Espaces et territoires des colonies romaines d`Orient

Transcription

Espaces et territoires des colonies romaines d`Orient
Ouvrage publié avec le concours
de l’Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité
(EA 4011 – Université de Franche-Comté).
Presses universitaires de Franche - Comté
http://presses-ufc.univ-fcomte.fr
Hadrien Bru, Guy Labarre, Georges Tirologos (éds)
Hadrien Bru est Maître de Conférences (HDR) en Histoire Ancienne à l’Université de
Franche-Comté (ISTA EA 4011).
Guy Labarre est Professeur d’Histoire grecque à l’Université de Franche-Comté (ISTA
EA 4011).
Georges Tirologos est Ingénieur d’Études à l’Université de Franche-Comté (ISTA
EA 4011).
Espaces et territoires des colonies romaines d’Orient
L
es colonies romaines d’Orient furent des cités qui incarnèrent la
quintessence de l’histoire des sociétés gréco-romaines d’un point
de vue culturel, institutionnel, spatial, économique et militaire.
Cet ouvrage se propose d’aborder leurs espaces et leurs territoires, en Asie
Mineure et en Grèce du Nord. En complément d’une approche théorique
liée aux écrits des agrimensores romains (ou gromatici), mais également à
l’onomastique, les études proposées s’intéressent particulièrement à la Pisidie
(autour d’Antioche de Pisidie) et à la Macédoine (autour des cités de Philippes
et de Dion).
Espaces et territoires
des colonies romaines
d’Orient
Hadrien Bru,
Guy Labarre,
Georges Tirologos (éds)
Prix : 22 euros
ISBN 978-2-84867-551-0
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P r e s s e s u n i v e r s i t a i r e s d e F r a n c h e- C o m t é
Espaces et territoires des colonies romaines d’Orient
6
Contents
Contents.................................................................................................................................................
6
Hadrien Bru, Guy Labarre, Georges Tirologos, Introduction................................................
9-12
Jean-Yves Guillaumin, Organizing a colony’ s Territory. The Theoretical Demands
of Gromatic texts..............................................................................................................................................
13-24
Olli Salomies, Roman Gentilicia in Asia Minor.......................................................................................
25-44
Guy Labarre, Spatial Distribution and Coherence of the Roman Colonial Network in Pisidia
during the Augustan Period...........................................................................................................................
45-69
Hadrien Bru, The Territory of Pisidian Antioch.........................................................................................
71-92
Julien Demaille, The Territory of the Roman Colony of Dion. Extension and Cadastration......... 93-117
Cédric Brélaz, Georges Tirologos, An Attempt at Reconstituting the Territory of the Colony
of Philippi: Sources, Methods, and Interpretations......................................................................................... 119-189
Abstracts................................................................................................................................................. 191-194
Hadrien Bru, Guy Labarre, Georges Tirologos (éds)
Espaces et territoires des colonies romaines d’Orient
7
Sommaire
Sommaire.................................................................................................................................................
7
Hadrien Bru, Guy Labarre, Georges Tirologos, Introduction.................................................
9-12
Jean-Yves Guillaumin, Organisation d’ un territoire de colonie : les exigences théoriques
des textes gromatiques.....................................................................................................................................
13-24
Olli Salomies, Les gentilices romains en Asie Mineure............................................................................
25-44
Guy Labarre, Distribution spatiale et cohérence du réseau colonial romain en Pisidie
à l’ époque augustéenne....................................................................................................................................
45-69
Hadrien Bru, Le territoire d’ Antioche de Pisidie.......................................................................................
71-92
Julien Demaille, Le territoire de la colonie romaine de Dion : extension et cadastration................ 93-117
Cédric Brélaz, Georges Tirologos, Essai de reconstitution du territoire de la colonie de Philippes :
sources, méthodes et interprétations........................................................................................................................... 119-189
Résumés.................................................................................................................................................. 191-194
Journée d’étude de Besançon
Espaces et territoires des colonies romaines d’ Orient, 2016, 9‑12
Introduction
Hadrien Bru
Université de Bourgogne Franche-Comté – ISTA EA 4011
[email protected]
Guy Labarre
Université de Bourgogne Franche-Comté – ISTA EA 4011
[email protected]
Georges Tirologos
Université de Bourgogne Franche-Comté – ISTA EA 4011
[email protected]
Pourquoi étudier les colonies romaines d’ Orient ? Peut-être parce que ces cités
particulières furent la quintessence de l’ histoire des sociétés gréco-romaines, d’ un
point de vue culturel, institutionnel, spatial, économique et militaire. En effet, nous
avons souvent affaire à des cités grecques, elles-mêmes anciennes fondations coloniales
hellénistiques, qui reçurent sur leur territoire des contingents de soldats vétérans romains.
Le phénomène notable est sans doute qu’ il s’ agit régulièrement au départ de soldats
démobilisés des guerres civiles à la fin de l’ époque républicaine romaine, c’ est-à-dire
au fondement même de l’ Empire, entendu comme régime politique autoritaire promu
par Octave Auguste. Sachant que les colonies romaines constituent un des axes majeurs
d’ étude de l’ Institut des Sciences et Techniques de l’ Antiquité depuis de nombreuses
années, il importe de souligner le regain d’ intérêt dont les colonies romaines d’ Orient
font l’ objet depuis les travaux menés par Barbara Levick autour de son ouvrage essentiel
(Roman Colonies of Southern Asia Minor, Oxford, 1967), lequel proposait une mise au
point très informée sur le chapelet des colonies augustéennes du Taurus ; plus récemment,
Maurice Sartre (« Les colonies romaines dans le monde grec », dans E. Dąbrowa [éd.],
Roman Military Studies, Electrum 5, 2001, p. 111-152) a proposé une très utile synthèse,
« chrono-topographie » des fondations coloniales romaines d’ Orient de Jules César
aux Sévères, nous invitant ainsi à poursuivre les recherches dans ce domaine, à l’ instar
Journée d’étude de Besançon
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Hadrien Bru, Guy Labarre, Georges Tirologos
des colloques consacrés au sujet il y a une dizaine d’ années (G. Salmeri, A. Raggi,
A. Baroni [éds], Colonie Romane Nel Mondo Greco, Roma, 2004) ou plus récemment
(R. J. Sweetman [éd.], Roman Colonies in the First Century of their Fondation, Oxford,
Oakville, Oxford books, 2011 ; S. Demougin, J. Scheid [éds], Colons et colonies dans le
monde romain, Rome-Paris, 2012). Les recherches épigraphiques et archéologiques de
terrain ont progressé depuis plusieurs décennies, aussi bien en Grèce, qu’ en Asie Mineure
ou au Proche-Orient, qu’ il s’ agisse d’ Antioche de Pisidie, de Dion, de Philippes, de Patras
ou de Bérytos, pour les plus fameuses d’ entre elles. En vue de mieux connaître l’ histoire
des colonies romaines d’ Orient, une approche territoriale de la vie des communautés
est primordiale en raison de la nature sociopolitique de ces entités géopolitiquement
imposées à une échelle régionale par un pouvoir central. Plusieurs perspectives peuvent
en outre être proposées afin de questionner leur histoire.
La journée d’ étude Espaces et territoires des colonies romaines d’ Orient (Besançon,
3 octobre 2013) organisée par H. Bru, G. Labarre et G. Tirologos fut la première de
trois rencontres scientifiques coordonnées, avec le colloque international L’ héritage
grec des colonies romaines d’ Orient. Interactions culturelles et linguistiques dans les
provinces hellénophones de l’ empire romain (Strasbourg, 8-9 novembre 2013) organisé
par C. Brélaz, puis le colloque international Colonial geopolitics and local cultures in
the Hellenistic and Roman East (IIIrd century B.C.-IIIrd century A.D.) organisé à
Édimbourg (25-28 juin 2014) par H. Bru et A. Dumitru dans le cadre de la 8e Celtic
Conference in Classics. Cette dernière manifestation scientifique a mis en corrélation sur
la longue durée les échelles impériale, royale et locale en s’ intéressant de près au sort des
populations autochtones, qui subirent en général la loi des grandes puissances politiques,
avec la violence que cela suppose. De fait, la colonisation reste un sujet d’ actualité, par
exemple lorsqu’ on constate que l’ État chinois installe des populations issues de l’ ethnie
Han dominante à l’ Ouest de son territoire, dans la région du Xinjiang peuplée par les
Ouïghours turcophones, ou encore au Tibet : il s’ agit d’ une pratique de colonisation
de type impérial qui n’ a rien à envier aux pratiques des Assyriens, des grands rois
perses, des rois séleucides ou des empereurs romains. Les trois rencontres scientifiques
évoquées invitent à poursuivre et à renouveler l’ étude des colonies romaines d’ Orient en
s’ interrogeant avec acuité sur les rapports variés qui s’ établirent entre les territoires, les
populations et leurs cultures.
Dans le cadre de la journée d’ étude de Besançon qui s’ est tenue à l’ Université de
Franche-Comté, pourquoi avoir associé « espaces et territoires » ? L’ importance de
l’ étude des territoires est évidente, puisque le premier motif de la création d’ une colonie
Espaces et territoires des colonies romaines d’Orient
Introduction11
romaine est de distribuer de la terre aux vétérans. Jean-Yves Guillaumin nous montre
les exigences théoriques des gromatici dans le contexte de l’ organisation du territoire
colonial. Mais leur application selon les lieux et les circonstances est loin d’ être connue
précisément partout. Des études récentes ont permis de faire progresser nos connaissances
des territoires coloniaux. On pense notamment à celle d’ Athanase Rizakis (« Les
colonies romaines des côtes occidentales grecques. Populations et territoires », DHA,
22, 1996, p. 255-324), qui a montré dans le cas de Patras, que la colonie avait reçu, en
plusieurs étapes, non seulement les terres de l’ ancienne cité, mais aussi de plusieurs autres
cités d’ Achaïe occidentale (Tritaia, Rhypes, Pharai) et une partie de la côte septentrionale
du golfe de Corinthe, certaines villes de Locride occidentale (Oiantheia, Naupacte), puis
Dymè sous Tibère, et Pleuron en Étolie sous Néron. Sur ce territoire étendu au-delà de
ce qu’ avait connu la cité grecque, toutes les terres n’ ont pas été distribuées aux colons.
Des centuriations ont été relevées près de la ville de Patras, à l’ Ouest de Dymè, mais la
plus grande partie restait exploitée par les anciens habitants. En revanche, le territoire
de Corinthe, qui était déjà important pour une cité grecque, semble ne pas avoir varié
au moment de la fondation de la colonie (D. Engels, Roman Corinth, Chicago, 1990).
Dans le cas des colonies pisidiennes, il n’ y a pas eu d’ absorption de cités voisines et de
leurs territoires. On aurait donc deux modèles différents (ce qu’ a bien mis en valeur
M. Sartre dans son essai de synthèse en 2001, p. 132-134). S’ appliquent-ils à l’ ensemble
des colonies romaines d’ Orient ?
De plus, on aimerait savoir plus précisément comment ces territoires coloniaux se
sont constitués : terres prises aux citoyens grecs devenus incolae ? Terre royale saisie ?
Terre appartenant à des sanctuaires ? Dans le cas d’ Antioche de Pisidie, Hadrien Bru
fait le point sur cette question délicate, alors que Guy Labarre replace dans un
contexte géopolitique régional les colonies pisidiennes. Y a-t-il eu des déplacements de
population ? Des redistributions de terres en utilisant d’ anciennes terres publiques ou
en favorisant le défrichement de nouvelles terres ? Il nous semble que beaucoup reste
à faire, d’ autant que les sources manquent ou sont souvent difficiles à interpréter (voir
le cas de Philippes abordé par Georges Tirologos et Cédric Brélaz, ou de Dion par
Julien Demaille à propos des limites et de la cadastration). Quant au mot « espaces », il
permet d’ élargir la recherche à d’ autres horizons. C’ est un truisme que de dire que ville
et territoire sont indissociables dans l’ Antiquité. La création d’ une colonie a été, parfois,
une refondation, comme à Antioche de Pisidie. Elle s’ est traduite par un réaménagement
de l’ espace urbain, particulièrement de ses espaces centraux et symboliques. Le temple qui
fut construit au centre de la cité, entouré de son portique semi-circulaire s’ appuyant sur
Journée d’étude de Besançon
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Hadrien Bru, Guy Labarre, Georges Tirologos
la colline, s’ ouvrait sur l’ Augusta platea puis la Tiberia platea. Il fut sans doute consacré
à Auguste ou au culte impérial. L’ espace religieux doit donc lui aussi faire l’ objet d’ une
observation attentive. Ces espaces n’ ont pas été définis une fois pour toutes. D’ autres
espaces se sont dessinés sur des critères sociaux, ethniques ou culturels, question traitée
lors du colloque organisé par Cédric Brélaz à Strasbourg les 8 et 9 novembre 2013 sur
l’ héritage culturel des colonies romaines d’ Orient. Au-delà du territoire de la colonie,
s’ ouvrent aussi d’ autres espaces. Ceux des réseaux que tissaient les élites et les familles
des vétérans romains entre elles. En traitant des gentilices romains en Asie Mineure,
Olli Salomies nous propose des hypothèses dans cette perspective.
Les relations des colonies avec le centre (Rome), les capitales de province, les
chefs-lieux de conventus, le réseau des cités grecques qui les entouraient, et les populations
non grecques lorsqu’ on se trouve dans le monde oriental, offrent un autre champ de
recherche. Il nous semble que les historiens sur cette question pourraient s’ inspirer
des raisonnements et des méthodes en vigueur en géopolitique puisque celle-ci a pour
but d’ analyser toute rivalité de pouvoirs sur un territoire1. Comme l’ écrit le géographe
Yves Lacoste, « le territoire est essentiel en géopolitique, mais il ne s’ agit pas d’ un
territoire en tant que tel, avec ses étendues, ses formes de relief et ses ressources, mais
aussi des hommes et des femmes qui y vivent et des pouvoirs qu’ ils acceptent et ceux qu’ ils
combattent, en raison de l’ histoire qu’ ils se racontent à tort ou à raison, de leurs craintes
et des représentations qu’ ils se font d’ un passé plus ou moins lointain et de l’ avenir plus
ou moins proche »2. Il importe donc d’ une part de rechercher les contours des différents
ensembles spatiaux de ce monde colonial, qu’ ils relèvent de la géographie physique ou
humaine, ou des représentations imaginées fortement mobilisatrices, d’ autre part de
relever leurs intersections, leurs articulations, leurs enchevêtrements et de les classer selon
un raisonnement multiscalaire (ou diatopique).
1
Y. Lacoste, Dictionnaire de géopolitique, Paris, 1998, p. 1-35 et « La géographie, la géopolitique et
le raisonnement géographique », Hérodote, 146-147, 2012/2013, p. 14-44 qui montre que le terme
géopolitique n’ a pas été créé par Friedrich Ratzel, même si le géographe allemand fut le premier à développer
une réflexion théorique sur les liens entre le sol et l’ État en publiant en 1897 sa Politische Geographie,
mais par le Suédois Rudolf Kjellen en 1904 qui en abrégeait le titre ; la géopolitique connut son premier
développement dans l’ Allemagne de l’ entre-deux-guerres sous l’ impulsion de Karl Haushofer créateur du
Zeitschrift für Geopolitik, mais l’ emploi dévoyé de ce terme par les nazis en a fait disparaître pour longtemps
l’ usage ; en France, alors que dans l’ entre-deux-guerres l’ influence du géographe Emmanuel de Martonne
eut pour conséquence de faire triompher une géographie académique dépourvue d’ analyse politique, une
nouvelle école de géopolitique s’ est affirmée à la fin des années 1970 et au début des années 1980.
2
Y. Lacoste, « La géographie, la géopolitique et le raisonnement géographique », Hérodote, 146-147,
2012/3, p. 27.
Espaces et territoires des colonies romaines d’Orient
Espaces et territoires des colonies romaines d’ Orient, 2016, 191‑194
Résumés
Jean-Yves Guillaumin
Organisation d’ un territoire de colonie : les exigences théoriques des textes gromatiques
Résumé : Le territoire des colonies, propugnacula imperii selon une expression de Cicéron, est
organisé selon des modèles et avec des pratiques à propos desquels on trouve une documentation
importante chez les arpenteurs romains. La littérature gromatique livre les informations sur la
manière dont il faut organiser un territoire colonial d’ après un système orthonormé d’ axes
structurants. Entre les possessions, les bornes sont des marqueurs obéissant à une codification
précise, évoquée notamment par Hygin le Gromatique. Entre les cités, elles concourent à la
limitation des territoires, enregistrée chez les agrimensores par des textes formulaires dont le rapport
est net avec ce que nous connaissons par l’ épigraphie. Le rôle de l’ ordo dans l’ administration de la
colonie est aussi évoqué par quelques passages du corpus gromatique.
Mots-clés : Arpentage romain, Agrimensores, Gromatiques, Territoire colonial, Marqueurs de
limite, Bornes.
Organizing a colony’ s Territory. The Theoretical Demands of Gromatic texts
Abstract: The territory of the colonies, propugnacula imperii according to Cicero’ s word, is based
on patterns and uses on which we have a large amount of information in the works of the Roman
land-surveyors. Gromatic literature delivers information on the way a colonial territory must
be organized, following an orthonormal system of structuring lines. Between the owned lands,
boundary markers follow a precise codification, mentioned especially in Hyginus Gromaticus.
Between cities, they help marking the boundaries of the territories, registered by the agrimensores
in formular texts which are clearly consistent with what we know through epigraphy. The role
played by the ordo administrating the colony is also mentioned in some passages of the gromatic
corpus.
Keywords: Roman Land-Surveying, Agrimensores, Gromatici, Colonial Territory, Boundary
Marks, Boundary Stones.
Journée d’étude de Besançon
192
Résumés
Olli Salomies
Les gentilices romains en Asie Mineure
Résumé : Cet article est une tentative de donner un aperçu du répertoire des gentilices romains
attestés en Asie Mineure. L’ article contient aussi des observations sur la diffusion de quelques
noms au sein de la province romaine d’ Asie.
Mots-clés :Gentilices romains, Citoyenneté romaine, Asie Mineure.
Roman Gentilicia in Asia Minor
Abstract: The aim of this article is to give an overview of the Roman gentilicia attested in Asia
Minor. The article also includes observations on the distribution of some names in the Roman
province of Asia.
Keywords: Roman Gentilicia, Roman Citizenship, Asia Minor.
Guy Labarre
Distribution spatiale et cohérence du réseau colonial romain en Pisidie à l’ époque
augustéenne
Résumé : La Pisidie fut intégrée dans l’ espace impérial romain par deux voies complémentaires.
La première, en fondant des colonies romaines, a permis de contrôler les espaces dominés par
les cités grecques et d’ assurer l’ articulation des territoires (Ionie, Pamphylie, nord de la province
de Galatie). La seconde a usé de violence pour vider la Pisidie orientale de ses populations
anatoliennes.
Mots-clés  : Colonies romaines, Pisidie, Pisidiens, Sécurité, Articulation des territoires, Réseau.
Spatial Distribution and Coherence of the Roman Colonial Network in Pisidia
during the Augustan Period
Abstract: Pisidia was integrated into the Roman imperial space in two complementary ways. On
the one hand, founding Roman colonies has permitted to control the spaces ruled by the Greek
cities and to secure the articulation of the territories (Ionia, Pamphylia, north of the province of
Galatia). On the other hand, violence was used in order to empty Eastern Pisidia of its Anatolian
population.
Keywords: Roman Colonies, Pisidia, Pisidians, Secutity, Articulation of the Territories, Network.
Espaces et territoires des colonies romaines d’Orient
Résumés193
Hadrien Bru
Le territoire d’ Antioche de Pisidie
Résumé : Il s’ agit d’ un point synthétique sur notre connaissance actuelle du territoire civique
d’ Antioche de Pisidie, particulièrement pour ce qui se rapporte à ses limites spatiales, au regard
de la topographie et des territoires des cités avoisinantes. L’ évocation de l’ emprise supposée
des colons romains sur l’ intérieur de la Phrygie Parorée conduit notamment à s’ intéresser au
sanctuaire d’ Artémis à Sağır, à une estimation des surfaces agricoles utiles, ainsi qu’ à des remarques
concernant la cadastration du territoire.
Mots-clés  : Antioche de Pisidie, Territoire, Phrygie Parorée, Romains, Colonisation, Gromatici,
Cadastration, Artémis, Pavot.
The Territory of Pisidian Antioch
Abstract: A synthesis is proposed about our present knowledge of the civic territory of Pisidian
Antioch, especially dealing with its limits, which depend on the topography and on the
neighbouring civic territories. The approach of the supposed influence of the Roman colonists
on inner Phrygia Paroreios leads us to focus on the Artemis sanctuary of Sağır, on an estimation
of the available agricultural land, and also to a few remarks concerning the cadastration of the
territory.
Keywords: Pisidian Antioch, Territory, Phrygia Paroreios, Romans, Colonization, Gromatici,
Cadastration, Artemis, Poppy.
Julien Demaille
Le territoire de la colonie romaine de Dion : extension et cadastration
Résumé : Le territoire de Dion a connu un agrandissement considérable quand la cité
macédonienne est devenue colonie romaine en 44-43 av. J.-C. Les textes épigraphiques permettent
d’ avoir une idée de son extension qui devait coïncider plus ou moins avec l’ extension de la plaine
de Piérie. Mais un territoire colonial romain n’ est pas d’ un seul tenant :il subsistait probablement,
en Piérie, des enclaves restées autonomes.
Mots-clés  : Dion, Colonie romaine, Piérie, Macédoine, Cadastration, Territoire, Praefectura,
Citoyens romains.
The Territory of the Roman Colony of Dion. Extension and Cadastration
Abstract: The territory of Dion was considerably enlarged when the Macedonian city became a
Roman colony in 44-43 B.C. The epigraphic texts allow us to partly know its extension, which
coincided more or less with the Pierian plain. But a Roman colonial territory is not made of a
single block:some autonomous Pierian areas probably still existed.
Keywords: Dion, Roman Colony, Pieria, Macedonia, Cadastration, Territory, Praefectura,
Roman Citizens.
Journée d’étude de Besançon
194
Résumés
Georges Tirologos, Cédric Brélaz
Essai de reconstitution du territoire de la colonie de Philippes : sources, méthodes et
interprétations
Résumé :En raison des conditions historiques de son occupation, de la richesse et de la diversité
de son corpus documentaire, le territoire de Philippes constitue un terrain particulièrement
favorable pour mener une réflexion sur les mécanismes d’ appropriation et de structuration
d’ un espace dans le cadre de la colonisation romaine. En s’ appuyant sur l’ apport des nouvelles
découvertes, mais aussi sur le réexamen critique des sources plus anciennes, le but de cette étude
est d’ une part d’ évaluer l’ impact de la colonisation romaine sur le territoire philippien, d’ autre
part d’ aborder à travers une approche diachronique les questions des continuités et des ruptures
dans l’ organisation de son espace rural.
Mots-clés  : Colonies romaines, Macédoine, Philippes, Organisation du territoire, Réseau viaire,
Espace rural.
An Attempt at Reconstituting the Territory of the Colony of Philippi: Sources,
Methods, and Interpretations
Abstract: Thanks to the hisorical conditions of its occupation as well as the profusion and diversity
of the documents available, the territory of Philippi is a particularly interesting field to study the
processes of appropriation and structuration of an area during Roman colonization. Starting from
the conclusions of recent discoveries as well as a critical reexamining of older sources, this paper
intends first to evaluate the impact of Roman colonization on the territory of Philippi, then to
tackle from a diachronic point of view issues of continuity and discontinuity in the organisation
of its rural space.
Keywords: Roman Colonies, Macedonia, Philippi, Territory Organization, Viary Network,
Rural Space.
Espaces et territoires des colonies romaines d’Orient