Louer sa résidence secondaire
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Louer sa résidence secondaire
DÉCRYPTAGE Bertrand Desjuzeur Louer sa résidence secondaire La détention d’une résidence secondaire est un plaisir que de nombreux Français souhaitent concrétiser. Mais la propriété d’un tel logement, qu’il soit en bord de mer, à la montagne ou dans la verte campagne entraîne inévitablement quelques contreparties financières. Pour en modérer l’impact, vous pouvez penser à la location temporaire. C’est un moyen pratique qui vous permet de conserver l’usage de votre bien l’essentiel de l’année, tout en diminuant vos charges. Mais n’oubliez pas de faire un récapitulatif des formalités imposées au bailleur. Une prise de contact avec la mairie où est situé votre bien est également conseillée, car bien des situations sont variables suivant les secteurs. Pour vous permettre de vous décider, nous vous proposons un tour d’horizon des formalités qui vous attendent. Vous devez envisager les formalités préalables, celles qui sont liées à la location elle-même et les incidences fiscales. Avant de louer La déclaration de location Il est obligatoire de déclarer la location. Cette formalité administrative résulte d’une simple déclaration en mairie. Le formulaire n°14004*02, disponible sur internet sur le site www.formulaires.modernisation.gouv.fr se remplit aisément : adresse de la location, périodes de location prévues. Le fait de ne pas souscrire cette déclaration est passible d’amende (art. D 324-1-2 du Code du tourisme). Déposez-la à la mairie de situation du bien. Cette déclaration n’est pas obligatoire si vous louez votre résidence principale (art. L. 324-1 du Code du tourisme). de la commune. Or, le fait de louer un local meublé destiné à l’habitation de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile constitue un changement d’usage, précise le Code de la construction et de l’habitation (art. L 631-7 dans sa version issue de la loi ALUR du 24 mars 2014). Toutefois, si vous louez votre résidence principale, pour de courtes durées, ce texte n’est pas applicable (art. L 631-7-1 A). Par ailleurs, le conseil municipal peut définir un régime temporaire de changement d’usage pour permettre à une personne de louer un logement pour de courtes durées à une personne qui n’y élit pas domicile (même article). Renseignez-vous à la mairie pour savoir si ce type de régime a été adopté ; ses conditions peuvent varier d’une commune à l’autre. Le règlement de copropriété Vérification simple : si le logement que vous projetez de mettre en location est situé dans un immeuble en copropriété, consultez le règlement de copropriété pour vérifier qu’il n’interdit pas les locations temporaires. Le changement d’usage Dans les plus grandes villes (communes de plus de 200 000 habitants, et celles des départements de la petite couronne parisienne), le changement d’usage des locaux d’habitation est subordonné à une autorisation préalable 25 millions de Propriétaires - Juillet/Août 2014 A DÉCRYPTAGE L’assurance Comme toute mise à disposition d’un bien à un tiers, la location d’une résidence secondaire peut être source de dégradations ou de mise en cause de votre responsabilité civile. Vérifiez que votre contrat d’assurance ouvre ce type de risques et, si nécessaire, demandez à votre assureur une extension de garantie pour la mise en location temporaire. Vous pouvez aussi demander au locataire de s’assurer, mais prenez soin d’obtenir la justification de l’assurance avant l’entrée dans les lieux. Le classement Les meublés de tourisme peuvent faire l’objet d’un classement. Ce classement présente un double avantage : il permet d’améliorer le régime fiscal de la location (voir plus loin) et il donne au candidat locataire une précision sur la catégorie du logement. Mais le classement a aussi ses contraintes, notamment de coût, puisqu’il faut payer l’organisme qui l’effectue (de l’ordre de 200 €). De plus, il faut réunir de multiples informations pour le remplissage de la grille de classement qui ne comporte pas moins de 112 critères (arrêté du 17 août 2010). Le classement est valable 5 ans, il fixe la qualité du logement en 5 catégories donnant droit au nombre d’étoiles correspondant, en fonction du nombre de points qui a été obtenu par la grille de classement. Un dépôt de garantie peut être prévu, il est alors souvent fixé à 20 % du loyer. Des diagnostics sont également obligatoires pour les locations saisonnières (DPE, état des risques naturels et technologiques et le cas échéant, plomb, amiante). N’oubliez pas de faire signer un état des lieux et un inventaire du mobilier, en début de location et lors de la restitution des clés. Cela vous servira de preuve en cas de dégradation ou de disparition de mobilier. Les incidences fiscales Le régime BIC Les revenus que vous percevez de la location de votre résidence secondaire sont bien entendu imposables. Mais, comme il s’agit de location meublée, le régime fiscal est celui des bénéfices industriels et commerciaux. Deux régimes sont possibles. Le régime le plus simple est celui du micro-BIC. Ce régime suppose que vous ne dépassiez pas un montant de loyer de 32 600 € TTC. Dans ce cas, vous bénéficiez d’un abattement de 50 % sur vos recettes. Mais s’agissant d’un forfait, les charges réelles ne sont pas déductibles. Si votre logement est classé (le régime est applicable également pour les gîtes ruraux et les chambres d’hôtes), le plafond est porté à 81 500 € et l’abattement est de 71 %. Si vous dépassez ces plafonds, vous serez alors soumis au régime du bénéfice réel. Si vous avez d’importants frais à déduire, il peut être intéressant d’opter pour ce dispositif, même si vos recettes sont inférieures au plafond. Vous devez alors vous décider avant le 1er février de la première année à laquelle vous commencez la location. L’option est irrévocable pendant deux ans. Elle se reconduit tacitement par période de deux ans. Vous devez alors souscrire une déclaration spécifique (n° 2031) que vous annexez à votre déclaration de revenus. Ajoutons que vous continuez à payer la taxe foncière et la taxe d’habitation. Quant à la contribution économique territoriale (ancienne taxe professionnelle), sachez qu’en principe, la location d’une résidence secondaire n’y est pas soumise, sauf décision contraire de votre collectivité territoriale (art. 1459 du CGI). La taxe de séjour L’obligation de percevoir une taxe de séjour n’est pas limitée aux hôtels. Elle vise aussi les bailleurs privés qui louent des logements (art. L 422-3 du Code du tourisme). Son champ d’application vise les communes classées, touristiques, de montagne, littorales ou qui réalisent des opérations de promotion du tourisme. Mais son montant varie suivant les communes. Le tarif est fixé entre 0,2 et 1,5 € par nuitée et par personne. Renseignez-vous auprès de votre mairie pour en connaître le tarif. Pour formaliser l’accord de votre locataire, il est indispensable de prévoir un bail. Toute offre ou contrat de location saisonnière doit impérativement revêtir la forme écrite (art. L 324-2 du code du tourisme) avec l’indication du prix demandé et un état descriptif des lieux. Lorsque le candidat locataire veut s’engager, il doit vous envoyer une somme à titre d’arrhes. Lorsque la location passe par un professionnel, le montant est plafonné à 25 % du loyer demandé. Si le locataire renonce à la location, il perd les arrhes ; si vous décidez de ne plus louer, vous devez reverser le double des arrhes au locataire. Si la somme versée est un acompte, il n’est pas possible de renoncer à la location, ni pour le locataire, ni pour le bailleur. La renonciation impose d’indemniser l’autre partie du montant total du loyer convenu. A 25 millions de Propriétaires - Juillet/Août 2014 © Franck Boston Le bail et ses annexes