Magazine Code Sport Monaco n°15
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Magazine Code Sport Monaco n°15
février - mars n°15 l e s t r a t o Courchevel 1850 - Luxury hotel ✯✯✯✯✯ Tél. : 0033 (0) 479 415 160 - Fax : 0033 (0) 479 415 170 Site Web : www.hotelstrato.com - Email : [email protected] Code Sport Monaco • n°15 • février - mars 2015 code Le magazine de sport de la principauté monaco n°1 monaco Le magazine de sport de la principauté MONTE-CARLO SKI CLUB OBJECTIF COMPÉTITION OPTIMIST MONACO SE FAIT LA MAIN RALLYE MONTE-CARLO OGIER TRIPLE LA MISE DE PHOTOS VIDÉOS REPORTAGES CODESPORTMONACO.COM PLACE ROYALE 9H-9H30 FRANCK HERMANN Première radio en Principauté sur les CSP+* radio-monaco.com APP ANDROID SUR *CSP+ : dirigeants, décideurs, cadres, professions libérales et professions intellectuelles supérieures. Étude Médiamétrie AD HOC, réalisée du 21 mai au 18 juin 2012, sur 512 personnes résidentes à MONACO, âgées de 13 ans et +. - © iPad, iPhone, App Store, Android, Google Play, Radio Monaco, marques et logos déposés - tous droits réservés. VIVEZ L’EXPÉRIENCE T. +377 98 06 69 00 | [email protected] | thermesmarinsmontecarlo.com montecarlosbm.com | @montecarlosbm | montecarlo-apps.com sommaire 18 OLYMPISME 26 RALLYE • RETOUR SUR LA 127E SESSION DU CIO SKI • 83E MONTE-CARLO : OGIER A VU TRIPLE • LE MONTE-CARLO SKI CLUB, AXÉ COMPÉTITION • BERNARD RICHELMI, CHEF DES COMMISSAIRES DE PISTE • ENTRETIEN AVEC S.E. MME LAMBIN-BERTI 34 • ARNAUD ALESSANDRIA VISE LE TOP 30 • LE MONTE-CARLO EN DIX DATES • TROPHÉES FEMME ET SPORT : MERIEM CHERNI MIZOUNI, LAURÉATE MONDIALE 40 NAUTISME • 6E OPTIMIST TEAM RACE : MONACO EN FORMATION 46 56 ALPINISME PRÉPARATION PHYSIQUE • JEAN-MARC NOWAK EN VISITE AU NÉPAL 62 HANDBALL • LES SAPEURS-POMPIERS DE MONACO À L'ENTRAÎNEMENT • LES "PREMIER PAS" HAUT EN COULEURS • LES PORTE-FANIONS 8 PLEIN CADRE 52 SPORT ET STYLE 14 HOMMAGE 66 DÉVELOPPÉ COUCHÉ 16 MUSCULATION • ENTRETIEN AVEC OLIVIER OUMAILIA • LE SPORT EN IMAGES GRAND FORMAT • GÉRARD BERTRAND RACONTÉ PAR SES AMIS • CHOYNOWSKI, JEUNE RETRAITÉ • UNE BOUTIQUE DÉDIÉE AUX RUNNERS • PREMIER CHAMPIONNAT RÉGIONAL EN TERRES PRINCIÈRES 32 BOBSLEIGH • RUDI RINALDI VERS LES MONDIAUX 4 70 CULTURE SPORT • RICCARDO GIRAUDI : "LE SPORT ME PERMET D'ÉQUILIBRER MES ÉNERGIES" • MONSEIGNEUR BERNARD BARSI : "IL FAUT SAVOIR LUTTER" 75 CAHIER SPÉCIAL AS MONACO FOOTBALL Vous accompagner aux étapes clés de la vie de votre patrimoine et de votre entreprise 23 boulevard Princesse Charlotte MC 98000 MONACO Tél : 00 377 93 10 53 53 Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel Provence Côte d’Azur, société coopérative à capital variable, agréée en tant qu’établissement de crédit, dont le siège social est situé Avenue Paul Arène à 83002 Draguignan Cedex, immatriculée au RCS de Draguignan sous le n° 415 176 072. Société de courtage d’assurance immatriculée au Registre des Intermédiaires en Assurance sous le n° 07 005 753. CREDIT AGRICOLE PROVENCE CÔTE D’AZUR SERVICE COMMUNICATION - 01/2015 C S PORT M Edito ODE O N AC O Chers lecteurs, Comme à l'accoutumée, l'activité sportive en Principauté reste bouillonnante. Pas vraiment de saison, pas vraiment de répit. Alors que la 127e Session Olympique a refermé ses portes, son lot de décisions a été remarqué, tout autant que l'excellence de son organisation par le monde olympique. Passer des montagnes enneigées avec le Monte-Carlo ski club, au plan d'eau avec la Monaco Optimist Team Race est un grand écart que la configuration géographique monégasque offre à ses sportifs, et nous à nos lecteurs. Un autre détour par le célèbre Rallye Monte-Carlo avant l'Historique, et la boucle est quasiment bouclée. Dans ce numéro, vous découvrirez également une présentation inhabituelle du corps des sapeurs-pompiers, qui servent avec autant de courage et d'audace les causes monégasques que le sport en Principauté. Enfin - le désormais rendez-vous - en fin de magazine, retrouvez l'AS Monaco football qui tient en haleine tout un peuple et bon nombre de supporters dans le monde, grâce à un parcours européen et national à la hauteur de son prestige. Comme je vous le disais, pas de répit. Bonne lecture. Jean-Marc Moreno CODE SPORT MONACO • Edité par SAM EDICOM "Le Roqueville" Bat C - 20 Bd Princesse Charlotte - 98000 MONACO Tél : (+377) 97 97 06 27 - Fax : (+377) 97 97 06 28 - [email protected] • Editeur & Directeur de la publication : Jean-Marc MORENO - [email protected] • Journalistes : Romain CHARDAN - [email protected] & Chris BERTOLDI - [email protected] • Comité de rédaction : Sabine TOESCA, Marc TOESCA, Jean-Marc MORENO • Secrétaire de rédaction : Cathy MORENO [email protected] • Publicité : Jean-Marc MORENO [email protected] [email protected] • Graphisme, photogravure & illustrations : Anthony HOUAL • Impression : Groupe Riccobono • Reproduction, même partielle, interdite sans l'autorisation de CODE SPORT MONACO 6 BEAULIEU VUE MER PANORAMIQUE Magnif ique villa d ’une superf icie totale d ’environ 400m 2 sur 600m 2 de terrain avec piscine. Composée de : une entrée, un séjour, salle à manger, cuisine équipée, 4 chambres et 4 salles de bains, toilette, salle de cinéma, f itness, buanderie et cave à vins, garage pour 2 voitures. BEAUTIFUL SEA VIEW Magnif icent villa of a total area of 400 sqm approx., 600 sqm land with swimming pool. Made up of : entrance, living room, dining room, equipped kitchen, 4 bedrooms and 4 bathrooms, toilet, home cinema, f itness room, laundry and wine cellar, garage for 2 cars. Prix : 7.900.000 € 135, Boulevard J.F Kennedy - 06160 Cap d’Antibes Tél (33) (0)4 93 61 36 41 - Fax (33) (0)4 93 67 45 72 26, Boulevard Maréchal Leclerc, Rond point de L’Illette, 06600 Antibes Tél (33) (0)4 92 93 60 60 Fax (33) (0)4 93 67 50 97 E-mail : [email protected] - www.agenceducapdantibes.com l'Everest Vu de Jean-Marc Nowak sur le toit du monde Ce n'est pas n'importe quelle vue, pas n'importe quel coucher de soleil… "Nous nous trouvions dans le plus haut camp d'altitude du monde, à 8 300 mètres. C'était un moment magique. Il devait être 20 heures, à peu près. Le soleil illuminait vraiment tout l'Himalaya", se souvient l'alpiniste, encore sous le charme de son ascension de l'Everest, en 2011. "C'était la dernière étape avant d'y parvenir. J'étais seulement avec mon sherpa, Nuru. Il y avait plusieurs expéditions en même temps que la nôtre. Des Américains, des Russes. Comme on peut le voir sur la photo, nous avions accroché nos tentes avec des cordes, pour ne pas qu'elles se fassent emporter par le vent, surtout que la pente était très raide. Les conditions étaient difficiles. Il n'y avait que 20 % d'oxygène." Peu après, Jean-Marc Nowak a posé le pied sur le plus haut sommet du monde, à 8 850 mètres et par -30 degrés. 8 © Jean-Marc Nowak Pro B L'aventure Les hommes de Vucevic dans le trio de tête Partis très fort, avec huit victoires entrecoupées d'une seule défaite à Roanne (68-65) en deux mois, les Monégasques ont subi un coup de mou en décembre. Le match déclencheur de la spirale noire était celui contre Denain à l'extérieur (75-63). S'en sont suivies deux rencontres malheureuses face à Souffelweyrsheim (8473) et aux voisins antibois à domicile (72-78). Dur, mais salvateur. Les Asémistes ont rebondi comme un seul homme après quinze jours de battement, et renoué avec la victoire en faisant tomber Évreux (74-66). À l'heure du bouclage du magazine, le collectif du Rocher, qui ne cache pas son désir de Pro A, termine la phase aller à la 2e place derrière Hyères-Toulon. Les hommes du coach Savo Vucevic ont disputé 17 matches dont 13 victoires pour 4 défaites. 10 © Alberto Colman Historique Rallye Monte-Carlo 18e retour dans le temps Le Rallye Monte-Carlo Historique a de nouveau emboîté le pas au Rallye Monte-Carlo WRC. La 18e édition de l'épreuve a débuté mercredi 28 janvier et s'est achevée dans la nuit du 4 février (hors période de bouclage du magazine). Plus de 300 participants, assis dans des engins datant de 1955 à 1980, se sont élancés de Barcelone, Copenhague, Glasgow, Reims et Turin pour le fameux parcours de concentration. Afin de se frotter à la première zone de régularité, rendez-vous était donné à Saint-André-les-Alpes (Alpes-de-HauteProvence), le 31. L'aventure s'est achevée sur une nuit de folie avec deux chronos bien connus "Lucéram - col de la Cabanette - col Saint-Roch - Loda - Lantosque" et "La Bollène-Vésubie - col de Turini - Moulinet - col Saint-Jean - col de Castillon - Sospel" (Alpes-Maritimes). Les premiers concurrents étaient de retour sur le port Hercule au petit matin… 12 © ACM G É RA RD BER T RAN D "IL FAISAIT L'UNANIMITÉ" Le 2 janvier, Gérard Bertrand s'en est allé. L'homme portait vaillamment deux casquettes de président, pour le Judo Club de Monaco ainsi que pour la Fédération monégasque de la discipline. Au club, on se souvient de lui à travers de larges sourires. Par Chris Bertoldi - Photo : Franck Terlin ment, il s'est dit : "Si on ne leur donne rien, ils ne vont pas rester. On doit les récompenser", se souvient Marcel. Gérard Bertrand a accédé aux postes de président du club et de la Fédération en 1997, après 17 ans passés à jouer les rôles de trésorier et vice-président. Placomusophile Gérard Bertrand, au centre, entre Marcel Pietri et Sara Allag à l'occasion du dernier tournoi international de judo. N ous avançons à pas feutrés sur la moquette qui mène au bureau du club. On nous y attend pour discuter de Gérard Bertrand, créateur du tournoi de judo international de Monaco en 1991, notamment parrainé par David Douillet en 2006 et par Lucie Décosse en 2013. En décembre, la fédération fêtait d'ailleurs ses 40 ans, à l'occasion de la 21e édition de la compétition. À peine la porte poussée, il pose un regard doux sur nous. Il a désormais sa place dans un grand cadre, bien en vue dans la petite pièce. Marcel Pietri, directeur technique du Judo Club, grand blagueur à ses heures perdues, y va de sa petite vanne pour détendre l'atmosphère. Jean-Georges Bonnet, trésorier, est là aussi. Il s'attaque au tri d'une montagne de paperasse. "Il m'avait menti", nous lance-t-il, amusé. "Lorsqu'il m'a proposé d'occuper ce poste, il m'avait certifié que ça ne me prendrait qu'une heure par semaine !" Les deux hommes tirent une chaise près d'eux et marquent une pause dans leurs activités respectives. Bon vivant "C'était quelqu'un de jovial. Toujours souriant et rassembleur", entame Marcel. "Ah ça, il savait vivre", poursuit Jean-Georges. "Il aimait bien les troisièmes mi-temps, mais de manière raisonnable", reprend Marcel. "C'était surtout pour passer du temps avec nous, le bureau, les bénévoles. Systématiquement, après chaque réunion, on se faisait un repas ensemble. Gérard était un bon vivant, mais lorsqu'il fallait travailler, il était carré. Fallait pas traîner. Avec les bénévoles, il avait un super esprit. Rapide14 "Il a pris la suite de Louis Orecchia", nous informe Jean-Georges Bonnet. "Il a d'abord pratiqué le judo à Marseille, je crois. Plus tard, on a fait du jiu-jitsu ensemble. On en a fait trois saisons d'affilée, mais on ne les a jamais terminées", relate-t-il en rigolant. "On faisait ça pour le plaisir. C'était quelqu'un qui aimait beaucoup le judo et qui s'est profondément donné pour Monaco. Il faisait l'unanimité au sein du bureau, mais aussi en dehors, auprès de nos épouses par exemple. Tiens, je me souviens qu'il collectionnait les capsules métalliques qui se trouvent au-dessus des bouteilles de champagne. Ça porte un nom affreux (placomusophilie)", se remémore Jean-Georges, des images plein les yeux. Consensuel "Il a transmis sa passion pour le judo à son fils, Mathieu. Il est ceinture noire et a étudié en section sport-études à Nice. Il a terminé 3e aux Jeux des Petits États d'Europe, à Chypre. Il a aussi participé aux championnats d'Europe juniors", raconte Marcel. "Gérard était kiné. Il travaillait rue Grimaldi. Tout le monde le connaissait à Monaco, c'était un enfant du pays. Il a aussi été conseiller national, il faisait partie de l'Union pour les Monégasques. Pour moi, Gérard faisait de la politique, mais n'était pas un politicien. C'était ça le souci. Du coup, ces gens-là se donnent à fond et sont plus touchés par les situations. Il nous en parlait beaucoup. Il pensait toujours au bien-être des autres et aimait le consensus. JAC Q U E S CH OY N OWSK I UNE HISTOIRE DE FORMATION Jacques, ou Jacek, en version originale, Choynowski a pris sa retraite en ce début d'année 2015 à l'âge de 65 ans. Son départ de la salle de musculation du stade Louis-II, dont il était le responsable, va laisser un grand vide derrière lui. Par Romain Chardan - Photo : Sébastien Nogier France en 1981. "J'ai trouvé un poste d'entraîneur, toujours en natation, à Nice, et j'ai donné des conférences à l'université." Mais c'est à Monaco qu'il va définitivement s'installer quelques années plus tard. Nous sommes alors en 1987, et la salle de musculation du stade Louis-II n'est pas encore ce qu'elle est aujourd'hui. "C'est Madame Yvette Lambin-Berti qui m'a fait venir pour la mettre en place." Un espace qui va d'ailleurs servir aux deux clubs professionnels que compte Monaco à cette époque, l'ASM FC et l'ASM basket. "Parmi les joueurs que nous avons eus ici, il y a notamment eu les Henry, Trezeguet, Thuram, Petit, Scifo, Klinsmann, Hoddle ou encore Robert Smith". De Lindsey Vonn aux Saluki Archive CSM L undi 26 janvier, 14 heures. Lors de notre arrivée au stade Louis-II, c'est un homme en jean et complet chemise-veste-cravatte qui nous accueille avec un petit buffet. Cet homme, c'est Jacques Choynowski, le responsable de la salle de musculation. Et le buffet, il est pour son départ en retraite. Car c'est la dernière journée de l'entraîneur. "Personne n'est éternel, et je suis en fin de contrat," nous explique-t-il d'emblée. Un jus d'orange et un café plus tard, il est temps de replonger dans son passé, sans oublier d'évoquer son avenir. Du sportif à l'entraîneur D'origine polonaise, Choynowski a toujours fait du sport, lui qui est issu d'une famille renommée dans son pays. "Du décathlon, du basket, de la natation, du hockey sur glace, et tout cela à haut niveau." Sa rencontre avec son entraîneur de boxe va changer beaucoup de choses. "Mon coach a su me cerner. Nous étions devenus très proches. L'année du championnat de Pologne, j'avais 6 combats de prévus et je m'entraînais cinq heures par jour. Mais c'était aussi l'année du bac. À la moitié de l'année, je me suis retrouvé avec huit zéros. Mon père a posé des coupures de presse sur mon bureau. Elles concernaient d'anciens champions de boxe polonais qui ont fini criminels. Et il m'avait écrit un mot, "c'est peut-être comme ça que tu t'inscriras dans l'histoire de la Pologne." Suite à une discussion avec son entraîneur, Jacques Choynowski abandonne alors la boxe pour se consacrer à son examen, qu'il obtient avec mention. "J'ai ensuite intégré l'académie des sports, où tout s'est enchaîné." Natation, médaille, France Sa carrière d'entraîneur, Jacek la voit décoller avec l'équipe nationale de natation de Pologne. La consécration arrive en 1980, lors des Jeux d'été de Moscou, avec la première médaille polonaise en natation (Agnieszka Czopek, bronze sur 400 m 4 nages). Choynowski débarque en 16 En regardant dans le rétroviseur, Choynowski a du mal à mettre en avant un champion plutôt qu'un autre, tant il en a entraînés. A l'image de l'Américaine Lindsey Vonn, qui a relevé les défis qu'il lui avait lancés, parmi lesquels celui de glaner 5 victoires dans 5 disciplines différentes. "Aujourd'hui, 5 filles ont réalisé ça, dont trois que j'ai entraînées (Lindsey Vonn, Anja Parson et Pernilla Wiberg)." Alexandra Coletti a elle aussi fait partie des skieuses dont s'est occupé l'ancien prof d'EPS. "C'est un incontestable talent, mais qui a joué de beaucoup de malchance, notamment au niveau des blessures." Désormais retraité, il va pouvoir profiter de ses petits-enfants, mais aussi s'adonner à sa nouvelle passion, les chiens Saluki (lévriers persans). Accompagné de ses trois chiens, c'est un entraînement quotidien qui l'attend dans le but de remporter de nouveaux titres lors des concours de beauté canins. Toute l'équipe de Code Sport Monaco souhaite à Jacques une belle retraite, aussi exceptionnelle et palpitante que l'a été sa vie professionnelle. Il a su, par sa générosité et son professionnalisme, faire de la salle de musculation du stade Louis-II un rendez-vous couru de beaucoup de sportifs et autres personnes soucieuses de leur physique. 127E SESSION DU CIO AU CŒUR DE L'OLYMPISME Du 5 au 9 décembre, Monaco a accueilli un événement à la résonnance mondiale : la 127e Session extraordinaire du Comité International Olympique (CIO). Quarante recommandations concernant la durabilité, la crédibilité et la jeunesse du mouvement olympique ont été discutées et votées avec succès. Dossier réalisé par Chris Bertoldi - Photos : CIO, Stephan Maggi/COM, Palais Princier D eux ou trois jours avant, déjà, la Principauté arborait des airs solennels. Des policiers à moto escortaient ça et là des véhicules aux vitres teintées. Ils arrivaient, les membres du CIO, venus du monde entier. Et pour cause, un rendez-vous d'envergure se préparait. Le résultat d'une riche année de réflexion débutée à Montreux (Suisse) en décembre 2013, et poursuivie à Sotchi (Russie) en février 2014, lors de la 126 e Session du CIO. Vingt-cinq thèmes avaient alors été étudiés dans le cadre de l'Agenda 2020, soit la feuille de route stratégique qui doit déterminer l'avenir du mouvement olympique. À cette occasion, Thomas Bach, le président du CIO, avait nommé quatorze groupes de travail en vue de formuler des propositions concrètes. Elles ont été étudiées une première fois en juillet, par un nombre restreint de membres du Comité, et ont ensuite été discutées en septembre avec l'ensemble des commissions. In fine, quarante recommandations pour l'Agenda 2020 ont émergé des groupes de réflexion. Elles ont été présentées pour décision lors de la 127e Session organisée dans la vaste enceinte du Grimaldi Forum, sur le territoire Princier. "L'Agenda olympique 2020 est comme un puzzle. Chaque pièce, chaque recommandation a la même importance. Ce n'est que lorsque vous assemblez les 40 pièces qu'apparaît le tableau, que vous voyez les progrès réalisés pour veiller au succès des Jeux olympiques", prédisait Thomas Bach. Monaco, un hôte emblématique Pour la troisième fois de son histoire, la Principauté a fait office de siège des grandes évolutions du monde olympique. En 1927, elle vivait son baptême du feu en accueillant la 26 e Session du CIO. En 1993, elle était l'hôte du 101e rendez-vous du genre. OLYMPISME "Il ne pouvait y avoir d'hôte plus emblématique pour cette Session extraordinaire du Comité International Olympique que notre cher collègue, Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco", a déclaré Thomas Bach lors de la cérémonie d'ouverture de l'événement. "Ayant participé à cinq éditions des Jeux olympiques en tant qu'athlète et aujourd'hui en tant que chef d'État, il incarne l'esprit même de l'Agenda olympique 2020 qui vise à sauvegarder les valeurs olympiques et à renforcer la place du sport dans la société", a-t-il poursuivi, dans la salle des Princes du Grimaldi Forum, auprès de 750 invités, parmi lesquels les membres du CIO. De son côté, le Souverain, président du Comité Olympique Monégasque, a dit combien "la Principauté est particulièrement fière d’avoir été choisie pour accueillir cette 127e Session". Il a aussi tenu à souligner le rôle prépondérant des quelque 200 bénévoles à l'ouvrage. "C’était un défi que chacun a su relever avec talent." Rendez-vous extraordinaire La Session est l’assemblée générale des membres du CIO. En tant qu'organe suprême, ses d écisions sont définitives. Une Session ordinaire a lieu une fois par an. Pour saisir toute l'importance de la réunion monégasque, il était nécessaire de relever son caractère extraordinaire. Ce qui signifie qu'elle avait été convoquée par le président du Comité International Olympique lui-même. On l'avait annoncée comme le plus gros changement des quinze dernières années en matière de règles olympiques. L'événement s'est déroulé en deux temps. Les vendredi et samedi, seule la Commission exécutive était à l'œuvre. Créée en 1921, elle est composée du président du CIO, de quatre viceprésidents et de dix autres membres. Tous sont élus par la Session pour un mandat de quatre ans. Elle a eu pour rôle d'organiser précisément le déroulé des deux journées à venir. Ni abstention, ni vote contre Et surprise, tout est allé bien plus rapidement qu'envisagé. L'affaire était bouclée en une journée seulement, aux alentours de 18 heures. En tout, 83 interventions sont venues enrichir les diverses propositions énumérées 1819 dans la salle Ravel du Grimaldi Forum. Chacune des quarante recommandations présentées par les quatorze groupes de travail, dont l'un était présidé par le Prince Albert II, a été voté séparément, et reçu l'approbation des 96 membres du CIO. On n'aura noté ni abstention, ni vote contre. A la question : "Aviez-vous imaginé que toutes les recommandations pourraient être adoptées à l'unanimité en un jour ?" Thomas Bach a répondu "non", du tac au tac. "Même dans mes rêves les plus fous, je ne m'attendais pas à un tel résultat. Nous avions le sentiment que les choses iraient dans le bon sens, mais là, c'est une surprise très positive. Nous avons eu à faire à des questions pertinentes et à des discussions constructives", déclarait à chaud Thomas Bach, en conférence de presse. "J'ai un très grand respect pour les membres car pour certains, il y a eu des mesures difficiles à avaler. Mais ils ont su faire abstraction de leur position et de leur intérêt personnel. Tous étaient déterminés à faire de cette Session un succès, un grand moment." Et de poursuivre : "Dans 20 ans, il se peut que je sois encore sur cette Terre et je me souviendrai avec contentement de cet événement. J'espère que cette journée se sera avérée importante." En remerciement pour la parfaite organisation de la 127e Session, le président Bach a remis au Prince Albert II de Monaco une médaille destinée aux chefs d’État, réplique de la médaille créée par le fondateur du CIO, le baron Pierre de Coubertin. Médaille que le Souverain a dédiée aux bénévoles monégasques. QUELQUES POINTS CLÉS PARMI LES 40 Les aspects humains Il a été décidé d’inclure la "non-discrimination selon l’orientation sexuelle dans le sixième principe fondamental de l’Olympisme". Aussi, il a été choisi de conserver à 70 ans l’âge limite des membres du CIO entrés après 1999, avec une possibilité d’exception selon "les compétences" des septuagénaires (mais pour un seul nouveau mandat). Un processus simplifié Le CIO visera désormais à faciliter le processus de candidature. La recommandation prévoit notamment une aide financière, autour du million d'euros, allouée aux villes requérantes. Une phase dite "d'invitation" a aussi été ajoutée. Les intéressés pourront rencontrer des experts du CIO afin de discuter librement de leur projet et d'être conseillés. Infrastructures existantes Les mesures prises à Monaco visent à assouplir le processus de candidature et à diminuer le coût des Jeux. Cette manière d'envisager l'avenir de l'olympisme met de côté les fameux Parcs olympiques, en vigueur depuis Sydney 2000. Désormais, le CIO visera l'usage maximal des équipements existants et des installations temporaires. Villes multiples Toujours dans un souci d'économie, le CIO vient de rendre possible l'organisation conjointe de Jeux olympiques entre plusieurs villes, voire dans deux pays. Au lieu de construire une infrastructure trop onéreuse, une ville hôte pourrait se servir de celle d'une "voisine". Cependant, "un tel cas de figure ne pourra être qu’exceptionnel, il devra être justifié par des raisons très solides, motivées par des arguments économiques, ou d’héritage, ou encore des raisons géographiques dans le cas des Jeux d’hiver", a précisé Thomas Bach. Plus de sports 29 ou 30 sports seront dorénavant au programme. Aux JO de Londres, 26 sports étaient représentés. À partir d'aujourd'hui, on peut 20 envisager une certaine diversification. En revanche, le nombre limite d'athlètes restera fixé à 10 500 pour 310 épreuves durant les Jeux d'été, et 2 900 pour 100 lors des JO d'hiver. La télé olympique Une chaîne de télévision olympique va être lancée sur Internet. Elle émettra toute l'année et aura pour but de fournir "une exposition permanente des sports au programme olympique audelà de la période des Jeux", a expliqué Yiannis Exarchos, président des Services olympiques de radio-télévision. Elle n'aurait pas vocation à concurrencer les chaînes détentrices des droits des Jeux. Le budget - 452 millions d'euros - sera assuré en grande partie par le CIO (175 millions d'euros), les Comités olympiques nationaux (72 millions d'euros), les Fédérations internationales (72 millions d'euros) et par des ventes (133 millions d'euros). La chaîne sera basée en Espagne et en Suisse. Rendez-vous à Lima C'est à Lima, capitale du Pérou, qu'aura lieu la 130e Session du CIO, durant l'été 2017 (les 128 et 129es devant avoir lieu à Kuala Lumpur, Malaisie, et Rio de Janeiro, Brésil). 54 membres ont voté pour, 30 avaient voté pour Helsinki (Finlande). C'est lors de cette réunion que sera désignée la ville-hôte des Jeux olympiques 2024. S. E . M ADA M E Y VETTE LAMB IN -B ER T I DE L'ART DE L'ORGANISATION Lors de cette 127e Session extraordinaire du CIO, S. E. Madame Yvette Lambin-Berti était aux commandes de l'organisation, sous la présidence du Prince Albert II. Entourée par l'équipe du COM, elle est parvenue à réunir près de 200 bénévoles et à ériger une cérémonie et un événement internationaux à la hauteur de la Principauté. À cette occasion, la secrétaire générale du COM a reçu le trophée Pierre de Coubertin. Comment Monaco a-t-il été choisi pour accueillir la 127e Session du CIO ? Combien de temps avez-vous eu pour mettre sur pied ce rendez-vous ? Cet événement important n'était pas au départ inscrit dans l'agenda du CIO. Le président Thomas Bach lui-même, suite à son élection, est venu vers S.A.S. le Prince Souverain car il souhaitait organiser une séance de travail décisionnelle pour l’avenir de l’olympisme. C’est aussi le fruit de beaucoup de consultations antérieures soumises à la Commission exécutive et adoptées à la Session. Ceci est un point important. Habituellement, une Session est attribuée à un État trois ou quatre ans avant la tenue de celle-ci. Pour celle de 1993, Monaco avait été choisi en 1989 à la Session de Porto Rico. Ça laisse le temps d'observer, de concevoir et de préparer. Cette fois, il n'y a pas eu de procédure de candidatures et le temps a été extrêmement réduit car la question a été posée au Prince un peu moins d'un an avant la Session. Il a fallu attendre l'annonce officielle du président du CIO. Lorsque nous avons commencé, il nous restait huit mois. Comment avez-vous procédé ? Le mot d'ordre était l'anticipation : évaluer l'événement, définir les objectifs à poursuivre et choisir nos moyens pour y parvenir. Il était nécessaire de hiérarchiser les priorités afin de faire certains choix avant que ce ne soit plus possible. Nous avons, par exemple, fixé les dates exactes en fonction des disponibilités du Grimaldi Forum et imaginé une unité de lieu pour faciliter la tenue de l'événement. Tout comme la réservation des nombreuses chambres d'hôtel. Chaque décision devait être approuvée par le Prince, puis par le CIO, qui heureusement connaissait l'urgence dans laquelle nous nous trouvions, mais qui a aussi ses exigences et ses p rocédures décisionnelles propres. Pour vous donner une idée, le staff du CIO concerné par la Session à Monaco, cela a été 150 personnes. 200 bénévoles ont endossé leurs responsabilités avec brio et ont mené à bien leur engagement. Vous est-il arrivé d'envisager le pire ? Avez-vous d'emblée vu les choses en grand ? Nous avons essayé de penser aux pires situations pour ne pas être amenés à prendre des décisions d'urgence qui coûtent toujours plus cher. Nous avons eu la chance d'avoir un long week-end avec un jour férié. Les trajets dans la Principauté étaient donc plus fluides, ce qui a facilité les arrivées des membres du CIO. Mais nous étions près de cumuler des circonstances désastreuses avec une fermeture imprévue de la basse corniche ainsi qu'une grève de la SNCF. L'entrée dans Monaco aurait pu être critique. Cette Session, je l'avais déjà vue avant qu'on y soit. Ça aurait pu s'apparenter à un congrès standard, mais nous voulions en faire un événement d'exception. La 101e Session de 1993 avait laissé un souvenir très fort aux personnes présentes. Nous devions concevoir un projet à la hauteur des attentes présumées des membres du CIO. Il s'agissait d'allier la qualité à la surprise, de mettre en avant un certain niveau culturel ainsi que les atouts de la Principauté. Comment vous êtes-vous entourés ? Nous avions quelques partenaires essentiels et l'ambition de rendre la salle de Session unique. C'est là qu'est intervenu l'architecte Frédéric Genin. Il a imaginé quelque chose d'extraordinaire avec des panneaux aux couleurs olympiques au mur, dont la trame rejoignait le sol. Il a aussi mis au point une superbe scénographie photographique, grâce aux archives du CIO, qui reprenait les grands thèmes de la Session. Concernant la cérémonie d'ouverture, nous avons fait appel au chorégraphe Jean-Christophe Maillot. Il a tout de suite adhéré au projet et repris le ballet "Vers un pays sage" dont le rythme époustouflant évoquait la performance des athlètes. Bien sûr, le Grimaldi Forum était essentiel, avec ses équipes et ses techniciens remarquables. Nous avons également travaillé avec la Sûreté publique, qui a apporté sa compétence et son expertise, afin d’encadrer parfaitement la manifestation. Je mentionne aussi l’Office des émissions des timbres, qui a élaboré le logo, et la Direction de l’Aménagement Urbain, qui est spontanément venue vers nous avec des motifs et des propositions, notamment florales, que vous avez pu voir. Qu'est-ce qui venait ensuite ? Tous les aspects fonctionnels incontournables et la constitution de 21 commissions de bénévoles, avec un responsable pour chacune, qui devait avoir une expérience certaine. Des bénévoles fidèles ont accepté une charge de travail beaucoup plus lourde qu'à l'accoutumée. J'ai d'abord mené une réunion d'information au Fairmont, afin de leur exposer les objectifs, les moyens et leurs affectations. Nous avons essayé de tenir compte de leurs desiderata et de leurs disponibilités. Il fallait une philosophie rigoureuse que tout le monde comprenne et à laquelle chacun adhère. Nous avons tenu des réunions de coordination hebdomadaires pendant quatre à cinq mois avec les responsables des commissions, afin de créer une cohésion et un esprit d'équipe. Ils sont quasiment devenus professionnels, et presque Qu'avez-vous ressenti lorsque la Session a débuté ? Une magnifique émotion. Le président du CIO a tout de suite été très satisfait. Pendant que la Commission exécutive se déroulait dans la salle Le Guelf, la salle Ravel, dans laquelle devait avoir lieu la Session, prenait forme car jusqu'au dernier moment le Grimaldi Forum y avait accueilli un autre événement. Là j’ai été surprise par tant de créativité et j'ai ressenti un grand soulagement mêlé à de l'émerveillement. C'est peut-être ce qui m'a donné l'énergie de continuer à porter tout cela. Ce qui ressort beaucoup, c'est l'efficacité de vos équipes… J’ai vraiment apprécié cette capacité de tous à travailler ensemble. Les gens donnent de leur temps, ont pris des congés, parfois des congés sans solde pour participer au bon déroulé de la Session. Ils méritent du respect et de la considération. L'échange est riche parce qu'on donne de la confiance et ils nous la rendent en faisant leur travail avec cœur. Par sécurité, nous avions aussi fait appel à des hôtesses professionnelles, au cas où certains auraient des empêchements. Cela solidifiait encore notre organisation. Avez-vous été contrainte à mettre votre rôle de délégué permanent de la Principauté auprès de l'Unesco de côté ? Pas du tout. Il a fallu mener les différentes missions de front. La Session se terminait le 9, et le 12 je donnais une réception à Paris pour l'Unesco, avec 200 invités. J'avais d’ailleurs fait venir les petits chanteurs de Monaco pour un concert avant la réception. J'ai vécu un grand écart constant entre Paris et Monaco. 2223 TROPHÉES FEMME & SPORT "QUE LES FEMMES N'AIENT PAS PEUR D'OSER GAGNER" Chaque année, les trophées femme et sport du CIO sont décernés à des femmes, hommes ou organisations qui ont contribué à la participation des femmes dans le sport. A 56 ans, Meriem Cherni Mizouni a été sacrée lauréate mondiale. Une consécration "dédiée à la femme tunisienne". N ous rencontrons la dame au foulard dans le luxueux cadre de l'hôtel Fairmont, la veille de son sacre. Présidente de la Commission femme et sport du Comité Olympique Tunisien depuis dix ans, l'ex-nageuse n'a jamais cessé de s'impliquer pour les femmes, par le sport. "J'ai le trac de me retrouver devant tout le monde. Je suis la seule à dire un petit discours", glisse-t-elle. Cela ne l'empêche pas de respirer un grand coup et de nous dire quelques mots sur elle, emprunts d'un juste mélange de fierté et d'humilité. Vous avez gagné un certain nombre de récompenses en tant que nageuse. Parlez-nous de cette période... Je dois toute ma carrière à mon papa, Mustapha Mizouni. C'est avec lui que j'ai commencé la natation, à l'âge de quatre ans. Il était entraîneur et c'est grâce à lui que j'ai remporté plusieurs titres à l'échelle maghrébine, africaine et méditerranéenne. Par la suite, j'ai été entraîneur, juge international de natation, ainsi que secrétaire d'Etat au ministère de la Jeunesse et des Sports. Et aujourd'hui ? Je vis mon troisième mandat au sein du Comité national olympique tunisien, en tant que présidente de la Commission femme et sport. Cela fait donc dix ans que je fais tout pour honorer ce rôle. Que représente cette Commission femme et sport à vos yeux ? Elle œuvre pour la promotion et le développement du sport féminin. Nous sommes convaincus que la pratique du sport est le meilleur rempart contre l'obscurantisme et qu'il constitue OLYMPISME A l'époque d'Habib Bourguiba (président de la République tunisienne entre 1957 et 1987), non. On avait une autre mentalité. Il n'y avait pas de cloisonnement entre hommes et femmes dans le sport. D'ailleurs, j'ai progressé en m'entraînant avec les garçons, pas uniquement avec les filles. Et si certains hommes me regardent mal, tant pis. Il faut toujours avancer et surmonter les obstacles. La commission femme et sport conseille la commission exécutive du CIO sur la politique à mener dans le domaine de la promotion de la femme dans le sport. Elle est présidée par Lydia Nsekera. Six lauréates ont été récompensées pour leur contribution à l'implication féminine sur la scène sportive. l'un des bras fondamentaux de l'homme. Au sein de ma commission, je fais et ferai en sorte de permettre au plus grand nombre de femmes de tout âge et de toutes les catégories sociales l'accès au sport. Comment se matérialise l'aide que vous fournissez aux femmes ? J'ai fait des actions à l'intérieur de notre pays, dans les régions les plus désavantagées. Ces initiatives de sensibilisation font beaucoup de bien. Je m'en suis surtout rendu compte lorsque j'ai organisé le festival du sport féminin. Notre but était que les jeunes filles découvrent plusieurs disciplines. Cela concernait également leurs parents. Nous souhaitons qu'ils poussent leurs enfants à faire du sport. "Les femmes se sentent plus fortes et cernent mieux leur place" nageais pratiquement toutes les courses. Les 100 m crawl, 200 m crawl, 400 m, 800 m, 1 500 m, 100 m dos, 200 m dos, 200 m 4 nages, 400 m 4 nages… Lorsque je participais aux Jeux africains, parfois je remportais douze médailles d'or. Et je participais aussi aux quatre relais. Le rythme était trop soutenu ? Ma vie de nageuse a été courte parce qu'à la fin j'étais un peu saturée. Je ne pouvais pas continuer à ce rythme-là, non. Par la suite, j'ai dit que j'arrêtais ma carrière sportive pour en commencer une autre, qui passerait par la promotion du sport féminin. Pourquoi n'avez-vous pas choisi une spécialité plutôt ? Parce qu'à l'époque, il fallait que le drapeau tunisien soit toujours hissé. Mon entraîneur me faisait nager toutes les spécialités parce que j'étais première partout. Et je ne vous dis pas le bonheur de monter sur le podium, d'entendre l'hymne national et de voir ce drapeau. Ça procure un moment d'émotion et de bonheur immense. Concrètement, qu'est-ce que le sport apporte à ces femmes que vous rencontrez ? Comment vous êtes-vous dit que les femmes avaient besoin d'aide ? Elles se sentent plus fortes, cernent mieux leur place dans la société et osent l'occuper. Ça nous permet aussi de détecter de jeunes talents. J'ai goûté aux podiums, j'ai goûté aux médailles et je voulais transmettre ça aux générations futures. Je voulais que les femmes n'aient pas peur d'oser gagner. En parlant de jeunes talents, pourquoi avez-vous arrêté votre carrière à 18 ans ? Je n'avais pas de spécialité. C'est-à-dire que je Avez-vous déjà été critiquée par certains hommes qui trouvaient que vous preniez trop de liberté ? 2425 "J'ai bataillé pour qu'il y ait quatre femmes au sein du bureau directeur du Comité olympique de Tunisie" Nageuse, entraîneur, secrétaire d'Etat au ministère de la Jeunesse et des Sports, présidente de la Commission femme et sport tunisienne, vous avez avancé justement... J'étais secrétaire d'Etat juste après la révolution, en 2011. J'ai beaucoup aidé à ce qu'il y ait plus de femmes dans les fédérations, par exemple. J'ai tout fait pour qu'il y ait deux femmes au moins dans les bureaux fédéraux. Et j'ai bataillé pour qu'il y ait quatre femmes au sein du bureau directeur du Comité olympique de Tunisie. C'est une première. Est-ce une victoire ? Bien sûr, c'est quelque chose qui me tient à cœur. Dans ce sens, j'ai fait beaucoup de séminaires sur le leadership et les postes à responsabilités pour les femmes, afin d'apprendre à être un leader et pour apprendre aux femmes à trouver le courage de se présenter en tant que leaders. Vous avez donc trouvé le courage de présenter votre candidature aux trophées femme et sport ? A travers mon CNO, oui. J'ai été fière et surprise parce que je m'attendais à recevoir le trophée Afrique, au départ. Quand j'ai reçu le trophée mondial et que le CIO m'a félicitée par courrier, j'ai lu et relu la lettre en ayant du mal à y croire (ses yeux s'embuent, elle sourit). J'ai ressenti beaucoup de fierté et de bonheur du fait que ma carrière consacrée au sport soit récompensée. Je dédie ce trophée à la femme tunisienne, à mon CNO et à ma Commission femme et sport. L e 83e Monte-Carlo s'est déroulé du 22 au 25 janvier entre les Hautes-Alpes et les Alpes-Maritimes. Avant même le début de l'épreuve, on décelait une certaine excitation du côté de l'Automobile club de Monaco, organisateur de l'épreuve. "J'attends la neige", lançait, amusé, Christian Tornatore, directeur de l'épreuve. "Plus j'y pense et plus elle va arriver. Les températures commencent même à chuter. Le jour, la nuit, sous la pluie, c'est comme ça le rallye !", ajoutait-il, ravi. En plus d'un climat annoncé parfait pour une aventure haute en couleurs, les 96 équipages allaient s'attaquer à l'inconnu en 15 étapes. "Nous avons renouvelé les spéciales à 80 %. C'est un choix délibéré de notre part. Il n'y a pas d'intérêt à refaire la même course d'une année sur l'autre. Aussi, les pilotes nous avaient fait savoir qu'ils n'étaient pas très contents de partir de Gap pour rallier Monaco sans course après le repérage et avant le départ. Nous leur avons donc proposé deux épreuves nocturnes en partance de la Principauté. Seule l'étape Sisteron-Thoard (36,85 km) n'a pas changé. C'est un monument historique du Monte-Carlo." Juste une pige pour Loeb L'autre surprise, c'était le retour éclair de Sébastien Loeb (Citroën). Accompagné de son fidèle copilote monégasque Daniel Elena, il choisissait de se tester sur cette première manche du championnat du monde des rallyes 2015 (WRC). Le nonuple champion du monde (de 2004 à 2012) n'avait plus touché un volant en WRC depuis octobre 2013 et avait choisi de se frotter au championnat du monde des voitures de tourisme (WTCC). Mais la tentation de regoûter au Monte-Carlo était trop forte. "Ce rallye m'a beaucoup réussi, je l'ai gagné sept fois et j'y participe pour le plaisir", avait annoncé l'Alsacien en RALLYE 83E RALLYE MONTE-CARLO OGIER A VU TRIPLE TRIPLE On attendait la bagarre entre les Sébastien. Finalement, Loeb n'aura pas fait beaucoup d'ombre à Ogier. L'Alsacien s'est retrouvé largué lors de la huitième spéciale et le Gapençais, double champion du monde en titre, a évité tous les pièges du tracé pour s'offrir une troisième victoire sur le Monte-Carl'. Par Chris Bertoldi - Photos : Automobile club de Monaco, Citroën Racing et Volkswagen Motorsport novembre. "C'est une pige. Si je suis capable de me battre, tant mieux, sinon, ce n'est pas grave", prévenait-il, à l'heure de démarrer. Quant à Sébastien Ogier (Volkswagen), il se montrait impassible. "Seb Loeb est juste un concurrent de plus pour moi", glissait-il, sans laisser filtrer une quelconque pression. Un rocher fatal Après un coup d'envoi en grande pompe, jeudi 22 à 18 h 30, sur la place du Casino de Monte-Carlo, Sébastien Ogier n'a pas tremblé longtemps. Le pilote Citroën, campé dans sa DS3, a pourtant frappé fort dès le départ. En 21 km d'ouverture, l'Alsacien se rappelait aux bons souvenirs de ses anciens rivaux et repoussait Ogier à plus de 30 secondes. Le ton était donné et le revenant s'adjugeait trois des six premières spéciales du rallye. D'abord handicapé par sa position d'ouvreur, Ogier est monté en puissance et s'est montré à son aise sur les routes qu'il connaît par cœur, près de Gap. Le pilote Volkswagen a progressivement refait son retard sur Loeb, jusqu'à DOUBLE TRIPLÉ Avec Ogier, Latvala et Mikkelsen, c'est le premier triplé d'une marque automobile au Monte-Carlo depuis celui de Citroën en 2003, avec le jeune Sébastien Loeb devant Colin McRae et Carlos Sainz. Les précédents étaient l'œuvre d'Alpine-Renault, Lancia (deux fois) et Audi. C'est aussi la troisième victoire d'Ogier en Principauté, après celle de 2009 dans une Peugeot 207, dans le cadre du challenge intercontinental des rallyes (IRC), et celle de l'an dernier pour Volkswagen, en WRC. s'emparer des commandes du général dans la septième spéciale. La bataille entre les deux "Seb" aurait pu se poursuivre et rester corsée si la roue arrière gauche de la DS3 n'avait pas rencontré un sévère rocher dans le jardin de son successeur, à Saint-Julien en Champsaur, vendredi soir. Le duel tant attendu ne marquait la course que dans les huit premières spéciales. La suspension du véhicule étant tout à fait esquintée, Sébastien Loeb perdait dix 2627 LES DESSI, ÉQUIPAGE MUNEGASCU minutes et voyait s'envoler les espoirs d'un huitième sacre sur l'épreuve monégasque. L'ES 8 a fait plusieurs victimes dont Kris Meeke (Citroën) et Robert Kubica (RK World Rally Team), qui se trouvaient également exclus de la course au général. À bord de leur Twingo R2 RC4, les Dessi père et fille (en haut à gauche) ont terminé 73es sur 96 participants. Mais Marc et Vanessa ont connu quelques mésaventures. "Nous avons eu un problème de boîte de vitesse. Nous n'avions plus que la 1re et la 2e. C'était super chaud !", raconte la demoiselle. "Lors des sorties d'épingle, il vaut mieux être en 1re", ajoute-t-elle. "Nous avons préféré jouer la sécurité et nous arrêter afin de réparer la voiture dans la nuit pour mieux repartir le lendemain. La réglementation Rallye 2 permet cela. C'était le vrai Monte-Carlo ! Avec de la glace, de la neige, de la boue. C'était très difficile. Mais nous sommes arrivés au bout sans une égratignure sur la voiture", lance-t-elle, ravie de son aventure. Le duo de choc a été appelé à monter sur l'estrade par le Prince Albert II lors de la remise des prix. Ce dernier a tenu à leur faire honneur. La prudence, cette alliée Un boulevard s'ouvrait pour Ogier. Flanqué de son copilote aixois Julien Ingrassia, il s'attaquait à la troisième journée de course avec 1 minute et 45 secondes d'avance sur son premier poursuivant, Jari-Matti Latvala (Volkswagen). Le double champion du monde parvenait à éviter tous les pièges et n'avait plus qu'à gérer son avance. L'équipage Ogier-Ingrassia a fait preuve de prudence lors des trois spéciales disputées samedi et s'est contenté des 9e, 5e, et 8e temps. Les temps scratch ont été enlevés par des pilotes accidentés la veille tels que Kubica, Meeke et Loeb, qui s'en est attribué cinq. Une journée au cours de laquelle le Norvégien Andreas Mikkelsen (Volkswagen), de plus en plus à son aise, a assuré sa troisième place au général en distançant son compatriote Mads Ostberg (DS3 WRC). Tout en retenue, Ogier n'avait plus que 42 secondes d'avance sur Latvala au moment d'entamer la dernière matinée de course, dimanche. Ogier à la hauteur de McRae Mais le matelas a suffi au Gapençais qui a laissé les Citroën s'exprimer lors des 51 derniers kilomètres chronométrés. L'ES 13 est revenue à Kris Meeke et la suivante à Sébastien Loeb, qui s'est payé le luxe de signer le meilleur temps sur le col de Turini. Loeb a terminé sa pige au huitième rang, dans les points. Auteur du 4e temps à l'arrivée, à Saint-Laurent, l'essentiel était là pour Sébastien Ogier. Avec 58 secondes d'avance sur son coéquipier Jari-Matti Latvala, et 2 minutes et 12 secondes sur le troisième pilote Volkswagen Andreas Mikkelsen, il s'est nettement imposé. "C'est fabuleux et ça rend très fier", a réagi Ogier. "Dans un rallye, il faut réussir à rester calme et l'expérience nous aide, car ça fait un petit moment qu'on est là. On commence à savoir un peu plus gérer les situations difficiles." Ces 25 titres en WRC permettent au Gapençais de 31 ans d'égaler l'Écossais Colin McRae et de rejoindre Didier Auriol et Carlos Sainz au rang des triples vainqueurs de la doyenne des compétitions routières. RALLYE BE R NA RD R I CHELMI "LES COMMISSAIRES SONT LES YEUX DES PILOTES" Vous les voyez, ces hommes en tenues orange ou bleues. Ils encerclent le périmètre des Grands Prix et des rallyes et assurent la sécurité. On les appelle les commissaires de pistes, ils sont environ 230 lors du Rallye Monte-Carlo et sont tous chapeautés par Bernard Richelmi, leur président. L 'Automobile club de Monaco est à la base de quatre rallyes - WRC, Historique, Zenn et des Energies nouvelles - ainsi que de trois Grands prix - F1, Historique (une année sur deux), et le Monaco e-Prix à partir de cette année. Sans le corps des commissaires bénévoles, le club ne saurait encadrer tous ces événements. Alors que nous rencontrons le grand chef, à trois jours du Rallye Monte-Carlo, un sacré petit monde s'affaire à l'Automobile club. est suivie électroniquement. Nous savons en temps réel où elle se trouve. Vous êtes dans les starting-blocks ? Pourquoi avez-vous choisi ce hobby ? Comme vous avez pu le voir, il y a une certaine effervescence ici. La pression et le ton commencent à monter dans le sous-marin (pièce logée au sous-sol, où les commissaires travaillent). C'est pas méchant, ce ne sont que quelques éclats de voix parce qu'il manque toujours quelque chose, et il nous faut être au point. Combien êtes-vous ? Nous avons à peu près 230 commissaires sur le Rallye de Monte-Carlo. Nous préparons le Rallye Historique en même temps puisque les pilotes partent la semaine d'après. 170 commissaires seront missionnés. C'est énormément de travail. Et nous sommes tous bénévoles. Comment prépare-t-on les commissaires ? Nous avons organisé un stage durant lequel nous avons simulé une épreuve de quatre-cinq heures autour de Monaco. Il y avait une douzaine de concurrents pour jouer le jeu. Lors de ces stages, nous leur montrons les différentes manières d'intervenir, ils apprennent aussi la signalisation. Qui sont les commissaires ? Des hommes passionnés de sport auto. Nous avons eu des personnalités aussi, comme Sébastien Ogier avant qu'il soit pilote, en 2005 et Vous renouvelez souvent votre effectif ? Environ 40 commissaires partent à la retraite chaque année et sont renouvelés. On se maintient toujours à peu près à 650 en Grand Prix. Nous encourageons les nouveaux à participer également aux rallyes où nous avons de plus en plus besoin de commissaires car la plupart prennent quasiment tous leurs congés pour être sur le circuit mythique de Monaco en F1. 2006 sur les Grands prix. Je me souviens être allé le chercher pour l'emmener au stage parce qu'il logeait chez des amis. Il était moniteur de ski à l'époque. Il faisait partie des commissaires au feu. 90 commissaires viennent en renfort aux pompiers. Un jour, il a eu un volant et a laissé son poste pour devenir pilote. On a aussi eu Allan McNish (pilote écossais), il y a quelques années. Je me suis toujours préoccupé des commissaires. J'ai fait mon 34e Grand Prix en 2014. J'ai été dix ans chef de sécurité et dix ans directeur d'épreuve avant de passer président sur les rallyes. Je suis président des commissaires depuis 2011. J'ai la passion du sport auto et j'aime la mobilisation des hommes, c'est tout un ensemble. Il y a aussi la magie d'être sur le circuit historique de Monaco. Tout le monde peut intégrer l'équipe ? Quand le rallye commence, que faites-vous ? Pour le Grand Prix, il faut avoir entre 18 et 30 ans. A 55 ans, chez nous, les commissaires partent à la retraite par mesure de sécurité. En rallye, on les garde un peu plus parce que c'est beaucoup moins dangereux. Sur circuit, il y a plus d'accidents et de sorties. Mon travail, c'est surtout avant, c'est l'organisation. Ensuite, je vais voir mes hommes sur le terrain, pour les soutenir et en cas de prise de décisions. Je ne reste pas à la direction de course. Je ne suis pas un homme d'intérieur. En quoi êtes-vous importants ? Les commissaires du Grand Prix sont les yeux des pilotes en terme de signalisation et d'intervention. Ils sont au cœur de la sécurité. Ils travaillent différemment en rallye, où ils sont au départ et à l'arrivée des spéciales. Ils s'occupent des chronométrages. Par contre, nous avons des intermédiaires tous les trois ou quatre kilomètres, avec des radios. Eux peuvent intervenir et aider un véhicule en difficulté. Chaque voiture 2829 1927 UNE COURSE POUR CES DAMES 1911 LES DÉBUTS 1911 1949 "LA RENAISSANCE" Pour la sixième édition du rallye (aucune course n'a lieu entre 1912 et 1924 à cause notamment de la 1re Guerre mondiale), une nouveauté est mise en place. La coupe des dames, qui sera maintenue jusqu'en 1997. La pilote britannique Patricia Moss-Carlsson détient le record de victoires puisqu'elle s'est imposée à 8 reprises (1959, 1960, 1962, 1964, 1965, 1968, 1969, 1972). On notera également les 4 victoires de la Française Michèle Mouton à la fin des années 70. Suite à la Deuxième Guerre mondiale, le rallye ne reprend qu'en 1949, suivant un nouveau règlement rédigé en 1948. L'itinéraire partira de Monaco pour y revenir, mais six villes d'Europe sont "choisies comme tête d'itinéraire" pour les pilotes résidant dans des pays éloignés, comme l'explique l'ACM dans son ouvrage "Monte-Carlo, 100 ans de rallye, petites histoires d'un grand rallye". C'est le Français Jean Trévoux qui s'impose cette année-là. 1949 DU MONTE-CARLO L'année 1911 marque la naissance et la première édition du Rallye de Monte-Carlo. Pour ce lancement, c'est une épreuve de tourisme plus qu'une épreuve sportive qui est proposée aux participants, avec des départs possibles dans différentes villes d'Europe. C'est un Français, Henry Rougier, qui l'emporte. Au total, 23 coureurs étaient enregistrés, pour 20 voitures alignées au départ et 18 à l'arrivée. HISTORIQUE LE RALLYE MONTE-CARLO L'Automobile club de Monaco (ACM) fête ses 125 ans cette année. L'occasion, en pleine période de rallye, de revenir sur dix grandes dates du "Monte-Carl". Par Romain Chardan - Photos : ACM L'ÈRE LOEB En 2003, Sébastien Loeb attaque ce qui sera sa première saison pleine en rallye. Troisième pilote chez Citroën, le jeune alsacien s'octroie son premier Monte-Carlo devant ses coéquipiers Carlos Sainz et Colin McRae. C'est alors le début d'une domination sans partage (en dehors des années IRC puisqu'il n'y participe pas, et de l'édition 2006 suite à une sortie de route) qui va s'étendre jusqu'en 2013, date de son dernier sacre. Recordman de victoires sur l'épreuve, il en totalise 7. 2003 LE CENTENAIRE À anniversaire spécial, course spéciale. Pour fêter le centenaire de la course, les organisateurs, qui ont décidé de rester en IRC, offrent les droits d'engagement aux 100 premiers pilotes. Le dossard "100" est d'ailleurs attribué à Daniel Elena, qui est inscrit comme pilote, Loeb n'ayant pas été autorisé à participer par son équipe. Au total, 110 pilotes prennent le départ (pour 120 engagés), et 54 entrent dans les classés. Elena termine à la 52e place. 2009 LES ANNÉES IRC Si le passage du WRC en IRC (jusqu'en 2011) ressemble à un déclassement, les dirigeants du rallye y avaient vu quelques avantages. L'engagement d'Eurosport Events sur le championnat permet une couverture télé d'envergure. Et dès la première année, un jeune pilote en devenir va briguer la première place. Un nom qui reviendra en WRC, puisqu'il s'agit de Sébastien Ogier. 2011 1973 WRC RALLYE 1973 2002 AVANT QUE LE DUO LOEB-ELENA NE RÈGNE Présent depuis 1970 dans le championnat d'Europe des rallyes, le Monte-Carlo intègre dès 1973 le World Rallye Championship (WRC), année de sa création. C'est également la première année où le championnat du monde des constructeurs est mis en place, et le Monte-Carlo fait partie des épreuves prises en compte dans le classement final. C'est Jean-Claude Andruet qui s'impose en 1973, au volant de son Alpine A110 1800. Sébastien Loeb est encore catégorisé comme un espoir, mais l'année 2002, qui marque sa deuxième participation à l'épreuve, va le révéler aux yeux du monde. Collaborant avec Citroën Sport, il prend le départ du Monte-Carlo au volant d'une Xsara WRC. Et contre toute attente, il finit 1er au classement général. Cependant, un changement de pneu au soir de la 2e étape au lieu du lendemain matin, et pour lequel il prendra une pénalité, lui vaudra de terminer finalement 2e derrière Mäkinen. 1979 LE CHAMPIONNAT DES PILOTES À l'image de ce qui s'est mis en place quelques années auparavant pour les constructeurs, l'année 1979 marque un nouveau tournant dans l'histoire des Rallyes et de celui de Monte-Carlo. Un tournant fort puisqu'il s'agit de l'intronisation du championnat des pilotes, avec la mise en place d'un barème de points en fonction du classement obtenu. La victoire rapporte alors 20 unités, et c'est Bernard Darniche qui les obtient le premier. EN DATES LA BIBLE À l'occasion du centenaire du Rallye MonteCarlo, l'Automobile Club de Monaco (ACM) a édité cet ouvrage en deux volumes retraçant les cent ans d'histoire de cette épreuve devenue mythique. 2014 L'ANNÉE DE LA SUCCESSION L'an dernier, une nouvelle ère s'est ouverte puisque Sébastien Loeb avait décidé de se retirer des circuits en WRC. La bataille pour prendre sa succession a rapidement tourné à l'avantage de celui qui est aujourd'hui double champion du monde en titre, Sébastien Ogier. 3031 RUDY RINALDI LE PILOTE A LES CROCS Le Monégasque Rudy Rinaldi pratique assidûment le bobsleigh depuis quatre ans. Désormais entraîné par Patrice Servelle, le pilote n'a plus envie de traîner. Et cela se voit dans ses résultats, il a déjà glané deux médailles de bronze en bob à deux cette saison. Par Chris Bertoldi - Photos : DR O n croit qu'il suffit de grimper dedans et de se laisser glisser. Mais non, ça se pilote comme une voiture. C'est difficile à expliquer, mais il y a deux cordes reliées aux patins avant, que l'on tient dans nos mains. Tout est une question de pression, de dosage et de sensations. C'est la pression donnée par la vitesse qui te fait adhérer à la glace et te permet de moduler ta trajectoire", explique le bobeur de 21 ans. Avec son 1,80 m et ses 88,5 kilos de muscle, on se doute que le gaillard travaille d'arrache-pied. Ouvrier polyvalent au stade Louis-II, il bénéficie d'horaires aménagés. "Je m'entraîne quasiment à temps plein. C'est plus professionnel et motivant depuis que Patrice est mon coach. Dès avril, après les Jeux de Sotchi (1), il s'est mis à me suivre de près. Il est avec moi tous les jours, même en déplacement. Il s'occupe du physique", raconte Rudy Rinaldi. Celui qui avait remporté le bronze aux premiers JO de la jeunesse à Innsbruck, en 2012, aux côtés du pousseur Jérémy Torre, prend exemple. "J'aimerais devenir aussi bon que Patrice", glisse-t-il. "Il a quand même représenté quatre fois Monaco aux JO et a ramené une médaille d'argent de la Coupe du monde de Calgary en 2010." BOBSLEIGH Deux bronzes pour attaquer "Cette année, je savais que la roue allait tourner. Je savais que j'allais récupérer Boris (Vain). C'est l'un des meilleurs pousseurs. C'est allé plutôt vite en Coupe d'Europe, alors pourquoi ne pas faire pareil en Coupe du monde ?", annonce le bobeur. En plus de Boris Vain (21 ans), le pilote est accompagné de Thibaut Demarthon (24 ans), pousseur remplaçant. Dès le début de saison, en novembre, le team a terminé troisième d'une manche de la Coupe d'Amérique, à Parc City (Utah, voir photo en bas à droite). Pour l'heure, les bobeurs ne sortent pas du top 6 en Coupe d'Europe et ont notamment placé une deuxième médaille de bronze autour de leur cou, lors de la manche de Coupe d'Europe de la Plagne (Savoie), en décembre. "Au départ, on visait plus le top 10. Mais quand on s'habitue à faire mieux, on n'a pas envie de se relâcher. J'ai trois bronzes à la maison, j'aimerais bien ramener un peu d'argent", s'amuse-t-il. La poussée, la base Les efforts paient. En terme de préparation physique, les hommes du manager et coach de pilotage Bruno Mingeon n'ont pas chômé. Ils ont bossé le foncier d'avril à juin, à coups de musculation et de sprints longues distances cinq jours par semaine. Ils ont ensuite poursuivi le travail en filant sur la glace de Oberhof (Allemagne) toutes les trois semaines, afin de perfectionner leur technique. Parce que s'ils façonnaient leur poussée chaque mercredi à La Turbie, rien ne vaut la piste, la vraie. "J'aime bien courir. Sans une bonne poussée, on ne peut rien faire. Généralement, on pousse sur 15 ou 20 mètres. Mieux on le fait, plus on grignote le chrono." Rudy explique que contrairement à ce qui pouvait se faire auparavant, aujourd'hui le pilote pousse quasiment autant que le pousseur. Il n'a que trois appuis de moins. "Avant, ils avaient un gabarit moins épais. Désormais, on doit nous aussi être très forts. A La Plagne, nous avions la quatrième meilleure poussée, en Allemagne la deuxième, et aux États-Unis, la sixième", relatet-il, pas peu fier. "Je suis en Ligue 2, et je vais passer en Ligue 1" Lorsque nous l'avons rencontré, en décembre, Rudy Rinaldi regardait déjà vers l'avenir. "Il y aura les championnats d'Europe, fin janvier, mais surtout les championnats du monde, fin février. En gros, je suis en Ligue 2, et je vais passer en Ligue 1 lors des Mondiaux. Actuellement, je me compare aux meilleurs et j'ai envie de continuer à le faire, même si je sais que le niveau sera vraiment plus élevé. Je rêve beaucoup, mais si on ne fait pas ça dans la vie, on n'a rien", lance-t-il, le regard droit. L'équipe de Monaco participera aussi aux Mondiaux juniors, début février, dédiés aux moins 26 ans. 3233 L'un des points forts du team, c'est le bobsleigh confectionné par Patrice Servelle. "On a récupéré celui qu'il avait aux derniers JO. C'est la F1 du bob. Il l'a longtemps testé et perfectionné. Ça fonctionne un peu comme dans le sport auto. Si tu n'es pas équipé d'un bon engin, tu ne peux rien faire. Les Allemands et les Américains sont les plus avancés sur le matériel. Leurs bobs sont fabriqués par BMW", glisse-t-il. Et de conclure : "Je n'ai pas envie de perdre de temps. Je veux y arriver vite." 1. Patrice Servelle y avait participé avec le pousseur Sébastien Gattuso. Rudy Rinaldi était alors pilote remplaçant. L'équipage avait terminé 21e en bob à deux. MONTE-CARLO SKI CLUB DU LOISIR AUX COMPÉT' Il a plus de 80 printemps et continue de séduire. Le Monte-Carlo ski club, présidé par Jean-Paul Tournier, compte près de 200 adhérents. Chaque hiver, il fait le plein, que ce soit en section loisir ou compétition. Par Chris Bertoldi - Photos : Agence ZOOM, Monte-Carlo ski club SKI ALPIN A lexandra Coletti, Olivier Jenot, Arnaud Alessandria ou encore Paul Croesi. Ces jeunes skieurs qui portent haut les couleurs de la Principauté ont été formés au MonteCarlo ski club. Aujourd'hui, ils participent à de nombreuses courses internationales. De quoi combler le président de la section. "Nous sommes très fiers, en étant un petit pays au bord de la mer, d'avoir des skieurs au niveau important. Les gens de l'extérieur sont toujours surpris quand on leur dit qu'on en a trois qui ont participé aux championnats du monde et aux Jeux olympiques, et qu'ils avaient vraiment le niveau pour y aller", raconte Jean-Paul Tournier. A la tête du club depuis 2008, il explique qu'ici, c'est un peu chez lui. "J'ai toujours été dans le milieu du ski. Depuis ma prime jeunesse. Je suis entré au Monte-Carlo ski club à l'âge de dix ou douze ans", se souvient-il. "Par la suite, j'ai participé aux championnats du monde citadins et à plusieurs finales du challenge des moniteurs. J'avais un niveau intéressant. Puis vers 22 ans, j'ai commencé à passer mes diplômes de moniteur et d'entraîneur." Une suite toute logique pour le passionné qui énumère quelques-uns de ses chouchous français. "Des skieurs que j'aime, il y en a beaucoup. Je pense à Alexis Pinturault (médaillé de bronze sur le slalom géant des JO de Sotchi), et j'ai une pensée particulière pour Mathieu Faivre, puisqu'il est d'Isola 2000 où j'ai entraîné moimême. Chez les filles, on espère que Marie Marchand-Arvier (médaillée d'argent sur le super G des championnats du monde de Vald'Isère, 2009) pourra revenir au premier plan, Tessa Worley (championne du monde de géant à Schladming, 2013) également." Sur le chemin de la compétition Logés au 28 quai Jean-Charles Rey, les bureaux dans lesquels nous accueille Jean-Paul Tournier sont accolés à ceux de la Fédération monégasque 3435 de ski. "Il est vrai que Monaco a cette spécificité. Nous sommes deux entités bien distinctes, mais comme il n'y a qu'un seul club, nous avons des rapports très amicaux et directs", indique-t-il. "Le club compte treize membres et a plus vocation à mener les jeunes skieurs à la compétition qu'à leur faire faire du ski en loisir. Bien sûr, cette deuxième option existe et remporte un franc succès", poursuit Jean-Paul Tournier. "Je pense notamment à Paul Croesi. C'est un très bon skieur de 16 ans. Moi qui adore le ski de compétition, j'ai un très bon pressentiment à son égard. Il est vraiment doué. Il attaque sa première saison internationale." Durant l'année, les compétiteurs sont invités à participer à au moins deux stages de perfectionnement. En novembre, à Pitztal (Autriche) ainsi qu'en juillet aux Deux Alpes (Isère). À partir de décembre, la saison est lancée. Chaque samedi, deux sites d'entraînement et plusieurs moniteurs nationaux de ski attendent les fondus de glisse. Dès l'âge de 7-8 ans, c'est-àdire, dès le niveau cadet, Auron et Isola réservent des pistes aux jeunes skieurs. "Il faut qu'ils aient déjà un certain niveau comme la flèche(1) de bronze ou d'argent", prévient Jean-Paul Tournier. Dès le mois de janvier, les sportifs testent leurs aptitudes lors de courses le dimanche, à l'occasion du Trophée Borrufa, par exemple, organisé à Andorre du 26 au 29 janvier. Leur Paul Croesi a chuté en décembre, lors d'une compétition internationale a Isola. Blessé à la rate, il devrait rechausser les skis vers la fin février. cotisation de membres permet au Monte-Carlo ski club de leur délivrer une licence FIS (Fédération internationale de ski), indispensable pour participer à des courses à l'étranger. "Par la suite, les plus forts intègrent la Fédération et finissent par entrer dans un team privé, tels qu'Alexandra Coletti et Olivier Jenot, ou rejoignent une équipe, comme Arnaud Alessandria qui évolue dans le groupe Coupe d'Europe des Français." Le ski loisir n'est pas en reste Mais pas tous les skieurs de Monaco ont vocation à faire de la compétition. Il y a aussi ceux qui se régalent à dévaler les pistes en dilettante, sans souci de chrono. Ces sportifs-là trouveront peut-être une place, s'il en reste, dans le bus du club tous les samedis où les conditions permettent une belle journée de ski. Plus d'une dizaine de moniteurs fédéraux - des bénévoles - travaillent aux côtés de Valérie Taggiasco, en charge de la section loisir. "Le bus peut transporter 52 personnes parmi lesquelles huit moniteurs et adultes volontaires pour nous aider à encadrer les skieurs", explique-t-elle. "Nous formons des groupes d'environ huit enfants. On part parfois de zéro et on leur apprend les rudiments du sport. On essaie d'en amener quelques-uns à la compétition." Lors des bonnes années, le club prend en charge une moyenne de 35 enfants par week-end et parvient à satisfaire une douzaine de sorties. Une activité qui n'est pas de tout repos pour les bénévoles. "On s'occupe d'eux du matin au soir, et on les encadre lors du repas de midi. A 36 l'aller, souvent, le petit déjeuner a tendance à ne pas bien passer à cause des virages", s'amuset-elle. "Chaque samedi on se lève plus tôt que la semaine, à 5 heures. On part à 6 h 45 et on revient à 18 h 30", détaille Valérie Taggiasco. "Ils ont beaucoup de mérite", glisse Jean-Paul Tournier. "On sait que pendant quatre mois c'est difficile. Mais après, on a les vacances scolaires pour se reposer", lance-t-elle dans un sourire. "J'avais envie de faire du bénévolat et de partager ma passion avec ceux qui n'ont pas les moyens d'en profiter autrement. Je n'ai pas d'enfant, c'est peut-être pour ça. Je me rattrape de cette manière", conclut-elle. A R N AU D ALE SSAN DRIA OBJECTIF TOP 30 Fondu de vitesse depuis ses premières descentes, Arnaud Alessandria est l'un des portefanions du Monte-Carlo ski club ainsi que de la Fédération monégasque. L'objectif de sa saison, marquer des points en Coupe d'Europe en se glissant dans le top 30. Par Chris Bertoldi - Photos : Agence ZOOM P our le bonhomme de 21 ans, la pratique de la discipline fait office de seconde nature. Campé sur des skis depuis l'âge de deux ans et demi, il a rapidement éprouvé de l'affection pour la glisse. "Mon père m'a appris à skier à Auron", se souvient Arnaud Alessandria. Par la suite, il a intégré le club de Valberg afin de perfectionner sa technique. "On y allait souvent en vacances, alors c'était pratique. C'était du loisir. À ce moment-là, je ne pensais pas du tout au futur." La passion n'a pas tardé à devenir plus impérieuse, et Arnaud ne visait plus seulement les vacances pour parfaire son ski. Il s'est alors inscrit au Monte-Carlo ski club et allait s'entraîner à Isola 2 000 les week-ends d'hiver enneigés en plus des congés scolaires. "Mon entraîneur était Christophe Melan. J'ai passé deux ans à apprendre à ses côtés. C'était super cool. Il m'a poussé à vouloir continuer mais ne m'a jamais dégoûté du ski. J'ai toujours pris beaucoup de plaisir et l'ambiance lors des entraînements était excellente", se souvient le Monégasque. "C'est là que je me suis pris au jeu des compétitions. Déjà parce que j'aimais ce que je faisais, mais SKI ALPIN aussi parce que je voyais que j'avais de bons résultats. Je devais avoir douze ans. A cet âge-là, tu espères faire des Coupes du monde", s'amuset-il. "Là où j'étais le meilleur, c'était en vitesse (descente, super-G et super combiné). C'est aussi là que j'avais le plus de sensations et que je me faisais vraiment plaisir. Mon orientation vers cette discipline du ski alpin s'est faite assez naturellement du coup." Ski études et pôle France La passion s'est transformée en mode de vie et en projet d'avenir assez proche. "Je suis parti en ski études dans un collège à Saint-Etienne-de-Tinée (Alpes-Maritimes). En plus de m'entraîner le week-end et pendant les vacances, j'y avais droit trois après-midi par semaine", l'extase pour le jeune skieur en pleine ascension. "Ma mère était un peu déçue que je quitte la maison si tôt pour l'internat. Mes parents m'ont toujours encouragé, jamais poussé, mais encouragé. Puis ils m'ont soutenu et me soutiennent toujours financièrement", explique-t-il. Car si aujourd'hui Arnaud avoue bénéficier de l'aide de "deux ou trois sponsors" ainsi que de la Fédération monégasque, il admet qu'il est difficile de vivre du ski lorsqu'on n'a pas réellement percé. "Il n'y a pas vraiment de règle ou de stade à atteindre. Il faut savoir bien se vendre et être un bon communicant." Parallèlement à un BEP et un bac pro gros œuvre obtenu au lycée pôle France de Saint-Michelde-Maurienne (Savoie), le jeune homme avait intégré le team privé Amega avec lequel il a passé quatre ans. Actuellement, il évolue au sein de l'équipe de France de Coupe d'Europe, et ce depuis trois saisons. "Nous avons établi un partenariat d'entraînement. Je suis intégré au groupe toute l'année et je profite de leur structure, mais je continue de représenter Monaco lors des compétitions. Nous sommes une petite vingtaine de jeunes et avons tous sensiblement le même âge, alors il y a une super ambiance entre nous. Ça rigole tout le temps. Nous formons vraiment un bon groupe. S'entraîner seul, ce serait difficile, je pense. Là, il y a une véritable émulation. En vitesse, on se tire bien la bourre. Ça me permet de me mesurer tout le temps", raconte Arnaud, heureux de son sort. "Continuer au moins une année" "Cette année, mon objectif est de marquer des points en Coupe d'Europe. Pour cela, il faut que j'entre dans le top 30. L'année dernière, j'étais plutôt entre la 45e et la 50e place. À Ex earuntium ea vel maio. Namet eum harcit, ne si cum as eumquis est quiasped chaque fin de saison, je fais un bilan. Et je sens que j'ai encore une certaine marge de progression. À mes yeux, ça vaut le coup de continuer au moins une année", argumente le descendeur qui, parmi les Coupes d'Europe et Coupes du Monde auxquelles il a participé, peut se targuer d'avoir représenté Monaco lors des JO de Sotchi l'année passée. Il s'était attribué la 39e place en descente et avait fini 36 e sur la descente du super combiné (il était sorti lors du slalom constituant la deuxième partie de l'épreuve). "En décembre, j'ai participé aux deux premières manches de Coupe du monde à Val Gardena, massif des Dolomites, et à Santa Caterina (Italie), et ce n'était pas évident (il a terminé 56 e en descente, 59e en super-G lors du premier rendez-vous, et 52e en descente lors du deuxième). Le tracé était difficile, mais c'était vraiment sympa." Lorsque nous l'avons joint, Arnaud venait de participer à sa première manche de Coupe d'Europe à Wengen, en Suisse (72e). "Ça ne s'est pas très bien passé", soufflait-il. Heureusement, le Monégasque a encore pas mal de dates pour prendre ses marques et tenter d'atteindre son but. "Je participerai aussi au championnat du monde", annonce-t-il. La saison s'annonce chargée. 3839 CHAMPIONNATS DU MONDE : 2-15 février, Beaver Creek (Etats-Unis) COUPE DU MONDE : 19-22 février, Saalbach-Hinterglemm (Autriche) COUPE D'EUROPE : 24-25 février, à Saalbach-Hinterglemm également MONACO OPTIMIST TEAM RACE LEÇON D'OPTIMIST POUR LE TEAM DU ROCHER Pour la sixième fois, le port de la Principauté s'est transformé en terrain de jeu des jeunes régatiers. La Monaco Optimist Team Race est l'un des rares formats de course par équipe en embarcation individuelle. Cette année, 64 marins ont navigué, du 15 au 18 janvier. Parmi eux, le jeune team monégasque, venu se faire la main. Par Chris Bertoldi - Photos : Franck Terlin, Marina Semenova et Chris Bertoldi NAUTISME L 'histoire débute sur le quai Louis-II, pour la première fois. Sa large esplanade laisse un espace confortable aux jeunes gens en passe de concourir. Étalés au sol, la tête couverte d'un bonnet, ils sont à l'œuvre. Il faut fixer la voile sur son mât, puis le mât sur son navire. Ça s'affaire et ça ne plaisante pas. Les coaches donnent déjà quelques directives. L'enjeu est bien là, et il est international. "Ok, please, can we go to the meeting room ?", lance l'un des organisateurs à plusieurs reprises. Visiblement, les garnements ont du mal à lâcher leurs vaisseaux. C'est certainement parce que ça souffle déjà. Tout marin le sait bien, le vent est incapable de se tenir tranquille à Monaco. Il va, il vient, sans jamais tenir compte du planning. Mais cette fois, les voiles claquent contre les mâts et les rayons puissants annoncent une belle journée. "C'est particulièrement important de vous recevoir cette année, au sein du nouveau Yacht Club de Monaco. Nous sommes montés à seize équipes venant de treize pays", harangue Bernard d'Alessandri, directeur général du club monégasque. L'an passé, il y en avait douze et elles venaient de neuf États. "J'espère que vous prendrez beaucoup de plaisir", déclame-t-il en français, anglais et italien. Par groupes de quatre, les 64 régatiers âgés de 12 à 15 ans foulent l'estrade pour se présenter. Munis d'un étendard presque aussi haut qu'eux, ils sont à la fois fiers, impressionnés et amusés d'entendre résonner l'hymne de leur pays. Renouveau chez les Monégasques "En plus des équipes de l'année passée, nous accueillons le Danemark, la Finlande, l'Algérie et la Grande-Bretagne qui avait participé il y a quelques années", explique Thomas Champion, BILAN DES COURSES 1. Gstaad Yacht Club 2. Helsingfors Segelsallskap - HSS Helsinki 3. Saint Petersburg Yacht Club - S. Academy 4. Yacht Club Aquitaine 5. Parkstone Yacht Club 6. Team PACA 7. OptiClass Denmark 8. Go Sailing Team 9. Société Nautique de Genève 10.Yacht Club de Monaco 11.Fédération algérienne de Voile 12.Yacht Club Sanremo 13.Circolo della Vela Sicilia 14.ARM URLA Sailing Club 15.Team UFO Austria 16.Royal Cork Yacht Club 4041 l'un des entraîneurs de la section sportive du Yacht Club de Monaco, à l'origine de l'Optimist Team Race en Principauté. Lors de la précédente édition, il coachait un team monégasque assez expérimenté, alors arrivé en troisième position derrière le Gstaad Yacht Club et le Yacht Club Argentino. "Cette fois-ci, je me suis un peu détaché pour ne pas prendre parti sur l'eau. Je suis "assistant principal race officer", c'est-à-dire que j'officie en tant que technicien pour faire monter un peu le niveau de l'épreuve", explique-t-il. "L'équipe monégasque est jeune cette année. C'est le renouveau. Elle débute en course par équipe. Ce sera plus une épreuve de formation". Pour l'occasion, il a passé la main à Margaux Meslin, une passionnée de voile de 22 ans. "Ça s'inscrit dans la politique de formation du club. Nous prenons des jeunes qui souhaitent s'investir dans les métiers de la mer. C'est le cas de Margaux qui est ici depuis un an." Bonne humeur à toute épreuve Après une journée printanière où les régatiers ont profité d'un vent soufflant à 10-15 nœuds, la matinée qui suit se voit écrasée par un ciel lourd et gris. Et cet air qui ne monte pas… C'est là que nous retrouvons Margaux Meslin, entourée par son quatuor désœuvré. Tous plus ou moins installés sur un Optimist estampillé Monaco, ils grignotent leurs sandwiches en enchaînant les taquineries. Simon Maltcev, Mathéo Sperry, Logan Viciana et Antoine Arnoult sont tous issus de la section sportive du club. La veille, les jeunes gens ont enlevé cinq victoires sur sept courses et ressentent un certain contentement. "On est étonnés de notre résultat", balance Mathéo, 12 ans. "Y a que moi qui sais faire en gros", coupe Simon, 13 ans, dont c'est la deuxième participation. Le jeune blond aux yeux bleus prend une moue sérieuse et commente : "On a eu quelques difficultés hier, avec le stress et les virements de bord. En fait, je suis un peu comme une maman pour eux", s'enorgueille le chef d'équipe, sourire en coin. "Arrête", souffle Margaux Meslin, amusée par le comédien. "À part pour Simon, c'est notre première course internationale", intervient Logan, 12 ans, fier. "Aujourd'hui, on va essayer de ne pas perdre", poursuit-il. Bel objectif. Leur humeur joviale ne semble pas écornée par l'expérience du team Gstaad, grand favori, ni par leurs cousins français (PACA et Aquitaine) qui trustent le podium. Les relations restent amicales. "Ils ont du niveau. Ce sont nos adversaires sur la ligne de départ. Mais sinon, on est copains avec eux", glisse Antoine, 12 ans. Les garçons n'ont appris leur sélection qu'une semaine avant l'événement. "Ça faisait très plaisir", déclare Logan. "Ça faisait drôle aussi", raconte Mathéo. Tactique et cohésion Les marins s'entraînent régulièrement. "Ils sont tous barreurs puisqu'ils font du solitaire", précise Margaux Meslin. "Ils ont donc un caractère assez fort et ce n'est pas toujours facile de les faire travailler en équipe. Nous avons sélectionné ceux qui ont le meilleur potentiel et qui sont le plus propices à développer une cohésion de groupe", explique la jeune femme. "Nous avons un planning à suivre. Tous les pays se rencontrent par matches de deux équipes sur trois jours. Le quatrième est réservé aux phases finales. L'objectif NAUTISME 4243 grande satisfaction de conserver notre titre. Le plateau était très relevé et notre objectif demeure de rester numéro un parmi les meilleurs", déclarait Antonis Drosopoulos, l'entraîneur des Helvètes. MELGES 20, J/70 ET SB20 : 3E ACTE Autre rendez-vous du week-end, l’acte 3 des Monaco Sportsboat Winter Series. Il s'agit d'un programme hivernal dédié aux monotypes, qui a réuni une quarantaine de Melges 20 et de J/70, ainsi qu'une dizaine de SB20 venus s'entraîner. En Melges 20, Guido Miani s'est imposé sur Monaco Racing Fleet, et sur J/70, c'est Steffen Hepberger (Esprit d'équipe) qui a raflé la victoire. Pour ces équipages de haut niveau venant de toute l’Europe, ce troisième acte (sur cinq) fait office d'échauffement avant la Primo Cup – Trophée Crédit Suisse (30 janvier-1er février et 6-8 février), qui depuis plus de 30 ans donne le coup d’envoi de la saison internationale de monotypie. En tout, l'ensemble des jeunes marins ont disputé 154 courses en quatre jours. La compétition en eaux princières a la particularité de proposer des parcours au large (devant le Larvotto), mais aussi dans le port, en cas de trop forte houle. Et ce, tout en préservant la sécurité des enfants ainsi que la libre circulation des bateaux. Quant aux rouge et blanc… "Bien sûr, ils sont déçus", rapporte la coach. "Mais dans l'ensemble ils ont bien progressé. Et surtout, ils ont compris qu'on est en train de construire une équipe pour le futur, ce qui les console un peu." Les quatre régatiers ont encore l'âge de faire une ou deux autres éditions. "C'est aussi pour cela qu'on les a choisis au début de leur apprentissage de la compétition. Le projet est intéressant", poursuit Margaux Meslin. Début février, ils ont à nouveau eu l'occasion de peaufiner leur technique en participant au même genre de course par équipe, à Antibes (31 janvier-1er février, hors de nos dates de bouclage). La seule différence, c'est qu'il n'y avait pas de clubs de tous horizons, seulement ceux de la ligue PACA. est de s'entraider pour arriver avant les autres. Ils doivent essayer d'être bons tacticiens et de pousser leurs adversaires à la faute." Si les quatre doivent être sur la ligne de départ en même temps, ils ont ensuite un rôle bien défini. "Moi je suis bloqueur et fonceur. Je dois gêner les adversaires tout en allant le plus vite possible", explique Logan. "Moi, je suis l'opportuniste", annonce Simon. "C'est-à-dire que je fais ce que je veux. Je saisis des opportunités et je m'occupe de la tactique." Quant à Antoine, "il donne le temps dans la procédure de départ. On a trois minutes pour se préparer, et à zéro, on doit être sur la ligne", explique l'un de ses camarades. Une équipe pour le futur Malgré une motivation et des bases solides, les Monégasques n'ont pu qu'accrocher la dixième place, loin derrière Gstaad, l'équipe aux quatre victoires de rang. "C’est une très 44 MESLIN, L'ÂME MARINE Pour l'occasion, Margaux Meslin a chapeauté les "grands". D'habitude, elle s'occupe des 10-12 ans, les pré-compétitions. "J'essaie de leur transmettre le goût de la course." La jeune femme est une passionnée de voile. "Je viens de Normandie. Je navigue depuis toute petite. C'est mon grand-père qui m'a mise là-dedans, il adore ça. Je suis la seule de la famille à avoir développé cette passion. J'ai fait de la compétition pendant huit ans, jusqu'à l'année dernière." L'étudiante en Master 2 de préparation physique et réathlétisation a notamment participé quatre fois aux championnats de France sur 420 (voilier). Parallèlement à ses études à la fac de Nice, elle cultive son goût pour le nautisme à Monaco. MAGNUS KONOW A/S OSLO JEAN-MARC NOWAK LA VALLÉE SECRÈTE DE NAAR PHU Charles Poncet, Marie-Cécile Yakoubsohn, Marie-Christine Payrouse, Bernard Becchetti, Edmond Siccardi, Louis-Paul Martin, Pema, Georges-Olivier Kalifa, Sylvain Unia, Laurence Zelioli, Eric Rubio, Roman Janecek, Jean-Marc Nowak Jean-Marc Nowak, l'alpiniste de Monaco connu pour avoir gravi les sept plus hauts sommets du monde, s'est offert une douzième balade au Népal. Cette fois, il ne s'agissait pas de repousser ses limites, mais de faire découvrir la haute altitude à sa bande de copains des Alpes-Martimes. Par Chris Bertoldi - Photos : Jean-Marc Nowak ALPINISME 4647 Petit trek entre amis "J'ai eu la chance de découvrir des sites sublimes sur les sept continents et de faire des rencontres uniques. Mais cette fois, j'avais envie d'emmener des copains montagnards avec qui je sors souvent, afin de leur faire découvrir de beaux paysages et de leur faire toucher du doigt la haute altitude. Mon choix s'est porté sur le trekking de Naar Phu, l'une des régions les plus secrètes du Népal. Ses belles vallées ne sont ouvertes aux Occidentaux que depuis 2003. Début octobre, nous sommes partis à douze réaliser l'ascension du Chulu East Peak (sommet de 6 059 m), balcon de l'Annapurna (sommet himalayen, dixième plus haut du monde avec plus de 8 091 m d'altitude)." La tête dans les nuages "La période était idéale pour le paysage, entre couleurs automnales flamboyantes et neiges éternelles dès 4 000 mètres. Nous avons parcouru 200 kilomètres en 3 semaines et mes compagnons sont unanimes, on n'a pas vu le temps passer. Les journées sont physiques et fatigantes, mais on ne se souvient que du bon. On ne pensait pas faire d'aussi belles rencontres. Ils ont encore la tête dans les nuages. Ils sont encore un peu là-bas." Progression régulière obligatoire "Chaque jour est différent, avec une altitude différente. La progression vers les sommets doit être régulière afin de s'acclimater à l'altitude. Nous sommes partis de 1 800 m puis avons atteint 2 000 m. Le troisième jour, nous étions à 3 600 m, puis le quatrième à 4 000 m. Il ne faut jamais brusquer le corps sous peine d'avoir de forts maux de tête, surtout la nuit, et même des œdèmes. Il faut beaucoup boire et avoir une bonne alimentation. Nous étions bien accompagnés, par plusieurs Népalais dont un sirdar (chef des sherpas), un cuisinier, quelques porteurs mais aussi par quinze mules qui se sont chargées d'acheminer tentes, tente mess et sacs divers." ALPINISME La bouse de yak "Sur le chemin pour arriver à la vallée secrète, nous avons traversé des villages aux populations tibétaines nommés Naar et Phu. Les habitants vivent de manière traditionnelle et conservent les coutumes du Tibet. Ils n'ont pas été envahis par la population moderne. Ils vivent de l'élevage du yak, sauf pendant quinze jours en octobre où ils récoltent du blé et de l'orge qu'ils font sécher sur les toits de leurs maisons. Ils sont heureux d'accueillir des étrangers chez eux car ils sont très isolés. Ils nous ont offert une tasse de thé autour du poêle - leur seul confort - qu'ils alimentent avec de la bouse de yak. Ils adorent être pris en photos et les voir par la suite." Les bottes de sept lieues "Dans l'un de ces villages, une vieille dame a tenu à nous montrer les chaussures que portait le Népalais Tensing Norgay, premier homme à avoir atteint le sommet de l'Everest en 1953. Elle est allée les enfiler et est revenue avec, très fière. Certains alpinistes partent tout simplement à la découverte des sommets. Moi j'ai besoin du contact humain, de la rencontre et du partage avec la population locale pour avoir l'impression que mon expédition est aboutie." L'ascension du Chulu East Peak "Le trekking de Naar Phu, l'un des plus difficiles de l'Himalaya mais aussi l'un des plus beaux, se situe au nord des Annapurnas, imposant massif de 48 km de long. Nous sommes passés près du Manaslu (huitième plus haut sommet du monde, 8 125 m) et du Dhaulagiri (8 175 m). Le 5 octobre, Bernard, Charles, Éric et moi-même avons quitté le camp à 4 h 30 afin de faire l'ascension du Chulu East Peak, accompagnés de Nyma, le sirdar, et de Sagun, un sherpa. Nous avons lentement gravi l'arête sommitale dans la neige et la glace. Une fois en haut, nous avons eu une vue unique avec un horizon parfaitement dégagé. Nous avons pris le temps de savourer. Cela récompensait les efforts fournis par l'équipe." 4849 50 Vous avez dit vertige ? "En terme de météo, nous avons été chanceux. Seuls les deux premiers jours étaient pluvieux. Nous avons traversé une végétation subtropicale et franchi régulièrement de grands ponts himalayens qui enjambent les rivières tumultueuses, grossies par la mousson qui venait de se terminer. Les mois d'octobre et novembre sont une bonne période pour le trek." Attrape sangsues "Nous avons multiplié les rencontres avec les sangsues, friandes de nos chevilles. On les voyait gigoter sur le bas côté du chemin, prêtes à sauter sur nos baskets et se glisser entre nos lacets. Ça ne fait pas mal mais c'est assez impressionnant parce qu'une succion de cette bête fait éclater les petits vaisseaux et ça saigne beaucoup. Mais ce n'est pas bien méchant. La fin de la mousson avait engendré beaucoup de cascades par lesquelles il nous fallait passer. Nous avons perdu deux mules en chemin, emportées par le courant." ENDURANCE SHOP LE CONSEIL À LA FOULÉE PRÈS Difficile de manquer la boutique Endurance Shop, avec sa large vitrine tout en couleurs. Rien que de l'extérieur, cela se voit, c'est le paradis du runner. Par Chris Bertoldi - Photos : Erika Tanaka SPORT & STYLE D ans le chaleureux centre-ville de Menton, pléthore de magasins et autres salons de thé et glaciers attirent l'œil du promeneur curieux. Mais le flâneur sportif, addict du palpitant qui tape et du muscle qui chauffe, ne s'y trompera pas. Le palais de la friandise pour grand adepte de l'effort physique, c'est ici. En risquant un pied dans la boutique, c'est terminé. Le doigt est déjà pris dans l'engrenage. Certaines arborent des formes généreuses, pour ceux qui les préfèrent plus en chair. D'autres ont la silhouette fine et élancée. "Ce sont les "five fingers". On a l'impression de courir pieds nus", indique Laetitia Deschamps, gérante d'Endurance Shop, boutique qu'elle a créée il y a un an, avec son associé Jérôme Glibert. Elle montre une paire de chaussures avec une entrée destinée à chaque doigt de pied. Elles sont de couleur rouge, rose, orange ou vert pétant. Parfois plus sobres, mais toujours 5253 assez inimitables. "Nous avons environ deux cents modèles de baskets différents, hommes et femmes confondus." Jeans, coupe courte, baskets roses, la quadra pleine de peps explique que plusieurs souliers sont destinés aux magasins spécialisés. "Les clients sont très friands de ça. Ce sont des chaussures que l'on ne voit pas sur tout le monde. Nous sommes spécialistes du runnig, du triathlon, de la randonnée, du trail ou encore de l'athlétisme", détaille-t-elle. Autour de nous, combi, bonnets de bain et bonnets d'extérieur, chaussettes, gants, nourriture énergétique et une foule de vêtements correspondant aux disciplines évoquées. INFOS PRATIQUES Endurance Shop, 30 rue de la République, est ouvert le lundi de 15 à 19 heures, du mardi au vendredi de 10 heures à 12 h 30 et de 14 à 19 heures. Le samedi, la boutique accueille les sportifs de 10 à 19 heures. Pour plus de renseignements, téléphoner au 04 93 28 54 25 ou rendez-vous sur la page Facebook du magasin. L'analyse de la foulée Le grand "plus" d'un magasin dédié à des activités spécifiques, ce sont les conseils avisés dispensés gratuitement. "Cela fait vingt ans que je suis runneuse. Depuis petite, je suis passionnée de sport. J'ai joué au basket, en Nationale 1, à Roquebrune-Cap-Martin dans les années 90", raconte la gérante. Lorsque la passion s'associe au métier, cela donne quelque chose de sincère et d'étudié. Elle nous propose de descendre quelques marches dans l'espace de 90 m 2, afin de nous montrer l'arme secrète d'Endurance Shop : un appareillage permettant d'analyser la foulée du client. Nous le testons. Il s'agit de retirer chaussures et chaussettes, et de remonter un peu son pantalon, histoire que l'on puisse observer l'entièreté de la cheville. Sylvie Guidard, employée du magasin, vient régler le tapis de course sur lequel nous grimpons. Et hop ! C'est parti pour quelques instants de simili-sport. Une petite caméra disposée derrière le tapis ne loupe pas une miette des mouvements. Et la sentence tombe. "Malgré vos genoux qui ont tendance à rentrer et à se toucher, vos pieds restent dans l'axe", expliquet-elle, images à l'appui diffusées sur l'écran fixé au mur. "C'est un truc de fille, les genoux qui se touchent", ajoute-t-elle, taquine. "On voit que vous posez votre talon en premier que vous déroulez votre pied jusqu'à la pointe. Vous avez une foulée universelle." Comprenez une foulée basique, non problématique. Des sous-vêtements aux barres énergétiques Ici, on est chouchoutés. Après s'être fait mater la foulée, on nous conduit vers le grand rayon chaussures, à la recherche du bon modèle pour gambader à l'aise. "Pour les gens qui ont tendance à appuyer plus avec l'intérieur du pied, nous avons des semelles plus fermes à cet endroit précis, afin de compenser et d'équilibrer le corps. Et inversement, pour ceux qui courent en appuyant plus sur l'extérieur." Une bonne chaussure doit permettre à la jambe de se dérouler de la meilleure manière, en prenant en compte les spécificités physiologiques. Sinon, douleurs assurées, nous prévient-on. "En revanche, si on remarque une pathologie importante, on envoie les gens chez un podologue, un kiné ou un ostéo." 54 De son côté, Jérôme Glibert explique qu'il aimait le sport, mais que c'est au contact de Laetitia qu'il s'y est davantage intéressé. "Je me suis mis à aimer la performance et la compétition. Je ne suis pas un professionnel, mais je fais du sport régulièrement." Il nous fait découvrir le reste des trésors de l'antre du sport mentonnais. "Nous avons du textile haut de gamme, des vêtements coupe-vent qui retiennent la chaleur et permettent à la transpiration de s'évacuer. Nous avons aussi des montres cardio GPS, des casques audio et des électro-stimulateurs", indique-t-il. Nous repérons aussi les sous-vêtements thermiques ou encore les habits de contention qui maintiennent les muscles et activent la circulation du sang. "Mais pour ça, il faut être au top physiquement, parce que c'est très moulant, une seconde peau", glisse Jérôme, amusé. STAGES CLAUDE POUGET ARTS MARTIAUX & MULTI ACTIVITÉS Plage Marquet - Cap d’ail pour ENFANTS 6 À 15 ANS - 2014/2015 ENCADREMENT DIPLÔMÉ D’ÉTAT u u u u u u Clôt ure d Pratique ludique en sécurité inscript es Développement psychomoteur 15 jours ions av Confiance en soi le début ant Maîtrise chaque de stage ! Discipline Fondements éducatifs (Respect, etc.) VACANCES D’HIVER Période 3 Période 4 VACANCES Période 5 DE PÂQUES Période 6 VACANCES Période 7 D’ÉTÉ Période 8 PÉRIODES : du 23 / 02 / 2015 au 27 / 02 /2015 : du 02 / 03 / 2015 au 06 / 03 /2015 : du 27 / 04 / 2015 au 30 / 04 /2015 (sauf 1er mai, férié) : du 04 / 05 / 2015 au 07 / 05 /2015 (sauf 8 mai, férié) : du 06 / 07 / 2015 au 10 / 07 /2015 : du 13 / 07 / 2015 au 17 / 07 /2015 (sauf 14 juillet, férié) du LUNDI au VENDREDI Renseignements : 06 07 93 31 36 Tél. +377 93 30 14 10 www.monaco-arts-martiaux.com L’ACADÉMIE INTERNATIONALE DE SELF-DÉFENSE ET SPORTS DE COMBAT DE MONACO PRÉSENTE Stages de SELF-DÉFENSE KRAV-MAGA à Monaco Stade Louis II - Salle de Boxe DIRIGÉ PAR CLAUDE POUGET DIPLÔMÉ SUPÉRIEUR D’ETAT 6e DAN EXPERT FÉDÉRAL SPÉCIAL LADIES (10/14 ans et 15 et plus) SAM 7 et DIM 8 MARS EN PARTENARIAT AVEC Tél. +377 (0)6 07 93 31 36 - www.monaco-arts-martiaux.com SAPEURS-POMPIERS DE MONACO LES HOMMES DU FEU AU CHARBON Chez les sapeurs-pompiers de Monaco, la condition physique doit être optimale. Et il est crucial de la repenser de temps en temps, afin de coller toujours plus au besoin du métier ainsi qu'au bienêtre des hommes. Afin d'en savoir davantage sur le sujet, nous sommes allés à leur rencontre, accompagnés du lieutenant-colonel Tony Varo et du commandant Marc Degabriel. Par Chris Bertoldi - Photos : Erika Tanaka et DR PRÉPARATION PHYSIQUE V ous commencez à travailler à quelle heure vous ? Parce que les hommes débutent leur entraînement à 8 h 30", s'inquiétait le lieutenant-colonel Varo. Mais participer (passivement) à la séance de sport des hommes du feu ne souffre pas de compromis. Nous allions ouvrir l'œil un poil plus tôt que de coutume et marcher au pas. Rendez-vous était fixé à 8 h 15. Une fois arrivés au 11, avenue du port, nous étions reçus par le grand chef lui-même pour quelques explications de rigueur autour d'un café. "Les sapeurs-pompiers de Monaco, c'est qui ? C'est quoi ?", commence-t-il, plein d'entrain. "Nous sommes une unité composée de 142 hommes, répartis entre la caserne du port et celle de Fontvieille, au statut professionnel et militaire. Nous sommes, avec les Carabiniers du Prince, le deuxième élément de la force publique." Le lieutenant-colonel Toni Varo détaille les subtilités du métier de sapeur-pompier. "De bonnes aptitudes physiques" Lors de la formation initiale d'un sapeur-pompier, on lui enseigne la lutte contre les incendies et le secours à la personne. À Monaco, on les forme en plus aux risques technologiques, aux feux de navires et de forêts, et au sauvetage déblaiement. La préparation des forces sur le plan opérationnel est confiée au commandant Marc Degrabriel, à la tête du bureau "formation instruction sport". Après une sélection rigoureuse des recrues, qui s'effectue sur une semaine, le commandant forme les futurs sapeurs-pompiers pendant cinq mois. Ici, comme chez les Carabiniers, il n'y a pas de femme. Pour espérer intégrer l'unité, "il faut avoir entre 19 et 27 ans, de bonnes moralités, de bonnes aptitudes physiques et être célibataire", explique Tony Varo. Trois minutes chrono Après le recrutement et la formation des nouveaux, la mission du commandant Degabriel consiste à veiller au maintien de la condition physique et opérationnelle des pompiers. "Les deux sont liés, car ils doivent être en mesure de réagir rapidement, tout le temps. Imaginez, on vous réveille à 3 heures du matin et 3 minutes après, vous vous apprêtez à grimper en haut d'une échelle pour sauver une personne d'un bâtiment en flammes", décrit le commandant. Trois minutes, ce n'est pas une façon de parler. C'est réellement le temps maximum qu'on laisse aux sapeurs-pompiers pour être prêts à quitter la base. "Pour arriver à bon port en 5657 Le commandant Marc Degabriel élabore les entraînements. Principauté, il faut compter cinq minutes. Donc en huit minutes, vous avez quelqu'un pour vous secourir. Bon, si c'est en pleine nuit, il ne sera peut-être pas rasé…", plaisante le lieutenant-colonel Varo. Quoiqu'on soit en train de faire, on le lâche pour intervenir. Toute la problématique physique du pompier réside dans le fait d'être capable de fournir un effort physique intense, sans échauffement, et sur la durée. "On n'improvise rien, les bases doivent être solides. Les gars sont vêtus de carapaces qui pèsent 30 kilos, dans une ambiance parfois mortelle. À 600 degrés, personne ne vit. Ce qui signifie qu'on ne peut pas se planter", déclare Tony Varo. Le "reset" matinal Chaque garde débute par une heure de sport. "Ce sont des hommes, pas des machines. Ça veut dire qu'il y a des variations. Il y a toujours celui qui a des soucis, celui qui a un enfant malade et qui a mal dormi. Le réveil sportif permet de lisser tout ça et de faire "un reset" pour parer à ce qui va arriver. Dans nos journées, la part d'inconnu est toujours importante", explique Tony Varo. "On a un gymnase et une cour, c'est une bonne base, mais c'est limité. Alors on va chercher des installations à l'extérieur. Ce matin, il y a d'ailleurs un groupe à la piscine du stade Louis-II. On y fait des entraînements type sauvetage avec tractions de mannequins. Nous faisons la même chose en mer. Nous courons aussi sur la piste du stade ou en milieu naturel. On a mis au point des parcours de course à pied de huit kilomètres dans la Principauté que nous effectuons en 50 minutes. Après, il y a le sport collectif qui permet de cimenter tout ça. Un pompier, seul, ne fait rien. La condition physique individuelle constitue la sécurité de l'équipe", explique le commandant Degabriel. Réformer l'entraînement pour vivre mieux À 10 heures, les sapeurs-pompiers enchaînent avec deux heures de manœuvres incendie et secourisme. D'autre part, ils ont la particularité de porter une double casquette. Qu'ils soient électriciens ou informaticiens, l'après-midi, ils exercent leur métier au sein de la caserne lorsqu'ils n'interviennent pas. À 17 h 30, ils peuvent à nouveau remettre une couche d'activité physique à leur journée, mais de façon libre. Le défi actuel que souhaite relever le corps des sapeurs-pompiers de Monaco est d'amener ces professionnels jusqu'à la retraite (50-55 ans) sans les user de trop physiquement. "Le métier est éprouvant parce que nous travaillons sur des journées de 24 heures, souvent trois jours d'affilée. Nous faisons en moyenne plus de 25 interventions par jour. Certains problèmes sont récurrents chez nos hommes. Ils souffrent du dos, des épaules et des genoux. Alors nous avons accueilli deux stagiaires de Master 2 de l'UFR Staps de Nice (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), pendant plusieurs semaines. Le but était qu'ils nous aident à adapter le sport au métier, en trouvant comment éviter les traumatismes. La réforme des entraînements est en cours. Nous espérons déployer cela en 2015", rapporte Marc Degabriel. Swiss ball et rameurs pour l'avenir Rémi Devissi est l'un des deux étudiants à s'être penché sur la question. "Le but était de rénover leur façon de faire du sport. Par exemple, nous nous sommes rendu compte qu'il leur fallait faire plus de gainage. Il doivent renforcer leurs abdominaux profonds ainsi que leurs lombaires. Il faut intégrer l'idée que le corps a besoin d'un équilibre entre ses muscles agonistes et antagonistes", relate le jeune homme, désormais coach sportif et diplômé en préparation physique. "La notion de prévention des blessures est très importante et elle doit faire partie de l'enseignement sportif que l'on délivre aux pompiers", ajoute-t-il. "Au lieu des pompes et des tractions, qui peuvent être traumatisantes à un certain âge, nous allons glisser vers l'usage du rameur", complète le commandant Degabriel. "Ils doivent aussi travailler le renforcement de leurs ischio-jambiers, notamment via l'utilisation de swiss ball. 58 Ces muscles interviennent dans la stabilité du dos et des genoux", poursuit Rémi Devissi. Au niveau du cardio-training, le coach sportif préfère "l'intermittent" à la course typique. Il s'agit de phases de course entrecoupées de périodes de récupération plus ou moins actives. "C'est plus efficace, plus précis et adaptable, car l'intensité demandée sera calculée en fonction de la vitesse maximale aérobie de chacun. Cela permet de travailler assez dur, mais de ne pas griller l'individu." La sophrologie chez les pompiers ? Autre point relevé par les étudiants : les pompiers manquent de souplesse, ce qui constitue un facteur de risque de blessures. "Il faudrait ajouter des étirements complets à chaque séance de sport", explique Rémi Devissi, qui évoque l'instauration d'auto-massages. "En complément des étirements, cela permettrait d'enlever les tensions musculaires ainsi que les adhérences entre les tissus (tendons, ligaments, muscles). Cet exercice, qui peut être réalisé à partir de balle ou rouleau de massage, augmenterait la mobilité des articulations et soulagerait les douleurs." De son côté, le commandant Marc Degabriel vante les mérites de la sophrologie auprès de ses troupes. "Je n'abandonne pas", sourit-il. "Mais c'est un milieu de mâles et ils pensent qu'ils n'en ont pas besoin. Je crois que ça prendra mieux auprès des nouvelles générations. Associé aux étirements, cela permettrait de disperser le stress qui rythme nos journées avant de regagner le domicile familial." monaco TouTe l’acTualiTé du sporT monégasque sur le web www.codesportmonaco.com actualites ◆ evenements code sport interviews ◆ Breves ◆ reportages @codesport .com SAPEURS-POMPIERS DE MONACO LES PORTE-FANIONS Ce matin-là, nous déboulons dans la cour alors que la garde s'en donne à cœur joie au tire à la corde. À grands coups de gueulantes, les hommes s'encouragent pour stimuler leur force, sous l'œil attentif du chef de garde du jour. O n passe ensuite par les pompes de rigueur et quelques étirements. Puis vient le moment test de la journée, celui de la planche. "C'est un baromètre de force", explique le commandant Marc Degabriel. La planche est fixée au mur, à 2,15 m du sol. Il s'agit de se hisser dessus. Une fois les coudes posés sur la surface, il faut encore tendre les bras. Grimaces et autres gémissements en disent long sur l'effort à fournir. Pour réaliser l'exercice, les pompiers quittent short et baskets, et revêtent leur tenue professionnelle. Il est 9 h 30, les hommes bénéficient d'une demiheure de "reconditionnement" pendant laquelle ils peuvent profiter d'une douche et avaler un café, avant de reprendre du service. C'est le moment que choisit le commandant Degabriel pour nous présenter ce qu'il appelle "l'élite". "Ce sont les porte-fanions du corps, les leaders. Ils tirent les autres vers le haut en réalisant des performances sportives remarquables sur leur temps personnel. Ils ne bénéficient d'aucun service adapté. C'est ce qui leur permet d'être intégrés dans le groupe. Ils ont la compétence et la légitimité", précise-t-il. "20 HEURES PAR SEMAINE" Caporal Damien Boulanger, 29 ans, triathlète "LE CONTRE-LA-MONTRE, MA SPÉCIALITÉ" Caporal Franck Giusta, 35 ans, cycliste "Je suis licencié à l'ASM triathlon. Cela fait 5 ans que je pratique cette discipline. J'étais gymnaste avant. Mais avec le boulot, c'était pas évident de s'entraîner. Notre planning est assez aléatoire. Nous pouvons avoir 24, 48 ou 72 heures de repos d'affilée. Il faut caler les entraînements là-dessus. En "tri", il y a moins de contraintes. Je n'ai qu'à enfiler mes baskets", explique le caporal. "À l'approche des compétitions, je m'entraîne 20 heures par semaine. En 2014, j'ai couru l'Ironman de Nice en 10 heures. Ce qui indique que j'étais dans les 200 premiers. J'ai aussi réalisé l'Embrunman (triathlon très longue distance qui se déroule dans les Hautes-Alpes) en 12 h 30, ce qui signifie que j'étais parmi les 150 ou 200 premiers. C'était quand même 3,8 km de natation, 186 km de vélo et 42 km de course à pied. Après, je fais aussi des courses régionales et départementales. J'ai notamment remporté le challenge BoCasCap (composé de trois triathlons), en réalisant les meilleurs résultats sur les épreuves de Bordighera, Cap d'Ail et Castellar." "J'ai commencé le vélo à 14 ans. J'ai appris mes gammes à l'Association vélocipédique des amateurs niçois, en 1994. À 20 ans, j'ai commencé ma carrière de pompier professionnel. J'ai cumulé vélo et boulot, et j'ai intégré l'Union cycliste monégasque en 2002", raconte Franck Giusta (au centre de la photo). Il a notamment participé à deux éditions des Jeux des petits États d'Europe (JPEE), au Liechtenstein en 2011, et au Luxembourg en 2013. "J'ai terminé 7e du contrela-montre, les deux fois. J'ai aussi participé à 7 championnats du monde des sapeurs-pompiers. J'ai eu le bronze en 2010, au contre-la-montre, ma spécialité. J'ai été vice-champion du monde en 2011 et 4e en 2012 et 2014. J'ai aussi obtenu le titre de champion de France des sapeurs-pompiers en 2014. Je m'entraîne avec Guido Possetto, directeur technique de la fédération monégasque de cyclisme. Physiquement et mentalement, c'est très bon. C'est l'évasion, un coup de lessive sur ce qu'on voit de dur dans notre travail. C'est une passion qui permet de conserver une bonne condition physique. Si je la perdais, je deviendrais dangereux dans mon job." XXXX OMNISPORTS "NOTRE OBJECTIF EST DE PASSER EN DN1" Sapeur Frédéric Unternaehr, 30 ans, gymnaste "Je fais partie de l'Étoile de Monaco depuis 10 ans, je suis arrivé au club en même temps que le coach actuel, Thierry Aymes. On a créé une sorte d'émulation", explique le gym. "Je continue de m'entraîner sur mes jours de repos, une à deux fois par semaine, trois fois maximum, et j'essaie de m'entretenir à la caserne de Fontvieille. Je fais toujours partie de l'équipe première qui se trouve en Division nationale 2. Nous avions terminé 4es lors des derniers championnats. Notre objectif est de passer en DN1 cette année. En tant que capitaine d'équipe, j'ai le devoir de continuer. En espérant que les jeunes deviennent bien meilleurs que moi et que je sois obligé de prendre ma petite retraite tranquille", plaisante Frédéric. "Je ne progresse plus vraiment, j'essaie de maintenir mon niveau." Un niveau dont le pompier peut être fier. Il a notamment participé 3 fois aux JPEE (Monaco 2007, Chypre 2009 et Luxembourg 2013) et glané 9 médailles (en individuel et équipe confondus), dont 3 d'or. Il a aussi été champion de France minime en 1997, vice-champion de France inter-comité Elite par équipe, en 2006, et champion de France universitaire par équipe avec Nice. "JE ME SUIS PRIS AU JEU DES COMPÉTITIONS" Sapeur Sébastien Brillouet, 31 ans, nageur "Je fais de la natation depuis 25 ans. J'ai commencé à Avignon et ça fait 7 ans que je suis à l'ASM. Mon père était maître-nageur, donc tout petit, je passais mes journées à l'eau. Puis j'ai commencé à faire des compétitions et je me suis pris au jeu. J'ai fait mon meilleur résultat lors des championnats de France Elite grand bassin, en 2005. Je m'étais classé 19e au 50 m papillon. J'ai pu bénéficier d'aménagements d'horaires pour m'entraîner de 8 à 9 heures avec l'ancien coach de l'ASM, Jean-Louis Lecharpentier. Notamment avant les JPEE de 2009 (Chypre) et de 2011 (Liechtenstein) où il gagné 9 médailles en tout, dont une d'or sur le 4x100 m nage libre. "Maintenant, j'ai 3 enfants et avec l'âge, je récupère moins bien. Les jeunes nageurs s'entraînent deux fois par jour, et je peux difficilement rivaliser. Mais je continue de m'entraîner de temps en temps. Je fais deux compétitions dans l'année, le meeting international Mare Nostrum, et les interclubs." 6061 SECTION PREMIER PAS LA RELÈVE EN CULOTTE COURTE La section premier pas, créée par l'AS Monaco handball, est destinée aux pitchouns de trois à sept ans. En plus de s'éclater entre copains le samedi matin, les tout petits découvrent la discipline et améliorent leur psychomotricité ainsi que leur capacité de concentration. Par Chris Bertoldi - Photos : Erika Tanaka HANDBALL L a concentration… Chez un bambin, ce concept apparaît assez flou. "On passe dans le cerceau sans le toucher des mains, en courbant le dos", annonce Luc de Portu, l'un des intervenants. La consigne est simple. Pourtant, une fois le dos du prof tourné, le petit groupe de mini sportifs se met à courir à fond en file indienne et se jette au travers dudit cerceau. La tentation était trop forte. Alors on se met à trois pour remettre l'outil de travail sur ses plots, l'air de ne pas y toucher. "Sandro, tu te calmes. Sinon, tu ne vas rien comprendre !", crie une maman, assise sur l'un des bancs. "Sandro a quatre ans et demi. Ça fait deux ans qu'il participe au cours du samedi. Heureusement qu'il y a le hand parce que des activités pour les enfants de cet âge il y en a peu. C'est dommage parce que la demande est forte", remarque Solange. À l'heure d'aller boire un coup, les miniatures en survêt' et baskets improvisent sprints et autres parties de foot. Puis ils filent se cacher derrière les buts et grimacent à travers le filet. Anita empoigne son fidèle sifflet pour les rappeler à l'ordre. Ce n'est pas triste à regarder. De 9 à 40 licenciés "Nous avons mis en place la section premier pas en 2008", explique Xavier Mangematin, le manager général du club. Au départ, ça ne s'adressait qu'aux 5-7 ans. Mais nous nous sommes rapidement rendu compte qu'un grand nombre d'enfants étaient intéressés. Alors nous avons fait un groupe "baby hand", qui concerne les 3-5 ans et nous avons gardé le "premier pas", pour les 5-7 ans. Nous avons eu une explosion de licences." Lors de la saison 2010-2011, il n'y avait que neuf licenciés. Aujourd'hui, il y en une quarantaine. Autant dire que les trois éducateurs n'ont pas le temps de chômer le samedi, entre 10 heures et midi. "J'arrive toujours en avance pour préparer les différents ateliers auxquels ils vont participer, en fonction de leur âge et de leur niveau", indique Anita Giovannini, la coordinatrice. Elle est entourée de Joëlle Vogelsinger, qui s'occupe surtout du baby hand (10-11 heures), et de Luc de Portu, chargé d'enseigner aux élèves de l'école de handball, c'est-à-dire les 8-10 ans. Dans cette dernière catégorie, les jeunes sont une vingtaine et en plus de leur entraînement du mercredi, ils se greffent aux "premier pas" le samedi. Tout ce petit monde se retrouve dans la salle omnisports de la Zac Saint-Antoine. "Rares sont les sports collectifs à prendre en charge les petits de ces âges-là. Nous sommes aussi les seuls à inviter les parents à assister à chaque séance, voire même, à y participer. C'est une réelle volonté du club", ajoute Xavier Mangematin. 6263 "Une tonne de patience" Et cela plaît beaucoup. Le jour de notre venue, Joëlle Vogelsinger était absente. Du côté d'Anita Giovannini, il y avait du boulot. Et c'est tout naturellement que Sébastien, papa de Hugo, trois ans et demi, est allé mettre la main à la pâte. "Les plus petits sont un peu plus durs à L'ÉCOLE DES GRANDS Chez les 8-10 ans, ça commence à être du sérieux. "Ils apprennent à maîtriser le dribble, à viser et à tirer. On commence à les initier aux différents postes aussi. Ils font des matches, certains participent même à des tournois", explique Julien Picard, un moins de 18 ans qui encadre souvent la séance avec les éducateurs. 11 h 45 : c'est l'heure du choc entre les verts et les bleus. "Chacun défend sur un joueur. On ne se jette pas au sol et on ne dribble pas. Comme ça, vous serez obligés de faire des passes", ordonne Luc de Portu. Un "Oh non" général retentit dans les équipes, déjà enthousiastes à l'idée de faire rebondir la balle. C'est la folie chez les grands, ça crie, ça court, mais surtout, ça tire. "Je vous ai déjà dit que ça ne sert à rien de tirer depuis le milieu du terrain ! Vous n'avez quasiment aucune chance de marquer !", déclare le coach. Mais la tentation est grande. À l'issue de la rencontre, quelques parents entrent sur la petite zone de jeu délimitée par des lignes en plastique et improvisent quelques passes maladroites qui font marrer leur progéniture. Le coup d'envoi du week-end est donné. d'éveil précieuse pour leur développement. Sauter, courir, lancer, attraper, cela s'apprend. "Courir en arrière ou sur le côté, tenir un ballon correctement et ne pas en avoir peur, c'est nouveau pour eux. Il faut comprendre qu'à cet âge, on ne peut pas parler technique. Il faut s'adresser à eux dans un langage qu'ils connaissent et si possible, en images. Par exemple, pour attraper le ballon, je leur demande d'applaudir. Ça paraît bête, mais ça leur permet de comprendre le geste. Pour sauter dans le cerceau et pas en dehors, je leur dis qu'il faut aller sur la pierre et pas dans l'eau où il y a les crocodiles. Ils doivent pouvoir visualiser ce qu'ils font." encadrer, alors c'est plus simple pour tout le monde", raconte-t-il, la jambe serrée entre les bras d'Hugo. "De manière générale, le fait de rester et de les observer, ça les motive. Ils sont encore jeunes pour rester seuls. Mon fils vient depuis le mois de septembre et est très content. Ça lui permet d'apprendre à canaliser son attention, ce qui n'est pas évident à cet âge. Il travaille aussi sa motricité, son équilibre, sa course et sa vision." Au même moment, on entend le conseil d'Anita : "Pour sauter, il faut plier les jambes et pousser vers le haut." Ce qui paraît logique aux adultes ne l'est pas pour les "premier pas". Le monde des enfants, des cerceaux et des plots de couleurs, la coordinatrice semble le maîtriser. Ancienne danseuse classique, elle est aide maternelle depuis vingt ans. "J'ai l'habitude de parler aux enfants. Je sais comment les aborder pour faire fonctionner les choses. Mais il faut tout de même une tonne de patience", souffle-t-elle, amusée. "Je fais ça sur mon temps libre. Je me régale avec les petits. Ça me fait vraiment du bien de les aider à progresser et de les voir évoluer. Et c'est une sacrée satisfaction quand certains poursuivent dans les plus grandes sections. C'est beau de constater ces renouvellements de licences." Pas de technique, des images Le lien entre aide maternelle et prof de hand pour petits ? Sa fille, Virginia. "Elle joue dans l'équipe de Pré-régionale. À force de l'accompagner, de m'occuper de l'équipe et de faire les tables de matches, je suis un peu devenue l'assistante du coach (Thierry Martins Matos). De fil en aiguille, j'ai rencontré Xavier Mangematin, et cela fait six ans que je m'occupe des petits." Les poupons assimilent le b.a.-ba de la discipline et de l'évolution dans l'espace. C'est une phase Et si tout cela semble rigolo, ce n'est pas dénué de sens, car Anita s'attache à les initier aux règles du sport. "Au hand, on ne doit pas faire plus de trois pas avec la balle en mains. Si je leur mets trois cerceaux dans lesquels sauter, ils s'habituent déjà à cette règle sans même le savoir. Au sol, j'établis certaines lignes à ne pas dépasser, parce que ça se passera comme ça sur un vrai terrain. Et pour leur apprendre à dribbler, je leur fais lâcher la balle et la rattraper. À force de le faire, ils découvrent qu'il faut pousser dessus et finissent par acquérir la technique. Tout ce que nous faisons est en rapport avec le hand qu'ils pourront pratiquer plus tard." HANDBALL 6465 LE B.A.-BA DE LA FORCE ATHLÉTIQUE Lors de ce championnat régional qui s'est déroulé à Monaco, les disciplines concernées étaient spécifiquement le développé couché et le bench press. À ne pas confondre avec une compétition de force athlétique, dont le développé couché fait partie. Il y a donc deux circuits. Le développé couché et le bench press d'un côté, et la force athlétique de l'autre. En ce qui concerne la force athlétique, qui a son championnat, il y a trois mouvements à effectuer. Le développé couché, mais aussi le squat (flexion sur les jambes avec une barre sur les épaules) et le soulevé de terre (lever une barre depuis le sol jusqu'aux hanches tout en se redressant). DÉVELOPPÉ COUCHÉ CHAMPIONNAT RÉGIONAL L’ÉPREUVE DE FORCE L'AS Monaco haltérophilie et force athlétique avait mis sur pied un championnat régional de développé couché et bench press au stade Louis-II, en décembre dernier. Une première en Principauté. L'occasion de mettre en lumière une discipline peu médiatisée, défendue cette fois-ci par une quarantaine de participants. Par Romain Chardan - Photos : Erika Tanaka Q uelques spectateurs présents dans les tribunes, une poignée de compétiteurs qui y attendent leur tour, le tout sur un fond sonore géré par un DJ dépêché sur place pour l'occasion. Un championnat régional de développé couché et bench press. Face aux tribunes, quelques chaises vides, puis une autre, esseulée. C'est celle du juge arbitre qui donne le top pour la poussée. Autour, deux tables, toutes deux garnies d'autres officiels et arbitres placés autour du banc. Ce même banc où se positionnent les compétiteurs pour effectuer leurs mouvements. Ces fondus de poids venaient majoritairement de l’arrière-pays varois, partie de la région où se déroulent régulièrement les championnats de force athlétique. Au fond, un rideau cache une certaine effervescence puisque les athlètes venus chercher la performance s'y échauffent avant leur passage. Un esprit de convivialité et d'entraide règne dans cet espace où les visiteurs se font rares. Un essai pour une barre Lors des compétitions de développé couché, chaque participant dispose de trois passages auxquels correspondent une barre et un poids différents. "Ce n'est pas comme pour le saut à la perche. Ici, on n'a qu'un seul essai par poids. Si on se rate, la barre est annoncée nulle", précise Olivier Oumailia, le secrétaire général de l'AS Monaco haltérophilie et force athlétique. Avant d'y aller, mieux vaut se tester, comme il l'explique. "Avant de s'élancer, il faut s'échauffer. L'idéal est de se jauger avec une barre de 5 à 10 kilos de moins que celle que l'on s'apprête à passer pour la compétition. C'est pour cela qu'il y a cette salle d'échauffement, avec un banc homologué pour le championnat. Ce banc, et les autres présents, sont une condition sine qua non pour organiser ce type d'événement." Le moment fatidique arrive à l'appel des officiels. Le compétiteur s'avance alors vers le banc, saluant les arbitres avant de s'installer. Record L'installation de l'athlète est un moment crucial. "La prise d'appuis est importante, car ce sont eux qui donnent de la force venant du sol pour repartir et pousser la barre," précise Olivier Oumailia. D'autant que de la force, mieux vaut en avoir quand on entend les annonces de poids. Lors de la première série de passages, c'est le père d'Olivier, Gérard, 63 ans, qui détonne avec une première barre à 160 kilos en développé couché. Notons que celui qui concourt en catégorie Master 3 (catégorie des 59-69 ans) est vice-champion du monde et champion de France. Il pousse jusqu'à 170 kilos, la 6667 barre à 175 ne passant pas. Mais ce n'est que partie remise pour le futur vainqueur de la catégorie, qui améliore ses stats en bench press quelques minutes plus tard. En validant une barre à 215 kilos, il bat son record de France établi à 210 kilos. Faute technique Au fil des passages, la difficulté se fait ressentir, notamment au niveau de l'effort fourni par les participants. Chacun suit un rituel avant sa poussée, allant de la magnésie qui recouvre la paume des mains jusqu'à la prise de position, et les râles lâchés lors des poussées. Pour le deuxième groupe, un changement d'arbitre a lieu. Et pour cause, le précédent passe de l'autre côté de la barrière. On voit alors quelques "anciens" venir conseiller leurs poulains, à la manière d'un Mickey encourageant Rocky pendant son combat contre Apollo. Mais c'est dans cette deuxième série que les fautes techniques s'enchaînent, sous l'œil d'un arbitre très pointilleux, peut-être même un peu trop. Olivier Oumailia rate d'ailleurs de peu la qualification pour le championnat de France. Une faute sur la troisième barre, celle-là même qu'il fallait réussir. Mais rien n'est perdu, puisque les inter-régions de février pourraient lui permettre de rejoindre son père pour les "France" prévus en mars (bench press) et juin (développé couché). O L I V I E R OU MAILIA "MONACO EST REPRÉSENTÉ À L’INTERNATIONAL" Secrétaire général de l'AS Monaco haltérophilie et force athlétique, Olivier Oumailia est aussi un pratiquant assidu de sa discipline. Quelques minutes avant son passage sous la barre, il revient sur son sport et l'organisation d'une telle compétition. C Qu'est-ce qui différencie la force athlétique de l'haltérophilie ? hez les Oumailia, la force athlétique et le développé couché sont une histoire de famille. Si Olivier s'est engagé au sein du bureau directeur de l'ASM haltérophilie depuis 7 ans, il suit également les traces de son père, Gérard. A plus de soixanteans, celui qui est champion de France, d'Europe et vice-champion du monde continue de montrer la voie à son fils. Une relation qui permet à l'un et l'autre de se soutenir en compétition. L'haltérophilie est un sport olympique et mondialement connu. Mais tout le monde ne s'y est pas essayé. C'est un mouvement qui demande une préparation dès l'adolescence, avec des qualités de souplesse, de coordination et de technicité qui vont permettre à l'athlète, si dès l'adolescence il a un entraînement régulier et suivi, d'avoir de bonnes performances plus tard. Si vous vous décidez demain à faire de l'haltérophilie par exemple, vous n'allez pas progresser facilement. L'haltérophilie est moins pratiquée que la force athlétique et le développé couché. Comment s'organise la force athlétique à Monaco ? Il y a une fédération qui chapeaute la force athlétique, l'haltérophilie et la musculation. Au niveau du club (l'ASM haltérophilie et force athlétique), trois filières se développent en compétition : l'haltérophilie, la force athlétique (voir encadré page 67), le développé couché, sans assistance, et bench press (développé couché avec assistance de matériel). En quoi consiste l'assistance de matériel ? Elle a deux objectifs. Tout d'abord, préserver l'athlète, parce qu'il y a pas mal de renforts au niveau des articulations. Et le deuxième objectif, c'est de rendre la discipline un peu plus attractive car cela permet de développer des charges plus lourdes. En étant assisté, on peut pousser des barres qui sont 20 à 40 kilos supérieurs à ce qu'on peut pousser en développé couché. Et cela est valable pour toutes les disciplines. Ce matériel d'assistance est en fait un maillot fait dans une matière plus rigide. Quels sont les aspects techniques d'une compétition de développé couché et bench press ? Le mouvement est complètement décomposé. On demande, pour préserver la sécurité de Comment est venue l'idée d'organiser un championnat à Monaco ? Olivier Oumailia porte ici le maillot nécéssaire pour la pratique du bench press. l'athlète, et éviter des rebonds, de ne pas décoller la tête, les fesses et les pieds. Il y a aussi un souci de justesse du mouvement. Aux ordres des arbitres, on commence à descendre la barre. Un arrêt se fait au niveau de la poitrine, et au "start", on pousse la barre et on la pose au signal de l'arbitre. S'il y a deux fautes techniques, l’arbitre annonce "essai" et le mouvement n'est pas validé. Quelles sont les fautes techniques ? Bouger les jambes, décoller les fesses, la tête. Il faut être immobile à l'exception des bras. L'avantage du maillot, c'est qu'on peut durer. On peut continuer à se faire plaisir avec ce sport qui est très contraignant au niveau des blessures, notamment au niveau des épaules ou des pectoraux. 68 Ça fait quelques années que Monaco, par l'intermédiaire de ses sportifs, est représenté au niveau national et international. À chaque fois qu'on est allés sur des plateaux, on a été sollicités pour organiser un championnat ici. On a donc décidé de se lancer. Pour se faire, il faut postuler au sein de la Fédération française. Est-ce compliqué à faire ? Ce n'est pas que c'est compliqué, mais il est difficile de gérer la préparation physique et l'évènement. C'est difficile d'avoir l'esprit uniquement tourné vers la compétition puisqu'il faut en même temps l'organiser. En dehors de ça, j'ai été assisté, notamment par Marc Krettly, qui a l’habitude d’organiser des évènements d’haltérophilie. Je remercie le personnel du stade pour la mise en place et l'assistance technique ainsi que Madame Orecchia. Ce n'est pas de tout repos mais les bénévoles ont répondu présents, car il faut assister les athlètes, la table d'arbitrage… Dans l’idée, on voudrait monter crescendo pour la suite. CONJUGAISON UNIQUE ! Bronzage & Rajeunissement L’ALTERNATIVE DEBOUT ! CABINE Bronzez, mincissez en musique INDIVIDUELLE UNIQUE AU M O ND E 6800 Alpha Deluxe - collagène Booster Tour pureEnergy 5.0 + vibrSystem !! Facial Shuttle 360° - Visage + buste + DOs DU LUNDI AU VENDREDI DE 10h À 20h 9, Rue des Papalins _ Port de Fontvieille _ 98000 Monaco Aquabiking RICCARDO GIRAUDI "LE SPORT ME PERMET D’ÉQUILIBRER MES ÉNERGIES" Riccardo Giraudi est un entrepreneur occupé. Entre l’importation de viande en Europe, une chaîne de restaurant à développer à l’international, et ses articles de mode, il trouve tout de même le temps de faire du sport. Jusqu’à en faire un leitmotiv. Par Romain Chardan - Photos : DR Q ui a dit qu'il fallait être fan de sport pour en parler ou en faire ? S'il ne passe pas la majeure partie de son temps à suivre les fils info sportifs ou à décortiquer quotidiens et émissions spécialisés, Riccardo Giraudi n'en reste pas moins un sport-addict. Addict dans la pratique, lui qui s'est lancé voilà une dizaine d'années. Quelles sont vos activités professionnelles ? On a trois divisions bien distinctes. En premier lieu, la société familiale qui s’occupe d’importation et de distribution de tout produit carné. C'est-à-dire de la viande, principalement en Europe, mais aussi en dehors de l’Europe maintenant. On fait des marques, on représente des producteurs, on fait du trading. On vend uniquement à des grossistes, on ne fait pas de vente de détail. Que ce soient des viandes de luxe et des viandes traditionnelles. Comme la viande de Kobé ? Oui, par exemple. Le plus gros volume sur lequel on travaille, c'est la viande Black Angus (race bovine britannique). Nous en sommes le premier importateur en Europe. Le Kobé, ce sont des quantités infimes. Vous êtes aussi dans la restauration ? C'est la deuxième activité. Nous avons six restaurants en Principauté, et huit à l'étranger. Il y en a deux à Moscou, ainsi qu'à Mexico, Berlin et Luxembourg, et nous allons en ouvrir à Hong-Kong et Dubaï. À l'étranger, ce n'est que du beef-bar, un concept qu'on a déjà à Monaco. Ici, la vision que l'on a, c'est de faire des restaurants qui ne sont pas uniquement ouverts au monde de la viande. Alors qu'à l'étranger, on va se focaliser sur une valeur ajoutée qu'on a avec le premier métier pour développer des concepts liés entre eux. Et votre troisième activité ? Elle est tout petite. Ce sont trois petites structures de mode. J’achète des licences pour des coques d’iPhone, des vêtements, et aussi du destockage de grandes marques. C’est plus par plaisir que pour l’argent. Combien de temps vous prennent ces activités dans une journée ? Tout mon temps (rires). Tout dépend du moment de l’année, des besoins. Je travaille tout le temps. En tant que patron, je suis constamment en train de réfléchir. Et c'est ce qui me plaît. CULTURE SPORT Arrivez-vous à débloquer un peu de temps pour faire du sport ? Oui, je vais à la salle tous les jours, une heure par jour. J’ai une super salle de gym à Monaco. Je fais des exercices que j’ai appris là-bas. Mais 80% du résultat viennent de mon alimentation. Les 20% restants sont issus du sport. Les mouvements sont très forts, avec du repos très limité. Ce sont d'anciens rugbymen qui gèrent ça, et c’est vraiment dur. Avant, j’y allais tous les jours. Maintenant, je vais 3 fois par semaine chez eux. Pour mes autres séances, je vais au Larvotto. Je fume, je bois, j’ai une qualité de vie qui m’oblige à faire du sport. Ça fait 10 ans que je pratique. Mais ça ne fait que deux ans que je suis dans cette salle. Pensez-vous que l'alimentation joue un rôle dans les performances ? Oui, je pense. J’en suis même sûr. Je ne suis ni technicien, ni médecin, mais pour l’avoir vécu sur mon corps, je peux dire que ça permet d’être beaucoup plus performant. salle on peut faire du sport. J’ai appris à faire du sport avec rien, juste avec le poids de mon corps. Mais c'est quelque chose que je recherche. Y-a-t-il des sports que vous aimez regarder ? J’aimais beaucoup la F1 à une époque, mais je ne regarde plus trop. Je skiais pas mal à un moment donné, mais désormais, c'est délicat pour moi de prendre une semaine pour aller à la montagne. Je n’aime pas vraiment le foot par contre. Je ne suis pas un fanatique de sport. Je n'en ai jamais trop fait parce qu’enfant j’étais pianiste. J’en faisais jusqu’à 4 à 5 heures par jour. J’ai fini par arrêter le piano parce qu’il fallait choisir entre devenir pianiste ou entrer dans la vie active, et j’ai choisi la deuxième option. Pensez-vous qu'il est possible de faire un parallèle entre un artiste musicien et un sportif ? Oui, et je pense que tout est lié au mental. Le piano, c’est extrêmement physique, tant l’énergie dépensée pour la concentration est importante. Vous ne faisiez pas du tout de sport avant de commencer la salle ? Non pas du tout, que ce soit en compétition ou en loisir. Ça m'a attiré lors des dix dernières années, mais avant cela, non. Avec les études puis le travail, je n'avais pas vraiment le temps. J'ai aussi vécu à Londres, et dans les grandes villes, on a tendance à faire moins de sport. Qu'est-ce qui a créé ce déclic chez vous ? Je voyais comment étaient bâtis mes amis, et à un moment donné, je me suis dit qu'il fallait que je m'y mette. Aujourd'hui, c'est devenu un peu comme une drogue. On est beaucoup plus fatigué quand on ne fait pas de sport, on dort moins bien, on est différent. C’est vraiment devenu une hygiène de vie. Si je n'y vais pas pratiquement tous les jours, ça me manque. Que vous apporte le sport dans votre vie professionnelle ? Ça me calme beaucoup. Je suis quelqu’un de très nerveux, et ça me permet d’équilibrer mes énergies. Je fais en sorte de toujours trouver le temps d’y aller. Même quand je dois partir en déplacement, je réserve ma chambre en fonction de la salle de sport. Je ne réserve jamais là où il n’y en a pas. La moitié du temps je suis en voyage. Ce n’est pas du snobisme, parce que même sans 7071 C'est extrêmement fatiguant. Mais je pense que la concentration en musique peut être aussi forte que chez des athlètes de haut niveau. Le stress est un facteur de fatigue énorme aussi. Et je stressais beaucoup quand je jouais du piano. Ce stress, vous le subissiez ou au contraire, vous vous en nourrissiez ? Je subissais. Et je n’aimais pas jouer en public. Je ne faisais ça que pour moi. C’est l’une des raisons pour lesquelles je n’ai pas voulu faire carrière. Mais un de ces jours, j’aimerais bien pouvoir reprendre un peu le piano. Le fait de faire du sport aujourd’hui peut-il vous aider à monter sur scène pour jouer du piano ? Oui, mais j’ai grandi aussi. Je pense que je suis beaucoup plus sûr de moi qu’avant, et j’aurais moins de soucis à jouer en public aujourd’hui. Mon activité professionnelle m'a beaucoup aidé à ce niveau-là également. CULTURE SPORT MONSEIGNEUR BERNARD BARSI "IL FAUT SAVOIR LUTTER, RIEN NE NOUS TOMBE DU CIEL" La religion et le sport, vaste terrain. Plus qu'on ne le pense, même. Monseigneur Bernard Barsi, l'archevêque de Monaco, a mis en lumière les liens qui rapprochent foi et activité sportive. Par Jean-Marc Moreno - Photos : Chris Bertoldi À 72 ans, Bernard Barsi reste un féru de ski et de football. Et si l'homme de foi va moins souvent à la montagne que dans sa jeunesse, il continue de suivre ses activités favorites à la télévision. Comment avez-vous su que vous vous destineriez à servir le catholicisme ? J’ai pensé à être prêtre quand j’étais tout jeune, vers l’âge de 8 ans. J’ai vécu mon enfance et ma jeunesse à Nice. Ma famille était chrétienne pratiquante, alors je fréquentais la paroisse et j’étais engagé dans les mouvements de jeunes comme les scouts, les cœurs vaillants et l’aumônerie du lycée. Mais l’idée ne m’est revenue qu'après mon service militaire. Je me suis dit : "Peut-être que le seigneur m’appelle". Je suis entré au séminaire à 21 ans (lieu où sont formés les futurs prêtres). J’ai fait 6 ans de formation et j'ai été ordonné prêtre à 27 ans. Après, j’ai été nommé vicaire en montagne, à Saint-Etienne-de-Tinée, Auron et Isola 2000. J’ai même inauguré la station d’Isola 2000 et dit la messe à cette occasion. C’était en 1971. Puis vous avez quitté Isola ? Oui, j’ai travaillé au service d’évocation à Nice, auprès des jeunes, pendant 10 ans. J'ai été curé de La Trinité, Drap et Cantaron, dans la vallée du Paillon. Et après cela, j’ai été nommé vicaire général de Nice, c’est-àdire adjoint de l’évêque. En 2000, le pape m’a nommé archevêque de Monaco. Voilà mon parcours, en très rapide. À quoi ressemble une journée type de l'archevêque de Monaco ? C’est très variable et très varié. Ces temps-ci, c’est si chargé que je ne peux pas dire qu’il y ait une journée type. Il y a toujours un temps de célébration personnelle bien sûr, la messe. Il y a beaucoup de rencontres, de visites, d’audiences que j’accorde aussi. Je me rends dans les maisons de retraite, dans les écoles pour discuter avec les enfants. C’est mon rôle d’être proche des plus petits, des plus pauvres, des personnes un peu isolées, seules. Pratiquiez-vous des activités sportives dans votre jeunesse ? J’ai surtout fait du ski alpin et de fond ainsi que la marche en montagne, à laquelle je m'adonne toujours, de temps en temps. J'ai toujours baigné dans une atmosphère sportive. Mon père a fait du football et a été arbitre amateur. Il était au stade niçois, qui a été fondé par l'un de mes oncles. D’ailleurs, à Nice, un stade porte son nom : le stade Hector Barsi. Il était très engagé dans le sport, surtout dans la pétanque, jusqu’à la fin de sa vie. Le pape François est friand de football. Il soutient l'équipe de San Lorenzo, club fondé par un prêtre et basé à Buenos Aires. Partagez-vous cette affection pour le ballon rond ? Je suis supporter de Monaco, bien entendu, que je regarde. Je suis même allé au stade quelques fois. Je m’intéresse aussi à ce que fait l'OGC Nice, parce que j’ai gardé quelques liens du cœur avec cette équipe, mais je soutiens à fond l’AS Monaco football, dont le parcours fait plaisir actuellement. C'est symbolique, le fait que le Vatican ait une équipe de football ? Je crois que l'Église a toujours eu un grand intérêt pour le sport. Dans la Bible, Saint-Paul 7273 utilise souvent l'allégorie sportive. Dans une de ses lettres, il a écrit que la rencontre avec le Christ est comme une course. Il faut s’entraîner pour le rencontrer, vouloir lutter parce que ce n’est pas évident. On y trouve l’aspect du dépassement, de la lutte personnelle contre la fainéantise. Il dit : "Vous savez bien que dans le stade, tous les coureurs participent à la course, mais un seul reçoit le prix. Alors vous aussi, courez de manière à l’emporter. Tous les athlètes s’imposent une discipline et le font pour recevoir une couronne, mais vous, vous courez pour rencontrer le Christ". L’Église s’est toujours intéressée au sport et aux fondations de clubs, surtout au XIXe siècle. Vous en avez la preuve, certains stades portent des noms de prêtres, comme celui d’Auxerre, "l’Abbé-Deschamps". Pour quelles raisons ? Il y a toujours eu une volonté de permettre le jeu, car le sport engendre la rencontre et le dialogue entre les hommes. Au niveau amateur, les sportifs ont la notion de gratuité aussi. Tout cela se rapproche de la foi chrétienne. Quand j’étais curé à La Trinité, je connaissais des familles qui ramassaient les enfants le dimanche matin à 8 heures, pour les amener au stade. Il y avait une dame qui lavait les maillots, bénévolement. Le lundi, tout son jardin était rempli de vêtements qui séchaient. Que pensez-vous des sportifs qui affichent ouvertement une religion sur le terrain ? Je pense qu’il faut rester assez discret. C’est bien qu’ils aient ce geste spirituel, mais estce qu’il faut le faire devant tout le monde ? Je ne suis pas sûr. Des fois, je me demande si ce n’est pas un peu de la superstition. Je connais des sportifs qui sont chrétiens, mais qui ne s’affichent pas, ce n’est pas le lieu. On est là pour jouer un match, jouer le jeu dans un esprit chrétien, c’est-à-dire avec du respect et de la correction. Si vous faites le signe de croix, et que vous vous comportez comme un "saligaud"… Quels sports regardez-vous à la télévision ? Je suis essentiellement le foot. Les descentes de ski, j’aime bien aussi. Le ski est un sport assez individualiste, ce n’est pas vraiment un sport d’équipe même s'ils s'entraînent en groupe. Mais j’admire l’exploit de ces hommes et de ces femmes. En août 2013, le pape avait reçu les équipes de football d'Argentine et d'Italie à la veille d'un match amical. Il avait souli- gné la responsabilité sociale des joueurs. Que pensez-vous de cela ? Je suis tout à fait d’accord, il faut que l’on retrouve le vrai sens du sport, que l’on retrouve la compétition. L’argent pollue beaucoup de choses, c’est ça le problème. Je suis un peu gêné lorsqu'on voit des supporters s’agresser les uns les autres. C’est la victoire d’une ville sur l’autre, ça ne va pas ça. Que l’on soutienne une équipe et que l’on soit passionné, c’est normal. Mais il ne faut pas que ça ressemble à une guerre, on doit conserver un certain fair-play. Un jour, je parlais avec monsieur Gaudin (Jean-Claude, maire de Marseille), et il me disait combien le football a fédéré les quartiers et même la ville. Dans une agglomération comme Marseille, avec des quartiers très difficiles, je crois que le sport a été bénéfique. 74 Rome a officialisé sa candidature aux Jeux 2024 et un cardinal (José Saraiva Martins) a émis l'idée d'accueillir certaines épreuves au Vatican. Qu'en pensez-vous ? Je suis d’accord. Je trouve que le sport est une belle école de la vie. Dans la vie, il faut savoir lutter, rien ne nous tombe du ciel. Il faut s’entraîner, chercher à s’améliorer, respecter les autres. Je trouve qu'à travers le sport, surtout les sports d’équipe, on découvre que l’on ne gagne pas tout seul, mais avec les autres. Et dans la vie, on ne peut pas réussir seul, sans tenir compte des autres ou en les écrasant. On a besoin de la fête aussi, c’est un aspect important du sport et de la vie. Et puis il y a ce vieux dicton : "un esprit sain, dans un corps sain", notre corps a besoin qu’on l’entretienne. AS MONACO football LAYVIN KURZAWA L'ÉTOILE MONTANTE AMITRANO L'ÂME DU GARDIEN À DÉCOUVRIR AUSSI… AS MONACO ARSENAL, UNE HISTOIRE DE TRANSFERTS RICARDO CARVALHO PÈRE NOËL D'UN JOUR À BEAUSOLEIL STADE LOUIS-II LUMIÈRES SUR LE GAZON AS MONACO Football Store AS MONACO Football Store * HOME SHIRT -30% ÉQUIPEZ-VOUS 1/8 DE FINALE CHAMPIONS LEAGUE ASMONACO.COM JARDINS D’APOLLINE - 1 PROMENADE HONORÉ II - 98000 MONACO * Offre valable uniquement à l’AS Monaco Football Store sur présentation de ce visuel. Offre non-cumulable dans la limite des stocks disponibles LAYVIN KURZAWA "JE FERAI TOUT POUR AVOIR MA PLACE CHEZ LES BLEUS" Formé à l'AS Monaco, Layvin Kurzawa est l'une des valeurs montantes du club. Après un exercice 2013/14 de grande facture, il a repris la saison 2014/15 sur un rythme tout aussi élevé. Avec en point d'orgue une première convocation en équipe de France et deux sélections à la clé. Interview. Dossier réalisé par Romain Chardan - Photos : Stéphane Senaux AS Monaco et RC I du souci par rapport à ça. J'ai quand même eu du mal à revenir parce que j'étais en pleine croissance, donc je me blessais plus facilement. Mais au fil des ans ça a été de mieux en mieux. l est l'un des espoirs du football français que le public apprécie tout particulièrement. Match après match, il s'affirme aussi comme l'un des meilleurs arrières gauches de Ligue 1. Et pourtant, alors que certains ont tendance à s'enflammer, celui qui est originaire de Fréjus, dans le Var, reste humble et posé. D'une voix calme et réfléchie, il n'élude aucune question et revient sur son parcours à l'AS Monaco, l'importance de sa famille, et ses premiers moments chez les Bleus. Quels souvenirs gardez-vous de ces années ? C'est là où j'ai fait la connaissance de mes amis, de joueurs avec qui j'ai évolué et avec qui je suis toujours en contact. Cette période-là m'a également fait énormément grandir, notamment sur le terrain, parce que l'objectif est de progresser. Ce que j'ai réussi à faire grâce à mes formateurs et mes coéquipiers, car on n'avance pas seul, ça se fait avec ceux qu'on côtoie sur le terrain mais aussi en dehors. Vous êtes arrivé à Monaco à l'âge de 15 ans. Comment se sont passés vos débuts ? Y a-t-il eu un moment particulier où vous vous êtes dit que vous alliez devenir professionnel ? J'étais arrivé blessé. C'est toujours difficile, parce qu'on voit les autres jouer, s'intégrer au groupe, mais on voit ça de loin. Donc on se fait toujours 01 Quand je me suis mis au foot, j'avais quelques qualités. C'est mon beau-père qui m'y avait inscrit, à Saint-Raphaël. Je ne me suis jamais dit que j'allais être pro, parce que dès l'instant où je me suis mis au foot, c'était dans le but de réussir. Votre beau-père est quelqu'un dont vous parlez souvent et qui a l'air d'avoir une importance particulière. Il vous accompagne encore aujourd'hui ? Il m'a toujours dit que ce qu'il a fait de mauvais, il voulait m'en faire part pour que je ne réédite pas les mêmes erreurs que lui. Ça m'a permis d'éviter quelques pièges, même si je suis tombé dans certains. Mais j'ai su relever la tête et me remettre en question au bon moment. Il m'a aussi souvent permis de me remettre dans le droit chemin pour en être là aujourd'hui, et essayer de faire mieux à l'avenir. Pouvez-vous nous raconter votre premier match en professionnel ? C'était contre Lens, le 22 septembre 2010, en Coupe de la Ligue. J'avais joué 66 minutes, et j'étais sorti sur des crampes. J'avais tout donné, je n'en pouvais plus. Ça fait déjà presque 5 ans, c'était un rêve qui se réalisait. Mes parents étaient en tribune, c'est vraiment l'un des plus beaux souvenirs que j'ai de mon début de carrière. Ça vous paraît loin aujourd'hui ? Oui, quand même. Parce que les 2-3 premières années, je n'ai presque pas joué, et ces années-là sont passées très lentement. J'ai donc le sentiment que ce premier match était il y a très longtemps. Depuis Guy Lacombe qui vous a lancé, vous avez connu plusieurs entraîneurs (Banide, Simone, Ranieri, Jardim). Lequel vous a le plus marqué ? (Il n'hésite pas) Claudio Ranieri ! C'était l'entraîneur le plus expérimenté parmi ceux que j'ai eus. C'est aussi celui qui m'a le plus parlé, qui m'a le plus conseillé. Après, Lacombe, c'est celui qui m'a lancé, qui m'a fait jouer le premier, et je le remercie aujourd'hui parce que je ne serais peut-être pas là sans lui. Mais c'est vraiment Ranieri qui a fait décoller mon début de carrière. Comment avez-vous vécu votre première vraie saison en pro et le fait d'être encensé par le public et les observateurs ? Ça m'a fait du bien. Je suis sorti du trou. J'étais fier de moi parce que j'ai su relever la tête et me remettre en question quand il fallait, faire la part des choses. Quand on est sur le terrain, il faut être pro jusqu'au bout. J'ai beaucoup été aidé par Éric Abidal et Jérémy Toulalan, qui me parlaient souvent. Ma famille et mes proches aussi, qui ont toujours été là dans les bons comme les mauvais moments. Vous avez gardé contact avec Éric Abidal ? Oui, je ne l'appelle pas tous les jours parce que je pense qu'il a un peu coupé avec le football. Mais je suis resté en contact, on s'est souhaité de bonnes fêtes. Dès qu'on peut prendre des nouvelles l'un de l'autre, on le fait sans souci. Il n'était d'ailleurs pas d'accord pour votre départ à Brest. C'est lui qui s'y est opposé ? Après plus de 6 mois passés sous les ordres de Leonardo Jardim, en quoi se différencie-t-il de Ranieri ? Il ne s'est pas opposé, mais il voulait que je reste au club. Le "non" est venu de plus haut. Le coach (Ranieri) voulait que je reste, il me parlait souvent, me donnait des conseils, me disait que si je faisais ce qu'il fallait en dehors du terrain, je jouerais parce que j'en avais les qualités. C'est un entraîneur très proche des joueurs. Ranieri l'était aussi, mais Leonardo Jardim l'est plus. Il est plus jeune, donc l'entente est plus facile et c'est quelqu'un qui aime rigoler. Tout comme le faisait Ranieri, mais il est dans une autre mentalité. Il est un peu plus relax qu'aux AS Spécial yeux du grand public, tout en étant un très bon travailleur. On rigole, mais quand il faut travailler, le sérieux revient. Le début de championnat a été compliqué. Comment l'expliquez-vous ? Il y a eu le départ de joueurs importants, l'arrivée d'un entraîneur qui voulait imposer son style de jeu. Ça a été compliqué parce qu'il a fallu compenser les départs de ces joueurs de classe mondiale. Je pense que certains s'attendaient à la venue de stars, et ce sont des jeunes de qualité qui sont arrivés. Il a fallu s'habituer à jouer avec les nouveaux arrivants, on savait que ça prendrait un peu de temps, mais on s'est accroché, on a travaillé. Avec le coach, ça s'est de mieux en mieux passé, il a aussi pris ses marques vis-à-vis du jeu de la Ligue 1. Aujourd'hui, on voit que ça va mieux, qu'on remonte petit à petit au classement. J'espère qu'on atteindra nos objectifs en fin de saison, et qu'on accrochera la Coupe d'Europe. O MONAC Justement, en Ligue des champions, votre qualification pour les huitièmes est une belle victoire face au scepticisme qui régnait ? Je pense que ça a fait taire beaucoup de monde. Quand il y a eu le tirage, on nous a vu tomber dans une poule assez homogène, et peu de monde s'attendait à ce qu'on passe. Et encore moins à ce qu'on termine premier du groupe. On a fait notre travail et on a atteint l'objectif qui était de sortir de la poule. Maintenant si on peut faire mieux et passer les huitièmes de finale, ce sera avec plaisir. Qu'est-ce qu'on ressent quand on entend la musique de la Ligue des champions en étant sur le terrain ? C'est inexplicable. Toutes les années passées, on regardait cette compétition à la télé, et aujourd'hui on est sur le terrain. Je ne vais pas dire que c'est un rêve qui se réalise, mais je pense quand même que chaque joueur doit rêver de la jouer (sourires). Qu'avez-vous ressenti en voyant Arsenal lors du tirage au sort ? J'étais content. Chaque équipe qui pouvait tomber m'aurait rendu heureux, je pense. À ce stade-là, chaque équipe a le niveau international. Au départ, je n'avais pas de préférence, et de toute manière on n'a pas trop le choix, on prend l'équipe qui vient (rires). Après, on les a déjà joués, même si ce n'était qu'un match amical, donc c'est différent. Mais on sait qu'il y a beaucoup de Français là-bas. J'ai pu aussi discuter avec des joueurs qui y ont évolué, et certains m'ont déjà donné les points forts et points faibles de cette équipe. Mais ce sera un bon match. Cette saison, il y a aussi eu votre première sélection en Équipe de France. Qu'avezvous ressenti en apprenant que vous étiez appelé par Didier Deschamps ? C'était une belle surprise. Un rêve qui se réalise, peut-être l'un des plus beaux. L'Équipe de France, c'est le summum du football national. C'est l'équipe qui représente 66 millions de Français, donc c'est quelque chose de magique, surtout quand on joue et qu'on est sur la pelouse. Comment vous êtes-vous senti en rentrant sur le terrain lors du premier match (1-1 contre l’Albanie), puis en tant que titulaire sur le deuxième (1-0 contre la Suède) ? Quand je suis rentré, je n'ai pensé à rien. Je me suis dit, je rentre, j'ai 20-25 minutes pour montrer de quoi je suis capable, et après j'ai tout donné, j'ai essayé de faire le maximum, de montrer au coach qu'il ne s'était pas trompé en m'appelant à la place de Benoît Trémoulinas. Pour le match face à la Suède, c'était un peu particulier (il était titulaire, la rencontre se jouait à Marseille, ndlr). J'ai essayé de le prendre avec une bonne pression, de faire mon match. J'ai peut-être un peu trop donné parce qu'au final je me suis blessé. C'était le seul point noir de cette soirée. Comment voyez-vous votre avenir en Bleu ? J'y suis allé, c'est bien, mais le plus dur sera d'y rester. Donc à moi de faire ce qu'il faut et de me faire une place dans ce groupe. Et je ferai tout pour l'avoir. 0203 A N DR É A M I TRAN O LE GARDIEN DU TEMPLE Entre l'AS Monaco, qui lui a fait découvrir le monde professionnel, l'OGC Nice où il s'est révélé au grand public, et l'AS Cannes, où il a terminé sa carrière, André Amitrano a toujours veillé à ce que le ballon ne franchisse jamais trop la ligne. Aujourd'hui encore, l'ancien portier veille au grain en coachant les gardiens du club. LE TOP 3 D'AMITRANO Quand on demande à André Amitrano de nous donner les trois joueurs avec qui il a évolué et qui l'ont le plus marqué, difficile de faire un choix. Nous parlons tout de même de quelqu'un qui a vécu la fin de carrière de Bruno Bellone et vu éclore au plus près Zinedine Zidane, "nous, à l'époque, on l'appelait Yaz, parce qu’un de ses prénoms est Yazid". Pourtant, c'est vers d'autres joueurs qu'il se tourne. "En premier, je choisirais Delio Onnis (ASM). Je débutais en pro à l'époque, et lui c'était le tueur à gages (rires). Tu allais à l'entraînement, et tu savais que tu allais morfler. Mon stress de jeune gardien de but. Mais j'ai tellement appris avec lui. Ensuite, je dirais Luis Fernandez. Il dégageait une telle joie de vivre quand il est arrivé à Cannes. Au départ, on le décrivait comme un joueur de devoir, mais il avait une telle technique. Il me surprenait. Et je terminerais avec mon ami Guy Mengual. J'en ai connu des joueurs, mais je veux mettre quelqu'un comme Guy, parce qu'il faisait partie de mon groupe de formation, on était amis, et on l'est toujours." AS Spécial O MONAC A ndré Amitrano, c'est ce genre d'homme qui a passé sa vie entière dans un milieu, et qui regorge d'anecdotes sur le sujet. Ce genre de personne qui a connu et joué avec bon nombre de grands noms du football. Et qui a toujours un mot sympa pour chaque joueur évoqué. Mais c'est aussi celui qui va vous pousser dans vos retranchements lors des séances d'entraînement, ne laissant aucun détail au hasard, analysant chaque petit mouvement. D'autant que le métier, il le connaît plutôt bien, pour l'avoir pratiqué dès son plus jeune âge. Des quartiers de La Bocca à l'AS Monaco André Amitrano n'a pas mis longtemps à dévoiler ses qualités de dernier rempart. "J'ai signé ma première licence en club à 8 ans, mais avant ça je jouais déjà dans la cité de La Bocca," se souvient celui qui s'est notamment occupé de Stéphane Ruffier. "Je n'étais pas mal comme joueur de champ, mais on avait un jeu. Celui qui marquait allait au but. Et dès que je marquais, j'étais toujours celui qui restait le plus longtemps dans la cage. Pourtant, j'adorais marquer des buts." Et lorsqu'il fait son premier entraînement, tous ses copains de l'époque expliquent à l'entraîneur que là où André est le meilleur, c'est dans le but. "Moi je voulais être joueur de champ, mais après qu'il m'ait essayé comme gardien, je ne suis plus jamais sorti de ma surface. Et depuis 1969, je suis gardien de but." Quelques années plus tard, il est repéré par l'AS Monaco, alors coachée par Gérard Banide. Le 29 décembre 1976, Amitrano effectue son premier entraînement avec les Monégasques. Banide est tout de suite convaincu. Sauf qu'il (Amitrano) aurait alors pu ne pas s'engager avec l'AS Monaco. "Je travaillais à la ville de Cannes à cette époque, et je jouais pour La Bocca. J'avais besoin d'une autorisation pour aller m'entraîner avec Monaco. Quand ils (l'AS Cannes) ont compris que je pouvais partir, Robert Domergue, l'entraîneur de l'ASC, est venu me voir et m'a proposé de m'entraîner avec eux. Quand j'ai expliqué à Gérard Banide que Cannes me proposait ça, il m'a interdit d'y aller, et le lendemain, j'ai signé un contrat de non-sollicitation." De l'ombre à la lumière En juillet 1978, Amitrano profite de la suspension de Jean-Luc Ettori pour jouer son premier match en pro. "C'était le premier match de la saison, on perd 1-0 à Nîmes, but de Luizinho prophète en son pays, et après une année en tant que titulaire, les choses se sont moins bien passées." Résultat, le banc des remplaçants, et un intérêt naissant pour le métier d'entraîneur. Des jeunes aux professionnels sur un centre de Gamouh." Cependant, Amitrano ne joue que très peu par la suite, la faute au gardien titulaire de l'époque. "J'avais un peu le même style que Jean-Luc (Ettori). C'était un super gardien et moi j'étais là pour apprendre. A cette époque, soit on jouait en une, soit en réserve. Mais au moins on jouait. Entre 1977 et 1982, je n'ai joué que 5 matches avec les pros, dont un derby à Nice. Le Gym était relégable, et nous on jouait le titre. On gagne 2-0 et on prend la tête. Et c'est sur ce match que les dirigeants niçois m'ont repéré." Départ pour Nice la saison suivante, en prêt, avant de s'y engager définitivement. Une aventure qui dure six ans, avec un retour en D1 après trois ans en 2e division. Les années niçoises seront fastes pour le garçon de La Bocca, qui joue plus de 200 matches pour les Aiglons, avec un joli souvenir en prime. "En 1985, la Brigade Sud (BSN) est née, et ils m'aimaient bien, j'avais ma petite chanson." En 1988, Amitrano retourne chez lui, à Cannes, où Jean Fernandez le voulait. "Mais nul n'est 0405 Tout commence avec les jeunes du bassin cannois, puis du centre de formation de l'AS Cannes. "Dédé", comme le surnomment ceux qui le côtoient, s'occupe alors des débutants jusqu'aux professionnels. Après cela, il tente quelques expériences en dehors de sa région, à Valence ou Guingamp. Mais dès que les sirènes monégasques retentissent, la tentation est trop forte. "C'est Guy Lacombe qui m'a ramené au bercail, à Monaco, là où tout a commencé." Après avoir formé quelques gardiens bien connus du grand public, comme Sébastien Frey notamment, il s'occupe désormais de celui qui s'est affirmé comme l'un des meilleurs portiers de L1, Danijel Subasic. Un goal qui a grandement progressé depuis son arrivée en janvier 2012. "C'est bien de le dire et de le remarquer. Mais quand il est arrivé, il avait des qualités, il n'est pas arrivé comme ça. Il a progressé grâce à un travail régulier, en ciblant certains points, tout en gardant son style." Car ce qu'aime Amitrano, c'est la précision. Et il le fait comprendre à ses joueurs, avec qui il n'hésite jamais à partager son vécu, et sa recherche de l'efficacité. Car pour "Dédé", comme pour Gérard Banide avant lui, "un bon gardien est un gardien efficace. Même s'il n'a pas de style, il jouera. L'esthétisme, on s'en fout." D E M ONACO À ARSEN AL UNE HISTOIRE DE TRANSFERTS L'AS Monaco s'apprête à affronter Arsenal en huitième de finale de Ligue des Champions (aller le 25 février, retour le 17 mars à Monaco). Si le club de la Principauté n'a jamais joué conte les Gunners, les deux entités ont tissé des liens particuliers. En cause, les nombreux Asémistes qui sont allés garnir les rangs du club londonien. dire que les titres glanés par Arsenal durant l'ère Wenger ne l'ont été que grâce à la présence d'anciens de Monaco. Mais force est de constater la réalité. Gilles Grimandi et Emmanuel Petit ont tous deux rejoint les Gunners à l'été 1997. Une arrivée bien entendue facilitée par la présence de Wenger aux commandes du club londonien. Et dès leur première saison en Angleterre, ils remportent le championnat et la coupe : les premiers titres de Wenger à Arsenal. Grimandi y aura passé 5 ans, tandis que Petit part au bout de 3 saisons. Si l'ancien milieu des Bleus est aujourd'hui consultant, son ancien coéquipier est devenu recruteur pour les Gunners. Légende L 'AS Monaco a tenu un de ses objectifs avec brio en sortant en tête de son groupe de Ligue des Champions. Ce qui lui donnait l'avantage de tomber sur un deuxième de poule lors du tirage au sort des huitièmes de finale. Et comme un symbole, c'est Arsenal qui est sorti du chapeau. Un club managé par un ancien de la maison, Arsène Wenger. Un coach qui n'a jamais hésité à se servir dans les rangs monégasques pour améliorer son effectif. Avec plus ou moins de succès. Wenger, la longévité avant tout Arsène Wenger n'est pas un homme d'histoire courte. Après avoir débuté sa carrière d'entraîneur principal sur le banc de Nancy, où il est resté trois saisons, il est arrivé à l'AS Monaco à l'été 1987. Et n'en repartira que 7 ans plus tard, suite à un mauvais début de saison qu'il paiera de sa place. Entre-temps, "Le Professeur", comme l'ont surnommé les Anglais, a contribué à remplir l'armoire à trophées du club. Durant ses années passées sur le Rocher, Wenger a décroché un titre de champion de France (saison 1987/88) et deux coupes de France (1990 et 1991). À noter également la finale de C2 (disparue depuis) disputée en 1992. Après son départ de l'AS Monaco, et une expérience au Japon, il prend place à Arsenal en octobre 1996. Un banc qu'il n'a jamais lâché depuis, remportant notamment 3 championnats (1998, 2002 et 2004) et 5 coupes d'Angleterre (1998, 2002, 2003, 2005, 2014). Des titres qu'il a systématiquement conquis (à l'exception de la coupe la saison dernière) en comptant dans ses troupes des anciens de la maison asémiste. Avec l'AS Monaco, c'est mieux C'est en effet une statistique assez intéressante. Il serait bien entendu malhonnête de Parmi les anciens Asémistes à avoir porté le maillot d'Arsenal, il en est un qui demeure incontournable. Après avoir fait ses classes à l'AS Monaco et remporté un titre de champion de France en 1997, Thierry Henry quitte le club à l'hiver 98 pour rejoindre la Juventus de Turin. Sept mois plus tard, il débarque à Londres, sans savoir qu'il y deviendra une légende. En huit saisons sous les couleurs d'Arsenal, le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France (51 buts) est devenu le meilleur buteur de l'histoire du club (228 buts), et a également remporté deux championnats et trois coupes d'Angleterre. Il a fait partie de l'équipe des invincibles (49 matches consécutifs sans défaite entre mai 2003 et octobre 2004), championne en 2004. Parmi les ex-Monégasques ayant traversé la manche pour rejoindre Londres, on se souvient également d'Emmanuel Adebayor, qui changea du tout au tout après quelques mois passés sur les pelouses de la Perfide. Ou encore d'un Sébastien Squillaci qui, après avoir connu l'épopée en Ligue des Champions de 2004, a finalement rejoint les Gunners en 2010 pour y rester 3 ans. Tous ne sont pas listés ici, mais une question demeure. Qui sera le prochain ? Spécial ACO AS MON NOË L À BEAUSO LEIL CARVALHO, PÈRE NOËL D'UN JOUR L'AS Monaco a décidé d'aller à la rencontre des clubs et des jeunes joueurs de la région. À l'occasion des fêtes de Noël, Carvalho et Kurzawa sont allés rendre visite à des enfants et leur ont offert quelques cadeaux. Nous avons suivi Ricardo Carvalho à Beausoleil, pendant que Layvin Kurzawa se rendait à Roquebrune-Cap-Martin. "Va faire signer tes chaussures" Pour le moment, l'ex-joueur de Porto et de Chelsea n'a pas encore été repéré par la centaine de gamins présents pour l'un des derniers entraînements de l'année civile 2014. Seuls certains ayant déjà quitté la pelouse l'ont reconnu, et arrivent déjà vers lui, sourire aux lèvres, parfois l'air incrédule. Un papa glisse à son fils, "va faire signer tes chaussures." Et le petit de s'exécuter, quoiqu'un peu impressionné par l'ancien Madrilène. La mise en place tactique du Noël validée, il est temps pour le Lusitanien de descendre fouler le synthétique. Au bas des escaliers qui mènent au terrain, les jeunes licenciés de Beausoleil trépignent d'impatience, eux qui ont remarqué quelques instants auparavant le cadeau qui les attendait. Réunis dans le rond central, avec une partie de leurs éducateurs, les footballeurs en herbe ont droit à une première photo de groupe. Si un calme relatif règne encore à ce moment-là, la cohue ne va pas tarder. "Carvalho, il est trop fort" Après les "FC Beausoleil" scandés en chœur par les enfants et leurs éducateurs, une joyeuse cacophonie prend place, chacun se lançant dans l'audacieuse entreprise d'obtenir le précieux sésame : l'autographe sur sa chaussure. Les crampons quittent alors leur place habituelle pour intégrer les mains de leurs propriétaires, ces derniers les tendant à bout de bras pour que le vice-capitaine de l'AS Monaco y appose sa signature. Au-delà des crampons, maillots, vestes et ballons ont également vu se dessiner la griffe du défenseur. Certains y sont même allés avec leur protège-tibia. Noël oblige, le club avait prévu des sacs avec cadeaux pour les petits. Si chacun récupère le sien, les jeunes pousses de Beausoleil ne prêtent cependant guère attention au contenu, trop occupés à continuer de scander le nom de leur idole, et d'entonner des chants à sa gloire, "Carvalho, il est trop fort", "c'est le plus fort des défenseurs", peut-on entendre ici et là. Le bain de foule durera un peu plus d'une heure, au cours de laquelle l'homme aux 78 sélections n'a cessé d'enchaîner photos et autographes. Et tout cela avec le sourire s'il vous plaît. 0607 JA RDI NI ER LUMIÈRES SUR LE GAZON DU LOUIS-II Franck Nicolas est le responsable de la pelouse du stade Louis-II. Entre les attentes des joueurs, de la Ligue, et les contraintes climatiques et structurelles, obtenir une pelouse digne de ce nom n'est pas de tout repos. Pourtant, la solution semble avoir été trouvée. Avec en point d'orgue une 6e place au classement des pelouses la saison dernière. Explications. Difficulté et solution R esponsable des installations sportives de l'AS Monaco, et notamment en charge des pelouses du stade Louis-II et de la Turbie, Franck Nicolas fait en quelque sorte partie des meubles du côté de l' AS Monaco football. En poste depuis de nombreuses années, cela fait quelques temps qu'il mène une réflexion visant à avoir un meilleur gazon pour les joueurs du Rocher. Car il doit répondre à diverses attentes, comme il l'explique luimême. "Mon travail consiste à obtenir un terrain de jeu le plus parfait possible, et qui corresponde aux desiderata de la Ligue et des joueurs. Pour convenir aux joueurs, il faut qu'il soit le plus souple possible. Pour ce faire, il doit être arrosé. Mais quand le terrain est arrosé et souple, les footballeurs cramponnent plus long, et la pelouse est facilement arrachée. Ce qui amène une contrainte technique pour les jardiniers. Sachant que la Ligue veut des terrains souples et des gazons coupés à ras pour fluidifier le jeu un maximum, la planimétrie devient l'un des points les plus importants, le terrain devant être le plus plat possible." Sauf qu'à Monaco, maintenir une pelouse dans un état optimal toute l'année est extrêmement compliqué. Le stade Louis-II a souvent été raillé au cours des saisons passées pour la piètre qualité de son gazon. Et à en croire Franck Nicolas, cela s'explique facilement, tout étant une histoire de température. "Une variété d'herbe a une amplitude de végétation de 25 à 28 degrés. C'est-à-dire que des végétaux poussent de -10° à +25°, d'autres de 0 à +35 par exemple. Or, au stade Louis-II, l'hiver, on peut descendre à 1° et monter à 50-52° l'été. Aucun végétal n'a cette amplitude-là. Ce qui fait que par le passé on avait un joli gazon l'hiver et une pelouse jaune l'été." Pour remédier à ça, Franck Nicolas a trouvé la solution. Mixer deux variétés de pelouse, à savoir une classique et une tropicale. Le parking situé sous le stade, qui était jusqu'alors une difficulté, "est devenu un allié. Les chaleurs qui émanent de la dalle servent au gazon tropical, car plus il fait chaud, plus il pousse." Résultat, fini le terrain jaune, bonjour pelouse verte toute l'année. Et pour améliorer le rendement de cette technique, l'équipe de jardiniers utilise aussi la luminothérapie. 08 Retard sur les Anglais "La luminothérapie reproduit la lumière du soleil au printemps. C'est une lumière qui multiplie par trois le pouvoir végétatif d'une graminée. On rajoute aussi du gaz carbonique. Les feuilles des végétaux le transforment en oxygène. Donc plus on envoie de gaz, plus on augmente son pouvoir végétatif." Le club dispose d'un portique lumineux qui lui permet de couvrir 500 m2 par mois. Et si en France les pelouses sont par exemple beaucoup moins belles qu'en Angleterre, pour Franck Nicolas, c'est en partie dû au manque de budget d'entretien. "En Angleterre, un club comme Arsenal dispose de portiques qui couvrent la totalité du stade. Cela implique donc d'avoir des lumières sur 8 000 m2 de terrain. Ils se sont orientés vers un relèvement des budgets pour avoir des appareils qui permettent de mieux cultiver les gazons. En France, ce n'est pas encore le cas. Et nous, à Monaco, on a des contraintes de place, parce que tant qu'on ne pourra pas ranger des portiques lumineux sur 2 000 m2, ça ne servira à rien de les acheter. Pour remédier à cela, on réfléchit actuellement à mettre en place des plots de lumière sur le toit du stade. Les études sont en cours." PLACE ROYALE 9H-9H30 FRANCK HERMANN Première radio en Principauté sur les CSP+* radio-monaco.com APP ANDROID SUR *CSP+ : dirigeants, décideurs, cadres, professions libérales et professions intellectuelles supérieures. Étude Médiamétrie AD HOC, réalisée du 21 mai au 18 juin 2012, sur 512 personnes résidentes à MONACO, âgées de 13 ans et +. - © iPad, iPhone, App Store, Android, Google Play, Radio Monaco, marques et logos déposés - tous droits réservés. février - mars n°15 l e s t r a t o Courchevel 1850 - Luxury hotel ✯✯✯✯✯ Tél. : 0033 (0) 479 415 160 - Fax : 0033 (0) 479 415 170 Site Web : www.hotelstrato.com - Email : [email protected] Code Sport Monaco • n°15 • février - mars 2015 code Le magazine de sport de la principauté monaco n°1 monaco Le magazine de sport de la principauté MONTE-CARLO SKI CLUB OBJECTIF COMPÉTITION OPTIMIST MONACO SE FAIT LA MAIN RALLYE MONTE-CARLO OGIER TRIPLE LA MISE DE PHOTOS VIDÉOS REPORTAGES CODESPORTMONACO.COM