Les parasites chez le cheval

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Les parasites chez le cheval
Les parasites chez
le cheval
... et comment les combattre de manière efficace
Impressum
Editeur
Virbac Suisse SA
Case postale
8152 Glattbrugg
Rédaction
Angelika Nido,
Journaliste RP
Photos
Christiane Slawik, Philipp Wyden, Virbac, Dreamstime,
Fotolia, Shutterstock, iStockphoto
Layout
Stephan Storrer
storrer grafics
Impression
Rüegg Media AG, 8904 Aesch ZH
Tirage
50‘000 exemplaires
Commandes supplémentaires
Cette brochure peut être obtenue gratuitement
auprès de:
Virbac SA, Case postale
8152 Glattbrugg
Email: [email protected]
Cette brochure a pour objectif de fournir des informations générales et récentes sur la prévention des maladies chez le cheval. Virbac Suisse SA, éditeur de cette
brochure, et ses auteurs se sont efforcés de reproduire
ces informations de manière correcte et selon l’état
actuel des connaissances. Toutefois, aucune garantie ne
peut être donnée quant à la précision et à l’intégralité
de son contenu. Les conseils et les recommandations
sur la détention et la vermifugation des chevaux ont
été rassemblés en toute bonne foi. Ils ne remplacent
en aucun cas l’avis d’un vétérinaire et seront suivis à
vos risques et périls.
Chères et chers
propriétaires de chevaux
Nous pourrions tous faire preuve d’un peu plus
de compréhension pour les vers et autres parasites
qui infestent nos chevaux car, comme tous les
organismes vivants, ils ne cherchent qu’à assurer
leur survie et à satisfaire leurs besoins. Voraces
et plutôt efficients, leurs tactiques de survie sont
raffinées. Se multipliant sans cesse, ils deviennent
dangereux pour le cheval – si on ne les arrête pas.
Le mode de garde moderne des chevaux –
regroupés en grands cheptels dans un espace
restreint aux surfaces de pâture limitées – constitue
en soi un pays de cocagne pour les vers et les
parasites. S’ils ne sont pas combattus de manière
efficace, ils se propagent à volonté, augmentent la
pression infectieuse sur leurs hôtes, les chevaux, et
peuvent avoir un impact considérable sur la santé
de ces derniers: pelage terne et hirsute, perte
de condition et diminution des performances,
voire lésions graves des organes internes tels que
poumons, estomac et intestins, pouvant conduire à
des coliques sévères. Et c’est là que s’arrête notre
compréhension pour eux – là où interviennent la
santé et le bien-être de nos chevaux bien-aimés.
Heureusement, il est possible de combattre
efficacement les parasites et de protéger les chevaux.
Une bonne hygiène à l’écurie et dans les parcs
avec un ramassage régulier des crottins contribue
à juguler la pression infectieuse des parasites. Mais
seul les vermifuges sont capables d’éliminer les vers
et les autres parasites de l’organisme du cheval. Les
antiparasitaires modernes sous forme de pâte ou
de comprimés contiennent des substances qui sont
très bien tolérées par le cheval, mais qui prennent
les vers à la gorge.
Le mode de lutte contre les parasites qui associe
mesures d’hygiène et vermifuges réguliers a fait ses
preuves dans le monde entier durant les dernières
décennies. De nombreux parasites potentiellement
dangereux ont été maîtrisés avec succès et ont
fortement régressé, de sorte que, sous nos latitudes,
les problèmes de santé dus aux vers sont devenus
plus rares – et c’est tant mieux. Dans certains
pays toutefois, comme au Danemark où l’on a
adopté depuis quelque temps une méthode plus
sélective de déparasitage, les experts s’alarment:
une étude¹ montre que les parasites – et surtout
les plus dangereux d’entre eux, les grands strongles
(Strongylus vulgaris), également surnommés
«horse killer» – reviennent dès que la fréquence
des vermifuges diminue.
Le moment choisi pour les vermifuges et leur
fréquence dépendent de différents facteurs: l’âge
du cheval, le type d’exploitation où il est détenu et
le niveau d’hygiène de l’écurie et des parcs.
Nous sommes l’un des leaders suisses en santé
animale et, à ce titre, la santé de votre cheval nous
tient à cœur. C’est pourquoi nous avons réuni dans
ce guide toute sorte d’informations utiles pour une
gestion efficace des parasites – vous y trouverez les
différents types de parasites, le genre de problèmes
dont ils sont responsables, les facteurs importants
pour lutter contre les verminoses et l’explication au
fait qu’un examen coprologique négatif ne signifie
pas qu’un cheval n’a pas de vers.
Nous vous souhaitons une agréable lecture!
Dr méd. vét. Patrick Dahl
Virbac Suisse SA
Petite digression historique
Autrefois, les parasites intestinaux, et tout
particulièrement les grands strongles, étaient
responsables de la mort de nombreux chevaux et
donc de pertes économiques considérables. Les
premiers antiparasitaires, administrés par sonde
nasale, ont été expérimentés vers 1940 et avaient
d’importants effets secondaires. La percée dans la
lutte contre les parasites a eu lieu au milieu des
années 60 lorsque sont apparus sur le marché les
premiers vermifuges à administrer par voie orale.
Grâce à des vermifuges réguliers, les parasites
intestinaux ont fortement régressé depuis, de sorte
qu’aujourd’hui les cliniques n’accueillent quasiment
plus de chevaux présentés en urgence pour une
perforation intestinale. A l’instar des vaccinations
qui, lorsqu’elles ne sont pas effectuées de manière
cohérente, laissent réapparaître les maladies, les
parasites intestinaux reprennent leur progression
dès que la pression sur eux diminue, c’est-à-dire dès
que les vermifuges s’espacent.
Les vers? Les éviter!
«Pourquoi devrais-je vermifuger mon cheval? Les
chevaux sauvages ne sont jamais vermifugés!» voilà une question à laquelle les vétérinaires doivent
souvent répondre. La réponse est simple: les chevaux
sauvages évitent tout bonnement vers et autres
parasites! Parcourant chaque jour des kilomètres à
la recherche de nourriture, ils ne broutent jamais là
où eux-mêmes ou d’autres chevaux ont fait leurs
crottins. Ainsi, ils sont nettement moins exposés au
risque de se réinfester constamment, contrairement
à nos chevaux domestiques. Du reste et dans une
certaine mesure, la présence de parasites dans
l’organisme d’un cheval est inévitable – elle ne
devient dangereuse que lorsque l’infestation est
trop importante.
Le cycle
infectieux
Il s’agit d’un cercle vicieux: les
parasites excrétés par les chevaux
produisent des œufs qui sont à
nouveau ingérés avec l’herbe ou
avec un hôte intermédiaire (p.ex.
acarien d’herbe). Seuls les vermifuges
interrompent ce cycle.
Un danger pour les poulains & les jeunes chevaux
Le système immunitaire des poulains et des jeunes
chevaux est immature et particulièrement sensible
aux vers et aux parasites. Les parasites peuvent
considérablement perturber le développement des
jeunes chevaux et être à l’origine de dommages
irréparables. C’est pourquoi les vétérinaires
recommandent sans exception de vermifuger
régulièrement tous les jeunes chevaux jusqu’à
leurs 5 ans. Les vermifuges modernes à base
d’ivermectine sont si bien tolérés qu’ils
répondent à ces exigences.
Le problème des résistances
On entend par résistance la capacité d’un organisme
à résister aux effets néfastes de son environnement;
dans le cas du ver, à résister au vermifuge. La crainte
que certaines substances ne perdent leur efficacité
et ne deviennent inutiles avec le temps est justifiée. Il
existe des substances contre lesquelles les vers ont
déjà développé des résistances. Il est donc d’autant
plus important d’utiliser avec circonspection les
substances qui agissent encore, notamment en
respectant la bonne posologie. Les vermifuges ne
doivent être en aucun cas sous-dosés. Lorsqu’un
cheval reçoit trop peu de vermifuge – que ce soit
parce que la moitié finit dans la paille ou parce que le
poids du cheval a été sous-estimé – le médicament
n’agit pas bien, une fraction des parasites survit et
devient, avec le temps, résistante.
Quel est le poids de mon cheval?
Pour doser correctement un vermifuge, il ne faut pas
oublier que le demi-sang moderne devient toujours
plus grand et plus lourd: plus de la moitié des grands
chevaux de dressage ou de saut pèse plus de 600kg.
La plupart des propriétaires sous-estiment le poids
de leur monture. L’idéal serait de faire peser son
cheval. Vous trouverez chez le vétérinaire des pâtes
vermifuges pour des chevaux pesant jusqu’à 700 kg
ainsi que d’autres formulations dont le dosage est
encore plus facile.
Existe-t-il une alternative au vermifuge?
Non! L’homéopathie comme les méthodes
alternatives ou naturelles à base de plantes ne
permettent ni de lutter efficacement contre les
vers et les autres parasites, ni d’interrompre le
cycle infectieux, ni d’empêcher une infestation
massive. L’homéopathie par exemple travaille selon
le principe de similitude (« le semblable doit être
soigné par le semblable »), ce qui ne fonctionne pas
pour les verminoses, un ver n’étant pas, d’un point
de vue biologique, une maladie, mais un organisme.
Les vermifuges sont utiles –
les vermifuges protègent
Les vers sont parmi nous!
Grâce à des vermifuges réguliers, les fortes
parasitoses sont relativement rares chez nous
– mais elles existent encore! Cette photo a été
prise au printemps 2013 sur la terrasse d’un
boxe dans le canton de Zurich. On peut voir à
l’œil nu les vers expulsés après l’administration
d’un vermifuge!
Cette illustration représente un cas exceptionnel.
Le plus souvent, aucun ver n‘est visible dans les
crottins, même en cas d‘infestation massive.
L’ennemi intérieur
Les endoparasites, soit les parasites qui vivent à l’intérieur du cheval, sont répartis en 3 groupes:
Les vers ronds
Les vers plats
Les gastérophiles
Vers ronds (nématodes)
Nom
Infection
Migration
Symptômes
Mesures
Ascarides
Le cheval ingère
les larves avec son
aliment/l’herbe; les
larves peuvent
survivre des années
dans l’environnement
Particul. dangereux
pour les poulains/
les jeunes chevaux:
les larves migrent à
travers le foie et les
poumons; les ascarides adultes s’installent
dans l’intestin
Toux, écoulement
nasal, troubles du
développement chez
le poulain, manque
d’appétit, amaigrissement, coliques,
occlusion intestinale
Vermifuges, bonne
hygiène des parcs et
de l’écurie
Oxyures
Le cheval ingère
les œufs avec son
aliment/l’herbe
Les parasites
s’accouplent dans
le gros intestin, les
mâles meurent, les
femelles migrent dans
la zone de l’anus et y
pondent leurs œufs
Fortes démangeaisons de la région
de l’anus, agitation,
grattage, zones sans
poils, écorchures de
la base de la queue
Vermifuges,
bonne hygiène des
parcs et de l’écurie
Strongyloïdes
Le cheval ingère les
larves avec son aliment/l’herbe; les larves
peuvent également
pénétrer à travers
la peau. Les poulains
peuvent s’infecter
avec le lait maternel
Particul. dangereux
pour les poulains: les
vers migrent à travers
les vaisseaux sanguins et
le système lymphatique,
dans les poumons puis
dans l’œsophage, l’estomac et l’intestin grêle
Les poulains souffrent de diarrhée,
manquent d’appétit,
maigrissent, ont un
été général perturbé
et des troubles du
développement
Vermifuger la jument
avant et après
le poulinage, les
poulains dès la 3ème
semaine de vie;
bonne hygiène des
parcs et de l’écurie
Vers pulmonaires
Principalement lors
de contact avec des
ânes; le cheval ingère
les larves avec son
aliment/l’herbe
Les larves migrent
à travers la paroi
intestinale dans le
système lymphatique,
puis dans le sang
pour atteindre finalement les poumons
Toux fréquente,
bruits respiratoires
marqués, fièvre,
amaigrissement,
parfois écoulement
nasal; les ânes ne
présentent pas de
symptômes
Vermifuger, éviter le
contact avec les ânes,
évent. vermifuger les
ânes
Petits strongles
Le cheval ingère
les larves avec son
aliment/l’herbe au
parc
Les larves migrent
dans le gros intestin
pour se loger dans la
paroi intestinale
Manque d’appétit,
amaigrissement,
apathie, diarrhée,
coliques
Vermifuger,
bonne hygiène des
parcs et de l’écurie,
éviter le surpeuplement au parc
Grands strongles
Le cheval ingère
les larves avec son
aliment/l’herbe au parc
Les larves migrent
dans le cæcum et la
paroi du gros intestin
et y forment des
nodules vermineux;
pénétration dans les
vaisseaux sanguins de
l’intestin
Fièvre, manque
d’appétit, perte de
poids, apathie, pelage
hirsute, diarrhée,
coliques
Vermifuger,
bonne hygiène des
parcs et de l’écurie,
éviter le surpeuplement au parc
Vers plats (cestodes)
Nom
Transmission
Migration
Symptômes
Mesures
Vers plats
Les acariens qui
vivent dans l’herbe
ingèrent les œufs
des vers excrétés, les
chevaux ingèrent les
acariens avec l’herbe
Les larves des vers
plats se développent
dans l’intestin en vers
adultes
Diarrhée, troubles
de la digestion,
amaigrissement en
cas d’infestation
légère, coliques
graves et perforation
intestinale en cas
d’infestation sévère
Vermifuger avec du
praziquantel,
bonne hygiène des
parcs et de l’écurie,
éviter le surpeuplement au parc
Nom
Transmission
Migration
Symptômes
Mesures
Gastérophiles
Dès le mois de juin, les
mouches gastérophiles
collent leurs œufs
jaunes dans le pelage
des chevaux, le cheval
lèche les œufs /larves
ou celles-ci rampent
jusqu’à sa bouche
Les larves pénètrent
dans la muqueuse
buccale et migrent
ensuite dans
l’estomac
Inflammation des
muqueuses buccales
et gastriques,
troubles digestifs,
diarrhée, coliques
spastiques
Vermifuger,
bonne hygiène des
parcs et de l’écurie,
éviter le surpeuplement au parc
Gastérophiles
Vermifuger après analyse coprologique
Qu’est-ce que la vermifugation sélective?
La stratégie de vermifugation régulière à intervalle
de 3 à 4 mois recommandée jusqu’ici suit, comme
les vaccinations, un schéma de routine éprouvé
au fil des décennies. Depuis peu, une nouvelle
méthode de lutte contre les parasites chez le cheval
s’est répandue: la vermifugation ciblée ou sélective.
Avec cette méthode, la décision d’administrer
un vermifuge ou non repose sur le résultat d’une
analyse coprologique. Pour lutter efficacement
contre les parasitoses des chevaux avec cette
méthode, il faut très bien connaître les différents
parasites, leur temps d’incubation, leur prépatence
(laps de temps où le parasite vit dans son
hôte), les modes de réinfestation ainsi
que les substances à utiliser. En outre,
les résultats des analyses coprologiques doivent être correctement interprétés. Craignant
l’augmentation des résistances,
ce sont principalement
les parasitologues
qui défendent
la vermifugation
sélective.
La vermifugation sélective convient-elle à tous les chevaux?
Non, chez les poulains, les yearlings et les jeunes
chevaux jusqu’à l’âge de 5 ans, le risque de maladie
en cas de forte infestation est trop grand. Ceux-ci
doivent donc être vermifugés régulièrement, ce que
même les partisans de la vermifugation sélective
recommandent.2,3
Dans mon écurie, je suis la seule à vouloir vermifuger mon cheval de manière
sélective. Est-ce possible?
Non. La vermifugation sélective a été développée
exclusivement pour l’ensemble d’une exploitation.
Son objectif est de réduire la charge vermineuse
dans tout le cheptel et non de protéger chaque
cheval individuellement. C’est pourquoi la méthode
de vermifugation sélective n’est applicable que
si tous les chevaux d’une exploitation sont inclus,
examinés et traités simultanément si nécessaire.
Une personne, idéalement le ou la propriétaire de
l’écurie, doit assumer la responsabilité et la gestion
de ce programme, en collaboration étroite avec le
vétérinaire traitant.
Je suis propriétaire d’une écurie et je m’intéresse à la vermifugation sélective.
Comment procéder concrètement?
En Suisse, la vermifugation sélective est conseillée exclusivement à l‘échelle du troupeau. La vermifugation
régulière reste la méthode de choix pour protéger de manière optimale les chevaux à titre individuel. Si
toutefois la vermifugation sélective entre en ligne de compte, les méthodes suivantes sont recommandées
pour la gestion des parasites:
1. Analyse du troupeau
Avant de commencer une vermifugation sélective,
votre vétérinaire procèdera à une analyse du
troupeau comprenant une analyse des risques et
qui servira à estimer la charge vermineuse. Seront
déterminants : la taille de votre exploitation, la
répartition par âge, le type de garde, le taux de
fluctuation, la gestion et l’hygiène des parcs, la
densité d’animaux, etc. Une petite écurie privée
hébergeant pendant des années les mêmes animaux
et disposant d’une bonne hygiène des parcs sera
soumise à une charge vermineuse bien moindre
qu’une grande écurie de pension ou de commerce
dont les taux de fluctuation, la proportion de jeunes
chevaux et la densité d’animaux au parc sont élevés.
2. La première année, quatre analyses
coprologiques
La première analyse coprologique se fera au
printemps avant la mise au parc, afin de garantir
que les parcs ne soient que peu, voire pas du
tout contaminés par les vers. Prélevez chez tous
les chevaux de votre exploitation un échantillon
de crottins et envoyez-les dans un laboratoire
d’analyses. La valeur limite recommandée pour un
vermifuge est de 200 œufs par gramme (OPG) de
crottin – les chevaux qui affichent des valeurs égales
ou supérieures sont considérés comme de forts
excréteurs et seront vermifugés. La première année,
ce processus sera répété après 8, 16 et 32 semaines
pour tous les chevaux de l’exploitation. La répétition
des analyses permet de compenser le manque
de fiabilité d’un prélèvement unique, l’excrétion
des œufs se faisant de manière irrégulière. Car,
même avec un résultat négatif, un cheval peut être
fortement infesté! En répétant l’analyse coprologique,
la probabilité d’obtenir un résultat positif en cas
d’infestation augmente. Les forts excréteurs (plus de
200 œufs/g) seront vermifugés. Ensuite, l’efficacité
de la substance utilisée sera vérifiée à l’aide d’un
test de réduction du nombre d’œufs: de fait, si la
substance choisie n’agit pas, les chevaux continuent
d’excréter des œufs et infectent le reste du cheptel.
3. Deux à trois analyses au cours des années suivantes
Si votre écurie est soumise à une faible pression
d’infestation et que les conditions de management y
restent stables, le nombre d’analyses coprologiques
peut passer à 2 ou 3 par an pour les années suivantes.
Parmi les chevaux d‘une même exploitation, à
nouveau seuls ceux qui présentent plus de 200
oeufs par gramme de crottin seront vermifugés.
4. Mesures complémentaires nécessaires
- C
ulture de larves. Le résultat d’un examen coprologique ne permet pas de différencier les
grands strongles (dangereux) des petits. Pour ce
faire, une culture de larves en laboratoire est nécessaire (2x par an).
-
Quarantaine pour les nouveaux venus. Les nouveaux chevaux ne seront intégrés au troupeau
qu’après analyse coprologique (et, en cas de résultat positif, après vermifuge avec résultat confirmé par test de réduction du nombre d’œufs).
- A
nalyses séparées. Les vers pulmonaires, la douve
du foie, les oxyures, les vers plats et les gastérophiles ne peuvent être diagnostiqués de manière
satisfaisante à l’aide d’une analyse coprologique. En
cas de suspicion, il sera nécessaire de procéder à
des analyses séparées.
-
Gestion et hygiène des parcs. Pour réduire la
pression d’infestation, une bonne hygiène des
parcs est recommandée, même avec des vermifuges réguliers. Avec la vermifugation sélective,
elle est indispensable. Elle consiste à: ramasser 1x
par semaine au moins les crottins dans les parcs,
éviter le surpeuplement (au max. 2 chevaux/
hectare) et alterner avec des bovins ou avec la
production de foin.
- T
raitement de sécurité. Avec la vermifugation
sélective, il est recommandé d’administrer au
moins une fois par an, idéalement après la saison
de pâture, un traitement de sécurité au moyen
d’un vermifuge à large spectre (contre les vers
ronds, les vers plats et les gastérophiles).
Quels chevaux excrètent les œufs?
Dans le cadre de la vermifugation sélective, les
chevaux dont l’analyse coprologique décompte
plus de 200 œufs de vers par gramme de
crottin sont considérés comme des excréteurs
massifs. Une étude faite avec des poulains
et des jeunes chevaux4 a permis de corréler
ces valeurs avec un nombre élevé de strongles
dans l’intestin. Aucune étude n’a été faite avec des
chevaux adultes, de sorte que cette valeur est
acceptée par extension – mais doit être considérée
avec prudence: l’étude susmentionnée a également
montré que des chevaux présentant moins de 100
œufs par gramme de crottin pouvaient être infestés
par plus de 100‘000 vers.
Comment prélever un échantillon de crottins?
Prélevez un crottin aussi frais que possible (une
seule boule suffit) de chaque cheval à examiner.
Si le vétérinaire est sur place, il peut prélever les
échantillons directement dans le rectum. Les
échantillons seront emballés dans un sachet étanche
ou dans un récipient spécial, étiquetés avec le nom du
cheval, puis emportés par le vétérinaire ou envoyés
dans un laboratoire spécialisé. L’échantillon sera
expédié tel quel et devrait parvenir au laboratoire
d’analyse dans les
30
heures. En
comptant les frais de
port, d’analyse ainsi
que le diagnostic
du vétérinaire, une
coprologie coûte
40 à 50 francs.
Un résultat négatif: pas de quoi jubiler!
Un résultat négatif ne signifie pas nécessairement
que votre cheval n’a pas de vers. La science parle
de résultats faux négatifs. „Le nombre d’œufs par
gramme ne permet pas de déduire de manière
fiable le degré d’infestation, car un résultat négatif
n’exclut aucunement la présence de vers“, affirme
l’un des meilleurs parasitologues allemands3. Il y
a plusieurs raisons à cela. Les œufs de vers sont
différemment, voire pas du tout excrétés selon le
stade de développement du ver. Leur excrétion
se fait de manière cyclique et est soumise à des
variations saisonnières, voire quotidiennes! Les
larves, les vers mâles et les vers en migration dans
l’organisme ne pondent pas d’œufs. De plus, il existe
différents parasites dangereux pour les chevaux
dont la présence ne peut être diagnostiquée de
manière satisfaisante par une analyse coprologique:
ainsi, par exemple, les vers plats, les gastérophiles, les
vers pulmonaires, la douve du foie ou les oxyures.
Vermifuger de manière régulière ou
sélective – quelle est la meilleure
méthode?
La vermifugation régulière a fait ses preuves depuis des décennies. Les
vermifuges que vous pouvez obtenir auprès d’un vétérinaire de confiance
sont pratiques, faciles à utiliser et bien tolérés par les chevaux. La vermifugation
régulière est simple et offre aux chevaux, combinée à une bonne hygiène
des parcs, une protection fiable contre des parasites dangereux. Grâce à une
vermifugation cohérente pendant des années, il a été possible de maîtriser
la problématique des vers en Suisse; désormais, les chevaux massivement
infestés présentés au vétérinaire en urgence à cause d’une perforation
intestinale sont devenus rares.
Chez nous, la vermifugation sélective est une méthode relativement
nouvelle. Elle ne considère pas le cheval en tant qu’individu, mais vise à
réduire la pression d’infestation dans un cheptel. La décision de vermifuger
un ou plusieurs chevaux dépend des résultats des analyses coprologiques.
Or, ceux-ci ne sont pas suffisamment fiables. En Suisse, on manque encore
d’expérience avec cette méthode. En Allemagne, les premières voix critiques
s’élèvent. «De notre point de vue, le recours à la vermifugation sélective
pour contrôler les parasitoses du cheval, notamment en fixant une valeur
seuil du nombre d’œufs, n’est ni adéquat, ni véritablement défendable», écrit
un groupe de travail autour d’un des meilleurs parasitologues allemands dans
une publication très respectée3. Du Danemark aussi, où la vermifugation
sélective est utilisée depuis quelque temps, nous est parvenue une étude
alarmante1 selon laquelle les parasites, et principalement le dangereux
Strongylus vulgaris, également appelé «horse killer», réapparaissent dès que
la fréquence des vermifuges diminue.
En conclusion:
Il existe de solides raisons pour ne pas remettre totalement en cause la pratique
de la vermifugation régulière qui prévalait jusqu’ici et qui a fait ses preuves. Evaluez
avec votre vétérinaire la situation de votre cheval (type de garde, taille du cheptel,
utilisation des pâtures, hygiène, etc.), définissez ensemble un schéma de traitement
individuel et vermifugez aussi peu que possible, mais autant que nécessaire, dans le
dosage correct. C’est ainsi que vous permettrez à votre cher quadrupède de passer
une saison de pâturage insouciante.
Littérature complémentaire
1 M.K. Nielsen et al., Strongylus vulgaris associated with usage of selective therapy on Danish horse farms: Is it
reemerging?, Veterinary Parasitology 189 (2012) 260-266
2 H. Hertzberg et al., Parasitenmanagement beim Pferd: Notwendigkeit einer Neuorientierung, Informationen
für Tierärzte, Vetsuisse Fakultät (2013), http://www.paras.uzh.ch/diagnostics/veterinary/merkblatt/Helminthenprophylaxe_Pferd_Version_Tieraerzte_Maerz_2013.pdf , last accessed 24.05.2013
3 G. von Samson-Himmelstjerna et al., Empfehlungen zur nachhaltigen Kontrolle von Magen-Darmwurminfektionen beim Pferd in Deutschland, Pferdeheilkunde 27 (2011) 2 127-140
4 M.K. Nielsen et al., Analysis of multiyear studies in horses in Kentucky to ascertain whether counts of eggs
and larvae per gram of feces are reliable indicators of numbers of strongyles and ascarids present,Veterinary
Parasitology 174 (2010) 77-84