L`évolution du statut de Mayotte de 1841 à nos jours : Image d`une
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L`évolution du statut de Mayotte de 1841 à nos jours : Image d`une
Source - http://www.cresoi.fr/IMG/pdf/statut.pdf L’évolution du statut de Mayotte de 1841 à nos jours : Image d’une relation particulière avec la métropole M m e I s a b elle D eni s, D o cteur en hi stoire c o nte mp oraine à la S orbonne-Pari s I V (ver sion initiale publiée d an s Ultramarine, n°24, A M A R O M, Ai x-en Proven c e, 2004). Mayotte, île française méconnue de l’océan indien, est localisée par 12°5 de latitude sud et par 45°10 de longitude est. Cette île tropicale est la plus méridionale des quatre de l’archipel des Comores. Située à l’entrée Nord du canal de Mozambique, à mi-chemin entre la côte africaine et Madagascar, Mayotte occupe une superficie de 370km². Elle est formée de deux îles principales : Dzaoudzi / Pamandzi (Petite Terre) et Mayotte (Grande Terre). Cet ensemble volcanique, peu élevé mais aux dénivelés importants, aux côtes très découpées présentant de nombreuses criques et baies, est totalement encerclé par un lagon de plus de 1000 km², avantage naturel non négligeable. Mme Isabelle DENIS, Docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l'histoire de Mayotte et et de la colonisation des îles de l'océan indien Mayotte a une histoire tout à fait singulière dans cet océan indien occidental. Elle a servi de dépôt d’esclaves pour le compte des Arabes du Golfe persique entre le IXè et le XIXè siècle. Elle devient française entre 1841 et 1843 sur une initiative du gouverneur de l’île de la Réunion lequel rêvait d’en faire un établissement militaire nécessaire à la France au-delà du Cap de Bonne Espérance. Entre 1843 et 1896, elle sert de base avancée aux navires de guerre et de commerce sur zone et joue un petit rôle dans la conquête du reste de l’archipel des Comores et de Madagascar. Puis, le destin de Mayotte est confondu avec celui de la Grande Île au sein de « Madagascar et dépendances » jusqu’au milieu du XXè siècle. La petite autonomie financière de 1947 lui permet de retrouver une certaine autorité sur le reste de l’archipel. Mais l’indépendance de Madagascar au cours de la décennie suivante complexifie les problèmes du statut des Comores et renforce les tensions entre les îles. Quand la France transfert le siège du haut commissaire de Dzaoudzi à Moroni en 1961, les troubles s’accentuent. Après plusieurs scrutins, on aboutit à l’indépendance de trois des îles, Mayotte restant française. L’île devient une collectivité territoriale et entre dans une phase de léthargie et de très lent développement alors que le reste de l’archipel est secoué par des crises politiques, des renversements de pouvoir. Ce n’est qu’à partir de 1990 que l’on évoque une meilleure intégration de Mayotte à l’outre-mer français : on ressort le projet de départementalisation. La population est finalement consultée à l’aube du nouveau millénaire et le projet de loi en discussion au Parlement fait de Mayotte une collectivité départementale, ce qui réjouit certains même si le statut n’en fait pas encore un DOM. Le passage immédiat aurait sans doute été trop brutal. Mais depuis avril 2008, ce nouveau statut est remis en cause à la demande des élus mahorais. La plage de Sada dans le sud-ouest de l'île. Comment cette petite île ne présentant guère d’intérêt pour la métropole, a-t-elle pu connaître autant de statuts différents en 168 ans ? Est-ce le simple reflet d’un pragmatisme parisien loin de l’océan indien, la marque constante d’un embarras ? Depuis 1815, l’île de la Réunion (Bourbon) se trouve totalement isolée dans l’océan indien contrôlé par les navires de guerre anglais. Ses gouverneurs, des officiers supérieurs de la Marine, entendent au cours des années 1830, redonner du dynamisme au territoire et au commerce. Pour cela il faut des installations portuaires et des marchés. Saint-Denis n’a pas de port naturel. L’Inde ne peut offrir plus d’avantages, les autorités se tournent donc vers Madagascar et la côte orientale d’Afrique. Renouant avec des prérogatives d’Ancien Régime et donc sans autorisation préalable de Paris, les contre amiraux de Bourbon acquièrent d’abord Nossi Bé puis Mayotte le 25 avril 1841. Le roi Louis Philippe attendra près de deux années avant de ratifier le document (13 février 1843). Son ministre des Affaires étrangères, Guizot, refusant la politique du fait accompli, exige désormais la soumission de la Marine à ses ordres en matière de politique étrangère. Pour Mayotte, jusqu’à la prise officielle de pouvoir réalisée par Pierre Passot en juin à Dzaoudzi, la situation était ambiguë. L’île n’avait, entre 1841 et 1843, aucun statut officiel. Elle dépendait des autorités de la Réunion qui maintenaient sur zone des navires d’occupation, chargés d’établir de bonnes relations avec les populations, effectuant des relevés hydrographiques et des explorations à la recherche de points d’eau douce, de vivres fraîches. Durant cette courte période, Mayotte est donc une colonie de l’île de la Réunion. Nossi Bé, la première des deux îles à devenir française, devient le chef lieu de l’établissement en août 1843 : on parle alors de Nossi Bé et dépendances. Il y a dans cette dénomination une volonté de se rapprocher de Madagascar afin d’y reconquérir non seulement des avantages commerciaux mais également des privilèges politiques et économiques. Or, les Anglais puis les Américains (également dans le canal de Mozambique, après la conclusion d’accords commerciaux avec Zanzibar), n’apprécient guère les méthodes françaises. La dépêche du 3 décembre 1844 modifie l’appellation de ces établissements pour ne pas froisser les Britanniques et ne pas montrer une trop forte volonté d’installation face aux intérêts commerciaux anglais du Cap et portugais de la côte mozambicaine. Il s’agit de Mayotte et dépendances. Cet ensemble constitué de trois îles Mayotte, Nossi Bé et Sainte-Marie de Madagascar dure trente deux ans jusqu’à la promulgation du décret du 27 octobre 1876 rattachant l’île Sainte-Marie à la Réunion, puis le décret du 14 juillet 1877 rendant à Nossi Bé son autonomie administrative. Entre 1843 et 1846, l’administration se met progressivement en place. La dépêche du 6 janvier 1846 rend applicable à Mayotte l’ordonnance du 7 septembre 1840 concernant le gouvernement et l’administration du Sénégal : processus normal lors d’une implantation coloniale française. Ces institutions sont anciennes et ont fait leurs preuves. Un commandant supérieur, nommé par le ministère de la Marine et des Colonies, dirige les îles depuis sa résidence à Dzaoudzi. Il est assisté d’un directeur de l’intérieur et d’un personnel administratif militaire. Jusqu’à la fin du XIXè siècle la plupart du personnel en poste comme le trésorier payeur est issu du commissariat de la Marine. Des institutions judiciaires avec juges et greffiers civils sont également installées. Un conseil d’administration de l’île composé d’officiers et de quelques civils installés dans l’île, (souvent des planteurs), contribue au bon fonctionnement de la colonie. Le décret du 5 septembre 1887 modifie légèrement le statut de Mayotte. Un gouverneur est nommé à la tête de l’établissement. Concrètement, cette mesure renforce le rang de l’île comme colonie indépendante, relevant directement du ministre et non de la Réunion, mais cette situation ne dure que neuf ans. Il est vrai que les personnalités en poste ne sont pas de grande envergure. Dans le même temps, la France s’intéresse à nouveau à Madagascar. Alors que les autorités de Saint-Denis semblent perdre de leur influence dans l’océan indien, le décret du 23 janvier 1896 place la colonie de Mayotte et les possessions des trois îles Comores sous l’autorité du gouverneur de la Réunion. C’est donc un retour aux sources ! A Paris, on justifie cette mesure par le coût élevé des dépenses d’administration de Mayotte et les difficiles relations entre les quatre îles de l’archipel. C’est une mesure transitoire car il est trop tôt pour placer les Comores sous l’autorité du résident général de Madagascar. Les économies sont réalisées par la suppression du poste de gouverneur et de celui de directeur de l’intérieur. Nul doute que la coûteuse conquête de la Grande Île soit à l’origine de ce petit sacrifice ! Le budget local de Mayotte, est préparé par son administrateur puis soumis au gouverneur de la Réunion avant d’être transmis au ministre des Colonies. En revanche, l’administrateur doit continuer d’adresser son courrier directement à Paris et n’envoie qu’un double à Saint-Denis. L’éloignement des deux îles, l’organisation des communications navales locales en fonction des impératifs de chacune d’elles, la faiblesse des moyens sont les raisons évoquées par le nouveau ministre des Colonies, André Lebon, lorsqu’il propose au président de la République, Félix Faure, une modification du décret. Un an et demi après la mise sous tutelle de Mayotte, Paris revient en arrière. Dès juillet 1897, la colonie de Mayotte et les protectorats de la Grande Comore, d’Anjouan, et de Mohéli forment un groupe d’établissements coloniaux indépendants placés sous l’autorité politique d’un administrateur des colonies. C’est à l’évidence une économie car le poste de gouverneur n’est pas reconduit, et c’est ainsi un gain de temps puisque les autorités continuent de correspondre directement avec Paris. C’est également un changement de tutelle. Il est clairement indiqué qu’il est hors de question de faire de Mayotte le siège d’un gouvernement. Mayotte dépend directement du ministre des Colonies : ce n’est donc plus de l’indépendance mais de l’autonomie. Mais la situation dans le reste de l’archipel, et notamment l’instabilité en Grande Comore, oblige le renforcement de l’autorité coloniale de Mayotte. Le président Emile Loubet décrète le 9 septembre 1899 que l’administration de la colonie de Mayotte et de l’archipel des Glorieuses, ainsi que des protectorats des Comores est confiée à un gouverneur résidant à Mayotte. Dans chacune des trois îles, le résident est remplacé par un administrateur colonial. On retrouve à Mayotte un secrétaire général, un conseil d’administration qui discutent du budget arrêté par le ministre et c’est Mayotte qui centralise la comptabilité des budgets de chaque île. Cette situation dure jusqu’en 1908. Baie de Boueni Mayotte est donc enfin devenue une colonie indépendante veillant sur le reste de l’archipel et sur le banc des Glorieuses, réserve de guano. Mais la situation économique m'évolue plus guère positivement. Les grandes compagnies de navigation et de commerce s’intéressent beaucoup plus à Madagascar qu’aux Comores. Malgré ce statut la colonie n’a plus beaucoup de moyens pour se gérer elle-même. Elle dépend des bâtiments de la division navale stationnés à Madagascar pour le moindre déplacement du gouverneur et pour toute intervention dans le lagon ou l’archipel. C’est alors que le décret du 9 avril 1908 place officiellement la colonie de Mayotte sous la haute autorité du gouverneur général de Madagascar. Renforcé par le décret du 23 février 1914, pris par Raymond Poincaré, l’archipel des Comores constitue une circonscription de la Grande Ile. On évoque désormais « Madagascar et dépendances ». En 1915, l’archipel perd son autonomie financière. L’ordonnateur à Mayotte et les sous ordonnateurs dans les autres îles, constituant pour Tananarive un obstacle à la fusion financière, sont supprimés. Il ne subsiste qu’un préposé du trésor à Dzaoudzi, qui sera nommé depuis la Grande Île. Le service de la trésorerie de l’archipel est assuré sous la surveillance et la responsabilité du trésorier payeur de Madagascar. L’exercice budgétaire de chacune des îles est clos au 30 juin 1915 et le gouverneur général est alors confronté à une dette de 88959 francs, pour les trois îles Comores, qu’il doit éponger. Cette fusion aurait du être bénéfique pour l’archipel, or il n’en est rien car les îles vivent dans une sorte de léthargie économique. C’est pourquoi dix ans plus tard le ministre des Colonies, Edouard Daladier, propose une nouvelle modification du statut des Comores. Gaston Doumergue décrète donc le 27 janvier 1925 que l’archipel sera administré par un administrateur des colonies désigné par le gouverneur de Madagascar. C’est une petite autonomie, car ce fonctionnaire exerce des pouvoirs administratifs et financiers par délégation consentie par l’autorité de Tananarive. De même, l’archipel est représenté aux délégations économiques et financières de Madagascar par deux membres français et un délégué autochtone choisi parmi quatre notables élus par la population de chacune des îles. Pour renforcer le pouvoir de ce fonctionnaire, le président de la République décrète le 4 mai 1926, qu’il doit être choisi dans le cadre des gouverneurs ou de celui des administrateurs en chef. Mais il n’est aucunement question de remettre en cause l’incorporation des Comores à la colonie de Madagascar et dépendances : il s’agit seulement d’une mesure honorifique. L’archipel va progressivement recouvrer de son autonomie après la Seconde Guerre mondiale. Le sort des quatre îles reste lié et personne ne pense à les dissocier. 1946 est décisive : trois mesures législatives sont prises au cours de l’année. Elles confèrent aux Comores une plus grande autonomie administrative et financière puis politique sans pour autant séparer l’archipel de Madagascar. La loi du 9 mai 1946 en accordant plus de libertés administrative et financière, renforce les décrets de 1945 sur les pouvoirs de la police des gouverneurs et celui du 4 mai 1946 déterminant les pleins pouvoirs exceptionnels. Avec la loi du 24 septembre 1946, l’administrateur est nommé par le ministre, et l’article 2 lui confère tous les pouvoirs dévolus au gouverneur. L’archipel devient politiquement plus autonome. Seules les affaires militaires et les communications maritimes et aériennes sont réglées par le haut commissaire à Madagascar mais après avis de l’administrateur supérieur. Ce dernier doit tenir Tananarive informée de la situation générale de l’archipel, des affaires politiques par l’envoi d’une copie de chacun de ses rapports au ministre. Le décret du 25 octobre 1946 est une étape supplémentaire vers l’autonomie politique et la co-gestion des affaires locales par les populations. Il est institué une assemblée représentative territoriale portant la dénomination de conseil général. Elle prend des délibérations et donne son avis. Mayotte reste au cœur du système en accueillant son siège à Dzaoudzi. Alors que dans le reste de l’empire et à Madagascar on décolonise, aux Comores, le décret du 22 juillet 1957 institue un conseil de gouvernement et étend les attributions de l’assemblée territoriale. Ce conseil, composé de six à huit membres élus par l’assemblée territoriale, est placé sous la haute autorité et la présidence du chef de territoire : l’administrateur supérieur. Son rôle est d’assurer l’administration des intérêts du territoire, ce qui n’est pas nouveau. L’assemblée territoriale, organe législatif de l’archipel, se réunit au cours de deux sessions. Elle prend des délibérations portant réglementation territoriale dans des matières aussi variées que le statut général des agents des cadres territoriaux, la codification des coutumes, le commerce intérieur, l’hygiène publique, le tourisme, l’organisation des caisses d’épargne. On assiste donc à une extension de ses compétences. Dans un contexte particulier de décolonisation africaine et malgache, mais également de Guerre Froide avec de nombreux mouvements de propagande pro-communiste, Paris poursuit l’engagement pris avec la loi cadre de 1957 et étend l’autonomie de l’archipel en le distinguant de Madagascar. La loi 61-1412 du 22 décembre 1961 fait des Comores un Territoire d’Outre Mer. Cette loi leur confère la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer leurs propres affaires. L’administrateur supérieur cède ses fonctions à un haut commissaire de la République qui n’est plus à la tête du gouvernement. Il n’est plus que le dépositaire des pouvoirs de la République, assurant la sécurité extérieure de l’archipel, contrôlant la légalité des décisions administratifs, garantissant le respect des libertés publiques et pouvant déclarer l’état d’urgence. Le conseil de gouvernement subit peu de modification. Son président est élu et responsable devant la Chambre des députés des Comores (nouvelle appellation de l’assemblée territoriale). Dans chacune des îles siège un conseil de subdivision, élu au suffrage universel pour cinq ans. La Grande Comore et Anjouan, plus peuplées, ont un conseil plus important que Mayotte qui ne peut avoir que huit à dix membres. Cette instance locale établit son propre budget, dresse un plan de campagne des travaux, détermine son assiette fiscale, organise les foires et les marchés, mais avec l’approbation des instances de l’archipel. Quand Paris, au cours de cette année 1961, décide le transfert du chef lieu de Dzaoudzi à Moroni, à cause du poids démographique et de l’influence politique de ses élites, minimisant l’ancienneté de Mayotte comme territoire français, certaines personnalités mesurent les conséquences possibles à long terme. Cette décennie est déterminante pour Mayotte. Elle marque la prise de conscience d’une population face à l’avenir institutionnel de son territoire et sa possibilité d’action démocratique pour se faire entendre des îles et territoires voisins et de Paris. La population mahoraise s’est organisée autour de quelques personnages devenus emblématiques pour lutter avec des armes symboliques, du moins dans les premiers temps. Quelques élus sont régulièrement reçus et entendus en métropole, tandis que le mouvement des femmes s’organise en Petite Terre. Il est difficile pour les populations de rester serein face à la propagande radio émise depuis Zanzibar, Dar Es Salam puis Nairobi notamment par le MOLINACO (Mouvement de libération national des Comores), les pressions financières de quelques élus comoriens et les organisations clandestines depuis Zanzibar. Les Mahorais demandent des émissions radio typiquement comoriennes. Les actions de revendication populaire vont surtout s’accentuer après 1966 lors du transfert effectif de l’administration de Dzaoudzi vers Moroni. Pour corriger ce défaut et tempérer les esprits, Paris, par la loi du 3 janvier 1968, rappelle le principe d’autonomie interne. Chaque île est une circonscription électorale. L’article 13 précise qu’elle est une personnalité morale disposant de son propre patrimoine et de ses propres ressources. C’est un début de garantie pour la plus méridionale des îles Comores, difficilement perceptible par la population. Néanmoins, les années 1960 sont marquées par une augmentation de la tension entre les îles. Des Mahorais trop favorables au Mouvement Mahorais sont mutés dans l’une des autres îles. Depuis 1966, Mayotte est boycottée par le reste de l’archipel. Le ravitaillement en provenance de la Grande Comore ou d’Anjouan est souvent différé ou incomplet, ce qui entraîne la pénurie au sein d’une population possédant peu de ressources. Le décret du 12 avril 1969 confirme la suprématie de Moroni (« le président du tribunal supérieur de Moroni » est substitué à « juge de paix à compétence étendue de Mayotte » en ce qui concerne le conseil du contentieux administratif des Comores). La population de Mayotte qualifiée de calme et d’attachée à la France poursuit ses manœuvres et ses actions. L’atmosphère devient de plus en plus lourde et électrique. Les relations entre les populations se tendent jusqu’aux nombreuses manifestations pourtant estimées « pacifiques » par les gendarmes. La décennie 1970 est d’une rare instabilité. La moindre affaire administrative prend une dimension politique, les antagonismes sont virulents. Zena M’Dére et des femmes du Mouvement Mahorais empruntent la première barge avec des drapeaux tricolores. La population mahoraise s’oppose à des relevés de géomètres, à l’extraction de sable pour la construction d’édifices publics, aux recensements de villages dans lesquels les populations seraient majoritairement anjouanaises. En 1972, ces femmes à l’avant garde de la lutte populaire obligent un joueur (opposant politique) à quitter le terrain au cours d’un match de football. Elles récidivent le lendemain avec un employé de la préfecture. Leurs actions sont bruyantes et visibles. Mais il ne faut pas oublier que dans le même temps il existe une politisation parfois insidieuse organisée par les différents opposants depuis les autres îles et Madagascar. Un cheick originaire de Mayotte est venu de Madagascar en juillet 1972 et entreprend en Grande Terre une campagne sous couvert de la religion. Il rassemble des foules principalement à l’Ouest. Il est à l’origine du mouvement des «serrez la main », dénomination locale pour les partisans mahorais d’une union avec toutes les îles Comores. Les tensions sont vives avec des règlements de comptes de part et d’autre. Lors des élections de décembre 1972, 80% des Mahorais ont voté pour le Mouvement Mahorais mais les autorités ont bien noté que la propagande du cheick avait été efficace puisque les villages de l’Ouest avaient voté majoritairement en sa faveur. Les années suivantes ne seront pas moins tendues. On note des incidents à Accua, Kani Keli entre les partisans des deux mouvements. La métropole est étrangement silencieuse, ce que la population ne comprend pas. Mais le contexte international et régional oblige Paris à agir avec beaucoup de mesures. La réponse peut sembler anecdotique : l’installation d’une brigade de gendarmerie à Sada au début de l’année 1974, sur la côte Ouest de la Grande Terre de Mayotte presque à mi-chemin des points névralgiques. C’est une manière de démontrer l’encrage de la France sur l’île sans prendre de mesures politiques susceptibles d’envenimer les rapports entre les îles. Une nouvelle période s’ouvre à partir de 1975. Mayotte se dissocie du reste des Comores. L’archipel souhaite son indépendance, étape logique à l’issue du long processus d’autonomie acquis depuis 1946. La loi du 3 juillet 1975 stipule que le territoire deviendra un état indépendant lorsqu’il aura été satisfait aux conditions prévues par le texte, c'est-à-dire « la consultation des populations». Ce document va se révéler très important pour Mayotte. Les 2° et 3° alinéas de l’article 2 obligent la soumission du projet de constitution au référendum, mais surtout une approbation. Le 4° alinéa prévoit la possibilité d’un second refus et dans ce cas d’une application du texte aux seules îles ayant approuvé ! Mayotte a donc agit en toute légalité lors de la consultation île par île et ce malgré les pressions. Si l’une d’entre elles refuse, un autre projet doit être soumis dans les trois mois. Les manifestations de novembre 1975 obligèrent le déploiement de forces militaires sous l’appellation de « plan Jasmin » pour rétablir l’ordre. Paris prévoit avec la loi du 31 décembre 1975 une nouvelle consultation de la population de Mayotte dans un délai de deux mois pour choisir son avenir. Les termes utilisés sont clairs : l’île peut devenir une partie de l’Etat comorien ou demeurer au sein de la République française. L’année suivante, au cours de la même période hivernale, la loi 76-1212 du 24 décembre 1976 fait de Mayotte une collectivité territoriale de la République française avec la possibilité de faire évoluer son statut dans les trois années, en devenant département ou en optant pour un autre statut. Le texte prévoit une représentation de Mayotte au parlement (un député, un sénateur). Le Premier ministre nomme un représentant ayant rang de préfet. L’île est dotée d’un conseil général élu au suffrage universel et prend des décisions examinées par le préfet. Paris a le droit de prendre par ordonnance toute mesure qui lui semble utile. Si Mayotte bénéficie de l’intervention directe des services, des établissements et des entreprises publiques, des fonds d’investissement et de développement de l'État, l’article 10 peut apparaître comme un frein puisque les nouvelles lois de la République ne sont applicables à Mayotte que sur mention expresse. Cette mesure est prise dans un contexte international particulier, sous la pression de l’ONU, L’OUA, la République Islamique des Comores et Madagascar exigeant de la France qu’elle décolonise Mayotte. Il s’agit pour Paris de tempérer les ardeurs extérieures tout en ne reniant pas le résultat des différents suffrages populaires. Une brève loi passée juste avant Noël 1979 précise que l’île fait partie de la République française et ne peut cesser d’y appartenir sans le consentement de sa population. En revanche la consultation qui devait avoir lieu au terme de trois ans arrivant à échéance est repoussée de cinq années à compter de la promulgation du 22 décembre 1979, soit en 1984 ! C’est alors une nouvelle période de calme « statutaire ». On oublie Mayotte en métropole. L’archipel des Comores est surtout connu pour ses nombreux coups d'État. Le sort de Mayotte commence à intéresser à nouveau la métropole à partir de mars 1986, puis avec la loi programme de l’année suivante. Au cours des années 1990 Mayotte refait progressivement son retard législatif : des lois en vigueur en métropole sont désormais appliquées dans l’île dans les domaines sanitaire, scolaire…L’ultime étape se déroule en 2000. Là encore les élus locaux et leurs représentants dans les hémicycles nationaux ont sollicité Paris pour que la consultation prévue dans les textes ait bien lieu. Le 27 janvier, un accord négocié rue Oudinot est déposé au parlement. La population est à nouveau consultée en juillet sur l’évolution du statut. La loi 2001-616 du 11 juillet 2001 votée par le Parlement et promulguée par le président de la République fait de Mayotte une collectivité départementale. Le transfert de l’exécutif du préfet au conseil général s’effectue progressivement à partir de 2004. Comme pour les textes antérieurs, une demande de modification de statut ne pourra intervenir qu’après un délai, ici en 2010 lorsque le conseil général sera renouvelé au 2/3. La population mahoraise devra alors être à nouveau consultée. Le statut de collectivité départementale permet à Mayotte de parfaire son développement économique et social. Parmi les nouvelles attributions, Mayotte bénéficie de la loi de répartition des compétences de 1982-83. Les responsabilités des communes et du conseil général sont donc accrues en matière scolaire, sanitaire, culturelle, en voirie, urbanisme, aménagement rural et touristique. C’est un nouveau rôle pour les élus locaux. La loi attribue à Mayotte deux types d’aide financière entre 2002 et 2006 : une dotation de rattrapage et une de premier équipement pour ses communes. Ce financement prévoit une part de fonctionnement et une d’investissement (chapitre II, art.38). Les premiers projets doivent concerner la voirie, l’éclairage public, les importantes réparations des écoles, de l’adduction d’eau potable, de la collecte et l’élimination des déchets, et l’assainissement des équipements culturels et sportifs. Ce texte ne comptant pas moins de 78 articles fut soumis au vote puis adopté le 26 juin 2001 par le parlement. On notera la rapide promulgation de cette loi. La volonté politique à l’égard de l’île s’est à nouveau exprimée lors de la révision constitutionnelle du 28 Mars 2003 mentionnant explicitement Mayotte dans l’article 72-3 de la constitution. Mayotte définitivement ancrée dans la République, doit acquérir une existence juridique européenne. La conférence intergouvernementale des 25 États membres de l’Union Européenne a accepté le principe d’accession de l’île au statut de région ultra périphérique en juin 2004. Depuis le ministère de l’Outre-mer a accentué son action envers Mayotte et concrétisé de nombreux projets en un temps record, jamais vu jusqu’alors dans l’histoire de l’île. La convention de développement conclue le 12 décembre 2002 avec des objectifs précis comme la desserte aérienne directe entre Mayotte et l’Europe, la lutte contre la pression migratoire illégale, la réduction de l’économie informelle, a eu le mérite de déterminer des axes prioritaires. L’allocution de la ministre Brigitte Girardin devant le conseil général à Mamoudzou en janvier 2004 a confirmé l’accélération du processus d’intégration de Mayotte. La marine, la gendarmerie et la police ont notamment bénéficié de moyens supplémentaires au cours de l’année 2004 pour mener à bien les missions de souveraineté. Le 12 mars la gendarmerie est devenue un groupement autonome. C’est un signe de reconnaissance de l’entité mahoraise. En 2005, une loi met progressivement fin à la polygamie. Le port de Longoni, l’aquaculture, les établissements scolaires, les équipements sportifs et culturels, les infrastructures routières, la stabilisation des sols… sont autant de domaines dans lesquels les réalisations sont visibles. L’alignement législatif a concerné non seulement l’action sociale, les familles, la consommation, mais aussi le travail, l’artisanat, le commerce, les assurances, l’environnement, l’urbanisme, le tourisme, l’aviation civile et le domaine judiciaire. Mais une évaluation de la mise en application de cet arsenal législatif s’est avérée nécessaire. Alors qu’initialement la population de Mayotte ne devait être consultée qu’à partir de 2010, la loi organique du 21 février 2007 entraîne une accélération du calendrier. Les élus locaux ont répondu à l’article LO 6111-2 selon lequel le Conseil général de Mayotte après son renouvellement en 2008 pouvait, à la majorité absolue de ses membres, adopter une résolution et demander une modification de son statut. Cette résolution, votée à l’unanimité le 18 avril 2008, a été transmise à Paris. Les échanges entre les élus mahorais et le pouvoir central ont conduit à la mise en place du pacte pour la départementalisation présenté le 16 décembre par le président de la République. C’est donc à nouveau en fin d’année qu’une décision d’importance concernant Mayotte est prise. Mais désormais, elle marque le début d’un processus à moyen terme courant sur plusieurs mois et non une décision lapidaire. Le 14 janvier le gouvernement a lancé la procédure de changement de statut et le décret du 20 janvier 2009 a mis en oeuvre la consultation par référendum de la population de Mayotte (tous les inscrits sur les listes électorales des communes de Mayotte). Quelque soit l’origine des électeurs inscrits, il leur faudra répondre par oui ou par non à la question : « approuvez-vous la transformation de Mayotte en une collectivité unique appelée « département » »? L’étape parlementaire s’est tenue d’abord à l’Assemblée nationale le 11 février à 9h30 puis au Sénat le 13 février en soirée. Les assemblées étaient marquées par une faible présence d’élus ainsi que d’une opposition de circonstance dont la thématique reprenait les items usités depuis 1974. Dans chaque hémicycle, il était noté la nécessaire continuation des mutations et transformations engagées dans la société et dans l’économie locale ainsi que le transfert progressif de dispositifs nationaux. Le processus mis en place depuis 2001 n’est donc pas remis en cause, il semble seulement bénéficier de davantage de moyens garantissant peut-être ainsi la réalisation des objectifs du contrat de projet 2008-2014. En 168 ans, Mayotte a connu une évolution particulière. D’abord colonie de la Réunion reconnue par le roi Louis Philippe, l’île ne fut un établissement colonial autonome qu’entre 1844 et 1896. Dès lors placée sous l’autorité d’autres îles, elle perd également son autonomie au profit de l’archipel des Comores tout en réussissant à maintenir le siège du pouvoir à Dzaoudzi de 1925 à 1961. Les années 1960/70 ont finalement poussé la population à s’organiser à la base pour obtenir son statut de 1976. L’établissement d’un statut politique à Mayotte fut donc très chaotique, empreint de pragmatisme, mais il ne faut pas minimiser la constitution progressive d’une volonté locale qui s’est substituée à celle des premiers colons. Le comportement de la population mahoraise dans la seconde moitié du XXè siècle a fini par forcer l’écoute des autorités et finalement son action avec des règles très démocratiques prônées par nos institutions : le suffrage universel et le référendum. Si la France a gardé Mayotte c’est également en raison d’intérêts stratégiques différents selon les époques. En 1841, les marins étaient unanimes sur la position d’abri procurée par le lagon. Son importance a certes diminué dans l’ombre de Diégo Suarez. Puis lors des indépendances africaines et du regain d’intérêt de l’URSS pour l’Afrique, la fermeture du canal de Suez, il était important pour la France de se maintenir dans cette région pour surveiller la circulation pétrolière entre autre. Mayotte est donc une position d’abri à l’écart mais pas si éloignée que cela du théâtre des opérations. Aujourd’hui, l’île continue de se développer à l’ombre de la Réunion, avec un statut unique outre-mer. Elle regarde de plus en plus vers Paris et s’adapte aux lois républicaines. Dans le même temps, elle reste entre deux statuts ayant l’euro comme monnaie, mais ses propres émissions philatéliques. Paris ne semble plus embarrassé par ce petit territoire insulaire, et fait preuve non seulement d’un certain pragmatisme démocratique, mais aussi d’une détermination politique exceptionnelle. Alors que la consultation de la population aurait du avoir lieu en 2010, elle se déroulera le dimanche 29 mars 2009. Les habitants de métropole vont redécouvrir cette île au travers d’un court éclairage journalistique. Mayotte deviendra-t-elle le 101ème département français ? Quels seront alors les réactions et le comportement, des Mahorais résidants à la Réunion et en métropole, des voisins et des institutions internationales? S o ur c e s et repère s biblio gra phique s : La version initiale de ce texte a été rédigée en 2003-2004 et publiée avec les illustrations des Archives nationales d’outremer, dans la revue Ultramarines, n°24, pp 49-54, de l’AMAROM, à Aix-en-Provence en 2004. Nos remerciements à l’actuel président, monsieur Francis Simonis, pour son autorisation à reprendre ce texte, l’actualiser et le diffuser. AMAROM (Amis des Archives d’Outremer) : 29 chemin du moulin de Testa, 13090 Aix-enProvence [email protected] Tel : 06 85 50 23 78. A.N.O.M, Aix-en-Provence : Mad c360 d981 : approbation royale à la cession de Mayotte (1843). Mad c360 d983 : création de la province des Comores (1914). Mad c278 d662 : organisation de Nossi Be et dépendances (1844). S.H.D Gendarmerie, Vincennes : archives de la gendarmerie consultées sous dérogation : Comores-Dzaoudzi 43598 : correspondance 1966. Comores-Moroni 43632 : correspondance 1963-1964. 43633 : correspondance 1966 à 1968. 43634 : correspondance 1968-1969. 43635 : correspondance 1971-1972. 43636 : correspondance 1973-1974. Journaux Officiels de la République française Paris : J O du 25 juillet 1877 : Décret du 14 juillet 1877 relatif à la formation des colonies de Mayotte et Nossi Be en deux administrations distinctes J O du 9 s e pte m bre 1887 : Décret du 5 septembre 1887 instituant un gouverneur à Mayotte J O du 31 janvier 1896 : Décret du 23 janvier 1896 plaçant la colonie de Mayotte , les possessions de la Grande Comore, d’Anjouan et de Mohéli sous l’autorité du gouverneur de la Réunion J O du 10 juillet 1897 : Décret du 6 juillet 1897 relatif à l’organisation de Mayotte et du protectorat des Comores J O du 13 s e pte m bre 1899 : Décret du 9 septembre 1899 portant sur l’organisation de la colonie de Mayotte et du protectorat des Comores (gouverneur) J O du 11 juillet 1901 : Décret du 5 juillet 1901, modification du décret de 1899 (finances) J O du 10 avril 1908 : Décret du 8 avril 1908 plaçant la colonie de Mayotte, les îles et protectorats qui en dépendent sous la haute autorité du gouvernement général de Madagascar. J O du 28 juillet 1912 : Loi du 25 juillet 1912 déclarant les îles d’Anjouan, Grande Comore et Mohéli colonies françaises et les rattachant avec celle de Mayotte au gouvernement général de Madagascar. J O du 26 février 1914 : Décret du 23 février 1914 rattachant les îles des Comores et leurs dépendances au gouvernement général de Madagascar ; elles forment une circonscription administrative de cette colonie. J O du 7 juillet 1915 : Décret du 30 juin 1915 signifiant la perte d’autonomie financière et la mise sous surveillance et responsabilité de la trésorerie des Comores par Madagascar. J O du 30 janvier 1925 : Décret du 27 janvier 1925 portant réorganisation administrative de l’archipel des Comores avec à sa tête un administrateur des colonies. J O du 8 m ai 1926 : Décret du 4 mai 1926, le choix de l’administrateur supérieur peut être effectué dans le cadre des gouverneurs. J O du 10 m ai 1946 : Loi 46-973 du 9 mai 1946 conférant une autonomie administrative et financière à l’archipel des Comores. J O du 25 s e pte m bre 1946 : Décret 46-2058 du 24 septembre 1946 portant réorganisation administrative de l’archipel des Comores, nomination par décret sur proposition du ministre de l’administrateur supérieur. J O du 27 o ctobre 1946 : Décret 46-2382 du 25 octobre1946 portant création d’un conseil général dans l’archipel des Comores. J O du 23 juillet 1957 : Décret 57-314 du 22 juillet 1957 portant sur l’institution d’un conseil de gouvernement et extension des attributions de l’Assemblée Territoriale aux Comores. J O du 23 dé c e m bre 1961 : Loi 61-1412 du 22 septembre 1961 portant réorganisation des Comores, et création d’un T.O.M J O du 4 janvier 1968 : Loi 68-4 du 3 janvier 1968 relative à l’organisation particulière du territoire des Comores fondée sur le principe de l’autonomie interne. J O du 4 juillet 1975 : Loi 75-560 du 3 juillet 1975 relative à l’indépendance du territoire des Comores. J O du 3 janvier 1976 : Loi 75-1337 du 31 décembre 1975 relative aux conséquences de l’autodétermination des îles des Comores. Mayotte est appelée à se prononcer dans les deux mois suivant la promulgation de la présente loi. J O du 28 dé c e m bre 1976 : Loi 76-1212 du 24 décembre 1976 relative à l’organisation de Mayotte en une collectivité territoriale avec un statut évolutif dans les trois années à venir. J O du 19 m ai 1977 : Décret 77-510 du 18 mai 1977 portant sur la convocation du collège électoral pour procéder à l’élection du conseil général de Mayotte. J O du 23 dé c e m bre 1979 : Décret 79-1113 du 22 décembre 1979 : l’île de Mayotte fait partie de la République française et ne peut cesser d’y appartenir sans le consentement de sa population. J O du 23 dé c e m bre 1999 : Décret du 1° décembre 1999 relatif à la délégation de pouvoirs propres au représentant du gouvernement à Mayotte. J O du 13 juillet 2001 : Loi 2001-616 du 11 juillet 2001 relative à Mayotte : l’île prend le nom de « collectivité départementale de Mayotte » J O du 29 m ar s 2003 : Loi constitutionnelle 2003-276 du 28 mars 2003 relative à l’organisation décentralisée de la République. J O du 22 février 2007 : Loi organique 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l’outremer. Références bibliographiques : BONNELLE F.(dir.) Réflexions sur l’avenir institutionnel de Mayotte, rapport au secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Paris, La documentation française, 1998, 104 p. COUDRAY JM. SERMET L. (dir.) Mayotte dans la République, Paris, Montchrestien, 2004, 728 p. DENIS I. L’acquisition de Mayotte par la France, mémoire de maîtrise sous la direction de M. le Professeur Jacques Binoche, université d’Orléans, 1990 Id Intérêts de la France dans l’océan indien : présence à Mayotte 1841-1945, thèse de doctorat nouveau régime, sous la direction de M. le professeur Jean Martin, université Sorbonne Paris-IV ( en cours ) Id « Le double choix de l’archipel des Comores » in Revue Historique de l’Océan Indien, n°3, Saint-Denis, AHIOI, 2007, p 75-84. GOHIN O. Mayotte, actes du colloque universitaire tenu à Mamoudzou les 23 et 24 avril 1991, Saint-Denis Université de la Réunion, 1992, 369 p. GRIMAL H. La décolonisation de 1919 à nos jours, Bruxelles, Complexe, 1985, 520 p. KAMARDINE M. Discours de la République pour Mayotte, Saint-Denis, Orphie, 2007, 463 p. MARTIN J. Comores, quatre îles entre planteurs et pirates, Tome 1, Paris, L’Harmattan, 1985, 610 p. MEYER J (dir.) Histoire de la France coloniale des origines à 1914, Paris, Armand Colin, 1991, 820 p.