REUNION DE RESPONSABLES
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REUNION DE RESPONSABLES
Le blues INTRODUCTION Le blues est né dans le sud des Etats-Unis à la fin du XIXème siècle, il se caractérise par sa puissante force émotionnelle et libératrice qui contraste avec la relative simplicité de sa structure musicale. Le blues n’a cessé de se transformer au fil des décennies et s’est enrichi d’influences musicales diverses. Sans rien perdre de son authenticité, il a su conquérir le cœur de millions d’êtres humains et a influencé toute la musique populaire actuelle. Cette présentation fait référence à quelques géants et figures incontournables en remontant dans le temps et en balayant le contexte historique de la société américaine tant il est vrai que l’histoire de la musique américaine est indissociable des évolutions de la société. 1. CONTEXTE HISTORIQUE ET GEOGRAPHIQUE « Né dans le terreau du Sud des Etats-Unis, de la misère morale et matérielle des Noirs victimes d’une ségrégation impitoyable et volontairement humiliante, le blues a connu un destin totalement imprévisible. A l’origine musique ethnique de parias destinée exclusivement aux Noirs, il est devenu, en moins d’un siècle, une des clés de voûte de la musique populaire dans le monde entier, joué par des groupes de jeunes aussi bien blancs que jaunes, américains ou anglais, bien sûr, mais aussi français, russes ou japonais. » Gérard Herzhaft, la grande encyclopédie du blues. (Musicien et musicologue) Entre les 17ème et 19ème siècle, les européens ont enlevés et déplacés entre 11 et 13 millions d’Africains pour en faire des esclaves – des êtres humains exploités pour leur travail sans aucun droit - qui travaillaient très dur notamment dans les champs de coton dans le sud des Etats-Unis. Des familles entières sont enlevées et transportées sur le continent américain. Les familles sont séparées, Les esclaves sont utilisés pour travailler dans les champs de coton et les fermes, ils ont une vie très difficile, sans liberté. Se mélangeaient dans les plantations (1840) des indiens, des européens irlandais et écossais, espagnols, français et des africains. La plantation devient donc un creuset musical qui constitue toute la richesse de la musique folk américaine. Les esclaves ont le droit d’aller à l’église dans lesquelles une musique consacrée à Dieu leur est autorisée (le gospel). Extrait : http://www.youtube.com/watch?v=-s7QNpqiqsc 18 décembre 1865 : abolition de l’esclavage. Le blues est né dans le sud post-esclavagiste : misère, maladies, crise économique et ségrégation pour les noirs (jusqu’en 1967, droits civiques). Brimades, injustices, violences sont le lot quotidien des noirs. Parallèlement au blues, il y a le gospel (qui signifie évangile), la musique religieuse qu’on entend dans les églises noires. Une même ferveur (un versant profane et un versant religieux). « En devenant bluesman, le chanteur noir (...) dit « je » pour la première fois dans l’histoire des Noirs en Amérique, raconte sa vision des choses, ses sentiments. Cette prise de parole individuelle est l’affirmation d’une humanité que le système ségrégationniste veut nier. Elle est un formidable acte de résistance individuel et collectif. » Gérard Herzhaft. 2. LES INFLUENCES DU BLUES SUR : Les grands orchestres de jazz (Duke Ellington, Count Basie) La country (Jimmie Rodgers) Le rock ‘roll (Elvis Presley) Le rhythm and blues La soul (dérivée du gospel et du blues) Le funk (James Brown) prédominance de la section rythmique inspiré de la soul et du jazz Le rap influencé par le reggae, le blues, le jazz La musique noire américaine se caractérise par des allers-retours incessants entre les différents genres : gospel, blues, soul, jazz etc…si certains artistes sont exclusifs – par exemple Mahalia Jackson qui était une immense interprète de gospel – la plupart se sont appropriés toutes ces influences et peuvent passer d’un registre à l’autre sans problème. Une des artistes les plus emblématiques est Aretha Franklin qui chantât aussi bien le gospel, la soul music, le jazz, le blues. 3. CHRONOLOGIE, QUELQUES REPERES : Années 1890 : le blues s’impose comme genre à part entière dans le Delta du Mississipi (champs de coton à perte de vue). Enregistrement des premiers « folksongs » noirs, dès le début du siècle. Thématiques récurrentes : Le quotidien et ses difficultés La ségrégation raciale L’amour et ses déboires Conflits entre le bien et le mal Les principaux instruments : La guitare L’harmonica Le piano La forme en général : Poème chanté de 12 mesures dérivé de l’alexandrin. En général, le blues est composé de strophes de trois versets selon un schéma AAB, le dernier rimant avec le premier répété une deuxième fois. Base de trois accords. 1920 : premier enregistrement : Mamie Smith « crazy blues ». Il faut savoir qu’un énorme travail d’enregistrements sur le terrain a été effectué par notamment les musicologues John et Alan Lomax (pour le compte de la bibliothèque du Congrès) à partir des années 20, et ce, jusque dans les années 60. Extraits : Bessie Smith (1894-1937) (l’impératrice du blues) : voix puissante et blues profond. http://www.youtube.com/watch?v=6MzU8xM99Uo « Nobody knows you when you’re down and out » Robert Johnson (1911 -1938) (mythe : a vendu son âme au diable à un carrefour et est devenu virtuose à la guitare) a marqué tous les guitaristes qui ont suivi. http://www.youtube.com/watch?v=82yNxiF-T4A&feature=related « Kind hearted woman blues » Lead Belly (1885-1949) : chanteur et guitariste http://www.youtube.com/watch?v=a6yCEsDsGx4 « where did you sleep last night ? » Années 40 : exode rurale vers les grandes villes (Chicago) : électrification du blues (Muddy Water) ; (Memphis) : Sonny Boy Williamson, B.B. King Extraits : John Lee Hooker (1917-2001) : chanteur et guitariste http://www.youtube.com/watch?v=rOyj4ciJk34 « Boom boom » Muddy Waters (1915-1983) : chanteur et guitariste. http://www.youtube.com/watch?v=w5IOou6qN1o « Manish boy » B.B. King : (1925) grand orchestre, influence jazz, aussi bon chanteur que guitariste. http://www.youtube.com/watch?v=OK_AwCjK0Ak « Rock me baby » Fin des années 40 : naissance du rhythm’n’blues Milieu des années 50 : Elvis Presley (Memphis, Sam Phillips avec Sun Records) reprend des standards blues et crée un son radicalement nouveau : le rock’n’roll. Explosion musicale sans précédent. Emergence d’artistes noirs aussi : Little Richard, Fats Domino, Ike Turner, Chuck Berry. Début des années 60 : Mouvements pour les droits civiques : le pasteur Martin Luther King assassiné en 1968. Le mouvement des droits civiques des années 60 désigne la lutte des noirs américains pour mettre fin à la ségrégation raciale. Il s’agissait principalement d’un mouvement non-violent dont le but était d’obtenir l’égalité des droits politiques. Martin Luther King, est né en 1929 en Géorgie, région du sud des Etats-Unis extrêmement raciste, où les noirs étaient traités comme des sous-hommes et devaient rester à l’écart des blancs. Fils de pasteur, il devient pasteur, son projet étant de partir dans le nord pour vivre loin du racisme et de la pauvreté. Mais en 1955, il vit encore dans le sud en Alabama et combat une loi qui oblige les Noirs à laisser leur place dans les bus aux blancs. Cette action s’étend dans tout le pays et ainsi le pasteur Martin Luther King devient le leader d’un mouvement non-violent pour la justice et l’égalité du peuple noir, dans tous les Etats-Unis. Il sait trouver les mots qui touchent les gens, il utilise aussi très habilement les journalistes, les images, les campagnes politiques, pour réunir autour de lui des centaines de milliers de personnes, noires et blanches. En 1963, il se rend à Birmingham pour soutenir le mouvement local pour les droits civiques. Devant la violence des émeutes interraciales qui s’y produisent, le président Kennedy propose une loi en faveur de l’égalité civique. Martin Luther King organise alors une marche réunissant 250 000 personnes pour soutenir ce projet. C’est au terme de cette marche qu’il prononce son célèbre discours « I have a dream » hymne à l’égalité et à la liberté. « I have a dream : discours du 28 août 1963 » 320.56 KIN p. 9-11, p. 22-23 et p. 27-29 http://www.america.gov/fr/media/pdf/books/enfin-libres-droits-civiques.pdf Tous les grands groupes des années 60 sont influencés par le blues : Jimi Hendrix Expérience, Quicksilver Messenger Service, Grateful Dead, Big brother & the Holding Company (J. Joplin), Fleetwood Mac, Cream (Eric Clapton), Pink Floyd, Rolling Stones. Tournées européennes de grands bluesmen et organisation de festivals contribuent à faire connaître les grands bluesmen dans le monde. Les jeunes anglais, Eric Clapton, the Rolling Stones découvrent le blues. Parallèlement, un certain délaissement du blues aux USA perçu comme rural par les jeunes noirs citadins. Emergence du folk avec textes à messages d’une part, et prédominance de la soul musique d’autre part (Otis Redding, Aretha Franklin, Sam Cook, Ray Charles..) Le Paul Butterfield Blues Band, Mike Bloomfield (bluesmen blancs) : conquête d’un public blanc. Fin des années 60 : le blues connaît une poussée artistique et commerciale sans précédent. Extraits : Nina Simone (1933-2003) : pianiste et chanteuse http://www.youtube.com/watch?v=4BTNjeKqpEk&feature=related « Revolution » Jimi Hendrix (1953-1970) : guitariste, chanteur. Blues psychadélique. http://www.youtube.com/watch?v=0tUdUVmnWNc&feature=related « Hey Joe » Janis Joplin (1953 -1970) : chanteuse http://www.youtube.com/watch?v=Ja5chQMyNmg&feature=related Tell mama (reprise d’Etta James) Avec les excès des années 60, fin d’un âge d’or pour le blues (beaucoup de décès dus à la drogue). Disparition des groupes de blues-rock. Années 70 : on constate un certain retour de flammes avec le label Alligator et Albert Collins (album Ice Pickin’) ou la chanteuse Koko Taylor. Années 80 : Aligator lance de nouveaux talents comme Lucky Peterson. On entend aussi les ZZ top, Johnny Winter ou Bonnie Raitt. Emergence de Stevie Ray Vaughan d’Austin : très grand succès et regain d’intérêt pour le blues : il devient une super star. Fin des années 80 : naissance du compact-disc : réédition en masse d’albums épuisés, éditions de nombreuses compilations : forte présence de disques de blues sur le marché. Années 90 : Keb’Mo’, Corey Harris. L’actualité du blues : de nombreux festivals consacrés au blues, quelques survivants (Buddy Guy et B.B. King, Eric Clapton). Le blues via l’Afrique (film Scorcese : du Mali au Mississipi), Ali Farka Touré. Extrait : Pura Fé : chanteuse et guitariste américaine métisse indienne, noire et latine http://www.youtube.com/watch?v=vRC30K8fZ1c&feature=related « Full moon rising » CONCLUSION : De la musique du XXème siècle, il restera la musique américaine par son hégémonie et l’ampleur de sa diffusion et de son influence. Comme nous l’avons vu, le blues (la musique afro-américaine en général) est à la source des différents styles de musiques populaires qui ont émergé sur le continent américain et qui ont conquit le monde entier. Que reste t-il du blues en ce début de XXIème siècle où on assiste à un métissage sans précédent entre tous les continents, grâce notamment à Internet ? On retient un message universel de dignité, de combat, de revendication que l’on retrouve dans d’autres styles et sur d’autres continents bien sûr, et une musique inspirée par une authenticité et une force émotionnelle unique. Si la forme musicale initiale du blues ainsi que ses grands interprètes tendent à disparaître, son esprit demeure. « Et comme nous le savons tous (ou devrions le savoir), cette musique est née en réaction aux pires formes d’oppression : l’esclavage, le métayage et le racisme, dont la société américaine ne s’est jamais départie. Le secret précieux est qu’il existe une part de notre âme qui ne pourra jamais être piétinée ou volée. » Martin Scorcese. Le blues voyage à la source.