PARC DUDEN - e
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PARC DUDEN PLAN DIRECTEUR POUR LA RESTAURATION DU PARC PLAN DIRECTEUR À l’initiative de la Division des Espaces Verts Marion Bonduelle Renaud Tondeur En collaboration avec : Robert Vanderhulst Joël Merlin Erik De Schrijver Laure-Anne De Beusscher Stéphane Vanwijnsberghe Serge Kempeneers Bruxelles, Novembre 2013 Bruxelles Environnement - IBGE Division des Espaces Verts Gulledelle 100, 1200 Bruxelles Tel. 02/775.75.11 - Fax. 02/775.77.21 PARC DUDEN TABLE DES MATIERES INTRODUCTION p.3 SITUATION DU PARC DUDEN p.7 I. SITUATION GEOGRAPHIQUE p.8 II. UN ENSEMBLE VERT p.10 III. SITUATION DE DROIT p.12 PROJET DE RESTAURATION p.15 I. PATRIMOINE ET RESTAURATION p.18 1. Ensembles historiques a. Campagne Mosselman b. Campagne Duden c. Conciergerie d. Jardin art-déco et square Laîné p.18 p.20 p.24 p.28 p.30 2. Patrimoine hors ensembles historiques p.32 II. EAU, SOL ET EROSION p.34 III. NATURE FORET ET BIODIVERSITE p.40 1. Massifs boisés a. Principes de régénération b. Programme des coupes de régénération c. Principes de gestion p.40 p.42 p.44 p.44 2. Biodiversité p.46 PLANIFICATION p.61 I. ACTEURS ET AUTORISATIONS p.62 IV. CHEMINS, CHEMINEMENTS ET ACCESSIBILITE p.48 V. FREQUENTATION, USAGES ET RECREACTION p.54 1 INTRODUCTION INTRODUCTION 3 PARC DUDEN Le parc Duden est un parc souvent mal connu des bruxellois, et pourtant il occupe une place singulière dans le patrimoine des espaces verts de la région. Il est en effet particulier à plusieurs égards et renferme des qualités atypiques, liées à son histoire et à son relief. Ancien bois transformé en parc privé par des propriétaires successifs, il a été ouvert au public il y a un siècle. Il a la particularité de posséder un relief marqué, accidenté par endroits. Une bonne part de sa surface est occupée par une haute futaie de hêtre qui lui donne le caractère d’un massif forestier isolée dans le tissu urbain. Enfin, au-delà des sentiers forestiers, il combine des paysages variés par la coexistence de quatre ensembles historiques, témoins de jardins d’époques différentes. Ce bel ensemble a cependant manqué d’un entretien et d’un suivi réguliers et le parc s’est progressivement dégradé. Sa reprise en gestion par l’IBGE était liée à un objectif clair : redonner à ce parc sa splendeur d’antan. Avant de définir un projet pour sa restauration, il a fallu le temps de comprendre le parc, son histoire, son évolution, son fonctionnement, et de se rendre compte de ses atouts, mais aussi de ses problèmes. Pour ce faire, plusieurs études ont été menées, par des bureaux indépendants. Il ressort que les caractéristiques si particulières et appréciées du parc Duden engendrent aussi plusieurs questions et enjeux majeurs pour sa restauration. Les peuplements arborés sont aujourd’hui sénescents et doivent être régénérés. S’agissant d’un matériel vivant, c’est une stratégie à long terme qui doit être mise en place pour viser la restauration de ce morceau de forêt. La topographie fortement accidentée créée des problèmes d’érosion qui devront être maîtrisés par des techniques adaptées de stabilisation des terres, d’écoulements des eaux et de revêtements des chemins. La restauration des ensembles historiques devra permettre de mieux lire l’histoire des jardins offerte par le parc Duden, tout en lui permettant de répondre à l’évolution des quartiers alentour et des besoins des usagers. Enfin, l’utilisation du parc est fortement marquée par la présence des chiens. Des mesures devront être prises pour diversifier les usages. INTRODUCTION Le présent plan directeur s’emploie à répondre au mieux à ces défis en définissant les orientations pour la restauration du parc, dans le respect de son histoire, de ses atouts, de ses faiblesses, et en tenant compte également du rôle que le parc Duden joue et devra encore jouer dans une région soumise à d’importants défis démographiques, sociaux, urbanistiques et environnementaux. 5 SITUATION DU PARC SITUATION DU PARC DUDEN 7 PARC DUDEN I. SITUATION GÉOGRAPHIQUE Le parc Duden se situe au sud de la Région bruxelloise dans la commune de Forest, à la limite entre la première couronne (dense et peu verdurisée) et la seconde couronne (plus verdurisée et moins dense). Depuis les quartiers centraux, l’ensemble « parc de Forest - Parc Duden » constitue le premier grand espace vert pour les quartiers sis à Saint-Gilles et Forest (voir illustration p.10). L’environnement du parc Duden se caractérise par un contraste est – ouest marqué à tous les niveaux : socioéconomique, urbanistique, démographique et même topographique. Ainsi, ▪ les quartiers à l’ouest du parc s’inscrivent dans le bassin industriel historique, en fond de vallée, et sont caractérisés par une population aux niveaux de revenus et d’instruction plutôt faibles, une population relativement jeune, des taux de chômage élevés ou encore par une part d’ouvriers élevée. Il s’y rencontre une forte densité du bâti, renforcée par la présence d’ateliers, industries et entrepôts en intérieur d’îlots, laissant présager pour les habitants un réel besoin d’espaces verts ; ▪ les quartiers à l’est s’ouvrent sur le sud-est aisé de la Région, sur les hauteurs de l’Altitude Cent, et se caractérisent par une population de niveau socio-économique nettement plus élevé : revenus supérieurs à la moyenne régionale, bon niveau d’instruction de la population (en moyenne plus âgée qu’à l’ouest), plus faible taux de chômage, etc. Au sud-est, les constructions sont essentiellement des immeubles de grand gabarit, où les espaces de verdures sont peu accessibles. Le besoin en espace vert est donc probablement important pour ces habitants. La carte C.I.1. Situation et typologie du bâti (ci-contre) illustre les différences du bâti, et par conséquent des besoins différents en espaces verts, selon les quartiers autour du parc. RELIEF SITUATION DU PARC Le parc Duden, d’une superficie de près de 23 ha, est situé sur le versant droit de la vallée de la Senne, beaucoup plus abrupt que le versant opposé. Il est marqué par un relief très prononcé : le plus haut de ses coteaux culmine à plus de 90 mètres tandis que les points les plus bas du parc, situés à proximité du stade de l'Union SaintGilloise, sont à moins de 55 mètres d'altitude (voir carte C.I.2. Relief ci-contre). 8 9 PARC DUDEN II. UN ENSEMBLE VERT Le parc Duden forme, avec le parc de Forest et le parc Jupiter, un « ensemble vert » d’importance majeure pour les saint-gillois et les forestois. Le parc de Forest a été créé à l’initiative du roi Léopold II. Celui-ci souhaitait voir réaliser ce qu’il nomma « le projet des parcs », à savoir relier le haut de Saint-Gilles au territoire de Forest puis à celui d’Uccle Neerstalle par une longue promenade constituée par le parc de Forest et par les grandes propriétés qui s’égrenaient l’une à la suite de l’autre. Si l’ensemble de cette promenade n’a pas vu le jour, le parc de Forest et le parc Duden, légué par son propriétaire au roi, ont néanmoins été reliés. Cet écrin de verdure dans un quartier densément bâti possède donc un rôle social de premier ordre. SITUATION DU PARC Même si ces trois parcs sont relativement indépendants, avec une identité et un fonctionnement propre, il est indispensable, pour une partie de la réflexion, de prendre en compte l’ensemble formé par ces espaces verts, et les complémentarités possibles (voir la carte C.II.1. Le parc Duden: Contexte, ci-contre). Les usagers du parc Duden ne fréquentent pas forcément le parc de Forest, et inversement, chacun ayant des spécificités propres. Schématique, on peut dire que ces trois espaces verts se complètent assez bien. Le parc Duden est un espace majoritairement forestier, relativement fermé par rapport à l’espace public. Seules quelques pelouses, souvent en pente, sont présentes. Il s’agit d’une ancienne propriété privée convertie en parc public, et les aménagements présents renferment encore les traces de ce passé privé, à l’exception de la perspective nord vers le parc de Forest et le palais de justice, qui a été créée pour formaliser le lien entre les deux parcs. Les usagers qui fréquentent le parc y recherchent une certaine quiétude et viennent essentiellement s’y promener. Le parc reste malgré tout assez peu fréquenté. Le parc de Forest est, depuis son origine, un espace public, dessiné par l’architecte Victor Besme (environs de 1880) et par conséquent beaucoup plus structuré que le parc Duden. Il propose de vastes pelouses, ouvertes directement sur le quartier environnant, que recherchent les usagers de ce parc. Ce parc, et particulièrement ses pelouses, est très fréquenté, notamment par des familles avec enfants. Le parc Jupiter est un espace de superficie plus réduite que les deux autres, tout en longueur qui relie le parc de Forest au parc Duden. Il offre aux promeneurs un panorama exceptionnel sur la vallée de la Senne, mais souffre d’un manque d’entretien. C’est le seul des trois espaces verts qui propose une grande zone ludo-sportive formelle (à réaménager). Le parc Duden et le parc de Forest sont tous deux classés comme site et vont faire l’objet d’une restauration. Le parc Jupiter est quant à lui sur la liste de sauvegarde et nécessiterait lui aussi une importante restauration et revalorisation. De manière très schématique, le parc Duden est assez peu fréquenté comparativement au parc de Forest qui souffre régulièrement de surfréquentation. Ceci s’explique par leurs caractéristiques distinctes : milieu fermé, forestier pour le parc Duden, parc paysager avec de vastes pelouses pour le parc de Forest, aires de jeux pour le parc Jupiter. Sans modifier ces spécificités, raisons de l’attrait de chaque parc et de leur classement, le respect de ces sites classés passe par une meilleure distribution de la fréquentation sur les trois parcs. L’offre de ces trois parcs se complète donc bien et permet à tous les usagers de trouver ce qu’ils recherchent (continuum fonctionnel). Ceci est un élément important pour la restauration de ces espaces : les attentes du public ne doivent pas forcément être comblées sur la superficie de chaque parc mais être comblées au niveau de cet ensemble de parcs. Il serait en effet regrettable que des dispositifs redondants soient installés dans ces trois entités. La restauration du parc Duden devra renforcer et mettre en valeur ses spécificités tout en veillant à rééquilibrer les différentes fonctions au sein de l’ « ensemble vert » 10 Situation géographique et contexte socio-urbanistique du parc Duden (source: BRAT et Projet de Plan Régional de Développement pour le fond de plan) 11 PARC DUDEN III. SITUATION DE DROIT CADASTRE L’ensemble de l’ancienne propriété Duden et le square Lainé appartiennent à la Donation Royale. Bruxelles Environnement a en gestion, par convention avec la Donation Royale, depuis le 1er septembre 2006, les parcelles cadastrées (voir la carte C.I.4. Situation de droit et limites cadastrales, ci-contre) : A87F (ancienne forge) A92G (conciergerie) A88V (anciennes écuries) A94E5 (jardin art déco) A89A (parc) A104/02A (square Lainé) Les autres parcelles faisant partie de l’ancienne propriété Duden sont également toujours propriété de la Donation Royale mais gérées par : ▪ l’Union Saint-Gilloise, pour les parcelles cadastrées A86T (stade), A86V (anciens guichets), A86W (tribunes le long de la chaussée de Bruxelles) ; ▪ les écoles INRACI/NARAFI, pour les parcelles cadastrées A87E (villa Mosselman) et A88S (villa Duden). L’ancienne propriété Duden s’est vue agrandie au début du 20ième siècle (1911 ?), le long de l’avenue Jupiter. Ainsi, deux parcelles, propriété de la commune de Forest, sont accolées à l’ancienne propriété Duden. Il s’agit des parcelles A88/03, le long de l’avenue Jupiter , et A88/04 le long de la rue du Mystère. A noter qu’un projet de convention a été élaboré afin que Bruxelles Environnement puisse reprendre en gestion ces deux parcelles. ouvertes, la superficie totale au sol des infrastructures et constructions ne peut excéder 20% de la superficie de la zone. » ▪ En zone de parc, pour le reste du site, y compris pour l’îlot central du square Lainé et pour la partie communale du site. « Ces zones sont essentiellement affectées à la végétation, aux plans d’eau et aux équipements de détente. Elles sont destinées à être maintenues dans leur état ou à être aménagées pour remplir leur rôle social, récréatif, pédagogique, paysager ou écologique. Seuls les travaux strictement nécessaires à l’affectation de cette zone sont autorisés. Ces zones peuvent également être affectées aux commerces de taille généralement faible qui constituent le complément usuel et l’accessoire de celles-ci, après que les actes et travaux auront été soumis aux mesures particulières de publicité. » Ces deux affectations correspondent à l’usage actuel qui est fait des lieux et n’entraînent pas de contraintes particulières en vue du potentiel réaménagement du parc. Néanmoins, le PRAS affecte également la totalité du parc, y compris la partie communale et l’îlot central du square Lainé, en zone d’intérêt culturel, historique, esthétique ou d’embellissement : « Dans ces zones, la modification de la situation existante de fait des gabarits ou de l’aspect des façades visibles depuis les espaces accessibles au public, est subordonnée à des conditions particulières résultant de la nécessité de sauvegarder ou de valoriser les qualités culturelles, historiques ou esthétiques de ces périmètres ou de promouvoir leur embellissement, y compris au travers de la qualité de l’architecture des constructions et installations à ériger. Ces conditions particulières sont arrêtées par plan particulier d’affectation du sol, par règlement d’urbanisme ou en vertu de la législation relative à la conservation du patrimoine immobilier. A défaut, elles sont arrêtées après avis de la commission de concertation. » Ces affectations correspondent à une situation existante bien établie, dans un tissu relativement dense. Elles ne sont donc pas à même de susciter des changements urbanistiques. SITUATION DU PARC CLASSEMENT 12 L’entièreté du Parc Duden a été classé comme paysage depuis le 26 octobre 1973, y compris la partie communale et la parcelle occupée par le stade Marien (voir carte ci-contre). Seuls le square Lainé et l’entrée du parc qui le jouxte ne sont pas repris dans cet arrêté de classement. La zone verte, située entre l’avenue Jupiter et l’avenue Gabriel Fauré est inscrite dans l’inventaire de la Région de Bruxelles Capitale (liste de sauvegarde). Il faut remarquer qu’un dossier de protection des bâtiments et des installations de ‘l’Union Saint-Gilloise’ est en cours. Selon les conditions prescrites par l’arrêté de classement du parc et selon les dispositions du COBAT, les actes et travaux de tout genre (construction, modification des chemins et sentiers, de la végétation…) qui seraient réalisés dans le parc Duden sont soumis à une autorisation préalable soumise à l’avis de la Commission Royale des Monuments et Sites. Les actes et travaux qui n’auraient pas été soumis à une autorisation telle que prescrite n’ont donc pas de valeur légale. Il en va ainsi du parking utilisé de fait par l’InRaCi. SITUATION JURIDIQUE PRAS Le PRAS affecte le parc Duden en deux types de zones : ▪ En zone de sport ou de loisirs de plein air pour la partie du parc correspondant au stade Marien et à ses abords : « Ces zones sont affectées aux jeux et activités sportives de plein air et comportent un cadre de plantations. Ne peuvent être autorisés que les actes et travaux nécessaires à l’affectation de ces zones ou complémentaires à leur fonction sociale. […] Ces zones peuvent également être affectées aux commerces de taille généralement faible qui constituent le complément usuel et l’accessoire de celles-ci, après que les actes et travaux auront été soumis aux mesures particulières de publicité. Hormis les installations provisoires à caractère saisonnier et les tribunes PRD Le périmètre n’est pas concerné directement par des priorités du PRD. 13 PARC DUDEN PROJET DE RESTAURATION PROJET DE RESTAURATION 15 PARC DUDEN Le projet de restauration du parc est présenté par thématique, puis, le cas échéant par zone. Pour chaque thématique sont présentées la situation actuelle et la ligne directrice qui en découle. Cette ligne directrice est ensuite déclinée autour des intentions et actions à mettre en œuvre. REMARQUES PRÉALABLES TOPONYMIE Les appellations relatives au parc Duden (chemins, pelouses, reliefs locaux) proviennent des appellations données par H. Vander Goten en 1952 dans sa carte botanique (voir carte ci-contre), cette carte étant reconnue comme étant le témoin de la période de référence pour la restauration du parc. Certains de ces noms font référence à l’histoire du parc ou à des plantations anciennes mais rien ne prouve que ces appellations étaient effectivement utilisées par les promeneurs et les gestionnaires. Cependant, ce sont ces appellations qui ont été choisies pour identifier et localiser les différentes zones du parc. Les mots en italique dans le présent document renvoient à ces noms de localisation. ETUDES Plusieurs études ont été réalisées préalablement à la rédaction du présent projet. Celui-ci est ainsi le fruit de la confrontation des conclusions des différentes études, réalisées par des bureaux spécialisés dans les différents domaines concernés. Les études ne sont pas reprises ici mais peuvent être consultées librement auprès de Bruxelles Environnement. Cependant, afin de permettre la compréhension des thèmes et enjeux essentiels du plan directeur, les principales réflexions et conclusions des différentes études sont présentées dans le document. PROJET DE RESTAURATION Ces différentes études sont: 16 Arboriconseil, 2012. Etude phytosanitaire du parc Duden Arcadis, en collaboration avec S. Verkem, 2008. Etude hydrologique et inventaire des valeurs naturelles du parc Duden BRAT, 2009. Le parc Duden - Etude socio-urbanistique et de mobilité CDAF, 2013. Mission d’expertise pour la régénération du couvert forestier du parc Duden Out-Site, 2011. Etude historique et paysagère du parc Duden Tensen & Huon, 2007. Levé topographique du parc Duden et reportage photographique Carte Botanique de H. Vander Goten (1952) - Carte de référence pour la restauration du parc Duden 17 PARC DUDEN I. PATRIMOINE ET SCÉNOGRAPHIE 1. DES ENSEMBLES HISTORIQUES PROJET DE RESTAURATION Le parc Duden est un parc boisé intégrant quatre ensembles historiques, aménagés à différentes époques par des propriétaires distincts. Pour mieux comprendre l’histoire du parc et de ces ensembles historiques, une chronologie synthétique est reprise ci-dessous : 18 Avant 1829 : propriété de l’abbaye de Forest 1829 : achat du bois et de la clairière par Mr Mosselman et construction de sa villa 1869 : achat de la propriété par Mr Duden et aménagement du parc : construction de la villa sur les hauteurs, des logements de fonction dans la vallée, de pavillons et aménagement de chemins de promenade dans le bois 1884 : don de la propriété à Léopold II. Les Duden resteront dans la propriété jusqu’à leur mort. Par la suite, il est convenu que la propriété doit être transformée en parc public : le parc Duden Alentours de 1911 : afin de relier le futur parc Duden et le parc de Forest (en cours d’aménagement), il est décidé de créer un espace vert reliant ces deux parcs : le square Lainé. Dans la même période, un petit parc communal est accolé à la propriété Duden le long de l’avenue Jupiter 1er mai 1912 : ouverture du parc Duden comme parc public 1913 ; installation de l’Institut des Maladies Tropicales dans la villa Duden 1914 : transformation d’une partie du parc en stade pour l’association sportive de l’Union Saint-Gilloise 1939 : installation de l’école Supérieure de Sciences et d’Arts dans la villa Duden 1949 : aménagement de l’entrée et du jardin art-déco Le parc a donc connu une évolution importante depuis le début du 19ième siècle jusqu’à nos jours, avec la particularité que chaque nouvel aménagement a été fait dans des zones différentes du parc. Les propriétaires successifs ont marqué le parc de leurs apports mais sans détruire les réalisations de leurs prédécesseurs, comme c’est souvent le cas dans l’histoire. Ainsi, le parc Duden a ceci d’exceptionnel de proposer, sur une aussi petite surface, une juxtaposition de jardins de styles distincts, témoignages de l’histoire de l’art des jardins, avec des zones sous l’influence des jardins classiques de la renaissance italienne, du style de paysage anglais, du jardin pittoresque et un jardin art déco. Chacune de ces zones, bien distincte et présentant des caractéristiques paysagères propres, constitue un grand ensemble. Chaque ensemble historique renferme un élément bâti autour duquel l’aménagement paysager et scénographique s’est constitué. Même si plusieurs éléments ont été transformés ou ont disparu, de nombreuses traces perdurent, donnant des ambiances distinctes aux différentes parties du parc. Le parc actuel comporte cinq grands ensembles, disséminés au milieu d’une trame boisée, vestige du bois initial (voir carte C.I.5. Ensembles historiques, ci-contre) : Campagne Mosselman (style de paysage anglais) ; Campagne Duden (influence des jardins classiques de la renaissance italienne) ; Conciergerie (jardin pittoresque) ; Square Lainé et jardin art déco ; Stade de l’Union Saint-Gilloise (hors gestion IBGE et donc peu abordé). Nous disposons d’un plan précis et détaillé du parc datant de 1952 et dressé par H. Vander Goten en annexe au guide du Promeneur du parc Duden à Forest, rédigé par H. Vander Goten et J.P. Vokaer en 1953. Il est présenté p.17 de ce document. Ce plan reprend des plantes et arbres, les différentes constructions datant de l’époque Duden, les emplacements des statues et autres détails d’aménagements aujourd’hui disparus. Sur ce plan le jardin art déco est déjà représenté, même si certains détails du plan diffèrent de la construction effectivement réalisée. Ce plan reprend donc les quatre (et même cinq) ensembles historiques définis au sein du parc. Il a été choisi comme plan et période de référence pour la restauration du parc Duden. LIGNE DIRECTRICE LA RESTAURATION VISERA À REVALORISER CHAQUE ENSEMBLE HISTORIQUE DU PARC SELON SA PÉRIODE DE RÉFÉRENCE, EN CE COMPRIS LE PATRIMOINE HORTICOLE, LES PAYSAGES ET LA SCÉNOGRAPHIE MISE EN ŒUVRE : REVALORISER LES ENSEMBLES HISTORIQUES Il ne s’agit pas de recréer ce qui n’existe plus, mais de mettre en valeur les traces du passé, les scénographies, afin de requalifier ces espaces. Les éléments perturbateurs seront modifiés ou supprimés. Pour chaque ensemble sont déclinées une série d’intentions. Ces desseins constituent les grandes lignes directrices de la restauration et devront, dans la majorité des cas, être déclinés sous la forme d’un projet. 19 PARC DUDEN CAMPAGNE MOSSELMAN OBJECTIF La carte C.III.3. Revalorisation de la Campagne Mosselman (voir p.23) reprend les contours géographiques de cet ensemble historique et indique les principales actions à mener. Dans cette partie du parc, l’objectif est double : restaurer les paysages et perspectives anciens : perspective depuis l’entrée du parc (drève de la Chapelle), perspective vers le fond de la vallée (pelouse des chevreuils et fond des joncs), perspectives vers la villa depuis le chemin (pelouse pittoresque). remettre en valeur la villa et son environnement proche : restauration des façades, recul de la clôture et de l’escalier de secours par rapport au bâtiment, réaménagement de la pelouse de l’arbre bouteille (face à la villa) et de la zone entre la villa et l’ancienne forge. ACTIONS À METTRE EN ŒUVRE Restauration des paysages et perspectives anciens Ce projet se base sur les moments scénographiques mis en évidence par l’étude historique et paysagère, permettant la découverte progressive de la villa Mosselman et du fond de vallon. PROJET DE RESTAURATION a. Drève de la Chapelle Anciennement Sur les photographies anciennes (fin du XIXe, début du XXe, avant l’implantation de l’USG), la drève de la Chapelle est bordée d’un double alignement de tilleuls. Entre les arbres se trouve d’un côté (côté actuel USG) une haie basse donnant sur le potager en contrebas. De l’autre côté, les arbres surplombent des arbustes de faible taille. 20 Actuellement Le double alignement de tilleuls n’existe plus du côté de l’entrée du parc. Après le croisement avec l’allée du chefgarde, celui-ci est toujours présent. Le potager en contrebas a été remplacé par un talus haut et boisé suite à l’implantation du stade de l’USG. La haie basse a été remplacée par une clôture haute destinée à empêcher toute intrusion du public dans le stade. Un entretien minimal est réalisé sur ce talus, tant du point de vue de l’entretien de la végétation que des déchets. En face, où les tilleuls ont disparu, les arbustes ont laissé la place à des arbres de grande hauteur. Cette allée, autrefois magistrale et marquant bien l’entrée de la propriété, a donc largement perdu de sa superbe. Dessein La volonté est de restaurer la drève, sur base des photographies anciennes (début du XXe siècle) tout en intégrant la présence ‘nouvelle’ du stade de l’USG et des contraintes qui en découlent. Il en résultera des interventions supplémentaires : talus côté USG, suppression des arbres pour ne laisser qu’une végétation arbustive basse, recul de la clôture sur le haut du talus et réfection de celle-ci dans un style similaire à la grille d’entrée du parc. talus côté parc, suppression des arbres pour ne laisser que les arbustes bas. suppression des tilleuls restants sur le tronçon situé entre l’entrée du parc et le départ de l’allée du chefgarde et replantation d’un nouvel alignement double (la suppression des arbres des talus permettra l’apport de lumière suffisant à la reprise et la croissance de ces nouveaux sujets). replantation de haies basses entre les tilleuls côté USG afin de limiter le passage vers le talus. b. Pelouse des chevreuils et fond des joncs : perspective vers le fond du vallon Anciennement Cette clairière, déjà présente sur les cartes de Ferraris, ne se découvrait, du temps de Mosselman, qu’à la fin du cheminement depuis la drève de la chapelle. L’étude des cartes anciennes montre que cette clairière, toute en longueur et entourée de hauts hêtres, se prolongeait loin dans le fond de la vallée, créant un effet de profondeur attractif pour les promeneurs. Le massif de rhododendrons était déjà renseigné sur la carte de 1952 Actuellement Cette clairière, une des rares zones engazonnées planes du parc, constitue une zone de détente principale pour le public. On constate un embroussaillement progressif du fond du vallon par le hêtre et le frêne, limitant l’effet de profondeur de la perspective. Les bords de la pelouse sont eux-aussi progressivement envahis par les ronces et les orties. D’un point de vue biologique, la pelouse des chevreuils est une prairie à Crételle, recensée comme un biotope d’intérêt régional. Le fond de la vallée, humide, présente, outre l’envahissement par les ligneux, une zone de ronciers, une communauté à cirse des champs et une zone de suintement à laîche et fougère. Ces habitats, dégradés pour la plupart (exception faite du roncier) ne sont pas des habitats d’intérêt communautaire ni des biotopes d’intérêt régional. Les chemins situés au début de la pelouse sont larges et mal définis, résultant davantage d’un piétinement par les usagers que d’une définition précise. Outre la zone de suintement rencontrée vers le fond des joncs, une zone basse de rétention d’eau est présente au début de la pelouse, à proximité du chemin. Un avaloir est d’ailleurs présent à ce niveau. Dessein Les bords de la pelouse des chevreuils seront dégagés d’une partie de la végétation, afin d’agrandir la partie engazonnée. Une lisière sera toutefois préservée. Le fond des joncs sera dégagé des espèces ligneuses qui s’y développent et ferment la vallée. De l’autre côté du chemin du maître d’école, la zone de suintement sera également dégagée des espèces ligneuses. Ces zones plus humides resteront peu propices au développement d’une pelouse et seront gérées en gestion différenciée. Ces zones seront fauchées une à deux fois par an, avec exportation du produit de la fauche afin de permettre le développement de végétations de prairies et de friches. Cette mesure garantira un rétablissement puis le maintien des perspectives vers la vallée tout en permettant d’accroître la biodiversité du parc. Le massif de rhododendron, mentionné sur le plan de 1952, sera conservé mais sa superficie pourra être réduite afin de limiter son emprise sur la zone de pelouse et sur les vues. c. Perspectives vers la villa depuis la drève de la Chapelle : réaménagement de la pelouse pittoresque Anciennement L’approche vers la villa Mosselman se faisait par la façade latérale ; approche paysagère qui a pour but de dévoiler progressivement la demeure et de la présenter dans son cadre paysager. Les vues depuis la drève de la Chapelle vers la villa, via la pelouse pittoresque, étaient donc dégagées et soignées. Actuellement Cette pelouse est peu utilisée par les promeneurs. Lors de la reprise du parc en gestion, un grand massif de bambous masquait les vues vers la villa depuis une partie du chemin. Depuis, ces bambous ont été supprimés, dévoilant une colonne en pierre. La pelouse pittoresque est bordée des massifs arborés dont les lisières débordent parfois sur la pelouse, masquant en partie la villa. Le point le plus bas de la pelouse (à peu près au niveau de l’ancien massif de bambous) est assez humide. Découverte de la villa depuis la drève de la chapelle Drève de la chapelle, auparavant et actuellement Embroussaillement de la pelouse des chevreuils 21 PARC DUDEN Dessein Le projet prévoit de dégager les vues vers la villa depuis le chemin par une redéfinition des lisières plantées. La colonne de pierre, dont l’utilisation ancienne et son placement ne sont pas renseignés, sera conservée mais déplacée à proximité des lisières afin de ne pas gêner les vues. Au point le plus bas, humide, une zone d’accumulation d’eau de pluie sera créée (voir le thématique Eau, sol et érosion, p.34). Mise en valeur de la villa et de son environnement proche a. Mise en valeur de la villa et des perspectives depuis la villa vers la vallée de la Senne Anciennement La villa a été implantée sur une petite butte d’où elle dominait la chaussée de Bruxelles et la vallée de la Senne. En plus du panorama offert depuis l’intérieur de la villa, celle-ci apparaissait, depuis la chaussée de Bruxelles entourée de l’écran vert formé par la lisière du bois, et par conséquent particulièrement monumentale. A proximité de la villa se situait, vraisemblablement, des écuries. Actuellement La construction du stade de l’USG empêche toute visibilité de la villa depuis la chaussée de Bruxelles. Les plantations denses entre la villa et le stade limitent également toutes vues. Le bâtiment lui-même a subi plusieurs transformations pour les besoins des activités qui s’y déroulent : de nombreuses fenêtres ont été murées et un escalier de secours a été accolé à la façade arrière. Celui-ci est grillagé et non accessible au public. Toute vue depuis la villa vers la vallée et désormais impossible. La clôture de l’USG « étouffe » également la villa puisqu’elle arrive juste au pied de l’escalier de secours, touche un angle de la villa pour se diriger vers les ruines des guichets, probables vestiges des écuries. La villa, majoritairement murée, est donc accolée à une clôture passablement défraîchie, supprimant son aspect monumental et, au contraire, lui conférant un aspect plutôt sinistre et austère. PROJET DE RESTAURATION Dessein Afin de lui redonner sa place, il convient tout d’abord de rétablir les vues et les circulations autour de la villa en : dégageant la clôture qui l’enserre. Celle-ci devrait être reculée et remplacée par une grille plus en adéquation avec le style de la villa. élaguant les plantations. dégageant la façade de l’escalier de secours (recul par rapport à la façade). Un système de double grille pourrait permettre un accès, au moins en journée, sur le haut de l’escalier de secours afin de permettre de profiter à nouveau des vues vers la vallée. Dessein Outre la remise en valeur de la villa (tel qu’exposé ci-dessus), point fort de la réhabilitation de cet ensemble historique, toute la petite esplanade et la pelouse sont à réaménager, réhabiliter et à rendre plus conviviaux. Esplanade, Forge et Guichets La petite esplanade sera réaménagée afin de la rendre plus conviviale pour les usagers, tant enfants qu’adultes, via un mobilier et des aménagements adéquats (zone vélo, pétanque… par exemple). Cette réhabilitation devra faire l’objet d’un projet plus précis respectant avant tout le cadre paysager et historique de la villa. Il est dommage de laisser la petite forge inoccupée. Une meilleure affectation de celle-ci, en plus de son embellissement, pourrait ainsi égayer davantage cette zone un peu trop délaissée par les usagers. Une affectation claire devra être définie pour la forge (local d’information géré par les gardiens ou local pour une asbl…) qui devra ensuite être réaménagée pour répondre à ces fonctions. Des systèmes de sécurisation des ouvertures plus esthétiques qu’actuellement devront être placés. A noter qu’un projet d’occupation temporaire par un mouvement de jeunesse et par le quartier durable Neptune (four à pain collectif) est en cours d’étude. La question de la suppression ou de la restauration et revalorisation des anciens guichets de l’USG devra faire l’objet d’un arbitrage lors du projet. Pelouse de l’arbre bouteille Les perspectives depuis la villa vers la pelouse de l’arbre bouteille doivent être rétablies par la suppression des arbres de la pelouse ainsi que la suppression de l’escalier et du chemin à travers la pelouse de l’arbre bouteille, remplacés par un chemin débouchant à l’arrière de la forge. Il est important de noter que ce dernier aménagement, à savoir la suppression de l’escalier est un principe à atteindre à terme, sans être l’un des défis les plus urgents du parc. Cette suppression de sera logique que dans le cadre, et comme aboutissement, de la revalorisation de cet ensemble. Concernant la villa en elle-même, il sera impossible d’ouvrir à nouveau les fenêtres obstruées. Il est dès lors recommandé d’y peindre des trompe-l’œil où, par exemple, un reflet de l’entourage serait suggéré. Les autres éléments perturbateurs seront mieux intégrés, comme par exemple la porte d’accès au bâtiment, actuellement en bois et tranchant avec l’unité blanche de la façade. Des défrichages au niveau des guichets de l’USG seront réalisés afin d’effectuer un examen plus précis du lieu puis de décider du devenir de ces ruines. b. Réaménagement de la pelouse de l’arbre bouteille (face à la villa) et de la zone entre la villa et l’ancienne forge (petite esplanade) Anciennement Le plan de 1952 montre que la villa faisait face à la pelouse de l’arbre bouteille, engazonnée, ne comportant que quelques arbres. Un petit chemin partait à l’arrière de la forge vers les zones situées en amont. Les probables anciennes écuries de la villa sont déjà transformées en guichets pour l’USG. 22 Actuellement Le chemin à l’arrière de la forge a été supprimé et remplacé par un chemin et des escaliers situés en face de l’entrée de la villa, coupant ainsi la pelouse de l’arbre bouteille. Ce chemin a pour fonction de relier les deux bâtiments utilisés par les écoles. Cet escalier, qui impose une approche axiale de la villa, va à l’encontre de l’approche paysagère souhaitée par Mr. Mosselman. La pelouse de l’arbre bouteille a également été plantée de nombreux charmes. L’ancienne forge, utilisée pour le stockage de matériaux est régulièrement taguée et ses ouvertures sont grillagées. Celle-ci fait face aux guichets délabrés de l’USG. Le revêtement au sol est en mauvais état et une légère bordure sépare la partie cheminement de la zone de repos occupée par un banc, une poubelle et un distributeur de pinces à crottes. L’ensemble de ces aménagements, disparates, créent une impression de confusion, voire d’insécurité. Approche de la villa et esplanade à réaménager. 23 PARC DUDEN CAMPAGNE DUDEN OBJECTIF La carte C.III.4. Revalorisation de la Campagne Duden (p.27) reprend les contours géographiques de cet ensemble historique et indique les principales actions à mener. Dans cette partie du parc, les objectifs sont multiples : remettre en valeur les perspectives, paysages et points de vue historiques : découverte de la villa, vues depuis la villa vers les écuries, panorama depuis la villa vers la vallée et vues depuis l’extérieur vers la villa revaloriser les abords de la villa : côté terrasse et pelouse de Bacchus mais aussi le lien entre la villa et les anciennes écuries réaménager les anciennes écuries et leurs abords selon leur nouvelle affectation de zone technique, tout en préservant leurs caractéristiques historiques ACTIONS À METTRE EN ŒUVRE PROJET DE RESTAURATION Remettre en valeur les perspectives, paysages et points de vue historiques Ce projet se base sur les moments scénographiques mis en évidence par l’étude historique et paysagère, permettant la découverte de la villa, puis les vues vers la vallée de la Senne. a. Approche de la villa : allée de l’esplanade Anciennement L’accès à la villa se faisait depuis l’avenue Victor Rousseau où l’entrée monumentale annonçait la grandeur de la villa. Le chemin était bordé d’une drève de hêtres et de plantations denses masquant la villa et retardant la découverte de celle-ci. Elle ne se découvrait qu’au dernier moment, à l’arrivée sur la placette située devant la villa. Le bâtiment des anciennes écuries était cerné par la végétation et n’était que très peu visible depuis l’allée, renforçant le caractère imposant de la villa. Le lien visuel entre la villa et les écuries étant réalisé à un autre niveau dans le parc. Actuellement Les hêtres le long de l’allée de l’esplanade ont été abattus en 2006 pour des raisons de sécurité. La replantation de ceux-ci attendait les conclusions de l’étude historique et paysagère. L’effet de surprise à la découverte de la villa n’existe donc plus, celle-ci étant visible tout le long du chemin. Ce chemin est emprunté quotidiennement par des véhicules. Beaucoup de ceux-ci roulent à une vitesse excessive. Dessein Le projet prévoit la replantation d’une drève de hêtres de chaque côté de l’allée, avec la plantation d’arbrisseaux en sous-étage. Les plantations le long du chemin au niveau des écuries seront également densifiées afin de limiter les vues. Des dispositifs visant à ralentir la vitesse des véhicules seront également intégrés dans le projet. b. Vues depuis la villa vers les écuries Anciennement Depuis la villa, les écuries étaient encadrées par une végétation nombreuse, essentiellement arborée. Le bâtiment pittoresque s’insère donc dans un tableau pastoral, dont l’arrière-plan est un écran verdurisé relativement dense, empêchant les vues vers les éléments extérieurs au parc. 24 Actuellement L’arrière des écuries, le long de l’avenue Victor Rousseau a été replanté de jeunes hêtres. Ceux-ci ne permettent pas encore de masquer les vues vers les immeubles situés de l’autre côté de l’avenue Rousseau. Les arbres ont été plantés de manière dense et n’ont pas été éclaircis. Dessein Les mesures de gestion appropriées à la recréation de l’écran vert seront mises en œuvre : sélection et mise en lumière des arbres d’avenir et densification de la strate arbustive. c. Panorama depuis la villa et ses terrasses vers la vallée : pelouse Léopold II, pelouse des nains, et ancienne pépinière Anciennement Côté jardin, la villa domine la vallée de la Senne. Une grande clairière avait été aménagée dans la forêt par Mr Duden offrant une perspective panoramique de grande qualité sur la vallée. Ceci démontre la compétence de l’architecte et du maître d’ouvrage quant au choix de l’implantation de la villa. Quelques arbres bordaient l’axe du panorama et un potager, une serre et un verger, en contrebas, contribuaient à l’ouverture du panorama. Notons qu’en 1953, un magnolia était présent au niveau de la pelouse Léopold II. Des cartes postales anciennes montrent qu’à une période (le parc était déjà public), la pelouse Léopold II a été coupée par un chemin, créé dans l’axe de la villa et bordé de plantations. Cet aménagement était contraire au style du jardin du temps de Duden et réduisait les perspectives. Actuellement Le potager, la serre et le verger ont été supprimés (quelques vestiges affleurent encore au sol, çà et là) et le terrain ainsi libéré a été planté de hêtres. Cette plantation dense n’avait pas subi d’éclaircies et les jeunes arbres filaient. Une éclaircie a été réalisée en 2008. Suite au développement des arbres le panorama depuis la villa et ses terrasses se ferme. Le parc marque également fortement le paysage de Bruxelles depuis la vallée. Depuis certains points de vue, la villa se découvre, dominant le talus engazonné et entourée de son écrin vert et dominant le paysage. Cependant les arbres, trop nombreux, limitent ces vues vers la villa depuis la vallée. Le pavé des nains, dont le tracé n’est pas à remettre en question, est situé au-dessus de la pente. Il constitue dès lors un élément gênant dans ce panorama. Dessein Les arbres situés sur l’ancienne pépinière seront taillés ou abattus si nécessaire afin de maintenir une hauteur de végétation n’altérant pas le panorama. Ces opérations seront renouvelées régulièrement afin de maintenir sur le long terme les vues sur le paysage. Celles-ci permettront malgré tout le maintien d’une zone boisée à ce niveau. Lors du réaménagement du chemin dit du pavé des nains, celui-ci devra être adapté au niveau de son profil afin d’être situé dans la pente et non plus au-dessus. Revaloriser les abords de la villa a. Terrasses et pelouse de Bacchus Anciennement Les terrasses de la villa étaient implantées en contrebas de celle-ci et transversalement à la perspective, afin de ne pas gêner les vues sur le paysage. La villa comprenait une terrasse arrière, reliée au jardin par un escalier. Cette terrasse a été transformée en jardin d’hiver, probablement durant ou après les années 20. L’escalier a été maintenu. Deux terrasses étaient situées dans le jardin. La première, longeant la villa consiste essentiellement en une zone recouverte de gravier, dénuée de plantation, à l’exception de quelques résineux, visibles sur les photos les plus anciennes, et rapidement supprimés. Approche de la villa, actuellement Pelouse de Bacchus auparavant Villa et esplanade auparavant et actuellement Terrasse arrière de la villa et panorama Pelouses et panorama actuels Esplanade et pelouse des scilles, auparavant 25 PARC DUDEN La terrasse inférieure, aussi dénommée pelouse de Bacchus par H. Vander Goten, consistait en un long plateau étroit, embelli par des parterres fleuris. Le nom de pelouse de Bacchus provient de la fontaine en forme de vasque surmontée d’un petit Bacchus qui occupa longtemps le centre de ce parterre avant d’être enlevée en 1948. Cet élément central contribuait au plan symétrique de l’aménagement du jardin. PROJET DE RESTAURATION Actuellement La verrière implantée au niveau de la terrasse arrière est toujours présente mais fermée au public. Les vitres sont la plupart du temps occultées par des stores. L’escalier menant à l’ancienne terrasse est toujours présent mais en mauvais état : certaines marches en pierre bleue sont cassées. Au pied des murs du château, des massifs arbustifs hauts et larges sont présents. Ils ont été plantés dans un but sécuritaire, afin de limiter l’accès aux ouvertures de la villa et par conséquent toute intrusion. En dehors de ces plantations, la terrasse supérieure ne présente pas de plantation ni d’autre attrait particulier. La terrasse inférieure consiste en un parterre engazonné, entouré de dolomie et de quelques bancs orientés vers le panorama. aménagement plus formel et plus intégré de la zone de stationnement de façon à limiter son impact visuel. Ainsi le stationnement devant la pelouse des scilles ou devant la villa sera interdit. Le meilleur emplacement pour un tel aménagement serait le sud de l’esplanade. Un permis unique (urbanisme et environnement) de classe 2 devra être demandé pour l’aménagement de cette zone de stationnement. aménagement d’une zone de stockage des déchets pour l’école, à proximité de la villa, mais sans altérer les vues et l’esthétique de la zone. Au niveau de la pelouse des scilles, le bassin en béton sera supprimé et des aménagements fleuris pourront être recréés, adaptés aux capacités de gestion actuelles. Il faut noter que cette pelouse accueillera probablement une station d’épuration individuelle pour l’épuration des eaux provenant des anciennes écuries. Un dossier, préparé par les architectes de la sous-direction Logistique et Bâtiments de Bruxelles Environnement est en cours d’approbation auprès des administrations et instances concernées. Dessein Les massifs arbustifs présents autour de la villa seront maintenus, vu leur rôle sécuritaire, et l’escalier en pierre bleue devra être restauré. Les deux terrasses seront embellies en s’inspirant des cartes postales anciennes : revêtements, plantations de parterres de fleurs et de bandes décoratives. Des bancs seront maintenus à ce niveau, afin de profiter des vues. Réaménager les anciennes écuries et leurs abords selon leur nouvelle affectation de zone technique a. Bâtiment Anciennement Nous disposons de peu d’informations sur la construction (à l’époque de Mr Duden) et l’affectation de ce bâtiment. Le plan de 1952 mentionne qu’il s’agit d’anciennes écuries et du logement du jardinier. Cette affectation de logement pour le personnel entretenant le parc était toujours effective en 2006 avant la reprise en gestion du parc par l’IBGE. b. Lien entre la villa et les anciennes écuries Anciennement Les cartes postales anciennes montrent que les plantations réalisées au niveau de cette zone ont fréquemment été modifiées. Cependant, un aménagement se retrouve fréquemment, à savoir un macaron fleuri au centre de l’esplanade, autour duquel devaient probablement s’articuler les circulations des véhicules. Les plantations étaient généralement très fleuries et soignées. Actuellement Le bâtiment n’est plus utilisé comme logement mais comme local pour le personnel de l’IBGE. Il a été remanié en conséquence et comprend sanitaires, vestiaires, réfectoire et bureaux. Le garage en bois attenant est utilisé pour le stationnement d’un véhicule de service. Du côté opposé, le garage accueille les machines et véhicules nécessaires à l’entretien du parc. En dessous de ce garage se situe une vaste cave inoccupée et difficilement accessible. Actuellement La pelouse des scilles est bordée, le long du chemin d’accès, par un massif d’arbres et d’arbustes. Hormis ceci, aucune plantation ornementale n’est présente au milieu de la pelouse. Un bassin en béton, inutilisé et en mauvais état est situé à proximité de l’esplanade. Il aurait été construit et utilisé, il y a plusieurs années, par l’école afin de servir de bassin de jeux pour les enfants lors des journées portes ouvertes de l’école. L’esplanade consiste en une place gravillonnée utilisée comme zone de stationnement pour les véhicules des professeurs et du personnel de l’école disposant d’un macaron. Le stationnement, autorisé par la Donation Royale, n’est pas clairement délimité et les voitures sont donc stationnées de manière non organisée, notamment devant la villa, dégradant la vue sur le bâtiment. Tous les jours de la semaine, ce sont 30 à 40 voitures qui sont présentes sur cet espace de stationnement informel (aucun permis n’a jamais été délivré). En week-end, seule la voiture du concierge de la villa Duden est présente sur l’esplanade. Contre le côté nord de la villa, à côté de l’entrée des étudiants, les grands bacs poubelle de l’école influencent négativement les vues et l’approche de la villa. De plus, les déchets qu’ils contiennent sont parfois éparpillés par les oiseaux. Côté sud, l’extension de la villa (y compris les escaliers de secours) a supprimé l’ancien chemin du Sylvain et déstabilise la symétrie de la villa. Les parterres situés au pied de la villa ont été plantés et agrémentés de banc par les occupants de la villa, aménagements ne cadrant pas avec l’esprit des aménagements du temps de Mr Duden. Dessein Le projet prévoit le maintien des transformations déjà effectuées au niveau du bâtiment et une occupation des caves pour le stockage du matériel. Dessein L’esplanade sera réaménagée de façon à répondre aux objectifs paysagers et fonctionnels de la zone : 26 réaménagement d’un macaron planté organisant les circulations sous forme de « rond-point », b. Abords du bâtiment Anciennement Aucune information (texte ou illustration) permettant de qualifier les abords du bâtiment n’est malheureusement disponible Actuellement L’accès à la zone des anciennes écuries peut être fermé par une barrière forestière. En entrant, sur la gauche se trouve une zone de pépinière. Les déchets récoltés dans le parc sont stockés, avant évacuation, au sud du bâtiment, à ciel ouvert, et visibles dès l’entrée dans la zone. Dessein Les abords du bâtiment seront réaménagés de manière plus fonctionnelle afin de répondre aux nécessités de gestion du parc. Des zones techniques et des zones de stockages devront être aménagées. Un accès aux caves devra être réalisé depuis la drève solitaire (en raison des pentes, un accès par la drève sera le plus aisé). Ce projet de réaménagement est en cours d’étude par les architectes de la sous-direction Logistique et Bâtiments de Bruxelles Environnement. 27 PARC DUDEN CONCIERGERIE OBJECTIF La carte C.III.5. Revalorisation du Square Lainé, du Jardin Art déco et de la Conciergerie (ci-contre) reprend les contours géographiques de cet ensemble historique et indique les principales actions à mener. Dans cette partie du parc, l’objectif est de revaloriser et embellir l’ensemble : entrée, abords de la conciergerie, roseraie. ACTIONS À METTRE EN ŒUVRE L’entrée du parc forme un ensemble indivisible avec le bâtiment et ses abords, nécessitant des actions simultanées pour toutes les différentes parties de cet ensemble. La composition de celui-ci est asymétrique, mais malgré tout équilibrée, le bâtiment constituant un point d’ancrage important. PROJET DE RESTAURATION Anciennement La villa néo-renaissance flamande (date de construction inconnue), ancienne loge du portier, semble être la « petite sœur » des écuries, se découpant sur un fond de plantations de résineux. Il s’agit donc, ici aussi, d’une zone pittoresque du parc. Les abords mêmes de la villa sont dégagés, seul un massif arbustif dense est présent sur son côté est. Depuis l’extérieur du parc, cette villa était mise en valeur par la haie basse qui entourait le parc, et le relief du talus le long de l’actuelle avenue G. Fauré. Ainsi l’entrée du parc forme un ensemble indivisible avec le bâtiment. La villa était entourée d’un jardin pittoresque aux murets et aux plantations de petite dimension. Des sentiers parcourant des parterres fleuris créaient une relation, une réelle continuité entre l’habitation, son jardin et le parc. Nous ne disposons pas d’informations sur les aménagements de la partie du jardin située à l’arrière de la villa. Les plantations basses se retrouvent le long des chemins, en dehors du jardin pittoresque : les pelouses, légèrement surélevées par rapport au chemin étaient simplement plantées, au niveau de ces petits talus, de végétation rampante. La statue de Diane, située à proximité de la villa attirait l’attention du promeneur et un banc y était installé. Au pied de la statue, un chemin large s’enfonçait dans la zone boisée. 28 Cette zone a subi quelques transformations lors de l’aménagement de la pointe nord du parc, en lien avec le square Lainé, au milieu du 20ième siècle. Là où les anciennes cartes montraient un mouvement du sentier, montant la pente de façon imperceptible, on travaille désormais selon un aménagement formel en lignes droites. De ce fait, la construction de l’escalier est devenue nécessaire, et sur l’emplacement d’une ancienne pelouse plantée d’arbre, à proximité de la grille d’entrée, un espace circulaire, bordé de haies taillées a été aménagé. Ce lieu-dit « la roseraie » constitue la charnière entre le nouvel aménagement et les aménagements existants. Cet aménagement, et celui d’un large chemin derrière la statue de Diane, a entraîné la suppression du chemin sinueux qui partait du pied de la statue. Actuellement Le caractère pittoresque de la zone a grandement disparu. Le relief entre la villa et la voirie a dû être modifié. Le talus a presque disparu et la haie actuelle est horizontale, en lien avec le trottoir, rendant l’entrée plus « banale ». Un grand pin a remplacé le massif arbustif. L’entrée comporte divers éléments de mobilier, tant du côté intérieur que du côté extérieur (poubelle communale, panneaux d’information, poubelle, distributeur de sachets pour déjections canines), nuisant à l’harmonie de l’ensemble. Les grilles et pilastres ont été récemment restaurés. Les chemins sont bordés de haies taillées de ligustrum, à l’exception de la haie séparant le chemin de la villa : il s’agit là d’une haie large de cotonéaster. De la statue de Diane, il ne subsiste que le socle, entouré de végétation. L’arrière de la villa est une zone privative du parc, destinée à la jouissance du concierge. La zone de la roseraie, encore appelée rond-point de l’école sur la carte botanique de H. Vander Goten, consiste en un simple cercle de pelouse. Des bancs sont adossés à la haie circulaire. Dessein Revalorisation de l’entrée de Diane La restauration des grilles et pilastres contribuent déjà énormément à la revalorisation de cette entrée. Le projet visera à compléter la rénovation et la revalorisation de cette entrée par diverses actions : la suppression du mobilier inadapté et la modification (de localisation ou de modèle) du mobilier perturbateur ; vu l’importance de la conciergerie et de ses abords dans la qualité visuelle de l’entrée, la revalorisation de ceux-ci contribuera grandement à la revalorisation de l’entrée ; pour redonner à cet ensemble plus de relief et de volume, lui conférant un certain atout paysager, des massifs arbustifs seront plantés derrière la haie. La hauteur de la haie sera également abaissée ; au-delà de ces plantations arbustives et vu l’importance de la conciergerie et de ses abords dans la qualité visuelle de l’entrée, la revalorisation de ceux-ci, et notamment du petit jardinet devant la villa, contribuera grandement à la revalorisation de l’entrée et de cet ensemble. Revalorisation des abords de la conciergerie : le jardin pittoresque L’aspect pittoresque de cette partie du parc devra être restauré, en tenant compte de la situation actuelle : modifications du tracé des chemins par rapport aux cartes postales anciennes, type de fréquentation actuelle, possibilités de gestion. La haie de cotonéaster sera supprimée et l’ensemble de la zone autour de la conciergerie sera regarni de végétations plus abondantes, recréant un lien entre l’habitation de style néo-renaissance flamande, l’entrée et le parc. Le petit verger derrière la villa pourra être agrandi. Réaménagement de la roseraie Afin d’apporter une plus-value à cet espace intime, la pelouse circulaire sera remplacée par une plantation modeste de roses, de préférence une, ou plusieurs, variétés anciennes et couleur vieux rose afin de rester en harmonie avec la brique du bâtiment. Cette touche de couleur constituera une accroche visuelle importante lors des promenades, en particulier depuis la montée des escaliers. Le pourtour de ce parterre circulaire sera planté de végétation rampante, en s’inspirant des cartes postales anciennes de la zone. Davantage de bancs (bancs circulaires) seront placés pour pouvoir profiter de ces aménagements. Entrée de Diane et abords de la conciergerie au siècle dernier 29 PARC DUDEN JARDIN ART DÉCO ET SQUARE LAINÉ OBJECTIF La carte C.III.5. Revalorisation du Square Lainé, du Jardin Art déco et de la Conciergerie (p.29) reprend les contours géographiques de cet ensemble historique et indique les principales actions à mener. Dans cette partie du parc, l’objectif est double : restaurer le jardin art déco ; revaloriser le square Lainé et les perspectives vers le palais de justice. ACTIONS À METTRE EN ŒUVRE PROJET DE RESTAURATION Restaurer le jardin art déco Le jardin formel, ou jardin art déco, est une réalisation très structurée autour d’axes primaires et secondaires, avec un équilibre parfait entre les éléments construits et la végétation. Malgré l’aménagement très symétrique de celuici autour d’un axe, il n’est pas ressenti de cette façon. De plus, tout est étudié et réalisé à l’échelle humaine, loin de la monumentalité de l’échelle baroque. La construction du jardin se sert d’un système d’axes orthogonaux construit sur une trame de cinq mètres sur cinq mètres. Toutes les mesures pratiquement complètes sont des multiples de ce module. Cette entrée tire une partie de sa qualité spatiale de l’intense liaison avec le square Lainé. Anciennement Plusieurs cartes postales anciennes montrent ce jardin juste après sa construction. Les plantations étaient limitées, tant dans leur taille (très jeunes plants récemment plantés) que dans leur nombre (leur nombre ayant déjà été diminué quelques années après la fin de l’aménagement comme en témoigne la comparaison de plusieurs cartes postales). Les haies étaient basses et larges et les bacs de plantations étaient garnis de denses plantations fleuries. Il semble qu’à une période, il s’agissait de rosiers rouges. Devant le muret courbe, sur le haut de celui-ci, une bande herbeuse était présente, et l’accès empêché par une fine clôture. les plantations asymétriques et la pousse libre est exclue ; les massifs seront taillés en blocs. La taille des blocs et des haies viseront à accentuer la ligne horizontale qui domine les jardins art déco des plantes à feuilles persistantes de tons grisâtres permettront de renforcer l’aspect architectural du lieu. Il s’agira donc, notamment de rabaisser la hauteur actuelle des haies ; les massifs plantés forment des masses de couleurs. Pour les massifs fleuris, une seule couleur sera choisie pour l’ensemble de la zone : rouge vif. Des espèces variées pourront être utilisées, pour autant que la gamme de couleur soit respectée. Sur base de ces principes, un premier travail de remise à gabarit de la végétation (haies, plantations…) a déjà débuté par les jardiniers de Bruxelles Environnement. Les bacs ont également été planté de rosiers Rosa Nina Weibull, de couleur rouge et à longue floraison abondante (de juin à novembre), formant des massifs d’une soixantaine centimètres de hauteur et agréables à l’œil à la fois en surplomb et en contrebas. Il s’agit d’une des plus anciennes variété de rosiers résistant aux maladies actuelles (1961). Par ailleurs, même si ce n’était pas le cas auparavant, les sentiers seront plus clairement délimités, par exemple par des profils en métal, lors de leur réaménagement. Cela permettra de confirmer la structure rigide du jardin et facilitera l’entretien. Concernant la résolution des problèmes des écoulements des eaux, cela sera pris en compte lors du projet de restauration de l’ensemble des chemins détaillé au paragraphe concernant les chemins et cheminements, p.48. L’alignement de catalpas sera supprimé et remplacé par un nouvel alignement. Toutefois, il est recommandé de choisir une autre espèce que le catalpa, espèce fragile aux branches cassantes, peu adaptée au-dessus d’une zone de promenade. Actuellement Les jeunes plantations ont bien évidemment crû, modifiant de manière importante la perception actuelle par rapport aux cartes postales anciennes. Cependant, aucune information n’a été retrouvée sur les intentions du concepteur du projet, à savoir s’il souhaitait des plantations de grande ampleur ou maintenues de petites tailles. Quoi qu’il en soit, par l’ajout de plantations et/ou la perte de plants, à plusieurs endroits la symétrie imposée par le style de ce jardin n’est plus respectée. Les haies restent globalement larges mais sont plus élevées qu’auparavant. Les murets, dont les joints étaient fortement dégradés, ont été restaurés (2013). Leur dégradation était directement reliée aux problèmes d’écoulements d’eau, problèmes qui se répercutent également sur la qualité des chemins. Sur le haut du jardin, au bout de l’esplanade, a été placé un buste de Léopold II (date de placement inconnue). Le chemin parant de la demi-lune vers l’ouest, et qui rejoint au final l’allée du chef garde, est bordée d’un alignement de catalpas. Ceux-ci, non mentionnés sur le plan de 1952, sont en fin de vie, certains devenant même dangereux pour la sécurité des promeneurs. Dessein Le projet, pour cette partie du parc, vise à une affirmation des caractéristiques intrinsèques du jardin, selon les principes révélés lors de l’étude et plus largement selon les règles de l’art déco 30 Il s’agira ainsi de respecter, voire parfois redéfinir, la symétrie du lieu et de travailler sur les plantations. A ce propos, plusieurs lignes de conduite sont à respecter : Murets du jardin artdéco rénovés en 2013 Le jardin art déco, juste après son aménagement Panorama depuis le parc Duden vers le parc de Forest et le palais de justice, auparavant et actuellement Jardin art déco de Serralves, au Portugal et illustration de plantations unicolores 31 PARC DUDEN Revaloriser le square Lainé et la perspective Le square Lainé, du nom du paysagiste Émile Lainé qui a réalisé cet espace, avait (et a toujours) pour fonction de relier le parc de Forest et le parc Duden. Au-delà de cette fonction, le square Lainé participe, depuis le jardin art déco, à l’une des plus belles perspectives de l’agglomération bruxelloise. Anciennement Les plans et les sections de ce square, dessinés par Lainé, montrent que la pelouse rectangulaire était rehaussée, sur ses côtés longitudinaux de petits talus de terre plantés de buissons et de quelques arbres. Cette intervention permettant de renforcer la perspective vers le parc de Forest et ses pelouses, et plus loin le palais de justice. Soulignons qu’aucun document ne nous permet d’affirmer que ces plans ont bel et bien été réalisés. 2. LE PATRIMOINE EN DEHORS DES ENSEMBLES HISTORIQUES Bien que le reste du parc, en dehors de ces ensembles historiques, soit dominé par des massifs boisés, certains éléments de patrimoine se rencontraient ou se rencontrent encore. LIGNE DIRECTRICE Actuellement Le square Lainé consiste en une simple pelouse plane bordée d’un trottoir en dolomie. Des voiries pavées longent le square, elles-mêmes doublées, sur la longueur, d’un alignement d’arbres, partiellement double. Au bout de la pelouse, une sculpture de l’artiste Staccioli a été implantée par Bruxelles Mobilité pour la commune de Forest, transversalement à l’axe de perspective vers le palais de justice. D’autres éléments viennent perturber la perspective : stationnement de voitures perpendiculairement à l’axe de la perspective, panneaux de signalisation, rond-point… Dessein La revalorisation du square Lainé va au-delà de la simple valorisation de cet espace mais doit contribuer à une revalorisation de la perspective. Pour cela il est proposé de : accentuer l’axe de la perspective en remodelant le gazon (restaurer son profil) : rehaussement des côtés latéraux du square mais également du côté du rond-point afin de masquer sa visibilité ; renforcer l’axe de la perspective en complétant le double alignement d’arbres ; dégager la perspective en supprimant la sculpture (celle-ci pourrait être transférée à Bruxelles Mobilité pour être placée à un autre endroit, plus opportun), en interdisant le stationnement perpendiculairement à l’axe de vue et en limitant les obstacles visuels dans la mesure du possible (panneaux, mobilier…). PROJET DE RESTAURATION LE PROJET S’ATTACHERA RESTAURER ET À METTRE EN VALEUR LE PATRIMOINE SUBSISTANT. LES ÉLÉMENTS DE PATRIMOINE DISPARUS POURRONT, TOUT AU PLUS, ÊTRE ÉVOQUÉS. MISE EN ŒUVRE Croix de pierre Anciennement Le plus vieil élément est la croix de pierre, à l’angle sud-ouest du parc. Celle-ci pourrait dater du 16ième siècle, érigée comme croix expiatoire suite au meurtre d’un prêtre. Il est par contre certain que cette croix a influencé, autrefois, le nom de l’actuel parc Duden. Cette zone de Bruxelles se retrouve en effet mentionnée, dans les textes historiques, sous diverses appellations dont le nom de « Cruysbosch » ou « Kruisbosch » : Bois de la Croix. L’actuelle rue du Mystère figurait de même, sur le plan cadastral de 1790, sous le nom de « Kruysweg », ou Chemin de la croix. Actuellement Si la croix en elle-même est toujours d’aplomb et en bon état, les pierres de son socle se disloquent. Une étude est en cours afin de définir les diverses pathologies de la croix et d’élaborer son dossier de restauration. Dessein Afin de maintenir ce patrimoine, parmi les plus ancien du parc, la croix et surtout son socle seront restaurés. Mur de soutènement Anciennement La partie sud du parc est bordée par un long mur de soutènement. La datation exacte de ce mur n’est pas disponible pour l’instant, mais celui-ci pourrait dater de l’époque où le territoire du parc Duden appartenait encore à l’abbaye de Forest. On remarque en effet sur la carte de Ferraris (1777) un important dénivelé en bordure de cette zone de haute futaie, correspondant à l’emplacement actuel du mur. Actuellement Ce mur, qui soutient un haut talus couvert d’arbres de grande hauteur, a fait l’objet de multiples réparations (dates de réparations et matériaux utilisés inconnus) mais une portion de celui-ci s’est toutefois effondrée en mars 2013, témoignant de la dégradation actuelle du mur. Dessein Ce mur devra être réparé afin de garantir la sécurité des riverains. Une étude de stabilité devra permettre de définir les différentes pathologies du mur et orienter vers des pistes pour les travaux à y effectuer. Plan d’aménagement de l’actuel square Lainé, réalisé par Emile Lainé 32 Kiosques, sculptures et bâtiments Anciennement Du temps de Mr Duden, la propriété a été agrémentée de plusieurs petits pavillons ou kiosques. Au niveau de la pelouse des Lilas se trouvait un ensemble de constructions abritant le gardien du parc. L’architecture du bâtiment principal (logement) évoquait une chapelle. Autour se trouvaient des granges et des abris pour animaux (poules…). Cet ensemble de bâtiments était surplombé par un pont dit pont rustique. Ce pont, dont les cartes montrent qu’il a été modifié au moins une fois avant sa démolition, se trouvait au niveau de l’actuelle allée du pont rustique. Des sculptures étaient également disséminées le long des chemins : un ange noir et une statue de Diane sont mentionnées et localisées sur la carte de référence de 1952. Actuellement La majorité de ces constructions et embellissement ont disparu. Seuls deux traces restent encore visible actuellement : dans la zone dite du Cirque, au nord de l’allée de l’esplanade, menant à la villa Duden, les vestige du kiosque mentionné sur le plan de 1952 sont encore visibles (dalle et évocation de l’escalier qui devait y mener) ; le socle de la statue de Diane est toujours présent dans la végétation à proximité de la conciergerie. La vallée qu’enjambait le pont rustique a été comblée par des terres, en conséquence de quoi le pont a disparu. Dessein Aucun projet particulier ne concerne ces éléments, quasi tous disparus. Abris Le talus le long de la rue du Mystère a été creusé d’abris lors de la seconde guerre mondiale. Ceux-ci étaient utilisés comme refuge lors des bombardements. Ces abris ne sont plus visibles actuellement. Partie communale Anciennement Dans le cadre de l’aménagement du Quartier des Parcs et des projets urbanistiques visant à relier le parc Duden et le parc de Forest, le Parc Duden s’est vu agrandit d’une zone de parc public communal le long de l’avenue Jupiter, comme en témoigne un plan daté du 22 septembre 1911. Le parc communal en lui-même a dû vraisemblablement être réalisé quelques années plus tard. Celui-ci renfermait une plaine de jeux mentionnée sur le plan de 1952. Sculptures, kiosques, pont et croix de pierre Actuellement Ce parc communal souffre d’un manque d’entretien. Toute trace d’une ancienne plaine de jeux a disparu et seuls subsistent des murets en pierre (en mauvais état) dans la zone centrale de ce parc. L’entrée de la zone depuis l’avenue Victor Rousseau est bordée par une sculpture d’un buste représentant Victor Rousseau. Nous ne disposons cependant d’aucune information plus précise sur l’auteur de ce buste, l’année de réalisation de la sculpture et l’année de son placement dans cette zone. Ce buste est actuellement entouré de plantations variées, en plus ou moins bon état. Dessein Le présent plan prévoit des modifications des chemins et accès (voir le paragraphe consacré aux chemins, cheminements et accessibilité, p.48, pour de plus amples précisions). La sculpture sera conservée, mise en valeur par un travail des plantations autour et, le cas échéant (modification de l’entrée où elle se trouve), déplacée afin de rester visible. 33 PARC DUDEN II. EAU, SOL ET EROSION DONNÉES HISTORIQUES Le guide du promeneur de Vander Goten et Vokaer nous apprend que, du temps de la campagne Duden, coulait un petit ruisseau dans le ravin situé au nord du château. Ce ruisseau prenait sa source « d’une pièce d’eau qui miroitait sous les feuillages entre la maisonnette aux 4 portes et le château. Le parc étant totalement dépourvu d’eau, les propriétaires avaient réalisé cette fantaisie par les collecte des eaux de pluie dans deux grands réservoirs installés sous les combles du château et mis en communication avec le bassin ». La carte liée à ce guide mentionne également la présence d’une « mare aux oiseaux » au niveau du carrefour du magnolia. L’étude des photos anciennes montre qu’aucun filet d’eau n’était prévu le long des chemins. Une des photos montre, comme système d’évacuation des eaux, un petit fossé le long d’un chemin (voir photo ci-dessous). Le fossé déborde tout simplement dans le talus transversal qui déborde à son tour dans la zone boisée située plus bas. Il est vrai qu’alors le bois avait une strate arbustive et herbacée plus dense et variée et que de ce fait le paysage était plus rude (en termes d’hydrologie), avec des inégalités en relief et en plantation, retenant beaucoup mieux l’eau et évitant l’érosion du sol. Une autre photo montre un petit fossé pavé, traversant le chemin, pour guider les eaux d’un côté à l’autre de celui-ci. A un endroit du parc (une partie de la drève domaniale), des bords de chemins anciens ont été découverts. Il s’agit d’une ligne de pavés le long du chemin, ceux-ci étant disposés sur l’arête et permettant une évacuation diffuse des eaux pluviales du chemin vers les massifs. L’avantage majeur de ce système est que l’eau dépasse cette bordure sur toute sa longueur, de manière diffuse, empêchant une accumulation d’eau en un endroit jusqu’à ce que celle-ci ne se gonfle et devienne une masse détruisant le chemin et en créant des ornières d’érosion, sur le chemin et dans les massifs. DONNÉES PÉDOLOGIQUES ET HYDRIQUES Les sols du parc Duden (voir carte C.I.6. Carte géologique, ci-contre) dérivent de différentes formations géologiques : sables calcaires, socle de grès calcaires plus ou moins pourris, sables acides à silex et limons lœssiques. Ces formations originelles ont donné naissance à des sols très variables sur le plan physico-chimique, de texture essentiellement sableuse avec une proportion plus ou moins faible en limons, recouvrant une topographie complexe (voir carte C.I.7. Carte pédologique, ci-contre). En partie centrale du parc, dans le vallon situé au nord-est du château, ainsi qu’au sud-ouest du parc en fond de vallon du fond des joncs, on retrouve des textures limoneuses ou limono-sableuses. Deux grandes zones sont également concernées par des sols à calcaire actif : au sud du château, sur le plateau et dans le versant entourant le vallon fond des fougères d’une part, et dans la partie nord sur le plateau et le versant ouest surplombant le vallon de la « pelouse pittoresque ». . La présence de grès calcaire a très certainement suscité jadis un intérêt pour l’extraction de pierres dont les vestiges d’anciennes fosses renseignent l’existence : de part et d’autres du parking du château sur le plateau, sur le plateau situé dans le prolongement méridional de l’esplanade du square Lainé, et à proximité de l’ancienne maison des gardes du domaine (ravin des nains). Les fondations de l’escalier menant de la pelouse des chevreuils vers le château sont d’ailleurs constituées de blocs de grès calcaire provenant vraisemblablement du parc. Les drainages naturels observés sont très majoritairement légèrement excessifs et correspondent à des sols secs. La granulométrie a priori relativement fine du sable combinée à une fraction plus ou moins importante de limons et à une profondeur élevée du substrat compense le caractère excessif de la contrainte texturale. Localement, en bas de versant ou dans des situations topographiques d’accumulation en eau, la présence d’un horizon B textural (argileux) donne lieu à la formation d’une nappe temporaire peu contraignante. On retrouve sur les stations du parc toutes les formes d’humus : eumull à mor. Ces humus ne correspondent toutefois pas nécessairement aux propriétés texturales des horizons sous-jacents. On peut ainsi observer ainsi des dysmoders autant que des oligomulls sur des substrats de même nature sablo-calcaire. Le bilan en eau du sol semble avoir un rôle déterminant dans le fonctionnement de ceux-ci. PROJET DE RESTAURATION Les sols du parc Duden sont par ailleurs caractérisés par une large amplitude de pHeau dans les 20 premiers cm. Dans les profils calcaires et sur certains sols à horizon superficiel décarbonaté, ils peuvent atteindre des valeurs de 7 – 7,5 voire plus, alors que sur certains profils acides, ils peuvent descendre à 4,5. La disparité de ces mesures traduit le mélange de matériaux pédologiques chimiquement bien distincts. Sur le plan physique, la principale faiblesse des sols sableux du parc résident dans leur fragilité à l’érosion, notamment sur les versants abrupts, et en particulier au lessivage des humus. Par ailleurs, les réserves en eau utiles des sols de texture sableuse pourraient devenir déficitaires en cas de sécheresses estivales répétées et intenses et le cas échéant entrainer les espèces d’arbres les plus sensibles dans un cycle de dépérissement, notamment le hêtre ou l’érable sycomore, à plus forte raison si l’âge des peuplements est élevé. En conclusion les sols sont : Fossé d’évacuation des eaux du talus le long de l’allée du pont rustique 34 très variables ; textures essentiellement sableuses les rendant sensibles à l’érosion, notamment sur les versants abrupts, et sensibles au lessivage des humus ; conviennent à l’infiltration (drainage naturel légèrement excessif) à l’exception des sols limoneux, en bas de versant, qui donnent lieu à la formation d’une nappe temporaire peu contraignante. 35 PARC DUDEN ECOULEMENTS ET EROSION Les problèmes des écoulements d’eau, provoquant régulièrement d’importantes pertes de sols, et d’accumulations d’eau sont récurrents, tant dans le parc que sur son pourtour. Ainsi, par exemple, les habitations de la chaussée de Bruxelles sont régulièrement inondées lors de fortes précipitations. La drève de la chapelle est régulièrement inondée et devient alors impraticable. . Il en est de même pour l’entrée Diane, dont le niveau est désormais plus bas que celui de la voirie (comparé aux cartes postales anciennes), qui accumule toutes les eaux provenant de l’avenue G. Fauré et empêchant tout accès par cette entrée. Des calculs estimatifs de débits et de volumes pour les zones de convergence du parc Duden ont été réalisés par Bruxelles Environnement. Trois zones de convergence problématiques ont été étudiées : l’entrée du jardin art déco (zone 3), la drève de la chapelle (zone 2) et l’entrée du Kruisbosch (zone 1). Pour ces trois points, le temps de concentration (temps hypothétique d’une goutte de pluie tombant sur le point le plus éloigné du bassin versant pour arriver au point de convergence) est inférieur à 5 minutes. Dès lors, pour les dimensionnements, c’est l’ensemble des surfaces des bassins versants qui est à prendre en compte. Par ailleurs, vu les pentes et le caractère tassé et encroûté du sol, le coefficient de ruissellement utilisé pour les calculs est important. Il en ressort des débits et des volumes relativement importants au niveau des points de calculs (jusqu’à plus d’1m3/s pour la zone 2 lors des pluies décennales, et des volumes ruisselés dépassant les 1500m3 sur une durée de 2h pour la même zone). MISE EN ŒUVRE REMARQUE PRÉALABLE Cette volonté de favoriser l’infiltration de l’eau dans le parc via l’aménagement de systèmes spécifiques a reçu l’appui de l’auteur de l’étude historique menée sur le parc Duden : « la localisation de zones humides où les eaux pluviales pourraient être stockées est estimée intégrable dans le contexte historique ». Ainsi, selon l’étude historique, la création de nouveaux aménagements et dispositifs hydriques n’est pas incompatible avec le maintien des caractéristiques historiques et paysagères du parc. L’étude fournit même une carte où sont indiquées les zones de rétention d’eau les plus favorables et les tranchées d’alimentation de ces zones, à intégrer éventuellement dans les projets futurs (voir carte C.II.3. Zones de rétention des eaux et écoulements, page ci-contre). L’étude souligne également la qualité des anciennes bordures en pavés, bon marché en exécution et en matériel, facile à réparer (voir illustrations p.39). PROJET DE RESTAURATION Ces problèmes de gestion de l’eau sont à mettre en relation avec d’importants problèmes d’érosion. Deux type d’érosion se retrouvent dans le parc : ruissellement de surface (érosion diffuse, essentiellement dans les massifs) et érosion en rigoles (au niveau de certains massifs et des chemins, où les quelques caniveaux et avaloirs parfois présents sont d’une fonctionnalité douteuse). Cette érosion importante s’explique par plusieurs facteurs qui entrent en jeu simultanément et amplifient le phénomène : le relief prononcé, la nature des sols, la dégradation de la végétation herbacée ou l’absence de sous-étage la fréquentation importante des massifs boisés (nombreux chemins informels). Outre les questions de pertes de sol et de nuisances pour les promeneurs et les riverains liées à cette érosion importante, se pose la question de la perte, vers les réseaux d’égouttage, d’une eau de bonne qualité qui serait plus utile aux plantations du parc qu’à engorger la station d’épuration. Cette eau provient soit d’un écoulement direct depuis le parc vers les voiries en contre-bas, soit des systèmes d’évacuation des eaux rencontrés au bord de quelques chemins (bien que ceux-ci ne sont pas performants et le trajet des eaux récoltées par toujours bien défini). Il y a bien, çà et là dans le parc, des puits de décantation qui ont été creusés, mais ils n’ont pas tous une réelle efficacité. De même, quelques zones, au creux de vallons, constituent déjà actuellement et de manière « spontanée » des zones d’infiltration des eaux pluviales. Ces zones de fait ne sont cependant réellement conçues ou aménagées en conséquence, entraînant des zones boueuses peu esthétiques et peu facile à entretenir. Erosion au niveau de la sablière Ruissellement de surface dans les massifs LIGNE DIRECTRICE Enrayer les problèmes d’érosion, tant au sein des massifs boisés que sur les chemins et maintenir au maximum l’eau de pluie au sein du parc en réduisant la vitesse d’écoulement de l’eau et en favorisant l’infiltration Ruissellement de surface sur les chemins 36 37 PARC DUDEN La gestion des problèmes d’érosion et d’écoulement nécessite de réaliser des actions à plusieurs niveaux : mesures préventives et axées sur la résolution des problèmes à l’origine, mais également mesures curatives. Mesures préventives Les mesures préventives constituent en mesures de gestion adaptées : gestion de la végétation, gestion de la fréquentation, profil des chemins. Compte-tenu que l’absence locale de sous-étage ou la dégradation de la végétation herbacée amplifient le phénomène d’érosion, leur restauration est essentielle à la préservation des sols. Les mesure de gestion de la végétation concernent notamment le développement d’une strate arbustive et herbacée et le placement de fascines disposées transversalement aux pentes (liste non exhaustive, à adapter selon les conditions du milieu). Ces mesures permettront de ralentir les flux d’eau et donc de favoriser l’infiltration, tout en limitant l’érosion des sols. Mieux canaliser les activités récréatives au sein des massifs, et particulièrement dans les massifs sensibles et/ou critiques est également une mesure participant à une meilleure gestion des problèmes d’écoulement et particulièrement dans ce cadre, des problèmes d’érosion. Ce sont essentiellement les chemins officieux qui posent des problèmes. Canaliser les activités récréatives passera donc par la fermeture ou la redéfinition de certains sentiers officieux (aménagés plus officiellement) et par la clôture, pour le public, des zones les plus fragiles. Ainsi, des zones humides pourraient être créées au niveau des points les plus bas du parc. Il ne s’agirait pas de pièce d’eau à proprement parler, mais de zones de rétention des eaux temporaires, le niveau sera donc fluctuant selon les pluies, et des aménagements permettront de favoriser l’infiltration. Une gestion extensive permettrait le développement d’une végétation des milieux humides et favorisera leur intégration paysagère. Ces zones seraient situées dans le bas de la pelouse des jacinthes, au point bas de la pelouse pittoresque et le long de la drève de la chapelle. Une zone humide intermédiaire pourrait également être affirmée au niveau du fond des joncs. Ce point humide, déjà présent, permettra de limiter l’afflux d’eau plus en aval, du côté de la drève de la chapelle. Toutefois, une définition plus précise des mesures curatives nécessite la réalisation préalable d’une étude technique détaillée au niveau du parc sur cette thématique. Cette étude devra permettre de détailler la qualité des avaloirs et de dresser un plan précis du réseau d’égouttage, actuellement très mal connu (est-il complet ? fonctionnel ? où se déverse-t-il ?). Sur cette base, plusieurs réflexions devront être menées. Si l’égouttage est fonctionnel, il faudra déconnecter les exutoires et les dévier vers des zones d’infiltrations à l’intérieur du parc, et étudier l’utilité de créer de nouveaux égouttages au niveau d’autres chemins. Par contre, si l’égouttage n’est pas actif, on pourra se questionner quant à la pertinence de le restaurer (autres moyens ? mesures antiérosives en amont suffisantes ? etc.). Ainsi, l’étude devra également fournir de manière plus détaillée les flux, les quantités et par conséquent les dimensionnements nécessaires pour les aménagements à réaliser, en plus de proposer des solutions techniques réalistes dans le contexte du parc. Celle-ci devra intégrer les exigences particulières de la commune de Forest concernant la compensation des zones imperméabilisées, exigences supérieures à celles de la région bruxelloise. PROJET DE RESTAURATION Au niveau des chemins, les profils seront adaptés de manière à diriger l’eau vers les côtés du chemin, dans les massifs ou dans des canaux collecteurs rejetant l’eau dans les massifs. En plus du profil adapté, les bordures seront réalisées de façon à être perméables à l’eau et en s’inspirant des traces des bordures dans anciens chemins, à savoir des pavés positionnés sur l’arête (voir illustrations ci-contre). A noter que ces solutions techniques ne seront réellement efficaces que si l’apport en eau sur les chemins n’est pas trop important. Des mesures au niveau des seuls chemins seraient donc insuffisantes sans des mesures concrètes au niveau des massifs. Mesures curatives Malgré les mesures préventives, des zones de tamponnage et d’infiltration devront probablement être créées au sein du parc afin de limiter les flux d’eau au niveau des zones les plus problématiques. Parmi lees mesures préventives proposées, le développement de strates herbacées et arbustives pour retenir les sols 38 Accumulation d’eau drève de la chapelle: nécessité de créer des zones d’infiltration en amont Schéma d’écoulement des eaux avec un système « classique » de bordure et de filet d’eau, en comparaison au système traditionnellement utilisé dans le parc Duden (source: Out-Site) Restant d’une ligne de pavés du parc Duden (drève domaniale) servant de bordure du chemin et d’évacuation diffuse des eaux pluviales (source: Out-Site) 39 PARC DUDEN III. NATURE, FORÊT ET BIODIVERSITÉ 1. MASSIFS BOISÉS CONSTATS : UN PARC BOISÉ Anciennement Avant de devenir une propriété privée puis un parc, la découpe 77 de la carte de Ferraris indique que l’actuel parc Duden était une vaste parcelle boisée autour de zones cultivées et renfermant deux grandes clairières du côté de la chaussée de Bruxelles. Certains auteurs ont mentionné le parc Duden comme étant une relique, en milieu urbain, de la forêt de Soignes. Si ceci est indéniable, ladite carte de Ferraris montre qu’en 1777 le parc Duden était déjà séparé physiquement de la forêt de Soignes par des zones agricoles et le village d’Uccle. PROJET DE RESTAURATION Le Guide du promeneur de H.Vander Goten et J.P.Vokaer (1953) mentionne qu’au niveau de l’actuel parc Duden « l’abbaye de Forest fit planter, en cet endroit, au mois de février 1705, plus de deux mille chênes, pour compenser l’exploitation nécessitée par les constructions abbatiales de Forest. Le terrain resté longtemps vague était devenu un pâturage. Aujourd’hui, toute trace de cette plantation a disparu ; les chênes sont, en effet, très clairsemés dans le parc ». A partir de 1785, la forêt de Soignes a été soumise à un système de plantation en futaie régulière à l’origine du faciès de hêtraie cathédrale. Aucune mention n’a été trouvée précisant si un tel système avait également été appliqué au parc Duden mais les observations de terrain semble indiquer que la parc a fait l’objet de plantations régulières de hêtres menées en futaie équienne. Diverses marques sur les troncs de tous les plus vieux hêtres indiquent que les arbres ont subi de nombreux élagages afin de dégager le tronc de toute branche et ainsi donner l’impression d’une hêtraie cathédrale « naturelle ». D’anciennes photos illustrant les zones forestières montrent que celles-ci étaient gérées en taillis sous futaie, avec un sous-bois très dense et de composition variée. Le guide du promeneur du parc Duden, édité en 1953 par H. Vander Goten et J.P. Vokaer, nous donne un aperçu des essences présentes et de leur gestion. Ainsi, au Paradou sont recensés : orme, robinier, mélèze, chêne, platane, châtaignier, aubépine, cytise, sorbier, noisetier, marronnier, frêne, saule. Au niveau du triangle formé par les allées O. Pirmez, J. Tousseul et des Troglodytes, il s’agissait d’une végétation en taillis composée de sorbier, platane, chêne, orme, tilleul, marronnier, hêtre et érable. La strate arbustive des zones boisées était composée de groseillier, églantier, sorbier, cerisier sauvage, charme, clématite des haies, bryone, aubépine, nombreux semis d’érables… La pelouse des jacinthes était bordée de cerisiers de Pisard et d’ormes. Il y est également fait mention, en hiver, d’une activité forestière pour le sciage des hêtres tombés au cours des dernières tempêtes. Au niveau des talus bordant le parc, notamment le long de l’avenue Rousseau, les robiniers étaient régulièrement coupés au ras du sol. Actuellement Le parc constitue toujours un îlot boisé autour de zones, non plus cultivées, mais urbanisées. Les masses boisées constituent donc l’élément fort et caractéristique du parc Duden. Sur les 22 ha que comptent le parc Duden, un peu plus de 14 ha peuvent être considérés comme une végétation forestière. En tout premier lieu, c’est la hauteur des arbres qui marque le promeneur, aussi bien depuis la vallée de la Senne que depuis les abords du parc ou depuis l’intérieur de celui-ci. Au niveau des avenues Jupiter et V. Rousseau, le front boisé atteint la hauteur des immeubles, créant un équilibre et une scénographie particulièrement intéressants. Depuis l’intérieur du parc, la hauteur des frondaisons isole visuellement le promeneur de la ville, le confinant dans un écrin boisé. Malheureuse- 40 ment, le manque de gestion de ce patrimoine arboré et les pressions croissantes sur le boisement (promeneurs, chiens, érosion…) mettent à mal ces massifs. A noter que la gestion appliquée actuellement par Bruxelles Environnement mais surtout, auparavant, par la Donation Royale consiste uniquement en l’abattage des arbres vieux et dépérissant. Ainsi, aucune stratégie et vision à plus long terme permettant le maintien de ce boisement n’ont été réalisées. En l’absence d’un projet clair de restauration des boisements, ces abattages ne sont pour l’instant pas suivis de replantations. Types de peuplements La majorité des peuplements actuels consiste en une vieille futaie régulière (voir la Carte de la structure des peuplements, ci-contre). Le hêtre reste la base de ces peuplements, majoritairement sous forme de hêtraie pure même si quelques parcelles sont composées d’une hêtraie mélangée (érable, frêne, chêne). Les autres peuplements rencontrés sont des futaies plus ou moins jeunes et plus ou moins régulières d’érables, de frênes ou de hêtres (voir la Carte de composition des peuplements, ci-contre). Il existe d’importantes différences locales concernant le développement et la composition du sous-étage et de la strate arbustive. Dans quelques endroits, il n’y a guère d’arbustes ni de régénération. Cependant, on relève globalement un fort potentiel de régénération naturelle et dans certaines zones, le sous-étage est clairement plus diversifié et développé que la strate arborée et peut couvrir plus de 60% de l’étendue du peuplement. Le noisetier commun et l’érable sycomore y sont les plus fréquents.. Le noisetier représente également une grande proportion de la régénération observée, suivi par le hêtre, le frêne ou encore le sureau. La strate arbustive ne reste toutefois pas suffisamment développée, de même que la strate herbacée quand elle est présente. Rappelons qu’un manque de sous-bois dans un massif conduit à un ralentissement de l’activité biologique des sols, à une mauvaise décomposition de la litière, mais aussi à un appauvrissement général de la biodiversité résultant du manque de diversité végétale et d’une simplification dans la structure verticale de la forêt. Etat des peuplements Au-delà de ces constats sur la structure des peuplements, leur état phytosanitaire est préoccupant. Tous les grands arbres du parc (hauteur supérieure à 35 mètre) sont âgés, fragilisés et dépérissant, colonisés par des agents de pourridié : armillaire et ustuline brûlée (essentiellement), polypore géant du hêtre, amadouvier. Ceux-ci peuvent entraîner la mort des arbres mais, dans tous les cas, entraînent d’importants risques de chute (de branches ou d’arbres), et donc des risques pour la sécurité des usagers. De plus, la grande majorité des arbres du parc sont instables face aux tempêtes, avec un niveau de vulnérabilité plus important au sud-ouest, c’est-à-dire face aux vents dominants. Ainsi, tous les peuplements à base de vieux arbres sont sur un déclin plus ou moins accentué et présentent un risque pour la sécurité des usagers. La quasi-totalité des parcelles boisées du parc sont donc à régénérer. Malgré tout, on relève un fort potentiel de régénération naturelle. Ces jeunes peuplements, qui constituent l’avenir du patrimoine arboré du parc, quand ils sont présents, sont en bon état de santé. LIGNE DIRECTRICE Régénérer le boisement en veillant à garantir, à terme, le maintien des qualités intrinsèques actuelles du paysage boisé 41 PARC DUDEN MISE EN ŒUVRE 1. PRINCIPES DE REGENERATION DES MASSIFS BOISES Coupe des arbres âgés Compte-tenu de leur état sanitaire (voir la Cartes des états sanitaires de l’étage supérieur des peuplements, cicontre) et de leur vulnérabilité face au basculement (risques importants pour la sécurité des promeneurs), tous les arbres âgés de plus de 35 mètres de hauteur devront être coupés. Une telle situation concernant la quasi-totalité des parcelles forestières du parc. Pour des raisons tant techniques que paysagères, ces abattages ne seront pas tous réalisés en même temps mais selon un programme présenté ci-après. Diversification des essences Au vu des différentes données sur le parc (sol, relief, sensibilité à l’érosion), sur les sensibilités du hêtre et vu les nécessités de gestion des écoulements d’eau et d’érosion, il nous semble compliqué d’orienter la régénération forestière vers un renouvellement de la hêtraie telle qu’actuellement. Il est par contre plus judicieux, voire nécessaire, de s’appuyer sur la relative diversité des essences déjà présentes au sein du sous-étage et procéder à une transformation du type forestier actuel et de sa gestion vers une futaie irrégulière mélangée. Ceci implique une diversification tant en termes de structure que de classes d’âges ou d’essences. Ce choix permettra de garantir à terme une certaine diversité biologique et paysagère, ce qui n’est pas toujours le cas avec les plantations monospécifiques. PROJET DE RESTAURATION Diversification de la structure des peuplements Au-delà de la diversification des essences, il faudra atteindre une structure irrégulière des peuplements. Outre l’intérêt pour la biodiversité d’une telle mesure, cela participera au maintien des sols et à la pérennité des peuplements. Les parcelles présentant un recouvrement du sous-étage important constitueront un point de départ de la conversion des vieux peuplements réguliers vers une structure irrégulière mélangée souhaitable au sein du parc, tout en étant d’origine naturelle. Choix des essences La réussite de la régénération du boisement, quelle que soit la façon de procéder, nécessite une adéquation des essences aux conditions stationnelles. La Carte des aptitudes stationnelles (ci-contre) indique, pour chaque station, les essences les plus appropriées aux conditions locales. Ce seront ces essences qui devront être privilégiées. Parmi les différentes essences dont les aptitudes par rapport au parc ont été étudiées, trois sont présentées plus en détails ci-dessous. Concernant le hêtre, on voit ainsi qu’à l’exception de 3 parcelles où il est exclu, il est en station quasiment sur l’ensemble du parc et restera donc une essence bien présente dans le parc Duden. Cependant, celui-ci pourrait toutefois avoir à subir un déficit en eau, principalement estival, si les prédictions de changement climatiques étaient avérées avec des étés plus secs et des hivers plus pluvieux. En conséquence, les recommandations actuelles visà-vis de cette essence vont plutôt dans le sens d’une gestion en peuplements mélangés, plus résilients face à des modifications climatiques. Si l’érable sycomore est actuellement l’essence dominante dans le sous-étage de la plupart des peuplements, son avenir dans le parc Duden est limité puisque plus de la moitié du parc constitue une zone d’exclusion pour cette essence. Sa présence actuelle sur l’ensemble du parc, en sous-étage, est liée à ses importantes capacités de dissémination. Mais cette dynamique ne doit pas occulter les difficultés qu’il rencontrerait pour devenir un arbre de première grandeur et en bon état sanitaire (réserve en eau et pHeau défavorable). L’état sanitaire déficitaire des rares érables sycomores âgés du parc conforte ces hypothèses. Le charme, présent sporadiquement au sein des parcelles, est partout en conditions optimales. Il devrait être favo- 42 risé à l’avenir pour reconstituer des sous-étages en accompagnement d’autres espèces objectif. En lisière, il pourrait être installé et géré en taillis pour former un ourlet de végétation opaque et préserver les talus de forte pente de l’érosion. Maintien et valorisation de la régénération naturelle La grande majorité des peuplements à régénérer comprend déjà un sous-étage, plus ou moins important et développé, constitué d’essences diverses d’origine naturelle. Celui-ci sera préservé et valorisé dans le processus de régénération des massifs. Préserver et s’appuyer sur ce sous-étage présente le double avantage de limiter l’impact paysager de la suppression des vieux sujets et de constituer le point de départ de la conversion des vieux peuplements réguliers vers la structure irrégulière mélangée, souhaitable au sein du parc, tout en étant d’origine naturelle. Se pose alors parfois la question des espèces du sous-étage en inadéquation stationnelle (cf érable sycomore) : faut-il les maintenir ou les supprimer ? Dans la mesure où ces espèces ne disposent pas des conditions optimales pour leur croissance et donc de la garantie de former, à terme, des peuplements vigoureux en bon état sanitaire, ces essences devront être supprimées, mais uniquement à terme, une fois les essences plus adaptées aux conditions locales bien implantées. Elles seront donc préservées dans un premier temps et considérées comme des essences culturales assurant temporairement à la fois un gainage ligneux pour les autres essences, une protection du sol et un élément paysager structurant après les coupes de régénération. Protection des sols contre l’érosion Dans les zones à fort risque d’érosion (sols nus, pentes abruptes, zone sableuse), les houppiers des arbres abattus seront laissés au sol, sommairement démontés. Ces sols seront ensuite fixés par la plantation active d’espèces arbustives (charme, noisetier, bourdaine, etc.). Mise en défens des parcelles en cours de régénération Compte-tenu de la fragilité du sol (érosion) et des risques de piétinement de la régénération, du sol (tassement) et de la strate herbacée (pouvoir anti-érosif), la mise en défens, via des clôtures, sur le long terme des parcelles est une mesure essentielle à la réussite du projet de régénération. Information des usagers La réussite du projet nécessite également un travail préalable d’information et d’explication sur l’état actuel des arbres et des peuplements et sur les actions à venir ainsi que sur l’objectif final poursuivi. Essences optimales: légende des abréviations utilisées sur la carte des aptitudes stationnelles FEUILLUS : TP : tilleul à petites feuilles BV : bouleau verruqueux CA : charme CS : chêne sessile CR : chêne rouge d’Amérique ES : érable sycomore FR : frêne HE : hêtre MR : merisier PE : tremble RO : robinier TG : tilleul à grandes feuilles RESINEUX : DO : douglas ME : mélèze d’Europe MJ : mélèze du Japon PA : pin noir d’Autriche PC : pin de Corse PK : pin de Koekelare PS : pin sylvestre Remarque: il est important de noter qu’il s’agit ici d’une liste générale des essences optimales, mais ne signifie pas pour autant que toutes ces essences seront plantées. le Robinier ou le chêne rouge d'Amérique, par exemple, seront écartés. 43 PARC DUDEN 2. PROGRAMME DES COUPES DE RÉGÉNÉRATION L’effort de régénération à réaliser concerne la quasi-totalité des zones boisées du parc. Il est proposé de procéder à la mise en œuvre d’un programme de coupes de régénération dont la progression devra être réalisée à l’encontre des vents dominants, soit un seul front de régénération, progressant du nord-est vers le sud-ouest de proche en proche annuellement. Ces coupes viseront notamment à supprimer tous les arbres de l’étage supérieur des parcelles boisées du parc, par coupes successives tous les ans sur une période de 13 ans. Le sous-étage, lorsqu’il est présent, sera préservé afin d’être valorisé pour la régénération de peuplements. Cela permettra également de limiter l’impact des coupes de régénération sur le milieu (risques érosifs) mais aussi sur les paysages. En effet, dans 78% des parcelles à régénérer (10,8963 ha), le recouvrement du sous-étage dépasse les 60 % de l’étendue cadastrale, ce qui constitue une base intéressante pour limiter l’impact paysager de l’exploitation de l’étage supérieur (voir la Carte de l’importance du sous-étage des parcelles forestières, ci-contre). La Carte du programme de régénération, ci-contre, illustre le découpage géographique et annuel du programme de coupes. Si l’effort de coupe moyen est d’environ 1ha cadastral par an, il y aura des disparités importantes du volume à abattre selon les parcelles et donc selon les années. En effet, dans certaines parcelles ne subsistent déjà plus que quelques hêtres. PROJET DE RESTAURATION Le rapport de l’étude menée par le CDAF insiste sur le fait qu’aucune autre méthode de régénération (mise en place d’un second front de régénération, création de trouées de régénération) ne peut être engagée sans risquer la déstabilisation des peuplements sur pied. Toutefois, les abattages de sécurité ponctuels des arbres les plus dangereux, tels que pratiqués actuellement, sont à réaliser dès que nécessaire, avant le passage en coupe. De tels abattages auront forcément lieu dans la mesure où, notamment, les peuplements visés en dernier lieu par le programme de coupe, ceux situés au sud-ouest, sont aussi ceux qui sont déjà actuellement les plus sensibles car directement exposés aux coups de vents. 44 Concrètement, les coupes de régénération se dérouleront de la façon suivante, selon la qualité du sous-étage présent (à déterminer au cas par cas, le moment venu, par un expert, sur base du pourcentage de recouvrement cadastral et du nombre d’arbres d’avenir) : Pour les parcelles au sous-étage valorisable en tant que peuplement futur o Année n - 1 : passage en désignation dans le sous-étage et sélection des tiges d’avenir (essence en station et de qualité satisfaisante) tous les 10 m à 15 m selon les modalités suivantes : marquer à la peinture (anneau de couleur) des arbres d’avenir (repérage indispensable pour assurer une bonne visibilité aux exploitants de la coupe de régénération et éviter des dégâts d’abattage ; maintenir en priorité des essences en station ; conserver localement des sujets plus âgés pour assurer une hétérogénéité au peuplement, même si l’espèce est en inadéquation stationnelle ; recéper le charme et le coudrier ; o Année n : coupe de régénération. L’exploitation des vieux arbres veillera à préserver les arbres désignés (abattages dirigés, bottage, câblage des grumes). o Année n+1 : complément de régénération par détourage et plantations d’essences principales et secondaires en mélange, par groupes, dans les vides : mise en défens des parcelles par une clôture périphérique ; détourage (opération localisée consistant à supprimer les arbres gênant la croissance d’un arbre d’avenir) des arbres désignés à n-1 ; plantation si nécessaire (minimum 20% de vides sur la parcelle) de 1100 tiges/ha à 2500 tiges/ha selon la richesse du recru ligneux et la sensibilité du sol à l’érosion (présence ou non d’une couverture herbacée) en mélange d’essences principales et secondaires (fruitiers, espèces buissonnantes…), les essences principales devant être en station uniquement. Pour les parcelles au sous-étage non valorisable en tant que peuplement futur o Année n : coupe de régénération o Année n+1 : plantation d’essences principales et secondaires en mélange, par groupes, dans les vides selon les mêmes principes que ceux énoncés précédemment, y compris la mise en défens des parcelles. 3. PRINCIPES DE GESTION DES PEUPLEMENTS RÉGÉNÉRÉS Outre les aspects sécuritaires, le but poursuivi par ces opérations de régénération est le maintien de l’environnement boisé dominé par de grands sujets. Pour garantir un tel résultat, une gestion régulière, de type forestier, devra être menée. Ainsi, les peuplement de plus de 12-15 m de hauteurs feront l’objet de coupes d’amélioration tous les 8 ans. Ces coupes ont pour principal objectif de favoriser le développement des plus beaux sujets, ceux qui constitueront à terme la structure paysagère des massifs. Ceci permet également de favoriser la vitalité des arbres et d’apporter de la lumière au sous-étage, lumière stimulant le développement des strates herbacées et arbustives bénéfiques à la petite faune (biodiversité), à la protection des sols contre l’érosion et à la diversité paysagère. Gestion des pourtours du parc Les pourtours du parc constituent une problématique à part compte-tenu des risques de chute d’arbres sur les voiries, notamment lors des tempêtes. Selon la typologie du pourtour, deux gestions différentes seront appliquées. Le long de l’avenue V. Rousseau, le parc est globalement au niveau de la voirie. Les risques de chutes sont donc plus limités que pour des arbres situés sur des talus. La hauteur des arbres du pourtour répond à la hauteur des bâtiments situés de l’autre côté de la voirie et permet ainsi de masquer la vue des bâtiments depuis l’intérieur du parc. Des arbres hauts, comme dans les autres massifs du parc, seront donc favorisés afin de conserver les caractéristiques paysagères. La même gestion que pour l’ensemble du parc sera donc appliquée, et un suivi bisannuel approfondi sera réalisé pour minimiser tout risque d’incident. Ailleurs, et plus particulièrement le long de la rue du Mystère et de la Chaussée de Bruxelles, il s’agit de talus boisés qui surplombent ces voiries. La végétation élevée renforce la présence du parc dans le quartier mais peut aussi créer un sentiment d’écrasement. En raison du relief, l’érosion mais surtout les risques de chute sont plus importants. L’objectif sera donc ici de conduire ces talus (depuis la voirie jusqu’à la crête du talus) sous forme de taillis. Ceci permettra également de fixer les sols et de limiter l’érosion tout en créant des milieux complémentaires à la futaie (favorables à la diversification de la faune). Une fois l’ensemble des talus menés en taillis, un recépage général des pourtours sera réalisé tous les 15 à 25 ans pour assurer la pérennité des structures. 45 PARC DUDEN 2. BIODIVERSITÉ CONSTATS Anciennement L’analyse des listes floristiques du 18ième siècle des environs de l’abbaye de Forest, au niveau du Kruisbosch, révèle que cet endroit était très riche, d’un point de vue botanique, avec notamment la présence de 11 espèces d’orchidées. Cette richesse floristique était liée à la grande variété des zones, intégrant des pentes très fortes à accidentées où différentes couches géologiques affleuraient en coupe avec une composition riche en calcaire. Diverses photographies anciennes illustrent le parc au début du 20ième siècle. La gestion en taillis sous futaie, qui permettait aux zones forestières de disposer de lumière au sol, favorisait le développement d’une strate herbacée dense et variée : graminées, des fougères, ronces ou encore lierre. Pour délimiter les chemins et les zones de plantations, et donc canaliser les usagers, des bornes en bois et des piquets en métal avaient été installés. PROJET DE RESTAURATION Le guide du promeneur du parc Duden, édité en 1953 par H. Vander Goten et J.P. Vokaer, nous donne un aperçu détaillé de la faune et de la flore présentes tout au long de l’année dans le parc. Ainsi, parmi les oiseaux, se rencontraient fréquemment pinsons, mésanges, fauvettes, troglodytes, geais, pics, coucou, pies et corneilles. En plus de la diversité arborée et arbustive listée ci-dessus, une importante liste de plantes de sous-bois est également mentionnée : gouet, lysimaque, chélidoine, lamier, carex, luzule, stellaire holostée, surelle…. La pelouse des jacinthes prenait une teinte bleue, en avril, lors de la floraison des jacinthes sauvages. De manière générale, les pelouses étaient fauchées en juin, et le foin séchait au soleil. Les fonds humides étaient recouverts de fougères. Mr. Vander Goten propose, dans son ouvrage, une liste non exhaustive des plantes présentes dans le parc. Parmi celles-ci, notons, celles considérées alors comme rares dans le parc : le Grémil officinal, situé au niveau du Lievekenshoek, ou encore la campanule. Les conditions de vie générales se sont tellement modifiées ces dernières décennies qu’il serait utopique de vouloir retrouver la richesse d’autrefois. Toutefois, le parc possède un potentiel certain qu’il serait possible d’améliorer par une gestion plus adaptée et par un arrêt du piétinement en dehors des chemins. Il est important de noter qu’une flore et une faune riches et diversifiées participent à l’attrait d’un lieu et à rendre la promenade plus captivante. LIGNE DIRECTRICE Enrayer les atteintes à la biodiversité et la développer à nouveau par une gestion différenciée et la mise en défens des zones les plus sensibles A noter qu’un potager, qu’une pépinière et que des pommiers étaient présents à proximité de la villa Mosselman. On peut affirmer que plusieurs espèces présentes au 18ième siècle ont disparu au cours des 19ième et 20ième siècles. Les causes de cette dégradation floristique sont liées aux modifications du milieu : modification des modes de gestion forestière, compaction du sol, eutrophisation, mais également une pression récréative de plus en plus importante depuis l’ouverture du parc au public. A ce propos, H. Vander Goten et J.P. Vokaer écrivaient déjà, en 1953, dans leur Guide du Promeneur : « afin d’assurer la protection et la propagation des espèces rares de la flore caractéristique, il serait souhaitable de voir placer en évidence quelques pancartes exhortant au respect des plantes et des arbres, spécialement dans les pelouses ». Actuellement Les problématiques soulevées en 1953 sont toujours d’actualité. En effet, l’ensemble du parc est parcouru d’un réseau de chemins informels, provoquant un piétinement de la végétation au sol. Nombreuses zones sont également touchées par le libre déplacement des chiens. Ainsi, la biodiversité actuelle reste très limitée, souvent dégradée et la valeur potentielle du parc Duden n’apparaît clairement qu’à la lumière de l’historique de la flore. Concernant la faune, les groupes dominants au sein du parc sont les oiseaux et les insectes. Les oiseaux sont attirés par le couvert forestier et les nombreuses possibilités d’y nicher, notamment les arbres creux, importants pour les oiseaux cavernicoles comme le Pic noir (Dryocopus martius, espèce de l’annexe 1 de la directive « oiseaux ») observé dans le parc. Il convient cependant de noter que les cavités sont également attractives pour la Perruche à collier, espèce exotique et envahissante à Bruxelles. 46 Les insectes se retrouvent dans tous types de milieux et une gestion plus adaptée (plantes à fleurs, lisières étagées, végétation de prés fleuris…) serait favorable à accroître leur nombre et leur diversité. Concernant les mammifères, le renard est régulièrement observé dans le parc, de même que l’écureuil. Seules trois espèces de chauves-souris ont été recensées : la Pipistrelle commune, la Sérotine commune et la Pipistrelle de Nathusius. Cette faible diversité est liée à la superficie limitée du parc conjuguée à sa situation relativement isolée par rapport aux autres zones vertes de la région et l’absence de plan d’eau. Il y a dès lors peu de chances que le spectre des espèces de chiroptères puisse être élargi par une gestion adaptée. De plus, le fait que l’ensemble des massifs soient largement parcourus par des promeneurs, mais surtout par les chiens qui courent en liberté, constitue un dérangement pour la faune, voire une menace, notamment pour les oiseaux qui nichent près du sol Exemples de la flore du parc Duden dans les années 50, illustrations extraites du guide du promeneur de H. Vander Goten (1953) MISE EN ŒUVRE Plusieurs types de mesures, adaptées aux milieux concernés, doivent être appliquées afin de maintenir et renforcer le rôle du parc Duden comme relais significatif du réseau écologique de la région Bruxelloise. Mesures concernant les massifs forestiers La gestion forestière doit être axée en premier lieu sur une augmentation de la diversité spécifique et structurale (cf paragraphe précédent sur la restauration des zones boisées). Davantage de diversité spécifique pourra également être apportée par la plantation de résineux, en îlots implantés au sein des peuplements feuillus, comme le Pin sylvestre (Pinus sylvestris). Ceci permettra la présence et la nidification d’espèces spécifiques et pourra présenter, de plus, un certain intérêt paysager. Notons qu’anciennement se rencontrait quelques plantations de résineux, notamment aux abords de la conciergerie, comme en témoignent d’anciennes cartes postales. Les arbres à cavités, essentiels pour nombre d’espèces de vertébrés cavernicoles, et notamment ici l’avifaune et les chiroptères, seront conservés sur pied, dans la mesure du possible. Si des raisons impératives de sécurité l’imposent, il sera alors considéré, par priorité, l’élagage, l’étêtage, le ravalement puis l’abattage de l’arbre. Le bois mort et pourrissant, de même que les arbres dépérissant et morts sur pied sont en général de précieux atouts pour la biodiversité, vu leur rôle dans les écosystèmes forestiers, tant pour la fertilité des sols que pour la faune et la flore associée. Ainsi : une certaine proportion des déchets d’abattage ou des arbres tombés par accident sera laissée au sol en sous-bois, en dehors des pelouses ; localement, du bois mort ou des déchets d’abattage seront agencés en tas ou en bûches rangées afin de créer une plus grande complexité structurelle (qui peut fournir des habitats intéressants pour une certaines faune). Cette organisation en tas a également pour avantage d’être mieux acceptée par un certain public qui perçoit le bois mort comme un signe de mauvais entretien, et aussi de constituer des obstacles naturels et intégrés limitant la circulation du public hors des chemins. à noter qu’il peut être également intéressant de laisser du bois mort, transversalement aux fortes pentes, afin de retenir les terres et de limiter l’érosion. des qualités biologiques reprend les zones ouverte en gestion différenciée (pré de fauche). Il s’agit de fonds humides, de zones en fortes pentes, de zones très peu fréquentées et/ou de zones d’ourlet forestier. Les zones engazonnées à usage récréatif seront fréquemment tondues tandis que les autres seront fauchées, deux fois par an, vers le mois de juin puis en octobre (voire une seule fois, fin septembre pour le fond des joncs), avec exportation du produit de la fauche. Indifféremment de l’intensité des tontes ou fauches, les zones ouvertes engazonnées seront amendées et chaulées le moins possible afin d’appauvrir la composition du sol. Mesures spécifiques concernant la zone dite de la Sablière La zone dite de la sablière correspond à une zone où les problèmes d’érosion sont extrêmes, entraînant d’importants problèmes sécuritaires. La zone a été clôturée en 2011 afin d’éviter tout accident, mais aucune gestion particulière n’y est pour l’instant pratiquée. Plus aucune couche d’humus n’y est présente et le sable affleure. Afin de permettre à la végétation de pouvoir s’implanter à nouveau dans la zone et ainsi pouvoir fixer les sols, des aménagements plus importants s’imposent. Il faut tout d’abord implanter de nombreuses fascines transversalement à la pente, permettant de limiter les pertes de sol. La vaste cavité sableuse créé par l’érosion sera ensuite recouverte de couches de terre (idéalement provenant du parc, dégagées lors d’autres aménagements comme le creusement des zones humides par exemple) puis plantées d’espèces arbustives fixatrices des sols (bourdaine, prunellier, cornouiller sanguin…). Tant qu’un sous-bois développé, à même de maintenir les sols en place, ne sera pas présent, la zone restera clôturée et fermée au public. Mise au point d’un reporting En parallèle à la mise en œuvre concrète de ces mesures, une méthodologie de suivi et de reporting sera élaborée afin de pouvoir régulièrement vérifier la réalisation, ou non, des objectifs visés et par conséquent confirmer ou non la validité des actions menées pour la protection et le développement de la biodiversité du parc. Au fil des évaluations, des ajustements des mesures de gestion pourront être prises afin de garantir la poursuite des objectifs visés. La biodiversité sera également grandement améliorée par le développement des lisières, notamment dans les endroits où la forêt jouxte directement les zones ouvertes. Cette végétation de lisière permettra une transition plus douce entre ces deux milieux via le développement d’un manteau (végétation arbustive) et d’un ourlet (végétation herbacée). Les espèces exotiques envahissantes telles que le fraisier des Indes, la renouée du Japon ou la balsamine géante doivent être particulièrement surveillées afin d’enrailler ou à défaut de limiter leur progression. Contre le fraisier des Indes et d’autres potentielles plantes invasives, il est important de ne pas déverser les déchets de jardinages dans les sous-bois du parc. Dans les massifs, le chêne rouge d’Amérique sera supprimé. La mise en défens des parcelles boisées au cours de leur régénération, en empêchant le piétinement, sera également un facteur positif pour le développement de la biodiversité. A terme, certaines parcelles particulièrement sensibles (végétation d’intérêt, fortes pentes et sensibilité à l’érosion…) pourraient rester en défens. Mesures générales concernant les zones ouvertes Pour les zones ouvertes engazonnées, il faut distinguer les pelouses utilisées par les usagers pour la récréation (s’asseoir dans l’herbe par exemple) et les pelouses moins voire pas utilisées, parfois humides, qui participent au paysage et à la biodiversité et seront dès lors traitées en gestion différenciées. La carte C.III.2. Développement ourlet manteau Lisière à développer forêt Bois mort à laisser au sol 47 PARC DUDEN IV. CHEMINS, CHEMINEMENTS ET ACCESSIBILITÉ CONSTATS PROJET DE RESTAURATION Le parc comprend cinq entrées officielles, larges, délimitées par des pilastres et pouvant être fermées par des grilles, récemment rénovées. Il s’agit des entrées principales, ou primaires. A noter que l’entrée située au niveau du square Lainé est elle-même composée de deux accès, tous deux répondant aux critères énoncés ci-dessus. La partie communale attenante au parc Duden, le long de l’avenue Jupiter, comporte trois entrées. Il s’agit dans ce cas de simples chemins débouchant sur la voirie via l’interruption du tracé de la haie et sans autre type d’aménagement. Ces entrées sont qualifiées de secondaires. En de nombreux endroits sur les pourtours du parc, la clôture, ou la haie délimitant le parc est absente ou en mauvais état, ne jouant plus son rôle et ouvrant des entrées informelles vers le parc. Deux sont particulièrement empruntées, dans le bas de la rue du Mystère et au sud-est du parc, le long de l’avenue Rousseau face à l’avenue Neptune. Notons également les nombreux accès entre la drève domaniale et la partie communale du parc. Ces entrées sont intéressantes en ce qu’elles répondent à certains besoins des usagers actuels et montrent un décalage entre ces besoins (liés à l’urbanisation des quartiers) et la conception initiale du parc (propriété privée). Cependant, toutes ne sont pas fréquentées avec la même intensité et certaines pourraient être supprimées. 48 Des entrées partent les chemins principaux, larges, pour une partie asphaltés, et où se connectent plusieurs chemins secondaires, en terre ou en dolomie. L’étude des cartes historiques du parc montre que le tracé des chemins actuels est très similaire à celui du jardin de Mr Duden (dont un des chemins date même de l’époque Mosselman). Ceci est lié au relief marqué du site, ne laissant pas une grande liberté au développement de tracés à travers le parc. Les adaptations essentielles par rapport au temps de la campagne Duden sont essentiellement celles réalisées lors de l’ouverture du parc au public, notamment le raccord des nouvelles entrées aux cheminements existants. La carte C.II.4, ci-contre, reprend l’historique des entrées et chemins du parc, tant les actuels que ceux qui ont disparu. En plus de ces chemins officiels, le parc est parcouru par de nombreux chemins informels, matérialisés sous forme d’un sentier en terre au milieu de la végétation. Certains sont situés à l’endroit d’anciens chemins supprimés, d’autres constituent des raccourcis à travers les massifs. Et au-delà de ces chemins bien définis par le piétinement, plusieurs massifs sont parcourus par un important réseau de sentiers ne formant pas une trajectoire bien définie mais constituant plutôt des zones de passage diffus et contribuant à accentuer les problèmes d’érosion. Les revêtements des chemins ne sont pas uniformisés et l’on retrouve de la dolomie, de la terre, des graviers grossiers, de l’asphalte, des pavés ou encore du sable. A l’exception de l’asphalte, en bon état relatif, la plupart des revêtements sont en mauvais état, limitant la praticabilité. Ce mauvais état général est lié à un manque d’entretien, pendant de nombreuses années, qui a conduit à une dégradation progressive des chemins, mais également lié au relief et au type de revêtement. En effet, les pentes des chemins sont souvent très prononcées et, quand ils sont en matériaux meubles, ils subissent une érosion importante. Notons que déjà, dans les années 50, « en hiver certains chemins sont rendus impraticables par les gelées, dégels, pluies. Le parc était même parfois entièrement fermé en raison du mauvais état des chemins » (Guide du promeneur, Vander Goten et Vokaer, 1953). De manière générale, les portions de chemins praticables pour les PMR sont très limitées. Les systèmes d’évacuation des eaux sont généralement inexistants ou, quand ils sont présents, peu performants, engendrant d’importantes rigoles d’érosion, au niveau des chemins et de leurs abords. Les chemins et sentiers informels ne font pas l’objet d’aménagements particuliers. L’analyse de la fréquentation des chemins par le BRAT montre un cheminement principal, privilégié : la « grande boucle ». Ce cheminement principal ne coïncide pas avec l’historique des chemins, certains chemins présents depuis plusieurs décennies étant actuellement peu empruntés, ni avec un type de revêtement uniformisé. De plus, ce cheminement principal traverse aussi bien des ensembles historiques que des massifs boisés. La drève domaniale en particulier est un des chemins les plus fréquentés, au dénivelé quasi inexistant et traversant le massifs boisé, lui conférant une atmosphère forestière toute particulière. Les chemins secondaires, moins fréquentés, sont quant à eux plus uniformes du point de vue de leur revêtement : terre ou dolomie. Concernant l’accessibilité du parc, celle-ci reste difficile pour les PMR. Le mauvais état actuel des chemins en est une cause importante mais les pentes fortes sont également un élément restrictif majeur et le resteront après la restauration des revêtements. LIGNE DIRECTRICE Redéfinir les circulations du parc en hiérarchisant les chemins et en clarifiant la situation des sentiers informels. Restaurer les revêtements de manière à garantir une bonne praticabilité MISE EN ŒUVRE La restauration visera à rendre les circulations logiques et confortables au sein du parc, dans un souci de préservation de ses qualités biologiques, historiques et paysagères, et en adéquation avec sa topographie accidentée. ACCES Accès à modifier Parmi les entrées informelles du parc, l’entrée s’ouvrant au sud-est vers le quartier Neptune est particulièrement fréquentée. Sa présence répond à un besoin fort de la part des habitants de ces quartiers, vu l’éloignement des entrées officielles. Il est donc proposé d’aménager officiellement cette entrée. Celle-ci constituera, comme les entrées de la partie communale, une entrée secondaire du parc, ce qui se traduira par un aménagement plus léger que celui des entrées principales. Cette entrée ne pourra pas forcément être accessible aux PMR vu les contraintes de relief. Accès à supprimer Les autres entrées informelles seront par contre supprimées. Il s’agit de : entrée à l’angle de la rue du Mystère et de l’avenue Rousseau. Cette entrée, difficile d’accès (chemin escarpé) est très peu fréquentée. Les besoins d’accès par cette entrée seront comblés par l’officialisation de l’entrée Neptune ; entrée du bas de la rue du Mystère. Cette entrée, également assez peu fréquentée (seulement 3% des entrées et sorties du parc), est toute proche de l’entrée officielle du Kruisbosch. Cette entrée date de la seconde guerre mondiale et était utilisée comme raccourci pour rejoindre le parc lors des bombardements. La fermeture de cette entrée, et du sentier qui la prolonge, permettra de pouvoir prendre toutes les mesures adéquates à la protection des sols à ce niveau du parc, très fortement soumis à l’érosion. A noter que s’il s’avère trop compliqué de fermer cette entrée (vandalisme important des mesures prises pour la fermer), le sort de celle-ci sera réexaminé. 49 PARC DUDEN Connexion du parc Duden au parc communal le long de l’avenue Jupiter : accès à créer et à modifier Les accès présentés précédemment concernent les accès au parc depuis les voiries, y compris la parcelle communale accolée au parc Duden. Cependant, ce petit parc communal, bien qu’accolé au parc Duden, en est indépendant, et ce dès sa conception. Il est traversée par un chemin principal, parallèle à la drève domaniale du parc Duden, mais sans aucun lien physique avec celui-ci (des vestiges de clôtures sont encore visibles çà et là). Le talus entre ces deux chemins parallèles est utilisé comme accès en plusieurs endroits par les promeneurs qui, arrivant de l’altitude 100, souhaitent rejoindre directement le parc Duden depuis cette partie communale. Pour une meilleure accessibilité du parc depuis les quartiers de l’altitude 100 mais aussi pour une meilleure cohérence de la fonction et de la gestion de ces espaces, il semble évident et nécessaire de les réunir. Cette liaison à créer donnerait au parc Duden trois nouvelles entrées directes depuis les voiries, mais aussi d’une esplanade, affectée en 1952 en plaine de jeux. Le lien entre la partie communale et le parc Duden doit faire l’objet d’un projet plus approfondi déterminant les modalités de sa réalisation. Dès à présent, nous soutenons l’idée de ne pas réaliser un aménagement visant à mimer les aménagements passés, mais de miser sur un projet contemporain. En effet, l’étude historique a souligné qu’une des qualités majeures du parc Duden est la juxtaposition, sans perturbation, d’aménagements d’époques différents, formant des ensembles historiques. Nous proposons de créer, dans le prolongement de cette dynamique de juxtaposition, un nouvel ensemble « historique » reflétant les modes d’aménagement en 2013. PROJET DE RESTAURATION En parallèle à cet aménagement à créer entre le parc et la partie communale, se pose la question de l’utilité du maintien, en l’état actuel de l’entrée Mosselman-Rousseau (entrée vers le chemin de la partie communale depuis l’avenue Rousseau). Cette entrée est située à proximité immédiate de l’entrée principale du parc Duden, le long de l’avenue Rousseau. Il y a donc double emploi, d’autant plus important dès lors que ces deux parcs seront mieux connectés. Il peut par contre être judicieux de créer une entrée un peu plus loin, au niveau de la jonction des avenues Jupiter et Rousseau. Il est donc proposé de déplacer cette entrée Mosselman-Rousseau vers la jonction des deux voiries. Le même type d’aménagement qu’actuellement sera réalisé pour matérialiser cette nouvelle entrée. CHEMINS Revêtements L’ensemble des revêtements des chemins du parc, à l’exception de certains sentiers, doivent être réhabilités. Le réaménagement devra : être durable dans le temps. Les matériaux choisis et leur mise en œuvre devront assurer une certaine pérennité des aménagements réalisés afin de limiter les coûts de gestion ultérieurs. Au vu des fortes contraintes d’érosion présentes au parc Duden, la restauration des chemins devra permettre une certaine stabilité de ceux-ci lors d’épisodes pluvieux. permettre une gestion aisée. Le choix du (ou des) revêtement sera réalisé au regard de sa facilité d’entretien par les équipes disponibles au Duden. garantir un confort de promenade pour les usagers. Vu les pentes du parc, il sera difficile de rendre le parc totalement accessible pour les PMR, cependant, le revêtement choisi pourra contribuer à une meilleure praticabilité du parc pour les usagers les plus faibles (poussettes, personnes âgées…). résister au passage d’engins lourds. Compte tenu des importants abattages prévus dans les prochaines années, les revêtements devront être résistants au passage des engins de débardage. Ainsi des revêtements « durs » sont à privilégier. Au vu de la grande superficie de chemins à restaurer, les choix doivent se porter sur des matériaux peu coûteux mais résistants dans le temps pour limiter les frais de gestion ultérieurs. Ainsi, sur l’ensemble du parc Duden, à l’exception de l’ensemble historique jardin art déco, c’est l’asphalte 50 qui sera mis en œuvre. Ce matériau est déjà bien présent sur plusieurs chemins du parc. Il s’agira d’un asphalte classique avec des nuances plus claires que celles utilisées en voirie. Au niveau du jardin art déco, l’asphalte ne permettrait pas une mise en valeur des murets, éléments importants de ce jardin. Ainsi, les chemins de cet ensemble seront restaurés via l’emploi de béton désactivé de teinte claire, chaude, proche de celle de la dolomie. Ce type de matériau ne pourra pas être utilisé sur l’ensemble du parc compte tenu de son coût de mise en œuvre très élevé. Ces chemins seront réalisés sans contre-buttage, à moins que l’étude hydrologique technique, qui devra être réalisée pour la résolution des problèmes d’écoulements (voir thématique eau, p.34), ne l’impose. Les problèmes d’érosion les plus manifestes se rencontrent au niveau des chemins, et particulièrement au niveau de l’allée des géants, du sukkelweg et au niveau du jardin art déco Les systèmes d’évacuation des eaux pluviales seront précisés par ladite étude hydrologique. Hiérarchie des chemins Compte tenu des contraintes fortes du parc et de la nécessité de privilégier des revêtements « durs » (cf. cidessus), la hiérarchie des chemins ne sera pas matérialisée par des revêtements distincts mais par des largeurs différentes. Exception est faite pour les sentiers, en milieu forestier, dont le revêtement sera particulier. Compte tenu des usages, des chemins actuels et de leurs largeurs, il est proposé de développer une hiérarchie à trois niveaux : chemins primaires, chemins secondaires et sentiers. La carte C.III.7. Hiérarchie des chemins et entrées (ci-contre) illustre et localise ces différents chemins. Les chemins les plus empruntés, formant le réseau primaire auront une largeur d’au minimum 4 mètres et d’au maximum 6 mètres. Ces chemins sont situés dans le prolongement des entrées officielles (primaires) du parc et forment une boucle au sein du parc, traversant les différents ensembles historiques du parc et plus largement reliant les différentes zones ouvertes (pelouses et esplanades). Le réseau secondaire, moins emprunté, sera matérialisé par des chemins de plus faible envergure (environ 2,5 mètres de large). Il est issu des entrées secondaires ou permet des raccourcis entre les chemins primaires et/ou des boucles de promenades annexes. Un troisième niveau dans la hiérarchie des chemins comprend les sentiers. D’une largeur inférieure à 1 mètre, ils seront aménagés de façon simple, sans bordures, voire simplement dégagés de la végétation, sans aménagement particulier, pour autant qu’ils n’entraînent pas de problèmes d’érosion. 51 PARC DUDEN Chemins à créer, modifier, supprimer Les chemins officiels actuels seront, sauf exception (cf ci-dessous), non modifiés. La réflexion porte ici essentiellement sur les sentiers informels. Il n’est pas possible de conserver un tel réseau de chemins informels, vus les problèmes de gestion et d’érosion qui en découlent. Il ne doivent cependant pas tous être purement et simplement supprimés, certains présentant même un réel intérêt pour le parc. Ils ont donc l’objet d’un arbitrage selon leur fréquentation, leur utilité, leur impact sur l’érosion ou la biodiversité et leur légitimité. Les chemins informels les plus intéressants à conserver et même à officialiser sont ceux avec une fonction de raccourci évidente. Pour les chemins aux pentes les plus fortes, il est, dans certains cas, proposé de les transformer en escaliers. La carte de référence pour la restauration du parc indique que plusieurs escaliers étaient présents auparavant. Ces portions de chemins ne seraient alors plus accessibles aux PMR. Cependant, vu les pentes concernées, ces chemins étaient déjà, de toutes façons, très difficilement praticables par cette catégorie d’usagers. PROJET DE RESTAURATION La carte C.III.6. Accès et chemins à créer, supprimer, confirmer (ci-contre) reprend les sentiers à officialiser et ceux à supprimer ou transformer : depuis l’entrée de la chapelle deux sentiers informels partent vers le nord du parc, dont le raidillon (chemin indiqué sur le plan de 1952). Ces sentiers, souffrant actuellement d’érosion seront supprimés et remplacés par un escalier (facilité d’entretien au regard des pentes) empruntant un tracé plus logique (arrivée à l’intersection des allées du chef garde et du pont rustique, en connexion avec un carrefour de plusieurs chemins primaires et secondaires). au sein du Paradou un chemin secondaire reliant l’allée du chef-garde au jardin art déco sera créé. Au départ du jardin art déco et afin de respecter la symétrie, le sentier partira de la zone de la statue de Léopold II, en ligne droite, puis s’incurvera comme indiqué sur la carte C.III.6. Les autres sentiers informels de la zone seront supprimés ou estompés dans la végétation. dans le massif derrière le buste de Léopold, l’un des sentiers vers l’allée de l’ange noir sera maintenu, sous forme de sentier. Celui-ci sera relié à un escalier. En effet, l’escalier menant de l’allée de l’ange noir à l’allée du pont rustique et présent sur le plan de 1952 sera recréé. Les autres sentiers seront supprimés. entre la drève domaniale et l’allée Mosselman, plusieurs sentiers de passage sont présents, tout le long de ces deux chemins. Il est important de relier ces deux entités (le parc Duden et la bande communale) par des chemins secondaires bien aménagés. Un accès devra être officialisé en contrebas de l’ancienne plaine de jeux, en lien avec la clairière du parc Duden (voir paragraphe plus précis ci-dessus). en lien avec la nouvelle entrée Neptune à officialiser, un chemin permettant d’accéder plus directement vers l’allée Octave Pirmez doit être créé sous la forme d’un chemin secondaire. Les deux autres sentiers informels seront estompés parmi la végétation (ce qui est d’ailleurs déjà plus ou moins le cas). Il faut noter que l’un de ces deux sentiers était auparavant un sentier formel (allée André Baillon sur le plan de 1952). Des vestiges des bordures de ce chemin sont d’ailleurs toujours visibles. Cependant, vu la fréquentation de la zone, il ne semble pas opportun de réaménager ce sentier. Les vestiges encore présent du chemin seront régulièrement dégagés de toute végétation pour maintenir cette trace. le sentier du 11 mai 44 et reliant le parc à l’entrée informelle de la rue du Mystère sera supprimé. Cette entrée étant elle-même condamnée, ce chemin n’a plus lieu d’être. le chemin officiel reliant la drève domaniale au fond des joncs est l’un des chemins les plus pentus du parc. Il est par conséquent peu confortable à l’usage et souffre d’une érosion importante. Pour faciliter son usage et son entretien, il sera remplacé par un escalier. Cas particulier de l’escalier de l’INRACI/NARAFI La villa Duden et la villa Mosselman sont occupés par l’INRACI/NARAFI. Pour une meilleure connectivité, ces deux bâtiments ont été reliés par un escalier en béton bordé d’un éclairage (le seul présent dans le parc). La date précise de construction de ces aménagements n’est pas connue mais est postérieure à 1952, et réalisée à l’initia- 52 tive de l’INRACI/NARAFI. Le projet de restauration de l’ensemble historique Mosselman prévoit de supprimer le tronçon de l’escalier situé face à la villa. Celui-ci sera remplacé par un chemin secondaire menant de l’escalier vers l’arrière de la forge. Ce tracé correspond d’ailleurs à la situation du plan de référence (1952) où un chemin noté « Traverse » part de l’arrière de la forge vers l’allée des deux gardes. Le reste de l’escalier sera maintenu et restauré. La restauration visera à l’embellissement de cet escalier pour une meilleure intégration dans son environnement. L’éclairage pourra être maintenu avec le même système de fonctionnement qu’actuellement (extinction de l’éclairage la nuit, gestion par l’INRACI/NARAFI) mais le type de lampadaire (modèle vétuste et peu esthétique) sera modifié. Esplanades et terrasses Les places, esplanades et terrasses (demi-lune du jardin art déco, abords de la villa Mosselman, terrasses autour de la pelouse de Bacchus), intégrées dans les ensembles historiques et constituant un éléments importants de ceux-ci, seront traitées différemment des chemins et aménagées en dolomie. Escalier, éclairé, reliant la villa Duden à la villa Mosselman 53 PARC DUDEN V. FRÉQUENTATION, USAGES ET RÉCRÉATION CONSTATS : PERCEPTIONS, FRÉQUENTATION ET ATTENTES DES USAGERS Perceptions Le parc, en tant qu’ancienne propriété privée, est entouré, sur la presque totalité de son pourtour, de haies, généralement hautes et fournies, parfois doublées par une clôture métallique. Ceci couplé aux importants massifs boisés peut donner l’impression d’un espace impénétrable, voire l’impression d’un parc privé en raison de l’occupation des villas par les écoles INRACI et NARAFI. Il s’agit d’un aspect paradoxal puisque, d’un autre côté, c’est l’aspect forestier et le caractère intimiste qui plaisent le plus aux promeneurs du parc et lui confèrent sa qualité intrinsèque. PROJET DE RESTAURATION Des enquêtes ont été menées à l’extérieur du parc auprès des personnes du quartier ne fréquentant pas le parc. Elles révèlent qu’une des raisons récurrentes de non fréquentation du parc est le sentiment d’insécurité inspiré par celui-ci : un parc insécurisant, souffrant d’une mauvaise réputation et de mauvaises fréquentations. Cette perception négative est aussi ressentie par les écoles situées à proximité du parc : peu d’élèves osent s’aventurer dans le parc. A noter que pour les riverains de l’altitude 100, l’accès le plus direct au parc Duden se fait via la parcelle communale qui est peu entretenue (déchets dans les massifs, bancs cassés, chemins en mauvais état), ceci pouvant contribuer à la mauvaise image du parc Duden, les riverains ne sachant pas toujours qu’il existe une différence de gestionnaire entre ces deux entités accolées. Parallèlement à ces impressions, l’accessibilité du parc reste parfois compliquée ou peu engageante. En effet, autour du parc, malgré la rénovation des trottoirs de l’avenue V. Rousseau, la majorité des trottoirs entourant le parc restent en mauvais état et plusieurs traversées piétonnes sont peu sécurisées. Fréquentation Des comptages et observations menées dans le parc ont révélé que celui-ci est assez peu fréquenté (1064 entrées un samedi en été). Les personnes fréquentant majoritairement le parc sont, à l’exception des jeunes des écoles, des adultes, et notamment des personnes âgées de plus de 65 ans. Il s’agit essentiellement de riverains, très assidus et « fidèles » au parc puisqu’un tiers d’entre eux déclare venir au moins 7 fois par semaine, deux tiers ne fréquentent que le parc Duden et 88% des visites durent plus d’une demi-heure, faisant que le parc ne peut pas être considéré comme un élément que l’on se contente de traverser pour se rendre de l’autre côté. L’activité principale pratiquée dans le parc est la promenade, essentiellement sur les chemins. Les autres motifs de fréquentation du parc Duden sont le repos ou faire du sport, mais loin derrière la promenade, soulignant l’importance pour les usagers de disposer de chemins de qualité. Les observations ont permis de dresser des cartes des chemins les plus utilisés (voir carte C.I.8. Utilisation et fonctionnement du parc, ci-contre). Pour le repos, en plus des bancs le long des chemins, au vu de la configuration du parc, seules les zones ouvertes du parc peuvent y répondre : le jardin art déco, la campagne Mosselman, la campagne Duden et la pelouse des jacinthes. Beaucoup de promeneurs, et plus particulièrement en semaine, sont accompagnés de leur chien : un groupe sur quatre fréquentant le parc le dimanche est accompagné d’un ou de plusieurs chiens, et ce nombre s’élève à un groupe sur trois le samedi (en été) et à près d’un groupe sur deux en semaine. De plus, le fait de promener son chien a été cité près d’une fois sur quatre comme raison de fréquenter le parc Duden, et il s’agit du deuxième motif cité de fréquentation après « se promener ». La question des chiens est donc une question importante dans le fonctionnement du parc Duden. Les chiens sont majoritairement non tenus en laisse : en moyenne seuls 26% des 54 chiens sont tenus en laisse. Si en été, cette proportion est de 45%, elle diminue en hiver à 18%. La présence importante de ces animaux qui vagabondent librement dans le parc a plusieurs conséquences, outre le fait qu’il s’agit d’un non-respect du règlement régional de parc. Il y a tout d’abord un problème de propreté : les déjections canines se retrouvant sur l’ensemble du parc, tant sur les chemins que dans les massifs ou les pelouses, ceci créé des désagréments certains aux autres promeneurs, aux familles qui souhaitent se prélasser sur les pelouses et affecte le travail des gardiens et des jardiniers. Le second problème posé par ces chiens en liberté est le rapport aux autres usagers, et notamment les enfants en bas âge qui peuvent être bousculés. Ainsi, pour certains usagers, la présence de chiens en liberté est un des aspects négatifs du parc Duden et la raison pour laquelle ils préfèrent fréquenter d’autres parcs. Le dernier problème de l’absence de laisse concerne la protection de la faune et de la flore, essentiellement dans les sous-bois. En effet, tout comme le piétinement par les promeneurs, les chiens effraient la faune locale et participent à la dégradation de la flore. Leurs passages participent également, notamment dans les endroits les plus pentus, aux phénomènes d’érosion rencontrés dans le parc. Il est important de souligner l’importante différence dans les fréquentations entre le parc de Forest et le parc Duden, liée à la différence de configuration de ces deux parcs. Beaucoup plus de familles et de jeunes se rencontrent dans le parc de Forest et, lors des jours de beau temps, les pelouses et les plaines de jeux sont prises d’assaut. Un meilleur équilibrage de la fréquentation de ces deux parcs serait souhaitable afin de mieux répartir la pression sur ces espaces, tous deux classés. Attentes : récréation Les enquêtes auprès des utilisateurs du parc ont également cherché à relever les attentes du public. Les usagers apprécient particulièrement l’aspect et la morphologie du parc (notamment son caractère sauvage), mais déplorent l’état des chemins et le manque d’aménagements (jeux pour enfants, bancs, poubelles…).Actuellement, il n’y a aucune zone de jeux formelle dans le parc. Notons toutefois que le parc constitue à lui seul une vaste aire de jeux et d’aventure. Ce potentiel est actuellement mal exploité et mériterait d’être mieux affirmé et organisé, tout en veillant à ce que cela reste compatible avec les mesures de protection de la biodiversité et contre l’érosion (voir thématiques biodiversité, p.46, et eau, p.34)). Sur le plan de 1952, une plaine de jeux plus formelle est indiquée au niveau de la parcelle communale le long de l’avenue Jupiter. Un plan de « maillage jeux » a été établi à l’échelle régionale par Bruxelles Environnement. Dans ce cadre, une cartographie des quartiers de la Région présentant un déficit important en matière d’infrastructures ludo-sportives a été dressée. Ces quartiers prioritaires ont été définis sur base de critères socio-urbanistiques et avec la prise en compte de la croissance démographique projetée dans ces quartiers à l’horizon 2020. A la lecture de la carte, il apparaît que le parc Duden, tout comme le parc de Forest, est un îlot vert ceinturé par des quartiers en importante situation de carence. Ainsi, le quartier limitrophe situé à l’ouest du parc (bas Forest) fait partie des quartiers prioritaires pour la création d’infrastructures de jeux compte tenu, d’une part, du nombre élevé d’enfants par famille, et d’autre part du type d’habitat (superficie par habitant faible et pas ou peu de jardins intérieurs). Il s’agit d’un quartier où la recommandation est de créer 4 plaines de jeux et 2 infrastructures de sports (à l’horizon 2020). A l’est du parc (haut Forest) la situation est un peu moins marquée mais le quartier présente néanmoins une carence en infrastructures qui devrait conduire à l’installation de 2 plaines de jeux supplémentaires. Notons à cet égard que le parc Jupiter propose une plaine de jeux et des terrains de sports pour les jeunes mais cette offre reste limitée. En effet, la qualité de cette zone de jeux est faible (mal équipée et en mauvais état). Elle a été identifiée (dans l’étude régionale « maillage jeux ») comme zone de jeux à améliorer. Autre constat, le relief accidenté du parc Duden et la faible praticabilité pour les PMR (en ce compris les poussettes) constitue une barrière physique importante pour l’accessibilité à cette zone de jeux depuis les quartiers ouest du parc (où la demande est la plus forte). 55 PARC DUDEN Le parc Duden devra répondre à la demande en aires de jeux des quartiers situés à l’ouest et, pour les demandes des quartiers est, la réflexion sur les plaines de jeux doit être réalisée au regard du parc Jupiter dont la restauration, à tout le moins de sa plaine de jeux, est indispensable. En plus des aires de jeux, l’aspect « détente » dans le parc est également à favoriser et à développer, notamment par des aménagements et une gestion plus adaptés des zones ouvertes du parc. LIGNE DIRECTRICE Améliorer la qualité des pourtours du parc et son accessibilité. Renforcer l’accueil du parc Duden, en particulier pour les familles, par le développement d’une image positive et dynamique, l’amélioration des zones ouvertes et par la création d’aires de jeux de proximité, tout en préservant ses qualités de refuge forestier enclavé dans un milieu urbain MISE EN ŒUVRE PROJET DE RESTAURATION L’objectif majeur est de rendre le parc Duden plus attrayant, plus vivant, loin de cette idée trop largement répandue d’une propriété privée ou d’un lieu malfamé. Il s’agira dans ce cadre de : développer la communication autour du parc et le rendre plus vivant : information, évènements, animations ; mieux affirmer le caractère « bois de jeux » du parc (dans la limite du respect de celui-ci) qui constitue un terrain de jeux dans un cadre naturel propice au développement de l’imaginaire des enfants ; dans le cadre d’une politique équilibrée de maillage jeux dans l’ensemble des quartiers environnant, d’y implanter des fonctions ludiques complémentaires à celles qui pourront se développer ailleurs dans les quartiers et dans les deux autres éléments de l’ensemble vert, les parcs de Forest et de Jupiter ; de formaliser trois zones de jeux plus intensives, deux dans la partie basse du parc (ouest, et une dans la partie haute (est) ; de mettre en œuvre des actes de gestion spécifiques permettant de compléter cette politique d’accueil des familles, via la mise en valeur et un meilleur confort des zones ouvertes. Gérer les pourtours du parc Développer l’image du parc nécessite également d’homogénéiser celle-ci. Cela suppose une unité dans le traitement des pourtours. Il s’agit donc de renforcer les haies, de refermer les ouvertures indésirables et de veiller à la taille des haies. Afin de supprimer toute confusion, la partie communale jouxtant le parc Duden doit être intégrée dans le périmètre du parc Duden et ce même si les gestionnaires entre ces deux espaces restent distincts. Par ailleurs, une bonne partie de l’image du parc se joue à travers le traitement des entrées. Celles-ci devraient être marquées par un signal plus fort. Le placement d’éléments de signalétique et/ou de mobilier urbain à même l’espace public plutôt que dans le parc ou sur les grilles pourrait y contribuer. Ces éléments devront toutefois s’attacher à ne pas nuire aux qualités historiques et paysagères des entrées. Développer la communication autour du parc et le rendre plus vivant Le parc, on l’a vu, est parfois perçu soit comme une propriété fermée au public, soit comme un endroit insécurisé. Pour d’autres, le parc Duden est « le parc des chiens en liberté » et donc peu attractif pour ceux ne possédant pas de chiens. Le parc souffre aussi, encore aujourd’hui, de son image de parc dégradé lié à plusieurs années de manques de moyens dans sa gestion. Il en résulte que le parc est, en dehors des étudiants de l’INRACI-NARAFI, relativement peu fréquenté. 56 Le parc doit être rendu plus vivant et plus attractif par le développement d’activités et d’une communication adaptée. Il s’agit tout d’abord d’aménagements adaptés pour l’accueil d’un public plus varié (enfants, parents, personnes âgées... - voir le § ci-dessous). Mais il s’agit aussi de développer et de favoriser l’accueil d’évènements et d’activités. Afin de réaliser cet accueil dans les meilleures conditions et en limitant les impacts négatifs sur le parc et ses caractéristiques historiques ou biologiques, une charte des évènements sera rédigée, reprenant les zones les plus propices, les conditions d’accueil et le type d’évènement que le parc peut accueillir. Les évènements comprennent tant des évènements de grande ampleur, organisés et gérés par des organismes extérieurs, que des évènements lancés et gérés par Bruxelles Environnement : visites guidées, tournois sportifs… A ce propos, les gardiens seront amenés, progressivement, à compléter leur fonction de gardien « classique » par une fonction de « gardien-animateur », ne garantissant pas seulement la sécurité du parc mais participant pleinement à la vie du parc. Parallèlement à ce travail au sein du parc, un travail impliquant davantage les quartiers environnants à la vie du parc sera développé. Développer l’attrait ludo-sportif et récréatif du parc Dans la mesure où l’on aura pris des dispositions pour protéger les parties du parc les plus fragiles et/ou présentant un intérêt biologique important, il est proposé de faire en sorte que les autres parties du parc soient plus accueillantes pour tous. Ainsi, au niveau de la gestion, en plus des évènements de plus grande ampleur (voir cidessus) qui renforceront l’attractivité du parc ponctuellement, des initiatives seront prises visant à développer et améliorer l’accueil du plus grand nombre : mobilier plus adapté (voir ci-dessous), mise à disposition de transats, promenades guidées, formalisation de zones de pétanque… L’accent sera mis sur les zones ouvertes (pelouses et esplanades) les autres sentiers du parc restant liés à la promenade. L’attention à porter au niveau de l’accueil au sein des zones ouvertes est d’autant plus important que ces zones sont rares dans le parc, et liées à des ensembles historiques. La clairière située le long de la drève domaniale, en surplomb du ravin des tranchées constitue une zone ouverte particulière puisque plus intimement liée à la forêt. Ceci sera traduit par des aménagements distincts de ceux qui pourront être réalisés dans les autres zones ouvertes, aménagements renforçant cet aspect forestier. Si une zone de rencontre pour les mouvements de jeunesse doit être réalisée dans le parc, cet endroit sera à privilégier. De manière générale, un effort particulier sera réalisé à destination de l’accueil des enfants. Dans ce cadre, il ne sera pas nécessaire de réaliser de gros investissements, les plantations, les accidents du relief, la présence de branchages, feuilles, etc. suffisent largement à susciter l’imaginaire des enfants. Tout au plus certains petits aménagements légers seront prévus, dans certaines zones, pour constituer des appels ou autres points de rendezvous : cabane de branchages, troncs sciés… Ces aménagements légers sont en général temporaires et pourront être conçus et déplacés en fonction de la planification pour la régénération forestière (voir le paragraphe sur les massifs boisés p.40) et des actions menées en faveur de la préservation des habitats (voir p.46, biodiversité). Situé au cœur de quartiers hautement déficitaires en aires de jeux et de sports, le parc Duden seul ne pourra résorber l’ensemble des besoins. Il peut cependant y contribuer tout en veillant à ne pas dévoyer l’âme emprunte de naturalité du parc. Dans ce contexte particulier, il n’est notamment pas envisageable d’installer des terrains multisports au sein du parc. Il s’agit donc ici d’une contribution, certes significative, mais pas suffisante pour la concrétisation d’un « maillage jeux et sport » dans l’ensemble des quartiers concernés. Cette contribution devra s’accompagner, pour bien faire d’une politique active d’implantation d’infrastructures ludiques et sportives au sein des quartiers concernés. Si l’on veut desservir les quartiers ouest les plus densément peuplés où une carence manifeste en zones de jeux a été identifiée (zone de priorité 1 d’intervention maximum telle qu’identifiée dans le projet de PRDD), seuls deux endroits potentiels peuvent à ce stade être envisagés : le parc de Forest et le parc Duden. Ces deux solutions sont nécessaires et complémentaires compte tenu de l’importance de la demande et du rayon d’accessibilité aux infrastructures (qui doit être d’environ 300m autour de la zone de jeux – cf. étude « maillage jeux »). 57 PARC DUDEN Au sein du parc Duden, dans sa partie ouest (contrebas du parc), deux zones ont été identifiées comme pouvant accueillir des aires de jeux. La première est située sur la pelouse des lilas, située au nord de la drève de la chapelle, à l’emplacement des anciennes constructions (« chapelle » et granges). La seconde est située au niveau de la pelouse des jacinthes. Ici également, ces deux alternatives ne s’excluent pas forcément. En effet, si l’on prend en compte le rayon d’accessibilité aux infrastructures et le nombre de plaines de jeux à créer dans ce quartier (cf. étude « maillage jeux » au sein du quartier statistique situé à l’ouest du parc Duden, 4 plaines de jeux et 2 agoraspaces sont à créer à l’horizon 2020), ces deux zones du parc pourraient être aménagées sans être surnuméraires. La distribution démographique au sein du quartier envisagé plaide pour un aménagement plus important au niveau de la pelouse des lilas, alors qu’un aménagement plus léger pourra être réalisé à l’entrée Kruisbosch. Gestion canine Si les chiens ne doivent pas être exclus du parc Duden, il convient néanmoins de modifier l’image du parc Duden, actuellement vu comme un parc « chien en liberté » en vue d’une meilleure cohabitation entre les chiens, les autres utilisateurs et la biodiversité. A ce propos, de nouvelles dispositions sont entrées en vigueur à la fin du mois d’octobre 2013 : les chiens doivent être tenus en laisse sur l’ensemble du parc ; 3 zones où les chiens en liberté sont acceptés ont été délimitées : le Lievekenshoek ; la petite zone boisée près de l’entrée du Kruisbosch, entre le bas de la sablière et la croix de pierre ; la pelouse du square Laîné ; La pelouse Leopold II est interdite aux chiens, même tenus en laisse (cf plan ci-dessous). Au niveau de la pelouse des lilas, compte tenu que le futur aménagement de jeu fera partie intégrante de l’ensemble historique « campagne Mosselman », on veillera à prévoir des infrastructures de jeux s’inspirant des caractéristiques historiques de la zone, des traces du passé, et garantissant une intégration paysagère harmonieuse dans cet ensemble. Ainsi, les couleurs trop agressives et les matériaux synthétiques seront à proscrire. Vu la surface relativement réduite et une fréquentation attendue plutôt importante, les infrastructures de jeux devront permettre une capacité d’accueil maximalisée : indice ludique élevé, multifonctionnalité et densification. PROJET DE RESTAURATION Au niveau de la pelouse des jacinthes, il est ici proposé d’utiliser la zone de transition entre la pelouse et le boisement ainsi que le boisement en lui-même et de s’orienter davantage vers la réalisation d’un bois de jeu. Les aménagements seront plus légers, inspirés par l’aspect forestier de la zone. Le contact avec la pelouse toute proche permettra aux parents de surveiller facilement leurs enfants, tout en profitant du site. Adapter le mobilier Renforcer l’accueil du public passe aussi par l’offre en mobilier : plus pratique, répondant aux attentes des promeneurs, tout en s’intégrant dans les différents espaces. Lors de la reprise en gestion du parc par Bruxelles Environnement en 2006, le mobilier présent dans le parc était disparate, vétuste et pour certains bancs, inconfortables. Ce mobilier a été enlevé, remplacé, au niveau des ensembles historiques et des zones s’intégrant dans une logique de parc, par des bancs de type Hurlingham gravés au nom du parc Duden. En effet, le parc Duden renfermant deux types d’espaces (les ensembles historiques et les zones forestières), il a été décidé de renforcer cette dichotomie par l’emploi de deux types de mobiliers selon les zones du parc. Dans le présent projet, les bancs actuels, esthétiques et confortables, seront préservés. De nouveaux bancs pourront venir renforcer l’offre et dans certains endroits des bancs plus longs, plus conviviaux, pourront être placés, pour autant qu’ils s’harmonisent avec les autres bancs déjà en place. Il s’agira par exemple de placer des longs bancs regardant vers la vallée au niveau de la « terrasse Bacchus », des bancs circulaires autour du rond-point de l’école ou encore au niveau de l’entrée Rousseau. Les poubelles actuelles seront préservées. Certaines, placées dans des axes de vues et perturbant les vues pourront être déplacées. Dans les zones forestières, où aucun mobilier n’est actuellement présent, des bancs d’une typologie plus légère (structure métallique et simples planches pour l’assise et le dossier) seront installés. Ceux-ci ne seront pas nombreux mais ponctureront la promenade de petites zones de repos. Les poubelles seront elles aussi adaptées pour se fondre davantage au milieu forestier par une peinture de couleur plus foncée. En plus des bancs et des poubelles, mobilier minimum attendu dans un parc, quelques petites tables de piquenique pourront être installées dans la pelouse des jacinthes. Un mobilier mobile et saisonnier comme des transats pourra également être mis à disposition des usagers par les gardiens. 58 Plan localisant les zones de liberté et les zones d’exclusion pour les chiens au parc Duden. Ancienne grange, située à proximité de la « chapelle », au niveau de la pelouse des Lilas 59 PARC DUDEN PLANIFICATION PLANIFICATION 61 PARC DUDEN I. ACTEURS ET AUTORISATIONS Ce projet de restauration nécessite pour la mise en œuvre de la majorité des actions proposées, l’obtention de plusieurs accords et permis et le développement de différents partenariats. Ce projet doit tout d’abord être proposé et approuvé (avis de principe) par la Donation Royale (propriétaire du site), la commune de Forest (propriétaire de la parcelle communale) mais surtout par les instances concernées : AATL et CRMS. Sur base de ces avis : le plan sera modifié en conséquence (le cas échéant) ; l’étude technique complémentaire sera lancée ; les accords et partenariats avec les acteurs concernés par ce plan, nécessaires à la bonne réalisation de celui-ci, seront développés : ▪ Commune de Saint-Gilles (recul des clôtures le long de la drève de la chapelle) ; ▪ Commune de Forest (finalisation du processus de reprise en gestion par Bruxelles Environnement de la parcelle communale) ; ▪ Asbl INRACI, occupant la villa Duden et ses abords (parking et poubelles), la villa Mosselman et gérant l’escalier les reliant ; ▪ Bruxelles Mobilité (modification du stationnement autour du square Lainé et déplacement de la sculpture) ; ▪ Beliris, dans le cadre du financement programmé pour la réalisation de bon nombre des aménagements proposés. PLANIFICATION La réalisation de l’étude technique complémentaire permettra d’apporter des réponses plus précises à une série de points de ce plan directeur et ainsi de l’affiner en vue de sa concrétisation. Il sera alors possible de passer à la phase suivante de la mise en œuvre avec la rédaction du projet en vue de l’obtention d’un certificat d’urbanisme ou d’un plan de gestion patrimoniale. 62 63