Mieux que la série noire, mieux que le polar… le Pôle Emploi !
Transcription
Mieux que la série noire, mieux que le polar… le Pôle Emploi !
n° 64 avril - mai - juin 2012 Trimestriel édité par le Comité national CGT de lutte et de défense des chômeurs Mieux que la série noire, mieux que le polar… le Pôle Emploi ! À Pôle Emploi, on achève bien les chômeurs : exclusion, radiations, indus, précarité organisée… inFO LUTTES Un 1er mai puissant Fabienne Lauron, secrétaire de l’union locale de Nîmes, juchée sur un camion où flotte le drapeau du CNPE, scande dans un micro tout le mal que l’on pense du CDD de Sarko : 6 000 manifestants à Nîmes 25 000 …..C’est le nombre de tracts diffusés entre la manif du 1 er mai et la diffusion du bilan de l’ancien président sur Nîmes. En passant par les ronds points dés 7 heures, comme devant les entreprises ou encore en organisant un pique-nique sur une zone de commerce la CGT Nîmoise s’est déployée en masse ! C’est vers 10 heures que la place des Carmes s’est retrouvée rouge…de drapeaux… rouge de colère…ce rouge si cher à notre CGT et tant détesté par l’ancien pouvoir aura eu raison des boulevards Nîmois. Avant d’arpenter les rues derrière le camion SONO scandant des slogans préparés pour l’occasion le discours de la CGT de Nîmes, interpellait directement l’ancien Président « Entends ….et vois les drapeaux de la lutte qui flotte aujourd’hui non pas du côté des soi-disant « vrais travailleurs », mais du côté de ceux qui luttent ! Les travailleurs : • i l s n ’ o u b l i e r o n t p a s t a réforme des retraites ; • ils n’oublieront pas la casse de leurs écoles ; • ils n’oublieront pas la casse de leurs services publics ; • ils n’oublieront pas la casse de leur protection sociale ; • ils n’oublieront pas la perte de leur pouvoir d’achat ; • ils n’oublieront pas la remise en cause du Code du travaildes conventions collectives – des différents statuts. ILS N’OUBLIERONT PAS D’ALLER VOTER LE 6 MAI POUR TE DÉGAGER ! » Le 1er mai 2012 Plus de 30 000 manifestants ont battu le pavé dans les Bouches du Rhône à l’occasion ce 1er mai historique, fête du travail, mais aussi de la solidarité entre les peuples, de la paix. Rassemblés à Marseille, mais à Arles, Port de Bouc, Port St Louis du Rhône, Martigues, Aix en Provence, ils ont dit leur volonté d’en découdre avec le pouvoir en place. Historiquement, le 1er mai, c’est aussi un moment de convivialité où chacun se retrouve à l’issue de la manifestation. certain moment reprise par les mercenaires d’Unilever. Entre-temps, grâce aux luttes des salariés et de tous les syndicats de la région PACA, les salariés ont repris en main l’entreprise. Cela n’a pas empêché ce temps fort qui a fait chaud au cœur des salariés de Fralib. Une paella géante a été préparée par le syndicat d’ERDF, plus de 500 personnes se sont bousculées pour défendre le projet alternatif de reprise de l’entreprise par les salariés. n C’est une tradition à Gardanne comme à Arles ou ailleurs. Cette année, notre cœur s’est tourné vers celui organisé à l’Agora d’Aubagne en solidarité avec les salariés de Fralib en lutte depuis plus de 500 jours pour sauvegarder leur emploi. Le ton de la manif était donné et les voix n’auront pas manqué allant de « résistance » à Sarko dégage » les travailleurs auront crié si fort leur rage qu’il était déjà battu avant que la démocratie ne parle.. 6 000 Nîmois en 2012 alors que nous étions 800 en 2011 : voilà l’espoir que démontre cette participation de ce que nous appelons « un 1er mai puissant » ! 2 de la République avec l’intime conviction que nous en serions libérés le 6 mai au soir…. L’histoire a parlé depuis ! Parmi eux les chômeurs rebelles qui portent avec fierté le flambeau de la lutte syndicale des travailleurs privés d’emploi. L’usinePlus occupée d’un quart depuis de million desde personnes ont battu le pavé mois par les salariés aà été Paris à le un1er mai dernier. réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012 réACTIF n° 64 avril - mai juin 2012 Trimestriel du Comité national CGT de lutte et de défense des chômeurs 263 rue de Paris 93516 Montreuil cedex. CP : 11000 505200 ISSN : 1265-6879 Prix de vente : 0,50 euro Directeur de publication : Jean-François Kiefer Comité de rédaction : Bureau du Comité national CGT de lutte et de défense des chômeurs http://chomeurs-cgt.fr/ Conception et réalisation : Espace Communication mtg 5/07/12 Photos : DR Impression : Addax SOMMAIRE Info Luttes . . . . . . . . . 2 Edito . . . . . . . . . . . . . . 3 Dossier Pôle Emploi, hors-la-loi . . . . . . . . . . . . . . . 4 & 5 Les indus IPT : témoigngages . . . . . . 6 Saisonniers : travailleurs entièrement à part . . . 7 éDITO On lâche rien ! Jean-François Kiefer, Secrétaire général du Comité national La défaite de la droite et de Sarkozy à la présidentielle a remis un peu de baume au cœur de nombreux militants. Ceux qui traitaient les chômeurs de fainéants ou d’assistés, ceux qui opposaient privés d’emploi et salariés, français et immigrés, jeunes et vieux sont tombés aux oubliettes. Il était plus que temps. Pour autant rien n’est réglé, l’arrivée du nouveau gouvernement ne signifie pas la fin du chômage et de la précarité, il faut rester mobilisés et continuer à se battre pour obtenir plus de droits pour ceux qui aujourd’hui sont dans la galère. La conférence sociale de juillet avec le gouvernement doit permettre d’engager la réflexion sur une répartition des richesses plus favorable aux plus démunis. La CGT y prendra toute sa place et demandera que soient abordés les problèmes qui nous préoccupent tel que le chômage, l’explosion de la précarité, le service public de l’emploi, la formation professionnelle, le système d’indemnisation du chômage,le rétablissement de l’AER, l’accès au logement ou les dispositifs concernant l’emploi des jeunes. De même qu il faudra y aborder le retour à la retraite à 60 ans et la prise en compte des années de chômage (indemnisé ou non) dans le calcul de la retraite et exiger un Smic à 1 700 euros. Comme vous l’aurez compris nous avons du pain sur la planche et quelque soit la couleur du gouvernement, seule notre détermination et notre mobilisation permettront des avancées significatives. n Motion… . . . . . . . . . . 8 3 Coup de gueule . . . . . 8 réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012 reVENDICATIF Pôle emploi, hors-la-loi Depuis près d’une quinzaine d’années, l’Unédic puis Pôle Emploi devenu juge et partie organisent, en toute illégalité, la ponction automatique sur les allocations dues aux bénéficiaires de l‘assurance chômage, des sommes trop perçues ou prétendues comme telles pour des périodes antérieures d‘indemnisation. Solution de facilité ou véritable effet d’aubaine pour les caisses de l’Unédic, ces pratiques dénoncées depuis plusieurs années par la Fédération des organismes sociaux CGT ont mis et continuent à mettre à mal des milliers de privés d’emploi sans aucun moyen pour vivre. Après la suppression du fond social, la mise en place du PARE suivi de la fusion Assédic / Ane contre nature, toutes les politiques visent à mettre fin à la protection sociale pour tous conduisant seuls ceux qui le peuvent vers un système assuranciel lucratif pour le capital. À Marseille, TROIS privés d’emploi saisissent le TGI pour faire valoir leurs droits ! Est-ce le fait du hasard, mais quelques jours avant le procès, la direction de Pôle emploi décide d’enfin appliquer la loi et de ne plus toucher à la part insaisissable et ne prend que les quotités saisissables. À vérifier ! 4 À Salon-de-Provence, c’est Pôle emploi qui traîne un privé d’emploi devant le tribunal ! À Nîmes, un privé d’emploi gagne contre Pôle emploi ! Pôle emploi exige 2 248.40 € d’indus, mais remboursera 16 131,53 € à un chômeur ! Voici, la lutte organisée avec le comité des privés d’emploi de Nîmes pour faire valoir les droits de Patrick et gagner contre Pôle Emploi. Son histoire commence le 1er octobre 2009 et s’achève le 22 février 2012. Grâce à la pugnacité du comité chômeurs de Nîmes prêt à se battre pour la justice sociale et contre un système qui ne sert à rien d’autre qu’à broyer les individus en les dilapidant de leurs droits et de leurs dus ! Tout commence suite à une demande de prise en charge en ARE en 2009 accordée par Pôle Emploi puis remise en cause dix mois plus tard. Pôle Emploi lui réclame alors la somme de 2 248.4 euros d’indus considérant que les salaires qu’il a perçus ne sont pas justifiés. En juillet 2010, Patrick saisit le Médiateur de la République…pas de réponse ni du médiateur ni de Pôle emploi ! Trois courriers successifs de Pôle Emploi le prient de rembourser le trop-perçu avant poursuite. Il y répond et malgré les explications et les justificatifs Pôle Emploi continue son acharnement sans pour autant lui proposer une offre d’emploi. Patrick décide de ne rien lâcher et engage la bataille, d’abord tout seul puis avec la CGT. un téléphone ou une boite postale pour pouvoir enfin régler cette situation de non-droit ! Bon nombre de privés d’emploi sont ou ont été dans cette situation et ils ont abandonné devant cette machine infernale. Machine qui est prête à tout pour réduire les droits des chômeurs ! Ce rendez-vous forcé ne donne rien, notre interlocuteur nous dit : « ne rien pouvoir décider et qu’il transfère notre demande au service juridique »… Plus tard, par téléphone un agent de Pôle Emploi nous indique que : « nous avons raison sur l’analyse et nous vous proposons de clôturer ce dossier et ses indus ». On repart à zéro ! Patrick rejoint la CGT chômeurs en octobre 2011. Le comité travaille le rapport de force collectivement afin que cela serve à d’autres, privés d’emploi dans la même situation. Le 18 novembre 2011, le comité avec Patrick saisit par courrier le Pôle emploi de Nîmes en exposant sa situation et en exigeant un rendez-vous. Suite au courrier, il reçoit une notification en date du 24 novembre 2011 lui indiquant que Pôle Emploi diffère l’engagement de toute action à son encontre. Insatisfait de cette décision, l’action engagée avec le Comité se poursuit, car nous ne partageons pas l’analyse de Pôle Emploi. À partir de ce moment-là, le poids de notre organisation va se faire sentir et les choses vont s’accélérer, mais pas du même côté puisque Pôle Emploi va devoir reculer…. Une rencontre avec les services de Pôle Emploi région se tient afin de rencontrer un individu et non réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012 Nous demandons à Pôle Emploi d’être destinataires d’un courrier notifiant la teneur de la conversation téléphonique. Suite à notre réclamation, deux rendez-vous nous sont fixés à la suite de quoi Pôle Emploi botte en touche en renvoyant le dossier sur l’IPR (l’Instance paritaire régionale) du 8 février. L’IPR statue enfin et Patrick reçoit donc un courrier en date du 22 février 2012 reconnaissant son contrat de travail et que la somme de 16 131,53 euros lui sera versée.. Voilà une affaire qui aura duré dans le temps, mais qui aura eu le mérite de renverser les rôles en faveur d’un privé d’emploi qui au départ devait s’acquitter d’un indu de 2 248.40 € et qui se verra verser 16 131.53 € au titre de l’ARE à laquelle il prétendait et pour laquelle il avait droit ! Malgré l’acharnement de Pôle Emploi, la force collective des privés d’emploi organisés aura eu raison de cette injustice flagrante prouvée par la décision de l’IPR en faveur de Patrick. Certes, pour un qui gagne combien sont spoliés de leurs droits et combien d’entre eux ont pris conscience de leur force quand ils sont ensembles ? Nous exigeons que les privés d’emploi soient traités avec les mêmes règles égalitaires sur tout le territoire et non selon le département ou la région. Nous dénonçons l’acharnement de Pôle Emploi et constatons encore une fois qu’il n’est pas au service des privés d’emploi, mais obéit à des règles abjectes mises en place par le gouvernement Sarko/Fion. ment sur tout le territoire que ne remplit pas Pôle Emploi bien au contraire, nous sommes bien sur un traitement « à la carte ». Au-delà des questions individuelles qui causent des drames financiers graves se pose la question d’égalité de traite- Sur Marseille, les privés d’emploi rencontrant les mêmes problématiques sont forcés de saisir le TGI pour faire valoir leurs droits ! Sur Nîmes avec la force du Comité CGT Privés d’Emploi, on aboutit sur une décision qui sera prise par l’IPR ! Sur Salon de Provence, c’est Pôle emploi qui traine un privé d’emploi devant le tribunal afin qu’il s’acquitte d’un indu sans que cette fois-ci Pôle emploi n’ai « eu égard à la situation ». Pôle Emploi n’est pas une entreprise qui peut décider selon son lieu géographique ou selon la composition de l’IPR mais doit être un service public qui doit traiter les chômeurs en parfaite égalité. n Appel à témoin Campagne nationale Fort de ces expériences, le comité national CGT des privés d’emploi a pris la décision de lancer un appel à témoin, car les situations vécues par ces cinq personnes se répètent sur tout le territoire. Les sanctions, les radiations ont pris le pas sur l’accompagnement des privé(e)s d’emploi. La situation s’est amplifiée avec la fusion ANPE/Assedic. Récemment, qui s’est vu proposer un emploi par les services de Pôle Emploi ? Pour les privés d’emploi les tracasseries se multiplient. Tous les moyens sont bons pour PÔLE EMPLOI pour faire baisser les chiffres du chômage et à indemniser le moins de personnes possible. . Les cas les plus fréquents rencontrés sont : • le manque d’informations claires, précises, notamment par l’insuffisance de personnel qualifié et la surcharge de dossiers à traiter, ainsi que la mise en place du 3949 qui est une véritable catastrophe, • dans certains cas, le refus d’indemnisation, • la radiation trop facile et injustifiée • et les indus. En croisant par exemple, les différentes raisons qui ont conduit à un indu, nous constatons qu’il y a des origines types, comme la mauvaise information, le passage de l’ARE à la pension d’invalidité, le traitement tardif des feuilles de salaires par une entreprise sous-traitante pour les salariés précaires (CDD, contrats aidés, intérim…), etc. Nous avons décidé de lancer une campagne nationale, que nous avons intitulé « Pôle Emploi, hors-la-loi », afin de dénoncer les méfaits de la fusion, mais aussi de lutter collectivement pour faire disparaître tous ces dysfonctionnements devenus insupportables et revendiquer un véritable service public de l’emploi. Un nouveau gouvernement vient d’arriver, mettons le au défi ! Nous lançons un appel à témoin, afin nous ayons connaissance d’un maximum de situations pour créer le rapport de force nécessaire. L’appel est consultable sur le site du comité national des privés d’emploi ainsi que le mode d’emploi. Saisissons ensemble le gouvernement, la direction de Pôle emploi, les Instances Paritaires Régionales (IPR), les Instances Paritaires Territoriales (IPT), les comités de liaison, le médiateur et si besoin la justice. n réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012 5 réALITES Les indus IPT : témoignages Commission paritaire ou commission pourritaire ! Cinq ans de mandat dans une commission de recours IPT, ex-commission paritaire Assedic, ça vous donne un aperçu du changement dans le traitement des dossiers des chômeurs, sur les sanctions et des indus qu’elles génèrent par la suite. Mais ça, Pôle emploi s’en fout, il applique la règle, que la règle… Sauf qu’il y a un os dans le potage, sur la question de l’indu et de la manière de le récupérer. Car Pôle emploi, dans son « application de la règle », fait d’une sanction, une application immédiate et le recours du demandeur d’emploi n’est pas suspensif. Donc, à l’information de la sanction, un demandeur d’emploi, peut se retrouver avec un mois de « trop perçu », alors qu’il pensait avoir droit à son allocation. Eh bien, non ! Il sera même souvent surpris par la manière utilisée, pour que la somme « indument » perçue soit récupérée… Il y a plusieurs cas de figure, mais depuis de nombreuses années, pole emploi récupère brutalement, la somme totale des prestations, ce qui est illégal. C’était d’abord les Assedic et maintenant Pôle emploi, qui use de cette pratique, dans certains cas. 6 Mais le pire ce sont les IPT, qui sous couvert de bonne gestion, reprennent de manière illégale, des sommes d’argent, en dehors du droit des quotités saisissables, en jugeant sur des estimations des revenus du ménage. Il est sûr que parfois, les erreurs viennent de Pôle emploi, qui ouvre des droits à tort, pendant plusieurs mois. Si par exemple, par erreur de calcul, ils vous accordent 50 euros par mois en plus, au bout de 18 mois, il y a un indu de 900 euros. Suite à un recalcul des droits celuici est détecté. Car Pôle emploi procède souvent à des recalculs, cherchant des sources qui puissent lui ramener de l’argent. D’ailleurs, sûrement pas dans les poches des patrons mais des allocataires ! Donc, Pôle emploi vous somme de rembourser, et là vous faites appel aux commissions de recours qui vont juger votre dossier. Le résultat c’est « selon ». Soit vous tombez dans une commission « sociale », soit au pire, avec de petits gestionnaires qui vous récupèrent un max de fric en un rien de temps, sans prendre en compte votre reste à vivre ou le montant de vos allocations. ment ce n’est pas toujours leur problème. Dans ces commissions, de chômeurs il en a peu, alors on parle d’eux, comme un « coût » financier. « Des gens qui se laissent aller, qui ne cherchent pas vraiment de travail, qui, sûrement, pour certains travaillent au noir, surtout si ce sont de coiffeurs !! » (entendu dans mon IPT, mais j’en ai bien d’autres au magasin…) En Rhône Alpes, une réunion des IPR et des IPT s’est tenue en décembre, où il était question de faire un bilan des commissions dans la région, IPR, IPT et de faire un comparatif du traitement des dossiers et de remises gracieuses et globalement du coût que ces commissions génèrent, surtout si elles sont sociales. Mais en substance, Pôle emploi souhaitait nous apporter un éclairage, et surtout nous faire passer le message suivant : qu’il serait bon qu’au niveau de notre région nous Pas de pitié, pour certains commissaires qui usent de l’argument que « cet argent vous l’avez touché, et vous n’êtes pas venu le dire - petits fraudeurs… ». Ou alors, vous vous dites victimes d’une erreur de la machine, sans fric à la fin du mois, mais ça apparem- réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012 puissions avoir un « allégement du coût de 500 000 euros par mois. Vous multipliez ça par 12, vous obtenez un beau magot annuel, et cette « économie », se ferait sur le dos des allocataires et de leurs droits. Les syndicats de salariés ont tordu quand même fortement le nez, en disant qu’en temps de crise il était dur de faire encore payer les chômeurs… Mais si la crise n’était pas là et si les syndicats n’étaient pas là, je vous laisse imaginer le sort des demandeurs d’emploi qui font recours… Mais attention, cette volonté est bien ancrée dans leur tête, pour l’appliquer dès que possible. Il y a moyen que cela change, ce sont les luttes de chômeurs qui doivent faire pression sur le patronat et ceux qui le soutiennent dans ces commissions. Seule une lutte organisée forte en nombre peut inverser la vapeur. n réALITES Saisonniers, travailleurs entièrement à part ! « Comment ça je n’ai pas droit à ma prime de précarité ! Pourtant je suis bien en contrat à durée déterminée. Et oui jeune homme, mais c’est un contrat de saisonnier. C’est comme ça que j’ai découvert l’arnaque. Tu bosses comme les autres, mais t’as moins de droits ». Bref... Saisonniers : travailleurs entièrement à part Pourtant le deal au départ à beaucoup d’attrait. Pour ce qui me concernait, travailler dans les métiers de loisirs ou de vacances, découvrir d’autres régions, et d’autres cultures. Sauf que l’or blanc, vert ou bleu, c’est pour les employeurs, à eux le pognon. Les saisonniers eux ils regardent...!!! La mise en place et l’augmentation des congés payés a favorisé le développement des offres touristiques, et de ce fait le besoin de travailleurs saisonniers. Le 1er secteur employeur des saisonniers, reste celui de l’hôtellerie et de la restauration. L’agriculture en est également une grosse consommatrice faisant appel à ce type de contrat (récoltes de fruits, légumes …) concentrés sur de courtes périodes. Longtemps le travail saisonnier a concerné majoritairement des jeunes et des étudiants. Cette situation est révolue, et au fil du temps, surtout depuis la crise, c’est devenu pour les privés d’emploi et les chômeurs en fin de droit, toutes générations confondues, une solution comme une autre pour boucler les fins de mois. Mal payés, exerçant dans des conditions de travail difficiles, les saisonniers, sont le symbole de la précarité grandissante dans le monde du travail. Précarité encore aggravée par les difficultés à bien se loger dans ces zones touristiques où les prix flambent en saison. Difficiles à organiser, la CGT a obtenu de significatives avancées, notamment concernant leurs indemnisations par l’assurance chômage. Depuis le 1er Juin 2011, ils sont en effet indemnisés comme les autres salariés. Signalons que la CGT édite à leur intention un guide confédéral sur le contrat de travail, la santé, les formations professionnelles. notre pays à la recherche d’un emploi saisonnier. Malgré des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader, de plus en plus de chômeurs, de jeunes, et de seniors postulent pour ces emplois saisonniers. Ce que dit la loi Le saisonnier n’a pas de prime de CDD, il est aussi pénalisé pour sa retraite. Seulement 7 % des saisonniers logent chez l’employeur, les autres se débrouillent comme ils peuvent. Il n’y a aucune obligation sociale en termes de transport ou de logement pour les employeurs qui exploitent cette main-d’œuvre souvent qualifiée. Ce que dit la CGT En plus de la prime de précarité, à la CGT nous nous battons pour la reconduction automatique du contrat de travail d’une saison sur l’autre, sur le modèle de ce qui existe déjà dans le secteur des remontées mécaniques. n Le contexte Les saisonniers sont plus de deux millions à parcourir Mais d’autres secteurs d’activités comme le bâtiment ou les transports, commencent eux aussi à être concernés. Même s’il n’existe aucune statistiques officielles, la CGT estime qu’il y aurait, de un à deux millions de salariés qui seraient titulaires de ce type de contrat. Campagne été 2012 La CGT à la rencontre des travailleurs saisonniers Comme en 2011, la CGT avec la participation du Comité CGT des Privés d’Emploi organise de nombreuses initiatives dans plusieurs régions de juillet à septembre. La caravane des saisonniers partira de Bretagne elle ira à la rencontre des salariés agricoles, une autre parcourra la côte méditerranéenne. Ces initiatives sont impulsées par le collectif saisonnier, piloté par la camarade Sabine de la CE confédérale. C’est un travail collectif avec des professions et des organisations territoriales CGT pour aller à la rencontre de ces salariés saisonniers isolés (agricoles – commerces – tourisme – hôtellerie - restauration - centres de loisirs - etc, etc). Pour nous à la CGT, ces initiatives ont plusieurs objectifs importants, c’est : • d’informer les salariés de leurs droits en matière de contrat de travail et d’honoraires, avec distribution du guide confédéral des saisonniers. Plus de 65 % des travailleurs saisonniers ignorent leurs droits ; • de leur faire connaître les propositions de la CGT : 1. Le versement de la prime de fin de CDD 2. La transférabilité des droits d’ancienneté, de formation en cas de changement d’employeur 3. La reconduction des contrats d’une année sur l’autre pour les saisonniers qui le souhaitent 4. Une prise en charge du logement et des transports par l’employeur 5. La garantie d’une sécu rité sociale professionnelle réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012 Stopper l’isolement des travailleurs saisonniers est la condition primordiale pour faire avancer leurs droits. 7 coUP DE acTUALITES GUEULE Motion Si ce n’est toi, c’est donc ton frère… M. Frédéric TOUBEAU Directeur Régional Midi-Pyrénées Pôle emploi M. Jean BASSERES Directeur Général de Pôle emploi Structures CGT dont Administrateur CGT à Pôle emploi Nous étions présents jeudi 15 mars 2012 pour soutenir les agents de Pôle emploi de Saint Girons (Ariège) en grève pour : 1. défendre et reconquérir un véritable service public de l’emploi de qualité ; 2. exiger auprès de la Direction territoriale l’embauche d’une de leur collègue de travail victime d’une flagrante discrimination. Ce 2 e point étant un élément catalysant du conflit pour les raisons suivantes : Voilà vingt mois que Mme « VC » est ballotée de CDD en CDD (une douzaine en cumul sur la période) dans cette agence. Celui en cours (un remplacement) est maintenant arrivé à expiration. Le nombre pléthorique de ce type de contrats accumulés résonne cependant comme une preuve flagrante de reconnaissance d’efficience. Formée, polyvalente comme une véritable professionnelle de l’insertion et de l’emploi et donc parfaitement opérationnelle. Autant d’atouts valorisants que Mme « VC » pensait objectivement faire valoir en postulant sur une liste de postes diffusés (notamment sur un des postes consécutif à la récente décision gouvernementale de renforcer les agences de Pôle emploi). Sur décision arbitraire et en l’état, Mme « VC » se retrouvera de l’autre côté du guichet puisque la Direction Territoriale refuse de l’embaucher, bafouant par la même occasion les dispositions conventionnelles (priorité de recrutement sur les postes vacants). Voilà d’une seule voix ce qu’a martelé à M. le sous Préfet la délégation reçue ce 15 mars. « Nous exigeons l’embauche de notre collègue en CDI, nous dénonçons la précarité organisée qui sévit sur Pôle emploi et spécifiquement à St Girons. Plus largement nous voulons une transparence des recrutements au Pôle emploi, transparence indispensable pour assurer la mission de service public dont nous avons la charge et afin de garantir à chaque postulant un traitement objectif de sa candidature. Ainsi sans justification l’on recrute à Pôle emploi en CDI ou CDD des agents sans expériences et sans formation au mépris des CDD déjà présents et parfaitement opérationnels ». Il serait tout à l’honneur de Pôle emploi de commuer cette décision inique en satisfaisant à notre légitime revendication commune : Le recrutement définitif de Mme « VC » en CDI ! Comité CGT Chômeurs et Précaires de Tarbes Chômeur rebelle, Je me syndique à la CGT Nom : Prénom : Age : Adresse : A découper et à remettre à un syndiqué de votre connaissance, ou à renvoyer à l’union départementale CGT de votre département. L’horrible fils putatif de Pétain a été viré de la présidence de la république... Ouf ! C’est déjà ça. Mais il reste beaucoup de choses à faire dans la jungle sauvage du libéralisme économique. Par exemple, au mois de février dernier, de nombreux privés d’emploi indemnisés, inscrits au « service public de l’emploi » et figurant dans ses fichiers, ont reçu une invitation. Celle-ci, provenant de l’association ARCUS et de l’action sociale du groupe Malakoff-Médéric, concernait une journée d’information intitulée « Parlons de votre situation professionnelle et de votre santé ». Ce courrier suscite plusieurs questions. Pôle Emploi y est cité à plusieurs reprises. Est-ce lui qui a communiqué le fichier des demandeurs d’emploi indemnisés à Malakoff-Médéric ? Dans cette hypothèse, ce fichier a-t-il été vendu ou offert ? La CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) est-elle au courant ? Une convention lie-t-elle l’association ARCUS et Pôle Emploi ? Dans ce cas, il serait fortement souhaitable que les organisations de chômeurs, et notamment la CGT chômeurs, en soient informés. Le fait que seuls sont concernés les chômeurs indemnisés laisse supposer qu’il s’agit d’une démarche commerciale et non pas sociale. Voilà une dérive de plus qui participe à la casse des services publics en méprisant l’usager, le traitant comme un « client », voire une marchandise. Oscar réACTIF n° 64 - avril - mai - juin 2012