Nous revoilà - Ile du Beurre
Transcription
Nous revoilà - Ile du Beurre
Courrier des Activités Scientifiques et Techniques d’un Observatoire du Rhône n°31 | décembre 2007 Une équipe nouvelle > actualité > p. 2 Le comptage des castors > chiffres > p. 4 L’arrivée de la Véloroute sur le sentier de l’Île du Beurre > actualité > p. 5 éditorial « Nous revoilà ! » Voici quatre ans que le C.A.S.T.O.R. avait disparu. Non pas le sympathique mammifère rongeur de la famille des Castoridés dont le Centre porte le nom en vieux français. Rassurez vous, ils se portent très bien. Il s’agit, bien sûr, de la disparition de notre bulletin d’informations !! Nous nous en excusons auprès de vous, même si nous ne sommes guère excusables d’avoir cessé de vous donner des nouvelles de notre Centre d’observation. Nous comptons sur votre indulgence ! Que s’est-il passé pendant ces années ? La structure a un nouveau directeur, Monsieur Pascal de Montmorillon. L’équipe s’est considérablement renouvelée et a, avec son nouveau directeur, retrouvé la sérénité sans laquelle il n’est point de travail efficace ni d’accueil du public à la hauteur de nos exigences. Notre activité s’est développée. À nos fidèles partenaires que sont le Conseil général du Rhône, la Compagnie Nationale du Rhône, le Syndicat Rhône-Gier, s’est ajouté le Conseil Général de l’Isère car notre Centre est, désormais, chargé de projets en rive gauche du Rhône sur la commune de Chonas-l’Amballan. Si l’on ajoute à cela, les développements futurs sur l’Ile de la Chèvre, facilités par la réalisation de la passerelle, empruntée par la Véloroute Léman-Méditerranée, vous conviendrez que notre association témoigne d’un réel dynamisme attesté, dans un autre domaine, par la progression des accueils de groupes et d’individuels. Les finances étant en ordre, nous connaissons une période de vie paisible ! Cela étant relativement rare dans la vie des associations, il ne faut pas manquer l’occasion de s’en réjouir ! Les travaux de traversée de l’île du Beurre par la Véloroute ont commencé et le Centre d’observation en partage la maîtrise d’œuvre avec la CNR. Ce passage donnera lieu, en 2008, aux aménagements complémentaires prévus avec la Communauté de Communes de la Région de Condrieu pour permettre au centre de bien répondre à l’accroissement du nombre des visiteurs. Ainsi le Centre d’Observation de l’Ile du Beurre poursuit avec détermination et enthousiasme un chemin commencé il y aura bientôt vingt ans et… comme on n’a pas tous les jours vingt ans nous vous proposons de fêter ensemble ce bel anniversaire ! Gabriel Montcharmont, président du CONIB 2 | n°31 | décembre 2007 | Ile du Beurre actualité Une équipe nouvelle dans la continuité de son engagement En 2006 l’équipe de l’île du Beurre a été largement renouvelée dans la prolongation des actions engagées en gardant les acquis de son histoire et de son expérience, elle a aussi été confortée de deux personnes pour répondre à des besoins nouveaux. Le poste de Marion Delaigue a été confié à Audrey Pezet qui assure depuis mars 2006 le volet études du Centre, comme la rédaction des plans de gestion, le suivi de l’ENS de Gerbey et la Véloroute. Enfin des missions ponctuelles ont été confiées à Justine Pabois. Parmi nous depuis septembre 2006, elle s’est occupée de la mise en place de sentiers d’observation sur Gerbey et sur Septème et contribue aux actions de communication sur l’ENS de Gerbey. Au vu des besoins d’accueil et de secrétariat, Catherine Nicolas a été recrutée en septembre 2006, elle tient l’accueil les après midi. Isabelle Gelain assure l’entretien de la maison depuis 2003 ! La direction de l’association menée par Hélène Froget à la suite de Georges Grenouillet depuis 2003 a été reprise par Pascal de Montmorillon en juillet 2005. Les départs ont tous été volontaires de la part des « anciens » qui ont eu des opportunités d’évolution, des projets ou des obligations familiales. Ces « turbulences » n’ont pas empêché l’Ile du Beurre d’assumer sa vocation, on peut même se féliciter de l’arrivée d’un sang neuf sur le site En 2005, de gauche à droite Lucie Moreau, Ophélie Sauget , Marion Delaigue, Raphaël Barlot, Didier Turc, Pascal de Montmorillon. La gestion du site est assurée par Raphaël Barlot, chargé des suivis écologiques faune et flore et de la planification des actions d’entretien des différents milieux conduite par Didier Turc. Didier assure l’entretient du matériel du Centre et le fonctionnement de la maison. Une nouvelle aide nous est assurée par Martin Coutant en contrat d’apprentissage, depuis septembre. L’animation a connu un renouvellement complet en 2006, puisque Marc Voydeville a remplacé Lucie Moreau, pour le secteur du grand public depuis février et que Anne CharvetQuemin a remplacé Ophélie Saugey pour les scolaires depuis septembre. En 2007, Anne, Justine, Catherine, Marc, Audrey, et toujours …Isabelle L’arrivée d’un sang neuf sur le site de l’Île du Beurre. Pascal de Montmorillon Ile du Beurre | décembre 2007 | n°31 | bilan de faisabilité de l’extension de l’ENS de Gerbey, la préparation de sentiers d’intreprétation proposés par les communes. La volonté de plus et mieux s’impliquer dans les réseaux locaux et au sein des structures de développement territorial s’illustre par la contribution active en 2007 au Contrat de Développement Rhône-Alpes de Rhône Pluriel, en 2006 au SCOT des Rives du Rhône, aux réseaux des gestionnaires de milieux, aux commissions et groupes d’étude du Parc naturel régional du Pilat. Un regard sur les points phare des derniers temps MM. Genty, Flacher et Montcharmont lors de la signature de la nouvelle convention de partenariat pour 2007-2011. Depuis le dernier «C.A.S.T.O.R.» le Centre d’observation de la nature de l’Ile du Beurre n’a pas chômé : remise à plat des objectifs, planification des actions et mises en œuvre ont été au menu des derniers temps. Dès 2005, les valeurs, missions et objectifs essentiels de l’association, validés par l’équipe et les administrateurs, sont redéfinis. Une structuration rigoureuse se poursuit depuis, autour des actions, des rapports, des dossiers, des partenariats… Dans le domaine des moyens humains, l’Ile du Beurre a connu des évolutions importantes de son personnel durant ces dernières années où trois directeurs se sont succédés. Le nombre des animateurs a doublé en 2003 pour revenir à l’effectif initial de 2 actuellement, avec des moyens de gestions restés identiques. Mais un nouveau poste orienté sur les études et l’aménagement de l’espace a pu être créé de même qu’une une assistante administrative et d’accueil a été recrutée ainsi qu’un agent de valorisation du patrimoine en 2007. Un effort payant de communication par des documents de qualité a été lancé par l’édition du bilan du plan de gestion précédent, et surtout par l’édition du Guide du visiteur qui attendait depuis 1999 une édition actualisée ; le C.A.S.T.O.R. qui repointe son nez par ce numéro est aussi l’aboutissement de cette politique. Île de la Chèvre Île du Beurre En 2007, l’élaboration d’un nouveau plan de gestion de l’Ile du Beurre a été assurée en interne avec l’appui d’un comité de pilotage. Ce plan de gestion a fait suite à la rédaction en 2006 du bilan des cinq ans du document précédent. Ces travaux ont largement mobilisé l’équipe. 3 Gerbey STATUTS DE L'ESPACE domaine public domaine CNR propriété Syndicat Rhône-Gier arrêté de biotope Île du Beurre Si des difficultés de trésorerie récurrentes entravent le fonctionnement de l’Ile du Beurre on a pu enregistrer une amélioration entamée en 2005, confortée en 2006 qui se confirme en cette fin d’année. En parallèle les années budgétaires se sont bien conclues en 2005 et 2006. Cette évolution illustre d’une part la rigueur de gestion voulue par les administrateurs et d’autre part le soutien confirmé et amélioré de nos partenaires qui ont renouvelé leur confiance à la structure en accompagnant sa nouvelle ambition financière concrétisée en 2007. En ce qui concerne la gestion des arrêté de biotope Gerbey milieux, une continuité des activités Mais dans l’évaluation permanente a été assurée ces dernières années des actions engagées qui nous présuivant la programmation des plans L’île du Beurre assure la gestion de l’ENS occupe, des marges de progrès ont de gestion. Celui réalisé pour l’Ile de la forêt alluviale de Gerbey. été aussi pointées, lors de la dernière du Beurre couvre la période 2006 à 2010 tandis que celui assemblée Générale d’avril 2007. Notamment le besoin apconcernant la forêt alluviale de Gerbey va de 2005 à 2009. paraît d’un rapprochement du monde des adhérents (Journal De nouveaux chantiers naturalistes ont été lancés (réseau du Castor, bénévolat… ?), d’un développement des animacastor, réseau Epipactis…) et de nouveaux sites sont appré- tions touristiques, d’une présence accrue auprès de la comhendés comme la forêt alluviale de Gerbey et l’Ile de la Chèvre munauté scientifique, d’une veille environnementale toujours sur les domaines qui nous sont confiés. nécessaire… En 2006 une pérennité de l’animation scolaire et adulte a eu lieu mais un net accroissement des animations scolaires a été permis en 2007 grâce à une politique active de communication et de relationnel avec les enseignants. Un lancement d’études lourdes s’est mis en place dès 2006 et s’est concrétisé l’année en cours avec la Véloroute, l’étude C’est à tous ces domaines d’activité que nous souhaitons faire allusion dans les prochains numéros du « Castor » en vous associant aux enjeux qui nous préoccupent et aux réponses que nous essayons d’y apporter. Pascal de Montmorillon 4 | n°31 | décembre 2007 | Ile du Beurre chiffres clés Le comptage des castors Cette année encore, la population de Castor d’Europe de l’Ile du Beurre a fait l’objet d’un suivi. Lors de la période hivernale, la cartographie des zones d’activité des castors est réalisée avec le relevé systématique de tous les indices de présence. Ce premier travail permet de localiser les zones d’installation des familles. Puis au mois de juin, un dénombrement de la population est réalisé, afin d’essayer de connaître les évolutions en terme d’effectif de cette population. Ces comptages sont conduits par le Centre d’Observation de la Nature de l’Ile du Beurre depuis 1995. Avant de vous donner les résultats, un petit rappel méthodologique est nécessaire. Sur le pourtour du site, 14 postes d’observation sont définis sur lesquels les participants sont répartis. À partir de ces points, chacun doit consigner dans un tableau les déplacements et surtout les entrées et sorties de Castors de son champ de vision. Sur le Rhône, les zones d’observation sont limitées par des piquets afin d’éviter les superpositions de champs d’observation, et les doubles comptages. Tout ceci est réalisé entre 19h30 et 21h30, au-delà la diminution de la luminosité peut entraîner des confusions entre les castors et les ragondins. Le dépouillement se fait ensuite par la reconstitution des parcours des castors par recoupement entre les postes. Ce chiffre confirme l’évolution de la population depuis 2003 sur le secteur observé (graphique 1). L’hypothèse la plus probable de la forte baisse entre 2002 et 2003 est le passage d’une crue plus meurtrière que les autres, à savoir la crue décennale de novembre 2002. Depuis 2003, la recolonisation du site est facilement visible avec une augmentation des effectifs très significative. Si les données des différents comptages sont rassemblées, il est possible de préciser un peu plus les dénombrements en recoupant également avec les secteurs d’activité hivernale. Pour 2007, le nombre de castors différents vus est de 19 le 26 juin. En analysant les différents secteurs d’activité pour les autres comptages, il est vraisemblable que les effectifs soient de 19 à 22 individus répartis en 6 à 8 familles. La méthode étant validée par la participation du plus grand nombre, nous sommes heureux d’avoir pu réunir une vingtaine de naturalistes à chaque comptage en provenance de différentes structures (CORA Rhône, FRAPNA Rhône, PNR Pilat, adhérents et tous les indépendants). Nous les remercions de leur indispensable participation, en espérant que ces moments passés sur notre site ont été enrichissants aussi bien du point de vue naturaliste que du point de vue humain. Estimation de l’effectif 25 23 21 19 24 23 Forte crue hivernale 21 21 19 18 17 Cette méthode permet d’avoir 17 16 une estimation basse de la po- 15 13 pulation. Dans la mesure où le 13 10 comptage s’arrête à 21h30, les 11 9 9 castors sortant de leur terrier 7 au-delà ne sont pas comptabili- 5 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 sés. La répétition sur plusieurs Graphique 1- Résultats des estimations de la population dates au mois de juin, permet de castors sur le site de l’Ile du Beurre en 2007. d’éliminer les jours où les facteurs environnementaux, tels que la météorologie (vent du Sud entraînant de fortes vagues, orage) ou bien l’hydrologie du fleuve (crue ou étiage important), limitent l’activité du Castor. L’évolution de la population sur près de 13 années est maintenant connue sur le site de l’Ile du Beurre. Pour 2007, d’après les comptages, la population de castors sur le site étendu de l’Ile du Beurre est d’au moins 19 individus vus le 26 juin. 19 15 2006 2007 Dans tous les cas, le suivi continu de cette population est indispensable car les années à venir pourraient nous apporter quelques indices suivant l’évolution des effectifs. C’est pourquoi nous avons encore besoin de vous l’année prochaine, et nous vous remercions encore pour votre participation. Dates Nombre de castors observés 12/06/2007 12 19/06/2007 13 26/06/2007 19 03/07/2007 13 Résultats des estimations de la population de castors sur le site de l’Ile du Beurre en 2007. Raphaël Barlot Ile du Beurre | décembre 2007 | n°31 | 5 actualité L’arrivée de la Véloroute sur le sentier de l’Ile du Beurre Après des débats internes difficiles, le Centre d’observation a dû accepter le projet et en a négocié la maîtrise d’œuvre. Cela signifie que nous faisons le lien entre les entreprises, qui travaillent sur le terrain, et le maître d’ouvrage, à savoir la Communauté de Communes de la Région de Condrieu, qui a défini le programme et décide des réalisations finales. Le linéaire de véloroute situé entre les passerelles du Bassenon et de la Chèvre a été partagé en 3 tronçons : - sur le 1er cohabitent piétons et cyclistes à qui il est demandé de marcher à côté de leur vélo ; - sur le 2ème, le sentier est maintenu tel quel pour les piétons et la véloroute, réservée aux cyclistes et aux personnes à mobilité réduite, longe la voie ferrée ; - lorsque les deux voies se rejoignent, elles restent côte à côte, séparées par une barrière basse, jusqu’à la passerelle qui mène à l’Ile de la Chèvre. En contre-partie du passage de ce tronçon de Véloroute sur le sentier d’observation, nous avions demandé des compensations : les observatoires existants seront réaménagés, un nouvel observatoire sera construit sur l’Ile de la Chèvre, et un certain civisme sera demandé aux personnes empruntant ce tracé. Lorsque piétons et cyclistes cohabiteront, des chicanes obligeront ces derniers à mettre pied à terre afin de limiter les risques d’accident. Sentier dans son aspect initial. Projet d’ampleur nationale en latence, l’idée d’une Véloroute sur le site de l’Ile du Beurre est réapparue à la fin de l’année 2006. Tout s’est accéléré début 2007 : un appel d’offre a été lancé et toutes les démarches nécessaires au démarrage des travaux ont été engagées. Nous souhaitons que tous les publics aient accès à ce site : c’est pourquoi le cheminement qui ira de la maison d’accueil au premier observatoire sera réalisé en sable stabilisé-lié. De plus, toutes les pentes qui étaient présentes sur le linéaire de véloroute situé entre les deux passerelles ont été ramenées à 4%, limite maximale tolérée pour des personnes en fauteuil roulant. Elles pourront ainsi facilement accéder au premier observatoire, et, si elles le souhaitent, poursuivre leur visite. Il y a des chances que vous le sachiez déjà, et si ce n’est pas le cas, je vais donc vous l’apprendre : la véloroute «du Léman à la Méditerranée» arrive sur notre site. Cela signifie concrètement qu’une bonne partie du tracé du sentier que vous connaissez va être remplacée par un cheminement plus large (2,50 m) permettant à des cyclistes de se croiser, et à des piétons de continuer à se balader sur ce linéaire en toute sécurité. A l’heure actuelle, vous pouvez accéder à la maison d’accueil du Centre d’observation par une passerelle réservée aux piétons qui enjambe le ruisseau du Bassenon. Une fois à la maison d’accueil, vous pouvez soit emprunter le sentier qui mène aux observatoires en faisant un aller/retour, soit parcourir le sentier «de lônes en terrasses» dans son intégralité, donc monter jusqu’à Semons. Avec l’arrivée de la Véloroute, deux nouvelles passerelles vont être installées : l’une plus large au-dessus du Bassenon, et l’autre permettant de rejoindre l’Ile de la Chèvre. Mise en place de la piste. Audrey Pezet 6 | n°31 | décembre 2007 | Ile du Beurre brève Inauguration de l’ENS local «forêt alluviale de Gerbey» Suite au classement en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique), puis en APPB (Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope), le Conseil Général de l’Isère a mis en œuvre une politique de protection et de gestion de la forêt alluviale de Gerbey à Chonas-l’Amballan. Le 10 juillet 2007 a eu lieu l’inauguration de cet Espace Naturel Sensible local. Une avancée significative après un dur labeur mené depuis 2005 par la commune de Chonas-l’Amballan avec l’appui de l’Ile du Beurre! Suite à un projet en partenariat avec de nombreux acteurs du territoire, les spécificités de la forêt alluviale sont enfin reconnues, en plus de leur intérêt patrimonial, comme source de pédagogie. Pourquoi y avait-il besoin de classer le site en ENS ? Pour pouvoir combiner préservation et découverte pédagogique. La politique du Conseil Général est de ne pas sanctuariser la nature, mais de faire comprendre aux visiteurs qu’en apprenant à découvrir, on assimile mieux pourquoi il faut protéger l’espace naturel qui nous entoure. Des animations encadrées ont lieu dès cet automne 2007 (scolaires et grand public), mais leur nombre sera limité afin de pérenniser le développement des espèces présentes sur le site. Inauguration officielle de l’ENS local, le 10 juillet 2007. bilan Stage aquarelle Devenu un incontournable des activités grand public du Centre d’observation de la nature, un stage d’aquarelle a été à nouveau organisé en octobre dernier. Encadré par l’aquarelliste de talent Joël Tenzin, une dizaine de stagiaires ont ainsi appris à « croquer » tout en développant leur technique et leur fibre artistique. Au final : une île sauvage flottant sur le Rhône, les vignobles escarpés de Côtes-Rôties ou encore la pittoresque église de Semons… Au vu des progrès réalisés par les apprentis aquarellistes et de l’ambiance très conviviale qui régnait au sein du groupe, le rendez-vous est donné pour un nouveau stage en 2008! Ile du Beurre | décembre 2007 | n°31 | 7 zoom Les sorties de l’hiver Affûts rapaces nocturnes : les mercredis 20 février, 12 et 26 mars à 16h45. Pour les adhérents, différents comptages sont proposés : Grand-Duc : janvier 2008, Grand Cormoran : 5 décembre 2007 et 30 janvier 2008, Oiseaux d’eau hivernants : 14 décembre 2007 et 15 janvier 2008. Hibou grand duc d’Europe. rappel Graines de tournesol Cette année encore, en cette période de froid hivernal, nous proposons à la vente des graines de tournesol pour nourrir les oiseaux du jardin. Ces graines, en provenance du CORA (Centre Ornithologique Rhône-Alpes) du Rhône ont été cultivées selon les règles de l’agriculture biologique. De plus, les producteurs ont bien voulu décaler leurs périodes de récolte afin de permettre aux jeunes Oedicnèmes criards, oiseaux limicoles nichant dans les parcelles de céréales, de prendre leur envol sans se faire écraser par les moissonneuses batteuses. Elles ont été triées (tamisées) de manière à ce que d’autres semences, comme celles de l’ambroisie, n’y soient pas mélangées et ne se dispersent pas d’autant plus facilement. Deux conditionnements sont disponibles : • des sacs de 5 kg pour un tarif de 7€ le sac, • des sacs de 25 kg pour un tarif de 25€ le sac. Pour vous en procurer, téléphonez-nous au 04 74 56 62 62 du lundi au jeudi de 13h à 17h et nous vous réserverons votre commande. Mangeoire avec graines de tournesol et mésanges. expositions Les champignons Photos de Georges Grenouillet et céramiques de Jacques Frier. Jusqu’au 15 janvier (Entrée libre) Les rapaces nocturnes du Pilat Du 16 janvier au 31 mars (Entrée libre) Horaires Du lundi au jeudi de 14h à 17h, toute l’année. Hypholomes fasciculaires De novembre à mars les jours fériés et 1er dimanche du mois de 14h à 18h ; D’avril au 15 octobre les jours fériés et tous les dimanche de 14h à 18h ; Fermeture annuelle du Centre entre le 25 décembre et le 1er janvier, et le 1er mai. 8 | n°30 | décembre 2007 | Ile du Beurre récit d’observation Instants de bords du Rhône… Fin d’après-midi. Début d’été. Chants de fauvettes, de merles, de rouge-gorges, de grives. Au pied de l’observatoire, la lône. Des ronds dans l’eau… Plusieurs carpes viennent crever la surface verte et laissent apparaître, quelques instants, leur nageoire dorsale. Une cane, inquiète, entraîne ses petits vers un abri de la berge. Le Martin-pêcheur passe à plusieurs reprises, trop vite. Une poule d’eau progresse avec ardeur, tirant derrière elle un long sillage en V, comme à la force de son cou qu’elle projette en avant, laborieusement. Les chants d’oiseaux se mêlent au bruit de fond des trains, de la route, des chiens… Du coton de peuplier descend lentement vers l’eau. Odeur de chèvrefeuille. Des milans noirs se sont perchés sur un arbre mort, installés pour la nuit. D’autres, nombreux, tournoient en sifflant. À mesure que le soleil décline, le reflet des peupliers de l’Ile est venu chasser l’ombre des arbres de la rive droite, une ombre coupée de tranches de lumière dans lesquelles le Martin, au ras de l’eau, s’éclairait de bleus changeants. Les grenouilles se sont tues, les oiseaux chantent moins. Les hérons ont quitté la berge pour se réfugier en hauteur, où ils se disputent bruyamment un perchoir pour la nuit. Un ragondin, inlassablement, mastique une invisible nourriture qu’il manipule dans l’eau, avant de la mâcher. Immobile à la surface, il dessine sans interruption des cercles de lumière autour de lui. Un autre ragondin, près de la berge, s’aventure à proximité d’un jeune héron qui cède la place, sur la pointe des pieds, les ailes déployées. Intimidé lui-même, le ragondin s’enfuit, en bonds maladroits, dans l’eau peu profonde. Au pied de l’observatoire, sous les broussailles, une mère poule d’eau appelle ses poussins d’un « piou-piou » régulier. Derrière elle, quatre petits bouchons noirs s’activent à ne pas s’égarer. La petite troupe progresse jusqu’à un tronc mi immergé sur lequel la mère monte et s’inquiète de la réussite des petits. Les trois premiers parviennent à grimper seuls. Pour le quatrième, elle retourne à l’eau pousser du bec le retardataire. Sitôt l’exercice réussi, il est abandonné : de ses grands doigts, la poule arpente le tronc avant de se jeter à l’eau, toujours en caquetant, aussitôt suivie de ses quatre petites noix de duvet noir, qui semblent sans poids, et se hâtent de rejoindre le signal de ralliement, dans les brindilles entremêlées de la berge. Un petit vent se lève, dans lequel on distingue quelques bouffées d’air chaud. Les bruits de l’autre rive du Rhône semblent proches. Signe de pluie pour demain ? Instant de bonheur simple, d’harmonie, de quiétude, instant de bords du Rhône… Georges Grenouillet Joyeux Noël ! Courrier des Activités Scientifiques et Techniques d’un Observatoire du Rhône n°31 | décembre 2007 Tirage à 200 exemplaires Crédits photos | noms des photographes Création maquette | graphica (www.fannylanz.com) Impression | Buroset sur papier recyclé Les articles sont publiés sous l’entière responsabilité de leurs auteurs. Centre d’Observation de la Nature de l’Ile du Beurre 69420 Tupin et Semons tél : 04 74 56 62 62 fax : 04 74 56 69 09 e-mail : [email protected] site : www.iledubeurre.org