Il Vino, l`art de l`accord mets et vins
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Il Vino, l`art de l`accord mets et vins
Il Vino, l'art de l'accord mets et vins by Egmont Labadie on Octobre 16, 2013 Huître Garibaldi, chips de riz à l'encre de seiche et Riesling Wittmann Photo Egmont Labadie Le sommelier et restaurateur Enrico Bernardo, qui a ouvert au début 2013 le restaurant Goust à l'Elephant Paname (lire notre article ici) vient de revisiter de fond en comble son premier restaurantIl Vino. Une initiative heureuse, puisque l'endroit, qui était très intéressant pour le vin, mais dont la cuisine souffrait un peu de la comparaison, s'inscrit désormais dans le livre d'or des adresses à ne pas rater pour les amateurs d'accords réussis entre mets et vins. Enrico Bernardo (gauche) et José Manuel Miguel (droite) Photo Egmont Labadie Le sommelier a fait appel au chef du Goust, José Manuel Miguel, pour créer une cuisine en adéquation avec son désir d'inciter toujours et encore ses clients à découvrir l'infinie palette des vins d'aujourd'hui. A côté d'une carte du midi en deux ou trois plats, les menus dégustation en cinq plats sont associés à cinq verres de vin, issus de France et d'Italie, ou du reste du monde. L'exercice a permis au chef, chaque jour plus à l'aise dans ses cuisines au Goust, de faire encore plus la preuve chez Il Vino de son grand talent et de son sens du plat et des sauces « qui sont le fil conducteur de l'assiette », explique-t-il. Une bonne occasion aussi de faire connaître aux Parisiens ce qu'est l'essence de la cuisine espagnole d'aujourd'hui, « une cuisine avant tout de risque, qui ne se réduit pas à des additifs chimiques », contrairement à une idée répandue. Carpaccio de crevettes d'Albenga, sorbet citron vert et caviar osciètre Pavese Photo Egmont Labadie Le choix d'un de ces menus emmène dans une envoûtante symphonie de saveurs, résultat d'une belle entente entre le maître du vin et celui de la cuisine. « Il y a le sommelier, il y a le chef, mais ensemble tout prend une troisième dimension, les idées de l'un ou de l'autre sont bonnes, mais quand nous commençons à discuter, nous trouvons des mariages surprenants », a expliqué Enrico Bernardo à BLOUIN ARTINFO. Par exemple cette huître Garibaldi, « elle est iodée, et certains vins blancs sont aussi iodés, mais également acides et amers, j'avais l'idée de jouer sur les arômes du Campari et de l'orange, pour avoir le même effet, et José Manuel a tout de suite eu l'idée de rajouter une sphère sur l'huître pour amener ces arômes ». Un ensemble qui fonctionne parfaitement avec l'excellentriesling 2011 Rheinhessen (Allemagne) du domaine Wittmann. Barbaresco Carlo Giacosa Photo Egmont Labadie Le couple créatif se lance aussi dans des associations a priori périlleuses, mais totalement justifiées par leur travail de recherche sur les saveurs et les textures. A titre d'exemple, le cresson et le vin rouge ne semblent pas destinés à s'entendre. Mais le chef a élaboré une jolie architecture de goûts ayant pour base un coulis de cresson, sur lequel reposent des cèpes de Sologne et des pommes grenaillepoêlés, agrémentés d'une fleur de pensée, et corsés par des tronçons d'anguille. On passe progressivement de la fraîcheur végétale du cresson et de la pensée à la profondeur moëlleuse de la pomme de terre et du cèpe. L'irruption du Savigny-Lès-Beaune 2009 Les bas liards deRossignol-Trapet, un Bourgogne un peu austère mais qui dévoile une fois bien aéré de très beaux arômes corsés, en adéquation avec la force du poisson, donne l'impression de pénétrer dans un sous-bois pour cueillir des champignons après une balade dans une prairie encore humide d'une récente pluie. Cèpes, pommes grenaille, jus de cresson, tronçons d'anguille Photo Egmont Labadie De la même manière, encore avec le vin rouge, l'oeuf crémeux recouvert de lard de Colonnata, reposant sur une crème de pomme de terre, et agrémenté de lamelles de truffe blanche crée un ensemble très onctueux, qui offre comme un matelas de taffetas au rubis d'un somptueux Barbaresco 2010 Montefico de Carlo Giacosa. Photo Egmont Labadie S'il en était encore besoin, la maestria du chef s'exprime aussi dans un autre plat très étonnant : un tronçon de Saint Pierre repose sur un lit de tagliatelles découpées dans du calamar, le tout servi avec des artichauts, des pignons de pin, et enrobé dans une sauce au parmesan. Un plat que José Manuel Miguel a imaginé en s'inspirant « d'une lotte en sauce au Comté qui avait beaucoup plu aux clients du Goust ». Avec ce petit bijou, un Chardonnay 2009 Bouchard Finlayson de Mission Vale en Afrique du Sud, délicieux comme une crème à la vanille et à la rhubarbe, trouve le support idéal pour réveler tout son superbe fruit généreux. Photo Egmont Labadie Il Vino, 13, boulevard de la Tour Maubourg, 75007 Paris. 01 44 11 72 00. Ouvert du mardi au vendredi midi et soir ainsi que le samedi soir. Menu du déjeuner deux plats 29 euros, trois plats 38 euros. Portions de dégustation variées à 12 euros, verres de vin de 6 à 12 euros. Menus du soir cinq plats et cinq vins Sur les routes du Monde 75 euros, Sur les routes de France et d'Italie 95 euros. www.enricobernardo.com
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