EPS ET ADOLESCENCE » Olivier Jalabert
Transcription
EPS ET ADOLESCENCE » Olivier Jalabert
« EPS ET ADOLESCENCE » Olivier Jalabert COURS MAGISTRAL LICENCE 3 EM S5 le 01 10 2004 « Les homards, quand ils changent de carapace, perdent d'abord l'ancienne et restent sans défense, le temps d'en fabriquer une nouvelle. Pendant ce temps là, ils sont très en danger. Pour les adolescents, c'est un peu la même chose » F. DOLTO dans « Paroles d'adolescents ou le complexe du homard ». PREAMBULE Le thème de l'adolescence qui m'a été confié est très vaste puisqu'il recouvre toute la problématique de la jeunesse qu'il vous sera confié d'éduquer, si votre ambition professionnelle est d'embrasser la carrière d'enseignant d'EPS. Puisque la commande commune, qui a été passée à tous les intervenants sur ce cours magistral, est de simuler le traitement d'un sujet écrit 2, je vais m'efforcer de la respecter et m’adresser a vous en conséquence. 1. LA CONSTRUCTION DE L'INTRODUCTION L'idée ici est de respecter certains préalables méthodologiques pour le traitement d'un sujet et la rédaction de l'introduction. Si une cohérence existe, vous devriez retrouver des points communs avec les TD de méthodologie des écrits. 1.1. RECHERCHE DU THEME ET DES TERMES CLES DU SUJET La première tâche, face à un sujet est, vous le savez, de trouver le thème, les mots clés et de les analyser. Ici, la tâche est aisée car le sujet est court. Le thème est adolescence, le mot-clé est EPS. Sachant, et cela est très important, que chaque fois que vous avez plusieurs termes ou concepts clés dans un sujet, il faut les appréhender à travers leur mise en relations, la problématique que pose le sujet devra inévitablement graviter autour des rapports qu'entretiennent les enseignant d'EPS avec les adolescents dont ils ont la charge d'éducation. 1.2. INSTALLER LE THEME DE L'ADOLESCENCE? 1.2.1. DEUX EXEMPLES D'ACCROCHE La citation de F. DOLTO, que vous avez pu découvrir en vous installant silencieusement, 1 possède la puissance d'une accroche pertinente. En 2004, la conférence gouvernementale sur la famille sera consacrée l'adolescence sur laquelle le ministre délégué à la famille, Christian JACOB, avoue entamer une grande réflexion nationale. 1.3. RELEVER L'IMPORTANCE DU SUJET 1.3.1. UNE CAUTION INSTITUTIONNELLE Vous savez qu'il est toujours bon dans un devoir de justifier l'intérêt du thème du sujet. De nombreux moyens existent, la caution institutionnelle reste toujours un procédé bien perçu par les correcteurs (voir lien avec les CM « Institutions et EPS » du mardi matin). C'est celui que j'ai retenu ici. J'ai donc essayé de recenser les principaux textes officiels qui parlent de l'adolescence. Libre à vous d'en rajouter, de sélectionner celui ou ceux que vous adapteriez le plus facilement au traitement de votre devoir. 2 EXEMPLES « La cinquième et la quatrième sont des classes sensibles. Les turbulences de l'adolescence, que connaissent tous les élèves, filles et garçons, suscitent à la fois de nouveaux possibles et des difficultés imprévues ». Programmes du cycle central du collège du 10 10 1997. « Les contenus et les démarches d'enseignement doivent aussi prendre en compte l’évolution physiologique, psychologique, sociale et intellectuelle des adolescents, et particulièrement la différenciation filles/garçons. Programmes de 3ème du 15 09 1998. 1.4. DEFINITIONS DES TERMES EPS ET ADOLESCENCE 1.4.1. EPS « Pédagogie des conduites motrices », P. PARLEBAS en 1981 dans « Contribution à un lexique commenté en science de l'action motrice ». INSEP. « Discipline scolaire, inscrite dans les programmes d'enseignement, et dont les finalités, les objets, les pratiques et les méthodes ont grandement évolué au cours du temps ». D. DELIGNIERES, C. GARSAULT en 2004 dans « Libres propos sur l'EPS ». « Domaine d'étude des effets de l'activité motrice sur les caractéristiques physiques et psychologiques des individus considérés dans leur environnement social » M. PIERON en 1985, dans «Pédagogie des activités physiques et sportives ». 2 BILAN Il n'est pas facile de trouver une définition de l'EPS. Et encore plus difficile d'en trouver une qui soit consensuelle. Les différentes définitions évoquées ici n'ont pas grand chose à voir les unes avec les autres. Cependant, nous retiendrons que l'EPS reste une discipline scolaire dynamique, où l'activité corporelle (corps sujet) organisée par un enseignant, produit sur ce même corps (corps objet) des effets multiples traduits, pour la plupart, en termes d'objectifs généraux. 1.4.2. ADOLESCENCE L'adolescence correspond, selon le dictionnaire Hachette à « l'âge compris entre la puberté et l'âge adulte ». Cette période s'échelonne généralement de 11-12 à 17-18 ans. A. HEBRARD dans un corrigé d'écrit 2 du CAPEPS, en 1997. Le ministère de la famille précise pour la conférence de la famille en 2004, que l'adolescence est « L'épanouissement d'un enfant en un adulte, afin qu’il devienne acteur responsable de son parcours personnel, civique ». La première définition relève la dimension quantitative, temporelle de l'adolescence dans la vie de l'Homme qui va de l'enfance à l'âge adulte, alors que la deuxième définition insiste sur l'aspect qualitatif de cette période et la nature des transformations qu'elle occasionne. Notez que le bornage temporel auquel fait référence la première définition pourrait être discuté pour 4 raisons: 1 Si l'âge adulte est fixé génétiquement (fin de la puberté), les disparités individuelles importantes feraient varier ses limites (Puberté plus tardive chez les garçons, et à des périodes différentes pour les jeunes d'un même sexe). 2 Si l'âge adulte est fixé administrativement, il correspond à 18 ans, l'âge de la majorité (droit de vote, autonomie par rapport aux parents), n'oublions pas qu'il y a encore peu de temps, il l'était à 21 ans. 3 Si l'âge adulte est fixé professionnellement par l'entrée dans le monde du travail, ses limites devraient reculer avec l'évolution sociale qui tend à montrer que les jeunes rentrent de plus en plus tard dans la vie professionnelle. 4 Si l'âge adulte est fixé socialement avec le départ de la cellule familiale, ses limites devraient également reculer car l'évolution sociale tend à montrer que les jeunes quittent de plus en plus tard la cellule familiale. 3 D'une façon générale, l'âge adulte a tendance à reculer, et par la même, la période de l'adolescence se prolonge. Pour ce qui concerne le sujet, il faudrait sans doute mentionner cette tendance, tout en limitant obligatoirement le rôle des enseignants d'EPS à la période secondaire, soit de 11 à 17 ans. En bref, l'adolescence est donc la période, aux limites variables dans la vie de l'Homme, pendant laquelle, de multiples bouleversements vont sceller progressivement le passage de l'enfance à l'âge adulte. 1.5. ANALYSE ET REFLEXIONS SUR LES TERMES EPS ET ADOLESCENCE 1.5.1. PRECISIONS METHODOLOGIQUES RECENCER SES CONNAISSANCES Cette analyse doit permettre d'envisager toutes les facettes que recouvre le sujet. Vous ne pourrez certes pas toutes les traiter. Vous devez cependant montrer que vous les avez perçues. LES SELECTIONNER Vous devez justifier votre choix de n'en traiter que quelques unes. Analysons donc !es notions d'EPS et d'adolescence d'une manière plus approfondie. 1.5.2. L’EPS Le principe est ici de se demander vers quelles perspectives importantes, en rapport avec le sujet, vous entraîne le mot EPS? Ou, quelles caractéristiques de la discipline scolaire EPS peuvent interférer sur le concept d'adolescence? J'en sélectionnerais 2 UNE MISE EN JEU CORPORELLE L’EPS est « une discipline à part entière et entièrement à part ». HEBRARD, Actes du colloque AEEPS en 1993. Son originalité, par rapport aux autres disciplines scolaires, réside sans doute dans l'inévitable et intime rapport au corps qu'elle implique. Un corps qui est exposé par la tenue vestimentaire, qui est confronté par la nécessaire prise de performances. 4 Un rapport au corps qui reste central pour la discipline, pour l'élève, et pour notre sujet, car il est le lieu d'expressions des différentes révolutions que génère sur lui l'adolescence. En ce sens, il est bon de soulever la place particulière qu'occupent les enseignants d'EPS pendant cette période de l'adolescence. Ce ne sont pas les seuls à participer à l'éducation des adolescents (parents, médias), mais leur rôle peut être prépondérant et ce, d'autant que la période de l'adolescence coïncide avec la période de l'enseignement secondaire. DES OBJECTIFS SPECIFIQUES Je vous renvoie ici à vos cours magistraux « Institutions et EPS », assurés et assumés par la brillantissime doublette B. ICHE - A. SOLER, et qui vous sensibilisent aux missions du professeur, des droits, ses devoirs, aux objectifs de l'EPS exposés dans les programmes du collège et des lycées. Instruction, Education, formation. Développer les capacités organiques et foncières, acquisition des techniques motrices qu'offre la culture sportive, la gestion de la vie physique à l'âge adulte. La formation d'un citoyen cultivé lucide et autonome. 1.5.3. L'ADOLESCENCE Là aussi, le travail de réflexion et d'analyse vise d'une part à étoffer l’introduction par un investissement exhaustif des différentes facettes du sujet, et d'autre part à ouvrir des perspectives de réponses à la problématique que pose le sujet. Analysons et réfléchissons sur cette notion d'adolescence. ELLE N'EXISTE PAS EN TANT QU'OBJET En soi l'adolescence, comme l'apprentissage, n'est pas un objet tangible, Palpable, car c'est un processus et non un produit. Ainsi, vous ne pouvez, comme l'apprentissage, qu'appréhender ses effets, les incidences qu'elle peut avoir Sur le comportement d'un jeune à une période déterminée. ELLE N'EST PAS LA JEUNESSE Si la jeunesse est un état d'esprit, sans borne temporelle (ne parle-t-on pas d'une jeunesse éternelle ?), l'adolescence est limitée en durée à une période allant de 11 à 17 ans. Si la jeunesse est appréhendée sous un angle culturel, économique, politique, l'adolescence est explorée sous un angle plus psychologique, physiologique, anatomique. L'adolescence est donc une période difficile à traverser qui appartient à la jeunesse, sans la 5 recouvrir totalement. ELLE OFFRE TROIS DILEMMES À RESOUDRE BATIR SUR DU BATI L'adolescence se rapporte à cette période de la vie qui est à la fois une construction identitaire sur une identité déjà construite. L'adolescence est une période de destruction génératrice de crises, de conflits qui, en même temps qu'elle est nécessaire pour se construire, Pose des problèmes au futur adulte qui se construit. UNE EPIDEMIE ENDEMIQUE C'est une épidémie parce qu'elle est passagère et universelle. Tous les adolescents de culture judéo-chrétienne rencontrent, à des degrés divers, les mêmes troubles. Il faut noter qu'il en est tout autrement pour des adolescents de culture animiste au fin fond de la Patagonie, de la Nouvelle Guinée ou du Zimbabwe, où des rites initiatiques existent et marquent nettement et sans doute plus facilement le passage de l'adolescence à l'âge adulte. Elle est endémique car elle est permanente à l'échelle ontogénétique humaine, c'est à dire pour tous les êtres humains entre la naissance et l'âge adulte. UNE CRISE ENDOGENE ET EXOGENE Cette crise est endogène parce que ses troubles sont pour beaucoup dus à des transformations biologiques naturelles, internes, inévitables car génétiquement programmées. Cette crise est en même temps exogène car elle est alimentée par des éléments extérieurs que sont les parents, les copains, les enseignants, les médias... QUELLES TRANSFORMATIONS? BIOLOGIQUES PSYCHOLOGIQUES SOCIALES Pour des commodités de présentation, nous n'allons pas les détailler ici. En effet, nous les développerons plus loin, au fur et à mesure de l'argumentation des différentes parties du devoir. 1.6. UN ESSAI DE PROBLEMATIQUE Tout le travail fait en amont, doit permettre une mise en problématique du sujet et les axes 6 de réponse que l'on va y apporter. Il est, vous le savez, très fortement recommandé qu'un écrit du CAPEPS (1 ou 2) comporte une problématique, c'est à dire la détermination du problème nodal que pose le sujet, et les réponses que vous allez y apporter. Ce sujet est un sujet court, très ouvert, il accole 2 termes: Adolescence et EPS, mais ne pose pas de question. Pour tous les sujets de ce type, et pour tous, de façon générale, vous devez impérativement les transformer en une question essentielle, posée en terme de relations qu'entretiennent les termes clés du sujet. 1.6.1. UNE MISE EN RELATIONS Pour tous les sujets, vous devez mettre en relation les termes ou concepts clés qu'ils véhiculent, vous devez ici penser le sujet en terme de relations interactives entre l'adolescence et l'EPS, ou encore entre les enseignants d'EPS et leurs élèves adolescents. Ici, le problème de l'EPS et l'adolescence, pourrait tourner autour de la difficulté, pour l'enseignant d'EPS, à concilier la poursuite des missions éducatives qui lui sont confiées (voir analyse terminologique), et la prise en compte des inévitables bouleversements qu'occasionne l'adolescence. Dit plus élégamment, faciliter le passage d'un adolescent ici est maintenant chaotique, vers un adulte, ailleurs et au delà épanoui (voir analyse terminologique). Je n'ai jusque là rien fait d'autre que mettre en relation les deux termes clés à partir de certains éléments de mon analyse. 1.6.2. L'UTILISATION D'UN ANALYSEUR Posé en ces termes, l'enjeu soulevé par le sujet répercute la problématique de l'éducation, que je vais définir selon une conception « rousseauiste », comme l'influence d'une culture (symbolisée par l'enseignant d’EPS) sur une nature (l'être adolescent). Par cette stratégie méthodologique, je renforce la puissance problématique du sujet en y ajoutant un filtre théorique, absent du libellé, mais qui y est inclus de façon implicite. Un filtre ou un analyseur (l'éducation comme rapports culture-nature) qui va me permettre de répondre à ce sujet, mais sans doute aussi, et cela fait tout son intérêt, à d'autres sujets, qu'ils soient d'écrit 1 ou 2. Au passage je peux vous donner la définition qu'E. MORIN donne de la culture en 1999. «Ensemble composé de savoirs, savoir-faire, valeurs, normes, interdits, croyances… qui se transmet de génération en génération, se reproduit en chaque individu, assure la complexité de la société, et en contrôle l'existence sociale ». 7 Dès lors, je vais débattre du sujet (quelles relations entre l'enseignant d'EPS et l'adolescent) à travers le médiateur théorique que recouvre le concept d'éducation. Pour être complet, il est toujours préférable de justifier votre analyseur (ici l'éducation comme «l'influence d'une culture sur une nature »), par une caution théorique. Elles sont sur ce paradigme ou modèles d’analyses nombreuses. Je vous en livre 3 : J.C. FORQUIN, écrit dans « Ecole et culture » en 1990 que la relation entre l'éducation et la culture est «intime et organique ». Il poursuit en affirmant que « ce sont les deux faces d'une même réalité et que toute réflexion sur l'une débouche aussitôt sur la prise en considération de l'autre ». J. ULMANN «Sur quelques problèmes concernant l'EP ». Revue EPS 1966 : « n'est pas d'éducation qui ne soit transmission d'une culture et par conséquent ne la présuppose ». KANT enfin, pour le modelage de la nature par la culture constitue « la formation qui nous rend réceptifs à des fins plus élevées que celle que peut proposer la nature ». Notre cadre d'analyse ainsi posé, un certain nombre de questions reste encore à soulever pour organiser le devoir. Quels types de cultures scolaires l'enseignant d'EPS peut-il et doit-il transmettre? Quelles sont les caractéristiques de la nature des adolescents? Quels liens particuliers entre ces différentes cultures scolaires véhiculées en EPS et les différentes natures de l'adolescence? Quelle culture particulière pour quelle nature particulière? Nous répondrons à ces questions avec D. DELIGNIERES ET C. GARSAULT, dans « Libre propos sur l'EP » en 2004, qui relèvent que les enseignants d'EPS, au regard des différents objectifs qui leurs sont assignés et des conceptions qui les animent, participent essentiellement à la promotion de 3 cultures. 1 Une culture « naturaliste » qui s'attache à augmenter les potentialités, les moyens naturels de l'individu. 2 Une culture «culturaliste » qui vise à transmettre le patrimoine culturel commun que représentent les techniques sportives. 3 Une culture «citoyenne » qui prépare le futur adulte à une vie sociale, respectueuse des grands principes républicains de justice, tolérance, respect ou d'égalité. Dès lors, il nous reste à rapporter chacune de ces trois formes culturelles de l'éducation physique aux différentes caractéristiques qui alimentent la nature adolescente. Je choisirais d'associer principalement la culture « naturaliste » avec la nature biologique, la culture « culturaliste » avec la nature psychologique, et la culture « citoyenne » avec la nature 8 sociale. 1.6.3. PRECAUTIONS EPISTEMOLOGIQUES 1 Ces correspondances ne représentent que des tendances fortes qu'il convient de relativiser en spécifiant que l'ensemble de ces 6 éléments compose un système, en ce sens que la moindre modification de l'un d'entre eux, influe sur tous les autres. 2 Nous n'aurons pas, par manque de temps et compétences, la prétention de recouvrir toutes les caractéristiques de l'adolescence. Elles sont nombreuses, complexes et là ne serait pas l'attente des correcteurs. Ainsi, nous nous contenterons d'isoler quelques exemples de caractéristiques principales de l'adolescence. Toutes ces précautions étant posées, la structure ou le plan de notre devoir prendra la forme suivante : Partie 1 une culture « naturaliste » sur une nature adolescente biologique. Partie 2 Une culture « culturaliste » sur une nature adolescente psychologique. Partie 3 Une culture « citoyenne » sur une nature adolescente sociale. Il nous reste à argumenter notre thèse, ou encore tenter de montrer comment l'enseignant d'EPS peut influer de son empreinte culturelle sur certaines caractéristiques naturelles de l'adolescence. 2. DEVELOPPEMENT ARGUMENTATAIRE 2.1. UNE CULTURE « NATURALISTE » SUR UNE NATURE BIOLOGIQUE L'argumentation de cette partie 1 doit tenter de justifier comment une conception naturaliste de la culture à transmettre en EPS influe sur certaines caractéristiques de la nature biologique de l'adolescent. Il s'agit de démontrer les incidences d'une culture eugéniste sur l'enrichissement des ressources naturelles de la race humaine. Si ces ressources sont en partie programmées sur le plan génétique, elles peuvent aussi pour partie et dans certaines conditions être développées. Nous structurerons notre partie en 4 sous parties : 2.1.1. L'ADO, L'ESSENCE OU LES RESSOURCES ENERGETIQUES En EPS une augmentation du Vo2 max peut être sérieusement avancée. Il est prouvé (VAN PRAAGH et al. Revue EPS 302 en 2003) que des exercices intenses, brefs et répétés améliorent 9 le VO2 max des filles de 10 à 13 ans d'environ 10/0 et d'environ 5/0 celle des garçons. Le niveau « aérobique » atteint après la puberté ne sera jamais plus dépassé à l'âge adulte. Il est prouvé (M. GERBEAUX et al, dossier EPS 35 en 1996) qu'un cycle de 12 séances d'endurance ne modifie en rien les performances des élèves si le travail n'est pas individualisé et basé sur la capacité. Un même cycle axé sur l'individualisation et la puissance augmente en moyenne de 1 Km/h la VMA et de 30% le test sur 20 mn (cf. tableau). D'où l'intérêt de proposer des séances individualisées de court-court (110 à 130% de la VMA), long-long (80 à 90% de la VMA). Voir ici les cours et les écrits de M. PRADET. 2.1.2. L'ADO, LES CENTIMETRES OU LES RESSOURCES ANATOMIQUES Je vous renvoie pour ce chapitre aux écrits de M. PRADET, dans l'ouvrage « La force », publié en 2000. Il soutient, malgré les réticences fréquemment avancées, que le développement de la force en EPS est non seulement possible, mais conseillé (la force est nécessaire pour générer tout mouvement humain.), obligatoire (objectif institutionnel de santé), et adapté aux motivations des jeunes (musculation au bac.). 2.1.3. L'ADO, INFORMATIONELLES LES SENSORIELS OU LES RESSOURCES Il s'agit ici de développer les capacités des adolescents à sélectionner les informations les plus pertinentes de plus en plus vite. Pour des exemples de prise en compte dans les tâches, voir J.J. TEMPRADO et J.P. FAMOSE dans « Cognition et performance » 1993 ou H. RIPOLL et J. LA RUE dans « Manuel de psychologie du sport » en 2004 (nombre d'indices à traiter, incertitude événementielle, temps pour les traiter, ...). Pour un complément, voir O. JALABERT, revue EPS 277 en 1998. 2.1.4. L'ADO, LES SANS-FAUTE OU LES RESSOURCES COGNITIVES L'adolescence est un moment où la maturation cognitive du sujet se poursuit par un développement progressif des capacités d'abstraction et des raisonnements déductif et inductif. Le raisonnement déductif part d'un principe ou d'une loi et en déduit les faits subséquents, le raisonnement inductif est l'inverse. L'EPS, favorise, pour les tenants de ce courant cognitiviste, la qualité de ces raisonnements grâce au perfectionnement des représentations mentales, capacités mnésiques... Pour exemple, je vous renvoie aux articles suivants : D. DERIAZ - B. POUSSIN - J. F. GREHAIGNE « Le débat d'idées » in Revue EPS n° 273 septembre-octobre 1998 pour la construction de règles d'actions transversales aux sports collectifs à partir d'une confrontation des réponses des 10 élèves. S. COLLINET in Revue EPS 237 1992 pour les sports de combat de préhension titre : « Algorithme et EPS »; Si il pousse, je m'écarte, si je fais barrage et le fais tomber, j'ai gagné. Serge ELOI sur les représentations en volley bail in Revue « Science et motricité 40 » en 2000. L'auteur montre qu'un enseignement basé sur les adaptations stratégiques aux réactions des adversaires, modifie plus efficacement les représentations initiales des élèves qu'un enseignement centré sur les gestes techniques (passes, réceptions, ...). TRANSITION Cette conception naturaliste est-elle pour autant suffisante? Ne serait-il pas réducteur de se contenter de prendre en compte et développer les seules caractéristiques biologiques des adolescents? A l'heure où l'ancrage culturel des pratiques résonne pour certains comme un indispensable lien sociétal, l'EPS peut-elle se contenter de poursuivre cette unique mission? Nous allons aborder dans une deuxième partie une nécessaire influence culturaliste sur la nature psychologique des adolescents. 2.2. UNE CULTURE « CULTURALlSTE » SUR UNE NATURE PSYCHOLOGIQUE L'argumentation de cette partie 2 doit briguer de légitimer comment une conception culturaliste de la culture à transmettre en EPS rejaillit sur certaines caractéristiques de la nature psychologique de l'adolescent. Il s'agit de confirmer les retentissements de l'apprentissage de différentes cultures techniques sportives sur la construction psychologique de l'adolescent. 2.2.1. L'ADO, D'ACCOMPLISSEMENT LES CENT PAS OU LE BESOIN DACTIVITE, L'adolescent a besoin de vivre des expériences diverses et variées, il a besoin de bouger, d'activité, pour explorer le monde qui l'entoure. Ce besoin s'insère dans le paradigme des motivations d'accomplissement qui regroupent tout ce qui pousse à agir pour s'accomplir, s'affirmer. Le début de l’adolescence, et surtout pour les garçons, est marqué par une attirance forte pour tout ce qui est ludique et compétitif. NICHOLLS a ici modélisé cette source motivationnelle et l'a rassemblée autour des « buts de compétition » qu'il oppose aux « buts de maîtrise ». Il apparaît incontournable, pour l'enseignant d'EPS, de prendre en compte ces motivations dans son enseignement afin de capter l'adhésion de ses élèves et leur donner le plaisir et le désir de venir en cours. 11 Qui douterait qu'une épreuve sous forme de relais ne susciterait l'enthousiasme des élèves de 6ème ou 5ème? J. FLORENCE, dans «Enseigner l'EP au secondaire », en 1998, isole un type de motivations qu'il appelle « biogéniques », et correspondent au besoin de mouvement, de prise de risque, etc...). Tâches avec mini trampoline ou la programmation d'APS comme l'escalade. Ce besoin d'activité peut aussi être suscité à partir de la théorie motivationnelle de la «dissonance cognitive », BERLYNE, à la suite de FESTINGER. Activités nouvelles (ultimate), surprenantes (performance collective en course de durée). 2.2.2. L'ADO, LES SANGS RONGES OU LE BESOIN DE VALORISATION L'adolescent a besoin de valorisation de son estime de soi. Il a besoin d'être aimé, d'être vu, d'être reconnu. Cette période d'angoisse fragilise l'adolescent qui, de fait a besoin de reconnaissance, de sécurité affective, de valorisation pour trouver sa place dans un nouveau monde adulte qui fait peur. Le besoin de reconnaissance des adolescents qui retentit sur l'estime de soi est considérable. A ce titre, BANDURA signale dans « Social learning theory » en 1977, que les renforcements positifs verbaux sont majeurs dans l'intensité et la persistance de l'investissement des élèves. L'enseignant devra donc mettre en confiance l'adolescent par des renforcements positifs « C'est bien, continu », « c'est mieux que la fois d'avant »...), en évaluant ses prestations motrices, au regard de ses particularités biologiques et de la difficulté de la tâche. TARGET : G. CARLlER, J. P. RENARD, et P. SWALUS ont montré, dans la revue STAPS 24 en 1991, que les encouragements, les retours du type renforcements positifs (« c'est bien, continue… »), permettent davantage aux élèves d'améliorer leurs performances que ceux relatifs aux critères de réalisation, et concernant les procédures à mettre en oeuvre pour réaliser la tâche (« serre tes fesses, pousse plus longtemps… »). Je pense que l'on peut rajouter à ces résultats, à relativiser, selon moi, que la reconnaissance du travail de l'élève qui va certes toujours primer, mais qui va ici s'enrichir de commentaires sur ce qui est positif et pourquoi. Exemple: Le « c'est bien », deviendra, « c'est bien parce que tu avais le corps équilibré au moment de la frappe » ou «c'est bien car tu as attendu que Marc ait fini de parler pour prendre la parole ». En EPS, les troubles de I’estime de soi, dus à l’adolescence, sont amplifiés par l'importance des transformations physiologiques (taille, poids, apparence)... (Programmes du cycle central du collège). 12 Les tâches proposées aux adolescents peuvent par la diversité et la pertinence d'une programmation harmonieuse des APSA, offrir à chacun le moment d’une estime de soi valorisée et ce, indépendamment des disparités biologiques. En effet, il y a le rugby pour les « gros », le basket pour les « grands », la danse pour les « gracieux », le combat pour les « fougueux » etc... Adapter la difficulté de la tâche au niveau de maturation biologique et de programmation génétique pour permettre à tous d'apprendre dans des conditions équitables et développer leur estime de soi. Exemples : En course de haies, il s'agira de mettre des hauteurs de haies relatives à la taille et l'enfourchure des élèves (mi-tibia, sous le genou, mi-cuisse), afin qu'ils aient le même problème à résoudre. En saut en hauteur, l'enseignant d EPS peut évaluer la différence entre la hauteur franchie et la hauteur du centre de gravité de l'élève. C'est cette hauteur relative qui sera notée et non la hauteur absolue de la barre franchie. « Dans le cadre du développement de la connaissance de soi, on veille à enrichir le rapport que l'élève entretient avec son corps et à favoriser l'élaboration d'une image de soi positive » (Programmes de sixième). Il s'agit là encore de donner confiance à l'adolescent confronté à une situation de stress, d'angoisse. Le rôle d'écoute et de compréhension de l'enseignant d'EPS est ici primordial. Une attitude clinique en EPS semble alors particulièrement adaptée. Comme illustration, vous pouvez consulter l'article d'Anne HEBRARD, dans la revue EPS 243 en 1993, qui montre comment, grâce à «l'analyse transactionnel!e», elle a pu redonner confiance à un bon élève, Arnaud, apparemment bloqué en gym au point de dire « la gym, c'est nul, j'y arrive pas ». L'évaluation, au delà de la performance, des conduites motrices, de la participation, des progrès au collège et de la maîtrise au baccalauréat, me semble concourir à une valorisation de l'estime de soi des adolescents. 2.2.3. L'ADO, LAISSANT OU LE BESOIN D'AUTONOMIE Paradoxalement, l'adolescent a besoin d'autonomie en même temps qu'il a besoin de se sentir entouré. Une autonomie qui ne tombe pas du ciel et à laquelle l'enseignant d'EPS peut contribuer. « Nombre d'entre eux sont en mesure de réaliser de façon autonome des projets audacieux qui leur permettent d'évoluer aux limites de leurs potentialités ». Programmes de 3ème du 15 09 1998. Favoriser l'autonomie par la co-évaluation entre élèves ou par l’auto-évaluation au regard de leur mise en projet (course de durée). L'autonomie s'acquiert par le développement de « compétences méthodologiques » qui 13 passent, dans les programmes de seconde du 10 07 2002, par « l'acquisition de méthodes, d'attitudes, de démarches réflexives favorables aux apprentissages » qui consistent à « se fixer et conduire de façon autonome un projet ... » d'actions motrices, dont « les élèves apprennent à mesurer et apprécier les effets », par une « mobilisation des sens (la vue, kinesthésie, etc.), et une réflexion sur leur propre politique », qui permettent « ultérieurement une adaptation nouvelle ». « Programme d'EPS en classe de seconde générale et technologique ». Faire une expérience méthodologique au sens expérimental du terme (BOURDIEUGROS), avec projet, hypothèse, expérience, évaluation des effets, remodelage du projet. Telles que nous les considérons, les compétences méthodologiques rejoignent la position de J. BERBAUM, dans Sciences Humaines HS N° 12 en 1996, qui défend que l'acquisition chez les élèves d'un « apprendre à apprendre » n'est envisageable que « si l'élève analyse sa propre activité et les effets qui en résultent ». L'enseignant d'EPS, pour optimiser ce type d'expérience, doit jouer sur certaines variables didactiques comme la stabilisation du contexte, la vitesse de réalisation, les effets à percevoir, l'intention d'action fonctionnelle (ou projet d'action voir BERTHOZ « Le sens du mouvement », 1997, P ASTOR Revue Hyper n° 205 4e trimestre 1998 – 99 et JALABERT revue EPS 271 en 1998). 2.2.4. L'ADO, LES SEMBLABLES OU LE BESOIN D'APPARTENIR A UN GROUPE OU BESOIN D'AFFILIATION Les adolescents aiment à se retrouver, à se divertir ensemble. (A. HEBRARD, « EPS, réflexions et perspectives » 1986). Pendant l'adolescence, ce type de motivation est surtout caractéristique des filles de la 4ème à la première. Qui n'a pas observé, lors d'un match de volley-ball que le jouer contre se transforme très rapidement en jouer avec ? « L'enseignant peut organiser le travail de la classe par sous-groupes; selon les besoins, il alterne les critères de niveau et d'affinité, en veillant à ce qu'aucun élève ne soit exclu ». Programmes du cycle central du 10 10 1997. D. HAUW prétend que la constitution de groupes affinitaires est favorable à la création d'un climat positif. (« Les groupes en EPS » en 2000). P. BORDES précise que certaines APSA sont plus propices à l'édification des groupes. Il préconise pour les groupes affinitaires, la programmation d'APSA qui jumellent la présence de partenaires et une incertitude du milieu (course d'orientation par exemple). Revue EPS 298 en 2002. TRANSITION Là encore en insistant sur l’influence culturaliste des enseignants sur la nature 14 psychologique des adolescents, ne versons nous pas dans une conception obsolète de l'éducation? Cette tendance est-elle adaptée aux évolutions sociales actuelles, marquées par les incivilités, la violence et la perte des valeurs citoyennes? Pour palier cette dangereuse lacune, nous allons évoquer dans cette dernière partie, l'incidence d'une culture citoyenne sur la nature sociale des adolescents. 2.3. UNE CULTURE « CITOYENNE » SUR UNE NATURE SOCIALE L'argumentation de cette partie 3 doit ambitionner de soutenir comment une conception citoyenne de la culture à transmettre en EPS influence certaines caractéristiques de la nature sociale de l'adolescent. Il s'agit de prouver les effets de l'apprentissage de valeurs citoyennes et républicaines sur les rapports sociaux de l'adolescent, considéré ici comme un futur adulte actif et positif dans la société. 2.3.1. L'ADO, LES SANCTIONS OU LE BESOIN D'AUTORITE L'adolescent a besoin de repères, de cadres précis, pour se sentir à l'aise. Il critique l'autorité mais la recherche à relativiser). Il se sent à l'aise dans un cadre structuré, organisé, où l'ordre le réconforte. « L'envie de jouer avec les autres, qui conduit I’élève à ressentir la nécessité de la règle ». Programmes de 6ème du 18 06 1996. Expérience de MEARD et MORALES sur le « teckball », dans les cahiers pédagogiques 361 en 1998. JOLY, dans les « cahiers pédagogiques » 361, en 1998 ou BERTONE et al. (à paraître), relèvent que l'acceptation des règles est relative au sens que leur accordent les adolescents, après négociations avec l'enseignant. JOLY préconise la programmation d'APSA aux faibles représentations sociales pour éviter de confier l'autorité seulement aux élèves compétents et décourager ceux qui se sentent en difficulté. Ce rapport à l'autorité devra donc être négocié, expliqué, enseigné. A ce titre, SIEDENTOP, dans « Apprendre à enseigner l'EP » en 1994, mentionne que pour instaurer des règles sécuritaires et créer un climat de classe favorable à la participation des adolescents, il faut les négocier en donnant la parole aux élèves, il faut les énoncer en début d'année scolaire, les rappeler fréquemment, les faire respecter, et appliquer des sanctions adaptées au niveau de déviance des comportements. Enfin, FLAVIER et MEARD, dans la revue EPS, en 2003, conseillent, en cas de conflits (de toutes façons inévitables), pour ne pas altérer un climat de classe positif, favorable aux 15 apprentissages des adolescents, de chercher à comprendre, l'origine de ces conflits, « d'éviter de prendre une sanction dans l'urgence », de « sanctionner l'acte, non la personne3, de « maîtriser son engagement émotionnel ». 2.3.2. L'ADO, LES SENS A FLEUR DE PEAU OU LE BESOIN DE VIOLENCE Le sentiment de frustration explique certaines réactions agressives des adolescents contre soi même et/ou les autres. Ces réactions d'incivilités ou de violence selon où l'on se place sur le curseur de la déviance (DEBARBIEUX, ROCHEX, CHARLOT), peuvent prendre des formes verbales ou physiques. Une hyper sensibilité aux moqueries, peut aussi générer des agressions verbales ou physiques, claquer la porte) ou au contraire un repli sur soi (anorexie, boulimie, dépression et pire tentative de suicide). Le moindre événement peut générer une attitude passive ou très active. «Adolescents et adolescentes manifestent parfois des comportements faits de violences verbales ou physiques, ou au contraire liés à des attitudes de repli ou d'inhibition. Si l'EPS est le lieu où ces comportements peuvent s'exprimer, elle donne aussi les moyens de les dépasser ». Programmes du collège SIEDENTOP montre que l'augmentation du temps d'activité, de participation active des élèves, abaisse le nombre de comportements déviants. Par ailleurs, apprendre, être acteur, donner du sens aux apprentissages, qu'ils soient techniques et sociaux ou autres, réduit les comportements déviants. En effet, le sens donné par l'élève à l'école, à ses apprentissages est propice à la lutte contre la violence, contre l'échec scolaire (voir B. CHARLOT, E. BAUTIER, J. Y. ROCHEX dans « Ecole et savoirs dans les banlieues... et ailleurs » 1993). L'enseignant d'EPS peut ainsi partir des représentations sociales de ses élèves (foot pour garçons, danse pour filles) pour ensuite espérer les transformer. 2.3.3. L'ADO, LES SANS SECOURS OU LE BESOIN DE RESPONSABILITE A côté du besoin d'autorité, vu plus haut, l'adolescent a besoin de prendre des initiatives, de se sentir capable d'assumer des responsabilités. Arbitrage Installation et rangement du matériel. Grâce à une évaluation formative, qui renseigne l'élève sur les étapes à atteindre et le niveau auquel il se situe, il va pouvoir définir, de façon responsable, un projet de formation (Exemple : différents niveaux à l'ATR). 2.3.4. L'ADO, LES SANS RISQUE OU LE BESOIN DE SECURITE L'adolescent est entrechoqué entre un besoin de sécurité affective ou physique et le désir d'outrepasser les limites du réalisable, au risque de compromettre la sécurité d'autrui. 16 Pour la sécurité affective, l'enseignant devra s'efforcer de créer un climat de classe positif (SIEDENTQP) en instaurant un climat d'écoute, de dialogue. Il jouera sur la qualité des relations pédagogiques. Pour la sécurité physique une série de stratégies peut être avancée. Répartir de façon harmonieuse les APSA qui favorisent la sécurité (escalade, rugby, acrosport). Constituer des groupes de travail adaptés au développement et au respect de la sécurité (homogènes, hétérogènes, affinitaires). Organiser une évaluation propice au développement des valeurs sécuritaires. Yannick VANPOULLE et Danielle GUIDI, dans la revue EPS 301, en 2003, illustrent cette volonté de formation à la sécurité à partir d'un projet original d'évaluation des activités aquatiques. Ils intègrent à l'évaluation des activités aquatiques, une épreuve collective de sauvetage en milieu naturel. Il s'agit, par groupe hétérogène de 4, d'aller chercher le plus vite possible, à 50 mètres du départ, un objet immergé à 1,5 mètres de profondeur et le ramener. Tour à tour, les élèves conduisent le bateau, nagent sur la distance et plongent selon un changement de rôle qui est laissé à leur initiative. Cette démarche contribue à l'éducation à la sécurité car le risque que présente la tâche à réaliser nécessite un respect de règles sécuritaires qui engage chacun dans la considération de l'intégrité de l'autre. Ici encore, ç'est pour la nécessaire transformation des représentations initiales des élèves pour résoudre la tâche demandée, qu'une éducation à la sécurité peut envisager d’être développée. TRANSITION Cette dernière partie qui tend à hisser le début vers une mission plus humaniste de l'éducation ne nous autorise cependant pas à évacuer toutes les difficultés de sa mise en oeuvre. Des difficultés par ailleurs permanentes quelle que soit la mission éducative privilégiée par l'enseignant. En effet, l'hétérogénéité des élèves, la complexité de la situation d'enseignement, qu'à relevé DOYLE, cité par M. DURAND dans « L'enseignement en milieu scolaire » en 1996, nous imposent de relativiser l'efficacité établie de toute éducation scolaire. Et là, c'est la compétence, l'expérience de l'enseignant qui prévaudra, au point de l’astreindre à une vigilance et un investissement de tous les instants. 3. CONCLUSION GENERALE Je me suis efforcé de disserter sur les rapports que pouvaient entretenir les professeurs 17 d'EPS avec les adolescents. Nous avons vu que cette question dévoilait en filigrane la problématique de l'éducation en tant qu'influence d'une culture sur une nature ou encore la difficulté pour l'enseignant d'EPS d'assumer ses missions éducatives tout en prenant en compte les diverses particularités des adolescents. J'ai circonscrit notre champ de réflexion à trois modes d’influences culturelles prédominants chez les enseignants d'EPS sur trois formes caractéristiques de la nature adolescente. J'ai abordé successivement l’influence d'une culture « naturaliste » sur une nature adolescente biologique, puis d'une culture « culturaliste » sur une nature adolescente psychologique, et enfin d'une culture « citoyenne » sur une nature adolescente sociale. Toutefois, le débat actuel sur une nouvelle orientation de l'école qu'exprime le rapport de C. THELOT, à paraître fin 2004, ne risque t-il pas dans l’avenir de modifier quelque peu les éléments débattus ici? En effet, le renforcement de la position nodale des savoirs à transmettre que promeut ce nouveau rapport, concourt semble t-il au raffermissement prochain de la position culturaliste de l'éducation physique. Cependant, si cette position se concrétise, et comme cela fut le cas dans le passé, demeure associée, au sein de l'école, à un regain de considération des savoirs encyclopédiques au détriment des savoirs sportifs, elle risque de mettre en danger l'utilité de l'EPS et la menacer d'une éviction scolaire. Reste à chacun d'entre nous, et je vous solidarise dans cette mission, le soin d'en faire la preuve. En marge de cette conclusion, je me dois de vous préciser que la volonté de vous apporter quelques connaissances théoriques mêlées de précisions méthodologiques et la contrainte du temps d'exposé, m'ont conduit à simplifier le traitement de ce sujet. Un traitement plus ambitieux, plus dialectique, plus systémique reste conseillé pour dépasser la « modeste » moyenne visée ici. Pour me rattraper, je vous donne peut être rendez-vous à l'IUFM, où j'ai l'année dernière traité ce sujet selon une stratégie plus complexe. Mais chaque chose en son temps. La formation est quelque chose de progressif, où il ne convient pas de brûler des étapes. Le 10 Octobre 2004 JALABERT Olivier 18