Mieux que la série noire, mieux que le polar… le Pôle Emploi !

Transcription

Mieux que la série noire, mieux que le polar… le Pôle Emploi !
n° 64
avril - mai - juin 2012
Trimestriel édité par le Comité national CGT de lutte et de défense des chômeurs
Mieux que la série noire,
mieux que le polar…
le Pôle Emploi !
À Pôle Emploi, on achève bien les chômeurs :
exclusion, radiations, indus,
précarité organisée…
inFO LUTTES
Un 1er mai puissant
Fabienne Lauron, secrétaire de
l’union locale de Nîmes, juchée
sur un camion où flotte le drapeau du CNPE, scande dans
un micro tout le mal que l’on
pense du CDD de Sarko :
6 000 manifestants
à Nîmes
25 000 …..C’est le nombre de
tracts diffusés entre la manif
du 1 er mai et la diffusion du
bilan de l’ancien président sur
Nîmes. En passant par les
ronds points dés 7 heures,
comme devant les entreprises
ou encore en organisant un
pique-nique sur une zone de
commerce la CGT Nîmoise
s’est déployée en masse !
C’est vers 10 heures que la
place des Carmes s’est retrouvée rouge…de drapeaux…
rouge de colère…ce rouge
si cher à notre CGT et tant
détesté par l’ancien pouvoir
aura eu raison des boulevards
Nîmois.
Avant d’arpenter les rues derrière le camion SONO scandant des slogans préparés
pour l’occasion le discours de
la CGT de Nîmes, interpellait
directement l’ancien Président
« Entends ….et vois les drapeaux de la lutte qui flotte
aujourd’hui non pas du côté
des soi-disant « vrais travailleurs », mais du côté de ceux
qui luttent !
Les travailleurs :
• i l s n ’ o u b l i e r o n t p a s t a
réforme des retraites ;
• ils n’oublieront pas la casse
de leurs écoles ;
• ils n’oublieront pas la casse
de leurs services publics ;
• ils n’oublieront pas la casse
de leur protection sociale ;
• ils n’oublieront pas la perte
de leur pouvoir d’achat ;
• ils n’oublieront pas la remise
en cause du Code du travaildes conventions collectives
– des différents statuts.
ILS N’OUBLIERONT PAS
D’ALLER VOTER LE 6 MAI
POUR TE DÉGAGER ! »
Le 1er mai 2012
Plus de 30 000 manifestants
ont battu le pavé dans les
Bouches du Rhône à l’occasion ce 1er mai historique, fête
du travail, mais aussi de la solidarité entre les peuples, de la
paix.
Rassemblés à Marseille, mais
à Arles, Port de Bouc, Port St
Louis du Rhône, Martigues,
Aix en Provence, ils ont dit leur
volonté d’en découdre avec le
pouvoir en place.
Historiquement, le 1er mai, c’est
aussi un moment de convivialité où chacun se retrouve à
l’issue de la manifestation.
certain moment reprise par les
mercenaires d’Unilever.
Entre-temps, grâce aux luttes
des salariés et de tous les
syndicats de la région PACA,
les salariés ont repris en main
l’entreprise.
Cela n’a pas empêché ce
temps fort qui a fait chaud au
cœur des salariés de Fralib.
Une paella géante a été préparée par le syndicat d’ERDF,
plus de 500 personnes
se sont bousculées pour
défendre le projet alternatif de
reprise de l’entreprise par les
salariés. n
C’est une tradition à Gardanne
comme à Arles ou ailleurs.
Cette année, notre cœur s’est
tourné vers celui organisé à
l’Agora d’Aubagne en solidarité
avec les salariés de Fralib en
lutte depuis plus de 500 jours
pour sauvegarder leur emploi.
Le ton de la manif était donné
et les voix n’auront pas manqué allant de « résistance » à
Sarko dégage » les travailleurs
auront crié si fort leur rage qu’il
était déjà battu avant que la
démocratie ne parle..
6 000 Nîmois en 2012 alors que
nous étions 800 en 2011 : voilà
l’espoir que démontre cette participation de ce que nous appelons « un 1er mai puissant » !
2
de la République avec l’intime
conviction que nous en serions
libérés le 6 mai au soir….
L’histoire a parlé depuis !
Parmi eux les chômeurs
rebelles qui portent avec fierté
le flambeau de la lutte syndicale des travailleurs privés
d’emploi.
L’usinePlus
occupée
d’un quart
depuis
de million
desde personnes ont battu le pavé
mois par les salariés aà été
Paris
à le
un1er mai dernier.
réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012
réACTIF n° 64
avril - mai juin 2012
Trimestriel du
Comité national
CGT de lutte
et de défense
des chômeurs
263 rue de Paris
93516 Montreuil cedex.
CP : 11000 505200
ISSN : 1265-6879
Prix de vente :
0,50 euro
Directeur
de publication :
Jean-François Kiefer
Comité de
rédaction :
Bureau du
Comité national
CGT de lutte
et de défense
des chômeurs
http://chomeurs-cgt.fr/
Conception
et réalisation :
Espace
Communication
mtg 5/07/12
Photos : DR
Impression :
Addax
SOMMAIRE
Info Luttes . . . . . . . . . 2
Edito . . . . . . . . . . . . . . 3
Dossier
Pôle Emploi,
hors-la-loi
. . . . . . . . . . . . . . . 4 & 5
Les indus IPT :
témoigngages . . . . . . 6
Saisonniers : travailleurs
entièrement à part . . . 7
éDITO
On lâche rien !
Jean-François Kiefer, Secrétaire général du Comité national
La défaite de la droite et de Sarkozy à la présidentielle a remis un peu de
baume au cœur de nombreux militants.
Ceux qui traitaient les chômeurs de fainéants ou d’assistés, ceux qui opposaient privés d’emploi et salariés, français et immigrés, jeunes et vieux sont
tombés aux oubliettes. Il était plus que temps.
Pour autant rien n’est réglé, l’arrivée du nouveau gouvernement ne signifie pas la fin du chômage et de la précarité, il faut rester mobilisés et continuer à se battre pour obtenir plus de droits pour ceux qui
aujourd’hui sont dans la galère.
La conférence sociale de juillet avec le gouvernement doit permettre d’engager la réflexion sur une répartition des richesses
plus favorable aux plus démunis.
La CGT y prendra toute sa place et demandera que soient
abordés les problèmes qui nous préoccupent tel que le chômage, l’explosion de la précarité, le service public de l’emploi,
la formation professionnelle, le système d’indemnisation du chômage,le
rétablissement de l’AER, l’accès au logement ou les dispositifs concernant
l’emploi des jeunes.
De même qu il faudra y aborder le retour à la retraite à 60 ans et la prise
en compte des années de chômage (indemnisé ou non) dans le calcul de la
retraite et exiger un Smic à 1 700 euros.
Comme vous l’aurez compris nous avons du pain sur la planche et quelque
soit la couleur du gouvernement, seule notre détermination et notre mobilisation permettront des avancées significatives. n
Motion… . . . . . . . . . . 8
3
Coup de gueule . . . . . 8
réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012
reVENDICATIF
Pôle emploi, hors-la-loi
Depuis près d’une quinzaine d’années, l’Unédic
puis Pôle Emploi devenu
juge et partie organisent, en
toute illégalité, la ponction
automatique sur les allocations dues aux bénéficiaires
de l‘assurance chômage,
des sommes trop perçues
ou prétendues comme
telles pour des périodes
antérieures d‘indemnisation.
Solution de facilité ou véritable effet d’aubaine pour
les caisses de l’Unédic,
ces pratiques dénoncées
depuis plusieurs années
par la Fédération des organismes sociaux CGT ont
mis et continuent à mettre
à mal des milliers de privés
d’emploi sans aucun moyen
pour vivre.
Après la suppression du
fond social, la mise en
place du PARE suivi de la
fusion Assédic / Ane contre
nature, toutes les politiques
visent à mettre fin à la protection sociale pour tous
conduisant seuls ceux qui
le peuvent vers un système
assuranciel lucratif pour le
capital.
À Marseille, TROIS privés d’emploi saisissent le
TGI pour faire valoir leurs
droits ! Est-ce le fait du
hasard, mais quelques jours
avant le procès, la direction
de Pôle emploi décide d’enfin appliquer la loi et de ne
plus toucher à la part insaisissable et ne prend que
les quotités saisissables. À
vérifier !
4
À Salon-de-Provence, c’est
Pôle emploi qui traîne un
privé d’emploi devant le tribunal !
À Nîmes, un privé d’emploi
gagne contre Pôle emploi !
Pôle emploi exige
2 248.40 € d’indus, mais
remboursera 16 131,53 € à
un chômeur !
Voici, la lutte organisée
avec le comité des privés
d’emploi de Nîmes pour
faire valoir les droits de
Patrick et gagner contre
Pôle Emploi.
Son histoire commence le
1er octobre 2009 et s’achève
le 22 février 2012. Grâce à
la pugnacité du comité chômeurs de Nîmes prêt à se
battre pour la justice sociale
et contre un système qui
ne sert à rien d’autre qu’à
broyer les individus en les
dilapidant de leurs droits et
de leurs dus !
Tout commence suite à
une demande de prise en
charge en ARE en 2009
accordée par Pôle Emploi
puis remise en cause dix
mois plus tard. Pôle Emploi
lui réclame alors la somme
de 2 248.4 euros d’indus
considérant que les salaires
qu’il a perçus ne sont pas
justifiés.
En juillet 2010, Patrick
saisit le Médiateur de
la République…pas de
réponse ni du médiateur ni
de Pôle emploi !
Trois courriers successifs
de Pôle Emploi le prient de
rembourser le trop-perçu
avant poursuite. Il y répond
et malgré les explications et
les justificatifs Pôle Emploi
continue son acharnement
sans pour autant lui proposer une offre d’emploi.
Patrick décide de ne
rien lâcher et engage
la bataille, d’abord tout
seul puis avec la CGT.
un téléphone ou une boite
postale pour pouvoir enfin
régler cette situation de
non-droit !
Bon nombre de privés
d’emploi sont ou ont été
dans cette situation et ils
ont abandonné devant cette
machine infernale. Machine
qui est prête à tout pour
réduire les droits des chômeurs !
Ce rendez-vous forcé ne
donne rien, notre interlocuteur nous dit : « ne rien
pouvoir décider et qu’il
transfère notre demande
au service juridique »…
Plus tard, par téléphone un
agent de Pôle Emploi nous
indique que : « nous avons
raison sur l’analyse et nous
vous proposons de clôturer
ce dossier et ses indus ».
On repart à zéro ! Patrick rejoint la CGT
chômeurs en octobre
2011. Le comité travaille
le rapport de force collectivement afin que cela
serve à d’autres, privés
d’emploi dans la même
situation.
Le 18 novembre 2011, le
comité avec Patrick saisit
par courrier le Pôle emploi
de Nîmes en exposant sa
situation et en exigeant un
rendez-vous. Suite au courrier, il reçoit une notification
en date du 24 novembre
2011 lui indiquant que Pôle
Emploi diffère l’engagement de toute action à son
encontre.
Insatisfait de cette décision, l’action engagée avec
le Comité se poursuit, car
nous ne partageons pas
l’analyse de Pôle Emploi.
À partir de ce moment-là,
le poids de notre organisation va se faire sentir
et les choses vont s’accélérer, mais pas du même
côté puisque Pôle Emploi
va devoir reculer….
Une rencontre avec les
services de Pôle Emploi
région se tient afin de rencontrer un individu et non
réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012
Nous demandons à
Pôle Emploi d’être destinataires d’un courrier
notifiant la teneur de la
conversation téléphonique. Suite à notre réclamation, deux rendez-vous
nous sont fixés à la suite
de quoi Pôle Emploi botte
en touche en renvoyant
le dossier sur l’IPR (l’Instance paritaire régionale)
du 8 février.
L’IPR statue enfin et Patrick
reçoit donc un courrier en
date du 22 février 2012
reconnaissant son contrat
de travail et que la somme
de 16 131,53 euros lui sera
versée..
Voilà une affaire qui
aura duré dans le
temps, mais qui aura eu
le mérite de renverser
les rôles en faveur d’un
privé d’emploi qui au
départ devait s’acquitter
d’un indu de 2 248.40 €
et qui se verra verser
16 131.53 € au titre de
l’ARE à laquelle il prétendait et pour laquelle il
avait droit !
Malgré l’acharnement de
Pôle Emploi, la force collective des privés d’emploi
organisés aura eu raison
de cette injustice flagrante
prouvée par la décision de
l’IPR en faveur de Patrick.
Certes, pour un qui
gagne combien sont
spoliés de leurs droits
et combien d’entre eux
ont pris conscience de
leur force quand ils sont
ensembles ?
Nous exigeons que les privés d’emploi soient traités
avec les mêmes règles égalitaires sur tout le territoire
et non selon le département
ou la région. Nous dénonçons l’acharnement de
Pôle Emploi et constatons
encore une fois qu’il n’est
pas au service des privés
d’emploi, mais obéit à des
règles abjectes mises en
place par le gouvernement
Sarko/Fion.
ment sur tout le territoire
que ne remplit pas Pôle
Emploi bien au contraire,
nous sommes bien sur
un traitement « à la
carte ».
Au-delà des questions
individuelles qui causent
des drames financiers
graves se pose la question d’égalité de traite-
Sur Marseille, les privés
d’emploi rencontrant les
mêmes problématiques sont
forcés de saisir le TGI pour
faire valoir leurs droits !
Sur Nîmes avec la force du
Comité CGT Privés d’Emploi, on aboutit sur une
décision qui sera prise par
l’IPR !
Sur Salon de Provence,
c’est Pôle emploi qui traine
un privé d’emploi devant le
tribunal afin qu’il s’acquitte
d’un indu sans que cette
fois-ci Pôle emploi n’ai « eu
égard à la situation ».
Pôle Emploi n’est pas
une entreprise qui peut
décider selon son lieu
géographique ou selon
la composition de l’IPR
mais doit être un service
public qui doit traiter les
chômeurs en parfaite
égalité. n
Appel à témoin
Campagne nationale
Fort de ces expériences, le comité national CGT des privés d’emploi a pris la décision de lancer un appel à témoin, car
les situations vécues par ces cinq personnes se répètent sur tout le territoire.
Les sanctions, les radiations ont pris le pas sur l’accompagnement des privé(e)s d’emploi. La situation s’est amplifiée
avec la fusion ANPE/Assedic. Récemment, qui s’est vu proposer un emploi par les services de Pôle Emploi ?
Pour les privés d’emploi les tracasseries se multiplient. Tous les moyens sont bons pour PÔLE EMPLOI pour faire
baisser les chiffres du chômage et à indemniser le moins de personnes possible. .
Les cas les plus fréquents rencontrés sont :
• le manque d’informations claires, précises, notamment par l’insuffisance de personnel qualifié et la surcharge de
dossiers à traiter, ainsi que la mise en place du 3949 qui est une véritable catastrophe,
• dans certains cas, le refus d’indemnisation,
• la radiation trop facile et injustifiée
• et les indus.
En croisant par exemple, les différentes raisons qui ont conduit à un indu, nous constatons qu’il y a des origines types,
comme la mauvaise information, le passage de l’ARE à la pension d’invalidité, le traitement tardif des feuilles de
salaires par une entreprise sous-traitante pour les salariés précaires (CDD, contrats aidés, intérim…), etc.
Nous avons décidé de lancer une campagne nationale, que nous avons intitulé « Pôle Emploi, hors-la-loi », afin de
dénoncer les méfaits de la fusion, mais aussi de lutter collectivement pour faire disparaître tous ces dysfonctionnements devenus insupportables et revendiquer un véritable service public de l’emploi.
Un nouveau gouvernement vient d’arriver, mettons le au défi !
Nous lançons un appel à témoin, afin nous ayons connaissance d’un maximum de situations pour créer le rapport de
force nécessaire. L’appel est consultable sur le site du comité national des privés d’emploi ainsi que le mode d’emploi.
Saisissons ensemble le gouvernement, la direction de Pôle emploi, les Instances Paritaires Régionales (IPR), les
Instances Paritaires Territoriales (IPT), les comités de liaison, le médiateur et si besoin la justice. n
réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012
5
réALITES
Les indus IPT : témoignages
Commission paritaire ou commission pourritaire !
Cinq ans de mandat dans
une commission de recours
IPT, ex-commission paritaire Assedic, ça vous
donne un aperçu du changement dans le traitement
des dossiers des chômeurs,
sur les sanctions et des
indus qu’elles génèrent
par la suite. Mais ça, Pôle
emploi s’en fout, il applique
la règle, que la règle…
Sauf qu’il y a un os dans le
potage, sur la question de
l’indu et de la manière de le
récupérer. Car Pôle emploi,
dans son « application de la
règle », fait d’une sanction,
une application immédiate
et le recours du demandeur
d’emploi n’est pas suspensif. Donc, à l’information de
la sanction, un demandeur
d’emploi, peut se retrouver avec un mois de « trop
perçu », alors qu’il pensait
avoir droit à son allocation.
Eh bien, non ! Il sera même
souvent surpris par la
manière utilisée, pour que
la somme « indument »
perçue soit récupérée…
Il y a plusieurs cas de
figure, mais depuis de
nombreuses années, pole
emploi récupère brutalement, la somme totale
des prestations, ce qui est
illégal. C’était d’abord les
Assedic et maintenant Pôle
emploi, qui use de cette
pratique, dans certains cas.
6
Mais le pire ce sont les
IPT, qui sous couvert de
bonne gestion, reprennent
de manière illégale, des
sommes d’argent, en
dehors du droit des quotités
saisissables, en jugeant sur
des estimations des revenus du ménage.
Il est sûr que parfois, les
erreurs viennent de Pôle
emploi, qui ouvre des droits
à tort, pendant plusieurs
mois. Si par exemple, par
erreur de calcul, ils vous
accordent 50 euros par
mois en plus, au bout de
18 mois, il y a un indu
de 900 euros. Suite à un
recalcul des droits celuici est détecté. Car Pôle
emploi procède souvent à
des recalculs, cherchant
des sources qui puissent
lui ramener de l’argent.
D’ailleurs, sûrement pas
dans les poches des patrons
mais des allocataires !
Donc, Pôle emploi vous
somme de rembourser, et
là vous faites appel aux
commissions de recours
qui vont juger votre dossier.
Le résultat c’est « selon ».
Soit vous tombez dans une
commission « sociale »,
soit au pire, avec de petits
gestionnaires qui vous récupèrent un max de fric en un
rien de temps, sans prendre
en compte votre reste à
vivre ou le montant de vos
allocations.
ment ce n’est pas toujours
leur problème.
Dans ces commissions, de
chômeurs il en a peu, alors
on parle d’eux, comme un
« coût » financier. « Des
gens qui se laissent aller,
qui ne cherchent pas
vraiment de travail, qui,
sûrement, pour certains
travaillent au noir, surtout
si ce sont de coiffeurs !! »
(entendu dans mon IPT,
mais j’en ai bien d’autres au
magasin…)
En Rhône Alpes, une réunion des IPR et des IPT
s’est tenue en décembre,
où il était question de faire
un bilan des commissions dans la région, IPR,
IPT et de faire un comparatif du traitement des
dossiers et de remises
gracieuses et globalement
du coût que ces commissions génèrent, surtout si
elles sont sociales. Mais
en substance, Pôle emploi
souhaitait nous apporter un
éclairage, et surtout nous
faire passer le message suivant : qu’il serait bon qu’au
niveau de notre région nous
Pas de pitié, pour certains
commissaires qui usent
de l’argument que « cet
argent vous l’avez touché,
et vous n’êtes pas venu le
dire - petits fraudeurs… ».
Ou alors, vous vous dites
victimes d’une erreur de la
machine, sans fric à la fin
du mois, mais ça apparem-
réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012
puissions avoir un « allégement du coût de 500 000
euros par mois. Vous multipliez ça par 12, vous obtenez un beau magot annuel,
et cette « économie », se
ferait sur le dos des allocataires et de leurs droits.
Les syndicats de salariés
ont tordu quand même fortement le nez, en disant
qu’en temps de crise il était
dur de faire encore payer
les chômeurs… Mais si la
crise n’était pas là et si les
syndicats n’étaient pas là, je
vous laisse imaginer le sort
des demandeurs d’emploi
qui font recours…
Mais attention, cette volonté
est bien ancrée dans leur
tête, pour l’appliquer dès
que possible.
Il y a moyen que cela
change, ce sont les
luttes de chômeurs qui
doivent faire pression sur
le patronat et ceux qui
le soutiennent dans ces
commissions. Seule une
lutte organisée forte en
nombre peut inverser la
vapeur. n
réALITES
Saisonniers, travailleurs entièrement à part !
« Comment ça je n’ai pas
droit à ma prime de précarité ! Pourtant je suis bien en
contrat à durée déterminée. Et
oui jeune homme, mais c’est
un contrat de saisonnier. C’est
comme ça que j’ai découvert
l’arnaque. Tu bosses comme
les autres, mais t’as moins de
droits ». Bref...
Saisonniers :
travailleurs
entièrement à part
Pourtant le deal au départ à
beaucoup d’attrait. Pour ce
qui me concernait, travailler
dans les métiers de loisirs
ou de vacances, découvrir
d’autres régions, et d’autres
cultures.
Sauf que l’or blanc, vert
ou bleu, c’est pour les
employeurs, à eux le pognon.
Les saisonniers eux ils
regardent...!!!
La mise en place et l’augmentation des congés payés
a favorisé le développement
des offres touristiques, et de
ce fait le besoin de travailleurs
saisonniers.
Le 1er secteur employeur des
saisonniers, reste celui de l’hôtellerie et de la restauration.
L’agriculture en est également
une grosse consommatrice faisant appel à ce type de contrat
(récoltes de fruits, légumes
…) concentrés sur de courtes
périodes.
Longtemps le travail saisonnier
a concerné majoritairement
des jeunes et des étudiants.
Cette situation est révolue, et
au fil du temps, surtout depuis
la crise, c’est devenu pour les
privés d’emploi et les chômeurs en fin de droit, toutes
générations confondues, une
solution comme une autre pour
boucler les fins de mois.
Mal payés, exerçant dans des
conditions de travail difficiles,
les saisonniers, sont le symbole de la précarité grandissante dans le monde du travail.
Précarité encore aggravée par
les difficultés à bien se loger
dans ces zones touristiques où
les prix flambent en saison.
Difficiles à organiser, la CGT a
obtenu de significatives avancées, notamment concernant
leurs indemnisations par l’assurance chômage.
Depuis le 1er Juin 2011, ils sont
en effet indemnisés comme les
autres salariés.
Signalons que la CGT édite à
leur intention un guide confédéral sur le contrat de travail,
la santé, les formations professionnelles.
notre pays à la recherche d’un
emploi saisonnier.
Malgré des conditions de
travail qui ne cessent de se
dégrader, de plus en plus de
chômeurs, de jeunes, et de
seniors postulent pour ces
emplois saisonniers.
Ce que dit la loi
Le saisonnier n’a pas de prime
de CDD, il est aussi pénalisé
pour sa retraite. Seulement
7 % des saisonniers logent
chez l’employeur, les autres
se débrouillent comme ils
peuvent.
Il n’y a aucune obligation
sociale en termes de transport ou de logement pour les
employeurs qui exploitent cette
main-d’œuvre souvent qualifiée.
Ce que dit la CGT
En plus de la prime de précarité, à la CGT nous nous
battons pour la reconduction
automatique du contrat de travail d’une saison sur l’autre,
sur le modèle de ce qui existe
déjà dans le secteur des
remontées mécaniques. n
Le contexte
Les saisonniers sont plus
de deux millions à parcourir
Mais d’autres secteurs d’activités comme le bâtiment ou les
transports, commencent eux
aussi à être concernés.
Même s’il n’existe aucune
statistiques officielles, la CGT
estime qu’il y aurait, de un à
deux millions de salariés qui
seraient titulaires de ce type
de contrat.
Campagne été 2012
La CGT à la rencontre des travailleurs saisonniers
Comme en 2011, la CGT avec la participation du Comité CGT des Privés
d’Emploi organise de nombreuses initiatives dans plusieurs régions de juillet
à septembre.
La caravane des saisonniers partira
de Bretagne elle ira à la rencontre des
salariés agricoles, une autre parcourra
la côte méditerranéenne.
Ces initiatives sont impulsées par le
collectif saisonnier, piloté par la camarade Sabine de la CE confédérale.
C’est un travail collectif avec des professions et des organisations territoriales CGT pour aller à la rencontre de
ces salariés saisonniers isolés (agricoles – commerces – tourisme – hôtellerie - restauration - centres de loisirs
- etc, etc).
Pour nous à la CGT, ces initiatives ont
plusieurs objectifs importants, c’est :
• d’informer les salariés de leurs
droits en matière de contrat de
travail et d’honoraires, avec distribution du guide confédéral des
saisonniers. Plus de 65 % des travailleurs saisonniers ignorent leurs
droits ;
• de leur faire connaître les propositions de la CGT :
1. Le versement de la prime de fin
de CDD
2. La transférabilité des droits
d’ancienneté, de formation
en cas de changement d’employeur
3. La reconduction des contrats
d’une année sur l’autre pour les
saisonniers qui le souhaitent
4. Une prise en charge du logement et des transports par l’employeur
5. La garantie d’une sécu rité
sociale professionnelle
réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012
Stopper l’isolement des travailleurs saisonniers est la condition primordiale
pour faire avancer leurs droits.
7
coUP DE acTUALITES
GUEULE
Motion
Si ce n’est toi,
c’est donc ton frère…
M. Frédéric TOUBEAU Directeur Régional Midi-Pyrénées Pôle emploi
M. Jean BASSERES Directeur Général de Pôle emploi
Structures CGT dont Administrateur CGT à Pôle emploi
Nous étions présents jeudi
15 mars 2012 pour soutenir
les agents de Pôle emploi de
Saint Girons (Ariège) en grève
pour :
1. défendre et reconquérir un
véritable service public de
l’emploi de qualité ;
2. exiger auprès de la Direction
territoriale l’embauche d’une
de leur collègue de travail
victime d’une flagrante discrimination.
Ce 2 e point étant un élément
catalysant du conflit pour
les raisons suivantes : Voilà
vingt mois que Mme « VC »
est ballotée de CDD en CDD
(une douzaine en cumul sur
la période) dans cette agence.
Celui en cours (un remplacement) est maintenant arrivé à
expiration. Le nombre pléthorique de ce type de contrats
accumulés résonne cependant comme une preuve flagrante de reconnaissance
d’efficience. Formée, polyvalente comme une véritable
professionnelle de l’insertion
et de l’emploi et donc parfaitement opérationnelle. Autant
d’atouts valorisants que Mme
« VC » pensait objectivement faire valoir en postulant sur une liste de postes
diffusés (notamment sur un
des postes consécutif à la
récente décision gouvernementale de renforcer les
agences de Pôle emploi).
Sur décision arbitraire et
en l’état, Mme « VC » se
retrouvera de l’autre côté du
guichet puisque la Direction
Territoriale refuse de l’embaucher, bafouant par la
même occasion les dispositions conventionnelles (priorité de recrutement sur les
postes vacants).
Voilà d’une seule voix ce qu’a
martelé à M. le sous Préfet la
délégation reçue ce 15 mars.
« Nous exigeons l’embauche
de notre collègue en CDI, nous
dénonçons la précarité organisée qui sévit sur Pôle emploi
et spécifiquement à St Girons.
Plus largement nous voulons une
transparence des recrutements
au Pôle emploi, transparence
indispensable pour assurer la
mission de service public dont
nous avons la charge et afin de
garantir à chaque postulant un
traitement objectif de sa candidature. Ainsi sans justification
l’on recrute à Pôle emploi en
CDI ou CDD des agents sans
expériences et sans formation au
mépris des CDD déjà présents et
parfaitement opérationnels ».
Il serait tout à l’honneur de
Pôle emploi de commuer cette
décision inique en satisfaisant
à notre légitime revendication
commune : Le recrutement définitif de Mme « VC » en CDI !
Comité CGT Chômeurs
et Précaires de Tarbes
Chômeur rebelle,
Je me syndique à la CGT
Nom :
Prénom :
Age :
Adresse :
A découper et à remettre à un syndiqué de votre connaissance, ou à renvoyer à l’union
départementale CGT de votre département.
L’horrible fils putatif de Pétain
a été viré de la présidence de
la république... Ouf !
C’est déjà ça. Mais il reste
beaucoup de choses à faire
dans la jungle sauvage du
libéralisme économique.
Par exemple, au mois de
février dernier, de nombreux
privés d’emploi indemnisés,
inscrits au « service public
de l’emploi » et figurant dans
ses fichiers, ont reçu une
invitation. Celle-ci, provenant
de l’association ARCUS et
de l’action sociale du groupe
Malakoff-Médéric, concernait
une journée d’information
intitulée « Parlons de votre
situation professionnelle et de
votre santé ».
Ce courrier suscite plusieurs
questions.
Pôle Emploi y est cité à
plusieurs reprises. Est-ce lui
qui a communiqué le fichier
des demandeurs d’emploi
indemnisés à Malakoff-Médéric ? Dans cette hypothèse,
ce fichier a-t-il été vendu ou
offert ? La CNIL (Commission
Nationale Informatique et
Liberté) est-elle au courant ?
Une convention lie-t-elle
l’association ARCUS et Pôle
Emploi ? Dans ce cas, il
serait fortement souhaitable
que les organisations de
chômeurs, et notamment la
CGT chômeurs, en soient
informés.
Le fait que seuls sont concernés les chômeurs indemnisés
laisse supposer qu’il s’agit
d’une démarche commerciale
et non pas sociale. Voilà une
dérive de plus qui participe à
la casse des services publics
en méprisant l’usager, le
traitant comme un « client »,
voire une marchandise.
Oscar
réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012