Évaluation du dispositif de soutien de Branche à la VAE éducateur
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Évaluation du dispositif de soutien de Branche à la VAE éducateur
bl Adresse postale : BP 80018 • 67013 Strasbourg cedex Tél. : 03 90 22 22 30 • Fax : 03 88 83 29 19 [email protected] Aquitaine 22, rue Ferrère • 33000 Bordeaux Auvergne Immeuble@number one • Parc Technologique de la Pardieu • 9, allée Evariste Galois • BP 20233 • 63174 Aubière cedex Tél. : 05 56 00 85 10 • Fax : 05 56 79 03 71 Tél. : 04 73 28 57 40 • Fax : 04 73 28 57 45 Basse-Normandie Bourgogne Bretagne Centre Champagne-Ardenne Franche-Comté Haute-Normandie Île-de-France Île de la Réunion Limousin Lorraine Midi-Pyrénées Nord-Pas-de-Calais P. A.C.A.C. Pays de la Loire Picardie Poitou-Charentes Rhône-Alpes [email protected] 36, av. de l’Hippodrome • 14052 Caen cedex 4 Tél. : 02 31 15 65 00 • Fax : 02 31 15 65 09 Les « 3 Soleils » • 20, rue d’Isly • CS 64436 • 35044 Rennes cedex 8, rue du Port de Marne • 51000 Chalons en Champagne 1, rue du jardin Botanique • 27000 Evreux 11, rue Carrier Belleuse • 75015 Paris [email protected] Tél. : 02 23 44 04 40 • Fax : 02 23 44 04 49 3/5 bd de Verdun • BP11704 • 45 007 Orléans cedex 1 Tél. : 02 38 42 08 44 • Fax : 02 38 62 06 08 5, rue Albert Thomas • Le Forum • 25000 Besançon [email protected] Tél. : 03 80 30 84 46 • Fax : 03 80 58 90 28 6, r. du Docteur Maret • BP 31542 • 21015 Dijon cedex Tél. : 03 81 88 21 40 • Fax : 03 81 53 40 22 Tél. : 02 32 31 25 23 • Fax : 02 32 33 70 59 [email protected] [email protected] Tél. : 03 26 65 81 49 • Fax : 03 26 64 53 02 Tél. : 01 44 38 58 00 • Fax : 01 44 38 58 19 [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] Centre d’affaires de la Mare • 5 rue André Lardy • Bâtiment C 2e étage • 97 438 Sainte-Marie Tél. : 02 62 90 23 59 • Fax : 02 62 41 35 32 Languedoc-Roussillon [email protected] [email protected] 420, allée Henry II de Montmorency • 34000 Montpellier 25, boulevard Victor Hugo • 87000 Limoges Tél. : 04 67 92 07 64 • Fax : 04 67 58 35 29 Tél. : 05 55 10 32 00 • Fax : 05 55 10 32 09 Immeuble Médiaparc • 2/4 rue Jacques Villermaux • 54 000 Nancy [email protected] [email protected] Tél. : 03 83 57 63 27 • Fax : 03 83 57 59 40 [email protected] Les Berges du Lac- Bat. B • Rue du Colombier • BP 47694 • 31 676 • Labege cedex Tél. : 05 34 40 11 12 • Fax : 05 61 13 16 33 [email protected] 22, rue du Quai • 59043 Lille cedex Tél. : 03 20 30 36 90 • Fax : 03 20 30 36 99 Les Docks - Atrium 101 • 10, place de la Joliette • 13002 Marseille 12, bd François Blancho • BP 30225 • 44202 Nantes Cedex 2 11, rue Vanmarcke • 80000 Amiens Les cahiers Unifaf - décembre 2008 Espace Européen de l’Entreprise • 19, avenue de l’Europe • 67300 Schiltigheim [email protected] Tél. : 04 91 14 05 40 • Fax : 04 91 91 93 38 Tél. : 02 40 89 03 43 • Fax : 02 40 89 97 50 Tél. : 03 22 22 34 90 • Fax : 03 22 22 34 99 [email protected] [email protected] [email protected] Parc de l'Ebaupin • 3 rue de l'Angélique • BP 98311 Bessines • 79 043 Niort cedex 9 Tél. : 05 49 77 11 33 • Fax : 05 49 77 11 39 [email protected] 1, rue de Mailly • Immeuble l’Apogée • 69300 Caluire Tél. : 04 72 07 45 30 • Fax : 04 78 28 63 84 [email protected] Siège national 31, rue Anatole France • 92309 Levallois-Perret cedex Tél. : 01 49 68 10 10 www.unifaf.fr [email protected] Fax : 01 49 68 10 39 Siren : 479 939 449 Enseignements et perspectives Évaluation du dispositif de soutien de Branche à la VAE éducateur spécialisé Alsace bl Le Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Vos 22 délégations régionales décembre 2008 Les cahiers d’Unifaf Enseignements et perspectives Évaluation du dispositif de soutien de Branche à la VAE éducateur spécialisé Remerciements Les racines du dispositif de soutien de Branche s'ancrent à la fin des années 90, au moment où le secteur sanitaire, social et médico-social lance des travaux significatifs dans le domaine de la VAP, puis de la VAE à partir de 2002. Il convient donc de considérer le DSB VAE éducateur spécialisé comme un dispositif expérimental intervenant à un moment donné dans le cheminement de ces réflexions innovantes. En tant que tel, le DSB a permis de déployer une ingénierie sophistiquée et de tester des hypothèses de travail et des principes avant-coureurs pour un diplôme délivré par les recteurs de l'Education nationale mais relevant du champ des Affaires sociales. Quelques années après sa généralisation, les salariés y ont trouvé une opportunité « d'entrer en VAE » et de concrétiser leurs projets professionnels et personnels. Les employeurs, qu'ils soient peu convaincus, peu impliqués dans la VAE ou bien au contraire résolument engagés, ont eu l'opportunité de se saisir de cet outil, dans une logique de GRH et de promotion d'une éthique de la reconnaissance de la compétence. Les professionnels des établissements de formation du travail social, ainsi immergés dans le monde de la certification et de ses référentiels, ont pu transformer des pratiques pédagogiques habituelles en pratiques d'accompagnement à la VAE. Sur les territoires, les partenaires et acteurs régionaux centraux de la VAE ont pu discerner de manière plus lisible la politique de la Branche professionnelle et, dans certains cas, appréhender sous un angle nouveau la place et le rôle que peuvent jouer l'OPCA Unifaf, anciennement Promofaf, et sa Direction Recherche Etudes et Développement. Merci à ceux qui se sont impliqués, à ceux qui ont conçu ce dispositif en se démarquant des systèmes, à ceux qui l'ont mis en œuvre, toujours en tenant le cap face aux nombreuses résistances. Merci à tous ceux qui ont collaboré à faire de cette évaluation ce qu'elle est, à ceux qui ont témoigné, à ceux qui se sont engagés, à ceux qui ont travaillé à l'animation et à la réussite de cette démarche singulière par son ampleur et ses visées. Sylvie GODARD, chef de projet à la DRED 31, rue Anatole France • 92309 Levallois-Perret cedex Tél. : 01 49 68 10 10 www.unifaf.fr 31, rue Anatole France • 92309 Levallois-Perret cedex Tél. : 01 49 68 10 10 www.unifaf.fr [email protected] Fax : 01 49 68 10 39 Siren : 479 939 449 [email protected] Fax : 01 49 68 10 39 Siren : 479 939 449 Évaluation DSB VAE-DEES Édito La CPNE (Commission Paritaire Nationale de l’Emploi) et Unifaf, très impliqués dans la réalisation du Contrat d’Études Prospectives social et médico-social (2002) et dans l’élaboration du premier référentiel professionnel d’éducateur spécialisé (2004), ont collaboré étroitement à la mise en œuvre du dispositif spécifique de Branche d’accompagnement de la VAE-ES. Cette implication n’est pas surprenante, la qualification professionnelle ayant toujours été une préoccupation majeure des acteurs de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif. Ce qui est par contre remarquable, c’est l’originalité du dispositif qui a, d’une part, investi la VAE dans une dimension collective et fait, d’autre part, le choix d’un travail étroit avec les centres de formation du travail social. Ce dispositif, d’une ampleur considérable, tant dans la durée de l’accompagnement (jusqu’à 175 heures) que par le nombre de bénéficiaires (plus de 3 300 à ce jour), pris en charge par des fonds mutualisés de l’OPCA, répondait à plusieurs objectifs, et notamment : ≥ permettre aux salariés, ayant fait le choix de recourir à la VAE, d’accéder à un diplôme en adéquation avec l’emploi occupé ; ≥ favoriser l’élévation du niveau de qualification ; ≥ ouvrir une nouvelle voie d’accès à la qualification qui prenne en compte la valorisation de l’expérience et mette aussi en lumière la valeur formative de la situation d’emploi ; ≥ inscrire la VAE dans une politique de gestion des ressources humaines où la Gestion Prévisionnelle des Emplois, des Compétences et des Qualifications permette une adaptation des institutions à l’évolution de leurs activités et réponde aux besoins de recrutements futurs ; ≥ initier avec les centres de formation du travail social une ingénierie pédagogique qui puisse bénéficier à l’élaboration de parcours de professionnalisation et à la réalisation de trajectoires professionnelles ; ≥ garantir la bonne fin de l’engagement pris en commun (salarié, employeur, organisme de formation et OPCA) en impliquant d’autres dispositifs de financement d’Unifaf pour intervenir encore, si nécessaire, après le jury VAE. Ces objectifs ambitieux, ainsi que toute la chaîne opérationnelle du dispositif, ont fait l’objet d’une évaluation confiée au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Ce cahier rend compte de la richesse du travail engagé, de l’implication de tous les acteurs concernés et met en perspective les évolutions nécessaires. Cette évaluation est exemplaire à plus d’un titre : la Branche professionnelle est la seule à s’y être engagée et elle a réalisé ce que la circulaire interministérielle1 et la circulaire de l’Éducation nationale de mise en œuvre de la VAE2 se fixaient comme objectif. Mais au-delà, c’est grâce aux enseignements délivrés par le Cnam que les partenaires sociaux (syndicats de salariés et Unifed) ont décidé d’étendre et de reconfigurer le dispositif initial pour accompagner, par la VAE, l’obtention de huit diplômes, “cœurs de métier” du travail social.* Le nouveau dispositif doit ainsi répondre au plus près des besoins de qualification des personnels en s’inscrivant pleinement dans les enjeux de la formation professionnelle tout au long de la vie. Didier Tronche Président d’Unifaf (Unifed-Snasea) Annie Léculée Présidente adjointe d’Unifaf (CGT) 1 Circulaire interministérielle DGAS/4 A n° 2004 relative à la mise en œuvre de la VAE pour le diplôme d’éducateur spécialisé. 2 Circulaire n° 2004_132 du 4 aôut 2004. * DEME, DETISF, DEES, DEETS, DEEJE, DEASS, CAFERUIS et DEMF. 3 4 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Sommaire page 3 Édito par Didier Tronche et Annie Léculée page 6 Le mot de la CPNE par René Boucher et Patrick Edeline page 7 Introduction Partie I page 10 Données de cadrage Chapitre I - Contexte et déroulement de l’évaluation page 10 1. Présentation du dispositif de soutien de Branche page 10 Les objectifs page 10 Les options retenues par la CPNE page 12 Le dispositif de la Branche VAE DEES page 12 Les phases de la VAE en amont du dispositif de Branche page 14 Les trois phases de la VAE en aval du dispositif de Branche page 15 2. Méthode et principes du dispositif d’évaluation page 15 La dimension régionale d’une évaluation nationale page 17 L’analyse stratégique des processus de professionnalisation page 17 La valorisation collective des résultats par la communication et la recherche page 17 3. Le cadre de l’analyse page 18 Les “acteurs internes” page 22 Les “acteurs externes” page 24 Les personnes ressources et les experts page 24 Les enquêtes terrain 4. Premières observations page 26 Typologie des pôles ressources page 27 Typologie des employeurs page 28 Typologie des salariés page 29 Les réalités territoriales de la VAE DEES et du DSB page 31 Chapitre II - Le dispositif de Branche et son poids dans la VAE DEES page 32 1. Une forte présence régionale page 33 2. L’organisation régionale du dispositif de Branche page 33 12 régions assurant une majorité des accompagnements via le DSB page 34 2 régions à potentiel de développement page 34 8 régions où le DSB est moins présent page 35 3. Des résultats de validation plus satisfaisants page 36 Typologies régionales en fonction des résultats de validation et de leur combinaison page 38 Un facteur clé de validation : le parcours d’accompagnement page 39 Conclusion et préconisations page 40 Chapitre III Les utilisateurs du dispositif page 40 1. Les caractéristiques socio-professionnelles des salariés du DSB page 40 Le genre page 41 L’âge page 41 Une majorité de candidats relevant du domaine du travail social page 42 Des diplômés relevant de la Jeunesse et des Sports page 42 Les autres diplômés page 43 2. Des caractéristiques distinctives page 43 Les domaines d’activité les plus concernés page 44 Les emplois déclarés par les candidats page 46 3. Des motivations spécifiques page 47 Les motivations des salariés page 50 Les stratégies des employeurs page 54 L’immersion des établissements du travail social page 56 Conclusion Évaluation DSB VAE-DEES Partie II Analyse des résultats et préconisations page 58 Chapitre IV - L’évaluation interne du DSB, étape par étape page 114 Annexes page 114 1. Pilotage et suivi de l’évaluation page 58 1. L’information et le conseil : une mission à renforcer page 116 2. Déroulement de l’évaluation page 61 2. L’hypothèse de bonne fin page 118 3. Personnes ressources et professionnels interviewés page 71 3. Les parcours préconisés : une logique mixte page 119 4. Courrier Cnam et Unifaf, mai 2007 page 76 4. L’appui à la démarche VAE page 121 5. Six ressources stratégiques page 82 5. Les séquences formatives page 121 6. Le parcours DSB et le flux des candidats étape par étape page 88 6. Les mises en situation professionnelle page 124 7. Photographie régionale des profils et parcours de 154 candidats en région Midi-Pyrénées page 92 7. Les parcours post-jury VAE page 125 8. La coordination des pôles ressources en région page 127 9. Résultats de validation régionaux VAE DEES pour 2005 et 2006 page 96 Chapitre V - Les apports de la recherche : les facteurs externes influant sur la VAE et le DSB page 127 10. Séminaires régionaux de valorisation des résultats page 128 11. Programme du colloque national du 11 décembre 2008 page 129 Glossaire page 130 Bibliographie page 96 1. Culture « VAP 92 » versus Culture « VAP 85 » page 98 2. Les deux interprétations de la recevabilité administrative page 99 3. Trois formes cognitives de validation page 106 4. Deux logiques de pilotage de la VAE par les Conseils régionaux page 109 Chapitre VI - Synthèse des préconisations page 109 1. Maintenir l’investissement de la Branche dans la VAE des diplômes du secteur page 110 2. Repositionner la communication sur le DSB page 111 3. Travailler en partenariat et consolider les plates-formes régionales sectorielles VAE TS page 111 4. Professionnaliser les membres de jury page 112 5. Améliorer le pilotage et le suivi de la VAE page 113 6. Simplifier le DSB et investir dans le post-jury page 113 7. Professionnaliser l’accompagnement DSB 5 6 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Le mot de la CPNE Instituée par la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002, la validation des acquis de l’expérience (VAE) a fait son apparition dans le paysage de la formation consacrant une nouvelle logique d’accès aux diplômes, titres et certificats de qualification professionnelle. L’ambition de notre Branche a été de lui trouver sa véritable place dans le paysage de la formation professionnelle en alliant une démarche individuelle et un dispositif collectif d’entreprise. Dès 2004, la CPNE de la Branche a donc mis en place le dispositif de soutien de Branche VAE DEES, proposant une ingénierie spécifique d’accompagnement des salariés du secteur vers le diplôme d’État d’éducateur spécialisé par la validation des acquis de l’expérience. Les résultats de l’évaluation menée par le Cnam soulignent clairement l’intérêt du dispositif de Branche, plus conséquent et plus diversifié que celui prévu par la VAE de droit commun. À partir des constats dressés et prenant acte des améliorations préconisées, la CPNE a donc décidé de maintenir ce dispositif et de l’élargir à sept autres diplômes du secteur. En l’ouvrant ainsi, nous voulons soutenir au maximum les salariés - souhaitant valider l’un des huit diplômes d’État concernés, mais aussi portant de l’intérêt pour la démarche elle-même, articulant savoirs / expériences et ressourcement - et optimiser leurs chances de réussite dans leur démarche de professionnalisation et de qualification. L’intérêt pour la formation est une composante stratégique de la culture de notre Branche, mais aussi une nécessité. À l’horizon 2012, sur certains emplois clés, les besoins de recrutement seront particulièrement élevés, au regard des prévisions de départs à la retraite et du taux de croissance des emplois. Il convient de prendre en compte le déficit en personnel qualifié et le contexte de réformes et d’évolution du secteur. Le développement de la VAE peut favoriser la transformation des rôles et des fonctions et les adaptations nécessaires. Cet élargissement du DSB vient renforcer l’engagement déjà important de notre Branche dans les différentes voies d’accès à la professionnalisation et inscrit sa volonté de revitaliser les processus de promotion sociale et professionnelle qui valorisent à la fois chaque salarié de notre secteur et les établissements et services qui les emploient. René Boucher Président du collège employeurs (Unifed-SOP) Patrick Edeline Président du collège salariés (CFTC) Évaluation DSB VAE-DEES Introduction Dans ses réunions plénières de juin et d’octobre 2008, la CPNE définissait les contours du nouveau dispositif de soutien de Branche à la validation des acquis de l’expérience. À cette occasion, les partenaires sociaux confiaient le suivi de sa mise en œuvre opérationnelle à Unifaf, l’OPCA de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif. Concrètement, à partir de 2009, les salariés des établissements adhérant à Unifaf et désireux de faire reconnaître les acquis de leur expérience pour concrétiser leur projet de certification pourront demander à bénéficier d’un accompagnement à la VAE renforcé, plus riche et plus diversifié. Cet accompagnement de Branche, original et particulier, concerne 8 diplômes du travail social ouverts à la VAE à cette date : moniteur éducateur, technicien de l’intervention sociale et familiale, éducateur spécialisé, éducateur technique spécialisé, assistant de service social, éducateur de jeunes enfants, médiateur familial et CAFERUIS. Traduisant la volonté des partenaires sociaux et de l’OPCA de poursuivre, d’élargir et d’intensifier le soutien au développement de la VAE dans le secteur du travail social, ce dispositif de soutien de Branche (DSB VAE) confirme un engagement résolu dans le soutien de la qualification professionnelle des salariés et dans l’accompagnement des mutations fortes et des évolutions rapides qui traversent le secteur, les établissements et la communauté des professionnels en charge de répondre aux attentes et aux situations des publics et usagers accueillis. À l’heure où les récents rapports1 et les nombreuses publications sur la VAE signalent de manière unanime le bilan en demi-teinte de son développement, de ses résultats ou encore les nombreux freins et résistances auxquels cette voie d’accès doit faire face pour exister, comment expliquer les fondements de la politique et des orientations choisies par la Branche ? Comment analyser le niveau de mobilisation d’Unifaf pour relayer et mettre en œuvre les décisions politiques de la Branche ? Comprendre et répondre à ces questions, tels sont les enjeux de ce cahier. Ce document propose en effet de suivre le cheminement parcouru depuis la décision de déployer en 2004 à partir d’un cadre expérimental un dispositif de soutien à la VAE original conçu uniquement pour le diplôme d’État d’éducateur spécialisé (DSB VAE DEES) et le choix de transformer cette expérimentation en un dispositif sectoriel de Branche pérenne proposant un encadrement collectif du droit individuel pour 8 diplômes du niveau IV au niveau II. Cette exploration dans le temps s’attardera plus particulièrement sur les deux dernières années qui viennent de s’écouler. Deux années au cours desquelles la Direction Recherche Etudes et Développement (DRED) d’Unifaf, en qualité de maître d’œuvre désigné par la CPNE, a défini, conduit et supervisé le déroulement de la démarche d’évaluation du DSB VAE DEES. Ce cahier propose de partager les constats, les enseignements et les perspectives ouvertes par l’évaluation qu’ont choisis de retenir les partenaires sociaux. Structuré en deux parties principales, le cahier présente en premier lieu un cadrage des données à partir desquelles les évaluateurs ont pu conduire leurs analyses et formuler leurs recommandations qui sont présentées dans un deuxième temps. Les trois premiers chapitres exposent le bilan positif du dispositif mis en place pour faciliter 1 Citons par exemple le dernier rapport paru : Valoriser l’acquis de l’expérience : une évaluation du dispositif de VAE, Éric Besson, septembre 2008. 7 8 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif l’accès au diplôme d’État d’éducateur spécialisé par la validation des acquis de l’expérience. À partir d’une présentation des constats initiaux qui ont déclenché son élaboration et d’une clarification du format de la démarche d’évaluation choisie pour rendre compte de ses résultats, les chapitres II et III s’intéressent à préciser le poids régional du dispositif de Branche dans l’accès à la VAE éducateur spécialisé ainsi que les caractéristiques, les motivations et les stratégies d’usage à la fois des salariés inscrits dans le dispositif, leurs employeurs et des écoles et organismes de formation du travail social qui ont porté le dispositif. La présentation des résultats de l’évaluation interne du dispositif, étape par étape, est ensuite détaillée. L’information et le conseil, l’hypothèse de bonne fin, l’appui méthodologique, les préconisations de parcours, les séquences formatives, les mises en situation professionnelle et le suivi post-jury sont tour à tour interrogés dans leurs fondements au regard de leur pertinence, de leur efficacité et de leurs effets sur l’ensemble du système d’acteurs impliqués avant de donner lieu à des préconisations. Nourrissant l’ensemble des résultats, le chapitre V offre une nouvelle clef de lecture : celle de la recherche et de ses apports. D’une manière plus large, le regard des évaluateurs s’est porté sur une compréhension de l’environnement du dispositif à partir d’une approche culturelle et d’une dynamique contextuelle. Aussi, avant d’aller plus loin et d’entrer dans le vif des résultats, nous choisissons dès cette introduction de mettre en garde le lecteur. Dans un contexte où l’étude de la VAE paraît encore trop souvent réduite à des dimensions administratives ou quantitatives ou bien aux dimensions pédagogiques de l’accompagnement et du projet individuel, la démarche d’évaluation choisie par Unifaf a privilégié une approche globale dont les résultats concernent directement le DSB VAE DEES mais aussi plus largement la VAE. La mission d’évaluation confiée par l’OPCA à l’équipe de Pascale de Rozario du Cnam, à partir d’un appel d’offres et d’une mise en concurrence, a fait un double pari : celui de la rigueur méthodologique d’experts en évaluation et celui des apports de la sociologie des professions et de ses grilles d’analyse. L’interrogation de l’efficience et de l’efficacité du dispositif à partir d’un questionnement quantitatif et qualitatif a été enrichie par une prise en compte du système d’acteurs régionaux impliqués dans la VAE DEES (DRASS, Éducation nationale, Conseils régionaux, Points relais conseil, membres de jury VAE DEES, etc.) et des acteurs-utilisateurs directs du DSB VAE DEES (salariés, employeurs et établissements de formation…). Ainsi placée au cœur de l’évaluation, la parole de tous ces acteurs a permis de construire ce cahier en mettant en lumière les impacts du dispositif et ses apports comme moteur de changement. Bonne lecture ! Évaluation DSB VAE-DEES Partie I Données de cadrage et paroles d’acteurs Pour comprendre le format de l’évaluation retenue par les partenaires sociaux et par Unifaf, cette première partie présente les origines du dispositif de soutien de Branche, son architecture et son positionnement original dans le paysage de la VAE. 9 10 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Chapitre I Contexte et déroulement de l’évaluation 1 Présentation du dispositif de soutien de la Branche Les objectifs La CPNE de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif a défini un dispositif spécifique de Branche, à partir des trois principaux constats suivants : 1 L’importance du nombre de professionnels intervenant dans le domaine de l’éducation spécialisée à partir d’une expérience professionnelle significative mais pas nécessairement d’un diplôme. Un des objectifs du dispositif de soutien de Branche (DSB) est en effet de réduire le nombre de « faisant fonction » grâce à l’accès à un dispositif leur permettant de faire reconnaître des compétences éducatives avérées, à partir d’acquis d’expérience significatifs correspondant au référentiel du métier d’éducateur spécialisé. 2 L’augmentation des besoins en professionnels plus qualifiés face à deux principaux facteurs : les évolutions touchant la fonction éducative (induites par la loi 2002-2 du 02 janvier 2002 “rénovant l’action sociale et médico-sociale” et la loi du 11 février 2005 “pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées”) et l’anticipation des départs en retraite d’une génération d’éducateurs spécialisés2. Dans un contexte de réformes et d’évolutions du travail social, les métiers du secteur sont de plus en plus soumis à des contrôles, des cahiers des charges, des agréments, des démarches ou processus qualité et à des exigences accrues de qualifications face auxquels le DSB entend constituer une réponse supplémentaire et complémentaire aux dispositifs existants. 3 La nécessité de faciliter l’accès à la VAE et d’améliorer les taux de validation. La Note Bleue 06-27 du ministère de l’Éducation nationale3 soulignait déjà la faiblesse des taux nationaux de validation totale des candidats au DEES par la VAE , toutes formes d’accompagnement confondues en 2005 (candidats sans accompagnement et candidats bénéficiant des accompagnements proposés par différentes structures). 2 Cf. CEP social et médico-social de la Branche professionnelle des établissements à but non lucratif, Credoc et Lerfas, septembre 2002. 3 http://media.education. gouv.fr/file/18/1/3181.pdf Les options retenues par la CPNE Pour répondre aux enjeux issus de ce contexte complexe d’évolutions, la CPNE a choisi dès le départ deux types d’investissement qui constituent la marque originale d’un dispositif inédit : d’une part, l’investissement de la VAE dans sa dimension collective de Branche et, de l’autre, l’investissement dans le réseau des organismes de formation et les écoles du travail social, labellisés « pôles ressources » (PR) à partir d’un cahier des charges national. Évaluation DSB VAE-DEES Ce double choix politique repose sur deux postulats essentiels : - la VAE s’articule bien avec les questions de gestion des ressources humaines ; - la formation et ses acteurs sont les mieux placés pour y répondre, compte-tenu de leurs ressources, des expertises et des compétences accumulées. ≥ L’investissement dans une VAE sectorielle de Branche Alors que beaucoup considèrent la VAE comme un droit strictement personnel, le dispositif de Branche propose un encadrement collectif de ce droit individuel. Le débat VAE individuelle versus VAE collective est encore aujourd’hui toujours vivace notamment dans un contexte où la communication ministérielle ou institutionnelle sur la VAE s’est principalement centrée sur un droit individuel jugé inaliénable. Néanmoins, prenant appui sur les enseignements des premières expérimentations lancées par la Direction Recherche, Études et Développement (DRED) d’Unifaf comme, par exemple, « VAP 98 AMP » pour les Aides Médico-Psychologiques, la Branche a choisi une orientation qui propose d’investir la VAE comme révélatrice des évolutions de pratiques, tel un outil d’auto-analyse ou encore un processus d’accompagnement des transformations en cours des parcours professionnels et personnels. Les racines du dispositif de soutien de Branche s’ancrent en réalité à partir de la fin des années 1990. Cette mise en perspective historique du dispositif de Branche est centrale pour le situer dans une politique et des orientations qui ne sont pas nouvelles et légitiment la Branche et les OPCA Promofaf/Uniformation, puis Unifaf, comme des acteurs importants de la VAE pour les diplômes du travail social. Ce n’est pas le cas de toutes les branches professionnelles ni de tous les OPCA, la DRED de Promofaf-Unifaf ayant souvent initié des innovations relayées par des acteurs de terrain soucieux d’expérimenter de nouveaux développements. Il convient donc de considérer le DSB VAE DEES comme un dispositif expérimental intervenant à un moment donné dans le cheminement de ces travaux et réflexions sectoriels innovants. En tant que tel, il a donc testé des hypothèses de travail, des principes et une ingénierie sophistiquée que certains dénomment au cours de l’évaluation, « usine à gaz », selon l’expression consacrée à la description des dispositifs compliqués. L’évaluation ainsi que les préconisations qui suivent ont préfiguré la deuxième version du DSB. ≥ L’investissement dans les organismes de formation et les écoles du secteur Pour mettre en œuvre le dispositif, la Branche a fait le choix de s’appuyer sur les écoles et les organismes de formation du travail social à partir de leur labellisation par la CPNE en pôles ressources. Cette option reposait sur l’hypothèse forte que ce réseau trouverait les ressources nécessaires pour assurer au moins trois missions : 1 développer une expertise en matière de VAE ou bien la consolider si elle était déjà en place. 2 introduire la VAE comme voie d’accès ordinaire aux diplômes du travail social, ce qui implique au moins deux choses : d’une part, la transformation de l’économie pédagogique des formations initiales (leur modularisation en domaines de compétences devant s’articuler avec les fonctions du référentiel VAE), et de l’autre, la révision des rapports entre théorie et pratiques de terrain (avec un poids plus important des milieux professionnels dans l’accès au diplôme. 3 offrir aux salariés des solutions face aux situations complexes que rencontrent ceux qui ont partiellement validé le DEES et ceux qui n’ont validé aucune fonction. 11 12 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Schéma n°1 Le dispositif de la Branche VAE-DEES 1 Info conseil Diagnostic d’orientation 2 2.1. Hypothèse de bonne fin 2.2. Préconisation de parcours DSB VAE DEES 4 Entretien post-jury Préconisation de parcours si validation partielle 3 Parcours personnalisé 3.1. Appui méthodologique (a) Séquences formatives (b) Mises en situation professionnelle Concrètement opérationnel à partir de 2005, le DSB se présente à la fois comme un des financements possibles de l’accompagnement VAE et un dispositif d’accompagnement complexe et riche, comprenant plusieurs phases et plusieurs types d’actions. Les différentes phases du dispositif de Branche s’articulent avec la procédure et le processus de VAE qui, rappelons-le, débutent légalement au moment d’une phase d’information et de conseil en VAE et se terminent dans l’accompagnement des candidats après les préconisations des membres du jury, dans le cas d’une validation partielle ou bien d’une absence de validation. Les phases de la VAE en amont du dispositif de Branche ≥ Information et conseil sur la VAE. Point d’entrée dans une démarche de VAE, cette phase peut être collective, individuelle, conduite avec l’appui de structures ou bien de manière autonome. Étape gratuite, elle est considérée comme une condition d’exercice du droit à la VAE par le législateur. Le dispositif de Branche prévoit de son côté une phase qui peut être considérée comme une phase approfondie d’information et de conseil en VAE , utile dans le cas où la première information aurait été défaillante ou insuffisante ou bien, dans le cas fréquent où le candidat à la VAE n’a pas réalisé l’importance du travail et des efforts à fournir. Cette information et ce conseil sur la VAE de droit commun se double d’une nécessaire simplification et explication du dispositif de Branche, souvent réalisés par les délégations régionales paritaires d’Unifaf et les écoles du travail social. ≥ Confirmation du projet d’accès à un diplôme ciblé par la VAE avec le dépôt du livret 1. Cette instruction est réalisée par l’autorité qui délivre les diplômes ou bien par les structures VAE. Pour le DEES, il s’agit des services d’examens et de concours des rectorats de l’Éducation nationale et/ou des dispositifs académiques de validation des acquis (DAVA), souvent aidés par les DRASS, et dans le cas de partenariats régionaux, des organismes de formation et écoles du travail social. Même si seul le recteur est compétent pour signer la recevabilité administrative au DEES, l’évaluation menée dans les neuf régions auditées par le Cnam montre que les DRASS et les écoles du travail social participent largement à ce travail avec les services du rectorat. Cet appui prend la forme de commissions de recevabilité ou bien d’appels réguliers aux DRASS et établissements de formation du travail social pour traiter la recevabilité administrative. Évaluation DSB VAE-DEES Si le candidat est recevable, il reçoit le livret 2 (comprenant le référentiel VAE DEES), des consignes pour le construire ainsi qu’une liste d’organismes proposant des accompagnements sur le territoire. ≥ Choix du financement de l’accompagnement. À ce stade, les candidats sont face à cinq modes de financement possibles selon leur statut d’activité professionnelle. L’information qui suit figure dans tous les sites publics d’information sur la VAE : • l’auto-financement en candidature libre (choix de financer un accompagnement sur fonds propres ou bien de ne pas se faire accompagner), • le financement sur dispositifs de formation professionnelle pour les salariés (plan de formation, droit individuel à la formation, dispositif spécifique de Branche, CIF…) • le financement par Fonds d’assurance formation pour les non-salariés (professions libérales, artisans et commerçants), • le financement et/ou l’indemnisation par le Conseil régional (chéquiers VAE), les Assedic ou d’autres dispositifs pour les demandeurs d’emploi, • le financement sur plan de formation et congé de formation pour les fonctionnaires, avec certaines conditions restrictives propres aux statuts des fonctions publiques. ≥ Le dispositif de Branche pour la VAE DEES s’adresse aux salariés, se finance sur le plan de formation et implique la signature d’une convention entre l’employeur, le salarié, l’organisme financeur (OPCA Unifaf) et l’organisme qui assure l’accompagnement (les pôles ressources labellisés par la CPNE). Parcours personnalisé Diagnostic d’orientation Les quatre phases contractualisées du dispositif de Branche ≥ Phase 1 : Évaluation de pré-requis pour accéder au dispositif de Branche (acceptation du livret 1 par le rectorat, adhésion de l’employeur à l’OPCA, 5 ans d’expériences professionnelles pour les titulaires d’un diplôme de niveau V et 3 ans pour les titulaires d’un diplôme de niveau IV ou plus, relevant exclusivement du champ social, socio-éducatif et médico-social). Phase 2 : Diagnostic (maximum 12 heures) comprenant deux phases distinctes : l’évaluation de l’hypothèse de bonne fin du parcours de VAE (4 heures au plus) et la préconisation (8 heures maximum) d’un parcours individualisé d’accompagnement comprenant trois actions (un appui méthodologique obligatoire, et de manière facultative, des séquences formatives et/ou des mises en situation professionnelle). Le pronostic de bonne fin ainsi que les préconisations de parcours doivent être acceptés par le candidat et le pôle ressources. ≥ ≥ Phase 3 : Parcours individualisé du DSB • premier type d’actions : l’appui obligatoire à la démarche de VAE (livret 2) d’un maximum de 35 heures comprend un appui méthodologique à la VAE ; un travail sur les expériences significatives acquises en lien avec le référentiel ; un suivi de la rédaction du livret 2 et la préparation de l’entretien avec le jury. • deuxième type d’actions : si elles sont préconisées, des actions de formation ou « séquences formatives » relevant d’actions de professionnalisation sur diverses dimensions du métier d’éducateur spécialisé. • troisième type d’actions : les mises en situation professionnelle. Ce type d’action ne fait pas l’objet d’une rémunération des pôles ressources. Lorsque les séquences formatives et les mises en situation professionnelle sont préconisées, leurs durées cumulées ne doivent pas excéder un total de 140 heures. 13 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Pour l’ensemble de la durée du parcours, l’employeur peut financer, via une prise en charge par Unifaf sur les fonds mutualisés, le remplacement du salarié lorsqu’il s’absente, si toutefois la structure d’appui à la VAE peut regrouper les heures d’accompagnement. ≥ Phase 4 : Préconisation de parcours post-jury VAE (maximum de 3 heures prévues dans le parcours initial du candidat). Pour les salariés ayant partiellement validé le DEES ou n’ayant validé aucune fonction. * 50 euros par heure en face à face. 12 euros par heure en groupe (plafonnés à 60 euros maximum l’heure pour un groupe de 5 personnes) Financements 14 Directement aux organismes de formation et pôles ressources : • Hypothèse de bonne fin (HBF, max. 4 heures)* • Construction du parcours individualisé (max. 8 heures) • Appui méthodologique VAE DEES (max. 35 heures) • Actions de formation ou « séquences formatives » (max. 140 heures) : coût réel pratiqué par l’organisme de formation. Directement à l’établissement employeur : 175 heures maximum de prise en charge des salaires de remplacement, des frais de déplacement et d’hébergement, aux barèmes usuels de l’OPCA. Les trois phases de la VAE en aval du dispositif de Branche Le processus et la procédure de VAE ne se terminent pas après l’accompagnement, des phases aval influent également sur les résultats de validation, indépendamment de l’accompagnement suivi. Dans la philosophie d’apprentissage tout au long de la vie qu’implique la VAE, la compréhension des préconisations des membres de jury et l’organisation d’un parcours postjury se révèlent, en effet, centraux pour les candidats ayant partiellement validé le diplôme et pour ceux n’ayant validé aucune fonction. Pour les employeurs et les salariés interviewés dans le cadre de cette évaluation, cette phase aval intervient comme une clé de lecture et d’évaluation rétrospectives de l’accompagnement et du DSB dans son ensemble. Elle comprend: ≥ Le dépôt du livret 2 au niveau du rectorat pour passage devant un jury. ≥ Le passage devant le jury et l’obtention de trois types de validation possibles : la validation de toutes les composantes du diplôme ; une validation partielle de ses composantes ; aucune validation. ≥ Le parcours post-jury VAE qui dépendra des orientations choisies par le candidat : • la prolongation du projet de qualification par le DEES, soit par la VAE et d’autres formes de financement (congé VAE, accompagnement de droit commun de 24 heures…), soit par la réalisation d’une expérience professionnelle et/ou d’une formation complémentaires, • l’abandon du projet d’accès au diplôme et à la qualification qu’il représente via la VAE , quel que soit le mode d’accès possible (formation, VAE, etc.). Le candidat peut réaliser que ce diplôme ne correspond pas à son profil ou bien renoncer à la qualification pour diverses raisons (professionnelles et personnelles). Dans l’optique de leur proposer des solutions post-jury, le dispositif de Branche impose aux pôles ressources labellisés de recevoir les candidats en entretien individuel après le passage devant les membres de jury. Malheureusement, pour les candidats n’ayant pas validé l’entièreté du diplôme, cette obligation n’a pas été systématiquement respectée. Compte tenu du positionnement original du dispositif de Branche, la finalité de son évaluation est donc complexe et ne pouvait pas se limiter à une simple mesure de Évaluation DSB VAE-DEES 2 performance en termes de résultats de validation. En réponse à la commande d’Unifaf, par délégation de la CPNE, plaidant pour une évaluation résolument qualitative, l’équipe du Cnam a introduit une problématique plus large de sociologie des professions répondant aux trois grandes questions suivantes : • Les utilisateurs du DSB VAE DEES sont-ils satisfaits du dispositif, de ses résultats et pourquoi ? Sur quels points ce dispositif devrait-il évoluer s’il était reconduit ? • En quoi ce dispositif leur sert-il dans leurs activités quotidiennes, dans leur parcours professionnel et dans leurs projets ? • Quelles ressources les acteurs impliqués dans le DSB ont-ils finalement mis en place et utilisé pour répondre au cahier des charges du DSB VAE DEES ? Méthode et principes du dispositif d’évaluation Pour répondre à ces questions, Unifaf et la CPNE ont validé la construction du dispositif d’évaluation proposée par le Cnam autour de quatre approches complémentaires : • Une approche stratégique à partir de la conduite d’enquêtes régionales auprès d’une typologie représentative du système d’acteurs impliqués dans le DSB VAE DEES et plus largement dans la VAE DEES, • Une articulation entre évaluation et recherche sur la VAE DEES. L’analyse des processus de professionnalisation induits par la VAE et le dispositif de Branche est réalisée à partir d’une typologie des ressources stratégiques mises en place par les acteurs, • Une approche prospective à partir de la formalisation de préconisations pour les prochaines versions du dispositif de Branche, • et enfin, la mise en place d’un dispositif post-évaluation de restitutions nationales et régionales et de valorisation des résultats d’évaluation par la recherche. Pour sa mise en œuvre, le dispositif d’évaluation s’est appuyé sur la construction de typologies d’acteurs régionaux (internes et externes au secteur du travail social mais impliqués dans la VAE DEES et le dispositif de Branche de manière directe ou indirecte) composant le système d’acteurs impliqués dans la VAE DEES. Quatre types de sources de données ont été utilisés par le Cnam pour les construire : • les données de gestion Sirius (nom des systèmes d’information d’Unifaf ), • les données qualitatives collectées par l’enquête lancée complémentairement par la DRED (intitulée « masque OF »), • les typologies de recherche utilisées par P. de Rozario pour caractériser, en sociologie des professions, le degré d’organisation et de professionnalisation de secteurs professionnels, • les rapports, études et productions sur la VAE et le secteur du travail social. La dimension régionale d’une évaluation nationale Il est apparu nécessaire de réaliser des diagnostics régionaux approfondis pour mettre en exergue les systèmes régionaux d’acteurs impliqués dans le DSB VAE DEES, et plus largement dans la VAE DEES, et surtout pour comprendre l’impact des différentes configurations régionales sur l’efficacité du dispositif porté par la Branche. Ainsi, trois facteurs de contexte introduisent une mise en œuvre variable du dispositif sur l’ensemble du territoire. ≥ Le « caractère interministériel » du diplôme d’État d’éducateur spécialisé qui implique, de fait, des partenariats régionaux inter-institutionnels variables Le diplôme d’éducateur spécialisé appartient à la catégorie des cinq diplômes du secteur 15 16 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 4 Source : Orientations pour les formations sociales 2007-2009, Direction générale de l’action sociale, juillet 2007, pp. 30-31. 5 Le récent DEIS (Diplôme d’État d’ingénierie sociale), de niveau I, le DCESF (diplôme de conseiller en économie sociale et familiale) de niveau III, le DEETS (diplôme d’État d’éducateur technique spécialisé) de niveau III (ouverture à la VAE par arrêté du 26 janvier 2006), le CAFME (Certificat d’aptitude aux fonctions de moniteur éducateur) de niveau IV. social délivrés par les recteurs de l’Éducation nationale au niveau régional et qui, en étant inscrits dans le code de l’action sociale et des familles, relèvent des compétences des Affaires sociales (la formation relevant de ce ministère)45. Cette co-responsabilité n’est pas anodine dans les coopérations nationales et régionales qui se sont nécessairement mises en place au fil du temps. Au moins quatre acteurs sont directement interpellés : les DRASS, les services de l’Éducation nationale, les établissements de formation du travail social et la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but nonlucratif. Ces acteurs régionaux de la VAE se trouvent confrontés à deux types d’investissement différents dans l’organisation régionale de la VAE DEES : celui qui est demandé par le ministère des Affaires sociales pour les diplômes qu’il délivre ; celui qui est attendu par le ministère de l’Éducation nationale pour ses diplômes. La promulgation de la loi n° 2002-73 de modernisation sociale du 17 janvier 2002 et ses décrets d’application est jalonnée par des textes6 impliquant des partenariats entre les deux ministères, leurs services déconcentrés en région, les écoles du travail social et la Branche du secteur. 6 L’arrêté du 12 mars 2004, la circulaire d’application de la DGAS n° DGAS/4A/2004/333 du 7 juillet 2004, les circulaires d’application de la DGAS : la circulaire n° 2003-127 du 1er août 2003 et la circulaire n° 2004-132 du 4 août 2004. L’analyse de ces textes fait ressortir que : ≥ Les deux circulaires d’application de la VAE au DEES portent la même mention au dispositif d’accompagnement de Branche et au rôle des établissements de formation du travail social dans l’information et le conseil en VAE : « Pour les salariés du secteur social-médico-social, l’information et le conseil vont reposer, dans un premier temps, sur la Branche professionnelle et les OPCA. En effet, la Branche des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux a prévu un dispositif conséquent d’accompagnement à la VAE »7. Sont également explicitement nommés comme points d’information et de conseil en VAE pour ce diplôme les « établissements de formation en travail social ». ≥ Même si la circulaire DGES, reprenant la circulaire DGAS, mentionne explicitement la coopération entre le recteur et le DRASS8, aucun autre texte ne précise les modalités concrètes de partenariat à développer au niveau régional, laissant ouverte la question de l’organisation des relations entre les services déconcentrés. L’évaluation de la réception du dispositif de Branche par les acteurs régionaux de la VAE DEES comme les DRASS, les DAVA et les services rectoraux s’avère donc pertinente pour ce type de diplôme. 7 Article « 1.2. Organisation » de la circulaire DGAS n° DGAS/4A/2004/333 du 7 juillet 2004 et article « 1.2. Organisation » de la circulaire n° 2004-1 32 du 4 août 2004. 8 « Le recteur veillera à informer le Directeur régional des affaires sanitaires et sociales (DRASS) de ces modalités [d’organisation] afin que celui-ci puisse les relayer auprès de ses interlocuteurs (candidats, Branches professionnelles, centres de formation agréés… »). ≥ La décentralisation des formations du travail social ≥ Le poids accru des Conseils régionaux dans le pilotage de l’information et du conseil en VAE, via les cellules régionales inter-services en VAE (CRIS) et les points relais conseils (PRC) La VAE est de plus en plus pilotée par l’intermédiaire de ces PRC labellisés et du Conseil régional à partir de négociations régionales entre acteurs autour de plates-formes regroupant les valideurs. Les OPCA et les branches professionnelles commencent à peine à y être représentés. Pourtant, leur place est jugée centrale dans le financement de l’accompagnement VAE et la promotion de formes de VAE dites « collectives » (lorsqu’elles se déroulent au niveau d’une entreprise) ou de Branche (lorsqu’elles se déroulent auprès de plusieurs entreprises adhérant à un OPCA). Évaluation DSB VAE-DEES L’analyse stratégique des processus de professionnalisation L’analyse des processus de professionnalisation a été réalisée à partir des ressources stratégiques utilisées au niveau individuel ou au niveau des groupes d’acteurs pour mettre en œuvre le dispositif de Branche et pour ceux qui n’étaient pas déjà familiers, la VAE. La généralisation de la VAE à tous les diplômes depuis la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 a en effet bouleversé l’équilibre entre formation et expérience. Dans ce contexte, les acteurs ont résolu les problèmes que leur posait cette généralisation en mobilisant 6 ressources stratégiques qui sont régulièrement objet d’enjeux de pouvoirs, de stratégies, d’alliances ou de conflits mais aussi de fédération des acteurs autour d’une même action ou d’un même projet. L’information, les acteurs et les réseaux, les outils professionnels, les règles d’organisation, la communication et enfin, la culture ont constitué l’ossature de la grille d’analyse qui a vocation à identifier les principaux processus de professionnalisation et les stratégies mises en œuvre. (voir annexe) La valorisation collective des résultats par la communication et la recherche Le dispositif d’évaluation intègre trois éléments jugés indispensables à la réappropriation des résultats par les acteurs interviewés et les responsables de la mise en œuvre du dispositif de Branche. ≥ L’organisation de restitutions des résultats à deux niveaux : au niveau national, par la réalisation d’un colloque sur la VAE DEES et au niveau régional, par la présentation des diagnostics régionaux. Une dizaine de films de profils d’acteurs présentant un point de vue original ont été réalisés. ≥ La publication de différents documents sur les résultats d’évaluation, dont ce cahier spécifiquement dédié aux enseignements de la démarche d’évaluation. 3 ≥ La valorisation des 406 acteurs interviewés. Cette valorisation s’appuie sur des entretiens retranscrits et réécrits que les acteurs (notamment les salariés et les employeurs mais pas seulement) pourront utiliser et signer dans le cadre d’une publication. Le cadre d’analyse du dispositif d’évaluation À partir de l’analyse du cahier des charges de labellisation, du cahier des charges de l’évaluation réalisé par la DRED et sur la base des principes précédemment détaillés, l’équipe du Cnam a construit un dispositif d'évaluation reposant sur l'analyse de la typologie du système représentatif d'acteurs DSB VAE DEES. L'objectif principal de cette construction est de repérer les niveaux d'étude appropriés et d'identifier les types d'acteurs pertinents à interviewer. Au final, le système d'acteurs du DSB VAE DEES se structure autour de deux sphères : le système d'acteurs internes et le système d'acteurs externes. le système d’acteurs internes regroupe les personnes intervenant directement dans le système DSB et son fonctionnement concret au niveau de sa mise en place (Unifaf national via la DRED, la CPNE, les pôles ressources labellisés, les professionnels des organismes de formation et des écoles du travail social réalisant les prestations du DSB), de la gestion financière du DSB (les gestionnaires des pôles ressources et les gestionnaires et secrétaires généraux d’Unifaf ) et de son utilisation dans le cadre du plan de formation des établissements (les employeurs et les salariés du secteur), ≥ 17 18 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif ≥ Le système d’acteurs externes comprend les personnes et structures intervenant sur la qualité de l’accompagnement et les résultats de validation par les informations transmises sur les dispositifs d’accompagnement, par l’information et la formation des membres de jury, par l’ouverture ou la fermeture régionale de la recevabilité à certains profils de candidats, par les statistiques transmises et le suivi des jurys post-VAE, etc. : les DRASS, les DAVA, les services d’organisation des sessions de jury et du suivi des validations (Rectorat), les responsables VAE des Conseils régionaux, les responsables des cellules inter-services en VAE (CRIS/Carif Oref ) et les membres de jury VAE DEES sont au cœur du système. Le schéma synthétique qui suit présente une vision globale des types et du nombre d’acteurs interviewés. Le recoupement des bases de données utilisées aboutit à une population d’étude de 1 767 candidats et de 1 102 établissements du secteur impliqués dans le dispositif au 31 décembre 2006. L’évaluation a été testée dans la région Midi-Pyrénées, puis complétée en fonction des résultats obtenus avant d’être étendue à 8 autres régions (Alsace, Aquitaine, Bourgogne, Bretagne, Centre, Île-de-France, Picardie et Rhône-Alpes). Schéma n°2 Système d’acteurs régionaux impliqués dans la VAE DEES et le DSB (406 entretiens) La typologie des « Acteurs internes » Les pôles ressources labellisés par région La production d’une typologie des pôles ressources labellisés a répondu à plusieurs objectifs: • définir l’architecture du dispositif d’évaluation, • choisir l’échantillon pertinent de régions à interviewer, • conduire les enquêtes régionales et nationales, • et enfin, produire les résultats d’évaluation. Évaluation DSB VAE-DEES Ainsi, l’échantillon des 9 régions à enquêter a été constitué à partir du croisement de trois variables : ≥ Le degré de complexité de coordination entre les différentes entités composant le ou les pôles ressources labellisés au niveau régional, certaines régions comprenant deux pôles ressources (Centre, Aquitaine et Rhône-Alpes) voire trois (Île-de-France). Cette complexité a trois degrés (voir carte page suivante) : a) une coordination jugée simple (CS) car le pôle ressources labellisé est un seul et unique organisme de formation : Picardie, Lorraine, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, PoitouCharentes, Basse-Normandie, Bourgogne. b) une coordination de complexité intermédiaire comprenant une coordination bilatérale (CB) à deux organismes ou bien la gestion par un seul pôle ressources (CI-CB) de plusieurs organismes de formation. La coordination bilatérale correspond aux situations où deux pôles ressources sont labellisés dans une région ou bien aux situations où un seul pôle ressources labellisé regroupe deux organismes de formation s’étant répartis le territoire et fonctionnant comme deux pôles ressources indépendants : Nord-Pas-de-Calais, Centre, Languedoc-Roussillon, Haute-Normandie, Pays-de-la-Loire, Alsace. c) une coordination complexe (CC) lorsque les régions de gestion comprennent plusieurs pôles ressources labellisés, plusieurs organismes de formation. À ce stade, on voit apparaître la notion de Pôle-porteur, fonction nécessaire pour coordonner les entités et les activités du DSB. ≥ Le nombre de candidats impliqués dans le dispositif de Branche Reliée à la précédente, cette variable permet de classer les pôles ressources labellisés en trois catégories distinctes : les régions ayant accueilli moins de 51 candidats salariés dans le dispositif de Branche ; les régions ayant accueilli de 51 à 120 candidats et les régions de plus de 120 candidats. ≥ Les différences de cultures professionnelles Cette variable consiste à prendre en considération les effets d’ajustement que demande la coopération entre les acteurs des écoles du travail social et des professionnels extérieurs au secteur, partageant ou pas une autre culture et d’autres pratiques en matière de VAE et de reconnaissance professionnelle. 19 20 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Typologie des pôles ressources Carte réalisée par le Cnam en fonction des variables retenues 1 2 3 8 6 5 4 11 7 12 9 10 16 13 Légende 14 15 Coordination simple de 22 à 62 candidats [dans 8 régions + Réunion] et peu d’entités à coordonner . Coordination bilatérale et de complexité intermédiaire de 42 à 139 candidats [dans 8 régions] . Coordination complexe Plus de 120 candidats [dans 6 régions] . 17 18 19 20 21 1 Nord-Pas-de-Calais [CS-CB] (2PR/3OF) 8 Basse Normandie [CS] (1PR/1OF) 15 2 Picardie [CS] (1PR/1OF) 9 Centre [CS-CB] (2PR/2OF) 16 3 Haute-Normandie [CS-CB] (1PR/2OF) 10 Bourgogne [CS] Auvergne [CS-CB] (1PR/3 OF) Franche Comté [CS] (1PR/1OF) 17 Rhône-Alpes [CC] (2PR/7OF) (1PR/1OF) 4 Île-de-France [CC] (3PR/1PP/14OF) 11 Bretagne [CC] (1PR/1PP/3 OF) 18 Aquitaine [CC] (2 PR/4 OF) 5 Champagne Ardennes [CS] (1PR/1OF) 12 Pays-de-la-Loire [CS-CB] (1PR/2OF) 19 Midi-Pyrénées [CC] (1 PP/1PR/2OF) 6 Lorraine [CS] (1PR/1OF) 13 Poitou-Charentes [CS] (1PR/1OF) 20 Languedoc Roussillon [CS- CB] (1PR/2OF) 7 Alsace [CS-CB] (1PR/2OF) 14 Limousin [CS-CB] (1PR/3OF) 21 Provence-Alpe Côted’Azur + Corse [CC] (1PR/4OF) Évaluation DSB VAE-DEES Les acteurs des délégations régionales Unifaf Placés au cœur de l’aspect organisationnel, financier et administratif de ce dispositif, 8 Secrétaires généraux de région et 7 gestionnaires d’Unifaf furent ainsi rencontrés. Les employeurs Le choix s’est porté sur l’observation des utilisateurs du DSB à partir du nombre de salariés pris en charge par le dispositif de soutien de Branche. Trois types d’utilisateurs ont été identifiés : • les « grands utilisateurs » de DSB sont les établissements dont le nombre de salariés impliqués dans le DSB est significativement plus important que la moyenne régionale des autres employeurs, • les « utilisateurs moyens » de DSB sont les établissements dont le nombre de salariés impliqués dans le DSB correspond à la moyenne régionale des établissements, • les « petits utilisateurs » de DSB sont les établissements dont le nombre de salariés impliqués dans le DSB est très inférieur à la moyenne régionale des autres établissements : ils ont en général un seul candidat impliqué dans le dispositif de Branche quelle que soit leur taille, en nombre de salariés. Le premier objectif de cette typologie est d’évaluer les impacts du DSB VAE DEES et la manière dont il s’est déroulé au niveau des employeurs, en recueillant leurs avis sur son efficacité et sa pertinence. Le second objectif est d’identifier les liens, s’ils existent, entre des pratiques de gestion des ressources humaines (entretien annuel lorsqu’il est mis en place, investissement antérieur dans la VAE , dans la formation professionnelle et la politique de gestion du plan de formation…) et l’utilisation du DSB VAE DEES. Les salariés 6 profils d’utilisateurs ont été identifiés selon le type de parcours réalisé dans le dispositif de Branche et l’étape à laquelle ils se trouvaient (population de base : 1 767 candidats DSB) : • Profil 1 : 76 candidats n’ayant pas validé l’hypothèse de bonne fin (4 %) et sortant du dispositif • Profil 2 : 206 candidats ayant abandonné ou étant sortis du parcours proposé par la Branche (12 % des 1 691 candidats entrés dans le dispositif de Branche) • Profil 3 : 415 candidats ayant validé l’intégralité du DEES, (soit 57 % sur les 722 candidats s’étant présentés aux jurys en 2005 et 2006), • Profil 4 : 243 candidats ayant validé partiellement le DEES (34 %), • Profil 5 : 64 candidats n’ayant rien validé (9 %), • Profil 6 : 763 candidats en cours de parcours (45 % de la population des 1 691 candidats entrés dans le dispositif en 2005 et 2006). ≥ Synthèse des données d’échantillonnage « Salariés » et « Employeurs » La base d’échantillonnage « Employeurs » du Cnam représente au total 642 employeurs pour les 9 régions d’enquête, soit 58 % de l’ensemble des employeurs impliqués dans le dispositif de Branche en 2005 et 2006. Parmi eux, 62 employeurs ont accepté d’être interviewés sur la VAE DEES et le dispositif de Branche, soit 10 % de la base d’échantillonnage. La population d’échantillon de « salariés » pour les 9 régions DSB représente 56 % de la population totale des candidats DSB (soit 997 candidats sur 1 767). Soulignons que les enquêtes de terrain sont des enquêtes qualitatives, complémentaires aux données statistiques nationales et régionales analysées dans ce rapport. 116 salariés ont accepté de témoigner. 21 22 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif La typologie des « Acteurs externes » Une des particularités du DEES est d’être un diplôme sous la responsabilité du certificateur Éducation nationale mais de relever des compétences des Affaires sociales, ce qui implique en termes d’évaluation, une double investigation auprès des structures relevant du ministère des Affaires sociales, en particulier des DRASS, et auprès des structures relevant du ministère de l’Éducation nationale, les DAVA et les services organisant les examens et les concours dont les jurys VAE DEES. Les DRASS Le rôle des DRASS est central dans l’information et le conseil en VAE et dans les usages régionaux de la recevabilité, ceci pour deux raisons : les DRASS ont souvent assuré la recevabilité (livret 1) en attendant que les rectorats prennent position sur la VAE du DEES et que les services des examens et concours ainsi que les DAVA s’organisent concrètement. Deux types d’acteurs ont été interviewés, les inspecteurs des DRASS (10) et les conseillers techniques (4), traditionnellement investis sur le dossier VAE et les questions pédagogiques d’accompagnement. Par ailleurs, la DRASS assure la vice-présidence des jurys de VAE DEES et doit assurer un rôle d’information et « d’harmonisation » (terme utilisé par les interviewés) des pratiques de membres de jury. Il s’avérait donc pertinent d’observer de manière complémentaire l’accueil du dispositif de soutien de Branche et son usage par ces structures dans les 9 régions d’enquête. L’ Éducation nationale Les découpages régionaux par académie de l’Éducation nationale et le rôle des DAVA et des DEC (divisions des examens et des concours ou services équivalents) constituent une donnée régionale incontournable à partir du moment où le diplôme d’État d’éducateur spécialisé s’est ouvert à la VAE. Face aux charges de travail pesant déjà sur la généralisation de la VAE aux diplômes de l’Éducation nationale, les recteurs ont pris des positions différentes sur la mise en place de la VAE DEES : certains ont délégué entièrement la mise en place aux DAVA qui assurent alors également un rôle de DEC pour l’organisation des sessions de jurys (par exemple, en Bourgogne), leur information et parfois leur formation ; dans d’autres régions, les DEC assurent la recevabilité (livret 1) et l’organisation des jurys, comme en Aquitaine par exemple. Appuyés par le réseau des organismes de formation Greta, certains DAVA peuvent assurer les premières étapes de la VAE : positionnement des expériences des candidats en fonction du diplôme visé et estimation initiale des chances d’inscription dans le parcours de VAE et de validation ; examen de la recevabilité des candidats (livret 1) et proposition d’accompagnements diversifiés aux candidats (en fonction des modes de financement de la VAE présentés plus haut). Pour l’instant, les structures de l’Éducation nationale n’ont pas d’offres de formation et de suivi d’expériences professionnelles complémentaires, après les résultats de validation. Celles-ci sont plutôt maîtrisées par les écoles du travail social et les organismes de formation du secteur. Mais l’enjeu consiste pour les DAVA déjà opérationnels sur la VAE DEES (Île-deFrance, Rhône-Alpes, Alsace et Midi-Pyrénées) à maîtriser l’ensemble du processus de VAE, en partenariat (en Midi-Pyrénées, le DAVA et l’Institut Saint-Simon travaillent en très bonne entente ; en Île-de-France, certaines écoles du travail social font part d’une collaboration fructueuse avec le DAVA de Versailles) ou sans partenariat. Les résultats d’évaluation montrent par ailleurs que les critères de choix des membres de jury, la qualité des informations transmises, Évaluation DSB VAE-DEES la qualité de l’organisation des sessions et les travaux entrepris par les DAVA et DEC jouent très fortement sur les résultats de validation. Au total, 26 entretiens ont été réalisés avec 2 inspecteurs de l’Éducation nationale, 11 responsables de DAVA, 6 professionnels de la VAE DEES et 7 responsables de services d’examen de concours. Les Conseils régionaux Il paraissait difficile de ne pas interviewer les responsables VAE des Conseils régionaux car ils sont co-pilotes avec l’État et les anciennes structures (en général, les Carif Oref ) de l’information et du conseil en VAE, au niveau territorial, et promoteurs de la politique du Conseil régional en matière de VAE (chéquiers VAE, contrats d’objectifs avec les branches mis en place pour financer des expérimentations de VAE collective, construction des systèmes de labellisation, des listes de sélection d’organismes accompagnateurs, via l’information et le conseil notamment, l’organisation régionale de la VAE en lien avec les DRASS et les représentants de l’Éducation nationale….). Les Conseils régionaux sont également chargés de la mise en place des schémas régionaux des formations et diplômes du travail social en lien avec les DRASS et les représentants du secteur. Les Conseils régionaux sont responsables de la mise en place d’un service public jugé obligatoire et gratuit pour l’accès au droit à la VAE *. Les CRIS (Cellules régionales inter services) et PRC (points relais conseil) Les cellules régionales inter services en VAE (CRIS) animent des points relais conseil (PRC) à partir d’une labellisation du Conseil régional, en s’adossant la plupart du temps sur des centres de ressources et des structures déjà en place. Il est intéressant de noter qu’Unifaf Bretagne et Unifaf Basse-Normandie, par exemple, sont labellisés comme PRC d’information et de Conseil régional pour la VAE des diplômes du travail social. L’Institut St-Simon en MidiPyrénées (en lien avec le DAVA) est également labellisé PRC et plate-forme VAE des diplômes du travail social aussi bien pour le dispositif de droit commun que pour le dispositif de Branche. Il s’avérait donc particulièrement pertinent d’interroger ce type d’acteurs afin d’examiner les ressources qu’ils peuvent apporter au dispositif de Branche et inversement, en quoi celui-ci peut appuyer le rôle de ces structures pour le développement de la VAE. Les membres de jury VAE DEES Diplôme à caractère interministériel, le DEES adopte une configuration de membres de jury particulièrement mixte et compliquée : une présidence par un universitaire de l’Éducation nationale, une vice-présidence DRASS et trois collèges comprenant : des formateurs et enseignants, des « professionnels » représentés par des employeurs ou bien des salariés, et un collège de représentants d’institutions publiques. Rares sont les sessions de jury regroupant ces catégories préconisées par le droit. L’organisation des jurys VAE DEES s’avère donc compliquée, ce que confirment les entretiens auprès de tous les acteurs interviewés, en particulier des services des examens, des DRASS, des DAVA et des responsables VAE des établissements de formation labellisés par la Branche. L’ intention était également d’identifier les logiques de validation pratiquées par les membres de jury face aux salariés présentant leur candidature à l’accès au diplôme d’État d’éducateur spécialisé. Les résultats montrent que pour être efficaces, l’accompagnement et la recevabilité doivent prendre en compte ces données d’information, d’organisation mais aussi les logiques de validation pratiquées par les membres de jury (voir partie II, “Les trois formes cognitives de validation mises en œuvre par les jurys”). À l’occasion de l’évaluation, les contacts de 29 membres de jury ont été transmis indistinctement par les services des examens de l’Éducation nationale, les DRASS, les DAVA et les pôles * La circulaire DGEFP du 23 avril 2002 définissant l’organisation du service d’information et de conseil en matière de VAE et de la seconde loi de décentralisation du 13 août 2004 « relative aux libertés et aux responsabilités locales ». Le législateur a considéré que l’information et le conseil individualisé à la VAE font partie de la qualité du processus de VAE et de ses résultats. Mieux la mission d’information-conseil en VAE est assurée, plus les candidats auraient de chances de prendre en main leur parcours de VAE « en toute connaissance de cause » et en conséquence, de le réussir. 23 24 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif ressources. L’analyse des 406 entretiens montre cependant que le point de vue des membres de jury ne se limite pas à ces 29 personnes nominativement indiquées comme membres de jury : il faut ajouter les points de vue des inspecteurs et des conseillers techniques des DRASS assurant la vice-présidence des jurys VAE DEES, ceux de l’Éducation nationale et des employeurs interviewés, également présents dans les jurys. Par ailleurs, la plupart des accompagnateurs VAE et des employeurs sont eux-mêmes diplômés ES et assurent régulièrement un rôle de membre de jury. Ceci explique qu’à ces 29 entretiens de membres de jury, il faille ajouter les entretiens auprès des DRASS, des DAVA, des services d’organisation des sessions de jury VAE et des acteurs des pôles ressources labellisés. En conclusion, le point de vue de 64 membres de jury a été analysé. Les personnes ressources et experts Enfin, dès le démarrage de l’évaluation, la CPNE et le groupe de pilotage DRED ont demandé au Cnam d’interviewer une liste de personnes ressources pour une mise en relief et en perspective historique et stratégique du DSB. Elles sont issues du groupe technique ayant participé à la conception du référentiel VAE du DEES, du groupe technique ayant participé à la conception et la mise en place du DSB VAE DEES invités à devenir groupe technique de la présente évaluation, d’acteurs provenant des organismes de formation et des établissements de formation du travail social (directeurs, éducateurs spécialisés…), pour ceux qui étaient impliqués depuis la VAP 92 dans la VAE et des membres du groupe de pilotage de l’évaluation du DSB VAE DEES. Une liste de 27 personnes ressources a été transmise au Cnam pour identifier les acteurs « historiques » du dispositif à même d’expliquer ses choix initiaux de conception et des experts / professionnels du secteur impliqués dans sa mise en œuvre. Le DSB VAE DEES se situe dans le prolongement d’un investissement de la Branche dans la qualification et la VAE depuis la fin des années 1990. Il est apparu pertinent de situer cette expérimentation dans ce cadre et d’identifier les orientations qui l’ont fondée. La typologie proposée par les évaluateurs comprend les acteurs suivants : • Concepteurs techniques (DRED, Unifaf ), • Représentants de Branche (CPNE, groupe de pilotage), • Experts externes, • Experts internes et professionnels du secteur impliqués, • Représentants des écoles et organismes de formation (GNI, Aforts). Les enquêtes terrain Les enquêtes d’évaluation se sont déroulées dans 2 régions à coordination simple (Bourgogne et Picardie) ; 2 régions à coordination bilatérale (Alsace et Centre) comprenant deux entités se répartissant l’activité dans une même région et 5 régions à coordination complexe (Aquitaine, Bretagne, Île-de-France, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes), cumulant les difficultés de coordination exprimées par le nombre de candidats reçus et le nombre important d’entités à coordonner. Comme le rappelle le tableau ci-dessous, l’évaluation a totalisé 379 entretiens conduits dans les 9 régions d’enquête, auxquels il faut ajouter les entretiens avec 27 personnes ressources et experts externes. 406 entretiens ont été conduits représentant 73 jours d’enquête de terrain. Évaluation DSB VAE-DEES Tableau n °1 : Acteurs interviewés dans les neuf régions (Pôles ressources labellisés, délégations régionales Unifaf, employeurs et salariés) Pôles ressources Labellisés Nbre de jours d’enquête Cnam Nbre d’entretiens Alsace 10 53 Aquitaine 8 42 Bretagne 6 42 Bourgogne 9 31 Centre 11 44 Île-de-France 6 41 Midi-Pyrénées 12 30 Picardie 6 28 Rhône-Alpes 11 68 Total 73 379 25 26 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 4 Premières observations Ce que nous apprend la typologie des pôles ressources En croisant la typologie Cnam des pôles ressources labellisés et le nombre de candidats DSB, on constate l’existence de trois grands types de pôles ressources : Les pôles ressources avec un seuil de moins de 50 candidats ont souvent une coordination simple : Un pôle ressources abrité par un seul organisme de formation et des pôles ressources à coordination bilatérale s’étant partagés les candidats dans une région. ≥ Au-delà du seuil de 50 candidats, les pôles ressources régionaux adoptent plutôt des coordinations d’activité bilatérales pour assurer les prestations VAE sur le territoire. ≥ On s’aperçoit qu’au-delà de 100 salariés inscrits dans un parcours DSB, les régions ont plutôt une configuration d’organisation complexe avec plusieurs pôles ressources, plus de deux organismes de formation impliqués et la notion de « pôle porteur », entité à qui est déléguée la gestion administrative et financière du DSB ainsi que la coordination de différentes entités. En Bretagne, ce pôle porteur perçoit 23 % de frais de gestion en fonction de prestations détaillées et il s’agit d’une fonction qui doit être assurée par chacune des entités à tour de rôle pour une période donnée. Elle a été construite sur la base d’une négociation entre les établissements du travail social. En Île-de-France, ce pôle porteur perçoit 10 % de frais de gestion. ≥ L’analyse de la variable « culture » permet de repérer à partir des usages fait du DSB, deux philosophies de reconnaissance différentes et se justifiant chacune dans leur logique. Ces deux cultures de la VAE (VAP 85 et VAP 92, présentées et détaillées plus loin) n’appellent pas les mêmes types d’accompagnement et de préconisation de parcours et par voie de conséquence les mêmes profils professionnels d’accompagnateurs VAE. L’évaluation de la variable culturelle permet également d’examiner les choix opérés en matière de partenariats et de leurs conséquences. Cette analyse révèle qu’en cas de sous-traitance de parties d’activité du dispositif de Branche à des professionnels externes au secteur, il n’y a pas nécessairement eu d’ajustement ou de frais de coordination supplémentaire. C’est le cas, par exemple, du pôle ressources de Bourgogne (IRTESS Dijon) qui fait officiellement figurer les CIBC (Centres interprofessionnels de bilan de compétences) et l’Afpa comme partenaires actifs du dispositif de Branche. Ces derniers remplissent leur mandat sans interaction particulière avec les professionnels du secteur (pas de co-animation, de formations conjointes…). Après enquête et interviews des accompagnateurs CIBC et Afpa, le pôle ressources de Bourgogne est donc à classer dans les pôles ressources à coordination simple. A contrario, en cas de co-intervention ou de co-gestion du dispositif, les acteurs échangent leurs représentations sur la VAE, le métier d’éducateur spécialisé, le référentiel qui le représente, etc. et de ce fait, sont obligés d’ajuster leurs points de vue et de les argumenter dans un processus de professionnalisation et d’acculturation conjoint. Ce second cas n’a pas été observé au niveau des régions à coordination simple enquêtées, il s’observe plutôt dans les régions à coordination bilatérale et complexe par plusieurs choix de ressources humaines : le recrutement d’un professionnel de l’Éducation nationale au sein du pôle ressources (Centre), la co-gestion de parties du dispositif de Branche (l’intervention et le conseil, le suivi régional des candidats VAE et des accompagnements en Midi-Pyrénées) ou bien, autre exemple, le partenariat entre certaines entités d’Île-de-France et le DAVA de Versailles notamment. Dans Évaluation DSB VAE-DEES un contexte régional et interne de réticences à la VAE, le pôle ressources labellisé en Aquitaine présente un cas assez remarquable d’investissement dans la VAE et d’internalisation des compétences nécessaires à sa mise en œuvre puisque l’IRTS Aquitaine a recruté trois professionnels externes, experts en matière de VAE. Les entretiens auprès des 101 professionnels issus de 16 organismes de formation impliqués dans la mise en œuvre du dispositif ont permis de noter que : • la gestion du DSB VAE DEES est souvent associée à la gestion de la VAE, non seulement pour le diplôme d’Éducateur spécialisé mais aussi pour d’autres diplômes. Il arrive souvent que les responsables VAE reçoivent des candidats dont la demande de VAE ne nécessite pas un accompagnement tel que le propose le dispositif de Branche, mais plutôt un accompagnement court de droit commun. Dans ce cas, ils orientent les salariés vers l’accompagnement le plus adéquat. C’est le cas des pôles ressources labellisés en Île-de-France ou bien en Midi-Pyrénées, par exemple. Les ressources mises en place par les pôles ressources labellisés pour gérer le dispositif de Branche sont souvent mutualisées avec d’autres ressources. • En moyenne, 4 personnes par structure et par région se sont mobilisées sur le DSB (pôles ressources et entités associées comprises). Ces personnes ont souvent d’autres activités de formation initiale, de gestion de la formation continue… mais occupent une large partie de leur temps à la procédure et au processus de VAE. Dans le domaine de la gestion du dispositif, l’évaluation a permis également de montrer la réticence de certains pôles ressources à différencier les heures de prestations individuelles et les heures de prestations collectives (une facture globale est alors envoyée) et le rôle important des gestionnaires Unifaf qui sont parfois conduits à reconstituer eux-mêmes le parcours DSB du candidat et en conséquence, les coûts de ce parcours de manière plus détaillée que ne le font les pôles ressources. Un nombre important de préconisations d’amélioration provient de ce niveau d’acteurs. Les résultats montrent également que la qualité de gestion du dispositif dépend de la bonne répartition des rôles entre les gestionnaires financiers du dispositif et les pôles ressources, la plupart des délégations régionales d’Unifaf interrogées ayant un rôle important d’information et de conseil en VAE auprès des employeurs adhérents et des salariés. Ce que nous apprend la typologie des employeurs Les employeurs utilisateurs du dispositif de Branche se trouvent majoritairement dans la catégorie des établissements intervenant auprès des publics handicapés (70 % soit 636 employeurs sur 920), secteur qui connaît des mutations significatives, et dans le secteur des publics en difficulté. Ces deux familles d’activités représentent à elles seules 95 % des secteurs représentés utilisant le dispositif de Branche pour faire accéder leurs salariés au diplôme d’État d’éducateur spécialisé, soit 871 établissements sur 920. Les grands utilisateurs du dispositif de Branche représentent 4,7 % des établissements et 18,8 % des salariés impliqués dans le DSB VAE DEES avec en moyenne 6 candidats impliqués par structure. Les utilisateurs moyens représentent 27 % des établissements s’étant impliqués dans le DSB et 38,5 % des salariés, avec une moyenne de 2 salariés par structure. Les petits utilisateurs sont les établissements les plus nombreux à avoir utilisé le dispositif de Branche : ils représentent 68,3 % de la totalité des établissements impliqués, 42,7 % des salariés DSB et 1 salarié par établissement. On peut considérer avec ces premiers chiffres qu’une petite partie d’établissements employeurs ont massivement utilisé le dispositif de Branche (4,7 %) dans une logique de gestion collective du plan de formation. Les autres établissements l’ont plutôt utilisé au cas par cas. Il faudrait croiser ces données avec celles de 27 28 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif l’enquête Emploi, sous réserve d’harmoniser les nomenclatures des établissements du secteur. Tableau n° 2 Répartition totale des catégories d’établissements employeurs utilisateurs du dispositif de Branche par catégorie d’activités Principales familles d’activités Unifaf (y compris catégories CEP) Typologie des employeurs interviewés et nombre de salariés DSB VAE DEES représentés Grand % dans Utilisateur % dans Petit % dans Utilisateur le CEP moyen le CEP Utilisateur le CEP (GU) (UM) (PU) Médico-social : secteur enfance et adolescence handicapée (CEP 1) 16 40 % Médico-social : secteur adultes handicapés (CEP 2) 9 Médico-social : Secteur des personnes âgées 5 (CEP 3) 82 206 32,9 % 304 33 % 22,5 % 87 34,4 % 236 37,6 % 332 36,1 % 0 1,2 % 2 0,3 % 0,5 % 3 32,4 % Total % dans Employeurs le CEP par CEP 5 Médico-social : secteur de l’enfance et l’adolescence en difficulté (CEP 4) 7 17,5 % 55 21,7 % 120 19,1 % 182 19,8 % Médico-social : secteur des adultes et famille en difficulté (CEP 5) 5 12,5 % 12 4,7 % 36 5,7 % 53 5,8 % Médico-social : secteur petite enfance (CEP 6) -/- 0 1 0,4 % 8 1,3 % 9 1% 0 1 0,4 % 3 0,5 % 4 0,4 % 6 2,4 % 9 1,4 % 16 1,7 % Code 8 - Sanitaire : établissements de court séjour Code 9 - Sanitaire : établissements de moyen et long séjour 1 2,5 % Code 10 - Sanitaire : psychiatrie 1 2,5ž% 3 1,2 % 5 0,8 % 9 1% Code 11 - Sanitaire : autres établissements sanitaires 1 2,5 % 3 1,2 % 2 0,3 % 6 0,7 % Total 40 100 253 100 % 627 100 % 920 100 % Non-réponses (pas de codes Finess) 12 TOTAL 52 44 100 % 297 126 100 % 753 100 % 182 16,5 % 1102 100 % Source : Base fusionnée Cnam arrêtée au 31.12.2006 – effectifs 1767 candidats Ce que nous apprend la typologie des salariés Dans le prolongement de la typologie des employeurs, l’évaluation s’est intéressée aux salariés utilisateurs du dispositif. Ceux-ci sont principalement issus de 3 secteurs : le secteur du handicap et de l’enfance en difficulté (CEP 1,2 et 4) et également du secteur sanitaire, avec 108 salariés, soit un poids plus important que le secteur des adultes et familles en difficulté (CEP 5). Dans ce secteur, la fonction éducative semble se développer et représenter, dans tous les cas, soit une évolution des métiers en place, soit une professionnalisation et une reconnaissance de cette fonction. Évaluation DSB VAE-DEES Tableau n°3 Répartition des salariés par grande famille d’activités Unifaf Grandes familles d’activités Unifaf (y compris catégories CEP) Salariés DSB Salariés DSB % Salariés DSB interviewés % % interviewés par secteur Médico-social : secteur enfance et adolescence handicapée (CEP 1) 545 30.84 33 28.45 6.05 Médico-social : secteur adultes handicapés (CEP 2) 487 27.56 32 27.59 6.57 Médico-social : secteur des personnes âgées (CEP 3) 5 0.28 0 0 0 Médico-social : secteur de l’enfance en difficulté (CEP 4) 305 17.27 23 19.83 7.54 Médico-social : secteur des adultes et familles en difficulté (CEP 5) 88 4.98 5 4.31 5.68 Médico-social : secteur petite enfance (CEP 6) 18 1.02 2 1.72 11.11 Sanitaire : établissements de court séjour (8) 8 0.45 0 0 0 Sanitaire : établissements de moyen et long séjour (9) 41 2.32 3 2.59 7.32 Sanitaire : psychiatrie (10) 42 2.38 1 0.86 2.38 Sanitaire : autres établissements sanitaires (11) 17 0.96 2 1.72 11.76 Non renseigné 211 11.94 15 12.93 7.11 Total 1 767 100 116 100 6.56 Les réalités territoriales et régionales de la VAE DEES et du DSB L’évaluation montre que dans le cas de partenariats anciens et positifs (en Midi-Pyrénées ou bien, d’une certaine manière, en Bretagne), l’Éducation nationale est associée au dispositif de Branche. Dans les cas où les relations étaient déjà difficiles entre l’Éducation nationale et les acteurs du travail social (en Alsace, en Île-de-France et en Rhône-Alpes pour certaines académies), le dispositif de soutien de Branche a renforcé les difficultés en permettant souvent aux pôles ressources d’affirmer leur concurrence avec les DAVA. L’évaluation montre que lorsque les DRASS ont joué un rôle de médiateur en convoquant les pôles ressources et les services du rectorat de l’Éducation nationale autour d’une même table de discussion, le partenariat régional s’est organisé de manière moins concurrentielle. Le rôle des Rectorats s’avère particulièrement important à différents moments du processus de VAE : la recevabilité (livret 1), l’organisation des sessions de jury, la rémunération des membres de jury, l’information et parfois la formation des jurys et enfin, la clarification des préconisations à partir de consignes et d’aides transmises aux membres de jury (notamment par le Président du jury de VAE DEES au moment des sessions plénières). Enfin, l’acteur clé qu’est le Rectorat dispose souvent des statistiques de validation et des données permettant de comparer les résultats de validation par rapport aux types d’accompagnement suivi par les candidats, bien que la loi sur la VAE dissocie les deux. En dernier lieu, l’analyse des manières de communiquer sur le DSB met en lumière certaines distorsions auxquelles il conviendrait de remédier. Pour rappel, le dispositif de Branche a été mis en place à partir de trois principaux constats: la présence de professionnels faisant fonction d’éducateurs spécialisés et le souhait d’anticiper les départs en retraite à l’échelle collective de la Branche (dimension emploi) ; l’accompagnement 29 30 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif des évolutions touchant la formation et les organismes de formation du secteur (dimension formation) et l’amélioration de la performance des résultats de validation au DEES (dimension validation). Or, l’analyse des documents de communication diffusés sur le dispositif montre qu’ils ont essentiellement porté sur l’amélioration de la performance des résultats de validation totale grâce au DSB, en occultant ou atténuant les objectifs premiers du DSB (qualifier les faisant fonction et répondre aux besoins de professionnalisation du secteur). Centrée sur le droit individuel à la VAE, dans la même logique que les campagnes nationales ministérielles sur la VAE, la communication sur le dispositif de Branche a fortement nui à la reconnaissance de la dimension collective du DSB et à sa compréhension comme dispositif mixte de professionnalisation, alliant la VAE et des actions de formation permettant d’actualiser le professionnalisme des candidats au DEES. Elle a même provoqué des oppositions nettes au dispositif de Branche et des incompréhensions. Dans un contexte où tous les valideurs et accompagnateurs VAE recherchent des financements collectifs de ce type auprès d’entreprises ou d’OPCA, l’évaluation préconise de modifier la communication institutionnelle sur ce dispositif comme un dispositif sectoriel d’appui à la VAE incluant des actions mixtes de professionnalisation. Évaluation DSB VAE-DEES Chapitre II Le dispositif de Branche et son poids dans la VAE DEES Pour caractériser la place et le poids du dispositif dans les résultats de la VAE DEES, l’équipe du Cnam s’est appuyée sur l’analyse quantitative et qualitative de 1767 parcours de candidats appartenant à 1102 établissements adhérant à Unifaf (base arrêtée au 31 décembre 2006). L’objectif est double. Il s’agit de rendre compte des résultats de l’évaluation, de l’efficience et de l’efficacité propre à l’ingénierie du dispositif de Branche, présentée dans la seconde partie des résultats, phase par phase et action par action. Il s’agit également d’estimer l’impact de ce dispositif sur l’accès au DEES par la VAE et ses effets sur les résultats de validation (validation partielle, validation totale et non-validation) par rapport aux candidats se présentant aux jurys par d’autres moyens au niveau national et au niveau régional. L’enjeu est d’apporter des réponses aux questions suivantes : Le dispositif de Branche a-t-il été utilisé par les salariés du secteur désireux de faire reconnaître leurs acquis ? Si oui, dans quelles proportions ? ≥ Les candidats suivis par le dispositif de Branche ont-ils des résultats de validation meilleurs que les autres candidats à la VAE DEES ? ≥ Peut-on identifier des grandes tendances régionales en fonction des résultats de validation au DEES en 2005 et 2006 et en tirer des conclusions quant à la pertinence de ce dispositif ? ≥ Doit-on les résultats du DSB à l’efficacité de l’hypothèse de bonne fin (le pronostic de validation des quatre fonctions du référentiel à partir d’une évaluation initiale des chances de valider du candidat) ou bien au parcours VAE prévu par le dispositif sectoriel de Branche ? ≥ Avant d’entrer dans le détail, il est opportun de souligner que les analyses et typologies produites dans cette partie indiquent des tendances et des orientations originales qui restent à confirmer sur plusieurs années, à partir de deux commentaires sur le contexte de développement de la VAE DEES : • les chiffres sur les résultats de validation ne sont pas toujours fiables, car leur circulation participe aux jeux stratégiques entre acteurs et institutions, dans un contexte difficile de mise en œuvre de la VAE DEES, • une part importante des candidats DSB a souhaité reporter le passage devant les jurys en 2007, choix qui s’explique par le précédent contexte mais aussi par les caractéristiques des salariés choisissant le DSB pour prendre le temps de valider. Leur logique dépasse l’unique projet de VAE et s’inscrit plus largement dans une dynamique de bilan et d’apprentissage. L’estimation du poids des candidats ayant suivi l’accompagnement de Branche dans les résultats de la validation est effectuée à partir du croisement statistique de deux sources de données : • les données de travail transmises à titre amical par la DEPP (ministère de l’Éducation nationale) comme document de travail pour les années 2005 et 2006, • les résultats de validation collectés par Unifaf dans le cadre du suivi du dispositif de Branche. 31 32 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 1 Le DSB : Une forte présence régionale dans la VAE DEES Au 31 décembre 2006, les sessions de jury VAE DEES s’étant déroulées en 2005 et en 2006 ont accueilli au total 4 880 candidats. Parmi ceux-ci, 722 ont bénéficié de l’accompagnement de la Branche (soit 15 % ). Sur l’ensemble des 1 767 candidats suivis par le dispositif de Branche, 41 % ont présenté leur livret 2 devant les jurys VAE et 62 % (1 045) prévoyaient de le présenter en 2007. Une présence dans toutes les régions et un potentiel important de présentation aux jurys Si l’on considère le poids des 1 767 candidats impliqués dans le DSB au 31.12.2006, le dispositif de Branche représente un potentiel de validation d’une moyenne nationale de 36,20 % (soit 1 767 candidats sur 4 880). Si l’on regarde le tableau suivant , on constate dans la colonne de droite que dans 16 régions sur 22, les taux de présentation des candidats DSB aux jurys sont supérieurs à cette moyenne, ce qui confirme la forte présence régionale du DSB. Tableau n° 4 Candidats se présentant aux jurys VAE DEES au 31.12.2006 en 2005 et 2006 Académies Éducation Nationale et régions Candidats devant les jurys en 2005 et 2006 Total candidats Candidats Part DSB DSB Candidats DSB VAE DEES Part hors DSB Nbre DSB Reports Taux de validation 1 Strasbourg/Alsace 74 34 46% 54% 65 31 52% 2 Bordeaux/Aquitaine 322 108 34% 66% 182 74 59% 3 Clermont-Ferrand/Auvergne 25 5 20% 80% 53 48 9% 4 Caen/Basse-Normandie 169 0 0% 29 29 0% 5 Dijon/Bourgogne 50 22 44% 56% 48 26 46% 6 Rennes/Bretagne 82 30 37% 63% 154 124 19% 7 Orléans-Tours/Centre 106 25 24% 76% 67 42 37% 8 Reims/Champagne-Ardenne 111 4 4% 5 1 80% 9 Besançon/Franche-Comté 80 23 29% 71% 58 35 40% 10 Rouen/Haute-Normandie 158 28 18% 82% 71 43 39% 11 Créteil+Paris+Versailles/IDF 700 65 9% 91% 127 62 51% 12 Montpellier/Languedoc-Roussillon 106 54 51% 49% 131 77 41% 13 Limoges/Limousin 49 21 43% 57% 55 34 38% 14 Nancy-Metz/Lorraine 236 24 10% 90% 48 24 50% 15 Toulouse/Midi-Pyrénées 393 76 19% 81% 154 78 49% 16 Lille/Nord-Pas-de-Calais 308 9 3% 97% 59 50 15% 17 Aix Marseille Nice/Pacac 1134 80 7% 93% 124 44 65% 18 Nantes/Pays-de -la -Loire 49 21 43% 57% 109 88 19% 19 Amiens/Picardie 88 7 8% 92% 49 42 14% 20 Poitiers/Poitou-Charentes 113 12 11% 89% 26 14 46% 21 Lyon+Grenoble/Rhône-Alpes 329 72 22% 78% 151 79 48% 22 La Réunion 106 2 2% 98% 2 0 100% 23 La Martinique 92 0 0% 100% 0 0 0% 4880 722 15% 85% 1767 1045 41% Totaux 100% 96% Évaluation DSB VAE-DEES Un poids plus important dans les régions où peu de candidats se présentent à la VAE DEES 2 Les résultats d’évaluation montrent que le dispositif de Branche a pris une place centrale dans l’accès au DEES par la VAE, en particulier dans les régions où peu de candidats se présentent à la VAE et dans celles où les DAVA n’étaient pas prêts à construire une ingénierie spécifique pour accompagner les candidats à rédiger leur livret 2 dans les termes d’un référentiel méconnu (le référentiel VAE ES est relativement récent puisqu’il a été validé par la Commission professionnelle consultative du travail social en 2002). L’organisation régionale du dispositif de Branche Trois types de régions DSB se distinguent à partir des croisements entre le nombre de candidats se présentant au jury, la part des candidats DSB et le nombre de candidats inscrits dans le parcours de Branche. 12 régions assurent une majorité des accompagnements via le dispositif de Branche Dans ces 12 régions, le dispositif de Branche est le pilier de la VAE DEES. Les données quantitatives et les données qualitatives collectées au cours des enquêtes de terrain permettent de constater que 7 régions assurent la totalité des accompagnements VAE pour le DEES ou presque : Languedoc-Roussillon, Pays-de-la-Loire, Limousin, Bretagne, Auvergne, Haute-Normandie et Bourgogne. Pour ces régions, la part des candidats se présentant devant les jurys est élevée et le nombre de candidats impliqués dans le parcours proposé par la Branche est supérieur au nombre de candidats s’étant présenté au jury, au niveau régional, tous dispositifs confondus. Les enquêtes conduites en Bretagne et en Alsace montrent par ailleurs que, pour la Bretagne, le Rectorat et le DAVA ont fait le choix de laisser l’accompagnement VAE DEES à Unifaf et aux établissements de formation du travail social. En Alsace, le DAVA avait initié une première démarche de partenariat en direction des pôles ressources labellisés qui n’a pas abouti. Il réalise en conséquence des accompagnements VAE DEES de son côté, mais en proportion réduite par rapport aux établissements de formation du travail social. En Bourgogne, le pôle ressources bénéficie d’une situation de quasi-monopole de l’accompagnement dans un contexte où le rectorat et le DAVA ne se sont pas initialement positionnés sur l’accès à ce titre par la VAE , mais réalisent néanmoins quelques accompagnements. Viennent ensuite des pôles ressources labellisés réalisant moins d’accompagnements que le nombre de candidats qui se présentent aux jurys et conduisant, d’après les chiffres, peu de candidats devant les jurys de validation : Aquitaine, Midi-Pyrénées, Picardie et Rhône-Alpes. Dans ces régions, les chiffres indiquent plutôt une part réduite de présentation de candidats DSB devant les jurys et un nombre de candidats suivis par le dispositif de Branche inférieur au nombre de candidats ayant validé au 31.12.2006. Pourtant, les données d’enquête de terrain permettent de conclure que ces pôles ressources labellisés occupent une place régionale dominante dans la mesure où l’accompagnement leur est laissé par les services de l’Éducation nationale (Aquitaine et Picardie) ou bien, parce qu’ils sont des plates-formes régionales VAE préparant également les candidats de droit commun (Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes). Faisant partie de l’échantillon d’enquête pour l’évaluation, ces régions représentent à elles seules 62 % des candidats du dispositif de Branche (1102 sur 1767). 33 34 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Tableau n°5 12 régions DSB fortement présentes dans l’accompagnement VAE DEES Académies / Régions Part des candidat DSB Total candidats se présentant au jury Nbre de candidats dans le parcours DSB Montpellier/Languedoc-Roussillon 50,94 % 106 131 Nantes/Pays de la Loire 42,86 % 49 109 Limoges/Limousin 42,86 % 49 55 Rennes/Bretagne 36,59 % 82 154 Clermont-Ferrand/Auvergne 20 % 25 53 Rouen/Haute-Normandie 17,72 % 15 71 Strasbourg/Alsace 45,95 % 74 65 Dijon/Bourgogne 44 % 50 48 Bordeaux/Aquitaine 33,54 % 322 182 Toulouse/Midi-Pyrénées 19,34 % 393 154 Amiens/Picardie 7,95 % 88 49 Lyon+Grenoble/Rhône-Alpes 21,88 % 329 151 Totaux -/- 1567 1102 2 régions à potentiel de développement Le nombre de candidats accompagnés par le DSB se présentant aux jurys de validation est relativement faible au 31/12/2006 mais ces régions présentent un fort potentiel de développement (Centre, Franche-Comté). Le pôle ressources de la région Centre est surchargé de demandes et recherche des accompagnateurs dans un contexte où peu de structures ont proposé des accompagnements à la VAE DEES. Ce PR est donc plutôt en crise de développement, selon l’expression consacrée. Le nombre de candidats qui peuvent potentiellement valider dans le cadre du pôle ressources VAE DEES labellisé en Franche-Comté avoisine 72 %, ce qui représente également un potentiel important de validation même si seulement 23 candidats ont validé en 2005 et 2006. Tableau n°6 2 régions très présentes dans l’accompagnement VAE DEES à fort potentiel Académies / Régions Taux de validation des candidats DSB Total candidats se présentant au jury Nbre de candidats dans le parcours DSB Besançon/Franche-Comté 28,75 % 80 58 Orléans-Tours/Centre 23.58 % 106 67 Totaux -/- 186 125 8 régions où le DSB participe de manière réduite à l’accompagnement des candidats Dans ces régions, le DSB est moins présent, soit parce que des accompagnements pertinents existent par ailleurs et le précèdent, soit parce que les établissements de formation ont démarré plus tardivement que les autres les démarches de VAE : Paca-Corse, Île-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Basse-Normandie, Poitou-Charentes, Lorraine, Champagne-Ardenne et l’Île de la Réunion. En Île-de-France, les enquêtes montrent que les établissements de formation du travail social se sont plutôt impliqués dans des accompagnements VAE DEES de droit commun et commencent à investir le dispositif de Branche de manière croissante. Évaluation DSB VAE-DEES Tableau n°7 8 régions où le DSB est moins présent dans l’accompagnement VAE DEES 3 Académies / Régions Taux de validation des candidats DSB Total candidats se présentant au jury Nbre de candidats dans le parcours DSB Aix Marseille Nice/Pacac 7,05 % 1134 124 Créteil+Paris+Versailles/IDF 9,29 % 700 127 Lille/Nord-Pas-de-Calais 2,92 % 308 59 Caen/Basse-Normandie 0% 169 29 Poitiers/Poitou-Charentes 10,62 % 113 26 Nancy-Metz/Lorraine 10,17 % 236 48 Reims/Champagne-Ardenne 3,60 % 111 5 Ile de la Réunion 1,89 % 106 2 Totaux -/- 2641 372 Des résultats de validation plus satisfaisants L’analyse des résultats de validation au jury VAE pour les candidats DSB a été conduite à un double niveau. Au niveau national tout d'abord, à partir d'une analyse comparée avec les résultats de la VAE DEES pour les jurys réunis en 2005 et 2006 et ce, quel que soit le dispositif d'accompagnement mobilisé. Ensuite, les résultats de validation des candidats DSB ont été analysés au regard des configurations régionales de validations, c'est à dire en fonction des tendances régionales issues des équilibres relatifs entre les validations totales, les validations partielles et les non validations. Au terme de ces croisements, les résultats de validation des candidats DSB apparaissent comme plus satisfaisants que les autres résultats (il faut néanmoins utiliser avec précautions les chiffres sur la VAE). Rappelons qu’au 31 décembre 2006, 15 % des candidats se présentant au jury VAE DEES ont été accompagnés par le dispositif de soutien de Branche. Ainsi rapporté à l'ensemble des candidats se présentant au jury VAE DEES, qu'ils aient sollicité ou non un dispositif d'accompagnement, nous nous rendons compte que la population des candidats DSB représente 21% des validations totales, 13% des validations partielles et 6% des non validations. En s'intéressant aux types de validations enregistrées pour ces 722 salariés DSB, on constate que 57% d'entre eux valident totalement le DEES (415 au total sur 722 candidats DSB) ; 34% le valident partiellement (243 candidats sur 722 candidats DSB) et enfin, 9% ne valident rien (64 candidats sur 722 candidats DSB). Les résultats de validation des candidats DSB par rapport à l'ensemble des candidats DSB passés devant le jury sont donc plus satisfaisants que les résultats des candidats ayant opté pour aucun ou pour un autre type d'accompagnement. La part des candidats DSB ayant totalement validé le diplôme est supérieur au taux de validation de la VAE DEES. La part des candidats DSB ayant validé partiellement est sensiblement inférieure ; et, enfin, la part des candidats DSB n'ayant rien validé est plus faible. Les tableaux suivants illustrent ce constat d'évaluation arrêté au 31.12.2006. 35 36 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Tableaux n° 8 et 9 Résultats tout dispositif confondu et poids DSB2005/ 2006 Résultats des candidats hors DSB du et des candidats DSB - 2005 / 2006 Types Total de résultats candidat % poids des candidats DSB Type de résultats Total % cand. hors DSB Total cand. DSB % Validation totale 1994 41 21 % Validation totale 1579 38 415 57 validation partielle 1887 39 13 % validation partielle 1644 39 243 34 Non validation 999 20 6% Non validation 935 23 64 9 Total 4880 100 Total 4158 100 722 100 Typologies régionales en fonction des résultats de validation et de leur combinaison Complétant l’analyse globale des résultats, l’équipe du Cnam s’est attachée à observer les combinaisons de validations, c’est-à-dire la part des validations totales, des validations partielles et des non validations, au niveau des territoires. Il est intéressant de noter que ces combinaisons régionales diffèrent de celles des validations, tous dispositifs confondus. Les combinaisons DSB sont plus satisfaisantes en termes de résultats avec davantage de validations totales et moins de non validations. Le cas de figure n°4, c'est à dire la tendance régionale où les non validations sont significativement plus importantes que les autres types de validation, n'a, par exemple, pas été observé pour les candidats DSB. Voyons plus en détail chacune de ces typologies : Typologie régionale 1 : taux important de validation totale et peu de non validations Trois régions entrent dans cette première typologie face aux huit régions où cette combinaison de validation la plus favorable se retrouve dans les résultats de validation des candidats DSB. Tableau n° 10 Régions à fort taux de validation totale et faible taux de non validation VAE DEES (tous dispositifs confondus) VT validations totales VP validations partielles NV non validations VT VT VP Alsace 68 % 16 % 16 % Alsace 70% 24% 6% Bretagne 63 % 7% Lorraine 67% 25% 8% Rhône-Alpes 52 % Total candidats 273 VP VAE DEES (candidats DSB) 29 % 34 % 148 NV NV 14 % Île-de-France 65% 23% 12% 64 Rhône-Alpes 63% 29% 8% Midi-Pyrénées 58 % 33 % 9% Aquitaine 56% 37% 7% Total 244 120 36 485 Typologie régionale 2 : aucune non validation 400 Apparemment, les candidats DSB ont bénéficié, peut-être plus que d’autres, de cette combinaison de validations. En effet, 7 régions DSB se signalent par une absence totale de non validation. Les résultats des candidats DSB en Auvergne sont à cet égard sensiblement meilleurs que les autres. Pour ce qui concerne les Pays-de la Loire, les chiffres transmis par l’enquête « Unifaf Masque OF » ne correspondent pas aux données de l’Éducation nationale: la région enregistre Évaluation DSB VAE-DEES zéro non validation, tous dispositifs confondus alors que les pôles ressources indiquent trois non validations. La région DSB Pays-de-la-Loire n’est pas classée pour cette raison. Tableau n° 11 Régions n’enregistrant pas de candidat ne validant aucune des quatre fonctions du DEES VAE DEES (tous dispositifs confondus) Auvergne VT VP NV 48 % 52 % 0 VAE DEES (candidats DSB) VT VP NV Champagne-Ardenne 25% 75% 0 Pays-de-la-Loire 47 % 53 % 0 Franche-Comté 83% 17% 0 Total candidats 39 0 Nord-Pas-de-Calais 89% 11% 0 Picardie 86% 14% 0 Auvergne 80% 20% 0 35 74 Poitou-Charentes 50% 50% 0 Iles de la Réunion 50% 50% 0 Total candidats 45 17 0 62 Typologie régionale 3 : beaucoup de validations partielles et de non validations Cette configuration régionale où le nombre des validations partielles et des non validations est égale et/ou supérieure aux validations totales est la configuration dominante des combinaisons de validation, tous dispositifs d’accompagnement confondus. Elle est moins présente parmi les candidats DSB. Moins de régions DSB sont concernées par cette configuration et les taux de non validations, là encore, sont plus réduits. Tableau n° 12 Régions où les validations partielles et les non validations sont équivalentes ou supérieures aux validations totales VAE DEES (tous dispositifs confondus) VAE DEES (candidats DSB) VT VP NV VT VP Franche-Comté 50 % 40 % 10 % Centre 50 % 40 % 10 % Île-de-France 47 % 39 % 14 % Bourgogne 50 % 40 % 10 % Languedoc-Roussillon 47 % 39 % 14 % Bretagne 50 % 40 % 10 % Lorraine 44 % 38 % 18 % Haute-Normandie 50 % 40 % 10 % Paca-Corse 40 % 37 % 23 % Languedoc-Roussillon 56% 24% 20% Poitou-Charente 43 % 44 % 12 % Limousin 52% 43% 5% Champagne-Ardenne 43 % 44 % 12 % Paca-Corse 56% 39% 5% Bourgogne 30 % 54 % 16 % Total candidats 126 106 28 Haute-Normandie 29 % 52 % 19 % Midi-Pyrénées 40 % 45 % 15 % Aquitaine 41 % 42 % 17 % Basse-Normandie 41 % 42 % 17 % Total candidats 1 496 1439 686 3 621 260 NV 37 38 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Typologie régionale 4 : beaucoup de non validations Ce dernier cas de figure n’est pas présent pour les candidats DSB. Tableau n° 13 Régions où le taux de non validation est significativement important VT VP Nord-pas-de-Calais 29 % 35 % 36 % NV Centre 29 % 36 % 35 % Ile de la réunion 18 % 52 % 30 % Martinique 23 % 22 % 55 % Picardie 33 % 45 % 22 % Total candidats 190 261 249 700 Un facteur clé de validation : le parcours d’accompagnement Les résultats de validation des candidats ayant suivi le dispositif de Branche sont donc plus satisfaisants que les résultats des autres candidats. La question qui reste à traiter est la suivante: ces résultats sont-ils satisfaisants parce que le dispositif de Branche prévoit la sélection des candidats les plus proches de la validation, avec des acquis d’expérience quasiment similaires aux attentes de qualification et de compétences d’au moins trois fonctions sur quatre du référentiel d’éducateur spécialisé? Ou bien sont-ils satisfaisants parce que le parcours d’accompagnement prévu par le dispositif qualifie les personnes à la VAE et leur permet de mieux exprimer et faire valoir leurs acquis d’expérience? Pour répondre à ces questions, les évaluateurs ont été amenés à questionner la valeur du pronostic émis par les Pôles Ressources au terme de l’hypothèse de bonne fin. La valeur de pronostic de l’hypothèse de bonne fin. Parmi les pré-requis exigés du candidat pour accéder au dispositif, figure celui d’obtenir de la part du pôle ressources une estimation de son potentiel de validation à au moins trois des quatre fonctions de l’éducateur spécialisé. Cette estimation est réalisée à partir d’un diagnostic initial d’une durée de maximum de 4 heures. Il s’agit donc ici de mettre en perspective les résultats de la phase préalable à l’accès au dispositif dite « étape de l’hypothèse de bonne fin » et les résultats de validation prononcés par le jury de VAE. Ce croisement entre les pronostics de validation réalisés au cours de l’hypothèse de bonne fin et les résultats de validation au DEES a été possible pour 673 candidats sur les 722 s’étant présentés aux jurys en 2005 et en 2006. ≥ ≥ Les analyses font ressortir que la fiabilité du pronostic semble s’avérer efficace lorsque la réussite de validation aux quatre fonctions du référentiel est pronostiquée (c’est le cas pour 70 % des candidats à qui 4 fonctions ont été pronostiquées). Pour les autres, les résultats de validation coïncident peu avec les hypothèses de bonne fin. 179 candidats sur 256, soit 70% ont obtenu un résultat de validation conforme au pronostic réalisé par le pôle ressource, et dans ce cas les candidats ont validé totalement leur diplôme. En revanche, 92 candidats sur 98 ont totalement validé le DEES alors que leur pronostic initial de validation indiquait qu’ils étaient proches de la validation de deux, voire d’une fonction. Enfin, 98 salariés ont été acceptés dans le dispositif de Branche alors qu’ils n’avaient pas ces pré-requis de validation et leurs résultats de validation sont finalement très satisfaisants, puisque seulement 6 % (6 candidats sur 98) ont obtenu les validations partielles prévues au cours de l’hypothèse de bonne fin. Évaluation DSB VAE-DEES Conclusion et préconisations Ces résultats démontrent que c’est plutôt le parcours de VAE prévu par le dispositif de Branche qui explique les résultats positifs de validation et non la sélection initiale par l’hypothèse de bonne fin. Les évaluateurs préconisent donc de la supprimer comme critère de sélection à l’entrée du dispositif et de l’intégrer dans l’accompagnement VAE en début de parcours, dans l’appui méthodologique. Au vu de ces résultats et analyses, les évaluateurs signalent qu’il est opportun que la Branche et son OPCA maintiennent leur investissement dans la VAE des diplômes du travail social, renforcent la labellisation et la démarche qualité du DSB en l’ouvrant à d’autres diplômes du secteur et développent ou consolident des plates-formes d’information et de conseil VAE des diplômes du travail social, comme c’est déjà le cas dans une douzaine de régions DSB. Par ailleurs, la faible valeur de pronostic de l’hypothèse de bonne fin conduit les évaluateurs à proposer le déplacement de cette sélection : elle ne devrait plus constituer une sélection d’entrée au DSB mais être intégrée dans la logique de parcours VAP 92 du dispositif de Branche, plus directement ciblée sur des réussites de VAE. 39 40 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Chapitre III Les utilisateurs du dispositif Après avoir évalué la place et le poids du dispositif de Branche dans les résultats de la VAE DEES, cette partie du cahier s’intéresse plus directement aux trois acteurs cruciaux du dispositif sectoriel de VAE : • les salariés destinataires des parcours d’appui VAE DEES, • les employeurs impliqués dans la VAE, • les établissements de formation en travail social, opérateurs concrets de l’accompagnement. Qu’est-ce qui différencie les 1 767 salariés impliqués dans le dispositif de Branche en 2005 et 2006 des candidats utilisant d’autres dispositifs ? Qu’est-ce qui a incité 1 102 employeurs à l’utiliser et dans quel objectif ? Quels effets cette immersion dans le monde de la VAE et de la certification produit-elle sur les accompagnateurs et les établissements de formation du travail social impliqués dans le DSB VAE DEES ? 1 Telles sont les 3 grandes questions auxquelles les analyses apportent des éléments de réponse, notamment à partir des matériaux recueillis au cours des 279 entretiens de professionnels où tous ont pu exprimer leurs motivations spécifiques, leurs analyses, leurs attentes et même leurs critiques. Les caractéristiques socioprofessionnelles des salariés du DSB L’analyse des données d’âge, de genre, de durée d’expérience professionnelle, de diplôme, de secteur d’activité et d’emploi déclaré confirme que les salariés DSB partagent les grandes caractéristiques mises en lumière par le Contrat d’Études Prospectives en 2002 : une forte présence féminine, une population en activité de plus de 42 ans ; une majorité de salariés diplômés du travail social (peu de diplômés hors secteur) et une forte représentation de deux secteurs : principalement celui du handicap (CEP 1, « Secteur médico-social de l’enfance et de l’adolescence handicapée » et CEP 2, « Secteur médico-social des adultes handicapés ») puis, celui des personnes et familles en difficulté (CEP 4, « Secteur médico-social de l’enfance en difficulté » et CEP 5, «Secteur médico-social des adultes et familles en difficulté »). Par ailleurs, si une majorité est diplômée du travail social, le nombre de candidats hors secteur n’est pas négligeable. Le genre 68 % des candidats au DSB sont des femmes confirmant ainsi la féminisation du secteur (72 % de femmes dans les données CEP en 2002). Notons cependant que cette tendance globale doit s’analyser secteur par secteur. ≥ Dans ce cas, on observe que la féminisation soulignée par le CEP est un peu plus marquée dans le secteur du handicap. ≥ 44 % des candidats DSB du secteur petite enfance sont des hommes alors qu’ils représentent moins de 10 % selon les données CEP 2002. Interrogés sur la sous-représentation importante des femmes au sein des candidats DSB du secteur, les employeurs expliquent un souhait d’appuyer la professionnalisation des hommes pour obtenir une population plus mixte dans ce secteur. Évaluation DSB VAE-DEES L’âge La moyenne d’âge des candidats DSB est de 41 ans et se rapproche de celle des professionnels du secteur social et médico-social à but non lucratif (42 ans). Il est intéressant de noter cependant que les candidats DSB se concentrent dans la tranche d’âge de la population active des 35 à 49 ans et que les jeunes professionnels (19 à 29 ans) ou les professionnels avec une longue ancienneté (50 à 59 ans) sont moins représentés que dans le CEP. Le DSB attire plutôt des personnes ayant une expérience professionnelle avérée à faire reconnaître, dans le cadre d’une mobilité et d’un changement de carrière, ce que confirment les entretiens avec les salariés. Une partie des femmes interviewées mentionne la fin d’une phase d’éducation des enfants et le souhait de « revenir au travail » ou bien de « confirmer une position professionnelle » reconnue par l’accès au diplôme d’éducateur spécialisé. Les candidats choisissent le dispositif de Branche pour se donner le temps d’un bilan et d’une réflexion de parcours. Une majorité de candidats DSB relevant du domaine du travail social Trois diplômes du travail social ressortent parmi les candidats DSB, ce qui n’a rien de surprenant vu les conditions d’accès au dispositif de Branche et son orientation vers les salariés du secteur : les Moniteurs éducateurs (CAFME), les Aides médico-psychologiques (DEAMP) et les Éducateurs de jeunes enfants (DEEJE). Ils représentent respectivement : 75 % de ME (soit 1 016 candidats sur les 1 355 diplômés du secteur), 19 % d’AMP (soit 260 diplômés sur 1355) et 4 % d’EJE (soit 58 candidats sur 1355). L’observation des niveaux de diplômes permet de confirmer l’importance des candidats initialement visés par le dispositif de Branche. Diagramme n° 1 Niveaux et diplômes (relevant du travail social dont co-gestion AS/EN) des candidats se présentant au DSB et relevant du domaine du travail social Diplômes relevant du travail social Dont co-gestion AS/EN** Total Niveau I 2 (1%) DEIS** 1 CAFDES 1 Niveau III 67 (5%) DEEJE 58 DECSF** 5 Niveau IV 1023 (75%) CAFME** 1016 DETISF 7 Niveau V 263 (19%) DEAMP 260 DEAVS 3 1355 (83 %) Population de référence : 1627 candidats DEETS** 4 Niveau I • Niveau III • Niveau IV • Niveau V Total Total : 1355 (83 %) (population de référence : 1 627 candidats) 41 42 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Des diplômés relevant de la Jeunesse et des Sports 98 candidats sur 1627, soit 6 % sont diplômés de ce domaine impliquant le ministère des Affaires sociales et celui de la Jeunesse et des Sports (le Diplôme d’Etat aux fonctions d’animation) et un diplôme de l’Éducation nationale (BEP Carrières sanitaires et sociales). Diagramme n° 2 Niveaux et diplômes des candidats se présentant au DSB et relevant du domaine « Jeunesse et Sports » 12% 12 Diplômes J&S - AS/J&S* et EN** 65% Niveau III 22 (23 %) Niveau IV 64 (65 %) Niveau V 12 (12 %) Total 98 (6 %) 64 23%19 DEFA * BEES 3 35 BEES 29 BEPS 7 BEP CSS** 3 22BEATEP • Niveau III • Niveau IV BAPAAT • Niveau V 2 Total : 98 (6 %) (population de référence : 1627 candidats) Les autres diplômés Parmi les diplômés préparant l’accès du diplôme d’État d’éducateur spécialisé par le dispositif de Branche, le tableau suivant permet de noter la présence de quelques diplômés universitaires de niveau I (6 %) et la forte présence de candidats ayant le baccalauréat ou un équivalent (DEAU), soit 28 % des autres diplômés. Le niveau le plus représenté est le niveau III, notamment les DEUG (Diplômes d’études universitaires générales). Diagramme n° 3 Niveaux et autres diplômes des candidats DSB DHEPS Diplôme des Hautes études des pratiques sociales niveau III DUTCS DUT carrières sociales niveau III CQFMB Certificat de qualification du secteur du bricolage niveau IV CFPAS Diplôme de conseiller en prévention niveau V DEAU Diplôme d’accès aux études universitaires niveau IV 12% 21 6% 11 39% 71 • Niveau I • Niveau II • Niveau III • Niveau IV • Niveau V Total : 181 (11 %) (population de référence : 1627 candidats) Évaluation DSB VAE-DEES 2 Des caractéristiques distinctives Les domaines d’activité les plus concernés Seuls certains types d’établissements du travail social ont massivement investi le dispositif de Branche, ce qui montre un véritable besoin de qualification et de compétences d’éducation spécialisée pour les activités suivantes, et en même temps, des établissements où la revalorisation des emplois semble cruciale. Il s’agit principalement du secteur du handicap (enfants et adultes) et publics en difficulté (personnes et familles) et également du secteur sanitaire. Par ailleurs, d’autres domaines d’activité avec des besoins émergents ou confirmés en éducation spécialisée et en VAE se distinguent. Si l’on croise les informations renseignées sur la catégorie d’activité de leurs établissements employeurs (Code Finess) avec l’emploi qu’ils déclarent, le secteur sanitaire et en particulier les établissements de soins en psychiatrie et en toxicomanie représentent 108 candidats sur 1556, soit 7% des candidats. Ce chiffre indique des besoins en éducation spécialisée pour les publics accueillis. Un deuxième domaine se distingue, celui de l’animation socioculturelle pour 131 candidats sur les 1556 réponses (principalement des Moniteurs éducateurs et des aides médico-psychologiques), soit 8% des candidats préparant le DEES par le dispositif de Branche. Les candidats déclarant occuper une fonction d’éducateur spécialisé (tous secteurs et diplômes confondus cette fois-ci) représentent 89 personnes sur 1556 réponses, soit 6 % des candidats pouvant correspondre à une catégorie classique de faisant-fonction. *ACTIVITÉ : MÉDICO-SOCIAL (par secteur) CEP 1 enfance et adolescence handicapée CEP 2 adultes handicapés CEP 3 personnes âgées CEP 4 l’enfance en difficulté CEP 5 adultes et famille en difficulté CEP 6 secteur petite enfance **ACTIVITÉ : SANITAIRE S1 établissements de court séjour S2 étab. de moyen et long séjour S3 psychiatrie S4 autres étab. sanitaires Dans tous les cas, les salariés inscrits dans le processus de VAE expriment deux motivations principales : une attente importante de reconnaissance personnelle et professionnelle et une mise à jour professionnelle en se confrontant à la VAE DEES par le dispositif d’accompagnement de Branche. Emploi déclaré par les candidats DSB En lien avec les travaux du CEP, l’histogramme ci-dessous présente les secteurs ayant le plus utilisé le dispositif de soutien de Branche. Histogramme n° 1 Emplois occupés par grandes familles d’activité Unifaf (y compris les catégories CEP) Population de référence : 1556 réponses (211 non-réponses) CEP 1 CEP 2 *ACTIVITÉ : MÉDICO-SOCIAL CEP 3 CEP 4 CEP 5 CEP 6 S1 S2 **ACTIVITÉ : SANITAIRE S3 • ME • AMP • Animateur socio-culturel • ES • EJE • Moniteur d’atelier • ETS • autres S4 Non renseigné 43 44 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif En outre, la demande de compétences dans le domaine de la relation éducative et de la mise en place de projets éducatifs dans les secteurs historiques de l’éducation spécialisée comme ceux du handicap et des personnes en difficulté est notamment confirmée par la mise en place de modules VAE portant spécifiquement sur les réformes du handicap et leurs conséquences par rapport aux domaines de compétences visés par le référentiel VAE DEES vis-à-vis de la loi du 3 avril 1975, la nomenclature officielle du handicap de janvier 1989 et la loi 2005-102 de février 2005, notamment. Tableau n°14 Part des candidats DSB-VAE DEES dans 3 secteurs historiques de l’éducation spécialisée Domaine du Handicap [66 % des candidats DSB*] IME et IR : 70 % des candidats (soit 379) Foyers d’hébergement et d’activités:62% des candidats (soit 303) ESAT ex-CAT : 18% (soit 90) MAS : 11% (soit 54) *Soit 1032 salariés sur 1556 (211 non- réponses) Domaine des personnes et familles en difficulté [25 % des candidats DSB*] MECS : 51 % des candidats (soit 202) CHRS : 68% des candidats (soit 60) *Soit 393 salariés sur 1556 Domaine de la réadaptation fonctionnelle, post-traumatique et psychologique 7 % des candidats DSB* Établissements de soins et de rééducation : 37 % des candidats (soit 18) Centres hospitaliers de lutte contre les maladies mentales : 43% des candidats (soit 18) Centres de soins pour toxicomanes, dispensaires, centres de soins: 47% des candidats (soit 17) *Soit 108 salariés sur 1556 Les emplois déclarés par les candidats Comme le souhaitait la CPNE dans ses critères d’accès au dispositif, les emplois de la filière éducative sont majoritaires. 1 476 personnes déclarent occuper des postes de moniteurs éducateurs, d’aides médico-psychologiques et d’éducateurs spécialisés, et représentent 87 % de la population DSB, comprenant par ordre d’importance numérique : des moniteurs éducateurs (76 %, soit 1 123 candidats sur 1 476), des AMP (18 %, soit 264 sur 1 476), des éducateurs spécialisés (y compris les candidats élèves éducateurs spécialisés) représentant 5 % de la population totale des candidats (89 personnes). Mais il est à noter que les métiers de l’animation socioculturelle sont également présents pour 8 % (131 personnes sur 1689) et constituent la troisième catégorie d’emplois occupés la plus représentée dans le dispositif de Branche. Évaluation DSB VAE-DEES La présence majoritaire de candidats occupant un emploi de moniteur éducateur s’explique par les conditions d’accès au dispositif de soutien retenues par la CPNE (délibération du 14/01/2003) : « Les candidats [doivent] justifier d’une expérience en rapport suffisamment étroit avec la certification visée, c’est-à-dire d’une expérience de l’intervention éducative auprès de (…) personnes en difficulté, en réponse à une “commande sociale” ». Elle s’explique aussi par la proximité entre le niveau de qualification et les activités de moniteur éducateur et ceux d’éducateur spécialisé. ≥ Zoom sur les faisant-fonction et les profils dans l’animation socioculturelle Peu de candidats DSB déclarent occuper un emploi d’éducateur spécialisé Le dispositif de soutien de Branche a été mis en œuvre afin de permettre aux salariés faisant fonction d’ES, sans avoir le diplôme approprié, de pouvoir l’obtenir dans des conditions favorables d’accompagnement. Un nombre important de candidats déclarant occuper une fonction d’éducateur spécialisée était donc attendu ; les données ne confirment pas ces prévisions. En effet, sur les 1767 candidats DSB, seuls 89 se déclarent éducateurs spécialisés soit moins de 6% des effectifs. Ces déclarations sont produites principalement dans 7 régions : en Rhône-Alpes, Bretagne, Bourgogne, Centre, Midi-Pyrénées, Aquitaine et Nord-Pas-de-Calais. Les régions Basse-Normandie, Ile-de-France, Ile de la Réunion, Lorraine, PACA-Corse et Picardie ne comportent aucun candidat DSB déclarant faire fonction d’éducateur spécialisé. ≥ Les candidats DSB déclarant occuper un emploi d’animateur socioculturel Les candidats appartenant à la catégorie d’emploi « animateur socioculturel » se trouvent principalement dans deux régions, la Bretagne et Midi-Pyrénées, et possèdent en majorité (75 %) un diplôme initial de la filière éducative, CAFME en premier lieu et DEAMP ensuite. Les 131 candidats DSB déclarant occuper un emploi d’animateur socioculturel ont pour 4.6 % d’entre eux un diplôme du secteur de l’animation, ce qui est peu. Il s’agit donc généralement de diplômés de la filière éducative du secteur qui occupent une autre fonction que celle à laquelle leur diplôme initial les destinait puisque les emplois d’animateur socioculturel sont occupés pour 64.9 % par des diplômés ME, pour 10,7 % par des diplômés AMP, pour 5.3 % par des diplômés de la petite enfance (DEEJE et DPAP), pour 3.1 % par des titulaires du DUT carrières sociales, pour 4.6 % par des diplômés du secteur de l’animation ; 11.5 % d’entre eux possèdent un diplôme hors secteur de niveau variable (BEPS, BAC général, DEUG, etc). Cette non-adéquation entre emploi de la catégorie animation et diplômes de l’animation pourrait être expliquée selon deux hypothèses : soit les candidats diplômés de l’animation se tournent peu vers le secteur social, médico-social et sanitaire ; soit ils connaissent des difficultés d’accès au secteur ou au dispositif de soutien de Branche. En l’état des données, aucune des deux hypothèses n’est à négliger. En conclusion, la présence de candidats déclarant occuper un emploi d’animateur socioculturel dans le dispositif de Branche, loin d’être une surprise, s’inscrit plutôt dans les évolutions des pratiques de métier, actées par le référentiel professionnel relatif aux animateurs : « Certains animateurs sont employés dans des établissements (les hôpitaux généraux, les maisons d’accueil temporaire, les maisons de détention, les établissements éducatifs, les maisons de convalescence …) accueillant des personnes temporairement isolées par : la maladie, une décision administrative, une décision de justice, une prise en charge sociale, une situation passagère d’exclusion sociale. Dans ce cadre, leurs activités professionnelles les amènent à travailler en équipe pluridisciplinaire et les animations qu’ils sont amenées à conduire font partie d’un processus individuel ou institutionnel de préparation à l’insertion sociale (…) » (Annexe 2 de l’arrêté du 13 décembre 2005 portant création d’un certificat de spécialisation « animation et insertion 45 46 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif sociale » associé au brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport publié au JORF du 21 décembre 2005). Le dispositif de soutien de Branche est, dans ce cas précis, témoin et révélateur de ces fonctions émergentes dans le secteur social, médico-social et sanitaire. 3 Des motivations spécifiques Au moment de l’évaluation, le dispositif de soutien spécifique à la VAE de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale touche 1 767 salariés, plus de 1 000 établissements employeurs, 22 délégations régionales Unifaf et 28 pôles ressources VAE DEES labellisés regroupant environ 64 établissements de formation du travail social et des représentants de Branche, aussi bien du côté des organisations salariales que des employeurs, politiquement mobilisés par la reconnaissance de l’expérience comme ressource de compétences. Face à cet investissement et aux résultats positifs de validation, en large partie dûs à l’accompagnement DSB des personnes, la majorité des acteurs interviewés souhaitent le maintien de ce dispositif et sa généralisation aux autres diplômes du secteur. Les trois acteurs centraux du dispositif sectoriel de VAE – les salariés destinataires des parcours d’appui VAE DEES ; les employeurs impliqués dans la VAE et les établissements de formation du travail social, opérateurs concrets de l’accompagnement – expriment par ailleurs des motivations qui leur sont spécifiques. De manière transverse, les analyses montrent que les 116 salariés interviewés utilisent le DSB VAE DEES par rapport à des projets de mobilité, des projets bloqués de formation et un besoin de confrontations professionnelles que permet la structuration spécifique du DSB (par la contractualisation du parcours, les promotions de candidats VAE , les séances collectives de VAE , etc.). ≥ ≥ De leur côté, les 62 employeurs entendus voient plutôt les bénéfices du dispositif et de la démarche de VAE dans l’amélioration de la gestion des ressources humaines, c’est-à-dire un moyen de faire monter en compétences les équipes et structures du secteur. Il s’agit également d’un moyen de reconnaissance. Les 101 acteurs des pôles ressources interviewés et, de manière complémentaire, les 16 acteurs des 9 délégations régionales Unifaf apprécient les effets de professionnalisation du dispositif en matière de VAE. Il les consolide pour les établissements du travail social antérieurement impliqués dans la VAE et permet surtout la réappropriation du nouveau référentiel d’éducateur spécialisé. ≥ Il faut toutefois noter que les acteurs attendent une simplification de l’ingénierie du dispositif de Branche afin de l’alléger et de faciliter sa gestion. L’évaluation interne de chaque action du DSB débouche sur des préconisations d’amélioration et de rationalisation à mettre en œuvre dans cette optique. Évaluation DSB VAE-DEES Les motivations des salariés Une forte demande de mobilité C’est le désir de changement et de mobilité qui motive principalement les salariés impliqués dans le dispositif VAE de Branche, avec l’évocation fréquente de situations professionnelles, et parfois personnelles, « bloquées ». La VAE intervient à un moment spécifique de carrière et de parcours de vie. Après un investissement dans une vie familiale et une vie professionnelle de plus de 10 ans, laissant peu de place à la réflexion et au retour sur soi, les candidats au dispositif de Branche ont envie d’évoluer dans leur carrière. Ils sont dans une dynamique de mobilité et s’autorisent à évoquer des projets de carrière. J’ai élevé mes enfants, maintenant je veux penser à ma carrière. Je suis depuis longtemps aide-éducatrice spécialisée, je voulais m’ouvrir plus de possibilités, augmenter mon champ d’application, diversifier les prises en charge… La VAE, c’est pour me dire qu’un jour, j’aurai la possibilité de faire autre chose alors que là, en tant que moniteur éducateur, je suis coincé. “ “ “ ” ” ” Changer de public, de secteur ou d’établissement et accéder à l’encadrement Quels que soient les résultats de validation finale et les profils des salariés, cette dynamique de mobilité s’exprime de trois manières : par le souhait de changer de public, par celui de changer d’établissement et par l’accès à la fonction d’encadrement. Les mises en situation professionnelles et les échanges entre candidats VAE lors des séances collectives proposées dans le cadre du dispositif de Branche permettent notamment de vérifier la pertinence de ce projet de mobilité et de le confirmer. Dans tous les cas, le fait de ne pas être diplômé Éducateur spécialisé pose une question et quelquefois un problème de reconnaissance et de légitimité. ≥ Changer de public avec le sentiment d’avoir fait le tour des pratiques et des cas rencontrés et/ou le ressenti d’une usure psychologique et professionnelle 15 ans avec le même public… il fallait que je change et que je bouge. J’ai envie de gérer une équipe et de passer vers un public d’Institut médico-éducatif. J’ai un BEP agriculture et élevage et j’ai commencé une formation DEFA (Diplôme d’État relatif aux fonctions d’animation). Je ne veux plus travailler en direct avec le public des MECS (Maisons d’enfants à caractère social). “ “ ” ” Changer d’établissement, de milieu professionnel et de secteur Je suis EJE… Je veux travailler en milieu ordinaire. Je suis prisonnière dans mon établissement et sans diplôme ES. Le but, c’est partir pour faire autre chose et bouger dans ma carrière. Je ne connaissais que le milieu du handicap, je voulais m’ouvrir à autre chose. ≥ “ “ ≥ ” ” Légitimer une responsabilité d’encadrement ou y accéder “ Je fais le boulot d’ES et j’encadre des ES et des ME. Pour devenir cadre, il me fallait absolument le diplôme d’ES pour être reconnu. ” de service et de travailler en milieu ouvert. un jour de devenir chef “ J’envisage J’encadre des ES, je ne suis pas diplômé. Ça me pose un vrai problème même ” si je suis “ reconnu. ” ≥ Le diplôme comme atout de mobilité géographique pour les faisant fonction Il faut noter que plusieurs salariés ont un souhait de mobilité géographique ou bien sont obligés de se déplacer pour suivre un conjoint ou bien s’occuper d’un membre de leur famille. Dans les deux cas, leur stratégie est de valider leur expérience d’éducateur spécialisé par la VAE afin d’obtenir plus de chances de retrouver un emploi proche de l’emploi actuel (qu’ils “ 15 ans avec le même public… il fallait que je change et que je bouge. ” 47 48 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif assimilent à celui d’éducateur spécialisé) ou bien un emploi d’éducateur spécialisé. Je suis obligée d’aller dans le Nord-Pas-de-Calais pour suivre mon mari et pour retrouver un travail, je suis obligée d’avoir le diplôme. Je ne suis reconnue comme éducatrice spécialisée que dans mon établissement actuel. Si je ne le fais pas, je risque de trouver un poste d’AMP et de revenir en arrière. Le métier d’éducateur spécialisé ouvre des postes, plus que ceux qui sont reliés aux aides médico-psychologiques. Les AMP sont souvent restreintes aux personnes dépendantes alors que les éducateurs spécialisés peuvent travailler avec d’autres publics et évoluer vers l’insertion. “ ” “ ” Une articulation entre un projet de VAE et un projet d’établissement Imposé par la VAE sur plan de formation d’établissement et la mobilisation des fonds d’intervention spéciaux de l’OPCA de Branche, le partenariat contractuel entre l’employeur et le salarié confère une dimension particulière aux demandes de VAE : le projet de mobilité VAE est souvent associé à un projet collectif ou bien impulsé par une équipe et un employeur, dans une logique de professionnalisation. La variété d’actions du dispositif de Branche est alors particulièrement appréciée et réutilisée par les salariés dans leur contexte d’application professionnelle. Les actions de formation sont souvent réinvesties dans la pratique ; elles permettent aussi un accès à la formalisation, à l’explication et la justification des pratiques professionnelles. Le projet de VAE lié au projet d’activité professionnelle J’avais besoin de ce diplôme pour monter un SAVS (Service d’accompagnement à la vie sociale. Secteur du handicap) avec mes collègues, c’est fait. Il y avait un projet super intéressant pour monter un Sessad (service d’éducation spécialisée et de soins à domicile) et je voulais y participer, j’avais plein d’idées. Mon employeur m’a dit « non » car je n’étais pas éducateur spécialisé. Il m’a dit : « passe une VAE, on verra si tu as les compétences et on t’associera au projet. » C’est ce que j’ai fait avec le DSB. Je l’ai choisi car je voulais vraiment monter en compétence. ≥ “ Le regard des autres a changé ainsi que la manière dont ils travaillent avec moi. ” “ “ ” ” Le choix de séquences formatives reliées aux pratiques et besoins professionnels J’ai choisi les actions de formation en rapport avec mon emploi : les techniques d’entretien, la position d’éducateur spécialisé et la loi 2002-2. J’ai pris la loi 2002-2 et la loi 2005. La direction avait déjà entrepris un travail mais général ; là, j’ai compris en détail. Cela m’a beaucoup servi au niveau professionnel et par rapport à ma pratique éducative : les outils à mettre en œuvre, le nouvel accueil, le contrat de jour… Quel décalage entre le législateur et la profession ! ≥ “ “ ” ” ≥ L’accompagnement des évolutions professionnelles “ J’ai été obligé de passer le diplôme. Le Conseil d’administration me l’imposait. Moi, j’étais bien dans mon atelier avec les enfants, je ne voyais pas pourquoi je devais passer ES. 80 euros de salaire en plus, c’est vraiment symbolique. En fait, je suis content : le regard des autres a changé ainsi que la manière dont ils travaillent avec moi, j’ai appris énormément de choses dans le DSB. Je travaille dans l’hôpital et mon poste s’est transformé peu à peu. On me demande plus d’actions éducatives, d’interventions, j’ai fait de manière complémentaire une formation en musicothérapie pour y répondre. J’assure un poste d’éducateur spécialisé et mon équipe voulait que je fasse une VAE DEES. “ ” ” La VAE entre étapes d’un parcours et d’une carrière Les candidats DSB se distinguent des candidats de droit commun par leur vision de la VAE : en dehors des salariés qui sont obligés d’obtenir le diplôme d’éducateur spécialisé totalement, Évaluation DSB VAE-DEES la plupart des salariés sont dans une double dynamique de VAE et de professionnalisation où la démarche VAE fait partie d’un parcours qui la dépasse. La validation totale n’est alors pas une fin en soi. Pour la fonction 3 «Conception et conduite d’une action socio-éducative au sein d’une équipe, le problème est l’approche systémique du projet. D’ailleurs, dans le cadre du PAUF* , j’ai demandé un stage sur la systémique dans l’entretien individuel impliquant la dynamique familiale, ça a bien complété mon DSB. Il faut aussi faire une VAE pour évoluer après la VAE . Je me donne le temps de bien approfondir les choses pour analyser mon expérience. Cette année, je prépare deux fonctions, l’année prochaine deux autres et puis on verra les résultats. “ “ ” ” Pour les publics ne pouvant accéder à la formation initiale, la VAE apparaît plus pertinente La VAE, et en particulier le dispositif de Branche, dans la mesure où il propose un accompagnement diversifié et plus long, prend également sens par rapport aux difficultés d’accès à la formation initiale d’éducateur spécialisé et à la formation professionnelle. Ces difficultés tiennent au fait de ne pas posséder le diplôme d’accès à la formation initiale, au refus de suivre la formation initiale, au fait d’avoir raté les concours et à la longueur des listes d’attente pour congés individuels de formation. La logique et les modalités de travail proposées par la VAE apparaissent souvent plus adéquates aux contraintes des salariés impliqués. “ “ ” “ Je n’avais pas le bac, je ne pouvais pas passer le concours d’entrée pour être éducateur spécialisé. Je ne voulais pas refaire une formation : je voulais officialiser 24 ans d’expériences ! M’engager sur un parcours de 3 ans ? Ce n’était pas possible car j’ai une famille, deux enfants, mes parents à charge. Mes horaires en internat n’étaient pas compatibles avec une formation. ” ” Un besoin d’évaluation et de confrontation avec la « communauté professionnelle » Le besoin d’évaluation et de confrontation professionnelle est souvent exprimé par les salariés relativement isolés dans leur pratique, rencontrant finalement peu d’occasions d’échanges sur les fonctions éducatives et les cas rencontrés. Les candidats trouvent une première dimension de confrontation professionnelle à l’occasion du suivi individuel prévu dans l’appui à la démarche. La vérification de la pertinence d’acquis d’expériences en fonction des quatre composantes du référentiel permet une première évaluation de ces acquis. Mais tous soulignent l’intérêt de la dimension collective du DSB VAE DEES : par l’intermédiaire des promotions de candidats VAE suivant ensemble la démarche ; au cours de sessions collectives de VAE et par la possibilité de connaître ce que les futurs professionnels apprennent en formation initiale. Les salariés candidats à la VAE souhaitent souvent rencontrer les étudiants, les formateurs de formation initiale ou tout au moins, observer les différences entre leur pratique d’éducateur spécialisé et ce que l’on apprend à de futurs professionnels dans les écoles du travail social. Ce besoin de confrontations conduit parfois les candidats à demander une relecture et des corrections du livret 2, ce que les accompagnateurs s’interdisent de faire pour ne pas biaiser les résultats de validation. Ce point de vigilance doit être réaffirmé dans la labellisation, la démarche restant quoiqu’on en dise, une démarche de reconnaissance de la personne et non d’un groupe. Dans ce cas, les candidats font souvent relire leur livret 2 à leurs collègues et employeurs (lorsque la démarche VAE est soutenue) ou bien utilisent les séquences collectives du DSB pour évaluer leur travail comparativement. Ce constat n’empêche pas de reconnaître un effet d’apprentissage collectif lié à la VAE et au dispositif de Branche. * PAUF: Plan annuel d’utilisation des fonds 49 50 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Nous verrons également que les groupes de candidats VAE ont également (voir l’évaluation des mises en situation professionnelle) l’intérêt de faciliter l’accès à d’autres terrains professionnels et de construire ou consolider des réseaux inter-établissements. Je suis seul dans l’atelier, je dois tout mettre en place. J’étais isolé avec des responsabilités. J’avais besoin de me confronter à la profession. Le groupe permet d’échanger sur les termes du référentiel, d’argumenter, d’échanger les ressentis, de confronter nos expériences, de parler. Nous commentons nos écrits en groupe et grâce à cela, j’ai pu mettre à plat dans quel environnement j’évolue, les enjeux, les financeurs… j’ai pu réfléchir à ma pratique de manière plus structurée par comparaison avec les autres. “ “ “ ” ” ” Les stratégies des employeurs “ Le groupe permet d’échanger sur les termes du référentiel, d’argumenter, d’échanger les ressentis, de confronter nos expériences... ” Il semblerait qu’avant 2004, les employeurs étaient plutôt préoccupés par d’autres dossiers que la VAE : la mise en œuvre de la loi 2002-2 (« ils étaient assommés par sa mise en place »), l’introduction de nouvelles organisations pour aménager les 35 heures et l’application du décret budgétaire et tarifaire n° 2003-1010. La plupart étaient dans une posture attentiste face à la VAE : « D’ici à ce que cela arrive chez nous ! » Certains employeurs s’affichaient contre la VAE en avançant plusieurs raisons : elle risque de « brader le diplôme » ; d’accueillir « n’importe qui, y compris des personnes dangereuses dans le secteur » ; la valeur des acquis de l’expérience n’équivaut pas celle des apprentissages acquis à la suite de la formation initiale ; il n’y a pas de support budgétaire suffisant pour reconnaître statutairement les faisant fonction ; l’activité peut s’exercer sans diplôme d’éducateur spécialisé ; la démarche est trop compliquée pour des salariés faiblement qualifiés… Ils étaient relayés par des formateurs et les responsables d’établissements de formation du travail social revendiquant l’importance d’une formation initiale déléguée aux écoles, celle-ci devant être indépendante des milieux professionnels, tout en étant fortement professionnalisante, puisque délivrée sous forme d’alternance entre périodes de formation et périodes d’applications professionnelles. La VAE risquait de faire fermer les établissements de formation du travail social et de baisser le niveau de qualification du métier. À contrario, d’autres employeurs étaient favorables à la VAE : le secteur du travail social rentre enfin dans le droit commun ; la VAE est une reconnaissance simplifiée et économique de la compétence professionnelle des salariés ; un moyen de qualifier des professionnels bloqués par les sélections et sans perspective d’accès à la formation initiale à cause de leur âge et de leur manque de mobilité ; une nouvelle voie d’accès à la qualification face au risque de pénurie en professionnels qualifiés et enfin, un moyen de réfléchir aux critères de métier plus en profondeur. À partir de 2004 et sous la double impulsion de représentants paritaires de la Branche et de l’OPCA ainsi que du ministère des Affaires sociales (DGAS), la VAE suscite un nouvel engouement chez les salariés peu qualifiés du secteur. Cet engouement et le DSB VAE DEES auraient entraîné la majorité des employeurs attentistes à s’y impliquer. Comment ont-ils apprécié le dispositif de Branche ? Qu’en est-il des employeurs initialement opposés à la VAE ? Qu’ont pensé les employeurs militant pour la VAE de ce dispositif sectoriel contractualisé entre l’employeur, le salarié, l’OPCA et l’opérateur de VAE ? C’est ce qu’ont tenté d’apprécier les évaluateurs à partir des interviews réalisées auprès de 62 employeurs et de 9 régions. Évaluation DSB VAE-DEES Le rôle des employeurs dans la prise en charge de la VAE Le rôle des employeurs s’avère central dans la prise en charge de la VAE sur plan de formation de l’établissement et sur fonds d’intervention spéciaux de l’OPCA de Branche. Ils interviennent à plusieurs titres : ≥ pour « mettre en œuvre le développement de la VAE au bénéfice des salariés du secteur par une communication et un accompagnement adapté, tant pour les salariés que les jurys » [Préambule de l’accord professionnel 2005-1 du 7-01-05, p. 2/18], ≥ par l’envoi aux délégations régionales Unifaf de la demande de financement de parcours DSB et le paiement des actions VAE réalisées par les pôles ressources, ≥ pour faciliter l’organisation des parcours, en aménageant par exemple les plannings de travail des équipes de sorte à pouvoir grouper des heures afin de libérer les salariés une demi-journée ou une journée complète pour suivre les actions du dispositif, ≥ en informant le candidat sur l’établissement, ses partenaires, les missions confiées et sur tout autre sujet en lien avec les informations demandées dans le cadre de la production du livret 2, ≥ en reconnaissant le diplôme de manière statutaire, par la mise en place d’un nouveau projet, ≥ en soutenant la démarche du salarié dans le cas d’équipes ou d’environnements hostiles à la VAE et après une validation partielle ou zéro fonction validée. La conscience des publics et des effets d’un dispositif de VAE sectorielle ≥ Un accès à la qualification pour un public bloqué dans ses perspectives de carrière Un des effets du DSB est d’avoir convaincu les employeurs que la VAE était un accès potentiellement intéressant à la qualification et à la formation professionnelle pour des candidats rencontrant soit des obstacles dans leurs capacités d’apprentissage (notamment l’écrit et l’évaluation de la pratique), soit des difficultés de reconnaissance et un manque de confiance en soi. Le dispositif de droit commun n’est pas exclu mais semble plutôt proposé aux candidats plus sûrs d’eux et proches de la validation ; le DSB est plutôt utilisé dans une logique VAP 85 d’enrichissement professionnel par un parcours incluant de la VAE. “ Des candidats élèves attendaient depuis des années la VAE, notamment ceux qui ratent les concours en formation initiale. Au Samu social, il y a beaucoup de faisant fonction que nous avons fait passer dans le dispositif. Le dispositif de droit commun sélectionne les personnes déjà compétentes, notre candidate ne se sentait pas déjà compétente, il lui fallait de la réassurance et plus de temps. “ ” ” ≥ La reconnaissance d’un professionnel différent d’un diplômé par formation initiale Préoccupés par le souci de ne pas discriminer les diplômés de formation initiale et de préserver la paix dans les équipes, une partie des employeurs s’est attachée à comparer les différences entre ces deux types de diplômés, en intégrant cette réflexion dans les choix de recrutement. Ce réflexe semble inévitable, qu’ils soient pour ou contre la VAE. La logique de raisonnement du certificateur (l’égalité de reconnaissance par le même diplôme sans mention de la provenance des acquis d’apprentissage) diffère de celle de l’employeur ou du recruteur (le souci d’équilibrer les équipes et les compétences en utilisant des ressources diversifiées et pertinentes). Même s’il s’agit du même diplôme, les deux profils de diplômés sont jugés différents en termes de compétences et d’apports professionnels : les jeunes diplômés apportent les nouveautés du secteur et renouvellent les perspectives professionnelles ; les diplômés par la VAE 51 52 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif conservent la mémoire de métier et proposent une expérience avérée. Autre point de différence, l’idée que la formation initiale conduit à des connaissances et des compétences standardisées et communes ; celle que la VAE reconnaît de manière très individualisée des connaissances et des compétences uniques, incorporées à l’histoire et au vécu professionnel de la personne. C’est bien d’avoir des responsables et des éducateurs spécialisés par la voie de l’expérience car ils ont la mémoire et l’histoire du secteur pour la plupart. Je ne souhaite pas n’avoir que de jeunes diplômés, il faut les deux. Ils sont différents. Ce n’est pas la même chose, un diplômé VAE et un diplômé en formation initiale. La VAE c’est une formation personnelle qui s’ancre de là où vient la personne, de son expérience propre alors qu’en formation initiale, c’est de la formation de groupe standardisée avec l’idée de promotion. “ “ ” ” “ ≥ Un effet de professionnalisation collective ou bien une démarche strictement personnelle Le DSB donne des conditions pour réfléchir, s’évaluer. Ceux qui sont diplômés par la VAE sont des super professionnels, différents des diplômés par la voie directe. ” Tirant ses ressources de l’expérience en contexte, la démarche de VAE est appréciée par les échanges qu’elle implique avec les équipes et les environnements professionnels, échanges qui permettent de questionner les pratiques et de bénéficier de la démarche du candidat. Parfois, cette articulation ne se réalise pas et n’est pas souhaitée (dans le cas où la VAE est considérée comme une démarche strictement individuelle et personnelle et dans le cas d’opposition à la VAE). La VAE implique plus un travail avec les équipes et les responsables que les départs en formation, c’est très bien, tout le monde participe et apprend. La VAE secoue le secteur, on est un peu en état de léthargie avec des personnes qui sont en poste depuis trop longtemps. Devoir se faire valider, évaluer par un organisme externe n’est pas évident pour tous, moi je trouve cela sain. Les candidats m’interrogent mais ma connaissance n’est pas fiable à 100 %. C’est bien, on est obligé de progresser notamment sur le cadre juridique de l’activité et les réformes récentes. “ “ “ ” ” ” Dans le cadre de recherches de mises en situation professionnelle comme plus généralement dans l’accès à la VAE ou l’expression d’une demande, le déploiement de la VAE rencontre des hostilités et des obstacles. “ On a un accord d’entreprise sur la VAE. S’ils sont diplômés, on les reclasse ou bien ils acceptent une mutation dans un autre établissement. Puisqu’on s’engage à reclasser les salariés diplômés par VAE, c’est donnant-donnant, on ne parle pas de remplacement ni de disponibilité sur le temps de travail, les salariés se débrouillent. Je lui ai cherché une mise en situation professionnelle loin de mon équipe, il y a des vieux briscards qui sont contre la VAE. Mes candidats y vont un peu cachés. “ ” ” Gestion des ressources humaines et VAE DEES Les liens entre VAE DEES, DSB et gestion des ressources humaines s’observent à plusieurs niveaux : au niveau de la politique de l’établissement incluant les partenaires sociaux ; par l’introduction d’outils de reconnaissance individuelle (via les fiches de poste, les organigrammes…) et par l’intégration de la VAE dans le dispositif de gestion des ressources humaines (GRH). ≥ Clarifier une politique de GRH et une éthique de la reconnaissance par la VAE La plupart des employeurs attendent une clarification de la position du secteur face à ce mode de reconnaissance. Certains réaffirment les principes du droit du travail ; d’autres insistent sur la transparence à adopter, en rappelant des contraintes de reconnaissance propres au secteur. La VAE est également utilisée pour lutter contre l’usure professionnelle et maintenir un rythme de qualification. Évaluation DSB VAE-DEES “ Il y a des parcours riches dans le secteur et nous demandons à nos salariés de suivre le DSB pour les valoriser en lien avec un statut. On n’exclut pas à l’avenir l’ouverture d’un poste de chef de service. À partir du moment où j’accepte qu’une personne fasse une VAE, il est normal que je la requalifie non ? Il faut aussi être cohérent et ne pas jouer sur tous les tableaux à la fois. En MECS, nous sommes obligés de qualifier nos professionnels avec nos publics. Il s’agit d’une condition d’embauche et on les amène à une qualification en moins de deux ans. Dans le handicap, je suis obligé de mettre en place la VAE et la formation pour lutter contre l’usure professionnelle. La réflexion, la formation, la VAE contribuent tous à la bien-traitance sinon… la maltraitance institutionnelle risque de prendre le dessus. En cas de validation partielle, nous devons pouvoir proposer des formations complémentaires et des solutions, la VAE doit s’intégrer dans une politique de formation. La VAE est vraiment en lien avec le milieu professionnel, plus que la formation. Nous travaillons en réseau, si une personne part parce qu’elle est diplômée elle reste quand même dans notre réseau. C’est faux de dire que ses compétences sont perdues ou bien qu’elles vont à la concurrence. “ ” “ “ ” ” ” “ ” “ ” ≥ Des contraintes citées y a dix ans je contrôlais les postes, plus maintenant. “ IlNous “ sommes dépendants d’une convention collective”vieille, à revoir, et d’une tutelle qui ne nous permet pas de faire de la GRH. Il y avait un diplômé VAE DSB très reconnu dans l’équipe, il est parti ailleurs, nous ne pouvions modifier son poste en fonction de son niveau. Si nous avions pu le garder, nous l’aurions fait. ” ≥ L’introduction d’une culture de différenciation entre salariés Dans les organisations du travail, l’implication dans la VAE introduit ou renforce une distinction des fonctions et des postes dans des contextes collectifs où l’individualisation des compétences n’est pas nécessairement bien vue ni pratiquée car elle différencie les personnes par rapport à une performance individuelle. On le voit par le questionnement des organigrammes, la refonte des fiches de poste et la préparation de l’entretien annuel. La VAE s’inscrit maintenant dans notre établissement comme outil de gestion des ressources humaines mais oblige à un travail énorme de rédaction de fiches de poste, de clarification des postes occupés… C’était aussi nécessaire. La VAE permet une élévation des compétences et une reconnaissance des personnes dans l’organigramme alors qu’avant on ne les voyait pas, tout le monde avait un peu la même fonction. “ ” “ ” La VAE articulée à la gestion des ressources humaines La VAE a permis de booster les ressources humaines, je suis sur 17 sites et nous voulons vraiment faire de la GPEC, anticiper. J’ai démarché tous les employés pour faire valoir la VAE. Tout le monde n’est pas convaincu mais cela ne convient pas non plus à tout le monde, c’est ça la GPEC, il faut que chacun trouve le moyen de se qualifier, d’évoluer avec tous les éléments dont nous disposons. On a beaucoup de turn-over, 25 %, alors on doit qualifier l’équipe pour accueillir les nouveaux et la VAE nous aide à capitaliser nos savoir-faire, à les faire évoluer, à prendre de la distance et à transmettre. ≥ “ “ ” ” Un investissement de Branche jugé intéressant Tous les employeurs interviewés considèrent cette initiative comme politiquement importante pour la valorisation du secteur, la redistribution des fonds d’intervention spéciaux de Branche sous la forme du dispositif DSB VAE DEES étant particulièrement appréciée, puisqu’elle n’a pas non plus représenté de dépenses supplémentaires pour les établissements. “ C’est ça la GPEC, il faut que chacun trouve le moyen de se qualifier, d’évoluer avec tous les éléments dont nous disposons. ” 53 54 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif “ “ Notre plan de formation ne répond déjà pas aux besoins, c’est super le DSB. On a pu répondre à des demandes de salariés. Le DSB finance la formation sans que l’établissement hypothèque ses fonds. ” ” Une organisation plus souple Ma candidate de 45 ans avec enfants ne veut pas retourner à l’école et ne veut pas de formation. La VAE est intéressante pour elle car elle a envie d’apprendre et d’évoluer quand même. La mobilité fait partie du jeu. ≥ “ ” “ La VAE bouge la formation initiale, elle bouscule le quotidien, nous interroge, nous oblige à faire des liens avec le référentiel professionnel qui est nouveau pour nous. ” ≥ Mais un dispositif à simplifier Les employeurs, les délégations régionales Unifaf et les gestionnaires des établissements de formation du travail social soulignent l’importance de simplifier les circuits d’information, les documents et les procédures. Il faut le simplifier et on l’a fait avec Unifaf, Avenant 2, phase 2… Trop de complications. On ne savait pas qui envoyait quoi à qui, entre l’employeur, Unifaf, le salarié et le pôle ressource. Entre les avenants, les phases, les étapes… tout ce vocabulaire et ces papiers ! Il fallait en plus vérifier sur les factures de l’école à quoi correspondait quoi par rapport au devis initial : un vrai casse-tête ! “ “ ” ” Par ailleurs, les parcours sont parfois trop longs et risquent d’une part, d’être trop associés à la formation initiale, et de l’autre, d’« essouffler » les candidats à la VAE. C’est trop long le DSB. Notre candidat qui était « tout feu tout flamme », s’essouffle. Si cela dure trop longtemps on perd la dynamique de VAE. En cas de validation partielle, il est très important que les candidats s’y remettent tout de suite, sinon, ils risquent de se décourager et de perdre la dynamique de VAE. “ “ ” ” La réappropriation collective du référentiel d’éducateur spécialisé Même lorsqu’ils considèrent la VAE comme strictement personnelle, les employeurs sont souvent sollicités par les salariés dans le cadre de l’écriture du livret 2. Dans beaucoup de cas, les employeurs les renseignent sur l’environnement institutionnel de l’établissement, le projet d’établissement, ses partenaires et tutelles… en lien avec la connaissance environnementale et institutionnelle demandée par le référentiel d’éducateur spécialisé. Les employeurs membres de jury se montrent aussi particulièrement intéressés par le nouveau référentiel d’éducateur spécialisé et les actions DSB mises en place pour son appropriation. Il arrive donc fréquemment que le référentiel et l’ensemble des outils transmis par le pôle ressources soient présentés au niveau des équipes et commentés, échangés, provoquant ainsi des débats sur le métier tel que le présente ce référentiel. “ Ça surprend quand même de lire le référentiel en vous disant que c’est les compétences que vous devriez avoir en tant qu’éducateur spécialisé. C’est quand même très pointu, très technique et moi, il n’existait pas quand j’ai pris mes fonctions. On développe par la VAE-ES un métier qui n’existe pas dans la convention collective. La VAE bouge la formation initiale, elle bouscule le quotidien, nous interroge, nous oblige à faire des liens avec le référentiel professionnel qui est nouveau pour nous. “ “ ” ” ” L’immersion des établissements du travail social En proposant aux écoles et établissements de formation du travail social de candidater au DSB VAE DEES et d’obtenir le label « pôle ressources DSB VAE DEES », la Branche et son OPCA ont généré des liens contractuels, financiers et fonctionnels plus étroits avec les enseignants et les formateurs du secteur. Le DSB VAE DEES a été accueilli diversement : comme une réelle Évaluation DSB VAE-DEES opportunité de se positionner au niveau régional comme acteur incontournable de la certification et de la VAE ; et/ou comme une contrainte supplémentaire s’ajoutant à la somme des contraintes et réformes de la formation initiale et du secteur. Par ailleurs, il faut noter qu’au moment où intervient le dispositif de Branche, les réformes de la formation initiale ne sont pas prêtes pour accueillir des parcours post-jury VAE et l’ingénierie de référentiels que cette articulation demande. Dans ce cadre, le label de Branche et l’intervention de l’OPCA n’ont pas toujours été compris ou bien accueillis : il a dérangé l’équilibre régional, face à des responsables de DAVA prêts à s’investir dans la VAE DEES et mécontents de ne pas avoir pu candidater au label DSB VAE DEES de Branche. Les entretiens auprès de 101 professionnels des établissements de formation du travail social, montrent que, néanmoins , le DSB VAE DEES a enclenché une immersion des acteurs de la formation dans le monde de la certification et de ses référentiels, financé la transformation des pratiques pédagogiques usuelles en pratiques d’accompagnement VAE, permis la construction d’une offre de VAE spécifique et renforcé les liens entre les écoles et l’OPCA de Branche. De manière notable, plusieurs établissements de formation du travail social ont recruté des professionnels de l’accompagnement sur leurs fonds propres, mis en place des cellules VAE et des équipes, prévu des formations aux méthodes d’accompagnement, voire introduit dans les fiches de poste des enseignants et formateurs l’obligation d’accompagner des candidats à la VAE ou tout au moins, de participer à son déploiement. Nous l’avons déjà souligné en introduction de ce cahier, l’investissement de la soixantaine d’établissements de formation du travail social labellisés DSB VAE DEES est remarquable et la preuve faite que le monde de la formation et de l’enseignement a des ressources suffisantes pour évoluer vers le monde de l’accompagnement VAE et de la certification. L’articulation entre le métier de formateur et l’accompagnement VAE Si les formateurs familiers de l’ingénierie pédagogique, des pratiques d’individualisation et de la formation des adultes sont facilement entrés dans la logique de VAE et le DSB, pour les formateurs ou enseignants habitués à transmettre des contenus relativement stables et d’une manière identique à des groupes d’étudiants ou d’adultes, l’acquisition de la posture d’accompagnateur VAE a été moins évidente. Il a fallu déplacer le centre de gravité de l’apprentissage de l’enseignant au candidat à la VAE, en le faisant dépendre de ses expériences passées et de la capacité des candidats à exprimer des acquis proches des exigences du référentiel VAE d’éducateur spécialisé. Enfin, comme pour les salariés et les employeurs, un des impacts majeurs du dispositif de soutien de Branche est d’avoir permis la réappropriation du nouveau référentiel d’éducateur spécialisé et, en conséquence, l’immersion dans le monde spécifique des référentiels, propre à la VAE. Cette immersion a notamment permis aux formateurs de se préparer aux réformes de la formation initiale et au déploiement de la VAE pour l’ensemble des diplômes du secteur. Plus loin dans la partie II, l’évaluation interne de chaque action prévue dans le DSB décrit en détail les compétences et actions développées à l’occasion du dispositif de Branche par les établissements de formation du travail social. Opérateurs directs du DSB VAE DEES, leurs avis et propositions d’amélioration du dispositif doivent être nécessairement pris en compte dans l’évolution du DSB, mais aussi dans la conception d’autres initiatives VAE du secteur. “ Le DSB VAE-DEES a enclenché une immersion des professionnels de la formation dans le monde des cocertifications et des référentiels. ” 55 56 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Conclusion La mise en place du dispositif sectoriel d’appui à la VAE pour le diplôme d’État d’éducateur spécialisé a été appréciée positivement par l’ensemble des acteurs interviewés. - Il manifeste un investissement significatif majeur de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif, et unique en France comparativement aux autres dispositifs nationaux et régionaux de soutien à la VAE. Même s'il ne cible que le DEES, le DSB participe à la reconnaissance et à la valorisation des métiers de la filière éducative par les partenaires sociaux. - Via la labellisation, il rend visible un réseau VAE constitué des établissements de formation du travail social et des compétences sectorielles en matière de VAE. - Le niveau national de l’OPCA de Branche Unifaf a également joué un rôle central d'impulsion et d'ingénierie dans le déploiement de la VAE, démontrant que complémentairement au rôle de financeur, un OPCA peut également appuyer des développements et de l'innovation. Les premiers éléments de l'évaluation font ainsi apparaître la nécessité de maintenir un dispositif sectoriel dont nous allons étudier dans le détail chacune des étapes/actions. Évaluation DSB VAE-DEES Partie II Analyse des résultats et préconisations Les analyses statistiques présentées au chapitre 1 ont démontré que les résultats de validation des candidats au DSB sont plus satisfaisants que ceux des candidats ayant choisi un autre mode d’accompagnement à la VAE. La principale question qui reste à traiter est la suivante : comment expliquer ces résultats ? Ces résultats sont-ils satisfaisants parce que le dispositif prévoit la sélection des candidats les plus proches de la validation (pré-requis + Hypothèse de bonne fin) ? Ou, parce que le parcours d’accompagnement prévu par le dispositif professionnalise et qualifie les personnes à la VAE en leur permettant de mieux exprimer et faire valoir leurs acquis d’expérience ? Enfin, que dire de l’influence des trois facteurs externes révélés par les diagnostics régionaux ? Pour répondre, l’évaluation a exploré deux pistes : 1 l’analyse phase par phase, de chacune des actions structurant l’ossature du dispositif (chapitre IV), 2 l’analyse de l’environnement global du DSB à partir d’une approche culturelle et d’une approche contextuelle qui identifient trois facteurs indépendants influant sur les résultats de validation et le dispositif de Branche (chapitre V). 57 58 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Chapitre IV L’évaluation interne du DSB, étape par étape 1 9 Circulaire d’application de la VAE à tous les diplômes professionnels de l’Éducation nationale. Le détail des résultats de l’évaluation des différentes phases et actions du dispositif de Branche a pour objectif de rendre compte : ≥ de l’efficacité et de l’efficience de chacune des composantes du DSB, ≥ des usages que les pôles ressources ont finalement fait de ce dispositif de Branche, ≥ des points de vue d’acteurs interviewés sur chaque action, ≥ de préconisations plus ciblées en fonction de ces résultats d’évaluation. L’information et le conseil : une mission à renforcer Une fois le livret 1 accepté, on peut constater que 79 % des candidats DSB (1403 sur 1767) ont bénéficié d’une information spécialisée, nécessaire pour poursuivre la démarche et accéder au dispositif de Branche. Les circulaires d’application rappellent dans un cas9 que le réseau des DAVA et les autres services d’orientation et d’information-conseil sont chargés de cette mission. Dans la circulaire d’application de la VAE au diplôme d’État d’éducateur spécialisé, le rôle des DAVA est nettement moins mis en avant et le dispositif de Branche est nominativement cité. Les analyses et résultats d’évaluation qui suivent répondent à deux principales questions : comment cette prestation d’information et de conseil s’est-elle organisée au niveau des pôles ressources labellisés par la CPNE? Quels ont été les choix d’organisation les plus pertinents ? Deux politiques régionales d’information et de conseil Les Conseils régionaux ont structuré l’organisation de l’information-conseil en VAE principalement de deux manières : des points relais conseils spécialisés en petit nombre ou des points relais conseil généralistes nombreux. ≥ Les régions Centre et Île-de-France illustrent la première politique d’information et de conseil, organisée autour de quelques structures spécialisées. Dans ce cas, les prestations en VAE au moment de l’information-conseil sont personnalisées. Il ne s’agit plus uniquement de première information, mais d’une information contextualisée et adaptée aux caractéristiques d’un projet d’établissement, d’une personne, d’un environnement ou bien d’un secteur d’activité. ≥ La région Rhône-Alpes est caractéristique du second type de politique d’information et de conseil avec le choix de labelliser et de professionnaliser plus de 200 points relais conseil reposant sur les structures des valideurs en place ou d’autres centres de ressources et d’orientation préexistant à la VAE. Le travail de professionnalisation et d’acculturation des uns et des autres aux certifications variées et aux logiques de VAE s’avère compliqué et aggravé par un contexte de fort turn-over. Les interlocuteurs interviewés annoncent le changement de la politique régionale après un constat d’insuffisance pour répondre aux Évaluation DSB VAE-DEES demandes d’information et d’orientation VAE des personnes. La région Rhône-Alpes opte à présent pour le premier type de politique, en réduisant par deux le réseau des points relais conseil, et en choisissant des structures plus spécialisées dans leurs domaines de certification et de métier. Or, le DSB répond à une demande sectorielle spécifique de qualification des éducateurs spécialisés et des faisant-fonction, similaire à cette politique d’information-conseil spécialisée. L’organisation de l’information-conseil au niveau des pôles ressources ≥ Les pôles ressources de 12 régions semblent fonctionner avec une offre structurée d’information et de conseil, systématiquement mise en place en amont ou au moment du diagnostic d’orientation. Ces régions sont identifiées par le fait qu’elles proposent à la majorité des candidats, voire à tous les candidats, une durée identique d’information et de conseil. Dans la liste qui suit se distinguent des régions où l’information et le conseil sont structurés et de courte durée : en Nord-Pas-de-Calais, en Poitou-Charentes et en Rhône-Alpes, il s’agit d’une information généraliste d’une heure sur la VAE DEES et les dispositifs d’accompagnement. Le DSB en Poitou-Charentes a mis en place un service téléphonique. Pour les acteurs interviewés, 2 heures d’information constituent une base satisfaisante pour aller plus loin qu’une information généraliste. Sont notamment présentés à l’occasion de ces sessions, le référentiel d’Éducateur Spécialisé, les critères d’exigence d’une démarche de VAE mais aussi le dispositif de Branche et, lorsque l’établissement est plate-forme régionale VAE TS (Travail social), les autres accompagnements proposés s’ils sont mis en place. Schéma n°3 Typologie des durées d’information-conseil par région DSB M M M M 1 heure d’info-conseil Nord-Pas-de-Calais Poitou-Charentes (téléphone) Rhône-Alpes 2 heures d’info-conseil Bourgogne Franche-Comté Limousin Midi-Pyrénées Picardie 3 heures Alsace Lorraine (téléphone) 4 heures Basse-Normandie Champagne-Ardenne ≥ Les pôles ressources de 10 régions informent au cas par cas : l’information-conseil est plutôt réalisée par les DAVA et les PRC du territoire ou bien les DRASS, en lien avec les établissements de formation du travail social. On sait que le pôle ressources en Languedoc-Roussillon délègue l’information et le conseil au DAVA. C’est également le cas en Bretagne où le service des examens, le DAVA et les pôles ressources labellisés, ainsi que la délégation régionale Unifaf, ont formalisé leur partenariat et les rôles de chacun dans la VAE des diplômes du travail social. Le DAVA se centre sur la recevabilité (livret 1) et l’information-conseil sur la VAE DEES. Dans cette région, le choix a été fait de ne pas mettre en concurrence le réseau DAVA / Greta avec les établissements du travail social. Les 59 60 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif structures de l’Éducation nationale n’avaient par ailleurs pas les moyens, ni n’étaient prêtes à accompagner les candidats VAE DEES, même si elles en avaient les compétences. Ce partage des tâches a arrangé l’ensemble des acteurs et a permis de traiter les demandes régionales de manière satisfaisante. On retrouve ainsi cette organisation en Auvergne, Aquitaine, Centre, Haute-Normandie, Languedoc Roussillon, Bretagne, Paca-Corse, Pays-de-la-Loire, Île-de-France et Ile de la Réunion. ≥ Les formules d’information mixtes et collectives sont privilégiées La modalité d’information et conseil à distance, par téléphone, ne concerne que 6 % des candidats. Néanmoins, elle représente la modalité privilégiée d’information utilisée par le pôle ressources en Poitou-Charentes et concerne environ la moitié des manières de renseigner les candidats DSB des pôles ressources des régions Lorraine et Centre. ≥ Conclusion Les résultats d’évaluation de l’information et du conseil sur la VAE DEES ≥ La moitié des services des rectorats mais également les structures labellisées points relais conseil ne connaissent pas les diplômes et la VAE relevant du domaine du travail social, ni le nouveau référentiel VAE d’éducateur spécialisé (il avait deux ans d’existence au moment de l’ouverture du DEES à la VAE ). Ces structures n’étaient donc pas en mesure d’assurer cette mission comme certains l’auraient souhaité. Certains rectorats et DAVA ont également fait le choix de ne pas investir sur ce diplôme relevant des Affaires sociales, face aux charges de travail déjà générées par les diplômes Éducation nationale et les faibles moyens dédiés. ≥ Dans 12 régions, les pôles ressources VAE DEES et les établissements de formation associés ont donc fonctionné comme des plateformes d’information et conseil sur la VAE DEES, mais souvent également sur la VAE des autres diplômes du travail social. L’Institut St Simon en Midi-Pyrénées est une plate-forme VAE pour tous les diplômes du travail social, dont le DSB, labellisée point relais conseil (PRC). Les structures de ces régions ont d’ailleurs construit une offre d’information et de conseil structurée et commune pour tous les candidats. ≥ Les délégations régionales Unifaf ont un rôle important d’information et de conseil auprès des salariés et des employeurs en matière de VAE. La délégation Unifaf de Bretagne et celle de Haute-Normandie sont d’ailleurs labellisées points relais conseil VAE. ≥ Pour la VAE DEES en particulier, les DRASS se sont principalement appuyées sur les établissements de formation du travail social réalisant des accompagnements de candidats, dans le cadre du dispositif de Branche ou bien dans le cadre du droit commun. ≥ En matière d’information et de conseil, des partenariats intéressants se sont organisés entre les DAVA, les DRASS et les établissements de formation du secteur pour réaliser ensemble des sessions d’information, parfois avec l’appui des délégations régionales Unifaf. Évaluation DSB VAE-DEES ≥ Préconisations Vu la place occupée par les pôles ressources DSB et les enjeux de la VAE, les évaluateurs préconisent une évolution vers des plates-formes régionales d’information-conseil VAE des diplômes du travail social. Dans les régions où l’accompagnement au diplôme d’État ne peut se réaliser que par le dispositif de Branche, la labellisation doit introduire une mission d’information-conseil de droit commun pour ne pas priver les candidats qui ne seraient pas dans le secteur du travail social et dont l’employeur ne serait pas membres de l’OPCA de Branche, de cette prestation centrale en matière de VAE. En toute rigueur, elle doit rester gratuite selon les textes. Ceci conduit à la seconde préconisation : le développement de partenariats avec les Conseils régionaux et les points relais conseil (en lien avec les DRASS) afin de structurer l’information sur les diplômes du travail social, la VAE, les liens entre certifications, et produire des documents simplifiés de communication sur le secteur, facilitant l’orientation vers les métiers du travail social. Dans cette optique, il serait intéressant de négocier un label national et régional de points relais conseils VAE sectoriel pour les diplômes relevant du secteur, à partir de la structuration en réseau du DSB. La labellisation pourrait renforcer et structurer la phase et le rôle de l’information et du conseil. L’offre d’information-conseil pour le DEES pourrait s’appuyer sur les pratiques existantes, présentées précédemment : • autour de deux heures dans une logique d’ouverture du dispositif à un projet de professionnalisation (culture « VAP 85 ») et, • autour de 4 heures, articulées avec l’accompagnement VAE (incluant le type de travail demandé par l’hypothèse de bonne fin) dans une logique de VAE stricte (culture « VAP 92 »). 2 Enfin, il faudrait inclure dans la communication sur le dispositif de Branche la préconisation sur le repositionnement de la communication institutionnelle et simplifier les documents d’information en partant des documents construits par les établissements de formation du travail social impliqués dans le DSB, mais aussi des documents intéressants produits par Unifaf sur le DSB. L’hypothèse de bonne fin: une logique VAP 92 dans une culture VAP 85 Rappel des étapes du parcours jusqu’à l’hypothèse de bonne fin (HBF) ≥ L’autorisation à entamer une démarche de VAE : la recevabilité « administrative » (livret 1) Après la phase d’information et de conseil, le candidat, s’il décide de poursuivre sa démarche, doit obtenir « l’autorisation administrative ». Pour cela il s’adresse aux services du rectorat ou aux DAVA qui lui remettent un livret 1, afin de vérifier la « recevabilité administrative » de sa demande de VAE. Si le livret 1 du candidat est conforme et indique suffisamment de « rapports entre les expériences décrites et le diplôme »10 , le candidat obtient l’autorisation administrative de poursuivre sa démarche de VAE. 10 comme l’indiquent les circulaires DGAS et Éducation nationale d’ouverture du DEES à la VAE. 61 62 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif ≥ Les candidats doivent répondre à des pré-requis administratifs Si le candidat choisit le dispositif de soutien de Branche, deux types de pré-requis sont demandés : des pré-requis administratifs et des pré-requis de validation possible (Hypothèse de bonne fin de la démarche de VAE). Pré-requis administratifs Pré-requis de diplômes : à la fois par leur niveau de qualification et les domaines professionnels couverts. Sont visés les diplômés de la filière éducative et d’un niveau de qualification proche d’ES, donc plutôt le CAFME de niveau IV (Certificat d’aptitude aux fonctions de moniteur éducateur) mais également le DEEJE de niveau III (Diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants), ainsi que des diplômes supérieurs universitaires. « Avoir 5 ans d’expériences professionnelles (équivalent temps plein) pour un diplôme ou une qualification de niveau V du secteur (des « filières éducatives, de soins, de l’aide à la personne ou de l’animation ») et 3 ans (ETP) pour les candidats titulaires d’une qualification ou d’un diplôme de niveau IV ou supérieur des filières éducatives, de soins, de l’aide à la personne ou de l’animation, soit d’un diplôme de l’enseignement supérieur de niveau III ou plus dans les champs socio-éducatifs ou médico-sociaux. » [extrait du cahier des charges DSB VAE DEES] Pré-requis conventionnels et contractuels : l’établissement employeur doit être à jour des cotisations conventionnelles à l’OPCA de Branche et au plan de formation, puisque le DSB s’inscrit dans les pratiques de formation professionnelle et les pratiques sectorielles de Branche (1,60 % dans l’accord de Branche n° 2005-01 signé le 7 janvier 2005 sur la formation professionnelle tout au long de la vie). Sur ce point, l’analyse des quelques dérogations d’accès au dispositif de Branche (46 candidats) montre que 6 établissements employeurs étaient dans ce cas. Autre critère, l’employeur doit donner son accord au salarié pour suivre le DSB dans le cadre d’un plan de formation et contractualiser avec lui, la délégation régionale de l’OPCA de Branche et les pôles ressources VAE DSB DEES, un plan de parcours VAE détaillé. Ce fait différencie fortement le candidats DSB d’un candidat à la VAE inscrit dans une démarche strictement personnelle et individuelle. ≥ Pré-requis de chances de validation Les candidats doivent démontrer qu’ils peuvent valider au moins trois des quatre fonctions du référentiel (« hypothèse de bonne fin »), à partir d’acquis probants d’expériences au moment d’une phase initiale de diagnostic : « Cette phase vise à identifier avec le candidat les points forts et les points faibles de son expérience au regard (a) du référentiel professionnel du DEES (tel que présenté dans le dossier de VAE (livret 2) remis au candidat par l’autorité certificatrice), (b) des modalités d’évaluation également définies par l’autorité certificatrice ; et (c) de la nature et du volume des apports méthodologiques, formatifs et les compléments d’expériences professionnelles, nécessaires pour envisager la validation de l’expérience du candidat pour au moins trois des quatre fonctions décrites par le référentiel professionnel de l’éducateur spécialisé. » [Extraits du cahier des charges de labellisation des pôles ressources, octobre 2003, Promofaf/DRED] ≥ Les quatre fonctions du référenciel d’éducateur spécialisé F1 « Établissement d’une relation, diagnostic éducatif » F2 « Accompagement éducatif de la personne ou du groupe » F3 « Conception et conduite d’une action socio-éducative au sein d’une équipe » F4 «Construction d’un cadred’analyse et d’une expertise des pratiques éducatives et sociales ». L’hypothèse de bonne fin se déroule au cours de l’étape du « diagnostic d’orientation ». Son objectif est d’estimer les chances de validation d’au moins trois des quatre fonctions du référentiel de l’éducateur spécialisé. Les usages de l’hypothèse de bonne fin par les pôles ressources 88 % des candidats valident l’hypothèse de bonne fin, soit 1 341 salariés sur 1 520 pour qui nous disposons de cette information. Évaluation DSB VAE-DEES D’après les données renseignées par les pôles ressources DSB VAE DEES, peu de régions l’appliquent. ≥ 3 sur 20 l’appliquent dans les règles du cahier des charges de labellisation : en Auvergne, Lorraine et Limousin, les candidats qui ne valident pas l’hypothèse de bonne fin ne poursuivent pas leur parcours. Pour les autres régions, la totalité ou une partie des candidats ne validant pas l’HBF poursuivent néanmoins le parcours DSB. ≥ Les pôles ressources de 11 régions appliquent une logique mixte à l’HBF : Dans ce cas, sont également retenus les candidats ayant un potentiel et la volonté de progresser en matière de VAE, dans l’idée que le parcours DSB produira des effets d’apprentissage, propices à la validation des acquis (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Picardie, PACA Corse, Bretagne, Alsace, Pays-de-la-Loire, Haute-Normandie, Île-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Centre). ≥ Les pôles ressources de 8 régions utilisent l’HBF dans une logique de construction de parcours (logique VAP 85) : Champagne-Ardenne, Languedoc-Roussillon, Bourgogne, PoitouCharentes, Franche-Comté, Rhône-Alpes, Basse-Normandie, Ile de la Réunion. Majoritairement, les pôles ressources labellisés et les responsables VAE considèrent souvent qu’au regard de la difficulté « naturelle» du parcours de VAE et de la structuration lourde du dispositif de Branche, les candidats ne doivent pas être évalués à ce niveau là. Ils préfèrent plutôt estimer un potentiel et une motivation à travailler sur la VAE et tablent sur la qualité du parcours pour améliorer les scores finaux de validation. Ces deux usages de l’HBF qui conduisent sur une plus ou moins grande ouverture de l’accès au dispositif, traduisent en fait deux cultures différentes mais légitimes et égales de la VAE: la culture «vap 85» de la VAE, et la culture «vap 92». ≥ Les points de vue d’acteurs sur l’hypothèse de bonne fin Les entretiens d’acteurs nous apprennent que les candidats ayant partiellement validé le DEES en 2005-2006 (soit 243 candidats sur les 722 s’étant présentés aux jurys) sont mécontents lorsque l’HBF leur pronostiquait la validation possible de quatre fonctions. Ils ont tendance soit à accuser l’accompagnement DSB et leur accompagnateur de ne pas avoir fait le nécessaire, soit à accuser les membres du jury de les avoir « saqués ». Certains disent ne rien comprendre et être particulièrement choqués des résultats. De leur côté, les responsables des pôles ressources labellisés ont tendance à reporter sur les membres de jury plutôt que sur le dispositif de Branche la responsabilité de ces résultats de validation. Les accompagnateurs interviewés mentionnent souvent la difficulté à faire travailler les candidats sur la posture de VAE lorsqu’ils ont un pronostic de quatre et trois fonctions validables. Dans ce cas, ils ont tendance à considérer que la validation – grâce au parcours DSB – ne sera pas compliquée. Certains ont du mal à approfondir leur démarche de VAE et admettre le travail de fond qu’elle demande pour faire ressortir des acquis probants d’expériences en lien avec les fonctions du référentiel ES. Par ailleurs, les analyses d’entretiens auprès des Conseils régionaux et des services de l’Éducation nationale montrent le développement accru de pratiques très proches de l’HBF à partir « d’études de faisabilité », « d’études personnalisées »… mais elles ne font pas dépendre l’accès à un parcours des résultats de ces diagnostics, ni ne les relient de manière aussi contractuelle aux résultats de validation. Le risque est alors grand d’évaluer l’accompagnement en fonction des pronostics initiaux des candidats et de leurs résultats de validation alors que 63 64 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif l’évaluation démontre l’importance de facteurs externes au DSB influant aussi sur les résultats de validation (la spécialisation de l’information-conseil en VAE, le pilotage régional de la VAE par la plus ou moins grande ouverture de la recevabilité administrative et les formes de validation utilisées par les membres de jury ainsi que les périodicités d’organisation des sessions de jury VAE DEES). Deux cultures de la reconnaissance individuelle La plus ou moins grande ouverture de l’accès à la VAE, et donc au dispositif de Branche, reste une véritable question de fond renvoyant à deux cultures différentes mais légitimes et légales de la VAE : ≥ la culture « VAP 92 », qui ne retient que les professionnels avérés les plus proches des exigences du diplôme et donc les plus capables de réussir leur validation. Cette culture de la reconnaissance affirme que l’accompagnement doit être court puisque le candidat qui se présente doit déjà posséder les compétences d’Éducateur spécialisé. Il suffit alors de le vérifier par l’accompagnement et de l’aider à produire le livret 2, en restant très centré sur l’adéquation entre apprentissages acquis par l’expérience et exigences de qualification et de compétences définies par le référentiel. Sont privilégiées ici les expériences professionnelles probantes et significatives au regard de référentiel. La VAE vient reconnaître les acquis consolidés d’un parcours passé lié au diplôme. ≥ la culture « VAP 85 », qui retient aussi les candidats ayant un potentiel, capables de travailler de manière approfondie sur leur VAE et de réussir à extraire de leurs expériences ce qui fera validation, même si les premiers échanges sont peu convaincants sur l’adéquation expériences/exigences de la validation. Nous verrons en conclusion que ces deux orientations, à clarifier dans les versions futures du dispositif de Branche, comme de toute initiative VAE, orientent toutes les actions du dispositif de soutien de Branche et expliquent les différences de pratiques régionales et locales observées précédemment. Si le DSB, par sa mixité d’actions et sa longueur, laisse place à une culture de parcours VAE (« VAP 85 »), il comprend également une culture de sélection des personnes (« VAP 92 ») à partir d’acquis avérés d’expériences d’éducateur spécialisé que représente particulièrement bien l’hypothèse de bonne fin dans la labellisation de Branche. ≥ Les avantages perçus de la pratique de l’hypothèse de bonne fin : une logique de réussite par les pré-requis Telle que décrite dans le cahier des charges de labellisation, l’hypothèse de bonne fin est l’instrument méthodologique privilégié d’une logique VAP 92 de la VAE. Durant 4 heures, elle permet de vérifier si un candidat a bien les acquis suffisants d’expériences pour envisager la validation d’au moins trois fonctions du référentiel d’éducateur spécialisé. Que ce soit auprès des responsables VAE des pôles ressources labellisés la pratiquant ou bien auprès des responsables VAE de l’Éducation nationale, cette pratique est donc plutôt appréciée des quelques acteurs interviewés qui partagent cette logique de VAE. Nous avons également vu que se dévelopent des pratiques similaires dans d’autres dispositifs que le DSB aux niveaux de l’information-conseil, et parfois de la recevabilité («les études de faisabilité», «les études personnalisées », etc.). Cette pratique de tri des candidats à la VAE, par la qualité des pré-requis d’acquis d’expérience est toutefois plus développée par le réseau des DAVA et les Greta que par les responsables VAE des pôles ressources. Une part importante des acteurs DRASS et des Conseils régionaux la juge pertinente pour contrôler les flux de la VAE et son organisation régionale. Évaluation DSB VAE-DEES Plusieurs arguments sont avancés pour défendre une pratique qui sélectionne les candidats par des pré-requis d’acquis d’expérience proches des exigences du référentiel de diplôme. ≥ Sur le plan humain, la pratique de l’hypothèse de bonne fin permet de faire réaliser à un candidat les écarts entre ses acquis d’expérience et les exigences du référentiel, afin de lui éviter une épreuve estimée difficile et inutile. Responsable VAE pôle ressources VAE DSB DEES On ne peut pas laisser des personnes penser que sous prétexte qu’elles ont rempli un document administratif, le livret 1, elles réussiront leur VAE. Beaucoup de personnes pensent que leurs acquis suffisent quoiqu’il arrive. “ ” Responsable DAVA “ ” L’hypothèse de bonne fin, c’est bien comme diagnostic, tout le monde rêve d’avoir le DEES par le droit commun ou le DSB, mais tout le monde n’a pas les compétences acquises pour l’avoir. ≥ Sur le plan pédagogique, cette manière de pratiquer l’hypothèse de bonne fin facilite le travail des accompagnateurs en le centrant exclusivement sur ce qui paraît essentiel dans la VAE : l’adéquation entre des acquis d’expérience et l’exercice d’écriture du livret 2. L’hypothèse de bonne fin permet de ne retenir que les candidats les plus proches de la validation, c’est-àdire ceux qui ont un profil d’éducateur spécialisé identifiable dès leur demande de VAE. Responsable VAE pôle ressources VAE DSB DEES “ Nous le faisons en binôme, un ES travaille avec le candidat individuellement sur le référentiel durant 4 heures et pronostique un nombre de fonctions validables. Moi, je reçois les candidats en groupe de 12 personnes, 4 heures, et nous discutons essentiellement sur la question de l’écrit dans la VAE. Il faut les aider à engager un récit à partir de leur pratique, à mettre en mots leur expérience pour la VAE avec des illustrations. Ils entrent dans la VAE dès l’hypothèse de bonne fin. ” Responsable VAE pôle ressources VAE DSB DEES “ Pour sélectionner un ES, il faut utiliser la loi 2002-2, savoir si la personne est dans le champ ou pas et s’atteler à une recension minutieuse de ses tâches. Dans notre région, nous ne sélectionnons que les personnes qui sont dans le champ de l’éducateur spécialisé à partir du Code de l’action sociale et des familles. ” Sur le plan idéologique, l’hypothèse de bonne fin valorise la VAE car elle sélectionne les meilleurs professionnels, la valeur du diplôme d’état d’Éducateur spécialisé s’en trouverait préservée. Une partie des acteurs opposés à la VAE s’y retrouvent de cette manière. Cette perspective est fréquente dans les régions où se développe une recevabilité appelée « qualitative » par les acteurs régionaux, en opposition à la recevabilité « administrative ». ≥ Éducation nationale, responsable de la recevabilité Nous développons une recevabilité plutôt qualitative, impulsée par la DRASS. Nous demandons un petit écrit au candidat. Par exemple : comment suis-je référent du travail d’ES dans mon établissement ? En 2004-2005, nous avons refusé 64 % des livrets 1 reçus et nous n’avons eu aucune validation nulle. Cette procédure a permis à des personnes de renoncer à la VAE. Nous voulons rendre le candidat responsable de sa recevabilité, que ce soit déjà un engagement, pas une simple formalité. “ ” 65 66 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Responsable VAE pôle ressources VAE DSB DEES Les gens sont très hostiles à la VAE dans notre région. Il faut que nous soyons irréprochables avec le DSB en leur garantissant que nous ne sélectionnons que les meilleurs et que ça ne porte pas atteinte aux écoles. “ ” Quoiqu’il en soit, cette pratique ne doit jamais être considérée comme un moyen d’anticiper les résultats de validation car les jurys sont souverains en droit. Il faut donc retirer à l’hypothèse de bonne fin son ambition de pronostic de résultats de validation contractualisé. ≥ L’hypothèse de bonne fin comme construction du parcours VAE : une logique de réussite par le parcours et le potentiel du candidat L’autre partie des acteurs interviewés considère toutefois que la sélection des candidats à la VAE DEES par des pré-requis d’acquis avérés d’expérience relève des pratiques de VAE courtes et contraintes – dans ce cas, les acteurs n’ont pas le choix de parier sur le potentiel d’une personne et la qualité d’un parcours VAE – mais pas du dispositif de Branche, dont le parcours est structurellement mixte et plus long. Quelques responsables de DAVA interviewés partagent également ce point de vue. Comme pour le précédent groupe d’acteurs favorables à la pratique pré-sélective de l’hypothèse de bonne fin, plusieurs arguments appuient ce point de vue qui table plutôt sur l’effet positif du parcours dans la production du livret 2. ≥ Sur le plan humain, le parcours de VAE est considéré comme un parcours du combattant aggravé par les critères de sélection imposés par le dispositif de Branche. L’organisation de la VAE est alors souvent remise en cause ainsi que les dysfonctionnements régionaux, dans un contexte où tous les acteurs s’accordent sur la nécessaire amélioration de la procédure et du processus actuel de VAE. Responsable VAE pôle ressources VAE DSB DEES “ Entre le livret 1 dont les résultats prennent déjà au moins 4 mois dans notre région… et l’entrée dans le DSB, c’est trop long également. Ça prend 3 mois en plus et le salarié peut se voir refuser l’accès au dispositif de Branche. ” Responsable VAE pôle ressources VAE DSB DEES “ ” Il est indispensable qu’il y ait adéquation entre les deux, la recevabilité et l’HBF. Il y a vraiment un hiatus si le candidat est recevable mais que son hypothèse de bonne fin n’est pas validée. Les candidats ne comprennent pas et nous, nous pouvons l’expliquer mais comment le légitimer ? ≥ Sur le plan pédagogique, les accompagnateurs s’appuient généralement sur les travaux portant sur l’analyse du travail et l’auto-évaluation pour affirmer que l’extraction de preuves avérées de compétences et de savoirs acquis par le travail ou d’autres activités n’est ni naturelle, ni spontanée. Leur expression dans le livret 2 n’est possible que lorsque le candidat a appris une méthode spécifique d’analyse des acquis de sa pratique. Un des rôles fondamentaux de l’accompagnement serait de former le candidat à cette méthode, afin qu’il se la réapproprie et en fasse une manière d’apprendre de sa pratique – si possible continue. Ce point de vue est notamment bien illustré par la production des responsables VAE d’Île-deFrance, dans le cadre de l’action prioritaire régionale mise en place pour consolider les pratiques d’accompagnement VAE. Dans cette perspective, l’évaluation réalisée par l’hypothèse Évaluation DSB VAE-DEES de bonne fin fait partie de l’accompagnement VAE et sert à construire le parcours VAE du dispositif de Branche. Responsable DAVA “ Je suis totalement contre l’hypothèse de bonne fin. C’est une question déontologique. Les preuves sont profondes, cachées, il faut du temps et de la maturité pour les extraire. Comment évaluer un candidat dès le départ ? L’HBF ne peut servir qu’à vérifier si le candidat peut entrer dans une démarche de VAE mais ne doit pas être un système de pré-sélection, de test de connaissance sur l’expérience. ” Responsable VAE pôle ressources VAE DSB DEES “ Nous utilisons deux séances d’1h30. La première séance, le balayage est large. Il faut faire rentrer le candidat dans les fonctions et lui faire imaginer la mise en mots. Lui faire expliciter des situations de travail où il trouvera potentiellement des éléments de validation et de preuve. Il faut être assez directif et lui demander un écrit pour la séance suivante. Là, nous observons sa capacité à écrire, centrale dans la démarche de VAE. Ce travail nous permet d’évaluer le passage du narratif au descriptif et à l’analyse. L’hypothèse de bonne fin nous permet de repérer les points faibles et les points forts du candidat pour construire ensuite son parcours. Pour nous, elle sert à cela. ” Sur le plan idéologique,la dimension promotionnelle du dispositif de Branche est mise en avant par les professionnels du secteur. Pour les acteurs externes, subsiste un risque de confusion de rôle et de responsabilité entre le certificateur (Éducation nationale) et la Branche. ≥ Responsable VAE pôle ressources VAE DSB DEES “ Vous avez en face de vous une personne qui a la niaque, des enjeux de carrière. Vous évaluez sa capacité à exprimer des choses de son travail, son vocabulaire et vous lui donnez sa chance : la VAE est un pari sur l’avenir d’une personne. ” Responsable VAE pôle ressources VAE DSB DEES “ On est contre l’HBF, c’est comme si on donnait du soutien scolaire aux meilleurs élèves qu’on aurait sélectionnés! Où est la seconde chance? ” Le sentiment de rejet des salariés sortant du dispositif s’ils n’ont pas validé l’hypothèse de bonne fin (profil 1) Au 31.12.2006, 76 candidats ayant moins de trois fonctions pronostiquées comme validables n’ont pas accédé au dispositif de Branche, soit 4 % des candidats, dans un contexte où les pôles ressources DSB VAE DEES ont plutôt été souples sur l’application de l’hypothèse de bonne fin. Identifiés au départ par le profil 1 dans le cadre de l’évaluation du DSB, 9 candidats de ce type ont finalement été interviewés. Même informés des possibilités d’autres dispositifs d’accompagnement, la majorité ressent cette sortie du dispositif de Branche comme un rejet rappelant d’autres échecs comme si, devant des jurys, ils n’avaient rien validé. Un candidat interviewé a validé trois des quatre fonctions du référentiel en suivant par ailleurs un accompagnement de droit commun. ≥ Un candidat “ Un candidat “ Le diagnostic, c’est pire qu’une sélection d’entrée dans une école, il y a des étapes à n’en plus finir. On nous a demandé un écrit, or j’avais des difficultés à l’écrit. ” L’accompagnateur qui m’a reçue pour le diagnostic était un psychologue. Il m’a dit que, parce que j’étais dans une « pauvreté institutionnelle », je ne pouvais entrer dans le DSB. Il ne m’a donné aucun conseil pour autre chose que la VAE. Ils nous renvoient que nous ne sommes pas capables. Ils m’ont fait comprendre que je devais retourner à la case départ. ” 67 68 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif ≥ Un accompagnement et un suivi-post validation rendus difficiles Dernier constat de l’évaluation en ce qui concerne l’hypothèse de bonne fin, en cas de pronostic de validation de trois ou de quatre fonctions, les accompagnateurs se disent régulièrement gênés dans leur pratique d’accompagnement par des candidats moins enclins à approfondir l’exercice de VAE, car certains de valider le DEES. La situation se complique le plus avec les candidats ayant partiellement validé le diplôme avec un pronostic de validation totale et celui de trois fonctions sur quatre. Comment éviter la critique de l’accompagnement, de l’hypothèse de bonne fin ou bien celle de l’inconstance des membres de jury ? Un accompagnateur “ Nous sommes obligés de leur rappeler en permanence que ce n’est pas parce qu’ils ont eu leur hypothèse de bonne fin qu’ils vont tout valider. C’est assez pénible. ” Un responsable de DAVA “ Dans le DSB, avec l’hypothèse de bonne fin, on rend les accompagnateurs responsables des résultats de validation des jurys alors que ces résultats dépendent du travail de la personne, de la valeur de son expérience et du travail des membres de jury. Je ne veux pas prendre cette responsabilité en tant qu’accompagnateur, il y a trop de variables aléatoires dans les décisions de validation. ” Une HBF diversement pratiquée Dans la mesure où l’analyse comparée des résultats de validation des candidats DSB démontre de meilleurs résultats par rapport aux autres candidats (cf. Chapitre II, Le poids du DSB dans les résultats de validation) et que l’hypothèse de bonne fin est diversement pratiquée par les pôles ressources, sans être concluante sur sa valeur de pronostic, les évaluateurs préconisent de retirer à cette pratique son double objectif de : (a) pronostic de validation et (b) pré-sélection des candidats estimés les plus proches de l’exercice de VAE . Le dispositif de Branche gagnerait à se différencier des pratiques de VAE focalisées sur la réussite à la VAE et à plus se positionner sur une logique de VAE encore balbutiante aujourd’hui : les dispositifs sectoriels de professionnalisation collective par la VAE, incluant diverses actions complémentaires (actions de formation, mises en situation professionnelle, etc.). Centrale au moment de produire le livret 2, « l’hypothèse de bonne fin » (si elle devait conserver sa dénomination malgré les constats et analyses précédents) doit être préservée comme pratique d’accompagnement à part entière de l’appui, en début d’appui à la démarche pour que le candidat et l’accompagnateur puissent se baser sur un premier état des lieux, puis vers la fin de l’appui, comme soutien à l’écriture du livret 2 ainsi qu’à la préparation de l’entretien oral. Une relative indépendance entre les pronostics initiaux de l’HBF et les résultats de la VAE L’évaluation révèle que les pronostics de l’hypothèse de bonne fin coïncident avec les résultats de validation dans le cas unique où les candidats étaient estimés proches de la validation totale avec un pronostic de 4 fonctions du référentiel. En effet, si nous comparons le pronostic de validation énoncé au moment de l’HBF et les résultats effectifs de validation prononcés par le jury, nous constatons que l’hypothèse de bonne fin s’est révélée très fiable pour 179 candidats sur les 256 munis d’un pronostic initial de validation des 4 fonctions du référentiel et qui ont totalement validé le DEES. Évaluation DSB VAE-DEES En ce qui concerne les 458 autres candidats sur les 673 (68 %) pour lesquels figure cette information, les résultats de validation sont différents des pronostics, voire très différents en termes d’écart entre nombre de fonctions pronostiquées et nombre de fonctions finalement validées. Le pronostic de validation partielle initial ne s’est concrétisé que pour 10% des candidats (33 sur 336). Enfin 98 salariés ont été acceptés dans le dispositif alors qu’ils n’avaient pas le prérequis d’un potentiel de validation d’au moins 3 fonctions du référentiel et leurs résultats de validation sont finalement très satisfaisants. Le tableau ci-dessous détaille le propos : Tableau n° 15 Valeur de pronostic des résultats de validation de l’hypothèse de bonne fin Liens entre pronostic et résultats de validation au DEES en 2005 et 2006 (pour 673 candidats) Degré de fiabilité de l’HBF Validation totale (VT) Validations partielles (VP) 4 fonctions Adéquation entre pronostics et résultats de validation Non adéquation entre pronostics et résultat de validation Total candidats : 673 3 fonctions 2 fonctions 1 fonction 70 % 9,4 % 6,6 % 4,5 % 179 candidats sur 256 30 candidats valident 3 fonctions 5 candidats valident 2 fonctions 1 candidat valide 1 fonction 25,4 % 74,3 % 93,4 % 95,5 % 65 candidats ont d’autres validations, dont 16 non-validations 244 ont d’autres résultats : 173 valident totalement, 66 valident moins de 3 fonctions et 5 ne valident rien 71 candidats ont d’autres résultats 16 valident totalement 45 valident partiellement 21 candidats ont d’autres résultats 18 valident totalement (12 non réponses) (45 non réponses) (10 ne valident rien) ( 3 ne valident rien) 256 319 46 22 Ces résultats démontrent que c’est plutôt le parcours de VAE prévu par le dispositif de Branche qui explique les résultats positifs de validation et non la sélection initiale par l’hypothèse de bonne fin. Les évaluateurs préconisent donc de la supprimer comme critère de sélection à l’entrée du dispositif et de l’intégrer dans l’accompagnement VAE en début de parcours, dans l’appui méthodologique. On constate que peu de régions appliquent l’hypothèse de bonne fin telle que prévue dans le cahier des charges de labellisation et que le pronostic, à cette étape du dispositif, ne préjuge pas des résultats finaux de validation. Quoiqu’il en soit la logique mixte d’application de l’HBF et la logique « VAP 85 » sont favorables aux candidats DSB n’ayant pas validé l’hypothèse de bonne fin puisqu’ils bénéficient quand même du parcours de professionnalisation DSB et qu’une partie obtient des résultats de validation satisfaisants. ≥ L’influence des caractéristiques socioprofessionnelles des candidats sur l’HBF Les critères de genre, d’âge et de secteur d’activité ne semblent pas jouer sur la validation de l’hypothèse de bonne fin ni sur les fonctions pronostiquées et leur nombre. En revanche, plusieurs constats peuvent être tirés du croisement entre les diplômes des candidats et leurs résultats de pronostic, à partir de l’hypothèse de bonne fin : les candidats possédant un diplôme de type « jeunesse & sports » s’en sortent aussi bien que les diplômés de la filière du 69 70 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif travail social puisqu’ils sont 86 % à valider l’hypothèse de bonne fin (59 candidats sur 68 au total). Sous réserve d’investigations plus approfondies, les résultats montrent que la validation de l’hypothèse de bonne fin s’est réalisée sur un critère d’acquis d’expérience et non de filière de diplôme ni de niveau, ce qui est conforme à la loi sur la VAE : ce sont les acquis d’une expérience avérée d’éducateur spécialisé qui entrent alors en ligne de compte et pas d’autres critères (en dehors des 3 années d’expériences). Cette logique prévaut dans le cadre d’une hypothèse de bonne fin s’intéressant au potentiel d’une personne et aux effets VAE du parcours de Branche (logique « VAP 85 »). ≥ Conclusion Si la promulgation de l’hypothèse de bonne fin est compréhensible dans ses finalités (identifier les faisant fonction, limiter les validations décevantes, supprimer le risque de non-validation) et légitime au niveau des pratiques qu’elle développe (rechercher les liens entre des acquis d’expérience et un référentiel et les faire s’exprimer comme preuves probantes d’acquis), son positionnement comme critère d’accès au dispositif de Branche et son objectif de pronostic de validation doivent être revus. ≥ Préconisations Les évaluateurs préconisent de questionner ce critère d’accès au dispositif de Branche, dans un contexte de parcours VAE assez lourd et sélectif depuis l’informationconseil jusqu’à la validation, en réaffirmant son intérêt comme moyen de préconisation de parcours en vue de la validation, mais pas comme moyen de pronostic de résultats de validation. Les jurys restent souverains en droit et l’évaluation montre que c’est plutôt le parcours DSB qui révèle la richesse des acquis d’expérience. Nous avons également vu que les pratiques de sélection des candidats en amont de la démarche de VAE se développaient de plus en plus et que les acteurs régionaux avaient tendance à piloter la VAE en jouant sur la spécialisation de l’information-conseil et sur la sélectivité de la recevabilité administrative. Il s’agit de redéfinir le rôle de l’HBF dans le dispositif de Branche comme (a) moyen privilégié de construire les parcours DSB à partir d’une logique VAE renforcée et (b) comme pratique privilégiée de l’Appui à la démarche VAE (AD). • Au moment du diagnostic d’orientation, elle pourrait être utilisée uniquement pour préconiser les parcours, ce qui aurait pour intérêt de renforcer l’articulation des actions proposées au référentiel d’éducateur spécialisé et la logique VAP 92 de validation des acquis qu’elle incarne : les candidats se verraient probablement moins pronostiquer d’actions de formation et plus de mises en situation professionnelle pour déclencher la posture de VAE (voir la partie concernant l’évaluation des mises en situation professionnelle). De ce fait, il faudrait que les préconisations de parcours soient présentées en fonction des critères d’exigence du référentiel ES dans le cadre de la contractualisation des parcours. • Durant l’appui méthodologique à la production du livret 2, les pratiques de l’hypothèse de bonne fin renforceront nécessairement la professionnalisation des accompagnateurs sur la logique de VAE type VAP 92 et en conséquence, l’adéquation entre le travail d’analyse d’acquis d’expérience avec les exigences du référentiel d’éducateur spécialisé. Il serait donc pertinent de déplacer l’HBF au niveau de l’appui méthodologique, ce que pratique d’ailleurs une grande partie des pôles ressources. La question de l’introduction de la logique complète de VAE reste posée. Si la recevabilité administrative prévoit bien l’identification d’acquis d’expériences bénévoles, le DSB est plutôt centré sur les acquis d’expérience professionnelle au niveau de ses critères d’accès et de l’hypothèse de bonne fin, dans un secteur où les salariés sont souvent impliqués dans des activités associatives bénévoles et militantes, en plus de leur emploi. Évaluation DSB VAE-DEES 3 Les parcours préconisés : une logique mixte Rappel des principes du cahier des charges de labellisation DSB VAE DEES La deuxième étape du diagnostic d’orientation consiste à prescrire ou préconiser au candidat un parcours dont la spécificité est de combiner trois types d’actions : Un appui méthodologique à la production du livret 2 et à la préparation de l’entretien oral lui permettant de présenter des acquis et preuves d’expériences en fonction des activités et fonctions choisies dans le livret 1. Cette action d’appui à la démarche de VAE (AD) est obligatoire dans le parcours DSB et ne peut excéder 35 heures et, de manière facultative, peut se compléter de deux autres actions à combiner. ≥ Des séquences formatives (SF). Ce type d’actions de parcours ne peut dépasser 140 heures et peut être combiné à une ou des actions de mises en situation professionnelle. Dans ce cas, le cumul des deux ne doit pas excéder le plafond de 140 heures indiqué. ≥ Des « temps d’expérience professionnelle » que nous nommerons mises en situation professionnelle (MSF) concourant à « l’élargissement des connaissances sur les publics, les modes de prise en charge, les types d’intervention, etc. », selon le cahier des charges de labellisation. ≥ Ce cadre appelle un premier commentaire. Le dispositif de Branche se présente comme un accompagnement mixte comprenant de l’appui à la démarche VAE, proposant 11 heures d’appui supplémentaires par rapport aux 24 heures d’accompagnement de droit commun et des actions de professionnalisation. (a) une logique de VAE, dont l’enjeu est de conduire un candidat à exprimer des acquis d’expérience et à les écrire dans le cadre strict du livret 2, de manière articulée avec le référentiel VAE d’éducateur spécialisé et, (b) une logique de professionnalisation individuelle et collective par des actions complémentaires de formation et des mises en situation professionnelle. Dans la labellisation, les mises en situation professionnelle sont présentées comme des possibilités de parcours qui ne font pas l’objet de prestations pédagogiques spécifiques de la part des pôles ressources DSB VAE DEES, ni de financement particulier. Si le cahier des charges de labellisation précise que la troisième mission du dispositif de soutien de Branche (p. 3) consiste à proposer aux candidats ayant partiellement validé le diplôme un parcours postjury VAE d’accès au diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé, cette action n’est pas spécifiquement identifiée dans la construction des parcours, ni ne fait l’objet de financements ou de cofinancements identifiés. Ces constats expliquent le peu d’informations renseignées sur ces deux types d’actions par les délégations régionales Unifaf, mais aussi par les pôles ressources DSB VAE DEES. La construction d’un parcours individualisé Pour les responsables VAE, l’enjeu consiste donc à construire une logique de parcours comprenant une base fixe – l’appui à la démarche en fait partie – et une base variable parmi un stock d’actions complémentaires limitées à la démarche VAE DEES. C’est dans ce sens que l’on peut parler d’individualisation des parcours DSB ; il ne s’agit donc pas d’offres standard que suivraient tous les candidats, ni uniquement d’offres variables au sein de parcours uniques mais d’un compromis entre ces deux logiques. “ Le DSB se présente comme un accompagnement mixte comprenant une base fixe et une base variable. ” 71 72 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Les enquêtes conduites dans les 9 régions sélectionnées montrent que la mise en œuvre du dispositif de Branche a exigé un effort important de conception d’actions spécifiquement dédiées à la VAE DEES. Il est certain que le fait de dispenser la formation initiale d’éducateur spécialisé s’est avéré être un atout certain, renforcé par les enjeux du post-jury VAE . Responsable VAE “ Ce n’est pas évident de combiner les actions. Il faut adapter les plannings, prendre en compte ceux des employeurs et des salariés, poursuivre l’objectif de VAE. Il faut individualiser et ça bouscule les pratiques de formation initiale et une approche standardisée de l’accompagnement. ” Responsable de DAVA “ Nous n’étions pas prêts pour le DEES : le référentiel est nouveau, nous n’assurons pas les formations initiales. De plus, mettre en place des accompagnements VAE DEES nous aurait demandé des efforts très importants en ingénierie. Le recteur de notre région a fait le choix d’investir sur des diplômes que nous gérons plus directement. ” Du côté salarié et des établissements employeurs, le choix d’un type de parcours avec séquences formatives suit une logique de professionnalisation. Dans ce cas, les responsables VAE doivent concilier l’objectif de VAE et celui de la formation. L’enjeu consiste alors à proposer des séquences formatives reliées aux quatre fonctions du référentiel d’éducateur spécialisé pour répondre aux demandes de professionnalisation et de montée en qualification sur les fonctions éducatives, tout en préparant les candidats à adopter la posture VAE. Responsable VAE de pôle ressources “ Les demandes de mise à jour professionnelle sont parfois plus fortes que celles de VAE : les salariés veulent absolument connaître ce que l’on sait sur un nouveau public – les jeunes et les adolescents difficiles par exemple – ou bien vérifier comment appliquer les réformes qui touchent le secteur au niveau quotidien des pratiques. Ils en ont entendu parler mais de loin ou pas vraiment concrètement. Responsable VAE de pôle ressources “ ” Ce que nous proposons, c’est une offre de séquences formatives d’actualité et en lien avec le métier d’éducateur spécialisé et les salariés choisissent ce qui les intéresse le plus. C’est souvent directement lié à leur activité professionnelle. ” Principaux constats sur les parcours préconisés ≥ Les types d’actions les plus préconisées • 86% des candidats se voient préconiser un appui méthodologique (1 446 candidats sur 1 691), • 73% une/des séquences formatives (1 238 candidats sur 1691), • et 21% des candidats une/des mises en situation professionnelles (347 candidats sur 1691). ≥ Typologie de parcours préconisés : prédominance du type AD / SF L’évaluation a identifié quatre types de combinaisons d’actions d’accompagnement à la VAE DEES. Ces combinaisons intègrent toutes l’action d’appui à la démarche (AD) car elle est incontournable. Évaluation DSB VAE-DEES Le schéma synthétique suivant montre que : • 62 % des candidats ont un appui à la démarche combiné à des séquences formatives [AD/SF], (896 candidats sur 1 691), • 22% des candidats se voient préconiser la combinaison mixte de tous les types d’actions, [AD/SF/MSP], soit 323 candidats sur 1 691 (appui à la démarche/séquences formatives/mise en situation professionnelle), • 14 % des candidats ont uniquement de l’appui à la démarche [AD] (204 candidats sur 1 691), • 2 % des candidats ont un appui à la démarche complété de mises en situation professionnelle [AD/MSP], (23 candidats sur 1 691), Schéma n° 4 Typologie des combinaisons de parcours préconisés dans le dispositif de Branche au 31.12.2006 Les actions du parcours DSB 1691 candidats | 245 non-réponses soit 1446 réponses • Actions obligatoire AD Appui à la démarche (max. 35 heures) • Actions facultatives SF Séquences formatives MSP Mise en situation professionnelle 62 % des candidats (896) [AD/SF] 22 % des candidats (323) [AD/SF/MSP] 14 % des candidats (204) [AD] 2 % des candidats (23) [AD/MSP] Le parcours [AD/SF] est utilisé pour la moitié des candidats DSB Le parcours [AD/SF/MSP] concerne environ 2 candidats sur 10. Le parcours [AD] Le parcours [AD/MSP] est relativement peu utilisé est rarement utilisé (1 candidat sur 10) (1 candidat sur 100) Il repose sur le choix de la formation comme outil principal de professionnalisation aux fonctions d’éducateur spécialisé. C’est le type de parcours générique proposé par le cahier des charges des pôles ressources DSB. Il est préconisé pour les candidats considérés comme les plus proches de la validation et n’ayant pas de formation ou d’expérience complémentaires pour réaliser leur démarche VAE. Il répond à des profils de salariés ayant travaillé longtemps dans le même type d’établissement, d’activité et/ou de public. Le détail régional de la répartition de ces combinaisons de parcours permet de tirer d’autres conclusions qui corroborent les analyses précédentes. Deux grands groupes de régions DSB se distinguent finalement : les régions où l’accompagnement DSB se base sur l’appui méthodologique VAE complété de séquences formatives ; les régions où l’accompagnement DSB se base sur des parcours mixtes combinant à l’appui méthodologique VAE des séquences formatives et des mises en situation professionnelle. ≥ Le parcours AD/SF : un premier groupe de pôles ressources issus de 9 régions 9 régions DSB (Languedoc-Roussillon, Limousin, Paca-Corse, Champagne-Ardenne, Aquitaine, Bretagne, Auvergne et Nord-Pas-de-Calais) utilisent principalement des parcours combinant l’appui à la démarche et des séquences formatives. Les enquêtes conduites en Aquitaine, Bourgogne et Bretagne, trois régions privilégiant la combinaison de parcours AD/SF, permettent d’avancer que les pôles ressources labellisés se sont appuyés sur leur savoir-faire de formation pour construire des modules de formation spécifiquement articulés aux quatre fonctions du référentiel d’éducateur spécialisé. Dans ce cas, la professionnalisation des salariés candidats à la VAE se réalise principalement par des 73 74 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif séquences formatives. La condition de maintien de ce type de parcours implique cependant de différencier complètement les actions de formation classiques des actions de formation articulées à la VAE DEES. Ces dernières doivent être courtes, non qualifiantes (pas de module de formation initiale) et démontrer leur articulation au référentiel VAE du diplôme. ≥ Le parcours mixte AD / SF / MSP : un second groupe de pôles ressources représentant 11 régions L’analyse du tableau qui suit permet d’identifier onze régions DSB dont les pôles ressources ont tendance à utiliser systématiquement les trois types d’actions de parcours possibles, en fonction du diagnostic réalisé par l’hypothèse de bonne fin. Ces régions se caractérisent par : - leur poids dans l’accompagnement VAE DEES puisqu’elles représentent 52 % des candidats DSB (874 sur 1691), - leur poids dans l’ensemble des actions préconisées : la moitié des candidats de ce groupe de régions bénéficie de préconisations d’appui à la démarche (51 %) ; presque la moitié des séquences formatives (51 %) et la majorité d’une préconisation de mise en situation professionnelle (92 %). Tableau n° 16 11 régions utilisant systématiquement les trois actions dans les parcours DSB Nb total candidats Candidats % avec appui pop. à al démarche rég. Candidats avec séquences formatives % pop. rég. Candidats avec mise % en situation pop. profession. Rég. Basse-Normandie 29 29 100% 29 100% 29 100% Franche-Comté 58 57 98% 55 95% 36 62% Poitou-Charentes 26 25 96% 10 38% 15 58% Centre 67 64 96% 63 94% 38 57% Midi-Pyrénées 141 121 86% 113 80% 54 38% Rhône-Alpes 151 132 87% 95 63% 48 32% Lorraine 39 38 97% 38 97% 15 38% Région DSB à préconisations mixtes Alsace 62 61 98% 52 84% 17 27% Pays-de-la-Loire 106 92 87% 87 82% 28 26% Île-de-France 124 115 93% 48 39% 29 23% Haute-Normandie 71 54 76% 38 54% 9 13% Total 874 734 84% 628 72% 318 36% part des 11 régions 52% 51% 91% 51% 73% 92% 38% Total national 1691 1446 86% 1238 73% 347 21% Dans le cadre d’une consolidation des acquis et ressources d’accompagnement (professionnalisation de l’accompagnement) mises en place par les établissements de formation du travail social impliqués dans le DSB VAE DEES, les évaluateurs préconisent que ces régions constituent un groupe d’échanges de pratiques et de mutualisation des ressources sur le thème particulier de la mixité des actions de soutien DSB et leur articulation avec la VAE (les quatre fonctions du référentiel d’éducateur spécialisé et le processus de VAE). ≥ 1 Les 3 facteurs influant sur la préconisation de parcours Le nombre de fonctions pronostiquées au terme de l’HBF : à partir de trois fonctions Évaluation DSB VAE-DEES pronostiquées, les propositions de parcours DSB se diversifient davantage ; autrement dit, plus les candidats sont proches de la validation, plus leur parcours d’accompagnement VAE est mixte et diversifié. 2 Le type de diplôme détenu par le candidat : les diplômés du travail social et les diplômés Jeunesse et sport attestent de parcours différents. Il est intéressant de noter que les moniteurs éducateurs suivent un parcours AD/SF pour 55 % d’entre eux (soit 554 candidats sur 1008) et surtout que les diplômés du BEES (Brevet d’Etat d’éducateurs sportifs de niveau V) suivent ce parcours pour 71 % d’entre eux (22 candidats sur 31). Les responsables VAE des pôles ressources ont souvent estimé que ces candidats devaient intégrer, plus que d’autres, la culture du secteur du travail social. Les séquences formatives se sont présentées comme les plus pertinentes pour accéder ou consolider cette culture. Les diplômés DEAMP et DEEJE suivent quant à eux plus de parcours mixtes que les CAFME et les autres diplômés. 3 Le secteur d’intervention dont relève le candidat : pour le secteur des publics handicapés et celui des personnes en difficulté, un important dispositif de professionnalisation collective aux fonctions éducatives a été mis en place par les pôles ressources DSB VAE DEES, combinant le maximum des ressources du dispositif de Branche. ≥ Conclusion L’investissement initial de la Branche dans les établissements de formation du travail social pour constituer un réseau national et régional de pôles ressources VAE DEES semble s’avérer efficace ; le monde de la formation peut apporter des réponses pertinentes à la VAE, en faisant un effort d’ingénierie. Pour les évaluateurs, le type de parcours AD/SF/MSP représente ce qu’une Branche peut apporter d’innovant en matière de VAE par rapport aux autres dispositifs d’accompagnement, essentiellement centrés sur la démarche de VAE et la production du livret 2. ≥ Préconisations La Branche pourrait préciser le type de parcours pertinent au regard de ses objectifs et par différence avec les autres parcours d’accompagnement. Pour les évaluateurs, le parcours DSB pertinent est de type AD/SF/MSP, à moduler en fonction des résultats de l’hypothèse de bonne fin. “ Les séquences formatives sont pertinentes pour accéder ou consolider la culture du travail social. ” 75 76 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 4 L’appui à la démarche VAE Sachant que l’accompagnement n’est pas obligatoire dans la loi mais incontournable dans le DSB, l’évaluation a examiné de manière fine les options prises par les pôles ressources labellisés pour le mettre en œuvre à partir des modalités figurant dans le cahier des charges de labellisation. Les pratiques d’appui à la démarche L’analyse des pratiques d’appui à la démarche indique que la majorité des pôles ressources labellisés (dans 17 régions sur 22) préconise systématiquement un appui à la démarche, comme prévu par le cahier des charges du DSB. L’individualisation de cet accompagnement se réalise de deux manières : par la prise en compte des résultats de l’hypothèse de bonne fin (les PRL de 5 régions ne préconisent pas systématiquement d’appui à la démarche) et par l’ajustement de la durée de l’appui à la démarche (tous les pôles ressources n’utilisent pas le forfait maximum de 35 heures d’appui à la démarche). L’analyse des durées d’appui à la démarche enregistrées indiquent deux groupes de régions DSB ; des régions où les pôles ressources labellisés proposent des appuis à la démarche tournant autour de 24 heures ; des régions où les pôles ressources labellisés proposent des appuis à la démarche autour de 35 heures. Les régions qui figurent dans le schéma suivant sont celles pour lesquelles les informations renseignées sont complètes et fiables. Schéma n° 5 Répartition des candidats selon les durées d’appui à la démarche 632 candidats soit 53 % 1 2 Auvergne, Basse-Normandie, Bourgogne, Bretagne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Haute-Normandie, Île-de-France, Limousin, Lorraine Aquitaine, Alsace, Centre, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais, Pays-de-la-Loire, Picardie, Poitou-Charentes, Rhône-Alpes 1h 24 h 10 régions préconisent environ 24 heures d’ appui 1 méthodologique 570 candidats soit 47 % 35 h 9 régions préconisent environ 35 heures d’ appui 2 méthodologique Les contenus de l’appui à la démarche L’évaluation, à partir de l’analyse croisée des libellés d’action et des entretiens, a identifié le référentiel de l’appui à la démarche. Cet appui propose quatre types d’activités collectives directement reliées à l’exercice de VAE DEES, principalement sous forme d’ateliers ou bien de « travaux dirigés » : des activités d’analyse des acquis d’expérience choisis pour la VAE ; des activités de facilitation de l’écriture du livret 2 ; des activités de facilitation de l’expression orale et de présentation de sa candidature devant les jurys VAE DEES et des activités méthodologiques visant à mieux articuler les acquis d’expérience à la structure et aux attentes du livret 2. ≥ Le volet « expériences » de l’appui à la démarche : extraire, approfondir et sélectionner les acquis d’expérience les plus probants Évaluation DSB VAE-DEES Les séquences dénommées « expériences » servent notamment à vérifier la solidité des acquis d’expérience et leurs liens avec les exigences du référentiel, ainsi que leur transférabilité, attente importante d’une partie des membres de jury. Pour mettre en place ce type d’actions, les accompagnateurs et responsables VAE font appel aux méthodes utilisées dans les sciences sociales pour analyser et formaliser l’activité et l’action : l’analyse ergonomique de l’activité, les méthodes d’explicitation de l’activité (entretien d’explicitation, auto-analyse croisée, etc.), les grilles d’observation transmises aux salariés lorsqu’ils sont en situation professionnelle, les grilles d’entretien pour questionner leur employeur et leurs collègues sur les environnements professionnels et institutionnels du métier, etc. Quelques exemples de libellés « Analyse de la pratique » ; « La pensée en action dans le travail » ; « Expérience de situations professionnelles observées » ; « Préparation de l’observation d’une situation de travail » ; « Choix des situations » ; « Groupe d’analyse de l’expérience » ; « Travaux pratiques d’analyse approfondie d’une expérience professionnelle ». ≥ Le volet « écrit » de l’appui à la démarche : dédramatiser l’écrit et faciliter la rédaction du livret 2. Le public des adultes salariés, et en particulier celui des candidats à une reconnaissance personnelle et professionnelle par la VAE et le diplôme d’éducateur spécialisé, n’est pas familier des pratiques d’écriture demandées par la rédaction du livret 2, ni de sa structure et de son vocabulaire. Si une grande partie écrit dans le cadre d’activités professionnelles, les candidats considèrent que ces écrits sont très différents de celui qui est attendu dans le livret 2. Il s’agit souvent de courriers administratifs, de formulaires ou de documents communs de travail relativement standardisés. La forme du « mémoire » vient également en tête immédiatement parce qu’elle est familière aux candidats alors qu’un tout autre style d’exercice est attendu : la démonstration de liens étroits et authentiques entre des acquis individuels d’expériences et les exigences d’un référentiel de métier et de diplôme. Ce type de travail d’adéquation s’accompagne en même temps, et c’est pour cette raison que l’on parle de processus VAE et pas uniquement de procédure, d’un temps d’élaboration et de maturation qui contribue à la qualité de la rédaction du livret 2. Soit les candidats l’ont acquis par ailleurs, soit l’accompagnement en est le vecteur d’apprentissage. Pour répondre à ces exigences, les établissements de formation du travail social ont souvent mis en place des ateliers collectifs et méthodologiques d’écriture, où les candidats peuvent, sans enjeu, présenter leurs travaux écrits, connaître les autres pratiques mais aussi apprendre des méthodes de facilitation de l’écrit et le dédramatiser. Quelques exemples de libellés « Atelier d’écriture » ; « Conceptualisation de l’écrit » ; « Exercices de style » ; « Les écrits professionnels » ; « Perfectionnement de l’écrit » ; « La pensée en action dans l’écrit » ; « Méthodes de l’écrit ». ≥ Le volet « oral » de l’appui à la démarche : rassurer les candidats et faciliter leur expression orale dans un contexte contraint. La performance d’un candidat au cours de l’entretien oral (de 20 à 45 minutes) fait partie des éléments d’appréciation qu’utiliseront les membres de jury pour valider. 77 78 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Les pôles ressources ont donc développé des actions d’accompagnement pour préparer l’entretien oral, en lien avec l’écrit. Ces séquences font travailler les candidats sur leur rapport à l’entretien oral et les images négatives qu’il peut véhiculer (un examen scolaire, un tribunal, un jugement…) et leur apprennent diverses méthodes de contrôle du stress. La méthode pédagogique privilégiée s’appuie sur les techniques de dynamique de groupe, voire l’utilisation de l’image et du film (autoscopie). Les techniques usuelles de communication comme l’analyse transactionnelle ou bien la programmation neurolinguistique sont également citées. Tous les accompagnateurs et responsables VAE ne sont pas convaincus par ce type d’appui mais les candidats l’ayant suivi soulignent son importance au moment de se présenter devant les jurys. Dans le cadre de la professionnalisation de l’accompagnement, il serait pertinent de systématiquement proposer des séquences de préparation à l’entretien oral, comprenant d’une part, une connaissance des consignes et des règles du jeu transmises aux membres de jury, et de l’autre, des actions facilitant la préparation de l’entretien. Dans certaines régions, des « entretiens à blanc » sont mis en place devant des groupes, ce qui renforce leur valeur de mise en situation. Ces séquences doivent rester facultatives, en fonction des facilités déjà acquises par les candidats et de leur volonté d’y participer. Quelques exemples de libellés « Session d’examen » ; « Soutenance orale, entretien, expression de soi » ; « Confiance en soi » ; « Gestion des émotions » ; « Le stress et l’entretien oral » ; « Analyse transactionnelle et oral » ; « Initiation à la PNL » ; « Mieux s’exprimer » ; « Communication personnelle efficace » ; « Méthodologies de l’exposé ». ≥ Le volet « référentiel » de l’appui à la démarche : comprendre les attentes du livret 2 et articuler les acquis d’expérience aux quatre fonctions du référentiel ; réappropriation de nouvelles définitions du métier d’ES Que ce soit sous le vocable « Appui méthodologique » ou bien « Méthodologie du référentiel », tous les pôles ressources ont mis en place des actions d’accompagnement dont l’objectif est de décrypter les consignes du livret 2, les illustrer et faciliter les liens entre les acquis d’expérience choisis par les candidats et la forme que doit prendre leur description dans le cadre du livret 2. Souvent, les libellés de ces actions indiquent directement à quelle fonction elles se réfèrent. Les séances sont organisées en sessions courtes centrées à chaque fois sur une fonction ou bien en séances regroupées. Quelques exemples de libellés « Établissement d’une relation éducative (F1) » ; « Élaboration du diagnostic (F2) » ; « Méthodologie de projet » (F3); « Construction du cadre d’analyse, (F4 )» ; « Actions socio-éducatives (F5)». À l’occasion des entretiens, les débats entre candidats et accompagnateurs, mais aussi avec les milieux professionnels associés à la démarche, ont principalement porté sur la notion de « projet éducatif » décrit dans la fonction 3 et sur le contrôle de la professionnalité de l’éducateur spécialisé par lui-même, décrit dans la fonction 4. Stratégique et politique, la fonction 4 préfigure peut-être une progression des métiers de l’intervention sociale vers une plus grande autonomie dans un contexte de politiques sociales très segmentées et encore dominées par l’État et les institutions publiques. Évaluation DSB VAE-DEES Les effets de l’accompagnement de Branche L’effet de groupe: se confronter et échanger avec une communauté professionnelle Accompagnateur VAE “ ” Notre rôle est de faire s’exprimer le candidat sur la manière dont il réalise les compétences d’éducateur spécialisé dans les quatre fonctions, pas d’évaluer ses preuves d’acquis. Ils le font en groupe. Un salarié “” Un salarié “ C’est très bien de voir comment les autres ont rédigé les parties du livret 2, ça nous donne des idées . J’ai beaucoup aimé entendre parler d’autres publics, d’autres secteurs. On sort de notre milieu et on voit que les choses sont parfois proches, c’est vraiment important. ” Que ce soit du point de vue des accompagnateurs, soucieux de ne pas confondre l’évaluation professionnelle avec l’accompagnement méthodologique VAE, ou bien de celui des candidats à la VAE, les interviewés sont particulièrement satisfaits des séances collectives de VAE (ateliers méthodologiques, travail en groupe, entretiens oraux à blanc…). Les candidats DSB attendent de pouvoir échanger entre professionnels, de comparer leurs pratiques et de se situer, à la fois dans leur démarche de VAE et par rapport au référentiel d’éducateur spécialisé qui est nouveau et complexe pour eux. Pour répondre à ce type de demande, les DAVA impliqués dans la VAE DEES ont opté pour plusieurs stratégies de complément de l’accompagnement méthodologique : travailler en binôme avec des accompagnateurs VAE issus d’écoles du travail social, recruter des éducateurs spécialisés réalisant de l’accompagnement VAE ou bien les former à la méthode d’accompagnement VAE, proposer aux candidats de consulter ou d’échanger avec des professionnels pouvant leur donner un avis sur une expérience présentée et sa valeur au regard de critères de profession. ≥ L’appui individualisé : tenir le rythme de la démarche VAE L’accompagnement individuel et individualisé conserve toute son importance pour faire entrer le candidat dans un rythme de productions nécessaires à la démarche et la réalisation du livret 2. Cet accompagnement apparaît très important pour les candidats, en particulier les accompagnements encadrés. Les accompagnateurs soulignent également l’importance de la temporalité et du rythme de production de la démarche VAE. Un accompagnateur DSB “” Un accompagnateur DSB “” Un salarié “ ” Il faut qu’ils écrivent régulièrement et à partir de cet écrit, l’accompagnement peut prendre forme. L’appui individualisé doit être strict pour aider le can- didat à terminer et structurer son livret 2. J’ai beaucoup de doutes, plein de documents écrits provisoires, comment les rassembler ? Heureusement que mon accompagnateur m’aide à faire des synthèses, pointe des liens éventuels en m’interrogeant. 79 80 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif ≥ Se réapproprier une nouvelle définition du métier d’éducateur spécialisé Du point de vue des accompagnateurs, mais aussi des membres de jury et autres interviewés, la VAE DEES a demandé un accompagnement particulièrement soutenu des candidats pour deux raisons : la complexité de la démarche de VAE elle-même, et de la posture qu’elle suppose, mais surtout l’appropriation des définitions de l’ES à partir du nouveau référentiel utilisé. Un expert VAE Le jargon est obscur : « cadre d’expertise », « exercice d’une fonction symbolique », « commande sociale , « intervention en qualité de référent de la personne »… On a l’impression qu’il s’agit d’un vocabulaire institutionnel et pas nécessairement professionnel . “ Un accompagnateur DSB ” “” On est obligé de travailler point par point le référen- tiel pour ensuite s’en libérer, s’en dégager. Un salarié “ Alors « hypothèse éducative », « expert en éducation »… ce sont carrément des mots que nous n’utilisons pas au quotidien. L’intérêt de l’accompagnement est de nous y habituer, de les comprendre et de les réutiliser, nous savons que les membres de jury les attendent. La proximité entre l’appui méthodologique des dispositifs de Branche et de dispositif de droit commun ” L’analyse des pratiques montre que l’accompagnement DSB s’apparente à l’accompagnement de droit commun dans les méthodes et la finalité, mais propose un cadre plus riche et plus approfondi, ce qui était un des objectifs du dispositif. Beaucoup de responsables de DAVA et d’accompagnateurs de l’Éducation nationale interviewés regrettent de ne pas disposer de ce type de dispositif pour réaliser les prestations VAE qu’ils jugent souvent trop courtes pour des candidats fragiles ou peu sûrs d’eux. Il est intéressant de noter que les rectorats, les DAVA et les responsables VAE du travail social connaissent les différents types d’accompagnement et orientent les candidats vers l’un ou l’autre, en fonction du profil du candidat, de ses attentes et des accompagnements disponibles. Parmi les 9 candidats interviewés ayant quitté le dispositif de Branche en cours de route, la moitié considère avoir acquis par les actions DSB la démarche VAE et a préféré se présenter directement à un jury VAE avant la fin du parcours. Des candidats ayant suivi un accompagnement de droit commun se présentent au DSB, de même que les candidats DSB ayant partiellement validé le DEES ou n’ayant aucune validation, ont souvent l’intention de préparer les fonctions par le dispositif de droit commun dans le cadre de leur future candidature. Il y a donc des porosités et des va-et-vient entre les différents types d’accompagnement plutôt que des oppositions ou bien des incompatibilités. Les spécificités du dispositif sectoriel d’accompagnement à la VAE DEES ont toutefois été soulignées, ainsi que l’effet positif de l’accompagnement sur les résultats de validation. Responsable VAE pôle ressources “ Nous réalisons le même accompagnement que celui que nous faisons pour 24 heures. L’intérêt du DSB est de prendre plus de temps et d’ouvrir la VAE à d’autres actions enrichissantes et complémentaires. Un accompagnateur “ ” Le DAVA m’a envoyé une personne à qui il manquait une fonction et je l’accompagne dans le DSB. Un de mes candidats DSB n’a eu aucune fonction en 2005, je l’ai retrouvé dans le dispositif de droit commun où j’accompagne aussi des candidats. ” Évaluation DSB VAE-DEES ≥ Conclusion Étroitement lié à la VAE DEES, l’appui méthodologique apporté par l’appui à la démarche représente l’accompagnement collectif du dispositif de Branche. Un des effets majeurs du dispositif de Branche est d’avoir diffusé le nouveau référentiel métier et permis sa réappropriation, à la fois par les acteurs des écoles du travail social et par les salariés et employeurs du secteur. Ayant le grand mérite de formaliser avec rigueur les composantes et les fonctions du métier d’ES et de susciter une position commune entre institutions et acteurs sur les exigences de compétences et de qualification, ce référentiel a toutefois demandé des explications de texte détaillées. La généralisation de la VAE DEES par l’intermédiaire du DSB a donc demandé un important investissement de la part des pôles ressources labellisés et des établissements de formation du travail social dans la compréhension de ces données et le développement d’une nouvelle ingénierie d’accompagnement à la VAE. ≥ Préconisations L’analyse des pratiques d’appui à la démarche développées dans 9 régions et l’analyse des entretiens de plus de 100 acteurs du dispositif d’accompagnement de Branche amènent à cinq préconisations: 1 La construction d’une nomenclature Unifaf d’accompagnement VAE à partir de la typologie d’actions d’appui à la démarche et de séquences formatives VAE 2 Le renforcement de l’appui à la démarche comme pratique obligatoire de base du dispositif de Branche pour tous les candidats DSB, 3 Le maintien de la dimension collective de l’accompagnement par « le groupe de candidats VAE » 4 La professionnalisation des accompagnateurs par deux types de mesures : (a) La mutualisation des pratiques d’accompagnement au sein d’un groupe de travail, et mieux, au sein d’un site de ressources partagées (l’édition d’un résumé des pratiques d’accompagnement VAE du secteur de l’intervention sociale serait pertinente comme méthode de formalisation et de mise en visibilité des pratiques). (b) L’introduction systématique des critères et outils d’évaluation utilisés par les membres de jury. 5 La plus-value du DSB pourrait également consister à renforcer l’effet incident de la démarche VAE, qui réside dans le rôle de formation de l’accompagnement VAE, dans une logique plus politique d’apprentissage tout au long de la vie. Celui-ci devrait former les candidats à se réapproprier les méthodes d’auto-analyse de leurs pratiques et d’identification de leurs manières d’utiliser des ressources en situation, afin que les salariés deviennent un peu plus experts et maîtres de leurs manières d’apprendre. Cette préconisation centrale implique que la labellisation prévoit de mesurer l’effet d’apprentissage de la démarche de VAE au niveau de l’hypothèse de bonne fin, en particulier pour des candidats ayant présenté plusieurs candidatures VAE dans le temps. Si la démarche VAE produit ce type d’apprentissage, alors l’appui à la démarche doit s’ajuster dans le temps à ce qu’en maîtrisent les candidats, quitte à ne pas être préconisé pour des candidats maîtrisant la démarche et connaissant les règles du jeu, point qui doit être vérifié en amont du parcours DSB. 81 82 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 5 Les séquences formatives Le DSB n’est pas un dispositif d’accompagnement VAE classique. Le DSB est un dispositif mixte de soutien à la VAE incluant des séquences formatives articulées aux objectifs de professionnalisation et de validation que se fixent les acteurs du secteur et les personnes candidates. L’investissement de la Branche dans les écoles de formation du travail social et la mise en place de « séquences formatives », comme actions facultatives de parcours d’accompagnement, tend à affirmer deux choses : - la pertinence d’actions de formation dans l’accompagnement VAE, à condition qu’elles s’articulent à la VAE et ne soient pas obligatoires dans les parcours, - la capacité des acteurs de la formation à se saisir des méthodologies d’accompagnement VAE pour ne pas reproduire les pratiques usuelles de formation, ce qui demande un effort en termes d’innovations pédagogiques et méthodologiques (notamment d’ingénierie). Questionnant ces choix de Branche, l’évaluation répond aux interrogations suivantes : quelles pratiques formatives ont concrètement été mises en œuvre ? À qui et dans quels parcours ces séquences formatives ont-elles été le plus préconisées ? Quelles sont les séquences formatives les plus pertinentes dans la démarche de VAE DEES ? Peut-on identifier une offre formative DSB transférable et systématisable dans le cadre de la labellisation de Branche ? À quoi servent-elles et quels sont leurs effets auprès des salariés candidats au DEES et leur milieu professionnel ? Une place prépondérante dans les parcours mais des différences régionales notables La majorité des candidats se voit préconiser des séquences formatives, soit 73 % (1 238 personnes sur 1 691). L’analyse des caractéristiques socioprofessionnelles des candidats ayant suivi ces actions ne montre pas d’utilisation spécifique des séquences formatives en fonction du diplôme, d’années d’expérience, de l’emploi déclaré ou bien des fonctions pronostiquées. Dans la majorité des cas, les entretiens montrent que le choix des séquences formatives est laissé au candidat et/ou à son milieu professionnel, parmi une offre de formations existantes ou bien spécifiquement construites pour le DSB VAE DEES. ≥ Les 3 orientations des séquences formatives : une intégration systématique aux parcours, un accès en fonction des demandes, pas de séquence formative. Le détail régional des parcours montre des pratiques différentes. La majorité des pôles ressources a construit une offre de séquences formatives en lien avec la VAE DEES et la propose systématiquement comme offre de parcours. 80 % des candidats inscrits dans le DSB doivent choisir un certain nombre de modules parmi une liste. Dans certains pôles ressources, les séquences formatives sont obligatoires. Les pôles ressources de 8 régions les préconisent de manière facultative, dans le sens de la labellisation : Bretagne, Auvergne, Rhône-Alpes, Haute-Normandie, Île-de-France, PoitouCharentes, Nord-Pas-de-Calais et Picardie. Certains pôles ressources labellisés ne préconisent que l’appui à la démarche (certains pôles ressources des régions Rhône-Alpes et d’Île-de-France par exemple), en refusant d’intégrer des séquences formatives considérées comme hors champ de la VAE, ce qui constitue une pratique hors cahier des charges DSB VAE DEES et assimile alors l’accompagnement sectoriel de Branche aux accompagnements réalisés par les DAVA et les Greta ou bien d’autres opérateurs de la VAE . Évaluation DSB VAE-DEES Le choix d’introduire systématiquement des séquences formatives aux parcours, bien que celles-ci soient facultatives, s’explique par deux facteurs identifiés au cours des entretiens avec les responsables de pôles ressources et les accompagnateurs : • La culture VAE adoptée par les responsables, déjà évoquée. Plutôt proches d’une culture VAP 85, les acteurs du secteur considèrent que les candidats retenus ont besoin d’un support formatif pour mieux valoriser et exprimer leurs acquis d’expériences, voire pour tester leur solidité et les contextualiser. • La nouveauté de la définition de métier apportée par le référentiel d’éducateur spécialisé. Un autre facteur intervient dans le poids des séquences formatives mises en place : la nouveauté du référentiel d’éducateur spécialisé et la nécessité de proposer des actions permettant de l’élucider et de se l’approprier, aussi bien au niveau des candidats que de la plupart des accompagnateurs et responsables VAE n’ayant pas participé à sa conception. ≥ Le format moyen du nombre d’actions de formation et leur durée Le nombre d’actions de formation suivies est identifiable de manière fiable pour 860 candidats. Les parcours constitués de 3 et 4 séquences formatives représentent 43 % des parcours préconisés (soit 1 309 actions de formation sur 3 048), ce nombre d’actions de formation semble relativement stable dans le parcours DSB VAE DEES. Les autres types de parcours représentent chacun moins de 12 % des parcours suivis. 5 types de séquences formatives L’analyse des 3 048 libellés d’actions et les enquêtes qualitatives permettent de détailler le contenu des séquences formatives construites spécifiquement à l’occasion de la VAE DEES, ce qui a représenté un effort d’ingénierie significatif : - 38 % sont des séquences permettant d’actualiser les acquis d’expérience par rapport aux fonctions éducatives et leurs évolutions ; - 20 % les contextualisent par rapport aux évolutions des secteurs d’activité et des publics ; - 19 % s’intéressent à la posture et à l’éthique de l’Éducateur spécialisé ; - les autres séquences formatives « métier » proposent une mise en perspective des acquis d’expérience par rapport aux dimensions juridiques et administratives de l’action publique et par rapport aux outils théoriques du secteur. ≥ Les séquences formatives « fonctions éducatives » : confronter ses acquis aux manières de définir les 4 dimensions du métier d’ES Les SF « fonctions éducatives » (38 %) ont été mises en place pour chacune des quatre fonctions de l’éducateur spécialisé. Ces séquences ont notamment pour but de situer les acquis d’expérience des candidats par rapport aux méthodes utilisées par le secteur pour réaliser et évaluer les différentes interventions éducatives. La question de la définition des compétences, de leur preuve et de leur formulation dans le cadre du livret 2 n’est pas l’objet de ces séquences. Il s’agit plutôt de situer les compétences du référentiel et les acquis d’expérience des candidats au regard de ce que le secteur connaît de ses pratiques et par rapport aux manières dont il les a formalisées dans le temps (par l’intermédiaire des cursus de formation initiale, des stages professionnels, des études, des rapports, des mémoires professionnels, etc.). Dans ce cadre, les sources d’accompagnement proviennent de l’analyse des acquis d’expérience du candidat mais aussi des données capitalisées par les établissements de formation du travail social sur le métier d’éducateur spécialisé et ses fonctions. 83 84 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Quelques exemples de libellés « Conception et conduite d’une action » (F3) ; « Évaluation et qualité de la fonction éducative (F4) ; « Clinique de la pratique éducative » (F1 et F2) ; « Pratiques éducatives et sociales » (F2). ≥ Les séquences formatives « secteur et public du travail social » : identifier les frontières d’activité et les évolutions des publics 20% du total des actions de formation se consacrent aux contextes de mise en œuvre des compétences de l’éducateur spécialisé, en fonction de ses publics. Ces actions participent également à la vérification du projet de mobilité des salariés et à celle de la transférabilité des acquis de leur expérience, au même titre que les mises en situation professionnelle. Cette contextualisation par les domaines d’activité et les publics s’avère d’autant plus nécessaire qu’une partie des candidats DSB n’a pas véritablement connu beaucoup de changements d’établissements ou bien de publics, et aspire à changer de milieu professionnel. Il ne sera pas surprenant d’apprendre que les deux principaux secteurs présentés et commentés au regard de pratiques d’intervention éducatives sont le secteur du handicap (CEP 1 et CEP 2) et le secteur des publics en difficulté (CEP 4 et CEP 5), d’où sont issus la majorité des salariés DSB. Il faut également noter que les salariés interviewés, munis d’une durée moyenne d’expériences professionnelles de plus de 10 ans, s’interrogent fortement sur les évolutions de leurs activités mais aussi sur les publics qu’ils reçoivent, en particulier des jeunes. Ils souhaitent souvent situer leur compréhension des difficultés qu’ils rencontrent par rapport aux nouvelles définitions ou approches de la violence, des liens intergénérationnels et des formes de socialisation contemporaines. Quelques exemples de libellés « Familles et parents en difficulté » ; « politique d’insertion » (CEP 4 et CEP 5) ; « Handicap et inadaptation » (CEP 1 et CEP 2) ; « Conditions de soins en ITEP (Institut éducatif, thérapeutique et pédagogique) ». ≥ Les séquences formatives « éthique et posture de l’ES » : clarifier une identité et des choix d’intervention Ces actions représentent 19% de l’ensemble des séquences formatives. Leur principal objectif est de transmettre des moyens de réflexion pour outiller les candidats face à leur projet de confirmer une identité professionnelle d’éducateur spécialisé par la VAE DEES. La dimension éthique Les circulaires d’application de la VAE au diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé insistent d’ailleurs sur cette dimension du métier [DGAS/4An° 2004-333 du 7 juillet 2004] : « Il s’agit de la première mise en œuvre de la validation des acquis de l’expérience pour un diplôme en travail social de niveau III préparant à une profession s’exerçant dans un secteur où les associations et les bénévoles sont nombreux et qui, bien que non réglementée, nécessite une qualification professionnelle spécifique pour intervenir auprès de personnes dépendantes, fragiles ou en situation d’exclusion. En effet, les formations sociales contribuent à la qualification et à la promotion des professionnels et des personnels salariés et non salariés engagés dans la lutte contre les exclusions et contre la maltraitance, dans la prévention et la compensation de la perte d’autonomie, des handicaps ou des inadaptations et dans la promotion de la cohésion sociale et du développement social. » Évaluation DSB VAE-DEES La dimension éthique du métier comprend un ensemble de raisonnements, de cas critiques, de réflexions, d’exemples, de valeurs appliquées… alimentant une compétence transverse au référentiel d’éducateur spécialisé : la capacité à évaluer un contexte, une situation personnelle et sa propre intervention afin soit de confirmer un choix d’actions, soit de le modifier en fonction de certains principes éthiques. Quelques exemples de libellés « Éthique et responsabilité » ; « Éthique et déontologie » ; « Positionnement professionnel de l’éducateur spécialisé » ; « Épistémologie de la pratique ». ≥ Les séquences formatives « dimensions juridiques » : contextualisation par les évolutions juridiques et administratives du secteur La loi 2002-2 et la loi 2005 ainsi que les méandres juridiques de l’action publique en matière d’intervention sociale sont le principal objet des séquences formatives sur ces dimensions de métier. L’enjeu est de partir de l’expérience des candidats afin de la situer dans le contexte plus large des politiques publiques et administratives, complexes à identifier et à utiliser pratiquement. Ces séquences participent aussi à la vérification de la transférabilité des acquis d’expériences de candidats n’ayant connu qu’un seul public ou bien un seul secteur. Ils peuvent avoir le sentiment de maîtriser cette dimension de leur activité sans mesurer qu’il ne s’agit qu’un des segments d’action de l’ensemble plus vaste des politiques sociales. Quelques exemples de libellés « Loi 2002 et 2005 » ; « Faire de la loi 2002 un atout » ; « Accompagnement social et loi 2002 » ; « Évolution du cadre législatif » ; « Environnement juridique de la protection de l’enfance » ; « Les cas juridiques ». ≥ Les séquences formatives « théorisation » : consolider les acquis d’expérience et leur transférabilité Les SF théorisation ont une fonction proche des SF portant sur la consolidation et l’étayage de la posture de l’éducateur spécialisé et sont particulièrement associées à la fonction 4 où l’on demande aux professionnels de tirer enseignement de leurs expériences et de construire progressivement (a) les fondements de leur expertise dans le champ de l’éducation spécialisée (F4) et (b) les moyens de les faire évoluer dans le temps. Les professionnels sont notamment attendus sur leur capacité à « identifier les retombées du travail pluriprofessionnel sur la pratique et celle des autres professionnels » ; « décrire les vecteurs utilisés pour faire progresser les activités et les connaissances techniques et théoriques du métier » ou bien encore « expliquer comment l’expérience est gardée en mémoire, évolue et contribue aux évolutions de l’équipe » (extraits des consignes d’accompagnement et des guides à l’intention des membres de jury). Le but de ces séquences est de doter les candidats d’outils leur permettant de situer leurs acquis d’expérience dans un champ disciplinaire et un corpus théorique et pratique d’actions. La construction d’une relation éducative, par exemple, doit s’appuyer sur les outils développés pour connaître la personne, ses réactions et les interactions avec ses environnements (psychologie sociale, psychologie clinique ou bien psychologie comportementale, voire psychologie cognitiviste). Situer des pratiques dans les politiques institutionnelles et au sein d’un réseau d’autres intervenants demande en revanche de plutôt mobiliser les outils théoriques de la sociologie et de l’analyse institutionnelle mais aussi de la gestion. 85 86 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Il faut aussi noter que les salariés choisissent également ce type d’actions en fonction de leurs intérêts et de leur curiosité. Ils choisissent un intervenant reconnu et pertinent sur la question, un établissement de formation du travail social renommé sur une des dimensions de l’intervention sociale, etc. Quelques exemples de libellés « Concepts professionnels » ; « Définition des concepts » ; « Actualisation des connaissances » ; « Sociologie » ; « Sciences humaines appliquées ». ≥ Une contextualisation professionnelle et la réponse à un besoin de formation professionnelle Un salarié “ Un salarié “ Les apports théoriques viennent combler les lacunes au niveau professionnel. Ils permettent d’expliquer nos démarches, ancrées dans l’habitude. ” Cela m’a beaucoup servi au niveau professionnel. 2002-2 et 2005 dans le concret : les outils à mettre en place, le nouvel accueil, le CVS, le contrat de jour. Quel décalage entre le législateur et la profession ! ” La variété d’actions du dispositif de Branche est particulièrement appréciée et réutilisée par les salariés dans leur contexte d’application professionnelle. Les séquences formatives sont souvent utilisées pour valider des acquis d’actions de terrain ; elles permettent aussi un accès à la formalisation et à l’explication/la justification des pratiques professionnelles. Les séquences formatives métier allègent par ailleurs l’accompagnement VAE des questions sur l’état du métier et de son art. Que ce soit conjoncturel ou bien plus représentatif d’une manière d’accompagner individuellement et collectivement les salariés candidats à la VAE DEES, les établissements de formation du travail social ont donc construit une offre particulière, que les évaluateurs analysent comme le moyen de contextualiser des acquis d’expériences au regard de ces évolutions, de comprendre les enjeux professionnels et en retour, de permettre aux salariés candidats d’opérer des choix de pratiques et de parcours pertinents, « en toute connaissance de cause ». ≥ La clarification nécessaire de l’offre DSB “ “ “ Nous sommes réticents car le DSB c’est de la formation alors que la VAE, ça doit être nécessairement court puisque c’est la reconnaissance de compétences déjà acquises par l’expérience . ” Le mixage entre formation liée à la VAE et accompagnement VAE est encore en débat, pourquoi pas ? Il faudrait que cela fasse ses preuves quoiqu’il en soit . ” C’est un positionnement et un choix très intéressant de la Branche dans un contexte où les OPCA se contentent souvent de financer alors qu’on leur demande un rôle plus qualitatif . ” Les responsables VAE des Conseils régionaux rencontrés partagent essentiellement une vision individuelle de la VAE, marquée par l’idée d’une démarche purement personnelle, hors contexte institutionnel ou professionnel collectif. Co-financeurs, ils sont particulièrement soucieux de la transparence des coûts de la VAE, de la qualité de l’information-conseil et de la dissociation stricte entre formation et VAE. L’introduction de séquences formatives dans le Évaluation DSB VAE-DEES parcours DSB, parfois malheureusement appelées « formations » ou bien « stages de formation professionnelle », le manque de formalisation de ce qu’elles recouvrent et le fait que soient surtout labellisés des établissements de formation du travail social, ont souvent laissé penser qu’il s’agissait de modules de formation déjà construits, existant par ailleurs, voire de modules de formation initiale. ≥ Conclusion La clarification du rôle et du contenu des séquences formatives DSB ainsi que la démonstration de leur articulation avec une contextualisation des acquis d’expériences facilitera la reconnaissance de ce type d’actions dans les parcours VAE ou du moins, permettra d’en débattre et d’avancer sur la question. L’intérêt d’un dispositif sectoriel d’accompagnement à la VAE tel que le prévoit le DSB est de concilier un accompagnement individuel et collectif ainsi qu’une contextualisation des acquis d’expériences au regard des enjeux actuels et à venir du secteur et du métier. Ce type d’accompagnement VAE est particulièrement innovant et pourrait caractériser la nouvelle approche sectorielle et collective de la VAE adoptée par le secteur dans le cadre du DSB. Après échanges avec les pôles ressources labellisés, les évaluateurs préconisent de réduire la durée totale des séquences formatives sur la base des utilisations constatées, préconisation qui renforce celle de développer plus systématiquement les mises en situation professionnelle (voir plus loin). Les évaluateurs proposent l’organisation des séquences formatives autour du référentiel séquences formatives VAE Métier-produit au terme des analyses (« Fonctions éducatives », Secteur et publics de l’intervention sociale », « Éthique et posture », «Dimensions juridiques du métier »). En revanche, il convient d’opérer une clarification de la place et du rôle des séquences formatives dans le dispositif sectoriel d’appui à la VAE, notamment dans les supports de communication auprès des partenaires régionaux, des employeurs et des candidats. ≥ Préconisation Comme pour celle de l’appui à la démarche, cette typologie des séquences formatives, des durées et nombres d’actions pertinents pourrait être réintroduite dans les critères de labellisation. La professionnalisation des accompagnateurs gagnerait à s’appuyer sur la mutualisation des pratiques formatives VAE DEES « Métier » en donnant lieu, soit à des formations communes d’accompagnateurs, soit à des formations actions, telles que celle qui a pu se réaliser en Ile-de-France à l’occasion d’une action prioritaire régionale Unifaf, déjà présentée. Les évaluateurs rappellent la nécessité d’introduire dans la professionnalisation de l’accompagnement les critères de jugement des membres de jury et la connaissance plus politique et sociologique des facteurs externes influant sur la VAE. Une professionnalisation de l’accompagnement s’appuyant uniquement sur un objectif de maîtrise méthodologique et technique s’avère limitée en matière de VAE. 87 88 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 6 Les mises en situation professionnelle : tester la transversalité des compétences et adopter une posture réflexive Tout comme les séquences formatives, les mises en situation professionnelles (MSP) constituent potentiellement un des éléments constitutifs du parcours personnalisé de soutien à la démarche VAE. « Facultative en fonction du diagnostic réalisé, cette séquence qui s’inscrit dans le cadre général de l’appui DSB à la démarche de VAE, est à entendre comme un temps d’expérience concourant à l’élargissement des connaissances du candidat (public, mode de prise en charge, type d’intervention, …)». (Extrait du cahier des charges de labellisation des pôles ressources.) 11 Circulaire d’application n°DGAS/4A/2004/333 du 7 juillet 2004. Ne visant pas à produire de l’expérience ex-nihilo, les MSP s’intègrent au cadre juridique rappelé par la circulaire d’application de la DGAS11 qui stipule que les stages et périodes en milieu professionnel effectués pour la préparation d’un diplôme ou d’un titre par la VAE ne peuvent être pris comme critères d’expérience professionnelle au moment de la recevabilité du candidat et en conséquence, comme critère de validation par les membres de jury s’ils sont mentionnés dans le livret 2. Caractéristiques des salariés bénéficiaires Presque tous les pôles ressources labellisés ont utilisé les MSP dans le cadre des parcours des candidats à la VAE DEES (20 régions sur 22). Au total, 347 candidats en ont bénéficié. ≥ La part des MSP dans les parcours préconisés Dans certaines régions, les pôles ressources utilisent très peu les mises en situation professionnelle (moins de 10 % des candidats du dispositif de Branche y ont accès) : la Bourgogne, le Languedoc-Roussillon, la Bretagne, le Limousin, le Nord-Pas-de-Calais, l’Auvergne, l’Aquitaine, Paca-Corse, Champagne-Ardenne et la Picardie ne l’utilisent pas du tout. D’autres y ont recours de manière régulière dans les parcours, la Basse-Normandie se situant à l’opposé de la Picardie en l’inscrivant systématiquement dans les parcours des candidats. Toutefois, les mises en situation professionnelle sont nettement plus préconisées aux candidats estimés les plus proches de la validation. L’analyse de ces données permet de dresser une typologie montrant que trois types de durée ont finalement été mis en œuvre au niveau de cette action du dispositif de Branche. 2 semaines (70 heures) pour 31 % des candidats (108), 1 semaine (35 heures) pour 21 % des candidats (74), 3 à 4 semaines, de manière plus rare, pour 13 % des candidats (46). Évaluation DSB VAE-DEES Schéma n°6 Le schéma ci-dessous permet de classer les régions DSB en trois catégories : 0% 5% 20 % Picardie Champagne-Ardenne ≥ ≥ Les MSP sont à l’initiative des candidats Les MSP sont ponctuellement préconisées Limousin (4%) Nord-Pas-de-Calais (3%) Auvergne (2%), Aquitaine (1%) Paca-Corse (1%) 100 % Haute-Normandie (13%) Bourgogne (10%) Languedoc-Roussillon (6%) Bretagne (5%) Basse-Normandie ≥ Les MSP font partie des parcours Franche-Comté (62%) Poitou-Charentes (58%) Centre (57%) Midi-Pyrénées (35%) Rhône-Alpes (32%) Lorraine (31%) Alsace (26%) Pays de la Loire (26%) Île-de-France (23%) ≥ Caractéristiques des candidats avec MSP (347 dont 26 interviewés) Les MSP sont plus souvent proposées aux femmes qu’aux hommes, pratique qui s’explique notamment par le fait qu’une partie importante des femmes concilie des choix professionnels et des contraintes familiales et personnelles. De ce fait, elles travaillent plus longtemps dans le même type d’établissements ou bien avec le même type de publics, caractéristiques qui les incitent généralement à demander une mise en situation professionnelle, soit dans l’optique d’une mobilité d’établissement ou de public, tout en restant sur un même territoire géographique, soit dans l’optique de vérifier leurs acquis d’expérience et leur transférabilité dans le cadre de la démarche VAE . Il faut cependant rappeler que la population DSB, comme la population référencée dans le CEP, est plutôt féminine. La majorité des candidats ayant bénéficié d’une mise en situation professionnelle déclarent en premier lieu occuper un poste de Moniteur éducateur (221 candidats sur 347), puis en second lieu un emploi d’aide médico- psychologique (46 sur 347). Dans ce cas, les MSP sont préconisées pour faire adopter la posture réflexive et distanciée d’une démarche de VAE. Pour les autres publics, elle est plutôt utilisée de manière individuelle pour tester un projet de mobilité par la VAE (changement de public, d’établissement ou de secteur d’activité). Le choix de ce type d’action n’est pas fonction de la durée de l’expérience professionnelle du candidat. En revanche, les MSP sont nettement plus préconisées aux candidats estimés les plus proches de la validation. La préconisation de mises en situation professionnelle tend à se développer de plus en plus, sans doute par l’effet constaté des MSP mais aussi par le rodage du dispositif de Branche. En effet, l’évaluation confirme que pour les candidats ayant totalement validé le DEES, les MSP ont constitué un atout de réflexivité et d’auto-évaluation régulièrement cité dans les entretiens. Par ailleurs, en phase de démarrage du dispositif de Branche, certaines régions n’avaient pas immédiatement perçu l’intérêt des MSP par rapport à l’appui méthodologique et aux séquences formatives. 3 stratégies d’utilisation par les pôles ressources L’évaluation identifie trois stratégies notables d’utilisation des mises en situation professionnelle: 1 Conduire un candidat, ayant une longue expérience professionnelle dans un seul établissement ou bien auprès d’un seul public, à vérifier la transférabilité de ses acquis dans un “ Les MSP : un atout de réflexivité et d’auto-évaluation. ” 89 90 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif autre contexte. Cette stratégie vise également à permettre aux salariés d’élargir leur champ professionnel et leur connaissance des pratiques du secteur. 2 En début de parcours VAE DEES, amener un candidat à adopter plus rapidement une posture réflexive et d’auto-évaluation de ses pratiques, par confrontation et comparaison avec d’autres. Cette stratégie d’utilisation s’avère particulièrement pertinente pour les candidats ne mesurant pas initialement l’importance du travail de questionnement et d’évaluation requis pour enclencher le processus de VAE. Préparer les réformes de la formation initiale impliquant plus directement les établissements employeurs dans le suivi de la formation et l’évaluation des acquis de stage des candidats. En Bretagne, en Centre et en Alsace par exemple, les responsables des établissements de formation ont utilisé les MSP pour constituer ou revoir leurs ressources en matière de sites qualifiants. L’expérience des MSP montre que les groupes de salariés préparant la VAE, via le dispositif de Branche, constituent une ressource de terrains professionnels, qui, par ricochet, peut intéresser les étudiants en formation initiale. 3 Les pôles ressources qui préconisent les mises en situation professionnelle les utilisent par ailleurs pour consolider leurs réseaux d’établissements employeurs et le développer. Ce réseau compte en effet pour identifier des sites qualifiants et des partenaires dans le cadre des réformes de la formation initiale qui confèrent à l’employeur et au milieu professionnel un rôle plus marqué dans l’évaluation des candidats au DEES. Il s’agit des bonnes pratiques identifiées dans le cadre de l’évaluation du DSB VAE DEES et d’une préconisation des évaluateurs : intégrer systématiquement les MSP en réaffirmant l’obligation de cette préconisation de parcours dans le cadre du cahier des charges de labellisation et en l’articulant avec la phase du diagnostic d’orientation. Cette préconisation doit surtout concerner les candidats ayant beaucoup de difficultés à prendre de la distance avec leur vécu professionnel et à entrer dans une démarche de VAE, mais aussi ceux qui souhaitent valider un projet de changement par la VAE engageant leur parcours et leur mobilité. Les points de vue des candidats et les difficultés rencontrées ≥ Vérifier un projet de mobilité par la VAE La MSP permet de valider un projet de changement professionnel en termes de public ou de secteur d’activité. J’ai choisi un stage auprès d’enfants en retard scolaire car c’est vers ce type d’action éducative que je veux me diriger. C’est super 3 semaines. J’ai choisi un centre d’action sociale avec lequel mon établissement travaillait pour voir l’autre côté de la barrière. “ “ ” ” Enfin, il faut noter les difficultés des candidats à la VAE DEES pour trouver un lieu d’accueil. Deux principales raisons sont mentionnées dans tous les entretiens : l’accès difficile aux établissements et la structure du dispositif de Branche. Cette partie présente les extraits d’entretiens les plus significatifs, sachant que ce sont les candidats qui ont totalement validé le DEES qui évoquent le plus souvent l’effet réflexif des mises en situation professionnelle et leur bénéfice dans la démarche de VAE. Évaluation DSB VAE-DEES ≥ S’enrichir professionnellement Elles sont l’occasion d’apports professionnels par comparaison avec d’autres pratiques et contextes d’activité. “ J’ai fait un stage de 75 heures dans un planning familial en plus de mon temps de travail habituel et ça m’a permis de ramener des informations intéressantes à mon établissement notamment sur la sexualité des jeunes. Je voulais vérifier comment ce serait si je changeais d’établissement, j’ai vu d’autres manières de travailler, c’était très intéressant. ” “ ” ≥ Tester la transférabilité de son expérience dans l’hypothèse de VAE Il s’agit ici pour le candidat de tester, de vérifier la transférabilité de son expérience, de s’assurer de la réalité de compétences d’éducateur spécialisé dans le cadre de la démarche de VAE. Les mises en situation professionnelle lui sont souvent préconisées par les pôles ressources labellisés dans cette intention. “ “ Le stage m’a permis de vérifier que même si le public est différent, l’accompagnement est le même. J’aurais aimé que ce soit plus long d’ailleurs. C’est juste une découverte de 15 jours. C’était génial cette mise en situation, je voyais les nouvelles manières d’être avec un nouveau public et je me rendais compte que je pouvais directement utiliser mes compétences dans ce contexte. ” ” Les candidats ayant totalement validé le diplôme d’État d’éducateur spécialisé ont souvent présenté ces expériences aux membres de jury pour démontrer une capacité ou une posture de mobilité, de changement, d’adaptabilité, qui a par ailleurs été jugée positive dans la validation. “ “ C’est un point qui a été pris par les membres de jury comme positif et signe de mobilité, d’ouverture d’esprit, de courage, de curiosité. Ça m’a amené beaucoup d’éléments à réutiliser dans le livret 2, un nouveau public d’enfants alors que je ne connaissais que les adultes, le fonctionnement institutionnel différent, des réunions d’équipe et des sujets différemment traités… ” ” ≥ Conclusion Une des originalités du dispositif de Branche est d’introduire dans les parcours VAE des mises en situation professionnelle dont les effets semblent probants. ≥ Préconisations Vu l’intérêt et les effets de ce type d’action, les évaluateurs préconisent d’utiliser plus systématiquement des mises en situation professionnelle en s’appuyant sur les pôles ressources labellisés qui ont développé une pédagogie des MSP. La durée pertinente semble d’une à trois semaines pour les effets attendus et, pour les candidats répondant aux profils suivants : - les candidats qui ont besoin de confirmer leur projet de VAE DEES, - les candidats peu à l’aise avec les exigences de la fonction 4 « Construction d’un cadre d’analyse et d’une expertise des pratiques éducatives et sociales », - les candidats non CAFME ni AMP qui déclarent cependant avoir des compétences dans la fonction éducative. La mise en situation professionnelle dans une équipe éducative permettra alors de vérifier la transférabilité des compétences acquises, plutôt que de les écarter de ce type d’action. 91 92 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif La labellisation gagnerait à rappeler le cadre légal d’utilisation de l’expérience professionnelle et les critères d’usage repérés comme intéressants : - l’impossibilité de les faire valoir comme acquis d’expériences dans le livret 2, même si ces activités liées à la VAE peuvent parfaitement être évoquées au moment de l’entretien comme élément de motivation de la VAE et critère de transférabilité des compétences acquises. Une communication plus précise sur le rôle des mises en situation professionnelle dans les documents d’accompagnement et de communication doit également être introduite pour valoriser cette composante du parcours de Branche, en évitant les confusions éventuelles avec un stage professionnel ou une expérience professionnelle complémentaire, - l’utilisation des mises en situation professionnelle pour faciliter l’accès à une posture réflexive et l’articulation avec le livret 2, vérifier un projet de VAE, tester un projet de mobilité d’établissement ou de public. 7 Enfin, un référencement des terrains d’accueil pourrait être mis en place au niveau des pôles ressources, ce que certains ont déjà fait dans le cadre de l’identification des sites qualifiants. À terme, cette ressource devrait être structurée et proposée – peut-être sous forme d’annuaire ou de liste de terrains professionnels – aux salariés candidats à la VAE mais aussi à d’autres publics (dans le cadre de l’apprentissage, par exemple). Les parcours post-jury VAE Le post jury VAE dans la labellisation de Branche Le cahier des charges de la Branche confie aux pôles ressources labellisés trois « missions » : le diagnostic d’orientation, le parcours VAE comprenant plusieurs types d’actions et l’entretien post-jury pour les candidats n’ayant pas totalement validé le DEES afin de leur proposer « un parcours post-jury VAE d’accès au DEES ». La mission post-jury VAE doit s’appuyer sur les indications fournies par le Rectorat dans l’avis de validation mais aussi sur un entretien individuel de 3 heures maximum prévu dans le cadre du dispositif de Branche. Les résultats de validation, les conseils éventuellement donnés au moment du passage devant le jury, le contenu du relevé de décision de validation et le projet du candidat doivent permettre d’estimer « les potentialités du candidat et de sa situation personnelle et professionnelle » pour poursuivre le projet d’accès au DEES par la VAE. Il est également précisé que ces préconisations post-jury VAE peuvent utiliser les trois types d’actions prévues dans le dispositif de Branche (des séquences formatives, des mises en situation professionnelle et une aide méthodologique complémentaire) et, lorsqu’il s’agit de formation, « le pôle ressources devra aider le candidat à s’orienter vers trois parcours possibles : la réintégration d’un cursus de formation initiale, l’intégration d’un cursus de formation professionnalisante » ou bien l’accès à « un ou plusieurs modules de formation spécifiques, en fonction des manques identifiés par les membres de jury » (extrait du cahier des charges de localisation des pôles ressources). Rappelons que les salariés ne bénéficient qu’une fois du dispositif de Branche. Dans ce contexte, l’évaluation a traité plusieurs questions : quels enseignements peut-on tirer des préconisations et conseils post-jury VAE réalisés par les pôles ressources ? Évaluation DSB VAE-DEES Qu’indiquent-elles sur la maîtrise des réformes en cours et des systèmes de dispenses, compensation, épreuves complémentaires, etc. ? Quelles fonctions remplissent les entretiens post-jury VAE du point de vue des acteurs interviewés ? Quelles préconisations proposer pour consolider cette pratique qui met en perspective la validation partielle et traite le cas des non-validations ? L’entretien individuel : une pratique à confirmer L’entretien post-jury VAE est important sur le plan psychologique (rôle de réassurance et d’explication) et sur le plan pratique (compréhension des conseils des jurys et des compléments de parcours figurant dans le « relevé de décisions » du candidat). Il a trois fonctions appelant des compétences différentes et complémentaires : ≥ Dépasser des vécus parfois traumatisants de sessions de jury en les dédramatisant (fonction d’écoute et de facilitation de l’expression d’un vécu) ; ≥ Faciliter la réappropriation par les salariés des conseils, préconisations et décisions de validation (fonction d’articulation entre résultats de validation, parcours et projets du candidat) ; ≥ Proposer des parcours post-jury VAE pertinents pour ne pas interrompre la dynamique de VAE et d’apprentissage (fonction d’ingénierie de construction de parcours à partir des résultats de validation, des ressources de parcours disponibles ). Or, l’analyse des pratiques dans les 9 régions d’enquête indique que l’entretien individuel post-jury VAE pour les candidats ayant partiellement ou rien validé n’est pas systématique. Lorsqu’il est réalisé, il fait l’objet de séances de groupe, peu propices à la construction d’un parcours post-jury VAE. Le vécu des candidats Le vécu des candidats dépend largement des résultats de validation et du pronostic initial de bonne fin de parcours. Les candidats ayant tout validé mentionnent souvent un échange positif entre pairs avec le sentiment d’avoir été admis dans une communauté professionnelle. On a vraiment discuté, si j’avais d’autres publics, comment je ferai. C’est trop court 20 minutes . À la fin de l’entretien, le directeur de la structure m’a dit : “ si vous cherchez un boulot, venez chez moi ”. C’était très valorisant. “ ” “ ” Les problèmes de compréhension du sens de la validation et de poursuite de parcours surviennent pour ceux qui ont partiellement validé le diplôme et pour ceux qui n’ont rien validé. « J’ai fait tout relire à mon accompagnateur, on n’a pas du tout compris pourquoi je n’avais pas été totalement validé. Que voulaient-ils de moi ? Personne n’a su me dire. » « Mon employeur s’est plaint, il a raison. On vous fait miroiter 4 fonctions et voilà. » Un membre du jury “ Il faut que les candidats comprennent que zéro validation, ça veut dire : ne vous présentez pas à ce métier, vous n’êtes pas fait pour lui. Un candidat n’ayant rien validé “ ” Quand je pense que j’ai bossé comme un fou pour me planter comme ça ! En 20 minutes... C’est dingue non ? ” Dans ces cas, l’entretien post-jury VAE est central pour comprendre ce qui s’est produit. Les candidats ont besoin d’articuler et de relier ce qu’ils ont noté au moment du passage devant les jurys, les indications du relevé de décision et leur projet initial lié à la VAE DEES. Plus les délais entre le passage devant les jurys et la réception du relevé de décision sont longs (ces délais représentent au minimum 15 jours et au maximum 3 mois), plus ce besoin de réarticulation et de réappropriation s’avère important. “ L’entretien post-jury VAE est central pour comprendre ce qui s’est produit. ” 93 94 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Informer sur les changements personnels et professionnels Quels que soient les résultats de validation, les 116 salariés interviewés insistent sur la nécessité de faire prendre conscience aux candidats à la VAE du travail demandé par l’analyse rétrospective de son parcours et des perturbations que ce travail implique en termes de changements personnels et professionnels. « Pendant un an, je n’ai fait que cela, soir, week-end, vacances. Un an, ce n’est pas trop pour une VAE quand on a une famille et un emploi ». “ Il faut le rapporter dans l’évaluation : on ne dit jamais combien c’est lourd, combien il y a du travail, qu’il va falloir modifier sa vie personnelle, familiale et amicale le temps de la préparation. ” Cependant, quels que soient les résultats, tous les candidats mentionnent des effets de changement et d’apprentissage significatifs, souvent imprévus, et leur efficacité dans leur quotidien professionnel et leur démarche VAE. Les candidats ont appris une posture d’auto-évaluation et un rapport à soi, et aux autres, différents. “ “ “ Je suis le seul à connaître le référentiel ES de l’intérieur dans mon établissement et nous nous en servons régulièrement pour les fiches de poste, les réflexions sur les cas…. Ça a modifié complètement mon travail et mon rapport aux autres, je pense plus à transmettre et échanger. Je suis plus clair quand j’interviens . Ça a changé mes rapports avec mes collègues, je défends mes projets . ” ” ” Un des impacts positifs du dispositif de Branche est de modérer les déceptions face à des résultats jugés décevants. Une majorité de candidats interviewés mentionne le fait que la richesse du parcours DSB a, quoiqu’il en soit, occasionné des apprentissages réutilisables dans leur contexte professionnel et personnel. Le malaise des pôles ressources L’analyse fait ressortir que les responsables VAE des pôles ressources sont peu à l’aise face aux candidats ayant partiellement validé le DEES, en particulier ceux qui avaient de fortes chances de le valider selon les résultats de l’hypothèse de bonne fin, et très mal à l’aise face aux candidats qui n’ont rien validé. Ils préfèrent proposer des entretiens facultatifs, plutôt que de prévoir une prestation post-jury VAE systématique. Un responsable VAE “ Nous envoyons un courrier en leur proposant de nous recontacter, les candidats font eux-mêmes la démarche. J’avoue que je n’ai pas couru après ce candidat qui n’a rien validé alors qu’on lui avait dit qu’il validerait au moins trois fonctions. Un accompagnateur DSB ” “ Je ne sais pas si c’est à l’accompagnateur de recevoir le candidats. S’il n’est pas content, s’il nous en veut. On devrait pouvoir garantir une neutralité . Un responsable DAVA “ ” Le jour où on me dit : on évalue ton accompagnement par les résultats de validation totale, c’est fini la VAE. ” Les accompagnateurs VAE ont tendance à se sentir responsables des résultats, ce qui milite encore pour le fait de ne pas évaluer l’accompagnement par le seul indicateur des résultats finaux de validation. La position des responsables de DAVA est identique, dans un contexte où la tentation est forte de mesurer l’efficacité de l’accompagnement en fonction des résultats de validation totale. Or, la réalité se compose plutôt de combinatoires de validations, évoluant en fonction de facteurs non directement liés à l’accompagnement (les manières de valider des membres de jury, le degré d’exigence de la recevabilité et le pilotage régional de la VAE notamment). Évaluation DSB VAE-DEES ≥ Conclusion L’entretien post-jury VAE s’avère donc particulièrement central pour les candidats ayant partiellement validé le DEES. Les candidats n’ayant rien validé, quelles que soient les raisons, doivent être reçus automatiquement en entretien pour ne pas rester bloqués dans leurs parcours. ≥ Préconisations Compte-tenu des enjeux de parcours, les évaluateurs confirment l’importance acccordée par la Branche à la réception systématique de tous les candidats ayant partiellement validé le DEES et en particulier, ceux qui n’ont rien validé pour : ≥ faciliter leur compréhension du déroulement du jury et l’opérationnalisation des conseils et préconisations qui ont été émis, les moments de jury fragilisant les candidats sur le plan identitaire, ≥ leur proposer des parcours post-jury VAE. Il serait pertinent de réintégrer dans les parcours DSB, dès le diagnostic, la fonction post-jury VAE en cas de validation partielle ou de non-validation, en précisant ces trois rôles : quand c’est le cas, dépasser un vécu potentiellement traumatisant des sessions de jury et de l’avis de validation ; faciliter la réappropriation des éléments de validation et leur donner sens par rapport au projet et au parcours du candidat ; proposer des actions post-jury VAE pour ne pas interrompre la dynamique de VAE, ni les projets de mobilité qui y sont associés. Les réformes de la formation initiale du DEES et la construction récente des différents référentiels déjà mentionnés devraient faciliter le renforcement des pratiques de préconisation de parcours post-jury VAE, enjeux centraux des parcours de mobilité et de reconnaissance socioprofessionnelle. 95 96 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Chapitre V Les apports de la recherche : les facteurs externes influant sur la VAE DEES et le DSB 12 Unité mixte de recherche Cnrs n° 6209 – LISE – Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique. Dans ce cadre, P. de Rozario conduit depuis 1992 des enquêtes comparatives européennes sur les métiers dont le mandat est la socialisation Les diagnostics régionaux et les enquêtes conduites montrent que deux types de facteurs externes interviennent dans les résultats de la VAE et doivent être à ce titre pris en compte dans l’évaluation du dispositif de Branche. Le premier type de facteurs nécessite une lecture anthropologique des formes de reconnaissance des personnes à partir d’un parcours personnel et professionnel. Il concerne les deux approches culturelles de la VAE. De nature contextuelle, le deuxième type de facteurs revêt quant à lui, trois dimensions : les manières de prononcer la recevabilité d’une demande de VAE, les manières de valider à partir du livret 2 et de l’entretien oral et en dernier lieu, les deux manières développées par les Conseils régionaux dans le pilotage de la VAE en région. des personnes et des groupes (insertion des jeunes, formation des adultes, politiques publiques d’emploi et d’insertion ). 1 Comme prévu dans la proposition d’évaluation acceptée par Unifaf, cette partie du rapport présente des analyses et des productions de recherche complémentaires aux données quantitatives et qualitatives de terrain, pour mieux comprendre et évaluer l’efficacité et la pertinence du dispositif de Branche. Ces productions sont issues des travaux de P. de Rozario sur les dimensions culturelles des pratiques de reconnaissances sectorielles, en lien avec les travaux de l’équipe Gestion et Société12 dirigée par Philippe d’Iribarne. Culture « VAP 92 » versus Culture « VAP 85 » Selon le point de vue des acteurs et leur culture de la VAE, le dispositif sectoriel de Branche et ses actions sont évalués différemment. Chaque culture développe des arguments propres aux niveaux politique, philosophique, moral et financier sur la VAE. Plus ou moins bien articulés et justifiés selon les acteurs, ces arguments composent un système de rationalisation professionnelle opposant les deux cultures de la VAE, particulièrement visibles au cours des entretiens d’évaluation. Ces cultures expliquent les différences d’accompagnement et de pratiques au sein du DSB et dans la VAE DEES depuis l’information et le conseil jusqu’aux préconisations post-jury VAE . Dans la première logique « VAP 92 », la VAE doit être courte, se centrer sur les acquis probants d’expériences (les acquis professionnels sont privilégiés car susceptibles de s’accompagner de preuves plus faciles à trouver) et se limiter à l’accompagnement méthodologique à produire le livret 2. Le reste n’est pas considéré comme de la VAE. De ce fait, le dispositif de Branche, comme toute initiative de VAE sur plan de formation, n’est pas compris ni considéré comme légitime, malgré son inscription légale dans le code du travail. Seul l’appui méthodologique prévu dans le cadre du dispositif compte. En ce qui concerne Évaluation DSB VAE-DEES l’accès à la VAE, il ne faudrait retenir dans la démarche de VAE et ne reconnaître que les candidats ayant déjà consolidé des acquis probants d’expériences au regard du référentiel VAE de diplôme, c’est-à-dire ceux qui sont les plus proches de la validation. Ils ont déjà ces acquis ou bien, ils ne les ont pas. Les acteurs portés par cette culture de la VAE sont favorables à la sélection accrue des candidats en amont de la démarche de VAE (donc favorables à l’hypothèse de bonne fin du dispositif de Branche) et, en tant que membres de jury, adoptent plutôt le type de validation que nous avons appelé « docimologique » décrit plus loin. L’accompagnement doit se limiter à la production d’un livret 2 respectant exactement le cadre fixé initialement, les membres de jury s’interdisant un regard sur la motivation et le parcours du candidat (à moins que ce ne soit décrit formellement dans le livret 2 et le référentiel VAE de métier, ce qui n’est pas le cas pour le référentiel d’éducateurs spécialisé). Ils adoptent parfois un type de validation « transversale » en cherchant comment les expériences présentées et leurs acquis peuvent se transposer d’un public, d’un établissement ou d’une situation à l’autre, à condition toutefois de connaître les questions et situations qui permettent de tester la transversalité des compétences et qualification du métier d’éducateur spécialisé. Cette manière de valider n’est pas propre à un collège ou un type de membre de jury particulier, on le retrouve de manière transverse aux 64 entretiens réalisés. “ Les acteurs portés par la culture VAP 92 sont favorables à la sélection accrue des candidats en amont de la démarche de VAE. ” Dans la seconde logique culturelle de VAE, la « VAP 85 », la VAE est une démarche de production des acquis probants d’expériences qui demande un temps de maturation et dépend de la capacité de la personne à s’approprier et à utiliser pour elle-même des ressources variées, dont la VAE. Les acquis probants d’expérience ne sont pas évaluables en début de démarche VAE mais sont les résultats de la démarche de VAE et des ressources qui seront mises à la disposition de la personne. Cette logique considère que les personnes qui ont un potentiel, et à qui l’on propose des ressources diverses, sauront s’en saisir même si à l’entrée, l’évaluation des acquis d’expérience de cette personne n’est pas très positive. On peut se référer au décret de 1985 dans « VAP 85 », dont la philosophie était d’accepter que des candidats qui n’avaient pas le diplôme d’accès aux études supérieures puissent néanmoins préparer un diplôme de niveau élevé par la formation – et aujourd’hui par la VAE - s’ils en avaient la volonté et le potentiel. La culture « VAP 85 » intègre des risques en faisant un pari initial sur la personne, les ressources qui seront mises à sa disposition et la façon dont cette personne va les utiliser pour valider. La VAE et l’obtention d’un diplôme complet ne sont pas ici une fin en soi ni l’objectif principal de l’accompagnement, qui s’intéresse plutôt à la dynamique de parcours global du candidat, la VAE n’étant qu’une étape et une des ressources possibles. Le dispositif de Branche et sa mixité de ressources (appui VAE classique, mises en situation professionnelle et séquences formatives ou/et actions de formation spécifiques à la VAE DEES) ainsi que sa durée sont alors appréciés et jugés légitimes. L’opposition stricte entre VAE et formation apparaît comme formelle, voire artificiellement créée pour ménager les susceptibilités et les domaines de compétences. Munis de cette lunette culturelle, les membres de jury « Culture VAP 85 » adoptent plutôt un type de validation « promotionnelle ». Ils choisissent parfois le type de validation transversale et docimologique (à condition de connaître les questions et situations qui permettent de tester la transversalité des compétences et qualification du métier d’éducateur spécialisé), mais ne fondent jamais leur jugement de validation sur un mode docimologique pur. On retrouve ce profil de membres de jury parmi tous les collèges, y compris les représentants de l’Éducation nationale, sensibles à la dimension motivationnelle de la VAE et du métier d’éducateur spécialisé. “ Dans la culture « VAP 85 », la VAE et l’obtention d’un diplôme complet ne sont pas une fin en soi ni l’objectif principal de l’accompagnement. ” 97 98 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif ≥ Conclusion Le dispositif de Branche accueille ces deux cultures à la fois, ce qui divise les acteurs autour de conflits parfois violents sur la VAE et, de ce fait, structure différemment les formes d’accompagnement et les pratiques mises en place par les établissements de formation et les écoles du travail social à l’occasion du dispositif de Branche. L’hypothèse de bonne fin et le diagnostic d’orientation relèvent de la culture “VAP 92” ; la structure possible des parcours et leur ingénierie relèvent de la culture “VAP 85”. Ceci explique pourquoi certains pôles ressources n’ont adopté que l’appui méthodologique en refusant les autres actions du parcours, le dispositif de Branche démarrant tardivement et dans un contexte de conflits importants à propos de ce que doit être ou non la VAE . 2 ≥ Préconisation La préconisation du Cnam est de formaliser et d’identifier ces deux cultures et de clarifier la communication du dispositif de Branche : le DSB, tel qu’il est actuellement, est un dispositif sectoriel mixte, incluant diverses actions de qualification et de professionnalisation, dont la VAE. Cette clarification permettrait d’utiliser le diagnostic d’orientation, soit vers une logique de parcours VAP 92 comprenant essentiellement de l’appui méthodologique (mais quelles différences avec les offres d’accompagnement des autres accompagnateurs?), soit vers une logique de parcours mixte type “VAP 85”, comprenant les différents types d’actions du DSB. Les deux interprétations de la recevabilité administrative (livret 1) Pour ce qui concerne le diplôme d’État d’éducateur spécialisé, les critères de recevabilité des acquis d’expérience en lien avec le référentiel d’éducateur spécialisé ne sont pas définis, ce qui laisse place à deux interprétations et pratiques de la recevabilité identifiées au niveau des professionnels de l’Éducation nationale : une recevabilité administrative se limitant aux critères déjà exigeants de constitution du livret 1 ou bien une recevabilité administrative ajoutant, en amont du livret 1 ou bien en plus du livret 1, des études de faisabilité, des diagnostics et des actions visant à ne sélectionner que les candidats ayant les acquis d’expérience les plus proches des exigences du référentiel. Cette deuxième pratique s’apparente à l’hypothèse de bonne fin du DSB. Après la phase d’information et de conseil, le candidat doit se soumettre à une première étape de sélection pour entrer dans la démarche de reconnaissance des acquis de son expérience, en vue d’obtenir une partie ou la totalité du diplôme d’État d’éducateur spécialisé, délivré, in fine, par les recteurs d’Académie de l’Éducation nationale. Il s’adresse donc aux services du rectorat ou bien aux DAVA qui lui remettent un livret 1 pour concrétiser la demande de VAE . S’il remplit les conditions requises, le candidat à la VAE reçoit un avis favorable pour poursuivre sa démarche, accompagné du livret 2. Le rectorat et ses services doivent également envoyer la liste de toutes les structures proposant des accompagnements. Le traitement de la recevabilité des candidats à la VAE DEES demande donc : une connaissance du secteur, principalement apportée par les établissements de formation du travail social et les DRASS en appui aux services de l’Éducation nationale ainsi que du référentiel d’éducateur spécialisé, et des compétences pour évaluer les liens entre les expériences décrites et les quatre fonctions du référentiel d’éducateur spécialisé. Dans ce contexte, les enquêtes conduites dans les neufs régions ont montré qu’à partir de ce même cadre légal, se pratiquent différents degrés d’exigence de la recevabilité et donc diffé- Évaluation DSB VAE-DEES rents types de pilotage de la VAE. Les acteurs régionaux ont ainsi développé deux pratiques, en fonction de leurs ressources, et de leur vision de la VAE : ≥ Un traitement de la recevabilité limité aux critères de vérification des pièces du livret 1 (acteurs défendant la culture « VAP 85 » de la VAE ). ≥ Un traitement de la recevabilité développant des pratiques d’évaluation des « liens entre expériences et diplôme » (acteurs défendant la culture « VAP 92 ».) Or, les choix opérés induisent directement le profil de candidat qui se font accompagner notamment par le dispositif de Branche (secteur / hors secteur par exemple) et déterminent en conséquence indirectement le type d’accompagnement qu’il est opportun de leur proposer pour les soutenir au mieux dans leur démarche de VAE. 3 ≥ Conclusion Les partenariats régionaux et nationaux avec l’Éducation nationale (services des examens et DAVA) sont importants à développer. Ce constat renforce notamment la préconisation de développer des conventions nationales et régionales de partenariat, en s’appuyant sur les régions où les acteurs se sont relativement bien entendus à propos de la VAE DEES, afin de clarifier ces questions et de consolider la place centrale de partenaires VAE des établissements du travail social et de la Branche. Les trois formes cognitives de validation L’analyse détaillée des manières dont 64 membres de jury interviewés, tous collèges confondus, construisent leur jugement de validation a permis d’identifier trois principales formes cognitives de validation. Ces formes de validation ne portent pas sur les mêmes objets d’évaluation ni n’adoptent les mêmes finalités. Chacune utilise un système de rationalisation et de critères différents, en fonction de la représentation que chaque membre de jury a de son mandat et de la valeur qu’il attribue à la VAE, comme modalité de reconnaissance d’une personne. Les entretiens auprès des acteurs révèlent que ces trois formes de validation génèrent des attentes très différentes quant au contenu et à la structure du livret 2, quant aux prestations et au comportement du candidat au moment de l’entretien oral et quant aux effets de l’accompagnement. Les candidats et les accompagnateurs auraient intérêt à connaître ces formes de validation et à s’y préparer ; les acteurs en charge de l’information et de la professionnalisation des membres de jury devraient mieux les identifier afin de clarifier les consignes de validation ; les membres de jury se professionnaliseraient en étant invités à mieux connaître et réfléchir à leur propre style de validation et à l’ajuster en fonction des candidats et des livrets 2. Ni les formations analysées, ni les chartes qui se développent et les outils en place ne permettent de travailler sur cette question de fond. 99 100 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Rappel de la structure du livret 2 1. Vos motivations 4.2. Description de situations 5. Expérience n° 2 2. Vos expériences, salariées, de travail significatives en lien 5.1. Présentation de l’emploi non salariées, ou bénévoles avec les fonctions du référentiel ou de la fonction bénévole 2.1. Votre parcours professionnel 5.2. Présentation du cadre professionnel 4.2.1. première situation de travail de votre intervention 2.2. Vos activités bénévoles 4.2.2. Deuxième situation de travail 5.3. Description de situations 3. Votre parcours de formation 4.2.3. Troisième situation de travail de travail significatives en lien 4. Expérience n° 1 4.2.4. Quatrième situation de travail avec les fonctions du référentiel 4.1. Présentation du cadre 4.3. Analyse globale professionnel de votre intervention de cette expérience 6. Expérience n° 3 4.1.1 Votre emploi ou 4.3.1. Principes d’action 6.1. Présentation de l’emploi votre fonction bénévole et objectifs ou de la fonction bénévole 4.1.2 L’environnement 4.3.2. Sources d’information 6.2. Présentation du cadre de institutionnel de et de documentation votre intervention votre structure 4.3.3. Participation 6.3. Description de situations 4.1.3 Votre structure au fonctionnement de travail significatives en lien 4.1.4 Votre position collectif de la structure avec les fonctions du référentiel dans cette structure 4.3.4. Degré d’autonomie professionnel 4.1.5 Vos activités et d’initiative 7. tableau de synthèse des 4.1.6 Le public avec lequel vous 4.3.5. Évaluation de votre intervention documents annexés travaillez 4.3.6. Compétences mises en œuvre Annexes La validation « docimologique » du livret 2 Dans ce cas, l’évaluateur du livret 2 utilise strictement les outils conçus pour les membres de jury et se construit un système de notations des différentes parties du livret 2 qui lui permet d’estimer chaque composante (en pourcentages de satisfaction ou bien en notes). La synthèse des notes lui permet de donner des résultats de validation par fonction, puis d’estimer un résultat final de validation. Schéma n° 7 Forme cognitive de validation de la VAE DEES : “la validation docimologique” du livret 2 F& F& = X % Fé Fé = X % F” F“ = X % F’ F’ = X % Annexes Cohérence VALIDATION = X % F1 + X % F2 + X % F3 + X % F4 et les réponses aux doutes des jurys au moment de l’entretien oral. L’objectif de ce type de validation est d’évaluer la conformité du livret 2 aux consignes, la pertinence des informations indiquées par rapport aux informations demandées et la cohérence des informations transmises les unes par rapport aux autres, dans chacune des fonctions Évaluation DSB VAE-DEES (cohérence interne). Les jurys adoptant ce type de validation cherchent à se construire des critères légitimes de validation qui peuvent être communiqués et discutés. Il s’agit souvent de membres de jury débutant dans leur rôle ou bien de personnes inquiètes de leur responsabilité et soucieuses de rigueur. Les jurys ne s’intéressent pas particulièrement à la motivation du candidat ni à l’originalité ou à la richesse de son parcours ; ils cherchent plutôt à évaluer la justesse et la pertinence de chaque information transmise L’expérience que vous citez vous montre en train de travailler avec des enfants mais le descriptif de votre parcours professionnel montre que vous n’avez travaillé qu’auprès de personnes âgées. Comment expliquez-vous cela ? Comment décririez-vous les compétences liées à l’expérience numéro 2 que vous citez mais qui ne sont pas complètement décrites ? “ ” “ ” Les salariés interviewés ayant rencontré ce type de jury sont plutôt contents du soin pris à la lecture détaillée de leur livret 2. Pour eux, il s’agit déjà d’une forme de reconnaissance et de respect du travail fourni. Cependant, certains candidats, épuisés par la production du livret 2 ou bien convaincus que l’entretien oral ne remettra pas en question cette production, sont souvent déstabilisés par ce qu’ils considèrent comme un « examen scolaire », « l’identification des manques » ou bien encore la mise en lumière de leurs défauts. La validation «promotionnelle » d’un projet spécifique de métier Dans cette optique, le seul fait d’avoir réalisé un livret 2 et de se présenter devant un jury constitue une preuve suffisante d’acquis d’expériences et de compétences pour valoir une validation, sous réserve que le candidat en soit bien l’auteur. Cette vérification s’établit systématiquement au moment de l’entretien oral Qui me dit que c’est bien vous qui avez mis en place cette action et pas quelqu’un d’autre Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous citez cet auteur et quel lien faites-vous avec votre expérience ? “ ” “ ” Une fois l’authenticité du document prouvée, ce type de jury cherche à vérifier que la personne qui présente sa candidature au métier d’éducateur spécialisé et demande une reconnaissance par le diplôme a pour réel projet d’occuper la posture et le métier d’éducateur spécialisé, ce qui implique d’accepter d’entrer dans une communauté professionnelle et de connaître ses principales règles de métier. C’est donc plutôt l’authenticité du projet de métier qui est vérifiée, la dimension vocationnelle de l’éducation spécialisée et l’adhésion à ses valeurs et principes de base qui sont évaluées. Dans cette optique, la VAE n’est pas qu’un exercice, certes difficile, de collecte et de construction de preuves d’acquis d’expériences mais également l’accueil d’un nouveau praticien compétent dans une communauté professionnelle qui entend bien afficher des valeurs et des postures communes face aux mandats complexes confiés à la fonction éducative (contrôler, réparer, faire grandir, faire vivre, faire travailler, former, éduquer etc.). La question clé de la « dangerosité » potentielle des professionnels face aux publics fragiles les amène à vérifier que les candidats connaissent et dans le meilleur des cas, appliquent, des principes éthiques et « la posture de l’éducateur spécialisé » Pourquoi avez-vous pensé qu’il n’était pas nécessaire d’en parler à votre équipe alors que vous dites que la situation de la personne s’est dégradée. Vous pensiez le gérer seul ? “ ” 101 102 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif “ Je vois que vous avez travaillé auprès de ce public et que vous décrivez un cas intéressant. Je me demande ce que vous feriez si la personne n’avait pas suivi votre démarche ? ” Schéma n° 8 Forme cognitive de validation de la VAE DEES : « la validation promotionnelle » du projet de métier ES Validation = la recherche d’un candidat remarquable par : Livret 2 F1 F2 F3 F4 Annexes L’authenticité de son parcours, ses analyses, ses réflexions, ses actions, etc. Sa motivation et sa vocation à exercer le métier d’éducateur spécialisé. Face à ce type de validation, les salariés interviewés se trouvent confrontés à deux situations opposées : soit ils ont l’impression d’être choisis, de discuter avec un pair et de continuer à travailler les cas et expériences du livret 2 avec passion : Nous avons discuté entre professionnels, c’est génial et c’est trop court 20 minutes Il m’a dit qu’il était fier que je valide totalement le diplôme et que je devienne, comme lui, éducateur spécialisé - soit ils ont l’impression de ne pas plaire et de ne pas convaincre du tout : dès le départ, elle m’a dit qu’elle n’était pas convaincue que j’aie envie de devenir éducateur spécialisé Il a essayé de me faire dire ce que je ne voulais pas, et en plus, j’étais pas d’accord “ “ ” ” “ “ ” ” La validation “transverse” des acquis d’expériences Ces jurys recherchent le fil rouge du cœur de métier que l’exercice de VAE décompose nécessairement en petits morceaux. Ce ne sont donc pas l’évaluation des informations dans chaque fonction qui compte, ni l’identification des caractéristiques de motivation ou de parcours remarquables qui motivent ce type de jury, mais la recherche de la transférabilité des acquis d’expériences. Pour ces membres de jury, la validation a pour but de vérifier que la dimension générale et générique du diplôme d’éducateur spécialisé et son cœur de métier sont vérifiables par la transposition des acquis d’expériences à d’autres publics, d’autres établissements et d’autres secteurs. C’est plus la qualification collective, garantie par le diplôme, qui est mise en avant en cherchant à désenclaver les compétences décrites de leur contexte de réalisation. Il s’agit d’un vieux débat sur la qualification et la compétence. Cette recherche s’effectue à partir d’une déconstruction du livret 2. L’évaluateur veut identifier des facteurs de transférabilité : ≥ le fait d’avoir travaillé avec des publics différents, ≥ la transposition des compétences développées à l’occasion d’une fonction et d’une expérience dans un autre contexte et vers une autre fonction du référentiel, ≥ le fait d’avoir exercé dans des établissements différents, etc. Évaluation DSB VAE-DEES Le fil rouge de l’évaluation du livret 2 et de l’entretien oral porte sur la transposition des acquis d’expériences à d’autres contextes Et si vous étiez dans ce cas de figure, que feriezvous ? et vers les quatre fonctions du référentiel Comment comptez-vous réutiliser les analyses critiques de votre pratique décrites dans la fonction 4, au niveau de la fonction 1, portant sur la relation éducative ? “ ” “ ” Les salariés interviewés sont souvent mal à l’aise par rapport à ce type de jury et ont l’impression de continuer leur VAE au moment de l’entretien oral. Ils ne voient pas toujours pourquoi les expériences, déjà décrites en contexte dans le livret 2 : ≥ doivent être imaginées dans d’autres environnements : Je n’ai rien compris. On vous demande d’écrire précisément, mon accompagnateur me l’a suffisamment rappelé, les choses dans le livret 2 et au moment du jury, ça n’a pas d’importance. On m’a demandé pourquoi j’avais choisi de décrire cette expérience dans la fonction 1 et quels liens je fais avec la fonction 3. ≥ ou bien pourquoi ils doivent illustrer une autre fonction que celle qu’ils ont stratégiquement choisie : Pourquoi m’ont-ils demandé de décrire ce que je ferai avec des personnes âgées, ils ont bien vu que je travaillais avec des enfants en difficulté et que je voulais continuer à travailler avec ce public ! On nous demande bien de prouver que nous sommes compétents comme un éducateur spécialisé dans notre domaine non ? “ ” “ ” Lorsqu’ils avaient prévu de ne valider que partiellement le diplôme, à cause de contraintes personnelles ou professionnelles ou bien du choix de prendre leur temps pour se former et se qualifier par la démarche de VAE, les candidats sont plus en difficulté avec ce type de validation qu’avec les deux formes de validation précédentes. Cette approche globale de la VAE s’accommode mal des stratégies de validation partielle des candidats. C’est souvent le cas de la fonction 4. Les candidats souhaitent se donner du temps pour la réflexion et l’analyse : Cette année, je ne peux présenter que deux fonctions, mais je les prépare à fond, je m’y mets tous les week-ends et je bosse. Pour les autres fonctions, il faudrait que je demande un congé ou que je m’organise au niveau emploi du temps avec mes collègues. Je les ferai l’année suivante […]. Non, je n’ai pas compris pourquoi ils m’interrogeaient justement sur les fonctions que je n’avais pas préparées. Ca se voyait non ? “ ” Schéma n° 9 Forme cognitive de validation du livret 2 DEES : « la validation transversale » 103 104 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Ces formes de validation n’ont donc pas les mêmes objectifs, les mêmes pratiques ni les mêmes conséquences en termes de validation. La validation docimologique a tendance à produire plus de validations partielles, mais aussi à limiter les non-validations. Elle produit moins de validations totales. Si le membre de jury a toutefois la règle des 200 %, les candidats risquent fréquemment de ne rien valider. La validation promotionnelle a tendance à produire des validations totales et des non-validations, mais peu de validations partielles. Et enfin, la validation transverse intègre difficilement les projets de validations partielles ou bien les livrets 2 incomplets ou insuffisamment travaillés, en fonction de cette logique de transférabilité très présente dans le référentiel d’éducateur spécialisé. Par ailleurs, ces formes de validations provoquent des attentes : par rapport au contenu et à la présentation du livret 2 ; par rapport au candidat et par rapport à l’accompagnement, lorsque les candidats l’ont demandé. Ces attentes sont fort différentes mais devraient être intégrées dans l’accompagnement DSB pour préparer les candidats à des confrontations fort variées. Ce que les jurys apprécient Un jury docimologique appréciera l’appui méthodologique à la VAE et notamment toute pratique visant à améliorer la présentation du livret 2 et à faciliter le renseignement de toutes ses rubriques : les ateliers d’écriture, la relecture des livrets 2. Il appréciera également les séquences formatives lorsqu’elles permettent d’apporter des éléments de réponse à toutes les rubriques du livret 2 et uniquement dans ce cas là. Un livret 2 mal présenté et incomplet est particulièrement mal vu si le candidat a été accompagné (a minima, l’accompagnement doit permettre de produire un livret 2 lisible et clair). Le fait de respecter les consignes et le format du livret 2 indique une capacité jugée centrale : celle de respecter les règles du jeu en se conformant à un cadre, même s’il est contraignant. À l’inverse, les livrets 2 trop originaux ou personnels dans lesquels les candidats ont déplacé les rubriques, modifié les intitulés et rempli incomplètement les renseignements indiqueraient des candidats ayant des difficultés à respecter un cadre établi et une volonté un peu trop prononcée de marquer leur originalité. Dans le dispositif de Branche, un jury promotionnel apprécie les séquences formatives et les ateliers centrés sur l’analyse des pratiques et sur le métier d’éducateur spécialisé : ses postures et ses logiques d’action, notamment par rapport aux politiques publiques et institutionnelles qui l’encadrent fortement dans le domaine du handicap, des personnes et groupes en difficulté et des personnes âgées. Le parcours du candidat, sa motivation, les thèmes des formations qu’il a suivies sont particulièrement observés. Le jury de type promotionnel souhaite constater ce travail et cette posture dans le livret 2. Ce livret 2 doit être très personnel et démontrer la motivation du candidat pour les expériences et situations qu’il a décrites et pour l’accès, non pas au diplôme d’État d’éducateur spécialisé, mais au groupe professionnel des éducateurs spécialisés. Les candidats ayant des difficultés à exprimer un point de vue personnel et original durant l’entretien oral, produisant un livret 2 neutre ou impersonnel malgré le « je » sont peu appréciés. L’accompagnement doit conforter un professionnel dans son rôle et le mettre à l’aise dans sa posture de métier: il doit lui permettre d’engager un dialogue avec des pairs, en vue de participer à des négociations plus compliquées dans le cadre de son métier d’éducateur spécialisé. Évaluation DSB VAE-DEES Le jury transverse, enfin, attend un accompagnement VAE permettant au candidat de sortir de son contexte de pratique et de transposer ses compétences dans d’autres environnements. Il apprécie les mises en situation professionnelle utilisées comme déclic d’une posture de VAE et moyen de vérifier la transférabilité des acquis d’expériences dans d’autres environnements. L’accompagnement doit permettre de vérifier cette transférabilité et pas uniquement de répondre aux questions du livret 2. De ce fait, un important travail sur la qualité des expériences choisies est attendu, quitte à ce qu’il y en ait peu mais qu’elles soient très riches et illustrent les différentes fonctions de l’éducateur spécialisé. Les candidats n’ayant pas travaillé sur la fonction 4 de manière concrète en appliquant ses principes à la construction de leur livret 2 ou bien démontrant leur capacité d’auto-analyse et d’apprentissage durant l’entretien oral sont peu appréciés. Une attente d’appui de la Branche Si la responsabilité administrative d’informer et de professionnaliser les membres de jury revient aux valideurs (l’Éducation nationale et la DRASS, en tant que vice-présidence des jurys), les acteurs interviewés sont insatisfaits des moyens mis à leur disposition pour réaliser dans les meilleures conditions et de manière la plus rigoureuse possible le mandat qui leur est confié. Dans les 9 régions d’enquête, les établissements du travail social sont particulièrement sollicités par les DRASS et les services du rectorat pour trouver des membres de jury, évidemment dans le collège des formateurs, mais également pour le collège des professionnels. De fait, les salariés et les employeurs du secteur sont fortement impliqués et mobilisés dans les jurys VAE DEES. Face aux dysfonctionnements d’information et d’organisation des sessions de jury, les acteurs interviewés pensent qu’il est pertinent que la Branche, fortement investie dans la VAE , intègre aux initiatives de soutien à la VAE comme le DSB, des actions de professionnalisation des membres de jury. À la vue de ce qui précède, il s’agit également d’une préconisation des évaluateurs sachant que les établissements du travail social labellisés ont développé des compétences en la matière et que les analyses qui précèdent pourraient être intégrées dans des mesures de formation et de professionnalisation. « Si les jurys fonctionnent mal, il y a des effets directs sur les résultats de validation mais aussi sur la manière dont les candidats peuvent être traités. Nous devons intervenir pour professionnaliser et appuyer les membres de jury. » « Nous avons trouvé pour la DRASS des consultants et formateurs qui font des sessions de formation des membres de jury. Ça marche bien, les sessions sont pleines. Les membres de jury ont besoin de discuter sur leurs pratiques et pas seulement de consignes et d’outils. » ≥ Conclusion La première limite de ces formations, néanmoins nécessaires, tient à leur pédagogie et à leurs contenus. Principalement centrées sur le droit et les consignes données aux membres de jury ainsi que sur des exercices pratiques, elles n’abordent pas la question des formes de validation et ne permettent pas aux membres de jury de s’auto-évaluer par rapport à celles-ci, dans le but de mieux maîtriser leur pratique de validation et la faire évoluer. Bien souvent, les membres de jury interviewés nous disent avoir retenu des « trucs » et des « consignes » sans toujours les avoir reliés à un sens ou une conséquence. 105 106 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif La deuxième limite de ces formations est leur ponctualité dans le temps alors que la posture de membre de jury et le travail de validation exigent plutôt des actions permettant rapidement d’adopter une posture de validation. Le type d’évaluation attendu par la VAE est tellement particulier par rapport aux types d’évaluations produites par les jurys de formation initiale, qu’il demande un rappel régulier de la posture adéquate et de l’exercice demandé. Le risque de ces formations est de ne durer qu’un temps, ce qui s’est produit dans la majorité des régions, en considérant que les jurys formés n’avaient plus besoin d’autres types d’actions. Il s’avérerait donc particulièrement innovant et pertinent d’introduire systématiquement ces analyses et constats dans les actions de professionnalisation des membres de jury, mais aussi dans le DSB VAE DEES et les critères de labellisation des pôles ressources VAE DEES (et d’autres diplômes du secteur). ≥ Préconisations Vu l’implication de la Branche dans la VAE et l’importance de ces constats sur les résultats de validation et l’accompagnement DSB, les acteurs interviewés attendent des actions de professionnalisation des membres de jury des collèges d’employeurs, de salariés et de formateurs. Les évaluateurs préconisent également que les acteurs du secteur se saisissent de ce dossier qui préoccupe également les DRASS, les présidents de jury universitaires et les professionnels de l’Éducation nationale. Certains établissements du travail social, comme en Picardie par exemple, sont directement sollicités sur la professionnalisation des membres de jury. Cette préconisation prend tout son sens dans les régions où le dispositif de Branche est la ressource principale de préparation de la VAE DEES, y compris par l’intermédiaire du droit commun. Ce travail impliquant les acteurs de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale et les établissements de formation du travail social ainsi que les acteurs externes permettrait d’améliorer la qualité de la « boîte noire » des résultats de validation VAE DEES, souvent critiquée et incomprise. 4 13 Orientations pour les formations sociales 2007-2009, pp. 9 à 10. 14 Plan régional de développement des formations professionnelles. Deux logiques de pilotage de la VAE par les Conseils régionaux Le dernier facteur externe influant sur le dispositif de Branche et la VAE DEES est le pilotage régional que les Conseils régionaux et les acteurs impliqués adoptent en matière de VAE, dans un contexte de décentralisation de la VAE non évident. Dans son portrait de la décentralisation, la DGAS 13 cite cinq facteurs modifiant les régulations antérieures et créant ainsi un nouveau contexte, aussi bien pour la VAE que pour la formation. Parmi ceux-ci figurent notamment la mise en œuvre des schémas régionaux des formations sociales par les Conseils régionaux, à partir d’une politique régionale de formation des travailleurs sociaux intégrée au PRDF 14 ou encore l’inscription de la VAE dans la formation professionnelle impliquant de nouveaux financeurs et opérateurs (entreprises et OPCA via le plan de formation), etc. À partir de 2005, le dispositif de Branche démarre donc dans un contexte compliqué de changements et de repositionnement des rôles et fonctions des acteurs en matière de VAE et de formation et la création de nouveaux équilibres. À partir des entretiens avec 10 responsables VAE de Conseils régionaux, de 5 responsables de Évaluation DSB VAE-DEES cellules d’information et de conseil en VAE et de 14 acteurs des DRASS (inspecteurs et conseillers techniques), l’évaluation a permis d’identifier comment les acteurs régionaux se sont organisés pour la VAE DEES, d’appréhender l’accueil régional réservé au dispositif de Branche et de définir les évolutions souhaitables pour le dispositif et les pôles ressources labellisés par la CPNE. Deux logiques de pilotage de la VAE influant sur la place des dispositifs d’accompagnement sectoriels tels que le DSB semblent émerger : ≥ Une logique de pilotage qui prolonge finalement la manière de gérer la VAE avant sa décentralisation en région. Dans ce cas, le Conseil régional intervient plutôt comme animateur de sorte de plates-formes régionales regroupant les valideurs. Impliquées dans la VAE des diplômes du secteur, y compris le DEES même s’il est délivré par les recteurs d’Académie, les DRASS tendent à s’appuyer sur le dispositif de Branche pour conforter leur rôle d’animation de la VAE, de vice-présidence des jurys et leur participation à l’organisation et à l’information des membres de jury VAE. Le DSB est d’autant plus opportun que les DRASS ne disposent pas de réseaux ni de structures spécialisés dans la VAE et l’ingénierie des compétences, ce qui n’est pas le cas de l’Éducation nationale. ≥ Une logique de pilotage liée à l’opérationnalisation de la décentralisation de la VAE. Dans ce cas de figure, le Conseil régional a un poids de régulation central puisque son intention est d’appliquer le principe de séparation entre la validation d’une candidature à un diplôme et les formes d’accès et d’accompagnement à ce diplôme. Les Conseils régionaux ont donc tendance à mettre en concurrence les prestataires de formation et d’accompagnement VAE, en ne s’appuyant pas sur le réseau des valideurs, afin d’éviter que ceux-ci ne privilégient leurs propres établissements et structures d’accompagnement et de formation. Quelle que soit l’orientation de pilotage de la VAE, il faut noter que les Conseils régionaux n’ont pas adopté de politique définitive. Le Conseil régional d’Île-de-France est notamment à l’origine d’un groupe de réflexion entre Conseils régionaux qui permet d’échanger sur les manières de piloter la VAE , la pertinence des réformes à l’œuvre (ce que l’on perd ; ce que l’on gagne ; comment les opérationnaliser au mieux en fonction des moyens, etc.) . Dans ce contexte, le dispositif de Branche est en concurrence avec d’autres dispositifs et doit développer plus encore un argumentaire sur la qualité de son ingénierie, sa capacité à couvrir les demandes de salariés de l’ensemble des territoires et régions et les résultats de validation satisfaisants des candidats DSB. Dans un contexte plus concurrentiel, l’atout du DSB est de présenter une forme innovante et nouvelle d’investissement dans la VAE que cherchent à développer les Conseils régionaux, à partir : ≥ d’une politique nationale de financement de la VAE des salariés sur le plan de formation des entreprises du secteur, décidée par les partenaires sociaux, ≥ et de la proposition d’un dispositif structuré couvrant l’ensemble du territoire impliquant les établissements de formation du travail social, donc indirectement la formation initiale ; perspective qui laisse imaginer des articulations qualitatives plus étroites entre formation initiale, formation professionnelle, VAE. La gestion régionale de l’emploi en serait facilitée. ≥ Conclusion Les résultats d’évaluation et les entretiens montrent que le dispositif de Branche est 107 108 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif encore trop mal identifié dans ses caractéristiques sectorielles et paritaires au niveau régional alors même que ce type de dispositif est cité comme l’avenir de la VAE. Les acteurs des pôles ressources, les délégations régionales Unifaf et Unifaf national – soit l’ensemble du système de communication sur le dispositif de Branche - restent encore trop centrés sur la communication d’un droit individuel à la VAE et un positionnement de professionnels de l’accompagnement des personnes grâce au dispositif de Branche et son ingénierie. Ceci est sans doute vrai, mais il apparaît plus important de mettre en avant dans la communication institutionnelle la dimension collective, paritaire et sectorielle du DSB. ≥ Préconisations Dans l’un ou l’autre de ces deux cas, les évaluateurs préconisent que les pôles ressources labellisés évoluent, si ce n’était pas déjà le cas, en plates-formes VAE d’information et de conseil des diplômes du travail social dans un contexte où il manque des informations structurées et synthétiques ainsi qu’un réseau de PRC sectoriel pour les diplômes du travail social. Une majorité de DRASS s’appuient déjà sur le dispositif de Branche pour consolider leur rôle d’acteur régional de la VAE et de veille sur les métiers. Par ailleurs, les nouveaux financeurs de VAE sur plan de formation que sont les entreprises et les branches, via leurs OPCA, seront de plus en plus sollicités pour appuyer la VAE. Dans toutes les régions Unifaf, une politique nationale de développement de contrats d’objectifs et de partenariats avec les responsables VAE des Conseils régionaux et les services en charge du schéma des formations sanitaires et sociales s’avérerait pertinente pour reconnaître et consolider l’investissement de Branche dans la VAE. Enfin, la dernière préconisation porte sur l’ajustement de la communication institutionnelle sur le dispositif de Branche: un dispositif sectoriel de VAE pour l’ensemble des salariés et entreprises du secteur, financé sur plan de formation et s’appuyant principalement sur une logique de VAE pouvant inclure divers types d’actions de professionnalisation. Évaluation DSB VAE-DEES Chapitre VI Synthèse des préconisations Nous l’avons dit : le DSB VAE DEES est un dispositif innovant en matière de VAE pour trois raisons : 1 dès 2004, les pôles ressources labellisés l’ont mis en œuvre pour accompagner des salariés dans la préparation de la VAE DEES, 2 il a eu la capacité à répondre à la fois à des demandes de VAE et de professionnalisation des compétences acquises par l’expérience, 3 au-delà des résultats positifs de validation sur deux années (2005 et 2006), il s’est déployé dans l’ensemble des régions et académies du territoire français. Ainsi, si l’on considère que ce dispositif et son ingénierie sont déployables pour les autres diplômes du travail social et que compte-tenu des besoins de la Branche en nouveaux professionnels, il est opportun de l’envisager dès 2009, il ne faut pas pour autant oublier les recommandations qui visent à parfaire, si ce n’est, améliorer le dispositif dans toutes ses dimensions. Loin d’être considéré comme un « simple inventaire à la Prévert », l’ensemble des recommandations présentées ci-après ont fait l’objet de débats, parfois passionnés et intenses, au sein du Comité de pilotage en charge du suivi de l’évaluation du DSB VAE DEES avant d’être discutées en réunion plénière à la Commission Paritaire Nationale pour l’Emploi ou au sein du Conseil d’administration paritaire d’Unifaf en vue d’un élargissement du DSB à 7 autres diplômes du travail social. À l’heure de la parution du cahier, et sans vouloir présager de l’avenir, il semble que de nombreuses préconisations issues d’une analyse fine, réalisée par Pascale de Rozario et son équipe, des différentes sources d’évaluation aient été intégrées dans la discussion par les partenaires sociaux tant au sein de la CPNE qu’au sein de l’OPCA . Elle sont ici présentées dans l’ordre retenu par les évaluateurs du Cnam dans la rédaction de leur rapport complet mais il est bien évident que, compte-tenu de leur caractère transversal, il convient d’en faire une lecture croisée pour les connecter les unes aux autres. 1 Maintenir l’investissement de la Branche dans la VAE des diplômes du secteur Le DSB a rempli trois objectifs initiaux : ≥ proposer un dispositif réactif et prêt à l’ouverture du DEES à la VAE ; ≥ identifier et reconnaître les professionnels “faisant fonction” d’éducateurs spécialisés et augmenter les compétences des praticiens de la fonction éducative ; ≥ améliorer les scores de validation au DEES. En tant que dispositif, il a proposé un accompagnement incluant la chaîne des activités liées à la procédure et à la démarche de VAE, depuis l’information et le conseil jusqu’à la réception des candidats après les jurys de validation pour envisager un parcours complémentaire en cas de validation partielle ou de non validation. 109 110 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif En informant et en conseillant les salariés et les employeurs sur la VAE, en accompagnant dans le cadre d’une démarche méthodologique les candidats et en les recevant dans le cadre d’un entretien post-jury pour préconiser, le cas échéant, un parcours complémentaire, il a facilité la professionnalisation des acteurs quel que soit leur statut dans le système (salariés, employeurs, organismes de formation, OPCA, partenaires de l’OPCA, etc.). 2 Au vu de ces résultats et analyses, le Cnam a donc préconisé le maintien de l’investissement de la Branche et de son OPCA dans la VAE des diplômes du travail social ainsi que le renforcement de la labellisation et de la démarche qualité du DSB….tout en insistant sur le repositionnement de la communication sur ce type de dispositif. Repositionner la communication sur le DSB Pour que le dispositif élargi soit mieux compris et, de ce fait, mieux perçu par l’ensemble des acteurs, il importe également de repositionner la communication institutionnelle sur le DSB. En effet, le DSB est un dispositif sectoriel de VAE proposant un accompagnement à la VAE impliquant des actions variées qui contribuent à la fois à la validation des acquis de l’expérience mais aussi à la qualification et à la professionnalisation collective des professionnels du secteur. La VAE est alors dans ce cadre un droit individuel encadré par le plan de formation et la politique des établissements du secteur, impliquant un accord entre l’employeur, le salarié, l’OPCA et les structures d’accompagnement…il ne semble donc pas envisageable de communiquer sur ce dispositif sans : ≥ revenir sur les enjeux stratégiques d’une telle démarche portée par une Branche professionnelle, où les réponses apportées dans le domaine de l’emploi et de la formation doivent être en adéquation permanente avec les besoins exprimés par tous ces établissements où l’on accueille des publics fragiles, à tous les âges de la vie, ≥ mettre en exergue l’expertise acquise par les professionnels d’Unifaf sur les questions d’emploi, de formation professionnelle et de VAE…une expertise qui va bien audelà des aspects financiers et s’attache à mieux conseiller les adhérents sur ces questions clés, ≥ insister sur la mixité du dispositif, tant sur un plan individuel que sur un plan collectif, …et tout cela en des termes suffisamment explicites, simples, convaincants…pour que chacun, à son niveau, se les approprie. Ainsi, le Cnam préconise de travailler sur quatre axes de communication : La valorisation des trois dimensions du DSB (emploi, formation et validation) et de ses finalités stratégiques. 2 L’adaptation de la communication aux différentes cibles du dispositif (adhérents de l’OPCA, Conseils généraux, partenaires de l’Éducation nationale, …). 3 La réalisation d’une communication sur l’ensemble des actions du dispositif depuis l’information-conseil jusqu’à la construction de parcours post-jury VAE, depuis la labellisation des organismes de formation jusqu’au suivi et à l’évaluation des parcours financés par l’OPCA. 4 La déclinaison des deux logiques (logique de parcours et logique de validation) inhérentes au dispositif pour lever certains freins culturels connus sur la VAE et insister sur une autre dimension de la VAE…sa dimension formative. 1 Communiquer, c’est indispensable mais encore faut-il le faire avec des partenaires aguerris et en capacité de consolider leur expertise sectorielle pour mieux répondre aux besoins des établissements et services de la Branche…C’est l’objet de la troisième préconisation. Évaluation DSB VAE-DEES 3 Travailler en partenariat et consolider les plates-formes régionales sectorielles VAE Travail social La Branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif, l’OPCA Unifaf et les établissements de formation en travail social ont démontré leur implication nationale et régionale dans la VAE DEES et son efficacité ainsi que la déployabilité d’un dispositif tel que le DSB. Aujourd’hui, près de cinq ans après la loi du 13 août 2004 renforçant le rôle des Conseils régionaux dans le champ de la formation sanitaire et sociale, dans un contexte de mutations sectorielles permanentes, il importe de soutenir une politique partenariale qui favorise sur le territoire les échanges entre les acteurs…qu’ils soient issus des collectivités locales, des services déconcentrés de l’Etat en région ou de l’Éducation nationale (DAVA, Greta,…). Comme cela s’est déjà pratiqué dans certaines régions, le Cnam suggère ainsi la signature de conventions de partenariats qui, formalisées, pourraient intégrer plusieurs volets tels que : ≥ La place et le rôle du DSB, et plus largement de la Branche et de son OPCA, dans la VAE DEES et dans celle des diplômes du secteur. ≥ Le partage des rôles et des tâches entre les acteurs. ≥ La labellisation du réseau des pôles ressources. ≥ La consolidation de plates-formes régionales sectorielles d’information-conseil et de VAE. ≥ La mise en place d’actions spécifiques de soutien sectoriel à la VAE. 4 Mais au delà du caractère stratégique que présenterait la signature dans chaque région d’une convention de partenariat associant la Branche, l’OPCA, l’offre de formation, le Conseil régional, les services des Affaires sociales et de l’Éducation nationale directement impliqués dans la VAE du travail social, l’évaluation s’est aussi intéressée à la professionnalisation des membres du jury… Professionnaliser les membres du jury Tout en rappelant la souveraineté des membres de jury et en reconnaissant l’important travail d’outillage technique et pédagogique réalisé, le Cnam invite la Branche et l’OPCA Unifaf à organiser ou à soutenir de manière plus systématique les actions de professionnalisation des membres de jury. Le constat réalisé à travers l’évaluation met, en effet, l’accent sur la professionnalisation qui doit s’améliorer sur trois points : 1 L’évaluation des candidatures (notamment la manière d’évaluer le livret 2 et ses annexes). 2 L’acquisition d’une posture de membre de jury pour adultes se présentant à un diplôme par la voie de l’expérience. 3 La qualité des préconisations et des conseils donnés aux candidats, notamment lorsqu’il est nécessaire de les articuler avec les résultats de validation antérieurs et de les présenter dans la perspective d’un parcours post-jury VAE. Par ailleurs, les évaluateurs soulignent le fait que les documents écrits, d’aussi bonne qualité soient-ils, ne constituent qu’un premier pas pour améliorer la qualité des validations. Au sein de la Branche, il serait, selon eux, opportun de réfléchir à des actions de formation – action ainsi qu’à des séances d’analyse de la pratique qui permettraient aux membres des jurys de renforcer leurs compétences dans ce domaine et d’échanger avec leurs 111 112 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif « pairs » sur des cas concrets, des problématiques auxquelles, seuls, ils sont aujourd’hui dans l’incapacité de donner des réponses satisfaisantes. 5 Ces actions qu’il serait préférable d’organiser dans le temps, et non pas ponctuellement, pourraient opportunément faire partie intégrante du dispositif qualité déjà décrit dans ce cahier. Améliorer le pilotage et le suivi de la VAE La généralisation de la VAE et sa réorganisation régionale entre les représentants de l’Etat, le Conseil régional et les autres partenaires s’accompagnent, également, d’exigences impliquant d’améliorer significativement les outils de pilotage et de suivi des dispositifs et des candidats VAE. Cette préconisation est tout à fait centrale quant au devenir du dispositif de soutien de Branche à la VAE et ce, dans la mesure où elle doit conduire les différentes instances de la Branche (la CPNE, l’OPCA Unifaf ) à revoir le système d’information et les dispositifs d’enquête jusqu’à maintenant utilisés pour assurer le pilotage et le suivi d’un tel dispositif de formation. Alors qu’il importe de dissocier clairement les actions de formation des actions de VAE (circulaire DGEFP du 23 avril 2002) et que la fonction d’observation et d’analyse prospective fait désormais partie intégrante des responsabilités confiées aux branches professionnelles (loi du 4 mai 2004), les évaluateurs du Cnam ne peuvent se résoudre à préconiser l’élargissement du DSB à d’autres diplômes du travail social sans un système d’information rénové et plus performant. Ainsi, partant du constat que : ≥ Les outils actuels de recueil des données ne rendent pas compte de la richesse du DSB et rendent peu visibles les actions de VAE à proprement parler, ≥ Les nomenclatures utilisées pour codifier le dispositif sont à croiser et à compléter, ≥ Les données qualitatives les plus pertinentes n’apparaissent pas aujourd’hui dans l’application de gestion utilisée par l’OPCA Unifaf, ≥ La remontée d’informations via les régions est laborieuse et nécessite des corrections et des “nettoyages” fastidieux de données, le Cnam envisage deux options pour améliorer sensiblement le pilotage et le suivi du dispositif : 1 La première option tendrait à compléter systématiquement les données de gestion d’enquêtes ponctuelles et complémentaires. 2 La seconde vise plutôt la création d’un nouvel environnement intégré de gestion des données. Dans les deux cas, cela suppose de : ≥ Améliorer les nomenclatures et les codes d’action en réutilisant les typologies construites au moment de l’évaluation pour qualifier le DSB. ≥ Faciliter l’utilisation des outils d’enquête et de recueil de données. ≥ Formaliser des procédures qualité de traitement, de circulation et de mise à jour de données. Annexes 6 7 Simplifier le DSB et investir sur le post-jury VAE Élargir le dispositif à d’autres diplômes du travail social, c’est aussi se poser la question des actions qui pourraient de manière très concrète gommer cette image « d’usine à gaz » qui colle au DSB : ≥ Prendre en compte la fonction de « pôle porteur » dans le processus de labellisation de l’offre de formation, et ce notamment pour intégrer toute la complexité de coordination d’un dispositif de soutien à la VAE sur un territoire ≥ Simplifier le vocabulaire, la structure et les documents utilisés pour faire vivre le DSB ≥ Repositionner l’hypothèse de bonne fin et faire en sorte qu’elle soit à l’origine de la construction d’un parcours personnalisé et d’un appui méthodologique à la VAE pour le candidat concerné ≥ Amener l’ensemble des pôles ressources labellisés à évoluer vers le label PRC (Point relais conseil VAE). ≥ Rééquilibrer les composantes du parcours proposé dans le cadre du DSB (information-conseil, appui à la démarche, séquences formatives, mises en situation professionnelle et entretien individuel post-jury) et réduire la durée globale dudit parcours en faveur d’un plus grand investissement sur l’entretien post-jury. ≥ Renforcer la démarche qualité inhérente au dispositif de soutien de Branche à la fois en amenant les organismes de formation labellisés à se doter de leur propre système qualité (auto-évaluation des processus et des procédures de travail mis en œuvre dans le cadre du DSB) mais aussi en prévoyant une évaluation externe régulière. Professionnaliser l’accompagnement DSB L’ingénierie du DSB présente finalement deux atouts qui le rendent spécifique et singulier: ≥ celui d’intégrer des pratiques d’accompagnement méthodologique à la VAE centrées sur la production du livret 2 et la préparation de l’entretien oral mais également des pratiques de professionnalisation par la VAE permettant de tester la transférabilité d’acquis d’expériences et de les contextualiser au regard des évolutions du secteur, ≥ celui de prévoir des moments collectifs fort appréciés des candidats pour confronter et évaluer leurs pratiques professionnelles et des moments individuels dédiés à la préparation des épreuves de validation du DEES. L’amélioration du dispositif de soutien de Branche passe donc, pour le Cnam, par la professionnalisation de l’accompagnement DSB, et ce autour de cinq axes : 1 L’intégration systématique, dans les actions de professionnalisation des candidats DSB, des modes de validation utilisés par les membres de jury et des données concernant le déroulement et les enjeux de l’entretien oral et de la validation. 2 L’élaboration d’outils d’information, de formation et d’auto évaluation pour structurer et harmoniser l’offre d’accompagnement DSB. 3 La mutualisation des ressources utilisées et des pratiques mises en œuvre par les accompagnateurs sur un espace Internet collaboratif. 4 L’intégration dans la démarche de labellisation de critères qualité inhérents à l’accompagnement. 5 L’examen avec les établissements de formation des formes les plus pertinentes de professionnalisation des acteurs sur le terrain pour réaliser ce type d’accompagnement DSB (formation-action, travail en binôme avec un accompagnateur expérimenté, stages pratiques, journée annuelle d’échanges,…). 113 114 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 1 Annexes Pilotage et suivi de l’évaluation Dans le cadre de l’évaluation du dispositif de soutien de Branche à la VAE pour le diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé, cinq types de groupes ont été prévus pour conduire le processus de pilotage et de suivi de la démarche. Dans la phase d’évaluation, 3 groupes ont fonctionné : ≥ Le Groupe de pilotage (GPN) Le groupe de pilotage national est une instance d’orientation. Il a un rôle d’impulsion et de validation des travaux notamment préparés par le Groupe projet (voir ci-après). Il s’assure de la méthodologie retenue, du respect du planning de travail et de la définition des réajustements nécessaires. Il conseille et appuie le prestataire et la DRED sur le dispositif et appuie le plan de communication et de valorisation retenu par les partenaires. Le groupe de pilotage national s’est réuni 3 fois au cours de l’évaluation : • Réunion préparatoire (février 2007 ) : validation et lancement de la démarche d’évaluation, • Réunion de bilan (juillet 2007) : bilan intermédiaire des travaux de terrain et des enquêtes, validation des constats transverses et des préconisations. • Réunion finale (janvier 2008) : avis et validation des résultats finaux. Les participants au Groupe de pilotage sont : • Marie-José Auburtin (GNI, Estes Strasbourg) • Estelle Bacher- Chauvin (Unifaf, Directrice de la DRED) • Diane Bossière (Unifaf, Directrice générale adjointe) • Olivier Cany (Aforts) • François Charmetant (CPNE, CFDT) • Valérie Edel Guelat (Unifaf, Chef de service Etudes quantitatives à la DRED ) • Sylvie Godard (Unifaf, Chef de projet à la DRED) • Annie Léculée (Présidente adjointe d’Unifaf, CGT) • Didier Léonard (Bureau des professions sociales, Direction générale des affaires sociales) • Bernard Liétard (personne ressource et acteur historique) • Jean Pallière (Unifaf, Directeur général) • Sofia Samouilhan (Unifaf, Chef de projet à la DRED) • Katia Smolensky (CPNE, Unifed-SOP) • Didier Tronche (Président d’Unifaf, Unifed-Snasea) ≥ Le Groupe de suivi (GS) Afin d’intégrer les membres du groupe de suivi qui ont participé à la conception du dispositif de Branche et continuer de bénéficier de leurs conseils et apports, Unifaf leur a proposé de suivre l’évaluation du dispositif de Branche. Ce groupe se compose des membres suivants issus des deux réseaux Aforts et Gni et de la DRED : • Henry Ravalet, IFEN (Le Havre) • Marylène Sanchez, Centre de formation St Honoré (Paris) • Jean-Marc Constancias, ITS (Tours) • Annie Hochberg, ITSRS (Montrouge) • Dominique Sinquin, IRTS (Bretagne) • Sophie Ansart, IRTS (Nord-pas-de-Calais) • Valérie Edel Guelat (Unifaf, Chef de service Etudes quantitatives à la DRED ) • Sylvie Godard (Unifaf, Chef de projet à la DRED) Annexes ≥ Le Groupe projet (GP) De taille plus restreinte et directement centré sur les aspects opérationnels, le Groupe projet a travaillé en lien direct avec l’équipe du Cnam pour apporter des données supplémentaires, valider les outils techniques, relire les productions finales, réaliser des recherches documentaires complémentaires et apporter son soutien technique à la conduite de l’évaluation. Ce groupe s’est composé de : • Valérie Edel Guelat (Unifaf, Chef de service Etudes quantitatives à la DRED ) • Sylvie Godard (Unifaf, Chef de projet à la DRED) Dans la phase d’appropriation des résultats et de traduction des nouvelles orientations, un groupe de travail a fonctionné. ≥ Le groupe paritaire issu de la CPNE En présence de la DRED, un groupe paritaire mandaté par la CPNE s’est réuni trois fois en avril, mai et septembre 2008 afin de questionner les constats présentés par le Cnam. Son objectif était de se saisir des enseignements et perspectives ouvertes par l’évaluation afin d’alimenter la réflexion de la CPNE et de définir le nouveau cadre du dispositif de soutien et de labellisation de Branche pour 2009. Ce groupe était composé pour la CPNE de : • Marion Biju (Unifed - FEHAP) • Sébastien Bosch (Unifed-FNCLCC) • Jean-François Charmetant (CFDT) • Christian Farjot (CFTC) • Marie Froumentin (Unifed- FEGAPEI) • Marie France Guthey (FO) • Annie Léculée (CGT) • Jean-Baptiste Plarlier (Unifed- CFE CGC) • Didier Tronche / Philippe Blanc (Unifed-Snasea) • Katia Smolensky (Unifed - SOP) Au moment de la valorisation par la recherche et de la communication sur les résultats d’évaluation, un groupe de travail a fonctionné. ≥ Le Groupe de valorisation (GV) Ce groupe a précisé les modalités de restitution finale de valorisation, à la fois de l’investissement de la Branche en matière de VAE et des résultats de l’évaluation, et a préparé le colloque national et les documents de communication/diffusion. Sa constitution et les responsabilités entre recherche et communication/valorisation des résultats ont été précisées après la phase d’évaluation et de remise du rapport final. Il a donc supervisé : • la réalisation des 11 films représentant des parcours-types de candidats, des témoignages d’employeurs et des acteurs du DSB, • l’organisation et la réalisation de 9 séminaires régionaux de restitution des résultats dans les régions enquêtées, • l’organisation du colloque national, • la réalisation des productions à diffuser. Il a pu se constituer de membres du Groupe de pilotage, de membres du Groupe de suivi et de personnes ressources complémentaires qui souhaitaient s’impliquer dans le plan de valorisation et de diffusion ainsi que de représentants de pôles ressources volontaires pour participer, à distance, aux avancées et à l’organisation des travaux de valorisation et de diffusion. 115 116 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 2 Déroulement de l’évaluation Phase 1 du dispositif d’évaluation : conduite de l’évaluation et premiers résultats ≥ Mars 2007 à novembre 2007 : 9 mois Analyses statistiques nationales et régionales ≥ Conception et test de l’ingénierie d’évaluation (Région Midi-Pyrénées) ≥ Déploiement dans 8 autres régions ≥ Réalisation des enquêtes de terrain ≥ Retranscription thématisée d’une partie des entretiens ≥ Présentation et approbation des constats transverses et préconisations au Groupe de pilotage du 9 juillet 2007 ≥ Entretiens avec 27 experts désignés en fin d’évaluation Cette phase d’évaluation s’est déroulée de mars 2007 à novembre 2007 (transmission du rapport d’analyse quantitative Sirius et du pré-rapport ainsi que des constats transverses et préconisations) conformément au cahier des charges mais la durée des enquêtes a été prolongée de deux mois. Ce laps de temps complémentaire a permis de gérer les facteurs suivants : • la faible mutualisation des ressources sur la VAE entre les 28 pôles ressources labellisés (PRL) : l’évaluation initiale prévoyait de conduire les entretiens à partir de quatre rencontres interrégionales impliquant d’associer plusieurs pôles ressources labellisés (PRL). Le test du dispositif d’évaluation en région Midi-Pyrénées a démontré que les PRL attendaient eux-mêmes cette évaluation et le bilan de leur activité sur le DSB VAE DEES pour procéder à une seconde phase de mutualisation des ressources investies sur la VAE DEES. Par ailleurs, les PRL se perçoivent souvent comme des concurrents même si des réseaux techniques d’acteurs mutualisent les informations et les ressources ; • la validation d’un système d’acteurs régionaux pertinents pour l’évaluation : le Cnam avait initialement prévu d’interviewer un système représentatif d’acteurs pour réaliser les enquêtes régionales. À l’occasion du test de l’ingénierie d’évaluation conduite dans la région Midi-Pyrénées, la pertinence de ce système d’acteurs régionaux a été validée mais se sont ajoutés deux autres acteurs complémentaires : les responsables de PRC et les responsables du Rectorat organisant les sessions de jury VAE, • il faut également noter que la fermeture complète des pôles ressources labellisés en juillet et en août 2007 bloquait partiellement les déplacements sur le terrain et l’interview des acteurs durant cette période. Enfin, les évaluateurs soulignent une très forte demande sociale d’évaluation de la VAE et en conséquence de ce dispositif de branche à la suite de la mise en place finalement récente de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 et de la généralisation de la VAE, très fortement médiatisée et poussée par l’Etat. L’évaluation du dispositif de branche a donc rencontré un écho très favorable et s’est rapidement élargi pour prendre en compte cette demande, avec l’accord du Groupe de pilotage et d’Unifaf. Phase 2 du dispositif d’évaluation : rédaction des rapports d’évaluation Novembre 2007 à janvier 2008 : 4 mois Fin de la retranscription thématisée et de l’analyse de 406 entretiens ≥ Rédaction des résultats pour les instances de suivi de l’évaluation ≥ Mise en place du Comité de lecture des productions de l’évaluation (DRED/Cnam) ≥ Croisements des analyses statistiques et des données qualitatives. ≥ ≥ Annexes Le rapport final comprend trois parties : un bilan du dispositif d’évaluation et des analyses/entretiens réalisées au niveau national et dans les neuf régions (Partie I) ; les analyses quantitatives et qualitatives thématiques nationales, régionales et en fonction des typologies et régions interviewées (Partie II) ; la présentation des constats et préconisations transverses selon un format pré-défini (Partie III). Sont présentés dans ce rapport final, les extraits les plus significatifs d’entretien, des exemples de pratiques intéressantes identifiées en lien avec l’estimation de l’efficacité et de la pérennité du dispositif de branche, et les analyses et typologies produites par les évaluateurs, conformément au bilan de l’évaluation présentée par Unifaf à la Commission paritaire nationale de l’emploi du 20 décembre 2007. Après validation par le Comité de lecture des résultats d’évaluation, le contenu du rapport final est remis sous format power point pour présentation aux membres du Comité de pilotage le 16 janvier 2008, avant d’être livré dans sa version rédigée au groupe de pilotage élargi aux membres de la CPNE le 23 avril 2008. Dans la phase de communication suivante des résultats, des rapports thématiques sont extraits du rapport et des bases de données (l’analyse des entretiens des membres de jury, des candidats ayant partiellement validé le dispositif de branche et des accompagnateurs des pôles ressources labellisés ont déjà été présentés au groupe de suivi et à Unifaf ). Phase 3 du dispositif d’évaluation : restitutions et communication des résultats Janvier 2008 à décembre 2008 : 7 mois Constitution du Groupe de valorisation de l’évaluation ≥ Diffusion à partir de plusieurs supports : communications et restitutions régionale ; ≥ colloque national (au Cnam) ; réalisation d’environ 11 films présentant des profils type d’utilisateurs du dispositif de branche ; publications de recherche ; publication du cahier DSB (Unifaf- DRED) ≥ ≥ Cette dernière phase constitue la partie de restitution des résultats, de communication et de valorisation par la recherche. Elle est organisée à partir de la constitution d’un Groupe de valorisation de l’évaluation prévu dans le cahier des charges. 117 118 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 3 Personnes ressources et professionnels interviewés Dès le démarrage de l’évaluation, la CPNE et le groupe de pilotage DRED ont demandé au Cnam d’interviewer une liste de personnes ressources pour une mise en relief et en perspective historique et stratégique du DSB. Elles sont issues du Groupe technique ayant participé à la conception du référentiel VAE du DEES, du groupe technique ayant participé à la conception et la mise en place du DSB VAE DEES invités à devenir Groupe technique de la présente évaluation, d’acteurs provenant des organismes de formation et des établissements de formation du travail social (directeurs, éducateurs spécialisés…), pour ceux qui étaient impliqués depuis la VAP 92 dans la VAE et des membres du Groupe de pilotage de l’évaluation du DSB VAE DEES. Une liste de 27 personnes ressources a été transmise au Cnam pour identifier les acteurs « historiques » du dispositif à même d’expliquer ses choix initiaux de conception et des experts / professionnels du secteur impliqué dans sa mise en œuvre. Le DSB VAE DEES se situe dans le prolongement d’un investissement de la branche dans la qualification et la VAE depuis la fin des années 1990. Il est apparu pertinent de situer cette expérimentation à évaluer dans ce cadre et d’identifier les orientations qui l’ont fondés. La typologie proposée par les évaluateurs comprend les acteurs suivants : • Concepteurs techniques (DRED, Unifaf ) • Représentants de branche (CPNE, groupe de pilotage), • Experts externes, • Experts internes et professionnels du secteur impliqués, • Représentants des écoles et organismes de formation (GNI, Aforts), Liste des personnes ressources interviewées ≥ Professionnels du travail social Concepteurs et responsables du dispositif de branche Unifaf Olivier de Labarthe (Dred, acteur historique) Unifaf Edmond de la Morvonnais (Dred, acteur historique) Unifaf Sylvie Godard (Dred) Unifaf Valérie Edel (Dred) Unifaf Sofia Samouilhan (Dred) Unifaf Diane Bossière Unifaf Représentants de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale Annie Léculée, Présidente adjointe (membre du groupe de pilotage) Unifaf Didier Tronche, Président (membre groupe de pilotage) Unifaf François Charmetant (membre groupe de pilotage) CPNE Katia Smolensky (membre groupe de pilotage) CPNE Administrateur CPNE Représentants des écoles et organismes de formation du travail social Olivier Cany (membre groupe de pilotage) Aforts Marie-Josée Auburtin (membre groupe de suivi) GNI Autres personnes ressources Didier Leonard (membre du groupe de pilotage) DGAS Laurent Willeman (acteur historique DGAS) Philippe Boisson, Directeur du Cnasea (ex DGAS) Cnasea Bernard Liétard (acteur historique et membre du groupe de pilotage) Cnam Olivier Liaroutzos (acteur historique Cereq) Observatoire régional des métiers Paca Josette Beauvillain (acteur historique) consultante pour le référentiel ES) Directrice IREIS (Rhône-Alpes) Bernardine Rivoire (acteur historique vae), intervenante PAR Ile de France (Accompagnement) Cereq / Cnam Professionnels du travail social Jean-Christophe Panas IRTS Paris Marylène Sanchez (membre groupe de suivi) Institut St honoré Jean-Marc Constancias (membre groupe de suivi) IRTS Tours Henry Ravalet (membre groupe de suivi) IFEN Le Havre Annie Hochberg (membre groupe de suivi) ITSRS Montrouge Claire Nicolas (acteur historique Unifaf Ile-de-France)) Club de prévention Montreuil Diane Bossière (Groupe de pilotage – acteur historique Unifaf Ile-de-France) Unifaf Gilles Van Aeytryk (acteur historique) Directeur Cemea Thierry Pissarello (acteur historique) Buc Ressources Annexes 4 Courrier de sollicitation aux 9 enquêtes régionales 119 120 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Annexes 5 Six ressources stratégiques Constituant l’ossature de la grille d’analyse utilisée au cours de l’évaluation, ces six ressources stratégiques ont permis d’identifier, au niveau des acteurs individuels et des groupes d’acteurs interviewés, les principaux processus de professionnalisation et les stratégies mises en œuvre. 1 L’information Pour les acteurs (employeurs, pôles ressources comprenant des organismes de formation du travail social, candidats, partenaires, etc.), cette ressource comprend l’accès et l’utilisation de bases de données, de sites internet et plus généralement de tout type de supports facilitant l’information sur la VAE, le dispositif de Branche et les résultats de validation. Cette ressource s’avère centrale car elle est fortement structurée par la législation et des modes de financement différents selon le statut professionnel des candidats (candidature libre, salariés, artisans et professions non salariées, fonctionnaires et demandeurs d’emploi). Par ailleurs, s’agissant d’un diplôme relevant de l’Éducation nationale mais du domaine de compétence des Affaires sociales, les pôles ressources ont dû se constituer des classeurs et des outils simplifiés comprenant la loi de modernisation sociale, ses décrets d’application et les circulaires d’application du ministère des Affaires sociales, du ministère du Travail et du ministère de l’Éducation nationale ainsi que les nombreuses annexes, notices et documents joints. Enfin, l’information fiable des personnes sur le processus et les coûts de la VAE fait partie de l’exercice du droit à la VAE à part entière. Il s’agit donc d’une ressource particulièrement stratégique dans le processus de professionnalisation à la VAE DEES et le dispositif de Branche. Par exemple, plusieurs établissements de formation du travail social reprochent aux structures d’information et de conseil (notamment quelques DAVA) de ne transmettre aux candidats à la VAE DEES que des informations sur les accompagnements proposés par ce réseau. 2 Les acteurs et les réseaux Cette ressource se compose de l’ensemble des acteurs, structures et réseaux qui contribuent, d’une manière ou d’une autre, à optimiser la VAE au DEES, en particulier via le dispositif de Branche. Déjà mentionnée, la dimension inter-institutionnelle du DEES et de la VAE impliquait l’interrogation de plusieurs types d’acteurs et l’évaluation de leurs partenariats. 3 Les outils professionnels pour réaliser le DSB : théories, méthodes, outils Cette ressource comprend les savoir-faire de métier du monde de la formation, de l’enseignement et du monde de la validation des acquis d’expérience, de l’accompagnement et de l’évaluation des compétences (orientation, conseil, formation, ingénierie d’évaluation d’expériences professionnelles, de validation des savoirs, etc.). Nous avons vu que le dispositif de Branche s’appuie essentiellement sur les organismes de formation et en conséquence, sur la professionnalité des enseignants et des formateurs. Or, le monde de la validation et de la certification lié à la VAE diffère beaucoup du monde de l’enseignement et de la formation, en dehors des professionnels qui pratiquaient déjà des formes de reconnaissance de l’expérience avant la loi de modernisation sociale. Cette ressource permet notamment de caractériser les manières de réaliser le diagnostic de bonne fin, de préconiser les parcours personnalisés de VAE , de suivre les candidats dans ces parcours et de les accompagner. Le choix réalisé par le pôle ressources de Bourgogne de sous-traiter le diagnostic à des professionnels du CIBC (Centre interprofessionnel de bilan de compétences) et de l’AFPA, face au choix inverse de professionnaliser les responsables VAE du secteur en Île-de-France (en lançant une Action 121 122 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif prioritaire régionale centrée sur la posture et les questions d’accompagnement à la VAE) sont donc intéressants à observer comme deux manières différentes de réaliser le DSB et de s’approprier l’expertise d’accompagnement. Les formations à destination des membres de jury sont également intéressantes à questionner dans leurs effets ainsi que les sessions d’information préalables aux sessions de jury, souvent plus efficaces que des formations ponctuelles. 4 Les règles d’organisation Cette ressource se constitue de deux éléments : la maîtrise du cadre légal et des principes de la VAE DEES et, à partir de ce cadre générique, la maîtrise des règles d’organisation et de financement du dispositif de Branche. 5 La communication Il ne s’agit pas « d’informations », définies comme des bases de données mais bien des manières de communiquer (individuellement et collectivement) sur la VAE et le dispositif de Branche à différents acteurs concrets, en prenant en compte leur contexte et leurs spécificités. Cette ressource implique de clarifier le message et de cibler les destinataires. 6 La culture Cette dernière ressource regroupe l’ensemble des manières dont chaque type d’acteurs considère la VAE de droit commun, le dispositif de Branche, les partenaires, les candidats, les membres de jury, son rôle, ses chances de réussite, etc. Il s’agit des représentations (négatives ou positives) qui circulent, des attentes suscitées et des manières de considérer la mobilité professionnelle et personnelle que cherchent à faciliter la VAE de droit commun et le dispositif de Branche. On entre là dans une ressource plus anthropologique. La « culture » se mesure à partir de plusieurs écarts d’interprétation sur le processus de VAE. L’analyse des résultats d’évaluation montre que ces écarts s’observent notamment : - entre les acteurs de culture « formation initiale » et des acteurs de culture « VAE » ou bien « formation des adultes » : les attentes de performance des candidats au moment du jury de validation ne sont pas les mêmes, - entre les institutions Éducation nationale et Affaires sociales, à propos de l’évaluation du projet de VAE. Habitués aux accompagnements de courte durée et soucieux d’efficacité, les DAVA introduisent plus de critères de sélection (dans l’étude de positionnement ou de faisabilité du projet de VAE), soit en amont du livret 1 (au moment de l’information-conseil en VAE ), soit au moment de l’instruction du livret 1. Une partie des pôles ressources labellisés partagent également ces pratiques en les qualifiant de « véritable VAE ». Annexes 6 Le parcours DSB et le flux des candidats étape par étape (1767 candidats au 31.12.2006) 123 124 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif 7 Photographie régionale des profils et parcours de 154 candidats en région Midi-Pyrénées - DSB VAE DEES 2005 / 2006 Ce cadre commun a été construit pour produire 9 photographies régionales et conduire l’enquête qualitative auprès des acteurs de terrain. Schéma construit par le Cnam à partir de l’enquête DRED Masque OF. Annexes 8 La coordination des pôles ressources en région Tableau n°17 8 régions à coordination simple 1 Pôle ressource labellisé abrité dans un seul organisme de formation Autres acteurs du territoire agréés pour la formation DEES- Basse-Normandie IRTS Basse Normandie (ARRFIS Herouville) non Champagne-Ardenne IRTS Reims non Franche-Comté IRTS Besançon non Poitou-Charentes IRTS Poitou Charente non DOM – Ile de la Réunion (en cours de labellisation CPNE) IRTS Saint Benoît non Bourgogne IRTESS Dijon oui CIBC Chalon-sur-Saône AFPA Dijon Lorraine IRTS (ALFOREAS Metz et Nancy) 1 Pôle = entité identique avec plusieurs antennes territoriales Picardie IRFFE (Amiens, Beauvais, Laon) non Tableau n°18 6 régions à coordination bilatérale 1 Pôle et 1 entité différente ou deux pôles = 2 entités différentes Autres acteurs du territoire agréés pour la formation DEES Alsace ESTES Strasbourg : ISSM Mulhouse non Haute-Normandie ADSCI Canteleu : IFEN Le Havre non Languedoc-Roussillon IRTS Montpellier : Institut de formation de soin aux métiers éducatifs Nîmes non Nord-Pas-de-Calais IFAR Lille IRTS Nord-Pas-de-Calais non Centre ER Travail social Olivet ATEC ITS Tours non Pays-de- la- Loire Iframes (Angers et Rezé) non Tableau n°19 2 régions à coordination complexe intermédiaire 1 Pôle et un maximum de 4 identités différentes Autres acteurs du territoire agréés pour la formation DEES Entité d’un autre secteur professionnel Auvergne Fédération des centres de formation : UFTS Vic le Comte EPIRES Clermont-Ferrand non EPSI Clermont-Ferrand Limousin ARFOSSE Isle : non non IRFE Isle IESF Limoges 125 126 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Tableau n°20 Les 6 régions pluri-pôles à coordination complexe Plusieurs Pôles et plusieurs entités différentes, coordination complexe Autres acteurs Autres Île-de-France IRTS Paris pôle Centre Nord-Est : CFPES CEMEA Aubervilliers ; INFA Nogent-sur-Marne cedex ; ITSRS Neuilly-sur-Marne; Centre de formation Saint-Honoré Paris ; IRTS Paris IDF Melun IRTS Pôle Centre-Sud (Montrouge) : EFPP Paris ; ETSUP Paris ; IRFASE Évry ; ITSRS Veuilly-sur-Marne EPSS Pôle Ouest Paris : EPSS Paris ; Buc Ressources Buc ; Centre de formation Saint-Honoré Paris ; EFPP Cergy Rhône-Alpes À VAE TS Lyon : École Rockefeller Lyon ; Institut Saint-Laurent Ecully ; École santé social sud-est Lyon ; IFTS Echirolles ; Recherche et Promotion Lyon ; ITS Caluire IREIS Firminy : Université de Savoie Chambéry ; Université Jean Monnet Saint-Étienne IUT Pierre Mendes France École Rckefeller Lyon Université de Savoie Chambéry Université Jean Monnet Saint-Étienne Bretagne AFPE – GRCFTS Bruz : IRTS Rennes, ITES Gouesnou IRTS Lorient non Midi-Pyrénées Institut Saint Simon ARSEAA Toulouse : CRFMS Erasme Toulouse, IFRASS Toulouse non IFRASS Toulouse PACA IRTS PACA Corse Marseille : IMF Marseille ; IFTS Croix-Rouge Française Ollioules ; IESTS Nice non Aquitaine ITS Pau ; IRTS Aquitaine : AFMR Etcharry, CeFProSSCE Bergerac non non non Annexes 9 10 Tableau n°21 Résultats de validation régionaux VAE DEES pour 2005 et 2006 (source : Ministère de l’Éducation nationale, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, DEPP Documents de travail transmis pour l’évaluation) Académie Candidats Validation partielle Diplomés N’ayant rien obtenu Aix-Marseille 556 228 230 98 Amiens 28 11 9 8 Besançon 15 5 7 3 Bordeaux 152 70 58 24 Caen 99 42 38 19 Créteil 132 33 63 36 Dijon 7 2 3 2 Grenoble 16 5 8 3 Lille 146 52 42 52 Limoges 49 28 11 10 Lyon 24 11 10 3 Martinique 31 10 9 12 Montpellier 8 2 4 2 Nancy-Metz 100 42 39 19 Nantes 4 3 1 0 Orléans-Tours 22 8 5 9 Paris 55 21 26 8 Poitiers 18 8 7 3 Reims 111 49 42 20 Rennes 16 3 7 6 Réunion (La) 58 27 10 21 Rouen 42 26 6 10 Strasbourg 74 12 50 12 Toulouse 192 75 87 30 Versailles 87 30 37 20 Séminaires régionaux de valorisation des résultats Dans le cadre du programme de valorisation et de communication des résultats, neuf séminaires se sont déroulés dans les régions d’enquête entre septembre et novembre 2008. Au final, 375 acteurs régionaux ont pu se rassembler à cette occasion. Centrée sur une présentation des résultats nationaux et régionaux, les perspectives de développement de la politique VAE de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif, ces restitutions furent l’occasion de débattre avec l’ensemble des partenaires régionaux, les adhérents de l’OPCA (employeurs et salariés), la CPNE, le Cnam et Unifaf des leviers et freins au déploiement de cette nouvelle voie d’accès à la certification sur les territoires. La qualité des débats et la richesse des échanges à l’occasion des tables rondes ont permis d’aborder des questions centrales et d’identifier les partenariats restant à construire ou bien à consolider pour soutenir la qualité des dispositifs VAE, depuis l’information-conseil jusqu’au parcours post jury en passant par la professionnalisation des membres de jury. 127 128 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Calendrier 11 Picardie, Amiens 9 septembre 2008 (25 participants) Centre, Orléans 18 septembre 2008 (19 participants) Bretagne, Rennes 19 septembre 2008 (23 participants) Bourgogne, Dijon 24 septembre 2008 (50 participants) Île-de-France, Paris 3 octobre 2008 (96 participants) Alsace, Strasbourg 15 octobre 2008 (47 participants) Aquitaine, Talence 17 octobre 2008 (41 participants) Rhône-Alpes, Lyon 23 octobre 2008 (34 participants) Midi-Pyrénées, Toulouse 24 novembre 2008 (40 participants) Programme du colloque national du 11 décembre 2008 Glossaire Glossaire AFPA AMP CAFME CEP CIBC CPNE CR CRIS DAVA DRASS DEC DEES DGAS DGES DRED DSB ES GRH ME OPCA PRL PRC VAE VAP Association nationale pour la formation professionnelle des adultes Aide-médico-psychologique Certificat d’aptitude aux fonctions de moniteur éducateur Contrat d’études prospectives Centre inter-professionnel de bilan de compétences Commission paritaire nationale pour l’emploi Conseil régional Cellule régionale inter-services en VAE Dispositif académique de validation des acquis Direction régionale des affaires sanitaires et sociales Division des examens et des concours Diplôme d’État d’éducateur spécialisé Direction générale de l’Action sociale Direction générale de l’Enseignement supérieur Direction recherche, études et développement d’Unifaf Dispositif de soutien de Branche Educateur spécialisé Gestion des ressources humaines Moniteur éducateur Organisme paritaire collecteur agréé Pôle ressources labellisé Point relais conseil Validation des acquis et de l’expérience Validation des acquis professionnels 129 130 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Bibliographie Documents Unifaf • Dossier de labellisation des pôles ressources et documents ressources Unifaf du dispositif de Branche - Dossier de labellisation – Cahier des charges de labellisation des pôles ressources régionales - Liste des pôles ressources régionaux labellisés • Dossier technique - Schéma du dispositif de Branche – DRED - Note de présentation – DRED - Conditions d’accès au DSB - Délibération de la CPNE - Liste des diplômes donnant accès au DSB - Questions-réponses sur le dispositif et additifs – Note pour les délégations régionale – Sylvie Godard (DRED) • Dossier administratif - Convention de formation quadripartite (DRED) - Convention d’exécution (DRED) • Dossier de suivi - Bilan de la mise en œuvre (Note - Sylvie Godard - DRED) - Schéma de synthèse des données pôles ressources – (Note - Sylvie Godard DRED) - Outil de suivi VAE-DEES à l’usage des pôles ressources • Résultat de l’Enquête 2005 (Synthèse - Sylvie Godard - DRED) • Consignes de saisie : Note du service Qualité • CPNE : - Comptes-rendus de la CPNE du 17 février et du 19 octobre 2006 - Article de presse d’Actualité et perspective n°102 d’avril 2006 • Réunion nationale : 1er février 2006 2e réunion des pôles ressources labellisés (Compte rendu- Sylvie Godard - DRED) • Dérogation DSB : liste de demande de dérogation pour bénéficier du DSB pour les candidats ayant un diplôme non reconnu par la CPNE (secrétariat DRED) • Groupe de suivi : - 6 avril 2006: première réunion du Groupe de suivi (Compte rendu- Sylvie Godard - DRED) - 3 octobre 2006 : 2ème réunion du Groupe de suivi (Compte rendu- Sylvie Godard - DRED) • Tableau de passage entre catégories Finess et les 17 libellés d’activité Unifaf • Enquêtes Emploi régionales Unifaf Documents de réference • “La validation des acquis de l’expérience en vue de l’obtention des diplômes délivrés par les ministères en charges des affaires sociales et de la santé : réalisations 2006 et prévisions 2007”. Laurent Caillot, DGAS - 3 mai 2007 • Ministère de l’Emploi, de la cohésion sociale et du Logement, Ministère de la Santé et des solidarité, la validation des acquis de l’expérience en vue de l’obtention des diplômes délivrés par les ministères chargés des affaires sociales et de la santé : réalisations 2006 et prévisions 2007 – 3 mai 2007, p.8. • Conseil Supérieur en travail social Décloisonnement et articulation du sanitaire et du social, Éd. ENSP, coll. Rapports du CSTS, 2007, 120 p. • “Orientation pour les formations sociales 2007-2009 », Ministère du travail, des relations sociales et de la solidarité, 53 pages. Éd Dircom 07 056, Juillet 2007. Direction générale de l’action sociale (DGAS). • Bouquet Brigitte - Jaeger Marcel - Sainsaulieu Ivan (sd), Les défis de l’évaluation en action sociale et médico-sociale, Dunod, coll. Action sociale, 2007, 304 p. Bibliographie • Arrêté du 20 juin 2007 - JO n°152 du 3 juillet 2007 et ses annexes. • Archives DSB et Groupe de suivi de Jean-Marc Constancias (ITS Tours) • Jaeger Marcel, L’articulation du sanitaire et du social. Travail social et psychiatrie, Dunod, coll. Action sociale, 2e édition, 2006, 192 p. • CEP secteur social et médico-social, Rapport final, Credoc/Lerfas/Grefoss, septembre 2002 • Chopart, Jean-Noël (dir.). Les mutations du travail social, dynamiques d’un champ professionnel, Dunod, DRESS, MIRE, 2000, 303 p. • L. Dubouchet et G. Berlioz, Février 2005. Évaluation du dispositif d’informationconseil en VAE. Ministère de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale. Dubouchet et Berlioz Consultants. Chateauneuf Le Rouge. Février 2005, 73 p. • CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL, Le recrutement, la formation et la professionnalisation des salariés du secteur sanitaire et social, Rapport présenté par Michel PINAUD, 2004, 234 p. • Circulaire DGAS n° 333 (DGAS/4A/2004) du 7 juillet 2004 et circulaire MEN n° 2004 -132 du 4 août 2004 et documents associés Documents collectés et analysés • Doc 1 - APR IDF Accompagnateur”- Cnam / Unifaf APR nov. 2004 - janvier 2006 : VAE : • Doc 1 - Ile de France «VAE : un accompagnement » du candidat…Pourquoi ? De quoi parle-t-on ? Expérimentation d’une pratique réflexive d’accompagnement B. Rivoire (MCVA) et col. (Y. Ballanger, F. Baud, Bernard F., Grison M., Hochberg A., Le Moal Y., Lhaoucine MC., Callum P., Pissarello T., Sanchez M. • Doc 4 - National - Ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche - Ministère de l’Emploi, du travail et de la cohésion sociale “Diplôme d’État d’éducateur spécialisé, - guide à l’intention des membres de jurys de validation des acquis de l’expérience “. 12 p. - Référentiel Fonctions/activités - Notice explicative (chargés d’accompagnement VAE en centres de formation d’éducateurs spécialisés). • Doc 2 - Picardie - Académie d’Amiens “validation des acquis de l’expérience, livret membre de jury”, avec le FSE. • Doc 3 - Alsace - Académie de Strasbourg « DEES, Livret guide à disposition des jurys VAE » - Drass / DAVA - FSE - GIP FCIP Alsace. Avril 2007 • Doc 5 - Rhône Alpes - Cafoc de Lyon Formation des membres de jurys VAE pour le diplôme d’État d’assistant de service social • Doc 6 - National - Circulaire DGAS relative à la mise en œuvre de la validation des acquis de l’expérience pour le diplôme d’État d’éducateur spécialisé. 131 132 blLe Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif • Doc 7 - Centre - Erts Olivet “Dossier d’information sur la VAE DEES pour les membres de jury” Contenu : - copie des diaporamas présentés en format prises de notes, - référentiel ES (4 fonctions et 16 compétences détaillées en savoir faire et savoir de référence; des propositions de critères et indicateurs d’évaluation ; des exemples de preuves) - plaquette d’information sur la VAE ES - calendrier des sessions de jury 2005-2006 - glossaire - exemplaire du livret 2 - copie de la circulaire n° 2004-132 du 4/08/2004 - exemplaire du guide national (ministère de l’Éducation nationale et ministère du Travail) à l’intention des membres de jury • Doc 8 - Bretagne - “validation des acquis, guide méthodologique Diplôme d’éducateur spécialisé” - Conception Maela Pauul 2005 - PR VAE travail social en Bretagne. éducateurs spécialisés, d’organisation des exemanes pour l’obtention du diplôme d’État et conditions d’inscription et d’agrément des centres de formation et conditions d’agrément des directeurs et responsables d’unité de formation. • Doc 10 - Cava Créteil - Tableau de correspondance entre composantes acquises par la VAE, domaines de compétences de FI et fonctions des référentiels de certification à l’attention des personnels responsables de l’acceuil des candidats (explications pour les validations partielles dans le cadre de la réforme et pour les membres de jury en cas de représentation du candidat). Document de travail écrit à la main. Remis le 26/09/07 •Doc 11 - Promofaf - Premier référentiel ES septembre 2002, « Proposition d’un référentiel d’évaluation des acquis de l’expérience pour le diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé », Promofaf, Aforts, GNI et groupes d’experts (J. Beauvillain, consultante, Olivier Liaroutzos, Cereq, B. Liétard, Enseignant chercheur au Cnam). • Doc 9 - National - Ministère des affaires sociales et de la solidarité - Arrêté du 12 mars 2004 modifiant l’arrêté du 6 juillet 1990 fixant les modalités de sélection et de formation des • Doc 12 - Plaquettes de communication et d’information sur la VAE DEES et le DSB dans les 9 régions d’enquêtes Remerciements Les racines du dispositif de soutien de Branche s'ancrent à la fin des années 90, au moment où le secteur sanitaire, social et médico-social lance des travaux significatifs dans le domaine de la VAP, puis de la VAE à partir de 2002. Il convient donc de considérer le DSB VAE éducateur spécialisé comme un dispositif expérimental intervenant à un moment donné dans le cheminement de ces réflexions innovantes. En tant que tel, le DSB a permis de déployer une ingénierie sophistiquée et de tester des hypothèses de travail et des principes avant-coureurs pour un diplôme délivré par les recteurs de l'Education nationale mais relevant du champ des Affaires sociales. Quelques années après sa généralisation, les salariés y ont trouvé une opportunité « d'entrer en VAE » et de concrétiser leurs projets professionnels et personnels. Les employeurs, qu'ils soient peu convaincus, peu impliqués dans la VAE ou bien au contraire résolument engagés, ont eu l'opportunité de se saisir de cet outil, dans une logique de GRH et de promotion d'une éthique de la reconnaissance de la compétence. Les professionnels des établissements de formation du travail social, ainsi immergés dans le monde de la certification et de ses référentiels, ont pu transformer des pratiques pédagogiques habituelles en pratiques d'accompagnement à la VAE. Sur les territoires, les partenaires et acteurs régionaux centraux de la VAE ont pu discerner de manière plus lisible la politique de la Branche professionnelle et, dans certains cas, appréhender sous un angle nouveau la place et le rôle que peuvent jouer l'OPCA Unifaf, anciennement Promofaf, et sa Direction Recherche Etudes et Développement. Merci à ceux qui se sont impliqués, à ceux qui ont conçu ce dispositif en se démarquant des systèmes, à ceux qui l'ont mis en œuvre, toujours en tenant le cap face aux nombreuses résistances. Merci à tous ceux qui ont collaboré à faire de cette évaluation ce qu'elle est, à ceux qui ont témoigné, à ceux qui se sont engagés, à ceux qui ont travaillé à l'animation et à la réussite de cette démarche singulière par son ampleur et ses visées. Sylvie GODARD, chef de projet à la DRED 31, rue Anatole France • 92309 Levallois-Perret cedex Tél. : 01 49 68 10 10 www.unifaf.fr 31, rue Anatole France • 92309 Levallois-Perret cedex Tél. : 01 49 68 10 10 www.unifaf.fr [email protected] Fax : 01 49 68 10 39 Siren : 479 939 449 [email protected] Fax : 01 49 68 10 39 Siren : 479 939 449 bl Adresse postale : BP 80018 • 67013 Strasbourg cedex Tél. : 03 90 22 22 30 • Fax : 03 88 83 29 19 [email protected] Aquitaine 22, rue Ferrère • 33000 Bordeaux Auvergne Immeuble@number one • Parc Technologique de la Pardieu • 9, allée Evariste Galois • BP 20233 • 63174 Aubière cedex Tél. : 05 56 00 85 10 • Fax : 05 56 79 03 71 Tél. : 04 73 28 57 40 • Fax : 04 73 28 57 45 Basse-Normandie Bourgogne Bretagne Centre Champagne-Ardenne Franche-Comté Haute-Normandie Île-de-France Île de la Réunion Limousin Lorraine Midi-Pyrénées Nord-Pas-de-Calais P. A.C.A.C. Pays de la Loire Picardie Poitou-Charentes Rhône-Alpes [email protected] 36, av. de l’Hippodrome • 14052 Caen cedex 4 Tél. : 02 31 15 65 00 • Fax : 02 31 15 65 09 Les « 3 Soleils » • 20, rue d’Isly • CS 64436 • 35044 Rennes cedex 8, rue du Port de Marne • 51000 Chalons en Champagne 1, rue du jardin Botanique • 27000 Evreux 11, rue Carrier Belleuse • 75015 Paris [email protected] Tél. : 02 23 44 04 40 • Fax : 02 23 44 04 49 3/5 bd de Verdun • BP11704 • 45 007 Orléans cedex 1 Tél. : 02 38 42 08 44 • Fax : 02 38 62 06 08 5, rue Albert Thomas • Le Forum • 25000 Besançon [email protected] Tél. : 03 80 30 84 46 • Fax : 03 80 58 90 28 6, r. du Docteur Maret • BP 31542 • 21015 Dijon cedex Tél. : 03 81 88 21 40 • Fax : 03 81 53 40 22 Tél. : 02 32 31 25 23 • Fax : 02 32 33 70 59 [email protected] [email protected] Tél. : 03 26 65 81 49 • Fax : 03 26 64 53 02 Tél. : 01 44 38 58 00 • Fax : 01 44 38 58 19 [email protected] [email protected] [email protected] [email protected] Centre d’affaires de la Mare • 5 rue André Lardy • Bâtiment C 2e étage • 97 438 Sainte-Marie Tél. : 02 62 90 23 59 • Fax : 02 62 41 35 32 Languedoc-Roussillon [email protected] [email protected] 420, allée Henry II de Montmorency • 34000 Montpellier 25, boulevard Victor Hugo • 87000 Limoges Tél. : 04 67 92 07 64 • Fax : 04 67 58 35 29 Tél. : 05 55 10 32 00 • Fax : 05 55 10 32 09 Immeuble Médiaparc • 2/4 rue Jacques Villermaux • 54 000 Nancy [email protected] [email protected] Tél. : 03 83 57 63 27 • Fax : 03 83 57 59 40 [email protected] Les Berges du Lac- Bat. B • Rue du Colombier • BP 47694 • 31 676 • Labege cedex Tél. : 05 34 40 11 12 • Fax : 05 61 13 16 33 [email protected] 22, rue du Quai • 59043 Lille cedex Tél. : 03 20 30 36 90 • Fax : 03 20 30 36 99 Les Docks - Atrium 101 • 10, place de la Joliette • 13002 Marseille 12, bd François Blancho • BP 30225 • 44202 Nantes Cedex 2 11, rue Vanmarcke • 80000 Amiens Les cahiers Unifaf - décembre 2008 Espace Européen de l’Entreprise • 19, avenue de l’Europe • 67300 Schiltigheim [email protected] Tél. : 04 91 14 05 40 • Fax : 04 91 91 93 38 Tél. : 02 40 89 03 43 • Fax : 02 40 89 97 50 Tél. : 03 22 22 34 90 • Fax : 03 22 22 34 99 [email protected] [email protected] [email protected] Parc de l'Ebaupin • 3 rue de l'Angélique • BP 98311 Bessines • 79 043 Niort cedex 9 Tél. : 05 49 77 11 33 • Fax : 05 49 77 11 39 [email protected] 1, rue de Mailly • Immeuble l’Apogée • 69300 Caluire Tél. : 04 72 07 45 30 • Fax : 04 78 28 63 84 [email protected] Siège national 31, rue Anatole France • 92309 Levallois-Perret cedex Tél. : 01 49 68 10 10 www.unifaf.fr [email protected] Fax : 01 49 68 10 39 Siren : 479 939 449 Enseignements et perspectives Évaluation du dispositif de soutien de Branche à la VAE éducateur spécialisé Alsace bl Le Fonds d’Assurance Formation de la Branche sanitaire, sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif Vos 22 délégations régionales décembre 2008 Les cahiers d’Unifaf Enseignements et perspectives Évaluation du dispositif de soutien de Branche à la VAE éducateur spécialisé