Livret du disque

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Livret du disque
Jonathan HARVEY Francisco GUERRERO Gérard PESSON Brice PAUSET
RÉCITAL 1
Accroche note
L’empreinte digitale 7 bd des Mûriers 130015 Marseille France
Catherine Peilllon + 33(0)6 0818 6998 - [email protected] -http://e.digitale.free.fr
distribution internationale : abeille musique - http://www.abeillemusique.com
L’idée de cette collection « Récital » est de restituer des moments exceptionnels
enregistrés au fil du temps par les solistes d’accroche note. De grandes œuvres
de musique de chambre écrites ces dernières années pour l’ensemble côtoieront
au fil des “numéros” quelques références qui ont enrichi un répertoire de découverte et de création. Le disque devient un endroit de mémoire, un réservoir d’avenir et un moment de partage.
The « Recital » collection aims at reading out exceptional moments recorded live.
Issue after issue, big chamber music works recently written for Accroche Note ensemble will appear together with some pieces that enriched a repertoire full of
discovery and creation. The record becomes a place of memory, a reservoir for
the future and a time of share.
Récital 1
Jonathan HARVEY 1939 (GB) - Francisco GUERRERO (1951-1997) (Espagne) Gérard PESSON 1958 (France) - Brice PAUSET 1965 (France)
Ensemble Accroche Note
Françoise Kubler, soprano - Armand Angster, clarinette/clarinette-contrebasse
Marie-Pierre Vendôme, violon - Paul Collin, alto - Christophe Beau, violoncelle
Jean-Marie Angster, guitare - Michèle Renoul, piano
Jonathan HARVEY (GB) Chu (2002)
pour soprano, clarinette, violoncelle
Francisco GUERRERO (Espagne) Erotica (1978)
pour voix et guitare
Gérard PESSON (France) Cassation (2003)
pour clarinette, trio à cordes et piano
Brice PAUSET (France) Eleusis (1997)
pour soprano, clarinette, piano
Jonathan Harvey © Thierry Martinot
11’08
5’07
19’20
16’14
Francisco Guerrero © Zerboni
Direction artistique : Armand Angster (3 – 4), Jonathan Harvey (1), Gérard Pesson (2)
Enregistrement : Chu le 3 avril 2004 à la Filature, scène nationale de Mulhouse par Jean-François
Felter. Cassation le 18 mars 2006 à l’Auditorium de Caen par Julien Rigaud durant le festival Aspect des Musiques d’Aujourd’hui. Erotica le 22 septembre 1999 lors du festival Musica par Julien
Rigaud. Eleusis le 8 mai 2003 au MAMCS (Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg)
par Julien Rigaud. Mastering : Antony Bedez, studio Christal - Éditeurs : Faber (1), Lemoine (2 et
4), Zerboni (3). Artwork : Jules Geai.
Production : Accroche Note - www.accrochenote.com. Collection dirigée par Catherine Peillon.
Gérard Pesson © Thierry Martinot
Brice Pauset © Thierry Martinot
Jonathan Harvey (1939)
Jonathan Harvey (1939)
Chu (2002)
Chu (2002)
pour soprano, clarinette et violoncelle
Commande Accroche Note, du Festival Musica et du Ministère de la Culture et de
la Communication
Créée le 21 septembre 2002 au festival Musica de Strasbourg par Accroche Note
– Françoise Kubler, soprano, Armand Angster, clarinette, Christophe Beau, violoncelle
Textes de « Praise in Twenty-one Hommages to tara » (traditionnel tibétain) et Soname Yangchen
for soprano, clarinet and cello
Commission from Accroche Note, Festival Musica and the french Ministry of Culture
and Communication
Chu est un hommage aux Tibétains, courageux et pacifistes, qui souffrent de l’oppression subie par leur pays et du viol de leur culture : un mémorial aux deux millions d’hommes qui sont morts. J’ai mis en musique une partie de la prière
traditionnelle (vingt-et-un hommages en l’honneur de Tara) et, pour la coda, un
bref poème de Soname Yangchen, la chanteuse qui s’échappa du Tibet, lors d’un
voyage risqué, la nuit, par les montagnes.
La soprano chante en tibétain : la clarinette et le violoncelle s’étendent vers les
registres graves jusqu’à utiliser une clarinette contrebasse, et à désaccorder la
corde la plus grave du violoncelle, en la descendant au sol grave. Cette série de
sons graves correspond à l’aspect « courroucé » de la belle figure vénérée de Tara.
Dans sa danse, la protectrice de son peuple frappe, en colère, les forces destructrices de l’univers. Le poème de Soname Yangchen utilise l’image de l’oiseau (Chu)
pour articuler son désir de liberté. Je la remercie profondément d’avoir accepté
que j’emploie son texte, ainsi que pour son aide quant à la prononciation de la
langue tibétaine.
Jonathan Harvey, traduit de l’anglais
Jonathan Harvey est né en 1939 en Angleterre. Son goût pour les riches harmonies
tournoyantes, l’admiration pour Olivier Messiaen et la proximité avec les compositeurs spectraux tels Murail ou Grisey lui assurent une grande reconnaissance en
France. Mais c'est avant tout Stockhausen qui a fécondé toute sa pensée musicale.
Dans l’étude qu’il lui a consacré, Harvey rend hommage au pionnier allemand qui
a insufflé dans la musique électronique cette "vie intérieure" présente dans le
Mortuos Plango d’Harvey. L'influence des écrits religieux et mystiques féconde
son inspiration : les textes bouddhistes (White as Jasmin), la Bible (Madonna of
Winter and Spring, Death of Light). Jonathan Harvey a été joué par les meilleurs
ensembles et reçu de nombreuses distinctions, dont le Britten Award en 1993.
Chu is a homage to the courageous and peaceful spirit of those Tibetan people
who are suffering the oppression of their country and rape of their culture : and
a memorial to the two million who died. Part of the traditional Praise in Twentyone Homages to Tara is set, and as coda, a brief poem by Soname Yangchen, the
singer who escaped from Tibet in a hazardous journey at night time over the mountains.
The soprano sings in Tibetan : a clarinet and cello are extended into the bass region
by firstly a contrabass clarinet and secondly the detuned lower strings of the cello,
tuned to low Gs. The rough low sounds correspond to the 'wrathful' aspect of this
beloved and beautiful figure of Tara, in which she stamps in her dance on the destructive forces of the universe, as protector of her people.
Soname Yangchen's poem takes the image of a bird (chu) to articulate an aspiration towards freedom.
I am extremely grateful to her for permission to use her text and for her
help with Tibetan pronunciation.
Jonathan Harvey
Jonathan Harvey was born in England in 1939. His taste for rich twirling harmonies, his admiration of Olivier Messiaen and his friendship with eminent composers
such as Murail or Grisey enabled him to be greatly esteemed in France. But before
all, Stockhausen is the one who impregnated the whole of his musical thought.
In his study on him, Harvey gives honour to the German composer who inspired
electronic music with the “inner life” present in Harveys’s Mortuos Plango. The
influence of religious and mystic texts impregnates his inspiration : Buddhist texts
(White as Jasmin), the Bible (Madonna of Winter and Spring, Death of Light). Jonathan Harvey’s works have been preformed by the best ensembles and he received many prizes among which the Britten Award in 1993.
Gérard Pesson (1958)
Gérard Pesson (1958)
Cassation (2003)
pour clarinette, trio à cordes et piano
Commande de l’Etat et de l’ensemble Accroche Note
Créée le 10 octobre 2003 au Festival Musica de Strasbourg par l’ensemble Accroche
Note
Cassation (2003)
“Peut-on apprendre à être nu ? il faut du matériel”, Dominique Fourcade
Le terme « cassation » n’a guère été utilisé en musique qu’au XVIIIe siècle dans le
sens assez vague de divertimento. Son étymologie est très controversée. La cassation est souvent donnée comme sérénade des adieux ou morceau qui devait
achever un moment de musique – venant en cela peut-être du mot italien cassazione. Mais on le fait dériver aussi de l’expression allemande gassatim gehen,
avec un sens de promenade nocturne et amoureuse (du mot Gasse : chemin, voie,
ruelle).
Le mot et le genre qui en découlent combinent ainsi la dédicace, la notion d’envoi (aspect sérénade), mais aussi l’idée de promenade nocturne, de surprise offerte aux complices du moment ou de la solennité.
Dans Cassation, un équipement pour la nudité – un « nécessaire à la sérénade »
- équivaut à l’attirail pour s’adapter à la pénombre. Les musiciens du trio jouent
le plus souvent quasi chitarra (avec ou sans plectre), ne prenant l’archet (le plus
souvent con legno) que pour les dernières minutes de la musique. Le piano semble
en travaux (bien que la musique continue). La clarinette, elle, fait souvent ce geste
de réparation, chassant par un souffle blanc les impuretés qui pourraient compromettre le chant. Même si le chant, très embusqué, tarde en effet à venir.
Traversée haptique, où l’avancée se fait plus souvent à tâtons. Dans cette Sérénade-toccata où la vérification par le toucher est simultanée au lancer, j’ai voulu
évoquer à nouveau la vivacité tactile comme art suprême de la perception telle
que Diderot le décrivait chez Mélanie de Salignac (la plus belle « aveugle des Lumières ») dans son Addition à la Lettre aux aveugles. Un braille auditif, non surtitré.
Le geste instrumental, prenant appui sur ses propres vides, reconstruit une énergie
For clarinet, string trio and piano.
Commission from the State and Ensemble Accroche Note.
Created on October 10, 2003 at Strasburg Festival Musica, by Ensemble Accroche
Note.
“Can one learn to be naked? One needs material”. (Dominique Foucade)
The word “cassation” has not been much used in music but in the XVIIIth century,
and it barely meant divertimento. Its etymology is much debated. The cassation
is often played as a farewell serenade or as a piece that was supposed to put an
end to a music time – and for that reason, it might come from the Italian Cassazione. But some also believe that it comes from the German words gassatim gehen
with the meaning of nightly love walk (from the word gasse : path, way, lane).
The word and the style that it brings thus combine the dedication and the idea of
envoy (the serenade side), and also the idea of a night walk, of a surprise offered
to the accomplices of the moment or of the solemnity.
In Cassation, an equipment for nudity – a “kit for serenade” – amounts to the outfits that one needs to get used to half light. The trio musicians most often play
quasi chitarra (with or without plectrum), using the bow (most usually con legno)
only for the last minutes of music. The piano seems to be under repair (though
the music is going on). The clarinet often makes this repair gesture, blowing away
the impurities that might taint the song. Even if the song, very hidden, comes lately.
A haptic crossing in which one mainly gropes about. In this Toccata-serenade in
which checking by touching is simultaneous with throwing, I wanted to evoke again
tactile promptness as the supreme art of perception described by Diderot talking
about Melanie de Salignac (the prettiest “Blind lady of the Age of Enlightenment”)
in his Addition à la Lettre aux aveugles. An audio Braille without over titles.
The instrumental gesture resting on its own vacuum rebuilds energy while looking
for its own balance in speed or in the print of a sound revoked by this very gesture.
What Simon Hantaï called qualifying mutilation, borrowing the notion from
Georges Dumézil who mentioned one-eyed or one-armed heroes and rites perfor-
en cherchant son propre équilibre par la vitesse, ou dans l’empreinte d’un son révoqué par le geste même. Ce que Simon Hantaï a appelé la mutilation qualifiante,
empruntant la notion à Georges Dumézil qui a parlé de héros borgnes ou manchots et de rites effectués à « main voilées » (cf. L’Etoilement, G. Didi-Huberman).
Cependant, cette course haletante doit garder, par-delà le saut d’obstacles, le caractère de son genre d’origine, le divertimento, même s’il confine ici, souvent furiosi, à la sérénade-poursuite, par griffures, itérations, effacements, retournement
du geste qui va chercher la conséquence en son envers.
Pas ici de réminiscence, mais ce qu’on pourrait appeler le référent au radoub (un
premier titre de l’œuvre était Wrack – « épave » en allemand).
Il se trouve que certains éléments du matériau de Cassation croisent le beau
thème-accord écrit par Wagner à l’époque de Tristan puis retouché à Palerme
trente ans plus tard. C’est un fragment de quelques mesures appelé parfois à tort
thème Porazzi. Ce serait la dernière musique notée par lui, sérénade immobile offerte à Cosima pendant l’hiver 82 (et utilisée par Visconti en Abgesang funèbre à
son film Ludwig).
Arracher à l’éternité muette des images musicales primitives. C’est là qu’Adorno
voyait la véritable intention du « progrès » en musique. Disons son effort tangentiel.
med with “veiled hands” (cf. L’Etoilement, G. Didi-Huberman). Though, this panting
run must keep, beyond hurdling, the nature of its original style i.e. divertimento,
even if it -often furiosi- abuts on a pursuit serenade by scratches, iterations, fading,
turning of the gesture that goes searching the consequence in its reverse.
No reminiscence here, but what one could call a reference to dry deck (One of the
first titles of the work was Wrack –“wreck” in German).
It happens that some elements of Cassation material cross the beautiful chordtheme written by Wagner at the time of Tristan and improved in Palermo thirty
years later. It is a snatch of a few bars sometimes wrongly called Porazzi theme.
It is said to be the last music he wrote, a motionless serenade offered to Cossima
in the winter of 82 (and used by Visconti as a funeral Abgesang to his film Ludwig).
To uproot primitive music pictures from mute eternity. There Adorno saw the real
intention of “progress” in music. Let us call it its tangential effort.
Gérard Pesson
Gérard Pesson
Né à Torteron (Cher) en 1958, Gérard Pesson suit des études de lettres et de musicologie à la Sorbonne, puis entre au CNSMD de Paris dans les classes d'orchestration, d'analyse et de composition. De 1985 à 1990, il est producteur à France
Musiques. Il fonde la revue Entretemps, qu'il dirige de 1986 à 1991. Il est ensuite,
pour deux ans, pensionnaire à la Villa Médicis. Les compositions de Gérard Pesson
ont reçu à plusieurs reprises des distinctions. La version scénique de son opéra de
chambre Beau Soir, sur un livret de Martin Kaltenecker est créée à Musica en 1990.
Ses œuvres sont interprétées par de nombreuses formations : Alter Ego, 2e2m,
Ensemble Fa, Ensemble Erwartung, Ensemble Intercontemporain, Ensemble Modern, Ensemble Ictus, Ensemble Itinéraire, Orchestre national d'Ile-de-France, Orchestre Philharmonique de Radio France… Depuis 1995, Gérard Pesson dirige le
Conservatoire de Vitry-sur-Seine.
Gerard Pesson was born in Toreton (Cher) in 1958. He completed arts and music
studies at la Sorbonne and entered Paris CNSMD, attending the scoring, analysis
and composition classes. From 1985 until 1990, he was a producer at France Musiques. He founded the journal Entretemps that he directed from 1896 until 1991.
Then, he was a pensioner at Villa Medicis for two years. Gerard Pesson’s compositions have often been awarded. The stage version of his chamber opera “Beau
Soir” after a libretto by Martin Kaltenecker was created at Musica in 1990. His
works have been performed by many ensembles : Alter Ego, 2e2m, Ensemble Fa,
Ensemble Erwartung, Ensemble Intercontemporain, Ensemble Modern, Ensemble
Ictus, Ensemble Itinéraire, Orchestre national d'Ile-de-France, Orchestre Philharmonique de Radio France… Since 1995, he has been directing the Vitry-sur-Seine
conservatoire.
Francisco Guerrero (1951 - 1997)
Francisco Guerrero (1951 - 1997)
Erotica (1978 - 1981)
pour soprano et guitare
Textes de Ben Quzman - Commande de l’Etat et de l’ensemble Accroche Note
Erotica (1978 - 1981)
Composé en 1978 à la demande de la chanteuse espagnole Anna Ricci, Erotica a
longtemps attendu sa création (qui eut lieu au Festival d’Almeida en 1986), en
raison de l’extrême difficulté de la pièce.
La trame très mobile créée par les fioritures vocales (qui rappellent le style ornemental du cante jondo) traduit de manière viscérale les replis du sentiment amoureux. Les vers d’amour de Ben Quzman, poète andalou du XIIe siècle et auteur
d’un important canzoniere en langue arabe, inspirent un soliloque susurré et trépidant. La guitare entre seulement dans un deuxième temps et son traitement
est exclusivement monodique (un rappel inconscient du luth arabe ?). Dès le
début, l’instrument affirme son identité spéculaire par rapport à la voix, en exposant en arrière-plan quelques brefs segments. Et quand finalement la voix s’enfonce dans le registre grave jusqu’à disparaître dans ses replis les plus intimes, la
guitare, attaquant une cadence ascendante, nous fait comprendre qu’Erotica est
également un chant vers le haut, vers la perfection. Paradoxe d’érotisme et de
mysticisme dont est seule capable la nature espagnole.
Stefano Russomanno
Né à Linares (Andalousie) en 1951, Francisco Guerrero débute ses études musicales
avec son père à l'âge de six ans, puis à Palma de Majorque, à Grenade avec Juan
Alfonso Garcia, et à Madrid, se consacrant surtout à l'orgue et à la composition.
En 1969, il crée un laboratoire de musique électronique au sein de la Radio de
Grenade. Il reçoit en 1970, le prix Manuel de Falla pour son oeuvre Facturas.
Concises, mais d'une extrême difficulté d'exécution à cause de leur complexité
rythmique et du goût du compositeur pour les polyphonies très élaborées, ses
compositions témoignent d'une pensée musicale sans concession. On l'a parfois
qualifié de «Xenakis espagnol» mais on retrouve aussi dans son travail une figure
telle que celle de Varèse. Il est le premier à avoir exploité en musique la théorie
des fractales, à partir de Nur, grande page chorale jamais créée. Son brutal décès,
en octobre 1997, laisse en chantier un opéra, son premier, basé sur la légende de
la Papesse Jeanne.
For soprano and guitar
Texts by Ben Quzman
Commision from the French State and Ensemble Accroche Note
Composed in 1978 at the Spanish singer Anna Ricci’s request, Erotica has long
been waiting for its creation, owing to its extreme difficulty..
The very movable texture created by vocal ornaments (that recall the ornamental
style of cante jondo) translates the innermost recesses of love. Ben Quzman’s love
verses (he was an Andalusian poet of the XIIth century and the author of an impressing canzoniere in Arab) inspire a murmured vibrating soliloquy. The guitar
only comes in a second time and its treatment is solely monodic (an unconscious
recall of the Arab lute?). From the very beginning, the instrument makes its specular identity felt away from voice, exposing a few segments in the background.
And when the voice finally goes deep into the low tone until it disappears in its
most intimate folds, the guitar attacking an ascending rhythm makes us understand that Erotica is also a chant towards high, towards perfection. A paradox of
both eroticism and mysticism that only Spanish nature can reach.
Stefano Russomanno
Born in Linares (Andalusia) in 1951, Francisco Guerrero started learning music with
his father at the age of six, then in Palma de Majorque and Granada with Juan Alfonso Garcia, and in Madrid, bending especially to organ and composition. In 1969,
he created an electronic music laboratory at Radio Granada. In 1970, he won the
Manuel de Falla prize for his work Facturas. Terse but very difficult to perform because of their rhythmic complexity and the composer’s liking for very studied polyphonies, his compositions bear witness to an unyielding musical thought. He
was sometimes called “the Spanish Xenakis”, but one can also find such a great
character as Varese in his work. He was the first to use the fractal theory in music
with Nur, a great choral page that was never created. His sudden death in October
1997 left an unfinished opera, his first one, after the legend of Pope Joan.
Brice Pauset (1965)
Brice Pauset (1965)
Eleusis (1997)
Eleusis (1997)
For soprano, clarinet and piano
Commission of Dresde Festival
Text by Hegel, «Eleusis», to Hölderlin
Dedicated to Peter Szendy
pour soprano, clarinette et piano
Commande du Festival de Dresde.
Texte de Hegel, «Eleusis», à Hölderlin
Dédicace à Peter Szendy
Créée le 20 septembre 1997 au Festival Musica de Strasbourg par l’ensemble Accroche-note : Françoise Kubler, soprano ; Armand Angster, clarinette ; Michèle Renoul, piano (avant-première) et le 3 octobre 1997 au Festival de Dresde (mêmes
interprètes).
A l’image de la contrafacture médiévale, cette œuvre s’ouvre à de multiples résonances : la présence de Hegel, auteur du texte, ici traité sous forme de fragments
subjectivement sélectionnés ; celle de Hölderlin, dédicataire du texte hégélien.
Par ailleurs, l’ombre schubertienne irrigue, au-delà de la nomenclature de la pièce,
les nombreuses allusions figurelles, notamment liées au discours pianistique, lequel requiert probablement un instrument plus proche des pianoforte des premières années du XIXème siècle, riches d’infinies couleurs, que des solides mais
froids pianos actuels.
Si la pièce devait avoir un thème, ce serait celui de l’écho, ce «Widerhall» commun
aux textes de Hegel et Wilhelm Müller (avec le concours hypothétique de Helmina
von Chézy). L’écho, la reprise, le souvenir, la résonance, et surtout la citation sont
d’ailleurs utiles dans les périodes d’ignorance ou de croyances obscurantistes.
This work was created on September 20, 1997, at Festival Musica in Strasburg by
Accroche Note ensemble : Françoise Kubler, soprano ; Armand Angster, clarinet ;
Michèle Renoul, piano(avant première) and on October 3 1997 at Dresde Festival
(same performers).
In the image of the mediaeval contrafacture, this work is opened to many resonances: The presence of Hegel, the author of the text, under the form of subjectively selected extracts; this of Hölderlin, dedicatee of the Hegelian text. Besides,
the shadow of Schubert feeds the numerous allusions beyond the work nomenclature, especially those linked with the pianistic speech that probably needs an
instrument closer to the pianoforte of the first years of the XIXth century, rich with
infinite colours, than to the strong but cold pianos of today. Should the piece have
a theme, it would be echo, this “Widerhall” common to Hegel’s and Wilhem Müller’s writings (with the assumed help of Helmina von Chézy). Echo, revival, memory, sound and above all quotation are useful in times of darkness or
obscurantism.
Brice Pauset
Brice Pauset
Né à Besançon en 1965, Brice Pauset étudie le piano, le violon et le clavecin avant
d’aborder l’écriture et la composition. En 1994, il est boursier de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour la Vocation puis stagiaire à l’Ircam de 1994 à 1996.
Elève de Michel Philippot, Gérard Grisey et Alain Bancquart à Paris, il se consacre
depuis entièrement à sa carrière de compositeur, ainsi qu’à l’interprétation de ses
propres oeuvres et du répertoire ancien, au clavecin, au pianoforte et occasionnellement au piano moderne. Il collabore régulièrement en France avec l’Ircam,
le Festival d’Automne à Paris ou l’ensemble Accroche Note, en Belgique avec le
Brice Pauset was born in Besançon in 1965. He studied piano, violin and harpsichord before learning writing and composition. In 1994, he was holder of a bursary
of Marcel Bleustein-Blanchet Foundation for Vocation, then a trainee at IRCAM
from 1994 until 1996. He worked with Michel Philippot, Gérard Grisey and Alain
Bancquart in Paris. Since then, he devotes himself to his career as a composer, as
well as to the performing of his works on the harpsichord, the pianoforte and sometimes on the modern piano. He cooperates in France with Ircam, Festival d’Automne in Paris or Accroche Note ensemble, in Belgium with Festival Ars Musica,
in Austria with Klangforum-Wien, and in Germany with Radio SWR in Baden-
Festival Ars Musica, en Autriche avec le Klangforum-Wien, et en Allemagne avec
les radios SWR de Baden-Baden, WDR de Cologne, la biennale de Berlin et l’ensemble Recherche de Freiburg im Breisgau. Ses oeuvres requièrent quelquefois
des interprètes inattendus dans le domaine de la musique contemporaine : Vanités
a été créée par Gérard Lesne et Il Seminario Musicale à Royaumont, et une Kontra-Sonate sur la Sonate op. 42 (D 845) de Franz Schubert a été donnée par Andreas
Staier en juin 2001, à Hagen, Paris… En septembre 2001, Brice Pauset a enseigné
la composition à l’Abbaye de Royaumont. En collaboration avec Isabel Mundry, il
prépare actuellement un opéra commandé par le Théâtre National de Mannheim
(scénographie de Reinhild Hoffmann).
Baden, Radio WDR in Köln, Berlin Biennial and Freiburg im Breisgau Research ensemble. His works sometimes require unexpected interpreters in the contemporary
music field. : Vanités was created by Gérard Lesne and Il Seminario Musicale at
Royaumont Abbey, and a Kontra-Sonate on Sonate op. 42 (D 845) by Franz Schubert
has been performed by Andreas Staier in June 2001, in Hagen, in Paris… In September 2001, Brice Pauset has taught composition at Royaumont Abbey. Together
with Isabel Mundry, he is now preparing an opera commissioned by Mannheim
National theatre (scenography by Reinhild Hoffmann).
ELEUSIS (An Hölderlin)
ELEUSIS (An Hölderlin)
Um mich, in mir wohnt Ruhe, - der geschäft’gen Menschen
Nie müde Sorge schläft, sie geben Freiheit…
… Der freien Warheit nur zu leben, Frieden mit der Satzung,
die Meinung und Empfindung regelt, nie, nie einzugehn.
Nun unterhandelt mit der trägern Wirklichkeit der Wunsch,
Der über Berge, Flüsse leicht mich zu dir trug…
Um mich, in mir wohnt Ruhe, - der geschäft’gen Menschen
Nie müde Sorge schläft, sie geben Freiheit…
… Der freien Warheit nur zu leben, Frieden mit der Satzung,
die Meinung und Empfindung regelt, nie, nie einzugehn.
Nun unterhandelt mit der trägern Wirklichkeit der Wunsch,
Der über Berge, Flüsse leicht mich zu dir trug…
… aller Hoffnungen…
… Was mein ich nannte, schwindet…
… vor dem Unendlichen…
… hohe Schatten…
… der Glanz…
… Die Schauer deiner Nähe…
… Doch deine Hallen sind verstummt, o Göttin !
… aller Hoffnungen…
… Was mein ich nannte, schwindet…
… vor dem Unendlichen…
… hohe Schatten…
… der Glanz…
… Die Schauer deiner Nähe…
… Doch deine Hallen sind verstummt, o Göttin !
Hegel
Hegel
Accroche note
Ensemble de solistes formé autour de Françoise Kubler (soprano) et Armand Angster (clarinettiste), Accroche Note investit de manière multiple le répertoire des
musiques d'aujourd'hui.
Chaque programme décide de la personnalité et du nombre de musiciens qui
constituent l'ensemble. La souplesse de son effectif - du solo à l'ensemble de
chambre - lui permet d'aborder en différents projets les pages historiques, la littérature instrumentale et vocale du XXème siècle, mais aussi l'improvisation au
travers du jazz et des musiques improvisées.
Depuis plusieurs années, l'ensemble développe une politique de commandes et
travaille en étroite collaboration avec les compositeurs. Parmi les créations récentes d'Accroche Note figurent notamment des oeuvres de Wolfgang Rihm, Ivan
Fedele, Ahmed Essyad, François-Bernard Mâche, Betsy Jolas.
L’ensemble est régulièrement invité dans de nombreuses saisons musicales nationales, ainsi que dans les grands rendez-vous internationaux de musique contemporaine, à Musica Strasbourg, Présences Radio France, Stockholm New Music
Festival, Traiettorie à Parme, à Tokyo au Japon, au festival Slowind à Ljubljana (Slovénie), aux universités de Syracuse et de Cornell (Etats-Unis)…
Il a consacré de nombreux disques à des portraits monographiques (Dillon, Dusapin, Manoury, Mâche, Feldman, Aperghis, Fedele) et plus récemment Olivier Greif
(L’office des naufragés chez Triton) et Betsy Jolas (Ventosum vocant chez Universal).
An ensemble of soloists formed in 1981 around Françoise Kubler (soprano) and Armand Angster (clarinettist), Accroche Note engages in manifold ways with the music
of our time. Each individual programme determines the personality and number of
musicians who make up the ensemble. The flexibility of the group’s forces – from
solo musician to chamber ensemble – enables it to tackle from one project to another
works from the historical repertoire, the instrumental and vocal literature of the
twentieth century, but also works giving an important place to instrumental gesture
and programmes referring to the fields of jazz and improvised music.
For several years now the ensemble has developed a policy of commissioning
pieces, collaborating closely with their composers. Works recently premiered by
Accroche Note include compositions by Wolfgang Rihm, Ivan Fedele, Ahmed Essyad, François-Bernard Mâche, Betsy Jolas.
The ensemble has established a reputation in the foremost international festivals:
Musica Strasbourg, Présences Radio France, Stockholm New Music Festival, Traiettorie in Parme, Tokyo in Japan, Slowind Festival in Ljubljana (Slovenia), Universities
of Syracuse and Cornell (United States)…
Accroche Note est un ensemble conventionné par le Ministère de la Culture et
de la Communication – Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Alsace, et soutenu par la
Ville de Strasbourg, la Région Alsace, la Spedidam et la Sacem.