Juin 2011 - PCET Limoges Métropole

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Juin 2011 - PCET Limoges Métropole
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de
Limoges Métropole aux risques climatiques dans
un contexte de changement du climat local
- Juin 2011 -
Table des matières
Table des matières ................................................................................................................................. 3
Table des illustrations ............................................................................................................................ 4
Analyse des vulnérabilités climatiques du territoire ............................................................................ 5
1.1.
Introduction : le changement climatique .............................................................................. 7
1.1.1.
A l’échelle planétaire .................................................................................................... 7
1.1.2.
A l’échelle de la France ................................................................................................. 8
1.2.
Le contexte : d’une stratégie nationale { un plan national d’adaptation ...........................11
1.3.
Scénarios d’évolution du climat ........................................................................................... 13
1.3.1.
Présentation des scénarios .........................................................................................13
1.3.2.
A l’échelle planétaire .................................................................................................. 14
1.3.3.
A l’échelle nationale ................................................................................................... 16
1.3.4.
A l’échelle de Limoges Métropole .............................................................................. 17
1.4.
La vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique ................................. 20
1.4.1.
Les arrêtés de catastrophes naturelles sur le territoire de Limoges Métropole ..... 21
1.4.2.
La vulnérabilité des milieux........................................................................................ 22
1.4.3.
La vulnérabilité des activités ...................................................................................... 34
1.4.4.
La vulnérabilité des populations................................................................................ 49
1.4.5.
Synthèse des risques climatiques futurs pour le territoire ...................................... 55
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[3]
Table des illustrations
Figure 1 : Evolution des températures à l'échelle de la planète depuis 1860 (GIEC) .......................... 8
Figure 2 : Evolution des températures à l'échelle de la France depuis 1950 (Météo-France) ............ 9
Figure 3 : Evolution du cumul annuel de précipitation en France au cours de la Période 1901-2000
(Météo-France)...................................................................................................................................... 10
Figure 4 : Scénarios d’émissions de GES pour la période 2000-2100 et projections relatives aux
températures de surface (GIEC) ........................................................................................................... 15
Figure 5 : Projections régionalisées de l’évolution du climat : température en surface et
précipitation (GIEC) ............................................................................................................................... 16
Figure 6 : évolution des températures en France sur un siècle (Météo-France) ............................... 17
Figure 7 : Evolution des températures moyennes et maximales d’été (juin- juillet-août) à Limoges
sur la période 1960-2100 (ONERC) ........................................................................................................ 18
Figure 8 : Evolution des précipitations annuelles et printanières (mars-avril-mai) à Limoges sur la
période 1960-2100 (ONERC).................................................................................................................. 19
Figure 9 : Les arrêtés de catastrophes naturelles sur la période 1982-2010 (Explicit, GASPAR) ....... 21
Carte 1 : Zones inondables de Limoges Métropole (Explicit, GASPAR) ..............................................25
Carte 2 : Zones humides de Limoges Métropole (Aqua Concept Environnement) .......................... 28
Carte 3 : Zones remarquables et zones protégées de Haute-Vienne (Explicit, CARMEN) ................ 31
Figure 11 : Evolution de la localisation des groupes biogéographiques d’essences forestières selon
le scénario B2 (INRA).............................................................................................................................32
Figure 12 : Evolution de la répartition du Hêtre et du Pin maritime entre 2005 et 2100 (INRA) ...... 33
Figure 13 : Carte des risques de présence de la maladie de l’encre du chêne : situation 1968-1998 et
prédiction 2068-2098 (INRA)............................................................................................................... 34
Carte 4 : Les cavités souterraines sur le territoire de Limoges Métropole (Explicit, BRGM) ............37
Carte 5 : L’aléa retrait-gonflement des argiles en Haute-Vienne (BRGM) ......................................... 39
Carte 6 : Occupation du sol sur le territoire de Limoges Métropole (Explicit, Corine Land Cover).. 41
Carte 7 : Température moyenne dans les quartiers de l’agglomération du Grand Lyon le 21 juillet
2001 (Agence d’urbanisme du Grand Lyon) ........................................................................................ 42
Figure 14 : Nombre de points de connexion privés d’électricité { la suite des tempêtes de 2009 et
2010 (CRE, ERDF) .................................................................................................................................. 45
Figure 15 : ICT des mois de juillet et août sur la période 1980 - 2000 (ONERC) ................................. 46
Figure 16 : ICT des mois de juillet et août sur la période 2080 – 2100 sous le scénario A1B (ONERC)
............................................................................................................................................................... 47
Figure 17 : Les impacts croisés du changement climatique sur l’activité touristique ....................... 47
Carte 8 : Les Sites de valeur en Haute-Vienne et à Limoges Métropole (Explicit, CARMEN)........... 48
Figure 18 : Excès de décès observé quotidiennement pendant le mois d’août 2003 et relevé des
températures maximales (trait plein) et minimales (trait en pointillé) (INSERM) ........................... 50
Figure 19 : Evolution du ratio de surmortalité et des températures maximales (trait rouge plein) et
minimales (trait bleu en pointillé) au mois d’août 2003 en Limousin (INSERM) ............................... 51
Figure 20 : Synthèse de la vulnérabilité du territoire aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat ......................................................................................................................... 56
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[4]
Analyse des vulnérabilités climatiques du territoire
Quelques définitions pour commencer :
Un risque climatique est défini par l’interaction de trois composantes que sont
1. l’aléa climatique ;
2. l’exposition des populations, milieux et activités sur un territoire à cet aléa ; et,
3. leur vulnérabilité à cet aléa climatique.
 L’aléa climatique est un évènement climatique ou d’origine climatique susceptible de
se produire (avec une probabilité plus ou moins élevée) et pouvant entraîner des
dommages sur les populations, les activités et les milieux.
 L’exposition aux aléas climatiques correspond { l’ensemble des populations, milieux
et activités qui peuvent être affectés par les aléas climatiques (et qui sont ainsi soumis
à des pertes potentielles).
La nature d’exposition c’est la typologie de ce qui est exposé : une technologie/un processus
industriel (par exemple le système de refroidissement d’une usine), des actifs de production
(par exemple une turbine hydroélectrique) ; des infrastructures, des bâtiments, des sites
touristiques naturels ; les habitants des zones rurales isolées/des zones urbaines denses, etc.
Le niveau d’exposition c’est le « volume » (ou encore la quantification) de ce qui est exposé :
un unique bâtiment, un quartier ou une ville ; un hectare ou plusieurs milliers d’hectares de
culture (etc.).
 La vulnérabilité aux aléas climatique caractérise le degré au niveau duquel un système
peut subir ou être affecté négativement par les effets néfastes des aléas climatiques,
y compris les phénomènes climatiques extrêmes, et par la variabilité climatique.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[5]
On parle de vulnérabilité d’un système à un aléa climatique comme la « fragilité » de ce
système à la présence d’un aléa identifié (par exemple la vulnérabilité d’une plante à la
hausse des températures et à l’aléa sécheresse, la vulnérabilité d’un type de bâtiment à l’aléa
RGA, etc.).
La vulnérabilité d’un secteur ou d’un territoire au changement climatique correspond à la
synthèse des risques climatiques pour le secteur/territoire dans un contexte de changement
du climat.
 L’impact d’un risque climatique est la mesure des conséquences de la manifestation
d’un risque climatique donné sur un territoire donné et/ou dans un secteur donné. On
parlera par exemple de l’impact d’une tempête sur le secteur forestier ou de l’impact
d’une canicule sur la population d’une ville.
 L’adaptation au changement climatique peut être définie comme l’ensemble des
ajustements des systèmes naturels ou humains réalisés en réponse aux changements
du climat pour en limiter les impacts négatifs et en maximiser les effets bénéfiques.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[6]
1.1. Introduction : le changement climatique
Le climat et ses variations préoccupent les scientifiques depuis plus d’un siècle. Ce n’est toutefois
qu’au cours des années 1980 que l’ampleur du problème a été reconnue par les organisations
internationales. Depuis 1988, le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du
Climat), créé par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme des Nations
Unies pour l’Environnement (PNUE), étudie le processus du changement climatique, ses causes et
ses principales conséquences.
Si certaines polémiques sur le phénomène et ses causes (notamment la responsabilité de
l’homme) ont alimenté – et, pour certaines, alimentent toujours – les débats, la conclusion
formulée par le GIEC est admise : les équilibres climatiques mondiaux changent. Cette
modification globale entraînera une évolution du climat au niveau local, qui aura elle-même des
conséquences sur les territoires, leurs populations, leurs milieux et leurs activités.
Aujourd’hui, certains événements exceptionnels, même s’ils ne peuvent être assurément reliés au
changement climatique, alertent la population et ses représentants sur les risques liés au climat.
La multiplication des tempêtes et notamment celle ayant engendré d’importantes inondations
dans les régions atlantiques en février 2010 (tempête Xynthia), les canicules dont celle d’août
2003, qui a touché l’ensemble du territoire mais aussi les problèmes récents et récurrents de
déficit de réalimentation des nappes d’eau conduisent nécessairement { s’interroger sur une
éventuelle accentuation des phénomènes par le changement climatique. C’est l’avenir d’un
territoire qui est alors considéré et la capacité de ce dernier à faire face à de telles menaces.
L’objet du volet ‘Adaptation au changement climatique’ d’un Plan Climat-Energie Territorial est la
définition d’une stratégie locale pour la prise en compte de l’impact de l’évolution anticipée des
aléas climatiques sur le territoire. Il est nécessaire de mener une double réflexion sur :

la compréhension et la caractérisation des impacts du changement climatique sur les
territoires,

l’adaptation aux impacts identifiés (opportunités du territoire en matière d’innovation ou
de politiques publiques).
1.1.1. A l’échelle planétaire
i.
Elévation des températures
Au cours du XXème siècle, la température moyenne { la surface de la terre a crû d’environ 0,7°C.
Le réchauffement global devient de plus en plus rapide ces cinquante dernières années avec une
hausse globale de 0,13°C par décennie.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
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Figure 1 : Evolution des températures à l'échelle de la planète depuis 1860 (GIEC)
Les modifications concernant les régimes de précipitations sont moins nettes que celles
observées pour les températures. De manière globale, on observe une hausse des précipitations
dans le Nord de l’Europe, et une baisse des précipitations dans les pays méditerranéens. Sur une
grande majorité des zones terrestres, un accroissement de la fréquence des événements
extrêmes de précipitations a été mis en évidence. Dans le dernier rapport du GIEC, de nouveaux
résultats montrent que proportionnellement l’augmentation des précipitations extrêmes est plus
importante que l’augmentation des précipitations totales annuelles. La contribution des
événements extrêmes est donc plus forte sur une année.
ii.
Elévation du niveau de la mer
Entre 1961 et 2003, le niveau de la mer s’est élevé { un rythme annuel de 1,8 mm. L’élévation du
niveau de la mer s’explique { la fois par la fonte des glaces continentales, et par l’expansion
thermique du volume des eaux marines superficielles, conséquences directes du réchauffement
de la température du surface de la terre.
A la fin du XXIème siècle, le GIEC prévoit un niveau de la mer qui se situerait entre 15 et 80 cm audessus du niveau actuel.
1.1.2. A l’échelle de la France
i.
Elévation des températures
Depuis une trentaine d’années, on observe, en France, une augmentation de la température. En
effet, selon Météo-France, la température moyenne en France a augmenté de 0,1°C par décennie
depuis le début du 20ème siècle, avec une accélération de ce réchauffement depuis le milieu des
années 70.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[8]
Sur la deuxième moitié du 20ème siècle, les étés sont devenus de plus en plus chaud et le nombre
de jours de gel a diminué. Ces observations sont accompagnées de l’augmentation des vagues de
chaleur estivales et de la diminution des vagues de froid en hiver. Cela est illustré par la figure
suivante :
Figure 2 : Evolution des températures à l'échelle de la France depuis 1950 (Météo-France)
Les 10 années les plus chaudes du siècle sont toutes postérieures à 1988. Le réchauffement, à
l’échelle nationale, est légèrement supérieur { celui observé { l’échelle planétaire. Cette
différence s’explique par le fait que les océans qui recouvrent 70% de la surface de la Terre se
réchauffent moins vite que les continents.
iii.
Modification du régime des précipitations
En France, le cumul annuel des précipitations a augmenté de 7% en un siècle. Cette augmentation
varie en fonction des saisons et en fonction des régions. On observe une augmentation du régime
des précipitations en hiver, notamment au Nord de la France, tandis que les tendances sont plutôt
à la baisse dans le Sud.
En été, la plupart des données montrent une baisse du régime des précipitations.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[9]
Figure 3 : Evolution du cumul annuel de précipitation en France au cours de la Période
1901-2000 (Météo-France)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[10]
1.2.
Le contexte : d’une stratégie nationale { un plan national
d’adaptation
L’importance des impacts du phénomène de dérèglement climatique rapportée dans les
conclusions les plus récentes du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du
Climat1, rend en effet nécessaire l’élaboration de deux réponses aussi importantes que
complémentaires :

l’atténuation du phénomène de changement climatique : la réduction de la concentration
de gaz { effet de serre dans l’atmosphère par la réduction de leurs émissions ;

l’adaptation aux effets prévisibles du changement climatique : elle consiste en
l'ajustement des systèmes naturels ou humains en réponse à des stimuli climatiques
effectifs ou anticipés ou à leurs impacts, dans le but d'atténuer les conséquences des
évolutions néfastes des équilibres climatiques ou d'exploiter des opportunités liées à des
évolutions bénéfiques. Il s’agit pour les collectivités d’une démarche de
« dévulnérabilisation » de leur territoire face aux risques de nature diverse induits par le
changement climatique. Un large éventail de mesures d’adaptation peut être mis en
œuvre pour faire face aux conséquences observées et anticipées du changement
climatique.
Jusqu’{ présent, les cycles de négociations internationales ont quasi-exclusivement concerné les
engagements en matière de réduction des émissions de GES (atténuation du changement
climatique) et la création de mécanismes internationaux de flexibilité liés à ces engagements.
C’est le cas notamment du Protocole de Kyoto adopté en 1997. La question de l’adaptation,
parent pauvre des négociations, semble s’imposer progressivement dans l’Agenda des
gouvernements.
A l’échelle française, une Stratégie nationale d’adaptation au changement climatique, élaborée
dans le cadre d’une large concertation menée par l’Observatoire national sur les effets du
réchauffement climatique (ONERC), a été adoptée en 20062. Ce document d’orientation, point de
départ d’une réflexion plus opérationnelle, présente les options et domaines d’investigations des
pouvoirs publics en matière de réduction de la vulnérabilité des territoires, des milieux, des
populations, des acteurs socio-économiques et des filières aux effets induits par la modification
des conditions climatiques.
Les différentes finalités de la Stratégie nationale d’adaptation sont les suivantes :

Agir pour la sécurité et la santé publique : « assurer la protection des personnes et des biens
dans des situations aujourd’hui jugées extrêmes, mais demain banalisées et peut-être
largement dépassées » ;
1
Intergovernmental Panel on Climate Change, Climate Change 2007 : The Physical Science Basis - Summary
for Policy Makers (2007)
2
Observatoire national sur les effets du changement climatique, Stratégie nationale d’adaptation au changement
climatique (2006)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[11]



Réduire les inégalités devant les risques : « éviter que les conséquences du changement
climatique renforcent ou établissent des inégalités entre les populations subissant ces
effets » ;
Limiter les coûts, tirer parti des bénéfices potentiels : « le changement climatique induira
des coûts que des politiques préventives d’adaptation auront pour objectif de réduire ou
d’éviter. » Dans certains cas, « les effets du réchauffement climatique pourront aussi se
traduire par des bénéfices dont l’anticipation permettra de tirer un plus grand avantage. » ;
Préserver le patrimoine naturel : « les écosystèmes formant le patrimoine naturel sont à
l’origine d’une multitude de biens et services essentiels pour l’homme […] L’importance de
ces effets régulateurs ou amortisseurs se révèlera d’autant plus décisive que les phénomènes
climatiques extrêmes sont appelés à s’accentuer avec les changements climatiques. »
Un groupe interministériel a été réuni en 2007, dans le prolongement des réflexions engagées
pour la rédaction de la Stratégie nationale d’adaptation, afin de recenser les impacts du
changement climatique, les coûts associés et les pistes d’adaptation. Les groupes de travail de la
concertation nationale sur l’adaptation au changement climatique ont remis leurs
recommandations en juin 2010 ; ces recommandations ont porté sur les thématiques sectorielles
de la Biodiversité, des Ressources en eau, des Risques naturels, de la Santé, de l’Agriculture et de
la Forêt, de l’Energie, des Infrastructures de transport, du Tourisme, de l’Urbanisme et du Cadre
bâti ainsi que des thématiques transversales du Financement, de la Gouvernance, de
l’Information-Education et de la Recherche.
Les quelques 200 recommandations formulées par les groupes de travail forment aujourd’hui le
cadre d’une concertation régionale, qui devra aboutir { l’élaboration d’un Plan national
d’adaptation au changement climatique pour les différents secteurs d’activités { l’horizon 2011
(comme le prévoit la loi « Grenelle 1 » du 3 août 2009).
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[12]
1.3.
Scénarios d’évolution du climat
1.3.1. Présentation des scénarios
Le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) a récemment réalisé de
nouvelles projections sur l’évolution des concentrations de gaz { effet de serre d’ici les 100
prochaines années. Différents scenarios ont été élaborés en tenant compte d’hypothèses
notamment sur le changement de nos comportements et les politiques de maîtrise de l’énergie.
Tous les scenarios envisagés conduisent inexorablement à une augmentation brutale de la
concentration atmosphérique de CO2, plus ou moins rapidement selon nos comportements à
venir.
En 1996, le GIEC a commencé d’élaborer un nouvel ensemble de scénarios d’émissions, afin
d’actualiser et de remplacer les scénarios d’émissions IS92 notoirement connus. Le nouvel
ensemble approuvé de scénarios est décrit dans le Rapport spécial du GIEC sur les scénarios
d’émissions (SRES). Quatre canevas circonstanciés différents ont été élaborés pour donner une
description cohérente des rapports entre les forces qui déterminent ces émissions et leur
évolution et ajouter un contexte pour la quantification des scénarios. L’ensemble de 40 scénarios
(dont 35 contiennent des données sur la gamme complète des gaz nécessaires au forçage des
modèles climatiques) ainsi obtenu porte sur un large éventail des principales forces
démographiques, économiques et technologiques qui détermineront les émissions futures de gaz
{ effet de serre et d’aérosols sulfatés. Chaque scénario représente une quantification spécifique
de l’un des quatre canevas retenus. Tous les scénarios fondés sur le même canevas constituent
une «famille de scénarios» (voir l’encadré N° 5, qui donne une brève description des principales
caractéristiques des quatre canevas du SRES et des familles de scénarios). Les scénarios du SRES
ne prennent pas en compte d’éventuelles initiatives en matière de climat, ce qui signifie qu’aucun
d’eux ne retient explicitement l’hypothèse de la mise en œuvre de la Convention-cadre des
Nations Unies sur les changements climatiques ou de la réalisation des objectifs d’émissions du
Protocole de Kyoto. En revanche, les émissions de gaz à effet de serre subissent directement
l’effet des décisions impliquant des changements d’ordre non climatique qui sont prises pour
répondre { une grande diversité d’autres objectifs (par exemple pour améliorer la qualité de l’air).
Par ailleurs, certaines politiques gouvernementales peuvent influer, à des degrés divers, sur les
facteurs qui déterminent les émissions de gaz { effet de serre, notamment l’évolution
démographique, le développement social et économique, le progrès technologique, l’utilisation
des ressources et la lutte contre la pollution. Il est tenu compte d’une façon générale de cette
influence dans les canevas et les scénarios qui en découlent.
Le canevas et la famille de scénarios A1 décrivent un monde futur dans lequel la croissance
économique sera très rapide, la population mondiale atteindra un maximum au milieu du
siècle pour décliner ensuite et de nouvelles technologies plus efficaces seront introduites
rapidement. Les principaux thèmes sous-jacents sont la convergence entre régions, le
renforcement des capacités et des interactions culturelles et sociales accrues, avec une
réduction substantielle des différences régionales dans le revenu par habitant. La famille
de scénarios A1 se scinde en trois groupes qui décrivent des directions possibles de
l'évolution technologique dans le système énergétique. Les trois groupes A1 se
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[13]
distinguent par leur accent technologique : forte intensité de combustibles fossiles (A1FI),
sources d'énergie autres que fossiles (A1T) et équilibre entre les sources (A1B).
Le canevas et la famille de scénarios A2 décrivent un monde très hétérogène. Le thème
sous-jacent est l'autosuffisance et la préservation des identités locales. Les schémas de
fécondité entre régions convergent très lentement, avec pour résultat un accroissement
continu de la population mondiale. Le développement économique a une orientation
principalement régionale, et la croissance économique par habitant et l'évolution
technologique sont plus fragmentées et plus lentes que dans les autres canevas.
Le canevas et la famille de scénarios B1 décrivent un monde convergent avec la même
population mondiale culminant au milieu du siècle et déclinant ensuite, comme dans le
canevas A1, mais avec des changements rapides dans les structures économiques vers une
économie de services et d'information, avec des réductions dans l'intensité des matériaux
et l'introduction de technologies propres et utilisant les ressources de manière efficiente.
L'accent est sur des solutions mondiales orientées vers une viabilité économique, sociale
et environnementale, y compris une meilleure équité, mais sans initiatives
supplémentaires pour gérer le climat.
Le canevas et la famille de scénarios B2 décrivent un monde où l'accent est mis sur des
solutions locales dans le sens de la viabilité économique, sociale et environnementale. La
population mondiale s'accroît de manière continue mais à un rythme plus faible que dans
A2, il y a des niveaux intermédiaires de développement économique et l'évolution
technologique est moins rapide et plus diverse que dans les canevas et les familles de
scénarios B1 et A1. Les scénarios sont également orientés vers la protection de
l'environnement et l'équité sociale, mais ils sont axés sur des niveaux locaux et régionaux.
Actuellement, seuls les scénarios A2 et B2 sont pris en compte dans les simulations.
1.3.2. A l’échelle planétaire
Le GIEC prévoit une élévation globale des températures à la surface de la terre pour les
prochaines décennies. Comme le montre la figure suivante, l’augmentation moyenne des
températures d’ici 2100 se situe entre + 1,8°C (scénario B1) et +4°C (scénario A1F1).
« Emissions mondiales de GES en l’absence de politiques climatiques : six scénarios illustratifs de
références et intervalle au 80ème percentile des scénarios depuis le SRES. Les lignes en pointillés
correspondent aux moyennes mondiales multimodèles du réchauffement en surface pour les
scénarios A2, A1B et B1, en prolongement des simulations relatives au XXème siècle. Ces projections
intègrent les émissions de GES et d’aérosols de courte durée de vie. La courbe en rose ne correspond
pas à un scénario mais aux simulations effectuées à l’aide de modèles de la circulation générale
couplés atmosphère-océan (MCGAO) en maintenant les concentrations atmosphériques aux niveaux
de 2000. Les barres sur la droite précisent la valeur la plus probable (zone foncée) et la fourchette
probable correspondant aux six scénarios de référence du SRES pour la période 2090-2099. Tous les
écarts de température sont calculés par rapport à 1980-1999. »
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[14]
Figure 4 : Scénarios d’émissions de GES pour la période 2000-2100 et projections relatives
aux températures de surface (GIEC)
De même, le GIEC décrit une hausse très probable de la fréquence des événements extrêmes
(vagues de chaleurs et fortes précipitations), ainsi qu’une baisse des débits annuels moyens des
cours d’eau et de la disponibilité en eau de certaines régions sèches.
La figure suivante montre les projections régionalisées réalisées par le GIEC du réchauffement
climatique prenant en compte la modification des régimes du vent, des précipitations et certains
aspects des phénomènes extrêmes et des glaces des mers.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[15]
Figure 5 : Projections régionalisées de l’évolution du climat : température en surface et
précipitation (GIEC)
Décembre à février :
Juin à août :
Évolution projetée de la température en surface pour le début
et la fin du XXIe siècle par rapport à la période 1980-1999
Variations relatives du régime des précipitations (%) pour la période
2090-2099, par rapport à la période 1980-1999 pour le scénario A1B.
Les zones en blanc correspondent aux régions où moins de 66 % des
modèles concordent sur le sens de la variation et les zones en pointillé à
celles où plus de 90 % des modèles concordent sur celui-ci.
1.3.3. A l’échelle nationale
En France, les producteurs des modélisations d’évolutions du climat sont Météo-France et l’IPSL
dont les modèles sont, par ailleurs, utilisés par le GIEC.
Des simulations récentes pour l'ouest de l'Europe prévoient pour la fin du XXI e siècle (scénarios
A2 et B2 du Giec) :

En été, un réchauffement marqué et une diminution des précipitations sur les régions
méditerranéennes. Le risque de sécheresse sur le sud de la France, l'Espagne et l'Italie
devrait être accru.

En hiver, une augmentation des précipitations sur toute la façade atlantique.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[16]
Figure 6 : évolution des températures en France sur un siècle (Météo-France)
1.3.4. A l’échelle de Limoges Métropole
i.
Evolution des températures
A l’échelle du territoire de Limoges Métropole, les projections de l’ONERC (Observatoire National
sur les Effets du Réchauffement Climatique) montrent un impact significatif du changement
climatique sur la température. Ainsi, la température moyenne annuelle de l’ordre de 12°C
actuellement serait de 15°C environ en 2100.
La hausse de température engendrée par le changement climatique pourrait être
particulièrement soutenue lors des périodes estivales et se traduirait ainsi par deux phénomènes :

l’augmentation de la fréquence des phénomènes caniculaires ;

la croissance de l’intensité des épisodes caniculaires. Ainsi, les températures des mois de
juin, juillet et août pourraient augmenter de plus 5°C sur le territoire pour atteindre une
moyenne supérieure à 25°C en été.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[17]
Figure 7 : Evolution des températures moyennes et maximales d’été (juin- juillet-août) à
Limoges sur la période 1960-2100 (ONERC)
+ 3°C
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[18]
ii.
Evolution des précipitations
S’agissant des épisodes de précipitations, la tendance est moins nette. On prévoit cependant une
diminution des précipitations annuelles à Limoges, particulièrement marquée pour le printemps
(en-bas, à gauche) et l’été (en-bas, à droite), marquée à partir de 2030.
Figure 8 : Evolution des précipitations annuelles et printanières (mars-avril-mai) à Limoges
sur la période 1960-2100 (ONERC)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[19]
1.4.
La vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique
Dans la démarche de réflexion sur l’adaptation possible d’un territoire au changement climatique,
la réflexion passe tout d’abord par un diagnostic de la vulnérabilité du territoire aux impacts
potentiels et avérés du changement climatique. Les objectifs de cette étude sont donc multiples :

D’enrichir les diagnostics réalisés sur les problématiques de vulnérabilité et d’adaptation
du territoire aux impacts du changement climatique et la raréfaction des énergies non
renouvelables afin d’orienter et affiner les réflexions sur les pistes d’actions ;

D’apporter des éléments de connaissances aux acteurs sur ces enjeux en vue de les
mobiliser.
La vulnérabilité du territoire aux impacts du changement climatique se définie à travers trois
dimensions :

La vulnérabilité des populations

La vulnérabilité des activités

La vulnérabilité des milieux
Populations
Santé
Solidarités
Stratégie
d’adaptation
Biodiversité
Risques naturels
Ressources en eau
Milieux
Activités
Agriculture
Tourisme
Production d’énergie
Infrastructures
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[20]
1.4.1. Les arrêtés de catastrophes naturelles sur le territoire de Limoges
Métropole
140 arrêtés de catastrophes naturelles ont été décrétés concernant les 18 communes du territoire
de Limoges Métropole entre novembre 1982 et mai 2007. Le premier risque identifié est le risque
inondation : 10 phénomènes entre 1988 et 2007 ont fait l’objet de 52 arrêtés d’inondation par
ruissellement et coulée de boues et de 52 arrêtés d’inondation par crue (débordement de cours
d’eau) dans les 18 communes de l’agglomération.
Figure 9 : Les arrêtés de catastrophes naturelles sur la période 1982-2010 (Explicit, GASPAR)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[21]
4 évènements majeurs ont marqué l’histoire du territoire face aux risques climatiques :
-
La violente tempête du 6 au 8 novembre 1982 qui a balayé l’Europe occidentale,
accompagnée de très fortes pluies dans certaines régions : un arrêté ‘Tempête’ a été
déclaré pour les 18 communes ;
-
En conséquence de violents orages le 5 juillet 1993, 10 communes sont déclarées par
arrêté en catastrophe naturelle ‘Inondation’ (par ruissellement et coulée de boue et par
débordement de cours d’eau) ; la vallée de l’Aurence sera la plus fortement frappée par le
phénomène ;
-
Les très fortes précipitations du 22 au 24 septembre 1993 entraînent d’importants
débordements de cours d’eau et des coulées de boues, concernant notamment les bords
de la Briance : 9 communes sont déclarées en catastrophe naturelle ‘Inondation’ ;
-
Le 25 décembre 1999, la France est traversée par une tempête extrêmement violente. Les
18 communes de Limoges Métropole sont déclarées en arrêté de catastrophes naturelles
‘Inondation’ et ‘Mouvement de terrain’
1.4.2. La vulnérabilité des milieux
i.
La ressource en eau
L’hydrologie des cours d’eau
La Communauté d’agglomération de Limoges Métropole est située dans le périmètre du Schéma
d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) du Bassin de la Vienne (cf. carte ci-dessous), un
bassin étendu sur près de 7 060 km², intégrant plus de 1 200 km de cours d’eau, et appartenant luimême au périmètre du Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux du bassin LoireBretagne. Le SAGE est un outil réglementaire de gestion concertée de l’eau sur un territoire : il
définit des orientations que les Schémas de Cohérence Territoriale et Plans Locaux d’Urbanisme
doivent respecter.
Globalement, la situation environnementale sur le bassin de la Vienne est contrastée. Sur le plan
qualitatif, près de 56% des masses d’eau sont classées en risque de non atteinte du bon état
écologique en 2015. Sur le plan quantitatif de l’hydrologie des cours d’eau, la situation, jugée
préoccupante au milieu des années 2000, s’est améliorée entre 2007 et 2009 même si les
pluviométries n’ont pas toujours permis d’éviter des situations d’assecs pour les affluents de la
Vienne aval. La situation en ce début d’année 2011 démontre la forte exposition des cours d’eau
du territoire au risque climatique.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[22]
Source : Etablissement public du Bassin de la Vienne (2010)
L’hydrologie du bassin de la Vienne est caractérisée par un fort gradient pluviométrique entre le
Plateau de Millevaches { l’amont et la région de Châtellerault. La présence { l’amont d’une
structure géologique essentiellement composée de terrains primaires imperméables, favorables
aux écoulements des eaux en surface, et, { l’aval, de terrains sédimentaires où l’infiltration est
prépondérante est une caractéristique majeure du bassin.
L’année 2010 n’a pas connu de crues significatives. Elle peut être considérée comme une année
moyenne, avec des précipitations annuelles conformes aux moyennes observées. Le territoire de
Limoges Métropole compte 4 stations d’observation des débits de rivières : La Vienne au Palaissur-Vienne et à Verneuil-sur-Vienne, la Briance à Condat-sur-Vienne et l’Aurence { Isle. Les débits
annuels pour l’année sur ces points sont conformes { ce qui se produit tous les 2 ou 3 ans d’après
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[23]
la DREAL Limousin3. En comparaison, l’année 2009 a connu des débits beaucoup plus faibles,
correspondant à des débits se produisant tous les 6 ou 7 ans secs pour la Vienne et tous les 4 ou 5
ans secs pour l’Aurence et la Briance. L’année 2008 avait, quant { elle, été relativement humide,
avec des volumes de précipitations excédentaires.
Il est intéressant de regarder ensuite les premières données de débits mensuels pour l’année 2011.
Après un début d’année très sec, l’ensemble des points d’observation de Haute-Vienne affiche à
la mi-mai 2011 des débits largement inférieurs aux débits moyens ; ils sont tous conformes à des
débits qui se produisent moins d’une fois tous les 20 ans secs. En comparaison aux autres années
particulièrement sèches des dernières décennies (1976, 1989 et 2003), les moyennes des débits
minimums pour 3 jours consécutifs, calculées par la DREAL Limousin pour le mois 2011, sont d’un
très faible niveau.
Les deux graphiques ci-dessous, issus respectivement des bulletins hydrologiques de l’année 2010
et du mois de mai 2011 publiés par la DREAL Limousin :
3
Bulletin hydrologique Année 2010, DREAL Limousin
Les bulletins des années 2006 à 2010 ont été étudiés, ainsi que les bulletins mensuels de 2011
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[24]
Les débits moyens (QM) de la Vienne au Palais-sur-Vienne sont pour les premiers mois de 2011
largement inférieurs { ceux de 2010, année moyenne sur le plan de l’hydrologie. On observe par
ailleurs une diminution du débit journalier (QJ) entre janvier et mai plus importante en 2011 qu’en
2010 (de 34 à 10 m3/s entre janvier et mai 2011 alors qu’elle était de 60 { 40 m3/s entre janvier et
mai 2010).
La présence de barrages hydrauliques en amont de la station de mesure du Palais-sur-Vienne, qui
régissent le débit (par le « stockage » d’eau dans les barrages) et font de la Vienne une rivière
« artificielle » doit conduire à modérer l’analyse.
Les zones inondables
Caractérisé par une forte densité de cours d’eau et par des sols imperméables, le territoire de
Limoges Métropole est exposé aux aléas de débordement des cours d’eau. La carte des zones
inondables ci-dessous s’appuie sur les Plans de prévention du risque inondation adoptés par les
communes.
Carte 1 : Zones inondables de Limoges Métropole (Explicit, GASPAR)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[25]
Les communes pour lesquelles le risque inondation est le plus fort sont les communes de Limoges
et Condat-sur-Vienne, qui ont respectivement adopté 4 et 3 Plans de prévention des risques
inondation.
Les changements climatiques en cours sont susceptibles d’augmenter les épisodes de fortes
précipitations. Ces épisodes peuvent ensuite entrainer des crues. Pour limiter le risque de crues,
plusieurs actions préventives peuvent être mises en place comme l’entretien des cours d’eau et la
préservation des ZEC (Zones d’Expansion des Crues). Ces zones permettent de limiter l’impact
des crues. Le maintien de ces zones hors urbanisation permet de limiter le risque d’inondations
sur le territoire.
Les eaux souterraines
Les eaux souterraines s’infiltrent dans le sol et circulent dans les couches géologiques perméables
où elles sont stockées. Les réserves souterraines ainsi constituées, nappes superficielles ou
profondes, jouent un rôle fondamental dans l’alimentation des rivières en période de basses eaux
et dans l’approvisionnement des activités humaines (irrigation, production d’eau potable). Les
piézomètres sur le bassin de la Vienne, qui permettent de mesurer la hauteur des nappes d’eau,
sont tous situés sur la partie aval de la rivière, en Poitou-Charentes. Alors qu’{ partir de mi-2006
les hauteurs de nappes se stabilisaient voire augmentaient, l’année 2009 a marqué un retour à
une tendance de diminution des niveaux moyens des nappes souterraines.
Les variations de niveaux des nappes sont liées aux variations de pluviométrie été-hiver. Les sols
se rechargent en eau au cours de la saison hivernale à une double condition : la régulation des
prélèvements et une hydrologie annuelle satisfaisante (le rechargement des nappes est ainsi
retardé suite à une période de sécheresse).
Sur le territoire de la Communauté d’agglomération de Limoges Métropole – en amont du Bassin
de la Vienne – les systèmes aquifères sont composés de formations cristallines. Ces formations
sont de faibles capacités mais bien adaptées aux besoins diffus des zones rurales : l’alimentation
en eau est principalement assurée par les zones superficielles. Ces eaux superficielles sont
particulièrement vulnérables aux périodes de sécheresse. Il n’y a pas de réel suivi quantitatif
opéré sur les ressources en eau superficielles exploitées pour l’alimentation en eau du territoire
de Limoges Métropole mais la fréquence de l’observation de périodes de tensions sur ces
ressources est une réalité pour le territoire.
L’assèchement des réservoirs d’eau de surfaces qui s’observe aujourd’hui avec une fréquence
des étiages sévères de plus en plus importante pourrait se renforcer d’après les projections
climatiques locales. Dans le même temps, et du fait d’une même évolution projetée du climat,
pourraient s’intensifier les conflits d’usage de l’eau avec un accroissement des prélèvements
industriels et pour l’irrigation.
L’irrigation des surfaces agricoles est une pratique peu répandue sur le territoire de Limoges
Métropole, qui ne compte que trois points de prélèvements pour l’irrigation : l’un est situé sur la
commune du Vigen, un autre sur la commune de Panazol et le troisième à Verneuil-sur-Vienne. Le
graphique ci-après présente le pic de prélèvements en 2003, année caniculaire marquée par une
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[26]
sécheresse importante, et permet d’illustrer l’impact que pourrait avoir sur la gestion locale des
ressources d’eau une politique de développement de l’irrigation.
22 000
21 000
21 200 mètres cubes d’eau ont été prélevés
pour l’irrigation en 2003, un volume 31%
plus important que la moyenne de
prélèvement sur la période 1999-2002.
20 000
19 000
18 000
17 000
16 000
15 000
14 000
1999
ii.
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
Source : Explicit d’après l’Agence de l’Eau
Loire-Bretagne
Biodiversité en milieux aquatiques et espèces envahissantes
Biodiversité en bord de cours d’eau
Le problème posé par les espèces envahissantes est une atteinte directe à la biodiversité : de
nombreuses espèces envahissantes sont très compétitives et ont tendance à évincer les plantes
et animaux indigènes, soit par prédation directe, soit en leur transmettant des parasites ou
maladies, soit, enfin, en les privant totalement du milieu qui leur est indispensable (oxygène,
lumière, nourriture, habitats privilégiés, etc.).
Les espèces végétales les plus fréquemment rencontrées sont les Jussies – qui recouvrent les
plans d’eau – et la renouée du Japon (notamment à Limoges Métropole) – qui forme des massifs
compacts sur les talus et bords de rivière, excluant tout autre végétal, et sécrète des substances
toxiques. Les deux espèces animales envahissantes les plus répandues sont les ragondins –
espèce nuisible qui contamine le bétail – et les écrevisses américaines – prédatrices des poissons.
Le grand cormoran, espèce autochtone très présente dans le bassin de la Vienne, est une espèce
animale envahissante problématique et différentes mesures de contrôle de la population de
cormorans ont été définies par les autorités.
Zones humides
Les zones humides constituent un élément majeur de la richesse naturelle du Limousin où de très
nombreuses rivières prennent leur source. Elles sont, dans leurs différentes formes, les milieux les
plus représentés dans l’inventaire des Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et
floristique (ZNIEFF) (cf. Paysages et biodiversité). La vulnérabilité des zones humides est grande
et leur disparition comme leur raréfaction provoquent d’importants problèmes socio-économique
(activités) et écologiques (préservation des ressources et écosystèmes).
Le socle cristallin de la région Limousin réduit les potentiels de stockage des eaux de pluies dans
les nappes profondes. Les sols peu profonds et le socle imperméable favorisent les écoulements
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[27]
de surface, qui font apparaître de nombreux petits cours d’eau en surface. L’inondation de ces
zones est quasi-permanente suivant les conditions pluviométriques.
La Communauté d’agglomération de Limoges Métropole a dirigé en 2007-2008 un état des lieux
et diagnostic des zones humides de son territoire4. Cette étude présente les principaux enjeux
qualitatifs et quantitatifs pour le maintien des zones humides.
Carte 2 : Zones humides de Limoges Métropole (Aqua Concept Environnement)
4
Aqua Concept, Les zones humides de Limoges Métropole : Etat des lieux et diagnostic, Août 2008.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[28]
Au total, 2 724 hectares de zones humides ont été répertoriés sur le territoire étudié en 2008 (les
18 communes de Limoges Métropole, Couzeix, Chaptelat et Saint-Jouvent), ce qui représente 5,1%
de la superficie totale du territoire.
Les zones humides assurent plusieurs fonctions diverses pour la qualité des ressources naturelles
du territoire :

Fonction hydrologique. Les zones humides assurent un stockage temporaire des eaux et
permettent l’étalement du débit d’une crue dans le temps. La rétention d’eau dans les zones
humides permet une recharge des nappes et le soutien des étiages.

Rôle épurateur. Les zones humides réduisent les volumes de matériaux solides issus des
produits d’érosion du bassin versant et des lits lors des crues.

Rôle écologique. Les zones humides contribuent à maintenir la diversité des écosystèmes et
les habitats pour les amphibiens, oiseaux et peuplements piscicoles.
La situation des zones humides évolue très vite. Elles peuvent subir des atteintes provenant de
multiples sources de pression anthropiques :

L’extension des zones urbaines : l’urbanisation est une cause importante de réduction des
zones humides. Le développement des zones urbaines imperméabilise les sols, ce qui peut
accroître les débits de crues et favoriser les inondations en aval. L’extension du tissu
urbain (et de l’artificialisation des espaces végétalisés) peut par ailleurs générer des
pollutions multiples de la ressource en eau, se traduisant par la disparition des espèces
spécifiques au profit d’espèces opportunistes résistantes.

Le maillage du territoire par les infrastructures : le maillage du territoire par les
infrastructures linéaires (routes, autoroutes,) est une cause importante de fragmentation
de l’espace et de déconnexion des différentes unités fonctionnelles des écocomplexes.

Le boisement de zones humides : il conduit à un assèchement des zones humides et à une
réduction de leur fonction de soutien d’étiage.

Le drainage pour les activités agricoles ou le remblaiement des bords de cours d’eau
D’autres types de pression peuvent également menacer le maintien des zones humides :

L’extension des espèces végétales invasives : elle peut entraîner une disparition ou la
réduction des potentiels écologiques des zones humides (c’est le cas, par exemple, de la
renouée du Japon qui colonise le bassin de la Vienne et celui de l’Aurence)

Les incendies de forêt : ils affectent les milieux les plus fragiles tels que les zones humides
temporaires.

Les usages : certains usages exercés sur les zones humides ont entraîné une altération de
leur qualité, notamment la fréquentation des sites pour le développement d’une activité
de loisirs (occasionnant des dérangements de la faune et une altération des habitats les
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[29]
plus fragiles) et les modes de gestion piscicole (l’empoissonnement de plans d’eau est
souvent préjudiciable au maintien de la batrachofaune.)
Le renforcement de la pression anthropique combiné à la modification des conditions climatiques
(sécheresse, modification du régime des précipitations) pourraient contribuer à la fragilisation de
l’écosystème de ces zones.
iii.
Paysages et biodiversité
Le territoire de Limoges
Métropole se situe au
carrefour de trois unités
paysagères : les monts
de Blond au NordOuest,
les
Monts
d’Ambazac et de SaintGoussaud au Nord-Est
et, au Sud et { l’Est, les
collines limousines de
Vienne-Briance.
Les
paysages
de
l’agglomération sont en
grande
partie
homogènes, formés de
campagnes agricoles.
Le territoire de la Communauté d’agglomération de Limoges Métropole abrite 10 Zones
Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF). Ces ZNIEFF indiquent des
zones géographiques possédant de fortes capacités biologiques et un bon état de conservation. 9
des 10 ZNIEFF du territoire sont de ‘Type 1’, les plus riches sur le plan de la biodiversité.
La richesse paysagère, les sites naturels, ZNIEFF et zones Natura 2000 constituent le patrimoine
naturel du territoire ; il est une ressource précieuse pour l’attractivité touristique du territoire (le
tourisme de nature est une orientation touristique importante pour le Limousin). Ce patrimoine
naturel sera affecté par les changements des aléas climatiques { l’échelle locale dans un contexte
de changement du climat local (évolution des températures, de la pluviométrie et de l’humidité
des sols et de l’air, etc.). Même s’il est très difficile d’évaluer le lien direct entre évolutions du
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[30]
climat et évolutions de la biodiversité – celle-ci étant soumise à des pressions multiples telles que
l’artificialisation et le fractionnement des milieux, les pollutions, etc. – les évolutions des aléas
climatiques conduiront à un accroissement des pressions sur les espèces floristiques et sur les
habitats et l’environnement de la faune locale. Le changement climatique devrait notamment, à
moyen et à long terme, provoquer le déplacement de certaines plantes et espèces animales vers
des zones climatiques plus propices à leur développement.
Carte 3 : Zones remarquables et zones protégées de Haute-Vienne (Explicit, CARMEN)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[31]
iv.
Zones forestières
Le territoire de l’agglomération de Limoges Métropole est recouvert de 9 900 hectares de forêts,
dont 74% de feuillus selon l’IFEN (2006). L’espace boisé représente donc 21 % de la surface du
territoire.
Les massifs forestiers vont devoir faire face à des modifications certaines des conditions
climatiques. Tout d’abord, l’augmentation de la concentration en CO2 dans l’atmosphère devrait
entraîner une croissance de la masse forestière. Cependant, la croissance de la forêt peut être
retardée ou inversée par des périodes de stress hydriques liées à des épisodes de sécheresse ou
bien par des dépôts d’ozone.
Le projet CARBOFOR, projet de recherche de l’INRA Nancy (Badeau et al., 2004) a étudié la
question de l’adaptation des essences forestières aux changements climatiques et la répartition
possible des espèces. Divers groupes d’espèces forestières ayant des exigences assez homogènes
et que l’on trouve fréquemment associées sur un même territoire ont été définis :
 3 groupes d’espèces montagnardes (3 nuances de bleu) ;
 3 groupes d’espèces de plaine et de colline du Sud-ouest (marron), du Centre-Ouest
(jaune) et du Nord-est (vert) ; et
 le groupe des espèces méditerranéennes (rouge).
Figure 11 : Evolution de la localisation des groupes biogéographiques d’essences forestières
selon le scénario B2 (INRA)
L’augmentation des températures devrait entrainer une migration des espèces vers le nord ou
vers les zones situées en altitude. Ces changements climatiques rapides suscitent de nombreuses
interrogations : les espèces et leurs écosystèmes pourront-ils s’adapter aussi rapidement ? 2 000
ans ont été nécessaires aux chênes pour traverser le France du sud au nord il y a 10 000 ans.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[32]
Les cartes suivantes présentent l’évolution de la répartition de deux espèces forestières : le hêtre
et le pin maritime. Le rouge est le domaine de parfaite adaptation des espèces et le bleu celui des
marges de cette adaptation, le jaune et le vert étant des situations intermédiaires.
Figure 12 : Evolution de la répartition du Hêtre et du Pin maritime entre 2005 et 2100
(INRA)
Le Département de la santé des forêts du Ministère de l’agriculture et des forêts a étudié l’impact
de la sécheresse-canicule de l’été 2003 sur le douglas, espèce forestière fortement implantée
dans le Limousin5. D’après le Mémento de la forêt et du bois du Limousin, le douglas représente
69% des 15 600 ha boisés ou reboisés sur la période 2000-20106. Les peuplements en Limousin
semblent avoir moins souffert des fortes chaleurs que dans d’autres régions où les arbres
souffraient déj{ d’une alimentation en eau limitée. Seuls 1,3% des surfaces ont connu un taux de
mortalité de plus de 40% ; le rôle des zones humides a été essentiel sur ce point.
5
6
DSF, Le douglas face à la sécheresse-canicule de l’été 2003
AGRESTE, Mémento de la forêt et du bois (2011)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[33]
Par ailleurs, le changement climatique peut favoriser le développement des maladies forestières :
des recherches ont été ainsi effectuées sur la remontée vers le nord de la chenille processionnaire
du pin ou le développement de l’encre du chêne, champignon d’origine tropicale qui déprécie le
bois produit. L’INRA a simulé l’évolution de la carte des zones identifiées { risque pour la maladie
de l’encre du chêne { partir des simulations Arpèges-climat de MétéoFrance et dans le cadre de la
réalisation du scénario modéré B2 (+2,5°C en 2100). 3 zones à forts risques, caractérisées par des
hivers doux, émergent : le pourtour méditerranéen, le Sud Ouest et l’ensemble BretagneCotentin. La Haute-Vienne se situerait, d’après les projections de l’INRA, dans une zone de risque
modéré de présence de la maladie de l’encre du chêne.
Figure 13 : Carte des risques de présence de la maladie de l’encre du chêne : situation 19681998 et prédiction 2068-2098 (INRA)
1.4.3. La vulnérabilité des activités
i.
L’agriculture
Les modifications liées au changement climatique (augmentation des températures moyenne de
l’air, amplitude thermique plus forte, événements climatiques extrêmes, disponibilités de la
ressource en eau) auront un impact sur les activités agricoles du territoire. Un impact à la fois sur
la quantité et la qualité des productions agricoles et sur l’environnement (sols, eau, biodiversité,
etc.).
Le retour d’expérience de la canicule d’août 2003 donne des indications sur la vulnérabilité du
secteur aux effets du changement climatique comme la perte d’une production fourragère de 20%
à 30% au niveau national. Les effets du changement climatique au niveau local sont encore
incertains. Actuellement, les projections se font à une échelle plus globale.
La modification du climat aura des conséquences pour les activités d’élevage et pour les activités
de culture.
L’élevage
Les effets indirects des aléas climatiques sur les activités d’élevage, par exemple l’impact des
épisodes de sécheresses et inondations qui fragilisent la disponibilité des fourrages et pâturages
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[34]
et donc l’alimentation du bétail, sont bien connus. Le début d’année 2011 offre une illustration de
cette problématique, confrontant des éleveurs { la nécessité d’arbitrer entre abattre le bétail des
filières viandes et laitières ou augmenter les coûts de son alimentation (et donc les coûts de
production).
Le changement climatique pourrait également avoir un impact direct sur le bétail, sur la santé et
la performance animale (le développement du bétail dans un contexte de diminution des
ressources fourragères). Le développement de parasites et maladies devrait être favorisé par des
hivers plus doux et plus humides ; il pose la question des interactions entre les populations et des
mécanismes de résistance/tolérance aux agents pathogènes. Les fortes chaleurs ont également
un impact direct sur la mortalité des animaux fragiles et la reproduction animale qui peuvent
durer jusqu’{ 2 mois après une période caniculaire (les embryons sont très sensibles aux chocs
thermiques).
Les enjeux de l’adaptation des activités d’élevage aux changements du climat sont globalement
méconnus et la recherche dans ce secteur doit progresser.
Les cultures
La modification du régime des précipitations influencera l’humidité des sols et la disponibilité en
eau pour les cultures. L’augmentation de la température moyenne à la surface du globe devrait
raccourcir les cycles de végétation et impacter positivement la production céréalières. Des
changements de calendriers agricoles sensibles sont déjà constatés en France : anticipation de la
floraison du pommier dans le Sud-Est, anticipation des dates de vendange, accélération des
premières coupes de prairie.
Le projet CLIMATOR7 co-piloté par l’Agence nationale pour la recherche (ANR) et par l’INRA a
réalisé une simulation de l’impact du changement climatique sur les principales activités culturales
et forestières dans un futur proche (2020-2049) et lointain (2070-2099). 5 thématiques ont été
étudiées : le timing, l’eau, la santé des plantes, la matière organique et le rendement. Les
simulations pour la région Centre-Est (Rhône-Alpes, Auvergne, Limousin) ont été réalisées pour
deux sites représentatifs de cet ensemble : Clermont-Thieix et Saint-Etienne, les deux sites étudiés
les plus arrosés dans le passé récent et qui le resteraient d’après les simulations.
Un impact potentiel majeur pour le territoire limousin a été identifié : une opportunité créée par
l’accroissement du rendement des prairies, déj{ très élevé aujourd’hui. L’augmentation des
températures de l’air pourrait permettre la récolte d’une coupe supplémentaire et l’augmentation
des productions de fin d’hiver et de début de printemps dans un futur lointain.
Deux impacts non modélisés pourraient réduire les rendements des activités de culture :


7
L’apparition de nouvelles espèces d’insectes et l’expansion d’espèces endémiques pourrait
créer un risque de pertes de récolte
Les terres plus humides en hiver ou au début du printemps, du fait des pluies plus
abondantes, pourraient devenir moins praticables, ce qui compliquerait le travail du sol.
Climator, Livre Vert du Projet, ANR-INRA (2010)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[35]
ii.
Cadre bâti, urbanisme et infrastructures
La question de la prise en compte des enjeux d’adaptation aux changements du climat local dans
la politique d’urbanisme et la stratégie de construction d’infrastructures doit prendre en compte
un élément caractéristique du secteur : la durée de vie des ouvrages, ceux-ci étant construits pour
être exploités sur une période de 100 à 150 ans. Cet élément amène une interrogation essentielle
pour le secteur : comment élaborer et construire un bâtiment (une infrastructure) adapté à une
large gamme de climats, celui d’aujourd’hui, celui de 2150 et ceux intermédiaires ?
Les mouvements de terrains
Les changements des températures, des précipitations et les évènements climatiques extrêmes
entraîneront une perturbation de la stabilité des sols qui aura un impact direct sur le cadre bâti et
le milieu urbain (par exemple les fissures de bâtiments sous lesquels le sol a bougé) ou indirect, en
impactant les éléments extérieurs situés à proximité des bâtiments et infrastructures (par
exemple les chutes de blocs, chutes d’arbres, glissements de terrain). L’évolution des équilibres
climatiques pourraient causer une augmentation des mouvements de terrain, qu’ils soient rapides
et discontinus comme les effondrements de cavités souterraines, glissements de terrain, chutes
de blocs et éboulements, ou lents et continus comme le retrait-gonflement des argiles (cf.
paragraphe suivant), tassement et affaissement des sols. Ces mouvements se traduisent par
l’endommagement, voire la destruction de l’infrastructure ou du bâtiment, pouvant entraîner une
coupure d’accès et la paralysie d’une zone ou encore des pollutions locales (lorsqu’ils concernent
une station d’épuration ou une usine chimique par exemple).
Les risques de dommages et de perturbations sur les ouvrages et infrastructures (réseaux de
transports, ouvrages d’art, bâtiments) pourraient augmenter du fait de la perturbation du cycle
de l’eau et des conditions de température ou de vent. Les modifications de la teneur en eau ou de
la température des sols pourraient notamment être { l’origine d’une recrudescence des aléas
gravitaires (glissements de terrain, chutes de blocs).
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[36]
Carte 4 : Les cavités souterraines sur le territoire de Limoges Métropole (Explicit, BRGM)
Le retrait-gonflement des argiles
Le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA) peut avoir un impact destructeur sur les
bâtiments et infrastructures en surface. Le retrait-gonflement, en réalité un phénomène en deux
temps, est provoqué par deux types de facteurs : des facteurs de prédisposition et des facteurs
de déclenchement :

Les facteurs de prédisposition induisent l’aléa mais ne suffisent pas { le déclencher. Ils
sont fixes ou évoluent très lentement. On distingue les facteurs internes (liés à la
nature du sol) des facteurs d’environnement (qui caractérisent plutôt le site). Les
facteurs de prédisposition sont la nature du sol (composition minéralogique), le
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[37]
contexte hydrogéologique (teneur en eau et degré de saturation), le contexte
géomorphologique (topographie de surface), la végétation (présence de racines
profondes qui soutiennent l’eau du sol) et des défauts de construction des bâtiments.

Les facteurs de déclenchement sont ceux dont la présence provoque le phénomène
de RGA mais qui n’ont d’effet significatif que s’il existe des facteurs de prédisposition.
La connaissance des facteurs de déclenchement permet de déterminer l’occurrence
du phénomène (l’aléa retrait-gonflement et non plus la susceptibilité à cet aléa). Les
facteurs de déclenchement sont les phénomènes climatiques (précipitations et évapotranspiration (transfert d’eau du sol vers l’atmosphère par évaporation des eaux de
surface et transpiration des plantes)) et les facteurs anthropiques (du type
modification des écoulements superficiels dans le cadre de travaux de drainage qui
modifient les teneurs en eau de la tranche superficielle des sols).
Le phénomène de retrait-gonflement des argiles illustré (Source : BRGM)
Le retrait-gonflement de sols argileux engendre chaque année des dégâts particulièrement
coûteux, principalement dans le bâti individuel. Les dérèglements climatiques (notamment les
aléas température, pluviométrie et vent) auront des impacts sur les facteurs déclenchant du
phénomène de RGA. Les sécheresses estivales risquent de devenir plus fréquentes et d’entraîner
une augmentation du nombre des années présentant une sinistralité importante.
Par ailleurs, la profondeur de terrain affectée par les variations saisonnières de teneur en eau ne
dépasse guère 1 à 2 m sous les climats tempérés, mais peut atteindre 3 à 5 m lors d’une
sécheresse exceptionnelle. L’augmentation prévisible de la durée et de l’intensité des épisodes de
sécheresse risque d’entraîner un accroissement de la profondeur du sol affectée par le
phénomène du retrait-gonflement des argiles.
Le département de Haute-Vienne est parmi les départements français les moins affectés par le
phénomène : une seule commune du territoire a été reconnue une fois en état de catastrophe
naturelle. Selon le BRGM8, 37% du territoire de Haute-Vienne est en niveau d’aléa faible et 63% de
la surface du département n’est a priori pas concerné par le phénomène (0,06% du territoire est
en aléa moyen).
8
BRGM, Cartographie de l’aléa retrait-gonflement des sols argileux dans le département de Haute-Vienne, Juin
2010
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[38]
Carte 5 : L’aléa retrait-gonflement des argiles en Haute-Vienne (BRGM)
Il est important de noter que l’état d’humidité des argiles est une caractéristique très localisée,
dépendant notamment du niveau des nappes d’eau souterraines et de la proximité d’espèces
végétales identifiées (certaines ont une capacité d’absorption d’eau par les racines ou, { l’inverse,
de transpiration très fortes) ; il doit donc être estimé { l’échelle infra-pavillonnaire. L’aléa est par
conséquent très complexe à diagnostiquer à grande échelle et difficile à cartographier. Le risque
l’est plus encore puisqu’il dépend de caractéristiques des fondations des bâtiments (plus elles
sont profondes et moins le bâtiment est exposé au phénomène ; c’est la raison pour laquelle les
maisons individuelles sont plus touchées que les immeubles collectifs).
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[39]
iii.
Les îlots de chaleur urbains
Le milieu urbain est { l’origine de processus radiatifs, thermiques, dynamiques et hydriques qui
modifient le climat de la ville. La couche superficielle du sol, avec la présence plus ou moins
importante de surfaces végétales ou d’eau, les activités humaines qui induisent des rejets de
chaleur et de polluants, et la structure urbaine, avec des matériaux de construction et une
certaine morphologie du cadre bâti, sont les principaux facteurs de cette modification. Le climat
urbain a pour effet principal de limiter la baisse des températures durant la nuit, baisse qui, lors de
vagues de chaleur, est essentielle pour permettre aux organismes humains une récupération des
fortes chaleurs du jour.
Le phénomène des îlots de chaleur urbains apparaît en cas d’épisodes de fortes chaleurs et
lorsque le réchauffement de l’air en centre-ville est accentué par l’énergie calorifique générée par
le fonctionnement urbain et les activités humaines (la hausse de la température dans le centre de
la ville est, dans un tel contexte, supérieure à celle dans la périphérie).
Le diagnostic du phénomène d’îlots de chaleur urbains est nécessairement très local : il dépend
d’éléments tels que l’albédo, qui dépend des matériaux utilisés pour l’aménagement urbain, de la
morphologie urbaine et de la circulation du vent en milieu urbain, de la hauteur des bâtiments,
etc. de nombreux éléments qui ne peuvent être analysés { l’échelle du département qui est celle
de l’étude.
Les principaux éléments caractérisant un îlot de chaleur urbain sont l’albédo, l’aspect ratio
(profondeur du canyon urbain), l’orientation des rues, la surface imperméable, la surface
végétalisée et les intrants (chaleur émise par les transports motorisés). Les zones urbanisées du
territoire sont des zones potentielles de développement des îlots de chaleur.
L’analyse de l’occupation du sol et de l’artificialisation du territoire fournit les premiers éléments
d’identification des zones { risques. A titre d’illustration, la cartographie des températures
moyennes sur le territoire du Grand Lyon produite, { l’échelle des quartiers, par l’Agence
d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise est reproduite ci-dessous.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[40]
Carte 6 : Occupation du sol sur le territoire de Limoges Métropole (Explicit, Corine Land
Cover)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[41]
Carte 7 : Température moyenne dans les quartiers de l’agglomération du Grand Lyon le 21
juillet 2001 (Agence d’urbanisme du Grand Lyon)
iv.
Energie
L’activité du secteur énergétique est particulièrement sensible aux conditions climatiques. Ce
sont en effet des paramètres climatiques qui créent des besoins à satisfaire par la consommation
d’énergie (température et besoin de chaleur ou de froid, ensoleillement et besoin de lumière,
volume de précipitations et besoin de pompage d’eau, etc.). Ces paramètres définissent par
ailleurs le contexte opérationnel du fonctionnement de nombreuses unités de production
d’énergie et leur efficacité (température des cours d’eau et satisfaction du besoin de
refroidissement, volume de précipitations et production hydroélectrique, etc.). Enfin, les lignes de
transports et de distribution d’énergie sont sensibles au gel, vents forts et fortes pluies, et la
stabilité des sols est essentielle à la sécurité des réseaux.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[42]
L’équilibre offre-demande d’énergie
Les aléas identifiés influençant l’équilibre offre-demande d’électricité en France sont les suivant :

La température : les températures d’hiver influencent la demande de chauffage et donc
de consommation de combustibles et d’électricité ; les températures d’été augmentant la
consommation et la puissance demandée d’électricité pour les besoins en climatisation ;
l’augmentation de la température des cours d’eau dégrade l’efficacité des systèmes de
refroidissement des centrales électriques thermiques et nucléaires ;

L’hydraulicité : le niveau d’eau des barrages et des rivières dépend du climat (via les
précipitations et les températures notamment) et impacte la production hydro-électrique
(volume de productible pour les installations) ;

L’impact du vent sur le volume annuel de production éolienne n’a pas été mesuré mais il
est de plus en plus important pour le système électrique du fait de l’accélération du
développement de l’éolien ;
Ces aléas sur le volume annuel se traduisent également par un impact en puissance, c’est-à-dire
ponctuel ou instantané, à des niveaux qui peuvent être élevés sur un plan local. Le territoire de
Limoges Métropole est principalement concerné par l’évolution de la demande de chauffage avec
les températures, les autres aléas ne le concerne qu’indirectement – l’équilibre productionconsommation du système électrique est défini { l’échelle nationale (réseau de transport
d’électricité) et le territoire ne compte pas de grande installation de production électrique
connectée au réseau.
L’activité de toute la filière du gaz est très étroitement liée à la température : son niveau moyen a
des impacts sur les volumes consommés et la gestion des approvisionnements ; les valeurs
extrêmes influencent le dimensionnement du réseau de transport-distribution et des
équipements de stockage.
Le cas des autres énergies de production individualisée de chaleur (bois, fioul domestique, GPL,
charbon) est similaire à celui du gaz, les contraintes de réseau de distribution en moins. Les
phénomènes climatiques extrêmes (feux de forêt, vents violents) peuvent également impacter la
ressource bois et causer des dégâts dans les raffineries.
L’augmentation de l’ensoleillement pourrait créer une opportunité pour la production locale
d’énergie : l’amélioration du rendement des installations solaires photovoltaïques et thermiques.
Le transport et la distribution d’énergie
La réflexion sur les impacts du changement climatique sur les infrastructures de transport
d’énergie doit prendre l’angle de l’impact des évènements climatiques extrêmes ; c’est sur la base
de l’étude de ces évènements qu’est dimensionné le réseau (il est par exemple élaboré pour
assurer le transport d’énergie { la pointe de consommation). Les réseaux de transport d’énergie
doivent protéger d’une rupture d’approvisionnement très coûteuse.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[43]
Le Bilan Sûreté 2003 publié par RTE ne rapporte aucun impact direct de l’épisode caniculaire
d’août 2003 sur les lignes de transport électrique – les fortes chaleurs enregistrées n’ont
provoqué aucune rupture de l’approvisionnement électrique. Le réseau électrique enterré est
toutefois sensible aux fortes chaleurs : la chaleur de la terre fragilise les lignes enterrées ; le
réseau aérien torsadé est moins sensible aux températures élevées. Par ailleurs le réseau torsadé
aérien permet une intervention plus rapide en cas d’incident et donc un temps de coupure
inférieur { celui nécessaire { l’intervention sur une ligne enterrée.
Les principales contraintes sur les lignes de distribution électrique sont causées par les chutes
d’arbre lors de tempêtes (coupures) et périodes de froid, neige collante et givre (problèmes de
tension et coupures). En 2009, la tempête Klaus qui a frappé le Sud-Ouest avec des vents
dépassant les 160 et 170 km/h dans l’intérieur des terres, a été { l’origine de 400 courts-circuits
fugitifs, essentiellement du fait de chute d’arbres. 1,7 millions de foyers se sont retrouvés sans
électricité le 24 janvier 2009, 75% de ces foyers avaient été reconnectés 2 jours plus tard et les
derniers ménages ont été réalimentés à partir du 3 février. Le Limousin a particulièrement été
frappé par les dernières tempêtes. Il convient toutefois de préciser que le nombre de courtscircuits consécutifs à la tempête représente moins de 9% des courts-circuits de l’année alors que la
foudre est chaque-année responsable de plus de 50% des courts-circuits (57% en 2009).
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[44]
Figure 14 : Nombre de points de connexion privés d’électricité à la suite des tempêtes de
2009 et 2010 (CRE, ERDF)
Le risque inondations est un risque important pour les installations de stockage et pour le réseau
gaz et le réseau électrique enterré. L’apparition d’une crue centenaire aurait des impacts
importants sur les réseaux et nécessiterait le délestage de zones importantes du territoire seineet-marnais. Une étude a été réalisée par ERDF en partenariat avec les pouvoirs publics sur l’impact
d’une crue centenaire sur les réseaux.
v.
L’activité touristique
Les impacts du changement climatique sur l’activité touristique { Limoges Métropole pourraient
être d’ordres divers. Le territoire pourrait bénéficier d’un report du tourisme urbain et ‘de plage’
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[45]
vers un tourisme ‘de nature’. Dans le même temps, le changement climatique devrait amener une
modification des paysages et des richesses naturelles du territoire ou de ses activités agricoles et
agro-artisanales.
Dans son rapport sur le changement climatique, les coûts des impacts et les pistes d’adaptation
de 2009, l’ONERC a approché la notion d’impact du changement climatique sur le confort des
touristes grâce { l’analyse de l’indice climato-touristique (ICT) de Mieczkowski.
La première étape a consisté { analyser sur la base de l’ICT « l’attractivité climatique» moyenne
des mois de juillet et août sur la période de référence 1980-2000. La figure suivante présente le
résultat de ce calcul.
Figure 15 : ICT des mois de juillet et août sur la période 1980 - 2000 (ONERC)
On peut constater que l’Ouest de la France offre sur la période de référence des conditions
climatiques favorables au tourisme estival. La Figure 16 propose un calcul de l’ICT dans un
scénario de changement climatique (scénario A1B du GIEC). Le changement climatique devrait se
traduire en été par une dégradation des conditions climatiques attractives pour le tourisme sur le
territoire du Grand Sud Ouest et de la Haute-Vienne.
L’impact réel des variations du climat dépend toutefois de paramètres très locaux (notamment la
présence de sources de fraîcheur, zones humides ou zones forestières) et doit être étudié à une
échelle plus locale.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[46]
Figure 16 : ICT des mois de juillet et août sur la période 2080 – 2100 sous le scénario A1B
(ONERC)
Aussi, le climat n’est pas l’unique facteur de décision de destination touristique. Des paramètres
tels que la variété de l’offre culturelle et de loisirs, la présence d’infrastructures adaptées et le prix
ne sont pas considérés dans l’indicateur ci-dessous.
Figure 17 : Les impacts croisés du changement climatique sur l’activité touristique
Milieux
naturels
Réduction de la « valeur spécifique »
des paysages, fragilisation du
tourisme « nature »
Biodiversité / Forêts /
Plans d’eau
Pression sur la
qualité et sur la
quantité de la
ressource
Confort
thermique
Eau
Eaux de loisirs et
consommation d’eau
Pressions sur
l’agriculture et réduction
de la valeur ajoutée de
l’agriculture locale
Agriculture
et terroir
Patrimoine
gastronomique
TOURISME
Fraîcheur climatique
Patrimoine
touristique
Dégradation du
confort thermique
dans les parcs de
loisirs et cités
touristiques
Risques de dommages
directs sur le patrimoine
à valeur touristique
Monuments et
bâtiments historiques
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[47]
Carte 8 : Les Sites de valeur en Haute-Vienne et à Limoges Métropole (Explicit, CARMEN)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[48]
1.4.4. La vulnérabilité des populations
Les risques directement liés au climat dans le secteur des populations concernent la Santé et sont
très hétérogènes { l’échelle locale : il s’agit principalement de la surmortalité caniculaire
(hyperthermie), de la pollution { l’ozone et du risque de développement des maladies
infectieuses.
i.
La surmortalité caniculaire
Une étude des six vagues de chaleur identifiées entre 1971 et 20039 identifie « une bonne
concordance » entre les variations quotidiennes des températures et de la mortalité pour chacune
des vagues de chaleur. L’auteur observe ainsi qu’« une augmentation progressive de la mortalité
tant que les températures [sont] très élevées [est] suivie d’une baisse rapide dès que la température
[redevient] proche de la température de référence. »
En règle générale, les études portant sur la surmortalité lors des épisodes de forte chaleur
cherchent { savoir si la forte surmortalité lors des vagues de chaleur est suivie d’une surmortalité
résiduelle dans les jours ou semaines qui suivent les vagues de chaleur ou si, au contraire, une
sous-mortalité secondaire et transitoire, révélant un éventuel phénomène d’anticipation de la
mortalité (appelé « effet moisson »), peut être observée. D’après l’étude citée précédemment,
« l’existence d’un effet moisson n’est ni systématique ni quantitativement significative. »
La canicule de l’été 2003 a été un des évènements marquant de la dernière décennie pour les
professionnels de la Santé. Au cours de la première quinzaine d’août 2003 en effet, la vague de
chaleur d’une durée et d’une intensité exceptionnelles (les températures minimales moyennes et
maximales moyennes observées sur les 11 jours de la vague de chaleur (4-15 août) étaient
respectivement de 20,0°C et 36,4°C) a entraîné un nombre de morts en excès estimé à environ
15 00010.
9
REY Grégoire, Surmortalité liée aux vagues de chaleur : facteurs de vulnérabilité sociodémographiques et
causes médicales de décès, INSERM (2007)
10
Le Rapport ‘Surmortalité liée à la canicule d’août 2003’ de l’INSERM a calculé une mortalité « attendue »
(valeur de référence) à partir notamment des nombres de décès des mois de juillet, août et septembre des années
2000 à 2002 et d’une estimation de la population (et de ses caractéristiques) en 2003.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[49]
Figure 18 : Excès de décès observé quotidiennement pendant le mois d’août 2003 et relevé
des températures maximales (trait plein) et minimales (trait en pointillé) (INSERM)
Toutes les classes d’âge de la population n’ont pas été impactées de la même manière par
l’épisode caniculaire de 2003 et la surmortalité a également varié en fonction du sexe (la
surmortalité observée chez les femmes (70%) est ainsi sensiblement plus élevée que celle
observée chez les hommes (40%)). Le degré d’urbanisation (défini selon la tranche d’unité
urbaine) semble également jouer un rôle dans l’importance relative de la surmortalité dans les
différentes régions françaises : la surmortalité, de +54% en moyenne nationale, a par exemple été
moins importante dans les zones rurales, petites agglomérations et villes de moyenne et de
grande taille (environ 40% en moyenne pour ces catégories d’unités urbaines) que dans la région
parisienne (+151%).
Les augmentations de mortalité les plus importantes ont été observées pour des causes de décès
directement attribuables à la chaleur : déshydratation, hyperthermie, coup de chaleur (fièvre
aigüe, perte de connaissance, choc cardio-vasculaire) ; viennent ensuite les maladies de l’appareil
génito-urinaire et les maladies de l’appareil respiratoire.
Aussi, l’analyse de l’effet cumulatif de plusieurs jours consécutifs d’exposition { des températures
caniculaires chez les sujets de 75 ans ou plus a permis d’observer que plus le nombre de jours
cumulés au-delà de 35°C a été élevé dans un département, plus la hausse du nombre de décès y a
été forte.
Enfin, il est important de noter que 42% des décès en excès sont survenus dans des hôpitaux, 35%
à domicile, 19% dans des maisons de retraire et 3% en clinique privée. Les nombres de décès qui
ont eu lieu à domicile et en maison de retraite ont été multipliés environ par 2 par rapport à leur
valeur habituelle.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[50]
Le Limousin a été particulièrement concerné par l’épisode caniculaire d’août 2003. Début août, les
températures ont augmenté fortement et sont restées à un niveau particulièrement élevé
pendant une dizaine de jours. Le taux de surmortalité fut très élevé pendant les jours les plus
chauds : le ratio de mortalité a été 2 à 3 fois plus élevé que le ratio attendu entre le 8 et le 14 août.
Figure 19 : Evolution du ratio de surmortalité et des températures maximales (trait rouge
plein) et minimales (trait bleu en pointillé) au mois d’août 2003 en Limousin (INSERM)
Les risques pour la santé liés { l’exposition de la population aux vagues de chaleur font intervenir
de nombreux facteurs incluant les données climatologiques, l’existence éventuelle d’une
pollution atmosphérique, les caractéristiques du micro-environnement urbain et des lieux de vie –
et plus largement l’environnement économique et social des individus, leur état de santé et leur
prise en charge médicale.
La première des causes de surmortalité liées aux épisodes caniculaires qui pourrait être influencée
{ la hausse sous l’effet du changement climatique est le « coup de chaleur », caractérisé par une
température corporelle supérieure { 40,6°C au moment du décès. Si l’on considère que les
températures maximales enregistrées au mois d’août 2003 ont dépassé en moyenne de 2°C celles
atteintes lors des trois étés les plus chauds précédents, la hausse anticipée des températures
maximales des mois d’été invite { penser que le phénomène de « coup de chaleur » prendra de
l’ampleur dans les décennies { venir. Les risques de déshydratation devraient augmenter de
même.
Les enjeux d’adaptation { une plus grande intensité et une plus grande fréquence des épisodes
caniculaires sont particulièrement décisifs en milieu urbains denses où l’effet « îlot de chaleur
urbain » peut constituer un facteur aggravant (cf. Cadre bâti, urbanisme et infrastructures).
Zoom : Le Système d’alerte canicule et santé (Sacs)
Le Sacs est fondé sur la surveillance d’un indicateur biométéorologique pouvant être lié { une
forte surmortalité quotidienne en cas d’atteinte ou de dépassement de valeurs seuils, en tenant
compte de certains critères qualitatifs (météorologiques, environnementaux, démographiques).
Cet indicateur, définis par l'InVS et Météo-France, est la moyenne sur trois jours des températures
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[51]
minimales nocturnes (Tmin) et maximales diurnes (Tmax). Pour chaque département, deux seuils
d'alerte (diurne et nocturne) ont été définis pour cet indicateur.
Si les prévisions météorologiques indiquent un risque suffisamment élevé d’atteindre ou de
dépasser ces seuils, l’InVS recommande d’activer le niveau de "mise en garde et actions" du PNC.
D’autres paramètres sont également pris en compte dans la décision, par exemple l’intensité de la
vague de chaleur, sa durée et son extension géographique.
Le tableau ci-dessous présente quelques seuils { l’échelle du grand Sud-Ouest :
Département
Commune de référence
Creuse
Guéret
Dordogne
Périgueux
Gironde
Bordeaux
Haute-Garonne
Toulouse
Haute-Vienne
Limoges
Source : InVS (2004)
ii.
Tmin
22
19
22
21
16
Tmax
33
35
36
38
36
Pollution { l’ozone
L’ozone, polluant « secondaire » qui n’est pas rejeté directement dans l’atmosphère, est produit
sous l’effet du rayonnement solaire à partir de polluants « primaires » par des réactions entre les
oxydes d’azote (émis par les pots d’échappement de véhicules, centrales thermiques et procédés
industriels) et les composés organiques volatils (hydrocarbures provenant de mauvaises
combustions d’essence, peintures, colles, solvants, etc.). L’ozone est produit en l’absence de vent
qui permettrait sa dispersion et sa production est renforcée par les fortes chaleurs.
L’ozone ayant une durée de vie relativement longue, c’est un polluant qui voyage ; il constitue de
ce fait une problématique régionale plus que locale. L’ozone est très présent autour des grandes
agglomérations qui en fournissent les précurseurs mais peut, localement toucher des zones
rurales en périphérie d’agglomération (circulation de masses d’air déplaçant les polluants
primaires vers les zones rurales).
Lors de l’épisode caniculaire de 2003, le Limousin a, comme la grande majorité des régions
françaises, dépassé les seuils de recommandations et d’information de la procédure d’alerte
nationale à la pollution atmosphérique11. Alors que, depuis la création du réseau de mesure fin
1996, une seule mesure de relevé horaire avait dépassé le seuil des 180 µg/m3 en ozone (niveau
d’information et de recommandation), 33 heures de dépassements cumulés de ce seuil ont été
observées { l’été 2003 en Limousin. Le taux record relevé au Palais-sur-Vienne, de 214 µg/m3 en
ozone s’est approché du premier seuil du niveau d’alerte (240 µg/m3 dépassé pendant 3 heures
consécutives).
Les pollutions par l’ozone, puissant oxydant, impactent { la fois les végétaux et l’homme. A haut
degré de concentration, l’ozone conduit { la formation de nécroses sur les feuilles et les aiguilles
d’arbres forestiers mais également sur de nombreux végétaux des milieux naturels. La
11
LIMAIR, Pollution par l’ozone : une situation exceptionnelle en août (2003)
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[52]
photosynthèse des végétaux soumis à ces concentrations peut diminuer et provoquer à terme
des baisses de rendement pour les cultures, voire des dépérissements des écosystèmes. Les
conséquences de la pollution par l’ozone, gaz irritant qui pénètre facilement jusqu’aux voies
respiratoires les plus fines, sur la santé dépendent de son degré de concentration, de la quantité
inhalée et de la durée d’exposition. Selon la sensibilité de chacun, il peut provoquer des irritations
des yeux, de la gorge et du nez, de la toux, des essoufflements, voire un inconfort thoracique ou
une gêne douloureuse en cas d’inspiration profonde.
Le changement climatique est susceptible d’augmenter le niveau de concentrations d’ozone
troposphérique { niveau d’émissions de polluants précurseurs constant12. Cela entrainerait une
augmentation de la morbidité et de la mortalité.
iii.
Les maladies infectieuses
L’évolution des principaux aléas climatiques (températures et pluviométrie) devraient impacter
les maladies infectieuses, leur apparition, leur développement et leur transmission. L’ampleur
comme la rapidité du phénomène { l’échelle locale sont sujets { de nombreuses incertitudes mais
les experts conçoivent que les cycles de circulation des agents pathogènes puissent être affectés
par des variations interannuelle et interdécennale. Le phénomène El Niño par exemple laisse
observer une variation de la fréquence de certaines maladies infectieuses.
Les cinq types de maladies infectieuses devraient être impactés différemment par le changement
climatique. Les maladies vectorielles (le chikungunya et le paludisme par exemple) sont
transmises par des vecteurs (animaux { sang froid, insectes, acariens) dont l’abondance et la
répartition géographique sont sensibles aux conditions climatiques et évoluent avec elles. Les
zoonoses sont des maladies circulant chez l’animal mais peuvent se transmettre { l’homme ; les
rongeurs sont les principaux animaux porteurs de maladies transmissibles { l’homme et la
population des rongeurs peut évoluer sous l’effet du changement climatique. Les maladies
alimentaires (du type salmonellose) sont transmises par la consommation de produits
alimentaires ; elles posent la question de la conservation des aliments et du respect de la chaîne
du froid, qui peut être affectée par le changement climatique. Les maladies hydriques (type
choléra) sont transmises lors de contacts avec une eau insalubre et le changement climatique
devrait impacter la qualité des eaux (cf. 3.1 Eau). Les maladies respiratoires (du type bronchite,
pneumonie et allergies) sont la cinquième catégorie de maladie infectieuse ; les conditions
climatiques devraient impacter la transmission des virus et les conditions de production des
allergènes.
Il est fortement présumé que les évolutions des équilibres climatiques auront des conséquences
en termes d’éco-épidémiologie. Des conséquences directes sur les vecteurs de maladies
vectorielles et animales (longévité des vecteurs, mortalité animale) et des conséquences
indirectes { travers l’évolution des milieux (par exemple la réduction de certaines zones humides
par la baisse des précipitations) qui créent une bio-écologie plus ou moins favorable à la
transmission des maladies. En ce qui concerne les maladies vectorielles et zoonoses, le
changement climatique devrait affecter la biologie et l’écologie des vecteurs et des hôtes
12
Changement climatique, ozone troposphérique et particules atmosphériques, et leur impact sur la santé Kristie L. Ebi1 et Glenn McGregor2
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[53]
intermédiaires. Certains spécialistes estiment que l’effet le plus sensible du changement
climatique sur la transmission devrait s’observer aux extrémités de l’intervalle de températures
favorables { la transmission, c’est-à-dire, pour de nombreuses maladies, vers 14-18°C pour les
températures les plus basses et 35-40°C pour les températures les plus élevées.
L’Europe s’est réchauffée en moyenne de 0,8°C au cours des 100 dernières années, le
réchauffement le plus important ayant concerné l’hiver et les régions septentrionales. La
poursuite de cette tendance devrait probablement faire baisser la forte mortalité hivernale des
vecteurs et rendre de nouvelles régions propices à la transmission.
Ainsi en 2004, le moustique tigre (Aedes albopictus), un des vecteurs du virus de la dengue a été
détecté pour la première fois dans les Alpes Maritimes. L’espèce a ensuite colonisé le Var et les
Bouches du Rhône. Pour la première, en août et septembre 2010, des cas de dengue ont été
recensés dans les Alpes Maritimes.
Concernant les maladies respiratoires, le Changement climatique devrait avoir deux impacts
divergeant. D’un coté, la date de démarrage de la période de pollinisation et devrait arriver plus
tôt dans l’année, la durée et l’intensité de cette pollinisation devraient s’accroître, augmentant les
nuisances des espèces végétales allergisantes et la pollinose, allergie touchant près de 10 millions
d’individus. D’un autre côté, des hivers raccourcis et des températures hivernales plus douces
auraient un impact positif sur certaines maladies respiratoires (rhumes, grippes saisonnières,
bronchites, etc.).
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[54]
1.4.5. Synthèse des risques climatiques futurs pour le territoire
La vulnérabilité future du territoire aux risques climatiques dans un contexte de changement du
climat locale dépend à la fois :

Des aléas climatiques : aujourd’hui le territoire fait face { certains aléas et ceux-ci vont
connaître une modification de leurs fréquences et de leurs intensités. Par ailleurs, d’autres
aléas climatiques inexistants { l’heure actuelle sur le territoire peuvent également
apparaître ;

De l’exposition future des populations, milieux et activités du territoire aux aléas
climatiques : celle-ci dépend de l’exposition actuelle, de l’évolution tendancielle de la
pression anthropique (augmentation de la population, choix d’aménagement,
installations d’activités) et de la stratégie de développement du territoire (politique
d’urbanisation, orientations des activités, etc.) ;

De la vulnérabilité future des populations, milieux et activités aux aléas climatiques : la
vulnérabilité future des différents secteurs à enjeux aux aléas climatiques dépend de la
prise en compte ou non du risque et de la conduite d’une politique de renforcement des
milieux, populations et activités exposés à faire face aux aléas climatiques (prise en
compte de l’aléa dans les pratiques de construction, dans les comportements individuels
et collectifs, etc.)
Risques climatiques actuels
Scénarios territoriaux
(évolution de l’exposition et
de la vulnérabilité)
Risques climatiques futurs
Evolution des aléas
climatiques dans un contexte
de changement du climat
Enjeux sectoriels et territoriaux
Le tableau de synthèse ci-dessous propose, sur la base du pré-diagnostic des enjeux locaux
d’adaptation au changement climatique, une hiérarchisation des priorités pour l’implication de la
Communauté d’Agglomération de Limoges Métropole dans une action pour l’adaptation. C’est
une vision, forcément subjective, qui doit être affinée par un diagnostic plus approfondi et
enrichie d’une connaissance de la perception des enjeux d’adaptation par les acteurs locaux et
de leur niveau de préparation à la prise en compte de ces enjeux. Le tableau en Figure 20 ne
représente en aucun cas une feuille de route pour l’action, mais plutôt une évaluation des
priorités pour le développement de la connaissance sectorielle des enjeux d’adaptation pour
Limoges Métropole.
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de
changement du climat local
[55]
Figure 20 : Synthèse de la vulnérabilité du territoire aux risques climatiques dans un contexte de changement du climat
Incidence potentielle du changement
Degré de vulnérabilité
climatique sur le degré de vulnérabilité du
climatique actuelle du secteur
secteur
Priorité pour l'action
d'adaptation
Ressource en eau
Hydrologie des cours d'eau
Zones inondables
Eaux souterraines
Milieux
Elevé
Elevé
Elevé
Hausse du degré de vulnérabilité
Hausse du degré de vulnérabilité
Hausse du degré de vulnérabilité
Moyen
Hausse du degré de vulnérabilité
Moyenne
Forte
Faible
Faible
Hausse du degré de vulnérabilité
? Incidence non modélisée
Hausse du degré de vulnérabilité
Moyenne
Faible
Faible
Moyen
? Incidence non modélisée
Hausse du degré de vulnérabilité
Moyenne
Faible
Faible
Hausse du degré de vulnérabilité
Hausse du degré de vulnérabilité
Faible
Faible
Elevé
Faible
Moyen
Faible
Faible
? Incidence non modélisée
Hausse du degré de vulnérabilité
? Incidence non modélisée
Hausse du degré de vulnérabilité
Hausse du degré de vulnérabilité
? Incidence non modélisée
Moyenne
Forte
Bidoversité en milieux aquatiques
Biodiversité en bord de cours
d'eau
Zones humides
Paysages et biodiversité
Zones forestières
Agriculture
Elevage
Cultures
Cadre bâti, infrastructures
Activités
Mouvements de terrain
Retrait-gonflement des argiles
Energie
Equilibre offre-demande
Transport-distribution
Tourisme
Surmortalité caniculaire
Populations Pollution à l'ozone
Maladies infectieuses
Faible
Moyenne
Moyenne
Faible
Diagnostic des vulnérabilités du territoire de Limoges Métropole aux risques climatiques dans un contexte de changement du climat local
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