New York Express PS122 at T2G
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YOUARENOWHERE © Maria Baranova New York Express PS122 at T2G [3 – 8 décembre] YOUARENOWHERE Andrew Schneider [3 – 5 décembre] Thank You For Coming: Attendance* Faye Driscoll [3 – 6 décembre ] Yesterday Tomorrow* Annie Dorsen [6 – 8 décembre] * avec le Festival dʼAutomne à Paris Tarifs : de 7€ à 24€ - Carte 3 spectacles 30€ / 36€ Réservation : sur place ou par téléphone au 01 41 32 26 26 / du mardi au samedi de 13h à 19h ou [email protected] et en ligne sur : www.theatre2gennevilliers.com Service de presse : Philippe Boulet — 01 41 32 26 10 — [email protected] New York Express PS122 at T2G [3 – 8 décembre] Avec le corps, le texte, les technologies, le virtuel, en collectif ou en solo, des auteurs et performers américains investissent de nouveaux champs dʼexpérimentation sur la scène du Performance Space 122. En écho aux artistes de lʼavant-garde new-yorkaise, sans être des copies conformes, ils agitent la scène. Andrew Schneider la dédouble ; Annie Dorsen la livre à lʼaléatoire ; Faye Driscoll en fait un espace de partage avec le public. M.-C.V. PS122 est à la pointe de la création contemporaine à New York et aux États-Unis. Il est depuis plus de 30 ans une réelle pépinière multidisciplinaire dʼartistes, de performers et de chorégraphes très jeunes, talentueux, dans laquelle ils peuvent développer leur propre voix. www.ps122.org Calendrier jeu 3 ven 4 sam 5 YOUARENOWHERE 19h30 19h30 19h30 Thank You For Coming: Attendance 21h 21h 21h Yesterday Tomorrow dim 6 lun 7 mar 8 20h30 19h30 19h30 17h Le T2G présente la 2e édition de New York Express en partenariat avec le Maillon Strasbourg, le Théâtre Garonne - Toulouse, Tandem Scène nationale Arras-Douai et le Théâtre National Croate de Zagreb. Dans le cadre du PS122 GLOBAL et en collaboration avec Performance Space 122 (New York) Avec le soutien de FACE, FUSED, ONDA. Andrew Schneider YOUARENOWHERE [3, 4 et 5 décembre à 19h30] créé par Andrew Schneider en collaboration avec Alessandra Calabi, Peter Musante, Christine Shallenberg et Karl Franklin Allen, Bobby McElver, Daniel Jackson productrice, Sandra Garner / Lingua Franca Arts durée : 1h spectacle en anglais surtitré en français YOUARENOWHERE est une commande de Mass Live Arts et Performance Space 122, avec le soutien de la Jerome Foundation, une dotation de la National Endowment for the Arts – Art Works, et a été rendu possible notamment grâce au New York State Council on the Arts avec le soutien du Gouverneur Andrew Cuomo et de la législature de l'État de New York. Le projet a bénéficié dʼune résidence de développement par Mass Live arts, une résidence AIRspace au Abrons Arts Center et une résidence au Bushwick Starr. Avec le soutien des services culturels de l'Ambassade de France aux Etats-Unis. YOUARENOWHERE a été co-présenté par PS122 et The Invisible Dog Art Center dans le cadre du COIL Festival 2015 de PS122, 8-17 janvier 2015. Une méditation existentielle sur des sujets allant en rafale de la mécanique quantique et des univers parallèles aux étapes de rétablissement des Alcooliques Anonymes et des correspondances manquées. Dans un paysage en surcharge visuelle et auditive et en perpétuel mouvement, la pièce YOUARENOWHERE du créateur et performer Andrew Schneider nouvellement primé, transforme lʼespace physique et déforme les lignes du temps pour court-circuiter les idées préconçues de cette notion d'individualité et de ce que cela signifie dʼêtre ici aujourdʼhui. M.-C.V. © Maria Baranova Dans YOUARENOWHERE de Andrew Schneider, primé par un OBIE award, un homme saignant du nez apparaît, venu peut-être du futur proche, pour nous dire quelque chose. Les microphones crépitent et s’arrêtent. L’installation lumière tombe du plafond. Les signaux se brouillent et il y a un bug dans les transmissions. Ces dysfonctionnements des modes de communication sont comme quelque chose d’invisible qui empêche l’homme de nous dire ce qui pourrait empêcher sa mort imminente. Les techniques de communication verbale, danse, paysages sonores et projection live de videos sont utilisées pour modifier l’espace et le temps dans lesquels la performance et le public se trouvent. La pièce puise son inspiration dans les concepts de relativité de la simultanéité et de dilatation du temps, issus de la théorie de la relativité d'Einstein. YOUARENOWHERE court-circuite notre perception en imaginant l’effroi et l’inconfort de se rencontrer soi-même. Que se passerait-il si vous pouviez vous voir de l’extérieur ? Comment pourriez-vous rester vous-même si vous étiez confrontés à votre exacte réplique ? Lequel serait réel ? Lequel serait vous ? Et que se passerait-il maintenant ? Andrew Schneider Andrew Schneider a créé des travaux originaux pour le théâtre, des vidéos et des installations depuis 2003. Enraciné au croisement entre performance et technologie, le travail de Schneider analyse sans concession notre sur-dépendance à être toujours connecté dans un monde en perpétuel mouvement. Il créé et performe en solo dans des performances, des pièces de danse de grande envergure, il construit des performances électroniques interactives et des installations. Il était membre de la Wooster Group company (vidéo/perfomer) de 2007 à 2014. Andrew Schneider a récemment reçu le prix Tom Murrin Performance Award, et va créer une nouvelle pièce expérimentale sur la lumière et lʼespace (actuellement intitulée Unified Field Theory) comme artiste résident au Dixon Place Theater et en coopération avec Abronʼs Arts Center durant 2015-2016. Les premières pièces dʼAndrew Schneider à New York comprennent FIELD (2014), TIDAL (2013) programmé par Laurie Anderson au River to River festival ; YOUARENOTHERE au Performing Garage ; WOW+FLUTTER (2010) au The Chocolate Factory Theater, cinq pièces en tournée 4 – 7 novembre 13 - 14 novembre 25 - 28 novembre Maillon, Scène européenne de Strasbourg Tandem, Scène nationale Arras Douai Théâtre Garonne, Scène européenne de Toulouse intitulées AVANT-GARDE-ARAMA! (2005-2013) à PS122 ; PLEASURE (2009) au Issue Project Room ; et artiste résident (2006) au LEMURplex. Son travail à Chicago comprend TRUE+FALSE (2007) et STRATÉGIES AGAINST ARCHITECTURES (2008) entre autres, les deux ont été présentés à lʼUniversité de Chicago en tant quʼartiste résident. Andrew crée aussi des objets électroniques interactifs qui se portent, comme le Solar Bikini (un maillot de bain qui recharge votre Ipod) et des gants sans fils sur lesquels on peut programmer de la musique. Ces travaux interactifs ont été illustrés dans plusieurs publications comme Art Forum et Wired entre autres et aussi au Centre Pompidou de Paris. Andrew travaille également avec différents projets musicaux comme Fisherspooner (projection/performance), Kelela (projection/lumières) et AVAN LAVA (lumières/percussion/ voix). Schneider a été professeur adjoint à lʼUniversité de New York et a enseigné sur la technologie et la performance à lʼInteractive Telecommunication Program et à Bowdoin et Carleton Collèges. Andrew Schneider a un BFA (licence) en théâtre et arts de lʼuniversité Wesleyan (Illinois) et un master en Télécommunication interactive de lʼuniversité de New York. Il vit à New York City. Faye Driscoll Thank You For Coming: Attendance [3, 4 et 5 décembre à 21h, 6 décembre à 19h30] conception, Faye Driscoll design visuel, Nick Vaugan et Jake Margolin son, Michael Kiley lumière, Amanda K. Ringger conseiller artistique, Jesse Zaritt assistante chorégraphique, Nadia Tykulsker avec Giulia Carotenuto, Sean Donovan, Alicia Ohs, Brandon Washington, Nikki Zialcita durée : 1h15 Coréalisation T2G – Théâtre de Gennevilliers ; Festival dʼAutomne à Paris // Dans le cadre de New York Express PS122 at T2G et en collaboration avec Performance Space 122 (New York). Avec le soutien de The Danspace Project, The Jerome Foudation, Creative Capital, The MAP fund, Lower Manhattan Cultural Council, The New England Foundation for the Artsʼ National Dance Project Avec le soutien de FUSED - réseau d'échange Franco-Américain en danse, un programme du National Dance Project de la New England Foundation for the Arts, des services culturels de l'Ambassade de France aux États-Unis, et de la Fondation FACE. Avec les contributions majeures de la Doris Duke Charitable Foundation, de la Andrew W. Mellon Foundation, de la Florence Gould Foundation, et du Ministère de la Culture et de la Communication. Dans cette première version de sa trilogie Thank You For Coming, la chorégraphe travaille sur la nature des relations (observation, interdépendance ou invitation) entre les interprètes et entre les interprètes et le public. Dans une action qui prend la forme dʼun rituel, dʼune expérience de groupe, en passant dʼun état de corps à un autre, elle sʼinterroge sur la dimension politique de la performance. M.-C.V. © Maria Baranova Entretien avec Faye Driscoll Thank You For Coming: Attendance est le premier volet dʼune série de plusieurs pièces chorégraphiques. Pourquoi faire une série ? Faye Driscoll : Je mʼintéresse à la façon dont les êtres humains sont les co-créateurs dʼun monde, quʼils le veuillent ou non. À travers cette série, je veux créer des performances dans lesquelles les performers et le public peuvent sentir cet aspect-là. Pour moi, la question de la “co-création” est inhérente à la performance elle-même, jusque dans sa structure la plus traditionnelle. Dans ces pièces, je crois que je souligne simplement un sentiment qui est déjà contenu dans la forme. Votre travail oscille toujours entre la distance et lʼengagement, lʼimage et lʼexpérience, rester à lʼextérieur et prendre part… Je crois que je cherche à créer des performances où lʼon peut sentir la complexité des perceptions qui sʼy déploient. Cʼest une autre façon de parler de lʼimage et de lʼengagement, de la distance et de lʼexpérience. Sentir que lʼon est en train de regarder quelque chose… Dans la pièce, le public se fait face. Donc, pendant quʼils regardent la performance, les spectateurs voient également les personnes assises de lʼautre côté, qui regardent la représentation, et peuvent observer comment ils la vivent. Le format de la série permet de créer une sorte de fidélité avec les spectateurs. Est-ce un aspect qui vous intéresse ? Oui. Lʼacte de faire des performances avec un groupe de personnes pendant plusieurs années crée une sorte de microsociété temporaire. Nous passons de nombreux mois ensemble et traversons des processus de travail très exigeants, au cours desquels chacun est amené à se transformer. Une grande part de cette expérience nʼest pas visible pendant la représentation, mais cʼest quelque chose que je ressens de manière extrêmement puissante. Cʼest peutêtre lʼaspect le plus important de mon travail. Je voulais donc créer des œuvres qui couvrent une expérience au long cours et à laquelle les spectateurs, les programmateurs et les personnes qui nous financent puissent participer. Comment travaillez-vous avec les danseurs ? Jʼai souvent lʼimpression dʼeffleurer une idée qui me démange. Avec les performers, nous essayons de la réaliser à travers une alchimie de pratiques, qui sont souvent très longues et intenses. Pour la première partie dʼAttendance, jʼai cherché à créer des structures à la fois consistantes et instables. Jʼai pris des photos dʼimmeubles en ruines, qui ont été démolis, des tas de vaisselle sale abandonnée dans lʼévier, des gens entassés dans le métro, serrés les uns contre les autres, tout en essayant de ne pas se toucher. Jʼai guidé les performers à travers de longues phases dʼimprovisation, où nous avons essayé de créer un corps collectif, fait de leurs corps individuels, une complexité instable. Notre travail rassemble des niveaux très différents : la forme, la performativité, les images, lʼintention, la voix. Comment définiriez-vous la relation que vous souhaitez créer avec le public ? Dans Attendance, jʼutilise toutes les attentes qui sont déjà présentes quand on va au théâtre – un siège, un point de vue, un cadre, une scène. Puis, je les subvertis de manière subtile, afin de créer chez les spectateurs la conscience que la pièce résulte dʼun processus de co-création. Je voudrais créer à la fois un état de jeu et une pièce où les niveaux de perception sont extrêmement complexes. Vous avez écrit vouloir libérer le ça, lʼérotisme et le fantastique. Comment travaillez-vous spécifiquement avec les danseurs, afin de faire surgir un imaginaire collectif et de créer chez eux cette curiosité, cette envie de dépasser leurs propres limites ? Cʼest quelque chose que nous devons trouver ensemble, pour chaque pièce. Je ne pense pas avoir une méthode qui me permette dʼy parvenir à coup sûr, mais je sais que cʼest quelque chose qui demande beaucoup de travail. Le processus est différent avec chaque personne. Parfois je les pousse, dʼautres fois je suis difficile, je pose des questions, je demande certaines choses. Cʼest très exigeant, pour chacun de nous. Comment travaillez-vous avec les danseurs, afin quʼils aient cette grande disponibilité avec les spectateurs ? Cʼest très délicat. Cʼest une sorte dʼétat, une manière dʼêtre que nous ne pouvons pas créer sans lʼaide dʼun public “test”. Nous nous sommes aperçus quʼil était impossible de concevoir cet état seuls. Nous avons eu de nombreux retours. Parfois, les spectateurs trouvaient que nous étions trop sympathiques – ce qui crée une sorte dʼaliénation – ou bien trop agressifs et envahissants. Nous avons donc essayé de trouver le bon dosage, le juste milieu : cʼest une invitation directe, sans peur et sans timidité. Cʼest quelque chose que nous devons travailler chaque fois que nous faisons la pièce, parce que ce nʼest pas ainsi quʼon se comporte habituellement en société. Cʼest une manière dʼêtre qui doit être entraînée. Cela arrive-t-il que certains spectateurs réagissent dʼune manière excessive, qui dépasse les limites que vous vous étiez fixés ? Définiriez-vous la relation au public comme une relation de pouvoir ? Cette pièce propose de vivre une expérience de groupe, mais elle est très construite et ses directions sont claires. Il y a du pouvoir, mais il y a aussi de la dépendance, une invitation, des options. Il est arrivé que certains spectateurs aient fait des choses un peu en dehors des clous. Mais cela reste toujours une question très intéressante pour moi : jusquʼoù ça pourrait aller ? Pour cette pièce, je vois les choses ainsi : le public est invité à une fête dans notre maison. Cʼest donc notre responsabilité dʼêtre des hôtes et de donner le ton. Non lʼinverse. Mais bien sûr, chacun arrive à la fête au moment où il veut. Votre travail questionne lʼoptimisme et le pessimisme, et exprime tout à la fois un manque dʼimaginaire collectif, un déficit utopique et le désir individuel de devenir quelquʼun, de réussir… Cʼest très juste. Je crois que cʼétait au départ un sentiment très personnel : lʼimpression quʼil manque une signification collective, dans une culture capitaliste très morcelée et isolée. Je me suis aperçue que la seule chose qui semble faire sens actuellement, cʼest de construire secrètement son ego. Je me demande donc sʼil y a dʼautres manières dʼêtre ? Je nʼai pas de réponse, mais je pose simplement la question. Il y avait une chose qui était très intéressante pour moi dans cette pièce, Attendance : certaines personnes ont dit avoir ressenti beaucoup de joie pendant la pièce, ce qui était très inattendu pour moi. Dʼhabitude, je pense que cʼest stupide dʼêtre joyeux. Mais en fait, je crois que cʼest quelque chose de courageux et de très difficile. Je pense que cʼest beaucoup plus difficile de creuser cette joie que dʼêtre ironique, malin ou tragique. Dans votre travail, la notion même dʼidentité devient quelque chose de mouvant et dʼinsaisissable, pris dans un perpétuel jeu de métamorphoses. Quelles stratégies utilisez-vous pour brouiller les identités et leur faire perdre de leur stabilité ? Cʼest précisément ce glissement qui mʼintéresse. Ma stratégie est de travailler avec quelque chose qui est familier et identifiable, que lʼon peut facilement reconnaître. Puis, jʼessaie de le modifier de manière subtile et parfois même extrême, afin de provoquer une perte de repères, ce sentiment de “ Je croyais être là, mais maintenant je suis ici”. Qui devrais-je être ? Je cherche à désorienter les perceptions, à les séparer légèrement les unes des autres, mais aussi à les unifier parfois. Je nʼessaie jamais de provoquer un rire, je suis plutôt sérieuse, mais je pense quʼil y a beaucoup dʼhumour à pousser les choses à lʼextrême, à les mener vers lʼabsurde et le ridicule, vers le point dʼoù elles viennent. Des choses en moi que je veux cacher deviennent alors très visibles, ce qui crée un “HA !”, une identification ou un rire. Il y a quelque chose dans cette ouverture qui se produit. Et cʼest là que chacun a lʼopportunité de changer et de glisser vers autre chose. Propos recueillis et traduits par Marion Siéfert pour le Festival dʼAutomne à Paris Faye Driscoll Faye Driscoll, chorégraphe et metteur en scène récompensée par un Bessie Award, développe une oeuvre qui consiste à parcourir de nouvelles formes dʼexpérience théâtrale pour provoquer la sensation, stimuler lʼesprit et les sens. Ses travaux incluent Thank you for Coming: Attendance (2014), Youʼre Me (2012), There is so much mad in me (2010), 837 Venice Boulevard (2008) et Wow, Mom, Wow (2007). 2013 est une année faste pour Faye Driscoll, puisquʼelle reçoit une bourse Guggenheim, un Creative Capital performing arts award, et une bourse de la Foundation for Contemporary Arts. Son travail est également soutenu par la FUSED (French-US Exchange in Dance), dont elle reçoit le soutien en 2014. Elle reçoit un Alumni New Works Award en 2013 du Headlands Center for the Arts, où sa première résidence date de 2011. Elle est nommée la même année membre de la section Danse du Maggie Allesee National Center for Choregraphy, et artiste en résidence au Baryshnikov Arts Center, The 92nd Street Y, et Park Avenue Armory. Elle obtient également une résidence au Performing Garage pour 2014/2015. Au printemps 2015, Faye Driscoll est en tournée à lʼinternational avec Youʼre Me au Théâtre de Vanves en France, grâce au soutien apporté par FUSED. Elle collabore également activement avec des artistes issus du théâtre ou de la performance, comme Young Jean Lee, Cynthia Hopkins, Taylor Mac, Jennifer Miller, et NTUSA. Elle est lʼune des rares chorégraphes à être programmée à lʼexposition “The Generationals Triennal : Younger than Jesus”, au New Museum de New York. Cette exposition réunit 50 artites de 35 pays différents. www.fayedriscoll.com Rencontre au Mona Bismarck American Center le 5 décembre 2015 à 15h : Faye Driscoll Speaks: Thank you for Coming: Attendance « Faye Driscoll est fascinante car elle créé des œuvres tellement originales. Cela ne ressemble à rien de ce que vous avez vu avant, ni à rien de ce que vous auriez pu imaginer ». – The New York Times. À lʼoccasion de sa performance, la chorégraphe Faye Driscoll parlera de Thank you for Coming: Attendance, mais aussi de son processus créatif, de ses inspirations et de ses désirs dʼutopie. Entrée libre sur réservation : [email protected] Mona Bismarck American Center 34 avenue de New York - 75116 Paris. Annie Dorsen Yesterday Tomorrow [6 décembre à 17h, 7 décembre à 20h30, 8 décembre à 19h30] conception et mise en scène, Annie Dorsen direction musicale, Joanna Bailie programmation informatique, Pierre Godard son, Greg Beller conception du système vidéo, Ryan Holsopple lumière, Bruno Pocheron et Ruth Waldeyer production, management, Alexandra Rosenberg avec Hai-Ting Chinn, Nick Hallett et Nathalie Raybould durée : 1h Co-production Holland Festival, Black Box Teater (Oslo), Performance Space 122 (New York), La Villette – Résidences dʼArtistes 2015, Tandem Scène nationale Arras Douai, T2G - Théâtre de Gennevilliers avec le Festival d'Automne à Paris, Le Maillon – Scène européenne (Strasbourg), Théâtre Garonne – Scène européenne (Toulouse). Avec le soutien de Mount Tremper Arts ; Abrons Arts Center ; the New York State Council on the Arts avec le soutien du Governor Andrew Cuomo et the New York State Legislature ; The MAP Fund avec le soutien de the Doris Duke Charitable Foundation et the Andrew W. Mellon Foundation et des services culturels de l'Ambassade de France aux Etats-Unis. Coréalisation T2G − Théâtre de Gennevilliers ; Festival dʼAutomne à Paris // Dans le cadre de New York Express PS122 at T2G et en collaboration avec Performance Space 122 (New York) // Avec le soutien de FACE Contemporary Theater Fund. Avec le soutien de lʼONDA Commençant avec la chanson des Beatles Yesterday, lʼalgorithme, initialement inspiré des algorithmes évolutionnistes qui mettent en œuvre les principes de la théorie de la sélection naturelle de Darwin et de la génétique mendélienne, permet à Annie Dorsen dʼaller de Yesterday à Tomorrow (tirée de la comédie musicale Annie). Ce début et cette fin sont les seules certitudes, les chemins pour aller de lʼun à lʼautre étant volontairement différents chaque soir pour les trois chanteurs et donc pour le public. M.-C.V. © Benito Strangio Entretien avec Annie Dorsen Vous travaillez avec des algorithmes, ce qui est plutôt inhabituel dans le théâtre. Pouvez-vous décrire votre processus de création ? Annie Dorsen : Cela fait un an que jʼai lʼidée de faire une pièce musicale qui partirait de Yesterday des Beatles et se terminerait sur la chanson Tomorrow de la comédie musicale Annie. Jʼai dʼabord travaillé avec un programmateur informatique qui a conçu un premier programme. Nous avions trouvé quelque chose de très intéressant sur le plan musical, mais ses codes ne fonctionnaient pas : nous nʼatteignions jamais Tomorrow ou alors ça allait durer un billion dʼannées. Je me souviens quʼil mʼa dit que le soleil allait avoir le temps de se consumer avant que nous ayons pu arriver à la chanson finale. Puis, jʼai poursuivi les recherches avec une mathématicienne et finalement avec Pierre Godard, un programmateur et artiste français, qui a conçu le système que nous utilisons à présent. À quel moment intervient la création artistique dans une recherche qui sʼapparente dʼabord à de la programmation informatique ? Avec ce genre de pièces, il faut construire une architecture avant de pouvoir travailler lʼesthétique. Il nous faut dʼabord trouver un système capable de produire le matériau du spectacle. Mais une fois quʼon a trouvé lʼarchitecture, les questions dʼesthétique arrivent : quel est lʼintérêt musical ? Comment les périodes de temps de la pièce vont réellement fonctionner ? Comment créer une sorte de structure interne qui fasse que les changements soient perçus de manière surprenante ? Je dis toujours que lʼon élabore un jeu de performances, parce que le vrai spectacle est la somme des millions de représentations possibles que les algorithmes sont capables de produire. Chaque soir, le public va assister à une de ces possibilités. Dans Yesterday Tomorrow, les trois chanteurs occupent une position centrale. Ils réalisent un travail dʼune grande virtuosité : ils doivent non seulement lire la partition en temps réel, sans avoir la possibilité de la connaître au préalable, mais aussi être conscients les uns des autres, afin de mêler leurs voix et trouver des moments où ils peuvent apporter une certaine forme dʼexpressivité. Ils sont dʼune certaine manière encerclés par la partition. Le “théâtre algorithmique” que vous développez est toujours en train dʼinterroger ce quʼest le théâtre. Jʼai lʼimpression quʼavec cette pièce, vous vous attaquez à la question du temps… Oui. Cʼest exactement cela. Cette pièce part de ce quʼon pourrait appeler une expérience personnelle du temps. Dès que lʼon commence à penser à sa vie, on met au point une histoire sur son propre passé et on se représente le futur dʼune certaine manière – même si ces narrations sont continuellement en train de changer. Ainsi, on construit des versions de son existence passée : par exemple, ma vie a changé quand jʼai déménagé dans cette ville, quand jʼai commencé cette nouvelle école ou quand je suis tombée amoureuse, etc. De la même manière, on élabore des visions positives ou négatives du futur. Dʼune certaine façon, le passé et le futur sont à notre portée, parce que ce sont des fictions que lʼon peut comprendre. Le présent au contraire est un chaos total. On nʼa aucune idée de ce qui se passe dans le présent. Cʼest impossible de construire une histoire de sa vie pendant que lʼon est en train de la vivre. On agit, cʼest tout. Cʼest donc la structure de la pièce : un passé et un futur connus et un présent totalement inconnu. Il y avait aussi un point de départ plus personnel : jʼai 40 ans et je commence à penser que je suis arrivée au milieu de ma vie. Jʼai ressenti de manière quasi viscérale quelque chose dont tout le monde mʼavait parlé : lʼimpression que la vie nʼapporte pas de résultat, mais quʼil faut quand même continuer à faire des choses. Je voulais donc trouver une manière de rester intéressée par le futur et de ne pas être oppressée par lʼincertitude. Vous rassemblez deux structures narratives marquées par un optimisme à tout épreuve : le happy end de la comédie musicale et lʼassurance utopique des algorithmes. Vous nʼadoptez pas une attitude moraliste à lʼencontre de ces nouvelles technologies, mais vous mettez le doigt sur les contextes politiques et économiques dans lesquels ces algorithmes sont utilisés et révélez ainsi les idéologies quʼils véhiculent. Ce spectacle sʼattaque à cette idée utopique ou dystopique, liée à la façon dont les technologies vont transformer le monde. Les êtres humains appartiennent à un monde de plus en plus digitalisé, où absolument tout – lʼéconomie, la politique, la climatologie, etc. – est retiré de nos mains et est confié à des machines qui font fonctionner les choses à notre place. Nous percevons combien le monde est en train de changer à une vitesse folle et nous ne parvenons pas vraiment à nous représenter le futur. Est-ce que ce sera une sorte de monde à la Terminator où les robots prendront le pouvoir, ou bien est-ce que les avancées technologiques de la Silicon Valley vont réussir à résoudre tous nos problèmes avec ces nouvelles applications dʼIphone ? Il y a quelques semaines, jʼai fait une conférence sur le théâtre algorithmique et jʼai rencontré des personnes qui travaillent pour les grandes entreprises de hautes technologies. Tous avaient de grandes idées utopiques. Ces hommes très riches, rassemblés dans une salle de réunion en Californie, pensaient de manière très naïve et assez effrayante que le travail quʼils accomplissaient pouvait résoudre la question du changement climatique, révolutionner lʼéconomie, éradiquer la pauvreté. Jʼétais frappée par le fait que ces ingénieurs étaient très optimistes en ce qui concerne le futur, contrairement à la plupart des artistes et des philosophes que je connais. La majorité de la théorie contemporaine nous explique de plus en plus précisément comment le monde actuel est vicié et foutu. Cette question dʼoptimisme et de pessimisme mʼa frappée : qui a du pouvoir ? Qui nʼen a pas ? Qui se considère comme quelquʼun qui peut exercer une influence sur le futur ? Qui a au contraire lʼimpression de le subir ? Est-ce que cette pièce est aussi une pièce sur la musique expérimentale et sur lʼécoute dʼune musique à laquelle on nʼest pas familier ? Oui. Tout à fait. Cʼest une pièce processuelle et les sentiments que lʼon peut ressentir à son égard changent constamment en fonction de lʼendroit du processus dans lequel on se trouve. Les chanteurs ont une très grande connaissance de la musique contemporaine. Ils adorent la section centrale car cʼest difficile et excitant à chanter et parce quʼils perçoivent des distinctions très fines. Jʼaime penser que des mélodies très simples, comme Yesterday et Tomorrow, contiennent en elles les possibilités pour toutes ces expérimentations musicales. On part de mélodies très connues, avec lesquelles on se sent en sécurité et quʼon a lʼimpression de pouvoir contrôler, puis on traverse un chaos. La pièce est construite de manière très métaphorique : partir de Yesterday, traverser une sorte de présent confus pour arriver à un happy end avec Tomorrow. Mais dans le temps réel de la performance, tout se passe au présent. Jʼespère que cette collision entre ces deux cadres temporels (un fictionnel et un autre réel) sera perceptible. En vous écoutant, jʼai le sentiment que cette pièce sʼinscrit dans la tradition de la musique sérielle, où tous les paramètres de la musique (rythme, timbre, durée etc.) sont régis par des principes mathématiques. Est-ce que vous pensez que les algorithmes peuvent ouvrir de nouveaux horizons à la composition musicale ? Je crois que oui. En termes de stratégies de composition musicale, cette pièce se situe bien dans le sillage que vous avez décrit. Mais je pense quʼaucun compositeur nʼaurait pu avoir une telle idée, car cʼest une idée théâtrale. La pièce a une qualité métaphorique. Il y a une sorte de paradoxe ontologique au théâtre, qui nʼexiste pas dans dʼautres formes artistiques : les actions sur scène font toujours référence à dʼautres actions dans dʼautres lieux. Les métaphores sont la part ultime du théâtre, celle quʼon ne peut pas lui enlever. Ce nʼest également pas une pièce quʼun ingénieur aurait pu faire car toutes mes pièces sont extrêmement simples en terme de programmation informatique – jʼopte pour des programmes simples, parce que je veux que la logique puisse être comprise par des personnes qui nʼont aucune expérience dans le domaine des sciences informatiques. Mais une chose est sûre : je suis très intéressée par la relation entre expression et structure. Jʼutilise ces principes mathématiques, mais toujours avec lʼintention de penser différemment lʼexpérience humaine, le langage, les relations … Votre approche théâtrale est philosophique : dans Hello Hi There, vous vous demandiez si le langage était le propre de lʼêtre humain et fondait lʼexistence dʼune nature humaine ; dans A Piece of Work, vous vous attaquiez à Hamlet, la pièce de théâtre qui est considérée comme la grande métaphore de la condition humaine. Comment poursuivez-vous cette réflexion dans cette pièce ? Jʼessaie de trouver une construction, une structure dans laquelle les questions sont déjà contenues. Je crois que la relation que Yesterday Tomorrow établit avec le temps constitue le sujet de la pièce. Quand on commence à penser au passé, au présent et au futur, on commence à penser à des modèles : Quelle est notre conception du temps ? Est-il linéaire, circulaire ? Que pouvons-nous dire sur le présent ? Est-il un instant ou bien a-t-il une durée ? Quel rapport le présent entretient avec les histoires que nous construisons sur nous-mêmes et les projections que nous faisons de lʼavenir ? Jʼai voulu approcher le futur sans aucune forme de pensée utopique ou dystopique, sans nostalgie ou désespoir, mais aussi sans naïveté. Je crois que le désespoir est une question très politique. Je vois beaucoup de désespoir autour de moi. De manière générale, la gauche aux Etats-Unis et la communauté artistique ont une idée très étroite de lʼoptimisme, qui sʼest restreint à la réussite personnelle. On a perdu la notion dʼun centre dʼoptimisme plus large, qui pourrait donner de lʼénergie aux gens et les faire travailler ensemble afin de changer des choses, dʼavoir un impact sur le monde. En 2006, vous avez travaillé pour une comédie musicale, Passing Strange. Avez-vous pensé à cette expérience quand vous avez fait la pièce ? Je nʼy ai pas pensé une seule seconde. Jʼai plutôt pensé Hello Hi There, A Piece of Work et Yesterday Tomorrow comme une sorte de trilogie. Sur un plan personnel, Hello Hi There a surgi à la fin dʼune relation amoureuse, jʼavais le cœur brisé et jʼétais nihiliste. Je me disais : à quoi ça sert de vouloir communiquer avec quelquʼun dʼautre puisquʼon ne sait jamais ce que la personne nous dit vraiment ? Jʼai fait A Piece of Work alors que ma mère était en train de mourir et après sa mort. Ça parlait vraiment de lʼabsence et du manque. Avec Yesterday Tomorrow, je pense que cʼest dʼune certaine façon la pièce du retour à la vie. Mais cela reste une question : comment revienton à la vie ? Quʼest-ce que ça veut dire au juste ? Avoir de lʼespoir ? Peut-on sʼengager dans lʼavenir sans espoir ? Ce sont mes questions. Je crois que ces expériences personnelles se situent en-deçà de lʼexpérience du public. Ces pièces nʼont aucune vocation à être biographiques. Mais cette part émotionnelle est quand même là. Donc, je nʼai jamais pensé à Passing Strange. En même temps, jʼimagine quʼà New York, tout le monde va dire quʼAnnie Dorsen essaie de tuer son passé lié à la comédie musicale. Peut-être. Avec Hello Hi There, jʼai voulu tuer le langage ; avec A Piece of Work, jʼai voulu tuer Hamlet ; et peut-être quʼavec cette nouvelle pièce, je vais tuer la comédie musicale. Propos recueillis par Marion Siéfert pour le Festival dʼAutomne à Paris Annie Dorsen Annie Dorsen est engagée dans des disciplines variées, incluant théâtre, cinéma, danse, et depuis 2010, performance digitale. Plus récemment, A Piece of Work a été programmé en avant-première à Seattle, puis à Oslo, à Bergen et à Vienne. Elle est co-créatrice de la comédie musicale Passing Strange présentée à Broadway en 2008, quʼelle met aussi en scène. Spike Lee a depuis réalisé un film à partir de cette version de lʼoeuvre. Le film a été programmé en avant-première à Sundance en 2009 puis projeté aux festivals South by Southwest et à celui de Tribeca. Le film est sorti en 2010 sur la chaîne de télévision indépendante IFC avant dʼêtre diffusé sur PBS Great Performances. Elle crée en 2009 deux pièces musicales et théâtrales, Ask Your Mama, une adaptation du poème de Langston Hugues écrit en 1962, orchestré par Laura Karpman et chanté par Jessye Norman and The Roots au Carnegie Hall ; et ETHELʼs Truckstop, présenté au Next Wave Festival de la Brooklyn Academy of Music. En 2010, elle collabore avec la chorégraphe Anne Juren à la création de Magical, sʼen suit une tournée internationale qui passe par Paris, Hambourg, Helsinki, et Vienne entre autres. Son court-métrage I Miss, a également été projeté dans de nombreux festivals. Annie Dorsen enseigne au Bard College, à la New York University et à Fordham University ; elle est elle-même diplômée de la Yale School of Drama. en tournée 2 – 4 novembre 16 - 17 novembre 27 - 29 novembre Maillon, Scène européenne de Strasbourg Tandem, Scène nationale Arras Douai Théâtre Garonne, Scène européenne de Toulouse Infos pratiques T2G - Théâtre de Gennevilliers Fondateur Bernard Sobel Direction Pascal Rambert 41 avenue des Grésillons 92230 Gennevilliers Standard + 33 [0]1 41 32 26 10 www.theatre2gennevilliers.com Réservation sur place ou par téléphone au +33 [0]1 41 32 26 26 du mardi au samedi de 13h à 19h télépaiement par carte bancaire Vente en ligne sur : www.theatre2gennevilliers.com Revendeurs habituels : Fnac — Carrefour 0 892 683 622 (0,34 euros/min), fnac.com, Theatreonline.com, 0 820 811 111 (prix dʼune communication locale), Starter Plus, Billetreduc, Ticketac, Crous et billetteries des Universités Paris III, VII, VIII, X, Ticket Théâtre(s) Accessibilité Salles accessibles aux personnes à mobilité réduite. Navettes retour vers Paris Certains soirs, après la représentation, une navette gratuite vous raccompagne vers Paris. Arrêts desservis : Place de Clichy, Saint-Lazare, Opéra, Châtelet et République. Accès Métro Ligne [13 ] direction Asnières-Gennevilliers, Station Gabriel Péri [à 15 mn de Place de Clichy] Sortie [1] puis suivre les flèches rayées rouges et blanches de Daniel Buren Accès Bus Ligne [54] direction Gabriel Péri ; arrêt Place Voltaire Accès voiture - Depuis Paris - Porte de Clichy : Direction Clichy-centre. Tourner immédiatement à gauche après le Pont de Clichy, direction Asnières-centre, puis la première à droite, direction Place Voltaire puis encore la première à droite, avenue des Grésillons. - Depuis lʼA 86, sortie n° 5 direction Asnières / Gennevilliers-centre / Gennevilliers le Luth. Parking payant gardé à proximité. Le Restaurant Au sein du T2G, ouvert avant et après le spectacle. Le Théâtre de Gennevilliers est subventionné par le ministère de la Culture et de la Communication, la Ville de Gennevilliers et le Département des Hauts-de-Seine.
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