Interview de Joël Grand et Gaëtan Lathion (pilote/copilote)

Transcription

Interview de Joël Grand et Gaëtan Lathion (pilote/copilote)
L’INTERVIEW – JOEL GRAND / GAETAN LATHION
Quand le copilote devient pilote
et vice-versa !
Jusqu’à aujourd’hui, Joël Grand était connu comme pilote en course de côte et en
slalom. Il l’était également comme copilote en rallye, aux côtés de pilotes
prestigieux et notamment de Pascal Perroud cette saison, en Renault Clio S1600.
Pour la dernière manche du championnat suisse des rallyes, Joël Grand a décidé
de changer de siège, passant de droite à gauche.
A ses côtés, un ancien pilote – mais également copilote – prendra place dans le
baquet de droite, un certain Gaëtan Lathion.
Cet équipage valaisan a choisi inforallye.ch pour annoncer leur participation au
Rallye International du Valais, au volant d’une Citroën Saxo S1600.
Pour débuter cette interview, rencontre avec le pilote, Joël Grand.
CV
Nom
Prénom
Age
Lieu de résidence
Etat civil
Profession
Débuts en sport automobile
Débuts en rallye
Grand
Joël
25 ans
Sierre (VS)
Célibataire
Représentant / livreur
2007
2007
Joël, d’où vient ta passion du sport automobile ? Te rappelles-tu de la première
fois où tu es allé voir une course ?
Cette passion m'est venue à partir de mes 18 ans. En ayant le permis de conduire en
poche, je me suis tout de suite senti à l'aise avec un volant et je commençais à aimer la
vitesse. Je me suis renseigné comment il fallait faire pour mettre un pied dedans, on m'a
donné le nom de l'Ecurie 13 étoiles Valais et je m'y suis inscrit.
La première fois c'était le Rallye du valais, nous étions en vacances d'automne et comme
occupation nous sommes allés voir le rallye.
Tu as déjà testé le siège de copilote, mais aussi celui de pilote, par contre qu’en
côte et slalom pour l’instant. Pourquoi avoir choisi de tenter l’expérience en
rallye cette année ?
Depuis le début, le rallye m'a toujours attiré. J'ai commencé comme navigateur car
question budget, c'était plus abordable et c'est vrai que l'envie de piloter me titillait un
peu. Mais voilà, on est jeune, on n’a pas énormément d'argent ou la chance d'avoir des
sponsors. Faut dire que j'ai eu de la chance, en étant co-pilote, de naviguer Laurent
Luyet avec sa Fiat Punto S2000 et Pascal Perroud avec la Clio Super 1600. Ce sont des
expériences extraordinaires que j'ai vécues avec eux car je ne pensais pas que j'aurai pu
entrer dans une Super 2000 et une top super 1600. Cette année, j'ai la chance d'avoir
des sponsors qui me font confiance pour que je puisse essayer un rallye comme pilote et
pourquoi ne pas en faire d'avantage ces prochaines années.
L’INTERVIEW – JOEL GRAND
Présente-nous en quelques mots la voiture que vous aurez à votre disposition
pour ce RIV 2012.
Avec Gaëtan, on voulait une voiture qui
avance et qui freine. J'ai eu une excellente
offre pour une Citroën Saxo Super 1600.
C'est une ancienne génération, mais on va
quand même essayer de se battre avec les
autres Super 1600 qui seront nettement
plus performantes que nous.
Timothée Ray était au volant de cette Saxo
S1600 lors du Critérium Jurassien. Au RIV, ce
sera Joël Grand qui sera derrière les
commandes.
Est-ce que ton expérience en côte et slalom – avec tes titres de champion suisse
de la montagne dans ta catégorie - te sera bénéfique ou est-ce que ce sera un
nouveau réapprentissage le pilotage en rallye ?
En slalom et en côte, je pilote une monoplace (formule). La conduite est totalement
différente. Lorsqu'on change de voiture, il faut de
toute façon un temps d'adaptation, On prendra le
temps d'apprendre et surtout de sentir la voiture
pour ne pas avoir de surprise pendant la course.
Joël Grand en action au volant de sa monoplace. Le
succès sera-t-il autant au rendez-vous derrière le volant
d’une voiture de rallye ?
Quels sont tes objectifs pour ce premier RIV ?
Tout d'abord se faire plaisir et bien sûr le finir. Je n'ai rien à prouver en rallye. On ne
vous cache pas qu'on va quand même essayer d'appuyer sur le champignon.
Pourquoi avoir choisi de partager l’habitacle avec Gaëtan Lathion ?
J'ai connu Gaëtan au sein du rallye en 2007. C'est devenu un ami avant tout et c'est
naturellement que j'ai pensé à lui. J'ai entièrement confiance car en rallye c'est important
de ne pas négliger son navigateur. Un pilote sans navigo et un navigo sans pilote, ça ne
fait rien du tout.
Si tout se passe bien, penses-tu rééditer l’expérience avec plusieurs rallyes au
programme l’an prochain ?
Terminons déjà ce rallye. Le programme 2013
n'est pas encore défini.
Si ce RIV 2012 se passe bien, il se pourrait que la
Saxo S1600 soit de retour sur les routes suisses en
2013 avec l’équipage Grand/Lathion …
L’INTERVIEW – GAETAN LATHION
Dans le baquet de droite, c’est un ancien pilote qui va dicter les notes à Joël
Grand. Un ancien pilote, mais également un ancien copilote … Rencontre avec ce
Nendard d’origine qui vit le rallye intensément, un vrai passionné.
CV
Nom
Prénom
Age
Lieu de résidence
Etat civil
Profession
Débuts en sport automobile
Débuts en rallye
Lathion
Gaëtan
29 ans
Saillon (VS)
Marié – 1 enfant
Gendarme
2007
2007
Gaëtan, ce n’est pas la première fois que tu prends part au RIV. Parfois tu l’as
fait en qualité de copilote, parfois en tant que pilote. Pas trop déçu d’être aux
notes et non derrière le volant cette année ?
Ça sera ma 6ème participation au Rallye International du Valais et effectivement j’ai été
pilote lors de 3 éditions (2007, 2008 et 2011). Si je suis déçu d’être aux notes ? Non, pas
du tout, je dirais que quand on a de la chance et le privilège de pouvoir prendre part à
une manche de Championnat d’Europe des Rallyes et même de prendre part à un rallye
tout court, je pense qu’on n’a pas le droit de faire des caprices. Je suis très heureux
d’être navigateur, d’autant plus que les meilleurs résultats l’ont été lorsque j’occupais le
baquet de droite.
Pourquoi avoir accepté la proposition de Joël Grand ?
Joël est un ami de longue date et sa proposition m’a tout de suite intéressée. Je n’avais
pas prévu de participer à des rallyes cette année, en raison de divers projets privés et
obligations professionnelles, mais j’ai quand même pris la décision d’essayer de faire
coïncider le tout !
De quelle manière abordes-tu ce rendez-vous de fin de saison ?
Avec beaucoup de concentration et de plaisir. C’est le plus beau rallye de notre pays,
c’est également le plus long. J’espère pouvoir conjurer le mauvais sort qui me colle aux
baskets ces quelques dernières éditions, à savoir les casses mécaniques, toujours
nombreuses sur ce genre de rallye.
Tu l’as dit tout à l’heure, à la base tu n’avais pas prévu de rouler cette année. La
passion est trop forte pour ne pas y succomber ?
Effectivement ! La passion intérieure et encore une fois, le privilège, car je me considère
vraiment comme un privilégié de pouvoir
prendre part à une telle manifestation. D’autant
plus que je n’ai jamais eu l’occasion de pouvoir
rouler dans une « grosse » voiture, alors je ne
pouvais
pas
refuser
ce
rendez-vous
incontournable de l’automne.
L’intérieur de la Saxo S1600 qui fera le plaisir de cet
équipage valaisan.
L’INTERVIEW – GAETAN LATHION
Admettons que tout se passe au mieux et que Joël serait partant pour plusieurs
rendez-vous la saison prochaine, tu signes dès maintenant ?
Absolument ! Je pense que c’est un garçon qui sait rouler, qui calcule les risques qu’il
prend et avec qui je m’entends parfaitement bien. L’expérience qu’il a emmagasinée lors
de ces dernières saisons en courses de côte et en slalom n’est que positif pour nous.
Franchement, et en toute franchise, tu préfères être derrière le volant ou avec
les notes sur les genoux ?
(rires) J’ai pris du plaisir dans les deux places. Disons que je pense être moins mauvais
en tant que co-pilote que comme pilote. En plus depuis que je suis papa, je suis devenu
très peureux au volant lors de course, ce qui n’est pas le cas en tant que navigateur où
je fais une confiance aveugle à mon pilote. En plus mon papa était également
navigateur… tel père, tel fils !
L’INTERVIEW DECALEE – JOEL GRAND / GAETAN LATHION
Pour terminer ses interviews, inforallye.ch vous propose une interview décalée, moins
sérieuse, qui permet de connaître certaines faces cachées de nos deux hommes sur le
grill…
Joël, en tant que chauffeur-livreur, tu n’as pas trop tendance à appuyer sur le
champignon à longueur de journée ?
Non, (rires) car pas de permis, pas de licence. Donc « Slown Down Take is easy »
Tu préfères le rallye ou la côte ?
Faudra me poser la question après le rallye. Car
pour le moment, c’est la côte ! Et oui, je pilote
là.
Laurent Luyet et Joël Grand lors de leur participation
au Rallye du Chablais 2011.
Etre champion suisse, ce n’est pas finalement une pression supplémentaire pour
ce premier RIV au volant ?
Non aucune pression. Je n'ai rien à prouver en rallye cette année. C'est totalement une
autre discipline que la côte.
Ta saison 2012 en rallye, tu la définirais comment ?
Cette année, j'ai navigué Pascal Perroud avec la Renault Clio S1600. Nous avons effectué
4 rallyes du championnat Suisse. J'ai vécu une superbe expérience avec lui et nous avons
super bien roulé ensemble.
L’INTERVIEW DECALEE – JOEL GRAND / GAETAN LATHION
Gaëtan, l’an passé, t’étais au volant. Cette année aux notes. L’an prochain, au
volant ?
Non, je pense que cette fois je vais rester à la place de navigateur. Le budget y est aussi
pour beaucoup…
Pas trop de pression de passer d’une Clio N3 à une S1600 ?
De la pression certainement un petit peu, mais surtout énormément de plaisir et de voir
de l’intérieur ce que ça vaut réellement. A l’époque où j’ai commencé le rallye, on ne
parlait encore pas des S2000 et mon rêve était de pouvoir rouler un jour en S1600, donc
c’est comme si c’était un rêve qui se réalisait.
Faire un bon résultat au RIV, c’est quoi pour toi ?
Le terminer, tout simplement ! Les routes sont piégeuses, il y a beaucoup de partie sur la
terre, les routes peuvent être enneigées, voire verglacées, ça glisse toute le temps. En
plus le rallye dure 3 jours, c’est long pour la mécanique et notre physique alors pour
pouvoir arriver sur le podium final, il faut que tous ces paramètres soient de notre côté,
donc celui qui arrive au bout obtient déjà une grande victoire.
A tes côtés, tu auras plutôt un « ancien » copilote de rallye ou un champion
suisse de la montagne ?
Un champion suisse de la montagne ! Il a réalisé une saison parfaite avec sa formule, en
remportant sa classe lors de chaque course qu’il a effectué cette saison. Et cette année
comme il est au volant, il se concentrera sur la route et pas les notes.
Rendez-vous du 25 au 27 octobre prochain afin de découvrir cet équipage, ainsi que tous
les autres équipages, sur les routes du Rallye International du Valais.