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CIBOURE TOUR DE BORDAGAIN 13 18 août 2015 Dante Antonini, Quai Ravel EXPOSITION Les peintres de la Nivelle Urdazuriko margolariak Dante Antonini Maritxu Baignol Zoé Bray Patrick Larcebal Albert Proux De 10h à 19h - Entrée gratuite LES PEINTRES DE LA NIVELLE Urdazuriko margolariak Pour la dixième édition de notre exposition estivale, les peintres de la Nivelle vont à nouveau investir la Tour de Bordagain. Nous vous invitons donc au sein de cette atalaye, lieu aussi emblématique que la Chapelle des Récollets au sein de laquelle nous avons organisé nos précédentes éditions. Les Récollets retrouveront à moyen terme tout leur lustre d’antan grâce à une réhabilitation de grande qualité. Depuis dix ans, cette exposition récurrente propose un panorama de la peinture régionaliste basque. Une thématique quasi inépuisable tant notre patrimoine pictural est riche et varié. Depuis sa création, cette manifestation a attiré plus de 40 000 visiteurs, collectionneurs et amateurs éclairés. Ce succès de fréquentation nous encourage à pérenniser notre hommage à ce patrimoine. Cette année, nous renouvelons une rencontre entre le passé et le présent. Entre un deux maîtres « classiques » et des artistes contemporains. Les œuvres de Maritxu Baignol et Dante Antonini côtoieront celles de Zoé Bray, Patrick Larcebal et Albert Proux. Cet écart de temporalité n’est pas une source de confrontation. Au contraire, il s’agit d’offrir une vision élargie d’une picturalité inspirée du Pays Basque. Ce catalogue vous permettra de mieux connaître ces artistes contemporains qui ont répondu au même questionnaire : leurs débuts artistiques et les peintres qui les inspirent, ils s’expriment sur leurs projets et la place du Pays Basque dans leurs tableaux. Aussi, nous souhaitions remercier Robert Poulou, qui, en collectionneur d’art passionné, orchestre ce rendez-vous estival. Nous remercions également Madame Dospital et Monsieur Guy Lalanne, Adjoints au Maire, ainsi que l’ensemble des personnes qui se sont investies au sein de ce projet, et plus particulièrement les peintres qui ont accepté de participer à cette manifestation collégiale, et les collectionneurs privés qui ont eu l’amabilité de prêter leurs œuvres. Bonne lecture et bienvenue à tous. Guy Poulou, Maire de Ciboure En couverture, Dante Antonini, Le quai Ravel Collection Mairie de Ciboure Directeur de la publication : Guy Poulou Directeur artistique : Robert Poulou Conception : Mairie de Ciboure - Service Culture & Communication Impression : RCS 753 800 515 Crédit photo : © Alain Miranda Mairie de Ciboure 14, Place Camille Jullian - BP 321 64503 CIBOURE CEDEX Tél. 05 59 47 26 06 - Fax 05 59 47 64 59 www.mairie-ciboure.com Maritxu Baignol (1897-1980) Maritxu Baignol, fille d’Abel Jacques Evariste Baignol et de Louisa Ribed, était une élève de Marie Réol et de Désiré Lucas, et la petite-fille d’Evariste Baignol, maire de Ciboure. Elle exposa au salon des artistes français de 1924 à 1930. Elle a peint des paysages du Pays basque mais aussi d’Espagne et d’Algérie ainsi que des natures mortes et des bouquets de fleurs. Mademoiselle Baignol avait donné des cours particuliers de peinture à son domicile, rue Bayen à Paris (17e) et avait enseigné au Lycée Sainte-Geneviève à Versailles. Marixtu Baignol peignant Le 8 février 1928, un journaliste du journal d’Angers rapportait ses impressions quant à l’expositon consacrée à Maritxu Baignol à la Galerie Lasneret : Les apports nouveaux sont représentés par ces deux tableaux qui montrent l’église de Fontarabie dans le soleil. Note absolument contrastante avec l’autre, aussi violente que la première était suave, aussi éclatante dans ses jaunes, ses bleus, ses roses, que l’autre était étouffée dans la douce somptuosité de ses accords assourdis. Maritxu Baignol est décédée à Ciboure dans la maison familiale « Prestuenia », 28 rue Evariste Baignol. Sans titre, Collection privée Sans titre, Collection privée Evariste Baignol avait fait construire,en 1890, une splendide villa avec un parc arboré à la Croix Rouge. Après bien des péripéties et la guerre de 39-45, elle fut rachetée par la commune, démolie et laissa sa place à l’école de la Croix Rouge et à un lotissement en 1955. Dante Antonini (1914-1985) Il était le fils de Pierre, d’ascendance italienne, et de Marie-Jeanne Badiola née à Ciboure, dans la Maison Anastasio Baïta. Il est septième d’une famille de huit enfants. Dante Antonini est né le 7 juillet 1914 à Paris, ville où vivaient ses parents au service de la famille Wildenstein. Enfant, il partageait ses jeux avec Daniel, le fils de la maison. En 1941 il épousa, à Ciboure, Margot Badiola (1919-2011), fille de son oncle Bixente, bien connu dans le milieu de la pêche. Ils vécurent à Ciboure, 9 Quai Maurice Ravel où ils eurent quatre enfants. Dante y est décédé le 29 novembre 1985. Personnalité attachante, alliée à un réel tempérament d’artiste (hérité de sa mère), il était passionné de dessin et de peinture. Dès son jeune âge son talent fut remarqué par Georges Wildenstein, marchand d’art renommé. Ce dernier lui conseilla d’entrer à l’école Estienne de Paris. Il en sorti premier de sa promotion. En 1932, à 18 ans, il obtint le 1er prix de la ville de Paris. A 25 ans, il est mobilisé à Abidjan où il réalise et expose des portraits, des panoramas de brousse, des scènes et des paysages locaux. Peu après son retour à Ciboure, il se mit à peindre les rues et paysages alentour. Sa grande silhouette, sa voix, sa moustache, sa carrure étaient très familières des habitants qui le côtoyaient très souvent derrière son chevalet. C’était une figure.(Albert Péry) Dès 1940, il expose à Saint-Jean-de-Luz les thèmes d’Abidjan, mais aussi les premiers tableaux du Pays basque dont l’église de Ciboure. Itxassou, Collection Mairie de Ciboure En 1950, il participe au salon des Artistes Pyrénéens de Saint-Jean-de-Luz avec René-Paul Gelos avec qui il exerça, par ailleurs, pendant plusieurs années, une activité commerciale complémentaire. Il faut citer ses nombreuses expositions hors du Pays basque à Pau, Tarbes, Juan les Pins et bien sûr à Bayonne, Biarritz, Anglet. Le Port de Larraldénia, Collection privée Ses œuvres ont aussi été présentées, aux USA, au Canada, en Italie en Espagne, en Allemagne et au Japon. En 1975, il illustra un timbre et une carte postale à l’occasion du centenaire de la naissance de Maurice Ravel. Remarquable paysagiste, l’artiste nous a laissé des vues du Pays basque, du Béarn, de la Bretagne, de la Provence et de la Toscane. Témoin de son temps, classique des temps modernes, Dante Antonini a repris le flambeau de la peinture régionaliste du courant d’avant-guerre. Par des couleurs chatoyantes, des contrastes vigoureux, un équilibre de la composition, une observation de la quiétude, une lumière précise de la journée, l’angle de son regard hors du commun et sa présence quasi permanente dans la rue, Dante reste gravé dans les pierres de nos cités et dans la mémoire collective ( J.P. Goicoechea). Distinctions, honneurs : Médaille d’or à Juan les Pins en 1976 Médaille à Saint Paul de Vence en 1982 Diplôma de Nomina di Academia d’Europa Premia d’Italia, Academia Targa de Oro 1985. Prix de la Ville de Paris Une allée porte son nom au quartier Etchebiague de Saint-Jean-de-Luz. A Ciboure, le square de la Victoire a été rebaptisé de son nom en 1997, quelques années après le déplacement du monument aux morts. Paul Badiola, neveu de Dante Antonini Dante Antonini peignant l’église de Saint-Jean-de-Luz Zoe Bray Contact : Peikonia 64120 Ostabat www.zoebray.com [email protected] Qui, quand, comment ? J’ai passé mon enfance dans différents pays – mon père étant journaliste et ma mère artiste-peintre, les deux ouverts au monde et curieux d’esprit. J’ai aimé cette vie péripatétique. Et donc, une fois sortie du nid familial, j’ai continué toute seule dans cette voie. Mes parents m’ont transmis leur intérêt pour différentes cultures et leur gout pour les langues et pour l’aventure. Notre point d’attache a toujours été le Pays Basque intérieur, car c’était là où nous revenions pour les vacances et où nous avions la maison familiale. Mes grands-parents maternels habitaient le village voisin. Quant à l’art, c’était déjà une sensibilité dans la famille. Partout où nous allions, nous visitions les musées et les galeries, en cherchant à découvrir et à comprendre le travail artistique des autres. Quel est votre souvenir de création et/ou de rencontre le plus marquant ? Je n‘oublierai jamais la première fois où je suis allée au Prado – je devais avoir 12 ans, et j’y ai découvert l’autoportrait de Durer. Je me suis dit : « Que c’est beau ! Mais comment a-t-il fait cela ? Je veux savoir faire pareil, moi aussi !» Mais ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai eu un moment d’épiphanie. Partout où je me trouvais, je prenais des cours de dessin, de peinture, de sculpture ou de céramique et je faisais mes petites créations. Mais c’est à l’âge de 27 ans, quand je vivais à Florence où je préparais une thèse en sciences politiques et anthropologie, que je suis entrée dans l’atelier d’un peintre et je me suis dit : « Voilà, c’est ici et maintenant que je veux être artiste ». L’atelier était sombre, baignée d’une lumière argentée qui entrait par le côté nord. La beauté de cette lumière naturelle et l’ambiance paisible du lieu m’ont éveillé l’esprit. La place du Pays basque dans votre inspiration et vos lieux d’inspiration ? Lorsqu’on me demande d’où je viens – ce qui se passe fréquemment - je réponds habituellement « du Pays Basque ». L’environnement naturel que j’y retrouve est celui que j’ai connu toute ma vie. Je m’y baigne, ce qui, inévitablement, a un impact sur ma peinture. Les gens qui y travaillent m’inspirent. Beaucoup de mes portraits représentent des personnalités du Pays Basque. Après trois ans passés au Nevada (États-Unis), je vis en ce moment à Jérusalem. Ici, je retrouve la beauté du désert que j’avais appris à aimer dans l’Ouest américain. Alors qu’au Nevada j’ai découvert la nostalgie du monde des émigrés basques (parmi eux, autrefois, mon arrière-grand-père), ici je sens la douleur d’une terre maltraitée par un conflit malheureusement loin d’être résolu. C’est alors un soulagement et un plaisir de revenir au Pays Basque, de retrouver la verdure et la fraicheur, ainsi que les odeurs de mon enfance, et de savoir que le conflit qui a martyrisé ces terres-ci est en voie de résolution (même si d’autres défis nous attendent, tel que la protection de notre environnement, sujet qui me préoccupe énormément). Zoe Bray peignant le portrait de Piarres Erdozaintzi (2008). Image de Pérrine Durandeau et Christian Etchegaray, pour FR3. Quel artiste contemporain vous ferait franchir la Nivelle ou les océans ? J’ai la chance de rencontrer souvent des artistes contemporains très intéressants. En ce moment, à Jérusalem, je découvre des artistes aussi bien israéliens que palestiniens travaillant et utilisant différents médiums (photos, installations, collages etc.). A travers leur travail, j’arrive à mieux comprendre leur vie et le conflit qui ravage cette région. Il a fallu que je vienne m’installer ici pour comprendre cela. Un projet artistique qui vous tient à cœur ? Je veux continuer à peindre les portraits de toutes les personnes fascinantes que j’ai la chance de connaître. J’aimerais les peindre dans leur contexte quotidien, afin de les présenter de façon aussi proche que possible de qui ils sont. Une question à laquelle vous auriez répondu volontiers ? « Dans votre prochaine vie, serez-vous toujours peintre? » J’y répondrais : « Oui, mais la prochaine fois, en plus de combiner la peinture avec mon travail d’anthropologue, je serai sage-femme. Je voudrais aider les femmes à accoucher là où elles le souhaitent, librement. Pourquoi ? Parce qu’assurer une belle naissance, naturelle, est un des plus beaux cadeaux qu’on puisse donner non seulement aux femmes mais à tous les êtres humains. Je pense qu’une naissance paisible est indispensable pour mettre l’être humain sur le bon chemin dans la vie, bien dans sa peau et en harmonie avec la nature. L’art est indispensable à l’épanouissement de l’être humain, mais il faut aussi qu’il y ait un bon commencement à la vie. » Double Auto-Portrait. Huile sur toile, 1.10m x 65cm (2005) Zoe Bray peignant Nestor Basterretxea (2010 et 2011). Images de Juan Pablo Zabala. Patrick Larcebal Contact : 06 80 62 14 89 [email protected] www.aquarelliste.com Qui ? Quand ? Où ? Comment ? Artiste Basque, Patrick Larcebal peint la terre de ses racines. Avec une grande sincérité il est le témoin de la vie de son pays et exprime au travers de sa peinture tout l’amour et le respect qu’il a pour son peuple. Il débute à l’école de dessin de Bayonne en 1998. Il est surtout connu pour ces aquarelles qui lui ont valu de nombreux prix et notamment « Le Brouillarta des Artistes Basques « Il est sélectionné pour des salons internationaux et sera l’invité d’honneur de la biennale d’aquarelle de Toulouse en 2016. Il enseigne la peinture, notamment à Bayonne, depuis une quinzaine d’années. Il a exposé dans de nombreux endroits au Pays Basque, des deux côtés de la frontière, et aussi à Paris, Bordeaux et Rodez. Quel artiste contemporain vous ferait franchir la Nivelle ou les océans ? Une exposition à Londres de Trevor Chamberlain ou David Curtis peintres d’atmosphère aussi bien à l’huile qu’à l’aquarelle, en extérieur ou en atelier. Un projet artistique qui vous tient à cœur ? Peindre des grands formats à l’huile. Une question à laquelle vous auriez répondu bien volontiers ? Qu’est-ce qui vous donne envie de peindre ? A laquelle j’aurais répondu : la lumière particulière des contre-jours. Elle me fascine ! Il peint de plus en plus à l’huile. Avec la même lumière il exprime la force et la présence de ces personnages et scènes de la vie. Avec une grande sensibilité l’artiste fait vivre l’âme du Pays Basque. Quel est votre souvenir de création et/ou de rencontre le plus marquant ? La fresque que j’ai réalisée à Bunus, dans notre Pays basque « profond », sur un mur de la maison Inxauseta. Elle représente une scène de marché avec des personnages grandeur nature. De l’extérieur, en regardant par la fenêtre ils semblent réels ! La place du Pays Basque dans votre inspiration et vos lieux de prédilection ? Une très grande place. Bien sûr, j’ai peint d’autres thèmes mais j’en reviens toujours à peindre ce qui me touche le plus. Les scènes de la vie au Pays Basque et plus particulièrement à l’intérieur. Je trouve mon inspiration dans la campagne, la montagne, les villages, les foires, les marchés ou sur les frontons. Regard Jeunes pilotaris Le basque pensif Albert Proux Contact : Ciboure-Socoa 05 59 47 95 02 [email protected] Qui ? Quand ? Où ? Comment ?... Je suis un peintre totalement autodidacte mais je ne suis pas venu à la peinture par hasard. Durant toute mon enfance, j’ai sillonné Bayonne et Bidarray… Sur les remparts de Lachepaillet, j’admirais les peintres amateurs qui parfois me confiaient le pinceau ; sur les hauteurs de Bidarray, le village de ma mère, issue de la famille Arretche, j’ai souvent croisé le peintre bordelais Albert Bégaud : ces rencontres ont été décisives puisque je n’ai depuis lors jamais cessé de peindre. D’abord technicien dans l’aéronautique, à l’usine Bréguet, puis fonctionnaire de police, tous mes loisirs étaient consacrés à l’art pictural, jusqu’à mettre volontairement un terme à ma carrière professionnelle et me consacrer depuis plus de vingt ans maintenant exclusivement à la peinture et au dessin. Mon affiliation à la Maison des Artistes de Paris a été la seule reconnaissance officielle, loin des structures plus académiques et traditionnelles du monde de l’art. Quel est votre souvenir de création et/ou de rencontre le plus marquant ? Quel artiste contemporain vous ferait franchir la Nivelle ou les océans ? Je me méfie de la connotation qui s’attache à l’artiste qualifié de « contemporain »…A mes yeux, Rembrandt, Van Gogh, Turner, Dali, Zao Wou-Ki, ce dernier décédé en avril de cette année, sont des contemporains car je me réfère souvent à leur approche artistique. Un projet artistique qui vous tient à cœur ? Depuis quelques années, je me suis attaché à peindre de grandes fresques comme “La chapelle aux icônes » à Cambo-les-Bains, « Joueurs de pelote » au Trinquet Laduche à Ascain, « Bayonne » à la Poste centrale de Bayonne ou encore au centre Leclerc d’Urrugne. Je suis toujours partant pour de tels projets ! Une question à laquelle vous auriez répondu bien volontiers ?... Je vous réponds dans le même esprit : je vous laisse le soin de l’imaginer ! Ma première création picturale dès l’âge de 15-16 ans s’inscrit donc sur les remparts Lachepaillet de Bayonne. Plus tard, à l’occasion d’expositions nationales et internationales – Grand Palais et Salon des Indépendants à Paris, Etats-Unis, Allemagne, Japon - je me souviens de belles rencontres : Carzou, Buffet, Léopold Senghor, Claude Tabet, Mick Michel, Gaston Larrieu… La place du Pays basque dans votre inspiration et vos lieux de prédilection ? Les thèmes du Pays basque sont privilégiés dans ma peinture : paysages, bords de mer, scènes de pelote, fêtes, villages de la Nive, Socoa, Ascain, Bidarray. La tauromachie et l’art équestre sont également une grande source d’inspiration. Je suis fasciné par les variations de la lumière, du mouvement et de la vigueur. Ikuriña À Ascain Bergers à Urepel Trainière à Fontarrabia La porcelaine à Ciboure et la famille Baignol De Guillaume Pélegrin de Soubellette à l’école de peinture sur porcelaine de Ciboure par Guy Lalanne L’histoire des poteries de Ciboure est bien plus connue que celle des porcelaines de Ciboure, pourtant bien plus ancienne. Il faut revenir en fin de XVIIIe siècle quand Guillaume Pélegrin de Soubellette, écuyer du roi, héritier de la famille noble de Soubeletta à Itxassou s’est installé à Saint-Jean-de-Luz puis à Ciboure dont il fut maire du 8 décembre 1790 au 18 décembre 1791. La très ancienne maison Soublette Baita, place de la Tour d’Auvergne, porte toujours son nom car elle est une des rares qui n’a pas été détruite lors de l’invasion espagnole de 1636. Guillaume Pélegrin de Soubellette et son fils François découvrirent du kaolin sur leurs terres mais en un lieu qu’ils tinrent secret tellement l’intérêt économique et financier était important. Il se disait qu’il était situé en limite d’Urrugne et de Ciboure (où aucune carrière de kaolin n’y a jamais été découverte). En fait, le kaolin, matière rare nécessaire à la fabrication de la porcelaine, venait du secteur d’Itxassou-Louhossoa où ils avaient des propriétés. Ils décidèrent d’ouvrir une usine au quartier Kechiloa à Urrugne, dont le siège social était à Ciboure, dénommée « porcelainerie de Ciboure ». Le fils, François, fit construire des fours puis procéda à des essais de fabrication de 1779 à 1781 dans une tuilerie-briqueterie qui garde depuis le nom de Bacherategia : le lieu de la vaisselle. Elle était située chemin de Soubeletta (actuellement Iduzki alde) à 80 m de la limite de la commune de Ciboure. L’usine fonctionna pendant deux ans et devant le peu de rentabilité de l’entreprise M. Pélegrin de Soubellette, père, lassé des dépenses engagées par son fils, fit arrêter les essais. Les échecs de la fabrication étaient dus à une méconnaissance du mélange kaolin, sable, feldspath et des techniques de cuisson à cette époque du début de la fabrication de la porcelaine en France. Mais à Limoges, dès la découverte du kaolin, le comte de La Seynie, en 1771, avait ouvert les premières manufactures de porcelaine de France sur ses propres terres puis à St-Yrieix en 1774. En 1789, il loue la manufacture à Etienne Baignol, déjà propriétaire d’une petite fabrique à Limoges. Ce dernier fonda alors sa propre manufacture dans les locaux du couvent des Augustins. « Baignol s’affirma comme le meilleur porcelainier de son temps et réussit une brillante transition entre les deux siècles » (Histoire de la porcelaine de Limoges) Son fils cadet François (1791-1875) prit la suite en 1815 et ce jusqu’en 1825 où il fonda sa propre usine à Saint-Brice près de Saint-Junien. Son propre fils, Etienne-Evariste qui possédait aussi une maison à Ciboure depuis 1830, y épousa, en 1858, Tereza Ramonina Basterretche. Sur l’acte de mariage, il est mentionné qu’Evariste Baignol résidait à Pasajes (Guipuzcoa) et c’est dans cette même commune qu’en 1851 il créa, avec son frère Camille et des associés espagnols, une usine de porcelaine sous le nom de « Baignol Frères et Cie » dans un édifice occupé préalablement par des Jésuites. Evariste Baignol sera maire de Ciboure de 1860 à 1899. Jean (Baptiste), fils de Camille Baignol épousa sa cousine Marie Valérie, fille d’Evariste, et lui succéda à la mairie. Il éleva ses neveux et nièces qui, très jeunes, avaient perdu leur mère et les adopta peu avant sa mort. Parmi eux Marie, Josephe, Fernanda, Antoinette dite Maritxu devint la première femme artistepeintre de renom née à Ciboure.