Méthodologie-des-es.. - Recherche Clinique Paris Descartes
Transcription
Méthodologie-des-es.. - Recherche Clinique Paris Descartes
Méthodologie des études Frantz Foissac Dr Raphaël Serreau Pr Jean-Marc Tréluyer URC – CIC Cochin Necker 16 mars 2012 - Paris Un essai thérapeutique Un contexte scientifique Répondre à une question Faire une hypothèse Déterminer un objectif principal Définir un critère de jugement principal FAIRE LA BIBLIOGRAPHIE Zéro papier : biblio mal faite (80%) Idée débile (19%) Idée géniale (1%) > 100 papiers : Biblio mal faite Sujet éculé < 100 papiers : Définir types de malades, ttt, critères Respecter le dogme CONTRÔLE (effet du temps) Comparaison au groupe contrôle RANDOMISE (effet bon cas) Respect de la randomisation (contrôle) Analyse en intention de traiter Vérifier la comparabilité des groupes AVEUGLE (effet malade – effet médecin) SIMPLE (j’ai le bon) < DOUBLE (je lui donne le bon) < TRIPLE (il a eu le bon) POURQUOI GUERISSENT-ILS ? Effet du temps essai contrôlé Bon cas essai randomisé Effet malade simple aveugle Effet médecin double aveugle Effet placebo versus placebo Efficacité thérapeutique CONDUIT EN (plan expérimental)…. Parallèle (inter-individuelle) Cross-over (intra-ind) CHEZ DES PATIENTS ATTEINTS…. Notion de groupe Critères d’inclusion précis : homogène, représentatif, faisabilité CONCLUSION QUE SUR LE GROUPE ETUDIE Critères de non inclusion précis Les étapes du développement d’un médicament en recherche clinique Expérimentation animale : Détermination du risque tératogène Sensibilité de l’espèce, variabilité inter et intra espèces Stade de l’embryogenèse Dose non toxiques – toxicité maternelle Études de carcinogenèses – mutagenèses Guittin et al. Reprod. Toxicol 2000 Etudes pharmacocinétiques Etudes pharmacodynamiques Expérimentation humaine : 4 phases PHASE I Les toutes premières administrations à l’homme pour déterminer les doses de tolérance satisfaisante Volontaires sains Doses faibles puis progression lente et géométrique Administration unique Étude pharmacocinétique Habituellement, il n ’y a pas dans cette phase de bénéfice individuel direct. PHASE I - METHODOLOGIE Progression de dose Objectifs opposés : désir d’innocuité désir d’efficacité Augmentation progressive chez des volontaires successifs jusqu’à l’apparition d’un effet pharmacologique Une seule dose par volontaire PHASE II – OBJECTIFS:EFFET 1.Rechercher la dose thérapeutique 2.Repérer les effets indésirables éventuels et certains de leurs facteurs de risque de survenue PHASE II - CARACTERISTIQUES 1.Dose fonction de la phase I 2.Sujets malades 3.Petit nombre de patients (quelques dizaines) 4.Traitement de courte durée PHASE II Suite à l’évaluation de l’intérêt thérapeutique du médicament testé chez l ’animal IIA : sujets sains IIB : sujets malades petits effectifs homogènes administration répétées, limitées dans le temps PHASE III Evaluation de l’intérêt thérapeutique et de la tolérance du médicament Effectifs plus grands, représentatifs des sujets à traiter Administration prolongée Comparaison avec des traitements d ’efficacité démontrée. Phases IIb- IIIa PHASE III – OBJECTIFS : EFFICACITE – SECURITE 1.Démontrer l’efficacité clinique du produit dans l’indication envisagée 2.Mettre en évidence les effets indésirables les plus fréquents PHASE III - CARACTERISTIQUES 1.fait suite à la phase II 2.Sujets malades 3.plus grand nombre de patients (quelques centaines) 4.traitement de plus longue durée METHODOLOGIE - PHASE III ETUDES COMPARATIVES GROUPES PARALLELES A B METHODOLOGIE - PHASE III ETUDES COMPARATIVES ESSAI CROISE A A B B Wash out PHASE IV Post AMM Mieux connaître les effets indésirables Mieux connaître l’intérêt thérapeutique dans les conditions de l ’AMM Pharmacovigilance : exemple statines (cérivastatine et rhabdomyolyse en 2001) Utilisation des sartans et grossesse (AFSSAPS 2002) Le trépied des essais cliniques Comparaison : groupe témoin Causalité : tirage au sort, double aveugle Signification : tests statistiques Sélection des sujets Décrire la sélection Critères d’exclusion Critère d’inclusion Malades non évaluables Définition de la maladie (langue) Description des formes Exclusion de prudence cliniques acceptées - maladie associée Caractères des patients - risque d’intolérance admis - femmes enceintes ? Consentement - enfants Exclusion pour infidélité - non compliance prévisible Critères d’inclusion : il faut une population : Trouvable : clinique; pas trop restrictive Acceptable : éthique Clairement définie : définition (ok), critères diagnostiques, sévérité Univoque Cliniquement signifiante Vendable : Aux investigateurs; au CPP; au promoteur; au reviewer; à l’AFSSAPS; au prescripteur; à la sécu; pour la publication Favorable (à la question posée) Représentative (raisonnablement extrapolable) Quels sont les facteurs de variabilité ? Caractéristiques de la maladie traitée Pathologie associée + traitements correspondants Caractéristiques démographiques et physiologiques des sujets Age, sexe, poids, taille, ethnie, profil psychologie, position sociale, régime, activité physique, etc... Facteurs extérieurs Cadre nosologique (définition sans ambiguïté) Formes cliniques (symptomatiques, évolutives, étiologiques) Traitements antérieurs et résultats Personnel soignant, climat, saison, environnement, malade hospitalisé ou ambulatoire, activité professionnelle Traitement Posologie, voie d’administration, horaire des prises, observance, forme galénique, biodisponibilité Critères d’évaluation des traitements Critère de jugement principal : Critère où va porter la comparaison, le protocole est construit pour étudier ce critère Ex : bêtabloquant et HTA (l’efficacité du traitement sur la réduction de la Pression Artérielle est le critère principal) Mesure le mieux l’effet attendu, répond à la question posée Chiffrable, exact, précis, reproductible, objectif Critères d’évaluation des traitements Critère de jugements secondaires : La réduction de la pression artérielle va s’accompagner d’une diminution des œdèmes, de complications vasculaires qui peuvent être évalués secondairement. Résultats exploratoires mais qui ne permettent pas de conclure Permet de lancer d’autres essais Les facteurs de variabilité peuvent être neutralisés par : La standardisation : recrutement identique, même traitement administré dans les mêmes conditions, mêmes critère d ’évaluation, etc… Un grand effectif : permettant de neutraliser les variations en sens opposé et d’éviter les fluctuations d ’échantillonnage. Validité de la comparaison Analyse en intention de traiter L’analyse des résultats doit s’effectuer chez tous les patients soumis au processus de l’allocation aléatoire. Il n’est pas correct d'exclure de l’analyse les patients : Ayant arrêté leur traitement avant la fin de l’essai Les patients décédés Les « perdus de vue » 1er raisonnement statistique : rejet de l’hypothèse nulle Lorsque l’on veut mettre en évidence une différence entre traitement, on recherche à rejeter une hypothèse nulle qui postule l’absence de différence La question est la suivante : Quelles sont les chances d’observer une différence, si les traitements sont strictement équivalents ? Loi normale -12 paramètres : µ et σ 2 Probabilité 34.13% Variance : mesure de la dispersion 13.59% 50% 2.14% m- 3σ m- 2σ σ m1σ σ m Test statistique : interprétation p<5% Différence observée Il est peu probable que la différence observée soit due au hasard Différence significative Test p>5% la probabilité que la différence observée soit due au hasard est forte Différence non significative La puissance dépend : De la variabilité individuelle ou de la fréquence de l’évènement Du nombre de patients inclus De la taille de l’effet a mettre en évidence ATTENTION : L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence Risques statistiques α et β Le risque alpha α est le risque de conclure que les traitements sont différents alors qu’ils ne le sont pas Ce risque est donné par les calculs statistiques effectués sur les résultats On accepte en général 5 % comme valeur maximum de ce risque Le risque bêta β de conclure à l’égalité des traitements (puissance de l’essai) Calcul du nombre de sujets nécessaires En fixant à l’avance les risques α et β acceptés, la différence minimum δ que l’on veut mettre en évidence entre les groupes et la variance du paramètre étudié dans le groupe contrôle : on peut calculer le nombre de sujets à inclure dans l’essai (plusieurs formules) Le calcul doit toujours être fait avant d’entreprendre une expérimentation clinique (sinon manque de puissance possible) Allocation des traitements Pourquoi un tirage au sort ? Imprévisibilité du traitement donné : la sélection n’est pas influencée par le traitement Indépendance vis-à-vis du résultat : sans relation avec les caractéristiques du malade Élimination des biais : contre indication ou refus d’un des traitements, séries non synchrones, historiques, traitement différents en fonction des investigateurs Allocation des traitements Comment tirer au sort ? Pile ou face, dé Tables de nombres au hasard ou calculateur programmé avec règle d’attribution des traitements en sousgroupe ou blocs : 2, 4, 5, 3, 1, 6 2, 5, 1, 6, 3, 4 6, 5, 2, 3, 1, 4 Traitement Traitement B Pairs Impairs 1,2,3 4,5,6 Toujours fait à l’avance, ce qui aboutit à un liste pré-établie Qu’est qu’un placebo, un médicament de référence ? Placebo Pseudo-médicament pharmacologiquement inerte d ’aspect identique au vrai médicament. Médicament de référence Médicament dont l ’efficacité a été prouvée antérieurement dans l’indication qu’on se propose d’étudier. Choix du comparateur Le placebo : toujours (si possible) Phase 2b La référence : l’est elle vraiment ? Universelle ? Dose ? Posologie ? Durée ? Chronologie par rapport Inclusion Événement critique Évaluation parler aux autres Faire la biblio logistique galénique Pourquoi des procédures aveugles ? Pour diminuer les biais dus à l ’observateur : Interprétation subjective, scepticisme, un a priori favorable. Erreurs de mesure ou d’interprétation Influence sur le résultat (hétéro suggestion, effet psychothérapeutique) Pour diminuer les biais dus au patient Interprétation subjective, amélioration de son état et/ou effets indésirables Le double aveugle Tout le monde est aveugle (sauf la personne qui prépare les traitements et les listes de tirage au sort) Les deux traitements ont une présentation identique et sont indiscernables (comprimés de la même taille, même couleur, même schéma thérapeutique, etc…) Il existe des procédures d’urgence pour lever l ’aveugle (effet indésirable, anesthésie, accident, tentative de suicide, etc…) Il faut éviter les fuites !!! Le simple aveugle Le patient est aveugle Mais l’investigateur voit (peu d’avantages) L’investigateur est aveugle et interprète l’étude Mais le prescripteur voit et explique le traitement Mais le patient voit (peu d’avantages, risques de fuites) Essai d’équivalence Hypothèse d’un essai d’équivalence H0: ∆≤-∆L ou ∆≥∆L, soit |∆|≥∆L Non-équivalence H1: -∆L<∆< ∆L , soit |∆|<∆L, Equivalence Région d’équivalence (bilatérale): ensemble des valeurs exacte de l’écart entre les effets de N et R jugées acceptables a priori ]-∆L; ∆L] MC Le Deley IGR Montrer l’équivalence Par intervalle de confiance MC Le Deley IGR Essai de non-infériorité Hypothèse d’un essai de non-infériorité H0: ∆≤-∆L H1: ∆>-∆L N inférieur à R N Non-inférieur à R On accepte que N fasse « un peu » moins bien Si N fait mieux que R, cela n’est pas un problème Formulation unilatérale MC Le Deley IGR Montrer la non-infériorité Par intervalle de confiance MC Le Deley IGR Conclusion:Essai d’équivalence/non-infériorité Les essais de non-infériorité/équivalence sont de plus en plus utilisés Méthodologie rigoureuse essentielle Attention: Un essai d’équivalence n’est pas la simple image en miroir d’un essai d’efficacité Par ailleurs, danger des essais de noninfériorité en cascade où le nouveau traitement de référence devient le traitement de référence de l’essai suivant Quantité d’effet Différence statistique: Entre les groupes de comparaison, existe-t-il une différence qui ne peut être attribuée à des fluctuations d’échantillonnage Différence clinique En tant que médecin (biologiste, chercheur, malade…) est-ce que la différence a un intérêt pour moi? Quantités d’effet: exemple simple Deux groupes de patients traités par un placebo ou un traitement coupant l’appétit: Essai 1: n= 20 dans les 2 groupes Moyennes 80 (E-T:10) vs 84 (E-T10) Différence: 4 kg, p=0.21 (t-test) Il n’existe pas de différence de poids! Essai 2: n= 200 dans les 2 groupes Moyennes 80 (E-T:10) vs 82 (E-T10) Différence: 2 kg, p=0.04 (t-test) Il existe une différence de poids! La mesure de l’effet Diagnostic: SE, SP, VPP VPN Traitement NST, RR, OR… Pronostic OR Définitions Qualité du test Sensibilité: Probabilité selon laquelle le test du diagnostic indiquera la présence de la maladie quand celle-ci est effectivement présente (taux vrai positif) Spécificité: Probabilité selon laquelle le test du diagnostic indiquera l’absence de la maladie quand celle-ci est effectivement absente Utilité des résultats Valeur prédictive positive: probabilité selon laquelle le résultat positif du test signifie effectivement que la maladie est présente Valeur prédictive négative: probabilité selon laquelle le résultat négatif du test signifie effectivement que la maladie est absente Prototype de tableau 2 x 2 Exemple: Faire une culture des streptocoques de groupe B (SGB) Sensibilité: Probabilité que le test indiquera SGBsi la femme l’a contracté Spécificité: Probabilité que le test n’indiquera aucun SGB si la femme ne l’a pas Valeur prédictive positive: Probabilité que la culture positive = colonisation du SGB Valeur prédictive négative: Probabilité que la culture négative = pas de SGB MALADIE Présent e Absente + a b c d Test - VPN - Sens. Spec. Risque Relatif et Odds Ratio MALADIE Facteur de risque/Traite ment Présente Absente Présent (F+) a+b b a Absent (F-) c d a+c b+d p1= a/a+b c+d po= c/c+d 1. Risque relatif (RR) = p1/po Odd ratio = rapport des cotes 3. Si la maladie est rare, RR est peu différent de OR (<10% des sujets) Réduction relative et absolue du risque Nombre de sujets à traiter MALADIE Actif Traitement Placebo p1= a/a+b Présente Absente a+b b a c d a+c b+d c+d po= c/c+d 1. Réduction Relative du Risque (RRR) = (p1-po)/po = 1 - RR 2. Réduction Absolue du Risque (RAR) = p1-po = RRa - RRp 3. Nombre de sujets à traiter (NST) = 1/(RAR) = 1/ RRR x po Syst-Eur: AVC, fatal and non fatal Actif Placebo Total AVC 47 77 124 Pas d’AVC 2351 2220 4571 Total 2398 2297 4695 Ra= 47/2398; Rp=77/2297 Suivi médian : 2 ans RR RRR = Ra / RP = (1-RR) Taux d’évènements (placebo): RAR = abs (Ra - RP) NST = 1/RAR = 1/(Rp*RRR) = 0.58 = 42% (IC 95%:0.16-0.59) = 3.35% = 1.39% = 71 (IC 95%: 50-183) Risque diminué Risque accru Intervalle de confiance Résultats dus au hasard 0.01 0.1 1 Ratio de probabilité Pas de différence 10 100 Nombre de sujets à traiter Poids des effets secondaires Soit un médicament X ayant 10% d'effets secondaires et l'effet préventif suivant: Hypothèse 1: 150 patients à traiter pour éviter 1 décès Hypothèse 2: 30 patients à traiter pour éviter 1 décès Les conséquences seront les suivantes: Hypothèse 1: 15 patients ayant l'effet secondaire par vie sauvée Hypothèse 2: 3 patients ayant l'effet secondaire par vie sauvée. Les différents types d’études Publications primaires Observationnelle Cas clinique Séries Cas témoin Cohorte Interventionnelle Etudes comparatives (croisées, en groupes parallèles, …) Publications secondaires Synthèse méthodique ou non méthodique Méta analyse Publication primaire Diagnostic et dépistage Pronostic Etiologie Thérapeutique Publication primaire Diagnostic et dépistage : études cas témoin, cohorte, essais randomisés Pronostic : cohortes Etiologique : cas témoin, cohorte ou essai randomisé Thérapeutique : selon la phase de développement du médicament Cas cliniques : Description d'un patient qui exposé à un médicament a présenté un effet le plus souvent de type indésirable particulier et inattendu. La description de cas cliniques peut être utile pour formuler des hypothèses et ce d'autant plus que l'effet identifié est rare et inattendu. Une exception les situations de "challenge-rechallenge" : par exemple effet de la naloxone antagoniste morphinique chez des patients intoxiqués à la morphine. Séries Séries de patients qui ont tous été exposés à un médicament (cela permet de calculer l'incidence d'un effet indésirable : par exemple pourcentage de femmes traitées par contraceptifs présentant un événement thrombo-embolique) Séries de patients ayant présenté un effet indésirable (par exemple pourcentage de femme ayant présenté une embolie pulmonaire qui reçoivent une contraception orale). Séries En l'absence de groupe contrôle, ce type d'étude ne permet pas de savoir si une relation existe entre effet et exposition. Les signalements des effets indésirables aux centres de pharmacovigilance permettent ce type d'études, la limite étant la sous déclaration très importante des effets indésirables. Etudes Cas-témoin Les études cas témoins comparent des sujets présentant et ne présentant pas l'effet en regardant des différences entre les deux groupes pour l'exposition au médicament. Etudes cas témoins Ce type d'étude est particulièrement utile pour les effets indésirables rares (par exemple relation entre prise de diethylstilbestrol et adénocarcinome vaginal pour laquelle la relation a pu être montré avec 8 sujets atteints et 40 sujets témoins. Limites des études cas témoin Ces études sont le plus souvent rétrospectives ce qui pose problème pour la fiabilité des informations reçues. De plus, le choix des sujets témoins est souvent extrêmement difficile pour éviter des biais qui peuvent amener à des conclusions incorrects. Etudes de cohortes On prend un sous ensemble d'une population (par exemple femmes en âge de procréer). On compare la survenue de l'effet étudié (par exemple thrombose veineuse) chez les femmes exposées (prise d'une contraception orale) et non exposées. Dans ce type d'étude c'est donc l'exposition qui est la porte d'entrée et non l'effet comme dans les études cas témoins. Etudes de Cohorte Ces études sont le plus souvent réalisées de manière prospective mais peuvent être réalisées aussi de manière rétrospective. Les études de cohorte ont pour intérêt de s'affranchir des biais dans le choix des témoins. Elles ont pour inconvénient la nécessité de devoir inclure de très nombreux patients et ce d'autant que l'effet étudié est rare. Le type d'étude va dépendre de l'objectif fixé, du contexte et des moyens disponibles si la population exposée est nombreuse et les effets étudiés relativement fréquents des études de cohorte sont possibles. Si l'effet indésirable est rare et qu'il est nécessaire de répondre rapidement à la question (effet indésirable sévère) des études cas témoins seront réalisées c'est le cas par exemple de la thalidomide pour les phocomélies : après la publication de cas cliniques,. Etudes interventionnelles Essais thérapeutiques Essais diagnostiques et dépistages Biais Biais Le résultat observé peut provenir d’une autre cause que le traitement Existe-t-il une différence entre les 2 groupes (autre que le traitement) qui pourrait expliquer la différence observée au niveau du critère de jugement principal ? Exemple de biais Ev. cardiovasculaires Diabétique 15% 6% Traitement 10% Diabétique 45% La différence de fréquence des évènements cardiovasculaires peut provenir de la différence de pronostic et non pas de l’effet traitement Les différents biais Un biais de sélection est évoqué quand le résultat présenté peut provenir d’une différence dans le pronostic de base des patients Biais de réalisation différence dans le suivi et les soins appliqués aux patients Biais de mesure différence dans l'évaluation du critère de jugement Biais d'attrition différence au niveau des "sorties" d'étude Chasse au biais Biais à éviter Moyen pour éviter le biais Biais de sélection randomisation (comparabilité des groupes) Biais de réalisation double aveugle Biais de mesure double aveugle (mesure en aveugle) Biais d’attrition pas d’attrition (perdu de vue) analyse en intention de traiter Analyse en intention de traiter Tous les patients sont analysés dans le groupe où ils ont été randomisé qu'ils aient ou non reçus le traitement de l'étude quel que soit la nature du traitement reçu Deux intérêts Être représentatif de la réalité Éviter les biais Analyse per-protocole ne porte que sur les patients qui ont été traités comme le prévoyait le protocole risque de biais +++ Critères de qualité d’une étude comparative (validité interne) Randomisée En double aveugle En intention de traiter Plus difficile de mettre en évidence une différence statistiquement significative Critères de qualité d’une étude d’équivalence/non-infériorité Randomisée En double aveugle En per protocole (principale) A tendance à favoriser la mise en évidence d’une différence entre les traitements Trois axes la la validité interne est-ce que le résultat est exact ? juger de la fiabilité de l’étude (biais) pertinence clinique et sa représentativité ce résultat représente-t-il un bénéfice intéressant en pratique et est-il extrapolable ? la validité externe est-ce que ce résultat est concordant avec les autres connaissances sur le sujet ? Validité interne Validité interne Écarter un faux positif du au hasard réalité statistique Écarter un faux positif du à un biais le résultat est sûr (exempt de biais) « faux positif » : argument en faveur de l’efficacité d’un traitement en réalité sans effet Validité interne - Réalité statistique Éliminer le rôle du hasard Voir si la différence est statistiquement significative p ≤ 0.05, risque α de faux positif < 5% risque α = risque de conclure à tort Écarter un risque d’inflation du risque α par répétition des tests statistiques À chaque test on prend un risque de 5% de conclure à tort Comparaisons multiples Aux dés, la probabilité d ’obtenir un six est plus forte avec 3 dés qu ’avec un seul Test 1 Risque de conclure à tort à une différence = 5% Test 2 Risque de conclure à tort à une différence = 5% Test 3 Risque de conclure à tort à une différence = 5% n risque global 2 0.10 3 0.13 Globalement, le risque de conclure à tort à une différence lors de ces 4 comparaisons est bien plus important que 5%. 5 0.23 Inflation du risque alpha 10 0.40 Test 4 Risque de conclure à tort à une différence = 5% Inflation du risque alpha Situations d’inflation du risque α par répétition des comparaisons : Absence de critère principal Analyses en sous groupes Recherche de l’effet répétée dans le temps Analyses intermédiaires « non protégées » Analyses en sous groupes De nature exploratoire Ne donne pas de démonstration Suggèrent des variations d'efficacité Pertinence clinique La question est cliniquement pertinente Le critère de jugement est pertinent cliniquement et correspond à un objectif thérapeutique Le résultat est de taille suffisante pour être intéressant en pratique La balance bénéfice risque est acceptable Le résultat a été obtenu sur des patients représentatifs de ceux vus en pratique Le traitement a été utilisé dans un contexte de soins similaires à celui de la pratique quotidienne Critères de jugement Pertinence du critère principal d’évaluation Critère clinique Et non pas critère intermédiaire Événements cliniques vs baisse de PA Pertinence de la mesure Artériopathie des membres inférieurs Mesure du périmètre de marche augmentation statistiquement significative de 20 m quel est le service médical rendu au patient ? quel intérêt de passer de 200m à 220m Fréquence du succès fréquence des patients retrouvant sous traitement un périmètre de marche de 500m Cohérence externe Cohérence externe Concordance avec d’autres essais sur le même domaine : un seul essai ne suffit pas intérêt de la méta-analyse (hétérogénéité ?) Concordance avec les autres connaissances dans le domaine (physiopathologie, épidémiologie, pharmacologie, …) Synthèse de résultats d'essais thérapeutiques Revue de la littérature pas de méthode, subjectif correspond parfois à une simple opinion argumentée discursif Méta-analyse ou revue systématique méthodologie rigoureuse : reproductible méthode statistique : quantification de l'effet traitement Biais de publication Les essais positifs sont plus facilement publiés que les négatifs Différence significative Différence non-significative Publication Michel Cucherat - Service de Pharmacologie Clinique - Lyon 88 Définition de la méta-analyse Synthèse Exhaustive arguments en faveur et en défaveur de l'hypothèse Quantifiée prise en compte des problèmes statistiques meilleure estimation possible de la taille de l'effet étant donnée la totalité de l’information disponible Basée sur des résultats non biaisés Reproductible : méthodologie