Nous revoilà - Ile du Beurre

Transcription

Nous revoilà - Ile du Beurre
Courrier des Activités Scientifiques et Techniques
d’un Observatoire du Rhône
n°31 | décembre 2007
Une équipe nouvelle
> actualité > p. 2
Le comptage des castors
> chiffres > p. 4
L’arrivée de la Véloroute
sur le sentier de l’Île du Beurre
> actualité > p. 5
éditorial
« Nous revoilà ! »
Voici quatre ans que le C.A.S.T.O.R. avait disparu. Non pas le
sympathique mammifère rongeur de la famille des Castoridés
dont le Centre porte le nom en vieux français. Rassurez vous,
ils se portent très bien. Il s’agit, bien sûr, de la disparition de
notre bulletin d’informations !!
Nous nous en excusons auprès de vous, même si nous ne
sommes guère excusables d’avoir cessé de vous donner des
nouvelles de notre Centre d’observation. Nous comptons sur
votre indulgence !
Que s’est-il passé pendant ces années ? La structure a
un nouveau directeur, Monsieur Pascal de Montmorillon.
L’équipe s’est considérablement renouvelée et a, avec son
nouveau directeur, retrouvé la sérénité sans laquelle il n’est
point de travail efficace ni d’accueil du public à la hauteur de
nos exigences.
Notre activité s’est développée. À nos fidèles partenaires que
sont le Conseil général du Rhône, la Compagnie Nationale du
Rhône, le Syndicat Rhône-Gier, s’est ajouté le Conseil Général
de l’Isère car notre Centre est, désormais, chargé de projets en
rive gauche du Rhône sur la commune de Chonas-l’Amballan.
Si l’on ajoute à cela, les développements futurs sur l’Ile de la
Chèvre, facilités par la réalisation de la passerelle, empruntée
par la Véloroute Léman-Méditerranée, vous conviendrez que
notre association témoigne d’un réel dynamisme attesté, dans
un autre domaine, par la progression des accueils de groupes
et d’individuels.
Les finances étant en ordre, nous connaissons une période de
vie paisible ! Cela étant relativement rare dans la vie des associations, il ne faut pas manquer l’occasion de s’en réjouir !
Les travaux de traversée de l’île du Beurre par la Véloroute ont
commencé et le Centre d’observation en partage la maîtrise
d’œuvre avec la CNR. Ce passage donnera lieu, en 2008, aux
aménagements complémentaires prévus avec la Communauté de Communes de la Région de Condrieu pour permettre au centre de bien répondre à l’accroissement du nombre
des visiteurs.
Ainsi le Centre d’Observation de l’Ile du Beurre poursuit avec
détermination et enthousiasme un chemin commencé il y aura
bientôt vingt ans et… comme on n’a pas tous les jours vingt ans
nous vous proposons de fêter ensemble ce bel anniversaire !
Gabriel Montcharmont, président du CONIB
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| n°31 | décembre 2007 | Ile du Beurre
actualité
Une équipe nouvelle dans la continuité de son engagement
En 2006 l’équipe de l’île du Beurre a été largement
renouvelée dans la prolongation des actions engagées
en gardant les acquis de son histoire et de son expérience, elle a aussi été confortée de deux personnes
pour répondre à des besoins nouveaux.
Le poste de Marion Delaigue a été confié à Audrey Pezet qui
assure depuis mars 2006 le volet études du Centre, comme
la rédaction des plans de gestion, le suivi de l’ENS de Gerbey
et la Véloroute.
Enfin des missions ponctuelles ont été confiées à Justine
Pabois. Parmi nous depuis septembre 2006, elle s’est occupée
de la mise en place de sentiers d’observation sur Gerbey et sur
Septème et contribue aux actions de communication sur l’ENS
de Gerbey.
Au vu des besoins d’accueil et de secrétariat, Catherine
Nicolas a été recrutée en septembre 2006, elle tient l’accueil
les après midi.
Isabelle Gelain assure l’entretien de la maison depuis 2003 !
La direction de l’association menée par Hélène Froget à la
suite de Georges Grenouillet depuis 2003 a été reprise par
Pascal de Montmorillon en juillet 2005.
Les départs ont tous été volontaires de la part des « anciens »
qui ont eu des opportunités d’évolution, des projets ou des
obligations familiales. Ces « turbulences » n’ont pas empêché
l’Ile du Beurre d’assumer sa vocation, on peut même se féliciter
de l’arrivée d’un sang neuf sur le site
En 2005, de gauche à droite Lucie Moreau, Ophélie Sauget ,
Marion Delaigue, Raphaël Barlot, Didier Turc, Pascal de Montmorillon.
La gestion du site est assurée par Raphaël Barlot, chargé
des suivis écologiques faune et flore et de la planification
des actions d’entretien des différents milieux conduite par
Didier Turc. Didier assure l’entretient du matériel du Centre
et le fonctionnement de la maison. Une nouvelle aide nous
est assurée par Martin Coutant en contrat d’apprentissage,
depuis septembre.
L’animation a connu un renouvellement complet en 2006,
puisque Marc Voydeville a remplacé Lucie Moreau, pour le
secteur du grand public depuis février et que Anne CharvetQuemin a remplacé Ophélie Saugey pour les scolaires depuis
septembre.
En 2007, Anne, Justine, Catherine, Marc, Audrey, et toujours …Isabelle
L’arrivée d’un sang neuf
sur le site de l’Île du Beurre.
Pascal de Montmorillon
Ile du Beurre | décembre 2007 | n°31 |
bilan
de faisabilité de l’extension de l’ENS de Gerbey, la préparation
de sentiers d’intreprétation proposés par les communes.
La volonté de plus et mieux s’impliquer dans les réseaux locaux
et au sein des structures de développement territorial s’illustre
par la contribution active en 2007 au Contrat de Développement
Rhône-Alpes de Rhône Pluriel, en 2006 au SCOT des Rives du
Rhône, aux réseaux des gestionnaires de milieux, aux commissions et groupes d’étude du Parc naturel régional du Pilat.
Un regard sur les points
phare des derniers temps
MM. Genty, Flacher et Montcharmont lors de la signature
de la nouvelle convention de partenariat pour 2007-2011.
Depuis le dernier «C.A.S.T.O.R.» le Centre d’observation
de la nature de l’Ile du Beurre n’a pas chômé : remise à
plat des objectifs, planification des actions et mises en
œuvre ont été au menu des derniers temps.
Dès 2005, les valeurs, missions et
objectifs essentiels de l’association,
validés par l’équipe et les administrateurs, sont redéfinis. Une structuration rigoureuse se poursuit depuis,
autour des actions, des rapports, des
dossiers, des partenariats…
Dans le domaine des moyens humains, l’Ile du Beurre a
connu des évolutions importantes de son personnel durant
ces dernières années où trois directeurs se sont succédés.
Le nombre des animateurs a doublé en 2003 pour revenir à
l’effectif initial de 2 actuellement, avec des moyens de gestions restés identiques. Mais un nouveau poste orienté sur
les études et l’aménagement de l’espace a pu être créé de
même qu’une une assistante administrative et d’accueil
a été recrutée ainsi qu’un agent de valorisation du patrimoine en 2007.
Un effort payant de communication par des documents de
qualité a été lancé par l’édition du bilan du plan de gestion
précédent, et surtout par l’édition du Guide du visiteur qui
attendait depuis 1999 une édition actualisée ; le C.A.S.T.O.R. qui
repointe son nez par ce numéro est aussi l’aboutissement de cette politique.
Île de la Chèvre
Île du Beurre
En 2007, l’élaboration d’un nouveau
plan de gestion de l’Ile du Beurre a
été assurée en interne avec l’appui
d’un comité de pilotage. Ce plan de
gestion a fait suite à la rédaction en
2006 du bilan des cinq ans du document précédent. Ces travaux ont largement mobilisé l’équipe.
3
Gerbey
STATUTS DE L'ESPACE
domaine public
domaine CNR
propriété Syndicat Rhône-Gier
arrêté de biotope Île du Beurre
Si des difficultés de trésorerie récurrentes entravent le fonctionnement
de l’Ile du Beurre on a pu enregistrer
une amélioration entamée en 2005,
confortée en 2006 qui se confirme
en cette fin d’année. En parallèle
les années budgétaires se sont bien
conclues en 2005 et 2006. Cette évolution illustre d’une part la rigueur de
gestion voulue par les administrateurs
et d’autre part le soutien confirmé et
amélioré de nos partenaires qui ont
renouvelé leur confiance à la structure
en accompagnant sa nouvelle ambition
financière concrétisée en 2007.
En ce qui concerne la gestion des
arrêté de biotope Gerbey
milieux, une continuité des activités
Mais dans l’évaluation permanente
a été assurée ces dernières années
des actions engagées qui nous présuivant la programmation des plans L’île du Beurre assure la gestion de l’ENS
occupe, des marges de progrès ont
de gestion. Celui réalisé pour l’Ile de la forêt alluviale de Gerbey.
été aussi pointées, lors de la dernière
du Beurre couvre la période 2006 à 2010 tandis que celui assemblée Générale d’avril 2007. Notamment le besoin apconcernant la forêt alluviale de Gerbey va de 2005 à 2009. paraît d’un rapprochement du monde des adhérents (Journal
De nouveaux chantiers naturalistes ont été lancés (réseau du Castor, bénévolat… ?), d’un développement des animacastor, réseau Epipactis…) et de nouveaux sites sont appré- tions touristiques, d’une présence accrue auprès de la comhendés comme la forêt alluviale de Gerbey et l’Ile de la Chèvre munauté scientifique, d’une veille environnementale toujours
sur les domaines qui nous sont confiés.
nécessaire…
En 2006 une pérennité de l’animation scolaire et adulte a
eu lieu mais un net accroissement des animations scolaires
a été permis en 2007 grâce à une politique active de communication et de relationnel avec les enseignants.
Un lancement d’études lourdes s’est mis en place dès 2006
et s’est concrétisé l’année en cours avec la Véloroute, l’étude
C’est à tous ces domaines d’activité que nous souhaitons faire
allusion dans les prochains numéros du « Castor » en vous
associant aux enjeux qui nous préoccupent et aux réponses
que nous essayons d’y apporter.
Pascal de Montmorillon
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| n°31 | décembre 2007 | Ile du Beurre
chiffres clés
Le comptage des castors
Cette année encore, la population de Castor d’Europe de
l’Ile du Beurre a fait l’objet d’un suivi. Lors de la période
hivernale, la cartographie des zones d’activité des castors est réalisée avec le relevé systématique de tous les
indices de présence. Ce premier travail permet de localiser les zones d’installation des familles. Puis au mois de
juin, un dénombrement de la population est réalisé, afin
d’essayer de connaître les évolutions en terme d’effectif
de cette population. Ces comptages sont conduits par
le Centre d’Observation de la Nature de l’Ile du Beurre
depuis 1995.
Avant de vous donner les résultats, un petit rappel méthodologique est nécessaire. Sur le pourtour du site, 14 postes
d’observation sont définis sur lesquels les participants sont
répartis. À partir de ces points, chacun doit consigner dans
un tableau les déplacements et
surtout les entrées et sorties de
Castors de son champ de vision.
Sur le Rhône, les zones d’observation sont limitées par des
piquets afin d’éviter les superpositions de champs d’observation,
et les doubles comptages. Tout
ceci est réalisé entre 19h30 et
21h30, au-delà la diminution de
la luminosité peut entraîner des
confusions entre les castors et
les ragondins.
Le dépouillement se fait ensuite
par la reconstitution des parcours
des castors par recoupement entre les postes.
Ce chiffre confirme l’évolution de la population depuis 2003
sur le secteur observé (graphique 1).
L’hypothèse la plus probable de la forte baisse entre 2002 et
2003 est le passage d’une crue plus meurtrière que les autres,
à savoir la crue décennale de novembre 2002.
Depuis 2003, la recolonisation du site est facilement visible
avec une augmentation des effectifs très significative.
Si les données des différents comptages sont rassemblées, il
est possible de préciser un peu plus les dénombrements en
recoupant également avec les secteurs d’activité hivernale.
Pour 2007, le nombre de castors différents vus est de 19 le
26 juin. En analysant les différents secteurs d’activité pour
les autres comptages, il est vraisemblable que les effectifs
soient de 19 à 22 individus répartis en 6 à 8 familles.
La méthode étant validée par
la participation du plus grand
nombre, nous sommes heureux
d’avoir pu réunir une vingtaine
de naturalistes à chaque comptage en provenance de différentes structures (CORA Rhône,
FRAPNA Rhône, PNR Pilat,
adhérents et tous les indépendants). Nous les remercions de
leur indispensable participation,
en espérant que ces moments
passés sur notre site ont été
enrichissants aussi bien du point
de vue naturaliste que du point
de vue humain.
Estimation de l’effectif
25
23
21
19
24
23
Forte crue hivernale
21
21
19
18
17
Cette méthode permet d’avoir 17 16
une estimation basse de la po- 15
13
pulation. Dans la mesure où le 13
10
comptage s’arrête à 21h30, les 11
9
9
castors sortant de leur terrier 7
au-delà ne sont pas comptabili- 5
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
sés. La répétition sur plusieurs
Graphique
1- Résultats des estimations de la population
dates au mois de juin, permet
de castors sur le site de l’Ile du Beurre en 2007.
d’éliminer les jours où les facteurs environnementaux, tels que
la météorologie (vent du Sud entraînant de fortes vagues, orage)
ou bien l’hydrologie du fleuve (crue ou étiage important), limitent
l’activité du Castor.
L’évolution de la population sur près de 13 années est maintenant connue sur le site de l’Ile du Beurre.
Pour 2007, d’après les comptages, la population de castors sur
le site étendu de l’Ile du Beurre est d’au moins 19 individus vus
le 26 juin.
19
15
2006
2007
Dans tous les cas, le suivi
continu de cette population est
indispensable car les années à
venir pourraient nous apporter
quelques indices suivant l’évolution des effectifs.
C’est pourquoi nous avons
encore besoin de vous l’année prochaine, et nous vous
remercions encore pour votre
participation.
Dates
Nombre de
castors observés
12/06/2007
12
19/06/2007
13
26/06/2007
19
03/07/2007
13
Résultats des estimations
de la population de castors
sur le site de l’Ile du Beurre en 2007.
Raphaël Barlot
Ile du Beurre | décembre 2007 | n°31 |
5
actualité
L’arrivée de la Véloroute sur le sentier de l’Ile du Beurre
Après des débats internes difficiles, le Centre d’observation
a dû accepter le projet et en a négocié la maîtrise d’œuvre.
Cela signifie que nous faisons le lien entre les entreprises,
qui travaillent sur le terrain, et le maître d’ouvrage, à savoir la
Communauté de Communes de la Région de Condrieu, qui a
défini le programme et décide des réalisations finales.
Le linéaire de véloroute situé entre les passerelles du Bassenon et de la Chèvre a été partagé en 3 tronçons :
- sur le 1er cohabitent piétons et cyclistes à qui il est demandé
de marcher à côté de leur vélo ;
- sur le 2ème, le sentier est maintenu tel quel pour les piétons
et la véloroute, réservée aux cyclistes et aux personnes à
mobilité réduite, longe la voie ferrée ;
- lorsque les deux voies se rejoignent, elles restent côte à côte,
séparées par une barrière basse, jusqu’à la passerelle qui
mène à l’Ile de la Chèvre.
En contre-partie du passage de ce tronçon de Véloroute sur
le sentier d’observation, nous avions demandé des compensations : les observatoires existants seront réaménagés, un
nouvel observatoire sera construit sur l’Ile de la Chèvre, et un
certain civisme sera demandé aux personnes empruntant ce
tracé. Lorsque piétons et cyclistes cohabiteront, des chicanes
obligeront ces derniers à mettre pied à terre afin de limiter les
risques d’accident.
Sentier dans son aspect initial.
Projet d’ampleur nationale en latence, l’idée d’une Véloroute
sur le site de l’Ile du Beurre est réapparue à la fin de l’année
2006. Tout s’est accéléré début 2007 : un appel d’offre a été
lancé et toutes les démarches nécessaires au démarrage
des travaux ont été engagées.
Nous souhaitons que tous les publics aient accès à ce site :
c’est pourquoi le cheminement qui ira de la maison d’accueil
au premier observatoire sera réalisé en sable stabilisé-lié.
De plus, toutes les pentes qui étaient présentes sur le linéaire
de véloroute situé entre les deux passerelles ont été ramenées
à 4%, limite maximale tolérée pour des personnes en fauteuil
roulant. Elles pourront ainsi facilement accéder au premier
observatoire, et, si elles le souhaitent, poursuivre leur visite.
Il y a des chances que vous le sachiez déjà, et si ce n’est pas
le cas, je vais donc vous l’apprendre : la véloroute «du Léman
à la Méditerranée» arrive sur notre site.
Cela signifie concrètement qu’une bonne partie du tracé du
sentier que vous connaissez va être remplacée par un cheminement plus large (2,50 m) permettant à des cyclistes de
se croiser, et à des piétons de continuer à se balader sur ce
linéaire en toute sécurité.
A l’heure actuelle, vous pouvez accéder à la maison d’accueil du
Centre d’observation par une passerelle réservée aux piétons
qui enjambe le ruisseau du Bassenon.
Une fois à la maison d’accueil, vous pouvez soit emprunter le
sentier qui mène aux observatoires en faisant un aller/retour,
soit parcourir le sentier «de lônes en terrasses» dans son
intégralité, donc monter jusqu’à Semons.
Avec l’arrivée de la Véloroute, deux nouvelles passerelles
vont être installées : l’une plus large au-dessus du Bassenon,
et l’autre permettant de rejoindre l’Ile de la Chèvre.
Mise en place de la piste.
Audrey Pezet
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| n°31 | décembre 2007 | Ile du Beurre
brève
Inauguration de l’ENS local
«forêt alluviale de Gerbey»
Suite au classement en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique), puis en APPB
(Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope), le Conseil
Général de l’Isère a mis en œuvre une politique de
protection et de gestion de la forêt alluviale de Gerbey
à Chonas-l’Amballan.
Le 10 juillet 2007 a eu lieu l’inauguration de cet Espace Naturel
Sensible local. Une avancée significative après un dur labeur
mené depuis 2005 par la commune de Chonas-l’Amballan avec
l’appui de l’Ile du Beurre! Suite à un projet en partenariat avec
de nombreux acteurs du territoire, les spécificités de la forêt
alluviale sont enfin reconnues, en plus de leur intérêt patrimonial, comme source de pédagogie. Pourquoi y avait-il besoin de
classer le site en ENS ? Pour pouvoir combiner préservation et
découverte pédagogique. La politique du Conseil Général est
de ne pas sanctuariser la nature, mais de faire comprendre aux
visiteurs qu’en apprenant à découvrir, on assimile mieux pourquoi
il faut protéger l’espace naturel qui nous entoure. Des animations
encadrées ont lieu dès cet automne 2007 (scolaires et grand
public), mais leur nombre sera limité afin de pérenniser le développement des espèces présentes sur le site.
Inauguration officielle de l’ENS local, le 10 juillet 2007.
bilan
Stage aquarelle
Devenu un incontournable des activités grand public du Centre
d’observation de la nature, un stage d’aquarelle a été à nouveau organisé en octobre dernier. Encadré par l’aquarelliste
de talent Joël Tenzin, une dizaine de stagiaires ont ainsi appris
à « croquer » tout en développant leur technique et leur fibre
artistique. Au final : une île sauvage flottant sur le Rhône,
les vignobles escarpés de Côtes-Rôties ou encore la pittoresque église de Semons… Au vu des progrès réalisés par les
apprentis aquarellistes
et de l’ambiance très
conviviale qui régnait
au sein du groupe, le
rendez-vous est donné
pour un nouveau stage
en 2008!
Ile du Beurre | décembre 2007 | n°31 |
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zoom
Les sorties de l’hiver
Affûts rapaces nocturnes : les mercredis 20 février,
12 et 26 mars à 16h45.
Pour les adhérents, différents comptages sont proposés :
Grand-Duc : janvier 2008,
Grand Cormoran : 5 décembre 2007 et 30 janvier 2008,
Oiseaux d’eau hivernants : 14 décembre 2007
et 15 janvier 2008.
Hibou grand duc d’Europe.
rappel
Graines de tournesol
Cette année encore, en cette période de froid
hivernal, nous proposons à la vente des graines
de tournesol pour nourrir les oiseaux du jardin.
Ces graines, en provenance du CORA (Centre
Ornithologique Rhône-Alpes) du Rhône ont
été cultivées selon les règles de l’agriculture
biologique.
De plus, les producteurs ont bien voulu décaler
leurs périodes de récolte afin de permettre aux
jeunes Oedicnèmes criards, oiseaux limicoles
nichant dans les parcelles de céréales, de
prendre leur envol sans se faire écraser par
les moissonneuses batteuses.
Elles ont été triées (tamisées) de manière à
ce que d’autres semences, comme celles de
l’ambroisie, n’y soient pas mélangées et ne se
dispersent pas d’autant plus facilement.
Deux conditionnements sont disponibles :
• des sacs de 5 kg
pour un tarif de 7€ le sac,
• des sacs de 25 kg
pour un tarif de 25€ le sac.
Pour vous en procurer,
téléphonez-nous
au 04 74 56 62 62
du lundi au jeudi
de 13h à 17h
et nous vous réserverons
votre commande.
Mangeoire avec graines de tournesol et mésanges.
expositions
Les champignons
Photos de Georges Grenouillet
et céramiques de Jacques Frier.
Jusqu’au 15 janvier
(Entrée libre)
Les rapaces
nocturnes du Pilat
Du 16 janvier au 31 mars
(Entrée libre)
Horaires
Du lundi au jeudi de 14h à 17h,
toute l’année.
Hypholomes fasciculaires
De novembre à mars
les jours fériés et 1er dimanche du mois de 14h à 18h ;
D’avril au 15 octobre
les jours fériés et tous les dimanche de 14h à 18h ;
Fermeture annuelle du Centre entre le 25 décembre
et le 1er janvier, et le 1er mai.
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| n°30 | décembre 2007 | Ile du Beurre
récit d’observation
Instants de bords
du Rhône…
Fin d’après-midi. Début d’été. Chants de fauvettes, de
merles, de rouge-gorges, de grives. Au pied de l’observatoire, la lône. Des ronds dans l’eau…
Plusieurs carpes viennent crever la surface verte et laissent
apparaître, quelques instants, leur nageoire dorsale. Une
cane, inquiète, entraîne ses petits vers un abri de la berge.
Le Martin-pêcheur passe à plusieurs reprises, trop vite. Une
poule d’eau progresse avec ardeur, tirant derrière elle un
long sillage en V, comme à la force de son cou qu’elle projette
en avant, laborieusement.
Les chants d’oiseaux se mêlent au bruit de fond des trains,
de la route, des chiens… Du coton de peuplier descend
lentement vers l’eau. Odeur de chèvrefeuille. Des milans
noirs se sont perchés sur un arbre mort, installés pour la
nuit. D’autres, nombreux, tournoient en sifflant.
À mesure que le soleil décline, le reflet des peupliers de
l’Ile est venu chasser l’ombre des arbres de la rive droite,
une ombre coupée de tranches de lumière dans lesquelles
le Martin, au ras de l’eau, s’éclairait de bleus changeants.
Les grenouilles se sont tues, les oiseaux chantent moins.
Les hérons ont quitté la berge pour se réfugier en hauteur,
où ils se disputent bruyamment un perchoir pour la nuit.
Un ragondin, inlassablement, mastique une invisible nourriture qu’il manipule dans l’eau, avant de la mâcher. Immobile à
la surface, il dessine sans interruption des cercles de lumière
autour de lui. Un autre ragondin, près de la berge, s’aventure
à proximité d’un jeune héron qui cède la place, sur la pointe
des pieds, les ailes déployées. Intimidé lui-même, le ragondin
s’enfuit, en bonds maladroits, dans l’eau peu profonde.
Au pied de l’observatoire, sous les broussailles, une mère
poule d’eau appelle ses poussins d’un « piou-piou » régulier.
Derrière elle, quatre petits bouchons noirs s’activent à ne
pas s’égarer. La petite troupe progresse jusqu’à un tronc mi
immergé sur lequel la mère monte et s’inquiète de la réussite
des petits. Les trois premiers parviennent à grimper seuls.
Pour le quatrième, elle retourne à l’eau pousser du bec le
retardataire. Sitôt l’exercice réussi, il est abandonné : de ses
grands doigts, la poule arpente le tronc avant de se jeter à
l’eau, toujours en caquetant, aussitôt suivie de ses quatre
petites noix de duvet noir, qui semblent sans poids, et se
hâtent de rejoindre le signal de ralliement, dans les brindilles
entremêlées de la berge.
Un petit vent se lève, dans lequel on distingue quelques bouffées d’air chaud. Les bruits de l’autre rive du Rhône semblent
proches. Signe de pluie pour demain ? Instant de bonheur simple,
d’harmonie, de quiétude, instant de bords du Rhône…
Georges Grenouillet
Joyeux Noël !
Courrier des Activités Scientifiques et Techniques
d’un Observatoire du Rhône
n°31 | décembre 2007
Tirage à 200 exemplaires
Crédits photos | noms des photographes
Création maquette | graphica (www.fannylanz.com)
Impression | Buroset sur papier recyclé
Les articles sont publiés sous l’entière responsabilité de leurs auteurs.
Centre d’Observation de la Nature
de l’Ile du Beurre
69420 Tupin et Semons
tél : 04 74 56 62 62
fax : 04 74 56 69 09
e-mail : [email protected]
site : www.iledubeurre.org