, cette analyse permettra d'identifier quelle « aristocratie » les étudiants sélectionnés représentent. L'implication des analyseurs dans l’espace étudié peut influencer subrepticement les relevés d'éléments pertinents pour la connaissance de cette population ; mais la nécessaire mise à distance que suppose l'analyse sociologique et la connaissance des positions occupées dans le champ étudié, peuvent permettre de considérer ce type de relevé ethnométhodologique comme technique d'investigation complémentaire. Le traitement informatique des données issues des questionnaires a été réalisé sur IBM 3081 au centre de calcul de Strasbourg (CNRS) avec l’aide des logiciels BMDP (25) et SAS (26) pour les tris à plat et les croisements des variables, et au moyen du logiciel SPAD (27) pour les analyses factorielles des correspondances. CHOIX DES ÉTUDES, CHOIX D'UN MÉTIER : Corrélatifs du climat socio-économique actuel, les problèmes d'emploi et d'insertion socio-professionnelle conduisent les individus et surtout les jeunes à une incertitude grandissante face à leur avenir et au problématique choix de leur orientation socioprofessionnelle. Bien que les formations post-baccalauréat se soient diversifiées, offrant un choix élargi de débouchés et de multiples possibilités d'orientations, elles semblent cependant recruter dans des espaces sociaux spécifiques au lieu d'être l’objet d'hésitations plurielles de la part des différents publics potentiels. Aussi le fait de postuler pour entrer dans une institution peut constituer un indicateur de correspondance entre les propriétés des individus intéressés et les caractéristiques des formations dans lesquelles ils souhaitent être admis. Si le fait de concourir pour entrer à l'UFR STAPS semble clairement indiquer que les candidats entretiennent des relations positives à l'égard des cursus STAPS et de leurs débouchés supposés, un pluralisme d'hésitations et d'orientations envisagées ne doit cependant pas être occulté. Exerçant un attrait majeur pour la plupart des postulants, ces études ne sont l'objet d'hésitations déclarées que pour un quart d'entre eux environ qui indiquent également des intérêts pour les I.U.T. (7,8 %), les études paramédicales (4,2 %), les études commerciales (2,4 %) et les études scientifiques (2,2 %) (tableau 3). Mais la situation de candidat ne les conduit-elle pas à masquer d'éventuelles hésitations ? L'analyse de leurs réorientations en cas d'échec pourrai 'attester non seulement d’hésitations non dites mais aussi de stratégies de remplacement (tableau 4). Ainsi 23,5 % des candidats opteraient pour les I.U.T. et les B.T.S., 10,5 % pour des études scientifiques (essentiellement biologie), 6,4 % pour des études de type paramédical, 6 % pour des écoles d'ingénieurs et 5,5 % pour des études médicales. La fraction de ceux qui déclarent ne pas savoir (14,5 %) témoigne peut-être soit de l’absence de prévisions quant à d'autres orientations, soit d'une impossibilité d'envisager une autre voie. Au- delà d'un certain pluralisme, les hésitations déclarées et réorientations envisagées semblent cependant avoir comme dénominateur commun la perspective d'un exercice professionnel identifiable. D'ailleurs, les études universitaires ne conduisant pas explicitement à une profession déterminée ne sont que très rarement citées. Ces perspectives sont-elles délaissées par peur d'une insertion socioprofessionnelle aléatoire dans un contexte d'emploi incertain où l'université non professionnalisée est objet de critiques ? Ce souci de débouchés professionnels ne s'accompagnerait il pas de rapports problématiques à une culture plus discursive ? Si les études envisagées reflètent certes un souci de formation professionnelle, apparaît également un intérêt, pour des cursus dominés par les approches technologiques et biologiques. Bref, les cultures corporelles, pratiques et techniques semblent baliser le champ des intérêts et des stratégies d'études possibles des postulants. D'ailleurs, l'accès au métier de « prof de gym » paraît le principal objectif de cette population puisque 95 % à 98 % des étudiants de première année déclarent un tel projet professionnel. Ainsi, les différentes études envisagées par les postulants présentent des aspects communs quant à la possibilité qu'elles offrent d'accéder à un emploi. En conséquence, ne peut-on avancer que ces agents choisissent d'abord une insertion socioprofessionnelle, le cursus d'études lui correspondant étant considéré comme un passage obligé ? Si d'autres formations peuvent être choisies par l’attraction qu'exercent les études et la culture dispensée et non pour les débouchés professionnels offerts, les postulants au cursus STAPS sembleraient choisir d'abord un exercice professionnel. Considéré le plus souvent comme un beau métier alliant vacances, temps libre, pratique sportive, travail agréable et position sociale, le professorat d'EPS constitue une sorte d'idéal à atteindre. Tandis que d'autres professions ne donnent lieu qu'à des représentations sans support concret pour certaines fractions sociales..., le métier de « prof de gym » observé dans un milieu connu, conduit à une connaissance concrète et à des images s'enracinant dans le quotidien. Mais tous les élèves n'émettent pas pour autant le souhait de devenir enseignant d'EPS, et certains peuvent même être rebutés par cette connaissance. En effet, pour avoir un tel projet il faut des dispositions antérieurement acquises, notamment dans le milieu social d'origine. Il n’est donc pas surprenant que la majorité des postulants déclare être encouragés par leurs parents (tableau 5). Demandant une appréciation de l'élève postulant par son professeur d'EPS, le concours de recrutement ne conduit-il pas également le candidat à produire une image conforme aux attentes de son enseignant ? Généralement bon élève du cours d'EPS, il entretient des relations privilégiées avec son professeur dont il se considère parfois comme le disciple. Est-ce la culture pratique et sportive qui permet de tels rapports ? La séduction que peut exercer ce métier n’est-elle pas renforcée par les aspects pratiques et corporels de l'exercice professionnel ? Quelles raisons les candidats invoquent-ils pour justifier le choix des études en STAPS ? Si 46 % d'entre eux disent être attirés par la formation physique et intellectuelle de l'enseignant d'EPS, 20,5 % font part d'un désir d'enseigner et d'une vocation et 13,8 % évoquent leur niveau sportif pour expliquer leur choix. Des différences peuvent cependant s'observer selon les sexes : l'attrait de la formation et le désir d'enseigner caractérisent davantage les jeunes filles tandis que le niveau sportif est plus fréquemment évoqué par les jeunes gens (tableau 5). Les raisons déclarées par les postulants laissent supposer qu'ils imaginent les contenus et les modalités des études à partir de l'exercice professionnel de l'enseignant et qu'ils mettent en continuité, voire en équivalence, les STAPS et l'EPS. En effet, symbolisant l'intégration universitaire des études sur les APS, le nouveau sigle « STAPS » ne paraît pas d'un usage fréquent chez les postulants qui lui préfèrent « EPS », ignorant manifestement les changements affectant la formation depuis plus de dix ans. Cette méconnaissance des cursus d'études semble d'ailleurs une caractéristique des enseignants EPS exerçant dans le système scolaire (28). Différents de par leur formation, leur ancienneté,... ceux-ci peuvent en effet «travestir» l'image des formations en STAPS en les réduisant à une école, une institution à part, ou en minimisant les changements dont elles ont été le lieu et l'objet. Ainsi, ces études ne sont pas perçues le plus souvent, comme semblables aux autres formations universitaires mais plutôt comme corpo-sportives et pédagogiques, «originales» et marginales dans le concert de l'enseignement supérieur. Ex-centrée et implantée loin du campus universitaire, l'UFR STAPS de Strasbourg fonctionnant dans le cadre des installations du CREPS ne peut que renforcer l'image d'une formation échappant à la doxa universitaire. D'ailleurs, le recours courant à l'appellation de «CREPS» au lieu «d'UEREPS» ou « d'UFR STAPS » traduit cet état de fait. Plusieurs facteurs paraissent ainsi se conjuguer pour marginaliser les STAPS de l'université et les réduire à l'EPS. Appréhendée à travers le quotidien scolaire et les discours de l'enseignant en exercice, la formation STAPS ne fait pas l'objet de connaissances réelles et peut donner lieu à des spéculations et à des interprétations diverses sur les contenus, les modalités, les diplômes délivrés, et les concours d'accès aux fonctions d'enseignant d'EPS... Aussi l'étonnement des élèves intéressés, devant la réalité concrète des études, atteste d'un important décalage par rapport à leurs représentations et leurs attentes de la formation. Ils discutent souvent la longueur des études : « Mais que peut-on apprendre pendant quatre ans ? » « A quoi servent quatre ans pour enseigner l'EPS dans un bahut » ? (29). Le contenu de la formation et en particulier la variété des disciplines enseignées et les diplômes universitaires les couronnant, effraient les postulants : « Je pensais que les études étaient avant tout physiques et pédagogiques, je n'aurai jamais imaginé que des études en EPS puissent comporter autant de disciplines intellectuelles » (29). Le « prof de gym » perçu comme différent des autres enseignants du système scolaire, conduit les postulants à penser la formation comme également très singulière. Déconcertés par les contenus des études contredisant leurs représentations et leurs demandes, ils s'attendent à des études sportives, pédagogiques et un peu théoriques. Et même s'ils connaissent un peu les contenus des cursus, les aspects pratiques, sportifs et pédagogiques restent prévalents, la possession de propriétés autres que sportives n'apparaissant jamais prédominante dans leur choix. Les représentations des postulants sur la formation en STAPS semblent ainsi en correspondance avec leurs souhaits et leurs perceptions d'un métier. La confrontation de leurs représentations avec la réalité concrète des études en STAPS ne peut-elle pas entraîner des conflits ultérieurs ? Déterminés dans leur choix de devenir enseignant d'EPS (30) à partir de la connaissance pratique qu'ils en ont, quel prestige les postulants en STAPS lui attribuent-ils dans la société actuelle ? Une très large majorité (82,2 %) lui reconnaît un certain prestige social (tableau 6) : 40,1 % des agents estiment qu'il a moyennement de prestige, 31,2 % pensent qu'il en a un peu, et 10,9 % jugent qu'il en a beaucoup. Ces appréciations, situant plutôt l’enseignant EPS dans la « classe moyenne », paraissent logiques de la part des candidats désirant devenir « prof de gym », mais comment interpréter les 10,1 % des postulants qui ne lui attribuent aucun prestige ? Pourquoi avoir une stratégie d'insertion professionnelle conduisant à un métier perçu comme peu valorisé ? Comprendre les relations que les candidats entretiennent à l'égard d'une position sociale représentée et d'un exercice professionnel connu, implique la prise en compte d'autres propriétés socioculturelles permettant de saisir en particulier la trajectoire sociale de ces postulants. PROPRIÉTÉS DES POSTULANTS Souhaiter devenir enseignant d'EPS en voulant entreprendre des études en STAPS suppose des propriétés corpo-sportives. Quels sont les goûts sportifs des postulants? Les pratiques les plus appréciées sont majoritairement celles diffusées par l'école (tableau 7) : les sports collectifs (35,4 %), l’athlétisme (11,4 %), le tennis (8,4 %) et la gymnastique (8,1 %) sont les plus cités. Les sports aimés semblent ainsi refléter un espace sportif relativement restreint par rapport à l’espace global des pratiques ; en effet, des activités telles la voile, le golf, l'équitation, le surf, le delta-plane,.., bref les pratiques appareillées de « pleine nature » sont peu citées en général. N'auraient-elles pas des vertus au même titre que les sports que divulgue l'école, ou bien leur quasi absence ne traduit-elle qu'un goût plutôt modéré pour la culture corporelle que représente ces activités ? Seraient-elles hors de leur univers sportif et social ? Traduisant une certaine « bonne volonté culturelle », 20,1 % des agents déclarent ne rejeter aucun sport. Le postulant s'interdit-il de repousser certaines pratiques en essayant d'incarner un modèle multi-sport ? Les activités repoussées (tableau 7) reflètent globalement les mêmes tendances que précédemment, à savoir que sont d'abord cités les sports les plus fréquents dans l’espace scolaire, exception faite de la boxe qui apparaît comme la pratique la plus rejetée. Mais, objets de différentiation sexuelle, ces goûts sportifs déclarés attestent d'un rejet plus important de la boxe par la population féminine tandis que les jeunes gens repoussent davantage l'équitation, le golf et l’escrime. Au-delà d'une distribution très éclatée des choix et des rejets, semble ainsi apparaître un espace sportif de référence correspondant plus aux pratiques physiques populaires enseignées à l'école qu'aux pratiques bourgeoises. Indiquant une certaine excellence corporelle, les options sportives choisies parles postulants reflètent aussi l’espace scolaire (tableau 8). Les sports collectifs (37,7 %), l'athlétisme (19,9 %), la gymnastique (7,3 %), la natation (7,3 %) et le judo (6,8 %) constituent le groupe des pratiques les plus représentées ; constituant ainsi 79 % des options, elles semblent entériner l’attrait dominant pour des disciplines sportives plus populaires que bourgeoises. L'analyse de la distribution des âges de début de pratique de ces disciplines optionnelles révèle une précocité dans la pratique sportive: ces activités ont en effet été débutées avant dix ans pour 43, 7 % des postulants, et entre dix et quatorze ans pour 34,5 % d'entre eux, seuls 19,1 % déclarant un début de pratique après quinze ans. Cette précocité, d'ailleurs plus masculine que féminine, permet d'objectiver des usages sportifs et corporels acquis pour la plupart des candidats hors du territoire scolaire, mais en adéquation avec ceux qu'il diffuse. L'éducation physique n'aurait-elle alors que renforcé des dispositions antérieures à la scolarité secondaire pour la plupart des agents ? Les réponses des candidats sur le cadre d'acquisition de leurs goûts pour les activités physiques et sportives fait apparaître bien souvent l’influence conjuguée des différents milieux : club (48 %), école (48,1 %) et famille (43,7 %) (tableau 10). Quels rapports les familles des postulants entretiennent-elles avec les activités physiques ? A travers les pratiques physiques des parents apparaissent des familles très fréquemment sportives (tableaux 11 et 12) : les pères pratiquent ou ont pratiqué dans 75,5 % des cas et les mères dans 47,4 %. Eu égard aux différents taux de pratiquants sportifs dans la population française (31), ce fort pourcentage de parents sportifs doit être souligné car il peut permettre d'éclairer quelque peu la genèse des goûts sportifs des postulants. Si les pères des agents masculins sont quasiment aussi sportifs que ceux des jeunes filles, les mères des candidates (53,4 %) paraissent un peu plus sportives que celles des jeunes gens (43 %). Issue de milieux sportifs, la population des postulants semble reproduire les propriétés sportives de leur famille à travers l'analyse des activités pratiquées par les parents. En effet, les pratiques déclarées paraissent nettement plus populaires que bourgeoises (32) : par exemple, les sports d'hiver et le tennis ne sont cités que par 13,4 % des répondants. Cependant ces indicateurs généraux ne nous permettent pas d'appréhender les modalités et les niveaux de pratique ; or les pratiques sportives obéissant à une logique compétitive dans les cursus STAPS, le repérage des parents ayant été des compétiteurs pourrait s'avérer très intéressant. La prise en compte de la taille du lieu d'habitation de la famille (tableau 10) peut aussi éclairer les pratiques sportives du milieu d'origine. En effet, habitant pour la plupart (68,7 %) dans des communes rurales et de petites villes, les parents et leurs enfants ont pratiqué ou pratiquent certainement les activités proposées dans l’espace proximal. La diversité des produits offerts étant fonction de l'importance de la commune, de ses moyens financiers, et des demandes de la population..., l’espace des pratiques sportives des parents, voire des postulants, pourrait bien être à l'image des possibilités concrètes qu'offrent les différents espaces géographiques d'origine. Si le niveau d'excellence corporelle suppose un milieu favorable permettant sa genèse, il est aussi tributaire de propriétés corporelles nécessaires à la réalisation de performances. Les résultats sportifs paraissant en partie fonction de caractéristiques morphologiques dans la plupart des activités sportives « traditionnelles » et non appareillées (33), celles que proposent l'école et les cursus STAPS en particulier, l'objectivation de la stature des candidats, fonctionnant comme indicateur du capital corporel, peut s'avérer pertinente (tableau 9). La moyenne de taille des jeunes gens se situant à 178,33 cm et celle des jeunes filles à 166,27 cm, elles apparaissent nettement plus élevées que toutes les moyennes statistiques pouvant être prises en référence dans d'autres travaux (34). Ces agents semblent ainsi bénéficier d'une « plus-value stature » objectivant la dimension morphologique de leur capital corporel. Les postulants en STAPS se caractériseraient ainsi par des savoir-faire sportifs souvent précocement acquis dans des milieux favorables, et vraisemblablement par des propriétés corporelles, dont la taille ne constitue qu'un aspect, leur permettant d'atteindre un niveau d'excellence sportive. Par quelles propriétés scolaires peuvent-ils se définir ? Le type de baccalauréat obtenu ou préparé, ainsi que les redoublements qui ont pu affecter la scolarité, peuvent permettre d'objectiver le capital scolaire dont disposent les postulants (tableau 13 ). Si la population se distribue sur l'ensemble des types de bacs, se dégage cependant une certaine hiérarchie. Le plus représenté, le bac D (38 %), est suivi par le bac A (15,7 %), le bac B (15,1 %), le bac C (10 %) et les bacs F et G (9,4 % et 7,9 %). S'atteste une différentiation sexuelle à travers les bacs littéraires, plus féminins (26,4%) que masculins (7,9 %), et le bac C plus fréquent pour les jeunes gens (11,8%) que pour les jeunes filles (7,5 %). Mais cette division sexuelle, rejoignant celle constatée sur l'ensemble des lycées français, n’est pas spécifique à notre population. Par contre, la présence assez conséquente des bacs F et G (17 %), dévalorisés dans la hiérarchie des bacs, doit être soulignée. Ces observations paraissent montrer que le projet d'études en STAPS n’est pas spécifiquement lié à une série de bac comme cela peut être le cas pour des études scientifiques. Mais en référence à la hiérarchie sociale des bacs, hiérarchie s'établissant par les possibilités qu'ils donnent et par le poids relatif des différentes fractions sociales qui les obtiennent (35), l'importance relative des bacs moins valorisés peut indiquer non seulement un public socialement très distribué mais aussi une sur-représentation d'élèves ayant des origines sociales modestes (36) ou ayant eu des difficultés scolaires. Prendre en compte le nombre d'années de redoublement au cours de la scolarité (tableau 13) peut permettre de saisir les rapports à la culture scolaire des postulants. En effet, une trajectoire scolaire sans retard peut indiquer des rapports plus positifs à la culture alors qu'une trajectoire jalonnée de redoublements peut attester de conflits envers les savoirs scolaires. Si 44,4 % des postulants possède une trajectoire scolaire normale, 36,4 % ont des trajectoires avec une année de redoublement et 17,1 % en déclarent deux ou plus. Les études en STAPS attireraient-elles des fractions de population entretenant des rapports problématiques à une culture scolaire plus bourgeoise que populaire ? Les postulants ne paraissant pas dans l'ensemble représenter l'élite scolaire, surtout les jeunes gens qui n'indiquent que 36,7 % de trajectoires sans retard contre 55,2 % pour les jeunes filles, la possession et le développement d'un important capital corporel empêcherait-il l’accès à un capital scolaire conséquent et la poursuite d'une scolarité normale ? Se caractérisant par une large distribution des types de bacs et par un retard conséquent en comparaison à d’autres populations estudiantines, représentant ainsi une population un peu plus âgée, les postulants en STAPS paraissent plus se définir par l'excellence sportive que par l'excellence culturelle. Une grande partie de ces agents semblant se caractériser par une défaillance du capital scolaire et entretenir des rapports conflictuels à la culture savante et donc à la culture bourgeoise, la possession d'un capital corpo-sportif ne pourrait-elle pas fonctionner de manière compensatoire ? Mais la prise en compte des propriétés scolaires familiales à travers les diplômes obtenus (tableaux 14 et 15) ne peut-elle pas éclairer le capital scolaire, parfois laborieusement acquis des postulants ? Les diplômes inférieurs au bac (CEP, CAP, BEP, BEPC), voire l'absence de diplômes, des pères représentent 45,8 % des réponses et les diplômes supérieurs ou égal au bac 28,8 %. Bien que l'évolution du système scolaire et celle du niveau d'instruction puissent être invoquées pour expliquer ce capital scolaire assez médiocre, il reste cependant caractéristique d'une population faiblement scolarisée. La distribution des diplômes des mères expriment les mêmes tendances, mais plus accentuées : 55 % des mères n'ont aucun diplôme ou des diplômes inférieurs au bac et 24,8 % possèdent des diplômes égaux ou supérieurs au bac. Notons ici une différentiation selon les sexes : les mères des jeunes filles ont plus de diplômes égaux ou supérieurs au bac (28,6 %) que celles des jeunes gens (21,1 %). Les familles des postulantes apparaîtraient ainsi un peu plus culturalisées que celles des candidats, ce qui pourrait expliquer les rapports un peu moins conflictuels des jeunes filles avec la culture scolaire (37). De plus la prise en compte de la taille du lieu d'habitation des familles dans des communes rurales et de petites villes, semble renforcer la faiblesse du capital culturel familial. En effet, habiter de telles agglomérations restreint les chances d'accès à la culture. Ces postulants semblent ainsi globalement reproduire les propriétés scolaires et culturelles de leurs milieux sociaux d'origine dans les rapports plutôt problématiques qu'ils entretiennent à la culture scolaire plus bourgeoise que populaire. Probablement héritiers des goûts culturels et sportifs de leurs familles, leurs souhaits d'entreprendre des études en STAPS pour devenir enseignant d'EPS paraît se déterminer à partir de leurs propriétés scolaires et sportives et de leurs représentations du métier de « prof de gym » et des études lui correspondant. QUELQUES LOGIQUES SOCIALES : Si le choix des postulants pour l’EPS paraît dans l'ensemble approprié à leurs schèmes de perceptions et d'actions dans le sens où ils semblent plus ou moins destinés à cette formation et au métier d'enseignant EPS, l'analyse de la trajectoire sociale de la lignée à partir de la profession des parents peut conduire à cerner la signification de la logique d'insertion socioprofessionnelle : promotion, ou reproduction, ou reconversion, ou limitation d'un délassement social. Quelles sont les propriétés socio-professionnelles des parents du candidat ? (tableaux 16 et 17). L'analyse de la distribution de la profession du père conduit à observer un pluralisme : VOLUME DU CAPITAL H F TOTAL 16,3 % 19,1 % 17,9 % Classe moyenne (Instituteurs, cadres moyens, artisans, petits commerçants, techniciens, contremaîtres, agriculteurs) 45,0 % 45,2 % 45,0 % Classe dominée (Employés, ouvriers personnels de service) 27,7 % 26,7 % 27,4 % Classe dominante (Industriels, commerçants, ingénieurs, professions libérales, professeurs, cadres supérieurs) La prise en compte de la structure du capital (39) pour les classes supérieures et moyennes conduit à constater une importante fréquence de la structure équilibrée, la structure dominée par « l’économique » étant moins courante tout comme celle où le culturel est prédominant. DOMINANTE DANS LA STRUCTURE DU CAPITAL « économique » (agriculteurs, artisans, commerçants, industriels) « équilibré » (cadres supérieurs et moyens, ingénieurs, techniciens professions libérales. . . ) « culturel » (professeurs et instituteurs) H F TOTAL 11,1 % 10,3 % 10,7 % 39,1 % 43,6 % 40,9 % 9,4 % 10,0 % 9,7 % 36,7 % de cadres moyens, 15,5 % de cadres supérieurs et de professions libérales, 14,7 % d'ouvriers, 12,5 % d'employés et 8,3 % d'artisans et de petits commerçants. Cette structure fait globalement apparaître un recrutement dominant dans différentes fractions de la «classe moyenne» et de la «classe populaire », avec une faible représentation des fractions sociales plus bourgeoises pour une filière d'enseignement supérieur. L'analyse du volume de capital en référence à l’espace des positions sociales de Pierre BOURDIEUX (38) objective une nette prédominance de la «classe moyenne». En référence aux statistiques concernant les publics de l’enseignement supérieur (40) la population des postulants en STAPS se présente selon une structure sociale très minoritaire dans le système universitaire. Attestées par de nombreuses études (41), les inégalités des bacheliers devant l’université tendent actuellement à se réduire, une plus grande proportion d'enfants d'ouvriers et d'employés y accédant. Mais à travers la structure sociale des publics des différentes filières s'objectivent des inégalités plus ou moins marquées ; et les études en STAPS se présentent avec celles en lettres et en sciences, et avec les I.U.T., comme les moins inégalitaires dans le concert de l’enseignement supérieur. Etant professionnalisées et préparant essentiellement à un concours de l’enseignement, n'auraient-elles pas tendance à attirer un public moins bourgeois (42) ? Ne seraient-elles pas cependant aussi sélectives par le biais de l’importance qu'elles accordent au capital corporel ? La mise en correspondance des diplômes et des professions des pères montre que les postulants sont plus souvent issus de la petite bourgeoisie d'action que de la bourgeoisie culturelle, attestant ainsi de propriétés où la pratique et le professionnel dominent sur les aspects réflexifs et théoriques. La culture corpo-sportive serait elle le lieu d'épanouissement de ces fractions sociales ? Retrouve-t-on toutes ces caractéristiques à professionnelles des mètres ? travers les propriétés socio- Une importante fraction (43,3 %) des mères ne travaillant pas) s'objective à travers celles qui ont un emploi une nette prédominance des classes dominées : 21,1 % d'employées, 18,6 % de cadres moyens, 6,7 % d'ouvrières, 4,3 % d'artisans et de petits commerçants et 0,3 % de professions libérales. L'analyse des catégories socio-professionnelles représentées selon le volume de capital atteste d'une prédominance de la classe populaire. VOLUME DU CAPITAL H F TOTAL Classe dominante (professions libérales, professeurs, cadres supérieurs) 1,4 % 2,5 % 1,8 % Classe moyenne (instituteurs, cadres moyens, paramédical, techniciens) 17,0 % 20,5 % 18,6 % Classe dominé. (employés, ouvriers, personnels de service) 29,0 % 26,5 % 27,8 % Les professions des mères accréditent les origines sociales plutôt modestes d'une grande partie des postulants. Une petite division sexuelle peut être observée, à savoir que les mères des postulantes sont un peu plus nombreuses dans les classes moyennes et dominantes que celles des candidats. La mise en relation des professions et des diplômes renforce ce constat, les diplômes et les insertions professionnelles des mères des jeunes filles ont tendance à être un peu plus élevés confirmant la tendance d'un capital scolaire un peu plus important dans la fraction féminine des postulants. Héritiers semble-t-il, des propriétés de leurs parents, renvoyant fréquemment à celles des classes moyennes et dominées, possédant souvent un capital scolaire très moyen, voire laborieusement acquis, les postulants reproduisent dans le contexte socio-culturel d'aujourd'hui des propriétés familiales qui les orientent plus vers les aspects pratiques et professionnels que vers les caractéristiques culturelles et discursives. Fonction d'un ethos, le choix des études en STAPS, peut ainsi apparaître comme cohérent au regard des propriétés incorporées dans un contexte social déterminé. Produisant un pluralisme d'habitus, les différents environnements familiaux engendrent ainsi des trajectoires sociales et des stratégies plurielles. Objet de recours différenciés, le capital corporel peut ainsi conduire certains postulants soit vers une promotion sociale, soit à une limitation de leur déclassement social, soit à une reconversion d'une espèce de capital familial, soit à essayer de reproduire la position sociale de leur famille. Ainsi, la gestion de propriétés corporelles pour une insertion professionnelle paraît être l'élément fondamental caractérisant la population des postulants, et la culture corpo-sportive dominée dans le système éducatif peut conduire à des profits sociaux en étant ainsi compensatrice d'une culture savante et bourgeoise quelque peu défaillante. En conséquence, la reconnaissance de la culture corpo-sportive que réclament ces agents ne semble finalement qu'une revendication sociale visant à mieux considérer ceux qui doivent leur insertion socioprofessionnelle à leur capital corporel. Mais cette propriété dominante pouvant servir à définir les candidats ne doit pas occulter celles qui les différencient, les conduisant ainsi à différents univers de « possibles» qu'objectivent les hésitations et les réorientations, fonction du volume et de la structure de leur capital scolaire (analyse factorielle). Quels sont le rôle et la logique du « concours » pour entrer dans les cursus d'études en STAPS ? Quelles sont les propriétés requises pour accéder à cette formation ? Qui sont les élus ? Se déroulant dans le cadre de l'institution de formation, le concours de Strasbourg se composait jusqu'en 1985 d'épreuves physiques et d'une épreuve écrite. Les prestations sportives comptaient par exemple en 1983 pour 62,5 % du concours et l’écrit pour 37,5 % . Mesurant l'importance et la qualité du capital corporel et du capital scolaire, cette sélection visait donc à recruter les candidats possédant à la fois les meilleures dispositions corporelles et scolaires. Mais l'importance donnée au capital corposportif dans le concours ne constitue-t-elle pas un privilège attribué aux agents professionnels de l'EPS ? Ainsi valorisée cette espèce de capital peut être considérée comme le facteur essentiel de la réussite. De 1983 à 1985, la structure du concours a évolué vers plus d'équilibre sous l'impulsion de certains agents de l’espace STAPS. L'année 1986 voit ainsi apparaître des changements dans les modalités du recrutement qui se réalise à partir d'une sélection sur dossiers comprenant deux parties ayant pour fonction d'évaluer le capital scolaire et le capital corpo-sportif à parité (43). La prise en considération des propriétés scolaires et sportives de manière équivalente n'atteste-t-elle pas d'un réel changement dans la reconnaissance des aptitudes requises pour ces études ? Par delà les conflits que de telles transformations peuvent générer, le concours de Strasbourg offre 30 % des places à des sportifs classés « haut-niveau », s'ils remplissent les conditions comme les autres postulants. L'importance de ce fait doit être soulignée car il signifie la prise en compte et la valorisation d'un capital corposportif plus que conséquent. En l'absence de système unique de sélection en France, il convient de remarquer que la plupart des institutions de formation ont tendance à privilégier l’aspect sportif, accréditant ainsi la thèse que le capital corposportif est bien discriminant dans l'accès à ces études. Comment se caractérise la fraction de la population des postulants entrant en formation STAPS ? Quels sont les effets du « concours » ? La comparaison de la population des « élus » (44) à celle des postulants permet de constater que le concours d'entrée sélectionne une aristocratie scolaire et sportive issue de milieux familiaux un peu plus bourgeois. En effet, si les caractéristiques moyennes des étudiants reflètent celles des postulants, un ensemble de différences s'objective en particularisant les élus. Attestant d'un meilleur capital corpo-sportif qu'accompagne une stature très légèrement supérieure, ils ont des mères plus sportives (54,9 % contre 47,3 %). Globalement plus jeunes, avec des bacs plus prestigieux dans l'ensemble (46,7 % de bac D contre 38 % ), et moins de retard scolaire (56,7 % n'ont jamais redoublé contre 44,4 %), leurs familles apparaissent dotées de diplômes un peu plus élevés (33,4 % des pères ont des diplômes supérieurs ou égal au bac contre 28, 8 %). Mais ces différences globales n’estompent pas les divisions sexuelles constatées dans le descriptif des postulants, au contraire le concours d'entrée paraît creuser les écarts notamment pour ce qui concerne le capital scolaire (par exemple : 72,7 % des jeunes filles n'ont jamais redoublé alors que seulement 37 % des jeunes gens présentent cette propriété) ; il en va d'ailleurs de même pour les propriétés scolaires des familles. L'analyse comparée, à travers la profession du père, des origines sociales des élus à celles des postulants montre que la sélection conduit à une surreprésentation des cadres moyens (40 % contre 35,1 %), tout comme des cadres supérieurs et des professions libérales (16,7 % contre 15,5 %), et à une sousreprésentation du groupe des employés-ouvriers (16,7 % contre 27,4 %). La division sexuelle constatée précédemment se reproduit, les origines masculines étant plus populaires (22,2 %) que celles des jeunes filles (12,2 %) qui sont mieux représentées dans le groupe des cadres supérieurs et des professions libérales (18,1 % contre 14,8 % pour les agents masculins). L'analyse des professions des mères des étudiants confirme les différences repérées à partir de la profession du père : 51,6 % ne travaillent pas contre 43,3 % chez les postulants, 21,7 % des cadres moyens contre 18,6 % ... La mise en relation des propriétés scolaires et des professions des pères et des mères confirme les résultats acquis précédemment avec les postulants, à savoir que la population féminine possède des origines sociales un peu plus élevées et culturalisées. Eu égard à ces caractéristiques, il n’est pas étonnant de constater également que les élus attestent d’espaces d'insertions socioprofessionnelles quelque peu différents de ceux des postulants, (plus de stratégies de repli vers le métier d'instituteur par exemple), même si l'accès au métier d'enseignant d'EPS reste l'élément central des orientations envisagées et des hésitations déclarées. S'effectuant à partir du capital scolaire et du capital corpo-sportif, la sélection produit certes une sorte d'aristocratie fonction de ces espèces de capital, mais ses effets montrent qu'elle fonctionne aussi en légitimant une hiérarchie sociale. CONCLUSION : Valorisant les aspects sportifs, pratiques et professionnels, les « profs de gym » cherchent à reproduire et donc à perpétuer le corps historique qu'ils constituent selon sa doxa. Leurs positions et leurs fonctions dans le système éducatif les prédisposent à être des éléments essentiels du processus conduisant des agents au choix du métier de prof de gym, et donc aux études qu'il suppose. Possédant ainsi un capital corpo-sportif conséquent pouvant compenser un capital scolaire parfois défaillant et laborieusement acquis, issus des milieux familiaux générant des pratiques et des goûts en homologie avec ceux de l’espace de l'EPS, les candidats au métier de « prof de gym » semblent présenter les caractéristiques nécessaires à la reproduction de ce corps professionnel. Leur méconnaissance relative de la formation universitaire en STAPS et les représentations qu'ils en ont, paraissent accentuer leurs prédispositions dans l'accès au capital spécifique de l’espace EPS. Mais les cursus d'études développant une stratégie d'intégration des logiques universitaires et professionnelles, la nécessité de recruter des agents attestant de dispositions pour jouer le jeu « bi-culturel » fait du concours d'entrée un lieu de compromis entre les exigences des espaces EPS et STAPS. Les élus, représentent ainsi une aristocratie « corpo-sportivo-intellectuelle » traduisant les contraintes du recrutement, lieu d'expression de deux logiques concurrentes pour la définition légitime des STAPS. Pouvant correspondre à une tentative de suprématie de la culture savante dans un espace dominé par la culture technique, l'émergence des STAPS ne pourrait-elle pas générer des conflits entre les agents démunis des propriétés nécessaires à la gestion de la nouvelle logique et ceux dont les dispositions les poussent à accélérer l'intégration universitaire (45) ? L'évolution de la structure sociale des publics ne traduirait-elle pas un processus « d'universitarisation » dans un contexte socio-historique dominé par des problèmes d'emploi ? NOTES et BIBLIOGRAPHIE (1) - Cet article a été réalisé à partir des travaux suivants : - MICHON (B.). - Identités et stratégies de gestion des propriétés socioculturelles des étudiants en STAPS et des enseignants EPS. - Contrat de recherche : plan quadriennal de l'université de Strasbourg II (en cours) - FABER (C.). - Essai sur la reproduction d'un corps professionnel : les postulants à l'UEREPS de Strasbourg. - Université de Strasbourg Il, Mémoire de D.E.A. en sciences sociales - Option sociologie des pratiques d'exercice corporel, 1986, 150p. (2) - MICHON (B.). - Eléments pour une histoire sociale des enseignants en éducation physique et sportive. - Revue STAPS, N°8, octobre l983. - pp. l2-28. (3) - ex-UEREPS (4) - De 1980 à l 984, on observe les augmentations suivantes pour l’ensemble des UFR STAPS : 174,1 % pour les demandes de dossiers ; 97,5 % pour les présents aux épreuves ; et 39,4 % pour les admis dans les unités. (5) - BOURDIEU (P.) et PASSERON (J.C.). Les héritiers. - Paris, éd. de Minuit, 1964. 189p. (6) - BOURDIEU (P.) et PASSERON (J.C.) La reproduction. - Paris, éd. de Minuit, 1970. 280p. (7) - BOURDIEU (P.). - Grandes et petites écoles. - Actes de la recherche en sciences sociales, n°39, septembre 1981. - pp.3-70. (8) - GRIGNON (C.). - L'ordre des choses ; les fonctions sociales de l’enseignement technique. - Paris, éd. de Minuit, 1971. - 363p. SAINT-MARTIN (M. de). - Les fonctions sociales de l'enseignement scientifique. Cahiers du centre de sociologie européenne, Paris, éd. Mouton, 1971. - 258p. (9) - BOURDIEU (P.). - Les trois états du capital culturel. - Actes de la recherche en sciences sociales, n°30, novembre 1979, pp.3-6. (10) -MICHON (B.) - Capital corporel et stratégies sociales : le cas des étudiants français en EPS. - Actes du VIIIe symposium de l'I.C.S.S. : sports et sociétés contemporaines, l984. - pp.539-548. (11) - MICHON (B.). - Culture savante, culture technique et STAPS. - Saint Raphaël, Actes du colloque international d'Anthropologie des techniques du corps, STAPS, l985. pp. 125-135. (12) - POCIELLO (C.). - Sports et société : approche socio-culturelle des pratiques. - Paris, éd. Vigot, l98l. - 377p. (13) - BOURDIEU (P.) et SAINT MARTIN (M. de). - L'anatomie du goût. - Actes de la recherche en sciences sociales, n°5, octobre l976. - 115p. (14) - Opus cité, cf. note (12). (15) - CREVOISIER (J.) et VERNET (G.). Les matières enseignées en EPS. - Revue EPS, n°166, novembre-décembre 1980. - pp.8-10. (16) - ARNAUD (P.). - Le corps en mouvement. - Toulouse, Privat, 1981. - 314p. (17) - CHAPOULIE (J.M.). - La compétence pédagogique des professeurs comme enjeu de conflits. - Actes de la recherche en sciences sociales, n°30, novembre l979. - pp.65-87. (18) - MICHON (B.). - Esquisse d'une histoire sociale de la formation des enseignants en éducation physique et sportive. - Revue STAPS, n° spécial : préparation au professorat d'éducation physique et sportive (première épreuve écrite), novembre l986. - pp. 94-112. (19) - Opus cité, cf. note (8). (20) - Opus cité, cf. note (18). (21) - MICHON (B.). - Enquête nationale sur les origines sociales des étudiants en éducation physique et sportive : identités et stratégies de gestion des propriétés socioculturelles. - Paris, thèse de 3e cycle en sociologie, juin 1982. Tomes I et II. (22) - Opus cité, cf. note (17) (23) - Opus cité, cf. note (21). (24) - Notons que divers renseignements sur le contenu des études et les débouchés accompagnent le dossier d'inscription, et ce type d'information peut ainsi conduire certains postulants virtuels à renoncer. (25) -B.M.D.P. - Statistical Software 1983 Revised Printing. Los Angeles, éd. University of california Press, 1983. (26) - S.A.S. User (s guide : Basics. Version 5 édition. SAS institute INC, Cary, NC, U.S.A., 1290p. S.A.S..-GRAPH - User's guide. Version 5 édition. SAS institute INC, Cary, NC, U.S.A., 596 P. (27) - SPAD. - Système portable d'analyse de données. - LEBART et MORINEAU. 1983. (28) - MICHON (B.). - Opus cité, cf. note (1). (29) - Extraits de conversations d'élèves de classes de terminales ayant l'intention de se présenter au concours d'entrée. (30) - N'hésitant pas pour la grande majorité, et certains se présentent plusieurs fois au concours d'entrée (18,4 % ). (31) - FAURE (J.M.). - Les pratiques sportives. - Données sociales, INSEE, 1984. pp.397-399. (32) - En référence à l’espace des sports construit par Christian POCIELLO, opus cité, cf. note (12), (33) - MICHON (B.). - Opus cité, cf. note (10). (34) - MICHON (B.). - Opus cité, cf. note (10). (35) - Les catégories socio-professionnelles et l'enseignement supérieur. - Ministère de l'éducation nationale, SEIS/5 - SP/GM, avril 1981. Document de travail n°244. (36) - Opus cité, cf. note (35). (37) - L'année 1986 apporte des éléments nouveaux dans les réponses des postulants aux diplômes des parents. En effet, le taux de non-réponses chute de 20% et il semblerait que les non-réponses des années 1983 à 1985 correspondent essentiellement à des diplômes inférieurs au bac ou à des absences de diplômes. Le refus de répondre est-il une certaine « honte » à dire ? (38) - BOURDIEU (P.). - La distinction, critique sociale du jugement. - Paris, éd. de Minuit, 1979. - 670p. (39) - Opus cité, cf. note (38). (40) - OEUVRARD (F.). - Le système éducatif. - Données sociales, INSEE, l984. p.482. (41) - Opus cité, cf. note (5). (42) - Opus cité, cf. note (35). (43 ) - Le capital scolaire est évalué à partir des bulletins trimestriels, des notes obtenues au bac... alors que le capital corpo-sportif est mesuré à travers les sports pratiqués, les niveaux de pratiques, les titres sportifs, les notes d'EPS au bac, l'appréciation de l'enseignant EPS de terminale. (44) - FABER (C.). - Opus cité, cf. note (1) MICHON (B.). - Opus cité, cf. note (21) LUCAS (D.). - Directeur de l'UFR STAPS : données recueillies en 1986. (45) - Opus cité, cf. note (11). Tableau 1 : Pourcentages de réussite aux concours d'entrée à I'UEREPS de Strasbourg de 1983 à 1986 Sources : UEREPS de Strasbourg : M. Daniel L UCAS, Directeur. * Estimations de secrétariat de l'UEREPS. (1) Ensemble des candidats ayant renvoyés un dossier d'inscription. (2) Pour 1983, 1984 et 1985, nombre de candidats ayant passés toutes les épreuves (non compris les candidats blessés au cours des épreuves physiques). Pour 1986, nombre de candidats ayant renvoyés un dossier complet qui a fait l'objet d'une notation. (3) Nombre de places ouvertes aux concours. Chaque année est dressée une liste des reçus correspondant au nombre des places ouvertes, et une liste supplémentaire en cas de défections. Si quelques candidats se désistent pour des raisons de convenance personnelle (autres orientations, choix d'une autre UEREPS...), notons que chaque année un nombre important de candidats reçus à l'UEREPS est collé au baccalauréat. A titre d'exemple : . 1983 : 20 collés au bac parmi les admis (14 hommes et 6 femmes) soit 25,3 % ; . 1985 : 25 collés au bac parmi les admis (16 hommes et 9 femmes) soit 31, 6 %. (4) Pourcentages de réussite calculés par rapport aux candidats présents. (5) Population des postulants à l'entrée dans les 19 UEREPS de France. Pourcentages calculés par rapport aux présents. D'après « La réussite aux examens universitaires dans les UEREPS de France » : Documents annuels de la conférence des directeurs d'UEREPS réalisés par Michel GERBA UX, Directeur de l'UEREPS de Lille (1982/83 à 1985/86). (6) Sans les résultats de l'UEREPS de Bordeaux. (7) Chiffres non disponibles. Tableau 2 : Pourcentages de réussite aux concours d'entrée dans les le UEREPS de France de 1980 à 1985 (1) Pourcentages de réussite calculés par rapport aux candidats présents aux épreuves du concours. (2) Sans les données de l'UEREPS de Bordeaux. SOURCES : - La réussite aux examens universitaires dans les UEREPS de France : Documents annuels de la conférence des directeurs d'UEREPS réalisés par Michel GERBAUX, Directeur de l'UEREPS de Lille (1980/81 à 1985/86). - Remarque : les pourcentages calculés dans ces documents s'étant révélés disparates, seuls les effectifs ont été pris en compte. REMARQUES : - L'augmentation des demandes de dossiers d'inscription aux concours doit être resitué dans son contexte : augmentation du chômage, disparition de la formation au professorat adjoint et développement des pratiques sportives. - Bien que le nombre des candidats reçus soit en augmentation les pourcentages de réussite sont en baisse tout comme les pourcentages des candidats présents aux épreuves. - Les variations des pourcentages de réussite laissent apparaître au-delà de variations ponctuelles trois groupes d'UEREPS : celles à pourcentages de réussite élevés, celles à pourcentages proches de la moyenne nationale, et celles à faibles pourcentages de réussite. - Le nombre de demandes de dossiers, tout comme celui des présents aux épreuves, doit être interprété avec prudence : un candidat pouvant parfois postuler dans deux UEREPS différentes. Tableau 3 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon les études, objets d'hésitations (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 4 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon les orientations vers d'autres études si non admis à l'UEREPS (enquêtes de 1983 à 1986) (1) Deux fois plus psychologie (2) Trois fois plus biologie que mathématiques-Physique sauf en 1984 = deux fois plus (3) Quatre fois plus médecine que pharmacie (4) Infirmière pour les jeunes filles, kinésithérapeute pour les jeunes gens. Tableau 5 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon les raisons du choix des études en EPS, et l'attitude des parents à l'égard des études en EPS (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 6 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon le prestige accordé à l'enseignant d'EPS et le nombre de présentations au concours (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 7 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon les sports aimé et repoussé (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 8 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon l'option sportive et l'âge de début de pratique de l'option (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 9 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon la taille (enquêtes de 1983 à 1986) 1983 : H : Moy =177,64 cm F : Moy = 166,45 cm écart-type = 6,26 écart-type = 5,37 1984 : H : Moy =178,12 cm F : Moy = 166,34 cm écart-type = 5,85 écart-type = 5,58 1985 : H : Moy =178,98 cm F : Moy =166,3'cm écart-type = 6,22 écart-type = 5,39 1986 : H : Moy = 178,53 cm F : Moy = 166,10 cm écart-type = 6,57 écart-type = 5,30 Population totale : H : Moy = 178,33 cm F : Moy = 166,27 cm écart-type = 6,32 écart-type = 5,50 Tableau 10 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon le cadre d'acquisition du goût pour les APS, la taille du lieu d'habitat et le département d'origine (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 11 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon la pratique sportive du père (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 12 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon la pratique sportive de la mère (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 13 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon le type de bac, le nombre d'années de redoublement dans la scolarité et l'âge (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 14 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon le diplôme du père (enquêtes de 1983 à 1986) Diplômes inférieurs au bac et aucun diplôme : Diplômes égal au bac et supérieurs au bac : Tableau 15 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon le diplôme de la mère (enquêtes de 1983 à 1986) Diplômes inférieurs au bac et aucun diplôme : Diplômes égal au bac et supérieurs au bac : Tableau 16 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon la catégorie socio-professionnelle du père (enquêtes de 1983 à 1986) Tableau 17 : Distribution des postulants à l'entrée à l'UEREPS de Strasbourg selon la catégories socio-professionnelle de la mère (enquêtes de 1983 à 1986)