EUCRITE DIE CHAVES (PORTUGAL)
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EUCRITE DIE CHAVES (PORTUGAL)
EUCRITE DIE CHAVES (PORTUGAL) PAR E. JEREMINE LABORATOIRE DE MINERALOGIE DU llUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURBLLE, PARIS. Cette meteorite appartient a un type remarquable par sa tructure et par sa composition qui permettent de la com parer Ius que les autres meteorites pierreu;es a certaines roches mestres. Elle a, en effet, la composition des gabbros melanorates et contient des fragments a structure doleritique, entoures e gr,ains cataclastiques de pyroxene et de plagioclase provenant u broyage de ces mineraux. Elle se distingue des autres leteOrites pierreuses, au point de vue chimique, par l'absence resque tot ale de FeNi ainsi que par la richesse relative en lumine et en chaux. J'ai pu observer sur un petit fragment de la meteorite de :haves, dont dispose Ie Museum National d'Histoire Naturelle de 'aris, que la croftte qui Ie recouvre en partie a un aspect curieux, articulier egalement a ce type de meteorites. On ne peut mieux epeindre son apparence qu'en citant un passage de la description, ,a r A. LACROIX, de Ia meteorite de Bereba: «Tres mince, noire, lie est vernissee, Iuisante, ridee et contraste ainsi avec la urface raboteuse, terne ou unie, d'une couleur noire ou brun ,oir des meteorites essentiellement magnesiennes». (1) Avant de proceder a la description detaillee de la pierre de :haves je voudrais indiquer sommairement la place qu'elle occupe ans Ia classification des meteorites pierreuses. (1) L'eucrite de Bereba. Arch. du Museum. 1926, 6 s. T. 1. p. 15. 128 Ces meteorites comprennent deux groupes : 1. Chondrites. II. Achondrites. Ces dernieres englobent deux sous-groupes : 1) Pauvres en CaO. On distingue ici 4 types: a) angrites, b) nakhlltes, les deux depourvus de feldspath; c) eucrites, a plagioclase basique et pyroxenes (la sherghottite est une eucrite ou Ie plagioclase est represente par sa variete isotrope - maskelynite - qui n'est connue que dans les meteorites); d) howardites, dans lequelles les residus de lao structure ophitique sont plus rares que dans les eucrites. A. LACROIX considere que les howardites sont des eucrites qui ont ete soumises a des actions dynamiques plus intenses. Parmi les 5 meteorites pierreuses du Portugal, 4 se rapportent aux chondrites, une seule-celle de Chaves-est une eucrite. * La meteorite de Chaves est tombee (d'apres Ies renseignements fournis par R. de SERPA PINTO (1) Ie 3 mai 1925 a Vila Verde da Raia, au Nord de Chaves (41° 56' N,7° 28' W). Elle pesait (mesure prise en 1932) 2.670 grs (2) et se trouve actuellement au Musee Mineralogique de l'Institut Industriel de Porto (3). Sa densite moyenne est de 3,331. Sa forme (PI. I) est une sorte de trjedre a aretes irregulieres, limitant des surfaces courbes convexes, ou, et plus specialement sur l'une des faces, on observe des piezoglyptes peu profonds. Deux fractures assez (1) Resenha dos meteoritos caidos em Portugal. A Terra. fase. 3, p. 45-49. Coimbra, 1932. (B) Le poids actuel, apres enlevement des petits eclats pour l'analyse, est de 2.469 grs. ( 3 ) Je remercie Ie Prof. CELESTINO MAlA pour les echanttIlons et les photos qu'il a bien voulil mettre a ma disposition. 129 fraiches et quelques fissures sont dues probablement au choc qui s'est produit au moment de la chute. Le petit fragment du Museum de Paris (5,5 X 3 cm) pes ant 61 grs fait voir deux faces incompletes separees par une ar~te. Elles sont rev~tues d'une mince croftte noire (de 0,25 a 0,35 mm) parcourue par un reseau de rides. Sur l'une des faces les rides plus accentuees sont disposees en rangs paralleles, entre lesquels on aper~oit un ruisselement de petites et courtes rides qui s'anastomosent. Sur l'autre les depressions peu profondes (piezoglyptes) sont limitees par des sortes de cr~tes d'on partent vers Ie centre des creux une infinite de tres petites rides. La croftte semi-transparente est tellement mince que ron aper~oit de place en place de grandes taches blancha.tres de feldspath sous-jacent. On considere que cette crOute est due a une fusion superficielle produite par un mouvement rapide de la pierre dans l'espace. Je n'ai pas observe des trous correspondant aux bulles gazeuses crevees, caracteristiques pour les eucrites de Jonzac et de Bereba. La croftte touche directement la roche non fondue mais parfois la matiere vitreuse en couches tres fines penetre aussi assez profondement dans la pierre suivant les fissures. En plaques minces la croftte semi-opaque est composee d'un verre de fusion qui englobe des vagues silhouettes des mineraux (pyroxenes) et montre une grande richesse en poussiere de minerai opaque. On rencontre quelquefois des veinules rem plies de la m~me matiere entourant des grains de pyroxene. Composition mineralogique L'eucrite de Chaves a une composition tres simple; on y voit comme mineraux transparents les feldspaths et les pyroxenes et deux constituants opaques: sulfure de fer et magnetite. Pyroxenes. Un pyroxene monoclinique qui fait environ un tiers des pyroxenes appartient a la variete plgeonite. Elle est caracterisee au point de vue optique par l'angle 2V tres petit ou nul (0°, 3 0 , 14°, 25° mesures a la P. U.). La birefringence, l'angle d'extinction, Ie polychroisme, les clivages sont ceux u'une augite. L'uniaxie est pro pre particulierement a une variete coloree 130 en brun-rose, mais les types peu colores, tegerement bruns, sont parfois aussi a un axe. VangIe d'extinction n'est determine qu'approximativement a cause d'une extr~me fissuration du mineral. On distingue bien les traces de deux clivages dans les sections peu birefringentes mais elles ne sont ni continues, ni rectilignes, de sorte qu'il est difficile de les reperer a l'aide de P. U. Par contre, il existe des plans de separation tres nets. Le plus souvent ils sont p~ralleIes aux macles polysynthetiques de la pigeonite, mais parfois ils les recoupent. D'apres A. LACROIX les premiers sont suivant p (001), les seconds suivant hl (100). Parmi les pyroxenes orthorhombiques l' hypersthene pre domine. Il est negatif, faiblement birefringent, plus refringent que la pigeonite, l'angle 2V atteint 80°, l'extinction est droite. Il existe aussi un pyroxene de signe optique positif pour lequel la mesure de 2V a donne 80° dans les plages a clivages doubles irreguliers, peu birefringentes aussi, dest probablement de la bronzite. Ces pyroxenes orthorhombiques sont rarement mades. " Plagioclases. D'apres Ie calcul deduit de l'analyse chimique, en tenant compte de la potasse, il est a 85 °/0 d'anorthite. Vetude a l'aide de la platine de Fedoroff montre que ce pourcentage varie entre 75 010 et 85 010' La made se fait suivant la face (001) ou (010) ou suivant un plan complexe. Sa fissuration est extr~me (PI. V, fig. 1). Les sections libres de plagioclase, non engagees dans la structure doleritique, contiennent sou vent de minuscules grains arrondis de pyroxene (PI. IV fig. 2) qui sont parfois orientes parallelement aux plans de macles; dans d'autres cas ils remplissent des fissures d'ou ils se propagent sur toute la plage. Ils apparaissent toujours a proximite des zones fondues en voie de recristallisation. Mineraux accessoires. La cromite forme des grains d'un brun fonce, rendus transparents avec un eclairage intense. Le phosphore trouve chimiquement n'est pas confirme par la presence certaine d'un mineral phosphate: remarquons que les meteorites renferment habituellement un phosphate de chaux et de soude denomme la merrillite mais i1 a pu echapper a l'observation par suite de ses birefringence et refringence assez rapprochees des plagioclases basiques. Un autre phosphate des meteorites - schrel- 131 bersite - (Fe, Ni, CO)5 P n'a pas ete decele avec certitude en lumiere reflechie mais it existe peut ~tre a l'etat tres disperse. Quartz et tridymite. Ces mineraux ont eM signales dans de nombreuses eucrites: Stannern, Jonzac, Bereba et Peramiho. Je les ai donc recherches attentivement. Le quartz se trouve dans l'eucrite de Chaves assez frequemment, toujours comme un produit secondaire de la fusion et de la recristallisation du pyroxene, accompagne du pyroxene neogene, du verre de fusion et de la magnetite. II ne forme que de petits grains aux contours vagues. La tridymite est mieux cristallisee que Ie quartz: elle se rencontre sporadiquement, remplit les fissures (PI. III, fig. 2) ou les interstices, parfois elle se melange a la magnetite. Incluse dans Ie plagioclase, (PI. Ill, fig. 1) elle' s'y detache bien grace a la difference sensible des indices. Ces remplissages et inclusions ne depassent pas 0,25-0,80 mm. Ce mineral est incolore, faiblement birefrigent a indice de refraction plus faible que celui du Baume du Canada. Les fissures qui parcourent Ie feldspath traversent sans interruption la tridymite incluse. Ces quelques donnees etant seulement suggestives, il fallait chercher des precisions. M. J. GONI, professeur-adjoint a l'Universite de Montevideo, en mission a Paris, a bien voulu, et je lui en exprime ma reconnaissance, se charger du travail minutieux de la separation du mineral et de la determination de ses proprietes physiques. Un fragment de meteorite broye, passe au tamis 200, a et~ centrifuge dans un milieu a 2,42 de densite, lave et seche a l'ether. Dans une liqueur (triethanolamine) ayant l'indice de refraction 1,475 (Na) Ie mineral s'est montre un peu moins refringent, soit 1,472-1,473 (Na) (les indices de tridymite sont np 1,469; nm 1,470: ng 1,473). Le diagram me de DEBAYE-SCHERRER, fait avec la radiation de Cu K!X et 5 h de pose sur quelques grains du mineral isole a donne la presence des raies suivantes: 0 F 4,37 A mF 3,81 F 2,97 A m 2,53 A A 0 0 132 Des grains isoIes dans Ie Baume du Canada ont permis de voir que Ie mineral est biaxe positif, a angle 2V assez petit. La tridymite a ete decrite dans Ie siderophyre de Steinbach, dans les siderites (Vaca Muerta, Crab Orchard), dans certaines chondrites (Fischer, Minnesota) et dans les eucrites. WRIGHT et LARSEN (1909. Am. Jour. Sci., 4, 27, 423) et A. LACROIX expliquent sa formation par action du nkhauffement depassant 800°. BERWERTH a consacre en 1912 (iSitzungsber. d. Ak. Wiss. zu Wien, t. 121, p. 763) un article special a l'etude du quartz et de la tridymite dans les eucrites. N'ayant jamais trouve Ie quartz et la tridymite en association immediate, it arrive a la conclusion que ces deux mineraux cristallisent dans les eucrites d'une faeon independante. A. LACROIX les a decouverts dans une mtme preparation, «toujours separes d'ailleurs., mais it a admis la possibilite de la transformation de la tridymite en quartz. Je ferai remarquer seulement que j'ai rencontre la tridymite incluse dans un plagioclase. Les fissures d'ecrasement qui la traversent en meme temps que Ie £eldspath indiquent qu'elle est anterieure aux actions dynamiques subies par la meteorite. En ce qui concerne Ie quartz, il me semble evident qu'il se forme comme resultat de la transformation par fusion du pyroxene: il est toujours accompagne des residus de ce mineral et de la magnetite. II serait naturellement tres interessant de pouvoir discuter la question de la transformation du pyroxene et du plagioclase, de la formation du quartz, de la tridymite, de la magnetite et de la recristallisation de ces mineraux en prenant en consideration leurs points de fusion respectifs. Cela meriterait une etude speciale depassant Ie cadre de la presente note. Etude en lumiere reflechie En regIe genera Ie les achondrites sont pauvres en mineraux metalliques. L'analyse chimique decele dans l'eucrite de Chaves 0,96 de sulfure, traces de Ni et un peu de Fe! Os. L'etude d'une surface polie en lumiere reflechie permet de distinguer une predominance de troi'lite (FeS), peu de magnetite et tres peu de NiFe. La troilite a eclat jau.q.e paille rose se presente surtout en mouche- \ 133 ures tres disseminees ou en une sorte de micropegmatite vermi:uIee (PI. VI fig. 3). On apercoit ces fines myrmekites m~me en Ilaques transparentes, ou ron se rend compte que ce sont des ,ssociations de la tro'ilite avec des silicates recristallises apres la usion. Rarement la troilite forme des plages en apparence unies :n lumiere non polarisee mais desagregees sur les bords en arabeslues dentelliformes (PI. VI fig. 1,2). On distingue en croisant les dcols qu'il s'agit d'un agregat de plusieurs grains; grace au pou'oir reUecteur eleve, la difference d'orientation optique des grains Ipparait nettement. Parfois un petit grain de NiFe a eclat grisclair d'acier borde la tro'ilite. La magnetite se rencontre soit en :ristaux plus ou moins reguliers, soit melangee a la tro'ilite dans :es associations--ayec les silicates. EIle possede en lumiere refle:hie un eclat gris tres faible. En plaques minces elle estsouvent :ntouree d'une aureole brune d'oxydation ferrugineuse terrestre. ~ous avons deja dit qu'accompagnee de quartz ene resulte de la ransformation du pyroxene fondu. Structure On voit sur la cassure et, plus nettement, sur la surface )olie que l'eucrite de Chaves est brechiforme. Parmi les elements Ie la breche on distingue des fragments a structure doleritique, les grains isoles anguleux atteignant plusieurs mm de plagioclase ,en blanc) et de pyroxene (noir), Ie tout englobe dans l'agregat de )etits grains. En plaques minces les portions doleritiques (Pl. II) )araissent intactes. En fI!alite - on s'en rend compte particulierenent bien en etudiant la plaqlte a l'aide de la platine de Fedoroff:lIes ont subi l'effet des actions dynamiques intenses. Les fr~Ies laguettes feldspathiques, sont tordues, fissurees, les larges p\ages Iyroxeniques ont des extinctions ondulees et des clivages defor[les. L'etude optique de ces mineraux en est fortement entravee. 'arfois Ie feidspath et Ie pyroxene sont partiellement fondus, ils leviennent alors troubles remplis de poussiere noire, mais on peut :ncore reconnaitre en lumiere convergente, bien que la figure est leu distincte et trouble, que l'orientation optique de ce pyroxene leforme est la m~me que cene dll cristal intact contigu. Les agre:ats a grain fin qui Ies entourent ont une structure cataclastique; 134 c'est un broyage comme il en existe dans les roches terrestres mais saDS aucune orientation. La structure de l'eucrite de Chaves est extr~mement heterogene, aussi bien par la taille de ses elements constitutifs que par leur distribution. Dans certaines plaques minces Ie plagioclase en grands fragments predomine, dans d'autres Ie pyroxene est plus abondant. Parfois Ie ciment de petits grains, tout a fait reduit, englobe de grands elements irreguliers, dans d'autres cas Ie dment envahit presque toute la plaque. Les grains isoles de 0,5 a 0,7 cm ne sont probablement que des debris des cristaux primitifs plus gros. Des taches sombres se detachent parfois sur Ie fond gris, eUes sont composees de produits de fusion recristallises ou Ie verre semi-transparent enveloppe des microlites de feldspath et de petits grains de pyroxene (PI. IV fig. 1 et 3). Les veinules noires. Si caracteristiques pour l'eucrite de Bereba, eUes existent aussi dans celle de 'Chaves, bien que moins nombreuses. Eles debutent sou vent par une fente, suivant laquelle les mineraux traverses subissent des decrochements; cette fente s' elargit sur son prolongement et renferme alors des debris de pyroxene et de feldspath qui plus loin encore sont remplaces par leurs produits de fusion ou ron discerne la matiere noire probablement ferrugineuse et partiellement vitreuse et des grains de mineraux. Souvent aussi la partie fondue noire forme des epontes (PI. V, fig. 2), tandis que les mineraux transparents, ecrases mais intacts, occupent la region axiale. Les veinules sont rectilignes ou sinueuses et envoient des ramifications dans leur entourage. L'origine de ces veinules a ete l'objet de nonibreuses dicussions. On admet generalement qu'elles sont independantes de la crotite fondue et, vraisemblablement, anterieures a eHe. D'autre part O. C. FARRlNGTON ( Meteorites. Chicago, 1915, p. 88) envisageait la possibilite pour leur formation de la penetration de 'la chaleur dans les fissures des meteorites pendant leur trajet dans l'atmosphere terrestre. A. LACROIX les a comparees aux pseudotachylites terrestres (loc. cit.) formees par la fusion locale sous l'influence des actions mecaniques intenses. Les veinules seraient done apparues dans la pierre avant son detachement d'un corps celeste. 135 Composition ChImique , - Eucrite de Chaves - Labor. d'anaI. chim. des roches. Chef du labor. PATUREAU, Museum• . - Eucrite de Binda, New South Wales. Analisfe MINGAYE (ANDERSON et [INGAYE. - Rec. Australian Mus. Sydney, 1913, vol. 10, p. 49). 1 ShtO i02 120s 7.50 0.40 0.50 15.43 0.60 15.40 7.20 0.35 0.20 0.50 0.21 0.10 raOs ejOS eO InO [gO aO aBO :20 iOl .05 :.0+ A 50.50 8.84 0.75 n.d. 15.29 0.51 16.15 6.15 0.28 0.13 n.d. 0.03 0.10 [gO- tr. 0.96 (0.35 S) i eS An% --100.45 85 Cal cuI de mineraux normatifs de Chaves SiD 2 1.62 Or. 1.11 Ab. 2.10 .' An. 18.90 6.73 CaSiOs 38.50 MgSiOs 26.66 FeSiOs 1.06 MnSiOs FeTiOs 0.91 FeOFesOs 0.70 Chromite 0.59 0.55 MerriIlite Trollite 0.96 0.10 HIO 0.96 100.22 ( 1 ) 89 100.49 Le plagioclase moyen calcuhS, en tenant compte de la Dtasse, renferme 8S Ofo d'anorthite, alors que la de.termination au Iicroscope (P. U.) ne donne, comnie nous l'avons vu, que 80 ou 5 Ofo. J'ai constate parfois des differences dans les indices de :fraction des feldspaths et il est possible que les plus basiques ont pas ete mesures. C'est la en tout cas la difference entre ~ucrite de Chaves et les autres eucrites dans lesquelles Ie plagio.ase moyen calcule est plus basique. Parmi les pyroxenes calcules, les orthorhombiques ferromagesiens predominent, la pigeonite est en minorite ce qui est mfirme aussi par l'etude au microscope. La magnetite et la chrolite ont ete determinees optiquement. (1) Fe metaIlique 0.45; VIOS 0.01; C 0.07 136 L'apparition de la merrillite dans Ie calcul pose un probleme, car je ne l'ai pas trouvee en plaques minces. It est possible qu'elle ait echappe it. l'observation, etant donne que les feldspaths ont un indice de refraction assez eleve et que les birefringences sont faibles dans les deux mineraux. Les analyses des eucrites et des howardites sont, d'apres mes connaissances, tres anciennes ou incompletes sauf celles que A. LACROIX a fait refaire par F. RAOULT (loc. cit.). L'eucrite de Chaves est comprise dans Ie groupe caracterise par la predominance de MgO sur CaO, FeO se rapprochant de MgO. Comme consequence nous voyons la formation de la pigeonite (pauvre en CaO) et des pyroxenes orthorhombiques ferromagnesiens (hypersthene et bronzite). Je cite a titre de comparaison l'analyse de l'eucrite de Binda qui contient un pyroxene monoclinique, l'hyperstbene avec fines lamelles d'augite, de la chromite, mais Ie Ti02 et Ie Fe205 ne sont pas doses. L'eucrite de Chaves vient d'augmenter Ie nombre d'eucrites connues dans Ie monde - nombre bien faible: 17 (ou 33 si ron y ajoute des howardites) d'apres Ie recent catalogue des meteorites par PRIOR-HEY (London, 1953). Elle est designee dans ce catalogue sous Ie nom d'amphoterite avec un point d'interrogation, son etude detaillee n'etant pas faite avant ceUe note. Ce sont des types curieux de meteorites pierreuses, contenant suffisamment d'alumine et de chaux pour permettre la production d'un plagioclase basique. Plus riches en MgO qu'en CaO, elles contiennent des pyroxenes orthorhombiques ferromagnesiens, accompagnes d'un peu de pigeonite. Elles sont pauvres en FeNi ou m~me totalement depourvues. CeUe association des pyroxenes et du plagioclase basique, ainsi que la presence des residus d'une structure doIeritique permettent de les com parer aux pyroxenolites terrestres. La presence du quartz et de la tridymite, les phenomenes d'ecrasement, de fusion et de recristallisation qui se retrouvent egalement dans les roches terrestres, donnent la possibilite~ et la tentation de dis cuter de l'origine de ses pier res et de leur histoire avant et anre~ Ie detachement du corns celeste. EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHE I Fill. 1,2,3 - La meteorite de Chaves•. Echantillon conserve au Musee Mineralogiqu~ de l'Institut Industriel de Porto (Dimensions: 9 X9 X12 cm ; Poids: 2.469 grs). PLANCHE II Portion de la structure doleritique dans l'eucrite. L. N. Gross. 35. PLANCHE III Fig. 1 - Tridymite (tr.) incluse dans Ie plagioclase. L. N. Gross. 90. Fig. 2 - Tridymite (tr.) dans une fissure. L. N. Gross. 90. PLANCHE IV Fig. 1 - Fusion et recristallisation d'un fragment de la pierre. Baguettes blanches de feldspath. Matiere vitreuse et produits metalliques en noir. Un petit grain de forme triangulaire du pyroxene non fondu a gauche. L. N. Gross. 90. Fig. 2 - Petites inclusions de pyroxene dans Ie feldspath. L. N. Gross. 200. Fig. 3 - RecristaIlisation apres fusion. Dans Ie coin NW, restes d'une structure doleritique. L. N. Gross. 90. 138 PLANCHE V Fig. 1 -,-- Fissuration dans Ie plagioclase. L. N. ~ros~. 200. Fig. 2 - Filonnet d'ecrasement (veinule) con tenant dans l'axe une breche des mineraux. L. N. Gross. 60. PLANCHE VI Fig. t - Tromte avec aureole dentelliforme.. L. N. Gross~. ~2. Fig. 2 - Troilite. L. N. Gross. 30. Fig. 3 - Myrmekite de trollite. L. N. Gross. 72. E. JEREMINE - Eucrite de Chaves PL. I 2 JEREIIUNE - Eucrite de Chaves • JEREMINE - Eucrite de Chaves PL. III E. JEREMINE - Eucrite de Chaves PL. IV fEREMINE - Eucrite de Chaves PL. V JEREMINE - Eucrite de Chaves PL. VI 2